Fiche ressource 1
Repérer les composantes du cycle d'exploitation
I La notion de cycle d’exploitation
Le fonctionnement d’une unité commerciale entraîne la réalisation d’opérations
qui se reproduisent régulièrement (par exemple, des investissements tous les 5 ans
ou des achats de matière première tous les 15 jours). On dit qu’elles sont
cycliques.
Un cycle correspond donc à une succession d’opérations. On distingue trois types
de cycles :
Le cycle de Le cycle Le cycle
financement d’investissement d’exploitation
Il regroupe les Il regroupe les opérations Il regroupe les
opérations liées à des liées opérations liées à
événements aux investissements de l’activité courante de
correspondant l’unité commerciale (ex. : l’unité commerciale,
au financement de acquisition d’une c’est-à-dire
l’unité commerciale machine). l’ensemble des
(ex. : emprunt, Ces opérations impactent opérations réalisées
augmentation de l’entreprise plusieurs depuis l’achat des
capital). années. Il s’agit là encore biens et services
Ces opérations d’un cycle long (ou « à nécessaires à
impactent l’entreprise long terme »). l’activité
plusieurs années. Il habituelle de l’unité
s’agit donc d’un cycle commerciale jusqu’à
long (ou « à long leur vente (achat,
terme »). stockage, vente).
Ces opérations se
répètent plusieurs fois
au cours d’une année.
Il s’agit d’un cycle
court (ou « à court
terme »).
L’étude du cycle d’exploitation permet de vérifier la bonne marche de l’unité
commerciale indépendamment de sa politique de financement et d’investissement.
II Les composantes du cycle d’exploitation selon
l’activité
Le nombre d’opérations diffère selon le type d’activité de l’unité commerciale.
Prestataire de
Activité industrielle Activité commerciale
services
L’unité commerciale L’unité commerciale L’unité commerciale
achète des matières achète à des vend des services
premières à des fournisseurs des (produits immatériels
fournisseurs. Celles-ci marchandises qu’elle – par exemple, un
peuvent être stockées stocke avant de les savoir-faire) à ses
avant d’être revendre à ses clients. clients. Le service est
transformées en produits Les marchandises ne conçu en même temps
finis, qui peuvent aussi subissent pas de que sa vente aux
être stockés avant d’être transformation. clients.
vendus aux clients.
EXEMPLE EXEMPLE EXEMPLE
Pour un constructeur Pour un concessionnaire Pour une agence de
automobile, le cycle automobile, le cycle location de voitures,
d’exploitation est d’exploitation est le cycle d’exploitation
composé de 5 étapes : composé de 3 étapes : est composé de
1. Achat des matières 1. Achat des voitures 3 étapes :
premières (pièces chez le fournisseur 1. Achat des voitures
détachées, tôles…) 2. Stockage des voitures 2. Stockage des
2. Stockage des matières 3. Vente des voitures voitures
premières 3. Location des
3. Assemblage et voitures
fabrication des voitures
4. Stockage des voitures
5. Vente des voitures
Remarque : le nombre d’étapes peut varier selon les spécificités de l’unité
commerciale.
EXEMPLE
Pour un coiffeur (prestataire de services), le cycle d’exploitation ne comporte
qu’une seule étape, la coupe de cheveux étant réalisée en même temps que la
vente.
Fiche ressource 2
Identifier les flux physiques et financiers dans le
cadre de l'activité quotidienne de l'UC
L’activité quotidienne de l’unité commerciale donne lieu à des mouvements
appelés « flux ». Les documents commerciaux retranscrivent en partie ces flux
entre l’unité et ses partenaires extérieurs.
I La distinction entre les flux physiques et les flux
financiers
On distingue deux types de flux :
– les flux physiques : mouvements réels de biens et de services (achat et livraison
de matières premières, vente de produits finis…) ;
– les flux financiers : mouvements de contrepartie des flux physiques (règlement
des achats, encaissement des ventes…).
EXEMPLE
Flux de l’activité quotidienne dans une entreprise industrielle
II Les documents commerciaux accompagnant les
flux physiques
D’après le Code de commerce (article R123-237), les documents commerciaux sont
les factures, notes de commande, tarifs et documents publicitaires ainsi que toutes
correspondances et tous récépissés concernant son activité et signés par
l’entreprise ou en son nom.
EXEMPLE
Documents commerciaux utilisés au cours de l’activité quotidienne
Nom du Bon de Bon de
Devis Facture
document commande livraison
Émetteur Fournisseur Client Fournisseur Fournisseur
Récepteur Client Fournisseur Client Client
Utilité Précise le Permet au Permet de Constate la
prix des client de prouver la vente des biens
biens et/ou confirmer son livraison des et/ou des
des services acceptation biens et/ou services et
proposés par du devis et sa des services. déclenche la
le commande de demande de
fournisseur. biens et/ou paiement.
de services.
Document Non Non Non L’émission
obligatoire ? obligatoire, obligatoire. obligatoire, d’une facture
sauf dans les mais souvent est obligatoire
cas suivants utilisé car s’il entre
énumérés par est signé par professionnels
la loi : le client, il mais facultative
– prestations peut servir de pour un
de services preuve en cas particulier.
lorsque le de litige.
prix ne peut
être
déterminé à
l’avance ;
– exécution
de travaux
d’un montant
estimé
supérieur à
150 €.
Fiche ressource 3
Respecter la réglementation en matière de
documents commerciaux
Les documents commerciaux sont la mémoire de l’entreprise, ils permettent de
garder une trace de toutes les opérations effectuées. Ils servent également de
preuve en cas de litige.
I Les éléments constitutifs des documents
commerciaux
Les documents commerciaux contiennent des informations différentes selon
l’utilité du document (la mention d’une date de livraison peut apparaître sur un
bon de commande mais pas sur un devis). Ainsi, le Code de commerce dresse la
liste des informations minimales obligatoires pour tout document commercial
(articles R123-237 et R123-238). Cependant, certaines mentions peuvent apparaître
sur les documents même si elles ne sont pas juridiquement obligatoires car elles
ont toute leur utilité en pratique : la date de réception n’est pas obligatoire sur un
bon de livraison, elle est pourtant indispensable.
II Les éléments constitutifs de la facture
L’article L441-3 du Code de commerce précise les mentions obligatoires de la
facture, seul document obligatoire :
En cas d’omission de l’une de ces mentions, le fournisseur encourt des sanctions :
Sanctions
Sanctions fiscales Sanctions civiles
pénales
Pour non- La facture est La vente est annulable si les
respect de la nécessaire au calcul mentions peuvent induire en erreur
loi de la TVA. le consommateur.
La facture doit être :
– rédigée en double exemplaire : le vendeur et l’acheteur doivent en conserver
chacun un exemplaire ;
– conservée 10 ans sous format papier ou numérique.
Fiche ressource 4
Les flux financiers : les modes et outils de
règlement
La facture émise ou reçue par l’unité commerciale enclenche des encaissements ou
des décaissements, immédiats ou futurs. Ces règlements peuvent être effectués
avec divers outils.
I Les modes de règlement fournisseurs et clients
Dans la pratique, l’unité commerciale a la possibilité de payer ses fournisseurs :
– immédiatement, c’est-à-dire le jour de l’émission de la facture : on parle de
règlement « au comptant » ;
– ultérieurement, c’est-à-dire que le fournisseur accorde un délai de paiement : on
parle de règlement « à crédit » ou « à terme différé ».
Remarque : le délai de paiement débute le jour de l’émission de la facture, le jour
de la livraison du bien ou le jour de la réalisation de la prestation de service.
Ces modes de règlement dépendent des accords de négociation entre les parties.
Lorsque le fournisseur accorde un délai de paiement, l’unité commerciale a une
dette vis-à-vis de lui. Lorsque l’unité commerciale accorde un délai de paiement à
son client, elle détient une créance sur lui.
EXEMPLE
II Les outils de règlement utilisés par une unité
commerciale
Outils Définitions Précisions légales
Espèces Ce sont les billets et Les espèces ne peuvent pas être
les pièces. refusées en règlement d’une dette.
Cet outil est peu utilisé Le paiement en espèces d’un
pour les paiements particulier à un professionnel ou
entre entreprises, mais entre professionnels est autorisé
très utilisé par les jusqu’à 1 000 €.
particuliers.
Chèque L’émetteur demande à Il est possible de refuser le
sa banque de payer paiement par chèque ou de
une certaine somme à demander un montant minimal
un bénéficiaire. d’achat ; la clientèle doit en être
Ce moyen de paiement clairement informée par voie
est assez risqué d’affichage. Il est possible
(fraude). également de demander la
présentation d’une ou de deux
pièces d’identité.
Carte Elle permet les On peut refuser le paiement par
bancaire règlements dans les carte bleue ou demander un
unités commerciales montant minimal d’achat ; la
affiliées au réseau clientèle doit en être clairement
carte bancaire et les informée. Une signature est
règlements par obligatoire pour tout d’achat
Internet. supérieur à 1 500 €.
Virement Il consiste à verser une
somme d’argent d’un
compte à un autre sans
utiliser d’instrument
de paiement.
Prélèvement Il permet de recevoir L’autorisation du détenteur du
directement une compte est obligatoire.
somme d’un compte
bancaire.
Fiche ressource 5
Déterminer les durées du cycle d'exploitation
Le cycle d’exploitation de l’unité commerciale peut durer de plusieurs jours à
plusieurs mois. Sa durée dépend de l’activité de l’unité commerciale, de sa gestion
des stocks et des délais de paiement fournisseurs et clients.
I La durée du cycle d’exploitation
La durée du cycle d’exploitation correspond à la période qui s’écoule entre les
achats de matières premières ou de marchandises (flux physiques) et
l’encaissement des ventes de produits finis, de marchandises ou de prestations de
services (flux financiers). En principe, cette durée est plus longue dans les unités
commerciales qui ont une activité industrielle (voir FR 1).
EXEMPLE
II Les conséquences des décalages entre
encaissements et décaissements
1. La durée du besoin de financement
Selon son activité, l’unité commerciale doit le plus souvent effectuer des
décaissements avant même d’avoir commencé à encaisser le produit de
ses ventes : cette période engendre un besoin de financement.
EXEMPLE
2. La durée de la ressource de financement
Lorsque les encaissements ont lieu préalablement aux décaissements, l’unité
commerciale n’a pas un besoin mais une ressource de financement. C’est surtout le
cas des unités commerciales dont :
– les dettes fournisseurs sont élevées (notamment dans la grande distribution, qui
impose des délais de règlement longs à ses fournisseurs) ;
– les stocks sont peu élevés (du fait de leur rotation fréquente, par exemple),
d’autant plus s’il s’agit d’une activité commerciale (les marchandises sont
revendues sans transformation) ;
– les clients paient au comptant.
EXEMPLE
Fiche ressource 6
Évaluer le montant du besoin en fonds de
roulement (BFR) ou de la ressource en fonds de
roulement (RFR)
Le besoin en fonds de roulement (BFR) ou la ressource en fonds de roulement (RFR)
découlent de la durée du cycle d’exploitation et des décalages entre encaissements
et décaissements. Ils sont évalués en unité monétaire.
I Les notions de BFR et RFR
Le BFR (ou besoin de financement) représente le montant qu’une unité
commerciale doit avancer afin de couvrir les décalages entre ses décaissements
(dettes) et ses encaissements (créances). Ce montant devra être mobilisé en
permanence par l’unité commerciale afin de financer le cycle d’exploitation. Les
unités commerciales qui reçoivent leurs encaissements avant de décaisser n’ont
pas besoin de financer leur cycle d’exploitation. Elles disposent au contraire d’une
RFR qui pourra financer le cycle d’investissement.
II L’évaluation du BFR
1. L’évaluation passée à partir de données comptables
Pour calculer le montant du BFR ou de la RFR, il faut utiliser les données chiffrées
issues des documents comptables de l’unité commerciale : l’ensemble des créances
(clients, fiscales…), la valeur des stocks, l’ensemble des dettes (fournisseurs,
fiscales, sociales…).
Aux créances clients, il faut éventuellement ajouter les autres créances (État,
personnel…) et aux dettes fournisseurs, il faut ajouter les autres dettes (fiscales et
sociales…). Cela permet de voir l’impact du BFR (ou RFR) sur la trésorerie.
EXEMPLE
Impact
Données du bilan Explications sur le
BFR
Créances clients Avant de vendre, l’entreprise a dû faire des
et autres achats de matières premières ou de
Besoin de
créances : marchandises. Les créances représentent
60 000 €
60 000 € donc l’avance de trésorerie faite par
l’entreprise avant de vendre.
Stocks : 40 000 € Les stocks correspondent à la valeur des
biens achetés non encore revendus. Là Besoin de
encore, l’entreprise a dépensé ces sommes, 40 000 €
elle a fait une avance de trésorerie.
Dettes Les dettes fournisseurs représentent les
fournisseurs et achats non encore payés. C’est un peu Besoin de
autres dettes : comme si les fournisseurs prêtaient de 20 000 €
20 000 € l’argent.
BFR = 60 000 + 40 000 – 20 000 = 80 000 €. L’unité commerciale doit donc
disposer de 80 000 € pour financer le cycle, sinon elle aura une trésorerie
négative (découvert) : il s’agit ici d’un BFR.
2. L’évaluation future à partir des durées du cycle
Une estimation du montant du BFR ou de la RFR peut être faite à partir du chiffre
d’affaires, des achats prévisionnels et des durées moyennes du cycle
d’exploitation.
Remarque : généralement, les créances clients et les dettes fournisseurs sont
connues TTC. Il faut donc les comparer à des achats ou des ventes TTC.
EXEMPLE
Le BFR lié à l’exploitation est évalué à : 41 667 + 40 000 – 33 333 = 48 334 €.