UNIVERSITE CATHOLIQUE DU CONGO
PSYCHOLOGIE GENERALE
PLAN DU COURS1
Chapitre I. Histoire de la psychologie
Chapitre II. Méthodes en psychologie
Chapitre III. Grands domaines de la psychologie
Chapitre IV. Les courants de la psychologie
Chapitre V. Etudes des concepts fondamentaux
0. Introduction
Ce cours apporte des éléments de réponse aux questions ci-après : Qu’est-ce que la
psychologie ? Quelle est son origine ? Quel est son objet d’étude ? Et quelles sont ses
méthodes ?
Par l’approche pédagogique privilégiée, il permettra aux étudiants de mieux cerner les
contours de cette science humaine en menant une étude approfondie de certains de ses
concepts fondamentaux tels l’intelligence, la mémoire, le langage, la perception,
l’apprentissage, la motivation et la personnalité.
À la fin du cours, l’étudiant sera capable de :
- définir la psychologie
- situer l’origine de la psychologie
- identifier quelques grands courants et théories de la psychologie
- indiquer l’objet d’étude de la psychologie
- indiquer les méthodes de la psychologie
- Expliquer les concepts fondamentaux de la psychologie.
Le cours est structuré en deux volets : le premier volet dénommé volet magistral, retrace
l’origine de la psychologie et expose les éléments fondamentaux à partir desquels la
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Ce texte permet aux étudiants de compléter leur prise de note. Sa structure est inspirée de :
- Kouakou, O (2006). Cours de psychologie générale. Inédit.
- Ngub’Usim Mpey-Nka, R. (2015). Cours de psychologie générale. Inédit.
- Tshibanda, W. (1984). Psychologie. Editions Impala.
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psychologie a obtenu le statut d’une discipline scientifique autonome. Le second volet est à
visée pragmatique. Il consiste à impliquer les étudiants dans la recherche en groupe en vue de
découvrir et d’approfondir certains concepts fondamentaux de la psychologie générale.
A. Volet magistral
La psychologie est un corps des connaissances qui a subi des profondes mutations au cours de
l’histoire de la pensée humaine. Les faits étudiés aujourd’hui ne sont pas ceux qui ont été
étudiés il y a des décennies. Nous nous proposons dans ce premier volet d’étudier l’origine,
l’objet et les objectifs de la science psychologique.
I. Histoire de la psychologie
I.1. Les origines de la psychologie scientifique
I.1.1. La psychologie philosophique
La psychologie philosophique marque le début de la psychologie. Parmi les philosophes qui
ont abordé les domaines considérés comme appartenant à la psychologie, on peut citer :
ARISTOTE, SAINT THOMAS D’AQUIN, RENE DESCARTES ET DAVID HUME.
- ARISTOTE (384-322 Av. J.C) et la psychologie vitaliste.
Dans son éminent livre « De l’âme », ce philosophe grecque distinguait la réalité en monde
animé et monde inanimé. Pour lui, le monde animé est l’objet de la psychologie. Mais la
conception de psychologie d’ARISTOTE ne se limitait pas à cette science, elle étendait son
objet au niveau de la vie en général. De ce fait, la psychologie d’ARISTOTE était autant la
biologie, la physiologie que la philosophie. Cependant, ARISTOTE faisait la différence entre
ce qu’il appelait la psychologie métaphysique ou philosophique et la psychologie positive
(empirique ou expérimentale). La confusion entre la psychologie et la biologie subsistait
cependant. C’est pourquoi la psychologie d’ARISTOTE fut aussi appelée « psychologie
vitaliste ».
- SAINT THOMAS D’AQUIN (1227-1272) et la psychologie des Facultés
Le moyen âge a suivi docilement la voie tracée par l’antiquité grecque. C’est ainsi que Saint
Thomas d’AQUIN continue toujours à définir la psychologie comme l’étude de l’âme, cette
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dernière est conçue comme un tout. L’âme est pour lui « Le principe immédiat qui est à
l’origine de toutes les opérations en l’homme ». C’est le principe qui nous fait sentir, nous fait
développer physiquement et nous fait mouvoir dans l’espace. L’homme possède néanmoins
certaines facultés comme l’intelligence, la volonté et les sensations. Pour cela, la psychologie
thomiste fut appelée la psychologie des Facultés.
- RENE DESCARTES (1596-1650) et le Conscient
On retrouvera encore cette importance de l’âme chez DESCARTES à la différence que pour
cet auteur, l’âme n’est plus considéré comme une « forme » du corps, mais unie à lui
(association). Chez DESCARTES, la psychologie connaîtra une évolution en ce sens que cet
auteur introduira le concept de « conscient » et y déduira l’étude de la psychologie. Il
distinguera ainsi le monde matériel (comprenant aussi bien le monde animé qu’inanimé et
définit par l’espace, la forme, le mouvement= l’objet de la physique) et le monde immatériel
(pensée, désir, volonté) comprenant l’activité consciente et faisant l’objet de la psychologie.
- DAVID HUME (1711-1776) et la psychologie empirique
Le philosophe écossais DAVID HUME amène des idées révolutionnaires en psychologie.
Inspiré du courant de la renaissance et du succès des sciences physiques à l’époque, HUME
veut fonder une psychologie des activités mentales sur un modèle analogue à celui de
l’attraction newtonienne selon lequel : « les idées complexes proviennent de la combinaison
des idées simples qui s’attirent les unes les autres ». « Ces constellations psychologiques, il
faut les constater et les analyser. Vouloir à tout pris les expliquer c’est se laisser aller dans des
hypothèses sans réalités objectives, à des fictions métaphysiques. L’âme est pour HUME une
hypothèse superflue en psychologie ».
I.1.2. La psychologie scientifique
En 1860, FECHNER (1801-1887) publie en Allemagne son livre intitulé « Élément de
psychophysique » qui marque une étape importante dans l’histoire de la psychologie. En tant
que mathématicien, magicien, il était aussi préoccupé par la question de la métaphysique et il
cherche à montrer l’identité de l’esprit et de la matière. Il veut qualifier l’intensité de la
sensation en rapport avec l’intensité de la stimulation.
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En cherchant une relation entre énergie mentale et énergie physique, FECHNER qualifie les
phénomènes psychiques. Ses travaux sont à l’origine de la « mesure » en psychologie ainsi
que l’étude des seuils.
Dans une optique différente, HELMHOLZ (1821-1894) étudie les mécanismes de la vision
des couleurs, de la perception et de la hauteur des sons. Il emploie notamment la technique du
temps de réaction pour mesurer la valeur de l’influx nerveux. Néanmoins le véritable
fondateur de la psychologie scientifique est WUNDT (1832-1920). Physiologiste de
formation, il a travaillé avec FECHNER et WEBER. En 1879, il crée à LEIPZIG le premier
laboratoire de la psychologie expérimentale.
Les débuts de la méthode expérimentale sont d’ailleurs les plus caractérisés par l’utilisation
de ses méthodes. Celles-ci procèdent à l’analyse de processus de conscience, à ses éléments et
décrivent comment ces éléments sont associés les uns aux autres. Pour cela il utilise des
nombreux appareils qui permettent de standardiser l’observation. Ses travaux portent sur les
sensations et les perceptions. L’influence de WUNDT est considérable : des nombreux
psychologues du premier plan sont formés chez lui entre autres : CATTELL, KÜLPE….
Si c’est dans les laboratoires allemands qu’est née la psychologie expérimentale,
l’établissement de la psychologie en France, en Grande Bretagne, en Russie, aux États-Unis
est marqué par la culture intellectuelle de chaque pays et dépend de leurs instituts propres.
En Grande Bretagne, l’influence de DARWIN (1809-1882) s’étend à la psychologie et ouvre
le champ de la psychologie comparée entre l’homme et les animaux. Il est le créateur de la
psychologie différentielle et il s’intéresse à l’héritabilité des capacités intellectuelles. Sa
méthode consiste à mesurer un grand nombre d’individus et à le situer par rapport à la
situation. L’étude statistique et leurs applications se poursuit après lui en Grande Bretagne
avec PEARSON, BRAVAIS…
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I.1.3. Relations de la psychologie avec les autres sciences
Avec la physiologie
Il existe une étroite interdépendance entre la vie mentale et la vie organique. Pour se produire,
les faits de conscience exigent un corps organisé et vivant. Mais, à leur tour, ils exercent une
certaine influence sur l’organisme. Une lésion au cerveau peut entraîner des troubles
psychiques, tout comme une émotion violente peut déranger l’organisme et, parfois même,
provoquer la mort instantanée. La psychologie et la physiologie, tout en se distinguant auront
donc entre elles des rapports utiles et nécessaires.
Avec la sociologie
La sociologie est la science des phénomènes sociaux, ceux-ci déterminent d’une façon ou
d’une autre le comportement humain, d’où des rapports doivent exister entre psychologie et
sociologie. La sociologie nous permet ainsi de connaître le milieu de l’individu pour mieux le
comprendre.
Avec la philosophie
Dans la pratique psychologique il arrive au chercheur de déborder le cadre restreint de
l’explication du comportement pour s’élever, par le raisonnement, des faits à leur cause
dernière. Il se pose des questions sur la nature, l’origine et la destinée des principes. Ce sont là
autant de problèmes qui relèvent de la philosophie et dont s’occupe plus particulièrement la
psychologie rationnelle.
Avec la biologie
Le développement, tant physique que mental, d’un enfant dépend dans une certaine mesure de
l’hérédité. Les accidents chromosomiques, se produisant au moment de la fusion de l’ovule et
du spermatozoïde, peuvent être à la base de certaines oligophrénies.
Intelligence, aptitude, caractère, relèvent de la psychologie mais il est aussi utile de voir dans
quelle mesure l’hérédité influence ces phénomènes. Raison pour laquelle psychologie et
biologie entretiendront des rapports utiles.
Avec la physique
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En étudiant la nature des phénomènes du milieu ambiant, la physique permet à la psychologie
d’acquérir la notion de stimulus et de seuil dont les expériences aideront à élucider la nature
du comportement, et même de traduire celui-ci en formules mathématiques.
I.2. Les objectifs de la psychologie
Les objectifs principaux de la psychologie se résument à la description et à des explications
des faits comportementaux.
- Description : Décrire un comportement revient à présenter ou à représenter ce
comportement en image. C’est aussi faire la genèse de ce comportement de telle manière
que celui qui vous lit ou qui vous écoute puisse cerner le comportement en question. Il
importe de relever que la description en psychologie nécessite un certain consensus au
niveau des descripteurs : critère permettant aux psychologues d’être unanimes, d’accord
sur la présence, l’absence, le degré de cette conduite. Il est donc nécessaire que des
éléments sans ambiguïté soient choisis pour définir ce dont on veut parler.
- L’explication : Expliquer un comportement, c’est exposer les arguments vérifiables sur
lesquels reposent ces comportements, c’est mettre l’accent sur le mot « quoi »,
« pourquoi » et le « comment ».
Exemple : Pourquoi les élèves trichent et comment ils le font ?
Il faut remarquer que c’est à partir de ces objectifs principaux que la psychologie est
devenue scientifique. C’est un corps de connaissances, c’est une science en tant que telle,
elle est obligée d’être apprise. La psychologie telle qu’elle nous intéresse ici, c’est l’étude
scientifique du comportement et des processus mentaux. Cette psychologie explicite se
démarque de la psychologie implicite qui était un art lié à l’expérience.
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II. Méthodes en psychologie
L’objet de la psychologie, c’est l’étude du comportement des êtres vivants. Mais comment se
prennent les psychologues pour cerner leur objet d’étude ?
Répondre à une telle question revient à examiner quelques procédés employés par les
psychologues pour comprendre et expliquer le comportement. Nous exposons trois méthodes
majeures à savoir : la méthode introspective, la méthode clinique, la méthode expérimentale.
II.1. La méthode introspective :
La psychologie contemporaine fait large usage de l’introspection. Elle se définit comme une
observation interne, une opération par laquelle la conscience s’observe directement elle-
même.
Par exemple on demande à un sujet de dire si les deux boîtes qu’il soupèse sont égales ou non,
s’il préfère un jour de congé aller en voyage, à la plage ou par quel raisonnement il est
parvenu à résoudre un problème.
La méthode introspective caractérisait la psychologie particulière comme science de l’âme au
18e siècle. Étant donné que l’objet de la psychologie a fondamentalement changé, cette
méthode est l’objet de différentes critiques. Elles se résument en des critiques générales,
behavioristes et psychanalytiques.
- Critiques générales
Indiquent que l’observation obtenue ne peut être vérifiée par les autres car c’est le sujet lui-
même qui s’observe. L’information relevant de l’introspection est subjective dans la mesure
où un autre sujet ne peut apprécier la situation telle que décrite par le sujet qui s’observe.
Le langage étant moyen de communication privilégié par les utilisateurs de l’introspection, il
est impossible de comprendre les sujets très jeunes, les sujets qui ne parlent pas ou qui ne
comprennent pas la langue parlée et les animaux.
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- Critiques behavioristes
Pour la psychologie du comportement, les données de l’introspection ne peuvent pas être
mises en relation avec les conditions particulières et déterminantes. Dans l’élaboration de la
réponse, on ne peut pas distinguer par exemple les stimuli ou facteurs externes pris en
considération sans occulter les facteurs personnels du sujet. Par ailleurs le behaviorisme
ambitionne de faire de la psychologie une discipline scientifique qui n’étudie que des faits,
des événements mesurables et observables. Cette orientation de la psychologie s’oppose
nettement au principe de l’introspection.
- Critiques psychanalytiques
La première objection révèle que l’observateur externe est plus objectif que le sujet lui-même
dans l’interprétation de ses actions. Par ailleurs, c’est la seconde critique de Freud, la méthode
psychanalytique diffère de l’introspection classique (opération par laquelle la conscience
s’observe directement elle-même), dans la mesure où elle met l’accent sur le fait que les
phénomènes conscients ne représentent qu’une petite partie de l’ensemble de vie psychique
du sujet à la manière de l’iceberg (bloc de glace) dont une infime partie est à la surface de
l’eau. Le but de la psychanalyse sera donc de découvrir la nature des phénomènes
inconscients, phénomènes dotés d’un dynamisme propre et dont l’influence sur le
comportement humain serait plus grande que celle des phénomènes conscients.
II.2. La méthode clinique
Initialement le terme « clinique » signifie « au lit du malade », une médecine sans instrument.
Autrement dit, la clinique consiste à observer un sujet sans instrument.
Pour LAGACHE, faire de la clinique c’est « envisager la conduite dans sa perspective propre,
relever aussi fidèlement que possible les manières d’être et de réagir d’un être humain concret
et complet aux prises avec une situation, chercher à établir le sens, la structure et les
démarches qui tendent à résoudre ces conflits… »
Le terme clinique fait également référence à une observation prolongée et approfondie d’un
individu et à une compréhension des manières d’être présentes et passées des sujets. La
méthode clinique consiste donc à étudier de façon approfondie des sujets individuels par des
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techniques d’investigation pouvant être ou non normalisées et ne faisant pas nécessairement
usage d’élaboration statistique. Il s’agit principalement d’entretien, du test et de l’observation.
II.2.1. L’entretien :
C’est le moyen le plus ancien et naturel de se faire une idée de quelqu'un et d’avoir une vue
générale sur ses façons d’être et ses possibilités. Ce n’est pas une conversation simple, une
discussion, un interrogatoire ni une confession. L’entretien est avant tout une rencontre
interpersonnelle faite lors d’une entrevue intentionnelle pendant laquelle le clinicien essaie
d’obtenir des informations sur son interlocuteur en vue d’une évaluation clinique.
II.2.2. Le test :
C’est une épreuve standardisée servant de stimulus à un comportement. Ce comportement est
évalué par comparaison avec celui d’autres individus placés dans la même situation
permettant de classer le sujet examiné soit qualitativement soit typologiquement. Par
conséquent le test est stimulus si et seulement si :
Il est standardisé
Le comportement est enregistré de façon objective
On dispose des normes de référence de comportement d’individu placé dans la
même situation que le sujet examiné.
La position du sujet examiné peut être définie par rapport au sujet de l’étalonnage.
Nous avons des tests qui permettent de mesurer l’habilité verbale, motrice, les intérêts et
l’angoisse.
II.2.3. L’observation :
Observer, c’est appliquer ses sens ou sa conscience à un objet afin d’en acquérir une
connaissance claire et précise.
L’observation permet de percevoir le sujet dans ce qu’il signifie du point de vue
psychologique. Il y a donc lieu de distinguer deux sortes d’observation :
- Observation interne ou auto-observation : Il s’agit d’un effort d’exploration de la
conscience par elle-même. Cette méthode vise deux buts différents : amener une personne
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à mieux se connaître et analyser les faits psychologiques pour en tirer des informations
susceptibles d’être généralisées.
- Observation externe ou extrospection : Elle se fait par les sens sur autrui. Elle permet
d’étudier toutes les personnes, donc de généraliser.
II.3. La méthode expérimentale.
Elle est basée sur le principe du déterminisme causal selon lequel tout effet est produit par une
cause ou toute cause produit un effet. L’expérimentateur crée des modifications ou des
variations au niveau des caractéristiques des sujets et/ ou situation (variables indépendantes)
et il observe des effets de ces modifications sur le comportement (variable dépendante). La
variable indépendante est la cause qui produit un effet, en revanche, la variable dépendante est
la conséquence de la cause.
Par exemple la composition du couple parental affecte les productions scolaires des enfants.
Le développement intellectuel (variable dépendante) est fonction des pratiques éducatives
parentales (variable indépendante).
La démarche expérimentale comprend quatre étapes fondamentales. Il s’agit de : la
formulation d’un problème, l’élaboration d’une hypothèse, la mise à l’épreuve de l’hypothèse
et la formulation de la conclusion au sujet de l’hypothèse.
►La formulation d’un problème : Elle part de constat que tout le monde peut faire tous les
jours.
Exemple : On observe dans certains quartiers de Kinshasa que de plus en plus d’enfants
aiment regarder des films violents. On peut se poser la question suivante : « Les films violents
n’influencent-ils pas l’agression chez ces enfants ? »
►L’élaboration de l’hypothèse : L’hypothèse est une affirmation au sujet d’un
comportement que l’on va vérifier par l’expérimentation. C’est une réponse anticipée et
provisoire à la question à l’étude.
Exemple : Les films violents influencent l’agressivité des enfants.
►La mise à l’épreuve de l’hypothèse : L’hypothèse est testée à l’aide des méthodes
d’observation soigneusement contrôlées.
Exemple : Nous pouvons former deux groupes d’enfants qui ont en commun plusieurs
caractéristiques, même âge, sexe, niveau d’étude, origine sociale…. Un groupe d’enfants qui
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regarde des films violents et un autre qui regarde des films non violents. Nous allons
observer leurs comportements au cours d’un jeu libre en vue de démontrer leurs
comportements agressifs.
►La formulation de la conclusion : Si l’on observe que les enfants qui regardent des films
violents sont plus agressifs dans le jeu libre que leurs homologues ayant vu des films non
violents, alors on dira que les films violents influencent l’agressivité des enfants. L’hypothèse
est donc confirmée. En revanche, si on n’observe pas de différence entre les deux groupes
d’enfants on dira que ces films n’influencent pas l’agressivité. L’hypothèse est donc infirmée.
Conclusion : Le psychologue pour cerner son objet d’étude dispose d’une diversité des
méthodes. La méthode introspective qui était très utilisée dans le début de la psychologie est
de plus en plus délaissée au profit de la méthode clinique et expérimentale.
La méthode clinique est centrée sur l’intervention pratique à l’échelle individuelle alors que la
méthode expérimentale ambitionne de découvrir des régularités dans des faits
comportementaux en vue d’élaborer des lois. Il faut donc savoir que c’est par rapport à
l’objectif que le psychologue s’assigne qu’il opte pour telle ou telle méthode.
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III. Les grands domaines de la psychologie
La psychologie contemporaine est extrêmement vaste. Il est impossible pour un chercheur
d’être au courant ou de faire des recherches dans tous les domaines de la psychologie. Il existe
différentes spécialisations que l’on peut classer en deux grands domaines :
Les psychologies théoriques ou de connaissance
Les psychologies appliquées ou de l’action
III.1. Les psychologies théoriques
Les psychologies théoriques se proposent d’élaborer des lois. Elles se subdivisent en
psychologie de l’individu et en psychologie interindividuelle.
III.1.1. La psychologie de l’individu
Elle comprend la psychologie générale et la psychologie différentielle.
- La psychologie générale :
Elle ambitionne d’élaborer les lois générales applicables à tous les individus. Dans ce sens,
elle peut être expérimentale, fondée sur le principe du déterminisme causal.
Exemple : La motivation détermine les performances des étudiants.
- La psychologie différentielle :
Ici on va chercher à savoir si la loi générale formulée se différencie au niveau des grands
facteurs.
Exemple : La motivation détermine les performances des étudiants. Et par rapport au sexe ?
Et par rapport au milieu social ?
Nous pouvons inclure dans la psychologie de l’individu les psychologies suivantes :
♥ Psychologie de l’enfant : Elle étudie l’enfant pour lui-même. Elle cherche à
comprendre ce qu’il est en tant qu’une entité. On va étudier le développement de
conduites en relation avec d’une part le milieu et, d’autre part, la maturation du système
nerveux et endocriniens. La psychologie de l’enfant s’étend de la naissance à
l’adolescence. En étudiant les conduites de l’enfant, on dit ce qu’il deviendra demain. En
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étudiant l’enfant, on cherche à maîtriser les lois du développement. La psychologie de
l’enfant est une psychologie générale « longitudinale » par rapport à celle d’un adulte qui
est une psychologie générale « transversale ».
♥ La psychologie génétique : Elle se propose d’étudier les processus développementaux
des différentes fonctions mentales. Comment se développe l’intelligence, le langage,
l’attention par exemple. Cette psychologie permet donc de mieux comprendre les
comportements chez l’adulte.
♥ La psychologie du développement : Elle étudie les changements physiques, affectifs,
cognitifs et sociaux qui interviennent durant toute la vie.
Exemple : On peut étudier les effets de la consommation de l’héroïne, l’alcool… sur les
fœtus (la vie intra-utérine).
♥ La psychologie pathologique : Elle se propose d’étudier des anomalies psychologiques
(psychose et névrose), leur genèse, leur évolution et leurs lois. Elle est confondue à la
psychologie clinique qui s’intéresse d’une manière générale aux individus « normaux » et
« anormaux ».
♥ La psychologie animale : Elle porte sur les animaux. Ses comportements au cours des
expérimentations.
Exemple : On détruit le labyrinthe d’un crapaud et on observe les comportements qu’il va
produire. Dans ce cadre, la psychologie animale va se confondre à la psychologie
expérimentale parce qu’elle procède par l’expérimentation. Lorsque le comportement de
l’animal est étudié dans son milieu naturel, on parle de « l’éthologie ».
III.1.2. La psychologie interindividuelle.
Cette psychologie a deux composantes : la psychologie sociale et la psychologie sociologique.
- La psychologie sociale : Elle se propose d’étudier les rapports individu- individu au sein
d’un groupe.
Exemple : Le rapport entre les étudiants au sein de la classe.
- La psychologie sociologique : Elle étudie les rapports de l’individu avec les petits
groupes d’appartenance.
Exemple : Le rapport d’un étudiant et les autres étudiants des autres groupes.
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III.2. Les psychologies appliquées.
Elles se préoccupent de trouver des solutions à des problèmes personnels, à des problèmes
sociaux déterminés. Nous avons entre autres :
- La psychologie clinique : Les psychologues cliniciens s’occupent d’aider des
individus qui ont des problèmes psychiques. Ils les aident à s’adapter à des exigences
de la vie, à surmonter leur mal. Le psychologue clinicien peut traiter les problèmes liés
par exemple à l’angoisse, à la perte de la motivation…Ils travaillent en recourant à des
entretiens, à des tests psychologiques dans des centres psychiatriques.
- Les psychologues conseillers : Ils jouent un rôle qui ressemble à celui d’un clinicien
mais leur particularité est d’aider les personnes dont leur problème n’acquiert pas une
psychothérapie.
- Les psychologues en milieu scolaire et universitaire : Ils ont pour tâche d’identifier
et d’aider les élèves ou étudiants en difficultés, lesquelles difficultés peuvent entraver
l’apprentissage chez ces personnes. Il s’agit des problèmes sociaux, familiaux,
affectifs, des problèmes d’apprentissage (les troubles). Ces psychologues ont recours
aux entretiens avec les élèves, les étudiants concernés, les parents, les professeurs, les
autorités administratives scolaires ou universitaires. Ils utilisent également les tests
psychologiques. L’objectif est de tout faire pour que l’élève puisse donner la pleine
mesure de ses capacités.
- Les psychopédagogues ou psychopédagogie : Ils ont pour tâche d’optimiser les
conditions en classe pour faciliter l’apprentissage. Ils portent leur attention sur la
planification des cours et les méthodes pédagogiques.
Par exemple : ils renseignent les enseignants sur le contenu des cours en fonction des
aptitudes intellectuelles des apprenants, et la manière d’organiser correctement un cours.
- Les psychologues industriels et organisationnels : Ils sont employés pour les
entreprises qui ont besoin de leur savoir-faire, leur art et leur expertise. Ainsi ils
peuvent être commis pour passer en entrevue les candidats à recruter, pour évaluer le
rendement du travailleur, pour motiver les employés à améliorer la productivité, la
satisfaction au travail, pour identifier et modifier les facteurs de stress dans le milieu
du travail, pour rendre les relations « homme-machine » facile et efficace. C’est ce
qu’on appelle « ergonomie ».
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- Les psychologues de la consommation : Ils étudient le comportement des acheteurs
afin de prédire et d’influencer le comportement d’achat.
Par exemple à travers la publicité, ils amènent les consommateurs à se décider à acheter tel ou
tel produit.
- Les psychologues en expertise psycho-légale : Ils sont commis pour émettre auprès
des tribunaux des avis sur les comportements, les motivations des personnes en cause
(les criminels ou les délinquants). Ils recommandent les mesures susceptibles de
résoudre les problèmes de criminalité. On peut faire également appel à leur expertise
dans les cas d’adoption de protection de la jeunesse, d’enfant d’abus physique
(sexuel).
- Les psychologues de la santé : Ils évaluent la façon dont les comportements et les
processus mentaux sont liés à la santé.
Par exemple ils étudient la manière dont le stress influence et contribue à l’évolution de
certaines maladies tels que l’hypertension artérielle, les problèmes cardiaques.
Ces psychologues invitent les malades à adapter un comportement plus sain et à se conformer
aux prescriptions médicales.
- La psychologie du sport : Elle revient à appliquer les méthodes et les motivations de
la psychologie à l’étude et à la modification du comportement des individus qui
pratiquent le sport. Le psychologue analyse les composantes des performances
sportives. Il va appliquer les connaissances acquises au niveau de la biologie (ce que
physiquement présente le sportif ou l’individu), la connaissance relative à la
motivation, la connaissance relative aux méthodes d’apprentissage (l’on met l’accent
sur la compréhension cognitive, la répétition, le renforcement…), la connaissance des
moyens pour combattre le stress, pour améliorer les performances sportives.
En conclusion : la psychologie moderne est subdivisée en deux domaines : Psychologie
théorique et Psychologie appliquée.
La psychologie est dite théorique non parce qu’il s’agit de la spéculation mais en raison des
objectifs qu’elle cherche à atteindre. Elle vise surtout à vérifier les hypothèses et les théories.
C'est-à-dire si elles sont plausibles ou non en vue de formuler des lois.
En revanche, lorsque des données de ces psychologies sont utilisées pour la résolution des
problèmes pratiques, on parle de psychologie appliquée, psychologie d’action ou de
psychologie pratique. En effet, la psychologie théorique mène à la psychologie pratique et
vice versa.
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IV. Les courants de la psychologie ou les enjeux et débats qui traversent le champ
psychologique.
La plupart des historiens fixent la naissance de la psychologie scientifique en 1875 lorsque
WUNDT fonde à LEIPZIG le premier laboratoire expérimental. À partir de là la psychologie
a connu la création des plusieurs écoles de pensée dont le structuralisme, le fonctionnalisme,
le behaviorisme et la gestalt-théorie.
- Le structuralisme :
Il a été fondé par WUNDT. Il vise à analyser les éléments de base ou la structure d’une
expérience mentale consciente. Il soutient que l’esprit est un élément naturel. Par conséquent,
on peut l’étudier comme les autres éléments naturels tels que la lumière, le vent, la chaleur…
Pour le structuraliste, l’esprit fonctionne en combinant les éléments de l’expérience (les
sensations objectives et sensations subjectives) avec la créativité. Cependant, le structuralisme
n’a donc pas perduré. Il a été critiqué pour sa méthode subjective qu’est l’introspection. Un
même stimulus rapporte des expériences différentes selon les personnes.
- Le fonctionnalisme :
Courant de pensée en psychologie crée vers la fin du 19e siècle par William JAMES. Il mettra
l’accent sur les expériences conscientes et inconscientes de la pensée. Dans son ouvrage
intitulé « Principe de psychologie », il affirme que le courant de conscience est continu. Il va
garder la méthode introspective et reste dans la droite ligne du structuralisme. Mais il souligne
que les expériences de conscience ne peuvent pas être découpées en unité fondamentale
comme le prétende le structuraliste. John DEWEY fait parti des fondateurs du
fonctionnalisme de même titre que W. JAMES.
Les structuralistes avaient tendance à poser la question suivante : Quelles sont les parties
psychologiques ou quelles sont les structures psychologiques ? Les fonctionnalistes quant à
eux, posent cette question : Quels sont les buts, les fonctions des processus mentaux ?
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- Le behaviorisme :
Il s’est attardé sur les comportements des rats. Il parle d’apprentissage à partir des faits
observés. Le fondateur est WATSON vers les années 1920. Il formule le principe d’étudier
l’homme avec les méthodes objectives. C'est-à-dire les méthodes qui permettent l’accord
entre plusieurs observateurs. Il nie d’ailleurs que la conscience puisse être un objet d’étude. Il
va s’appuyer sur la démarche de PAVLOV et crée des conditionnements au laboratoire. À sa
suite il y aura le néo-behaviorisme dont les auteurs sont : TOLMAN, SKINNER et HULL .
- La gestalt-théorie :
Fondé par trois psychologues allemands : WERTHEIMER, KOFFKA et KÖLLER. Ils vont
s’intéresser à l’attention (la vue, le toucher, l’ouïe..) et étudier surtout la manière dont la
perception va influencer notre comportement, notre manière de penser, de résoudre le
problème. Pour cela, ils élaborent la loi de gestalt-théorie qui concerne l’organisation des
formes, le principe de la relativité, la transposition, l’isomorphisme des formes physique et
physiologique. Les différentes lois sont :
La loi de proximité
La loi de similarité
La loi de continuité
La loi de symétrie
La loi de clôture
En guise de conclusion, aujourd’hui il est rare de trouver le psychologue qui se définit comme
de structuraliste, comme le fonctionnaliste. Le structuraliste et le fonctionnaliste tel que nous
les avons présentés n’ont plus de représentants mais cela ne veut pas dire qu’ils n’influencent
pas la psychologie. Il y a de moins en moins des behavioristes purs. Aujourd’hui, beaucoup de
psychologues qui sont issus du courant behaviorisme se conçoivent comme des théoriciens.
La gestalt-théorie quant à elle, a donné naissance à des approches de recherche actuelle dans
le domaine de la perception, dans le domaine de résolution des problèmes.
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B. Volet pratique (Exposé)
Il est question de passer en revue tous les aspects relatifs à la vie affective ou aux processus
affectifs (motivation, représentations, émotions…), à la vie cognitive ou aux processus
cognitifs (attention, perception, apprentissage, mémoire, langage et communication, pensée et
raisonnement…) et à la vie sociale ou aux interactions actives avec l’environnement (action,
adaptation, relations sociales…). Ce volet est traité sous forme d’exposé par les étudiants.
V. Études des concepts fondamentaux
Chaque groupe doit traiter le thème correspondant à son numéro.
THEMES THEMES THEMES
1 L’intelligence 18 Les valeurs 35 Le stress
2 La mémoire 19 L’intérêt 36 La volition
3 La perception 20 La cognition 37 La volonté
4 La sensation 21 La compétence 38 Le raisonnement
5 La motivation 22 Le comportement 39 La frustration
6 Le langage 23 La connaissance de soi 40 L’habitude
7 L’apprentissage 24 L’estime de soi 41 L’instinct
8 L’affectivité 25 La conscience 42 Les sentiments
9 L’émotion 26 L’identité 43 Les passions
10 La personnalité 27 L’intuition 44 Les tendances
11 L’aptitude 28 Le jugement 45 L’imagination
12 L’attention 29 Le soi 46 Le caractère
13 L’attitude 30 Le tempérament 47 L’association des idées
14 Les tendances 31 L’intelligence 48 La mémoire
15 La perception 32 La sensation 49 La motivation
16 Le langage 33 L’apprentissage 50 L’affectivité
17 L’émotion 34 La personnalité 51 L’aptitude
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