En Europe : Nous sommes le 1er septembre 1939 lorsqu’Adolf Hitler, un dictateur et chef du parti nazi
en Allemagne fait un discours au reichstag annonçant l’invasion de la Pologne. L’homme d’état ne
divulgua pas ses véritables intentions de règne et de soif de pouvoir ; et fit passer cette attaque comme
une opération de défense. Cette excuse n’avait point de sens car les troupes polonaises étaient sous
équipées, ce qui révéla plus rapidement que prévu les plans du dictateur. L’invasion serait donc
l’évènement déclencheur de la Seconde Guerre Mondiale puisqu’après les autres pays de l’union
européennes se sont mêlés puis les autres alliés et ennemis extérieur de l’Allemagne se sont ralliés au
combat.
La Seconde Guerre Mondiale : La Seconde Guerre mondiale a été un conflit qui a touché tous les
pays, sauf les pays neutres. Le bilan humain est catastrophique, avec entre 60 et 80 millions de morts,
plusieurs millions de blessés, et 30 millions d’Européens déplacés en raison des changements de
frontières, surtout en Europe orientale1. Ce conflit fut le plus coûteux en vies humaines de toute
l'histoire. Les victimes du génocide ont été particulièrement touchées 2.
Cette guerre aggrava la situation des tziganes, des juifs et des noirs dans le monde entier. Ils étaient
considérés comme des moins que rien par la majorité, on les donnait l’image des détenteurs de la
classe social la plus basse. Ils étaient déjà méprisés dans l’entre-deux guerres, les noirs qui restaient
dans l’esclavage établie par les colonialistes et les juifs persécutées (chaque jour que Dieu fait) par les
nazis. De plus en 1940, lorsque les Américains participèrent enfin au combat, ils envoyèrent plus
d’hommes noirs car ils sont peu considérés dans les troupes armées. Les personnes dont la couleur de
peau différaient de la leur étaient traités comme des objets, des animaux sales et sauvages. Rare sont
ceux qui était totalement libre et bien traités. Il y’avait très clairement une mise à l’écart de la société.
En Martinique : cette ile ne sera considérée comme un archipel français quand 1946, elle avait donc
toute ses chances de devenir indépendantes comme les iles britanniques et se rallié aux puissances
américaines
#Présentation de l’auteur : A cette même date, Tout juste marié à l’étudiante martiniquaise Suzanne
Roussi, Aimé Césaire rentre en Martinique en 1939 pour enseigner au lycée Schoelcher de Fort-de-
France, principale ville de l’île. Il publie Cahier d’un retour au pays natal, salué par l’un des inventeurs
du surréalisme, André breton. Aimé Césaire a alors vingt-six ans. Né le 26 juin 1913 à basse-pointe,
commune située à la pointe nord de l’île de la Martinique, il a eu une enfance martiniquaise, au sein
d’une famille nombreuse de sept enfants, qui ne connaît pas la misère. En tant que petit-fils du premier
instituteur noir en Martinique, il brille à l’école primaire et obtient une bourse pour entrer au lycée. Il
quitte l'île en 1931, après son baccalauréat, muni d’une bourse du gouvernement français pour entrer
en hypokhâgne au lycée Louis-Le-Grand où il a préparé le concours d'entrée à l'École normale
supérieure (ENS) en 1935. Ses années parisiennes lui font prendre conscience de la composante
africaine de son identité martiniquaise. Durant ces années, l'étudiant martiniquais découvre la
littérature contemporaine, fortement marquée par le surréalisme, tandis que s'affirme sa
vocation poétique. Mais il se lie également avec des étudiants antillais, guyanais et africains, et
s'engage contre le colonialisme. Il participe ainsi à la fondation de la revue L'Étudiant noir, et forge,
notamment avec Léopold Sédar Senghor et Léon Gontran Damas, le concept de « négritude »,
affirmation d’une fierté créatrice noire qui succède à la honte née de la domination coloniale. C'est
probablement au cours de ces années 1935-1936, pendant lesquelles il traverse une crise profonde,
morale et spirituelle, mais aussi identitaire et littéraire, que Césaire commence à rédiger
le Cahier, qu'il ne cessera de remanier durant les dix années suivantes. A l’après-guerre, Alors que la
Martinique est sous le joug de l’Etat Français, il fit un séjour de six mois en Haïti, il publie avec sa
femme Suzanne Roussi-Césaire, René Ménil et quelques autres la revue Tropiques, lancée en 1941,
que le régime finira par interdire en 1943. 1943, cela conforte dans son engagement pour l’éveil de la
conscience noire. L’engagement est aussi politique.
Sous la bannière du parti communiste, dont il s’éloignera plus tard, il est élu à 32 ans, en 1945, maire
de Fort-de-France, et, l’année suivante, député de la Martinique à l’Assemblée nationale, où il fait
voter la création des départements d’outre-mer, sa carrière politique est marquée par de grandes luttes
à l'échelle nationale comme pour la départementalisation des colonies ou encore sa dénonciation des
positions du PCF en 1956. Il fonde le Parti Progressiste Martiniquais en 1958 qui revendique
l’autonomie de la Martinique et s’engage dans la valorisation de la culture en Martinique et la
modernisation de l’île. Une vie entre Fort-de-France.
Poète, dramaturge, homme engagé et fondateur du mouvement qui se fait appeler « Négritude », Aimé
Césaire a traversé le XXe siècle en restant fidèle à son identité revendiquée de « nègre fondamental ».
Il ne survit pas aux années de guerre où la Martinique, administrée par le régime de vichy, vit sous
blocus des Etats-Unis, il meurt le 17 avril 2008 à l’âge de 94 ans. Il laisse les six enfants nés de son
mariage avec sa femme, une militante engagée comme lui et morte en 1966. Cette une grande figure
de la pensée anticoloniale, son influence politique est mondiale. Il est également un poète qui continue
de marquer les générations.
Il nous a laissé un héritage de ses pensées avec :
● Cahier d'un retour au pays natal (1939)
● Discours sur le colonialisme (1950)
● Cadastre (1961)
● La tragédie du Roi Christophe (1963)
● Une saison au Congo (1966, théâtre)
● Moi, laminaire (1982, poésie)
Le surréalisme : le mouvement du surréalisme est une Révolution de la poésie par l’exploration du
subconscient et la conquête d’un nouveau langage, reconnaissant dans le rêve et l’écriture automatique
les plus sûrs moyens d’accès à un surréel libéré de toute logique causale et, par là-même, riche d’une
véritable poésie et d’un humour insolite. »
Le poème « Cahier d’un retour au pays natal » est un texte d’une quarantaine de pages rédigé en vers
libres. Le « Cahier d’un retour au pays natal » est celui du retour à la Martinique, qui s’accompagne de
la prise de conscience de sa condition inégalitaire de Noirs publiés pour la première fois dans la
rubrique Volontés en1939. Il représente une dénonciation forte du racisme et du colonialisme. Il y
mêle l’expression de sa révolte à des métaphores audacieuses telles que « ma négritude n’est pas une
taie d’eau morte sur l’œil mort de la terre ». « Cahier d’un retour au pays natal » constitue l’un des
points de départ de la négritude, mouvement littéraire rassemblant des écrivains francophones noirs
autour de thèmes comme l’anticolonialisme. Son recueil marque la naissance d’une nouvelle
expression poétique caribéenne, un poète qui s’autoproclame porte-parole de cette lutte à visée
universelle. Il présente la négritude comme un appel à la révolte après des siècles de soumissions à une
puissance coloniale, ici la France et les pays colonisateurs. Cette œuvre littéraire peut être considérée
comme un point de départ de la négritude que l’auteur poursuivra dans d’autres œuvres. Dans cet
ouvrage, le poète revient sur les premières années de sa vie, marquées par la misère et la corruption. Il
écrit donc sur les bases de ses souvenirs pour y dénoncer les dures réalités sociales ainsi que la
diversité culturelle qui y règnent. Il semble écartelé entre deux cultures : Européenne et Noire.
Il commence avec un tableau des Antilles colonisées :
Anaphore avec le repère spatiotemporel « au bout du matin »
Présentation des Antilles par les clichés et préjugés typique des iles au point de vue des
colonisateurs (un idéal des tropiques)
o « le soleil »
o : la vision va du plus large au plus resserré => l’archipel « les Antilles », puis une île «
l’extrême, trompeuse, désolée eschare sur la blessure des eaux », une « plage des
songes », une « ville plate… » , la « foule criarde »
o
La violence des colonisateurs sur son peuple (avec des adjectifs péjoratifs assimilés a la beauté
des lieux)
o Dans les deux cas, on est frappé par la dimension négative de la description, marquée
par l’idée de dépérissement que traduit l’omniprésence d’un vocabulaire dépréciatif…
- Ainsi, le début de cette poésie présente la Martinique à travers une périphrase qui
souligne la dévastation dans lequel l’environnement se trouve, ainsi que sa fragilité
(elle est une « eschare sur la blessure des eaux »), le nègre observé voit, de la même
manière, son visage qui est représenté comme une topographie d’une ile particulière :
son nez semble « une péninsule en dérade » puis apparaît « percé de deux tunnels
parallèles » ; son visage, quant à lui, est constellé de cicatrices qui forment autant d’ «
îlots scabieux » .Dans les deux extraits, on note le fait que la préfaces semble
imprégner tout ce que le poète décrit : il utilise le vocabulaire de la maladie pour
décrire la souffrance de son peuple (« les Antilles grêlées de petite vérole », ; «
pourrissant sous le soleil », ; « crevant de pustules tièdes » « sa négritude même qui
se décolorait », on a faire a de la personnification
Elle est présente par cette ville mais celle-ci est une métonymie, les « Antilles » serait une
référence pour parler des antillais et le poète insiste surtout sur la relation affective qui le soude à son
peuple : l’amant de cet unique peuple) ou dans cette unique race. Il se consacre à sa cause, à laquelle
il « se cantonne » ; vous savez pourtant mon amour tyrannique suggèrerait presque l’idée d’une
relation passionnelle, jalouse et donc exclusive. D’ailleurs il rejette l’image du « mari » au profit de
celle de « l’amant »
Le colonialisme est là, en filigrane son île a des comptes à régler. Mais Césaire refuse de
s’enfermer dans la loi du Talion : ne faites point de moi cet homme de haine pour qui je n’ai que
haine Son amour pour le genre humain va au-delà : vous savez que ce n’est point par haine des autres
races / que je m’exige bêcheur de cette unique race Défendre la cause d’un peuple opprimé solidarise
avec tous les autres peuples opprimés, mais pas seulement : Il œuvre pour la faim et la soif universelle
En rétablissant la dignité humaine, il redonne ses lettres de noblesse à la notion d’homme. Il ne
souhaite pas devenir l’homme qu’il détesterait en détestant les racismes de ce siècles
– La finalité de ce combat est la liberté : libre enfin. L’intimité close suggère une terre
qui échappe au viol de l’occupant et qui vit en autosuffisance, produisant la succulence des fruits.
Libérer son peuple ; libérer tous les peuples opprimés ; libérer le genre humain.
– C’est un vibrant appel à la fraternité : Césaire se conçoit comme le frère.
La mission du poète
1. Un poème de lutte
– Césaire fait preuve d’une grande détermination : il refuse de se laisser détourner de sa
mission par quelque réaction que ce soit : ni les rires ni les cris , celui-ci doit rester indifférent aux
réactions qu’il suscite, qu’on l’insulte ou qu’on le loue. Les rires de raillerie, les cris de souffrance ou
de menace ( ?) n’y feront rien. Dans son texte, Césaire affirme sa volonté très clairement : ce que je
veux , c’est sommer. Il est paradoxal de vouloir la liberté (libre enfin) par un amour tyrannique :
Césaire est prêt à tout pour cet affranchissement, y compris aller contre la volonté même de son
peuple, si celui-ci est résigné.
– Mais il s’impose la même exigence. Il est prêt à assumer son rôle de guide, de tête de
proue
– Il s’exhorte lui-même pour trouver la force : Césaire compte plus sur lui que sur Dieu
pour soutenir sa cause.
– La lutte armée ? la prière paradoxalement virile souligne que pour Césaire
l’engagement est action. Ses mots trahissent sa pugnacité : Donnez à mon âme la trempe de
l’épée (V.6), métonymie très classique du combat, où la dureté du fer, obtenue par la trempe,
symbolise la virilité de son possesseur. L’alliance des termes abstrait (âme) et concret (épée) renforce
l’engagement. Le poète ressemble à un héros épique, prêt à se lancer dans une geste glorieuse : faites
de moi l’exécuteur de ces œuvres hautes / voici le temps de se ceindre les reins comme un vaillant
homme (V.19/20). Une autre métonymie exprime la lutte, celle du poing : comme le poing à
l’allongée du bras (V.12)
– La violence est latente, suggérée par les
mots sang (V.13), ressentiment (V.14), haine (V.21).
2. La lutte oratoire
– Mais si Césaire se projette en héros épique, c’est avant tout en héraut de la liberté,
qu’il se fait porte-parole Son combat passe par les mots.
– Des mots qui sonnent comme un chant religieux. Le mot prière débute l’extrait. Selon
Edouard Maunik , Césaire est « un prêtre de la révolte ».
– La poésie de Césaire est incantation. L’extrait débute aussi par au bout de ce petit
matin, qui est repris dans le texte intégral, comme un refrain. Leitmotiv qui le martèle 29 fois, qui
imprime le rythme, lui donne une cadence . Dans cet extrait, le rythme est impulsé par les
nombreuses anaphores : donnez-moi ; faites de moi. Elles rappellent une litanie. Césaire psalmodie. Il
choisit aussi les mots pour leur sonorité : recueillement/ensemencement (V.17/18)
– La poésie est musicalité. Chez Césaire, elle rejoint le rythme de l’oralité de la culture
noire. Par ailleurs l’usage du vers libre est signe d’affranchissement par rapport aux règles classiques
de la culture dominante (celle des colons, dans la langue desquels il s’exprime.). L’écriture poétique
est déjà un geste de libération, qui s’accorde à la revendication politique. Césaire subvertit le langage
des colons pour le rapprocher du souffle du rythme africain, donc de ses racines. « Exprimer l’âme
noire avec le style nègre en français » comme l’ écrivait Senghor.
III. Le poète trace l’avenir
Poète visionnaire
– Césaire se souvient de « Fonction du poète », de Hugo ; il s’attribue la même mission
de prophète : sur cette ville que je prophétise, belle (V.2).
– Il œuvre pour l’avenir de son peuple (et du genre humain affranchi) : Au bout de ce
petit matin (V.1) est une métaphore de l’éveil. C’est l’aurore de la libération.
– En se voulant bêcheur de cette unique race (V.26), il cultive pour l’avenir, en
véritable homme d’ensemencement (V.18)
– Du prophète, il adopte la sagesse : Faites moi rebelle à toute vanité, mais docile à son
génie (V. 11) La première partie du vers signale son exigence morale alors que
l’antithèse rebelle/docile accentue la bienveillance ; d’ailleurs, le paradoxe docile (…) comme le
poing (V.11/12) marque une sorte de pacifisme. Faites de moi un homme de recueillement (V.17), ce
recueillement paraissant, par sa passivité, antinomique de l’action précédemment étudiée. Dès lors le
mot « frère » peut aussi revêtir une connotation plus religieuse.
– Devenir un homme d’initiation (V.16), n’est-ce pas être un initié ?
2. Prophète ou simple mortel ?
– Le verbe « prophétiser » (V.3) semble faire du poète un élu.
– Certaines formulations vont même jusqu’à donner l’idée d’un poète se voulant
démiurge : donnez à mes mains puissance de modeler (V.5) L’image, biblique, rappelle la création
d’Adam avec de la glaise. L’occurrence du père, du fils (V.9) rappelle la trinité (privée toutefois du
saint esprit). En se voulant à la fois homme de terminaison et homme d’initiation (V.15/16), Césaire
semble être le début et la fin, l’Alpha et l’Omega ? C’est vrai qu’il est le Verbe (poétique). Néanmoins
ses références religieuses se mêlent à celles, païennes, de son île : la foi sauvage du sorcier (V.4)
– Pourtant, Césaire réaffirme sans cesse son humanité : cf. l’anaphore lancinante : faites
de moi un homme. Certes, quand il se projette en père, fils, frère, amant unique de cette race (par
l’emploi du déterminant défini le) (V.9/10), il prend une dimension absolue surhumaine. Mais il ne se
projette que dans des rôles très concrets (le père géniteur), par des images elles aussi très concrètes
(comme celle de l’agriculture). Il n’y a aucune volonté de sortir de l’enveloppe charnelle : l’homme
est amant ; la terre est un gigantesque sexe féminin (intimité close) L’homme revendique la sensualité
de la condition humaine.
Conclusion
– Poème qui chante l’appartenance à un peuple, à une terre ; qui loue le rapport
consubstantiel de l’homme à son milieu , à ses racines.
– Poème de lutte qui invite à se libérer de toute oppression mais qui prône aussi un esprit
de tolérance et d’ouverture à l’Autre.
– Poème qui rêve d’accorder à l’homme l’omnipotence divine mais seulement pour faire
respecter, la dignité de la condition humaine.
– Poème qui recourt aux mots de l’oppresseur (langue du français) mais qui leur impulse
le rythme d’un chant noir, pour mieux le subvertir.