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Détermination Du Débit Des Fluides Par Intégration Du Champ Des Vitesses

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Détermination du débit des fluides

par intégration du champ des vitesses

par Francis DUPRIEZ


Ingénieur de l’Institut Industriel du Nord de la France
Ingénieur de recherche, ONERA Lille

1. Principe de la méthode d’intégration ................................................ R 2 210 - 2


1.1 Principe général ........................................................................................... — 2
1.2 Écoulements permanents ........................................................................... — 2
1.3 Écoulements pulsés de période T .............................................................. — 2
1.4 Écoulements lentement variables (relativement au temps global
de mesure) ................................................................................................... — 2
1.5 Intégration spatiale...................................................................................... — 2
2. Écoulement de liquide à surface libre ............................................... — 2
2.1 Exécution des mesures ............................................................................... — 2
2.1.1 Choix de la section de mesure .......................................................... — 2
2.1.2 Répartition des points de mesure ..................................................... — 3
2.1.3 Durée de la mesure ............................................................................ — 3
2.2 Calcul du débit ............................................................................................. — 3
2.2.1 Intégration du champ des vitesses ................................................... — 3
2.2.2 Méthodes faisant appel à un nombre réduit de points de mesure — 4
2.3 Précision ....................................................................................................... — 4
3. Écoulement d’un fluide en conduite................................................... — 4
3.1 Exécution des mesures ............................................................................... — 4
3.1.1 Choix de la section de mesure .......................................................... — 4
3.1.2 Appareillage et mode opératoire ...................................................... — 5
3.1.3 Répartition des points de mesure ..................................................... — 5
3.2 Calcul du débit ............................................................................................. — 6
3.2.1 Intégration du champ des vitesses en conduite circulaire.............. — 6
3.2.2 Intégration du champ des vitesses en conduite rectangulaire ....... — 8
3.3 Précision ....................................................................................................... — 9
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. R 2 210

our mesurer le débit d’un fluide (liquide ou gaz) s’écoulant dans une conduite
P ou un chenal, une méthode globale est utilisée chaque fois que cela est
possible. Bien que ces méthodes soient nombreuses, il n’est pas toujours pos-
sible d’en trouver une qui convienne ni de pouvoir l’utiliser. C’est notamment
le cas des conduites fermées ou des chenaux de grandes dimensions, mais aussi
1 - 1992

celui des conduites pour lesquelles il n’est pas possible, pour diverses raisons,
d’insérer un débitmètre. Il est alors nécessaire d’effectuer un relevé des vitesses
et de calculer le débit par intégration.
Les dispositifs, capteurs et méthodes pour la mesure des vitesses, sont décrits
dans l’article Mesures locales de vitesse dans un fluide [R 2 110].
R 2 210

Le présent article se propose d’exposer les règles à suivre dans l’exécution


des mesures et le calcul du débit. Ces règles sont prescrites dans un certain
nombre de normes françaises et étrangères auxquelles le lecteur pourra se référer
à la documentation [Doc. R 2 210].

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© Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle R 2 210 − 1
DÉTERMINATION DU DÉBIT DES FLUIDES PAR INTÉGRATION DU CHAMP DES VITESSES _____________________________________________________________

1. Principe de la méthode Si la période T évolue autour d’une valeur centrale T 0 , le temps


d’intégration est défini en fonction de la courbe T – T 0 = f (t ) et de
d’intégration la précision souhaitée.

1.1 Principe général 1.4 Écoulements lentement variables


(relativement au temps global de mesure)
Soit un fluide incompressible et homogène, ou pouvant être
considéré comme tel (à titre d’exemple, au-dessous d’une vitesse S’il peut être établi expérimentalement que la répartition norma-
moyenne, pour l’air, de 70 m/s), le débit-volume moyen Q vm lisée des vitesses est conservée, le choix d’un point de normalisation
traversant une section S de l’écoulement est obtenu par intégration étant établi, le débit moyen peut s’exprimer en fonction de la vitesse
spatio-temporelle : moyenne au point O de normalisation sous la forme :

   V mi ( t j , ∆t )
t + ∆t i=n

Q vm ( t, ∆t ) =
S
1
--------
∆t t
V dt dS Q vm ( t, ∆t ) = V m O ( t, ∆t ) ∑
i=1
------------------------------------ ∆S i
V mO ( t j , ∆t )

Qvm (t, ∆t ) débit moyen entre les instants t et t + ∆t,



avec t j + ∆t
1

t + ∆t avec VmO (tj , ∆t ) = -------- V O dt vitesse moyenne au point O
1 ∆t tj
-------- V dt vitesse moyenne, entre les instants t et t + ∆t,
∆t t
du fluide traversant orthogonalement l’aire
de normalisation, mesurée à partir du temps tj ,


t j + ∆t
élémentaire dS. 1
Vmi (tj , ∆t ) = -------- V i dt vitesse moyenne au point
Cette définition implique la connaissance du champ des vitesses ∆t tj
moyennes, le long de la surface S, pris à partir d’une même origine d’indice i correspondant à l’aire élémentaire ∆Si ,
des temps et pendant le même temps d’intégration ∆t. Cette mesure mesurée à partir du temps tj avec un intervalle
simultanée des diverses valeurs moyennes de la vitesse n’est d’intégration ∆t.
possible que si l’on possède autant de capteurs que de points de
mesure et une capacité d’enregistrement simultané. En dehors de Le débit moyen pendant le temps global de mesure est égal à la
cette possibilité, lorsqu’il est nécessaire de déplacer le ou les cap- moyenne des débits moyens mesurés avec les intervalles
teurs de mesure, la méthode de calcul du débit par intégration ne d’intégration ∆t.
peut s’appliquer qu’aux écoulements permanents, aux écoulements
pulsés (de période T ) et aux écoulements lentement variables.
1.5 Intégration spatiale
1.2 Écoulements permanents Le problème de la mesure des vitesses moyennes représentatives
de l’écoulement étant résolu, l’intégration spatiale s’effectue le plus
Les vecteurs vitesses dans ces écoulements sont indépendants du souvent analytiquement. Cette technique suppose que la distribu-
temps et uniquement fonction des coordonnées géométriques des tion des vitesses suit une loi particulière. La vitesse moyenne est
points d’application. Cela entraîne que l’intégration est uniquement alors donnée par une combinaison linéaire des vitesses moyennes
spatiale : locales mesurées en des points prédéterminés de l’écoulement,
définis en fonction de la loi de distribution choisie.
Q vm =  S
V dS Les méthodes analytiques ou arithmétiques ne demandent qu’un
nombre limité de points de mesure et leur précision est souvent
Ces conditions idéales existent rarement et, le plus souvent, les suffisante.
écoulements sont permanents en moyenne, c’est-à-dire que la De manière générale, la précision obtenue sur la mesure du débit
notion de mouvement permanent est liée au temps d’intégration ∆t dépend essentiellement, en dehors de la qualité des capteurs de
défini comme suit : mesure de vitesse, de la connaissance de l’écoulement par le temps
d’intégration, de la prise ou non d’une mesure de référence servant
 
t 1 + ∆t t 2 + ∆t
1 1 à normer l’ensemble des mesures, de la répartition des vitesses dans
-------- V dt = -------- V dt la section de mesure, de la finesse de l’exploration dans les zones
∆t t1 ∆t t2
à fort gradient de vitesse.
quels que soient t 1 et t 2 .
Le temps d’intégration ∆t est déterminé expérimentalement et
dépend de la précision de mesure souhaitée.
2. Écoulement de liquide
1.3 Écoulements pulsés de période T
à surface libre
Pour ces écoulements, la vitesse moyenne est définie par : 2.1 Exécution des mesures


t+T
1 2.1.1 Choix de la section de mesure
V m ( t,T ) = ----- V dt
T t
Pour que la mesure du débit soit aussi précise que possible, la
Expérimentalement, on prendra comme temps d’intégration un section de mesure sera choisie, autant que faire se peut, telle que :
multiple de la période propre T de l’écoulement, le temps minimal — les vecteurs vitesses soient pratiquement normaux à la section
étant de deux fois la période. de mesure ;
— la répartition des vitesses soit la plus régulière possible ;
— les dimensions géométriques soient correctement définies.

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_____________________________________________________________ DÉTERMINATION DU DÉBIT DES FLUIDES PAR INTÉGRATION DU CHAMP DES VITESSES

Pratiquement, on s’attachera à respecter les points suivants : points de mesure adjacents. Cela implique que les verticales de
— le chenal doit être quasi rectiligne sur une longueur égale à mesure seront plus serrées au voisinage des rives et que, sur une
dix fois sa largeur (si la longueur du tronçon est limitée, la section même verticale de mesure, les points seront plus rapprochés vers le
de mesure sera placée au tiers aval), de section et de pente fond. Dans un canal artificiel à section rectangulaire, les points de
constantes ; mesure pourront être placés comme l’indique la figure 1 ; les dis-
— le profil en travers doit être régulier ; tances a et b des capteurs (dans ce cas, des moulinets sont tout à fait
— la section doit être exempte de vase ou de végétation indiqués) extrêmes aux parois peuvent être d’environ 0,75 fois le dia-
aquatique ; mètre de l’hélice du moulinet.
— les mesures en écoulement divergent doivent être absolu-
ment évitées ainsi que celles qui pourraient être réalisées dans des
zones de vortex, de courants de retour ou d’eaux mortes. 2.1.3 Durée de la mesure
Dans le cas d’une station de jaugeage, où il est recherché une loi
donnant le débit en fonction de la hauteur d’eau au point de jauge, En chaque point, la durée de mesure doit être égale au temps
le profil des fonds devra être très stable. d’intégration qui est lui-même déterminé expérimentalement en
fonction des macro-turbulences de l’écoulement. L’habitude veut
S’il n’est pas possible de trouver une section où la répartition de que cette durée soit au moins égale à 30 secondes, mais cette règle
vitesse soit satisfaisante, on l’améliorera en installant en amont est souvent sujette à dérogation.
des pertes de charge de tranquillisation.

2.1.2 Répartition des points de mesure 2.2 Calcul du débit


Diverses répartitions des points de mesure sont proposées. 2.2.1 Intégration du champ des vitesses
Chaque mesure est cependant un cas d’espèce, et il est impossible
d’édicter des règles absolues. Le nombre de points de mesure À partir de la valeur mesurée de la vitesse moyenne en chaque
dépend principalement de l’importance de la section mouillée, de j
point V mi le calcul du débit peut se conduire de la façon suivante
la forme du profil en travers, de la répartition probable de la vitesse
(figure 2).
moyenne dans la section, du temps d’intégration disponible, de la
précision recherchée, etc. ■ Pour chaque verticale de mesure, le profil des vitesses moyennes
De façon générale, il est nécessaire de faire choix d’un point de est tracé et intégré pour donner le débit par unité de largeur. L’extra-
mesure de référence, si le temps prévisible pour effectuer les polation du profil de vitesse entre le dernier point de mesure et le
mesures risque d’être très long ou si une variation du débit est à fond peut se faire suivant la loi :
craindre. Dans de nombreux cas, il est en effet souhaitable de ne 1/p
 
faire appel qu’à des techniques de détermination du débit ne j j x
V mx = V ma -----
demandant qu’un nombre réduit de points de mesure (§ 2.2.2), ce a
qui permet un temps global de mesure bref (NF X 10-330). j
avec V ma vitesse moyenne au dernier point de mesure sur la
■ Pour les jaugeages courants en rivière, on adoptera le plus verticale j considérée et à la distance a du fond,
souvent un nombre de verticales au moins égal à 8, nombre qui peut j
V mx vitesse moyenne à la distance x du fond.,
être limité à 5 dans le cas d’un canal où la répartition des vitesses est
p coefficient, fonction de la rugosité du fond et des
très régulière. Le nombre de points de mesure par verticale est au
conditions de l’écoulement, généralement compris
moins de 5. On pourra se fixer comme règle pratique de ne pas
entre 5 (fonds naturels) et 10 (fonds en maçonnerie).
dépasser un écart de vitesse moyenne de plus de 20 % entre deux

Figure 1 – Répartition des points de mesure


dans un canal artificiel à section rectangulaire

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DÉTERMINATION DU DÉBIT DES FLUIDES PAR INTÉGRATION DU CHAMP DES VITESSES _____________________________________________________________

Tableau 1 – Écoulement à surface libre : méthodes


de jaugeage avec nombre réduit n de points de mesure
j j
n z i /d j ki n z i /d j ki

0 0,1 0,2 0,25


0,2 0,2 3 0,6 0,5
6 0,4 0,2 0,8 0,25
0,6 0,2
0,8 0,2 2 0,2 0,5
1 0,1 0,8 0,5
0 0,1
0,2 0,3 1 0,6 1
5 0,6 0,3
0,8 0,2 1 0 0,6
1 0,1
n nombre de points de mesure par verticale.
j
zi profondeur d’immersion de chaque point de mesure, comptée à partir
de la surface libre et rapportée à la profondeur totale dj sur la verticale j
(les valeurs z ji /d j = 0 et z ji /d j = 1 correspondent en réalité à des points
Figure 2 – Écoulement à surface libre. Détermination du débit aussi proches que possible de la surface et du fond).
ki coefficient de pondération dont il faut affecter chaque vitesse mesurée

∑ ki V m i .
j j
pour calculer la vitesse moyenne sur la verticale j, soit V m =
La vitesse moyenne entre le dernier point de mesure et le fond
s’écrit alors :
j j
V maf = V ma p / ( p + 1 ) de l’écoulement, soit à une mauvaise définition de la constante de
temps pour le calcul des moyennes ;
■ Le débit total Q est alors donné par l’intégration de la courbe des — erreurs dues aux méthodes d’intégration : ces erreurs
débits q par unité de largeur. dépendent à la fois des conditions naturelles de l’écoulement
Pour améliorer la précision du calcul, on peut s’aider de la courbe (notamment des écarts entre le profil réel de vitesse et le profil
de répartition en travers de la vitesse moyenne qu’on extrapole près théorique sous-jacent à la méthode utilisée) et de l’imprécision de
des berges de la même façon que précédemment. la procédure même d’intégration (nombre de points de mesure, sur-
face élémentaire affectée à chaque point, etc.).
Nota : il est pratiquement impossible de donner des indications de portée générale
quant aux valeurs probables de ces erreurs (le lecteur pourra se reporter utilement aux
2.2.2 Méthodes faisant appel à un nombre réduit normes mentionnées en référence) [Doc. R 2 210].
de points de mesure
Exemple : à titre indicatif, l’erreur globale sur le débit est estimée
Ces méthodes consistent à calculer le débit par unité de largeur à 2 % dans les conditions optimales d’un canal artificiel à section par-
sur chaque verticale de mesure à partir d’un nombre réduit de points faitement définie et entre 5 et 10 % dans des conditions défavorables,
et, à la limite, à partir d’un seul point positionné judicieusement. avec un écoulement turbulent et des fonds moyennement définis. Dans
le cas d’application de méthodes à très faible nombre de points de
De telles méthodes sont recommandées lorsque la durée totale mesure, l’erreur peut atteindre 20 %.
de mesure est un élément déterminant (cas d’une crue subite par
exemple), mais il ne faut cependant pas perdre de vue que l’erreur
sur le débit est d’autant plus grande que le nombre de points de
mesure est limité. Il est donc nécessaire de trouver le meilleur
compromis. 3. Écoulement d’un fluide
Le tableau 1 donne, pour différentes méthodes (faisant intervenir
de 1 à 6 points de mesure par verticale), les positions discrètes des
en conduite
points de mesure ainsi que les valeurs des différents coefficients de
pondération à appliquer. (0) 3.1 Exécution des mesures
On notera que les valeurs indiquées représentent des moyennes
déterminées sur des profils de vitesse couramment rencontrés dont 3.1.1 Choix de la section de mesure
on n’a que peu de crainte de s’écarter. Il est cependant souhaitable
de faire les vérifications nécessaires, chaque fois que possible, en Comme dans le cas d’un écoulement à surface libre, la section
analysant de façon détaillée la distribution de vitesse. de mesure devra être telle que le profil de vitesse soit régulier,
sans turbulence excessive ni rotation. L’emplacement choisi devra
donc satisfaire, autant que possible, aux conditions suivantes :
2.3 Précision — être situé dans la plus longue partie rectiligne disponible, loin
en aval de toutes singularités (coude, vanne, etc.) ; on admet géné-
ralement que les longueurs droites nécessaires sont égales à 20 fois
Les erreurs proviennent principalement de trois sources : le diamètre (ou la plus grande des dimensions de la conduite) en
— erreurs sur les dimensions de la section de référence : ces amont de la section de mesure et à 5 fois le diamètre (ou la plus
erreurs sont essentiellement dues aux imprécisions sur la détermina- grande des dimensions de la conduite) en aval ;
tion des fonds et sur leur stabilité dans le temps lorsqu’il s’agit d’une — offrir des formes géométriques simples et parfaitement
station de jaugeage ; connues.
— erreurs sur les vitesses ponctuelles moyennes : elles sont dues
soit à l’instrumentation de mesure, soit aux turbulences aléatoires

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Si ces conditions ne sont pas naturellement réalisées, il est pos- et, si elles sont dans le même plan, leur distance doit être supérieure
sible, lorsque la situation s’y prête, d’y remédier en installant soit à 10 fois le diamètre de la plus grosse d’entre elles.
des dispositifs de tranquillisation pour réduire la rotation de l’écou-
lement ou la turbulence, soit des dispositifs de guidage pour obtenir À titre d’exemple, si dans la section de mesure d’une conduite
un écoulement parallèle et une distribution régulière des vitesses. circulaire on réalise l’exploration selon deux diamètres perpendi-
culaires, la sonde témoin sera placée dans cette même section suivant
un diamètre à 45 o des précédents et à une distance de la paroi
d’environ un demi-rayon.
3.1.2 Appareillage et mode opératoire
■ Lorsque l’inclinaison des vitesses varie dans la section de mesure
[Link] Mesure d’un débit de gaz et devient supérieure à 15o, les erreurs de mesure commises en
utilisant comme capteur un tube de Pitot double deviennent supé-
■ Les mesures de vitesses sont le plus souvent effectuées à l’aide rieures à 1 % et il est alors préférable d’utiliser un anémoclinomètre
d’un tube de Pitot double (article Mesures locales de vitesse dans qui donne la vitesse locale en grandeur et en direction. La
un fluide [R 2 110]), car son faible encombrement permet de l’intro- détermination de la composante normale à la section est alors
duire facilement dans la conduite et, en particulier, très près des immédiate.
parois.
Les mesures effectuées au tube de Pitot ne sont correctes que pour ■ Lorsque les vecteurs vitesses sont bien parallèles à l’axe de la
autant que le nombre de Reynolds (rapporté au diamètre de la prise conduite, il peut être plus simple d’effectuer les mesures à l’aide
de pression totale) soit supérieur à 200, ce qui équivaut à écrire la d’un simple tube de Pitot d’arrêt et de relever la pression statique
condition suivante sur la pression différentielle ∆P mesurée au tube par une sonde de pression pariétale.
de Pitot : ■ D’autre part, dans le cas de très grandes conduites dont les dia-
2 ⋅ 10 4 µ
 
mètres intérieurs peuvent être de plusieurs mètres, le moulinet à
∆P > ------------------- ------------
ρ α di coupelles ou à ailettes (article Mesures locales de vitesse dans un
fluide [R 2 110]) est couramment utilisé pour sa simplicité d’emploi.
avec di diamètre de la prise de pression totale du tube de Pitot,
α coefficient d’étalonnage du tube de Pitot, [Link] Mesure d’un débit de liquide
ρ masse volumique du fluide, Dans le cas des liquides, c’est la mesure à l’aide de moulinets à
µ viscosité dynamique du fluide. hélices qui constitue la pratique la plus courante lorsque les dimen-
sions de la conduite le permettent. Les tubes de Pitot ne sont utilisés
Cette relation est donnée en unités SI. que pour des conduites de petits diamètres ou en laboratoire. On
Le rapport d /D du diamètre d de l’antenne du tube de Pitot au peut également mettre en œuvre des micromoulinets qui, par leur
diamètre équivalent D de la conduite ne doit pas excéder 0,02 pour taille, sont concurrentiels.
minimiser l’erreur due au gradient de vitesse et à l’obstruction créée L’article Mesures locales de vitesse dans un fluide [R 2 110] donne
par la hampe support du tube de Pitot. Dans des conditions difficiles tous les renseignements utiles concernant les différents types de
d’écoulement, on pourra admettre un rapport allant jusqu’à 0,04. moulinets et leur montage en conduite. Le procédé de beaucoup le
Nota : le diamètre équivalent est défini par : plus courant consiste à explorer simultanément tous les points de
πD 2 mesure choisis à l’aide d’une batterie de moulinets. Le temps de
------------- = S conduite
4 mesure doit être suffisant pour intégrer les fluctuations moyennes
de l’écoulement et se détermine expérimentalement comme il a été
En général, on emploie un seul tube de Pitot que l’on place suc- dit dans le paragraphe 1.
cessivement en chaque point de mesure, la conduite étant équipée
de différents accès au travers desquels peut coulisser le porte-sonde.
Le tube de Pitot doit être fixé rigidement pendant les mesures pour
éviter les vibrations, son orientation, suivant la direction présumée
3.1.3 Répartition des points de mesure
de l’écoulement, doit pouvoir être contrôlée.
Le choix du nombre de points de mesure est conditionné à la
■ L’inconvénient de cette méthode est que les mesures s’éche- fois par la régularité de la répartition des vitesses, par le type de
lonnent sur un temps assez long pendant lequel le régime de l’écou- capteurs et la méthode de calcul utilisée. Ces facteurs dépendent
lement ne saurait être parfaitement stable ; aussi est-il indispensable eux-mêmes de la nature du fluide, des dimensions de la conduite
de placer en un point fixe de la conduite une sonde témoin qui donne et de la précision recherchée.
en chaque instant une vitesse de référence. À chaque mesure de la Il est utile de procéder à une exploration préalable rapide. Si cette
vitesse locale moyenne Vm , on relève, avec la même constante exploration révèle d’importantes variations de vitesse, le nombre de
d’intégration et pendant le même intervalle de temps, la vitesse de points de mesure devra être choisi en conséquence. Dans une section
référence Vm O . On peut alors calculer l’intégrale : circulaire, il est généralement suffisant d’explorer deux diamètres
perpendiculaires. Ce nombre est porté à trois si la répartition des
 S
Vm
--------------
Vm O
dS
vitesses est nettement dissymétrique. Il est, d’autre part, indispen-
sable que les points de mesure soient répartis de manière à assurer
une mesure correcte dans les zones à fort gradient et donc au
En appelant Vmt la moyenne des vitesses de référence corres- voisinage des parois.
pondant aux différentes mesures, la valeur du débit est donnée par :
■ Pour une mesure en conduite cylindrique à section circulaire
Q vm = V mt  S
Vm
--------------
Vm O
dS
(rayon R ), la position des points de mesure par rayon est donnée
dans le tableau 2. Ces points sont répartis le long de chaque rayon
de manière à définir des couronnes présumées d’égal débit, ou, à
La sonde témoin est généralement placée au voisinage de la défaut, d’aires égales. La répartition proposée est définie en fonction
section de mesure, dans une zone où le profil de vitesse est relati- de la position r 1 du point de mesure le plus proche de la paroi, posi-
vement uniforme et stable. D’autre part, à aucun moment de l’explo- tion généralement déterminée par les dimensions des capteurs (avec
ration des vitesses, les deux sondes donnant respectivement V et V O des moulinets, il est admis que la distance (R – r 1 ) à la paroi peut être
ne doivent s’influencer ; aucune ne doit être dans le sillage de l’autre prise égale à 0,75 fois le diamètre de l’hélice et que l’entraxe minimal
entre deux moulinets est égal au diamètre extérieur de l’hélice du
moulinet augmenté de 0,03 mètre – NF X 10-111).

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(0) L’extrapolation de la vitesse, entre le dernier point de mesure près


de la paroi et la paroi elle-même, se fait généralement selon la loi :
Tableau 2 – Jaugeage en conduite circulaire : rayons
 
rx 2 1 / p
des points de mesure en fonction du nombre de points 1 – ------
et de la position du point le plus voisin de la paroi R
V m x = V m a -------------------------
 
ra 2
1 – ------
Nombre R
de points r 2 /r 1 r 3 /r 1 r 4 /r 1 r 5 /r 1 r 6 /r 1 r 7 /r 1 r 8 /r 1
par rayon avec Vma vitesse moyenne sur la circonférence du dernier point
de mesure, de rayon ra ,
3 0,816 0,577 Vmx vitesse moyenne sur une circonférence de rayon rx
4 0,866 0,707 0,500 supérieur à ra ,
5 0,894 0,775 0,632 0,447
6 0,912 0,816 0,707 0,577 0,408 p coefficient, fonction de la rugosité de la paroi et des
conditions de l’écoulement, généralement compris
7 0,926 0,845 0,756 0,655 0,535 0,378
entre 5 (paroi rugueuse) et 10 (paroi lisse).
8 0,936 0,866 0,791 0,707 0,613 0,500 0,354
Cette extrapolation constitue une excellente approximation. Elle
permet, en section circulaire, de calculer directement le débit
■ En section rectangulaire, on peut s’inspirer des mêmes principes moyen Qvma dans la couronne comprise entre le dernier point de
et adopter une répartition analogue à celle définie pour les mesures mesure et la paroi :
en écoulement libre (§ 2.1.2).
 p
 2
Q vma = π --------------- V ma ( R 2 – r a )
p+1

3.2 Calcul du débit ■ La première méthode d’intégration à l’aide d’une formulation


analytique, la plus simple mais aussi la plus imprécise, est celle des
centroïdes d’aires égales qui consiste à diviser la section de
Conformément au principe de la méthode, le calcul du débit se mesure en un certain nombre de couronnes d’aires égales et à
fait par intégration du champ des vitesses, moyennées pendant un affecter à chaque aire la vitesse moyenne mesurée sur la circonfé-
temps d’intégration ∆t, traversant la section de mesure. Cette inté- rence qui divise cette aire en deux parties égales. La vitesse moyenne
gration, compte tenu du développement de la micro-informatique, est calculée soit en faisant une intégration complète, s’il existe un
s’effectue numériquement. nombre suffisant de points de mesure pour en avoir une représen-
De nombreuses méthodes sont proposées qui permettent une tation continue, soit par la moyenne arithmétique de quelques
détermination rapide du débit en faisant la moyenne pondérée d’un relevés (par exemple sur quatre secteurs décalés l’un par rapport à
certain nombre de valeurs de vitesses mesurées (toujours avec la l’autre de 90o).
notion d’un temps d’intégration ∆t ). Ces méthodes ont l’inconvé- ■ Une variante de cette méthode est utilisée lorsqu’on ne peut
nient d’exiger des positions bien précises des points de mesure, ce accéder à la conduite que d’un seul côté ou lorsqu’il n’est possible
qui peut être parfois difficile à réaliser en fonction des accès dis- que d’effectuer un nombre restreint de mesures discrètes. Les
ponibles ou de la taille des moyens de mesure. Toutes ces méthodes mesures sont alors réalisées suivant un ensemble de droites paral-
sont fondées, plus ou moins implicitement, sur l’hypothèse d’une lèles, cinq par exemple, sur lesquelles les points de mesure sont
loi de répartition des vitesses. Elles sont d’autant plus précises que répartis de telle sorte que le nombre de points dans chacune des
l’écoulement est proche d’un écoulement établi, tel qu’il est possible couronnes est proportionnel à l’aire de la couronne correspondante.
d’en observer après une grande longueur droite, et qu’il est pris pour La vitesse moyenne de débit dans la section de mesure est ici la
le calcul un plus grand nombre de points de mesure. Cette dernière moyenne arithmétique des vitesses mesurées avec le même temps
recommandation est à prendre avec beaucoup de prudence car elle d’intégration ∆t, par exemple en quarante points répartis sur cinq
dépend de la nature (fluctuante ou pas) de l’écoulement, de la droites, comme l’indiquent la figure 3 et le tableau 3.
constante de temps d’intégration et du temps global de mesure.
Les autres méthodes, usuellement employées lorsqu’on recherche
Parmi ces méthodes, les principales formules proposées pour le une meilleure précision, sont les méthodes de Tchebychev, de Gauss
calcul de la vitesse moyenne de débit correspondent à une inter- et log-linéaire.
polation de la valeur de la vitesse entre deux points successifs par
des polynômes du troisième degré en (r /R )2 pour les conduites à ■ Les méthodes de Tchebychev et de Gauss reposent sur une
section circulaire, et en (h /H ) pour les conduites à section rectan- interpolation polynomiale dont le degré dépend du nombre de points
gulaire. L’ensemble de ces polynômes, relatifs à des arcs successifs, de mesure choisi.
représente une courbe continue (continuité des tangentes aux points La méthode de Gauss fait intervenir des coefficients de pondé-
de raccordement). ration spécifiques (tableau 4). Cette dernière méthode est plus
précise, à même nombre de points de mesure, que la méthode de
Tchebychev.
3.2.1 Intégration du champ des vitesses
en conduite circulaire ■ La méthode log-linéaire est fondée sur l’hypothèse que tout
profil de vitesse V peut être représenté par une loi du type :
Si la vitesse de l’écoulement en un point de coordonnées
   
r r
polaires (r, θ ) est mesurée avec la constante de temps ∆t, et si R V = A + B lg 1 – ----- + C 1 – -----
R R
est le rayon de la section de mesure, le débit-volume moyen Qvm
est égal à : avec R rayon de la conduite,

 
R R2 r distance du point considéré au centre de la conduite. (0)
Q vm = 2π V mr r dr = π V mr d ( r 2 )
0 0

où Vmr est la vitesse moyenne le long de la circonférence de


rayon r.

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Tableau 4 – Jaugeage en conduite circulaire :


position des points de mesure
pour quelques méthodes arithmétiques (suite)
Méthode
Méthode Méthode Méthode
Nombre des centroïdes
de Tchebychev de Gauss log-linéaire
de d’aires égales
points
par Rayon Rayon Rayon Rayon
Pondé- Pondé- Pondé- Pondé-
rayon relatif relatif relatif relatif
ration ration ration ration
(1) (1) (1) (1)
0,354 0,320 0,263 0,174 0,310
0,612 0,638 0,574 0,326 0,632
4 1/4 1/4 1/4
0,791 0,770 0,818 0,326 0,766
0,935 0,947 0,965 0,174 0,958
0,316 0,289 0,217 0,119 0,277
0,548 0,559 0,480 0,239 0,566
5 0,707 1/5 0,707 1/5 0,707 0,284 0,695 1/5
0,837 0,829 0,877 0,239 0,847
0,949 0,957 0,976 0,119 0,962
0,289 0,259 0,253
0,500 0,537 0,517
Figure 3 – Répartition des points de mesure
suivant des droites parallèles A, B, C, B′, C′
0,645 0,606 0,635
6 1/6 1/6 1/6
dans une conduite de section circulaire
0,764 0,796 0,773
0,866 0,843 0,850
0,957 0,966 0,973
Tableau 3 – Mesure en conduite circulaire 0,267 0,241 0,234
suivant des droites parallèles : 0,463 0,485 0,479
distances à la paroi des points de mesure 0,598 0,581 0,588
(rapportées au diamètre D de la conduite) 7 0,707 1/7 0,707 1/7 0,715 1/7
0,802 0,814 0,794
Sur les cordes Sur les cordes 0,886 0,874 0,893
Points Sur le diamètre B et B′ C et C′ 0,964 0,970 0,973
de mesure A 0,250 0,227 0,218
AB = AB′ = 0,15 D AC = AC ′ = 0,30 D
0,433 0,451 0,448
points 1 et 1′ 0,03 0,03 0,04 0,559 0,544 0,550
points 2 et 2′ 0,10 0,105 0,135 0,661 0,670 0,669
8 1/8 1/8 1/8
points 3 et 3′ 0,19 0,21 0,32 0,750 0,742 0,743
points 4 et 4′ 0,29 0,33 0,829 0,839 0,835
points 5 et 5′ 0,36 0,901 0,892 0,890
points 6 et 6′ 0,42 0,968 0,974 0,979
0,236 0,210 0,206
(0) 0,408 0,447 0,423
0,527 0,485 0,519
Tableau 4 – Jaugeage en conduite circulaire : 0,624 0,645 0,631
position des points de mesure 9 0,707 1/9 0,707 1/9 0,701 1/9
pour quelques méthodes arithmétiques 0,782 0,764 0,787
0,850 0,874 0,844
Méthode 0,913 0,895 0,918
Méthode Méthode Méthode
Nombre des centroïdes 0,972 0,978 0,979
de Tchebychev de Gauss log-linéaire
de d’aires égales
points 0,224 0,205 0,195
par Rayon Rayon Rayon Rayon 0,387 0,395 0,401
Pondé- Pondé- Pondé- Pondé- 0,500 0,500 0,492
rayon relatif relatif relatif relatif
ration ration ration ration 0,592 0,586 0,598
(1) (1) (1) (1)
0,671 0,677 0,665
0,500 0,460 0,460 0,419 10 1/10 1/10 1/10
2 1/2 1/2 1/2 1/2 0,742 0,736 0,747
0,866 0,888 0,888 0,914 0,806 0,810 0,801
0,408 0,383 0,336 0,278 0,358 0,866 0,866 0,871
3 0,707 1/3 0,707 1/3 0,707 0,444 0,730 1/3 0,922 0,918 0,913
0,913 0,924 0,942 0,278 0,936 0,975 0,979 0,984
(1) Rayon rapporté au rayon de la conduite. (1) Rayon rapporté au rayon de la conduite.

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Les positions des points de mesure, indiquées dans le tableau 4, une interpolation du troisième degré en h /H entre les mesures des
sont déterminées pour que la vitesse moyenne de débit Vm soit vitesses moyennes locales et à une extrapolation de type classique
égale à la moyenne arithmétique des vitesses mesurées (toujours déjà rencontrée (§ 3.2.1) entre les parois et les points de mesure les
avec le même temps d’intégration ∆t ), quelles que soient les valeurs plus proches pour la détermination du débit dans cette zone.
des constantes A, B et C. Cette méthode donne de très bons résultats,
même pour des profils de vitesse très éloignés des profils normaux ■ En ce qui concerne la méthode log-linéaire, les normes
rencontrés en écoulement établi (qui dépend du nombre de Reynolds françaises et internationales (NF X 10-111, NF X 10-112, ISO 3354
rapporté au diamètre mouillé de la canalisation). Elle doit être et 3966) font état d’une technique de mesure à 26 points dont les
préconisée lorsque le profil de vitesse à mesurer est inconnu. positions respectives et les coefficients de pondération y afférant
sont donnés dans le tableau 5. La figure 4 montre la position de ces
Le tableau 4 donne toutes les indications quant à la position des points, les ordonnées y /H étant prises verticalement de bas en haut
points de mesure de ces différentes méthodes et aux coefficients et les abscisses x /L de gauche à droite. (0)
de pondération y afférant.
■ Une dernière méthode, indiquée dans les normes, est relative à
une intégration analytique se fondant sur une interpolation du Tableau 5 – Mesures en conduite rectangulaire
troisième degré en (r /R ) 2 entre deux vitesses moyennes consécu- par la méthode log-linéaire : coefficients
tives prises entre deux diamètres de la conduite selon une répartition de pondération des 26 points de mesure
uniforme. Le nombre de circonférences d’intégration régulièrement
réparties est laissé au libre arbitre de l’expérimentateur et l’intégra- x x x x
tion de la zone entre la dernière circonférence et la paroi de la y/H ----- = 0,092 ----- = 0,367 5 ----- = 0,632 5 ----- = 0,908
L L L L
conduite s’effectue de façon semblable à ce qui a été dit précédem-
ment. Chaque valeur locale de la vitesse, affectée à un diamètre 0,034 2 3 3 2
donné, correspond à une vitesse moyennée dans le temps et le long 0,092 2 2
de ce diamètre. Cette formulation est donnée ci-après : 0,250 5 3 3 5
3 0,367 5 6 6
1
 2 5 2 r *1
V m = V mO – -------- r *2 + -------- r *1 + ------------------
12 12 12 r *2  0,500
0,632 5
6
6 6
6

3 0,750 5 3 3 5
   
1 2 2 2 1 2 r *1
+ V m1 ----- r *1 + ----- r *2 – -------- r *3 – V m2 ------------------ 0,908 2 2
6 3 12 12 r *2 0,966 2 3 3 2
i = n–2 La somme des coefficients est égale à 96.
 
1 2 2 1

2 2 2 2
+ V mi – -------- r * + ----- r * – ----- r * + -------- r *( i – 2 )
12 ( i + 2 ) 3 (i + 1) 3 (i – 1) 12
i=2

■ L’expression analytique de la méthode par interpolation du


 
1 2 1 2 2 2 1 2
+ V m ( n – 1 ) ----- r *n + -------- r *( n – 1 ) – ----- r * + -------- r *( n – 3 )
2 12 3 (n – 2) 12 troisième degré est donnée ci-après, Vm étant la vitesse moyenne
de débit :
2 2 2
p 2 (r * n – r* (n – 1) )
+ V mn ------------------- ( 1 – r *
n ) – -------------------------------------------
- 2
( p + 1) 12 p ( 1 – r * )
2
n
p+1
p
 1 y*
12 p y *1
2 7 1
V m = V m1 --------------- y *1 + ------------- ---------- + -------- y *2 – -------- y *3
12 12 
7 2 2 2 1 2
+ -------- r *n – ----- r * ( n – 1 ) + -------- r *( n – 2 )
----12- y * + ------- 
12 3 12 7 * 1
+ V m2 2 - y – -------- y *
3 4
12 12
avec VmO vitesse moyenne au centre de la
i = n–2
conduite, 7 1
Vm1 , Vm2 , ..., Vmn vitesses moyennes le long des circonfé-
+ ∑ V mi -------- ( y *
12 ( i + 1 ) + y i ) – -------
*
12
-( y*
(i + 2) + y (i – 1) )
*
i=3
rences de rayons relatifs croissants
r *1 , r *2 , ...., r *n avec r *i = r i / R , 1 7 1
+ V m ( n – 1 ) ----- y * + -------- y * – -------- y *
2 n 12 ( n – 1 ) 12 ( n – 2 )
p coefficient, fonction de la paroi et des y*
2
conditions de l’écoulement, compris p 1 n 7 1
+ V mn --------------- y *
( n 1 ) + ------------ ---------------------- + -------- y * – -------- y *( n – 1 )
entre 5 (paroi rugueuse) et 10 (paroi p+1 + 12p y ( n + 1 ) * 12 n 12
lisse).
avec Vm1 , Vm2 , ..., Vmn vitesses moyennes le long des lignes de
mesures situées aux distances h 1 , h 2 ,
3.2.2 Intégration du champ des vitesses ..., hn de la paroi d’origine.
en conduite rectangulaire La hauteur de la section de mesure étant H, on a :
Le débit moyen se calcule tout à fait classiquement par la triple y *1 = h 1 /H
intégration :
y *2 = ( h 2 – h 1 ) /H
  
L H t + ∆t
Q vm =
0 0
1
--------
∆t t 
Vdt dx dy ...
y *n = ( h n – h n – 1 ) /H
où ∆t est le temps d’intégration.
y *n + 1 = ( H – h n ) /H
Les méthodes de calcul sont assez comparables à celles déjà
décrites pour le calcul du débit dans les conduites cylindriques. On
trouve notamment la méthode log-linéaire et la méthode, préconi- p est un coefficient fonction de la paroi et des conditions de l’écou-
sée dans les normes françaises et internationales, correspondant à lement, compris entre 5 (paroi rugueuse) et 10 (paroi lisse).

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De façon générale, l’erreur maximale sur la mesure d’une variable


y est égale à deux fois l’écart-type σy de cette variable.
En effet, les résultats de mesure peuvent être considérés comme
répartis suivant une loi de Gauss.
Lorsque les erreurs partielles, dont la combinaison donne l’erreur
limite, sont indépendantes, nombreuses et faibles, il existe alors une
probabilité de 95 % pour que l’erreur vraie soit inférieure à l’erreur
limite 2 σy .
L’estimation de l’écart-type σy sur une grandeur y est définie par :

1/2
i=n
2
∑ ( ym – y i )
σ y = ------------------------------------
i=1
-
n–1

avec ym moyenne arithmétique des n mesures de y,


yi valeur quelconque de la variable y parmi les n valeurs
mesurées,
n nombre total de mesures effectuées.
L’écart-type relatif, correspondant au rapport σy /ym associé à une
mesure de la vitesse locale, s’obtient en prenant la racine carrée de
la somme des carrés des divers écarts-types relatifs.
Toutes les indications utiles pour mener à bien le calcul des divers
écarts-types sont données dans les normes ou dans les articles spé-
cialisés relatifs au calcul d’erreur (article Erreurs de mesure [R 280]
dans le présent traité Mesures et Contrôle).
Figure 4 – Mesure en conduite rectangulaire
par la méthode log-linéaire à 26 points de mesure (tableau 5)
Remarque : comme on le voit, la précision sur la mesure du
débit dépend des moyens mis en œuvre, du soin apporté aux
mesures et de l’expérience acquise. S’il est courant d’obtenir
3.3 Précision une précision de 2,5 %, il est très difficile de descendre au-
dessous de 1 %.
Les erreurs sur la mesure du débit moyen proviennent de quatre
sources : Exemple : à titre indicatif, des comparaisons ont été faites sur un
— manque de connaissance de la géométrie exacte de la grand nombre de mesures. On a ainsi obtenu, du seul fait du mode de
conduite ; calcul, des dispersions caractérisées par un écart-type variant de 0,4 %
— précision des appareils de mesure de la vitesse locale (tubes (méthode de Gauss) à 0,7 % (méthode des centroïdes d’aires égales),
de Pitot, moulinets, etc.) ; et autour de 0,4 % pour la méthode log-linéaire et celle obtenue par
— choix du temps d’intégration et adéquation entre les temps interpolation cubique.
de réponse des appareils de mesure et ce temps d’intégration ;
— choix de la méthode d’intégration vis-à-vis de l’écoulement
existant.

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P
O
U
Détermination du débit des fluides R
par intégration du champ des vitesses
E
N
par Francis DUPRIEZ
Ingénieur de l’Institut Industriel du Nord de la France
Ingénieur de recherche, ONERA Lille
S
A
Bibliographie
HUBBARD (C.W.). – Investigation of errors of Pitot
V
tubes. Trans. ASME (1939).
O
Normalisation
I
Normes Internationales Normes françaises R
International Organization for Standardization (ISO) Association française de normalisation (AFNOR)
ISO 1088 Mesure de débit des liquides dans les canaux NF ISO 3354 (Indice de classement : X 10-111).
découverts. Méthodes d’exploration du champ des
NF X 10-112 9-77 Mesure du débit des fluides dans les conduites fermées.
vitesses. Recueil et traitement des données pour la
détermination des erreurs de mesurage.
Méthode d’exploration du champ des vitesses pour des
écoulements réguliers au moyen de tubes de Pitot
P
ISO 3354 1988 Mesure de débit d’eau propre dans les conduites doubles (~ ISO 3966).
fermées. Méthode d’exploration du champ des vitesses,
dans les conduites en charge et dans le cas d’un écou-
NF X 10-330 10-74 Mesure de débit des liquides dans les canaux
découverts. Établissement et fonctionnement d’une
L
lement régulier, au moyen de moulinets.
ISO 3966 1977 Mesure du débit des fluides dans les conduites fermées.
Méthode d’exploration du champ des vitesses au
station de jaugeage et détermination de la relation
hauteur-débit. U
NF ISO 1088 (Indice de classement : X 10-309).

ISO TR 9823 1990


moyen de tubes de Pitot doubles.
Mesure de débit des liquides dans les canaux
S
découverts. Méthode d’exploration du champ des
vitesses utilisant un nombre réduit de verticales.
1 - 1992
Doc. R 2 210

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