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Système HLA : Organisation et Fonctionnement

Ce document décrit le complexe majeur d'histocompatibilité humain (CMH), également appelé système HLA. Il contient des informations sur l'organisation génétique du CMH, les caractéristiques de transmission et d'expression, la structure et la synthèse des molécules de classe I et de classe II, ainsi que le rôle et les applications cliniques du CMH.

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Système HLA : Organisation et Fonctionnement

Ce document décrit le complexe majeur d'histocompatibilité humain (CMH), également appelé système HLA. Il contient des informations sur l'organisation génétique du CMH, les caractéristiques de transmission et d'expression, la structure et la synthèse des molécules de classe I et de classe II, ainsi que le rôle et les applications cliniques du CMH.

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LE COMPLEXE MAJEUR D’HISTOCOMPATIBILITE (CMH) DE

L’HOMME :

LE SYSTEME HLA

OBJECTIFS EDUCATIONNELS SPECIFIQUES

Au terme de son apprentissage, l’étudiant devra être capable de :

1- Décrire l’organisation générale du CMH sur le chromosome 6


2- Préciser les caractéristiques de transmission et d’expression du CMH
3- Détailler les structures des gènes et des molécules de classe I et de classe II
4- Décrire les modes de synthèse des molécules de classe I et de classe II
5- Définir le rôle des molécules du CMH
6- Citer les applications cliniques du CMH
7- Préciser les méthodes de typage HLA

72
Chapitre I : RECONNAISSANCE DE L’ANTIGENE

1. INTRODUCTION

Chez l ’homme, la région du CMH contient les gènes du système HLA et de nombreux autres
gènes dont les fonctions ne sont pas toutes connues.
Le CMH est situé sur le bras court du chromosome 6, il s ’étend sur 4000 kilobases, il représente
1/1000 du génome humain. Le système HLA est un système MULTIGENIQUE,
MULTIALLELIQUE et d ’expression codominante.
Les gènes qui codent pour les molécules de classe I comprennent les loci A, B et C; et pour les
molécules de classe II comprenant les locus DR, DQ et DP. On appelle « système HLA » (pour
Human Leucocytes Antigens), le complexe majeur d’histocompatibilité (CMH) de l’homme. Ce
terme désigne un système multigénique très complexe codant pour un ensemble de glycoprotéines
dont la fonction biologique principale est la présentation des peptides antigéniques aux
lymphocytes T. Ces molécules sont des hétérodimères très polymorphes, constamment renouvelés
à la surface des cellules, pouvant être regroupés en 2 grandes familles (HLA classe I et classe II)
différentes par leur structure et par leur fonction.
En raison de son rôle essentiel dans la greffe, ce complexe a été en premier décrit en tant que
système d’antigènes essentiels dans la compatibilité entre donneur et receveur. Il participe ainsi à
la discrimination entre le « soi » et le « non soi » et au contrôle de la réponse immunitaire.

2. ORGANISATION GENETIQUE DU CMH

Le complexe majeur d’histocompatibilité (CMH) humain est un ensemble de gènes situés sur le
bras court du chromosome 6. Il s’étend sur un segment de 4000 Kilobases (Kb) d’ADN, ce qui
présente environ 1/1000ème du génome humain. Actuellement, plus de 200 gènes ont été
identifiés.
Le système HLA est subdivisé classiquement en trois régions (Figure 1) :
 La plus centromérique est la région HLA de classe II, d’une taille de 900 Kb et dont les
principaux loci sont HLA-DP, -DQ et -DR renfermant chacun des gènes codant pour les
chaînes a et b des molécules HLA de classe II.
Entre les loci DP et DQ, ont été individualisés des gènes dont les produits interviennent dans les
voies intracellulaires de présentation des peptides antigéniques tels que TAP1 et TAP2
(« Transporter of Antigen Peptides »), LMP2 et LMP7 (« Large Multifunctional Protease »).
 La région intermédiaire s’étend sur 1100 Kb et contient également un grand nombre de
gènes qualifiés abusivement de classe III (mais qui n’ont en réalité aucune parenté avec
le système HLA). Parmi lesquels, les gènes codant pour les facteurs nécrosant des tumeurs
(TNF α et βA), les gènes de la 21 hydroxylase, les gènes Hsp70 et des gènes codant pour
certains composants du complément C2, Bf et C4.

 La plus télomérique, la région HLA de classe I, est elle-même divisée au moins en trois
loci principaux appelés HLA-A, B et C codant pour les chaînes lourdes a des molécules HLA
de classe I. D’autres gènes sont également décrits appelés gènes de classe I non
classiques (ou Ib) tels que HLA-E, F, G
La nomenclature internationale dépend de la méthode utilisée(spécificité sérologique,
détermination générique en ADN, détermination allélique spécifique en ADN). Ainsi,la
nomenclature internationale désigne, s’il s’agit de spécificités déterminées par la méthode
sérologique, chaque molécule HLA par la lettre indiquant le locus où elle est codée, suivie d’un
nombre qui lui est propre (correspondant au numéro d’ordre de découverte de l’allèle) (exp HLA-
B27). Concernant les spécificités identifiées par biologie moléculaire le nombre est de 4 chiffres
précédé d’un astérisque (exp HLA-B*2705)

- 73 -
Chapitre I : RECONNAISSANCE DE L’ANTIGENE

LA RÉGION HLA (1)

6q 6p

21.3

0 1000 2000 3000 4000 Kb


12
Classe II Classe III
gènes
B C E A
CLASSE II CLASSE III CLASSE I

DP DM LMP TAP DQ DR C4A C4B Bf C2 Hsp70 TNF B C E A G

 

Figure 1 : organisation du complexe majeur d’histocompatibilité chez l’homme

3. Caractéristiques du CMH

[Link] GENETIQUE EN HAPLOTYPE ET CODOMINANCE

Les séries alléliques des loci HLA de classe I, II et III sont suffisamment proches les unes des
autres sur le chromosome 6 ; elles sont ainsi transmises en bloc d’une génération à l’autre. Les
allèles sont tous codominants. L’expression de l’ensemble des loci ainsi transmis par le
chromosome s’appelle haplotype. Un haplotype va contenir les allèles qui codent pour les
différentes molécules du CMH chez un individu donné.

3.2. POLYMORPHISME DU SYSTEME HLA

Une des caractéristiques majeures du système HLA est son extrême polymorphisme : chaque
locus comporte un nombre important d’allèles. Ceci fait du système HLA un marqueur génétique
diffèrent d’un individu à l’autre, c’est pourquoi il est difficile de trouver dans l’espèce humaine 2
personnes non apparentées HLA identiques .Actuellement, 235 allèles ont été décrits pour le locus
A, 477 pour le locus B et 123 pour le locus C du CMH de classe I. Pour ceux du CMH de classe II,
on a décrit 293 allèles pour le locus DRB, 19 pour DQA, 47 pour DQB, 15 pour DPA et 96 pour
DPB. Les mutations ponctuelles, les conversions géniques interlocus, ou intercellules, les
recombinaisons sont à l’origine de ce polymorphisme.

3.3 DESEQUILIBRE DE LIAISON

Les allèles HLA-A, B, C, DR ne sont pas totalement indépendants les uns des autres.
L’association de ces allèles se fait théoriquement au hasard (c’est à dire, n’importe quel allèle des
loci HLA-A et –B peuvent se retrouver sur un même haplotype). Mais, en réalité, on observe que
certaines associations haplotypiques entre les gènes HLA-A et B, B et C, B et DR sont beaucoup
plus fréquentes que ne le voudrait le hasard (par exemple : HLA-A1 et B8, fréquence de [HLA-A1-
B8] est > à la fréquence de [HLA-A1] x [HLA-B8]). Dans certains cas, le déséquilibre peut exister
entre les allèles des 3 loci différents (exemple : HLA-A1,-B8,-DR3).

- 74 -
Chapitre I : RECONNAISSANCE DE L’ANTIGENE

3.4. LES REACTIONS CROISEES

Une des caractéristiques des antigènes HLA est l’existence de réactions croisées entre
plusieurs spécificités particulièrement pour les antigènes de classe I. Les antigènes à réactivité
croisée constituent alors un groupe appelé « groupe de réactivité croisée ou CREG » (exp. Les
antigènes HLA-A2 et HLA-A28).
3.5. LES VARIATIONS GEOGRAPHIQUES
Le polymorphisme du système HLA et le déséquilibre de liaison de ses gènes constituent des
outils précieux pour l’étude de la génétique des populations humaines car il existe des variabilités
d’un groupe ethnique à l’autre

4. LES GENES ET MOLECULES HLA CLASSE I

4.1. LES GENES DE CLASSE I (OU CLASSIQUES Ia)

Les gènes HLA-A, -B, et -C codent pour les chaînes lourdes α des molécules de classe I
présentes à la surface des cellules nucléées de l’organisme. Les gènes HLA de classe I se
composent de 8 exons. Le premier exon correspond à la région 5’ non traduite et au peptide
signal, les exons 2, 3, 4 codent respectivement pour les domaines α1, α2, α3 de la chaîne lourde α

la partie intracytoplasmique de la molécule .


4.2 . LES MOLECULES HLA DE CLASSE I

a. Distribution
Ces molécules, très polymorphes, sont largement distribuées sur la majorité des cellules
nucléées de l’organisme. Elles sont faiblement détectées sur les cellules endocrines (thyroïde,
parathyroïde, hypophyse, ilôts de Langerhans), la muqueuse gastrique, le myocarde, le muscle
strié, les hépatocyte. Les érythrocytes (cellules anucléées) n’expriment pas de molécules HLA de
classe I. Le nombre de molécules HLA de classe I exprimées par une cellule dépend du type
cellulaire et de l’état de différenciation de la cellule. Les interférons et le TNF-α augmentent
l’expression des molécules HLA de classe [Link] expression est variable selon les organes rate >
rein > foie > cœur > cerveau. Elle est quantitativement plus importante sur les lymphocytes B
(2.6 106/cellule) que sur les lymphocytes T (1.106/cellule). Ces molécules sont absentes sur l’os, le
cartilage, la cornée, le trophoblaste et les spermatozoïdes. Elles sont présentes dans les liquides
biologiques : sérum, urine, ascite, plasma, liquide séminal, etc.

b. Structure (Figure 2) :

La molécule HLA de classe I est un hétérodimère composé d’une chaîne lourde α très
polymorphe (44kd) associée d’une façon non covalente à une chaîne légère monomorphe, la β2-
microglobuline (15kd) codée par un gène situé sur le chromosome 15.

- La chaîne α
La chaîne lourde α est une glycoprotéine formée de 3 domaines globulaires de 90 acides aminés
notés α1, α2, α3. Les domaines α2 et α α3 sont conformationnellement stabilisés par un pont
disulfure (S-S). Le domaine α3 se lie à la β2 microglobuline et se prolonge par une partie
transmembranaire hydrophobe et d’un court segment intra-cytoplsamique.

- la β2 -microglobuline
La chaîne β2 microglobuline est une protéine non glycosylée présentant des homologies avec
le domaine α3. Tout comme la chaîne α, elle appartient à la superfamille des immunoglobulines

- 75 -
Chapitre I : RECONNAISSANCE DE L’ANTIGENE

mais elle n’est pas polymorphe. La β2 microglobuline est entièrement extracellulaire; elle est
secrétée en excès par rapport à la chaîne lourde α et peut se trouver sous une forme soluble.
Cette chaîne est indispensable à l’expression et à la stabilité des molécules de classe I.

LA RÉGION HLA

La molécule de classe I
Sites allo-antigéniques

NH2


NH2
Milieu
extra cellulaire
COOH
m



Membrane cellulaire

COOH
cytoplasme

Figure 2 : structure de la molécule HLA de classe I

La structure tridimensionnelle (Figure 3) de la molécule HLA de classe I a été définie par


cristallographie ; dans sa partie extracellulaire, la molécule HLA de classe I se présente comme
une molécule à 2 étages :
 Le premier étage est composé par les parties non polymorphes formées par le
domaine α3 de la chaîne lourde α et la β2 microglobuline, proches de la membrane
cellulaire.
 Le deuxième étage est formé par les domaines polymorphes α1 et α2 de la chaîne
lourde.
Les domaines α1 et α2 forment le site de liaison du peptide qui se présente comme une fente
unique et médiane délimitée par un plateau de huit feuillets anti-parallèles sur le quel reposent 2
hélices α. Cette poche n’est jamais vide. En effet, c’est dans cette rigole que vient se fixer le
peptide antigénique, essentiellement endogène, qui sera présenté aux lymphocytes T cytotoxiques
CD8+. LA RÉGION HLA

Structure spatiale de la cavité peptidique de classe I

- 76 -
LA RÉGION HLA

Chapitre I : RECONNAISSANCE DE L’ANTIGENE


Structure spatiale de la molécule de classe I

Figure 3 : Structure spatiale de la molécule HLA de classe I

c. Synthèse
La chaîne α seule codée dans la région HLA, est synthétisée dans le réticulum endoplasmique
où elle va s’associer d’une part avec la β2 microglobuline synthétisée en excès et d’autre part avec
l’un des peptides présents dans le compartiment cellulaire. Ces deux associations s’accompagnent
de modifications conformationnelles et sont toutes les deux indispensables à la stabilité de
l’ensemble et à son expression membranaire.
Les molécules HLA de classe I présentent, aux cellules T CD8+ cytotoxiques, des peptides
antigéniques dérivés des protéines endogènes cytosoliques synthétisées par la cellule, c’est à dire
essentiellement des protéines du soi, mais aussi des protéines provenant de micro-organismes à
développement intra-cellulaires (virus).
La protéine intracytoplasmique va être dégradée en peptides sous l’action d’un complexe
multiprotéolytique ; le protéasome. Les peptides générés vont être transférés, grâce aux
molécules TAP, à l’intérieur du réticulum endoplasmique (RE). Dans le RE, la chaîneslourde  et la
2-microglobuline néo-synthétisées vont s’associer successivement à des molécules chaperonnes,
la calnexine, la calréticuline et la tapasine et forment un complexe qui interagit avec les molécules
TAP pour fixer un peptide qui vient d’être transloqué du cytosol. La molécule HLA de classe I ainsi
chargée migre à travers l’appareil de Golgi vers la membrane plasmique où elle va être exprimée à
la surface de la cellule permettant la présentation aux cellules T cytotoxiques de l’ensemble du
complexe, molécule CMH classe I et peptide (Figure 4).

- 77 -
Chapitre I : RECONNAISSANCE DE L’ANTIGENE

Figure 4 : biosynthèse des molécules HLA de classe I

5. LES GENES ET MOLECULES HLA CLASSE II

5.1. LES GENES HLA DE CLASSE II

La région HLA de classe II comprend aussi de très nombreux gènes avec trois loci principaux
DP, DQ, DR et 2 loci supplémentaires DN et DO dont l’expression n’est pas connue. Pour les 3
principaux loci, il existe des gènes A (DRA, DQA, DPA) qui codent pour une chaîne α et des gènes
B (DRB, DQB, DPB) qui codent pour une chaîne β. C’est l’association des deux chaînes α et β qui
va constituer la molécule HLA de classe II.
 Les loci DQ et DP possèdent chacun 2 gènes A (DQA1, DQA2, DPA1, DPA2) et 2 gènes B
(DQB1, DQB2, DPB1, DPB2). Seuls les gènes A1 et B1 s’expriment. Les gènes A2 et B2 sont des
pseudogènes.
 Pour le locus DR, il existe un seul gène A (DRA) qui code pour une chaîne α et plusieurs
gènes B (DRB1 à DRB9). Le gène DRB1 s’exprime dans tous les cas et code pour une chaîne 
(allèles DR1 à DR18). Les gènes DRB2, DRB6, DRB7, DRB8 et DRB9 ne s’expriment pas
(pseudogènes). Trois autres gènes DRB3, DRB4, et DRB5 sont présents chez certains individus
selon l’haplotye HLA (Figure 5). Lorsqu’ils sont présents, ils expriment une chaîne  qui s’associe
à la chaîne  pour former un deuxième dimère DR à la surface cellulaire.
La structure de ces gènes A et B de la classe II est très homologue entre les trois loci DR, DQ, DP.
Les gènes A comportent 5 exons. Les gènes B comportent 7 exons. L’importance du
polymorphisme est variable d’un gène à l’autre. Les gènes DRA et DPA sont peu ou pas
polymorphes, alors que, les gènes DRB, DQA, DQB et DPB sont très polymorphes.

- 78 -
Les gènes de classe II

Les gènes de type A et B des sous régions DR, DQ et DP synthétisent les chaînes
protéiques  et  dont l ’association en couple forme à la surface des cellules
Chapitre Iprésentatrices
: RECONNAISSANCE
d ’antigèneDElesL’ANTIGENE
molécules de classe II : DR, DQ et DP.

DP DN DM DO DQ DR
B2 A2 B1 A1 A A B B B2 A2 B3 B1 A1 B1 B2 B A

A
A A B1 A
B B
B3, B4, B5

DP1 à DP6 DQ1 à DQ9 DR1 à DR18 DR52, DR53, DR51

Figure 5 : les gènes HLA de classe II

5.2. Les molécules HLA de classe II

a. Distribution
Ce sont des molécules très polymorphes comme celles de classe I, d’expression restreinte aux
cellules présentatrices d’antigène (CPA): lymphocytes B, monocytes/macrophages, cellules
dendritiques (cellules de Langerhans), les cellules souches de la moelle, ainsi que sur certaines
cellules épithéliales (thymus, épididyme, amygdale) et les lymphocytes T activés ; Ils sont absents
sur les plaquettes, les fibroblastes, les spermatozoïdes les hématies, les hépatocytes, les
lymphocytes T au repos. Les interférons augmentent l’expression des molécules HLA de classe II
sur ces cellules. Parfois même, l’interféron gamma est capable d’induire l’expression de ces
molécules par des cellules qui dans les conditions normales n’en expriment pas.

Les molécules HLA de classe II (Figure 6) sont constituées par 2 chaînes α et β de poids
moléculaire d’environ 30 kd chacune. Elles sont associées d’une façon non covalente, pour former
un complexe très stable. Les deux chaînes α et β sont des glycoprotéines appartenant à la
superfamille des immunoglobulines comportant une partie extracellulaire, un segment
transmembranaire et un segment intra-cytoplasmique. Chaque chaîne comprend 2 domaines α1 et
α2 pour la chaîne α et β1 et β2 pour la chaîne β.
L’organisation
LA RÉGION spatiale
HLA des molécules HLA de classe II est très similaire à celle des
molécules de classe I. Les parties polymorphes constituent la poche (rigole) dans laquelle vient se
loger le peptide antigénique. Celle-ci est formée (toujours selon la même structure en feuillets β et
hélices α)La
parmolécule dedes
l’association classe II
domaines α1 et β1.
NH2 NH2

 
Milieu extra cellulaire

 
Membrane plasmique

Cytoplasme
COOH
COOH


Figure 6 : structure de la molécule HLA de classe II

- 79 -
Chapitre I : RECONNAISSANCE DE L’ANTIGENE

b. Synthèse
Les cellules exprimant les molécules de classe II sont essentiellement les cellules
présentatrices de l’antigène. Toutes ces cellules ont la capacité de phagocytose et/ou
d’endocytose.
Le peptide antigénique qui sera associé aux molécules de classe II est dit « exogène » car il
provient de l’extérieur de la cellule et pénètre par phagocytose et/ou endocytose. Sous l’action des
enzymes protéolytiques provenant de la fusion des lysozymes avec le phagosome, l’antigène
exogène sera dégradé en petits peptides. Entre temps, les chaînes α et β codées par les loci HLA
classe II, sont synthétisées dans le réticulum endoplasmique où elles sont rapidement associées
entre elles pour former un dimère αβ. Le dimère est stabilisé par la présence d’une chaîne
invariante (Ii ou CD74). Cette dernière, non polymorphe, n’est pas codée par la même région
génomique que les molécules du CMH Son gène est localisé sur le chromosome 5. La chaîne
invariante s’associe aux peptides variables des chaînes α et β et empêche à ce stade la fixation du
peptide antigénique endogène et contrôle le transport du trimère αβ Ii. Le trimère ainsi formé
migre vers le golgi et est dirigé vers un compartiment endosomal appelé MIIC (MHC classe II
compartment). Au cours de ce trajet, le site de fixation peptidique de la molécule de classe II est
constamment occupé par la séquence CLIP (peptide dérivé de la chaîne Ii) qui maintient la cavité
dans sa bonne conformation tout en empêchant la fixation de peptides libres. Dans le
compartiment endosomal acide, la chaîne Ii est dégradée et le peptide CLIP est libéré et remplacé
par un peptide issu de la protéolyse endosomale. Après fusion avec la membrane cytoplasmique,
le peptide sera présenté à la surface de la cellule et pourra ainsi être reconnu par les cellules T
CD4+ (Figure 7).

Figure 7 : biosynthèse des molécules HLA de classe I

6. LES ROLES DU SYSTEME HLA

6.1. Présentation du peptide antigénique

Les molécules du CMH jouent un rôle fondamental au cours de la réponse immune par leur
capacité à présenter le peptide antigénique aux cellules T. En effet, un lymphocyte T (CD4+ ou
CD8+) ne peut reconnaître le peptide antigénique que lorsque ce dernier est associé aux

- 80 -
Chapitre I : RECONNAISSANCE DE L’ANTIGENE

molécules du CMH de l’individu: c’est le phénomène de restriction allogénique. De ce fait,


cette propriété de présentation de l’antigène est cruciale d’une part au cours de la maturation
lymphocytaire T, dans ce cas elle est à la base de la sélection clonale (positive et négative), et
d’autre part, au cours de la réponse immune.

6.2. Le polymorphisme et l’alloréactivité : Rôle en histocompatibilité

La multiplication des loci dans chacune des deux familles du CMH et l’apparition d’un
polyallélisme au niveau de chacun des loci a généré un grand polymorphisme. Celui-ci est surtout
important au niveau du site de liaison des peptides. En effet, une modification, même minime,
pourra donc modifier la présentation antigénique d’un façon importante. Cette variabilité pourrait
se traduire alors par une susceptibilité (ou une résistance) personnelle particulière vis-à-vis de
certaines affections. Cette variabilité individuelle est aussi responsable des phénomènes
d’alloréactivité au cours des transplantations d’organes.

7. LES APPLICATIONS CLINIQUES DU SYSTEME HLA


Le CMH présente plusieurs applications cliniques :

 CMH et maladies
L’analyse du système HLA au cours des différentes pathologies a pu montrer une
association de certaines maladies (le plus souvent auto-immunes) avec certains haplotypes HLA
(exp : HLA-B27 et spondylarthrite ankylosante, HLA-B51 et maladie de Behcet). L’explication de
telles associations est encore mal comprise.
 CMH et transplantation d’organes
Le devenir d’un transplant dépend essentiellement de la réaction immunologique (humorale
et cellulaire) que développe le receveur vis à vis des antigènes propres au donneur et portés par le
greffon. Le degré de compatibilité entre les antigènes du CMH du donneur et du receveur dans
une transplantation est l’élément déterminant de son succès.
 CMH et médecine légale
Le CMH présente une valeur informative importante dans l’expertise médico-légale du fait
de son polymorphisme et la rareté de certains allèles.
 CMH et étude de la génétique des populations
L’étude du polymorphisme HLA permettent de suivre les migrations des populations et ont
donc un grand intérêt en anthropologie.

8. LES METHODES DE TYPAGE DES ANTIGENES HLA

Le typage HLA est fondamental pour la transplantation d’organes. En effet, pour qu’une greffe
d’organe ne soit pas rejetée, il faut qu’il y ait une compatibilité entre le donneur et le receveur
dans le système HLA. Plusieurs techniques ont été développées et sont actuellement utilisées pour
le typage. Elles comprennent :
 Des méthodes sérologiques ou réaction de microlymphocytotoxicité (Figure 8) reposent
sur l’aptitude des anticorps cytotoxiques (après action du complément), spécifiques des
différentes molécules HLA à reconnaître des déterminants allotypiques de ces molécules à
la surface cellulaire. Elle repose donc sur l’étude de la lyse des lymphocytes du sujet à typer
par des anticorps de spécificité connue en présence de complément .
 Des méthodes cellulaires : basées sur la capacité qu’ont les lymphocytes à proliférer (in
vitro) en présence de cellules non identiques pour le système HLA. La prolifération de ces
cellules répondeuses (lymphocytes T du malade) au contact de cellules stimulantes
(lymphocyte B de phénotype connu bloqués par la mitomycine) est mesurée généralement
par l’incorporation de thymidine radioactive .
 Des méthodes biochimiques

- 81 -
Chapitre I : RECONNAISSANCE DE L’ANTIGENE

 Des méthodes de biologie moléculaire : basées sur la technique d’amplification génique


utilisant des couples d’amorces spécifiques d’allèle.

+ +

Lymphocyte AC anti-Ag1 C ’ Complexes Ag1-AC Lymphocyte


(Ag1) lysé

+ +

Lymphocyte AC anti-Ag2 C’ Pas de complexes : Ag1, Lymphocyte


(Ag1) AC et C ’ restent séparés indemne

Figure 8 : réaction de microlymphocytotoxicité complément dépendante

9. CONCLUSION

La structure particulière des molécules HLA leur permet d’exercer la fonction de présentoir
pour des peptides variés. Leur subdivision en 2 sous familles (classe I et classe II) a doté le
système immunitaire d’un double jeu de glycoprotéines fonctionnant en parallèle, chaque classe
retreint la présentation des peptides à une sous population particulière des lymphocytes T.
L’intérêt du système HLA en pratique courante réside dans son implication majeure en
transplantation d’organes d’une part et d’autre part dans ses associations à certaines maladies. La
diversité de ses allèles en fait en outre un marqueur extrêmement puissant dans les études
familiales ou de populations et dans le domaine médico-légal.

QUESTIONS D’EVALUATION
Question n°1 : A propos de la structure des molécules du CMH II

A- Les molécules sont formées de deux chaînes polypeptidiques


B- Le polymorphisme de la chaîne  est plus important que celui de la chaîne 
C- Les deux chaînes sont codées par le chromosome 6
D- A l’intérieur de la cellule, les chaînes de la molécule du CMH II sont associées à la
chaîne invariante
E- La chaîne  possède un seul domaine extracellulaire

Question n°2 : Dans le système HLA, les antigènes de classe I

A- Peuvent être en déséquilibre de liaison entre eux

- 82 -
Chapitre I : RECONNAISSANCE DE L’ANTIGENE

B- Sont responsables d’une restriction allogénique lors de la cytotoxicité par les


lymphocytes T
C- Peuvent être en déséquilibre de liaison avec les marqueurs allotypiques des
Immunoglobulines
D- Peuvent être en déséquilibre de liaison avec les antigènes HLA de classe II
E- Les déséquilibres de liaison de ces antigènes varient selon les populations étudiées

Question n°3 : La chaîne invariante


A- Est codé par le chromosome 5
B- Est très polymorphe
C- Empêche la fixation des peptides exogènes sur les molécules du CMH de classe I
D- Empêche la fixation des peptides endogènes sur les molécules du CMH de classe II
E- Est clivée par les enzymes intra cellulaires pour libérer le peptide antigénique

Question n°4 : La synthèse et la migration des molécules HLA s’accompagnent des phénomènes
immunologiques suivants
A- L’association des molécules HLA et peptides se fait à la surface de la cellule
présentatrice de l’antigène
B- Les molécules HLA classe II s’associent à la chaîne invariante avant de fixer le peptide
antigénique
C- Le peptide antigénique est synthétisé en dehors de la cellule présentatrice de l’antigène
D- Le déficit en 2 microglobuline empêche l’expression des molécules de classe I
E- Les molécules HLA ne s’expriment à la surface de la cellule présentatrice de l’antigène
que si elles sont associées au peptides antigéniques

Question n°5 :
Dans le système HLA, les antigènes de classe II
A- Sont mis en évidence par des réactions sérologiques
B- Sont responsables d’une restriction allogénique lors de la reconnaissance de l’antigène
C- Sont exprimés à la surface des lymphocytes T activés
D- Peuvent être exprimés par des cellules impliquées dans une maladie auto-immune
E- Sont la cible des cellules T cytotoxiques

- 83 -

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