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Mesures et Contrôle des Niveaux

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Niveaux

par Michel RICHARD


Ingénieur de l’École Nationale Supérieure de Céramique Industrielle

1. Mesures de niveau ................................................................................... R 2 010 - 2


1.1 Importance de la mesure de niveau........................................................... — 2
1.2 Définition d’un niveau liquide .................................................................... — 3
1.3 Systèmes de tranquillisation ...................................................................... — 3
1.4 Niveau de solides en vrac (granulés, pulvérulents, etc.).......................... — 3
1.5 Fonctions des appareils .............................................................................. — 4
1.6 Fiabilité des instruments. Sécurité............................................................. — 4
1.7 Adaptation à l’environnement.................................................................... — 4
2. Contrôle d’un niveau liquide ou solide.............................................. — 4
2.1 Systèmes élémentaires à manipulation manuelle.................................... — 4
2.2 Systèmes de mesure par pesage ............................................................... — 5
2.3 Systèmes à radioisotopes........................................................................... — 6
2.4 Systèmes à effet optique ............................................................................ — 13
2.5 Systèmes de mesure par capacité électrique............................................ — 16
2.6 Systèmes de mesure par ondes sonores ou ultrasonores....................... — 19
2.7 Systèmes à micro-ondes............................................................................. — 22
2.8 Détecteurs à lames vibrantes et systèmes à palpeur ............................... — 23
2.9 Systèmes de mesure par conductivité (ou résistivité) électrique............ — 25
3. Contrôle d’un niveau liquide ................................................................ — 26
3.1 Systèmes de visualisation directe des fluides .......................................... — 26
3.2 Systèmes à flotteur ou à plongeur............................................................. — 33
3.3 Systèmes de contrôle par mesure de la pression..................................... — 41
3.4 Systèmes de mesure par dissipation thermique ...................................... — 46
4. Contrôle d’un niveau de solides : vrac, pulvérulents, granulés . — 48
4.1 Détecteur à palette rotative......................................................................... — 48
4.2 Détecteur à membrane................................................................................ — 48
4.3 Détecteur à boule......................................................................................... — 49
4.4 Détecteur pendulaire ................................................................................... — 49
5. Tableau comparatif.................................................................................. — 49
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. R 2 010

ien ne semble plus banal qu’une mesure de niveau ! À côté des mesures
R de température, de pression et de débit, c’est une des quatre mesures fon-
damentales assumée par l’instrumentation industrielle. Cependant, la multiplicité
10 - 1988

des méthodes employées démontre que le niveau est, en réalité, un paramètre


plus compliqué à maîtriser qu’il ne le paraît de prime abord.
R 2 010

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© Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle R 2 010 − 1
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1. Mesures de niveau 1.1.3 Interface


Par « niveau », on entend l’interface horizontale de séparation
1.1 Importance de la mesure de niveau entre deux phases distinctes : liquide /gaz, solide /gaz ou
liquide/solide, ou entre deux liquides de densités différentes, ou
D’une manière générale, les procédés de fabrication n’exigent pas même encore entre une suspension liquide ou solide et un gaz. On
une très grande précision dans la mesure des niveaux. Les excep- admet que l’interface est nette et bien marquée. Cependant, dans
tions concernent les mesures de niveaux (et de capacités) relatives certains cas, l’interface existe, mais dotée d’un gradient de transition
aux bilans d’exploitation, aux transactions commerciales, ou aux (aérosol, émulsion, suspension, etc.) qui, s’il reste de faible ampli-
produits faisant l’objet de taxes, et contrôlées par des organismes tude, permet d’étendre la notion de niveau.
tels le Ministère de l’Industrie et de l’aménagement du territoire,
Direction régionale de l’Industrie et de la Recherche d’Ile de France,
Section Matériel et Mesures de Précision (appelé auparavant Service 1.1.4 Horizontalité
des instruments de mesure SIM), ou les douanes.
On admet souvent implicitement que le niveau est horizontal, ce
Quelquefois, le niveau représente un paramètre important du qui est vrai dans le cas des liquides immobiles. Dans les solides en
système, par exemple dans un ballon de chaudière, dans un réacteur, vrac, il existe un angle de talus. Enfin, un assez grand nombre
dans un four de verrerie, etc., et l’on s’efforce alors d’obtenir le maxi- d’appareils de contrôle de niveau figurant dans cet article sont
mum de précision. aussi capables de détecter les interfaces inclinées ou verticales
comme il s’en trouve dans les canalisations.

1.1.1 Mesure ou repérage


1.1.5 Mesures déduites de la mesure de niveau
On ne mesure pas un niveau, on le repère par rapport à un plan
de référence choisi conventionnellement ; il est alors exprimé par Diverses mesures sont déduites de la mesure de niveau :
la hauteur géométrique ou hauteur vraie H qui le sépare de ce
plan, donc sa valeur s’exprime en utilisant les unités de longueur — la capacité ou le volume : ici intervient la notion de barémage
usuelles et légales. de réservoir, c’est-à-dire la relation entre le niveau et le volume, ou
capacité, du contenu correspondant ; à titre indicatif, la figure 1
exprime la relation entre niveau et volume pour les formes usuelles
de réservoir : sphère et cylindre horizontal ; le barémage, plus précis,
1.1.2 Hauteur vraie et hauteur manométrique implique un véritable étalonnage du récipient par les organismes
habilités (article Mesurage statique du volume des liquides [R 1 440]
Aux expressions hauteur géométrique ou hauteur vraie s’oppose
dans le présent traité) ;
la notion de hauteur manométrique ou hauteur hydrostatique Hm :
— la pression différentielle : hauteur manométrique d’une
Hm = ∑ hi di + pm (1) colonne de liquide entre deux prises de pressions par un tube en U ;
— la densité ou la masse volumique : hauteur manométrique
i
d’une colonne de liquide entre deux niveaux définis ;
avec hi hauteur d’une couche de liquide i homogène, — le débit : hauteur d’une lame de liquide s’écoulant d’un
di poids volumique à l’intérieur de la couche, déversoir à ciel ouvert, banc d’étalonnage mesurant le temps
d’écoulement d’un volume de liquide entre deux niveaux connus
pm pression au-dessus de la surface liquide.
d’une capacité définie.
Ainsi mesure-t-on une pression, celle régnant à la base de la
colonne verticale qui traverse toutes les couches à partir du plan de
référence, et les unités de mesure de Hm sont alors homogènes à
des pressions, ou parfois, ce qui est équivalent, à des hauteurs d’un
liquide défini (millimètres de colonne d’eau, symbolisés par mm H2O
ou mm CE, ou millimètres de mercure, mm Hg, avec
1 mm H2O = 9,8 Pa et 1 mm Hg = 133 Pa).
Dans le cas le plus usuel, le phénomène de stratification à des
densités (ou des températures) différentes est négligeable, et l’on
retrouve la formule :
Hm = h d + pm (hauteur par densité) (2)
avec h hauteur de la couche de liquide,
d poids volumique de ce liquide,
pm pression au-dessus de la surface liquide.
L’emploi de l’une ou l’autre des expressions de hauteur (hauteur
vraie ou hauteur manométrique) n’est pas gratuit. Pour les détections
de niveau haut dans un réservoir, il est préférable d’utiliser la hauteur
vraie. En effet, des variations importantes de sa température peuvent
dilater le liquide et le faire déborder, si l’on se base sur la hauteur
manométrique. Les stockages en volume ou en masse imposent Figure 1 – Coefficient de forme (doc. Véga)
naturellement le choix de l’une ou de l’autre unité de niveau.

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1.2 Définition d’un niveau liquide Système de tranquillisation installés sur interface liquide/liquide :
pour qu’un tel système fonctionne correctement, compte tenu des
variations de niveau prévisibles, les trois connexions de liaison
1.2.1 Plan de repérage doivent rester dans tous les cas noyées par leur fluide respectif
(figure 2).
Le repérage d’un niveau implique la présence d’un plan de réfé-
rence, choisi d’ailleurs d’une manière purement conventionnelle. Ce
pourrait, par exemple, être la base d’un réservoir, le niveau zéro du
sol d’une usine ou encore le niveau dit « normal » d’un ballon, à partir 1.4 Niveau de solides en vrac
duquel les fluctuations du niveau effectif du liquide seront appré- (granulés, pulvérulents, etc.)
ciées. L’un des plus connus est le niveau de la mer, servant de base
à toutes les estimations topographiques de hauteur ; existe-t-il
Le contrôle des niveaux de produits solides se complique par
cependant une conception plus abstraite que ce niveau soumis à tant
suite de plusieurs phénomènes de comportement de la matière en
de perturbations : rides, vaguelettes, houles, vagues, marées ?
vrac, plus ou moins difficiles à maîtriser, qui altèrent la fiabilité des
opérations.
1.2.2 Liquide en équilibre statique ■ Granulométrie : la granulométrie varie de quelques micromètres
à quelques dizaines de décimètres cubes.
Un niveau liquide ne peut être défini que s’il se trouve en parfait
équilibre statique, avec une surface semblable à un miroir, ce qui ■ Hygroscopie : la rétention d’eau, à l’intérieur de la masse, par
est un phénomène rare. absorption, adsorption, capillarité, peut altérer complètement les
facultés d’écoulement des produits, en favorisant les risques de
En pratique, la précision doit tenir compte des fluctuations autour colmatage et en changeant le régime d’écoulement. En outre, les lois
d’une valeur moyenne statistique, avec un écart type et une loi de physiques, bases de la mesure, sont parfois également modifiées.
distribution associée aux variations locales et globales du « plan »
liquide. Usuellement, seule la mesure de ce niveau moyen possède ■ Angle de talus : que signifie « niveau » avec les produits en vrac ?
un sens industriellement. Les perturbations à haute fréquence Le remplissage des silos provoque un cône positif sous l’alimenta-
(vaguelettes) peuvent être éliminées par un filtre passe-bas ; il sub- tion. Inversement, l’extraction détermine un cône négatif (figure 3).
siste les balancements à basse fréquence, dans un grand réservoir La position des cônes n’est pas constante, de même que leur forme
par exemple, dont il faut éventuellement tenir compte. et leur importance. L’angle de talus naturel est d’autant plus faible
que le produit « coule » bien et se rapproche en quelque sorte d’un
liquide (comme le sable fin et sec, ou des microbilles métalliques).
1.2.3 Liquide en mouvement Dans ces conditions, il n’est possible de prendre en considération
qu’un niveau moyen, défini avec une précision au plus égale aux
Les liquides industriels sont le plus souvent soumis à toutes sortes demi-dénivellations maximales.
d’agitations : mécaniques, pneumatiques, opérations de ■ Problèmes d’écoulement : les produits en vrac posent souvent des
remplissage-vidange, convections provoquées par des transferts problèmes d’écoulement (puits, cavernes, voûtes, effondrements,
thermiques, etc. Les grandes masses sont susceptibles d’entrer en cheminées, colmatages, blocages, etc.), de nature aléatoire dans
oscillations synchrones avec divers régimes d’exploitation. Les l’espace et le temps. Par conséquent, la mesure de niveau ne devient
oscillations d’une masse liquide dans un tube en U, dans un réser- significative qu’à partir du moment où tous ces problèmes sont
voir, peuvent être assimilées à système du second ordre, c’est-à-dire dominés.
qu’apparaissent les notions classiques de fréquence d’excitation, de
période naturelle, d’amplitude, de phase, d’amortissement. ■ Poussiérage : il s’agit d’une difficulté à l’emploi de certaines
On peut réduire les oscillations par des systèmes de méthodes, qui par ailleurs implique des qualités d’étanchéité des
tranquillisation. boîtiers des appareils.

1.3 Systèmes de tranquillisation


Des chicanes, des tôles perforées, des cloisonnements peuvent
constituer une résistance hydraulique qui limite les mouvements
de liquide ; c’est une solution indispensable, par exemple, dans les
réservoirs embarqués soumis au roulis et au tangage.
Le tube de tranquillisation entoure une sonde, un capteur. Son
but est autant de soustraire ce dernier aux ondulations rapides de
la surface, que de le protéger contre de violents courants latéraux.
Une solution usuelle est constituée par la colonne de tranquilli-
sation montée en parallèle sur un réservoir par l’intermédiaire de
deux connexions. Ces dernières ont l’avantage d’induire un amor-
tissement créé par leur résistance hydraulique en série, mais aussi
de permettre l’isolement de la colonne, appelée également, selon
les usages, cuve ou bouteille, etc. Cette solution, généralement satis-
faisante, présente néanmoins un danger : si la résistance d’une
connexion (l’inférieure notamment) devient trop grande par suite de
salissement, le déplacement de la colonne liquide dans la bouteille
suit le mouvement dans le réservoir principal avec un certain
déphasage. Pour cette raison, ce montage n’est pas à recommander
dans le cas de liquides salissants ou déposants ; en outre, il exige
des canalisations de fort diamètre et, si possible, des vannes d’iso- Figure 2 – Système de tranquillisation installé
lement à passage direct, des vannes à boule, etc. Cela n’est pas sur une interface liquide/liquide
toujours le cas avec les niveaux à glaces.

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1.7 Adaptation à l’environnement


Pour bien définir un appareil, nous rappelons quelques points
fondamentaux à spécifier :
— normes d’étanchéité à l’eau, aux poussières, résistance aux
chocs ;
— tropicalisation ;
— ambiances marines ;
— ambiances corrosives ;
— résistance aux intempéries ;
— étanchéité aux vents de sable ;
— températures minimale et maximale externes ;
— atmosphères explosives et/ou inflammables ;
— insensibilité aux ondes électromagnétiques ;
— résistance aux chocs, aux vibrations, aux séismes.
Figure 3 – Définition d’un niveau de solide en vrac Au sujet des appareils de mesure de niveau montés en colonne,
cuve ou bouteille reliées latéralement par des connexions au réser-
voir (montage fréquent), il paraît utile d’attirer l’attention sur leur
■ Chocs et vibrations : ils sont dus aux manipulations de vracs extrême sensibilité à l’environnement, notamment s’ils sont installés
lourds, aux dispositifs d’aide à l’écoulement (vibreurs, décolma- sur des structures élevées à l’extérieur et soumis à l’influence des
teurs à chocs, etc.). Il faut alors du matériel spécialement robuste. vents froids d’hiver. L’apport thermique provenant du réservoir n’est
pas toujours suffisant pour prévenir le figeage ou le gel du liquide
contrôlé, et il est donc nécessaire de prévoir un réchauffage éner-
gique et un calorifugeage pour éviter une cause évidente de
1.5 Fonctions des appareils non-fonctionnement.

Tout au long de ce texte, nous emploierons les termes suivants


pour désigner les principales fonctions des appareils utilisés :
— le transmetteur, souvent « aveugle », délivre un signal analo- 2. Contrôle d’un niveau
gique usuellement standardisé, pneumatique ou électronique ;
— le détecteur renseigne sur la présence d’un niveau liquide ou liquide ou solide
solide, et fournit un signal logique ;
— l’indicateur renseigne visuellement sur la hauteur d’un niveau ;
— le régulateur direct intègre tous les éléments d’une boucle de 2.1 Systèmes élémentaires
régulation. à manipulation manuelle
Tous ces appareils peuvent comporter, intégré ou séparé, le
capteur élémentaire de mesure, composant indispensable, mais Il s’agit des instruments suivants : jauges, piges, toises, règles,
inapte lui-même à délivrer l’information sans l’aide d’un adaptateur sabres, rubans.
adéquat ; ce capteur est en contact avec le milieu et est mis en œuvre Le prototype en est la jauge de niveau d’huile du carter d’un
dans une sonde. moteur, munie des deux traits : niveau haut et niveau bas.
Les jauges industrielles, de fabrication parfois rudimentaire, sont
à peine plus compliquées. Une règle rigide graduée est plongée
1.6 Fiabilité des instruments. Sécurité dans le liquide jusqu’à une butée fixe, le fond du réservoir dans le
cas le plus élémentaire, et la hauteur géométrique du liquide est
Comme la plupart des appareils de mesure, les capteurs de niveau lue sur une graduation, in situ si cela est possible, sinon en retirant
sont amenés à protéger des matériels dont la valeur est très élevée, la règle et en repérant la hauteur mouillée.
et à assurer la surveillance d’installations dangereuses. Il existe natu- Pour les récipients hauts, une variante plus aisée à manipuler
rellement une hiérarchie des risques humains et matériels encourus consiste en un ruban lesté enroulé sur un tambour et que l’on
en fonction des exigences du service et de l’implantation dans les déploie.
unités de fabrication. Quelles que soient l’adéquation des principes
Les jauges rigides sont surtout utilisées sur des liquides, mais
de mesure mis en œuvre et la qualité de la fabrication, nul instrument
leur principe reste applicable pour toiser le niveau de produits
ne saurait prétendre à une fiabilité absolue ; la solution consiste à
pulvérulents ou granuleux dans des silos et trémies.
opérer par redondance en multipliant le nombre et /ou le type pour
une application où la sécurité est particulièrement recherchée.
Le fait qu’il y ait de plus en plus d’unités gérées avec un minimum 2.1.1 Plein et creux
de personnel, voire entièrement automatiques, implique une fiabilité
accrue. Par conséquent, les exploitations apprécient les appareils Il existe deux méthodes, selon que le plan de référence se situe
capables de s’autodéclarer en défaut de fonctionnement à distance, au-dessous ou au-dessus de la surface du liquide. Dans le premier
ceux dits à sécurité positive qui, quelle que soit leur propre panne, cas, on mesure le plein, dans l’autre le creux. Comme il a été indiqué,
réagissent comme s’ils annonçaient le défaut logique qu’ils sont le fond du réservoir sert souvent de butée inférieure, à moins que
chargés de surveiller, enfin les instruments susceptibles d’être testés l’on affine la précision grâce à une plaque de touche sur laquelle
à distance en service. viendra se poser l’extrémité de la jauge. Une face de bride d’une
tubulure verticale surmontant le toit peut servir de butée haute en
cas de mesure de creux.

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2.1.2 Précision 2.1.5 Jauges approuvées


La précision des mesures manuelles est au mieux celle d’une La Direction régionale de l’Industrie et de la Recherche d’Ile de
mesure de longueur effectuée à l’aide d’une règle ou ruban gradué France (DRIR), Section Matériel et Mesures de Précision dépendant
dit de précision fine, c’est-à-dire qu’elle peut être très bonne (pour du ministère de l’Industrie, plus connue sous son ancienne dési-
fixer les idées, de l’ordre du 1/10 mm) et même servir à étalonner gnation SIM (Service des instruments de mesure) délivre des appro-
d’autres systèmes de mesurage. Cependant, plusieurs facteurs bations pour des rubans de jauges manuelles en précision fine.
perturbateurs doivent être dominés. Les jaugeurs manuels sont usuellement de trois types :
— La butée, immergée ou non, doit se trouver positionnée avec — les sabres destinés à la mesure des creux et comportant une
au moins la précision recherchée. barre transversale s’appuyant sur le bord du réservoir ou une butée
— Il en est de même de la qualité du contact jauge-butée qui haute (d’où le nom) ;
requiert planéité, horizontalité, absence de dépôt et de salissure. — les règles graduées pour la mesure du plein ;
— Il est nécessaire de prendre en considération des phénomènes — les rubans lestés.
de dilatation simple ou différentielle entraînés par les variations de
la température ambiante ou de la température du liquide contrôlé.
La perturbation inclut la dilatation de la jupe et du toit du réservoir 2.1.6 Appareils particuliers
(qui déplace la butée haute), celle du matériau de la jauge, ainsi que
la différence entre le coefficient de dilatation volumique du liquide Le saumon lumineux masque sous cette désignation poétique
et celui du réservoir. On doit tenir compte aussi des différences de un système de lestage pour un ruban gradué muni d’un dispositif
températures entre la masse du produit et la jupe du réservoir. Tous opto-électronique à alimentation autonome, provoquant l’allumage
ces phénomènes, difficiles à appréhender, peuvent aussi induire des d’une diode électroluminescente située à sa partie supérieure. La
déformations dans la structure du réservoir. diode s’allume dès que le capteur est au contact du liquide, et
facilite la mesure à partir d’un orifice situé sur un réservoir dont
— La masse de liquide ou les variations de pressions contribuent l’intérieur est obscur (§ 2.4.7).
à la déformation du réservoir.
Il existe un détecteur, fondé sur le même principe opto-électro-
— Le vieillissement peut provoquer un affaissement des formes. nique, implanté sur le curseur d’un vernier vertical afin d’apprécier
— Le liquide doit être parfaitement tranquille, exempt d’oscil- avec précision le creux dans le dôme des camions-citernes ou
lations et de vagues. wagons-citernes.
— La jauge qui repose sur le fond (ou sur la plaque de touche)
doit présenter une grande rigidité pour résister au flambage sous
son propre poids ou sous l’influence de courants latéraux. 2.2 Systèmes de mesure par pesage
— Elle doit être placée bien verticalement.
— Son matériau doit être stable dans le temps (problèmes 2.2.1 Relation entre masse et niveau
d’imprégnation, de gonflement, etc.) et inerte vis-à-vis des milieux
contrôlés. Il semble facile de placer un réservoir ou un silo sur une balance
ou sur un pont-bascule pour obtenir une mesure de niveau.
— Le ménisque de capillarité dû à la tension superficielle introduit
une erreur systématique avec un même liquide. La mesure de masse résulte de l’intégration du produit de la hau-
teur par la masse volumique et correspond donc à une mesure de
— Les liquides volatils exigent une opération très rapide.
hauteur manométrique pour les liquides, le facteur de forme ou le
barémage étant soigneusement pris en compte. S’il s’agit de solides
en vrac dont la masse volumique apparente est très variable dans
2.1.3 Graduation en hauteur et/ou en volume l’espace et le temps (en raison de l’hygrométrie par exemple, des
tassements, de voûtage, etc.), la relation entre niveau et masse
La graduation figurant sur la jauge de mesure est généralement devient suspecte, et n’est possible que pour des produits coulant
exprimée en longueur, mais elle peut aussi tenir compte du facteur bien.
de forme du réservoir, c’est-à-dire indiquer directement le volume
contenu. Une double graduation est possible. Quand une grande pré- Le plus souvent, le paramètre recherché est en réalité le poids,
cision est requise, le barémage du réservoir est recommandé, à partir la masse ou, éventuellement, le volume du produit et l’exploitant
de volumes étalons ou en utilisant un compteur volumétrique précis. ne s’intéresse au niveau que d’une manière accessoire, pour
contrôler par exemple un suremplissage, qui gagnerait d’ailleurs à
L’inaltérabilité des graduations, d’autant plus fines que l’on être détecté par d’autres moyens.
recherche la meilleure résolution, pose le problème de la corrosion
et du salissement, donc d’une bonne qualité d’entretien. La Tous les appareils industriels de mesure de poids ou de masse
graduation peut être enduite de certains produits qui, accentuant le (mécaniques, hydrauliques, électroniques) conviennent pour cette
contraste au niveau de l’interface entre les parties sèche et mouillée, mesure et il est utile de se reporter aux articles Pesage [R 1 730]
facilitent la lecture. [R 1 740] [R 1 750] du présent traité pour examiner les différentes
technologies disponibles.

2.1.4 Manipulation
2.2.2 Montage des pesons
Les jauges élémentaires sont peu chères à l’achat, mais exigent
de la main-d’œuvre pour leur entretien et leur utilisation, notamment S’agissant d’une mesure de niveau, la solution qui vient à l’esprit
si les relevés doivent s’effectuer fréquemment. Les mesures sont est l’installation de pesons sous les réservoirs ou silos. Ces appareils
portées sur un carnet et ne se prêtent guère à un traitement infor- sont de dimensions réduites et restent donc assez faciles à placer
matique sans saisie ultérieure. L’information n’est pas délivrée d’une sous les points d’appui, au moins en construction métallique. Même
manière continue. pour un réservoir ou un silo existant, il est parfois possible de les
intercaler en soulevant le récipient avec des vérins.
Tous ces inconvénients plaident pour des solutions plus
modernes.

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Le montage gagne à être effectué en trois points (figure 4). Mais [Link] Sources radioactives
en sacrifiant sensibilité et précision, on peut se contenter de deux Elles sont constituées par une masse d’un corps susceptible de
pesons et d’une articulation du troisième point sur rotule, ou d’un se désintégrer en émettant des rayons γ, c’est-à-dire des photons
seul peson et d’une articulation des deux autres points par un axe à haute énergie. Chacun des N noyaux d’un nucléide radioactif pos-
ou sur deux rotules. Le montage sur quatre points, répondant aux sède une probabilité λ dt de se désintégrer dans un intervalle de
quatre pieds d’un silo ou d’une trémie par exemple, est moins temps dt ( λ étant la constante de désintégration du radioélément).
favorable du point de vue de la mesure, car il n’est pas isostatique.
λN étant très grand en général, statistiquement λN dt noyaux se
L’implantation des pesons mérite un montage éprouvé, afin désintègrent dans le temps dt.
qu’ils reçoivent la seule composante verticale de poids.
λN s’appelle l’activité et s’exprime en une unité qui fut long-
temps le curie (Ci) correspondant à 37 × 109 désintégrations par
2.2.3 Facteurs perturbant les mesures seconde. En fait, l’unité légale est le becquerel (Bq) qui correspond
à une désintégration par seconde.
Les facteurs suivants peuvent influer sur la mesure :
[Link] Période
— tare du réservoir ou du silo (y compris les équipements) ;
— réactions des tuyauteries (qui doivent rester très souples) ; La masse en grammes d’une source donnée n’est pas significative
— réactions dynamiques des écoulements fluides ; de son activité en curies, puisque son activité est proportionnelle
— chute des produits au moment du remplissage ; à chaque instant t au nombre de noyaux radioactifs restant à se
— dilatations différentielles, contraintes diverses dans les struc- désintégrer :
tures, notamment à l’endroit des implantations des pesons ; dN = – λN dt
— vent, neige, pluie, verglas, etc. ;
Une loi de décroissance exponentielle exprime la radioactivité
— dépôts sur les parois ;
résiduaire au bout d’un temps t :
— chocs, vibrations, etc. ;
— défauts d’écoulement (pour les solides en vrac : voûtes, N = N0 exp (– λt )
effondrements) ;
— réactions des extracteurs. avec N0 nombre initial de noyaux radioactifs dans la source
neuve à l’instant t 0 ,
Malgré ces difficultés, certains exploitants considèrent le pesage
comme la seule solution possible pour résoudre leur problème de N nombre de noyaux radioactifs résiduaires,
mesure de niveau. λ (s–1) probabilité de désintégrations par unité de temps,
propre à un radioisotope donné,
t (s) temps écoulé.
2.3 Systèmes à radioisotopes L’intervalle de temps T1/2 au bout duquel le nombre de noyaux
est réduit de moitié s’appelle la période ou demi-vie. Cette période
2.3.1 Généralités est propre à chaque radioisotope et est liée à λ par la formule :

[Link] Principe de mesure 0,693


T 1/ 2 = ---------------- (3)
λ
Cette méthode de mesure mérite d’être démythifiée car il s’y
attache certaines réticences dues à sa connotation radionucléaire. Une autre formule permet de calculer l’activité résiduaire de la
Cependant, il s’agit souvent d’une réponse irremplaçable, très source en fonction du nombre de mois (60Co) ou d’années (137Cs)
élégante, à certains problèmes. écoulés depuis la mise en service :
En réalité, les dangers encourus par les exploitants, grâce à la pro- N = N0 A T (4)
tection légale, restent bien en deçà d’autres risques, telle l’électricité.
où A est donné par le tableau 1 selon qu’il s’agit de mois ou
d’années,
T représente le nombre de mois ou d’années. (0)

Tableau 1 – Caractéristiques des radioisotopes 60Co


et 137Cs

Période Énergie
Constante A  T1/2
Nucléide du rayonnement
(mois) (années) (s–1) (ans) (MeV)
60Co 0,99 0,87 4,1 × 10–9 5,27 1,332
ou 1,173
137Cs .......... 0,98 7,32 × 10–14 30 0,662

Parmi les radioéléments qui intéressent la mesure du niveau, le


Figure 4 – Montage de pesons à jauges sur des réservoirs cobalt 60 possède une période d’environ 5 ans, qui oblige à tenir
(doc. Nobel Electronique) compte de la décroissance dans les équipements précis et prati-
quement à changer de source au bout de ce laps de temps. Le
césium 137 jouit d’une demi-vie de 30 ans. Quant à l’américium, avec
ses 433 ans, il nous enterrera tous.

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[Link] Énergie de rayonnement Il s’agit d’une exponentielle décroissante et l’on peut définir,
comme pour la période [relation (3)], une demi-épaisseur qui réduit
Les photons issus de la désintégration de sources variées ne
de moitié l’intensité du faisceau incident. La loi prend alors la
possèdent pas nécessairement la même énergie. Il y a des photons
forme :
mous, d’autres durs naturellement plus pénétrants, dont l’énergie
dépend de la nature du radioisotope concerné. N = N0 exp (– µ x ) (6)
L’énergie du rayonnement s’exprime en électronvolts (eV) et, le avec N (photons/s) intensité du flux émergent,
plus souvent, dans le domaine qui nous concerne, en méga-
électronvolts (MeV). L’énergie d’une source de 60Co, par exemple, N0 (photons/s) intensité du flux incident,
est de 1,33 MeV : le rayonnement est relativement pénétrant, mais µ (cm–1) coefficient d’atténuation linéique,
en aucun cas capable de provoquer une radioactivité induite (il s’en x (cm) épaisseur de matière traversée.
faut d’un facteur de 10), qui empêcherait son emploi avec les produits
alimentaires. Le coefficient d’atténuation linéique global (qui tient compte des
phénomènes d’absorption et de diffusion), en cm –1, exprime la
Le césium 137 possède une énergie de radiation d’environ moitié probabilité pour un photon de subir une interaction avec la matière
(0,66 MeV), lui conférant moins de possibilité de pénétration, mais traversée. En gros, il est proportionnel à la masse volumique, et
autorisant (§ [Link]) un meilleur contraste pour certaines dépend de l’énergie du rayonnement, donc de la nature du radio-
applications. isotope constituant la source.
L’américium 241 a une énergie de 0,06 MeV qui limite prati- On peut aussi écrire, en notant x 1/2 la demi-épaisseur :
quement son emploi, en mesure de niveau, à des épaisseurs de
couches contrôlées minces et inusuelles. x 1/2 = 0,693/ µ
Le tableau 1 résume les propriétés de deux radioisotopes Le tableau 2 donne la demi-épaisseur pour quelques matériaux
couramment utilisés. courants. Partant de ces valeurs, il est facile de calculer la valeur
d’un rayonnement émergeant d’un empilage d’écrans de natures
[Link] Absorption et diffusion des rayons  diverses :
Quand un faisceau de photons γ rencontre une épaisseur de N = N 0 × 0,5 ( EP/EP0 ) + ( EA /EA 0 ) + ... (7)
matière, une partie seulement la traverse, l’autre étant retenue par
divers phénomènes dont pour simplifier nous ne retiendrons que avec EP épaisseur effective de plomb,
l’absorption et la diffusion. EP0 demi-épaisseur du plomb dans un rayonnement cobalt,
Ceux des photons qui ne rencontrent ni électron, ni noyau passent EA épaisseur effective d’acier, etc.
en ligne droite sans perte d’énergie. Les autres sont absorbés ou
déviés ou encore génèrent des photons secondaires, d’énergie
[Link] Angle solide
moindre (éventuellement lumineux : fluorescence), diffusés dans
toutes les directions, vers l’arrière (rétrodiffusion) ou vers l’avant. L’émission d’une source est isotrope dans un milieu homogène,
Avec les énergies mises en jeu, la part de photons diffusés reste et la totalité des directions embrassées représente donc un angle
faible, mais suffisante pour compliquer le calcul des sources et éven- solide de 4 π stéradians. Or les sources sont utilisées selon un
tuellement permettre une mesure par rétrodiffusion (figure 5). pinceau étroit formant un angle solide utile Ω. La figure 6 montre
Le rayonnement transmis qui parvient au détecteur est impor- les paramètres d’un faisceau. Les formules suivantes donnent la
tant pour la mesure. La puissance de la source est calculée pour valeur Ω (sr) de l’angle solide efficace :
que ce dernier fonctionne correctement, compte tenu de l’absorp-
Ω = S/d 2
tion dans les obstacles interposés sur le trajet du rayonnement.
avec S (cm2)surface utile,
[Link] Coefficient d’atténuation de la matière d (cm) distance à la source.
Le nombre dN de photons émergeant d’une épaisseur de matière Si A est le demi-angle au sommet du cône d’émission :
dx est proportionnel au nombre N de photons incidents et à un coef-
Ω = 2π (1 – cos A)
ficient d’atténuation µ qui dépend de la nature de la matière et de
l’énergie du rayonnement : Il y a deux limitations pratiques du faisceau :
dN = – µ N dx (5) — surface du collimateur sur le conteneur de source ;
— surface efficace du récepteur de radiation.
En général, le faisceau est très étroit, et seule une faible partie
de la puissance de la source est utilisée.

Figure 5 – Traversée d’une épaisseur de matière


par un faisceau de photons 
Figure 6 – Angle solide
(0)

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La précision statistique est : N /N .


Tableau 2 – Demi-épaisseur de quelques matériaux
Ainsi, si le détecteur compte 100 photons, la précision sera de
courants (1) l’ordre de 1/10, mais s’il enregistre 106 photons, elle atteindra 1/1 000.
Il semblerait donc que l’on puisse obtenir une précision « à la
Masse Demi- Demi- demande » simplement en augmentant le nombre de photons par-
volumique épaisseur épaisseur venant dans la fenêtre du compteur. Pour cela, deux moyens :
Matériau (en g/cm3) (en mm) (en mm)
— augmenter la puissance de la source, mais il existe une
ou densité pour pour
limitation pour des raisons physiologiques (et exigée par les
apparente* cobalt 60 césium 137
règlements) ;
Acide chlorhydrique 25 % 1,12 115 85 — augmenter le temps de comptage, c’est-à-dire pratiquement le
temps de réponse du compteur, ce qui conduit à une autre limitation
Acier 7,89 15 12 d’emploi.
Aluminium 2,7 45 35 Les deux méthodes sont utilisées simultanément par les
Amiante 1,07 à 1,46 120 à 85 90 à 62 constructeurs.

Ammoniaque 0,9 140 100


Béton 2,3 55 40 2.3.2 Conteneurs de source industriels
Bois (morceaux secs) 0,15 à 0,27* 800 à 460 600 à 335 Les sources employées dans l’industrie sont protégées par un
Bois (copeaux secs) 0,05 à 0,15* 2 500 à 850 1 825 à 620 conteneur constitué par une enveloppe en acier contenant une
masse de plomb (masse volumique 11,3 g/cm3). La forme optimale
Charbon 1,3 à 1,5* 95 à 80 70 à 60 est la sphère qui absorbe également dans toutes les directions, pour
Charbon (poussières de) 0,78* 150 110 le plus faible poids (figure 7). L’épaisseur du plomb est, pour fixer
les idées, d’une dizaine de centimètres. Les formes pratiques de
Chaux 2,3 à 3,2* 55 à 35 40 à 25 conteneur sont la sphère ou le cube.
Ciment 1,1 à 1,4* 110 à 90 80 à 65 La source elle-même est scellée dans un étui en acier inoxydable
Cuivre 8,9 14 10 solidaire de l’enveloppe en acier. En cas d’incendie, il est nécessaire
que l’ensemble évite toute fuite de radioisotope et reste facile à
Engrais 1,15* 110 80 détecter parmi les débris. On demande aussi une résistance certaine
Eau 1,0 120 90 aux contraintes mécaniques accidentelles. Un canal cylindrique ou
en forme de fente laisse sortir le rayonnement dans la direction utile.
Fonte 7,2 17 13 Pendant les transports, stockage, manipulation, etc., un dispositif
Gaz liquéfié (propane) 1,56 80 60 doit en permettre l’obturation, condamnable par une serrure ou un
cadenas.
Goudron 1,2 95 70
Le canal de sortie collimate le faisceau et lui donne le plus souvent
Klinker (ciment) 1,8* 70 50 la forme d’un mince pinceau conique (pour la détection) ou d’une
Latex 0,97 120 90 lame verticale (pour la mesure de niveau en continu).
Pour être complet, il faut ajouter les montages où la source est
Maçonnerie 1,5 à 1,7 80 à 75 60
placée à l’extrémité d’un doigt de gant pénétrant à l’intérieur du
Ordures 0,2 600 450 réservoir (figure 8). Cette solution permet de profiter, en guise de
Plastique (granulés de) 0,4* 300 220 protection physiologique, de l’éloignement et de l’écran supplé-
mentaire constitué par la paroi du réservoir.
Plomb 11,34 12 9 Il existe des conteneurs présentant deux sorties en opposition,
PVC (granulés de) 0,75* 165 120 ce qui économise une source en cas de réservoirs ou de silos adja-
cents. Enfin, certains conteneurs sont associés à un dispositif
Roche (laine de) 0,08 1 600 1 200 d’écran rotatif à épaisseur variable, à commande manuelle ou
Sable (sec) 1,4 à 1,6* 90 à 76 65 à 55 motorisée, destiné à compenser mécaniquement la décroissance
naturelle d’activité pour le 60Co, bien que cette solution puisse être
Sable (humide) 1,9 à 2,1* 65 à 60 50 à 45
combinée ou remplacée par des ajustements automatiques de gain
Styropor 0,02 6 000 4 400 de l’électronique des récepteurs.
Suie 0,08* 1 600 1 200 Les conteneurs doivent être vérifiés une fois l’an par des orga-
nismes de contrôle telle l’APAVE (Association de propriétaires
Téflon 2,2 60 45 d’appareils à vapeur et électriques).
Verre 2,5 50 35
Verre (laine de) 0,05 2 500 1 800
(1) D’après doc. Endress et Hauser.

[Link] Précision statistique d’une mesure par rayons 


L’émission des photons γ dans un angle solide donné est soumise
aux lois de la probabilité, c’est-à-dire que le nombre émis dans un
intervalle de temps donné subit des fluctuations. Toutefois, en
augmentant le nombre de photons comptés, la moyenne statistique
montre une régularité croissante. L’écart type est donné par la
Figure 7 – Conteneur de source
formule :
e = N (8)
avec N nombre d’impulsions comptées.

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[Link] Caractéristiques d’un détecteur de rayonnement


Les éléments déterminant les récepteurs sont :
— les taux d’impulsions admissibles en service normal
(impulsions/s) ;
— le taux qui sature l’appareil (impulsions/s) ;
— la sensibilité à l’énergie du rayonnement (rad/h) ;
— la dimension efficace de détecteur qui détermine la géométrie
du faisceau de mesure ;
— la constante de temps (s).
Pour fixer les idées, un tube de Geiger-Müller travaille autour
de 50 impulsions/s.
En résumé : le détecteur à scintillation est très sensible et permet
d’opérer avec une meilleure précision géométrique, car il est pos-
sible de collimater le faisceau de photons lui parvenant avec une
Figure 8 – Source radioactive montée dans un doigt de gant fenêtre étroite, mais il coûte cher. Le compteur de Geiger-Müller,
(doc. Berthold) d’une grande rusticité, convient pour les applications de détection
et parfois pour les mesures en continu (empilage de compteurs
Geiger). Quant au compteur à chambre d’ionisation, il est employé
pour les mesures en continu.
2.3.3 Détecteurs nucléaires

Nota : le lecteur se reportera aux articles Détecteurs de rayonnement [E 2 320] dans le


traité Électronique et Détecteurs de rayonnements. Alpha, gamma, neutrons [B 3 420] dans
2.3.4 Calcul de la source
le traité Génie nucléaire.
Trois types de détecteurs couvrent les besoins pour les mesures [Link] Équation générale de calcul de source
de niveau industrielles. Il ne s’agit pas de se substituer aux constructeurs qui possèdent
des méthodes très précises, mais de fournir une formule approchée
[Link] Compteur de Geiger-Müller pour mieux appréhender le mécanisme des phénomènes et
Il est constitué par un tube de verre étanche rempli d’un gaz rare dégrossir les problèmes.
et comprend une cathode (fil spiralé) et une anode (fil tendu axia- En pratique, chaque application donne lieu à un calcul de source.
lement), entre lesquelles existe une tension continue de quelques La formule générale est :
centaines de volts.
s
Si un photon γ entre en interaction avec les atomes du gaz, il crée N = N 0 ⋅ -------2- ⋅ 0,5 T + ( EP/EP0 ) + ( EA/EA0 ) + ... ⋅ 0,5 ( EM/EM0 ) ⋅ t (9)
localement une paire d’ions attirés chacun vers une électrode, et d
provoque sous l’effet de la différence de potentiel une avalanche ■ N est le nombre d’impulsions parvenant au compteur dans le
d’électrons secondaires. Ainsi, pendant un court instant (quelques temps t (s) ; pour que la précision statistique (§ [Link]) soit bonne,
nanosecondes), il se crée une impulsion de courant, image du photon ce nombre doit être élevé et l’on peut désirer intégrer sur plusieurs
incident. Les impulsions amplifiées sont appliquées à un compteur secondes (temps d’intégration, aussi temps de réponse du
délivrant un signal proportionnel à leur fréquence d’apparition. compteur) ;

[Link] Chambre d’ionisation ■ N0 (Bq) est l’activité initiale de la source ;

La chambre d’ionisation ressemble beaucoup au compteur de ■ le deuxième terme de la multiplication exprime la valeur de
Geiger-Müller, avec ses deux électrodes, l’une centrale, l’autre l’angle solide (en sr : s est la surface effective du compteur, d la
constituant l’enveloppe de la capacité de mesure. Cependant, cette distance source-récepteur) ;
capacité est sensiblement plus grande (pour fixer les idées : une
■ le troisième terme représente :
dizaine de centimètres de diamètre, 20 à 30 cm de long, qui peuvent
être d’ailleurs augmentés jusqu’à quelques mètres pour obtenir un — l’atténuation due à la décroissance de source (T en mois ou
détecteur longiligne) ; la pression du gaz rare (argon) à l’intérieur en années, § [Link]),
de la chambre peut être poussée jusqu’à 150 bar. Toutes ces dispo- — l’absorption dans les divers écrans placés sur le parcours du
sitions visent à augmenter les probabilités de rencontre des photons faisceau (§ [Link]) : EP, EP0 , EA, EA 0 , etc., sont respectivement
avec les atomes de gaz, pour obtenir de meilleures sensibilité et l’épaisseur réelle et la demi-épaisseur des divers écrans ;
précision. Mais la construction d’une chambre parfaitement étanche (ces trois premiers termes et le temps d’intégration sont des inva-
sous cette pression élevée, et avec une traversée d’électrode, riants indépendants du niveau contrôlé) ;
implique une excellente maîtrise de la réalisation. ■ le quatrième terme calcule l’absorption dans le milieu liquide ou
solide en vrac (EM et EM 0 sont respectivement l’épaisseur et la
[Link] Détecteur à scintillation demi-épaisseur du milieu contrôlé).
Il s’agit cette fois d’une technique différente. Le photon γ pénètre Il est important de constater que ce dernier terme est le seul
dans un corps solide transparent (par exemple : iodure de sodium paramètre dépendant du niveau contrôlant le taux d’impulsions
dopé au titane), son absorption provoquant la création de photons parvenant au compteur, quelle que soit l’importance des termes
lumineux (scintillation). La mesure de la faible lumière produite est qui le précèdent, notamment l’épaisseur des écrans.
effectuée par un photomultiplicateur, et les impulsions de quelques Pour effectuer la calcul de la source, c’est-à-dire N 0 , on part de N
nanosecondes sont comptées avec une électronique adéquate. Les (nombre d’impulsions exigé par le détecteur).
scintillateurs possèdent l’avantage de prendre toutes sortes de
formes et de dimensions.

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[Link] Contraste [Link] Mesures de niveau en continu


Il s’agit d’un facteur important pour le dimensionnement des ■ Mesure avec une source et un chapelet de compteurs
sources et pour le choix du radioisotope. Le contraste est le rapport de Geiger-Müller
entre les flux de photons γ parvenant au détecteur avant et après La mesure est pseudo-continue et fondamentalement non linéaire,
interposition du milieu contrôlé. Il doit être au moins de l’ordre de 2 puisque la distance d, au carré dans la formule (9), varie avec le
pour les détecteurs type Geiger, c’est-à-dire correspondre approxi- niveau à mesure que le matériau occulte le chapelet de compteurs.
mativement à une demi-épaisseur du milieu. Si l’épaisseur est plus L’angle d’ouverture α de la fente du conteneur est d’ailleurs prati-
petite, le contraste diminue et le détecteur doit se montrer d’autant quement limité à 45o par ce phénomène (figure 10). La précision
plus sensible. Si cette épaisseur est grande, le contraste augmente, n’est alors pas très bonne vers le bas. La non-linéarité peut être
et l’on est sûr d’un bon fonctionnement. Le choix de la source déter- corrigée électroniquement, de même que la décroissance de source,
minant la valeur de la demi-épaisseur, il est toujours possible, si le qui se traduit par un relèvement artificiel du niveau. Si l’un des tubes
contraste est trop faible avec le rayonnement dur du cobalt 60, de de Geiger-Müller meure, ce qui n’est pas facilement décelable, cela
remplacer ce dernier par du césium 137. apparaît aussi comme un relèvement du niveau.
Il est possible d’améliorer la linéarité ou d’obtenir un meilleur
[Link] Précision rapport distance/hauteur en disposant plusieurs sources.
Avec les liquides, en cas d’inclinaison du faisceau, le contraste
■ Mesure avec une source ponctuelle ou linéaire,
nécessaire au détecteur fait apparaître une imprécision, qui est
et un compteur à chambre d’ionisation linéaire
encore plus grande avec les solides en vrac dont la forme de la
surface libre et la densité moyenne sont mal définies. C’est un perfectionnement du procédé précédent, la chambre
d’ionisation ayant de meilleures caractéristiques de linéarité et de
Si l’on recherche une grande précision, il est préférable d’opérer
sensibilité (figure 11). La hauteur contrôlable est de 6 m.
avec un faisceau horizontal et avec un cristal de scintillateur pré-
cédé d’un écran doté d’une fine fenêtre horizontale. La précision Plusieurs sources disposées en hauteur ou un chapelet de
sera alors égale à la hauteur de la fente si l’on opère en tout ou sources peuvent améliorer ici aussi la linéarité.
rien, ou même meilleure si l’on adopte une mesure en continu
■ Mesure avec une source linéaire
(100 % de radiation fente dégagée, 0 % fente occultée).
et un compteur à scintillation ponctuel
La précision est entachée si la vitesse de variation de niveau est
Il s’agit en quelque sorte de la disposition inverse (figure 12). La
rapide par rapport au temps de réponse du compteur. Aussi ces
source est constituée par un fil de cobalt radioactif enroulé sur un
deux éléments doivent-ils être précisés.
noyau d’acier inoxydable vertical. L’astuce du procédé consiste à
La présence d’un élément faisant écran à atténuation variable faire varier le pas de l’enroulement de manière que les spires soient
doit être prise en considération (par exemple, formation de dépôts plus serrées en partie basse et compensent la non-linéarité. L’angle
sur les parois). d’irradiation peut être accru. Il n’existe qu’un seul compteur, ce qui
Les mousses, les aérosols, les émulsions, les fluides évoluant dans augmente la fiabilité de l’information.
les doubles parois, les imbibitions d’eau dans les calorifugeages, les
givrages, les vortex, etc., sont autant de facteurs modifiant l’absorp-
tion du flux de photons.
Par contre, les systèmes sont insensibles aux phénomènes d’agi-
tation, de vagues ou même d’oscillations, quand la période de
ceux-ci reste faible par rapport au temps de réponse du compteur.
Un agitateur peut ne pas troubler leur fonctionnement, même si les
pales interceptent périodiquement le rayonnement. Les équipe-
ments internes de réservoir invariants ne gênent généralement pas.

2.3.5 Différents systèmes de contrôle

[Link] Détection tout ou rien


■ Occultation d’un faisceau Figure 9 – Détecteur de niveau par occultation du faisceau (doc. Véga)

La variation de flux photons parvenant au détecteur (généralement


un compteur de Geiger-Müller) est produite par le remplacement de
la phase liquide ou solide par la phase gaz (figure 9). En général,
le contraste est suffisant. On peut trouver aussi l’interface entre deux
liquides de densités différentes, mais le calcul de contraste doit alors
être effectué avec soin.
La précision est de l’ordre de quelques centimètres. Mais elle
peut être augmentée (§ [Link]) grâce à l’emploi d’un scintillateur
avec étroite fente horizontale de collimateur.
■ Rétrodiffusion
On se sert des photons rétrodiffusés. Comme ceux-ci ne sont pas
nombreux, un détecteur de haute sensibilité à scintillateur est
nécessaire, appliqué tout contre la paroi. Il ne fonctionne d’ailleurs
que si cette dernière est mince. L’intérêt est que source et détecteur
sont du même côté. Il existe des versions portatives.

Figure 10 – Mesure de niveau en continu avec une source


et un chapelet de compteurs de Geiger-Müller (doc. Endress et Hauser)

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Figure 11 – Mesure de niveau en continu avec une source linéaire


et une chambre d’ionisation (doc. Ronan-Mesa)

Figure 12 – Mesure de niveau en continu avec une source linéaire


et un compteur à scintillation ponctuel (doc. Berthold)

La hauteur mesurable est de 6 m au maximum.


■ Mesure avec une source ponctuelle ou linéaire
et un compteur à scintillation linéaire
Le scintillateur peut mesurer jusqu’à 6 m, et il est parfaitement
linéaire. Associé à une source linéaire de même longueur, il constitue
l’une des meilleurs solutions possibles (figure 13).
■ Mesure avec une source ponctuelle et un compteur,
faisceau vertical Figure 13 – Mesure de niveau en continu avec une seule source
On mesure l’épaisseur H de la couche (figure 14). L’étendue de et un compteur à scintillation linéaire (doc. Endress et Hauser)
mesure est pratiquement limitée à une demi-épaisseur du milieu
contrôlé, compte tenu des possibilités des diverses natures de
compteurs. La réponse est exponentielle et il est nécessaire de Applications :
linéariser. C’est une méthode possible, mais peu employée, bien que
— contrôle du niveau haut dans des camions ou wagons-citernes,
pouvant être d’une très grande précision pour les faibles hauteurs.
une cale située sur la génératrice supérieure permet de compenser
■ Lyre de mesure les différences d’exécution des véhicules ;
Source et compteur sont reliés par un étrier (lyre) définissant une — contrôle au défilé du remplissage des bouteilles de gaz liquéfié :
horizontale. L’ensemble encadre le récipient opaque qui contient le butane, propane dans les carrousels ;
produit. L’étrier est souvent maintenu par une potence qui en permet — contrôle du niveau dans les bouteilles verticales de CO2 liquide.
le relevage.

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2.3.6 Particularités de montage 2.3.7 Problèmes de sécurité

Dans cette méthode de mesure par radioisotopes, il n’y a aucun Les systèmes employant les radioisotopes sont soumis à une
contact avec le produit, ni même avec le réservoir, et par conséquent réglementation, faisant l’objet de lois et de décrets.
aucun problème de pression, de température, de corrosion, de
consistance du produit, etc. [Link] Règles légales
S’il y a un fort dégagement de chaleur, comme sur les installations
Les sources obéissent à la norme ISO 2919 qui donne lieu à la
thermiques, il est possible d’intercaler de minces écrans en alumi-
délivrance d’un certificat. Leur acquisition est subordonnée à une
nium qui dissipent la chaleur. Si cela n’est pas suffisant, comme dans
autorisation de la Commission interministérielle des radioéléments
les contrôles de niveau dans les lingotières de coulée en continu,
artificiels (CIREA) demandée par le futur exploitant ; le fournisseur
sources et compteurs peuvent être refroidis par double enveloppe
l’assiste pour l’établissement des imprimés et autres documents.
et circulation d’eau.
L’emplacement des sources doit être déclaré à divers organismes,
Les électroniques répondent à toutes natures de prescriptions. notamment aux pompiers.
Pour réduire la puissance des sources, il existe un certain nombre Une fois installés, les conteneurs sont visités une fois l’an par un
d’artifices : organisme de contrôle tel que l’APAVE.
— utiliser une seule source pour deux ou plusieurs points de Du côté constructeur, les conteneurs font également l’objet d’un
détection ; accord de l’administration sur leur conception et leur mode de
— utiliser des conteneurs offrant plusieurs directions de faisceau réalisation. Chaque type de conteneur n’est valable que pour une
sur des réservoirs ou silos adjacents ; activité de source maximale.
— viser selon une sécante, ce qui est surtout valable pour les
grands réservoirs à paroi mince (figure 15) ; Le décret 67-228 du 15 mars 1967 du ministère des Affaires
— ménager un cheminement creux dans les épaisseurs de sociales et les arrêtés du 18 au 24 avril 1968 fixent la réglementation
réfractaires ou d’isolant ; sur la protection des travailleurs appelés à travailler avec les sources
— placer la source en doigt de gant (figure 8). radioactives (article Réglementation de la sûreté nucléaire [B 3 815]
dans la rubrique Sûreté et protection du traité Génie nucléaire).
Ainsi, deux natures de zones sont définies :
— une zone de contrôle où le débit de dose susceptible d’être
absorbée pendant 50 semaines de 40 h est supérieur à 1,5 rem/an,
ce qui correspond à un débit de dose de 0,75 mrem/h ; cette zone
est interdite à toute personne non autorisée et doit être délimitée
clairement par une signalisation par panneau ; les personnes auto-
risées (manipulation, contrôle, réglage, etc.) peuvent accepter
5 rem/an et sont soumises à des examens médicaux périodiques ;
pour fixer les idées, une telle zone correspond approximativement
à une sphère de rayon 1 m autour d’une source placée dans son
conteneur, sauf évidemment dans la direction du faisceau émergent ;
— une zone surveillée, autour de la première, où la dose annuelle
est comprise entre 0,5 et 1,5 rem, et où du personnel non contrôlé,
non affecté au contrôle des sources, peut néanmoins éventuellement
Figure 14 – Mesure de niveau par mesure de l’épaisseur de couche évoluer ;
— autour de cette zone, il n’existe plus de surveillance, et la
dose doit être inférieure à 0,5 rem/an.
Nota : rappelons que 1 rem = 10 –2 Sv (unité d’équivalent de dose).

[Link] Règles pratiques


— Il est déconseillé d’établir un poste de travail permanent ou
un lieu de passage fréquenté à proximité d’une source.
— Il faut essayer de matérialiser le parcours du faisceau, s’il est
« dans l’air », par des guides pour empêcher le personnel de passer
la main ou le corps au cours d’une quelconque opération.
— Ne jamais oublier de clore le conteneur à clef, s’il doit y avoir
intervention du personnel dans le réservoir ou le silo. La pénétration
en zone surveillée doit faire l’objet d’une stricte réglementation.
— En cas d’incendie, d’inondation ou autre catastrophe, prévenir
immédiatement les services du feu et de sécurité et rechercher la
source parmi les décombres avec un compteur de Geiger-Müller
portatif.
— Tenir une comptabilité précise des sources : activité, date de
livraison, implantation dans les unités, etc. (obligation d’ailleurs
légale !).
— Prévoir un endroit le plus isolé possible pour le stockage des
sources, la dépose pendant travaux, etc.
— Faire appel aux spécialistes pour toutes natures d’opérations.

Figure 15 – Mesure ou détection de niveau selon une sécante


dans un réservoir de grand diamètre (plusieurs mètres)

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2.4 Systèmes à effet optique optiques et d’une manière générale dans les « conducteurs de
lumière ». Il est utilisé dans les niveaux à glaces bicolores (§ 3.1.3).
Une solution usuelle et pratique est l’emploi d’un prisme (§ 2.4.5).
2.4.1 Principe de mesure
[Link] Diffusion
Un faisceau lumineux (longueur d’onde λ : de l’ultraviolet
λ > 50 nm à l’infrarouge λ < 1 mm) peut être interrompu, dévié, La diffusion, composante de l’absorption globale, est produite par
réfracté, réfléchi, atténué, diffusé lorsqu’un obstacle, tel un liquide la lumière renvoyée par les particules ou hétérogénéités présentes
ou un solide en vrac, vient s’interposer sur son parcours : tous ces dans un milieu, telle la poussière en suspension dans l’air. C’est un
phénomènes peuvent offrir une solution pour la détection d’une phénomène difficile à analyser, car il dépend de la granulométrie,
interface. de la dimension, de la distribution, de la forme, de la couleur, du
Le système le plus simple, à occultation de faisceau, comporte pouvoir émissif de la surface, etc., des particules. Il est possible de
une source lumineuse, le milieu à analyser, le récepteur-détecteur. mesurer la lumière transmise en ligne droite, plus ou moins faible-
En outre, s’agissant de liquides ou de produits en vrac, il faut des ment atténuée par la présence des particules, ou celle diffusée dont
hublots transparents. Un filtre peut être interposé pour travailler l’intensité croît directement avec la teneur en particules.
sur un domaine étroit de longueur d’onde et augmenter ainsi la La diffusion (liée à la turbidité) des suspensions dans les liquides
sélectivité de la méthode. ou les gaz (aérosols, brouillards, boues, etc.) permet la détection de
La lumière du jour, au spectre large, est un facteur perturbateur, présence de statifications. Si les particules ont une forme
de même que les éclairages d’ambiance. De nombreux systèmes pseudo-sphérique, la répartition de la lumière diffusée dans l’espace
optiques sont d’autant plus fiables qu’ils opèrent dans le noir, ce qui sera elle-même de forme sphérique, et les mesures du rayonnement
n’est pas toujours possible. Pour éliminer l’influence du jour ou de diffusé seront égales dans toutes les directions. Avec des particules
l’éclairage, l’émission de la source peut être modulée à une fré- transparentes, translucides ou colloïdales, cette répartition se trouve
quence fixe, différente de 50 Hz, et le récepteur est muni d’un filtre déformée d’une manière généralement spécifique au milieu avec un
dont la bande passante est centrée sur cette fréquence. Il permet angle de mesure privilégié.
ainsi une excellente discrimination par rapport aux sources d’éclai-
rement parasites. [Link] Facteurs perturbateurs
Des sources communément utilisées sur de faibles distances Pour qu’une mesure soit bonne, il faut distinguer le rayonnement
sont les diodes électroluminescentes (LED), qui couvrent visible et utile du bruit de fond, en utilisant des filtres optiques (longueur
infrarouge, sont simples, fiables, peu coûteuses, mais peu puissan- d’onde) ou électroniques (modulation de l’émission).
tes. Comme détecteurs, on trouve les photorésistances, les photo- Naturellement, un facteur perturbateur important est constitué par
diodes, les phototransistors qui constituent l’élément de base de l’encrassement des hublots et des fenêtres destinés à laisser passer
l’électronique, et sont aussi simples, fiables, bon marché et ont une le faisceau dans le milieu à analyser. Il existe diverses méthodes pour
sensibilité extrême. prévenir le salissement de ces derniers, notamment l’emploi d’un
Dans les cas difficiles, il existe des sources lumineuses plus puis- air comprimé propre et sec de balayage. Toutefois, ce remède reste
santes couvrant l’ensemble du spectre : lampes au deutérium, au difficilement applicable côté produit.
mercure, au mercure dopé au phosphore (ultraviolet), aux halo- Il est parfois possible de compenser l’encrassement des fenêtres
gènes, au tungstène (infrarouge), émetteurs laser. électroniquement en appréciant le salissement par un autre faisceau.
Des verres permettent le passage des divers rayonnements, Les solides en vrac provoquent souvent, mais pas nécessairement,
comme le quartz UV, les cristaux de séléniure de zinc, le verre de du poussiérage qui est une raison de limitation d’emploi des
silice, les cristaux de fluorure de calcium, etc. méthodes optiques.
Le photomultiplicateur est un récepteur fiable et très sensible. D’autres troubles sont causés par le vieillissement des sources et
des récepteurs, dont la sensibilité varie dans le temps.

2.4.2 Phénomènes optiques [Link] Sécurité positive


[Link] Absorption Le récepteur optique doit en permanence « voir » l’émetteur. Avec
cette condition, en cas d’extinction ou d’atténuation importante de
L’absorption d’un faisceau lumineux par le milieu traversé, res- la source, de défaillance de la cellule de mesure, de désalignement,
ponsable de l’atténuation, suit la loi de Beer-Lambert (l’intensité du le système réagit comme s’il y avait obturation du faisceau, en sécu-
faisceau est une exponentielle décroissante en fonction de l’épais- rité positive. En d’autres termes, les détections de niveau haut sont
seur traversée). L’absorption est généralement maximale, pour un protégées, plus rarement celles de niveau bas.
corps donné, autour d’une longueur d’onde déterminée : par
exemple, pour de l’eau liquide, environ 1,47 µm, pour de la vapeur
d’eau 2,9 µm. Ainsi apparaît l’utilité d’un filtre pour obtenir une 2.4.3 Mesure par transparence
meilleure sélection. Par exemple, le regard ne remarque pas une très
grande différence entre l’eau limpide et l’air contenu entre deux ■ Transparence classique : le problème majeur est l’alignement
hublots ; un faisceau infrarouge à 1,47 µm montrera un contraste source-récepteur. Cette méthode fut employée à une certaine
supérieur. époque, en combinaison avec les niveaux à glaces à transparence
Les liquides opaques gagnent à être observés sous faible couche, afin de les munir d’une détection de niveau.
en revanche les milieux limpides et clairs exigent une longueur de ■ Transparence avec catadioptre : il n’y a pas de problème
parcours importante. d’alignement puisque le catadioptre renvoie toujours le faisceau
incident vers la source sous le même angle. Autre avantage : la
[Link] Réfraction longueur du chemin optique est doublée, l’épaisseur de couche du
Un rayon lumineux incident, non normal à l’interface entre deux milieu étant parcourue deux fois, et donc l’absorption quadruplée. Le
milieux, est réfracté suivant la loi de Descartes. L’indice de réfraction contraste est augmenté dans le cas de liquides clairs. Enfin, le cata-
n = c /v est le rapport de la vitesse de la lumière dans le vide à celle dioptre est facile à implanter car l’émetteur/récepteur se trouve d’un
dans le milieu traversé, et est donc lié également à la longueur seul côté.
d’onde. Le phénomène de réfraction est employé dans les fibres

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■ Transparence avec catadioptre immergé : on emploie cette


méthode s’il faut réduire l’épaisseur de couche quand le liquide est
trop absorbant, ou pour des raisons d’implantation. L’inconvénient
est que le système est peu accessible pour le nettoyage.
■ Système à sonde immergée : la sonde comporte, sur un étrier, la
source et la cellule en vis-à-vis, le tout étant plongé dans le milieu.
C’est une solution possible en liquide propre, mais qui peut présenter
de sérieux risques d’encrassement dans le cas contraire. Des sondes
existent cependant pour mesurer le niveau du lit de boues en
décanteur (exemple : figure 16). Un nettoyage des fenêtres reste
possible avec instillation continue d’eau claire.
■ Dans tous les cas, source, cellule, catadioptre et fenêtres doivent
être protégés contre le salissement et les lumières parasites.
L’encrassement provient le plus souvent du milieu. Les détections
sont valables aussi bien pour les liquides que pour les produits en
vrac non salissants et non poussiérants. Il n’y a contact avec le milieu
qu’à travers les fenêtres et, pourvu que ces dernières soient en
Figure 16 – Sonde à immersion pour détection de niveaux
mesure de supporter les conditions de température, de pression et
de boue (doc. Eur-Control)
de corrosion, il n’y a pas de contrainte. La partie électronique,
complètement accessible, est réalisable en toutes natures de
protection.

2.4.4 Mesure par réflexion

Il existe deux méthodes :


— par réflexion sur la surface tranquille d’un liquide (reflet),
avec un certain angle d’incidence ; les facteurs perturbateurs sont
les vagues et le balancement de la masse, auquel le procédé est
particulièrement sensible ;
— par focalisation d’un faisceau vertical, normal à la surface, par
une lentille ; la détection s’opère quand le niveau coïncide avec le
foyer, créant une tache de lumière vive, particulièrement sur les
surfaces diffusantes.

2.4.5 Mesure par réfraction

Il y a deux méthodes de base :


— déviation du faisceau dans un plan horizontal, sur un tube Figure 17 – Détecteur de niveau à réfraction (doc. Larco)
transparent ou dans un système à deux glaces formant un dièdre
vertical : c’est le principe du niveau bicolore (§ [Link]) ;
— système à prisme conique.
Dans ce second cas, il s’agit d’un petit prisme conique en
plastique ou en Pyrex situé à l’extrémité d’un manchon dont la
nature et la résistance mécanique conviennent au milieu contrôlé
(figure 17). Une source (LED) et une photorésistance sont logées
dans ce manchon. La lumière s’échappe du prisme s’il est plongé
dans le liquide (figure 17b) ou reste confinée avec retour sur la
cellule lorsqu’il est émergé dans l’air (figure 17a).
Ce dispositif simple existe en plusieurs exécutions (figure 18) :
— manchon supporté par le câble d’alimentation (4 fils) ;
— manchon fixé à l’extrémité d’un tube qui loge le câble ;
— manchon coulissant sur un guide, permettant le réglage en
hauteur.
Il existe des modèles compacts. En toit, l’instrument détecte les
poches de gaz ; en « plancher », il détecte la présence de liquide.
L’un des avantages du système est la faculté d’opérer dans une
toute petite zone, le diamètre du prisme étant de l’ordre du Figure 18 – Montages de détecteurs de niveau à embout conducteur
centimètre, voire moins. de lumière ; angles d’inclinaison possibles (doc. Enraf-Nonius)
Certaines versions utilisent des LED travaillant dans l’infrarouge.
La précision des capteurs de niveau à prisme est de l’ordre du répondant à cette orientation est constitué d’un capteur coulissant
millimètre. Avec quelques précautions, notamment en prenant en sur un vernier vertical donné pour assurer le 1/10 mm (sur des
compte l’erreur systématique due au ménisque de mouillage, on hauteurs de l’ordre de quelques décimètres).
peut avoir une meilleure précision encore, ce qui rend ces capteurs L’électronique associée est logée dans un boîtier en sortie de
aptes à des opérations de calibrage de niveaux vrais. Un dispositif sonde ou en coffret séparé. Diverses protections sont possibles.

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Les systèmes à prisme fonctionnent sur toutes natures et couleurs 2.4.9 Laser
de liquides, mais ils acceptent mal les produits déposants, par
exemple les produits colloïdaux ou visqueux. Par contre, un film Le laser est un faisceau optique (visible et infrarouge) très direc-
mince attaché par capillarité sur le prisme n’entame pas la fiabilité tionnel et puissant, donc pénétrant, d’une lumière cohérente, pola-
de la détection. risée et d’une longueur d’onde précise. Il peut se substituer aux
systèmes classiques précédents, dans certains cas limites.
2.4.6 Systèmes optiques à tambour et câble Il existe un dispositif à laser, sorte de palmer sans contact, offrant
la possibilité de mesures très précises (1/100 mm), notamment de
niveau, dans une gamme de hauteurs de quelques centimètres
Le manchon à prisme évoqué précédemment peut être fixé à (figure 20).
l’extrémité d’un câble s’enroulant autour d’un tambour. Un dispo-
sitif de palpage asservi permet de suivre l’évolution d’un niveau Un autre système à laser permet de mesurer le niveau de métal
sur quelques mètres. La précision est de quelques millimètres. fondu dans les poches de coulée en continu, sans contact naturel-
lement, en utilisant la réflexion du rayon laser sur la surface en
Un autre instrument à tambour et câble comporte le capteur de fusion (figure 21).
la figure 16, et permet de mesurer le niveau d’une interface eau/lit
de boue dans les décanteurs. Très spécialisé, il est muni d’un dis-
positif de relevage automatique pour laisser passer le racleur.

2.4.7 Saumon lumineux

Cet appareil (§ 2.1.6) comporte un système optique à prisme,


comme élément de détection du niveau, et une alimentation incor-
porée (pile ou accumulateur, logé dans le lest).

2.4.8 Fibres optiques

Elles sont en verre ou en matière plastique ; elles peuvent


simplement être utilisées comme « conducteur de lumière » dans la
liaison source/cellule d’un système opto-électronique classique en
milieu hostile, ou pour résoudre les problèmes d’alignement. En
principe, la lumière confinée ne se disperse pas.
Mais on voit aussi apparaître des dispositifs à fibres optiques
employées nues ou en liaison avec des microprismes (figure 19) qui
autorisent des introspections reculant les limites de température et Figure 20 – Mesure de niveau par laser (doc. Haeni)
de pression. Le prisme pouvant être minuscule, on obtient une très
bonne résolution (quelques 1/10 mm). Remarquons qu’une fibre
coudée suffit.

Figure 21 – Mesure de niveau par laser


Figure 19 – Capteurs de niveau tout ou rien à fibres optiques
dans une coulée en continu (doc. Endress et Hauser)
(doc. CEA/EDF/Framatome/Westinghouse)

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2.5 Systèmes de mesure Cependant, il est également possible d’utiliser deux électrodes
gainées isolantes, le milieu conducteur jouant le rôle d’une troi-
par capacité électrique sième armature variable, la capacité globale représentant celle de
deux capacités variables en série. L’intérêt est que le dispositif de
2.5.1 Principe de mesure contrôle se trouve alors complètement isolé, au moins pour la
composante continue, de la masse électrique produit-réservoir.
Si l’on relie deux électrodes conductrices plongées dans un milieu
isolant à une source de courant alternatif, on réalise un condensateur [Link] Permittivité
dont l’impédance, à une fréquence donnée, détermine l’intensité du
courant. Toute modification de la capacité, provoquée par l’évolution Le tableau 3 donne la permittivité (constante diélectrique ) de
du niveau des produits situés entre les électrodes, change la valeur quelques corps usuels. Il s’agit de la permittivité relative rapportée
du courant électrique. à celle de l’air qui vaut 1. Dans les liquides, il y a peu d’évolution
de cette permittivité en fonction des conditions de service. Il n’en
Avec ce principe de mesure, si l’on veut obtenir des résultats est pas de même pour les produits en vrac, qui sont sensibles à la
satisfaisants, il est indispensable de toujours considérer la dualité granulométrie, au tassement, à l’hygrométrie et à la rétention d’eau
des paramètres conductivité électrique et permittivité (constante d’une manière générale ; il faut alors s’attendre à une moindre pré-
diélectrique ) du milieu contrôlé. cision avec les mesures en continu. (0)
Il s’agit naturellement d’une mesure de niveau vrai.

[Link] Mesure en milieu isolant Tableau 3 – Permittivité relative


■ Les deux électrodes peuvent être constituées par deux armatures de quelques matériaux courants
verticales, isolées à la traversée de paroi, ayant pour longueur la
variation de niveau à contrôler (pour les mesures de niveau en Permit-
Nature Matériau
continu) et immergées dans le milieu. La seconde armature prend tivité
souvent l’allure d’une contre-électrode tubulaire qui entoure la
Vide = air sec ......................................... 1
première (figure 22). La permittivité du gaz (notamment celle de l’air)
Verre ...................................................... 5 à 8,5
est beaucoup plus faible que celles des liquides ou des solides en
Mica ....................................................... 2,15 à 7
vrac, donc, à mesure que le niveau monte, la capacité augmente et
aussi le courant. Bois ........................................................ 3,5
Isolants Porcelaine.............................................. 4,4 à 6
■ La sonde peut être constituée par une seule armature nue verti- Hydrocarbures, essences, solvants,
cale, isolée au passage du toit, la seconde armature étant constituée etc. (teneur en H2O < 0,1 %)................. <3
par la paroi même, conductrice, du réservoir. Produits pulvérulents secs
(sauf solides conducteurs).................... <3
Si les électrodes sont disposées d’une manière ponctuelle, le
système fonctionne comme un détecteur de niveau. Hydrocarbures, solvants, essences
contenant de l’eau > 0,1 %
Isolants Eau déminéralisée
[Link] Mesure en milieu conducteur imparfaits >3
Pulvérulents humides
On utilise une seule électrode verticale, entièrement gainée d’une Graviers, sables
couche mince de matériau isolant qui constitue le diélectrique. Le
produit extérieur conducteur forme la seconde armature dont la sur- Solutions aqueuses .............................. 50 à 80
face, évoluant en même temps que le niveau, augmente la capacité Électrolytes
quand ce dernier monte. Une seconde électrode, ou une prise de Boissons
Conducteurs
masse sur un réservoir métallique, est cependant nécessaire pour Alcools 3
fermer le circuit électrique. Une électrode isolée compacte peut servir Produits organiques miscibles à l’eau
de détecteur. Solides pulvérulents conducteur

[Link] Influence des dépôts et salissements


Les mesures par capacité sont sensibles à la création d’un dépôt
conducteur autour d’une armature isolée sur la partie émergée, qui,
en simulant la présence du milieu, donne une information erronée.
Ce dépôt altère la mesure dans le sens d’une hausse, si la surface
polluée est importante. Avec deux armatures parallèles nues rela-
tivement rapprochées (cas d’une contre-électrode), le dépôt peut
former un pont se substituant à l’air et créer ainsi un condensateur
local. Avec une seule armature nue, l’autre étant constituée par le
réservoir, une perturbation apparaît beaucoup moins évidente, car
l’épaisseur active de diélectrique est plus grande et le danger de
formation de pont faible. Avec les armatures nues, réservées par
principe aux produits isolants, les risques de courts-circuits par des
dépôts conducteurs à proximité de la traversée de cloison sont
réduits, mais à considérer.
Sur les surfaces propres d’une installation neuve, il est fréquent
qu’un certain salissement se produise en début d’exploitation puis
se stabilise. Cette phase de mise en route se traduit par une dérive
apparente des mesures de niveau en continu, qui implique une
Figure 22 – Sonde de capacité avec contre-électrode de masse surveillance, assortie de quelques retouches de réglage. Avec les
(doc. Endress et Hauser) détecteurs il est préférable de ne pas régler trop « pointu », en choi-
sissant le point de basculement du relais plutôt près de la valeur
correspondant au remplissage par le milieu.

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Le problème de l’influence des dépôts et colmatages a fait l’objet Si le contenu de ces réservoirs conducteurs est très isolant dans
d’une attention particulière de la part des constructeurs qui se sont tous les cas d’opération, le problème se simplifie avec des électrodes
efforcés de fabriquer des appareils aussi insensibles que possible restant isolées de la masse du réservoir.
à ces perturbations.
■ Les contenants isolants qui exigent un système à deux armatures
L’implantation sur les silos, notamment pour les matières en peuvent se contenter d’une barrière de Zener, si le milieu, éventuel-
vrac, doit tenir compte de la faculté éventuelle de ces matières à lement conducteur, reste parfaitement isolé de la masse.
colmater des sondes protubérantes.
De toutes manières, l’agrément CENELEC du matériel est indis-
pensable ; éventuellement, l’accord du LCIE ou du CERCHAR sur le
[Link] Électronique de mesure montage de l’ensemble est recommandé.
L’électronique mesure donc la capacité des sondes industrielles Nota : CENELEC : Comité européen de normalisation électrotechnique.
variant de quelques picofarads (10–12 F ) à quelques nanofarads LCIE : Laboratoire central des industries électriques.
CERCHAR : Centre d’études et de recherches des charbonnages de France.
(10–9 F ). Elle est placée le plus près possible (au moins le pré-
amplificateur) de la tête de sonde à laquelle elle est reliée par un
câble coaxial à faible capacité répartie ; l’idéal est de l’intégrer 2.5.2 Détecteurs
directement dans la tête, mais des considérations de température
du milieu contrôlé peuvent l’en empêcher.
Les sondes métalliques (en tous métaux disponibles) sont par-
Pour qu’un dispositif par capacité puisse fonctionner d’une tiellement ou totalement isolées par des revêtements plastiques
manière fiable, il est nécessaire que la permittivité relative du produit (PVC, PP, PETP, et polymères fluorés : PFA, FEP, PTFE, etc.) ou même
soit au moins de 2. Quelques rares appareils plus sensibles exigent en céramique (cas des hautes températures). Quand le revêtement
moins. La fréquence du courant de mesure est, selon les appareils, est partiel, il a essentiellement pour objet de soustraire la mesure
de quelques kilohertz à quelques mégahertz. à l’influence de la paroi métallique par formation de pont de dépôts
Les systèmes dont une électrode est constituée par le réservoir conducteurs parasites. Quand la sonde est totalement isolée, le revê-
métallique et l’autre par une armature nue sont particulièrement sen- tement ou la gaine, moyennement fragiles, méritent d’être protégés
sibles à la foudre et doivent être protégés par des courts-circuiteurs contre les chocs, coups, usures produits par la manutention ou lors
rapides. de l’exploitation. On peut penser à l’abrasion par certains produits
L’emploi de microprocesseurs a amélioré considérablement la en vrac dans les silos.
mesure de niveau par capacité en facilitant diverses corrections, par Les parties actives de plusieurs sondes implantées sur un même
exemple la linéarisation du signal analogique si le réservoir ou le contenant doivent être séparées de quelques décimètres pour éviter
silo présente un coefficient de forme (cône à la base), la variation les interactions altérant les mesures.
de la permittivité du produit, etc. En ce dernier cas, un second capteur Les sondes sont étalonnées sur le site, si possible avec le produit
fixe est installé à une hauteur donnée et permet un réétalonnage et dans les conditions d’exploitation prévues.
périodique.
Si le milieu est conducteur et que, par adhérence, il laisse de larges [Link] Détecteur à tige ou à câble en milieu isolant
traînées sur la gaine isolée d’une sonde de mesure en continu, l’infor-
mation donnée est naturellement fausse. La transmission du courant L’électrode comporte une partie métallique dénudée, qui vient en
électrique s’effectue dans la zone polluée à travers une impédance contact quand le niveau du produit, liquide ou solide, monte. Le
complexe, ou admittance, constituée par la capacité linéaire du réservoir ou silo métallique forme très usuellement la seconde arma-
pseudo-condensateur et par le cheminement à travers la mince ture. Une contre-électrode tubulaire est utilisée avec les milieux à
couche résistante. Un microprocesseur permet de séparer la valeur faible permittivité, ou quand le contenant est en matière isolante
de la résistance de celle de la capacité et par conséquent d’apporter (figure 22).
une correction, nécessaire pour donner la vraie valeur du niveau. La sonde à tige peut atteindre quelques décimètres et être orientée
dans tous les sens.
[Link] Sécurité en zone explosible Le câble isolé comportant une sonde nue en extrémité peut
En atmosphère explosible, le principe de la sécurité intrinsèque atteindre les quelques 40 à 50 m (figure 23). S’il est très long, il peut
(article Matériels électriques pour atmosphères explosibles. Sécurité être amarré en partie basse grâce à un anneau. Avec une telle lon-
intrinsèque [R 533] dans le présent traité) exige une boucle de gueur, il faut penser à l’effort parfois considérable que le frottement
contrôle ne comportant pas deux masses accidentelles et concomi- provoqué par le vidage du matériau en vrac induit sur le point
tantes en deux endroits différents, car, si la masse générale de l’unité d’accrochage en haut, et qui se trouve reporté sur le toit, du silo ou
est non iso-potentielle (cas usuel), un courant dépassant dangeu- réservoir exigeant parfois un renforcement local de structure.
reusement la norme risque de circuler. Or, une simple barrière de Le temps de réponse varie de quelques 10 –1 s à quelques
Zener implique déjà une connexion permanente de la boucle à la secondes.
masse générale. Un autre court-circuit sur la boucle contrôlée suffit Les pressions maximales admissibles atteignent quelques cen-
donc pour atteindre la frontière du danger. Une séparation galva- taines de bars ; les températures de 200 à 300 oC impliquent une
nique complémentaire supprime le point de masse générale. liaison par coaxial faible capacité et haute température.
On peut déduire de ces principes des recommandations pour les
installations électriques incluant un risque de masse à la sonde. [Link] Détecteur à tige ou à câble en milieu conducteur
■ Les réservoirs ou silos métalliques contenant un produit Toutes les parties en contact sont isolées par la gaine qui sert de
conducteur sont à la terre. La contre-électrode nue, ou l’électrode de diélectrique (figure 24). Si le produit est très faiblement conducteur,
masse, est donc également à la terre et implique pratiquement une une contre-électrode tubulaire est utile, afin de réduire la résistance
séparation par barrière galvanique. parasite du milieu. Dans un contenant métallique, le milieu se trouve
Si le contrôle s’effectue à l’aide d’une sonde comportant deux nécessairement à la masse. Si le réservoir est isolant, une
armatures isolées de la masse, on peut admettre que la capacité du contre-électrode sert à amener le courant.
capteur est trop faible pour retenir une énergie suffisante pour pro- Les caractéristiques générales sont du même ordre que pour les
voquer une étincelle dangereuse et, si l’électronique est agréée, appareils précédents.
une simple barrière de Zener devrait suffire.

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Figure 25 – Détecteur de niveau à capacité type alimentaire


(revêtement élastomère) (doc. Eurojauge)

Il existe des appareils de ce type à électrode non isolée et d’autres,


particulièrement intéressants, où les deux électrodes sont à l’abri
derrière un étui ou une pastille extrêmement ramassée, en matière
Figure 23 – Sonde capacitive à câble (doc. Eurojauge) isolante. En outre, dans ce dernier cas très favorable au bon écou-
lement des produits, il n’y a plus contact électrique avec le milieu
ou avec le réservoir, et la protection en atmosphère explosible s’en
trouve facilitée.

[Link] Détecteur à plaque


La sonde est constituée par une large plaque métallique de
quelques décimètres carrés isolée par un revêtement adéquat.
L’ensemble est monté en affleurement, ce qui est une bonne solution
pour les produits en vrac lourds, à granulométrie large.

[Link] Autres types de détecteurs


On trouve aussi des détecteurs à collier ou à bride.

2.5.3 Mesures en continu


Si les détecteurs de niveau ne posent guère de problème lorsque
la permittivité du produit contrôlé varie, il n’en est pas de même
pour la mesure en continu pour les liquides et les solides non
conducteurs où cette variation induit une erreur de niveau.
La variation de la permittivité peut être liée, pour les produits en
vrac, au tassement, à l’hygrométrie, etc., qui réduisent les pos-
sibilités d’emploi.
Les sondes pour mesures en continu sont linéaires et se présentent
à peu de chose près, à tige et à câble, comme pour les liquides non
conducteurs, mais elles ne sont pas isolées ; elles sont actives sur
toute leur hauteur. Elles peuvent aussi être totalement isolées pour
les liquides et solides conducteurs.
Figure 24 – Sonde capacitive chemisée haute pression haute température
(350 bar à 20 oC, 210 bar à 530 oC) (doc. Sart) Il existe une version avec isolement en céramique pour hautes
températures (200 oC) et hautes pressions (800 bar).

[Link] Détecteur compact


Par ce terme, on met en évidence la double propriété : compacité 2.5.4 Applications et exécutions particulières
de l’élément de mesure et intégration de l’électronique dans le
boîtier même de la sonde, qui mènent à un appareil simplifié, facile — Surveillance en continu du niveau dans des puits profonds
à implanter. (900 m).
Ce détecteur présente une partie active peu protubérante (une — Contrôle d’interface huile/eau.
dizaine de centimètres, ou moins) à l’intérieur de la paroi interne, — Sonde plate verticale affleurante à la paroi pour la mesure de
ce qui lui confère un avantage certain, en évitant les risques de niveau dans les débitmètres à lame de liquide pour chenal à ciel
colmatage avec des produits en vrac. En outre, la compacité apporte ouvert.
la robustesse (figure 25).
— Détection et mesure de niveau dans les liquides cryogéniques
(H2 , N2 , O2 , etc.).

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2.6 Systèmes de mesure par ondes sonores [Link] Distance


ou ultrasonores Dans un milieu isotrope, l’intensité d’une émission sonore décroît
comme le carré de la distance à l’émetteur.
L’intensité des ultrasons décroît exponentiellement avec la
Cette méthode de mesure de niveau vrai sans contact avec le pro- distance parcourue.
duit, fondée sur la réflexion d’une onde sonore ou ultrasonore sur
l’interface produit/gaz, fut longtemps considérée comme promet- [Link] Réflexion
teuse, mais difficile. Une meilleure compréhension des phénomènes
et l’apparition d’électroniques plus élaborées (notamment à base de La plupart des dispositifs de contrôle de niveau sonores ou ultra-
microprocesseurs) ont permis de dominer les problèmes et de réa- sonores mesurent le délai t entre l’émission et le retour d’un son
liser des installations parfaitement fiables. (écho). La vitesse v de propagation dans le milieu traversé étant
supposée connue, la distance d de l’émetteur à l’obstacle est de :
d = t v/2
2.6.1 Caractéristiques des ondes sonores
et ultrasonores Les phénomènes de réflexion de l’onde sonore, base de la mesure,
méritent donc quelque attention.
Nota : le lecteur se reportera aux articles Ultrasons [E 1 910] dans le traité Électronique Si l’onde rencontre l’interface de deux milieux aux propriétés
et Mesures en acoustique [R 3 110] dans le présent traité. acoustiques différentes, elle se trouve partiellement transmise, par-
tiellement réfléchie, avec un pourcentage de réflexion d’autant plus
[Link] Vitesse de propagation élevé que les propriétés entre les deux milieux s’éloignent, comme
par exemple entre l’air et un liquide (presque 90 % de retour). Par
Le plus souvent, les appareils de contrôle par ultrasons utilisent
contre, si les propriétés sont voisines, entre la glace et l’eau, ou entre
un parcours des ondes en milieu gazeux, la connaissance des lois
l’hydrogène et l’eau par exemple, le pourcentage de retour devient
de propagation dans ce milieu est indispensable pour optimiser le
sensiblement plus faible et donc difficile à mettre en évidence.
choix des solutions.
La structure superficielle de l’interface joue aussi un rôle essentiel.
■ Propagation dans les gaz : les ondes sonores se propagent en La longueur d’onde λ est égale à :
suivant la loi :
λ = v/f
v = RT γ /M
avec f (Hz) fréquence.
avec v (m/s) vitesse de propagation du front d’onde,
Pour un faisceau de fréquence 40 kHz dans l’air, λ ≈ 8 mm et le
M (kg/mol) masse moléculaire du gaz, quart d’onde λ /4 = 2 mm.
R constante molaire des gaz La notion de quart d’onde qui vient d’apparaître détermine le
(R = 8,314 J · mol –1 · K –1), comportement du faisceau :
T (K) température thermodynamique, — si l’interface présente une distribution homogène d’irrégu-
γ facteur de compressibilité (rapport des capa- larités dont la dimension moyenne est de l’ordre de λ /4, elle se
cités thermiques massiques, compris entre 1,3 comporte comme un parfait diffuseur, avec un « spectre » de retour
et 1,66 selon la nature du gaz et les conditions de sphérique, quel que soit l’angle d’incidence ; dans ce cas, la part
service). retournée vers l’émetteur est faible (figure 26c ) ;
— si les irrégularités sont de dimension moyenne nettement
Voici quelques valeurs de la célérité du son :
plus réduite, ou nulle comme la surface d’un liquide tranquille,
air à 0 oC : 331 m/s ; l’interface agit comme un miroir (figure 26a ) ;
hydrogène : 1 284 m/s ; — si l’onde traverse un milieu ayant pratiquement les mêmes pro-
hélium : 985 m/s. priétés acoustiques, mais finement structuré avec un pas de l’ordre
■ Propagation dans les liquides : dans les liquides usuels, dont de ce quart d’onde (par exemple une mousse, un aérosol, un nuage
l’eau, la vitesse de propagation du son est de l’ordre de 1 500 m/s. de poussière), elle se trouve fortement absorbée (figure 26b).
La connaissance de ces phénomènes permet de prévoir si un
■ Propagation dans les solides : dispositif ultrasonore sera ou non utilisable pour l’application
aluminium, fer : 6 000 m/s ; envisagée.
argent, or : 3 500 m/s ; Dans bien des cas, compte tenu de l’absorption et de la distance
plomb : 2 000 m/s ; de la surface réfléchissante, l’écho ne représente plus qu’une faible
plastiques : 2 000 m/s ; partie de l’intensité du signal émis et doit être extrait d’un bruit de
élastomères : 1 500 m/s. fond important. C’est la difficulté de la mesure par ultrasons,
expliquant d’ailleurs un certain nombre d’échecs antérieurs.
[Link] Fréquence
La fréquence des ondes sonores (perceptibles aux fines oreilles
jusqu’à 16 kHz) s’étend de 15 Hz à 20 kHz. 2.6.2 Élimination des facteurs perturbateurs
Celle des ondes ultrasonores, dans le domaine qui intéresse le Le plus souvent, les appareils de mesure par ondes sonores ou
contrôle des niveaux, va de 20 kHz à quelques mégahertz. ultrasonores combinent l’émetteur et le récepteur en une seule
sonde dont l’organe sensible est commuté pour assurer alterna-
[Link] Absorption dans l’air tivement les deux fonctions.
Dans l’air (et les gaz), les vibrations sonores transforment leur Une impulsion ou top rectangulaire, comportant plusieurs
énergie en chaleur, au dépend de leur intensité. Le milieu est donc périodes de la fréquence de mesure, est émise à intervalle fixe, puis
absorbant, notamment pour les fréquences élevées. Ainsi 1 m d’air l’instrument se met aussitôt à l’écoute de l’écho (figure 27) afin
absorbe à 45 kHz autant que 50 m à 10 kHz. La présence d’humidité, d’estimer le temps de retour. Une distance minimale d, dite « de
de CO2 , de poussières, etc., contribue à augmenter l’absorption. blocage », est requise pour éviter la confusion entre le top d’émission
et l’écho. À l’inverse, ce dernier ne reste perceptible que pour une
distance inférieure à D et il est alors très faible. L’étendue de mesure
est donc (D – d ).

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Figure 27 – Détection d’un écho ultrasonore

Figure 26 – Mesure de niveau par ultrasons :


principe de la réflexion des ultrasons

[Link] Température du milieu


La plupart des détecteurs de niveau s’accommodent facilement
de l’influence de la température du milieu sur la vitesse de propa-
gation. Les mesures continues, par contre, exigent une compensa-
tion effectuée à partir d’une sonde de mesure de température ;
celle-ci est logée le plus souvent près de l’émetteur-récepteur, ce qui
en rend l’implantation aisée, mais pas nécessairement la plus repré-
sentative de la température du milieu.

[Link] Absorption du milieu


Des facteurs autres que la température interviennent : variation
du milieu, hygrométrie, CO2 , vapeur d’eau, poussières, mousses,
H2 , etc. Si le milieu traversé par le faisceau sonore est homogène,
une solution consiste à placer une cible à distance connue, qui pro-
duira un écho et permettra donc d’étalonner en permanence la Figure 28 – Système de mesure ultrasonore avec compensation
vitesse de propagation par le calcul inverse. Un mode de réalisation par étrier (doc. Endress et Hauser)
usuel est l’étrier (figure 28).
Une autre solution consiste à placer en point haut un détecteur [Link] Présence d’obstacles
de n’importe quel type (y compris ultrasonique) qui fournit un point
de calage à 100 % et pourquoi pas un autre détecteur en point bas Particulièrement indiqués pour ce type de mesure, un réservoir
qui donne le 0 %, tous deux permettant ainsi un auto-étalonnage. ou un silo ne devraient présenter que des parois lisses, sans aucun
équipement interne susceptible de générer des échos parasites. En
pratique, il existe de nombreuses causes (renforcements des
[Link] Affaiblissement du signal en fonction de la distance structures, tubulures, décrochements de forme, équipements, appa-
L’affaiblissement a pour conséquence que, pour de grandes hau- reillages et, plus grave, dépôts) qui produisent des échos visibles
teurs, le signal de l’écho risque de se trouver perdu dans le bruit sur l’enregistrement du signal de retour (figure 29), caractérisés par
de fond. Si le niveau varie lentement par rapport à la fréquence des leur amplitude (qui dépend de la surface parasite) et leur position
impulsions, l’électronique conserve en mémoire la valeur de la der- presque invariable (la fluctuation de position peut être due à l’atmo-
nière position du niveau, et ne rend la détection sensible que dans sphère évoluante). Leur amplitude peut être du même ordre de gran-
un créneau de temps de retour correspondant à la nouvelle position deur que l’écho utile et provoquer une confusion quand le produit
possible ; on élimine ainsi quantité de signaux parasites (figure 29). parvient à leur niveau. Le remède consiste à supprimer les obstacles
et, si cela n’est pas possible, à placer le cheminement relativement
directif du faisceau de façon à les éviter. Quelques électroniques per-
mettent de les « effacer » en générant des pics de même allure, mais
en sens inverse.

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Figure 29 – Réception de l’écho ultrasonore dans une fenêtre

[Link] Produits en chute situés sur le parcours du faisceau


Les produits en chute libre lors d’un remplissage, notamment en
silo, constituent un obstacle générateur d’écho. Cependant, l’onde
sonore réfléchie subit l’effet Doppler et présente donc un décalage
de fréquence. Le bruit parasite peut être éliminé grâce à l’emploi
d’un filtre extrêmement sélectif calé sur la fréquence de mesure.
Un écho « correct » doit avoir exactement la fréquence du signal
émis. Figure 30 – Oscillateurs ultrasoniques (doc. Vega)

[Link] Structure de l’interface


Il existe toutes les natures de protection, notamment pour fonc-
La granulométrie de surface du produit, dans la mesure où elle tionnement en atmosphère explosible.
se maintient constante dans le temps, peut commander le choix de
la fréquence de mesure pour éviter l’effet d’absorption quart Les émetteurs et récepteurs existent sous de nombreuses formes,
d’onde (§ [Link]). placés avec membrane affleurante ou au contact de la paroi à l’exté-
rieur du contenant. Cette dernière présentation est utile pour les
Ainsi, la présence de mousses sur un liquide risque de provoquer contrôles où la membrane active risque d’être baignée dans un
une absorption fatale à la mesure. Il est alors intéressant d’employer produit corrosif.
des ondes sonores dont la longueur d’onde dans l’air est, par
exemple, de l’ordre de 2 cm, qui sont moins absorbées. Les systèmes avec émetteur et récepteur combinés sont les plus
courants, mais on trouve aussi ceux implantés avec émetteur et
récepteur en vis-à-vis.
2.6.3 Différents dispositifs de contrôle L’orientation est le plus souvent indifférente, à condition de choisir
les angles pour éviter les interférences entre plusieurs appareils.
Souvent, l’élément émetteur-récepteur (figure 30) est constitué
par un cristal ou une céramique piézoélectrique vibrant selon un [Link] Émetteur-récepteur de mesure en toit de réservoir
axe qui coïncide avec celui de la direction de la mesure. Pour éviter ou de silo
la corrosion, ce cristal ne se trouve pas en contact avec le milieu Il s’agit du montage le plus classique, mesurant généralement le
mesuré. Une paroi en matériau non absorbant assure ce contact et creux, l’appareil étant placé sur le toit, regardant le produit et
est séparée du cristal par une couche de liquide d’épaisseur quart émettant un faisceau relativement directif, usuellement vertical,
d’onde qui réalise le couplage acoustique. De nombreux matériaux mais pouvant être légèrement incliné pour éviter un obstacle sans
peuvent être utilisés en fonction des conditions de corrosion, le nuire à la précision.
plus courant étant l’acier inoxydable.
Pour éliminer les faux échos, le montage doit faire l’objet de
Les fréquences varient de 10 kHz (soniques) à quelques mégahertz. quelques soins ; notamment, la tubulure qui reçoit l’instrument doit
Les impulsions ou tops sont émis à raison de quelques coups être large ou coupée en sifflet pour éviter un signal de « retour »
par seconde. Il existe un temps de montée en fréquence de la dû au bord. La hauteur mesurée peut atteindre 50 m. Les tempéra-
membrane, puis une stabilisation de l’amplitude pendant quelques tures maximales sont de l’ordre de 60 à 80 o C, les pressions
périodes, enfin une extinction de la vibration. C’est alors que dépassent rarement le bar. Ce sont typiquement des appareils pour
l’appareil se met en écoute jusqu’au prochain top. utilisation à la pression atmosphérique.
Le signal de sortie peut être traité par un microprocesseur qui cor- Applications particulières : contrôle du niveau dans les déversoirs
rige les facteurs perturbateurs et assure la linéarisation du facteur à ciel ouvert pour le calcul des débits, du niveau des houles, des
de forme du contenant, le blocage de la mesure pendant le passage plans d’eau d’écluse, etc.
de pales d’agitateur, l’adaptation automatique de la fréquence de
résonance de la membrane en cas de dépôts, etc.

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[Link] Sonde immergée en base de réservoir [Link] Mesureur-enregistreur portable


L’émetteur-récepteur est orienté vers le haut et mesure la distance Il existe des dispositifs portables de mesure de niveau par ultra-
à l’interface par le temps de parcours du son dans le liquide. Il s’agit sons (pleine échelle de quelques centimètres à quelques mètres).
du principe du sonar à l’envers.
Inconvénient : le matériel est moins accessible et doit résister à
l’immersion en milieu éventuellement corrosif. 2.7 Systèmes à micro-ondes
Avantage : la vitesse en milieu liquide est moins susceptible d’être
perturbée et les mesures sont plus fidèles que dans le montage Les micro-ondes, de nature électromagnétique, possèdent une
précédent. fréquence allant jusqu’à quelques gigahertz et sont émises par
impulsions dont la fréquence est de quelques kilohertz.
[Link] Sonde immergeable avec émetteur
et récepteur en vis-à-vis
2.7.1 Méthode avec émetteur et récepteur séparés
Les cristaux piézoélectriques, d’une petite dimension, se font face
de part et d’autre d’une lame du milieu contrôlé, grâce à un support Avec cette méthode de mesure, le faisceau est interrompu, comme
adéquat (figure 31). La fréquence d’excitation est de quelques méga- un rayon lumineux, par le milieu contrôlé.
hertz. Les appareils sont utilisés en détecteurs de niveau tout ou rien.
À cette fréquence, l’onde est rapidement absorbée et la distance L’émetteur et le récepteur sont placés en vis-à-vis (figure 31)
émetteur-récepteur est seulement de quelques centimètres (ou comme pour une barrière lumineuse, la portée pouvant atteindre
quelques millimètres) ; la mesure, très sélective, permet de détecter une vingtaine de mètres dans l’air.
l’interface entre deux liquides ou la hauteur des lits de boues dans Les parois métalliques et les matières conductrices, présentant
les bassins de décantation. une permittivité élevée, agissent comme réflecteurs et interdisent
l’emploi de ce principe d’introspection. Au contraire, les matériaux
à faible permittivité, donc les isolants (verre, bois, cartons, etc.), sont
traversés avec un faible amortissement : cela permet l’introspection
à travers des récipients en carton ou en plastique opaques aux rayons
lumineux.
Le contrôle, essentiellement détection tout ou rien, s’effectue sur
un niveau vrai de liquide ou de solide, éventuellement au défilé,
car le temps de réponse est relativement rapide (20 coups/s). Autre
avantage : il n’existe aucun contact avec le produit contrôlé ou
même le récipient. Le seul inconvénient majeur reste donc l’inter-
diction d’emploi dans les contenants métalliques.
Comme pour tous les rayonnements, on retrouve la notion pra-
tique de demi-épaisseur, pour laquelle l’intensité du faisceau incident
est réduite de moitié.
Cette demi-épaisseur est, par exemple :
• 7 mm pour le verre (dépendant de la teneur en plomb) ;
• 200 mm pour le bois ;
• plusieurs centimètres pour les plastiques (PVC, PP, PTFE, etc.).
Cette connaissance de la demi-épaisseur est indispensable pour
adapter l’intensité de la source, qui dépend donc de l’épaisseur et
de la nature des parois, afin de provoquer la commutation du relais
lorsque le produit, liquide ou solide, s’interpose sur le faisceau. Le
raisonnement est évidemment proche de celui utilisé pour les
rayons γ ; toutefois, l’émetteur, comme le récepteur, n’offre pas la
souplesse d’emploi d’un système à radioisotopes.
Pour implanter une détection, deux possibilités sont cependant
offertes :
— une ou plusieurs plaques métalliques peuvent servir de
réflecteurs, de manière à obtenir un cheminement plus intéressant
du faisceau, compte tenu de la disposition locale (figure 32) ;
— une plaque mince de verre ou d’un absorbant quelconque
(éventuellement un matériau synthétique antistatique) peut être
interposée pour réduire l’intensité de la radiation sur des courtes
distances émetteur-récepteur et obtenir ainsi un meilleur contraste.
Dans tous les cas, une disposition simple évite les réflexions
parasites. L’émetteur et le récepteur exigent un alignement parfait
et une orientation angulaire adéquate, car le faisceau est polarisé.
L’ensemble doit montrer une bonne stabilité géométrique dans le
temps pour conserver ses performances initiales.

Figure 31 – Détecteurs à ultrasons avec émetteur et récepteur 2.7.2 Méthode avec émetteur
en vis-à-vis (doc. Bestobel-Mobrey) et récepteur combinés (radar)
Il s’agit d’un développement relativement récent, permettant la
mesure en continu sur des hauteurs d’une trentaine de mètres.
L’appareil fonctionne avec un principe voisin d’un système à

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ultrasons, c’est-à-dire émetteur et récepteur combinés avec émission L’implantation est facile en toit de bac avec télétransmission à
d’impulsions et mesure du temps de retour de l’écho, mais cette fois distance, ce qui permet la télégestion d’un parc de réservoirs de
avec des longueurs d’ondes millimétriques (fréquence supérieure stockage. Initialement, le système avait été développé en tant que
à 100 GHz) pour obtenir une résolution de l’ordre de 1 mm. Il s’agit jaugeur Marine pour contrôler le chargement des tankers. Une ver-
d’un véritable radar, avec une antenne d’émission parabolique et un sion plus fine existe :
récepteur axial (figure 33). résolution : 1 mm ;
Cette solution offre une grande stabilité de mesure, la vitesse de erreur de linéarité : ± 2 mm ;
propagation des micro-ondes radar n’étant sensible ni à la tempé- température au niveau de l’instrument : – 40 à 70 oC.
rature ni à la composition chimique de l’atmosphère traversée.

2.8 Détecteurs à lames vibrantes


et systèmes à palpeur
2.8.1 Détecteurs à lames vibrantes
[Link] Système à lames symétriques

Deux lames, disposées telles un diapason, sont portées à leur


fréquence de résonance (de l’ordre d’une centaine de hertz) par effet
piézoélectrique. Si elles se trouvent immergées dans un milieu
liquide ou dans un solide en vrac, l’amortissement résultant pro-
voque le basculement d’un relais (figure 34).

Figure 33 – Montage d’un jaugeur de niveau radar sur un trou d’homme

Figure 32 – Déviation des micro-ondes par des réflecteurs


(doc. Endress et Hauser)
Figure 34 – Détecteur à lames vibrantes (doc. Endress et Hauser)

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Le principe des lames vibrantes est essentiellement employé local ou à distance par une télétransmission. La différence fonda-
pour la détection (tout ou rien) des niveaux. mentale avec la jauge asservie est précisément l’absence d’asser-
Un tel système est très sensible quand l’extrémité des lames vissement qui fait que cette information n’est pas délivrée d’une
commence à être effleurée par le produit, mais il est naturellement manière continue.
perturbé par la formation de dépôts ou par le colmatage, qui Ce système s’applique indifféremment aux liquides ou aux solides,
changent la fréquence de résonance. Heureusement, les vibrations toutefois il est juste de signaler qu’il équipe surtout les silos.
induisent un effet d’auto-nettoyage qui rend le procédé relativement Les caractéristiques types sont les suivantes :
fiable. Le salissement dans le creux de la fourche se montre moins
préjudiciable au bon fonctionnement que les dépôts incrustants en — hauteur mesurée : jusqu’à 70 m ;
bout de lames. — vitesse de descente : de 10 à 30 cm/s selon la course ;
— précision : de quelques centimètres à 1 dm selon la course
La température ne doit pas dépasser 80 oC ; l’appareil existe en (fonction du nombre d’impulsions pour la course totale) ;
différentes versions : étanche, antidéflagrante, etc. La température — température de fonctionnement dans le silo : – 20 à 70 oC ;
de l’électronique de mesure, proche de celle du milieu contrôlé car — pression atmosphérique ;
les deux lames sont conductrices de la chaleur, doit être surveillée — toutes sortes de protections (dont antidéflagrante).
si la température dans le contenant risque d’être trop élevée. Certains
appareils, comportant un préamplificateur au niveau de la sonde,
sont reliés à l’électronique d’exploitation par un câble qui protège
contre de trop fortes élévations de température.
Les caractéristiques typiques pour les instruments destinés au
contrôle des produits en vrac sont : température en trémie : – 20
à + 80 oC, pression maximale : 6 bar, masse volumique minimale :
30 g/dm3, temps de réponse : 2 s.
Les lames sont assez fragiles et ne peuvent convenir pour du vrac
lourd ni pour les granulométries du même ordre de grandeur que
l’interpale (risque de blocage). Il est important de les soustraire,
grâce à un auvent interne, à la chute des produits lors des remplis-
sages qui, en plus du danger de fausses alertes, risquerait de les
endommager. Les détecteurs étant naturellement sensibles aux
vibrations induites par l’installation, il en existe qui sont suspendus
à un câble.
Pour les liquides, les lames peuvent être munies d’ailerons qui
augmentent l’amortissement quand la viscosité est faible. Certains
Figure 35 – Détecteur à tige vibrante pour liquides (doc. Vega)
appareils acceptent des températures de milieu de – 40 à + 200 oC,
une pression maximale de service de 25 bar, une viscosité maximale
de 1 m2/s, une masse volumique minimale de 0,7 g/cm3.
La partie immergée ne comportant aucune cavité, les détecteurs
à lames vibrantes peuvent être utilisés dans l’industrie alimentaire.
Les lames sont réalisées en différents matériaux, y compris les
revêtements type PTFE.
Les appareils peuvent être disposés selon différentes orientations.

[Link] Détecteur à tige vibrante


Au lieu d’utiliser un système constitué par deux lames vibrant
symétriquement, il existe des appareils ne comportant qu’une tige
vibrante plongée dans le produit ; ils conviennent pour la détection
des niveaux sur les liquides ou sur les produits pulvérulents à
faible granulométrie et faible masse volumique.
Ce détecteur (figure 35) jouit à peu près des mêmes propriétés,
caractéristiques et montages que le modèle précédent à lames symé-
triques. Peut-être peut-on affirmer qu’il est moins sensible à la détec-
tion, mais par contre plus robuste et indifférent au colmatage et à
la granulométrie des produits.

2.8.2 Systèmes à palpeur

Placé en toit de réservoir ou de silo, ce dispositif comporte un


tambour, un ruban et un palpeur destiné à toucher le produit lors
de balayages verticaux aller-retour périodiques, commandés auto-
matiquement ou manuellement (figure 36). Lorsque le contact se
produit, le ruban se relâche, ce qui provoque une inversion de sens
de marche du moteur commandant le tambour et la remontée du
palpeur en position haute. Comme dans une jauge de niveau asser-
vie, des impulsions sont générées, dont le nombre est fonction de
la longueur de ruban déroulée et permet d’apprécier le creux. L’infor- Figure 36 – Mesure par système à palpeur (doc. Auxitrol)
mation périodique ainsi recueillie est exploitée par un indicateur

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Il existe plusieurs formes de palpeur, en fonction de la nature du


produit contrôlé :
— palpeur standard avec ou sans pointe de touche ;
— palpeur parachute pour les produits légers pulvérulents,
comportant une sorte de parapluie en toile qui évite au contrepoids
de s’enfoncer, le parachute replié passe à travers une tubulure de
petit diamètre ;
— palpeur sac, pour silo ou trémie munis d’un dispositif d’extrac-
tion mécanique qui risquerait d’être endommagé par le décrochage
intempestif d’un contrepoids massif ; le sac est alors rempli du
produit lui-même en guise de lest ;
— palpeur flotteur pour les liquides ;
— palpeur cloche pour les pulvérulents légers haute température
ne permettant pas l’emploi d’un parachute.
Les parties en contact avec le milieu peuvent être réalisées en
divers matériaux adéquats.
Ces appareils sont d’un fonctionnement simple et sûr, mais exigent
quelques précautions :
— éviter de les situer dans le parcours de chute de remplissage
du produit ;
— les munir d’un dispositif de raclage du ruban pour empêcher
l’accumulation de salissures sur le tambour ;
— éviter de faire longer au palpeur des obstacles pouvant
l’accrocher ;
— comme dans d’autres systèmes analogues, penser au renfor-
cement du toit dans le cas où un effondrement noierait le palpeur
et une partie du ruban dans le produit et provoquerait un effort
anormal au moment de l’extraction.

Figure 37 – Valeurs de la conductivité de quelques produits


2.9 Systèmes de mesure par conductivité (doc. Peritech)
(ou résistivité) électrique
2.9.1 Principe de la méthode. Applications Si le liquide est peu conducteur, il est nécessaire d’utiliser une
électronique à gain plus élevé ou un système à deux électrodes
Le principe consiste à mesurer le courant électrique passant entre dont les extrémités rapprochées offrent un très petit parcours au
deux électrodes, ou entre une électrode et la masse métallique d’un courant.
réservoir, quand le produit, nécessairement conducteur, vient ■ Avec des réservoirs isolants, il ne subsiste que cette dernière
toucher et fermer le circuit. Les gaz ou vapeurs sont isolants aux solution (figure 38).
températures de service usuelles. Le courant amplifié sert à actionner
un relais à seuil. La méthode est, sauf rares exceptions, réservée à Dans tous les cas, il est important qu’un dépôt de salissures
la détection de un ou plusieurs seuils. conductrices ne forme pas un pont à la surface de la gaine. Pour
cette raison, le revêtement isolant, choisi souvent en Téflon non
L’ e a u t r è s p u r e p o s s è d e u n e c o n d u c t i v i t é i n f é r i e u r e adhérent, gaine l’électrode jusqu’à l’extrémité dénudée.
à 0,05 µS · cm–1, mais sa détection reste néanmoins possible avec
des conductivimètres performants et chers dont l’emploi pour cette Inversement, des dépôts isolants ne doivent pas s’agglomérer
application, sauf cas particulier, devient discutable. Les hydro- autour de l’extrémité.
carbures sont très isolants, comme de nombreux produits orga- Pour éviter les phénomènes d’électrolyse, le courant employé est
niques. La méthode devient intéressante pour les solutions aqueuses alternatif, autant que possible de faible intensité (quelques mA), et
et les différentes natures d’eaux peu purifiées. la tension inférieure à 48 V (souvent quelques volts) pour éliminer
L’interface entre deux liquides, l’un conducteur et l’autre isolant, les risques d’électrocution. Les électroniques utilisées sont incor-
eau/huile par exemple (§ 2.9.4), le niveau de poudres, grenailles, porées en un boîtier en sortie de sonde ou reliées par un câble. Bien
granulés de produits conducteurs (métaux, carbone, etc.) peuvent que la plupart des liquides inflammables ne soient pas conducteurs
également être détectés par cette méthode. et donc soient peu concernés, les conditions d’exploitation
requièrent parfois l’usage de la sécurité intrinsèque. Dans ce cas,
La figure 37 donne la valeur de la conductivité de divers produits. comme le milieu est le plus souvent à la masse, une séparation
Il est remarquable de constater que l’échelle de la conductivité (ou galvanique semble recommandable en plus de la barrière de Zener
de son inverse la résistivité) s’étend sur plusieurs décades. quand les terres ne sont pas rigoureusement isopotentielles, ce qui
est usuel (§ 2.5).
Le temps de réponse est très court (quelques millisecondes). Par
2.9.2 Différents montages conséquent, pour tenir compte des phénomènes de vagues s’il y a
agitation, il est intéressant de temporiser le signal de sortie pour
■ Avec un réservoir en métal par exemple, une seule électrode
limiter les contacts fugitifs.
convient par seuil de niveau, le réservoir étant à la masse. Avec un
produit moyennement conducteur, une électronique simple suffit.
La traversée de paroi du contenant, latérale, en toit ou en fond,
s’effectue par un piquage isolé au passage de l’électrode. Celle-ci
peut comporter un revêtement isolant (gaine), jusqu’à l’extrémité
découverte.

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Figure 39 – Détecteur conductif simple : électrode


pour chaudière 200 bar, 200 oC (doc. Kubler France)

2.9.6 Exécutions particulières


■ Détection sur ballon de chaudières
Il s’agit d’une application classique, notamment sur les chaudières
basses et moyennes pressions, où le système fait office de régulateur
(tout ou rien) d’eau d’alimentation et en même temps d’alarme
niveaux haut et bas.
■ Mesure continue sur liquide cryogénique
Figure 38 – Détecteurs conductifs pour réservoirs isolants
(doc. Endress et Hauser) C’est une application peu courante, mais particulièrement remar-
quable : un fil résistant vertical est en partie baigné dans un liquide
cryogénique dont la température est de quelques kelvins (hélium).
2.9.3 Sécurité positive Par conséquent, la partie immergée devient supraconductrice, et sa
résistance pratiquement nulle. Il suffit de mesurer la résistance de
Il n’y a pas de différence entre un circuit ouvert, le liquide la portion émergeante pour connaître la hauteur du liquide. En outre,
conducteur ne baignant pas la sonde, et une coupure accidentelle la partie baignant dans le liquide froid, supraconducteur, ne dissipe
dans le circuit. Par conséquent, par cette méthode, les niveaux hauts pas d’énergie.
ne sont pas en réelle sécurité positive. En revanche, pour le niveau ■ Mesure sur réservoir d’essence de voiture
bas, le circuit est clos et une coupure éventuelle, qui ressemble au
défaut recherché, est automatiquement signalée. Une résistance bobinée nue est immergée verticalement dans le
réservoir, et un flotteur joue le rôle d’un curseur de potentiomètre.
Un contact supplémentaire sert d’alarme de niveau bas.
2.9.4 Interface liquide conducteur/ liquide isolant ■ Ruban détecteur de liquide conducteur
Un ruban comportant deux conducteurs métalliques inoxydables
Exemples typiques : eau/hydrocarbure, eau/huile.
maintenus parallèles par une structure en Téflon est déployé dans
La méthode de mesure par conductivité électrique est une fosse et détecte une éventuelle fuite de fluide conducteur tout
certainement l’une des plus sûres pour cette application fréquente : au long de son parcours.
décanteurs, pied d’eau dans les bacs de stockage de produits pétro-
liers. Dans ces réservoirs en effet, si l’on sait mesurer avec assez ■ Mesureur portatif
de précision le niveau haut, l’interface entre la couche d’eau qui se Un système câble-tambour-sonde conductrice autonome avec
crée à la base, provenant de décantation naturelle, et le produit palpage et asservissement mesure et enregistre en continu un niveau
lui-même est assez difficile à estimer. Il existe donc des sondes liquide. Il est utilisé surtout pour des variations de l’ordre de quelques
munies d’un capteur par conductivité, à câble et tambour qui, par centimètres ou décimètres, afin de suivre l’évolution du niveau d’une
palpage, déterminent l’interface à la couche parasite. nappe de surface ou celle de l’épaisseur de la lame de liquide d’un
déversoir à ciel ouvert.

2.9.5 Différents types de matériel


Les sondes en diverses technologies répondent à de multiples
applications. Les électrodes sont réalisables en tous métaux. Les
3. Contrôle d’un niveau liquide
gaines existent en divers plastiques, notamment en Téflon. On peut
noter l’exécution en céramique pour haute température et même 3.1 Systèmes de visualisation
haute pression (bougie de moteur de voiture). Les longueurs vont directe des fluides
de quelques millimètres à 2 ou 3 m. Le réglage de la sensibilité en
fonction de la résistivité du milieu s’effectue par potentiomètre.
3.1.1 Principe et caractéristiques de la méthode
Il existe des sondes simples (figure 39), des sondes multi-
niveaux, des sondes à réglage de longueur. Dans cette méthode, le contrôle visuel direct d’un niveau liquide
s’effectue à travers une paroi transparente. En principe, il s’agit d’une
mesure vraie seulement si le dispositif est fixé directement sur la
jupe du réservoir. Mais la plupart des indicateurs de niveau à glace

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opèrent en dérivation sur le réservoir principal ; par conséquent, le géométriques de planéité et de parallélisme des faces, dus à leur
niveau figurant derrière la paroi transparente correspond à la hauteur mode de coulée, se retrouvent dans les pièces terminées et limitent
manométrique de liquide depuis le plan de la connexion inférieure, leur utilisation en pression ;
et ce niveau ne coïncide avec celui dans le réservoir que si le milieu — moulage/pressage de verre boro-silicaté, suivi d’un usinage et
est homogène et isotherme. Dans un ballon de chaudière, par d’un traitement thermique de précontrainte, permettant d’obtenir
exemple, par suite de la production de vapeur, de l’ébullition et du des pièces de géométrie parfaite et ayant une très bonne résistance
« gonflement » dû à un appel brutal de vapeur, ce n’est pratiquement tant à la pression qu’à la température ;
jamais le cas ; le niveau indiqué est donc fictif, ce qui ne l’empêche — moulage/pressage dans des qualités de verre encore plus éla-
pas d’être très utile. borées (alumino-silicaté, verres optiques), autorisant la réalisation
La matière transparente de la paroi est très souvent le verre, mais de pièces très coûteuses, mais assurant une tenue dans des envi-
peut-être également une variété adéquate de plastique résistant aux ronnements extrêmes ou avec des qualités optiques excellentes.
conditions de pression, de température, de corrosion. Le verre peut Les mêmes technologies s’appliquent à la fabrication des disques
lui-même être protégé par une mince feuille transparente de mica de hublots, regards, etc.
ou de plastique, à moins que seules quelques épaisseurs de mica Sur le plan législatif, il n’existe pas, en France, de normes défi-
ne soient retenues. nissant ces produits. Seuls, les disques de regard doivent subir une
Notons une solution élégante, mais rarement applicable, épreuve hydraulique à une pression au moins égale aux quatre tiers
consistant à utiliser la vision à travers le matériau lui-même, trans- de la pression d’épreuve du réservoir sur lequel ils sont destinés à
parent ou translucide, du réservoir. être montés (circulaire ministérielle du 24 décembre 1960).
Le principe du niveau visuel, manifestement simple, inspire une À défaut de normes, les constructeurs sérieux réalisent des pièces
grande confiance aux exploitants qui éprouvent le sentiment de en verre conformes aux normes DIN :
« voir » le niveau vraiment. Aussi les niveaux à glaces restent-ils • DIN 7081 pour les glaces de niveaux ;
couramment employés, ils sont d’ailleurs imposés par le Service • DIN 7080 pour les disques de regards.
des Mines sur les ballons de générateurs de vapeur.
Ces normes sont très précises quant aux tolérances géométriques,
Néanmoins, il subsiste des limitations d’emploi comme la tenue ainsi que sur les performances mécaniques garanties. On trouve des
aux hautes pressions et aux hautes températures de l’ensemble verres garantis pour 8 fois la pression nominale.
verre-métal, la résistance à certains milieux corrosifs, la maintenance
assez lourde, la sécurité d’emploi du verre sous haute pression, le
[Link] Types de glaces. Dimensions
maintien dans le temps de la transparence. Aussi certains utilisateurs
s’orientent-ils vers d’autres solutions comme l’indicateur de niveau Les glaces de niveau sont de deux types :
magnétique (§ [Link] et [Link]). — les glaces à transparence, dont les deux faces sont lisses ;
Une des plus graves sources d’erreurs avec ces appareils réside — les glaces polyprismatiques, dont l’une des faces, celle orientée
dans la possibilité d’obstruction de l’une et/ou de l’autre connexion côté liquide, est munie de prismes qui, grâce à un phénomène de
de liaison. Une obturation partielle, par salissement ou par cristal- réfraction, permettent d’augmenter la visibilité sur les produits clairs
lisation, provoque un ralentissement du déplacement du niveau et limpides.
dans l’indicateur par rapport à celui du réservoir, d’autant plus La section la plus courante est 34 × 17 mm, mais on trouve des
sensible que les variations sont rapides. Quant au bouchage pur et sections de 34 × 21 ou encore de 30 × 17 mm. La figure 40 donne
simple, il peut faire croire à la présence d’un niveau stable, alors les dimensions des glaces standards. La visibilité effective est
qu’il n’existe plus de liquide. réduite, par rapport à ces dimensions, de la largeur du joint. La
Les indicateurs de niveau visuels sont des appareils répandus, largeur visible est de l’ordre de 15 à 20 mm. Pour les disques, il existe
dont il existe de nombreuses variantes : suffisamment de diamètres standards pour couvrir la majorité des
— niveaux à transparence ; applications.
— niveaux à réflexion ;
— niveaux à large chambre ; [Link] Résistance chimique
— niveaux à souder ;
Les verres sont attaqués par les solutions alcalines chaudes, ren-
— niveaux hautes pressions ;
contrées notamment dans l’utilisation sur les ballons de chaudières.
— niveaux à visibilité continue ;
Cette action, particulièrement sensible à partir de pH 10, double à
— niveaux tubulaires ;
peu près pour chaque augmentation de 10 oC (figure 41). L’agitation
— niveaux bicolores ;
et la présence d’additifs augmentent la corrosion. Pratiquement, le
— niveaux vapeur ;
phénomène devient perceptible pour des pressions de service supé-
— niveaux à transmission à distance ;
rieures à environ 35 bar, dépendant du traitement de l’eau, de
— hublots-manchons.
l’importance des purges continues, etc.
L’autre agresseur des verres est l’acide fluorhydrique.
3.1.2 Glaces de niveau Dans ces deux cas, la solution réside dans l’emploi de glaces à
transparence lisses que l’on peut protéger contre les solutions alca-
Le composant de base des niveaux à glace est la glace de niveau lines chaudes avec une feuille de mica, ou de plastique fluoré contre
en verre. les ions F –. Notons l’emploi de « glaces » en matières plastiques,
quand les conditions de température et de pression l’autorisent.
Plusieurs technologies de réalisation sont employées actuelle-
ment pour ce composant fondamental :
— découpe dans des plaques de verre ordinaire (alcalino-silicaté) [Link] Résistance aux chocs thermiques
et renforcement éventuel des caractéristiques mécaniques par Le tenue aux chocs thermiques est une caractéristique très impor-
trempe à l’air ; cette méthode est très économique, mais conduit à tante. Les verres borosilicatés trempés permettent des variations de
des performances en pression et en température limitées ; température brutales de 250 à 300 oC.
— découpe dans des plaques de verre boro-silicaté, donnant des
pièces plus résistantes à la température ; cependant, les défauts

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[Link] Tubes de verre 3.1.3 Différents types d’indicateurs visuels


Ils sont utilisés dans les niveaux tubulaires. Ces tubes existent en
verres boro-silicatés. Certains constructeurs émaillent une bande [Link] Indicateurs à transparence, à réflexion
rouge le long du tube (tubes Flash ) : à travers le liquide, la bande La figure 42 montre les sections horizontales des deux types
apparaît élargie et améliore ainsi la lisibilité. d’indicateurs et détaille le montage classique d’une glace avec le joint
d’étanchéité sur le corps, le joint coussin, destiné à compenser les
irrégularités de la portée, les lacets (transparence) ou les étriers
(réflexion).
Les verres des glaces résistent très bien à la compression, mais
mal à la flexion. Pour cette raison, une grande attention doit être
apportée à l’exécution des portées de joint, qui doivent être par-
faitement planes. Le serrage des boulons doit être effectué d’une
manière homogène à la clé dynamométrique, en alternant l’ordre
comme pour le joint de culasse des moteurs. Dans les appareils haute
pression, les joints gagnent à être encastrés pour éviter de chasser.
Ailleurs, pour cette application, certains constructeurs utilisent des
systèmes flottants (figure 43). D’une manière générale, les
contraintes de toutes natures doivent être évitées : dilatations dif-
férentielles, réactions des tuyauteries, chocs thermiques. Une bonne
solution dans les cas difficiles est l’emploi d’une ou deux boucles
de dilatation (§ [Link]).

Figure 40 – Glaces de niveau (doc. Rinkal)

Figure 41 – Corrosion des glaces Maxos


en fonction de la température et du pH (doc. Rinkal)

Figure 42 – Indicateurs de niveau à réflexion et à transparence


(doc. Klinger)

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Figure 43 – Indicateur de niveau à transparence haute pression (120 bar)


(doc. Klinger)
Figure 44 – Indicateurs de niveau à large chambre (doc. SDMI)
Le niveau à réflexion est muni d’un corps plus solide par
construction, et se trouve également moins cher. Souvent peu lisible,
sauf sur les liquides clairs, il ne peut être éclairé que de face. Il est
sensible aux encrassements et à la corrosion par le liquide, la glace
à réflexion paraissant en outre plus fragile à cause de ses prismes.
Le niveau à transparence possède l’avantage de permettre la
protection des glaces par des feuilles de mica ou de plastique, et
aussi l’éclairage par transparence, éventuellement antidéflagrant. Il
est très lisible avec les fluides colorés et moins sensible au salis-
sement que le niveau à réflexion.
Les longueurs individuelles des glaces sont de l’ordre de 30 cm.
Si l’on désire une visualisation sur une plus grande hauteur, on
constitue un empilage de sections, soit en assemblant des éléments
simples, soit en usinant un seul corps multisection plus solide. La
hauteur individuelle de chaque section diminue quand croît la pres-
sion de service. Pour des raisons de facilité de manutention et aussi
de contrainte sur le corps, il est recommandé de ne pas dépasser
une dizaine de sections (3 à 4 m).

[Link] Indicateur à large chambre


Avec les liquides cryogéniques utilisés à la température ambiante
(NH3 , CH4 , SO2 , CO2 , O2 , N2 , H2 , etc.) se pose le problème de la
caléfaction dans l’appareil généralement monté en appendice. Il Figure 45 – Indicateur de niveau multisection à visibilité continue
s’ensuit que le liquide bout dans l’étroite chambre d’un niveau stan- (doc. Klinger)
dard et que le plan de séparation des phases est instable et difficile
à lire. Le niveau à large chambre, qui existe en versions transparente
et à réflexion, présente une chambre agrandie qui améliore la visi- — la réalisation d’une fente le long de la génératrice d’un réservoir
bilité (figure 44). sous pression provoque une forte concentration de contraintes aux
commissures, qu’il convient de réduire à l’aide de renforts locaux ;
une solution consiste à ne percer que deux trous dans la jupe, cor-
[Link] Indicateur à visibilité continue
respondant à chaque extrémité de la fente.
La disposition en empilage de sections évoquée au D’une manière générale, la lisibilité n’est bonne qu’à condition
paragraphe [Link] présente l’inconvénient de laisser un espace mort de disposer d’un éclairage interne ou dispensé par un autre hublot,
entre chaque section, préjudiciable à la lisibilité. Les constructeurs sauf si les glaces à réflexion sont acceptables.
disposent entre chaque section une petite section intermédiaire
montée en dérivation (figure 45), à moins qu’ils n’adoptent un Les hublots ou regards placés sur un fond bombé n’affaiblissent
montage en quinconce, plus onéreux. pas autant la résistance, les contraintes étant réparties d’une
manière homogène.
[Link] Indicateur à souder
[Link] Indicateur « vapeur »
Il est possible de souder un corps de niveau directement sur la
jupe du réservoir, ou sur un fond bombé sphérique (hublot). Mais Les niveaux à glaces utilisés sur la vapeur constituent un cas par-
cette solution introduit quelques problèmes : ticulier, mais usuel, car ils équipent obligatoirement et en double
exemplaire les chaudières à vapeur, selon la réglementation du
— celui de la soudure sans déformation du corps ; on utilise pour Service des Mines, et sont contrôlés par les APAVE (article Chau-
minimiser cet effet une cale en métal que l’on dispose à la place dières : principes de conception et de calcul [B 1 460] et suivants dans
de la glace en verre pendant l’opération de soudure et de recuit local le traité Génie énergétique). Ainsi qu’il a déjà été noté (§ [Link]), les
qui suit ;

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solutions alcalines chaudes des eaux de chaudière sont agressives


pour le verre dès que la pression dépasse 30 à 40 bar. Les chaudières
basses pressions peuvent être équipées de niveaux à réflexion. Les
autres nécessitent des niveaux à transparence dont on protège les
glaces par une feuille de mica de quelques dixièmes de millimètre.
Dans les chaudières, la plage de niveau à contrôler est faible et
une hauteur correspondant à une seule section suffit. Le niveau
visible reflète très approximativement le niveau moyen de l’interface
dans le ballon (tourbillonnement d’eau et de vapeur), mais cela
convient pour l’exploitation.
Le corps de l’appareil est généralement en acier. Il existe en bronze
pour les petites chaudières, notamment pour des utilisations en
ambiance marine.
Le mica doit être plaqué contre la glace, sans bulle d’air. Ce mica
est plus sensible que le verre au salissement par les additifs contenus
dans l’eau, ce qui constitue souvent la raison de son remplacement.
Ainsi, les niveaux de chaudières exigent en général un entretien
suivi.
Pour les hautes pressions (supérieures à 100 bar), les problèmes
deviennent plus ardus. Diverses solutions ont été trouvées pour
améliorer la tenue, la visibilité (les chaudières sont hautes), la main-
tenance. On peut citer les niveaux à distance, les niveaux bicolores,
les niveaux à hublots, les niveaux à micas (§ [Link], [Link], [Link],
et [Link]).

[Link] Indicateur à distance


Pour faciliter la lecture, non pas seulement sur les niveaux de
chaudières, il existe plusieurs moyens :
— inclinaison du corps de niveau ;
— renvoi optique avec un dispositif de miroirs formant périscope,
valable pour une vingtaine de mètres ;
— visée par système de télévision ; une solution bicolore peut Figure 46 – Indicateur de niveau hydraulique à distance
améliorer la qualité de transmission (§ [Link]) ;
— niveaux à distance à liaison hydraulique (figure 46) : c’est une
solution simple et fiable qui permet le renvoi de l’information du
niveau du ballon à un indicateur à glaces situé à hauteur d’homme
dans une des branches d’un U rempli de liquide lourd, coloré et
éclairé ; la liaison s’effectue par deux canalisations parallèles et, si
possible, jointes pour éviter les différences de température, donc
de densité, l’une des branches sert de niveau de référence grâce à
un pot de condensation, l’autre perçoit les mouvements du liquide
dans le ballon, la dénivellation dans le tube en U du liquide lourd
compense la différence de hauteur des colonnes d’eau, et l’on situe
l’indicateur à distance dans la branche du tube en U où la variation
est en phase avec celle du réservoir ;
— niveaux à distance à transmission par fibres optiques : il
s’agit d’une solution assez récente et performante, qui, combinée
avec une version bicolore, autorise des liaisons jusqu’à quelques
200 m, sans contrainte de position par rapport à l’élément primaire
situé sur le ballon de la chaudière.

[Link] Indicateur bicolore


Liquide et vapeur ont des indices de réfraction différents. On utilise
cette propriété dans un corps de niveau dans lequel les faces d’appui
des deux glaces sont placées en dièdre de façon à former un prisme
(figure 47). Une source lumineuse crée deux faisceaux verticaux en
lame, l’un vert, l’autre rouge. Les angles sont choisis de telle sorte
que la déviation des lumières de longueurs d’onde différentes, dans
les milieux d’indices différents, fait apparaître le liquide en vert et
la vapeur en rouge. La lecture de l’interface devient évidente. Le dis-
positif peut être combiné avec un système de télévision.
Il existe une solution identique en « noir et blanc ».

Figure 47 – Indicateur de niveau bicolore (doc. Yarway)

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[Link] Indicateur à hublots


Les glaces et les micas oblongs présentant des problèmes de résis-
tance et de prix aux très fortes pressions, on réalise des niveaux
constitués par un empilement de petits hublots sur le même corps.
L’entretien de chaque élément est sensiblement plus facile et rapide.
L’inconvénient réside dans la zone morte entre chaque hublot. La
combinaison avec un système d’éclairage bicolore apparaît
indispensable.

[Link] Indicateur à micas


Il s’agit d’une autre solution pour les niveaux de vapeur haute
pression : les glaces en verre sont complètement éliminées au profit
de l’empilage de quelques feuilles de micas de quelques dixièmes
de millimètre chacune. Le mica bien serré est parfaitement capable
de supporter la pression, si la fente est relativement étroite. On utilise
également un montage plaçant les feuilles de mica derrière une
plaque d’acier munie d’un alignement vertical de petits trous.

3.1.4 Robinetterie pour indicateurs visuels


Les corps de niveaux sont prévus pour être reliés au réservoir
par deux connexions en bout, latérales ou arrières qui encadrent la
zone de visibilité. Deux cotes figurent sur les plans : le centre à
centre et la visibilité. Ces deux paramètres de montage sont liés
par le type des robinets d’isolement installés pour le remplacement
et le nettoyage des glaces en service.
Ceux-ci sont usuellement du type équerre, à pointeau (figure 48)
ou à boisseau. Sur les niveaux basses pressions, les robinets sont
des quart de tour, c’est-à-dire à fermeture rapide, les clés pouvant
être manœuvrées du sol par des chaînes munies de poignées. Les
robinets sont généralement avec tige à vis intérieure, chapeau
Union. Pour les usages plus durs et notamment sur la vapeur
haute pression, les tiges sont à filetage extérieur et les raccords
Union exclus, au profit de brides et montage à chapeau boulonné.
Figure 48 – Coupe horizontale d’un robinet de niveau usuel
Selon la noblesse du matériel, on trouve des robinets à sièges et (doc. SDMI)
clapets fixes ou interchangeables, un siège arrière qui protège la gar-
niture de presse-étoupe et permet son remplacement en service, une
bille anti-retour qui empêche le produit de fuir en cas de rupture de
En cas de montage en bout, le déport peut être situé à droite ou
glace [si le système est bien entretenu, un poussoir de bille empêche
à gauche. En outre, la jauge est orientable. Toutefois, ce montage
cette dernière de coller sur son siège au moment de la mise sous
conduit au centre à centre maximal sur le réservoir pour une visibilité
pression du niveau (figure 48)]. Sur les niveaux vapeur, une seule
donnée.
bille est en service sur le robinet inférieur.
Avec le montage latéral ou arrière, le déport peut être dirigé vers
Un robinet de niveau comporte une connexion côté réservoir, une
l’intérieur ou vers l’extérieur. Dans le cas du déport intérieur, le
autre côté corps de jauge. On rencontre les solutions suivantes :
centre à centre sur le réservoir est, à peu de chose près, égal à la
— liaison par manchettes et taraudages ; visibilité ; c’est la solution qui conduit à la visibilité maximale pour
— liaison par manchettes et soudures ; un centre à centre donné ; elle est intéressante pour l’équipement
— liaison par raccords Union, très pratiques, notamment côté de petits réservoirs.
jauge car ils permettent une déconnexion facile du corps en service
pour entretien grâce à l’isolement des robinets ; une mention mérite Un autre avantage vient du fait que le déport offre la facilité de
d’être accordée au type de raccord Union à joint plat qui accepte placer un tube de réchauffage dans le corps du niveau (§ [Link]).
un décentrement des axes de ± 3 mm, autorisant l’ajustement du
centre à centre du niveau à celui des connexions du réservoir (tolé-
rances d’exécution), et évitant ainsi un montage avec contraintes 3.1.6 Indicateurs tubulaires
mécaniques ;
— liaison par brides. Les niveaux tubulaires sont constitués par deux robinets droits ou
à axe déporté, dans lesquels la connexion côté jauge est remplacée
par un presse-étoupe enserrant le tube de verre, dont le diamètre
3.1.5 Montage robinets-corps de jauge est d’environ 20 mm, et l’épaisseur de 3 à 4 mm. La longueur maxi-
male des tubes est de l’ordre de 2 m ; au-delà, ils deviennent difficiles
Les robinets d’équerre peuvent être classés selon deux critères à trouver et, d’ailleurs, leur emploi est à déconseiller car ils sont trop
importants : fragiles. Il existe une relation empirique entre la longueur du tube
et la pression maximale qu’il peut supporter.
— ceux dont les liaisons côté réservoir et côté corps de jauge
sont dans le même plan (robinets droits ) ; Le tube de verre reste sensible aux chocs, aux contraintes
— ceux où ces connexions sont situées dans deux parallèles, mécaniques, au vent, aussi doit-il recevoir une protection : armatures
espacés par exemple d’une vingtaine de millimètres et que l’on faites de tiges, demi-coquilles ajourées, ou montages plus sophis-
appelle, pour cette raison, à axe déporté ; ces robinets n’offrent le tiqués à base de profilés et couvercle plastique.
plus souvent que des avantages par rapport aux premiers, l’un Rappelons l’usage des tubes Flash à bande rouge.
étant un nettoyage de la liaison corps-robinet aisé, l’autre la facilité
d’implantation.

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L’ e m p l o i d e s r o b i n e t s t u b u l a i r e s à a x e s d é p o r t é s e s t 3.1.8 Accessoires des indicateurs visuels


recommandé car, s’ils sont munis d’un bouchon de diamètre 3/4′′,
le tube de verre peut être remplacé à travers cet office, robinets [Link] Éclairages
d’isolement fermés.
Un tube de plastique transparent peut remplacer le verre, mais Les éclairages ou illuminateurs sont employés essentiellement
doit être renforcé au niveau des presse-étoupes par de courts sur les niveaux à transparence (éclairage arrière) :
tubages métalliques internes. — à conducteur de lumière en plastique (Plexiglas ou Altuglas ) ;
— à boîte d’éclairage à lampe incandescente ou fluorescente.
Les niveaux tubulaires ne sont pas coûteux et offrent une très
bonne visibilité ; cependant ils sont plus fragiles que les niveaux à Ils existent en version antidéflagrante.
glaces et doivent être prohibés sur les fluides dangereux ou chers.
[Link] Dispositifs anti-givre

3.1.7 Hublots et manchons Lorsqu’ils sont utilisés sur des liquides froids ou cryogéniques,
sur des gaz liquéfiés, les appareils se couvrent de givre et l’on ne
voit plus rien. On utilise alors une extension en plastique trans-
■ Du point de vue de la sécurité, les hublots (figure 49), sont parent, plaquée par la tranche sur le verre.
considérés avec attention par le Service des Mines qui exige un
contrôle de la résistance mécanique du disque de verre, contrôle Avec un liquide cryogénique (méthane à – 162 oC, azote à – 196 oC,
cependant effectué éventuellement dans un montage qui n’est pas oxygène à – 192 oC, etc.), l’extension a une longueur d’environ
nécessairement celui de l’implantation finale. Monté sur un fond 200 mm et il conviendra de situer l’œil horizontalement par rapport
bombé de rayon de courbure R (sommet de réacteur par exemple), au niveau visé, pour éviter une erreur de parallaxe provoquée par
le macaron métallique qui reçoit le disque subit des contraintes éga- la réfraction dans la matière transparente de l’extension.
lement réparties. Il n’en est pas de même pour un macaron soudé sur Mauvaise conductrice du froid, l’extension voit sa tranche exté-
une jupe verticale ; dans ce cas le corps, sur des dispositifs hautes rieure libre de givre et permet la vision.
pressions, doit être sérieusement renforcé. On peut aussi envisager
un montage sur tubulure, qui est moins lisible mais plus sain du point [Link] Dispositifs de réchauffage
de vue mécanique.
Exposés par leur situation latérale, ne recevant qu’un minimum
Remarquons qu’un hublot unique n’est guère efficace pour voir de chauffage par les liaisons au réservoir, et présentant en outre une
à l’intérieur d’un récipient sombre. Il est utile de prévoir un second surface de dissipation importante, les niveaux visuels, même bien
hublot muni d’un éclairage (éventuellement antidéflagrant) dirigé calorifugés, peuvent provoquer la cristallisation, le gel ou rendre
vers l’intérieur. visqueux certains liquides sensibles, si la température ambiante
Il existe des accessoires, tels des essuie-glaces manuels ou auto- devient basse. Leur emploi devient alors dangereux, car on ne peut
matiques, pour faciliter la lecture. plus faire confiance à l’indication qu’ils fournissent. Plusieurs sys-
tèmes de réchauffage, internes, externes, électriques ou à vapeur,
■ Les manchons sont des portions de tubes de verre (ou de plas-
existent pour pallier cette insuffisance :
tique) intercalés entre deux brides d’une tuyauterie verticale. Ils
n’indiquent le niveau que sur une faible hauteur en général, et sont — le plus simple consiste en un tube métallique (acier inoxy-
à prohiber sur les fluides dangereux. dable) de quelques millimètres de diamètre, qui traverse le corps
de jauge verticalement grâce à deux presse-étoupes ; cette solution
n’offre pas toujours l’efficacité indispensable ;
— on peut employer un réchauffage externe par tubes soudés
au corps de jauge, parcourus par la vapeur ;
— on peut employer un traçage classique sous calorifugeage.

[Link] Bouchons et robinets de purge-évent


Ils sont cités ici pour mémoire.

[Link] Boucles de dilatation


En cas d’utilisation sur des liquides chauds ou sur de la vapeur
haute pression, des contraintes préjudiciables à la tenue des glaces
peuvent s’exercer sur le corps de jauge par dilatations différentielles,
notamment lors des phases de mises en service et d’entretien. Les
connexions peuvent alors être rendues flexibles grâce à des boucles
de dilatation.

3.1.9 Indicateurs visuels à glaces


et sécurité du personnel

Il peut paraître paradoxal de mettre un milieu parfois chaud, agres-


sif, à très haute pression, derrière un composant aussi fragile que
le verre, présentant des risques de bris brutal, et près duquel l’exploi-
Figure 49 – Glace de hublot : épaisseur minimale tant vient placer son visage et ses yeux. L’expérience, sur de
(selon DIN 7080) (doc. Rinkal) nombreuses années, montre que ce risque reste négligeable. Il
subsiste néanmoins, notamment lorsqu’il y a des problèmes de cor-
rosion qui amincit l’épaisseur du verre, de contraintes qui le placent
sous tension, ainsi que dans le cas des niveaux tubulaires et des
hublots de grand diamètre. Certaines applications sont fortement
déconseillées, telle que la surveillance d’acides, de bases fortes, et
autres produits dangereux.

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Il est possible de prévoir, faute de mieux, des dispositifs de pro- ■ Hystérésis


tection, par exemple : visée à travers une plaque de plastique trans- L’imprécision peut être augmentée d’une manière notable par les
parent ou de verre trempé maintenue par un support à quelques effets du frottement sur la tringlerie. Le liquide monte d’une certaine
centimètres de la face de la glace de niveau ou du hublot, avec éven- valeur à partir de sa position initiale pour vaincre ces forces parasites
tuellement un renforcement en métal déployé. et débloquer le flotteur. Le phénomène inverse se produit à la
descente ; il est difficile d’en chiffrer la valeur puisqu’elle dépend
des états de surface, qui évoluent avec le vieillissement.
3.2 Systèmes à flotteur ou à plongeur ■ Comportement dynamique
Un flotteur libre répond comme un système du second ordre à
3.2.1 Caractéristiques de la méthode une perturbation, et son amplitude d’oscillation est d’autant plus
grande qu’il est allongé, lourd et que le liquide est fluide. Un flotteur
Les systèmes de contrôle de niveau à flotteur ou à plongeur sont
plongé dans un liquide visqueux revient lentement à sa position
certainement parmi les plus répandus et existent sous les formes
d’équilibre, par suite de l’amortissement.
les plus variées, dont il est difficile de faire l’inventaire. Leur succès
s’explique par leur fiabilité, leur robustesse, leur aptitude à faire ■ Dépôts et salissures
face à de multiples applications. Cependant, ils posent un certain
En exploitation, les flotteurs sont soumis à des risques de salis-
nombre de problèmes dont il faut prendre conscience afin de les
sement et, sans même considérer les problèmes de blocage des
utiliser correctement.
mécanismes internes, il est utile d’examiner l’influence des dépôts
sur le comportement.
[Link] Marge de flottabilité
Tous les dépôts au-dessus de la ligne de flottaison ont un effet
Rappelons que le principe d’Archimède postule que tout corps négatif car ils augmentent le poids du flotteur sans accroître la
plongé dans un liquide éprouve une poussée vers le haut égale au flottabilité, et font enfoncer le flotteur.
poids du liquide déplacé. Dans le cas du flotteur, à cette poussée
s’opposent le poids de l’équipage flotteur-tringlerie, les frottements Les dépôts sous la ligne de flottaison ont une influence qui dépend
et les salissures. Quand un appareil est neuf, il peut donner satis- de leur masse volumique par rapport à celle du liquide mesuré : si
faction, car les états de surface sont impeccables. Mais la situation elle est plus grande, ils contribuent à réduire la flottabilité ; si elle
se dégrade souvent dans le temps (corrosion, dépôts, etc.) et le dis- est plus faible, ils allègent ; si elle est égale à la masse volumique
positif fonctionne alors dans des conditions limites de sécurité. du liquide, ils n’altèrent pratiquement pas le comportement du
flotteur.
La nécessité d’une marge de flottabilité apparaît comme le garant
de la fiabilité à long terme et implique de ne pas économiser sur [Link] Mesures aux hautes pressions
le volume du flotteur.
Dans l’industrie, les flotteurs sont généralement des corps métal-
S’il est difficile d’établir une règle, car modèles et conceptions
liques (ou plastiques) creux. En vue de leur conférer une flottabilité
varient, la marge de flottabilité peut néanmoins être appréciée
suffisante avec un volume réduit, ils sont réalisés en enveloppe
pratiquement par la mesure de la différence entre la poussée P (alors
mince. Par exemple, les flotteurs sphériques en acier inoxydable de
maximale) du flotteur, totalement immergé dans un liquide à la den-
100 à 200 mm de diamètre sont fabriqués à partir de tôles ayant une
sité de service, et le poids Mg de l’ensemble mobile qu’il constitue
épaisseur de l’ordre du millimètre. Deux hémisphères sont reliés par
avec un équipement complet, additionné de la réaction du (ou des)
une soudure équatoriale ; de telles sphères ne résistent qu’à des
mécanisme(s).
pressions externes limitées, ici par exemple une trentaine de bars,
Pour assurer une sécurité de fonctionnement normale, cette dif- par suite des irrégularités de forme et du flambage toujours possible.
férence doit être au moins égale à quelques newtons (soit quelques La présence de la soudure amène une certaine faiblesse. La paroi
centaines de grammes si l’on exprime P et M en grammes). La marge est rarement d’une épaisseur constante : si les hémisphères sont
de flottabilité est d’ailleurs un paramètre accessible par le calcul, dont usinés par emboutissage, l’épaisseur au pôle est plus faible qu’à
la connaissance mérite d’être exigée du constructeur, afin de per- l’équateur ; c’est l’inverse avec la fabrication par repoussage. Les
mettre un choix parmi les appareils proposés, fondé sur un critère formes cylindriques sont encore moins résistantes à la pression
objectif (figure 50). externe.
En particulier, les liquides à faible densité, les interfaces entre Les flotteurs réalisés en tôles de 0,5 mm ou moins, utilisés sur
liquides de densités voisines (§ [Link]) exigent la vigilance quant à les liquides à faible densité (tels le butane, le propane, etc.),
ce paramètre. deviennent difficiles à souder.
Un test d’essai, évidemment non destructif, à la pression nomi-
[Link] Précision nale, sert de contrôle aux constructeurs, avec éventuellement déli-
Un flotteur donne le niveau vrai à sa profondeur d’enfoncement vrance d’un certificat d’essai. Attention ! Pour les pressions
près. La densité du liquide variant en fonction de chaque application, d’utilisation élevées, la pression d’écrasement peut n’être supérieure
le calcul de la profondeur d’enfoncement mérite d’être refait à que de 10 à 15 % à cette pression. Dans ces conditions, les flotteurs
chaque fois, pour permettre d’apprécier la marge de flottabilité. En ne sont pas protégés contre une épreuve in situ, faite usuellement
outre, la masse volumique varie en fonction de l’évolution du produit à 1,5 fois la pression maximale de service. Il convient donc d’isoler
et de sa température. Il faut donc considérer tous les cas de service le dispositif à flotteur, ou d’en retirer ce dernier.
pour obtenir une garantie de bon fonctionnement. Pour fabriquer des flotteurs haute pression, il existe un certain
La figure 50 montre, pour deux formes usuelles de flotteurs, la nombre de solutions :
relation entre la hauteur d’immersion, la poussée exercée sur le — choisir des métaux légers et résistant aux conditions de
flotteur et la masse volumique du liquide contrôlé. corrosion (aluminium, titane) ;
La sensibilité aux modifications de masse volumique dépend — augmenter l’épaisseur de la paroi, si la marge de flottabilité
également, pour un même volume, de la surface de flottaison. Si l’autorise ;
l’on désire conserver une bonne précision, il convient de choisir un — réduire le diamètre du flotteur, avec cette même condition ;
flotteur plat et large. Inversement, un flotteur étroit vertical produit — introduire une armature de renforcement interne (bagues dans
une erreur de mesure importante. un flotteur cylindrique par exemple), en utilisant des matériaux
légers ;
— canneler annulairement la paroi cylindrique d’un flotteur ;

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Figure 50 – Poussée exercée sur un flotteur

— insuffler un gaz sous pression dans le flotteur, par exemple


de l’hélium. Un test d’étanchéité apparaît indispensable après
l’opération. Il faut prendre garde aux micro-porosités laissant fuir
le gaz à la longue ;
— introduire un liquide (ammoniaque, alcool) qui, à la tempéra-
ture de service, développe une contre-pression convenable, mais
exige un strict contrôle de la température et de la pression dans tous
les cas de service ;
— autre solution élégante : ménager un petit orifice d’équilibrage
de pression en haut du flotteur, muni d’un labyrinthe (figure 51), des-
tiné à éviter les pénétrations de salissures ; dans une majorité
d’applications, aucune raison ne fait craindre le remplissage du flot-
teur par pénétration du milieu, par exemple condensation de vapeur ;
— équilibrer le poids du flotteur par des solutions mécaniques :
ressort, contrepoids. Figure 51 – Flotteur avec évent d’équilibrage
L’emploi de plongeur (§ 3.2.3) au lieu de flotteur évite le recours
à ces dernières solutions et résout les problèmes des hautes
pressions.

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[Link] Corrosion de tranquillisation est possible en faisant évoluer le niveau par la


manœuvre automatique des vannes d’isolement, purge et évent ;
Toutes sortes de matériaux sont disponibles pour la fabrication
c’est une solution assez complexe et chère.
des flotteurs, mais cette panoplie ne suffit pas toujours.
Considérant les flotteurs en acier inoxydable ou même en titane,
largement employés, on constate que la corrosion peut devenir un 3.2.2 Indicateurs-transmetteurs
problème aigu, sans réponse. En effet, les parois métalliques,
souvent minces, sans surépaisseur de corrosion, restent sensibles Les indicateurs décrits dans ce paragraphe possèdent comme
au niveau des soudures, dont l’exécution modifie la cristallisation principale fonction l’indication visuelle. Mais la plupart d’entre eux
du métal. Le formage des hémisphères, assez brutal, casse les sont susceptibles de recevoir des seuils de signalisation ou une
fibres superficielles et les fragilise à la corrosion. Un bon polissage fonction transmission.
de la surface resserre le grain et élimine les aspérités.
Une solution pourrait être trouvée par l’emploi de diverses natures [Link] Indicateur simple
de revêtements en couche mince : revêtement électrochimique,
peinture, plastification, etc. Mais l’expérience montre que ces pal- C’est un système élémentaire, comportant une tige surmontant
liatifs offrent des résultats incertains, la protection étant détruite par le flotteur, guidée verticalement dans un tube de verre ou par une
le frottement, les chocs, les micro-porosités. cage.
Le même système existe pour des réservoirs sous pression, avec
[Link] Effet sarbacane une tige coulissant dans l’équivalent d’un niveau tubulaire sur-
montant le flotteur.
À la mise en service, lors de l’ouverture d’une vanne d’isolement
(ou de purge avec un système sous pression), un flotteur placé
dans une cuve latérale, ce qui est une disposition classique, avec [Link] Indicateur à transmission mécanique ou magnétique
un jeu diamétral relativement faible (quelques millimètres), peut Le flotteur se trouve au bout d’une tige articulée. Un petit flotteur
par l’irruption du fluide être projeté brutalement contre le fond ou suffit, car le bras de levier communique suffisamment de force. La
le sommet de la cuve. Cet incident risque d’être assez violent pour transmission vers un index extérieur s’effectue de diverses
déformer le flotteur et son équipement. Il est donc recommandé manières :
d’effectuer les manœuvres des vannes d’isolement lentement. — par un jeu d’engrenages transformant le mouvement de débat-
tement en rotation d’une tige passant à travers un presse-étoupe ;
[Link] Interface de deux liquides — par le même système, sans presse-étoupe, avec une transmis-
Soit deux liquides non miscibles et de masses volumiques sion rotative magnétique.
différentes ; un flotteur peut se stabiliser dans l’interface, s’il flotte La graduation n’est ni très précise, ni linéaire, mais ce sont des
sur le plus lourd et coule dans le plus léger. Pratiquement, le flotteur appareils simples, fiables et bon marché à usage intermédiaire
est muni d’un orifice avec bouchon par lequel on introduit un lest entre domestique et industriel (le chauffage par exemple, pour les
dont le dosage permet d’obtenir la propriété évoquée ci-dessus. bacs à combustible).
La marge de flottabilité (§ [Link]) est donnée par le produit du
volume du flotteur par la différence de poids volumiques entre les [Link] Indicateur à transmission par câble
liquides, moins évidemment le poids de l’équipage mobile. Cette Ce système est très répandu pour les bacs de stockage. Un flot-
marge n’est pas très bonne quand les masses volumiques des teur est relié, par un câble passant sur des poulies, à un index qui
liquides sont voisines. On admet qu’une différence de masses volu- se déplace le long d’une échelle graduée (figure 52). La graduation
miques de 0,1 kg/dm3 est la limite minimale, sinon il faut accroître est inversée sur toute la hauteur du bac et est exprimée en unités
le volume du flotteur (si la pression l’autorise). de hauteur ou de contenance. Le flotteur très largement dimen-
sionné, la rusticité générale plaident pour une bonne fiabilité et
[Link] Vapeur d’eau une excellente visibilité à distance.
Les alarmes de niveau à flotteur destinées aux chaudières haute
pression posent des problèmes car, à mesure que la pression monte,
la masse volumique du liquide diminue. Par conséquent, le flotteur,
qui devrait être plus lourd pour résister, doit être plus léger pour
flotter ! Ainsi, à 100 bar (environ 300 oC), la masse volumique tombe
à environ 0,7 kg/dm3. D’où la difficulté de réaliser des flotteurs
(même en titane) convenant au-delà de cette pression. Il faut utiliser
des systèmes équilibrés (la poussée sur le flotteur est équilibrée par
un contrepoids ou un ressort).

[Link] Sécurité positive


Un risque courant est celui de la crevaison du flotteur par suite
de corrosion ou de l’aplatissement par excès de pression (surcharge,
coup de bélier, etc.). Alors le flotteur coule, et le système répond
comme s’il s’agissait d’une baisse de niveau. On peut donc
considérer un détecteur de niveau bas comme toujours en sécurité
positive. En revanche, si l’appareil est choisi pour répondre à la
hausse, la sécurité positive n’est plus évidente.

[Link] Test en ligne Figure 52 – Indicateur de niveau à flotteur et contrepoids


De plus en plus, les exploitants envisagent les télégestions ou (doc. BAMO Mesures)
autogestions des instruments ; par conséquent, la notion de test en
ligne est très actuelle. Le contrôle à distance du bon fonctionne-
ment d’un dispositif à flotteur ou à plongeur placé dans une cuve

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[Link] Indicateur à flotteur, ruban et tambour [Link] Indicateur magnétique à palettes


Il s’agit d’un perfectionnement du système précédent, dans lequel Un flotteur se déplace dans une cuve ou une colonne en acier
l’extrémité du ruban s’enroule autour d’un tambour muni d’un inoxydable ou autre matériau non magnétique. Il comporte, à
ressort interne spiral. L’ultime sophistication conduit aux Jaugeurs hauteur de la ligne de flottaison, un aimant en forme de tranche
approuvés. d’ananas qui retourne au passage une série de petites palettes
Dans la version simplifiée qui nous intéresse ici, le ruban ou un aimantées mobiles, polarisées, se verrouillant magnétiquement les
tambour gradué, mû par une démultiplication, défile devant une unes aux autres et disposées en échelle sur toute la hauteur contrôlée
fenêtre où se fait la lecture. Le dispositif de lecture peut être logé (figure 54). La face des palettes sous le flotteur est d’une couleur,
sur le toit du réservoir ou, par un système de poulie, à hauteur celle des palettes retournées au-dessus, d’une autre. La visibilité est
d’homme. Il existe des appareils pour utilisation sur des réservoirs donc très bonne.
sous pression (quelques bars). La précision peut être excellente, La résolution est au mieux égale à la hauteur d’une palette, soit
même pour des bacs de grande hauteur (10 à 20 m), mais exige une de l’ordre du centimètre. Quant à la précision, elle n’est pas excel-
visée sur place. lente, car plusieurs palettes participent au basculement à la hau-
Il existe une version dans laquelle le mouvement du flotteur est teur du point de mesure. S’ajoute à cette imprécision l’erreur de
saisi grâce à une transmission magnétique qui s’opère à travers un profondeur d’immersion du flotteur, souvent de type allongé.
tube guide (figure 53). La hauteur de contrôle est inférieure à 20 m. Ces appareils sont d’un emploi courant sur des hauteurs de
quelques mètres et pour des pressions parfois élevées, dépassant
les 100 à 200 bar (400 oC) ; ils présentent l’avantage de ne pas
comporter de presse-étoupe. Le système des palettes est contenu
dans un boîtier étanche, avec une vitre frontale. Pour les implanta-
tions hors bâtiment, il faut se méfier des condensations, des péné-
trations de vapeurs et de gaz corrosifs, de poussières finissant par
altérer la mobilité des palettes. L’aimant interne peut, en outre, attirer
des particules magnétiques freinant son mouvement.
Des versions pour montage en sommet de réservoir sont
disponibles.
Deux variantes de l’indicateur à palettes existent :
— les palettes sont remplacées par un empilement de billes
creuses, contenant chacune un petit aimant assurant leur verrouil-
lage mutuel et leur basculement au passage du flotteur ;
— un aimant droit dans le flotteur est mis à la place de celui en
forme de tranche d’ananas, avec comme avantages un gain de
poids et une efficacité magnétique plus grande.

Figure 53 – Indicateur à cadran à transmission magnétique (doc. SART)

Figure 54 – Indicateur magnétique à palettes (doc. BAMO Mesures)

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[Link] Indicateur magnétique à index-ludion Cet indicateur possède une très bonne lisibilité, limitée en pré-
cision par le pas des ILS et par le diamètre de la liaison : il y a autant
Il s’agit d’une variante du type précédent, mais le flotteur entraîne
de fils que de couples ILS-lampe.
un petit index magnétique qui glisse dans un tube de verre vertical
accolé à la cuve le long d’une règle graduée (figure 55a ). Le tube Une variante intéressante consiste en une chaîne de résistances
est, ou non, rempli d’un liquide censé équilibrer le poids de l’index électriques commandées chacune par un interrupteur ILS minia-
(d’où le nom de ludion ). En réalité, ce liquide, non indispensable, ture (figure 56). Le signal pseudo-analogique équivaut à celui d’un
peut freiner les déplacements rapides de l’index. Les aimants actuels potentiomètre classique.
des flotteurs sont assez puissants pour maintenir un index dans l’air Autre variante : emploi d’un transformateur différentiel
sans liquide support. (figure 57).
Les mouvements vifs du niveau ne provoquent pas de décroche-
ments, sauf cas extrêmes (coups de bélier, caléfaction de liquide
cryogénique, etc.) ; alors l’index est ramené à sa position normale 3.2.3 Transmetteurs à plongeur
grâce à un petit aimant portatif. Une solution consiste à limiter le
débattement du flotteur avec une butée dans la cuve vers le bas, Le plongeur tend de lui-même à couler, mais on prévient cette
de telle sorte que l’index accroché se situe en position basse immersion et l’on mesure la variation de poids apparent en fonc-
au-dessus d’un repère ; s’il figure au-dessous, c’est le signe qu’il tion de l’immersion plus ou moins grande.
est décroché (figure 55b ). La poussée d’Archimède s’exerçant sur un plongeur vertical,
Le tube de verre peut, pour raison de fragilité, être remplacé par dont la longueur est au moins égale à la dénivellation à mesurer,
un tube de plastique transparent, mais alors le coefficient de glis- est transformée en un signal analogique fonction de la hauteur
sement se trouve réduit et le décrochement est plus probable. manométrique et non de la hauteur vraie.
Cet indicateur magnétique présente à peu près les mêmes per- Si la section horizontale du plongeur est constante et la densité
formances que le modèle précédent (§ [Link]). Bien qu’il soit moins du liquide homogène sur toute la hauteur, la relation signal de
lisible, certains le préfèrent cependant pour sa simplicité. Il existe, sortie/hauteur est linéaire.
dans la même gamme de pression et de température, en modèle Le plongeur plein, réalisable en tous matériaux, comme les
latéral ou en sommet de réservoir. autres parties en contact, ne pose pratiquement pas de problème
tant pour la corrosion que pour la pression admissible. La trans-
[Link] Indicateur à transmission électrique mission de l’information s’effectue généralement sans l’aide d’un
Le flotteur se déplace autour d’un tube guide qui contient un presse-étoupe, de manière à éliminer l’influence perturbatrice de la
chapelet d’interrupteurs à lame souple (ILS) miniaturisés et dont le pression statique.
contact est mémorisé par le passage de l’aimant contenu dans le
flotteur. Le coulissement de ce dernier provoque, à distance, l’allu-
mage d’une rampe de lampes ou de diodes électro-luminescentes.

Figure 56 – Indicateur à transmission électrique


Figure 55 – Indicateur magnétique à index-ludion (doc. MIP) par interrupteurs à lame souple (doc. Kubler)

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Figure 58 – Régulateur direct pneumatique à couplage magnétique


Figure 57 – Indicateur à flotteur par transformateur différentiel (doc. Emerson Electric France, division Brooks)
(doc. Bestobel-Mobrey)

Dans une majorité de cas, le plongeur est un simple cylindre systèmes buse-palette, jauges de contrainte, autres dispositifs de
métallique. On peut cependant signaler l’emploi, sur de grandes mesure à micro-déplacement, etc. L’appareil délivre un signal pneu-
hauteurs, d’une chaîne ou d’un câble qui en font office. matique ou électronique.
Les plongeurs harmoniques compensent, dans une cuve calibrée, L’ensemble est pratiquement statique et robuste et se trouve à la
les minimes erreurs de section en modulant leur diamètre. Ainsi, base de la plupart des boucles de mesure ou de régulation de niveau.
chaque section de la cuve devient rigoureusement constante sur
Ces instruments classiques présentent typiquement une étendue
toute la hauteur. Associé à une mesure fine de la poussée, le dis-
de mesure de quelques mètres de hauteur, une pression maximale
positif a alors une résolution de 10–3 et transforme la mesure du
admissible de 200 à 300 bar, une température maximale de 200
niveau en mesure de débit-masse lors du remplissage ou du vidage
à 300 oC, une précision annoncée de 0,5 % pleine échelle.
de la cuve, même pour de très faibles débits (quelques cm3 /h).

[Link] Transmetteur à ressort et transformateur différentiel 3.2.4 Détecteurs de niveau


Le plongeur est suspendu par un ressort. Ce dernier est le plus
affaissé quand le plongeur est totalement émergé, et au contraire La plupart des appareils décrits dans les paragraphes 3.2.2 et 3.2.3
se trouve détendu quand, le liquide ayant atteint le haut, la poussée sont capables de recevoir des contacts de seuil complémentairement
est maximale. Le noyau du transformateur différentiel se déplace à leur fonction de base. Nous allons examiner des matériels dédiés
d’une manière continue avec la montée du liquide, selon une course à la détection des niveaux, parmi les plus répandus.
définie par la raideur du ressort. On recueille aux bornes du trans-
formateur différentiel le signal recherché qui peut être mis au
[Link] Mécanismes électriques
standard 4-20 mA.
Les mécanismes électriques utilisés comportent des ampoules au
[Link] Transmetteur à ressort et transmission magnétique mercure, des micro-contacts ou des ILS (interrupteurs à lame
souple), à moins qu’ils ne soient de conception propre au fabricant.
C’est un système voisin du dispositif précédent. Le noyau du On rencontre de plus en plus souvent le micro-contact sous azote
transformateur est remplacé par une masse aimantée couplée, à avec boîtier en acier inoxydable, considéré comme très fiable,
travers le tube de guidage, à une autre masse aimantée entraînant notamment dans les atmosphères agressives. L’ILS a une réputation
un mécanisme analogique à sortie électronique ou pneumatique de fragilité en cas de pouvoir de coupure élevé requis en courant
(figure 58). continu. Le contact au mercure conserve ses partisans ; il est robuste,
Il existe des versions uniquement indicateur local avec aiguille et mais pose le problème de la tenue des fils souples en cas d’atmo-
cadran. sphères corrosives et chaudes. Il existe des micro-contacts pour
toutes les applications : tropicalisés, étanches, à faible écart, à
[Link] Transmetteur à tube de flexion ou de torsion contact or (sécurité intrinsèque), etc.
Les mécanismes électriques, généralement inverseurs, fonc-
La différence minimum-maximum de poussée s’applique sur le
tionnent par tout-ou-rien. Aussi les instrumentistes placent-ils la
support du plongeur dont la forme et la section sont calculées de
boucle en fonctionnement normal sous tension, de telle sorte que
telle sorte que la mesure de sa déformation soit appréciable :

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le défaut se déclare par manque de tension. Alors, une rupture


accidentelle de boucle s’annonce comme une alarme et avertit les
exploitants, contrairement à une boucle ouverte en fonctionnement
normal. Une intervention sur place permet de faire la discrimination
entre les deux natures de défaut. Cependant, devant la généralisation
des systèmes d’exploitation 4-20 mA à deux fils, on constate une
demande croissante en faveur de mécanismes tout ou peu, qui
travaillent à 4 (état 0) ou à 20 mA (état 1) et assurent la différence
entre la rupture accidentelle de boucle et le défaut contrôlé.
Les mécanismes sont protégés par un boîtier présentant toutes
natures de protection. Ils ne peuvent fonctionner correctement que
dans des conditions de température définies par le fournisseur des
composants. Il s’ensuit que des précautions doivent être prises
pour les éloigner des milieux chauds et froids. On utilise des
extensions :
— pour le froid, les liquides cryogéniques, etc., on emploie une
extension lisse, car il se forme dans le doigt de gant une poche de
gaz isolante ;
— pour le chaud et notamment la vapeur, le problème est en partie
Figure 59 – Détecteur à flotteurs dit tandem (doc. SDMI)
résolu par l’emploi d’une extension à ailettes, destinée à dissiper
la chaleur ; mais ce but n’est que partiellement atteint, car les gaz
se refroidissent et tombent ; il y a convection et renouvellement Ces appareils existent en de nombreuses présentations, notam-
permanent de chaleur. Avec la vapeur, le problème est encore plus ment en sommet et en cuve, pour des pressions jusqu’à 150 bar et
aigu, par suite de la condensation en continu avec excellent des températures jusqu’à 400 oC.
transfert ; des constructeurs ont pensé résoudre le problème en
retournant l’appareil et en orientant le doigt de gant vers le bas : [Link] Détecteur à flotteur coulissant sur un tube guide
le problème de la chaleur est ainsi résolu, mais pas celui du dépôt
de particules, notamment magnétiques, dans ce cul-de-sac. L’aimant polarisé verticalement agit sur les ILS à mémoire intro-
duits à diverses hauteurs dans le tube guide, usuellement en acier
Certains constructeurs offrent des mécanismes à sortie pneuma- inoxydable, dont la longueur peut atteindre quelques mètres.
tique et bientôt à fibre optique. Plusieurs niveaux peuvent ainsi être contrôlés, dont le nombre est
limité par l’encombrement dans le tube.
[Link] Détecteur à flotteur, tige et doigt de gant Les réglages deviennent assez difficiles. Pour cette raison, les
Dans un tube vertical fermé (doigt de gant), fixé sur une bride ou niveaux contrôlables sont espacés au minimum de quelques centi-
un manchon, coulisse une masse magnétique (piston ), reliée au mètres. Par contre, ils peuvent être implantés sur toute la hauteur
flotteur par une tige rigide, qui fait fonctionner au passage un du tube guide, ce qui constitue un avantage certain du dispositif.
mécanisme électrique ou pneumatique fixé à l’extérieur du tube dans L’implantation naturelle du détecteur est en sommet de réser-
le boîtier de protection. voir, mais rien n’empêche de le placer en cuve.
Le dispositif, sans presse-étoupe, résiste bien à la pression et à
la température, et sa simplicité convient aux exploitants. Les maté- [Link] Détecteur à tige articulée
riaux en contact peuvent être sélectionnés dans une large gamme. Ce n’est pas le flotteur qui est articulé, mais la tige qui le supporte
Un point toutefois mérite attention : la masse magnétique interne, (figure 60) ; celle-ci comporte, à l’autre extrémité, un aimant (enca-
non nécessairement aimantée, mais qui doit comporter un alliage puchonné s’il y a des problèmes de corrosion). De l’autre côté de
ferritique, exclut donc l’acier inoxydable. Si les conditions de cor- la bride supportant le système, un aimant en opposition provoque
rosion dans le doigt de gant impliquent une protection particulière, la rupture brusque du contact. Habituellement, la bride est en dis-
la masse magnétique doit être entièrement gainée de matériau position latérale, sans qu’il s’agisse d’une obligation. Des montages
adéquat. au sommet de la cuve sont employés. Ce système, fiable, ne contrôle
Un seul appareil peut surveiller plusieurs niveaux. Les méca- en général qu’un seul niveau à la fois. Il est difficile à isoler en service,
nismes à ILS en permettent le contrôle d’un nombre important (40 à moins de le disposer dans une cuve.
par exemple), avec un pas de l’ordre de 10 à 20 mm. Les mécanismes Il existe des versions pneumatiques, antidéflagrantes, etc.
plus classiques en tolèrent une demi-douzaine, espacés de quelques
4 à 5 cm. La plage contrôlée en hauteur par un seul flotteur est Une variante du système à tige (§ [Link]) existe, qui combine les
d’environ une cinquantaine de centimètres, mais il existe des deux dispositions et possède l’avantage de pouvoir équilibrer le
systèmes à deux flotteurs, dit tandems (figure 59), agissant sur plu- flotteur par un contrepoids.
sieurs mètres de dénivellation.
[Link] Détecteur à tube de flexion
En jouant sur la longueur du piston magnétique et sur la position
des butées internes, on peut régler le système de manière que le Il s’agit d’un montage essentiellement sur bride latérale, dans
mécanisme ne soit pas actionné par le simple passage du piston, lequel le flotteur est supporté par un tube métallique de flexion, en
mais reste verrouillé en position haute ou basse, assurant ainsi une l’occurrence un tube métallique ayant subi un aplatissement local
sécurité positive. Quelques modèles n’excitent le mécanisme qu’au (figure 61). Le déplacement sous l’effet de la poussée n’est que de
passage ; c’est une solution facile, mais dangereuse. Si le piston quelques dixièmes de millimètre, ce qui est suffisant pour agir sur
est un aimant orienté verticalement, il peut aussi agir sur des ILS un micro-contact ou un mécanisme pneumatique placé en boîtier
à mémoire, ou d’autres types de mécanismes qui conservent ainsi étanche, antidéflagrant, etc.
la position relative du flotteur, suivant les règles de sécurité. Les L’intérêt de cette conception est de ne comporter aucun jeu,
réglages des hauteurs contrôlées sont assez ardus et s’effectuent aucune cavité où pourraient s’accumuler des dépôts susceptibles de
généralement en atelier. gêner le fonctionnement. Pour cette raison, ne présentant pas de
risques de contamination par rétention de germes, ce système peut
être conseillé dans les industries pharmaceutiques ou alimentaires

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Figure 60 – Détecteurs à tige articulée : différents montages (doc. Desgranges et Huot)

[Link] Détecteur à plongeur et déplacement


Lorsque les pressions sont trop élevées, ou les densités trop faibles
pour utiliser des flotteurs, il est possible d’employer des masses qui
reçoivent la poussée d’Archimède et que l’on équilibre, par exemple,
par un ressort. Il s’agit d’une variante de la solution présentée au
paragraphe [Link] dédiée à la simple détection des niveaux. La
figure 62 montre le principe de fonctionnement, acceptant jusqu’à
4 masses. Chaque immersion de masse par le liquide montant se
traduit par une levée de l’équipage mobile, utilisé pour actionner
magnétiquement un mécanisme, comme au paragraphe [Link]. À
chaque masse correspond un niveau contrôlé. Une disposition spé-
ciale offre la possibilité d’opérer avec un seul mécanisme, entre deux
niveaux haut et bas en cycle carré, donc de commander directement
une pompe.
Les masses sont en métal ou, assez souvent, en porcelaine. Elles
présentent parfois un toit conique, pour éviter les risques de
sédimentation.
L’intérêt de ce système est la possibilité de remplacer, sous le res-
sort, grâce à un accouplement, la tige rigide par un câble, sur lequel
les masses sont bloquées par une vis transversale. Dans ce cas, la
longueur du câble peut atteindre plusieurs dizaines de mètres, bien
que l’appareil reste de transport et de montage faciles.
Certaines variantes peuvent fonctionner jusqu’à 700 bar et à des
Figure 61 – Détecteur à tube de flexion (doc. MIP) températures qui n’altèrent pas les propriétés élastiques du ressort
(figure 63).
et également dans les milieux visqueux et salissants. Peu sensible
aux dépôts, le tube de flexion n’accepte cependant pas la formation [Link] Détecteur à plongeur équilibré
d’une gangue dure.
Les systèmes précédents conviennent rarement quand coexistent
Cet appareil n’est pas équilibré dynamiquement ; certaines fré- haute pression et haute température. Il reste une solution assez
quences mécaniques peuvent induire des résonances et provoquer chère, qui résout ce double problème. La masse de mesure est équi-
la rupture par écrouissage du tube, mais il s’agit d’un accident excep- librée par un contrepoids, les deux étant suspendus à un fléau. La
tionnel. Le tube de flexion peut présenter en pneumatique, avec un résultante de la poussée sur la masse est appliquée sur un système
flotteur de forme adéquate, une légère bande proportionnelle, rare- à tige.
ment réglable, qui le rend apte à une régulation élémentaire. Il existe
en présentation cuve.
3.2.5 Jaugeurs à flotteur asservi
[Link] Détecteur à poire
Une version du tube de flexion se retrouve avec un flotteur ou Il s’agit d’une mesure, généralement assortie d’une télétransmis-
poire, en plastique ou en élastomère, reliée par un câble souple à sion, variante au dispositif à flotteur, ruban et tambour du
un support immergé. La poire contient une ampoule au mercure. paragraphe [Link] ; c’est la version qui conduit aux jauges approu-
Si le liquide est bas, la poire pend et le courant passe dans l’ampoule vées éventuellement par la DRIR, Section Matériel et Mesures de
verticale. Quand le liquide monte, il fait basculer la poire horizon- Précision, et qui permet la télégestion des grands dépôts de produits.
talement, et le courant est alors interrompu. C’est un système très Nota : DRIR : Direction Régionale de l’Industrie et de la Recherche (ex-SIM : Service des
simple. Instruments de Mesure).

Cette solution assez peu précise suffit et se trouve employée, par Les principales différences, en plus de la qualité de la réalisation,
exemple, dans les bassins de traitement des eaux à pression atmo- sont les suivantes :
sphérique. Les contacts au mercure autorisent des courants jusqu’à — la transmission du mouvement de rotation du tambour calibré
une vingtaine d’ampères et donc le fonctionnement direct de certains s’effectue par un entraînement magnétique puissant, sans
auxiliaires, comme les pompes. De véritables arbres peuvent ainsi presse-étoupe ;
être constitués pour assurer le contrôle à divers niveaux. — le système réalise un asservissement par mesure continue de
la force de traction sur le câble qui est maintenue constante, de
façon que la profondeur d’immersion du flotteur reste égale ;

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Remarque : aussi bonne que soit l’appréciation de l’interface


liquide-gaz, il subsiste le problème de la mesure du pied d’eau
dans les réservoirs d’hydrocarbures, c’est-à-dire de la quantité
d’eau et autres dépôts lourds qui se sont accumulés au fond par
simple décantation et dont la hauteur reste difficile à déterminer
en continu, ne serait-ce que parce que la transition n’est pas
toujours franche. Il existe quelques méthodes, dont celle par
conductivité (§ 2.9).
En pratique, le bilan des opérations sur les produits est effec-
tué par différence, en se tenant toujours au-dessus de la hauteur
présumée de cette couche parasite après une éventuelle purge.

3.2.6 Régulateurs de niveau à action directe

La force d’un flotteur peut être assez puissante pour actionner une
vanne de contrôle, comme dans une chasse d’eau ou un purgeur
à flotteur.
Une version industrielle courante est le limiteur de suremplissage
des camions-citernes ou wagons-citernes.
Figure 62 – Détecteur à plongeurs et ressort d’équilibrage : Des systèmes existent, assurant une régulation simple, mais quel-
principe de fonctionnement (doc. Bestobel-Mobrey) quefois suffisante. Ainsi, des vannes-papillon peuvent être munies
d’un gros flotteur qui agit directement sur l’axe. D’autres modèles
de vannes sont aussi utilisés.
Les régulations obtenues, en dehors de la caractéristique de vanne
qui peut être choisie au départ, présentent le comportement d’une
action proportionnelle pure, à gain parfois réglable par ajustement
de la longueur du bras de levier. Elles produisent une erreur de sta-
tisme importante sur le niveau en fonction du débit, allant de vanne
fermée (flotteur en butée haute) à vanne grande ouverte (flotteur en
butée basse) ; comme toutes les régulations proportionnelles, elles
sont sensibles au pompage (article Chaînes de régulation types
[R 7 100], dans la rubrique Automatique du présent traité).

3.3 Systèmes de contrôle


par mesure de la pression

3.3.1 Généralités

La mesure des niveaux par le moyen de capteurs de pression rela-


Figure 63 – Détecteur haute pression (de 110 à 700 bar) tive ou différentielle est une mesure manométrique ou hydrostatique
avec fermeture par joint à culasse (doc. MIP) et, par conséquent, ne délivre pas la hauteur « vraie » (§ 1). Elle ne
concerne pas la capacité-volume des contenants, mais la capa-
cité-masse. Elle est exprimée en grandeurs géométriques, par habi-
— le flotteur, ou plus précisément le palpeur, est extra-plat pour
tude, ce qui est regrettable, surtout quand la densité du liquide est
minimiser l’influence des variations de densité ;
différente de 1. Les grandeurs à utiliser sont la pression ou, à la
— la température moyenne de la charge est mesurée au mieux
rigueur, la hauteur de colonne d’un liquide spécifié (exemple :
grâce à des systèmes de prises multipoints ;
millimètre de colonne d’eau).
— l’information de niveau est codée en numérique sur 15
ou 16 bits pour conserver la résolution de 1/2 × 10 4 qui est Dans cet article nous n’insisterons que sur les aspects concernant
recherchée (ou mieux), au cours de la télétransmission généralement la mesure des niveaux, et sur les appareils éventuellement dédiés
associée. uniquement au contrôle de cette grandeur.
Il existe encore d’autres précautions pour obtenir la résolution Si la mesure s’effectue sur des réservoirs à l’air libre, un capteur
recherchée (quelques millimètres sur des hauteurs de 20 m), ce qui, de pression simple, situé en partie basse, suffit.
pour des réservoirs de 100 m de diamètre, conduit encore à une
erreur absolue de volume importante, mais incompressible.

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Si le réservoir se trouve sous pression variable, une compensation Un clapet de sécurité peut être placé sur la ligne, pour éviter des
de pression est indispensable. La prise inférieure se trouve en bas fuites du produit à travers l’appareil de mesure si l’élément sensible
du réservoir, l’autre dans la phase gazeuse, au-dessus du plus haut est détruit.
niveau (figure 64).
Cependant, la fiabilité de la mesure reste liée à la qualité des
prises, dont l’une, implantée dans la zone basse du réservoir, subit 3.3.3 Appareils à membrane
le risque de présence de dépôts, de boues, de décantats, etc. La
prise supérieure n’est d’ailleurs pas à l’abri d’obstructions par des Les capteurs comportant une membrane sont intéressants car ils
cristallisations, des condensations, des figeages, etc. Diverses solu- présentent une très bonne sensibilité et une très bonne précision.
tions sont apportées pour éviter l’emploi de connexions de petit Il existe des membranes minces (quelques dixièmes de millimètre)
diamètre, qui tendent à se boucher ; citons : qui ne résistent aux surpressions éventuelles qu’à condition de venir
— les capteurs à membrane affleurante (§ [Link]) ; s’appuyer sur le plateau sans déformation dépassant les limites
— les capteurs à extension (§ [Link]) ; élastiques du matériau constitutif. Un limiteur de pression, sorte de
— les insufflations de gaz (§ 3.3.4) ; clapet solidaire de la membrane, placé avant le capillaire dans un
— les instillations de liquides (§ 3.3.5). liquide intermédiaire, peut jouer le même rôle de protection, en
bloquant la circulation de ce dernier. Les membranes et capteurs
Le deuxième problème lié à l’emploi des prises réside dans l’exacte existent dans à peu près toutes les natures de matériaux métalliques,
connaissance de la densité du fluide dans les connexions de liaisons. dans une grande variété de diamètres et de technologies. La
Pour que la mesure soit juste, il est indispensable de connaître cette figure 65 illustre le principe des cellules à jauges de contrainte pié-
densité, afin d’effectuer une éventuelle correction. Pour que la zorésistives, technique actuellement très répandue.
mesure soit fidèle, la densité ne doit pas évoluer dans le temps. Ce
sont des conditions parfois difficiles à dominer. Dans les appareils dédiés à la mesure de niveau, pour éviter l’ennui
de connexions sensibles au salissement, la disposition peut être telle
Le troisième problème consiste à disposer les prises de pression que la membrane vient affleurer la paroi interne du réservoir, ou
à une place où le liquide ne risque pas, par son mouvement, presque. Ces capteurs sont appelés à membrane affleurante
d’induire des variations de pression dynamique susceptibles d’être (figure 67).
perçues par le capteur. Pour cette raison, il est préférable d’éviter
les implantations sur les tubulures de service du réservoir. Dans une autre version (Rosemount), la membrane est déportée
à l’extrémité d’une extension pénétrant dans une tubulure de lon-
gueur adéquate pour réaliser de nouveau l’affleurement.
3.3.2 Mesure de la pression relative Il existe trois montages de base :
en bas de réservoir — membrane affleurant la paroi verticale ;
— membrane en disposition fond du réservoir ;
Un simple manomètre, placé en partie basse d’un bac, peut faire — membrane orientée vers le haut dans des capteurs
l’affaire, comme tous appareils d’indication, de détection, de trans- immergeables.
mission, de régulation de pression relative. Le montage vertical ne prête guère à critique, si ce n’est qu’il
Une précaution élémentaire, pour éviter les sédimentations, n’est pas isolable facilement, sinon par une vanne à passage direct,
consiste à orienter la cavité que ces appareils peuvent comporter du diamètre de la membrane, qui ménage un cul-de-sac peu
vers le haut, bien que cela conduise à emprisonner, au moins dans souhaitable.
la phase de démarrage, une petite colonne de gaz qui, sur de faibles Le montage en fond n’est pas recommandable, sinon avec les
échelles, peut fausser la mesure, même si elle se résorbe dans le liquides pour lesquels existe la certitude qu’ils ne déposent pas.
temps par dissolution du gaz dans le liquide.
La solution d’un capteur immergeable est séduisante, la mem-
Une vanne à passage direct peut isoler l’appareil pour inter- brane constituant l’extrémité d’une sonde, où le capteur en entier
vention en service, et la disposition est choisie, grâce à des bou- est plongé au bout d’un câble ou d’un tube. Dans ce cas, l’orientation
chons, de manière à faciliter le nettoyage de la connexion (mais il de la membrane est la plus satisfaisante pour éviter la sédimentation,
faut alors vider le réservoir). et de plus le capteur peut être extrait facilement sans avoir à vider
le contenu de la cuve. En outre, il n’existe pas de point faible dans
la structure basse du réservoir risquant de laisser fuir le produit.
Enfin, de très grandes profondeurs sont accessibles sans problème
à travers un tubage éventuellement étroit (stockages souterrains,
puits, nappes d’eau, mer, etc.).

[Link] Indicateur/détecteur de niveau à très large membrane


La transmission de la pression manométrique s’effectue grâce à
un capillaire, l’ensemble étant rempli d’un gaz inerte reliant le
capteur à un cadran indicateur et/ou aux seuils d’alarme située à
distance ; le système est appelé par son constructeur (KDG-Houdec)
jauge de niveau autonome (figure 66).
Les montages latéral, fond ou immergeable sont disponibles. La
capsule est de diamètre 100 à 250 mm ; la membrane est en argent,
laiton, acier inoxydable, PTFE, etc. Les hauteurs manométriques
mesurables vont jusqu’à une trentaine de mètres. La mesure est rela-
tive, sans compensation possible de la pression au-dessus du
Figure 64 – Montage d’un transmetteur de pression différentielle liquide. La précision est de l’ordre de 1 %. La hauteur mesurable est
avec des séparateurs à membrane (doc. Foxboro) de quelques mètres à 60 m, selon les modèles.

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Figure 66 – Jauge de niveau autonome à membrane (doc. KDG-Houdec)

L’espace entre la membrane séparatrice et l’élément sensible est


rempli, à la fabrication, par un liquide incompressible, les deux
composants étant solidaires ou reliés par un capillaire.
Les séparateurs peuvent être à membrane soudée ou pincée
entre deux brides. Dans ce dernier cas, deux variantes existent :
— un anneau intermédiaire permet le démontage de la capsule
sans perte du liquide de remplissage ;
— cet anneau est absent et le démontage s’accompagne de la
perte du liquide, solution à rejeter évidemment.
Le remplissage en liquide est réalisé avec beaucoup de soin pour
éliminer les bulles de gaz, non que celles-ci puissent altérer la
transmission de la pression mais, en se contractant, elles risquent
d’entraîner une déformation excessive de la membrane. Le vide
peut être avantageusement utilisé pour parfaire le remplissage ;
c’est typiquement une opération à réaliser en atelier.
Avec le capillaire, il est indispensable de tenir compte de la hauteur
du liquide de remplissage existant entre la capsule et le récepteur ;
la colonne introduit une erreur systématique à prendre en charge
pour le décalage du zéro de la mesure.
En outre, les variations de température, importantes par suite du
coefficient de dilatation plus grand du liquide de remplissage,
peuvent également induire un décalage de zéro d’échelle, dont il faut
évidemment tenir compte.
Des versions à membrane affleurantes (ou presque) existent,
d’autres sont construites avec des matériaux stérilisables pour
Figure 65 – Cellules de mesure de pression à jauges de contrainte emploi dans les industries alimentaires. Une arrivée de vapeur de
(doc. CGEE-Alsthom, contrôle Bailey) stérilisation juste avant la membrane est d’ailleurs possible.
Des limiteurs de pression ou amortisseurs de pulsations sont
disponibles.
[Link] Séparateur indépendant L’intérêt des séparateurs à membrane indépendants est leur
Le séparateur peut être adapté sur tous les appareils de mesure grande souplesse d’adaptation aux problèmes (figure 64). Les
de pression relative ou différentielle, avec pour but de protéger les capteurs à membrane incorporée n’offrent, par leur construction en
éléments sensibles de ces instruments contre la corrosion ou grande ou moyenne série, qu’une panoplie restreinte de matériaux.
l’immixtion de matières salissantes par le milieu contrôlé. Les séparateurs réalisés en petite série, voire à l’unité, répondent
à toutes sortes d’applications avec une variété de natures de

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membrane : métaux, plastiques, élastomères, métaux enduits, etc.


On les trouve pour montage latéral, en fond ou sommet, le plus
souvent sur une tubulure ou sur un bossage soudé. Ils n’altèrent la
précision des capteurs sur lesquels ils sont montés que d’une valeur
correspondant à l’effort de déformation de la membrane. Comme
celle-ci est, par définition, très souple, et que la déformation est
faible, cette erreur est peu perceptible, sauf pour les très faibles
échelles (quelques millimètres de colonne d’eau, soit quelques
dizaines de pascals).
Il existe des séparateurs à membrane annulaire, à insérer entre
brides.

[Link] Transmetteur à transformateur différentiel


Le déplacement d’une membrane épaulée par un ressort est
mesuré grâce à un transformateur différentiel. Une électronique
séparée convertit le signal en un standard, 4 - 20 mA par exemple.
— Surcharge : environ 7 bar.
— Étendue d’échelle : 32 m au maximum.
— Matériaux de la membrane : Inconel, cuivre au béryllium,
revêtement époxyde, etc.
— Matériaux du corps : acier inoxydable, bronze d’aluminium.
— Température maximale : 100 oC.
— Réglage de zéro et de pente.
— Versions antidéflagrante et de sécurité intrinsèque.

[Link] Transmetteur de pression relative


Ce sont, pour la plupart, des appareils standards. Ils existent en Figure 67 – Transmetteur de pression à membrane affleurante
une multitude de technologies. Sans entrer dans les détails, signa- et compensation de pression (doc. OTIC Fischer et Porter)
lons que quelques-uns comportent une cellule en forme de cavité,
qui ne peut convenir que pour des fluides propres. D’autres se vissent
sur des bossages. Il est possible de trouver des exécutions convenant
pour la plupart des applications et, s’il est besoin, l’adjonction d’un Caractéristiques typiques :
séparateur à membrane apporte la réponse aux problèmes de — surcharge : jusqu’à 50 bar ;
salissures. — échelle : quelques millibars à plusieurs bars ;
— membrane : acier inoxydable 316, Hastelloy C, tantale,
[Link] Transmetteur de pression relative PTFE, etc. ;
à membrane affleurante — corps : acier inoxydable 316, Hastelloy C, acier au carbone,
etc. ;
C’est une version spécialisée des transmetteurs évoqués — température maximale : 100 oC ;
ci-avant (§ [Link]). La dimension de la membrane va de quelques — précision : 0,25 % de l’étendue étalonnée ; cette précision
millimètres à 15 cm. peut être dégradée par divers facteurs perturbateurs : tempé-
Ils existent en diverses technologies, offrant probablement le plus rature, pression statique, vibrations, etc. ;
grand choix en performances et caractéristiques, en fournissant un — sortie : signal électrique ou pneumatique.
signal analogique standard ou non, et avec diverses qualités de
membrane. Quelques-uns, typiquement dédiés au contrôle des
D’une manière générale, les capteurs à membrane sont bien
niveaux, comportent la possibilité de compenser la variation de pres-
adaptés à la mesure des niveaux hydrostatiques. On peut les monter
sion dans le gaz par une prise auxiliaire (figure 67).
à l’extrémité d’une tubulure munie d’une vanne à passage direct,
à boule, si cette disposition n’entrave pas les propriétés anti-
[Link] Transmetteur de pression relative à extension salissantes (fin revêtement de Téflon sur la membrane).
Il s’agit d’une transformation technologique des modèles Un modèle intéressant existe (figure 68) : un transmetteur à
précédents (§ [Link]), qui reporte l’extrémité de la membrane au extension équipant une vanne à boule elle-même affleurante. Dans
niveau de la paroi interne du réservoir. La longueur du piétement ce cas, on trouve le double avantage : affleurement et démontage
doit être ajustée en conséquence. Si l’élément sensible est de petit en service.
diamètre, il est logé en bout du tube (jauges de contrainte, par
exemple). Dans d’autres versions, un séparateur à membrane est [Link] Transmetteur de pression relative à compensation
incorporé, placé au bout de l’extension et relié par un capillaire à
un capteur de pression relative classique ou à une demi-cellule Ce sont des appareils utilisés dans l’industrie et dont chaque grand
différentielle. constructeur propose un ou plusieurs modèles de qualité. Ils pos-
sèdent l’avantage de résister à des pressions statiques élevées, tout
Le risque est l’introduction de matières incrustantes entre le
en mesurant des pressions différentielles faibles. Ils sont donc adap-
capteur et la tubulure, qui peuvent bloquer le démontage. Une étan-
tables parfaitement aux mesures de hauteurs manométriques faibles
chéité peut prévenir, en bout d’extension, l’infiltration du milieu, avec
sous fortes pressions, éventuellement variables. Une demi-cellule
un joint mou ou avec un serrage métal sur métal. Mais, dans ce
est reliée à la prise basse, tandis que l’autre mesure la pression du
dernier cas, certains instruments demandent un réétalonnage in situ
gaz.
pour tenir compte de la contrainte mécanique entraînée par ce
serrage : c’est à vérifier.

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Cependant, de nombreux appareils à membrane sont conçus pour


cette application, par exemple pour le niveau dans les puits, dans
les nappes d’eau, dans les mers, à des profondeurs parfois très
importantes (tableau 4). Le problème reste l’accessibilité de ceux
installés à poste fixe, puisque les réglages ne sont possibles qu’en
relevant le capteur, celui-ci devant par ailleurs résister à l’agression
du milieu externe par corrosion (eau de mer) et être étanche.

[Link] Recopieur ou répétiteur de pression 1/1


Il existe des appareils simples transformant la pression régnant
dans un réservoir en une pression pneumatique égale. Le principe
en est très simple : lorsque la membrane se déplace sous l’effet
d’un accroissement de pression, elle augmente la résistance de la
fuite à l’atmosphère, et par conséquent la pression à l’intérieur de
la capsule tend à augmenter pour rétablir l’équilibre.
Toutes les propriétés attachées à l’emploi d’une membrane, géné-
ralement affleurante, se retrouvent dans cet appareil.

3.3.4 Dispositifs à insufflation de gaz


Figure 68 – Vanne à boule d’isolement pour montage à affleurement L’un des problèmes difficiles à résoudre dans la mesure des
du transmetteur de pression (doc. Valmet) hauteurs reste tout de même celui de l’encrassement des prises
aboutissant au capteur manométrique. La membrane affleurante est
une réponse, l’autre consiste à utiliser un gaz tampon. Cette idée
Toutefois, les appareils standards comportent des chambres de conduit à la solution connue du bullage ou bulle à bulle.
mesure étroites, qui parfois exigent l’emploi d’un ou de deux Le gaz intermédiaire, généralement mais pas nécessairement l’air,
séparateurs à membrane (figure 64). Quelques-uns comportent, passe dans un filtre-manodétendeur qui en régularise le débit, puis
d’un côté, une extension. Remarquons que l’emploi de séparateurs dans un rotamètre qui en contrôle l’importance, et est insufflé à la
implique la correction des hauteurs de colonne du liquide base du réservoir où se trouve le liquide dont on désire mesurer le
emplissant le capillaire, se traduisant par une erreur systématique niveau.
de décalage de zéro.
La canne d’insufflation est prévue pour résister à la corrosion.
De nombreux transmetteurs de pression relative à affleurement Simple tube, elle peut être réalisée en n’importe quel matériau
ou à extension comportent en réalité une structure de transmetteur adéquat. À sa partie inférieure, elle est taillée en V pour augmenter
de pression différentielle adaptée par capillaire et séparateur à la précision. On règle le débit pour que, au niveau le plus haut, des
membrane incorporé (figure 67). bulles s’échappent de la canne et il reste à mesurer la pression au
Ainsi apparaît l’importance des liaisons et de leur emplissage. point haut. La hauteur manométrique du gaz est négligeable et,
Avec un liquide capillaire, la densité (sinon la température) est comme le débit est faible, la perte de charge est négligeable aussi.
connue. Avec un tube de liaison libre côté gaz, il est indispensable Par conséquent, toutes natures de capteurs de pression (mano-
de dominer le problème de la condensation éventuelle et de son évo- mètres, pressostats, transmetteurs, etc.) reflètent fidèlement la
lution, qui pourrait altérer la valeur de la compensation. Une solution hauteur du liquide.
consiste en l’emploi d’un liquide tampon de densité connue avec Ainsi les instruments se trouvent-ils parfaitement protégés, à
une liaison maintenue si possible toujours à la même température. portée de travail des exploitants, au prix d’une consommation
Avec la vapeur, un pot de condensation en point haut assurera continue d’air, d’azote ou d’autre gaz disponible sur place.
un niveau de référence constant. Il faut penser alors aux variations Naturellement, la pression d’alimentation du gaz doit être supé-
de pression qui peuvent entraîner des réévaporations dans le pot rieure à la plus grande hauteur manométrique de liquide. Si la canne
et une évolution de la densité. laisse échapper quelques bulles à niveau haut, ce débit croît géné-
En résumé, l’utilisation en mesure de niveau des transmetteurs ralement avec la baisse de niveau en respectant la caractéristique
de pression différentielle, demande que l’on accorde une certaine du détendeur. Celui-ci doit posséder la réponse la plus plate possible.
attention aux exigences requises par les liaisons. À noter l’existence Si la canne vient à se boucher par suite de salissures, un dispositif
d’appareils à faible échelle (quelques millimètres de colonne d’eau, peut périodiquement augmenter la pression amont pour produire
soit quelques dizaines de pascals). un décolmatage. Un montage correct comporte un bouchon en haut
de la canne qui permet le nettoyage. Un risque éventuel est celui
[Link] Capteur immergeable, limnimètre de la remontée de liquide en l’absence de gaz comprimé. Pour pro-
téger les instruments, une capacité peut être prévue sur la liaison
De nombreux capteurs de pression peuvent être immergés, sus- de connexion.
pendus à leur câble d’alimentation, ou tenus à l’extrémité d’un tube,
Les hauteurs contrôlées peuvent aller jusqu’à une dizaine de
ou encore simplement reposant sur le fond. Même les transmetteurs
mètres, bien qu’aucune raison ne limite l’emploi du système sur de
de pression différentielle classiques pourraient être traités ainsi.
plus grandes hauteurs.

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Le montage courant suppose que la pression atmosphérique 3.4 Systèmes de mesure


règne au-dessus du liquide. S’il existe une pression variable dans
le réservoir, un deuxième dispositif est employé en parallèle par dissipation thermique
(figure 69), et les deux attaquent un capteur de pression différen-
tielle. Naturellement, la pression de gaz intermédiaire doit être supé- 3.4.1 Principe de la méthode
rieure à la pression statique en haut du réservoir additionnée de la
hauteur manométrique maximale de liquide. Pour éviter les fuites Un élément chauffant dissipe son énergie différemment en fonc-
en cas de manque de gaz comprimé, des clapets anti-retour sont tion de la nature ou de la phase du milieu dans lequel il est plongé,
prévus sur les deux liaisons d’alimentation, avec les capacités car le coefficient de transfert thermique superficiel n’est pas le même.
tampons nécessaires pour empêcher les remontées du liquide dans Ce dernier, en cas d’interface solide-liquide, est relativement bon.
le capteur. En outre, puisqu’il s’agit cette fois d’un réservoir fermé Il inclut les transferts par conduction et par convection naturelle
sous pression, il se pose le problème de l’introduction du gaz qui (milieu calme), ou par convection forcée (brassage, agitation). Le
doit pouvoir se mélanger sans risque avec le milieu. coefficient de transfert solide-gaz ou solide-vapeur est nettement
Les systèmes à bullage sont fréquemment utilisés et appréciés des moins bon.
exploitants, améliorés par le dispositif permettant le décolmatage
automatique par application de la totalité de la pression amont.
Un constructeur propose un appareil à insufflation d’air qui
combine de multiples perfectionnements : régulateur de débit,
indicateur de débit, indication locale de la pression, seuils, trans-
metteur 4-20 mA, dispositif de décolmatage, etc. (figure 70).

3.3.5 Dispositifs à instillation de liquide


Il s’agit d’un principe similaire mais employant comme fluide inter-
médiaire un liquide au lieu d’un gaz. On injecte près du capteur de
pression un faible débit contrôlé d’un liquide tampon qui s’interpose
entre le capteur et le liquide mesuré et qui empêche les pénétrations
de salissures dans la tuyauterie de liaison. Pour que cette solution
soit viable, le liquide tampon doit être apte à dissoudre les dépôts
éventuels, ne pas déposer lui-même, et se trouver accepté au débit
utile par le milieu sans gêner le procédé (problème de dissolution,
de mélange, de miscibilité,...).
Exemples : injection d’eau propre dans les prises à la base d’un
décanteur de boues ou injection de gazole dans les prises de réser-
voir de bitume.
À noter qu’il s’agit d’une méthode (et non d’un appareil) devant
être mise en œuvre grâce à des composants discrets.
L’installation comporte la source de liquide à instiller à une
pression supérieure à celle régnant dans le réservoir, le dispositif
d’injection, le régulateur de débit, le capteur et les diverses liaisons.

Figure 69 – Mesure de niveau h par bullage Figure 70 – Système de mesure par bullage, à transmetteur intégré
dans un réservoir pressurisé (doc. OTIC Fischer et Porter) (doc. Auxitrol)

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____________________________________________________________________________________________________________________________ NIVEAUX

Une quantité donnée d’énergie étant injectée dans une sonde, par Une solution élégante consiste à employer une résistance de
exemple en faisant passer un courant d’intensité connue dans une platine ou de nickel à la fois pour produire la chaleur sous l’action
résistance donnée, la sonde va monter d’autant plus en température du courant, et comme capteur de température. La résistivité du
par rapport au milieu que ce dernier montre de la difficulté à dissiper platine croît avec la température. Quand la sonde passe du liquide
la chaleur produite, notamment quand le coefficient de transfert est au gaz, la température augmente grâce à la réduction de la dissi-
faible en phase gaz/vapeur. pation, donc la résistance de l’élément croît et aussi la quantité de
On observera une montée de la température quand la sonde émer- chaleur produite sous courant constant. On obtient donc, par ces
gera du liquide, phénomène qui est mis à profit dans la méthode effets cumulatifs, une très vive sensibilité.
de mesure des niveaux par dissipation thermique ; c’est donc une Pratiquement, la technologie de réalisation des sondes s’appa-
simple mesure de température avec un élément sensible placé dans rente à la construction des cannes pyrométriques en respectant les
la sonde à côté de la résistance dissipatrice, ou, solution encore plus critères précédents. Des sondes chemisées auxquelles sont soudées
simple, confondu avec elle. de petites ailettes font l’affaire (figure 72). Des cannes multipoints
Il s’agit d’un repérage de niveau vrai, géométrique. Quant à l’appa- permettent de suivre l’évolution du niveau dans des hauts réservoirs.
reillage, il est représenté par toute la panoplie des capteurs dispo-
nibles pour les contrôles de température. Toutefois, leur utilisation
en capteurs de niveau nécessite généralement une adaptation des 3.4.3 Mesure continue
sondes.
La société Framatome a développé, d’abord pour ses propres
besoins, une solution inédite consistant à mettre en œuvre, selon
3.4.2 Sondes pour détecteurs une technologie inspirée de celle des couples thermoélectriques
chemisés, un conducteur en métal résistant et un second conducteur
Dans une capsule en matériau insensible à la corrosion, généra- en platine, isolés dans une gaine métallique inoxydable (figure 73).
lement en métal adéquat, se trouve l’élément chauffant de résis- Plongée verticalement dans un liquide, une longueur verticale du
tance R émettant une quantité de chaleur Q lors du passage d’un complexe présente linéairement le phénomène ponctuel de dissi-
courant régulé I. La puissance produite est : pation décrit précédemment avec un régime pour la partie immergée
dans le liquide et un autre pour la partie émergée. Si l’on fait passer
Q = R I 2 = Cte un courant constant dans le conducteur chauffant, on recueille, aux
On suppose (figure 71) que T R , température de la résistance, est bornes du fil de platine, une variation de résistance proportionnelle
égale à TS , température de la paroi externe, car la capsule est petite au niveau vrai de l’interface liquide/gaz.
et constituée de matériaux bons conducteurs de la chaleur (en réalité,
T R > T S ). Si S est la surface extérieure de la capsule, C le coefficient
(global) de transfert thermique superficiel (ou coefficient de dissi-
pation thermique), T M la température du milieu, il est possible
d’écrire :
Q = RI 2 = SC (TS – TM )
ou :
∆T (surface/milieu) = (Q /S ) × (1/C )
Q /S étant constant, la différence de température entre l’élément
et le milieu est inversement proportionnelle au coefficient de trans-
fert thermique superficiel C. Dans un milieu isotherme, le passage
d’un milieu bon conducteur (liquide) à un milieu mauvais conducteur
(gaz) se traduit par l’élévation de la température de la sonde, avec
une vitesse de variation qui dépend de l’apport de chaleur, de
Figure 71 – Sonde pour détecteur thermique : transfert de chaleur
l’énergie thermique, de la surface de la sonde et du coefficient de
dissipation thermique dans l’un et l’autre milieu.
Cette analyse rapide permet de comprendre les paramètres
régissant la réalisation des sondes de niveau utilisant cette méthode :
— faible inertie thermique ;
— constitution en matériaux bons conducteurs ;
— surface augmentée par les ailettes pour améliorer la dissipation
thermique ;
ainsi que les facteurs en limitant l’emploi :
— variations rapides du niveau, par suite de l’inertie thermique ;
Figure 72 – Sonde à ailettes pour détecteur thermique
— variations rapides de la température du milieu (qui peuvent être
mal interprétées) ; en pratique, la méthode ne peut être utilisée que
dans des milieux isothermes stables ;
— milieux salissants, les dépôts altérant la faculté de dissipation
de la sonde.

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NIVEAUX _____________________________________________________________________________________________________________________________

Avec un apport régulier de chaleur (courant continu), le temps de


réponse est de l’ordre de quelques secondes ; il a été jugé trop 4. Contrôle d’un niveau
long. Une seconde idée a consisté à prévoir une alimentation dis-
continue de la résistance de chauffage par une succession d’impul-
de solides : vrac,
sions calibrées. Ainsi, la réponse indicielle, au lieu d’avoir l’aspect
d’une exponentielle décroissante du premier ordre, présente une
pulvérulents, granulés
forme en dents de scie ; l’expérience a montré que la hauteur de
ces dents de scie était proportionnelle à l’amplitude finale d’une 4.1 Détecteur à palette rotative
telle réponse classique. La détermination de cette hauteur permet
alors d’anticiper le résultat final avec une précision moindre certes Il s’agit d’un dispositif très simple (figure 74), comportant un
(5 %), mais avec un temps de réponse de l’ordre de la seconde, moteur muni d’un réducteur qui fait tourner, avec un faible couple
intéressant pour la sécurité ou la régulation. La précision terminale et une vitesse de rotation de l’ordre de quelques tours/min, une
(1 %) est obtenue au bout de quelques secondes. La température palette ou une roue à ailettes. Quand le produit monte et vient au
du milieu, facteur perturbateur (résistance globale du fil de platine) contact de la partie en rotation, le mouvement est freiné ou arrêté.
pris en compte par une autre sonde, intervient à titre de correction. Un limiteur interne de couple actionne alors un contact d’alarme et
Depuis, cette méthode a trouvé, hors du domaine nucléaire, stoppe le moteur. Si le produit redescend, la palette se trouve
quelques applications pour lesquelles il n’existait pas de bonne débloquée et le limiteur désactivé fait repartir le moteur, libérant le
solution : mesure de niveau vrai, hautes pressions, mesures de très contact d’alarme.
grande fiabilité, liquides cryogéniques, etc. Le système existe pour montage latéral, et pour montage en toit.
Dans ce dernier cas, l’élément de contact rotatif peut être situé à
l’extrémité d’un câble relié à la sortie du réducteur.
3.4.4 Détecteurs pour liquides cryogéniques Ces appareils permettent une grande facilité d’implantation en
toutes orientations avec un choix de palettes adaptées aux produits,
Quelques solutions spécifiques existent pour le contrôle des en exécution étanche, antidéflagrante.
liquides cryogéniques :
Les roues ou palettes installées, notamment en partie basse,
— détection de l’hélium (4 K) : dissipation thermique avec sonde exigent d’être protégées de la chute des produits par un auvent
de carbone 100 Ω à température ambiante ; interne. Les systèmes à câble demandent une structure de toit
— détection de l’hydrogène (20 K), de l’oxygène, de l’azote, etc. : capable de résister à l’effort de traction induit par le frottement lors
diode AsGa, silicium (il s’agit d’une mesure de température). de l’extraction du produit.

4.2 Détecteur à membrane


Il consiste en une membrane (figure 75) affleurant la paroi d’un
silo, d’un diamètre de l’ordre de 100 à 200 mm et réalisée en élasto-
mère particulièrement résistant à l’abrasion. Lorsque le produit vient
au contact avec le diaphragme, la pression appliquée fait reculer ce
dernier et actionne un microrupteur. Quand le produit redescend,
il libère le diaphragme et désactive le microrupteur. C’est la version
pour solides en vrac du diaphragme utilisé pour la mesure des pres-
sions hydrostatiques des liquides, mais l’imprécision n’autorise ici
que la détection de niveau.

Figure 73 – Mesure continue de niveau par transducteur thermique


(doc. Framatome)

Figure 74 – Détecteur à palette rotative (doc. Auxitrol)

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Figure 75 – Détecteur à membrane pour solides (doc. Auxitrol)

Un ajustement de sensibilité permet d’adapter le dispositif à la


nature du produit contrôlé (pulvérulents, granulés, etc.).
Le positionnement sur des parois de trémies non verticales est
possible mais exige que l’on considère la fluidité du milieu (risques
de colmatage).

4.3 Détecteur à boule Figure 76 – Détecteur pendulaire (doc. Auxitrol)

Il existe au moins un système sur le marché (Auxitrol), trans-


position pour les solides en vrac du détecteur à flotteur latéral pour
les liquides, et comportant une boule articulée au bout d’une tige 5. Tableau comparatif
passant à travers un diaphragme en néoprène. Une telle solution
exige un produit relativement lourd et coulant bien.
Les températures d’utilisation vont de – 55 à 85 oC. La pression Le tableau 4 pour les appareils de mesure de niveau liquide et
doit être inférieure à 2 bar. liquide ou solide, pour les appareils de détection de niveau de
solides) indique les différentes propriétés des procédés de mesure
et de détection des niveaux. On distingue la mesure (l’appareil
indique la valeur du niveau mesuré) et la détection (l’appareil
4.4 Détecteur pendulaire renseigne sur la présence d’un niveau liquide ou solide et fournit
un signal logique).
Une sorte de poire en fonte est suspendue à une chaîne ou à un
(0)
câble au-dessus de l’endroit où s’accumule le produit. Lorsque ce
dernier parvient à sa hauteur, la poire perd sa verticalité, et une bille
métallique qui est logée au cœur se déplace et actionne un micro-
rupteur. La poire peut être munie d’ailettes ou d’extensions destinées
à faciliter le basculement. Elle se trouve particulièrement bien placée
en talus (figure 76), et convient pour le vrac lourd (betteraves).

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NIVEAUX _____________________________________________________________________________________________________________________________

Tableau 4 – Caractéristiques des différentes méthodes de mesure et de détection des niveaux


Mesure Détection Caractéristiques du milieu
Milieu Méthode
Précision
Étendue Précision (1) Pression Température Corrosion Colmatage Viscosité
(1)
Pas Pas Pas Pas
Jauge manuelle de Celle Atmosphérique < 100 oC
des mesures géométriques de de de
limite limite problème problème

Pesage Limite des Celle Indifférente Indifférente Système Surcharge Système


pesages des mesures pondérales indifférent indifférent
Radioisotopes
— Geiger-Müller ............... ............... Quelques cm
Indifférente Indifférente Système Occultation Système
— chambre d’ionisation <1m Quelques cm indifférent possible indifférent
1 % PE
— compteur à scintillation < 10 m < 1 mm
Optique Limitée par la
résistance des
— occultation ............... ............... Quelques mm hublots Des Attaques par
températures les solutions
— prisme cryogéniques alcalines Système Système
1 mm 1/10 mm Quelques sensible sensible
<3à4m à chaudes et
— lyre 1 cm Quelques mm bars 100 oC ion fluor
— fibre optique ............... ............... 1/10 mm < 100 bar
Capacité électrique
Vide Gamme Système
— compact ............... ............... Quelques cm < 100 oC de métaux souvent Système
à 100 bar sensible
disponibles sensible
— tige ou câble < 10 m 1 % PE
LIQUIDES
OU Ultrasons
SOLIDES Rare
Quelques Quelques Gamme
— montage en toit < 40 m ............... < 100 oC de métaux Système
cm bars indifférent
disponibles
Quelques
— lyre ou compact <3à4m cm Quelques cm Possible

Micro-ondes Limitée par la


résistance du Indifférente Système Occultation
— occultation ............... ............... Quelques cm indifférent possible Système
réservoir indifférent
— montage en toit < 30 m 1 mm ............... Atmosphérique < 100 oC Rare Rare
Lames vibrantes ............... ............... Gamme Sensible
Quelques cm Atmosphérique < 100 oC de métaux Système
Tige vibrante ............... ............... Moins indifférent
disponibles sensible

Quelques Système
Palpage < 50 m Rare Atmosphérique < 100 oC Rare Peu peu
cm sensible
sensible

Conductivité Rare Gamme


1 mm 1 mm < 400 bar < 100 oC de métaux Colmatants Système
électrique <3m conducteurs sensible
disponibles

Système Colmatants Système


Inductance ............... ............... 1 cm Indifférente Indifférente indifférent
épais et peu
conducteurs sensible
(1) PE : pleine échelle. (2) NH : en niveau haut, NB : en niveau bas.

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____________________________________________________________________________________________________________________________ NIVEAUX

Tableau 4 – Caractéristiques des différentes méthodes de mesure et de détection des niveaux (suite)
Mesure Détection Caractéristiques du milieu
Milieu Méthode
Précision
Étendue Précision (1) Pression Température Corrosion Colmatage Viscosité
(1)

Indication Gamme
Quelques m 1 mm ............... < 500 bar < 400 oC de matériaux Salissement Système
directe sensible
disponibles
Flotteur ou plongeur
— flotteur à câble ou tambour < 40 m 1 cm ............... < 30 bar  o
 < 100 C Gamme Colmatage Parfois
— flotteur asservi < 40 m 2 mm ............... < 10 bar  sensible
de matériaux possible selon
— systèmes magnétiques <3m 1 cm 1 cm < 800 bar < 400 oC disponibles les systèmes selon
système
— détecteur à poire ............... ............... 5 cm Atmosphérique < 50 oC

LIQUIDES — transmetteur à plongeur <3m 1 % PE ............... < 200 bar < 200 oC
Pression Liaisons et
connexions
Gamme sensibles Peu de
— bourdon, soufflet de 10 mm Indifférente sauf
— membrane Usuellement de métaux Membrane problèmes
à 1 ‰ PE 1 % PE < 1 000 bar pour systèmes disponibles
— membrane affleurante 10 km immergés affleurante, sauf basses
— membrane à extension (séparateur) extension, échelles
— immergeable immergeable,
peu sensibles
Gamme
Dissipation thermique <6m 1 % PE 1/2 cm Indifférente Indifférente de métaux Système Un peu
si stable sensible sensible
disponibles
Interface
Accessibilité
Liquide/Liquide Protections Signal Niveau
sous à pression atmosphérique en milieu de de Observations
Détection Mesure pression explosible sortie prix
NH (2) NB (2)

Difficile Difficile Difficile Oui Non ................. ................. Bon Exploitation et maintenance rustiques.
marché Incompatibilité avec une gestion moderne.
Hauteur manométrique. Tous systèmes
dynamométriques conviennent.
Difficile Difficile Totale Oui Oui Toutes Électrique Moyen à cher Nombreux interférants : tare, réactions
tuyauteries, vents, neige, etc...
Possible
(dépend de Difficile Niveau géométrique.
l’épaisseur mais Totale Oui Oui Toutes Électrique Élevé (mesure) Sujétions de sécurité, de maintenance :
de couche et possible manipulation des sources radioactives.
de ∆d )
Difficile Difficile
Niveau géométrique.
Existe Existe Non Oui Oui Toutes Électrique Moyen Sujétions de salissement.
Difficile Difficile
Oui Non Sécurité Peu
Difficile Difficile Non intrinsèque Électrique élevé Niveau géométrique.
Oui Oui possible
Oui Oui Niveau géométrique.
Difficile Difficile Non Toutes Électrique Moyen Sensibilité au poussiérage.
Oui Non Traitement.
Oui Niveau géométrique.
Non Non Oui Oui Toutes Électrique Élevé Mesure par occultation sur réservoirs non
Non métalliques.
Non Non Non Oui Non Toutes Électrique Moyen Niveau géométrique.
Niveau géométrique.
Non Non Non Oui Non Toutes Électrique Moyen Plusieurs technologies de palpeur.
Sensibilité à l’éboulement de talus.
(1) PE : pleine échelle. (2) NH : en niveau haut, NB : en niveau bas.

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NIVEAUX _____________________________________________________________________________________________________________________________

Tableau 4 – Caractéristiques des différentes méthodes de mesure et de détection des niveaux (suite)
Interface
Accessibilité
Liquide/Liquide Protections Signal Niveau
sous à pression atmosphérique en milieu de de Observations
Détection Mesure pression explosible sortie prix
NH (2) NB (2)

Oui Oui Niveau géométrique sur milieux


Sécurité Peu conducteurs.
eau/hydro- eau/hydro- Non Oui Non intrinsèque Électrique élevé Mesure sur liquide cryogénique (< 4 K) par
carbures carbures supraconductivité.
Niveau géométrique sur milieux
Oui Oui Non Oui Oui Sécurité Électrique Peu conducteurs.
intrinsèque élevé Détecteur de proximité placé hors
réservoir.

Oui Oui Oui Oui Oui Néant Néant Variable Niveau géométrique et hauteur
avec vannes avec vannes avec vannes manométrique.

Oui Pneumatique, Très Niveau géométrique, mais erreur introduite


variable par la variation d’enfoncement du flotteur
Possible Difficile avec Oui Non Toutes électrique selon ou du plongeur (densité).
vannes autonome performances Grande variété de modèles.

Très Hauteur manométrique.


Oui Oui Pneumatique, Problème de compensation de pression de
Difficile Difficile avec Oui avec Toutes électrique variable toit (colonne de référence).
vannes vannes autonome selon Grande variété de modèles et de solutions.
performances Bullage - Instillation de liquide.

Niveau géométrique.
Difficile Difficile Non Oui Non Sécurité Électrique Moyen Précision variant avec la vitesse
intrinsèque d’évolution du niveau.
Caractéristiques du milieu Accessibilité

à pression Protection Signal Niveau


Détection
Milieu Méthode atmosphérique en milieu de de Observations
Précision Tempé- sous
Pression Corrosion Colmatage explosible sortie prix
rature pression
NH NB (2)
(2)
Palette
rotative Quelques cm Néant

Pendu- Niveau
laire géométrique
Mem-
SOLIDES brane Atmo- Petite
1 dm sphé- < 100 oC gamme de Possible Non Oui Non Sécurité Électrique Peu
rique matériaux intrinsèque élevé Niveau
disponibles géométrique
Boule pour produits
lourds coulant
bien.
(1) PE : pleine échelle. (2) NH : en niveau haut, NB : en niveau bas.

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P
O
U
Niveaux R

E
par Michel RICHARD
Ingénieur de l’École Nationale Supérieure de Céramique Industrielle
N
Bibliographie
ASCH (G.) et coll. – Les capteurs en instrumentation
S
industrielle. 2e éd., Dunod (1992).
Capteurs. Tome 6 : Débit. Niveau. Éditions Kirk (1991).
A
GILLUM (D.R.). – Industrial level, pressure, and
density measurement. ISA Instruments Society of
America, 2e éd. (1995).
V
O
Normalisation
I
Norme française Normes allemandes R
Association française de normalisation AFNOR Deutsches Institut für Normung eV DIN
NF M 61-002 12-84 Sources radioactives scellées. Généralités et classifi- DIN 7080 5-92 Runde Schauglasplatten für Druckbeanspruchung bei
cation (éq. ISO 1677 et 2919). Temperaturen bis 280 oC (300 oC), ohne Begrenzung im
Norme internationale
International Organization for Standardization ISO
Tieftemperaturbereich.
Pressure resistant circular sight glasses for tempera-
tures up to 280 oC (300 oC), without limitation in the
P
ISO 2919 1980 Sources radioactives scellées. Classification.
DIN 7081 8-75
range of low temperature.
Lange Schauglasplatten für Druckbeanspruchung bei
Temperaturen bis 243 oC (280 oC), ohne Begrenzung im
L
Tieftemperaturbereich.
Pressure resistant oblong sight glasses for tempera-
tures up to 243 oC (280 oC), without limitation in the
U
range of low temperature.
S
Constructeurs. Fournisseurs
(liste non exhaustive)

Le tableau suivant présente les constructeurs et fournisseurs, classés


suivant les systèmes de mesure.
6 - 1997
Doc. R 2 010

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est strictement interdite. − © Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle Doc. R 2 010 − 1
U

U
O
V
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P
E
L

I
(0)

Doc. R 2 010 − 2

NIVEAUX _____________________________________________________________________________________________________________________________
Systèmes de mesure : Rubriques
Constructeurs.
Fournisseurs
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 74 75 76 77 78 79

ABB
● ● ● ● ● ●
Instrumentation
Acal Auriema
(Constructeur :
Unimesse ● ● ●
Messtechnische
Geräte)
AIRAP ● ●

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie


est strictement interdite. − © Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle Alma ● ●

AMC (Atelier
Mécanique ● ● ●
de Clamart)
AMO (Atelier
● ● ● ● ● ● ● ●
Montage Outillage)
A Puissance 3 ●

ARM (Appareils
et Réalisations ● ● ● ● ● ●
Mécaniques)
ATMI
(Applications
Techniques ●
Modernes
Industrielles)
Automation 2000 ●

Automation ●
Products Inc.
Automatisme ● ●
et Contrôle
Automatismes ● ●
appliqués (Les)
Auxitrol ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ●

Baelz Automatic ●

Bamo Mesures ● ● ● ● ● ● ●

Ben ● ●

Beri ● ● ●

Berthold France ● ● ●

Bourdon Sedeme ● ●

Bristol - Meci ● ●

BTG (Zellweger ●
Analytics)
Bullier

International
Burkert

Contromatic
Callisto ●

Chauvin Arnoux ●

(1) Elsag Bailey Hertmann et Braun regroupe les activités de l’ex-société Hartmann et Braun, mais aussi celles de l’ex-société OTIC Fischer et Porter.
____________________________________________________________________________________________________________________________
Systèmes de mesure : Rubriques
Constructeurs.
Fournisseurs
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 74 75 76 77 78 79

CIEMA
(Construction
Industrielle ● ● ● ● ●
d’Électronique
et de Matériel
Automatique)
CITA (Capteurs
Instrumentation

Techniques
Associés)
COMEUREG
(Cie Européenne
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie


de Régulation)
est strictement interdite. − © Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle

Danfoss ● ●

Delmo - Delsecco
et Cie ● ● ● ● ● ● ● ●
(Appareillages)
Deltalab ●

Desgranges ● ● ●
et Huot
DIAPE (Distribution
Internationale

d’Appareillage
Professionnel)
DIFE (Diffusion
Industrielle France ● ● ● ● ● ●
Export)
Ditel France ●

Druck ●

Dwyer Instruments ● ● ●
(Mercolo)
EEM Action ●
Technologies
Effa Études ● ● ●

Electronic ●
Services
Elesta ● ● ●

Elitec
Technologies
d’Automatismes ●
(Constructeur : SIE
Sensorik)
Elsag Bailey
(Hartmann ● ● ●
et Braun) (1)
Endress et Hauser ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ●
Doc. R 2 010 − 3

Enraf Nonius
● ● ● ● ● ● ● ●
France
Équipements
Scientifiques

(Constructeur :
Riegl)

NIVEAUX
Eurisys ● ●

(1) Elsag Bailey Hertmann et Braun regroupe les activités de l’ex-société Hartmann et Braun, mais aussi celles de l’ex-société OTIC Fischer et Porter.
U

U
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L

I
U

U
O
V
S

P
E
L

I
Doc. R 2 010 − 4

NIVEAUX _____________________________________________________________________________________________________________________________
Systèmes de mesure : Rubriques
Constructeurs.
Fournisseurs
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 74 75 76 77 78 79

Euro Air
Instruments
(Honsberg)
Eurojauge ● ● ● ● ● ● ● ●

Euromatest Sintco
(Constructeur : ● ●
Spriano)
Fafnir Airindex ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ●

Fget Dahan ●

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie


est strictement interdite. − © Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle Flutec ● ● ● ●

Flygt France ●

Foxboro France ● ● ● ● ●

Framatome
● ● ●
division Optofra
GEC Composants
● ● ●
(Besta)
Gemu ●

Gestra ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ●

Gore W.L.
● ●
et Associés
Hanna Instruments

France
Hectronic ●

Honeywell ● ● ●

IC Mesures ● ● ●

Imo Trans-
instruments
● ● ● ● ●
(Constructeur :
Weka)
Instruments
et Controls
(Const. : ITT Barton ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ●
Process
Instruments
and Controls)
Iteca ● ● ● ● ● ● ●

Jetly ●

JMC
Environnement ● ●
(MJK Danemark)
Jola ● ● ● ●

Jumo Régulation ●

Keller Métrologie ● ● ● ● ●
de la Pression
Keystone ● ● ● ● ● ● ● ● ●
(Marque : Yarway)
Kobold ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ●
Instrumentation
(1) Elsag Bailey Hertmann et Braun regroupe les activités de l’ex-société Hartmann et Braun, mais aussi celles de l’ex-société OTIC Fischer et Porter.
____________________________________________________________________________________________________________________________
Systèmes de mesure : Rubriques
Constructeurs.
Fournisseurs
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 74 75 76 77 78 79

Krohne ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ●

Kubler France ● ● ● ● ● ● ●

Lafon ● ●

LASE Techniques

laser
Magnétrol ● ● ● ● ● ● ●

MAIR Mesures
(Great Lake
● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ●
Instruments,
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Bindicator)
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Masoneilan div.
de Dresser Pro- ●
duits Industriels
MDT (Mesure
● ● ●
de Traces)
Mesa ● ●

Mesure Process ● ● ● ● ●

Mesureur ● ●

Milltronics ● ● ●

MIP Platon
(Marine Industrie ● ● ● ● ● ●
Pétrole)
Mobrey (KDG
● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ●
Houdec)
MRPI ●

Ohmart
(Distributeur : Beta ● ● ● ●
Mecobel)
Omega Dynamic ● ●

Ott France ● ● ● ●

Pepperls et Fuchs ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ●

Pfaudler Werke AG ●

Philips Industrielle
et Commerciale ● ● ● ●
(Service PMA)
Photonetics ● ●

Pix electrical
● ●
Co. Ltd
Platon ● ● ●

Protais ● ● ● ● ● ● ●

Radarson ● ●
Doc. R 2 010 − 5

Régulateurs
● ●
Georgin
Rinkal
(Constructeur : ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ●
Hopkinsons)

NIVEAUX
Rio Instruments ●

(1) Elsag Bailey Hertmann et Braun regroupe les activités de l’ex-société Hartmann et Braun, mais aussi celles de l’ex-société OTIC Fischer et Porter.
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U

U
O
V
S

P
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L

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Doc. R 2 010 − 6

NIVEAUX _____________________________________________________________________________________________________________________________
Systèmes de mesure : Rubriques
Constructeurs.
Fournisseurs
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 74 75 76 77 78 79
ROGO (Robert ●
Goetz et Cie)
Rosemount ● ● ●

Samson ● ●
Régulation
Sanor (Marque : ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ●
Merkens Igema)
Sart ● ● ● ● ● ● ● ● ●

Scaime ● ● ●

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Schlumberger
Industries
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SDMI (Service
Diffusion de
● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ●
Matériel Industriel)
(Mobrey)
Sert ●

Servo ●

Siccom ● ●

Sick Optique ● ●
Electronique
Sika France ●

Siemens ● ● ●

Socla ●

SOCOFRI (Sté de
Commercialisation
et de Fabrication ●
de Robinetterie
Industrielle)
SRL ● ●

Syrelec Crouzet ● ●
Automatisme
TBT (Très Basses
● ● ●
Températures)
Tecfluid France ● ● ● ● ● ●

Techmation
(Constructeur :
● ● ● ● ● ● ●
Manning
Technologies)
Tepi Systèmes ●

Tripette et Renaud ● ● ● ●

Trouvay et Cauvin
(Constructeur : ● ● ● ● ● ● ● ● ●
Klinger)
Ultraflux ● ●

Valmet Automation
● ● ● ●
France
Vega Technique ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ●

Vogtlin (züllig) ● ● ● ● ●

Whessoe ● ● ● ● ●

Yokogawa
● ●
Contrôle Bayley
(1) Elsag Bailey Hertmann et Braun regroupe les activités de l’ex-société Hartmann et Braun, mais aussi celles de l’ex-société OTIC Fischer et Porter.
(0)

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Liste des rubriques niveaux

1 Jauge manuelle : tige, ruban, sabre, échelle, toise, pige, etc. 41 Indicateur de niveau utilisant un empilage de petits hublots, notamment pour les hautes pressions.
2 Jauge manuelle approuvée par le Service de métrologie (ministère de l’Industrie et de la Recherche). 42 Indicateur de niveau à glaces avec effet prisme noir/blanc ou rouge/vert pour amélioration de la visibilité.
3 Tous capteurs de masse, poids ou contraintes : aricles Pesage [R 1 730] [R 1 740] [R 1 750]. 43 Indicateur de niveau utilisant quelques feuilles de mica de glaces (chaudières haute pression).
4 Conteneurs de radio-isotopes approuvés par le ministère de la Santé. 44 Indicateur de niveau employant un tube de verre ou de plastique transparent.
5 Détecteurs à tube de Geiger-Müller. 45 Indicateur de niveau consistant en un hublot ou un manchon en verre.
6 Mesure en continu obtenue par juxtaposition verticale de tubes de Geiger-Müller. 46 Éclairage antidéflagrant (ou non) améliorant la visibilité d’un indicateur de niveau.
7 Mesure en continu utilisant une chambre d’ionisation de hauteur adéquate 47 Détecteur de niveau à flotteur, à transmission magnétique ou mécanique.
8 Mesure en continu utilisant un photoscintillateur de hauteur adéquate. 48 Détecteur de niveau avec flotteur coulissant sur un tube guide, généralement à transmission magnétique.
9 Détecteur utilisant une méthode optique dans l’ultraviolet, le visible, ou l’infrarouge. 49 Jauge asservie avec flotteur, câble, tambour, éventuellement avec cadran et télé-transmission.
10 Détecteur utilisant la variation de l’indice de réfraction dans un prisme. 50 Jauge asservie avec flotteur, câble, tambour approuvée par le Service de métrologie.
11 Mesure asservie en continu utilisant un prisme ou un autre système de détection. 51 Jauge spécialisée pour la mesure des niveaux des réservoirs à toit flottant.
12 Mesure ou détection employant la fibre optique comme conducteur de lumière. 52 Détecteur spécialisé pour les réservoirs à toit flottant.
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13 Mesure en continu employant un faisceau laser, notamment sur vrac, verre et métaux fondus. 53 Détecteur à flotteur ou plongeur utilisant la flexion d’un tube métallique.
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14 Détecteur utilisant l’effet capacitif. 54 Détecteur avec un flotteur ou poire en élastomère ou en plastique basculant à la montée du liquide.
15 Mesure en continu employant l’effet capacitif. 55 Détecteur à plongeur soulagé par un ressort généralement à transmission magnétique.
16 Détecteur utilisant un émetteur ultrasonique ou sonique. 56 Indicateur exploitant un jeu vertical de palettes ou de billes bicolores pivotant sous l’action d’un flotteur.
17 Mesure en continu utilisant un émetteur ultrasonique ou sonique. 57 Indicateur exploitant le mouvement d’un ludion mû par un flotteur magnétique.
18 Détection ou mesure asservie en continu employant un système émetteur-récepteur ultrasonique en opposition. 58 Détecteur à flotteur et transmission mécanique ou magnétique par bras articulé.
19 Détecteur ou mesure asservie en continu utilisant un système émetteur-récepteur ultrasonique très compact. 59 Détecteur souvent autonome évitant le suremplissage des réservoirs.
20 Dispositif portatif utilisant un émetteur ultrasonique pour une mesure en continu. 60 Transmetteur à plongeur à tube de flexion ou de torsion, élément de boucle de régulation.
21 Détecteur utilisant un système à rayonnement radio ou hyperfréquences. 61 Indicateur avec flotteur, tube guide, câble, tambour et cadran local.
22 Mesure en continu utilisant un faisceau de micro-ondes réfléchi. 62 Tous dispositifs à flotteur non cités dans les autres rubriques.
23 Détecteur ou mesure asservie en continu utilisant la vibration d’un jeu de lames. 63 Séparateur à membrane indépendant susceptible d’être employé avec un capteur de pression.
24 Détecteur ou mesure asservie en continu utilisant la vibration d’une tige unique. 64 Détecteurs, transmetteur de pression relative, absolue, différentielle utilisé en mesure de niveau.
25 Mesure asservie en continu utilisant un palpeur sur les produits en poudre, granulés, vrac. 65 Transmetteur de pression comportant une membrane affleurante à la paroi du réservoir.
26 Mesure asservie en continu utilisant un flotteur comme palpeur sur les liquides. 66 Transmetteur comportant une membrane en extension compensant la longueur de tubulure pour l’affleurement.
27 Détecteur utilisant la variation de conductivité des liquides (et, plus rarement, des solides). 67 Transmetteur susceptible d’être immergé dans le milieu (notamment à grande profondeur).
28 Mesure en continu utilisant un système conductif. 68 Jauge autonome transmettant à distance (quelques dizaines de mètres) sans fluide auxiliaire.
29 Mesure utilisant un ou plusieurs détecteurs conductifs sur un ballon de chaudière (éventuellement haute pression) 69 Transmetteur à membrane élaborant un signal pneumatique recopiant la pression locale.
30 Mesure asservie en continu portative utilisant un détecteur conductif. 70 Dispositif utilisant l’injection d’air comprimé (ou de gaz) en bullage en guise de séparateur milieu/capteur.
31 Mesure en continu pour liquides cryogéniques très basse température. 71 Détecteur utilisant l’effet de dissipation thermique (certains capteurs de température peuvent convenir).
32 Fournisseurs de glaces de niveaux, disques de hublots, tubes, manchons en verres spécialisés. 72 Mesure en continu utilisant l’effet de dissipation thermique.
33 Indicateur de niveau à glaces à transparence. 73 Détecteur utilisant la mesure du couple d’un élément rotatif freiné par la montée du produit.
34 Indicateur de niveau à glaces à réflexion. 74 Détecteur comportant une poire munie d’un contact interne agissant en cas de basculement (solides).
35 Indicateur de niveau à glaces pour utilisation hautes pressions et hautes températures. 75 Détecteur comportant un contact placé derrière une membrane ployant sous la poussée d’un pulvérulent.
36 Indicateur de niveau à glaces à large chambre pour liquides en ébullition. 76 Détecteur comportant une boule soulevée par la montée du flux du solide en vrac.
37 Indicateur de niveau à glaces à souder sur jupe ou fond de réservoir. 77 Mesure en continu placée sur un déversoir de liquide à ciel ouvert pour l’évaluation du débit.
38 Indicateur de niveau à glaces à visibilité continue. 78 Régulation souvent autonome comportant un ensemble organe de mesure/organe de contrôle de niveau.
39 Indicateur de niveau à glaces pour emploi sur la vapeur (notamment haute pression). 79 Autre matériel de contrôle de niveau.
40 Indicateur de niveau à glaces pour lecture à distance.
Doc. R 2 010 − 7

NIVEAUX
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