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Accidents D'Exposition Au Sang & Risque Infectieux en Milieu de Soins

Ce document décrit les risques infectieux en milieu de soins, en particulier les accidents d'exposition au sang. Il définit ces accidents, décrit les populations exposées, présente des statistiques et recommande des procédures en cas d'exposition.

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Accidents D'Exposition Au Sang & Risque Infectieux en Milieu de Soins

Ce document décrit les risques infectieux en milieu de soins, en particulier les accidents d'exposition au sang. Il définit ces accidents, décrit les populations exposées, présente des statistiques et recommande des procédures en cas d'exposition.

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Ecole supérieure des Sciences et Techniques

de la santé de Tunis
Année universitaire 2022-2023

ACCIDENTS D’EXPOSITION AU SANG


& RISQUE INFECTIEUX EN MILIEU DE SOINS

Le Risque Infectieux constitue le principal risque en milieu de soins et ce,


en raison du caractère de la chaîne de transmission nosocomiale où le personnel peut être
contaminé soit par le malade lui même soit par son produit biologique (prélèvement,
linge, matériel) ou soit par un autre personnel déjà contaminé. L’accident d’exposition au
sang (AES) constitue l’un des modes de contamination au niveau de cette chaîne de
transmission nosocomiale.

1) ACCIDENT D'EXPOSITION AU SANG (AES)


L'AES désigne tout contact avec du sang ou un liquide biologique contaminé par du sang et
comportant
 une effraction cutanée (piqûre, coupure)
 ou une projection sur une muqueuse (exemple: projection du sang sur la
muqueuse oculaire).
 ou une peau lésée (plaie, eczéma, excoriation).
Cette définition peut s'élargir à tous les produits biologiques non sanguins.
46,2% des accidents de travail survenus en 1997 dans 5 des plus grands
hôpitaux de Tunisie sont des AES. L'incidence globale des AES dans ces hôpitaux
était de l'ordre de 4%, elle rejoint celle des hôpitaux de AP-HP en 1994 où elle
est de 4,52%.

2) POPULATION EXPOSÉE :
- Personnel médical et juxta-médical :
- Personnel paramédical :
- Personnel infirmier, aides soignants... ….
- Agents des services auxiliaires :de buanderie, de lingerie,
d’assainissement, ambulanciers, maçons, menuisiers, chauffagistes,
peintres,
- Personnel administratif.
La population exposée s'élargit en fait aux :
- agents des entreprises externes de nettoyage et de gardiennage
- agents extra-muros chargés du ramassage des déchets hospitaliers:
éboueurs des municipalités.
3) Epidémiologie des AES (Rabta Tunisie) :

• AES déclarés au CHU la Rabta de 1999 à 2003 : 555 accidents de travail


dont 342 (62%) sont des AES. avec une Incidence moyenne de 3%.

4) CIRCONSTANCES DE SURVENUE DES AES


a)- Dans les laboratoires peuvent être source de contamination:
 Toute manipulation de produit biologique : sang, crachat, urine, selle,
LCR, salive, pièces fraîches, liquides pleural et péritonéal………
 Tout travail d'autopsie humaine ou animale.
 Tout travail avec un animal infecté
b)- La réalisation des gestes de soins ou de diagnostic : prélèvement
artériel, Cathéter, hémocultures, injections, suture.….
c)- Le transport des produits biologiques
d)- Manipulation de matériel souillé (linges) et ramassage des déchets.

5) Mécanisme des AES


Piqûres avec aiguilles, à l’occasion de:
Recapuchonnage +++
Injections parentérales
Prélèvements sanguins
Sutures
Coupure à l’occasion de la manipulation d’un objet coupant ou tranchant
souillé.
Projection du sang ou du liquide biologique contaminé par le sang sur
une muqueuse ou peau lésée

6) LE RISQUE INFECTIEUX LIE AUX AES


L’AES constitue une situation à risque de transmission d’agents
pathogènes, si la personne source en est infectée.= infection nosocomiale. Ces
AES exposent au risque de contamination par les virus de l’HVB, de l’HVC ou
l’HIV :
a)- Infections à VIH : Le premier cas mondial de contamination professionnelle
par VIH chez un personnel de santé a été rapporté en 1984.

2
Dans les pays occidentaux, 144 cas d'infections à VIH présumées professionnelles
(27 pour la France) et 79 séroconversions bien documentées (dont 10 cas
français) ont été recensés parmi les personnels de santé au 31 décembre 1995.
Signalons qu'en Tunisie et jusqu’à ce jour (26/1/2012) une seule séroconversion
VIH post AES aurait été enregistrée.

b) - Hépatites virales
Grâce à la généralisation de la vaccination anti-hépatitiqueB parmi les personnels
exerçant en milieu de soins et depuis son introduction dans le programme
vaccinal dès la naissance, la décroissance de l'incidence des hépatites virales B
professionnelles doit être inéluctable.
Nous sommes, par contre, entrain d'assister à l'émergence des hépatites C. Cette
hépatite C est en effet préoccupante en raison de l’absence de vaccination et de
l’absence de chimio-prophylaxie post AES immédiate contrairement à l’hépatite B.
La seule prévention existante reste l'application des précautions universelles.

7) CONDUITE A TENIR EN CAS D’AES


L’AES constitue une urgence dont la plus ou moins rapidité de prise en
charge détermine le pronostic ultérieur :

 PREMIERS SOINS A FAIRE D'URGENCE :


a) Piqûres et blessures ou Contact direct du liquide biologique sur peau
lésée:
 Ne pas faire saigner.
 Nettoyage immédiat de la plaie à l'eau courante et au savon, puis
rinçage.
 Antisepsie immédiate par du Dakin® ou alcool 70°C ou Bétadine®
dermique.
 Respecter un temps de contact de 5 minutes au moins, par trempage.
 Intérêt des flaconnages comme le "kit-Dakin®" (s'il est immédiatement
disponible) permettant un trempage aisé des plaies digitales.

b) En cas d'exposition muqueuse oculaire ou buccale :


 Laver abondamment au sérum physiologique ou à l'eau pendant au
moins 5 minutes.

 LE MEDECIN ACCUEILLANT LA VICTIME D'UN AES DOIT :


- vérifier que les soins d'urgence ont été effectués
- favoriser le recueil d'information sur le patient-source

3
- Dans tous les cas, prescrire à la victime et au patient-source
(éventuellement) les prélèvements J 0 nécessaires pour sérologie.
- évaluer le risque de contamination.
- informer la victime sur la nature des risques infectieux VHB, VHC, VIH et
sur la nécessité de la prise en charge et du suivi.
- Décider de la nécessité d'une thérapeutique prophylactique de l'infection
par le VHB et le VIH et la prescrire éventuellement.
- Établir le certificat médical initial d'accident de travail.

 CONDUITE A TENIR (CAT) SPECIFIQUE :

i) vis-à-vis du risque de contamination par le virus de l'hépatite B

La CAT est déterminée par le statut sérologique hépatitique B de la victime et du


patient-source. Les différentes situations sont les suivantes:

Victime : Patient–source (PS) CAT


la victime est protégée :

 soit par une vaccination


correcte avec taux Ac Anti
HBs>10UI/l
quelque soit le statut Þ Pas de prophylaxie
sérologique VHB du PS. recommandée
 soit par une immunisation
naturelle : ATCD d'hépatite
B guérie (Anti HBs+ et Anti
HBc +).

· Soit le PS est Ag HBs


positif Þ Injecter en 2 sites
différents dans les 48h
· Soit la sérologie du PS suivant l'AES :
est inconnue (aiguille
la victime n'est pas
souillée abandonnée)  une dose de
immunisée ou
d’immunoglobulines
sa sérologie ne peut être · Soit la sérologie du PS
spécifiques Anti HBs
connue avant 48 heures ne peut être obtenue
dans les 48h  une dose de vaccin anti
HVB

4
Surveillance Sérologique de la Victime :
Ag HBs et Ac Anti HBc: à J O ou dans la semaine post
AES, à 1mois, à 3mois et à 6mois.

ii) Vis-à-vis du risque de contamination par la VHC :

- Aucune thérapeutique prophylactique post AES n'est proposée actuellement.


Cependant la prise en charge et un suivi clinico-biologique sont indispensables si
le patient-source est infecté par le VHC (sérologie VHC +) ou est inconnu:

-à La Surveillance biologique et Sérologique de la Victime :

- Transaminases tous les 15 jours


- Surveillance Sérologique : à J O ou dans la semaine post AES, à 1, 3 et à 6 mois.
Si transaminases élevées recherche d'ARN viral hépatite C.

Si - ARN viral présent : préconiser une prise en charge


- sérologie VHC + thérapeutique ( interféron).

iii) Vis-à-vis du risque de contamination par le VIH

Les différentes situations sont les suivantes:


patient-source CAT
Sérologie VIH
pas de prophylaxie.
connue négative
La prescription de la prophylaxie est recommandée le plus tôt
Sérologie VIH
possible idéalement dans les 4 premières heures qui suivent
connue positive
l’exposition et pas plus tard que 72heures après cette exposition.

5
Si les données sociologiques ( toxicomane, prostituée,
homosexuel …….), cliniques (zona, Sarcome de Kaposi…) et
Sérologie VIH
biologiques disponibles au moment de l'accident font suspecter
non connue au
soit une infection VIH évoluée, soit une primo-infection VIH Þ
moment de
Þ Prescription de la prophylaxie par les est recommandée dans
l'AES
les 4 premières heures jusqu'à connaissance de la sérologie
VIH du patient-source

Il n’y’a pas d'indication de prophylaxie sauf circonstances


Patient-source
épidémiologiques particulières (exemple : service accueillant
inconnu
fréquemment des sujets infectés par le VIH)

Surveillance Sérologique de la Victime seulement Si patient-source est infecté


par le VIH ou est inconnu : à J O ou dans une semaine post AES, à 1, à 3 et à 6 mois.
Gestion pratique de la chimioprophylaxie :

la seule attitude prophylactique repose sur trithérapie antiretrovirale. A titre


indicatif, celle recommandée par l’OMS est :

- 2 nucléosidiques inhibiteurs de la reverse transcriptase;


idovudine + Lamivudine (Combivir)
&
- une antiprotéase : lopinavir 200 mg + ritonavir 50 mg ((Kaletra ® ou Aluvia ® )

 En cas de Grossesse, se concerter avec l’infectiologue .


 Il faut tenir compte des contre-indications de chacune de ces 3 molécules

Cette trithérapie est à poursuivre pendant 4 semaines période au bout de


laquelle une sérologie de contrôle permet de réévaluer le risque.

8) PREVENTION DES AES : APPLIQUER LES PRECAUTIONS UNIVERSELLES

Si contact avec du sang - Après piqûre, blessure : lavage et antisepsie au


ou liquide biologique. niveau de la plaie.
- Après projection sur muqueuse (conjonctive) :
rinçage abondant.

Lavage et/ou - Après le retrait des gants, entre deux patients, deux
désinfection des mains. activités.

6
Port de gants. - Si risque de contact avec du sang, ou tout autre produit
Les gants doivent être d'origine humaine, les muqueuses ou la peau lésée du
changés entre deux patient, notamment à l'occasion de soins à risque de piqûre
patients ou deux (hémocultures, pose et dépose de voie veineuse, chambres
activités. implantables, prélèvements sanguins...) et lors de la
manipulation de tubes de prélèvements biologiques, linge et
matériel souillés...
OU
- lors des soins, lorsque les mains du soignant comportent
des lésions.

Port de surblouses, - Si les soins ou manipulations exposent à un risque de


lunettes, masques. projection ou d'aérosolisation de sang, ou tout autre
produit d'origine humaine (aspiration, endoscopie, actes
opératoires, autopsie, manipulation de matériel et linge
souillés ...).

Matériel souillé. - Matériel piquant tranchant à usage unique : ne pas


recapuchonner les aiguilles, ne pas les désadapter à la main.
- Déposer immédiatement le matériel tranchant après usage
sans manipulation dans un conteneur adapté, situé au plus
près du soin et dont le niveau maximal de remplissage est
vérifié.
- Matériel réutilisable :
. Manipuler avec précautions ce matériel souillé par du
sang ou tout autre produit d'origine humaine.
. Vérifier que le matériel a subi une procédure d'entretien
(stérilisation ou désinfection) appropriée avant d'être
réutilisé.

Surfaces souillées. - Nettoyer puis désinfecter avec de l'eau de Javel à 12°


chlore fraîchement diluée au 1/10 (ou tout autre
désinfectant approprié) les surfaces souillées par des
projections ou aérosolisation de sang, ou tout autre
produit d'origine humaine.

Transport de - Les prélèvements biologiques, le linge et les instruments


prélèvements souillés par du sang ou tout autre produit d'origine humaine
biologiques, linge et doivent être évacués du service dans un emballage étanche,
matériels souillés fermé.

9) LA PREVENTION VACCINALE
La prévention de !a transmission de certaines bactéries (BK. Tétanos
salmonelle...), de certains virus (VHB. .) aux conséquences graves est assurée
par la vaccination.
La vaccination anti-hépatite B :
o Vaccin ne contenant que l’Ag HBs. Les sujets vaccinés ne développent donc
que des anticorps anti-HBs protecteurs.

7
o Taux sérique d’anti-HBs > 10 mUI/ml est protecteur.
o Efficacité ≥ 95%. Les Ac anti-HBs signent l’immunité mais diminuent avec le
temps (à distance de la vaccination, leur absence ne signe pas une absence
de protection). Un âge supérieur à 40 ans, le sexe masculin, l’obésité, le
tabagisme sont des facteurs indépendants de non réponse au vaccin.
o Schéma vaccinal : 2 injections à un mois d’intervalle suivies d’une 3ème
injection (rappel) à 6 mois. En cas de non réponse, on prévoit un maximum
de 3 rappels supplémentaires à un mois d’intervalle tout en vérifiant
l’immunité 1 mois après chaque rappel.

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