Thème I : la Terre, la vie et l’organisation du vivant
Partie 2 : A la recherche du passé géologique de notre planète
Chapitre 4 : A la recherche du passé géologique de notre planète
Introduction : La planète Terre s’est formée en même temps que le système solaire, il y a plus de
4,5 milliards d’années. Si une partie des événements géologiques qui se sont déroulés depuis ont
été reconstitués grâce à des modélisations théoriques, certaines traces géologiques toujours
visibles à la surface de la planète permettent de reconstituer une partie de son histoire.
Problématique du cours : comment peut-on utiliser les structures géologiques actuelles pour
retracer des événements géologiques anciens ?
« The present is the key to the past », Charles Lyell
1- La datation des événements géologiques grâce aux roches
1-1) La datation relative
Voir TP 1, principes de la datation relative
Les roches sédimentaires, qui se forment en milieu marin ou terrestre, sont de bons témoins des
conditions du milieu au moment de la formation de celles-ci. La datation relative permet
reconstituer la chronologie relative de structures ou d’événements géologiques de différentes
natures. Les principes de la chronologie relative peuvent s’appliquer à différentes échelles
d’observation :
- principe de superposition : les sédiments se déposent toujours en recouvrant les sédiments
anciens. Si pas de déformation, toute strate est plus récente que celle qu’elle recouvre.
- principe de recoupement : en étudiant les relations géométriques entre les strates, on peut les
classer les unes par rapport aux autres dans le temps. Plis, failles, chevauchements, sont des
déformations postérieures à la formation des strates rocheuses. Toute structure est donc plus
récente que celle qu’elle recoupe. Ce principe s’applique également en cas d’intrusion
magmatique : des plutons ou des volcans sont plus récents que les structures recoupes.
- principe d’inclusion : les inclusions sont des objets emprisonnés dans une strate. Toute inclusion
est plus ancienne que la structure qui l’entoure (ex : zircon daté à 2 Ga emprisonné dans une
roche plus récente).
- principe de continuité : il tient compte de l’érosion. Si plusieurs strates de même composition
sont encadrées par les mêmes strates au-dessus et au-dessous, alors les strates ont le même âge.
D’autre part, certaines strates contiennent des fossiles. Certains de ces fossiles, ayant évolué
rapidement (donc présent sur une courte période géologique) et présents sur une grande partie du
globe, sont appelés fossiles stratigraphiques. Ils sont utilisés pour caractériser des intervalles de
temps, et permettent d’établir un autre principe : le principe d’identité paléontologique selon
lequel deux couches sédimentaires éloignées l'une de l'autre contenant les mêmes fossiles sont
considérées comme ayant le même âge.
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Si l’on identifie des associations de fossiles identiques dans des régions géographiques éloignées,
on peut considérer que ces structures ont été formées en même temps. Ces associations sont des
témoins de certaines périodes.
Ainsi, les coupures dans les temps géologiques sont établies sur des critères paléontologiques : ils
dépendent de l’apparition ou de la disparition de groupes fossiles. La superposition des intervalles
de temps aboutit à l’échelle stratigraphique des temps géologiques, coupée en différents ordres :
- ère : intervalle maximal de plusieurs centaines de millions d’années, il y en a 4, ex ère primaire
- période : intervalle intermédiaire de plusieurs dizaines de millions d’années (ex : Jurassique)
- étage : intervalle recouvrant au maximum quelques millions d’années
1-2) La datation absolue
Voir activité 3 p 90-91 + exercices 10 et 11 p 100 et 101 + TP 3 et 4
Les roches contiennent naturellement des éléments radioactifs. La désintégration radioactive de
ces éléments est un phénomène continu et irréversible à partir de la fermeture du système (arrêt
de tout échange entre le système considéré et l’environnement). C’est donc ce moment qui est
daté, et la date peut parfois varier au sein de la même roche, en raison par exemple de
températures de fermeture différentes pour différents minéraux.
La demi-vie d’un élément radioactif est caractéristique de cet élément : elle correspond au temps
nécessaire pour que la proportion d’éléments-pères radioactifs soit divisée par deux (cf ES
première). La quantification de l’élément père radioactif et de l’élément fils radiogénique permet
ainsi de déterminer l’âge des minéraux constitutifs d’une roche.
Différents radiochronomètres sont classiquement utilisés en géologie. Ils se distinguent par la
période de l’élément père. Le choix du chronomètre dépend de l’âge supposé de l’objet à dater, qui
peut être appréhendé par chronologie relative.
Bilan : les datations relative et absolue sont complémentaires. En utilisant les structures et les
objets géologiques présents, on peut retracer l’âge de formation de la structure et sa chronologie,
parfois avec une précision remarquable grâce aux principes de la chronologie relative et aux
radiochronomètres.
2- Reconstitution d’événements géologiques anciens
2-1) Des domaines continentaux d’âges variés
L’observation de cartes géologiques à grande échelle (cartes géologique au 1/50 000, carte de
France au 1/106) indique la présence de différents domaines continentaux, ayant notamment des
âges différents. Dans certains cas, on constate la présence d’anciennes chaînes de montagne,
également appelées ceintures orogéniques. Il s’agit de zones de suture continentale après des
mouvements de collision entre deux continents.
On les repère notamment grâce à l’existence de massifs granitiques centraux ou de roches
métamorphiques témoins de la collision. L’ensemble de ces roches a été formé en profondeur et
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amené en surface par l’érosion et le réajustement isostatique (la racine crustale disparaît
progressivement et le Moho retrouve sa profondeur normale).
La succession d’événements correspondant à la formation puis à la destruction d’une chaîne de
montagnes s’appelle un cycle orogénique.
Voir carte de France au millionième pour
les chaines de montagne
Voir pages 112-113
Exercice 11 p 119
Voir TP 5
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2-2) Des domaines océaniques disparus
2-2-1) Les traces d’océans disparus
Dans les chaînes de montagne, on peut trouver des complexes ophiolitiques formant des sutures
entre différents domaines. Les ophiolites sont des roches de la lithosphère océanique (basaltes en
coussins, gabbros, péridotites) que l’on retrouve sur le domaine continental. Leur présence sous
forme de suture témoigne de la fermeture de domaines océaniques, suivie de la collision de blocs
continentaux par convergence de plaques lithosphériques.
L’émergence d’ophiolites résulte de phénomènes d’obduction ou de subduction suivis d’une
exhumation.
Les chaînes de montagnes résultent donc d’un raccourcissement absorbé par l’empilement de
lames crustales. Le relief est ensuite aplani par l’érosion, phénomène accompagné d’une remontée
des parties profondes de la chaîne par réajustement isostatique (on trouve donc du granite en
surface par exemple).
Voir TP 6
Le changement de position et de profondeur d’un bloc rocheux entraîne des modifications de
pression et de température au cours du temps. Les roches subissent alors un métamorphisme,
c’est-à-dire un réarrangement minéralogique sans changement de la composition chimique.
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Lorsque les roches subissent une élévation des conditions de P et T, on parle de métamorphisme
prograde. Si les conditions s’abaissent (retour vers la surface), c’est un métamorphisme rétrograde.
Ainsi, la présence de certains minéraux caractéristiques des conditions de HP/ BT (c’est à dire qui
se forment par “transformation” des minéraux initiaux à des valeurs de P et T connues) témoignera
de l’enfoncement progressif des roches de la lithosphère océanique le long d’un plan de
subduction, conséquence des mouvements de convergence (leur exhumation ayant eu lieu de
manière trop rapide il n’y aura pas de métamorphisme rétrograde qui « retire » ces marqueurs).
Voir pages 110-111 + ex 9 p 118, 12 p 119
2-2-2) Les marques de l’ouverture d’un océan.
Les marges passives qui bordent un océan portent des marques de distension, par exemple la
présence de faille normale ou de blocs basculés. Elles témoignent de la fragmentation initiale
avant la formation de la croûte océanique (accrétion océanique).
Voir TP 6
Voir p 108-109 + ex 10 p 118
Le début de la fragmentation continentale correspond aux rifts continentaux (ex : rift des Afars, rift
alsacien). La dynamique de la lithosphère détermine ainsi différentes périodes
paléogéographiques, avec des périodes de réunion de blocs continentaux (collisions orogéniques,
ex Pangée), et des périodes de fragmentation conduisant à la mise en place de nouvelles dorsales
(cas actuel).
Bilan :
Les structures géologiques de surface actuelle sont variées et reflètent l’histoire géologique de la
région. Certaines roches de surface présentes sur les continents sont par exemple typiques de
roches formées dans le domaine océanique. Elles témoignent donc de la présence d’un ancien
océan. Les principes de la chronologie relative, ainsi que le métamorphisme des roches,
permettent par ailleurs de retracer l’ordre dans lequel se sont déroulés les événements. Enfin, la
présence de fossiles et la possibilité de dater l’âge des roches grâce à des radiochronomètres
permettent d’avoir une assez grande précision sur l’époque des événements géologiques étudiés.