CAMPUS DE POITIERS
COMMENTAIRE D’OUVRE “COUP DE CŒUR”
CAVALCANTE FERNANDES Marcelo Antônio
18/11/2022
Sultane dans un intérieur (1835), de François-August Biard
Ce document a pour but d’exposer et explorer les émotions provoquées par cette œuvre dans
l’esprit d’un élève en deuxième année de Sciences Po. Cette analyse, à la fois pensée comme
un commentaire d’œuvre et à la fois comme un essai personnel, est écrite dans le cadre du
Parcours Civique de la deuxième année, dans le domaine de la médiation culturelle.
Introduction:
Dans un premier moment, nous nous intéresserons à des aspects techniques de l’œuvre en
question. Sultane dans un intérieur est une peinture réalisée par François-August Biard en
1835. Le tableau est une peinture faite à l’huile, qui possède 65 centimètres d’auteur et 54,4
centimètres de largeur. L’inscription choisit par l’auteur, c'est sa signature, en coin bas, à
gauche. Il y en a très peu des sources d’informations que peuvent nous répondre si l’œuvre
en question a été produite dans le contexte d’une commande, mais elle est surement inspirée
et s’inscrit dans l’ensemble des œuvres produits après le cadre de son voyage au
Moyen-Orient, et ici plus précisément, de la région de l’Anatolie, dans l’actuelle Turquie.
Dans la cadre descriptive, le tableau représente une jeune demoiselle blanche, aux cheveux
blonds, avec un regard oblique. La jeune femme se trouve dans l’intérieur d’un salon d’une
pièce “orientale”. Elle tient à sa main gauche un lavta turc, un instrument musical à cordes
traditionnellement associé à l’héritage turc-ottoman. Dans le premier plan, dans l’environ
immédiat à la jeune demoiselle, on peut observer que l’artiste représente trois éléments: une
bouilloire à té, un balai et un lit, de style oriental, avec des draps de couleur rouge foncé. En
deuxième plan, il y a une fenêtre ouverte, qui laisse la lumière du soleil rentrer dans la
chambre dans une perspective de dispersion. On observe aussi, par la fenêtre, l’ambiance
intérieure du bâtiment: une façade qui reflet la lumière du soleil de couleur blanche, avec une
architecture typiquement iranienne, avec une mise en valeur des arcs du style pishtak, bien
comme des minarets et des colonnes typiquement gréco-romaines, c’est qui nous fait penser
encore une fois à l’architecture anatolienne de l’Empire Romain du Occident.
Désormais, maintenant, nous nous intéresserons à des aspects personnels de la part de la
personne que vous écrivez. Mon choix pour l’analyse de cette œuvre en particulier se donne
pour des différentes raisons, mais la plus importante, c'est l’intérêt que je porte sur le Moyen
Orient, où j’ai décidé de partir pour ma troisième année et où je me trouve présentement (plus
précisément, à Istanbul), où je me sens particulièrement de plus en plus intéressé par l’art et
architecture ottomane et arabe. De plus, j’aimerais bien travailler dans un sujet que touche ce
que le théoricien et professeur anglais palestino-américain Edward Saïd appelle
l’Orientalisme, dans son plus important ouvrage homonyme, (Orientalism, 1978).
Ainsi, selon Saïd, l’Orientalisme pourrait être défini très grossièrement comme la courante de
pensée philosophique, sociale, artistique et même politique qui émerge dans la moitié du
siècle XIX et qui esquissera tout la construction de l’imaginaire populaire derrière la notion
de ce qui est «oriental», ce qui s’accorde depuis un point de vue essentiellement eurocentriste,
comme nous pouvions vérifier dans l’extrait suivant, issu de l’ouvre Orientalism:
(...) Therefore, as much as the West itself, the Orient is an idea that has a history and a
tradition of thought, imagery and vocabulary that have given it reality and presence in and
for the West (...) The pheomenon of Orientalism as I study it here deals principally, not with a
correspondence between Orientalism and Orient, but with the internal consistency of
Orientalism and its ideas about the Orient despite or beyond any correspondence or lack,
thereof, with a “real” Orient. (...)
De cette façon, le tableau de François-Agust Biard me permet de tracer un tissu des idées bien
définies entre l’Orientalisme de Saïd et le regard des Beaux Arts Français du XIXᵉ. Comme
nous avons antérieurement mentionné, le tableau en question met en évidence dans un même
plan des éléments «occidentales» qui ne dialoguent pas forcément entre eux: à savoir, les
colonnes grécos-romaines, les pishtaks iraniens et le latva turc-ottoman, ce qui nous renvoient
de manière très fort à l’imaginaire du peindre: cet à dire, à ce qu’il avait pu garder en tête lors
de son passage au Moyen-Orient. On peut donc, à cause de ces subtils « incohérences» inférer
que l’auteur n’a pas pris en question les énormes différences ethniques et culturales que les
objets représentés par lui symbolisent, ce qui peut être un exemple assez problématique de ce
«regard européen» par rapport au Occident dans le XIXe.
Ensuite, il me semble aussi intéressant analyser le choix du peindre de représenter en premier
plan quatre objets assez emblématiques de la femme occidentale, selon le point de vue
«oriental»: les balais, le lit, la bouilloire à té, et enfin, l’instrument à cordes. On peut donc
inférer que l’acteur a voulu représenter les valeurs d’une société qui accorde à la femme une
place assez délimitée par des stéréotypes de genre: celui de la femme ménagère, dotée des
atouts artistiques, qui, malgré sa valeur, reste tout de même un objet sexuel pour son
compagnon. Par contre, un regard plus attentif peut aussi remarquer que de tous ces trois
objets, le seul qui est dans la main de cette femme, c'est l’instrument, ce qui peut indiquer une
non-subversion à ces valeurs traditionnelles et une revendication de la place de la femme dans
cette même société, bien comme une tentative de cette jeune femme d’échapper de sa réalité
par le moyen de l’art.
BIBLIO(SITE)GRAPHIE:
- SAÏD, Edward W, Orientalism, Pantheon Books, New York, 1978.
- https://www.alienor.org/collections/oeuvre/37210-tableau-sultane-dans-un-interieur