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Ce document décrit un établissement gallo-romain appelé Boécourt, Les Montoyes en Suisse. Il contient de nombreuses informations sur cet établissement antique.

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PT1116/1

L'ÉTABLISSEMENT GALLO-ROMAIN DE

BOÉCOURT, LES MONTOYES (JU)

Olivier Paccolat

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Cahier d'Archéologie jurassienne 1
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L'ÉTABLISSEMENT GALLO-ROMAIN DE

BOÉCOURT, LES MONTOYES (JU, SUISSE)

e dil 35 Ci O3ý

výý_Lwý 1 35°I 03ý

I 35°l 0c5
BVU NEUCHATEL

11
32000 000177636
II 1
La Collection des CAHIERS D'ARCHEOLOGIE JURASSIENNE est publiée sous les auspices
du CENTRE D'ETUDES ET DE RECHERCHES (CER) qui réunit les principales associa-
tions et institutions du Jura, en particulier l'Office du patrimoine historique et la Société
jurassienne d'Emulation.

La Collection est née de la collaboration de la Section d'archéologie de l'Office du patrimoine


historique et du Cercle d'archéologie de la Société jurassienne d'Emulation.

La direction scientifique de la Collection est assumée par François Schifferdecker, archéologue


cantonal.

Recherches et rédaction : Edition et diffusion :

Office du patrimoine historique Cercle d'archéologie de la


Section d'archéologie Société jurassienne d'Emulation
Case postale 63 Rue de l'Eglise 36
CH - 2900 Porrentruy 2 CH - 2900 Porrentruy
(tél. 066.66.57.85) (tél. 066.66.68.96)

1991 by Société jurassienne d'Emulation et Office du patrimoine historique, CH - 2900


Porrentruy.

Publié avec le concours du Département de l'Education et du Département de l'Environnement


et de l'Equipement de la République et Canton du Jura.

ý ýýýý
h

Code de citation préconisé

Paccolat Olivier et al. L'établissement gallo-romain de Boécourt, les Montoyes (JU, Suisse).
Office du patrimoine historique et Société jurassienne d'Emulation, Porrentruy, 1991,156 p., 99
fig., 14 pl. (Cahier d'archéologie jurassienne, 1).

Illustrations de la couverture :

Reconstitution du site dans son environnement, vue du sud.


Au dos de l'ouvrage : reconstitution de la "pars agraria".

Dessins de Yves Juillerat

4
Il me reste l'agréable devoir de remercier très vivement les institutions et les personnes qui ont
permis les recherches et le lancement de cette collection, en particulier l'Office fédéral des routes,
le Département de l'Equipement et de l'Environnement de la République et Canton du Jura avec
son Service des ponts et chaussées, les experts de la Commission d'archéologie sur le tracé de la
Transjurane et enfin, la Société jurassienne d'Emulation et son jeune Cercle d'archéologie.

La rencontre fortuite du passé et de l'avenir sur les chantiers de la Transjurane n'éclaire que
mieux notre époque et je ne peux que féliciter et remercier encore tous les acteurs de cette
aventure, des responsables des Routes nationales aux techniciens de fouilles archéologiques, pour
leur patience, leur modestie et leur soutien.

Gaston Brahier
Ministre de l'Education
Président du Gouvernement jurassien

Delémont, janvier 1991


Table des matières

Préface 5 3.2.2 Les pièces C et D 29


3.2.3 L'édifice quadrangulaire 31
Table des matières 7 3.2.3.1 Etat de conservation 31
3.2.3.2 Implantation 31
Avant-propos 9 3.2.3.3 Les terrasses 31
3.2.3.4 La nef centrale et le
1 Introduction 11 bas-côté septentrional 33
1.1 Situation 11 3.2.3.5 Le bas-côté méridional 34
1.2 Historique du site 12 3.2.4 La circulation dans le bâtiment 35
1.3 Déroulement des travaux 15 3.2.5 Datation 35
1.4 Etat de conservation des vestiges 15 3.2.6 Conclusions 35
1.5 Stratégie d'intervention 15
4 Le bâtiment sud 37
2 L'environnement naturel : l'apport de
4.1 Implantation 38
la géologie (M. Guélat) 17
4.2 Le bâtiment primitif (état 1) 38
2.1 Cadre géomorphologique 17 4.3 Les pièces L54 et L55 (état 2) 38
2.2 Le substratum tertiaire 18 4.3.1 La pièce L54 38
2.2.1 Le grès molassique 18 4.3.2 La pièce L55 38
2.2.2 Les graviers vosgiens 18 4.4 La pièce L50 (état 3) 40
2.3 Les formations superficielles 18 4.5 Chronologie du bâtiment 42
2.3.1 Les colluvions : étude du profil 4.6 Conclusions 42
S10B 18
2.3.1.1 Description 5 La zone orientale 43
macroscopique 18
2.3.1.2 But et méthode 5.1 La cabane 44
d'analyse 19 5.2 L'enclos quadrangulaire 44
2.3.1.3 Analyse 5.3 Les fosses 46
micromorphologique 20 5.3.1 Forme, dimensions, remplissage 46
2.3.1.4 Analyse 5.3.2 Interprétation 47
granulométrique 20 5.3.3 Chronologie 48
2.3.1.5 Analyse optique 20
2.3.1.6 Interprétation 21 6 Enclos, limites et aménagement de
2.3.1.7 Conclusion 21 l'ancien étang 49
2.3.2 Les sédiments de la zone humide 21
6.1 L'enclos 1 50
2.3.2.1 La cuvette et son
6.2 L'enclos 2 50
remplissage 21
6.2.1 Fossé 1 51
2.3.2.2 La stratigraphie du
6.2.2 Fossé 2 52
sondage 13 23
6.2.2.1 Côté nord-ouest 52
2.3.3 Synthèse 23
6.2.2.2 Côté sud-ouest 53
2.4 Conclusions 24
6.2.3 Fossé 3 54
2.5 Bibliographie 24
6.2.4 Embranchements 55
AA1M ae
25 %1i LV
sa rn,
llllll r 1ý11VV Pt
VL 1 U111L 11UýV111 Li1IL UU

3 Le bâtiment nord
l'étang 55
3.1 Les premiers aménagements (état 1) 25 6.3.1 Le mur M100 55
3.1.1 Le couloir dallé 26 6.3.2 L'empierrement (st. 49) 57
3.1.2 Les autres aménagements 26 6.4 Chronologie générale 59
3.1.3 Datation 27 6.5 L'étang 59
3.1.4 Conclusions 27 6.5.1 Epoque romaine 59
3.2 Le nouveau complexe (état 2) 28 6.5.2 L'amas de bois (st. 50) 60
3.2.1 L'intégration des 6.5.3 La continuité d'occupation 60
aménagements primitifs 28 6.6 Conclusions 60

7
Matériaux 10.3.1.2 Interprétation 81
7 et techniques (le
63 10.3.2 Profil S1013 81
construction
10.3.2.1 Description 81
7.1 Les murs en maçonnerie 63
10.3.2.2 Interprétation 81
7.1.1 1.c mur Ml 63
10.3.3 Sondage 13 84
7.1.2 Les murs M4, M5, M6, M7,
10.3.3.1 Echantillon 1 84
M8, MI) et M 10 63
10.3.3.2 Echantillons 2à5 84
7.1.3 Le rntrr MI 00 64
10.3.3.3 Echantillons 6à8 85
7.2 Les cloisons légères 65
10.4 Comparaison des résultats 85
7.2.1 Sablière hasse sans solin 65
10.5 Tentative de reconstitution du paysage
7.2.2 Sablière hasse sur solin en
végétal 86
pierres sèches 65
10.6 Bibliographie 86
7.2.3 Solins en maçonnerie 65
10.7 Liste des taxons polliniques 87
7.3 I. cs buscs de colonne 65
7.3.1 La colonnade 65
11 Datation des bois 89
7.3.2 I. cs buscs de colonne latérales 66
66 (G. Lambert et C. Lavier)
7.4 Les contreforts
7.5 Les sols 66 11.1 Généralités sur les bois de Boécourt 89
7.6 La toiture 67 11.2 Datation de la séquence Boécourt M2 90
7.7 I. e bois 67 11.3 Datation des deux autres essences 91
7. S Conclusions 68 11.4 Conséquences de cette analyse 91
11.5 Bibliographie 91
8 Le mobilier archéologique 69 11.6 Note de la rédaction 91
8. I La Céramique fille 69
12 Conclusions 93
8-1 Ia -S anlph()res 70
8.3 Les cruches 70 12.1 De la ferme indigène â la villa rurale 93
8.4 I. a céramique commune à pâte sombre 70 12.1.1 Une "ferme indigène en voie
8.4.1 Les pots et les marmites 70 de romanisation" 93
8.4.2 Les pots et les gobelets 71 12.1.2 La "villa rurale" 94
8.4.3 Les jattes et les écuelles 71 12.2 Les constructions 95
5.4.4 Conclusions 72 12.2.1 La "pars urbana" 95
8.5 I. a Céramique Collllllune à pâte claire 72 12.2.1.1 Le bâtiment nord 95
8.6 Comparaisons 12.2.1.2 Le bâtiment sud 96
avec d'autres 73
établissements 73 12.2.2 La "pars agraria" 96
ruraux et généralités
12.3 Critères d'implantation 97
9 1?tude des ossements (Cl. Olive) 75 12.4 hconomie de l'établissement 97
12.5 Repères chronologiques 99
I. a faune (les bAtinicilis nord et sud 75
12.5.1 Création et occupation 98
1),2 La faune domestique 76
12.5.2 Abandon 98
9,: 3 La famir sauvage 77
12.6 Bilan et perspectives 98
11,4 Le (Irl)eçst}; r, 77
12.7 L'établissement et son environnement 99
'), S Le comlrnu osseux (les fosses 78

Résumé 101
111 Approches pulynulol; ictuc"!c 79
'Lus; uiunCnfussung 102
(A. M. Ittccltuuc) tichnci(icr)
Ahstract 103
M. 1 Intrucluctiun 79
1(j, 7 Mttiu)cIcx 79 Annexes 105
1().;?,1 I. uhurutuire 79
'l'ahlr. (les illustrations 107
I0,1,1 Sommes polliniques 79
Table (ICs symboles 109
10.2.3 ('unsr. rvulion pulliniclur. 79
Tableaux bâtiniclit nord Ili
111,2,4 tiNcliinrnttctiun pollinique et
'l'ahlraux hAtinlr. tlt sud 114
ittlcrhrétutiun (les spectres 71)
'I'ahlraux limites (le l'établissciliclit 116
II), 7,5 ('uclt'r Végétal 81)
Catalogue (les fosses 119
Iu', h t'. tullr! l hulynuluy; iclucx
Liste (les cliscilibles (K) 125
untýt iruý rs Hl) mobilier :-
'1
M. I(tutlr pnlynulu}; iclur t{ll Catalogue 121)
-
111,1,I I. rs moi tiris ci Ic sol I'IilcIlcs 1:17
-
d'occupation 80
111.3,I Description 80 Bibliographie 151
.1

R
Le territoire du canton du Jura ne recèle pas, au Et cet aspect de l'antiquité, Olivier Paccolat a su
contraire des contrées voisines, d'importantes agglo- l'observer et le mettre en valeur, malgré la conserva-
mérations de l'époque romaine. Cela ne signifie pas tion souvent problématique des structures et du
que cette tranche de l'histoire soit inconnue dans la mobilier. On ne peut que l'en féliciter, lui et ses
région, bien au contraire. collaborateurs.

En fait, cri terre jurassienne, l'archéologie gallo- Cet ouvrage n'aurait pu voir le jour sans quelques
romaine commence dès 1716, quand le père jésuite aides et soutiens extérieurs qu'il faut mentionner ici :
Dunod place la bataille de Jules César contre Ario- José Bernai qui se chargea de la topographie de base
viste au pied du Mont Terri, en Ajoie. Cette thèse, du site, les spécialistes en sciences naturelles dont les
rejetée aujourd'hui, sera reprise par Auguste Quique- contributions sont présentées ci-après, les agriculteurs
rez dans son ouvrage sur le Mont Terrible publié à et les autorités de la commune de Boécourt qui
Porrentruy en 1862. Mais cette dernière étude ne acceptèrent les recherches sur le terrain et même
s'arrête pas là ; elle contient aussi un recensement de parfois qui y contribuèrent occasionnellement. Enfin,
l'ensemble des sites archéologiques jurassiens connus il faut aussi signaler Carole Berberat, dont les con-
à cette époque. Une belle part est octroyée à la civi- naissances en informatique ont permis la mise en page
lisation romaine et de nombreux établissements ont de ce volume. Que chacun trouve ici le témoignage
alors déjà fait l'objet de recherches partielles, autant de notre reconnaissance.
dans la vallée de Delémont qu'en Ajoie. Ce fut pro-
bablement le cas de Boécourt présenté dans ce pre- Nous tenons également à remercier le professeur
mier volume des Cahiers d'archéologie jurassienne. Daniel Paunier de l'Institut d'Archéologie et d'His-
toire Ancienne de l'Université de Lausanne qui suivit
Depuis le XIXe siècle, peu de découvertes nouvelles de près l'avancement des travaux et qui a bien voulu
ont été effectuées, mais de nombreuses observations lire une grande partie de cette étude. Le lecteur
complémentaires ont été rassemblées, notamment par averti saura bien reconnaître dans ce cahier tout ce
l'architecte Alban Gerster qui mit sur pied plusieurs qui lui est dû, des méthodes d'approche dans le ter-
fouilles de bâtiments gallo-romains dans la vallée de rain à celles ayant trait .1 l'analyse de la céramique.
Delémont et le Laufonnais. Ces recherches furent
menées principalement entre 1920 et 1960 et abouti- Enfin, notre gratitude s'adresse surtout -l Bernard
rent, en 1983, à la monographie consacrée à la villa Prongué, chef de l'Office du patrimoine historique,
gallo-romaine de Vicques, où les recherches de qui fut le pilier majeur du renouveau de la recherche
reconstitution architecturale sont bien développées, archéologique dans le Jura. Il sut, dès 1980, poser les
laissant malheureusement quelque peu dans l'ombre premiers jalons de la Section d'archéologie et, grâce
le mobilier mis au jour. à sa ténacité et et sa volonté profonde, la mettre sur
pied dès 1985. Par la suite, c'est également grâce .1
Entre-temps était découverte la nécropole de Cour- son soutien de tous les instants que les recherches
roux. André Rais, avec le soutien (le H. G. Kandi et purent se dérouler dans les conditions les meilleures,
A. Gerster, conduisit les recherches sur le terrain et que la présente publication sort (le presse dans des
(le
en 1953 et 1958 ; Stéphanie Martin-Kilcher en publiait délais si brefs.
les résultats en 1976, tout en établissant un bilan (les
dans la vallée de Delémont. Il ne inc reste ainsi plus qu'à souhaitcr que cet
sites romains
ouvrage trouve un hon accueil, autant (je la part (les
I. e présent ouvrage est donc la quatrième monogra- spécialistes en la matière (Ille (les Jurassiens, ci (Ille
relative et la période romaine clans le Jura. La la collection (les Cahiers d'arviléologie jurassienne
phic
fouille (les bâtiments et des installations du site (le puisse se développer comme prévu et espéré dans les
ßoécourt ouvre (les perspectives alléchantes puisque années tl venir.
les structures mises au jour confortent l'importance de
vioques, en tant que villa romaine typique par rap-
A la ferme plus modeste des Montoyes, encore
port
de traditions celtes. !. 'impact (le la civilisation F. tirhiffcrctcckcr
riche
romaine sur des régions campagnardes est ainsi mieux Archeologuc cantonal
et même quelque pet' relativisé. I. e terme (le
perçu
prend ici sa pleine signification.
gallo-romain

9
Chapitre 1 Introduction

1.1 Situation bifurquant au sud vers Bone en Bez et Lajoux, la


route antique menant par le col de Pierre Pertuis vers
L'établissement gallo-romain des Montoyes (commu- Petinesca (Bienne) et Avenches. A l'est enfin, la
ne de Boécourt, JU) se situe au coeur de la chaîne du vallée conduit sans grandes difficultés jusqu'à Delé-
Jura, à l'extrémité occidentale de la vallée de Delé- mont et de là, en direction de Bâle. Il apparaît donc
mont, au centre d'un triangle formé par les villages logique qu'un établissement gallo-romain se soit
de Bassecourt, Boécourt et Glovelier (fig. 1). Le installé à cet endroit. Ses habitants pouvaient ainsi
choix de son emplacement a sans doute été dicté par tirer quelque profit du trafic relativement important
la proximité immédiate de voies de communication et qui empruntait ces axes routiers.
par la position favorable du site, légèrement en
hauteur (coordonnées nationales : 583'566/243'365). Construite sur un léger replat du versant méridional
de la colline La Pâle, face à une petite butte nom-
Trait d'union entre le Plateau suisse et la France, la mée Le Lémont, cette ferme gallo-romaine domine de
vallée de Delémont forme à cet endroit un carrefour quelques mètres un ancien étang (fig. 2, H). Elle
naturel de voies de passage. Au nord commencent s'étend, à une altitude moyenne de 500m, sur une
les premières pentes du col des Rangiers qui permet superficie connue dépassant 4 hectares. Elle com-
de franchir les derniers contreforts du Jura et qui prend dans la partie occidentale deux bâtiments dis-
conduit vers Mandeure. A l'ouest, se profilent l'ou- tants de 50m qui forment l'habitat proprement dit
en direction des Franches-Montagnes et, (fig. 2, A et B), tandis qu'à l'est se développent des
verture

Fig. 1. Situation générale du site des Montoyes (JU).

11
Fi Y.2. Plan général des vestiges archéologiques. A: bâtiment nord ;B: bâtiment sud ;C: cabane ;D: enclos quadran
gulaire ;E: fosses ;F et G: limites de l'établissement ;H: emprise de l'ancien étang selon le plan cadastral de 1851.

aménagements annexes à caractère plus modeste (fig. seur de l'archéologie jurassienne, Auguste Quiquerez.
2, C, D et E). De multiples fossés, ainsi qu'un mur en Les témoignages laissés par cet auteur se résument à
maçonnerie matérialisent les limites de cet établisse- une carte archéologique de la région (fig. 4) et à un
ment (fig. 2, F et G). court texte de commentaires. Malheureusement, le
manque de précision topographique et la description
sommaire des vestiges observés diminuent quelque
1.2 Historique du site peu la valeur de cette documentation.

Milieu du XIXe siècle Non loin de là (Boécourt), nous avons reconnu


...
l'existence d'un établissement romain assezconsidéra-
L'emplacement de cette villa avait déjà été repéré, ble, près de l'étang du Baitou, nous rappelant une
semble-t-il, au milieu du XIXe siècle par le précur- forge où l'on battait le fer. Les ruines romaines

12
terre ont été explorées, et elles ont de
cachées sous Itlil Qt NI IIL I Utl Itl ýý.' ý.
indiqué les débris d'une villa avec des bains : ý,.

nouveau Jltlll I IlýiltllýIlf . ýIMMT


M
y

murailles de deux pieds d'épaisseur en pierres de petit n. "


ýDr16,: N4).A°r r\

appareil, appartements pavés reposant sur un ciment I


fort dur, composé de chaux et de tuile pilée ; frag- fw;
ýlý'
lustrée t ýý

ments de poterie rouge et sigillée et quelques 1

r.i; ýir, --ýýý 1 ...


ýý
ý... .;.,.,-., ýi,ý .
monnaies romaines, dont un Antonin et un Constantin ý ý./, 'ý ý...., ýý ý ý`ý! 'ýwýY;..,,
ý. {, /. ý
iY. iL
, i_

Ier en bronze moyen" (Quiquerez 1862, p. 189-190).


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ýý.. j'_,
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'y -ý .. l
du principal indice toponymique, . ,,," ., ./,,. o, s.. ,ý ý
La disparition /ý
"étang du Baitou", de toutes les archives connues i{ <;4;
,
.( ýý.
tllnýi:. ý.ýmhuuýýulýÎiüqýüýa
complique quelque peu l'identification de ce site avec 7_..

celui de notre villa. Toutefois, après report des 8


ý-.., /::: v/, 'i7, . >
données topographiques fournies par Auguste Qui- ... . .,.
ér+ir"aYs
ttý1.. r'r t
^,
querez sur une carte au 1/25000, l'emplacement
tombe à quelques dizaines de mètres du bâtiment sud Fig. 4. Extrait de la carte archéologique d'Auguste
(fig. 2, B). La présence d'un ancien étang asséché Quiquerez. Le point situé entre les villages de Bassecourt,
Boécourt et Glovelier correspond sans doute au site des
dans les années 1950, en contrebas de cet édifice, ne
Montoyes.
fait que corroborer cette localisation.

La description et l'interprétation des vestiges obser- découvert en 1913. Comprenant 102 monnaies allant
leur simplicité et leur brièveté, confir- du règne de l'empereur Gallien (253-258) à celui de
vés, malgré
dans une certaine mesure cette hypothèse. En l'empereur Décence (350-353), cette série monétaire
ment
effet, l'existence de bains au sens large du terme a été publiée par Herbert A. Cahn sous le titre "Un
parfaitement à la fonction thermale prêtée dépôt monétaire du IVe siècle, trouvé à Bassecourt".
s'accorde
bâtiment sud (chap. 4.3.2). Néanmoins, en l'ab- André Rais, alors conservateur du Musée jurassien de
au
de plans ou de croquis de cet édifice, le doute Delémont, a fourni à l'auteur de l'article les informa-
sence
Doute d'ailleurs renforcé par la découverte tions suivantes :
subsiste.
XIXe siècle d'une monnaie de Constantin Ier en
au
bronze (IVe s. apr. J. -C. ), alors qu'aucun objet "Ces 102 monnaies, ainsi que j'ai pu le remarquer sur
aux invasions de quelques fiches conservées au Musée Jurassien, furent
céramique ou métallique postérieur
260-270 n'a été exhumé lors de la fouille de l'établis- découvertes en un tas il ya 33 ans, soit en 1913. Ces
sement. monnaies furent exhumées sur l'emplacement de la
villa de Bassecourt, sise au sud du village de Boé-
court, sur un monticule ou petite colline. J'ai fait les
recherches nécessaires à ce sujet, et en effet, entre
Bassecourt et Glovelier, mais à droite de la route
cantonale, et au sud du village de Boécourt, s'élevait
une villa romaine assez importante qu'il serait intéres-
sant de fouiller" (Cahn 1945, p. 196).

Quelles sont les sources d'informations d'André


Rais ? Se réfère-t-il à la carte archéologique d'Au-
guste Quiquerez ou possédait-il d'autres renseigne-
ments ? Nous l'ignorons. Quoiqu'il en soit, la descrip-
tion topographique correspond parfaitement à l'em-
placement de l'établissement des Montoyes près de
Boécourt, et c'est à tort qu'il fut attribué à Basse-
court.

Fig. 3. Vue générale du site. L'établissement s'étend sur Quant au trésor monétaire, il a vraisemblablement été
le versant méridional de la colline La Pâle face à la butte
du Lémont (flèche). Entre ces deux petits monticules, un enterré à partir de l'année 353 dans les ruines de la
étang aujourd'hui asséché s'est développé. Vue sud. villa, c'est-à-dire près d'un siècle après son abandon.
La monnaie de Constantin ler citée par Auguste
Quiquerez faisait-elle partie du lot ? Appartient-elle
1913: le trésor monétaire à un autre bâtiment gallo-romain situé dans le voisi-
nage immédiat ? Les futures investigations archéologi-
I1 convient peut-être de mettre cette trouvaille en ques dans la région pourront peut-être révéler de
avec un trésor monétaire d'époque tardive nouvelles surprises.
relation

13
Fig. 5. Plan de situation des sondages effectués en 1987 et 1988. En grisé : sondages positifs.

1987 et 1988 : sondages N16-Transjurane d'occupation de l'âge du Bronze final et d'époque


gallo-romaine furent également mises en évidence
dans la zone orientale du site (fig. 5, E). Des sonda-
C'est à l'occasion des sondages pratiqués sur le tracé ges complémentaires effectués au mois d'août 1988
de la N16-Transjurane que la villa des Montoyes a été sur l'emprise d'une des routes d'accès au chantier de
redécouverte. Mise sur pied par la Section d'archéolo- l'autoroute a révélé l'existence du mur longeant
de l'Office du historique, sous la l'ancien étang (fig. 5, sd 664). Quant au bâtiment sud
gie patrimoine
direction de François Schifferdecker, cette prospec- (fig. 5, B), il a été localisé peu de temps avant le
tion systématique, dirigée sur le terrain par Catherine début des travaux grâce à la présence d'une grande
Masserey, a permis de repérer en 1987 les vestiges du quantité de tuiles, de mortier de chaux et de blocs de
bâtiment nord de la villa (fig. 5, A). Des traces calcaire remontés à la surface par les labours.

14
1.3 Déroulement des travaux méthodes appliquées par le professeur Daniel Paunier
de l'Institut d'Archéologie et d'Histoire Ancienne de
Trois campagnes de fouilles ont permis d'explorer une l'Université de Lausanne (Vidy 83, Vidy 84 et Vidy 85).
surface de près de 5000m2 :

La première intervention s'est déroulée du mois de 1.4 Etat de conservation des vestiges
-
mars 1988 au mois de février 1989 avec une interrup-
tion de quelques semaines à partir du mois de novem- D'une manière générale, les vestiges archéologiques,
bre en raison des mauvaises conditions météorologi- comme c'est d'ailleurs le cas pour la plupart des éta-
ques. Les investigations ont porté essentiellement sur blissements ruraux, sont mal conservés. A l'exception
les deux bâtiments installés sur le replat de la colline de quelques zones préservées, les aménagements ont
(fig. 5, A et B) Parallèlement, le mur aménagé en été fortement arasés et apparaissent le plus souvent
.
contrebas, le long de l'ancien étang (M100), a été sous la forme de fondations ou en creux. Plusieurs
dégagé sur une longueur de 11 mètres et repéré 30 facteurs sont à l'origine de cette dégradation
mètres plus au sud dans une tranchée effectuée à
partir du bâtiment sud. - En premier lieu, les défrichements importants
effectués dès l'antiquité ont favorisé l'érosion natu-
La deuxième intervention a débuté au mois de juin relle de la colline. Tout le côté occidental du replat
-
1989 et s'est achevée au mois de novembre. Les comprenant les deux bâtiments A et Ba été forte-
recherches ont été consacrées cette fois-ci aux limites ment arasé. L'oblitération de la plupart des structures
de l'établissement et à l'aménagement de l'ancien construites dans la pente et la sédimentation insuffi-
étang (fig. 5, F-G). Dans le même temps, une partie sante sur le site en sont les conséquences directes.
des fosses repérées à l'est du bâtiment nord a été Dans la partie orientale également, l'érosion a em-
fouillée sous la direction de Patrick Paupe (fig. 5, E). porté toutes les couches superficielles, si bien que les
vestiges n'apparaissent qu'en négatif (fosses, cabane
Les dernières investigations sur le site ont eu lieu et enclos quadrangulaire).
-
durant l'année 1990. Elles ont porté sur la zone orientale
uniquement. Du mois d'avril au mois de septembre, - La récupération systématique des pierres des murs
Patrick Paupe a exploré de nouvelles fosses (fig. 5, E), au cours des siècles a également contribué à la
tandis que Martial Meystre s'est chargé de la fouille des dégradation rapide des deux édifices. Les fossés
aménagements annexes (fig. 5, C et D), ainsi que des résultant de ce pillage sont nettement visibles à
limites orientales de l'établissement (fig. 5, F-G). l'avant du bâtiment nord (fig. 17).

En moyenne 5à8 personnes ont participé aux travaux. - Les divers travaux effectués en vue de l'aménagement
Il s'agit de Christos Bratos, Bernard Buret, Yves de l'ancien étang ont provoqué des dommages impor-
Convers, Urs Dublin, Vincent Friedli, Yves Froide- tants aux structures situées en contrebas de la colline.
veaux, Martial Meystre, Jean-François Nussbaumer,
Laurent Pellé, Dominique et Myriam Prongué, Gilles - Enfin, les activités agricoles intenses pratiquées dans
Roulin, Pascal Taillard, Francine Viret Bernai et la région, avec des moyens techniques de plus en plus
Emmanuel Ziehli. Pour la fouille des fosses, l'équipe "puissants" ont définitivement bouleversé les niveaux
était composée de Judit Antoni, Ursule Babey, Pierre- archéologiques, occasionnant un arasement général du
Alain Borgeaud, Fabien Convertini, Robert Fellner, site.
Sabine Kradolfer, Claire Léchenne, Jacques Léchot,
Marie-Angélique Mertenat, Jacques Racine, Prisca
Simon, Jan Wlachovsky et Antoine Zürcher. Michel 1.5 Stratégie d'intervention
Guélat s'est occupé des problèmes liés à la géologie
(chap. 2). Bernard Migy a assuré la couverture photo- Les sondages effectués en 1987 dans le bâtiment nord
Il faut également mentionner la présence (fig. 5, A) et la zone orientale (fig. 5, C, D et E) ont
graphique.
épisodique d'ouvriers chargés des gros travaux. donné une idée assezprécise de l'état de conservation
des vestiges archéologiques. Devant la dégradation
Une petite équipe a par la suite fonctionné pour avancée des structures et l'arasement général du site,
l'élaboration des données de terrain et pour la confec- seul le dégagement extensif était susceptible de
tion de ce présent ouvrage. Il s'agit de Martial Meys- permettre une vision globale des installations et de
tre, technicien, d'Yves Juillerat, Francine Viret fournir des éléments de chronologie relative. Par
Bernal et Emmanuel Ziehli, dessinateurs, ainsi que de ailleurs, malgré l'affleurement des constructions, les
Carole Berberat et Bernard Buret, collaborateurs. résultats négatifs de plusieurs campagnes de prospec-
tion par photographie aérienne nous ont conforté dans
La présentation et la mise en forme des résultats le choix de cette méthode, jugée moins hasardeuse
archéologiques s'inspirent dans une large mesure des qu'une fouille par tranchées.

15
L'ensemble des constructions (fig. 5, A, B, C et D) Tous les relevés, à l'exception de l'ensemble des fosses
fut ainsi dégagé tout d'abord à la machine, ensuite (E) pris en charge par Patrick Paupe, ont été effectués
fouillé à la pelle et à la truelle jusqu'au terrain à l'échelle 1:20. A chaque document graphique corres-
Quelques coupes stratigraphiques furent pond une description détaillée consignée sur des fiches
naturel.
ménagées pour assurer le contrôle des décapages et spécifiques. Enfin une couverture photographique
des bâtiments. tous travaux. Le
pour observer l'implantation accompagne ces mobilier archéologi-
que, récolté par zone et par couche, a été rassemblé par
En ce qui concerne la fouille portant sur les limites de ensembles (K = complexe) dont la situation topographi-
l'établissement (fig. 5, F et G), une prospection par que est soigneusement inscrite sur un carnet. La corréla-
sondages géoélectriques a été effectuée dans un tion de ces ensembles fut effectuée lors de l'analyse du
premier temps au mois de mai 1989 en collaboration mobilier en laboratoire (tableaux des couches, p. 111-
avec Mme Dominique Chapelier, professeur de 118). Seuls les objets métalliques et les pièces cérami-
géophysique à l'Université de Lausanne, afin d'éva- ques intéressantes ont fait l'objet d'un relevé en trois
luer l'extension des vestiges. La qualité du substrat dimensions.
naturel, ainsi que la profonde implantation des
structures archéologiques le long de l'ancien étang, Deux réseaux topographiques ont été placés sur le
n'ont malheureusement pas permis d'obtenir les site à partir de points de coordonnées nationales
résultats escomptés. Il fut alors décidé de procéder à connus :
une série de sondages de dimensions variables sur le
tracé du mur et des fossés. Un dégagement extensif - Le premier a été disposé par axes en tenant compte
aurait produit un cubage de terre beaucoup trop des vestiges mis au jour. Il a servi uniquement à la
important, tout en multipliant inutilement les mêmes topographie des dessins de surface ("plana"), à la
informations. Finalement, malgré certains inconvé- situation des objets et au contrôle du deuxième réseau.
nients indéniables (hasard des sondages, difficulté de
suivre le tracé des fossés et du mur), cette méthode - Le second consiste en points posés à la peinture sur
d'intervention s'est révélée globalement positive, les structures en dur existantes. Les axes tirés à partir
puisque seuls quelques tronçons du fossé 2 ont dû de ces repères simplifient considérablement le relevé
faire l'objet d'un dégagement de surface en raison de pierre à pierre des murs et des détails importants.
la fugacité des éléments encore conservés (fig. 50). Il
faut encore ajouter que l'emprise trop importante de A côté de ces systèmes topographiques, les conditions
ces structures nous a contraint le plus souvent à particulières de la fouille de la structure en bois
arrêter les investigations archéologiques. Cette (st. 50) située au bord de l'ancien étang nous ont con-
extension démesurée nous éloignait trop du tracé de traint à construire un réseau orthogonal de 13m sur
la N16-Transjurane et les contraintes des parcelles 7m suspendu à2 mètres au-dessus des vestiges
agricoles ne permettaient pas de nouvelles explora- (fig. 67).
tions.

La profonde implantation des vestiges aménagés le


long de l'ancien étang a quelque peu entravé le bon
déroulement de la fouille. La montée régulière de la
nappe phréatique a nécessité l'installation de puisards
et de pompes. Le ruissellement continuel des couches,
la pose d'étais indispensable pour la sécurité des
fouilleurs et la sédimentation quotidienne, lorsque la
nuit l'eau recouvrait les vestiges, ont été autant
d'obstacles à une fouille idéale. Néanmoins, les
différentes coupes effectuées sur le tracé du mur et
des fossés ont permis de sauver toutes les informa-
tions nécessaires. En outre, la fouille minutieuse de
certains détails, y compris la structure 50 immergée
sous 1 mètre d'eau, a apporté quelques éléments
supplémentaires tant au niveau des structures que du Fig. 6. Vue du bâtiment nord en cours de fouille. Vue
mobilier archéologique. sud.

16
Chapitre 2 L'environnement naturel :
l'apport de la géologie
Michel Guélat

L'approche du cadre naturel de la villa gallo-romaine fondie d'une stratigraphie en liaison avec l'établisse-
de Boécourt, les Montoyes s'inscrit dans une étude ment a déjà livré quelques résultats (chap. 2.3.1).
géoarchéologique menée à l'échelle régionale tout au
long du tracé de la Transjurane, entre Porrentruy et 2.1 Cadre géomorphologique
Delémont (à paraître dans la même collection).
Le site des Montoyes est localisé à l'extrémité occi-
La présence de sites archéologiques à proximité d'une dentale du Bassin de Delémont, vaste synclinal à
zone humide revêt un caractère tout-à-fait exception- couverture tertiaire qui s'ouvre dans la partie nord du
nel pour la région prospectée. Le petit bassin des Jura plissé.
Montoyes et ses alentours ont donc fait l'objet de
recherches particulièrement intenses. Les vestiges gallo-romains ont été découverts sur un
replat à l'altitude de 500m, sur le versant méridional
Seuls les acquis de terrain concernant le site gallo- d'une colline qui culmine à une vingtaine de mètres
romain sont présentés ici. Cependant, l'étude appro- plus haut, La Pâle (fig. 7). Cette petite butte domine

LA PALE 517 m

VILLA GALLO-ROMAINE

500

M
4.15

N
"'N-

wi marais VOJ graviers vosgiens

colluvions EI] grès 1_


molasse
Q'o.
Q.
0 marne
'O alluvions

Fig. 7. Bloc-diagramme schématique de la région des Montoyes (Boécourt JU) montrant les relations entre géologie
La colline de La Pâle est constituée par les &raviers vosgiens (Plio Pléistocène) qui reposent en discordance
et relief.
la molasse (Oligocène). La villa gallo-romaine se situe sur un replat (alt. 500m) parcouru dans son axe nord-sud
sur
la limite entre ces deux formations. Au pied sud-ouest de cette terrasse se trouve une dépression marécageuse oÙ
par
accumulés les sédiments quaternaires. Hauteurs exagérées de 5 fois par rapport aux largeurs.
se sont

17
la plaine alluviale drainée par la Sorne et ses af- tués de galets et de sables structurés en chenaux et
fluents. Elle est constituée par des alluvions ancien- en lits souvent granoclassés ; ces galets sont de
nes, les graviers vosgiens, qui ont subi différentes nature vosgienne (quartzite, porphyre, granite,... )
d'érosion durant le Quaternaire. mais aussi jurassienne (calcaire). Le bâtiment sud
phases
ainsi que la majeure partie du bâtiment nord (fig. 2,
La terrasse sur laquelle a été construite la villa résulte A et B) sont du reste implantés dans ce cailloutis ;
précisément d'une phase d'ablation antérieure au celui-ci offrait une bonne stabilité pour des fondations
dernier épisode glaciaire. Son allongement d'environ tout en assurant un drainage efficace des eaux de
100m selon l'axe nord-sud rétrécit d'autant plus le pluie.
vallon qui prend dès lors au pied ouest du replat la
forme d'une cuvette. Dans ce petit bassin, des sédi- Dans la partie plus orientale du site, là où de nom-
ments se sont accumulés depuis la fin de la dernière breuses fosses furent découvertes (chap. 5.3), la ma-
glaciation et ceci dans des conditions humides créées trice des graviers devient abondante, à dominante
par le substratum molassique peu perméable : un sableuse. Plus à l'est encore, le substratum est formé
étang associé à une tourbière de bas-marais occu- cette fois-ci d'une marne peu perméable entrecoupée
paient le fond de la dépression jusqu'à une époque par de rares chenaux graveleux : on peut supposer
très récente (chap. 2.3.2). que ces terrains naturellement mal drainés parurent
au paysan gallo-romain plus favorables à l'élevage du
bétail qu'à l'agriculture, ce qui semble confirmé par
2.2 Le substratum tertiaire la présence à cet endroit d'un parc à bestiaux (chap.
5.2).
Après décapage de la terre végétale, il est apparu que
le site gallo-romain s'étendait sur deux terrains très
distincts. Une limite géologique parcourt en effet la 2.3 Les formations superficielles
terrasse dans sa longueur, mettant en contact la
molasse à l'ouest avec les graviers vosgiens à l'est Aux environs des Montoyes, les sédiments déposés au
(fig. 7). cours du Quaternaire ont en moyenne une épaisseur
assez faible. A l'ouest cependant, dans la cuvette où
2.2.1 Le grès molassique (c. 4) autrefois existait un étang, les dépôts superficiels tels
que tourbes, limons lacustres et graviers atteignent
Il s'agit d'un grès micacé à ciment calcaire de couleur une puissance maximale de 4 mètres (chap. 2.3.2). A
gris-vert qui contient de la glauconite. Sa stratification proximité des bâtiments, mais aussi sur toute l'exten-
en bancs décimétriques accuse un léger pendage vers sion orientale du site, cette couverture est essentielle-
l'est. ment constituée de colluvions peu épaisses. Il s'agit
d'une formation à granulométrie hétérogène que l'on
Altérée, cette molasse se présente comme un sable rencontre au bas des pentes et qui résulte de l'érosion
limoneux de teinte brun-jaunâtre : la partie occiden- des versants.
tale du bâtiment nord de la villa (fig. 2, A) est
implantée dans ce terrain plutôt meuble, ce qui a
nécessité des aménagements spéciaux (chap. 3.2.3.2). 2.3.1 Les colluvions : étude du profil S10B

On peut postuler que cette formation se situe strati- Une tranchée creusée à l'ouest du bâtiment nord
graphiquement dans l'Oligocène supérieur (environ 30 (situation : dépliant no 1) a révélé dans les colluvions
millions d'années) au vu de son faciès glauconieux qui accumulées au pied de la terrasse une stratigraphie en
s'apparente à ceux de la molasse alsacienne. relation directe avec le site archéologique (fig. 8).

2.2.2 Les graviers vosgiens (c. 4a) 2.3.1.1 Description macroscopique

Plus communément dénommé "galets vosgiens", ce Ce profil situé à une dizaine de mètres à peine de
cailloutis constitue une des particularités géologiques la villa montre une épaisseur de 1,5m de sédiments
du Jura septentrional. Il aurait été mis en place par meubles où l'on peut distinguer 4 unités principa-
de grands fleuves qui, au Plio-Pléistocène, s'écou- les :
laient du pied des Vosges vers le Bassin helvétique
(Liniger 1966). Couche 1

Les graviers vosgiens ont plusieurs faciès dans la Au sommet se trouve la terre végétale homogénéisée
région des Montoyes où ils reposent en discordance par le labourage moderne, l'horizon Ap des pédolo-
sur la molasse oligocène. Dans la partie ouest du site gues ; épaisseur 20cm, couleur brun foncé (Munsell
gallo-romain, à proximité des édifices, ils sont consti- Soil Color Charts : 10YR 3/3).

18
Fig. 8. La stratigraphie S10B. A gauche, coupe du talus à l'ouest du bâtiment nord montrant la position du profil
analysé par rapport aux vestiges gallo-romains (situation : dépliant no 1) ;à noter que le mur M6 repose sur le grès
et non pas sur les graviers vosgiens qui affleurent plus à l'est. A droite, le profil étudié dans lequel est
molassique
figuré les différents prélèvements ; couche 1: terre végétale ; couche 2: colluvions ; couche 3: sol colluvié ; couche
4: molasse (Oligocène) ; M12 à M14 : prélèvements pour la micromorphologie ; Pl à P7 : prélèvements pour la
(* : échantillon analysé). Signatures identiques à celles de la fig. 10.
palynologie

Couche 2 Couche 4

Dépôt hétérogène constitué de cailloux calcaires Dans le fond de la tranchée affleure le grès molassi-
anguleux (de 5à 7cm), gravillons de nature vos- que (chap. 2.2.1) localement décimenté.
et fragments divers (tuile, mortier), le tout
gienne
disposé en lits dans une matrice limono-sableuse
brune (10YR 4/4) ; quatre niveaux d'une épaisseur 2.3.1.2 But et méthode d'analyse
totale de 70cm s'individualisent d'après la taille et la
des éléments grossiers (2A, B, C, D) dans
répartition
cette unité qui se termine en biseau vers l'ouest. Sur le terrain, nous avions émis l'hypothèse que la
couche 3 représentait un sol enfoui -ancien niveau de
Couche 3 circulation à l'époque romaine- scellé par des collu-
vions (c. 2) déposées postérieurement à l'occupation
Très homogène, ce sédiment limono-sableux de de la villa. Afin de vérifier cette supposition, trois
brun olive (2,5Y 4/6) contient à son sommet blocs non perturbés ont été extraits de la couche 3
couleur
(niveau 3A) de nombreux charbons de bois et de fins (fig. 8: M12, M13 et M14) à partir desquels des
fragments de terre cuite ;à la base (niveau 3B), il lames minces ont été fabriquées pour l'observation
à des sables brun jaunâtre (2,5Y microscopique. A titre comparatif, une lame a égale-
passe graduellement
5/6) tandis que sa limite supérieure avec la couche 2 ment été taillée dans le grès molassique (c. 4). Enfin,
est abrupte. A l'ouest du profil analysé, cette couche parallèlement à ces prélèvements, on a récolté des
avec la terre végétale. Epaisseur : 40 à échantillons des différentes couches pour la palynolo-
se confond
60cm. gie et la sédimentologie.

19
2.3.1.3 Analyse micromorphologique viers vosgiens). Dans la couche 1, la proportion de
constituants fins s'accroît à nouveau tandis que la
La description des lames minces présentée ci-dessous fraction >2mm se réduit considérablement.
a été effectuée selon la méthode proposée par Bullock
et alii (1985). 2.3.1.5 Analyse optique

On constate sous microscope que la couche 3a un Les sables grossiers (0,5-2mm) de chaque échantillon
aspect homogène, à microstructure massive, qui ont été examinés à la loupe binoculaire puis répartis
traduit un certain tassement du sédiment. La porosité en cinq classes selon leur nature (quartz, roches
plutôt faible (<15 %), sous forme de chenaux et de vosgiennes, charbons, calcaires, terre cuite ; 150
chambres, a tendance à diminuer vers la base. Les grains au moins ont été à chaque fois déterminés).
composants grossiers, très abondants, ont une taille
comprise entre 100 et 250µm (sables fins) et sont Cette analyse rapide a révélé l'abondance des char-
plutôt bien classés. Ces grains minéraux proviennent bons de bois au sommet de la couche 3 (plus de
sans aucun doute du grès molassique comme en 30 %, fig. 9) où se trouvent également des macro-
témoigne leur forme anguleuse et leur composition restes carbonisés. Ce même niveau 3A est exempt de
minéralogique (quartz, feldspaths, micas, calcite, particules calcaires qui abondent en revanche en
glauconite). Ils ne montrent aucune trace d'altération.
Les composants organiques tels que radicelles ou
sclérotes sont quant à eux très rares.

A proximité de la limite entre les niveaux 3A et 2D


(lame M12) apparaissent des composants de nature
diverse encore plus grossiers (de 2à 5mm)
un fragment de céramique à pâte fine ;
-
des gravillons calcaires issus du mortier
-
- un fragment de torchis rubéfié ;
- des charbons de bois : ceux-ci s'observent également
dans le niveau 3B (lame M13), mais leur taille et leur
fréquence diminuent très nettement vers le bas de la
couche (pas de charbons en M14).

Les intercalations représentent les traits pédologiques


principaux des trois lames, mais on observe aussi des
agrégats roulés à structure concentrique ainsi que de
rares papules. Ces traits texturaux résultent de
transport de matériel pédologique (Mücher 1974),
probablement à l'état plastique saturé en eau (Geb-
hardt 1988). Vers la base de la couche, des traits
ferrugineux (nodules, imprégnations) indiquent une
légère stagnation des eaux d'infiltration.

2.3.1.4 Analyse granulométrique

Un échantillon de 100g de sédiment de chaque niveau


20 40 60 80 100%
a été tamisé et réparti en cinq classes granulométri- o
ques (<0,063mm ; 0,063-0,25mm ; 0,25-0,5mm ;
0,5-2mm ; >2mm) choisies à la suite de l'analyse en >2 RICHE EN CHARBONS
lame mince (fig. 9). 0 mm

2-0,5 UN PEU DE CHARBONS


" ""
La couche 3 se constitue essentiellement de sablons
qui proviennent de la décimentation de la molasse, 0 0,5-0,25 TRES PEU DE CHARBONS

associés à des particules plus fines (<0,063mm) et ceci


0,25-0,063
1
dans des proportions variables ; ces limons et argiles
atteignent en 3A un taux de plus de 60 % comparable
< 0,063
à celui de l'humus actuel (couche 1). Des apports plus
grossiers apparaissent dans la couche 2: il s'agit de Fig. 9. Granulométrie du profil S10B. La colonne "char-
matériaux issus du bâtiment gallo-romain (mortier, bons" à gauche indique qualitativement la présence de
tuiles, cailloux calcaires) et de son substratum (gra- charbons de bois dans le sédiment.

20

IL
couche 2 (jusqu'à 80 % en 2C) pour se faire à nou- Contrairement à la couche 2, on ne trouve dans la
veau plus rares au sommet du profil. En couche 1 en couche 1 plus aucun artefact calcaire ou de terre
effet, les grains de nature vosgienne forment l'essen- cuite. Ce niveau superficiel, constamment réhomogé-
tiel des sables grossiers. néisé par les labours, ne renferme en effet que des
sables et galets vosgiens. Ceci implique que le labou-
2.3.1.6 Interprétation rage tel qu'il est pratiqué actuellement ne transporte
pas de matériel très grossier (fragments de murs, etc. )
de l'ancien emplacement des bâtiments vers le bas de
Il s'avère que l'hypothèse de terrain énoncée en
pente, où se trouve le profil étudié.
2.3.1.2 ne se voit que partiellement confirmée par les
résultats des analyses ci-dessus et doit de ce fait être
nuancée. 2.3.1.7 Conclusion

La couche 3 possède non pas les caractéristiques d'un D'une manière générale, la succession des couches du
sol développé sur place, mais bien d'un colluvion de profil S10B traduit l'effet de l'activité humaine sur le
sol remanié. D'une part, l'altération quasi nulle des paysage à l'échelle très locale. L'ensemble des dépôts
composants minéraux ainsi que l'absence d'horizona- résulte du même phénomène, le colluvionnement,
tion indiquent un degré d'évolution très faible ; dont l'origine est liée de près ou de loin à la présence
d'autre part, tous les traits pédologiques témoignent de l'homme : tout d'abord discrète en couche 3, cette
d'un transport de particules. Celui-ci s'est du reste dernière se marque beaucoup plus nettement au
effectué sur courte distance puisque les composants sommet de cette strate et dans les couches supérieures.
minéraux de ce dépôt proviennent exclusivement du
grès molassique. De tels déplacements évoquent des Il est cependant évident qu'une telle stratigraphie
phénomènes de ruissellement sur un sol dépourvu de constitue un très mauvais enregistreur des événements
couvert végétal, piétiné peut-être aux abords de sédimentaires et qu'elle comprend de nombreuses
l'habitat. lacunes (d'érosion et de sédimentation). En l'absence
de datations absolues, celles-ci ne peuvent être que
Différents indices relevés au sommet du niveau 3A suspectées, tandis qu'on n'a aucune idée du temps
tels que charbons de bois et fragments de terres fossilisé que représente chaque couche. La palynolo-
brûlées signalent une phase de défrichement (Mac- gie confirme le changement d'équilibre que reflète la
phail et alii 1990), probablement de type essartage vu transition de la couche 3à la couche 2, mais ne date
la durée du feu nécessaire à la rubéfaction du sol. Cet pas cet événement (chap. 10). La micromorphologie
événement s'insère avant le début de la sédimentation ne date pas non plus les différentes phases qu'elle a
grossière caractéristique de la couche 2. révélées. Cette analyse nous permet toutefois d'émet-
tre l'hypothèse que la couche 3 s'est déposée durant
l'occupation du site, du fait du piétinement aux
Très nette sur le terrain comme à travers les résultats abords du bâtiment, tandis que la couche 2 corres-
d'analyses, la transition de la couche 3à la couche 2 pond à une activité humaine nettement postérieure à
témoigne d'une rupture dans la dynamique sédimen- l'époque gallo-romaine.
taire locale en raison d'une perte de stabilité des
terrains superficiels (Mücher 1974). Les apports 2.3.2 Les sédiments de la zone humide
grossiers en provenance du sommet de la terrasse
indiquent des déplacements plus importants en masse, La dépression sise à proximité de l'établissement
liés peut-être à l'exploitation en carrière des murs de gallo-romain a fonctionné dès la fin de la dernière
la villa ou consécutifs tout simplement à la mise en glaciation (il ya environ 14 à 15'000 ans) comme
culture de la plate-forme. Les quatre niveaux de la piège à sédiments. Une étude pluridisciplinaire de ce
couche ne2 relatent que partiellement les multiples remplissage est en cours d'élaboration et il est encore
de ce processus qui n'a jamais vraiment cessé trop tôt pour proposer une image précise de l'évolu-
phases
depuis lors. tion de ce petit bassin depuis cette époque. Cepen-
dant, des sondages pratiqués dans la partie orientale
de l'ancien marais ont permis d'établir macroscopi-
Notons qu'en contrebas de la tranchée, au bord de la quement des relations entre vestiges gallo-romains et
dépression marécageuse, on retrouve une succession sédiments palustres. Ce sont ces premières données et
des dépôts comparable à la stratigraphie étudiée ici. interprétations de terrain qui sont ici présentées.
A cet endroit, les colluvions grossières, corrélables
la couche 2, peuvent dépasser 2m d'épaisseur 2.3.2.1 La cuvette et son remplissage
avec
(couche 1b et la dans sondage 13, voir chap. 2.3.2 et
fig. 54) ; elles recouvrent en outre le mur d'enceinte Avant d'entrer dans le détail des stratigraphies
M100 ainsi que les sédiments organi- observées à proximité du site archéologique (chap.
gallo-romain
ques du marais. 2.3.2.2), il est indispensable d'avoir une vision à
plus

21
ENE oso

UR ý REMBLAIS z.
LIMONS ARGILEUX rf ý] ARGILES °® GRAVIERS VOSGIENS

IM TERRE VEGETALE M TOURBE MOLASSE


SABLES
0
F7-11COLLUVIONS LIMONS ORGANIQUES ô0
GRAVIERS w CHARBONS DE BOIS

Fig. 10. Le remplissage quaternaire de la cuvette des Montoyes : coupe en raccourci dans l'axe du sondage 13 (sd 13),
du bâtiment (situation T7, dépliant 1). Les les bois datés fournissent des
au pied sud : no vestiges archéologiques et
limites chronologiques pour la mise en place des dépôts : les graviers fluviatiles se sont mis en place avant l'époque
tandis les lacustres/palustres (limons à se déposer à
gallo-romaine, que sédiments organiques/tourbes) ont commencé du
cette même époque. Sur la droite, de la céramique de l'âge Bronze : ce
rive on note une couche contenant
deuxième site ("Les Viviers") est en cours d'étude. Sd 666 et 667: sondages réalisés lors de la prospection 1988. Les
hauteurs sont exagérées 10 fois par rapport aux largeurs.

grande échelle. Une coupe au pied du bâtiment sud de C14 de 130-410 cal. AD (Arc 381 : 1755 +/- 50 BP) ;
part et d'autre du bassin large de 180m (situation : 77, dans le sondage 13, plusieurs troncs ont tous livré une
dépliant no 1) révèle la structure de son remplissage qui date dendrochronologique proche de 500 après J. -C.
se résume à différentes unités (fig. 10). (chap. 11).

On s'aperçoit ainsi que le fond du vallon est occupé Cet ensemble de dates montre d'une part qu'une
par des graviers fluviatiles qui se sont probablement lacune majeure s'insère entre les graviers fluviatiles et
mis en place, d'après les données palynologiques, vers les limons organiques et d'autre part que ces derniers
la fin du Pléniglaciaire supérieur, mais ils ont été se sont en grande partie déposés postérieurement à
remaniés par la suite. l'époque romaine.

Par la suite, l'alluvionnement a repris dans la moitié


Ces alluvions sont surmontées par des limons conte- occidentale du bassin. Les dépôts palustres/lacustres
nant mollusques et débris végétaux que l'on pourrait ont été partiellement érodés selon un réseau de
comparer à de la vase. A la limite entre les deux chenaux comblés par du gravier et du sable. Ceci
formations, des bois (troncs, branchages) se sont traduit la reprise d'activité du ruisseau, dont les crues
accumulés et quelques-uns ont été prélevés pour ont scellé les dépôts organiques non entamés d'une
datation : dans le sondage 667, un bois a été daté par étroite couche de limons argileux carbonatés.

22
A une époque plus récente encore, mais avant 1850 pies bois couchés (chap. 2.3.2.1 ci-dessus et 6.5.2)
AD, le bassin fut aménagé de manière à contenir des datés d'environ 500 ap. J.
-C. par dendrochronologie.
étangs artificiels (fig. 2, A), ce dont témoigne les Les limons organiques sont quant à eux surmontés par
de remblais sur ses bords. Enfin, dans les un niveau tourbeux subhorizontal (épaisseur 40cm).
placages
années 1940, ces étangs furent asséchés et, après Sur ce dernier s'est mise en place une formation
drainage, le fond de la cuvette devint un pâturage. limoneuse (c. lb et la) épaisse de plus de 2m qui
contient des galets vosgiens, des fragments de tuiles
et de murs ainsi que de nombreux charbons de bois.
2.3.2.2 La stratigraphie du sondage 13
Ces différents sédiments reflètent les stades d'évolu-
Creusé au pied de la terrasse, au sud-ouest du bâti- tion successifs qui ont conduit à l'atterrissement de la
(dépliant no 1), le sondage 13 a mis au jour berge. Après le comblement du fond de la dépression
ment sud
une coupe stratigraphique très parlante (fig. 54). Ce par les limons organiques (c. 4e), une tourbe de
également dans la fig. 10, a une bas-marais (c. 4f) s'est développée à la surface de
profil, représenté
longueur de 19m pour une hauteur moyenne de 4m et ceux-ci : ce paléosol témoigne de la colonisation du
de préciser les différents stades d'évolution du littoral par les végétaux et indique un ancien niveau
permet
bassin que nous avons déjà esquissés en 2.3.2.1. de battement de la nappe phréatique. La couche de
petit
Il définit en outre les relations entre les vestiges gallo- colluvions du sommet de cet ensemble (c. 1b et la) a
romains et les sédiments de la zone humide : plu- enfoui aussi bien l'ancienne berge avec le mur d'en-
sieurs limites chronologiques ont ainsi pu être éta- ceinte que les couches palustres du deuxième ensem-
blies. ble. Ce comblement a eu pour effet le déplacement
du "littoral" vers le sud-ouest (vers la droite de la
On pourrait globalement distinguer trois ensembles de coupe sur la fig. 54). On notera que l'empierrement
qui sont séparés par deux (st. 49) se prolonge vers le sud sous les limons organi-
couches concordantes
discordances majeures. ques (c. 4e), à la surface des graviers (c. 4d), nous
fournissant ainsi une limite chronologique inférieure
Le premier ensemble de strates, situé tout à gauche pour les dépôts palustres.
dans la coupe, constitue en fait un ancien littoral sur
lequel est venu s'appuyer le deuxième ensemble. A Le troisième ensemble, d'une puissance maximale de
est implanté le mur d'enceinte gallo- 2,5m, repose en discordance dans une structure de
son sommet
romain (mur M100, chap. 6.3), associé à un fossé type chenal. A la base de ce sillon se trouve un
(fossé 2, chap. 6.2.2). Schématiquement, il se com- second niveau tourbeux (c. 4g inférieure), moins épais
de trois niveaux :à la base, le grès molassique que celui du deuxième ensemble. Cette couche
pose
(c. 4) ; au-dessus se place un niveau limono-sableux organique est surmontée par une formation principa-
à charbons de bois, épais d'environ 70cm, que l'on lement argileuse (c. 4g supérieure), carbonatée, où
pourrait subdiviser en deux horizons : un horizon s'individualisent cependant quelques lits sableux
inférieur pauvre en matière organique et un supérieur concordant avec la couche tourbeuse : ce sédiment
d'un humus (c. 4b) ; enfin, coiffant l'ensem- bien lité est remanié au sommet de la structure où il
proche
ble, un niveau limono-sableux beige, hétérogène se mélange avec des remblais (c. la').
(c. 3f, épaisseur 40cm).
Les différentes couches de ce troisième ensemble
La couche 4b est interprétée comme un ancien niveau témoignent des récentes phases d'évolution de la
humique probablement tronqué ; elle représente donc cuvette des Montoyes. Les limons argileux (c. 4g
la surface du sol avant les aménagements gallo- supérieure) recouvrant l'horizon organique (c. 4g
enfouie sous une couche de inférieure) marquent une reprise de l'activité fluvia-
romains, puisqu'elle est
(c. 3f) qui proviennent de l'excavation du tile : en effet, ces limons d'inondation se raccordent
remblais
fossé 2. De plus, ce sol fossile se termine en biseau latéralement avec des alluvions plus grossières dispo-
vers la dépression, au sud : il est recoupé par un sées en chenaux (fig. 10). Ce dernier épisode sédi-
(st. 49, chap. 6.3.2) qui correspond à mentaire précéda l'ultime réaménagement du site par
empierrement
berge de l'époque romaine. l'homme (remblais).
une ancienne

Le deuxième ensemble de couches repose en contact


latéral abrupt sur celui que nous venons de décrire. 2.3.3 Synthèse
On peut y distinguer quatre formations bien indivi-
dualisées. La base est occupée par des graviers
fluviatiles calcaires (c. 4d) puissants d'environ lm Les sédiments superficiels que nous venons d'étudier
des limons sableux assez riches en matière organique nous fournissent plusieurs informations pertinentes
fine et en mollusques (c. 4e, épaisseur 80cm) scellent concernant l'évolution du cadre naturel de l'établisse-
les graviers ;à cette interface sont disposés de multi- ment gallo-romain.

23
En regard de toutes les données collectées dans la idée de l'environnement de la villa à l'époque gallo-
zone humide aussi bien lors de la prospection 1988 romaine et des éléments du paysage aujourd'hui
qu'au cours de la fouille qui fit suite, il apparaît qu'à disparus (chap. 2.3.3).
l'époque de l'occupation des bâtiments un étang se
dessinait au centre du bas-marais des Montoyes. A La micromorphologie a révélé quelques épisodes
proximité du sondage 13, sur la rive nord-est, le marquants de cette histoire tout en caractérisant les
comblement de ce petit bassin a débuté de manière effets de l'activité anthropique (chap. 2.3.1.6) : il
contemporaine voire légèrement postérieure à cette apparaît que pour la période d'occupation des bâti-
même époque. Au bas de cette séquence palustre, les ments, l'impact humain sur l'environnement naturel
troncs parfois sciés ou taillés qui se sont accumulés du site peut être qualifié de faible (chap. 2.3.3).
indiquent une phase de déboisement à l'échelle
régionale (Starkel 1987) : datée du Haut Moyen-Age Grâce à ces différentes approches, la compréhension
(chap. 11), celle-ci est peut-être en relation avec le d'un site archéologique tel que celui de Boécourt, les
développement de l'exploitation et de la réduction du Montoyes se voit globalisée : elles permettent de
minerai de fer dans la vallée de Delémont. saisir d'une part l'interaction entre l'homme et le
paysage au cours des siècles et de reconstituer d'autre
Dans la stratigraphie S10B, une phase de défriche- part quelques éléments importants du cadre naturel
ment probablement postérieure à l'occupation du site, contemporain aux phases d'habitat.
mais non datée, a également été mise en évidence.
S'agit-il dans les deux cas du même épisode ? On peut
le supposer. Il est pour le moins frappant de constater 2.5 Bibliographie
que la déstabilisation des versants marquée dans les
deux profils par une épaisse couche de colluvions se Bullock P. et alii
situe après l'époque gallo-romaine et fait suite à une 1985 Handbook for soil thin section description.
phase de défrichement. Waine Research Publications, Wolverhamp-
ton, 152 p.
Par conséquent, les habitants de la villa semblent
s'être limités à des aménagements relativement Gebhardt Anne
modestes (p. ex. l'empierrement au bord de l'étang 1988 Evolution du paysage agraire au cours du
ou les différents fossés au pourtour de l'établissement) Subatlantique dans la région de Redon (Mor-
sans entreprendre des travaux d'envergure tels que bihan, France) : apport de la micromorpholo-
l'abattage systématique de la forêt à l'échelle de la gie. Bulletin de l'Association française pour
vallée ou la canalisation des cours d'eau : l'atteinte à l'étude du Quaternaire, 1988/4, p. 197-203.
l'environnement ne fut à l'époque en effet pas suffi-
sante pour engendrer une réponse massive au niveau Liniger Hans
sédimentaire. 1966 Das Plio-Altpleistozäne Flussnetz der Nord-
schweiz. Regio Basiliensis, 7/2, p. 158-177.

2.4 Conclusions Macphail R. -I., Courty M. -A. et Gebhardt A.


1990 Soil micromorphological evidence of early
Deux échelles de travail complémentaires ont été agriculture in north-west Europe. In : Thomas
utilisées dans cette étude géologique. K. ed. : Soils and early agriculture. World
Archaeology, 22/1, p. 53-69.
A une échelle moyenne, locale, nous avons tout
d'abord considéré le site archéologique dans son Mücher H. -J.
cadre naturel. Nous avons ainsi constaté que le mode 1974 Micromorphology of slope deposits : the
d'occupation du site et l'utilisation de ses alentours, necessity of a classification. In : Rutherford
pour l'élevage et l'agriculture par exemple, sont G. K. ed. : Soil Microscopy, The Limestone
intimement liés aux données de la géologie et du Press, Kingston, Ontario, p. 553-566.
relief (chap. 2.2).
Starkel L.
A une échelle plus fine, celle du microenvironnement, 1987 Anthropogenic sedimentological changes in
l'analyse et l'interprétation de quelques stratigraphies central Europe. In : Starkel L. ed. : Anthro-
ont conduit à la reconstitution de l'histoire du paysa- pogenic sedimentological changes during the
ge des Montoyes (chap. 2.3.2.1) : on a pu se faire une Holocene. Striae, 26, p. 21-29.

24
Chapitre 3 Le bâtiment nord

3.1 Les premiers aménagements (état 1) conservées. L'érosion naturelle de la colline a obli-
téré du côté ouest la plupart des vestiges installés
Les premières constructions, situées sur le côté nord dans la pente, tandis que l'édifice quadrangulaire de
du bâtiment, apparaissent vers le milieu du Ier siècle l'état 2a détruit toute la partie méridionale. Ne
après J. -C., vraisemblablement sous le règne de subsistent de ces premiers aménagements qu'un angle
l'empereur Claude. Elles ne sont que partiellement de murs comportant un petit couloir dallé (fig. 11, B),

Pst.
I 12

Q ýQý
st. 35d
©st.
36

FE

x.

st. 3Q
st. 29

st. 280

Fig. 11. Bâtiment nord. Plan schématique de l'état 1.

25
un niveau de circulation diffus à l'est (fig. 11, C et d'un côté sur le ressaut de fondation du mur Ml et bute
D), et un réseau peu compréhensible de trous de de l'autre contre le muret M3. L'ensemble est simple-
poteau au sud (fig. 11, E et F). Certains de ces ment disposé sur un remblai constitué de terre limo-
éléments seront englobés quelques années plus tard, neuse mêlée à des déchets de mortier (fig. 13, c. 3a).
pour servir sans doute d'annexes, dans la construc-
tion de la nouvelle maison (état 2). Par conséquent, Ce pavement, à l'origine bien agencé, a subi quelques
il n'est pas toujours facile de distinguer exactement bouleversements. Certaines dalles, dans la partie
les niveaux primitifs des transformations apportées nord, ont été déplacées par la charrue, d'autres ont
ultérieurement. glissé dans la pente et se sont superposées. Les cou-
ches archéologiques du dessus qui correspondent à la
3.1.1 Le couloir dallé (B) réutilisation de ce local (état 2) ont également suivi ce
mouvement et se sont amassées contre le muret M3.
Ce couloir, large de 1,60m, occupe tout le côté
oriental d'un édifice quadrangulaire dont il ne reste La nature exacte de la toiture originelle reste incon-
que l'angle nord-est (fig. 12). Il est délimité au nord nue. La couverture de tuiles retrouvée dans la démo-
et à l'est par les murs de façade Ml et M2. De ces lition appartient en effet au deuxième état du bâti-
deux murs en maçonnerie, larges de 0,50m et liés ment. L'utilisation de chaume ou de bardeau n'est pas
entre eux, seul le mur Ml est conservé en élévation, à exclure.
le mur M2 ne présente en effet plus que deux lits de
fondation en pierres sèches. La limite occidentale du 3.1.2 Les autres aménagements
couloir est formée par un petit muret de refend M3
en matériaux légers, large de 0,40m. Préservé sur une Peu d'éléments subsistent des autres aménagements
longueur de 7m, il définit par la même occasion la de l'état 1. Les transformations postérieures en ont
dimension de cette galerie. Quant à la fermeture effacé presque toutes les traces.
méridionale, elle a disparu ou n'a jamais existé.
L'espace situé à l'ouest du couloir (fig. 11, A) ne
Le sol (fig. 13, st. 40), formé de dalles de calcaire du recèle plus aucun vestige. Il est uniquement délimité
Jura non équarries (0,30m x 0,25m x 0,04m), repose au nord par le mur M2 qui s'interrompt après 2,50m.

Fig. 12. Bâtiment nord. Couloir (B) avec quelques restes du dallage. Vue nord.

26
Fig. 13. Bâtiment nord. Coupe strati raphique Si à travers le couloir B et la pièce D, vue nord (tableau des cou-
ches, p. 111 ; situation, dépliant no = humus ;2= démolition ; 3a = remblai ;4= terrain naturel.
16.1
Sur le côté oriental du mur Ml, en relation avec plus tôt, vers le milieu du Ier siècle après J. -C. Cette
un niveau de sol constitué par un cailloutis datation est d'ailleurs corroborée par quelques trou-
celui-ci,
compact occupe une surface de près de 30m2 (5,40m vailles précoces, entre autres une assiette Drag. 17
5,80m). Disposé au nord sur le terrain naturel (fig. (catalogue no 18), faites dans les niveaux perturbées
x
13, st. 47) et au sud sur un remblai de terre limoneuse de surface. L'abandon, en l'absence de couche de
jaunâtre, il s'estompe après quelques mètres dans les destruction et d'occupation, doit également se mesu-
parties orientale et septentrionale, tandis qu'au sud, rer par rapport à la construction de la deuxième
il est coupé par le mur M7 de l'édifice quadrangulaire maison.
de l'état 2. Une cloison légère de 0,18m de large (fig.
11, st. 34), perpendiculaire au mur Ml et visible en
de 1,50m, définit deux ETAT 1: milieu Ier - 2e moitié 1er s. apr. J. -C.
négatif sur un tronçon espaces
de dimensions inconnues.

Au sud de ces aménagements, sous le sol d'occupa-


tion du bâtiment de l'état 2 sont apparus sept trous de 3.1.4 Conclusions
poteau (fig. 11, st. 12,24,28,29,30,35 et 36) d'un
diamètre de 0,20m. Implantés peu profondément Les vestiges de ce premier édifice sont malheureuse-
(0,20m en moyenne) dans le terrain naturel, ils ment peu significatifs. De nombreuses questions
forment un réseau dont l'organisation nous échappe. portant sur l'extension du bâtiment et sur l'organisa-
Il s'agit des seuls vestiges témoignant de l'extension tion générale des espaces demeurent sans réponse. Le
méridionale de la première maison. bâtiment en maçonnerie dont il ne reste qu'un angle
de murs forme sans doute le coeur de l'habitat. Il ne
3.1.3 Datation devait pas être très grand puisqu'aucune trace n'est
apparue au sud du mur M7, sous les niveaux de
Le mobilier archéologique récolté sous le dallage l'édifice quadrangulaire de l'état 2, et qu'à l'ouest, la
(c. 3a) et dans le remblai (c. 3b) disposé sous le pente est trop forte pour permettre une extension
niveau de marche des espaces C et D fournit un beaucoup plus importante. Par conséquent, les
"terminus post quem" pour la construction de ces dimensions conservées (9m x 6m) ne paraissent pas
premiers aménagements. Malheureusement, les très éloignées de la réalité. Quant aux structures
éléments susceptibles de donner une datation sont diffuses préservées à l'est et au sud, si elles témoi-
presque inexistants : deux coupes Drack 21, dont la gnent de l'existence d'autres installations, elles
plus précoce (catalogue no 25) apparaît déjà au début demeurent en grande partie énigmatiques.
du premier siècle après J. -C. Il faut donc se rabattre
sur la chronologie relative du bâtiment pour estimer Ces premiers aménagements se caractérisent déjà par
la construction de cette première bâtisse. Comme la l'emploi de la maçonnerie. Ce savoir faire introduit
mise en place de la maison de l'état 2 peut être datée par les Romains n'a été mis en oeuvre que pour les
à partir du règne de l'empereur Vespasien (69-79) murs de façade du petit bâtiment quadrangulaire, les
(chap. 3.2.5), on peut raisonnablement situer l'instal- autres constructions en revanche sont marquées par
lation des premiers aménagements quelques années l'utilisation de la terre et du bois.

27
3.2.1 L'intégration des aménagements primitifs
3.2 Le nouveau complexe (état 2)

L'évolution de la maison va se marquer quelques La mise en place du nouvel édifice quadrangulaire


dizaines d'années plus tard, aux environs du règne de ampute la partie méridionale des premiers aménage-
l'empereur Vespasien, par la construction d'un édifice ments. Le bâtiment primitif comprenant le couloir
de forme quadrangulaire et par l'intégration au plan dallé (fig. 14, A et B) est préservé sur une longueur
d'ensemble d'une partie des aménagements primitifs de 9m. La liaison à l'angle des murs M6/M7 est alors
(fig. 14). Ce nouveau complexe, d'une superficie assurée par une reprise du mur M1 sur un tronçon
supérieure à 450m2, restera en fonction sans grandes d'environ 2 mètres et par un raccord peu soigné en
transformations jusqu'à l'abandon de la villa, vers le maçonnerie (fig. 15). L'intérieur du couloir ne subit
milieu du Ille siècle après J. -C. pas de modification notoire.

M2

M1

A B S
.1 ýt. 1s p 5m
f'l
ll
C)st. 33
st. 37
st. 25
M3 0

19
st. ' st.15 M4

D
M7

i
M6 st. 31 i
ý
i
i
st. 32 i st. 9 st. 5 st. 7
st. 8 i
i
i
i
i
i
F E M8
i
st. 6 I
I
st. 38

st. 11

M10 G

M9

Fig. 14. Bâtiment nord. Plan schématique de l'état 2. En clair : structures réutilisées ; en foncé : nouvelles structures.

28
498.85

498.45

499.01

498.93

498.70

Iýý 0
St. 40
r-ý St. 37

499.01

498.89

Fig. 15. Bâtiment nord. Extrait pierre à pierre des pièces A, B, C et D.

3.2.2 Les pièces C et D La pièce C n'est délimitée que sur deux côtés, à
l'ouest par le mur en maçonnerie Ml et au sud par la
Sur le côté oriental du mur M1, le sol de cailloutis de cloison M4. Le sol préservé qui s'estompe au nord et
l'état 1 reçoit une recharge d'éclats de calcaire du à l'est occupe une surface d'environ 25m2 (6m x 4m).
Jura et de terre limoneuse brune. Sur ce niveau damé Il se compose de dalles de calcaire, identiques à celles
(fig. 15, st. 44), une cloison légère (M4) disposée sur du couloir B, simplement disposées sur le niveau de
fait de deux dalles de calcaire (0,30m x cailloutis. Les perturbations déjà citées n'ont pas
un solin
0,30m x 0,10m) distantes de 1,50m définit deux épargné ce pavement dont il ne reste que quelques
d'une longueur de 6m (fig. 14, C et D). éléments.
espaces

La pièce D, large de 1,90m, longe le mur M7. Sa Le centre de cet espace comporte 5 trous de poteau
fermeture orientale fait défaut. Malgré l'absence de (fig. 14 et 15, st. 15,16,17,18 et 33) d'un diamètre
dans les murs Ml et M7, il serait tentant de 0,40m et d'une profondeur de 0,45m. Implantés
seuil visible
d'y voir le vestibule de la maison. dans la molasse jaunâtre, ils sont tapissés de grosses

29
pierres de calage (fig. 16). Le sondage no 373,
effectué lors de la campagne de 1987, a révélé en
coupe la présence d'une structure similaire (fig. 15,
st. 37) complétant le dispositif. Cet ensemble formait
ainsi une solide armature de bois, supportant une
toiture en tuiles retrouvées fragmentées sur les
niveaux d'occupation des pièces C et D.

Le long du mur Ml, un négatif quadrangulaire


allongé (fig. 15, st. 25 : 1,80m x 0,35m), est apparu
dans le niveau de sol. Son remplissage est constitué
de terre limoneuse brun clair avec de rares traces
charbonneuses. Les blocs de calcaire soigneusement
disposés autour de cette structure ne présentent
aucune trace d'arrachage. Il faut dès lors imaginer
l'existence d'une sorte de banquette ou d'un aménage- Fig. 16. Bâtiment nord. Trous de poteau st. 17 et 18 dans
la pièce C. Vue sud.
ment particulier en bois qui s'est complètement
désagrégé au cours du temps.

Fig. 17. Bâtiment nord. Vue générale des vestiges. Vue sud-est.

30
3.2.3 L'édifice quadrangulaire de l'ensemble. Cela se traduit sur le terrain par un
enfoncement régulier mais très prononcé des murs et
des bases de colonne à partir du contact des deux
L'édifice quadrangulaire représente l'ouvrage le plus formations géologiques. Sur un tronçon de 8m, les
spectaculaire de l'état 2 (fig. 17). Disposé au bord de murs M5 et M7 marquent un dénivelé de plus de
la terrasse naturelle, il est doté de puissants murs en 1,50m. Le mur M6 qui matérialise la façade
occiden-
maçonnerie larges de 0,80m. Sa superficie est de tale de la nef centrale et du bas-côté septentrional
325m2 (20,50m x 15,50m) et correspond à plus des 2/3 (fig. 14, F) fonctionne dès lors comme
un véritable
de la surface connue du bâtiment nord. Son plan mur de terrasse large de 0,80m, renforcé par deux
tripartite, construit en une seule fois (fig. 69), s'ins- puissants contreforts (1,40m x 1m). Les fondations
pire largement du type basilical (Agache 1978, p. 282- restituées de ce mur en grande partie récupéré
283). Il comprend trois espaces allongés dans le sens s'élèvent à une hauteur supérieure à 2m, ce qui en
est-ouest. La nef centrale s'ouvre sur le bas-côté fait un ouvrage imposant (fig. 18).
septentrional par un alignement de 4 bases de co-
lonne, tandis qu'un mur la sépare du bas-côté méri-
dional (fig. 14).

3.2.3.1 Etat de conservation

Tous les murs situés à l'avant de l'édifice - M5, M6,


M7, M9 et M10 - ont été pillés (fig. 17). Le mur M6
qui matérialise la limite occidentale du bâtiment a été
détruit sur près d'un mètre de profondeur. Les murs
M9 et M10, implantés à un niveau plus élevé ne sont
conservés que sous la forme de négatifs. Par chance,
les couches archéologiques encore en place ne se sont
pas affaissées dans la pente.

L'édifice a également subi d'importants dégâts causés


principalement par les profonds labours répétés des
Toute la le bas- Fig. 18. Bâtiment nord. Restitution axonométrique des fon-
machines agricoles. partie orientale et dations des murs et des bases de colonne de
été bouleversés jusqu'au terrain l'édifice
côté méridional ont quadrangulaire de l'état 2. La pente et la résence de deux
naturel. Seule la zone située à l'avant du bâtiment formations géologiques ont nécessité un enfoncement
marqué
présente une stratigraphie complète. Ce phénomène des structures à l'avant du bâtiment. Vue
nord-est.
provient de la disposition en terrasses de l'édifice
(chap. 3.2.3.3). L'arasement horizontal a ainsi obli-
téré toutes les couches archéologiques "hautes" sur Le bas-côté méridional (fig. 14, G) ne possède qu'une
lesquelles la sédimentation était insuffisante. faible partie implantée dans la pente. En effet, à cet
endroit, le replat marque une légère extension vers
l'ouest. Les fondations du mur M9 présentent tout de
3.2.3.2 Implantation même sur son dernier tronçon une déclivité de près
de 1m. Toutefois, la pente plus faible n'a pas imposé
Installé tout au bord du replat, l'édifice quadrangu- un enfoncement aussi prononcé que les murs de la nef
laire repose sur un substrat naturel assez complexe centrale. Le mur M10 fermant la pièce à l'ouest est
(chap. 2.2). Le milieu du bâtiment se trouve en effet ainsi fondé 0,80m plus haut que le mur M6 (fig. 20).
de contact de deux formations géologiques
au point
fort différentes qui vont directement influencer la
des murs. Dans la partie orientale, le 3.2.3.3 Les terrasses
mise en place
d'origine fluviatile se compose de lits de
substrat
vosgiens et de grosses dalles de molasse, le tout Plusieurs éléments nous amènent à restituer deux
galets
étant traversé par des chenaux de graviers et de terrasses à l'intérieur de l'espace comprenant la nef
A l'ouest en revanche, il est formé par la centrale et le bas-côté septentrional (fig. 14, E et F).
sables.
jaunâtre. L'arasement horizontal de l'édifice fait clairement
molasse altérée
apparaître les indices de ce dispositif.
La première formation assure aux murs une bonne
excellente stabilité. Le deuxième subs- Les couches archéologiques de la partie ouest du
assise et une -
trat au contraire, moins ferme, marquant le début de bâtiment présentent en effet une stratigraphie
com-
la pente en bordure du replat, a nécessité des réalisa- plète, tandis que celles situées dans la partie orientale
tions techniques indispensables à l'équilibre général ont entièrement disparu (fig. 19).

31
Fig. 19. Bâtiment nord. Coupe télescopée est-ouest Ti à travers l'édifice quadrangulaire, vue sud (situation, dépliant
no 1). La construction du bâtiment dans la pente a nécessité un enfoncement marqué du mur Mo qui est implanté
environ 2m plus bas que le mur M8. En trame foncée, niveaux archéologiques encore conservés à l'avant du bâtiment
(F); à l'arrière (E), leur disparition s'explique sans doute par l'existence à l'origine d'une terrasse plus élevée. Hauteurs
exagérées 2,5 fois par rapport aux longueurs.

La base de colonne la plus occidentale (fig. 14, Il faut dès lors admettre que, dans la partie orientale
-
st. 32) émergeant du sol d'occupation possède encore de l'édifice, une épaisseur importante de couches et
un lit d'élévation alors qu'elle se situe environ 0,40m de structures archéologiques a disparu. D'après les
plus bas que les autres bases de colonne qui ne sont éléments à disposition, notamment l'altitude conser-
conservées qu'en fondation (fig. 20). vée des différentes bases de colonne et l'épaisseur des
couches archéologiques préservées sur la terrasse
- Enfin, les murs orientés est-ouest (M5 et M7) se inférieure, le niveau de circulation à l'arrière du
caractérisent par une limite très nette dans leur degré bâtiment doit être restitué au minimum 0,50m plus
de conservation. A l'est, ils ne sont matérialisés que haut. Un pendage d'une telle importance n'est guère
sous la forme de fondations en pierres sèches, ils concevable sur la longueur de l'édifice. Par consé-
apparaissent en revanche, au milieu de leur parcours quent, un point de rupture assez net devait marquer
(10m), en élévation et en maçonnerie (fig. 21). cette limite.

Fig. 20. Bâtiment nord. Coupe télescopée nord-sud T2 à travers le bâtiment, vue est (situation, dépliant no 1). Au sud,
la pente moins prononcée du terrain n'a pas nécessité un enfoncement aussi marqué du mur M9. En trame foncée,
dans la nef centrale et le bas-côté septentrional, leur disparition au sud, dans
niveaux archéologiques encore conservés
le bas-côté méridional permet de déduire un niveau plus élevé à l'origine. Hauteurs exagérées 2,5 fois par rapport aux
longueurs.

32
1

Fig. 21. Bâtiment nord. Vue de l'édifice quadrangulaire. Le degré de conservation des murs M5 et M7, ainsi que des
bases des colonnes constituent un des indices de la disposition en terrasses du bâtiment. En effet, à l'est, ils ne sont 1
qu'en fondation, tandis qu'ils apparaissent à lPouest en élévation. Vue sud.
conservés

En raison des bouleversements occasionnés par les 3.2.3.4 La nef centrale et le bas-côté septentrional
activités agricoles, la terrasse inférieure (fig. 14, F) (E et F)
visible que sur une longueur de 6,50m. Toute-
n'est
fois, si l'on se réfère au changement dans la conserva- La nef centrale s'ouvre sur le bas-côté septentrional
tion des murs M5 et M7, on obtient deux espaces par un alignement de 4 bases de colonne, ne formant
longs de 10m. Ces dimensions pourraient assurément ainsi qu'une seule grande pièce large de 10m. Dans
à la bipartition de cette zone en niveaux le sens de la longueur, nous l'avons vu, cette
correspondre zone
différents. comprend deux terrasses restituées de 10m chacune.

Le dispositif architectural utilisé pour maintenir ces


terrasses n'est pas connu. Les murs M5 et M7 n'ont
en effet révélé aucun encastrement pour y loger une
pièce en bois, ni décrochement permettant à un muret
de s'y accrocher. L'existence d'un petit mur de
terrasse en bois renforcé par une série de pieux est
concevable. Mais là encore, aucune
parfaitement
archéologique sous la forme de trous de
preuve
confirmer cette hypothèse.
poteau ne vient

La disposition sur deux plans n'a vraisemblablement


pas été mise en oeuvre pour le bas-côté méridional
(fig 14, G). La conservation uniforme sous la forme
de fondations en pierres sèches du mur M9 et la dis-
parition de toutes les couches archéologiques à l'avant Fig. 22. Bâtiment nord. Essai de restitution des
de la pièce indiquent sans doute à l'origine l'existence niveaux de
circulation à l'intérieur de l'édifice quadrangulaire. Les
d'un niveau plus élevé sur toute la surface (fig. 20). passages sont hypothétiques. Vue nord-est.

33
Elle est définie par les murs en maçonnerie M5, M6,
M7 et M8 dont la description et les caractéristiques
sont analysées dans le chapitre "matériaux et techni-
ques de construction" (chap. 7.1.2).

La terrasse supérieure (fig. 14, E) a été entièrement


bouleversée. Les profonds labours ont non seulement
entamé le terrain naturel, mais ont également fait
remonter ce sédiment à la surface. La séquence
stratigraphique se présente dès lors sous l'aspect d'un
niveau où se mêlent la terre végétale, la démolition
provenant de l'arasement du bâtiment et les graviers
vosgiens matérialisant le substrat naturel. Il n'est par
conséquent plus possible d'appréhender les divers
aménagements domestiques ou les éventuelles cloi- Fig. 23. Bâtiment nord. Base de colonne latérale st. 31,
sons compartimentant cet espace. Il ne subsiste en disposée contre le mur M7. Vue ouest.
fait que deux bases de colonne (fig. 14, st. 5 et st. 7:
1,30m x lm), conservées sur 4à5 lits de fondations
en pierres sèches (fig. 22). truction des murs de l'édifice, ils servent sans doute
de base à des piliers pour le soutènement de la toiture
La terrasse inférieure (fig. 14, F) consiste en un grand ou pour un aménagement intérieur (étage à l'avant du
espace à l'avant de l'édifice. L'implantation du bâtiment par exemple) (fig. 23).
bâtiment dans la pente a facilité sa mise en place. En
effet, au lieu d'effectuer d'importants travaux de Un foyer domestique d'assez grandes dimensions
remblayage, les architectes ont simplement excavé (st. 38 : 1,50m x 1,50m) occupe la partie sud-est de
certaines irrégularités du terrain, profitant ainsi de la cet espace (fig. 14). Il se compose de gros blocs de
topographie du replat. Il a tout de même été néces- calcaire, de nombreux morceaux de molasse complè-
saire de compenser le léger pendage encore existant. tement rubéfiés et de quelques fragments de tuiles
Pour cette raison, le sol de terre battue qui constitue épars. Il est en outre matérialisé par une épaisse
le niveau d'occupation (dépliant no 2) est plus épais couche de cendres répartie sur un rayon de 1m. Tous
à l'ouest que vers le point de rupture des terrasses. ces éléments ont été démantelés et ne rendent plus
Conservé sur une longueur de 6,50m, il se compose compte de la disposition originelle (fig. 24). Une
de terre limoneuse jaunâtre consolidée par un impor- monnaie en bronze du Ille siècle apr. J. (cata-
-C.
tant amas d'éclats de calcaire du Jura provenant de la logue no 198) récoltée dans la partie supérieure de la
taille de l'élévation des murs M5, M6 et M7. Sa couche cendreuse atteste l'utilisation de ce foyer
surface très compacte a en outre été damée. jusqu'à l'abandon de l'édifice.

Sous ce niveau d'occupation, au nord de la base de 3.2.3.5 Le bas-côté méridional (G)


colonne st. 32, une zone couvrant une surface d'envi-
ron 10m2 matérialisée par des déchets de mortier de Le bas-côté méridional (fig. 14, G), délimité par les
chaux, des éclats de calcaire et du charbon de bois est murs M5, M8, M9 et M10, occupe une surface de
apparue. Il pourrait s'agir là d'une aire de gâchage
pour la préparation du mortier des murs et des
structures en maçonnerie. Ce niveau de travail de
0,20m d'épaisseur n'a malheureusement livré aucun
mobilier archéologique.
Des deux bases de colonne installées sur cette ter-
rasse, seule la structure 32 est conservée en élévation.
Le dernier lit est en effet lié au mortier de chaux et
émerge de quelques centimètres du sol d'occupation
en terre battue.

Deux autres soubassements de forme quadrangulaire


(fig. 14, st. 11 et st. 31) sont disposés symétriquement
le long des murs M5 et M7. Implantés assezprofondé-
ment (0,50m), ils possèdent des dimensions identiques
(1,10m x 0,60m). Leur sommet, recouvert par une Fig. 24. Bâtiment nord. Restes du foyer domestique
st. 38,
chape de mortier de chaux, correspond au début de aménagé sur la terrasse inférieure (F). A gauche, mur M5.
Vue ouest.
leur élévation. Englobés dès l'origine dans la cons-

34
60m2 (20m x 3m). De l'aménagement intérieur de cet l'on peut faire remonter la construction de cette
il ne subsiste qu'un sol de travail (dépliant no nouvelle maison.
espace,
2), conservé sur près de 3m2, situé sur le tronçon
médian du mur M5, et s'y rattachant. Il est matéria- L'abandon définitif du bâtiment ne dépasse pas la
lisé par une concentration d'éclats de calcaire et par date fatidique du milieu du Ille siècle. Deux mon-
des déchets de mortier de chaux. Quelques restes de naies (catalogue nos 197 et 198) dont l'une provient
cendres le recouvrent par endroit. de la couche de cendre en relation avec le foyer
domestique (c. 2b) corroborent la datation issue de la
3.2.4 La circulation dans le bâtiment céramique. Aucune pièce caractéristique ne permet
d'affirmer une occupation plus tardive.
La circulation dans le bâtiment demeure une énigme.
Aucun seuil n'a pu être mis en évidence. Par consé-
la la logique la ETAT 2: fin Ier - milieu Me s. apr. J. -C.
quent, seules planimétrie et autorisent
de ces passages. De la pièce G qui semble
restitution
la façade de la maison, on peut parfaite-
constituer
imaginer deux entrées, l'une vers la terrasse
ment
supérieure (E), l'autre à l'aide de quelques marches 3.2.6 Conclusions
la terrasse inférieure (F). Dans la partie septen-
vers
trionale du bâtiment, comme nous l'avons déjà fait La construction de l'édifice quadrangulaire donne un
remarquer (chap. 3.2.2), la pièce D pourrait bien aspect plus imposant à la maison. L'implantation du
jouer le rôle de vestibule permettant le passage au bâtiment dans la pente et la disposition en terrasses y
couloir B et à l'édifice quadrangulaire. contribuent. Toutefois, il s'agit d'un habitat relative-
ment modeste.
3.2.5 Datation
Seule l'ossature (murs et bases de colonne) est carac-
Le mobilier récolté dans le sol de terre battue de térisée par l'emploi de la maçonnerie. Les pave-
l'édifice quadrangulaire (c. 2c) fournit un "terminus ments, au contraire, sont constitués de terre battue ou
post quem" pour l'aménagement de l'état 2. Les par des dalles de calcaire. Par ailleurs, le plan basili-
éléments à disposition, certes peu nombreux (fig. 25), cal, vraisemblablement d'origine celtique, traduit de
donnent une fourchette chronologique de 40-70 après manière significative les valeurs indigènes auxquelles
J. -C. C'est donc à partir du règne de Vespasien que les habitants sont encore attachés (chap. 12.2.1).

Fig. 25, Bâtiment nord. Choix de céramiques récoltées dans le sol d'occupation st. 42 (c. 2c) de l'édifice quadrangulaire.
Ensemble daté de la deuxième moitié du Ier siècle après J. La numérotation des dessins des
-C. renvoie au catalogue
illustrées en fin de volume. Ech.: 1/3.
pièces

35
Fig. 26. Bâtiment nord. Plan des mesures.

36

i
Ce bâtiment, situé exactement à 50 mètres au sud de Auguste Quiquerez se fait l'écho (chap. 1.2) ont fait
l'édifice précédent, occupe le rebord occidental du re- disparaître la quasi totalité des niveaux archéologiques.
plat qui, à cet endroit, commence à marquer une décli- Les murs de l'édifice n'apparaissent ainsi qu'en fonda-
vité régulière mais assez prononcée jusqu'à l'ancien tion, et la partie occidentale construite dans la pente
étang (fig. 2). Cette position a favorisé une rapide et n'existe plus (fig. 27). Malgré tout, il a été possible
importante dégradation desvestiges. L'érosion naturelle, d'établir une chronologie relative des murs. Trois états
les labours et sans doute les excavations anciennes dont de construction résument l'évolution de la maison.

:1

Fig. 27. Bâtiment sud. Vue générale des vestiges. Vue est.

37
Fig. 28. Bâtiment sud. Coupe télescopée nord-sud T3 à travers le bâtiment, vue est (situation, dépliant no 1). A
l'extrémité de la terrasse naturelle, la pente a nécessité une implantation régulièrement prononcée des murs vers le sud.
Hauteurs exagérées 2,5 fois par rapport aux longueurs.

4.1 Implantation 4.3 Les pièces L54 et L55 (état 2)


Le substrat géologique est constitué ici uniquement L'évolution du bâtiment va se marquer par l'adjonc-
par les graviers vosgiens qui assurent aux murs du tion de deux nouvelles pièces, la première (L54) au
bâtiment une excellente assise. Par conséquent, il n'a sud du local 53, la deuxième (L55) à l'ouest du local
pas été nécessaire d'effectuer des réalisations techni- 51 (fig. 30). Un épais niveau cendreux préservé sous
ques similaires à celles pratiquées pour l'édifice le local 50 peut également être associé à cet état de
quadrangulaire du bâtiment nord (chap. 3.2.3.2). construction.
Toutefois, le léger pendage du terrain vers le sud a
logiquement contraint les architectes à un enfonce- 4.3.1 La pièce L54
ment plus marqué des murs méridionaux (fig. 28).
La pièce L54 n'est matérialisée que par un angle de
murs (M56 et M57) conservés sur deux lits de fonda-
4.2 Le bâtiment primitif (état 1) tion en pierres sèches. Son rattachement à l'état 2 est
hypothétique. En effet, si la chronologie relative des
Le bâtiment primitif possède des dimensions murs indique que sa construction est postérieure au
réduites (10m x 5,40m) (fig. 29). Il se compose de bâtiment primitif, seule la planimétrie, notamment
trois petites pièces longues de 3,80m, mais de son alignement sur le mur M50, laisse supposer son
largeurs inégales, respectivement 1,60m, 2,75m et appartenance à l'état 2 plutôt qu'à l'état 3. Sa largeur
3m pour les locaux 51,52 et 53. Tous les murs de est de 3,80m. Dans le sens de la longueur, le mur
cet édifice sont liés entre eux et ne présentent plus M57 s'interrompt après 3m. Ici encore, les conditions
que 2à4 lits de fondation en pierres sèches. Les de préservation des vestiges empêchent toute inter-
murs de façade ont une largeur de 0,80m, ceux de prétation.
refend de 0,60m.
4.3.2 La pièce L55
En raison de la disparition complète des couches
archéologiques, la fonction de cette bâtisse reste au Cette pièce est également tronquée dans sa partie
stade des suppositions. Ce type de "plan allongé" occidentale. A l'est, elle est délimitée par le mur M52
trouve néanmoins de nombreux parallèles en Gaule, de l'édifice primitif. Sur les côtés nord et sud, les
en Germanie ou en Angleterre où il représente une murs M58 et M59 définissent une largeur de 2,40m.
maison rudimentaire (Cottage House) (Agache 1978, Le mur M58, disposé exactement dans le prolonge-
p. 283-287). D'autre part, il est souvent interprété ment du mur M53, est visible sur un tronçon de
comme annexe - grange ou entrepôt - d'un bâtiment 1,70m. Le mur M59, en revanche, est conservé sur
principal. Les dimensions réduites de notre petit 0,30m seulement. Ces deux murs, construits en
édifice le placent certainement dans cette dernière tranchée large, sont parementés dès la base de leur
catégorie. fondation.

38
Un sol de mortier au tuileau préservé par lambeaux schéma classique, le sol supérieur de l'hypocauste est
(dépliant no 3). Constitué de gros frag- installé 0,60m plus haut que 1"'area". En projetant ce
s'y rattache
ments de terre cuite mêlés à un mortier de chaux niveau à l'ensemble de l'édifice, on constate qu'une
blanchâtre, il repose directement sur le terrain naturel épaisseur de couches archéologiques variant de 0,20
formé de petits galets vosgiens compactés qui fait à 0,40m a disparu (fig. 31).
office de radier.

L'ouverture en direction du "praefurnium" n'est pas


Cette pièce a sans doute comporté un système de conservée. Elle devrait logiquement se situer à
par hypocauste. L'enterrement du sol l'ouest, dans la pente, de manière à simplifier l'amé-
chauffage
("area"), ainsi que la présence de quelques pilettes nagement de l'aire de chauffe. Toutefois, certains
(0,25m x 0,25m x 0,04m) récoltées dans les couches éléments portent à croire qu'elle se faisait latérale-
perturbées du dessus sont les témoins les plus évidents ment, du côté nord. En effet, sous le local 50, une
de ce dispositif. Par ailleurs, plusieurs "tubuli" épaisse couche de cendre répartie sur toute la surface
retrouvés dans la même couche remaniée renforcent est apparue au même niveau que 1"'arec" (fig. 33,
cette interprétation. Il est dès lors possible de resti- c. 3b). Cela pourrait peut-être correspondre aux
tuer le niveau de circulation de ce local. Selon le défournements réguliers du foyer du "praefurnium".

Fig. 29. Bâtiment sud. Plan schématique de l'état 1. Fig. 30. Bâtiment sud. Plan schématique de l'état 2. En
clair : structures réutilisées ; en foncé : nouvelles structures.

39
Fig. 31. Bâtiment sud. Restitution axonométrique du niveau
de circulation dans le bâtiment d'après le sol supérieur de
l'hypocauste du local L55. Vue sud-est.

4.4 La pièce L50 (état 3)

La dernière transformation apportée à l'édifice est


caractérisée par l'aménagement d'une nouvelle pièce
accolée aux locaux L51 et L55 (fig. 32). Le mur M61,
placé dans le prolongement du mur M50 de l'édifice
primitif, n'est pas parfaitement aligné sur ce dernier. Fig. 32. Bâtiment sud. Plan schématique de l'état 3. En
Il brise ainsi l'harmonie générale du bâtiment en clair : structures réutilisées ; en foncé : nouvelles structu-
désorientant la pièce de quelques degrés vers res.
l'ouest.

Les niveaux archéologiques contemporains de ce dès la base de la fondation (fig. 34). Chaque lit,
local, ainsi que la partie occidentale des murs aména- formé de deux parements de blocs de calcaires du
gée dans la pente ont disparu. Ne subsistent en fait Jura parfaitement équarris (0,20m x 0,15m x 0,10m)
que trois murs formés de 5 lits de fondation, M60, et d'un blocage central de petits éclats de calcaire et
M61 et M62 qui définissent une longueur conservée de déchets de mortier, est recouvert d'une chape de
de 7m et une largeur de 3,20m. Implantés dans les mortier de chaux. Le mur M60 présente en outre sur
couches de l'état 2, ils sont construits en tranchée son parement des traces de lignes horizontales tirées
large uniquement à l'intérieur du local (fig. 33, c. 2). au fer.
Le mur M62 est disposé contre les murs M53 et M58
des locaux L51 et L55, tandis que les deux autres,
M60 et M61 sont montés face contre terre. Les murs L'absence de liaison des murs indique que l'élévation
M61 et M62 ont une largeur de 0,60m, le mur M60 ne des parois étaient en matériaux légers. Pour l'angle
fait en revanche que 0,50m. nord-est, les murs ont été arrêtés lorsque les pare-
ments internes se sont touchés. Le même principe a
Leur mode de construction consiste en un petit été mis en oeuvre pour l'angle sud-est. A cet endroit
appareil de moellons quadrangulaires mis en oeuvre cependant, un poteau cornier (st. 14) assure la liaison

40
2 3 4
N T T
S

ý
--1498.00

H
-497.50

1 1 1 1

Fig. 33. Bâtiment sud. Coupe stratigraphique S2 à travers le local 50, vue est (tableau des couches, p. 114
dépliant no 1). 1= humus tranchée de fondation ; situation,
;2= ; 3a = démolition ; 3b = cendres ; 4a = terrain naturel.

des murs (fig. 35). D'un diamètre de 0,40m et


d'une profondeur égale à celle des murs, il est
maintenu par de grosses pierres de calage (0,20m
x 0,15m x 0,10m). Ce dispositif se rencontre fré-
quemment. L'élévation des murs, en terre ou en
bois, repose directement sur des fondations en
pierres sèches ou en maçonnerie (bahut ou solin).
Dans ce type de construction, le poteau cornier
constitue un élément essentiel pour la stabilité des
parois. Il est alors surprenant que dans notre cas
l'angle nord-est n'ait pas reçu le même traitement
vis-à-vis (fig. 36). L'architecture générale
que son
de la pièce s'en trouve de ce fait fragilisée et peu
compréhensible.
Fig. 35. Bâtiment sud, local 50. Trou de
62.
poteau cornier
La disparition de la couche de destruction de ce st. 14, situé à l'angle des solins M61 et A gauche,
édifice primitif. Vue ouest.
local ne permet pas de définir précisément la suite
la nature de l'élévation. Existait-il une sablière
et
basse sur laquelle était monté de l'adobe ou du
torchis ? A-t-on simplement utilisé de la brique
? La qualité des solins ne s'opposerait à aucun
crue
type de construction.

Bâtiment sud. Détail du petit appareil du solin Fis=. 36. Bâtiment


Fig. 34. sud. Vue du local 50, à remarquer
M60. Vue nord. l'absence de liaison des
solins M60 et M61. Vue sud.

41
4.5 Chronologie du bâtiment céramiques à revêtement argileux, les pièces les plus
tardives sont un gobelet en terre sigillée (Déchelette
L'arasement général du bâtiment et la disparition de 72 ?, catalogue no 8) avec décor végétal incisé et une
la plupart des couches archéologiques compromettent coupe Drag. 36.
sérieusement l'établissement d'une chronologie abso-
lue. A cela s'ajoutent la rareté du mobilier céramique
et métallique, ainsi que le peu d'éléments susceptibles 4.6 Conclusions
de fournir des datations précises. Les maigres reli-
quats à disposition nous contraignent donc à présenter La chronologie, bien que relative et incomplète,
des fourchettes chronologiques très larges qui servent donne une image assez précise de l'évolution du
plutôt d'indices que de points de repère précis. bâtiment sud. La première bâtisse (état 1) n'est
vraisemblablement qu'une simple annexe, grange ou
Ainsi, la construction du bâtiment primitif (état 1) entrepôt. Les transformations apportées ensuite à
doit s'appréhender d'après la fourchette chronologi- l'édifice, notamment l'agrandissement des espaces et
que globale proposée pour l'ensemble de l'édifice. la mise en place d'une pièce dotée d'un système de
Les trouvailles les plus précoces mises au jour dans chauffage par hypocauste à l'état 2, montrent claire-
les couches perturbées du dessus (c. 1), une assiette ment qu'il s'agit alors d'un habitat (chap. 12.2.1.2).
Drag. 15/17 et une coupe Hofheim 12, sont les seuls
éléments qui pourraient faire remonter l'installation
de cette bâtisse à partir du milieu du Ier siècle après
J. -C., ce qui correspondrait à la mise en place de la
s 7m
première maison du bâtiment nord. Toutefois, l'insuf- -
_ -1
fisance d'éléments datants incite à une extrême 1
prudence.
1 A

W
N N
O O
La période d'utilisation de l'état 2, plus exactement 3 3

celle du local L55, peut se mesurer grâce au mobilier


récolté dans la couche cendreuse située sous le local
L50 (c. 3b). Les coupes Drag. 33, Drag. 35, Drag. 46
j
et une coupe ornée Drag. 37, associées à quelques
gobelets à revêtement argileux (CRA) forment un
i-1,70m>,
ý.
oi
ensemble assez homogène du IIe siècle après J. -C. A
O 3
La production des diverses coupes en terre sigillée 3 ý

commencent vers la fin du Ier siècle en Gaule méri-


dionale ; l'apparition des gobelets à revêtement ar-
gileux est communément admise à partir de la pre-
mière moitié du IIe siècle. Il semble dès lors raison-
t
3
ý
N
ýl
N
iý N

nable de proposer pour l'existence de l'état 2 une 00


33
longévité allant de la fin du Ier siècle et couvrant une
bonne partie du IIe.

L'aménagement du local L50 qui matérialise l'état 3


n'intervient pas avant le milieu du IIe siècle après
J. -C. Les tranchées de fondation des murs (c. 2) ont
en effet livré de la céramique à revêtement argileux
(CRA). Quant à l'abandon définitif de l'édifice, il
L-«-3,80m 21
n'excède pas le milieu du Ille siècle. Outre les
N
1 A
O
3

TABLEAU CHRONOLOGIQUE INDICATIF

ETAT 1: milieu Ier ?- fin ler siècle ? , w-- 3m


5,40m-

ETAT 2: fin Ier - IIe siècle ý 5m

ETAT 3: à partir milieu IIe s. - milieu Ille s.


Fig. 37, Bâtiment sud. Plan des mesures.

42
Chapitre 5 La zone orientale

Entre le bâtiment nord (A) et le fossé 3, dans la La plupart de ces structures se sont superposées à une
partie orientale connue de l'établissement, se dévelop- occupation de l'âge du Bronze final, déjà repérée
pent différentes structures d'aspect très modeste, que dans les sondages 466,489,493 et 508 effectués en
l'on peut attribuer, semble-t-il, à la "pars agraria" 1987 (fig. 5) et confirmée par les campagnes de
(fig. 38). Il s'agit d'une cabane (C), d'un enclos fouille de 1989 et 1990. Ce recoupement, ajouté à la
quadrangulaire (D) et d'un ensemble de fosses (E) détérioration prononcée des vestiges, a eu pour effet
répartis sur environ 2000m2 (100m x 20m). de mêler les deux époques d'occupation : en surface,
les tessons céramiques, ainsi que les structures gallo-
Ces aménagements sont situés dans une légère dé- romaines et protohistoriques apparaissent au même
pression qui s'étend selon un axe est-ouest, où les niveau. Cela implique que plusieurs fosses, faute de
eaux de pluie ont tendance encore aujourd'hui à mobilier, ne peuvent être attribuées à une époque
stagner (fig. 39). L'emplacement est donc peu propice déterminée.
à un véritable habitat, et ce sont plutôt des construc-
tions annexes qui y ont pris place. Implantées dans les Dans ces conditions, les relations chronologiques
graviers vosgiens, ces diverses installations ne sont entre les diverses structures, à l'exception de quelques
conservées qu'en négatif. En effet, l'érosion les a fosses qui ont pu être datées, sont pour la plupart
fortement endommagées. insolubles.

O FOSSES ROMAINES

FOSSES BRONZE


INDETERMINEES

05 iaý

Fig. 38.
ensemble
Plan
de
schématique de la zone orientale. A: bâtiment nord ;C: cabane ;D:
z
enclos quadrangulaire ;E:
fosses. En grisé : fosses attestées gallo-romaines ; en foncé : fosses protohistoriques ; en clair : fosses
d'époque indéterminée.

43
Fig. 39. Coupe télescopée T4 du bâtiment nord (A) vers le fossé 3, vue nord (situation, dépliant no 1). Les
aménagements annexes de la zone orientale (C et D) se situent dans une légère dépression d'axe est-ouest. Hauteurs
exagérées 25 fois par rapport aux longueurs.

5.1 La cabane (C) semble des aménagements de la zone orientale.


Quelques indices chronologiques sont malgré tout
à l'intérieur de la cabane, le long de la
apparus
A 5,50m de distance de l'enclos quadrangulaire (D), Il s'agit d'un ensemble de
cloison septentrionale.
(K 181) d'assez dimensions dont
mais décalée de 12 degrés vers le sud par rapport à ce céramiques grandes
dernier, cette cabane, de forme rectangulaire, se la forme archéologique presque complète témoigne
d'une (catalogue
marque dans le terrain naturel par 3 empreintes, vraisemblablement position primaire
larges de 0,22m et profondes de 0,20m en moyenne. nos 43,85,88 et 95). Ces éléments permettent ainsi
Sa longueur est de 12m, tandis que sa largeur conser- de situer l'utilisation de cette bâtisse déjà vers le
vée est respectivement de 7m pour le côté ouest et de milieu du Ier siècle apr. J. -C.
3,20m pour le côté est. La limite méridionale fait
défaut. Néanmoins, 3 trous de poteau sont alignés sur
le côté sud (F53, F54 et F55, catalogue des fosses, 5.2 L'enclos quadrangulaire (D)
p. 123). D'une largeur de 0,60m et d'une profondeur
conservée de 0,25m, ils complètent peut-être le dispo- Parallèle au fossé 3, cet enclos se situe exactement à
sitif architectural de l'ensemble (fig. 38). Ces élé- 3m de ce dernier. Sa construction est en relation
ments de soutènement ne sont toutefois préservés directe avec la mise en place du fossé 3, puisqu'un
qu'à l'ouest. raccordement d'une longueur de 7m aménagé à partir
de l'angle sud-est s'y rattache obliquement (fig. 40).
En élévation, il faut s'imaginer une bâtisse assez mo-
deste, disposée sur des sablières basses. L'absence de Implanté dans les graviers vosgiens, il perce égale-
points de calage, à l'exception du grand côté méridio- ment dans la partie sud un niveau de colluvions
nale, pourrait faire penser à un type de construction contenant des tessons de l'âge du Bronze final. Ses
rarement observé en Suisse, mais tout de même dimensions sont respectivement de 12,50m et 12m
attesté dans la "pars rustica" de la villa de Sévery hors tout dans le sens est-ouest et nord-sud. Il se
(VD) (Weidmann 1983, p. 301-305 ; Paunier 1985, p. compose de 4 fossés, larges de 0,60m, reliés entre eux
124-125), le "cruck" : poutres disposées en mortaise par des angles arrondis (fig. 41). Sa profondeur varie
dans les poteaux, enjambant l'espace intérieur et du nord au sud de 0,16m à 0,40m. Sa section est
servant d'éléments porteurs de la toiture (Chapelot et quadrangulaire avec des parois parfaitement verticales
Fossier 1980, p. 305-306). Cette bâtisse était certaine- et un fond plat. Sur le côté ouest, le négatif d'un
ment couverte de bardeau ou de chaume. En effet, boisage est apparu (fig. 40). Le remplissage est
elle n'aurait sans doute pas supporté le poids d'une identique à celui observé dans l'empreinte des cloi-
toiture faite de tuiles. sons de la cabane (C) et dans le fossé 3: il se com-
pose de terre limoneuse grise à gris-bleu avec par
Le remplissage de tous ces vestiges en creux est endroit quelques calcaires tapissant le fond, de rares
constitué par de la terre limoneuse brun clair à grise, tessons de céramiques et des paillettes de charbons
du niveau de colluvions qui a arasé l'en- de bois. Les objets récoltés n'ont malheureusement
provenant

44
a00,5
0 0,5 b
TT TT
495,00ý- -ý ý -495,30
0.0
o
10.. 0. ' 0.0.0
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Io ol
494,60 001 j
_°. -ý -1494,30
11 11
C00,5 0 0,5 d

F70 o

F75 o



-___ý\ \\
Hý -ý-

0 5m

Fig. 40. Enclos quadrangulaire rattaché au fossé 3. En foncé, zones fouillées avec emplacement des
Les fosses F59, 0, F74 et F75 matérialisent sans doute la fondation d'un coupes
stratigraphiques. grenier.

45
5.3 Les fosses (E)
L'ensemble des fosses se regroupe dans la zone orientale
(fig. 38, E), à l'exception des structures 20 et 21 situées
entre les bâtiments nord et sud (fig. 2, A et B). Elles
sont au nombre de 75, toutes creusées dans les graviers
vosgiens. Fortement érodées, leur niveau d'implantation
a disparu, effaçant tout raccord stratigraphique. La
chronologie générale s'en ressent, d'autant plus que dans
le même substrat apparaissent des fosses protohistori-
ques. Le mobilier archéologique et, dans une moindre
mesure la planimétrie, sont donc les seuls critères de
classification. Ainsi, sur l'ensemble, 36 fosses sont gallo-
romaines, 12 de l'âge du Bronze final, tandis que le reste
demeure indéterminé. Seules les fosses attribuées à
Fig. 41. Vue générale de l'enclos quadrangulaire (D) après l'époque gallo-romaine sont traitées ici, les autres feront
degagement. Vue sud-est.
l'objet d'une publication ultérieure (volume à paraître
dans la même collection).
aucune pertinence pour la datation, d'autant plus que
le côté sud a révélé la présence de quelques cérami- 5.3.1 Forme, dimensions, remplissage
ques protohistoriques.
D'une manière générale, les fosses se marquent assez
La mise en place du tracé est conçue de manière nettement dans le substrat naturel. Elles ont une
unitaire. Le creusement débute par le côté oriental et forme arrondie - circulaire ou ovale -, jamais qua-
se termine par le côté méridional et le raccordement drangulaire. Leurs dimensions varient de 0,50m à lm
(fig. 40). Ce dernier, large de 0,50m, a une forme en moyenne, mais certaines d'entre elles atteignent
arrondie et n'est pas implanté aussi profondément que jusqu'à 2m dans leur plus grande longueur. En
l'enclos proprement dit, mais 0,20m plus haut. Cette profondeur, elles sont conservées sur 0,10m à 0,90m.
particularité est assurément intentionnelle. En effet, Le remplissage est, à quelques exceptions (fosses 1,
cet aménagement sert à l'évacuation des eaux de 5 ou 6), de même nature, ce qui prouve leur utilisa-
pluies vers le fossé 3. Le pendage général de l'enclos tion définitive comme dépotoir. Il s'agit en effet le
ramène d'ailleurs tous les ruissellements vers ce point plus souvent d'un comblement homogène de terre
(fig. 42). Le trop-plein pouvait ainsi être déversé, tout argilo-limoneuse gris-bleu à gris foncé avec quelques
en maintenant pendant quelque temps un petit point graviers vosgiens, des poches d'argile par endroit et
d'eau à l'angle. Cette installation dans laquelle il faut du charbon de bois en paillettes. Elles renferment
voir un parc à bestiaux était ainsi pourvue d'un globalement des déchets domestiques (ossements,
abreuvoir naturel en cas de pluie. céramiques, verre ou bronze), des résidus provenant

Fil;. 42. Coupe télescopée T5 à travers le fossé 2, l'enclos quadrangulaire (D) et l'embranchement du fossé 3, vue est
(situation, dépliant no 1). L'enclos quadrangulaire (D) et le fossé 3 sont implantés dans la dépression naturelle, tandis
le fossé 2 haut, sur un léger replat. Hauteurs exagérées 2 fois par rapport
que est aménagé quelques mètres plus
aux longueurs.

46
- Les fosses de combustion

C'est le cas des fosses 5 et 6 dont le fond est complè-


tement rubéfié et dont le remplissage est constitué
d'argile brûlée compacte et de charbons de bois. Leur
utilisation reste problématique.

- Les éléments de soutènement

La fosse 21 matérialise sans doute le soubassement


.
d'une construction (bassin ?), au vu de la nature de
son remplissage, empierrement compact, et de sa
situation particulière, entre les bâtiments nord et sud
(dépliant no 1).

Fig. 43. Fosse-silo F31. Les fosses 53,54 et 55 forment un alignement sur le
.
côté sud de la cabane C. Il s'agit peut-être de trous de
d'activités artisanales ou agricoles (scories, objets en poteau complétant le dispositif architectural de cet
fer, meules cassées ou usées) et enfin, des restes aménagement (chap. 5.1).
d'éléments de construction (clous, tuiles, calcaires).
L'absence de stratification ou de lentilles provenant .
Les fosses 59,70,74 et 75 sont situées au sud de
de l'affaissement des parois témoigne d'un comble- l'enclos quadrangulaire (D). De mêmes caractéris-
ment rapide au moment de leur abandon. La présence tiques (catalogue des fosses, p. 123), elles dessinent
de tessons céramiques du même récipient, retrouvés un rectangle de 3m sur 4,50m (fig. 38 et 40). Il
fragmentés indifféremment au fond et au sommet du pourrait s'agir là de trous de poteau matérialisant un
de certaines fosses pourrait même faire aménagement en matériaux légers, peut-être un
remplissage
à
penser un remblayage en une seule fois. grenier (chap. 12.2.2).

- Parmi l'ensemble, on peut également concevoir la


5.3.2 Interprétation présence de fosses de compostage ou d'extraction.

Si la plupart des fosses ont finalement servi de dépo- - La fosse à incinération


toir (catalogue des fosses, p. 119), il convient main-
tenant d'examiner pour certaines d'entre elles leur La fosse 1 pourrait s'identifier à une tombe à inciné-
fonction primaire et pour d'autres leur destination ration. En effet, outre le nombre important d'osse-
particulière. ments calcinés, le mobilier céramique est entièrement
brûlé et se concentre presque essentiellement dans la
- Les silos zone centrale. Les 8 bords de récipient qui se déga-
gent de l'ensemble (2 vases présentent une forme
7 fosses s'apparentent à des silos (F26,30,31,48,50, archéologique complète) sont regroupés dans la partie
51, et 52). Ce sont en général les plus grandes (de septentrionale. Par ailleurs - la documentation ne
1m3 à 2m3). Elles sont toujours caractérisées par une permet malheureusement pas de l'illustrer - leur
zone centrale circulaire ou ovale aux parois parfaite- arrangement semble volontaire. En effet, les tessons
ment verticales et par une zone périphérique plus étaient en position verticale et reposaient sur une
floue (fig. 43). La présence d'un cuvelage de bois, planche de bois entièrement calcinée, à côté d'un gros
indispensable au maintien de la structure dans ce galet. Il pourrait s'agir là d'offrandes primaires
stable, n'a jamais été observée. Toute- provenant du bûcher de crémation ("ustrinum"). Les
sédiment peu
fois, le découpage très net des parois à l'intérieur de pots pour la boisson et les plats pour la nourriture
la fosse l'atteste. Ces éléments de bois ont d'ailleurs s'accordent parfaitement au rituel d'incinération.
être récupérés au moment de l'abandon ou se sont
pu
désagrégés au cours du temps. D'autre part, la fosse s'intègre à la typologie des
simplement
sépultures à incinération mises en évidence dans la
La mise en place du silo commence par le creusement nécropole d'Avenches-Port (Castella 1987, p. 22-25).
d'une fosse. Le fond de celle-ci est dans la plupart des Elle s'apparente en effet au type II b2, représenté à
tapissé de calcaires (0,25m x 0,25m) dans le but Avenches par un seul exemple (tombe 26). Dans
cas
de créer un vide sanitaire permettant d'isoler la struc- notre cas, le mode d'enfouissement pourrait être
ture. Le silo proprement dit, matérialisé par un restitué de la manière suivante : dans un premier
de bois (tonneau), est ensuite installé au temps, les restes de la crémation ont été regroupés
cuvelage
centre du trou, tandis que les côtés sont remblayés. au centre de la fosse, vraisemblablement dans une

47
cendres du foyer, délimitant par là une zone centrale
et une zone périphérique (fig. 44).

Les ossementsanalyséssont malheureusement trop frag-


mentés et trop fortement brûlés pour permettre une
détermination anthropologique (chap. 9 et catalogue des
fosses, p. 119). Pour cette raison, malgré les indices
sérieux à disposition, l'interprétation de cette fosse
comme une tombe à incinération reste sujette à caution.

5.3.3 Chronologie

La chronologie entre les diverses fossesn'a qu'une por-


tée limitée. En effet, seules douze d'entre elles ont pu
être précisément datées. Deux ensemblesse distinguent :
Fig. 44. Fosse 1. En coupe, le remplissage central noir les fossesdu Ier s. apr. J. -C. (1,6,23 et 26) et celles du
cendreux se détache de l'ensemble.
11e-111e J.
apr. -C. (20,21,31,35,48,50,51 et 52). Leur
répartition spatiale ne fait pas ressortir de groupement
enveloppe périssable (bois, tissu ou cuir). Les tessons précis ou de déplacement des activités au cours du
les mieux préservés ont ensuite été prélevés du temps ; au contraire, toute la zone semble avoir été
bûcher et disposés soigneusement pour accompagner exploitée de manière dispersée depuis la création de
les cendres funéraires. Enfin, le reste de la fosse a l'établissement jusqu'à son abandon. Le recoupement de
été comblé par un sédiment moins contaminé par les la fosse 5 par la fosse 6 va d'ailleurs dans ce sens.

48
Chapitre 6 Enclos, limites et aménagement
de l'ancien étang

La chronologie des limites de l'établissement - bien par des fossés (fig. 45, enclos 1= f0 ; enclos 2= fl-
que relative seulement - rend compte de manière f3). Le tracé de l'enclos 2, de loin le plus complet,
significative de l'évolution générale du site. Les deux entoure les diverses constructions. Il dessine un vaste
premiers enclos qui se sont succédés sont caractérisés quadrilatère imparfait, amputé de toute sa partie

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Sd 16

St. 49ýwý*
o 50 m

Fig. 45. Plan des interventions effectuées sur les limites de l'établissement. Enclos 1= f0 ; enclos 2= fl-f3.

49
orientale (fossé 2). Le plan d'ensemble est en outre
complété par des limites internes (fossés 1 et 3),
tandis que plusieurs embranchements, notamment
à l'est et au nord, dénotent la complexité de cette
installation. A une époque plus tardive, ce système
peu commun sera remplacé, dans la partie occiden-
tale tout au moins, par une "enceinte" en maçonne-
rie, disposée au sud-ouest le long du fossé 2
(M100), et au nord-ouest sur son tracé (M101 ?). A
cette occasion, la berge de l'étang subit un réamé-
nagement complet.

6.1 L'enclos 1 (f0)


Fig. 46. Enclos 1. Coupe stratigraphique S3 dans sondage
Cet enclos se compose en fait d'un seul fossé recti- 23, vue nord (cf. tableau des couches, p. 116 ; situation,
dépliant no 1).
ligne (f0) orienté nord-sud. Du point de vue chro-
nologique, sa mise en place est antérieure à l'enclos
2, puisqu'il est coupé par le côté nord-ouest du fossé 6.2 L'enclos 2 (fl-f3)
2 (fig. 45). Sa longueur est de 27m, mais elle pourrait
être portée à 63m, si on lui associe le tracé du fossé 3
de l'enclos 2, placé dans le même axe, et dont le fond L'enclos 2 se caractérise par de multiples fossés (plus
est tapissé d'un remplissage identique. de 500m) dont l'extension exacte n'est pas connue.
Les éléments mis au jour permettent de définir une
Arasé, puis recouvert par un niveau de colluvions, ce vaste structure de base quadrangulaire à angle arrondi
fossé n'est conservé que sur une hauteur de 0,40m. Il (fossé 2, dimensions conservées : 210m x 132m),
a la forme d'un "U" ouvert avec un fond arrondi complétée par deux limites internes (fossés 1 et 3).
(fig. 46). Sa largeur varie de 0,50m à 0,80m. Aucun Les embranchements émergeant dans la partie septen-
élément de boisage, ni trace de curage n'est apparu. trionale suggèrent toutefois un réseau beaucoup plus
Le mobilier archéologique fait également défaut. développé qu'il n'y paraît (fig. 45).

Fig. 47, Coupe télescopée T6 à partir du bâtiment sud (B) vers l'ancien étang (H), vue est (situation, dépliant no 1).
Installés dans la pente, les fossés 1 et 2 sont toutefois aménagés sur deux légers replats. Hauteurs exagérées 2 fois par
rapport aux longueurs.

50
6.2.1 Fossé 1

Ce fossé, dégagé sur une longueur de 87 mètres,


forme une limite interne. Son tracé légèrement
incurvé a été recoupé par une série de 8 sondages
(fig. 45, sd 15 à 22). Parallèle au côté sud-ouest du
fossé 2, il est situé sur une légère terrasse, en contre-
bas du bâtiment sud (fig. 47). Sa hauteur originelle
Un niveau de colluvions le
n'est pas conservée.
biseaute assez profondément par endroit. Dans les
les mieux préservées, il atteint 0,70m de Fig. 48. Enclos 2, fossé 1. Coupe stratigraphique S4 dans
parties
hauteur (fig. 45, sd 17 et 21). Sa largeur varie entre sondage 17, vue nord (tableau des couches, p. 116
situation, dépliant no 1).
0,80m et 2,50m. Il présente la forme d'un "U" très
largement ouvert avec un fond arrondi (fig. 48 et 49),
(sd 20 et 22). Des traces de rectifica- 9
rarement plat WE ý S-O

tion et de curage sont apparues (sd 17,18,20 et 22). 494.00

La présence d'un boisage contre les parois n'est en


revanche pas attestée.
I, J. ýý JV.
--1
-ýI-,
493.00

Le remplissage, homogène, s'est fait par colluvion-


Il dépend ainsi directement du substrat natu- -- ----------------------------
nement. 1
dans lequel le fossé est implanté (chap. 2). Il est
rel
de la molasse altérée (sd Fig. 49. Enclos 2, fossé 1. Coupe stratigraphique S5 dans
constitué au nord-ouest par
18 à 22), des graviers vosgiens (sd 15 sondage 21, vue sud-est (tableau des couches, p. 116
au sud-est par
à 17). Ce fossé n'a livré aucun objet archéologique. situation, dépliant no 1).

ý 1ý t`: 1 ^ý. ý
ýý/
'ti'.i3-.:;
.,
.i PP'3
ýý. ý:,

2, fossé 2. Fossé en cours de dégagement dans 10, La structure se marque au centre de la


Fig. 50. Enclos foncée.
sondage
par une bande rectiligne plus Vue nord.
tranchée

51
6.2.2 Fossé 2 pendage est régulier, mais arrondi là où la pente est
plus forte. Le découpage très net du fossé dans le
Le fossé 2a été suivi sur plus de 370m. Il se compose terrain naturel, formé ici par du limon peu stable, est
de deux parties disposées plus ou moins à angle droit révélateur de la présence d'un boisage. Le négatif de
et de deux embranchements qui s'en détachent. D'une planches est d'ailleurs visible dans le sondage 23 (fig.
manière générale, les éléments sont bien préservés, 51 et 76). Les rectifications et les curages successifs se
seuls quelques tronçons sont très arasés ou ont marquent également parfaitement. L'interruption du
complètement disparu (sd 9,10 et fig. 50). tracé dans le sondage 4 indique peut-être la présence
d'une entrée, mais il n'est pas non plus exclu qu'il
6.2.2.1 Côté nord-ouest faille attribuer cette coupure aux conditions de
préservation de la structure.
Tracé, forme, dimensions

Le côté nord-ouest a été recoupé par 11 sondages Remplissage et chronologie


(fig. 45,1 à 10 et 23) sur une longueur de 210 mètres.
Son tracé, parfaitement rectiligne, passe tout près Dans la section orientale (sd 23), un seul comblement
(1,20m) du bâtiment nord et se poursuit dans la pente (fig. 51, c. 3i) est visible. La préservation complète
en direction de l'ancien étang. A cet endroit, le du boisage contre les parois atteste par ailleurs un
pendage atteint en moyenne 8 %. Sa hauteur est de entretien régulier du tronçon qui a vraisemblablement
0,80m. Sa largeur varie de 0,80m à 1,40m. Il a la fonctionné jusqu'à l'abandon du site.
forme d'un "U" aux parois rectilignes légèrement
obliques. Dans la partie occidentale (sd 1à 10), le Dans la section occidentale (fig. 45, sd 1à 10) en
sommet est évasé, témoin d'un surcreusement de tout revanche, trois remplissages rendent compte des
son tracé. Le fond, large de 0,40m, est plat lorsque le principales phases d'utilisation (fig. 51) :

S9, Sondage 23 S6, Sondage 5


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11 J_ 1
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S7, Sondage 6 S8, Sondage 8

Fig. 51. Enclos 2, fossé 2, côté nord-ouest. Coupes stratigraphiques S6, S7, S8 et S9 dans sondages 5,6,8 et 23, vue
nord-ouest (tableau des couches, p. 116, situation, dépliant no 1). A part la coupe S9 du sondage 23 qui ne présente
qu'un seul comblement, les sondages 5,6 et 8 illustrent les trois remplissages qui rendent compte des différentes phases
d'utilisation du fossé dans la partie orientale. A remarquer dans la coupe S6 le fond arrondi et non plat ; ce
doute dû à la pente plus prononcée du terrain à cet endroit.
phénomène est sans

52
Le premier comblement (c. 3d), constitué par des
-
colluvions de limon gris-jaune, correspond au creuse-
ment primitif du fossé. La forme est d'ailleurs identi-
que à la section orientale. Quelques pièces cérami-
ques dont une coupe Drack 21 (catalogue no 25) y
ont été récoltées.

Le deuxième remplissage (c. 3a), formé également


-
de colluvions fortement enrichies de charbons de bois,
témoigne d'un réaménagement important du fossé,
caractérisé par le surcreusement de tout le tracé. En
effet, les coupes stratigraphiques montrent un élargis-
sement très net des parois correspondant à ce nou-
veau remplissage. Par ailleurs, les limites floues de ce
comblement indiquent que lors de cette réfection,
aucun système de boisage n'a été mis en place. Le Fig. 52. Enclos 2, fossé 2, côté nord-ouest. Amas de
cal-
mobilier archéologique récolté est sporadique et sans caires dans le sondage 8, repéré sur plus de 40m, formant
le dernier remplissage du fossé (c. 3). L'agencement
spécificité. lier des blocs dans les sondages 7 et 8 indique
régu-
qu'il ne
s'agit certainement pas d'un simple comblement intervenu
La dernière phase signifie l'abandon du fossé. Le après l'abandon du site, mais plutôt de la fondation d'un
-
remplissage consiste cette fois-ci en un amas de cal- mur (M101) reprenant le tracé du fossé. Vue sud.
caires du Jura (c. 3) complètement arasé et boulever-
sé par les labours dans la plupart des sondages, mais 6.2.2.2 Côté sud-ouest
très bien agencé dans les sondages 7 et 8. A cet en-
droit en effet, les blocs de calcaire de grandes dimen- Tracé, forme, dimensions
sions (0,30m x 0,15m x 0,10m) sont disposés réguliè-
rement sur deux lits avec encore quelques traces de Le côté sud-ouest, disposé plus ou moins à angle droit
mortier fusé (fig. 52). Ils définissent, semble-t-il, une du premier, a été mis en évidence sur une longueur
structure large de 0,60m. Ce remplissage, repéré sur de 132m par 4 sondages d'assez grandes dimensions
de 40m (fig. 45, sd 2,3,5 à 8), n'existe plus à (fig. 45, sd 10,12,13 et 14). Entre les sondages 10
plus et
l'ouest du sondage 8 où les travaux de réaména- 12, il fait défaut sur un tronçon de près de 40m. Le
gement de l'étang l'ont complètement oblitéré. tracé, légèrement incurvé, suit les contraintes de la
topographie ; il longe l'ancien étang et épouse les
S'agit-il d'un simple remblayage intervenu après flancs de la butte. Parallèle au fossé 1, à une distance
l'abandon du site ou plutôt d'un aménagement inten- de 15m, il est implanté 3m plus bas que ce dernier
tionnel matérialisant la fondation d'un mur (M101) (fig. 47). Sa hauteur maximale est de 0,80m, sa
le tracé du fossé ? En raison des dommages largeur atteint 2,50m. Sa forme varie quelque peu par
reprenant
occasionnés, l'interprétation reste délicate, d'autant rapport au côté nord-ouest. Elle dessine ici un "U"
plus que les implications qui en découlent ont une très ouvert avec un fond beaucoup plus large (1,30m),
influence directe sur l'évolution de l'établissement légèrement concave, jamais plat. Ce phénomène s'ex-
(chap. 6.4). plique tout simplement par la position topographique
8 tl

S-O N-E

, 49t. 00

-491.00

490.00

089.00
. t. 49 1

Fig. 53. Sondage 14. Coupe stratigraphique Sil à travers le fossé 2, le mur M100, l'empierrement (st. 49) l'ancien
(tableau des 116 et
étang, vue nord-ouest couches, p. ; situation, dépliant no 1). Le mur M100 est représenté ici en
car sur la coupe elle-même, il n'est visible qu'en négatif.
projection,

53
Fig. 54. Sondage 13. Coupe stratigraphique S12 à travers le fossé 2, le mur M100, l'empierrement st. 49 et l'ancien
étang (H), (tableau des 116 ; situation, dépliant no 1). Les astérisques matérialisent l'empla-
vue sud-est couches p.
cement des échantillons prélevés pour la palynologie.

du tracé (fig. 56). Les indices de l'existence d'un longueur de 14m, ainsi que le raccordement de
boisage ne sont pas perceptibles. Les curages et les l'enclos quadrangulaire (D) s'y rattachent (fig. 45).
rectifications en revanche apparaissent clairement.
Implanté dans les graviers vosgiens (fig. 55, c. 4a), ce
Remplissage et chronologie fossé perce également au sud un niveau de l'âge du
Bronze final (fig. 57, c. le). Du nord au sud, sa hauteur
Le niveau de circulation antique dans lequel le fossé conservée varie de 0,20m à 0,50m. Il a la forme d'un
a été creusé se distingue nettement dans les sondages "U" légèrement ouvert avec un fond arrondi. Les parois
12 à 14. Matérialisé par du limon brun-jaune avec n'ont révélé aucune trace de boisage. Sa largeur est de
beaucoup de charbons de bois (c. 4b), il est scellé par 0,90m en moyenne, sauf dans la partie septentrionale où
le remblai (c. 3f) résultant de l'excavation du fossé il s'élargit progressivement (jusqu'à 4m) pour former un
(fig. 53 et 54). delta. Il s'agit sans doute d'une petite cuvette à sec,
alimentée par intermittence lors des pluies. Ce phéno-
- Le premier remplissage est caractérisé par un dépôt mène se constate encore aujourd'hui.
de colluvions de faible épaisseur (fig. 53, c. 3e et fig.
54,3d), témoin d'un curage régulier. Comme pour le
fossé 1, la nature des comblements est directement
influencée par le substratum dans lequel la structure
est implantée. Il s'agit ici également de limon (sd 10,
12,13) et de graviers (sd 14).

- Le deuxième remplissage est constitué par la démo-


lition provenant du mur M100 (fig. 53 et 54, c. 3c).
Ce phénomène parfaitement visible dans les sondages
12,13 et 14 prouve l'utilisation du côté sud-ouest du
fossé 2 jusqu'à l'abandon du site.

- Enfin, les derniers comblements consistent simple-


ment en colluvions (fig. 53 et 54, c. 3b).

Fig. 55. Enclos 2, fossé 3. Coupe stratigraphique S13 dans


6.2.3 Fossé 3 24, vue nord (tableau des couches, p. 116
sondage
situation, dépliant no 1).
Le fossé 3, tout comme le fossé 1, constitue une
limite interne. Repéré sur une longueur de 31m (fig. Deux remplissages peuvent être différenciés :
45, sd 23 à 25), il est situé exactement dans le prolon-
de l'enclos 1 (fossé 0) et plus ou moins du premier comblement, il ne reste que quelques
gement -
perpendiculairement au côté nord-ouest du fossé 2. traces tapissant le fond du fossé. Il s'agit de terre
L'interruption du tracé avant la liaison avec ce limoneuse brun foncé avec quelques graviers. La
dernier laisse un espace de 3m qui forme le seul similitude de ce remplissage avec le contenu du fossé
de tout le réseau. Dans la partie sud, 0 (enclos 1), ajouté à la coïncidence planimétrique
passage connu
embranchement perpendiculaire, dégagé sur une des deux structures, constitue de sérieux indices de
un

54
contemporanéité. Il ne serait dès lors pas surprenant forme générale, on ne voit qu'un fond arrondi avec
qu'à l'origine, l'enclos 1 ait également englobé le un remplissage homogène de limon gris-bleu (c. 3d)
fossé 3 (fig. 45). qui correspond comme pour tout le fossé 2 au premier
comblement par colluvionnement.
Le deuxième remplissage, formé de colluvions (fig.
-
55, c. 3r), matérialise la réaffectation du fossé primitif - Le deuxième n'a été mis au jour que sur 1,50m. Il
afin de l'intégrer dans le plan d'ensemble de l'enclos se situe tout à l'est du côté nord-ouest du fossé 2 et se
2. A cette occasion, l'enclos quadrangulaire (fig. 45, dirige vers le nord (fig. 45). Son remplissage est le
D) et l'embranchement sont aménagés. même que pour le fossé 2 (c. 3i).

6.2.4 Embranchements Le dernier embranchement enfin, se rattache de


manière perpendiculaire au fossé 3 et en possède les
Trois embranchements principaux se dégagent du mêmes caractéristiques. Repéré sur une longueur de
tracé de base et dénotent la complexité du plan 14m, sa largeur est de 0,80m, sa hauteur conservée de
d'ensemble. 0,50m (fig. 57).

Deux embranchements se détachent du fossé 2:

Le premier, situé à l'angle du fossé 2, a été suivi sur


-
22m (fig. 45). Il possède lui-même une ramification
sur 4m qui se dégage du milieu de son tronçon.
repérée
Ces fosséssont préservés sur 0,25m seulement. De leur

ENCLOS1

0
0 ao
FOSSÉ ao0° 0

ýo
o ý\0 °o
000 00 ° 00
oýo
ENCLOS 2

FOSSÉ 1

Fig. 57. Enclos 2t embranchement rattaché au fossé 3.


Coupe stratigraphique S14 dans sondage 25, vue ouest
(tableau des couches, p. 116 ; situation, dépliant no 1).

JJ 6.3 Le mur M100 et l'aménagement de l'étang


J Jý J

JJJJýJJJJ JJJJJ

La mise en place du mur en maçonnerie M100 le long


de l'ancien étang, auquel se rattache un niveau dallé
(fig. 45, st. 49), constitue une étape importante dans
l'évolution de la villa. Du point de vue de la chrono-
logie relative, ces constructions sont postérieures au
réseau de fossés, puisque le mur M100 est implanté
directement dans le remblai (fig. 53 et 54, c. 3f) résul-
tant de l'excavation du fossé 2. Par ailleurs, si l'on admet
la relation de ce mur avec l'hypothétique mur M101
reprenant le côté nord-ouest du fossé 2, il s'agirait alors
00 0
de la nouvelle enceinte de l'établissement (chap. 6.4).
FOSSÉ 3

00 /o 0^0

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Q 00
O

00
o 0
a.
ý
00
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000o
p00
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0
6.3.1 Le mur M100
1 00
de la forme des fossés.
Son tracé, dégagé sur plus de 125m, n'est pas parfai-
Fig. 56. Tableau synoptique La
topographique a une influence directe sur la tement rectiligne. Il marque deux changements de
position fossés. En ils larges fond direction très peu perceptibles, le premier dans le
forme des effet, sont avec un
lors qu ôté suit les conte (fossé
sondage 13 (fig. 58 et 60), le second entre les sondages
arrondi 2, ils en revan he assez
1 et fossé ud-ouest)
strace 13 et 14, si bien qu'il donne l'impression d'être légère-
un fond plat ou arrondi lorsqu'ils sont aména-
étroits avec (fossé
terrain plat ou dans la pente 0, fossé 2, ment incurvé, se soumettant ainsi aux contraintes
gés sur un fossé 3). imposées par la topographie. Les sections observées
côté nord-ouest,

55
Sondage 12 Sondage 13

Fig. 58. Pierre à pierre du mur M100 dans les sondages


1.2 et 13. L'aspect différent de l'élévation du mur s'expli-
que par la présence de pilotis dans le sondage 12.

dans les sondages 12 et 13 sont les mieux conservées


(fig. 58 et 60). Ailleurs, le mur se matérialise le plus
souvent par un seul lit de fondation et parfois même
Fig. 60. Mur M100 dans sondage 13. Le léger changement
en négatif (fig. 45, sd 14 et 16). Dans la partie nord- de direction au milieu du tracé permet au mur de suivre
ouest, les travaux modernes l'ont entièrement oblité- les contraintes imposées par la topographie. Vue nord.
ré, tandis que la suite vers l'est n'a pas été explorée.
parements et d'un blocage central, le tout lié avec
D'une largeur de 0,70m en moyenne, ce mur est cons- passablement de mortier de chaux. Sur la majeure
truit légèrement dans la pente. L'élévation ne diffère partie du parcours, celle-ci repose sur des fondations
guère tout au long du tracé. Elle se compose de deux peu profondes, constituées par 2 lits de pierres
sèches. Dans le sondage 12 en revanche, une série de
pilotis a été mise en place dans le but de renforcer
l'assise du mur. L'élévation repose ainsi directement
sur de larges pieux de bois blanc (diamètre = 0,25m),
implantés à 0,80m de profondeur et disposés pour la
plupart en quinconce (fig. 59 et 61). Certains de ces
bois consistaient en demi-pieux ou quart de pieux. Du
fait de la variation continuelle du niveau de la nappe
phréatique, seules leurs extrémités sont conservées
(catalogue nos 199 à 202).

Malgré l'attention apportée à l'implantation du mur,


la poussée du terrain se marque sur certains tronçons
par une inclinaison assez nette de l'élévation et par le
glissement du parement septentrional. Dans le son-
dage 14, l'effondrement du mur sur l'empierrement
dallé (fig. 53, st. 49) laisse encore apparaître 5à6 lits
d'élévation (fig. 62). Ailleurs, les conditions de fouille
Fig. 59. Mur M100 dans sondage 12. Vue en transparence
de la disposition des pieux (p. 1-4 et 6-16). A l'ouest, les n'ont pas permis d'évaluer l'importance de cette
pilotis n'ont pas été prélevés et le tronçon médian du mur démolition. Il est par conséquent difficile de restituer
n'a pas été démantelé. la hauteur originelle du mur.

56
Fig. 61. Mur M100 dans sondage 12. Pieux en cours de Fig. 63. Empierrement st. 49 dans sondage 14. L'aménage-
prélèvement. Vue nord. ment de l'ancien étang se caractérise par un empierrement
qui descend en pente douce vers le point d'eau. A son
extrémité, présence de racines destinées à renforcer la
berge (? ). Vue nord.

6.3.2 L'empierrement (st. 49) Dans le sondage 13, en raison de la présence d'une
dépression naturelle assez importante, cet empierre-
Rattaché à la base du mur M100, cet empierrement, ment possède un pendage beaucoup plus prononcé
d'une largeur avoisinant 3m, descend en pente douce qu'ailleurs. Il présente en outre une excroissance en
vers l'ancien étang et constitue un aménagement de forme de demi-cercle (13m x 4m), matérialisée par un
rive de près de 125m de longueur. Il est matérialisé niveau compact de calcaires du Jura (0,30m x 0,25m)
des dalles de calcaire (0,30m x 0,20m x 0,08m) et de blocs de molasse (0,15m x 0,25m) tapissant le
par
sans maçonnerie dont la plupart ont glissé le long de fond du bassin (fig. 54, st. 49). A l'est, cet aménage-
la pente. Lors de sa mise en place, la rive originelle ment est délimité par une pièce de bois (fig. 64),
été sérieusement biseautée (fig. 53 et 54, c. 4b). La tandis qu'à l'ouest, il rejoint l'empierrement selon une
a
de racines à l'extrémité de cette structure légère courbe. Cette construction correspond peut-
présence
représente peut-être un arrangement volontaire sous être à une installation portuaire rudimentaire, sorte
forme de haie ou de bosquet en vue de renforcer la de "perré" permettant l'accostage de canots à fond
berge (fig. 63). plat.

Fig. 64. Petit "perré" dans sondage 13. Tapissant le fond


du bassin, cette excroissance de l'empierrement (st. 49) a
servi peut-être d'installation portuaire rudimentaire. Sur la
Fig. 62. Mur M100 dans sondage 14. L'écroulement du droite, cet aménagement est délimité par une pièce de
l'empierrement (st. 49) permet de restituer au bois. Au-dessus, nombreux bois d'époque plus tardive (st.
mur sur Vue nord.
5 lits d'élévation. 50), piégés par une petite dépression naturelle. Vue ouest.
moins

57
Fig. 65. Evolution chronologique probable de l'établissement.

58
6.4 Chronologie générale 3- Enfin, dans la partie occidentale, construction
d'une "enceinte" en maçonnerie (M100 et M101 ?) et
La rareté du mobilier archéologique et le manque réaménagement de la berge de l'étang. L'emprise
d'éléments spécifiques entravent sérieusement l'éta- réelle de cet ouvrage demeure problématique en
blissement d'une chronologie absolue. raison de la difficulté d'interprétation que pose l'amas
de calcaire (c. 3) formant le dernier remplissage du
En ce qui concerne les fossés, la fouille minutieuse de côté nord-ouest du fossé 2. Deux cas sont envisagea-
certains tronçons n'ont révélé qu'un matériel frag- bles :
menté et très peu abondant dont la présence fortuite
résulte assurément d'un ruissellement. Dans ces S'il ne s'agit que d'un comblement énigmatique
-
conditions, toute datation est vouée à l'échec. C'est intervenu après l'abandon du site, les nouveaux
d'ailleurs le problème inhérent à ce genre de structu- aménagements se limitent exclusivement au mur
res qui, contrairement aux enclos à caractère rituel M100, qui fonctionne alors comme complément de
ceux de Gournay (Bruneaux et alii 1985) ou l'enclos 2 uniquement.
comme
de Vidy (Paunier et alii 1989, p. 50-73), n'ont pas
servi à des pratiques religieuses ou domestiques - Si, au contraire, il s'agit véritablement de la fonda-
impliquant des dépôts volontaires. C'est pourquoi, tion d'un mur (M101), il est alors tout à fait plausible
dans notre cas, la pertinence des objets récoltés doit de le mettre en relation avec le mur M100. Il forme-
être relativisée, leur intrusion dans le remplissage des rait ainsi une nouvelle enceinte remplaçant dans la
fossés pouvant intervenir à n'importe quelle période. partie occidentale l'enclos primitif, dont la forme
s'apparenterait au fossé 2. On serait en présence
La date de construction du mur M100 et de l'empier- d'une construction mixte, associant à la fois un
dallé (st. 49) reste également inconnue. Les système à fossés dans la partie orientale, et une
rement
disposés sous le mur - pour la plupart des enceinte en maçonnerie dans la partie occidentale.
pieux
ou du bois blanc - ne peuvent malheureuse- Dans cette optique, la préservation du côté sud-ouest
résineux
être datés par la méthode dendrochronologi- du fossé 2, régulièrement curé, se justifierait pour les
ment pas
en raison de l'absence de courbes de référence. besoins de drainage.
que
Par ailleurs, le mobilier céramique n'est pas "scellé"
donc pas fournir de "terminus post quem".
et ne peut
Il permet uniquement de fixer l'abandon des installa- 6.5 L'étang
tions vers le milieu du Ille siècle après J. -C.
Cet étang a été asséché dans les années 1950. Sur un
Par conséquent, il faut se rabattre sur la chronologie plan cadastral de 1851, il apparaît sous la forme de
comprendre l'évolution du site. Les deux petits points d'eau séparés par une digue (fig. 2,
relative pour
éléments sûrs à notre disposition sont d'une part, le H). Il s'agit peut-être du même étang mentionné par
de l'enclos 1 (fossé 0) par l'enclos 2 Auguste Quiquerez sous le nom de "Baitou". La sé-
recoupement
(fossé 2), et d'autre part, la relation entre le côté sud- quence pollinique observée au centre du bassin fait
du fossé 2 et le mur M100, ainsi que la reprise remonter son remplissage au Tardiglaciaire (environ
ouest
du tracé nord-ouest du fossé 2 par un hypothétique 14000 BP). Une occupation de l'âge du Bronze final
sous la forme de fondation (M101). A est en outre attestée sur la berge méridionale (chap.
mur conservé
de cela, on peut tenter de proposer les hypothè- 2.3.2 et fig. 10).
partir
les faits suivants (fig. 65) :
ses et
6.5.1 Epoque romaine
1- Dans un premier temps, l'enclos 1 (f0), matérialisé
par un tronçon rectiligne, est mis en La relation de cet ancien point d'eau avec les cons-
uniquement
Aucun habitat ne peut lui être associé. Ces tructions romaines est indiscutable. En effet, l'extré-
place.
aménagements correspondent peut-être à mité de l'empierrement (fig. 54, st. 49) est coiffée
premiers
(Auguste-Claude ?). dans les sondages 12 à 14 par une épaisse couche de
une occupation précoce
tourbe (c. 4f) qui se termine en s'amincissant. En
outre, dans le sondage 13, une vase matérialisée par
2- Ensuite, aménagement de l'enclos 2 comprenant les un dépôt de limon grisâtre (c. 4e) scelle parfaitement
fossés 1,2 et 3, ainsi que les différents embranche- le petit "perré". Si les éléments à disposition permet-
Au cours de son activité, cet enclos subit une tent de conclure à une tranche d'eau assez faible
ments.
matérialisée sur le côté nord-ouest du fossé variant entre 1m et 1,50m, l'aspect général de ce plan
réfection,
2 par le surcreusement de tout son tracé. Les pre- d'eau et son importance hydrologique à l'époque
états des bâtiments nord et sud (A et B), la romaine restent pour l'instant au stade des supposi-
miers
(C) et l'enclos quadrangulaire (D) lui tions. Les remaniements successifs apportés à l'em-
petite cabane (à
doute contemporains partir de Claude). prise du bassin ainsi que le captage et la canalisation
sont sans

59
Fig. 66. Vue générale du site. Au premier plan et sur la droite se dessine la cuvette de l'ancien étang. A l'arrière-
plan le replat de la colline La Pâle, au bord duquel (respectivement à gauche et à droite) les bâtiments nord et sud
ont été implantés. Vue est.

du ruisseau qui l'alimente ont en effet fortement sd 666 et 667) ont montré que le fond du bassin
modifié la topographie originelle de la zone. Etait- comportait de nombreux bois, mais jamais en aussi
ce un simple marécage grossissant quelque peu lors grande quantité que dans le sondage 13 (fig. 5 et 10).
des pluies ou plutôt un véritable étang se prêtant à Cette concentration s'explique sans doute par la
l'élevage des poissons ? Les études géologiques et présence de la dépression naturelle déjà mentionnée
palynologiques en cours apporteront sans doute des (chap. 6.3.2) qui a joué le rôle de piège pour ces
résultats plus précis (volume à paraître dans la même éléments flottants.
collection, cf. chap. 2).
La datation dendrochronologique effectuée sur
6.5.2 L'amas de bois (st. 50) plusieurs troncs de chêne situe ce dépôt vers les
années 500 après J. Il s'agit par conséquent d'un
-C.
Reposant sur le petit "perré", une grande quantité de événement directement postérieur à l'époque romaine
bois parfaitement conservés, parfois de dimensions (chap. 2.3.2.2).
importantes s'y est amassée. Composée de chêne, de
frêne, de sapin et d'autres résineux (tableau des bois, 6.5.3 La continuité d'occupation
p. 118), cette "poutraison" ne semble pas avoir un
arrangement précis. On note toutefois deux sortes L'histoire de cette zone jusqu'à la mise en place de la
d'apport. Il s'agit d'une part de gros troncs entière- digue visible sur le plan cadastral de 1851 se marque
ment équarris, disposés selon deux axes, l'un est- ensuite parfaitement dans la coupe du sondage 13 :
ouest, l'autre nord-sud, d'autre part, de nombreux déplacement du rivage, sédimentations, remblais (fig.
bois de plus petites dimensions comportant encore 54 et chap. 2.3.2.2).
leur branchage, qui se sont entassés contre ces pre-
miers éléments. Certains d'entre eux sont travaillés,
soit sciés, soit découpés à la hache (fig. 67). 6.6 Conclusions
Le manque d'organisation de cette structure et Le remplacement probable et partiel d'un enclos de
l'absence d'éléments d'assemblage (pieux ou clous) ne tradition indigène par un mur d'enceinte en maçonne-
parlent pas en faveur d'un aménagement intentionnel. rie de conception romaine constitue une étape essen-
Il s'agirait plutôt d'une sorte de dépotoir ou d'un tielle dans le processus de romanisation.
apport d'origine naturelle. En effet, certaines pièces
présentent une usure indiquant un roulement et un Les enclos, matérialisés par de multiples fossés, sont
séjour prolongé dans un courant assez faible. On peut des aménagements de pure tradition celtique. Leur
parfaitement imaginer que les plus gros éléments ont mise en place intervient à l'époque romaine et témoi-
"navigué" un certain temps dans le point d'eau avant gne de fortes survivances indigènes. Ce type de
de se déposer sur le niveau de calcaires formant le structures s'intègre dans la problématique des "fer-
petit "perré". Par ailleurs, il faut encore signaler que mes indigènes" qui se retrouvent en grand nombre
des sondages effectués à proximité (campagne 1988, dans les provinces septentrionales, notamment dans

60
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Fig. 67. Sondage 13. Vue générale de l'amas de bois (st. 50). A2 mètres au-dessus de la structure, Système de
mis en place. Vue est.
carroyage

le nord de la France, en Angleterre et même en Le côté fonctionnel de cette construction a sans doute
Allemagne. Il constitue en premier lieu des limites de également motivé le propriétaire.
l'établissement, mais il permet également de se
protéger contre d'éventuels visiteurs indésirables ou L'aménagement de l'étang constitue un témoignage
d'éviter le dispersement des troupeaux. En outre, la assez rare d'utilisation de l'hydraulique dans le
fonction de drainage est ici indéniable (chap. 12.1). cadre d'habitats ruraux. Ces installations paraissent
toutefois disproportionnées par rapport à l'impor-
La construction du mur en maçonnerie le long de tance de l'établissement. S'agit-il de constructions
l'étang correspond certainement à la nouvelle en- à usage domestique ou, au contraire, d'aménage-
de la villa. Cela traduit parfaitement l'influence ments en relation avec des activités industrielles ou
ceinte
du modèle romain dans le monde rural. En effet, dans commerciales ? Autant d'interrogations que la
les provinces septentrionales, de nombreux établisse- méconnaissance de l'hydrographie antique de la
en sont dotés. Mais, il ne faut pas voir dans région et l'absence d'objets spécifiques empêchent
ments
évolution un simple phénomène d'acculturation. de cerner vraiment.
cette

61
Chapitre 7 Matériaux et techniques de construction

Cette partie est consacrée à l'analyse plus détaillée de


certains aménagements mentionnés dans les chapitres
précédents. Vu l'état de conservation parfois som-
maire des vestiges, les observations porteront avant
tout sur les fondations des constructions.

7.1 Les murs en maçonnerie

Les murs en maçonnerie, comme d'ailleurs l'ensemble


des constructions en pierre, sont caractérisés par
l'emploi presque exclusif du calcaire du Jura. La
molasse a rarement été utilisée, les galets vosgiens,
disponibles, jamais. D'une manière générale,
pourtant
les fondations sont constituées de pierres sèches et
sont implantées en tranchée étroite ; seuls les murs du Fig. 68. Bâtiment nord. Vue des espaces A
et B. Le
local 55 et les solins de la pièces 50 du bâtiment sud quart-de-rond en maçonnerie assurant la liaison du mur
sont construits en maçonnerie et en tranchée large. Ml à l'édifice quadrangulaire a été enlevé lors de la
fouille (fig. 15 et dépliant no 2). Vue
L'élévation est toujours formée de deux parements et ouest.
d'un blocage central, le tout jointoyé au mortier de
chaux. La suite de cette élévation demeure souvent tronçon d'environ 2m selon les mêmes caractéristi-
En effet, dans bien des cas, la dispari- ques décrites plus haut. Enfin, la liaison a été réalisée
problématique.
tion des couches de démolition ne permet pas de avec peu de soin par un raccord en maçonnerie en
déterminer la nature exacte de la suite de l'élévation. forme de quart-de-rond sans fondation (fig. 15).
C'est pourquoi, certains murs en maçonnerie, décrits
tels dans ce chapitre, peuvent très bien avoir 7.1.2 Les murs M4, M5, M6, M7, M8, M9 et M10
comme
de solins. (bâtiment nord, état 2)
servi uniquement

7.1.1 Le mur Ml (bâtiment nord, état 1 et 2) Ces murs, conservés à des degrés divers (récupération
des pierres et arasement dû aux labours), forment
Le mur M1, construit vraisemblablement à l'époque l'ossature de l'édifice quadrangulaire de l'état 2.
forme à l'état 1 la façade orientale d'un
claudienne,
édifice quadrangulaire dont il ne reste malheureuse- L'implantation dans la pente et la disposition en
deux côtés. Plus tard, il sera englobé dans terrasses du bâtiment ont nécessité des réalisations
ment que
le plan du bâtiment de l'état 2 et restera en fonction techniques qui se marquent par l'enfoncement régu-
jusqu'à l'abandon de la villa (chap. 3.1.1 et 3.2.1). lier et très prononcé des fondations à l'avant de
l'édifice (chap. 3.2.3.2). Ainsi, sur le replat, celles-
Les fondations, larges de 0,60m, se composent de 2à ci, larges de 0,90m, sont constituées par 6 lits de
3 lits de pierres sèches. Les premiers blocs, de dimen- calcaires mêlés à des blocs de molasse. Un tronçon du
(0,20m x 0,15m), ont été disposés mur M7 est, par ailleurs, disposé directement sur un
sions moyennes
tandis que le dernier lit, constitué de banc de molasse affleurant, qui, pour l'occasion, a été
obliquement,
petits éléments, sert d'assise de réglage au légèrement entaillé et ne comprend plus qu'une
plus
de fondation. L'élévation, formée de deux rangée de pierres (fig. 21). Dans la pente, les murs à
ressaut
de calcaires bien équarris (0,25m x 0,15m l'avant du bâtiment sont formés de 13 lits de pierres
parements
0,15m) et d'un blocage central presque inexistant, au maximum et de quelques niveaux parementés en
x
que sur deux lits (fig. 68). Sa largeur élévation afin de compenser le dénivelé existant. A
n'est conservée
est de 0,50m. l'intérieur de l'édifice, ce début d'élévation a été
remblayé par le sol d'occupation en terre battue. La
Lors de l'intégration au bâtiment de l'état 2, toute la mise en place des murs dans la pente a, en outre,
méridionale du mur a été détruite pour permet- nécessité la pose d'un coffrage. Le négatif d'une
partie
la mise en place du nouvel édifice quadrangulaire. planche, maintenue par deux gros clous, est en effet
tre
Le mur Ml a ensuite été repris et réaménagé sur un apparu au sommet des fondations du mur M7.

63
s'agit de pieux entiers, parfois de demi-pieux, taillés
M8
en pointe à la hache, implantés à la fois dans le
remblai et dans le terrain naturel. Seules leurs extré-
mités sont conservées. Disposés plus ou moins en
quinconce, ils ont permis de suppléer complètement
à des fondations de pierres (fig. 59,61,70 et catalo-
gue nos 199 à 202). L'élévation, formée de deux pare-
ments de calcaires (0,35m x 0,30m x 0,20m) et d'un
blocage central lié avec beaucoup de mortier, repose
ainsi directement sur ces pilotis. Les deux faces du
mur étaient par conséquent visibles dès les premières
pierres, et donnaient au sud sur un niveau dallé
M7 M5 M9 descendant en pente douce vers l'étang, et au nord
sur le fossé qui, lors de la construction du mur et en
cours d'activité, a été rectifié et régulièrement curé
(fig. 54).

La fragilité et le soin relatif apporté à la construction


de ce mur s'explique sans doute par la fonction même
de celui-ci. En effet, il ne sert que de limite de
propriété et de ce fait, ne devait sans doute pas
M6 comporter une élévation très importante.
"----
Ei
" M10

Fig. 69. Bâtiment nord. Sens de mise en place des murs


de l'édifice quadrangulaire.

L'élévation, large de 0,80m, n'est conservée qu'à


l'avant de l'édifice. Reposant sur un ressaut de
fondation parfaitement agencé, elle se compose de
gros calcaires (0,30m x 0,20m x 0,15m), très bien
appareillés et liés au mortier de chaux.

Les murs de l'édifice ont été construits "en escar-


got" (fig. 69). En effet, leur mise en place débute
avec la nef centrale et le bas-côté septentrional et
se termine par le bas-côté méridional. Ainsi tous
les murs sont liés entre eux, à l'exception des murs
M5 et M10 qui présentent une tête de mur au
niveau des fondations.

7.1.3 Le mur M100

Le mur M100, installé le long de l'ancien étang,


jouxte le tracé du fossé 2. Dégagé sur plus de 125m,
il est certainement en relation avec le mur M101 et
forme la nouvelle enceinte de la villa (chap. 6.3.1). Il
a été implanté dans le remblai (fig. 54, c. 3f) résultant
de l'excavation du fossé. Les fondations très peu
profondes, constituées de deux lits de pierres sèches,
n'entament en aucun endroit le terrain naturel. C'est
la raison pour laquelle le mur s'est complètement
déstabilisé sur certains tronçons. Dans la section Fig. 70. Vue des pieux 10 à 16 disposés sous le mur
nord-ouest (fig. 45, sd 12), la mise en place d'une M100 dans le sondage 12. Du fait de la variation du
série de pieux dans le but de renforcer l'assise du mur niveau de la nappe phréatique, seules leurs extrémités sont
a permis une meilleure préservation des éléments. Il conservées. Vue nord.

64
7.2 Les cloisons légères 7.2.3 Solins en maçonnerie :
-les murs M60, M61 et M62, bâtiment sud
Les matériaux composant l'élévation des cloisons
légères font entièrement défaut, si bien que les Ces solins, implantés en tranchée large uniquement
observations se limiteront essentiellement aux fonda- à l'intérieur du local 50 du bâtiment sud, sont soi-
tions. Trois types se retrouvent dans la construction gneusement appareillés avec des petits moellons liés
des bâtiments (fig. 71) : au mortier de chaux (chap. 4.4). Le poteau cornier
(fig. 35, st. 14), situé à l'angle des murs M61 et M62,
constitue le seul élément qui témoigne d'une élévation
en matériaux légers.

7.3 Les bases de colonne


(bâtiment nord, état 2)
Six bases de colonne occupent l'espace intérieur de
l'édifice quadrangulaire de plan basilical. Quatre
d'entre elles (fig. 14, st. 5,7,9 et 32) forment une
véritable colonnade délimitant la nef centrale du bas-
côté méridional, les deux autres (fig. 14, st. 11 et 31)
sont placées symétriquement le long des murs M5 et
M7.

7.3.1 La colonnade (st. 5,7,9 et 32)

Ces 4 bases de colonne de forme quadrangulaire


(1,20m x 1m) ne sont pas équidistantes, mais leur
espacement répond à une certaine symétrie (fig. 26).
Orientées dans le sens est-ouest, elles ont subi le
Fig. 71. Type de cloisons légères retrouvées sur le site. a:
sablière basse sans solin ;b: sablière basse sur solin en même traitement que les murs M5, M7 et M9, qui se
pierres sèches ;c: solin en maçonnerie. traduit, en raison de la construction du bâtiment dans
la pente, par un enfoncement régulier de leur fonda-
tion. Leur profondeur varie ainsi de 0,60m à 1,50m.
Trois d'entre elles sont implantées dans le banc de
7.2.1 Sablière basse sans solin :
la cloison M11 (st. 34), bâtiment nord. molasse qui a également servi de fondation à un
- tronçon du mur M7 (chap. 7.1.2), tandis que la
les cloisons de la cabane (C), pars agraria.
- dernière (fig. 14, st. 32) est mise en place dans du
limon.
Ce type est représenté par la cloison M11 qui fait
de l'état 1 du bâtiment nord (fig. 11), ainsi
partie
les murs porteurs de la petite cabane de la
que par
"pars agraria" (fig. 38). Dans les deux cas, la
basse a entièrement disparu, et il ne
sablière
empreinte large de 0,20m se déta-
subsiste qu'une
chant du terrain naturel.

7.2.2 Sablière basse sur solin en pierres sèches


les cloisons M3 et M4, bâtiment nord
-

Les deux exemples de ce type se regroupent dans le


bâtiment nord. Le solin de pierres sèches destiné à
isoler la sablière basse est constitué pour la cloison
M3 par un alignement de calcaires implantés dans le
terrain naturel (fig. 68), tandis qu'il se compose pour Fig. 72. Bâtiment nord. Base de colonne st. 32. Vue est.
la cloison M4 de deux dalles de calcaires (0,30m x
0,30m x 0,10m), espacés de 1,50m et disposés à même Leur mode de construction est identique. Les fonda-
le sol d'occupation (fig. 15). Dans le premier cas, la tions se composent de gros calcaires (0,35m x 0,25m x
était en grande partie enterrée, dans l'autre 0,15m) et de quelques blocs de molasse
sablière sans maçon-
revanche, elle était entièrement apparente. nerie. Le premier lit est formé des plus gros éléments
en

65
qui sont posés de chant, les autres, de plus petites 7.4 Les contreforts (st. 6 et 8, bâtiment nord)
dimensions, sont disposés régulièrement, à plat. Seule
la base de colonne la plus occidentale (st. 32) est Ces deux contreforts, placés contre le mur de façade
préservée en élévation. Le dernier lit, constitué de M6, représentent les dernières réalisations techniques
calcaires liés au mortier de chaux émerge du sol ayant pour but de stabiliser l'édifice dans la pente. Il
d'occupation. Les blocs placés sur les côtés ont en s'agit de deux socles (1,40m x 1m), implantés aussi
outre été taillés (fig. 72). La suite de l'élévation doit profondément que les fondations du mur M6. Leur cons-
vraisemblablement être restituée en bois. Certes, la truction est cependant dissociée du mur lui-même (fig.
profonde implantation et les dimensions importantes 74). Ils se composent de gros blocs de calcaire (0,40m x
de ces bases n'interdiraient en aucun cas une éléva- 0,35m), disposés pour la plupart obliquement et join-
tion complète en pierres. Toutefois, l'absence de toyés avec du limon. Le dernier lit conservé est constitué
pièces appropriées à ce genre d'ouvrage (fragments par des calcaires de plus grandes dimensions posés en
de tambour en tuf ou en molasse) dans la couche de longueur et de chant sur les côtés, l'intérieur étant formé
démolition nous paraît constituer une indication "a d'un blocage de pierres et de mortier (fig. 75). Il n'est
silentio" pour la restitution de colonnes en bois, pas possible de savoir si ces structures étaient enterrées
matériau plus facilement disponible dans la région. ou si elles ont également servi de base pour le soutène-
ment de la toiture.
7.3.2 Les bases de colonne latérales (st. 11 et 31)

Ces deux soubassements quadrangulaires (1,10m x


0,60m) sont de même facture que les bases formant la
colonnade. Ils sont disposés symétriquement contre
les murs M5 et M7 et englobés dès l'origine dans leur
construction. En effet, leurs fondations, liées à celles
des murs, sont toutefois moins profondément implan-
tées que ces derniers (fig. 73). L'élévation, matériali-
sée par un seul lit de pierres recouvert par une chape
de mortier, est en revanche indépendante.

Fig. 74. Bâtiment nord. Reconstitution axonométrique d'un


des deux contreforts (st. 8). Aussi profondément implan-
tées que le mur M6, ses fondations en sont toutefois
dissociées. Vue nord-est.

7.5 Les sols

Le bâtiment sud n'a livré qu'un sol de mortier (dé-


pliant no 3, st. 46) qui forme le niveau inférieur de
l'hypocauste de la pièce L55. Tous les autres niveaux
Fig. 73. Bâtiment nord. Reconstitution axonométrique de circulation conservés se regroupent dans le bâti-
d'une des deux bases de colonne latérales (st. 31), l'absence de "terraz-
disposée contre le mur M7. Moins profondément implan- ment nord et se caractérisent par
En effet, les pavements se composent de terre
tée que le mur, ses fondations sont tout de même liées à zo".
celles de ce dernier. Vue nord-ouest. battue (dépliant no 2, st. 42), de recharges d'éclats

66
ture composée de "tegulae" et d"'imbrices" pour les
deux bâtiments.

Pour le bâtiment sud, la nature de la toiture du


premier édifice reste inconnue. Ce n'est qu'à partir de
l'état 2, qui correspond à l'aménagement de l'hypo-
causte de la pièce L55, que l'édifice est pourvu de
tuiles, partiellement au moins. En effet, quelques
éléments ont été récoltés dans la couche cendreuse
(c. 3b) sous le local L50.

En ce qui concerne l'état 1 du bâtiment nord, l'ab-


sence de tuiles ne signifie pas automatiquement une
couverture en matériaux légers (bardeau ou chau-
me) ; les éléments de toiture ont pu être récupérés
avant l'intégration de ces constructions au nouveau
complexe (état 2). Quant à cette nouvelle maison, les
nombreuses tuiles éparpillées et fragmentées sur toute
la surface prouve une couverture complète des
espaces. Par ailleurs, les éléments composant le
dispositif de soutènement, bases de colonne et trous
de poteau, sont nombreux. Ils attestent l'existence
d'une charpente élaborée et complexe, notamment
pour l'édifice quadrangulaire (toiture à double pan ou
toiture indépendante pour le bas-côté méridional
essai de reconstitution, fig. 94).

7.7 Le bois

Le bois a largement été utilisé. Il apparaît dans la


plupart des constructions, mais presque toujours sous
Fig. 75. Bâtiment nord. Détail de la fondation du contre- la forme de négatif. Seuls les pieux aménagés sous le
fort (st. 8). Vue est. mur M100 ont été conservés (chap. 6.3 et catalogue
nos 199 à 202). Voici une liste non exhaustive où des
traces ont été relevées :
de calcaire (fig. 15, st. 44 et fig. 13, st. 47) ou de
dalles de calcaires (fig. 15, st. - 40). L'existence de - coffrage du mur M7, bâtiment nord (chap. 7.1.2) ;
en bois, toutefois non démontrée archéologi- - boisage du côté nord-ouest du fossé 2 (chap. 6.2.2.1
plancher
n'est pas à exclure. Les matériaux utilisés et fig. 76) et de l'enclos quadrangulaire (chap. 5.2 et
quement, du bâti- fig. 40) ;
illustrent encore une fois le caractère rural
trahit d'une certaine manière les habitu-
ment nord et juste-
des et les survivances locales. Comme le fait
R. Devismes (Agache 1978, p. 260,
ment remarquer
16) "Les sols de terre battue étaient de règle
note :
les demeures paysannes jusqu'à une date
dans toutes
Ils étaient "compactés" très soigneusement et
récente. lisse
une surface parfaitement et souple.
offraient "en
C'est par snobisme et pour montrer qu'ils avaient
que les paysans les ont abandonnés au
les moyens"
de en briques (ou plus récemment en
profit pavage
importées ou synthétiques) incommodes et
pierres
froids... ".

7.6 La toiture

retrouvées dans les couches perturbées au- Fig. 76. Enclos 2, fossé 2. Dans le sondage 23, le
Les tuiles négatif
bâtiment et dans la démolition du bâti- du boisage contre les parois se
dessus du sud marque par une étroite
sans doute possible une couver- bande plus foncée. Vue ouest.
ment nord attestent

67
(chap. 7.2) et au niveau du programme architectural par la cons-
cloisons légères ;
de soutènement (trous de poteau des bâti- truction du bâtiment nord dans la pente, par l'installa-
pieux
ments nord et sud et du grenier (? ) ; tion d'un système de chauffage par hypocauste dans
boisage de certaines fosses-silos (fosses 31,50 ou le bâtiment sud (L55) et par le remplacement d'une
51). partie de l'enclos à fossés par un mur en maçonnerie.
Ces nouvelles techniques ne se sont toutefois pas
généralisées. L'art de la maçonnerie n'a été mis en
l'ossature des édifices, les aménage-
7.8 Conclusions oeuvre que pour
ments intérieurs en revanche sont de terre et de bois.
D'une manière générale, les constructions sont De même, aucune transformation n'est à signaler
marquées par l'utilisation de matériaux et de techni- dans la partie orientale de l'établissement. La prépon-
dérance de la tradition indigène se caractérise en
ques de tradition locale. En effet, au départ, les
l'aspect des
aménagements, à l'exception des premiers états des outre par modeste constructions et par
bâtiments nord et sud, sont de terre et de bois ; les l'absence de luxe. Les cloisons sont en bois, les
fossés trahissent par ailleurs un mode de construction pavements composés de terre battue, de dallage de
issu de l'époque de l'indépendance. Ce n'est qu'à pierres, voire de plancher. Les sols de "terrazzo" et
partir de la fin du Ier siècle après J. -C. que l'in- l'enduit mural font défaut. L'influence de la technolo-
fluence méditerranéenne va vraiment se faire sentir. gie romaine n'est finalement restée qu'à un stade
Elle se traduit dans les matériaux par la présence de embryonnaire. Seul le côté fonctionnel a été récupéré
tuiles, de pilettes et de "tubuli", par l'utilisation plus (consolidation des édifices et installation d'un chauf-
systématique de la pierre et par l'emploi du mortier, fage), le reste demeure fidèle à la tradition.

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68
Chapitre 8 Le mobilier archéologique

Il n'est question ici que du mobilier céramique. Les même érodés. La pâte est le plus souvent savonneuse
objets métalliques sont en effet trop peu nombreux et et le revêtement de la plupart de la céramique fine a
trop hétéroclites pour permettre un commentaire (nos disparu. Pour cette raison, la catégorie des
pâtes
192 à 196). Cette brève étude se borne à une présen- claires est sans doute surreprésentée.
tation globale des principales catégories de céramique
retrouvées sur le site des Montoyes, sans tenir compte Les statistiques présentées à la figure 77 comprennent
de la répartition stratigraphique ou spatiale. En effet le total des pièces (N) et le nombre
minimum d'indi-
la grande majorité des tessons a été récoltée dans les vidus (NMI). La quantification est basée sur le dé-
couches superficielles perturbées. compte des formes (Lattes, p. 35-36) et s'appuie presque
exclusivement sur l'étude des bords des récipients. Les
Le corpus n'est pas très abondant. Sur un ensemble statistiques du bâtiment nord, du bâtiment sud et de la
de 6905 pièces, 442 individus (formes) ont pu être zone orientale ne sont illustrées ici qu'à titre indicatif, le
isolés. D'une manière générale, les tessons ont degré d'arasement des édifices limite
en effet pas-
beaucoup souffert. Ils sont très fragmentés et parfois sablement la portée de cette comparaison.

Tout le site Bât. nord Bât. sud Zone orientale


N NMI % NMI N NMI % NMI N NMI % NMI N NMI % NMI
Céramique peinte 1 1 0,2 1 1 0,5
- - _ -
sigillée ornée 17 9 2,0 2 1 0,5 2 1 4,2 11 6 3,6
Sigillée lisse 118 39 8,8 48 17 8,3 16 7 29,1 36 9 5,4
Imitations de TS 40 14 3,2 22 6 2,9 4 1 4,2 4 1 0,6
Parois fines 1 1 0,2 1 1 0,5
- - - -
Revêtement argileux 58 13 2,9 20 6 2,9 18 2 8,3 12 2 1,2
Amphores 127 14 3,2 42 2 1,0 1 78
- 7 4,3
Mortiers 19 7 1,6 7 2 1,0 12
- - 5 3,0
Cruches 3321 30 6,8 1352 15 7,4 184 1 4,2 1678 12 7,2
pâte claire 351 64 14,5 168 27 13,2 18 4 16,7 164 26 15,7
pâte sombre 2804 244 55,2 1634 123 60,3 84 5 20,8 891 98 59,0
48 6 1,4 26 3 1,5 20 3 12,5
verres - -

6905 442 3323 204 347 24


Total 2886 166

Tableau par catégories de céramique.


Fig. 77. statistique 8.1 La céramique fine (nos 1à 40)

Céramique peinte
Nous avons regroupé sous le terme "céramique fine"
2.0 la céramique peinte, la terre sigillée
Sigillée ornée
8.8 ornée et lisse, les
Sigillée lisse imitations de terre sigillée, les
de TS
2 parois fines et la
Imitations E.
- céramique à revêtement argileux, qui forment à peine
Parois fines
2.9
le 17 % du total des pièces.
Revêtement argileux
3.2
Amphores
Mortiers La terre sigillée ornée (TSO) comprend 3
8 coupes
Cruches Drag. 29 (nos 2à 4) du sud de la Gaule, 5
14,5
coupes
pâte claire
55.2
Drag. 37 (nos 5à7 illustrés) et une coupe Déchelette
pâte sombre
72 ? (no 8) du centre ou de l'est.
Verres

10 20 30 40 50 60 %
La terre sigillée lisse (TS)
représente la moitié de la
des
Fig. 78. Tableau graphique du statistiques par catégories céramique fine (9 %). La majeure partie de cette
de céramique de 'ensemble site. production vient de Gaule méridionale (nos 9à 21).

69
i

Assez rares en revanche sont les exemplaires de détachée du col, parfois soulignée par un petit cordon
Gaule centrale ou orientale, illustrés ici uniquement (nos 52 à 55 à une ou deux anses) qui apparaissent
par une assiette Drag. 18 (no 22). Cette constatation dans la deuxième moitié du Ier siècle après J. -C.
vraiment surprenante au vu de la situation géographi-
que septentrionale du site des Montoyes signifie peut- les cruches à lèvre triangulaire (nos 58 et 59) ou à
-
être, faute de moyens, un ralentissement des importa- bourrelet (nos 60 à 63) du He siècle après J. -C.
tions sur le site vers le milieu du He siècle après J. -C.
La cruche à petit col cylindrique (no 57) recouvert
Les imitations de terre sigillée (ITS) ne sont pas très d'un vernis interne et externe blanc n'a pas de vérita-
abondantes. La coupe Drack 21, avec 6 exemplaires ble parallèle. Quant aux nos 55 et 65, ils illustrent des
sur 14, est la mieux représentée (nos 25 à 28). Les exemplaires déjà fort rapprochés de l'amphore.
imitations du Ier siècle après J. -C. comprennent
également une coupe Drag. 27 (no 23) et une coupe La provenance des pièces reste difficile à établir.
Hofheim 12 (no 24), tandis que les imitations tardives Epomanduodurum (Mandeure), site de production le
ne regroupent qu'une coupe Lamboglia 2/37 (no 39), plus proche sur territoire séquane, a livré des formes
une coupe Drag. 40 (no 38) et une coupe ou une identiques à celles retrouvées aux Montoyes (Man-
assiette (no 37). deure 1974, pl. 1à 3). Toutefois, le caractère mor-
phologique stéréotypé des cruches ne permet pas,
La céramique à parois fines (PF) n'est illustrée que sans analyse de pâte, d'en faire le principal fournis-
par un petit gobelet ovoïde (no 29) provenant sans seur. D'autres ateliers régionaux, du côté rauraque
doute de la région lyonnaise d'après l'aspect jaunâtre (Augst), voire plus locaux, ont également pu cons-
de la pâte. tituer une source d'approvisionnement.

La céramique à revêtement argileux (CRA) regroupe


13 individus :5 gobelets ovoïdes à lèvre en corniche 8.4 La céramique commune à pâte sombre
(nos 30 et 31), 1 gobelet de forme rhétique (no 32), (nos 71 à 155)
5 gobelets de type Niederbieber 33 (nos 34 à 36) et 2
bords indéterminables. Ces pièces proviennent de la
Cette catégorie, avec plus du 55 % du total des
région rhénane ou du plateau suisse.
pièces, est de loin la mieux représentée. Par com-
modité, nous avons séparé l'ensemble en 3 groupes :
le premier (nos 71 à 100) comprend la céramique à
8.2 Les amphores (nos 41 à 48)
usage culinaire, marmites ou pots à provisions, le
deuxième (nos 101 à 121) est constitué par les pièces
La proportion d'amphores est relativement élevée plus fines, gobelets ou petits pots en forme de ton-
(3,2 %). Les amphores vinaires sont les plus nom- neau, le troisième enfin (nos 126 à 155) regroupe les
breuses : elles proviennent surtout de Gaule méridio- jattes et les écuelles dont la pâte est fine ou grossière
nale (Gauloise 3 et 4, nos 42 à 46), mais également (fig. 79).
d'Espagne (Dressel 2-4, no 48). Le type Gauloise 4,
avec 6 exemplaires (nos 43 à 46) est le plus fréquent.
Les amphores à huile (no 41) sont un peu en retrait 8.4.1 Les pots et les marmites (nos 71 à 100)
avec 3 individus, tous de type Dressel 20. Quant à
l'exemplaire no 47, son origine reste inconnue. Peut- Les pots et les marmites offrent un répertoire rela-
être s'agit-il d'une production régionale. tivement varié. La plupart sont façonnés à la main
sans l'aide du tour. La pâte est généralement gros-
sière, de couleur gris-brun à gris-noir, à gros dégrais-
8.3 Les cruches (nos 52 à 70) sant calcaire. Les surfaces sont lissées et comportent
presque toutes des traces de feu. Les décors sont faits
Bien représentée dans le cadre d'établissements par incision (nos 71,83 et 86), au peigne (nos 73,75,
ruraux, la cruche ne faillit pas à la règle sur le site 81,87,88 et 95), à la barbotine (no 85) ou à la
des Montoyes. Toutefois, le NMI (6,8 %) ne reflète molette (no 94). Ils sont parfois oculés à l'ongle (no
pas fidèlement la proportion de cette catégorie. En 72) ou moulurés (no 73).
effet, sur 1646 pièces, seuls 18 bords se dégagent de
l'ensemble, ce qui indique un degré de fragmentation Presque toutes les formes sont d'inspiration indigène.
important. Signalons parmi celles-ci les marmites à parois arron-
dies (nos 71 à 73), les pots en forme de tonneau (nos
La majorité des formes se regroupe en deux en- 75 et 76), les pots à lèvre redressée (nos 77 à 81) et
sembles : les pots ou les marmites à col cintré (nos 82 à 90) ou
à lèvre déversée (nos 91 à 100). Les nos 73,85,86,
les cruches à lèvre en forme de bandeau concave, 88,92 et 95 sont des pièces précoces qui perdurent

70
La série de pots ou gobelets en forme de tonneau
Forme NMI Nos des pièces (nos 105 à 109) illustre une production caractéristique
illustrées
de la région des Rauraques. Elle s'inspire sans doute
Marmite à 6 71 à 73 des formes gallo-belges qui inondent le marché au
parois arrondies
Marmite tripode 1 74 début du Ier siècle après J. La
5 75 et 76 -C. pâte est en général
Pot en forme de tonneau grise, savonneuse, à fin dégraissant
lèvre 6 77 à 81 micacé ou cal-
Pot à redressée les
20 82 à 90 caire ; surfaces sont soigneusement lissées, parfois
Pot à col cintré
Pot à épaule 1 91 fumigées. Ces récipients comportent une gamme de
Pot à lèvre déversée 33 91 à 97 décors (nos 111 à 116) imprimés en creux à la molet-
Pot à large bord déversé te à gauche et à
horizontalement 4 98 à 100 : petits carrés striés alternativement
droite, lignes ondulées, petits points formant des
............................. 16 101 ....
........ ........................................
103 _.........
Pot à lèvre redressée verticalement et losanges, et lignes horizontales de petits rectangles.
Pot à lèvre déversée 11 104 a 108
1 110 Très bien représentée à Augst, cette production
Gobelet cylindrique
à l'extérieur 5 119 à 121 correspond peut-être à un service créé vers le milieu
Pot à lèvre repliée
du Ier siècle après J. (Augst, p. 95).
... 51 126 131 -C.
Jatte à parois obliques à
Idem mais bord en forme de
bourrelet aplati 23 133 à 135 Le gobelet cylindrique (no 110) est une production
Jatte à bord replié à rieur 14 136 à 142 typiquement gallo-belge de la région rhénane. Un
143 et 144
Jatte à petit marli externe exemplaire en pâte claire (no 162) est également
à 1
Bol parois arrondies le site. Ces importations se retrouvent à
4 apparu sur
Coupe
(type Hofheim 12) 9 145 Soleure, Camoludunum, Augst, et notamment dans la
Coupe
3 146 13 d'Allschwil,
Assiette a marli
10 147 à 151 tombe datée du milieu du Ier siècle
Ecuelle à parois incurvées
10 152 à 155 après J. -C.
Ecuelle à parois obliques 4 125
Couvercle 8
Indéterminé Les nos 119 à 121 sont des petits pots à pâte fine dont
248 la production débute à partir du premier siècle après
J. -C. Le pot no 119, soigneusement lissé et fumigé,
de la constitue d'ailleurs le petit calibre du no 105, daté lui
Fig. 79. Tableau morphologique céramique commune
aussi dans le courant du Ier siècle de notre ère.
à pâte sombre.

dans la deuxième moitié du Ier siècle après 8.4.3 Les jattes et les écuelles (nos 126 à 155)
jusque
les nos 71,72, et 77,83,84 sont des
j. -C., tandis que
celtiques plus tardives de la fin du Ier Les jattes sont nombreuses et variées (nos 126 à 135).
réminiscences Le 78 lèvre Elles sont caractéristiques de la Suisse septentrionale.
du lle siècle après J. -C. pot no avec sa
et locale intéres- Leur forme, dérivée de modèles locaux, est tronconi-
bandeau est une variante
massive en à Laufon à
proche des exemplaires observés et que avec des parois obliques assez profondes. La pâte
sante, datés du milieu du 11le siècle
Rheinfelden (catalogue) est souvent grossière, à gros dégraissant calcaire ; les
J. Quant aux autres (nos 74 à 76,91,94,96 surfaces lissées comportent parfois un décor au peigne
après -C. largement dans (nos 126,127 et 130). Les nos 126 à 128 sont façonnés
des types répandus
à 100), ce sont
la Suisse à partir du début du Ier siècle après à la main et présentent en outre des traces de feu,
toute indiquant par là leur utilisation comme marmite. Les
J. -C.
nos 133 et 134 illustrent une variante locale : les
deux exemplaires seulement (nos parois rectilignes obliques se terminent en forme de
Parmi l'ensemble,
90) véritablement romanisés. La marmite bourrelet aplati débordant à l'intérieur et à l'exté-
89 et sont
(no 89) fait partie du répertoire des for- rieur. En revanche, le plat ou la jatte no 131 avec un
à col cintré la XIe légion vers la
fabriquées à Vindonissa par bord dégagé par un profond ressaut interne s'inspire
mes J. Le à (no
fin du Ier siècle après -C. pot col cannelé sans doute d'un type de TS. Deux exemplaires identi-
=caractéristique
caractéristique de la Suisse occidentale. ques, mais de technique ITS, l'un trouvé dans l'hori-
90) est plutôt Genève, il apparaît peu
Très fr
Lausanne ou zon romain (Claude-Néron) du port de Genève,
à Augst, Vindonissa ou Soleure;à Boécourt, l'autre, dans un ensemble du milieu du ter siècle
souvent été jour.
deux exemplaires seulement ont mis au après J. -C. à Winterthur en sont les plus proches
parallèles (catalogue).
les gobelets (nos 101 à 121)
8.4.2 Les pots et
Les nos 136 à 142 se signalent par un bord replié à
à lèvre redressée verticalement (nos 101 et l'intérieur. Issus de types laténiens (Mont Terri 1988,
Le pot (dont 4
102) avec 19 exemplaires en pâte claire) est no 216), ils sont très largement répandus en Gaule
depuis le milieu du Ier siècle jusqu'à la fin du jusqu'à la fin du Ier siècle après J. Les 140 à
attesté -C. nos
après J. -C. Il se retrouve surtout au nord- 142 à lèvre en forme de gros bourrelet sont des
IIe siècle
de la Suisse. exemplaires plus élaborés du IIe siècle après J. -C.
est

71
Les jattes à petit marli horizontal externe (nos 143 et sent en revanche dans l'horizon tardif du Mont Terri
144) se retrouvent à Genève dans un contexte du Ier (Mont Terri 1988, nos 438 à 444). Le parallèle est
siècle après J. -C. Enfin, 9 coupes de type Hofheim 12 d'autant plus intéressant que ce site de hauteur a
(no 145) et 3 bols à marli (no 146) ont été cuits en peut-être servi de refuge aux habitants de la villa lors
atmosphère réductrice. des troubles du Ille siècle après J. -C.

Le nombre d'écuelles est assez élevé (nos 148 à 155).


Les nos 148 et 149, avec un bord en forme de bour- 8.5 La céramique commune à pâte claire (nos
relet aplati débordant à l'extérieur sont, tout comme 156 à 187)
les plats nos 133 et 134, une variante locale qui ne se
retrouve qu'au Mont Terri dans un ensemble du IIIe- La proportion de la céramique commune à pâte claire
IVe siècle après J. -C. (Mont Terri 1988, nos 438 à (14,5 %), à laquelle il convient d'ajouter les cruches
444). L'écuelle no 150 apparaît à Genève, dans un et les mortiers (8,4 %) est relativement forte. C'est
contexte augustéen (fosse 8 de l'Hôtel de ville), mais en général un bon indice de romanisation, caractérisé
également à Vindonissa au milieu du Ier siècle après par une cuisson à atmosphère oxydante. Toutefois, les
J. -C. (catalogue). Enfin, les nos 152 à 155 illustrent formes d'inspiration indigène ne sont pas en reste,
les écuelles classiques à parois obliques dont le type puisqu'elles représentent près du 1/3 de cette catégo-
fort ancien couvre toute la période gallo-romaine. rie (fig. 80).

8.4.4 Conclusions
Forme NMI Nos des pièces
illustrées
Dans son ensemble, la céramique commune à pâte
Dolium 1 156
sombre présente un faciès indigène marqué. Les Pot en forme de tonneau 1 157
formes romanisées (nos 90 et 91), de même que les Pot à lèvre redressée verticalement 4 158 et 159
importations (no 110) sont rares. La plus grande Bouteille ou pot balustre 1 160
partie des marmites, des gobelets ou des écuelles Pot à col cintré 2 161
dérivent de prototypes celtiques plutôt locaux. Les Pot à lèvre déversée 3
Gobelet cylindrique 1 162
comparaisons avec d'autres régions, notamment avec Coupe 4 163 à 165
la Suisse occidentale, restent par conséquent limitées. Petite coupe et gobelet 3 166 à 168
Le répertoire général des formes appartient en fait au Coupe (type Hofheim 12) 7 169 et 170
Terrine à bord replié à l'intérieur 1 171
courant culturel du nord de la Suisse, plus particuliè- Bol à panses arrondies 7 172 à 174
rement à celui de la région des Rauraques, témoins, Bol à marli 12 175 à 180
les gobelets en forme de tonneau produits vraisembla- Coupe à marli 4 181 à 183
blement à Augst ou la parenté morphologique de Ecuelle 11 184 à 187
Faiselle 1 188
notre céramique avec les sites de Soleure, Laufon ou Couvercle 2
Vindonissa. Indéterminé 3

-_FS
Parmi cette production, il faut signaler une qualité de
céramique fréquente aux Montoyes (nos 71,73,74,
77,78,85,88,92,94 à 96,97,126 à 128,133,134, Fig. 80. Tableau morphologique de la céramique commune
à pâte claire.
148,149,152 à 155). Comprenant indifféremment des
marmites, des pots, des jattes ou des écuelles, montés
très souvent sans l'aide du tour, ces récipients sont Le pot à lèvre redressée verticalement (no 159), le
caractérisés par une pâte de couleur gris-brun à gris- pot en forme de bouteille (no 160), les bols et le
noir, voire complètement noire, à gros dégraissant tonneau à panse arrondie (nos 157,172 à 174), ainsi
calcaire (particules de 2mm) dont les surfaces lissées que la coupe à bord replié à l'intérieur (no 171) sont
sont souvent décorées au peigne. Cette production, toutes des pièces dérivées de prototypes indigènes.
mise en évidence par Stéphanie Martin-Kilcher à Les coupes nos 164 et 165 sont sans doute également
Laufon (Laufen-Müschhag, p. 38-45) et à Courroux inspirées de modèles locaux. Leur pâte est générale-
(Courroux, p. 45-51), est attestée jusqu'au IVe siècle ment fine ; les surfaces sont lissées. Un seul exemplai-
après J. -C. Sa répartition est limitée géographique- re est fumigé (no 172).
ment à la région des Rauraques, c'est-à-dire Bâle,
Soleure, la vallée de Delémont et une partie de Les autres pièces sont d'inspiration romaine. La
l'Alsace. Parmi les exemplaires retrouvés sur le site coupe no 163 est proche du type Drag. 37. Les deux
des Montoyes, les jattes à bord aplati et débordant petites coupes nos 166 et 167, ainsi que le gobelet no
(nos 133,134,148 et 149) constituent peut-être une 168 s'apparentent à la céramique à parois fines. Ils ne
variante propre à la partie occidentale de la vallée de sont pas très éloignés des exemplaires nombreux et
Delémont et à l'Ajoie. En effet, ces formes, absentes variés observés à Vindonissa. Les coupes à collerette
des ensembles de Courroux et de Vicques, apparais- (nos 169 et 170) imitent le type Hofheim 12. Les nos

72
175 à 180 quant à eux présentent les pots à provisions des grandes voies de communication (fig. 81). La
ou les bols à marli. Les nos 175 et 177 comportent un "céramique fine" (TS, ITS et CRA) est certes chaque
dégraissant micacé donnant l'impression d'un revête- fois en recul ; les mortiers, éléments caractéristiques
ment de bronze (Bronzierte Ware), tandis que les nos de l'influence romaine, sont également très faiblement
179 à 180 sont de qualité médiocre avec un gros dégrais- représentés. En revanche, les cruches et les ampho-
sant calcaire. Le no 180 aux parois obliques avec un res ne dépareillent pas de l'ensemble. Pour ce qui est
marli anguleux fortement retombant est une forme peu de la céramique commune, la proportion aux Mon-
commune que l'on retrouve cependant dans un contexte toyes (69,7 %) est révélatrice du caractère véritable-
tardif à Besançon. Les trois coupes à marli nos 181 à 183 ment rural de la villa. Dans cette catégorie, les sites
sans doute du type italique Haltern 90A de Suisse septentrionale sont également bien fournis
s'inspirent
(Augst, p. 100). L'écuelle à bord épaissi en forme de par rapport à ceux de Genève. Cela traduit indiscu-
bourrelet (no 184) est une forme ancienne, issue proba- tablement des survivances indigènes plus fortes dont
blement de la Tène, mais déjà romanisée, puisque ce l'explication provient vraisemblablement de facteurs
type fait partie du répertoire de la catégorie des plats à historiques. En effet, la région genevoise, intégrée
interne rouge (Genève, no 581). Le poêlon no dès 118-117 avant J. à l'Etat romain, même si cette
engobe -C.
185 est une forme peu courante du He et du Me siècle assimilation ne s'effectue véritablement que sous
J. Enfin, les nos 186 et 187 illustrent les écuel-
après -C.
les à parois obliques, présentes sur presque tous les sites
de Suisse. Elles comportent un revêtement interne %j

variant du rouge au brun.


30
18.5
20
10.5

8.6 Comparaisons avec d'autres établissements 10 3,2


5,3 4,7
1,2' 1.2

ruraux et généralités MLBS


o
BX GMLBS BX G
Terre sigillée (T. S) Imitation (I. T. S)
Les comparaisons avec d'autres établissements ruraux
de terre sigillée
%4

de Suisse s'avèrent souvent délicates. Cela tient


30
à la représentativité des échantillons, 30
23,4
principalement 20,5

la
à méthode de quantification et à la durée d'occupa- 20 1 13.8 20
8,7

tion de chaque site. Néanmoins, ce genre d'étude 10 1 2.9 4.6 43 10 3,2 5.2
2.1 2.7
de mesurer assez facilement les influences de 0
permet o
mallltz==
-

la culture romaine à travers des régions fort différen- MLBS BX G MLBS BX G

tes. Pour cette analyse, nous avons retenu 5 sites


Céramique à revêtement argileux (C. R. A) Amphores

plus ou moins à trois sphères culturelles


appartenant
Bennwil (B) et Laufon (L) tournés vers la 30 1
précises : 30

de Bâle, Stutheien (S) sur le Plateau suisse et


région 20

Bernex (Bx) et Genève-place Grenus (G) 10.3


enfin, 10 ý 3
5,6
3.5 10
6,8
4
7,1
4,9
6,5

vers la région rhodanienne. 1,6 .44 ý_ r--,


2.
orientés 0
MLBS BX G MLBS BX G

D'une manière générale, les différentes catégories de Mortiers Cruches

des Montoyes supportent assez bien la


céramique
par rapport à des sites plus rapprochés
comparaison

Bennwil
(individus = 460) : Auguste-début Me s. apr. J.-C.

Laufon
(2100) Tibère-IVe s. apr. J.-C.

Stutheien
(477) : milieu IIe-milieu Ille apr. J.-C. MLBS BX G
Céramique Commune (pâte sombre et pâte claire)
Bernei
(3325) : Auguste-Ve s. apr. J.-C. sans les coupes Drack 20 à 22

Genève-place Grenus Fig. 81. Tableau statistique comparatif de


(401) : milieu Ier-IVe s. apr. J. plusieurs établis-
-C. sements ruraux par catégories. M= Montoyes ;L=
Laufon ;B= Bennwil ;S= Stutheien ; Bx = Bernex ;
Boécourt, les Montoyes G= Genève-place Grenus. Les statistiques des
(442) milieu Ier-milieu Ille s. apr. J. sites sont
-C. tirées de Paumer 1981 (B, Bx et G), de Martin-Kilcher
1980 (L) et de Roth-Rubi 1986 (S).

73
Auguste, a subi une acculturation plus importante que Pour ce qui est de l'appartenance culturelle du site, il
le reste de la Suisse. semble clair à travers la céramique commune grise
qu'il penche, tout comme la vallée de Delémont,
Cette étude comparative montre par ailleurs que notamment avec Vicques et Courroux vers la sphère
l'isolement relatif du site des Montoyes ne transparaît d'influence des Rauraques. Toutefois, les éléments
pas de manière nette à travers la céramique. Le site séquanes se marquent également. Les publications
de Bennwil, pourtant proche de la colonie d'Augusta exhaustives en cours de sites de Franche-Comté,
Raurica ne semble pas plus ouvert aux influences Mandeure et Besançon (Dartevelie et alii 1990), et
romaines que notre villa. On relèvera encore la d'Ajoie, notamment la villa d'Aile en cours de
proportion assez importante de céramique commune fouilles et le fanum de Porrentruy (Schifferdecker
à pâte claire et l'absence de pierre ollaire, de cérami- 1987), permettront de mesurer avec plus de précision
que plombifère ou de plat à enduit rouge interne. les influences réciproques.

74
Le matériel faunique retrouvé sur le site gallo-romain (F), l'espace G et les zones dites "hors bâtiment" (fig.
des Montoyes à Boécourt (JU), provient presque 14) qui ont fourni le plus de matériel déterminé et
essentiellement de deux bâtiments dont la durée de indéterminé. La plus forte concentration d'ossements
fonctionnement s'étend entre 50 et 250 apr. J. -C. se trouve cependant au niveau de la terrasse infé-
rieure.
Il a été décidé, en accord avec les archéologues, de
considérer ces deux zones fouillées, bien que con- Les profonds bouleversements, observés par les
temporaines, comme deux secteurs à fonction séparée. archéologues, provoqués par les divers réaménage-
ments, puis par les travaux agricoles, jouent certaine-
9.1 La faune des bâtiments nord et sud ment un rôle dans cette répartition, en particulier
pour la terrasse supérieure (fig. 14, F) qui se trouve
Ces bâtiments nord et sud (fig. 2, A et B) sont, par dans la partie la plus arasée. C'est pourquoi, nous ne
les restes osseux, inégalement représentés ; le tableau pouvons que constater ce phénomène, et ne pas en
ci-dessous en donne la distribution. tirer de conclusion pour définir le mode de fonction-
nement des différentes zones entre elles.
Les esquilles osseuses indéterminées - particulière-
ment abondantes dans le bâtiment nord où leur taux Le bâtiment sud pose également le problème de la
environ 64 %- semblent caractéristiques du répartition des restes, pour les mêmes raisons que
atteint
débitage des pièces de viande en boucherie. La forme celles évoquées à propos du bâtiment nord. Parmi les
et pointue de ces fragments, les traces quatre locaux fouillés, c'est le local 50 (fig. 32) qui a
allongée
laissées par un objet tranchant observées sur les plus fourni 93 % des restes osseux. Le pourcentage des
d'entre eux pourraient corroborer cette hypo- indéterminés est nettement plus faible que dans le
grands
thèse. L'absence de toutes marques de dents abonde premier bâtiment, environ 36 %.
également dans le sens d'un rejet de la préparation
bouchère, plus que dans celui d'un rejet après con- Etant donné l'échantillonnage biaisé par la disparition
Leur poids varie entre 3 et 7 grammes. d'une grande partie des couches archéologiques, la
sommation.
Dans le bâtiment nord, ce sont la terrasse inférieure représentation en nombre de restes ou en nombre

DISTRIBUTION BATIMENT NORD BATIMENT SUD


DES RESTES N. R. N. M. I. N. R. N. M. I.

BOEUF (Bos taurus) 87 5 27 2


PORC (Sus scrofa dom. ) 76 682
CAPRINES (mouton : Ovis aries / chèvre : Capra hircus) 90 10 20 2
CHIEN (Canis familiaris) 7231
VOLAILLE (Gallus domest. ) 12 321

CERF élaphe (Cervus elaphus) 13 281


CHAT (Felis silvestris) -- -- 31
MOLLUSQUES 22
-- --

ESQUILLES indéterminées 505 40

TOTAL 792 111

1: Répartition des vestiges osseux dans les aires fouillées N. R.


Tableau - : nombre de restes, N. M. I. : nombre
d'individus -.
minimum

75
Attribution PIECES TERRASSES ESPACE (G) HORS BAT.
des fragments AB C-D sup. (E) inf. (F)

BOEUF 22 6 2 30 15 12
-
PORC 18 1 1 44 48
-
CAPRINES - 10 1 1 59 17 2
CHIEN 1
-6
VOLAILLE 7 1 4
--
CERF élaphe - 10 12
MOLLUSQUES -1 1

INDETERMINES 1 88 9 5 234 85 83

TOTAUX 1 155 17 9 375 124 111

Tableau 2: Distribution du nombre de restes osseux dans la zone nord. Situation des zones : fig. 14.

minimum d'individus (tableau 1) des différentes


espèces reconnues n'est peut-être pas la même que si BOEUF PORC CAPRINES
nous avions à faire à un ensemble clos. B. N. /B. S. B. N. /B. S. B. N. /B. S.

Restes crâniens
9.2 La faune domestique N. R. 45 6 52 5 65 17
N. M. I. 5262 10 2
Les quatre espèces de cheptel (boeuf, porc, mouton
et chèvre), ainsi que la volaille sont présentes dans les Avant-train
deux bâtiments. N. R. 877- 11
N. M. I. 212-2
La principale observation que l'on puisse faire - sur
l'ensemble du site - est basée sur la distribution Arrière-train
anatomique des restes osseux des espèces d'élevage. N. R. 11 18263
Ce sont les restes crâniens qui, pour chacune de ces N. M. I. 212111
espèces ont permis le calcul du nombre minimum
d'individus abattus sur le site. Les restes post-crâ- Pattes
niens, fournissant les parties les plus charnues sont N. R. 15 10 918
nettement déficitaires chez les suidés et caprinés ;
chez les bovins, ce déficit paraît un peu moins pro-
noncé du fait de la plus grande fracturation des os Tableau 3: Distribution anatomique des restes osseux
lors de la découpe : cependant il existe et le dé- pour les principales espèces d'élevage, dans chacun des
bâtiments. (N. R. : nombre de recettes, N. M. I. nombre
compte des animaux s'est pratiqué à partir des dents minimum d'individus, B.N. : bâtiment nord, B.S. bâtiment
et des os du crâne. sud).

Les restes de côtes sont très peu nombreux :7 ont pu Puis vient le porc domestique (Sus scrofa domesticus)
être attribués aux bovins, 16 autres fragments n'ont et le boeuf (Bos taurus). Cependant si l'on considère la
pu faire l'objet d'une détermination spécifique entre quantité de viande fournie par chacune de ces espèces,
les suidés et les caprinés. Seuls quatre éléments ver- il faut bien admettre que c'est le boeuf qui domine.
tébraux, appartenant aux bovinés, ont été retrouvés.
Cette sous-représentation de toutes ces parties post- Les âges d'abattage des animaux ont été déterminés à
crâniennes amène à supposer que les zones fouillées partir de l'ordre d'apparition des dents et de leur usure.
seraient des aires d'abattage, plus que des lieux de
rejet après consommation. Comme on peut le constater, la majorité des individus
des différentes espèces est abattue après 12 mois.
Les animaux abattus le plus régulièrement semblent
être les caprinés : le mouton (Ovis aries) en particu- La basse-cour n'est représentée dans ces contextes
lier ; une seule chèvre (Capra hircus) a été reconnue que par des gallinacés domestiques (Gallus gallus,
dans le bâtiment nord. form. domest. ). Tous étaient adultes.

76
BOEUF

Bâtiment nord Bâtiment sud

2 sujets : 15/20 mois 1 sujet : 12/18 mois


3 sujets entre 3 et 6 ans 1 sujet : 24/30 mois

PORC

Bâtiment nord Bâtiment sud

2 sujets : 6/12 mois 2 sujets : 6/12 mois


2 sujets : 15/18 mois
1 sujet : 20/24 mois
1 sujet de plus de 30 mois Fig. 82. Patte antérieure droite de chien. Découpe des
métacarpes III et IV. Stries sur les métacarpes II et III
(cf. photo).
CAPRINES

Bâtiment nord Bâtiment sud

1 sujet :6 mois environ 1 sujet : 6/12 mois


3 sujets : 15/18 mois 1 sujet : 15/18 mois
2 sujets : 18/24 mois
4 sujets : 30/48 mois

Le chien (Canis familiaris) est présent dans les deux


bâtiments. Dans le bâtiment nord ce sont essentielle-
ment des restes crâniens, sans traces particulières,
à deux individus dont l'un était âgé de 12
appartenant
à 18 mois au plus. Dans le bâtiment sud, les restes Fie. 83. Fémur de cerf. 1: découpe de la diaphyse ;2
retrouvés se rattachent à une patte antérieure droite, stries de désarticulation.
et portent les marques certaines de découpe (fig. 82
et 84). Ces animaux ont pu être consommés ou seule-
ment dépouillés. Ces espèces pouvaient, après capture, être directe-
ment préparées sur les lieux de leur consommation.
La médiocre représentation des oiseaux de basse-cour
9.3 La faune sauvage pourrait avoir la même origine.

La chasse est pratiquée et l'on retrouve essentielle- 9.4 Le dépeçage


deux espèces forestières : le cerf élaphe (Cervus
ment
le chat sauvage (Fells silvestris). Contrai- Les traces, observées sur les différents os longs
elaphus) et
aux espèces du cheptel, le cerf est représenté déterminés, sont surtout à rapporter à la découpe
rement
par des os post-crâniens, portant des traces de bouchère diaphyse et épiphyses tranchées ; les os
surtout -
découpe et de désarticulation (fig. 83). C'est à partir sont quelquefois fendus dans leur longueur. Le prélè-
d'un fragment de scapula que nous avons, selon vement de la viande avant cuisson se traduit, en
critères morphologiques énoncés par J. M. général, par des traces "d'épannelage" : enlèvements
certains
Vayssier (1980, page 37) attribués les fragments plus ou moins grossiers de la matière osseuse le long
de félidés, retrouvés dans le bâtiment sud, au de la diaphyse ; ces marques n'ont malheureusement
osseux
chat sauvage. pas été très souvent reconnues : le mauvais état de la
surface des ossements, entamée par les racines, ne le
Ce qui pourrait confirmer notre hypothèse selon permettant pas systématiquement. Les seules traces
laquelle nous serions sur des zones d'abattage et de de désarticulation stries sur les faces
- articulaires au
dépeçage, c'est l'absence d'éléments se rattachant à niveau des ligaments maintenant deux os en con-
des oiseaux d'eau ou de zone humide, étant donné la nexion - ont été relevées sur une épiphyse distale de
de l'étang. De même aucun reste de pois- fémur de cerf (fig. 83), indiquant la
proximité séparation du
été remarqué. fémur et du tibia (os de la patte
son n'a postérieure).

77
ANNEXE OSTEOMETRIQUE
Données en millimètre.

D. T. : diamètre transverse
D. A. P.: diamètre antéro-postérieur

CERF élaphe

SCAPULA
D. T. du processus articulaire : 63.0
D. T. de la cavité glénoïde : 49.0
D. A. P. de la cavité glénoïde : 44.5
D. T. du col : 41.0

RADIUS
D. T. proximal : 52.0

FEMUR
D. T. distal : 63.5

CALCANEUM
Hauteur maximum : 113.5
D. T. maximum : 30.0

PHALANGE I
Longueur maximum : 57.0 56.5
D. T. proximal : 21.0 20.0
D. T. de la diaphyse : 16.0 15.5
Fil. 84. Patte antérieure de chien. Découpe distale des 19.0 19.0
D. T. distal :
métacarpes III et IV.

L'analyse métrique n'a pu être pratiquée que sur nance : homme ou animal. Bien que les éléments
quelques os de cerf. Nous ne pouvons donc donner de osseux de la fosse 1 ressemblent assez à ceux retrou-
renseignement quant à la taille et la robustesse des vés très souvent dans les sépultures à incinération, il
animaux du cheptel. semble hasardeux sur ces seuls fragments osseux
d'émettre une hypothèse quelconque quant à l'utilisa-
En conclusion, il semble que l'analyse des restes tion de cette structure.
osseux, provenant des lieux fouillés, a permis de
mettre en évidence la fonction de boucherie de Les fragments brûlés et non brûlés, prélevés dans les
certaines zones de l'habitat des Montoyes, durant les fosses 23,26,31, et 35, appartiennent tous à des
trois premiers siècles de notre ère. De plus les traces ossements animaux.
retrouvées sur les pattes de chien, la présence de
chats forestiers et l'abondance relative de moutons L'attribution spécifique de la plupart d'entre eux
pourraient également faire penser à une exploitation permet d'identifier des espèces déjà signalées dans et
de la fourrure, de la laine et de la peau. Ces deux hors des bâtiments du site : caprinés, suidés, boeuf et
activités ont pu être pratiquées d'une manière autarci- cerf élaphe.
que, mais aussi sous forme de commercialisation.
Le fragment de radius de cerf porte des traces de
découpe, mais aussi des traces de dents, ce qui suggé-
9.5 Le contenu osseux des fosses rerait un rejet après consommation de la viande.

Bibliographie
Quelques fosses (fig. 45) ont livré des restes osseux.
Comme nous pouvons le constater, 3 fosses conte- Vayssier J. M.
naient des ossements calcinés. Le matériel des fosses 1980 Le chat forestier d'Europe "Fells silvestris
1 et 6, extrêmement esquillé, ne permet pas par la silvestris Schreber 1777". Thèse vétérinaire.
méthode visuelle directe de déterminer son apparte- Ecole nationale vétérinaire de Toulouse.

78
Chapitre 10 Approches palynologiques

A. -M. Rachoud-Schneider

Pour une approche écologique des sites ro- coloration à la fuchsine) ; un cm3 par échantillon a
l'apport de la ? été utilisé. Les autres échantillons ont nécessité
mains : palynologie est-il réel
l'emploi de la méthode, dite d'enrichissement pollini-
que (Bastin 1971) (HCL, tamisages, concentration
10.1 Introduction par une liqueur lourde, HF, HCL, acétolyse, KOH,
glycérine et coloration à la fuchsine). Cette dernière
Les études palynologiques effectuées dans des sites méthode permet de traiter des quantités de sédiment
romains sont encore rares en Suisse. Pourtant la beaucoup plus conséquentes : 100 à 200 grammes
restitution de leur paléoenvironnement n'est pas pour les mortiers, 30 grammes pour les colluvions et
intéressante que celle des sites préhistoriques. les sols d'occupation.
moins
Pourquoi cette lacune ? Le type de sédiment à dispo-
minéral, se prête mal à l'analyse 10.2.2 Sommes polliniques
sition, exclusivement
Les dépôts de sites terrestres sont souvent
pollinique.
contiennent une majorité de pollens corro- L'objectif fixé pour le nombre de grains comptés est
stériles ou
dés. Les spectres polliniques fortement anthropisés de 500 au minimum, mais il n'a pas toujours été
délicats à interpréter, par manque de possible de l'atteindre. Pour les niveaux pauvres,
sont aussi plus
actuels. Le site des Montoyes s'est avéré être plusieurs lames ont été nécessaires. Alnus et les
modèles
pour réaliser une telle expérience, Cyperaceae sont exclus de la somme pollinique de
une aubaine
l'établissement romain surplombe de base, ainsi que les plantes aquatiques et les spores de
puisqu'ici
à peine une ancienne zone humide. Filicineae. Cette somme dictée par les résultats
quelques mètres
Les limons et les tourbes de cet ancien étang, au- obtenus dans la séquence tourbeuse voisine a été
jourd'hui complètement drainé, ont livré une sé- appliquée à tous les échantillons du site des Mon-
toyes, afin de faciliter leur comparaison. Les diagram-
quence tardi- et postglaciaire presque complète
(Schneider, en préparation); celle-ci sera publiée mes, présentés sous forme d'histogrammes ont été
La période qui nous intéresse plus dessinés à l'aide du programme POLPROF, en
ultérieurement.
ici, le Subatlantique, est extrême- version PC d'A. Tranquillini (1990). Les concentra-
particulièrement
bien développée, ce qui n'est pas commun. Il tions polliniques absolues n'ont pas été calculées, car
ment
était dès lors intéressant de rechercher des spectres les sédiments à comparer sont trop différents.
romains sur le site même pour étayer et si
polliniques
recouper exactement l'épisode romain au 10.2.3 Conservation pollinique
possible
de la séquence tourbeuse. D'autre part la
sommet
de résultats obtenus dans des milieux La conservation des pollens est dans l'ensemble assez
comparaison
différents peut nous aider à mieux caractériser l'in- bonne, elle est même exceptionnelle pour les sédi-
fluence humaine sur la végétation, à préciser l'am- ments minéraux d'un site terrestre. La majeure partie
des défrichements et la nature des milieux des Indeterminata (entre 10 et 20 %) comprend tout
pleur
(pâturages, champs cultivés, prairies humi- de même des pollens corrodés. L'abondance des
ouverts
des, prés secs, etc. ). Ces séquences sédimentaires pollens de Cichoriaceae est souvent interprétée
de l'occupation gallo-romaine du site comme signe de corrosion différentielle spécialement
contemporaines
conduits à analyser quatre types distincts de lorsqu'elle est directement associée à une grande
nous ont
de genèse très différente : des mortiers, quantité de spores monolètes (Couteaux 1977), ce qui
sédiment,
des sols d'occupation, des colluvions et des limons n'est pas le cas ici. D'autre part la richesse, toujours
palustres. plus de 20 taxons polliniques (Argant 1988 ; Beau-
lieu, Pons & Reille 1984) et la variété obtenue pour
chaque échantillon nous suggère qu'il n'y a pas eu
10.2 Méthodes destruction sélective des pollens les plus fragiles.

10.2.1 Laboratoire 10.2.4 Sédimentation pollinique et interprétation des


spectres
favorables à une bonne conserva-
Les limons palustres
ont fait l'objet d'une préparation de La sédimentation et la conservation de
tion pollinique pollen dans
(HCI, KOH, HF, acétolyse, K, glycérine et des échantillons de mortiers, de
sols et de colluvions
routine

79
dépend de circonstances exceptionnelles. Elles sont 10.2.6 Etudes palynologiques antérieures
directement liées aux activités humaines ou résultent
d'un fort impact anthropique. L'enfouissement certai- A notre connaissance, aucune étude palynologique n'a
nement très rapide de ces niveaux est peut-être été réalisée à ce jour dans la vallée de Delémont.
responsable de la bonne conservation des pollens. La région des Franches-Montagnes toute proche, où
L'interprétation de ces spectres polliniques doit tenir les stations tourbeuses sont nombreuses a déjà livré
compte de la provenance du pollen inclus dans le plusieurs analyses polliniques. Tous ces sites se
sédiment. La pluie pollinique (apport régional) ne trouvent à une altitude d'environ 1000 mètres, dans
participe que faiblement à cette sédimentation, con- la région montagneuse de Thurmann (1849) ou étage
trairement à ce qui se passe dans une tourbière. Les montagnard supérieur de Moor (1950). Ce sont
spectres polliniques ne sont pas le reflet du paysage l'étang de la Gruyère (Joray 1943), la tourbière de
environnant, mais celui des activités humaines, des Genevez (Welten 1964), l'étang des Embreux
systèmes d'exploitation du territoire qui ont mis en (Hubschmid & Lang 1985), la tourbière des Enfers
place ce sédiment. L'homme et les animaux sont et celle des Veaux (Reille 1990). Toutes ces séquen-
responsables de déformations des spectres sur le plan ces présentent à leur sommet un Subatlantique bien
quantitatif surtout (Argant 1988). Des apports massifs développé de quelques dizaines de centimètres.
de certains taxons herbacés sont fréquemment rencon-
trés dans les sites archéologiques. Ils nous donnent 10.3 Etude palynologique
des indications sur les pratiques agricoles (zones de
battage, p. ex. ) ou pastorales. En conséquence, les 10.3.1 Les mortiers et le sol d'occupation
pourcentages des taxons arboréens par rapport à ceux
des herbacés (rapport AP/AP+NAP) ne peuvent pas L'échantillon 1 provient du mur Ml du bâtiment
être interprétés en taux de boisement, ni servir à nord ; l'échantillon 6 du mur M7 du bâtiment nord ;
l'évaluation directe des zones défrichées ou des l'échantillon 5 du mur M50 du bâtiment sud ; l'échan-
milieux ouverts. tillon 2a été prélevé dans un niveau archéologique du
bâtiment sud (L50) ; l'échantillon 4a été pris dans le
10.2.5 Cadre végétal mur M62 du bâtiment sud ; l'échantillon 3 dans le
mur d'enceinte M100, en contrebas de la pente
(situation, dépliant no 1).
Jules Thurmann (1849) divise le Jura en quatre régions.
La région basse comprend toutes les contrées situées
au-dessous de 400 mètres. La région moyenne, qui nous 10.3.1.1 Description
concerne plus particulièrement, comprend toutes les
parties situées entre 400 et 700 mètres. La région Les échantillons 1,6 et 2 présentent des assembla-
montagneuse démarre vers 700 mètres jusqu'à environ ges polliniques semblables (fig. 85) alors que l'é-
1300 mètres et la région alpestre s'étend jusqu'à 1800 chantillon 5 s'individualise par rapport à tous les
mètres. La région moyenne est ainsi brièvement définie : autres, lui seul renfermant un taux important de
les vignes y sont nulles ou très rares ; le noyer est assez Ranunculaceae. Les assemblages polliniques des
commun ; le hêtre très répandu constitue des forêts ; il échantillons 4 et 3 se ressemblent beaucoup. Eux
est parfois associé au chêne ; dans le Jura oriental, le seuls obtiennent des pourcentages importants
sapin forme quelquefois des forêts auxquelles peut se d'Alnus, de Corylus et de Betula.
mêler l'épicéa ; le châtaignier caractéristique de la
région basse est plutôt rare. Dans la région monta- Les AP (pollen arboréens) sont toujours inférieurs
gneuse, de 700 à 1300 mètres, le sapin est répandu et à 30 %. Alnus, Corylus, Betula, ainsi que Pinus en
peuple les forêts, ainsi qu'à l'occasion l'épicéa. sont les taxons les mieux représentés. Le Querce-
tum mixtum, Quercus y compris, de même qu'A-
D'après la carte de la végétation de la Suisse (Schmid bies, Fagus et Picea n'atteignent que de faibles
1949), la vallée de Delémont se trouve dans la ceinture pourcentages. Castanea et Juglans sont régulière-
du hêtre et du sapin. Ces derniers, avec le pin et des ment présents, Carpinus l'est à peine. Du côté des
forêts de ravins humides, entourent le site des Montoyes. NAP (pollen non arboréens), les Cerealia T. et
Humulus/Cannabis T., bien que très discrets appa-
Max Moor (1947,1950,1951,1952) divise le Jura en raissent tout de même. Secale est absent ; Polygo-
trois étages, dont il fait fluctuer les limites altitudinales num convolvulus et Centaurea cyanus aussi. Ce
spécialement entre 400 et 600 mètres. Il définit un étage sont les Poaceae, les Cichoriaceae, les Ranuncula-
montagnard inférieur qui est le domaine de la hêtraie ceae et Plantago lanceolata qui dominent les spec-
typique (Fagetum typicum) en-dessous de 400 mètres. tres. Les Apiaceae, les Chenopodiaceae, les Cype-
Puis il passe à l'étage montagnard moyen où règne la raceae et Trifolium sont à chaque fois présentes ;
hêtraie-sapinière (Fagetum abietetosum) et, enfin, à Pteridium et Ophioglossum également. Le nombre
l'étage montagnard supérieur où s'étend la hêtraie à de taxons polliniques ne descend jamais en-dessous
mégaphorbiaies (Rumiceto-Fagetum). de 30.

80
10.3.1.2 Interprétation ailleurs fort mal représenté. Fagus et Picea atteignent
eux aussi de faibles valeurs. Parmi les NAP, seules les
La comparaison de ces spectres polliniques entre eux Cyperaceae se maintiennent au-dessus de 5 %. Les
n'a pas permis de distinguer clairement des phases de Cerealia T. sont régulièrement accompagnées par
Par contre, ils se sont révélés être une Centaurea cyanus. Humulus/Cannabis T. joue un rôle
construction.
d'informations pour la reconstitution du plus effacé. Polygonum aviculare, Plantago lanceolata,
riche source
les Apiaceae et Succisa pratensis sont les taxons herba-
paysage végétal.
cés les plus abondants. Juniperus, Pteridium et Ophio-
Dans nos régions le châtaignier (Castanea) et le noyer glossum obtiennent des pourcentages significatifs. Le
(Juglans) font leur apparition au cours du Subantlanti- nombre de taxons polliniques oscillent de 34 à 57. Dans
leur occurrence régulière est généralement la partie supérieure de 60 à 10cm (couches 2C, 2B, 2A
que,
à l'époque romaine. Les spectres pollini- et 1A), les AP oscillent entre 10 et 40 %. Corylus chute
rapportée
dans ces mortiers peuvent ainsi être mis et disparaît quasiment. Tous les taxons arboréens
ques obtenus
directe avec l'occupation romaine du site. diminuent, à l'exception de Pinus qui lui se maintient.
en relation
Les seules essences forestières qui sortent du groupe Du côté des NAP, ce sont principalement les Cicho-
l'aulne (Alnus), le noisetier (Corylus) et le riaceae et les Poaceae qui sont en augmentation signifi-
sont
bouleau (Betula). Les forts pourcentages de NAP cative. Les Cerealia T. se maintiennent, mais Centaurea
dénotent l'existence de milieux ouverts, d'espaces cyanus diminue fortement. Humulus/Cannabis T. est
déboisés à proximité du site. Malgré leur faible encore là. Les Apiaceae augmentent légèrement. Le
la présence régulière des Cerealia T. nombre de taxons polliniques, de 38 à 45, reste très
représentativité,
des champs cultivés dans les environs (Heim élevé.
suggère
1970 ; Vuorela 1973), bien que les messicoles strictes
le bleuet (Centaurea cyanus) ou la vrillée
telles que
(Polygonum convolvulus) n'apparaissent pas.
sauvage 10.3.2.2 Interprétation
Les Graminées (Poaceae), les Cichoriaceae, les
(Ranunculaceae), le plantain lancéolé
renonculacées Deux assemblages polliniques s'individualisent nette-
(Plantago lanceolata), les plantains (Plantago
le trèfle (Trifolium), la fou- ment. Ils sont légèrement décalés (couche 2D) par
major/media), ainsi que
(Pteridium l'ophioglosse rapport à la partition en deux de cette coupe selon des
gère aigle aquilinum) et
la de critères géologiques (chap. 2.3.1). Ce découpage est
(Ophioglossum vulgatum) révèlent présence
de prairies humides. Ceux-ci sont certaine- certainement le reflet du même processus sédimentaire.
pâturages,
assez importants, en tout cas plus étendus que
ment La partie inférieure de 140 à 88cm nous révèle un envi-
les champs cultivés. Les espèces ségéto-rudérales
les (Chenopodiaceae), les ronnement encore très boisé. Le noisetier (Corylus)
telles que chénopodiacées
(Centaurea jacea T. ), la renouée des principalement, mais aussi le bouleau (Betula) et l'aulne
centaurées (Alnus) sont présents localement. Ces trois essences
(Polygonum aviculare), les caryophyllacées
oiseaux arboréennes colonisent rapidement les espacesdéfrichés
(Caryophyllaceae) et l'ortie (Urtica) signalent aussi
(Iversen 1956 ; 1973). L'aulne (Alnus) et le bouleau
l'importance d'autres espaces ouverts anthropisés, tels (Betula) sont les composants principaux des forêts
des zones de piétinement, des bords de chemin,
que humides, des forêts riveraines. Le sapin (Abies alba)
les abords de l'établissement.
semble avoir poussé dans le vallon même ; il est en tous
les cas fort répandu dans la hêtraie-sapinière des alen-
10.3.2 Profil S1OB tours. Le hêtre (Fagus silvatica) semble moins abondant,
mais il est généralement sous-représenté dans les
inférieure de ce profil (fig. 8), de 140 à 90cm spectres polliniques (Heim 1970). Il n'est peut-être tout
La partie
de profondeur, est attribuée à l'époque romaine selon simplement pas présent localement. Les espacesdécou-
(chap. 2.3.1). Il s'agit des verts ne semblent pas prépondérants et pourtant l'in-
des critères stratigraphiques
3B, 3A. La partie supérieure de 90 jusqu'en fluence humaine est déjà très fortement marquée. Les
couches
haut de la coupe, couches 2D, 2C, 2B, 2A et 1A, est Cerealia T., accompagnéescette fois par une messicole
à l'occupation romaine du site, sans pouvoir stricte, le bleuet (Centaurea cyanus), témoignent à
postérieure
davantage pour l'instant. nouveau de la mise en culture d'espaces assezproches
préciser
(Vuorela 1973). Les nombreuses espècességéto-rudéra-
10.3.2.1 Description les, comme le plantain lancéolé (Plantago lanceolata), la
renouée des oiseaux (Polygonum aviculare), les plan-
la inférieure de 140 à 88cm (couches 3B, tains (Plantago major/media), les Rumex sp., les ombel-
Dans partie
2D), les AP atteignent 60 à 84 % (fig. 86). lifères (Apiaceae), les renonculacées (Ranunculaceae),
3A et
domine. Betula, Alnus, A bies et Pinus sont bien le trèfle (Trifolium), les centaurées (Centaurea jacea
Corylus
Castanea et Juglans sont présents, Carpi- T. ), les chénopodiacées (Chenopodiaceae) et l'armoise
représentés. les
Quercus et Fraxinus sont essences les (Artemisia) suggèrent la présence de
nus également. pâturages. Le
importantes du Quercetum mixtum, qui est par genévrier (Juniperus) et la fougère aigle (Pteridium
plus

81
Diagramme 1: morticrs.
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Fig. 85. Diagramme palynologique des mortiers et du sol d'occupation.

Liste des pollens en grains isolés : Echant. 5.- Junipenes 0,6 %; Ephedra distachya 0,2 %
Echant. 1. Heracleum 0,3 %; Helianthemum 0,3 %. Frangula alnus 0,2 %; Ribes 0,2 %; Fabaceae 0,6 %
-
Echant. 2. Aitemisia 0,3 %; Dipsacaceae 0,3 %; Polygala- Hypericum T. 0,2 %; Knautia T. 0,2 %; Valeriana 0,4 %
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ceae 0,3 %. Potamogeton 0,2 %.

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Fil;. 86. Diagramme palynologique du profil S10B.

Liste des pollens en grains isolés : 40cm.- Salix 0,2 %; Fabaceae 0,2 %; Lamiaceae 0,2 %
10cm.- Polygonum convolvulus 0,2 %; Heracleum 0,8 %; Solanaceae0,2 %; Polygalaceae0,4 %; Selqrinella selaginoi-
Carduus/Cirsium 0,2 %. des 0,2 %.
30em.- Populos 0,7 %; Hippophaé 0,2 %; Sanguisorbaminor 46cm.- Cornus 0,2 %; Stachys 0,2 %; Liliaceae 0,2 %
0,4 %; Taurus 0,2 %; Valeriana 0,2 %; Boraginaceae Symphytum 0,2 %.
0,4 %; Polygalaceae0,2 %; Diyopteris filix-mas 0,2 %.

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Echant. 4. Carpinus 0,6
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Sanguisorba minor 0,2 %; Carduus/Cirsium 0,2 %; 106cm.- Ericaceae 0,5 %.


60cm: %.
0,2 130cm.- Acer 0,35 %; Fabaceae 0,3 %; Thalictntm 0,3 %.
polypodium vulgare Valeriana 0,2 %; Myriophyllum
Urtica 0,4 %; 140cm.- Hippophaë 0,3 %; Salir 0,3 %; Vibumum 0,1 %
88cm.-
0,2 %; Polypodium vulgare 0,2 %. Buxus 0,1 %; Ericaceae 0,4 %; Unica 0,3 %; Thalictnun
spicatum
Vbumum 0,3 %; Viscum 0,3 %; Polygonum bistorta 0,3 %; Helianthemum 0,1 %; Sanguisorba officinalis 0,1 %.
0,3 %.

83
Diagramme 3: sondage 13

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Fig. 87. Diagramme palynologique du sondage 13.

Liste des pollens en grains isolés : 0,3 %; Sanguisorba officinalis 0,3 %; Rubiaceae 0,3 %;
1.- Allium 0,5 %; Rumex 0,5 %; Centaurea jacea T. 1,9 % Menyanthes 0,6 %; Pteridium 1,4 %; Dryopteris filix-mas T.
Trifolium 0,5 %; Succisa 0,9 %; Cayophyllaceae 0,9 % 0,6 %.
Pteridium 3,4 %; Botrychium 0,5 %; Lycopodium 0,5 %. 4.- Vtbumum 0,3 %; Sorbus 0,3 %; Artemisia 0,3 %; Car-
5.- Acer 0,3 %; Sambucus nigra 03 %; Plantago indet. duus/Cirsium 0,3 %; Sanguisorbaminor 0,3 %; Thalictrum
0,6 %; Thalictnim 0,6 %; Epilobium 0,3 %; Valeriana

aquilinum) attestent des milieux découverts, soit des pouvons noter tout de suite l'extrême abondance des
pâturages (Behre 1981) ou des espaces défrichés par Cyperaceae (173 %). Les Cerealia T. et Humu-
le feu (Tolonen 1983). La succise des prés (Succisa lus/Cannabis T. n'atteignent que de faibles valeurs.
pratensis) et l'ophioglosse (Ophioglossum vulgatum) Les Poaceae, les Asteraceae, Plantago lanceolata et
révèlent peut-être des prairies humides. les Apiaceae sont les taxons les plus fréquents. Nous
pouvons également remarquer la surabondance des
Dans la partie supérieure de 10 à 60cm, le paysage spores monolètes (371 %). Le nombre de taxons
change complètement. Il est totalement déforesté. Les polliniques s'élève à 39.
défrichements sont certainement beaucoup plus
importants sur le site même et dans toute la vallée. Interprétation
Mais les cultures ne semblent pas être plus dévelop-
pées qu'auparavant et l'influence humaine ne se La trop grande participation de spores monolètes et
marque pas plus intensément. de Cyperaceae nous font soupçonner des phénomènes
de ruissellement dans ce sol (Peck 1973). De toute
10.3.3 Sondage 13 façon, ce spectre pollinique est biaisé, nous avons
préféré en abandonner l'interprétation pour l'instant.
10.3.3.1 Echantillon 1
10.3.3.2 Echantillons 2à5
Le niveau humique 4b (fig. 54, échantillon 1) repré-
sente le niveau de circulation lors de l'arrivée des Seuls les échantillons 2,3,4,5, de 230 à 330 centimè-
gallo-romains. Il est donc contemporain ou antérieur tres de profondeur, prélevés dans les limons palustres
à l'époque d'occupation de la villa. Selon les critères contemporains de l'occupation gallo-romaine sont
de la palynologie, présence de Castanea et Juglans, ce présentés ici (fig. 54). L'analyse palynologique de la
niveau n'est pas antérieur à l'époque romaine. partie supérieure de ce profil est en cours (Schneider,
en préparation).
Description
Description (fig. 87)
Les AP ne dépassent pas 60 %. Alnus, Betula et
Corylus sont à nouveau les trois taxons les plus Les AP atteignent 74 %, puis diminuent légèrement.
importants et atteignent chacun environ 20 %. Le Abies domine, il oscille entre 15 et 40 %. De nom-
Quercetum mixtum, Quercus y compris joue un rôle breux stomates de cette espèce ont été dénombrés
effacé. Fagus, Abies et Picea, ainsi que Pinus sont dans ces niveaux exclusivement. Fagus démarre à
relégués à l'arrière-plan. Castanea et Juglans sont 20 %, puis diminue et se retrouve en-dessous de 5 %.
présents ; le premier est mieux représenté que le Alnus est assez bien représenté ; Corylus et Betula
second. Carpinus est absent. Du côté des NAP, nous sont plus effacés. Le Quercetum mixtum n'est guère

84
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0,3 %; Epilobium 0,3 %; Mentha T. 0,6 %; Triletes 0,2 %.


0,3 %. 2. - Fabaceae 0,7 %; Chenopodiaceae 0,4 %; Centaurea
3.- Viburnum 0,2 %; Viscum 0,2 %; Fabaceae 0,4 % indet. 0,4 %; Stachys T. 1,1 %; Rhinanthus 0,4 %;
Lotus 0,2 %; Trifolium 0,2 %; Rumex 0,2 %; Dipsaca- Mercurialis indet. 0,4 %; Mentha T. 0,4 %; Lythntm
0,2 %; Caryop/zyllaceae 0,2 %; Sparganium 0,4 %; 0,4 %; Triletes 0,4 %.
ceae Botrychiunz 0,2 %; Lycopodium
Equisetum 0,4 %;

que par Quercus. Carpinus est régulière- 10.4 Comparaison des résultats
représenté
Les Cerealia T. dépassent les 5% et
ment présent.
ici leurs valeurs maximales. Secale est
obtiennent
Humulus/Cannabis T. également. Les Poa- Nous obtenons des pourcentages des AP très diffé-
présent ;
les Cichoriaceae et les Cyperaceae sont les rents pour ces spectres polliniques issus de prélève-
ceae,
taxons herbacés les plus courants ; ils évoluent ments pourtant fort proches les uns des autres. Il ya
Plantago lanceolata n'atteint que de de fortes chances pour que le mode de sédimentation
parallèlement.
faibles pourcentages. soit responsable de ce phénomène. Alnus, Betula et
Corylus sont les trois taxons les plus courants et les
Interprétation plus abondants, ce qui semble assurer leur présence
locale et ils ont peut-être été favorisés par l'homme
Les forts pourcentages des AP indiquent un environ- (Greig 1982). Les composants du Quercetum mixtum
boisé. Le sapin (Abies alba) pousse à cet ne sortent jamais du lot et semblent assez peu répan-
nement
le prouve la présence des nombreux dus, même aux alentours du site. Carpinus reste à
endroit comme
le hêtre (Fagus sylvatica) l'accompagne. chaque fois très effacé. Fagus est généralement
stomates;
L'aulnaie est bien développée. Les espèces de la relégué à l'arrière-plan. Abies est mieux représenté ;
mixte ne sont pas très importantes sur le site. la découverte de stomates confirme sa présence sur
chênaie
Les fortes valeurs des Cerealia T. suggèrent la proxi- le site. Juglans n'apparaît que sporadiquement.
des champs cultivés, ceux-ci seraient situés plus Castanea, compte tenu de son faible pouvoir de
mité
de la zone humide que de l'établissement. Les pollinisation obtient à plusieurs reprises des valeurs
près
faibles valeurs du plantain lancéolé (Plantago il
significatives ; est très certainement présent sur les
plus
lanceolata) et des autres ségétales et rudérales sont à lieux. Vitis n'a pas été rencontré une seule fois. Les
en relation avec la situation plus éloignée de Cerealia T., à chaque fois présentes, n'obtiennent des
mettre
la ferme. pourcentages intéressants que dans le sondage 13
(fig. 54) ; ce qui nous fait placer les champs cultivés
près de la zone humide. Les Cichoriaceae, les Poa-
10.3.3.3 Echantillons 6à8 ceae, les Ranunculaceae, Plantago lanceolata associés
à Pteridium et Juniperus sont régulièrement bien
Les échantillons 6,7 et 8 prélevés à l'extrémité sud représentés ; ils sont d'excellents marqueurs des
du sondage 13 (fig. 54) dans ces mêmes limons sont pratiques pastorales (Argant 1988 ; Behre 1981). Une
Les rares pollens rencontrés sont fortement détermination plus précise de Humulus/Cannabis T.,
stériles.
Ces analyses ont rapidement été abandon- selon Whittington & Gordon (1987), n'a pas été
corrodés.
Aucune explication satisfaisante n'a été avancée possible. Mais sa présence si régulière et assez
nées.
jusqu'à maintenant, pour expliquer cette différence de conséquente pour ce taxon, nous fait opter pour
pollinique. Cannabis.
conservation

85
du paysage du bassin du Rhône. Thèse. Université
10.5 Tentative de reconstitution naires
Claude-Bernard-Lyon 1.222 p.
végétal
Bastin Bruno
La composante locale de ces spectres polliniques 1971 Recherches sur l'évolution du peuplement
(Alnus, Cyperaceae et les NAP) relèguent à l'arriè-
végétal en Belgique durant la dernière glacia-
re-plan la composante régionale. L'image obtenue tion de Würm. Acta Geographica Lovanien-
pour la forêt régionale est très peu précise. Nous sia, 9,136 p.
pouvons tout de même postuler que la hêtraie-sa-
pinière occupe tout l'arrière-pays et descend assez Beaulieu Jean-Louis de, Pons Armand et Reille
bas, très près du site. La participation du sapin Maurice
(Abies alba) est très importante compte tenu de 1984 Recherches pollen analytiques sur l'histoire de
l'altitude. Les chênaies ou autres bois de feuillus sont la végétation des Monts du Velay, Massif
par contre beaucoup plus rares, au contraire de ce Central, France. In : Festschrift Max Welten,
qui se passe sur le Plateau suisse à la même époque Ed. J. Cramer, Vaduz, p. 45-70. (Dissertatio-
(Ammann 1989).
nes Botanicae 72)
Une aulnaie marécageuse, qui représente le dernier Behre Karl-Ernst
stade d'atterrissement d'un bas-marais occupe le fond 1981 The interpretation of anthropogenic indica-
de la dépression, où les mégaphorbiaies semblent tors in pollendiagrams. Pollen et Spores, vol.
assez développées. Les bords de la rivière sont aussi XXIII, no 2, p. 225-245.
colonisés par des bois d'aulnes (Alnus), quelques
buissons de saules (Salix) et de sureau noir (Sambu- Châteauneuf J. -J., Ferdière Alain et Lundstroem-
cus nigra). Les forêts riveraines de bois durs, frêne Baudais Karen
(Fraxinus), chêne (Quercus) et d'orme (Ulmus) sont 1980 Etude de la flore. Essais de reconstitution du
peu étendues. Les bords de l'étang sont occupés par paysage du Bas-Empire. In : Ferdière A. "Fouil-
une roselière, composée de phragmites (Phragmites) les de sauvetage du site gallo-romain de la fosse
et parsemée de massettes (Typha). Dieppe à Dambron (Eure et Loire) 2e partie.
Revue archéologique du Loiret, 6, p. 67-71.
Aux alentours du site, le paysage est complètement
anthropisé. Des champs cultivés et des pâturages, Couteaux Michel
certainement entourés de haies (Châteauneuf et al. 1977 A propos de l'interprétation des analyses
1980) occupent tout le vallon. Comme à l'heure polliniques de sédiments minéraux, principale-
actuelle, la vigne (Vitis vinifera) n'est pas cultivée ment archéologiques. Bulletin de l'Association
dans la région. Des châtaigniers (Castanea sativa) et française pour l'Etude du Quaternaire, Sup-
des noyers (Juglans regia) poussent sur le site, sans plément 47, p. 259-276.
pour autant parler de cultures. Ceux-ci sont plutôt
plantés isolément à un endroit favorable, près des Greig James
habitations ou dans les prés alentours. Comme ail- 1982 The interpration of pollen spectra from urban
leurs en Suisse (Jacquat 1988) les céréales cultivées archaeological deposits. In : Hall A. R. &
sont principalement les blés, ingrain (Triticum mo- Kenward H. K., Environmental Archaeology
noccocum) et amidonnier (Triticum diccocon), le in the urban context, no 43, p. 47-65.
froment (Triticum aestivum) et l'épeautre (Triticum
spelta). Par contre le seigle (Secale cereale) n'est Heim Jean
certainement pas cultivé ; il est plutôt présent en tant 1970 Les relations entre les spectres polliniques
que mauvaise herbe dans les champs de blé (Koer- récents et la végétation actuelle en Europe
ber-Grohne 1987). La culture du chanvre (Cannabis occidentale. Thèse. Université de Louvain.
sativa) est probable, bien qu'elle ne soit pas stricte- Laboratoire de Palynologie et de Phytosocio-
ment prouvée. logie, 181 p.

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1985 Les Embreux-Holocene environments of a mire
Ammann Brigitta in the Swiss Jura mountains. In : Lang G. Swiss
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157 p. (Dissertationes Botanicae 137)
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1988 Analyses palynologiques de gisements quater- American 194,3, p. 36-41.

86
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suisse 102,12 : p. 634-644. Ephedra fragilis T. : éphèdre
Ericaceae : éricacées
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Hippophaë rhamnoides : argousier
Peck Rona M. Juglans regia : noyer
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Populus spec. : peuplier
Reille Maurice Quercetum mixtum : chênaie mixte (chêne, orme,
1990 Leçons de palynologie et d'analyse pollinique. tilleul, frêne, érable)
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Salix spec. : saule
Schmid Emile Sambucus nigra : sureau noir
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Taxus baccata : if
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Essai de phytostatique appliqué à la chaîne du Ulmus spec. : orme
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87
Allium spec.: ail Polygonum convolvulus : vrillée faux-liseron
Apiaceae : apiacées (ombellifères) Polygonum indet.: renouée, vrillée
Artemisia spec. armoise Polygonum persicaria T. : renouée persicaire
Asteraceae spec. asteracées (composées) tubuliflores Potentilla T. : potentille, fraisier, sibbaldie
Bidens T. : bident, mule, eupatoire, etc. Ranunculaceae : renonculacées
Boraginaceae : boraginacées Rhinanthus : rhinanthe
Brassicaceae : brassicacées (crucifères). Chou, navet, Ribes spec. groseillier
rave, moutarde, colza, radis Rosaceae indet. : rosacées
Carduus/Cirsium : chardon/cirse Rubiaceae : rubiacées
Caryophyllaceae : caryophyllacées Rumex spec. : rumex, oseille, patience
Centaurea cyanus : bleuet Sanguisorba minor : petite pimprenelle
Centaurea indet. centaurées Sanguisorba officinales : pimprenelle officinale
Centaurea jacea T. : centaurée jacée Secale cereale : seigle
Cerealia T. : céréales (avoine, orge, froment, ami- Solanaceae : solanacées
donnier, épeautre) Stachys T. épiaire, galéopsis, lamier, bugle, etc.
Chenopodiaceae : chénopodiacées (chénopode, épi- Succisa pratensis : succise des prés
nard, bette, etc. ) Symphytum : consoude
Cichoriaceae : asteracées (composées) liguliflores Tamus communis : tamier commun ou herbe-aux-
Convolvulus :liseron femmes-battues
Cyperaceae : cyperacées Thalictrum . pigamon
Dipsacaceae : dipsacacées Trifolium spec. : trèfle
Epilobium : épilobe Urtica spec. : ortie
Fabaceae : fabacées (légumineuses) Valeriana spec.: valériane
Filipendula spec. : filipendule vulgaire et reine-des-
prés
Helianthemum spec. : hélianthème Plantes aquatiques :
Heracleum T. : berce
Humulus/Cannabis T. : houblon/chanvre Menyanthes trifoliata : trèfle-d'eau
Hypericum perforatum : millepertuis perforé Myriophyllum spicatum : myriophylle en épi
Knautia arvensis : knautie des champs Potamogeton spec. : potamot
Lamiaceae : lamiacées (labiées) Sparganium spec. : rubannier
Liliaceae : liliacées
Lotus spec. lotier Spores de Ptéridophytes
Mentha T. menthe, origan
Plantago indet. : plantain Botrychium : botryche
Plantago lanceolata : plantain lancéolé Dryopteris filix-mas : fougère mâle
Plantago major/media : grand plantain et plantain Lycopodium : lycopode
moyen Monoletes : spores de Pteridophytes indéterminées.
Poaceae : poacées (graminées) à l'exception des Ophioglossum vulgatum : langue-de-serpent
céréales ; mais comprend le millet des Polypodium vulgare : polypode vulgaire
oiseaux et le millet cultivé Pteridium aquilinum : fougère aigle
Polygalaceae : polygalacées Selaginella selaginoYdes : sélaginelle fausse sélagine
Polygonum aviculare : renouée des oiseaux Sphagnum spec. : sphaigne
Polygonum bistorta : renouée bistorte Triletes : spores de Ptéridophytes indéterminées.

88
Chapitre 11 Datation des bois
Georges Lambert et Catherine Lavier

Valeurs
11.1 Généralités sur les bois de Boécourt 145 128 119 188 179 260 110 104 114 161
154 189 171 182 188 152 170 148 128 140
91 86 97 111 108 132 114 98 76 102
Les arbres découverts dans la fouille de Boécourt sont 130 104 103 82 90 104 104 110 70 94
98
des chênes (Quercus sp. ), des sapins (Abies alba) et / 123
85
160
104
171/
120/
160
114
167
/
/
97/
145
77/
171*
112
148
114*
161
141
149
des frênes (Fraxinus sp. ). A partir de la largeur des 138* 174/ 139 147 136 149 153* 120 124 122
126/ 129 144/ 122 120 / 105 103/ 89 90
cernes, nous avons tiré une séquence dendrochronolo- / 88 87/ 77 78 90 / 82` 99' 77/
85
86/ 111
gique pour chaque arbre : quatre séquences différen- / 95/ 83/ 98 98/ 125 / 95/ 109/ 118/ 126/ 173
' 154 201 198 172 127 103 111 103 99 98
tes pour le chêne, deux pour le résineux et six pour le 86 73 85 81 84 78 65 76 85 68
93 81 72 102 55
frêne. Les séquences de chaque essence ont été 30 42 25 30

inter-corrélées et ont permis la construction d'une Composantes (échantillons) : positionnement et caractéristiques


:
synthétique unique par essence (fig. 88). C1: BOECOURT. 31 FRAXINUS 96 Moelle 6/ 101;
séquence C2: BOECOURT. 37 FRAXINUS 55 Moelle 19 / 73 ;
C3: BOECOURT. 29 FRAXINUS 118 Moelle 1/ 118;
C4: BOECOURT. 23 FRAXINUS 62 : Moelle 44 / 105;
zen oyc (Qdes échantillons de chêne C5: BOECOURT. 30 FRAXINUS 54 53 / 106 ;
I30 C6: BOECOURT. 34 FRAXINUS 80 : Moelle 51 / 130;
Moyenne Genre : CHENE Longueur : 189 ans
Puissance de la moyenne 3.4 cernes / année Laboratoire de Chrono-Ecologie de Besançon
Début du segment signé 8 Fin du segment signé 135
Nombre global de signatures 99 Taux global 77.3 %
Nombre de signatures à 90 % 53 Taux relatif 53.5 %
Fig. 88. Valeurs moyennes des séquences dendrochronolo-
Valeurs giques du chêne, du sapin et du frêne.
182 119 98 101 189 118 198 236 212' 179
186/ 177/ 213/ 214 207 / 234 217' 198' 232 224
/ 212* 173/ 198 190' 166 / 166/ 157 157/ 152' 114 La séquence synthétique du Chêne ou séquence
* 130* 105' 166/ 130 137 96' 133 135 139' 103
105* 114` 86/ 89 96 / 90' 112/ 101 98 98 moyenne du chêne est appelée Boécourt-Moyenne du
106' 91/ 102 / 89' 118 106 104 101
/s 113* 99/ 116' 87 84/ 78* 100' 81 86
Chêne 2 ou encore Boécourt (Quercus) M2. Elle
116/ 111/ 117/
84 90/ 86' 103' 133 / 128' 111' 99/ 109' 118 intègre les 4 échantillons de chêne nos 20,22,24
/ 97/ 123' 84 / 98' 121/ 112' 103' 122 et
/ 117/ 114/ 83' 95/ 100 * 120/ 90 93' 73' 33. Elle couvre 189 ans de croissance du chêne. Elle
86/ 91* 132
92' 113 86/ 99 103/ 90
100/ 107'
94*
91
101' 112/ 97 ' 106 103/ 104/ 108'
105
80 est de bonne qualité. La très forte corrélation entre
/ 100 les séquences de chacun des échantillons
96/ 86' 70' 90/ 90 * 124'
85
84/ 98 95' 84 qui la
85' 116' 93/ 99 105 91 93 89
/ 87
86 86 84 78 86 90 87 77 101 117 constitue indique une très grande parenté entre les
103 88 110 107 98 83 89 83 77 65 bois d'origine. Il pourrait s'agir du même arbre. Cette
62 70 78 62 63 55 60 57 59 92
88 83 85 95 91 103 94 83 80 106 parenté se traduit dans la séquence moyenne (Quer-
86 86 102 97 102 110 144
78 1 cus) M2 par un taux exceptionnel d'années caractéris-
Composantes (échantillons) : positionnement et caractéristiques : tiquement petites ou grandes sur les 4 bois : 77.3 %.
C1: BOECOURI'. 22 QUERCUS 134 :, 3/ 136; Cette séquence est la seule qui puisse être datée sur
BOECOURT. 20 QUERCUS 184: Moelle 6/ 189;
Ç2' des référentiels dendrochronologiques
C3: BOECOURT. 24 QUERCUS 170: Moelle 1/ 170; précis.
BOECOURT. 33 QUERCUS 155 : Moelle 6/ 160;
C4:

moyenne des échantillons de résineux : La séquence synthétique du résineux ou séquence


ýcqucncc
(Abics)
BOECOUR1_M1
Moyenne Genre : ABIES Longueur : 77 ans moyenne du résineux est appelée Boécourt-Moyenne
du Sapin blanc Ml ou encore Boécourt (Abies) Ml.
Valeurs Elle intègre les séquencesobtenues sur les échantillons
520 676 591 743 624 573 513 383 523
527 513 453 449 491 368 500 368 349
519
394 400 338 362 381 415 455 464 375 372 nos 21 et 35. Elle couvre 77 ans de croissance. Elle est
387 302 332 394 501 460 451 324 370 396 de qualité dendrochronologique moyenne car d'une
388 379 417 445 358 428 451 434 383 357
296 262 255 311 336 343 330 245 317 343 part, elle est courte - moins de 80 ans - et, d'autre part,
440 4
300 313 355 364 364 321 304 355 364 les cernes sont larges dans l'ensemble : supérieurs à 3,
372 406 372
voire supérieurs à 5mm. On a donc là des arbres peu
(échantillons) : positionnement et caractéristiques :
Composantes
21 ABIES 61 :,
stressésqui se comportent en général comme de médio-
BOECOURT. 1/ 61 ;
C1:
C2: I3OECOURT. 35 ABIES 60 :, 18 / 77 cres indicateurs chronologiques. Faute de référentiels,
des échantillons de franc : cette séquence n'est pas directement datable, mais on
ýqucnce moyenne
ýBOLCOURI. M4 (Fraxinus) recherchera sur elle, certains signaux qui puissent être
Genre : FRENE Longueur : 130 ans corrélés à des signaux du même type vus sur le chêne.
Moyenne 3.6 cernes / année
Puissance de la moyenne
du signé 45 Fin du segment signé 104
Début segment
de signatures 33 Taux global 55.0 % La séquence synthétique du frêne
Nombre global
de à 90 %7 Taux relatif 21.2 % ou séquence
signatures
Nombre moyenne du frêne est appelée Boécourt-Moyenne du

89
Frêne M4 ou encore Boécourt (Fraxinus) M4. Elle -300 Av.J. CJap. J.C. 300 600 900 1200

intègre les six échantillons de frêne nos 23,29,30,31,


34,37. Elle couvre 130 ans. Elle est de très bonne
T èves 1980 270
la i l la
M
qualité et marquée par un stress de croissance dans 89

les années 78-89 de son cours. Comme la séquence du NiederRi ein 1980 2502 5 482 570
786 888 1084

résineux, la séquence du frêne n'est pas directement


datable car on ne possède pas encore de référentiel )47

suffisant pour dater le frêne ancien. On y recherchera


Stuttgart Dona 1

cependant, comme dans celle du résineux, des signaux 169 419 482

susceptibles de la rapprocher de la séquence du 456

Neuchûtel- La ène et Romain


chêne. 181
M-j M

92 262 2
11.2 Datation de la séquence Boécourt (Quer-
eus) M2 st de la France Romaine 1 Es de la France: 1 istoriyue 6
165 560
pu

La méthode de datation met en oeuvre des calculs de


corrélation et des transformations de données. Le test
-3

ilal Av_ CJ an LC-


143 206 2 4

30 0 60 0
ÉPý
802 845
900 120 0
.
de base est fondé sur deux calculs : le test dit de la
Gleichläufigkeit ou test W (Eckstein 1969) et la Trèves 1980 Nom du référentielutilisé pour dater Période de recherche des dates

distance euclidienne sur la transformation de Holls- Réponsesdescalculs


classées selon le test dendrochronologiquc W
tein (Hollstein 1980, Lambert et al. 1988). Les effectué sur la transformation de Hollstein

référentiels mobilisés ont été mis au point à Trèves 3.8 <_W 3.5 5W<3.8
Testsde moins en moins fiables
(Hollstein, déjà cité), à Stuttgart (Becker 1985), à 3.2! 9W<3.5 m 3.0 5W<3.2
Neuchâtel (Egger et Gassmann 1985) et à Besançon K W<3.0
(Lambert et Lavier 1989). laboramilc dc Ch-&ologic de Bcsvicun

Fig. 89. Récapitulation des résultats des tests de datation


En fait, nous chercherons une datation entre 300 av. de la moyenne du chêne sur la période s'étalant entre 300
J. -C. et 1200 après de façon à couvrir très largement av. J. -C. et 1200 apr. J. -C.
la période chronologique pendant laquelle ces arbres
sont susceptibles soit d'être tombés soit d'avoir été
abattus. Les tests effectués sont résumés sur la figure comme possible par la référence du Danube de
89. On a cherché à dater la séquence du chêne de Stuttgart et une composante de la séquence de
Boécourt sur plusieurs étalons suisses, français et Trèves appelée Nieder Rhein. Cette corrélation est
allemands. Bien que cette séquence soit de bonne trop faible à notre sens pour être acceptable. Ce
tenue dendrochronologique, les tests statistiques n'ont manque de réplication peut être attribué à la
pas été probants. L'ordinateur n'a pas trouvé de date faiblesse de l'étalonnage dendrochronologique de
incontestable. Il n'a donné qu'un faisceau de proposi- cette période. Seul, le référentiel de Trèves assure
tions plus ou moins crédibles. Nous avons contrôlé ses une continuité sur la période 200 - 1000 apr. J. -C.
propositions par la méthode classique en dendrochro- Celui de Stuttgart que nous avons utilisé s'arrête en
nologie de la comparaison par transparence du graphe 727, celui de Neuchâtel, en 181 et le nôtre en 165.
des séquences au graphe du référentiel. Aucune des Et, ce dernier ne reprend qu'en 560. Quant à la
propositions annoncées ne nous paraît satisfaisante. séquence Nieder Rhein que nous avons extraite de
la séquence de Trèves, elle comporte fort peu de
A un moment précédent de cette recherche (analyse bois. En l'absence de corrélation calculée indubita-
tics deux premiers bois arrivés au laboratoire), nous ble, son usage comme référentiel est donc à rejeter
avions mis en avant deux dates possibles pour la der- d'autant plus que cette proposition nous écarte un
nière année de la séquence, 270 AD ou 482. Dates peu de la marge de probabilité donnée par le
parmi lesquelles il fallait encore choisir la bonne car radiocarbone.
les arbres n'ont vécu qu'une fois. Il s'avère mainte-
nant que ces dates sont effectivement contestables. Le Enfin, les calculs dendrochronologiques étendus sur
plus embarrassant, en l'absence de corrélation affir- toute la période historique, jusqu'en 1990, affirment
mée avec évidence, est que nous n'avons même pas quant à eux que ces bois ne peuvent pas être posté-
de propositions de date qui se répéteraient d'un rieurs à 900 AD. Et leur situation au dessus d'un site
référentiel sur l'autre. On dit, dans le langage du romain du deuxième siècle garantit qu'ils ne peuvent
métier que nous n'avons pas de réplication de date quasiment pas être antérieurs à 200. Entre 200 et 900,
d'un référentiel sur l'autre. Nous avons, en fait, une voilà une fourchette bien vague pour un résultat den-
réplication, mais statistiquement faible et donc peu drochronologique. Mais nous n'avons pas dit notre
fiable pour la date de 482. Date qui est signalée dernier mot.

90
11.3 Datation des deux autres essences 11.5 Bibliographie

Abies et Fraxinus ne possèdent pas, comme le chêne, Becker Bernd


de référentiel qui permette de les dater dans l'époque 1985 Die absolute Datierung von Pfahlbausiedlun-
suggérée par le radio-carbone (et qui conviendrait, gen nördlich der Alpen im Jahrringkalender
semble-t-il, à l'archéologue). Nous avons cependant Mitteleuropas. In : Becker B. et al. Dendro-
cherché à mettre en évidence un rythme d'années chronologie in der Ur- und Frühgeschichte.
caractéristiques qui pourrait être commun à chacune SSPA, Bâle, p. 1-29 (Antiqua 11).
de ces essences. A vrai dire l'exercice est plutôt
formel car nous ne savons pas si le chêne de Boécourt Eckstein Dieter
analysé - qui sert de base dans cette opération - est 1969 Entwicklung und Anwendung der Dendro-
du biotope local (Il pourrait ne chronologie zurAlterbestimmung der Siedlung
assez caractéristique
s'agir que d'un ou deux arbres, ce qui est insuffisant Haithabu. Thèse de Doctorat. Université de
un biotope, un environnement). La Hambourg, 113 p.
pour caractériser
corrélation des années caractéristiques laisse cepen-
dant espérer qu'une synchronisation pourrait être Egger Heinz et Gassmann Patrick
entre le chêne et le frêne. Cela placerait la 1985 Stand der Jahrringchronologien in der West-
envisagée
fin de la séquence de frêne 36 ans avant la fin de la schweiz. In : Becker B. et al. Dendrochrono-
de chêne (année relative 153 - la séquence logie in der Ur- und Frühgeschichte. SSPA,
séquence
du chêne se termine à l'année relative 189). Il faut Bâle, p. 46-49 (Antiqua 11).
attendre une meilleure documentation
cependant
locale, sur l'ensemble des vallées du secteur, pour Hollstein Ernst
mieux conclure. 1980 Mitteleuropäische Eichenchronologie. Philipp
von Zabern, Mainz, 273 p. (Trierer dendro-
11.4 Conséquences de cette analyse : Un rôle chronologische Forschungen zur Archäologie
inattendu à jouer pour les bois de Boé- und Kunstgeschichte 11).
court
Lambert Georges, Lavier Catherine, Perrier Patricia
L'échec de datation par la dendrochronologie pourrait et Vincenot Sophie
être attribué au micro-environnement particulier de 1988 Pratique de la dendrochronologie. Histoire et
du versant oriental du Jura. Mais nous ne Mesure III-3, p. 279-308.
cette vallée
le croyons pas. Nous pensons plutôt que la date n'a
pu être trouvée car le chêne est peu connu au Lambert Georges et Lavier Catherine
pas
Bas-Empire romain et encore moins au cours des 1989 Dendrochronologie et Préhistoire : Datations
suivent, pendant l'époque mérovingienne. à l'année près de gisements français entre le
siècles qui
Le référentiel de Trèves, lui-même, "descend" à cinq Mésolithique et l'An 1200 de notre ère.
deux bois aux environs de 350 AD. Par ailleurs, Bulletin de la Société Préhistorique française,
puis
le petit nombre de bois analysés (mais on n'en a pas 87,5, p. 143-152.
trouvé plus !) handicape le déroulement d'une data-
tion dans de bonnes conditions.

Mais l'analyse montre quand même et sans équivoque 11.6 Note de la rédaction
se trouve bien entre 200 et 900 et donc très
qu'on
dans la fourchette plus précise donnée
probablement
le radio-carbone (cf. chap. 11.6). Donc exacte- Les premières approches effectuées autant au labora-
par
dans ce secteur dendrochronologiquement toire romand de dendrochronologie à Moudon qu'à
ment
déficient. Les bois de Boécourt offrent donc une celui de chrono-écologie de Besançon nous ont incité
alternative pour essayer des corrélations sur à effectuer une datation C-14 (Archeolabs, rapport
nouvelle
La synchronisation future de Boécourt d'analyse ARC9/R741C).
cette période. fera
d'autres séquences se à un moment ou à un
avec
comblerons ainsi une lacune importante Cette datation appliquée sur le chêne no 22 (cernes
autre et nous Ces bois
de la chronologie du chêne. vont donc jouer, 70 à 85 de la moyenne) a donné le résultat suivant
un certain temps, un rôle pivot dans notre ARC 417: 1715 +/- 50 BP.
pendant
banque de données. Dans l'avenir et systématique-
tout bois provenant d'un rayon de moins de La calibration selon la méthode proposée par Stuiver
ment,
300km et susceptible d'être de cette époque, sera et Reiner (fig. 90) permet de situer les cernes 70 à 85
aux bois de Boécourt, jusqu'à ce que data- entre 210 et 430 après J. -C., avec plus de 90 % de
comparé
tion s'en suive. probabilité.

0xlo-pý°Z 91
NEUCHATEL
ETUN;v",.
BF
Sachant que le bois daté est intégré à une moyenne
de 189 ans, il faut rajouter au moins 1 siècle aux
esse
dates obtenues. On parvient ainsi à une fourchette
, allant de 310 à 530 après J. -C.
1656
-
Parmi les diverses propositions de datation dendro-
1750
iý` chronologique existantes (fig. 89), on retiendra pour
, l'instant la date de la fin de la séquence en 482. En y
1858_
rajoutant les cernes d'aubier manquant, les bois les
.i plus récents peuvent être datés de l'an 500 environ.
195é1ýý 'ýiýýý
Sur le plan archéologique et stratigraphique (fig. 10 et
ýýi M1
Iýi 54), cette datation paraît logique. Soulignons que le
jý+.
1rJ'tilI laboratoire de Moudon a également proposé, avec ré-
' JV
serve et compte tenu de la datation C-14, une corréla-
("I BC 100 0 100 200 3@IF7 10f1 500 (, fie (:, i 1 ItD tion à cette même date (rapport LRD90/R2563A).

Fig. 90. Calibration de la datation radio-carbone. En Relevons, en guise de conclusion, que les troncs de
ordonnée, la datation C-14, au centre la courbe de
variation du C-14 et en abscisse la projection de la
sapin servant de pilotis au mur d'enceinte M100 n'ont
datation C-14 corrigée selon la courbe de variation, ce pas pu être datés, vu le faible nombre de cernes qu'ils
qui correspond à la calibration. BP : Before prescrit portaient et la croissance très rapide de ces bois.
avant 1950 apr. J.-C.) ; Cal BC : âge calibré avant J.-C.
Before Christus) ; al AD : âge calibré après J.-C. F. Schifferdecker
Anno Domini).

92
Chapitre 12 Conclusions

Remarque : par commodité, les références des sites diverses constructions (fig. 91). En dépit de quelques
dans ce chapitre sont faites dans la biblio- incertitudes d'ordre chronologique, les premiers états
mentionnés
des bâtiments nord et sud en maçonnerie (fig. 65, A
graphie.
et B), ainsi que les aménagements annexes, - cabane
et enclos quadrangulaire (fig. 65, C et D) - sont mis
12.1 De la "ferme indigène" à la "villa rurale" en place dès la création de l'ensemble. Il s'agit là
d'une forme d'occupation encore inédite en Suisse qui
Au cours de son existence, l'établissement des Mon- se retrouve toutefois en grand nombre dans les
toyes présente une évolution remarquable qui s'ob- provinces septentrionales, notamment en Gaule
surtout sur son système d'enclos. A un réseau belgique : la "ferme indigène". Mentionnons tout de
serve
de fossés succède partiellement une enceinte en même comme point de comparaison la petite bâtisse
maçonnerie
(chap. 6.4). Cette transformation, qui en bois de la villa de Laufon dans le canton de
également d'un développement des Soleure qui illustre également un habitat précoce
s'accompagne
notamment du bâtiment nord et du dérivé de l'époque gauloise.
constructions,
bâtiment sud, traduit le passage d'un habitat de
indigène à un ensemble de type gallo-ro- Traduit de l'anglais, le terme "ferme indigène"
tradition
Pour définir cette évolution, nous avons adopté (native farm) est aujourd'hui communément admis.
main.
la typologie proposée par Roger Agache (Agache Contrairement à l'Angleterre, la recherche dans ce
1978, p. 279-281) qui distingue la "ferme indigène", domaine est encore jeune sur le continent. En effet,
"ferme indigène en voie de romanisation" et la il ya 15 ans seulement, Roger Agache attirait l'atten-
la
"villa rurale". Cette terminologie rend compte d'une tion sur une série d'établissements de ce type en
dynamique dans le processus de romanisation et Picardie (Agache 1976). Depuis, grâce à la photogra-
les changements intervenus dans phie aérienne, un grand nombre d'ensembles similai-
traduit parfaitement
le cadre de l'établissement des Montoyes. res ont été repérés dans tout le nord et le centre de la
France, en Belgique, en Allemagne et bien sûr en
Angleterre.
12.1.1 Une "ferme indigène en voie de romanisation"
Plus d'une centaine de sites sont actuellement connus.
L'occupation initiale du site se caractérise par un Malheureusement peu ont fait l'objet de fouilles
formé de multiples fossés qui entourent les systématiques. Les quelques contrôles effectués
enclos
montrent que ces fermes se développent à l'époque de
l'indépendance (Tène finale) et continuent à se
construire jusqu'au IIe siècle de notre ère, voire plus
tardivement en Angleterre. C'est pourquoi, dans son
acceptation, ce terme ne comporte aucune conno-
tation chronologique. Condé-Folié (Somme), Bray-
lès-Mareuil (Somme), Mesnil-Aubry (Val d'Oise),
Levroux (Indre) ou Beligneux (Ain) ont fourni des
ensembles de la Tène finale, tandis qu'Erondelle,
Vers-sur-Selle ou Cagny dans la Somme sont d'épo-
que gallo-romaine.

Les plans d'ensemble sont variés, souvent complexes


avec de multiples réseaux de fossés, mais ils restent
tout de même assez stéréotypés. En Angleterre et
dans le Berry, un seul fossé de forme quadrangulaire
est le plus souvent attesté : Levroux (Indre) ou Gram-
bla (Corn). Dans le nord de la France en revanche,
les constructions sont dans bien des cas inscrites à
l'intérieur de deux enclos emboîtés : Bray-lès-Mareuil
de la "ferme indigène (Somme) ou Vers-sur-Selle (Somme). La ferme des
Fig. 91. Plan schématique en voie
des Montoyes (état 1). Les limites de Montoyes s'apparente plutôt à ce dernier type. Le
de romanisation" de fossés.
l'établissement sont caractérisées par un réseau plan, bien qu'incomplet, forme un vaste réseau d'où

93
dégagent une grande structure de base à peu près Ainsi, la première phase d'occupation de l'établisse-
se
quadrangulaire (fossé 2: 210m x 150m) dont deux côtés ment des Montoyes se définit comme une "ferme indi-
être évidence, deux limites gène en voie de romanisation". Sa création intervient
seulement ont pu mis en
internes (fossés 1 et 3) et plusieurs embranchements à l'époque romaine et reflète de manière significative
témoignant d'une extension vers le nord. Ces ramifica- les survivances gauloises dans les campagnes. Elle
tions suggèrent à priori un plan plus développé qu'il n'y s'apparente aux nombreuses fermes repérées dans le
paraît. Cet enclos apparaît d'ailleurs comme l'un des nord de la France, notamment en Picardie, dont les
de
plus vaste sa catégorie. Les dimensions de ces fermes plus proches parallèles sont Tartigny, Blangy-Tron-
limite interne pour les ensembles à double fossés - ville ou Condé-Folié, pourvus eux-aussi de substruc-
-
varient en effet de 40m à 100m de côté pour les plans tions modestes en maçonnerie.
plus ou moins carrés, mais peuvent atteindre près de
210m, lorsque ce dernier a une forme allongée (Le- Ces fossés n'ont évidemment pas un caractère défen-
vroux). Le seul passagereconnu est marqué par l'inter- sif. Leurs dimensions les rendent incompatibles à cet
du fossé 3 liaison au fossé 2. L'entrée usage. On peut cependant les imaginer bordés de
ruption avant sa
haies ou de buissons, voire de palissades par endroit,
principale n'a pas été découverte.
dans le but de se protéger contre les bêtes sauvages
La présence de substructions en maçonnerie (état 1 des ou de décourager d'éventuels visiteurs indésirables. Il
bâtiments nord et sud) circonscrites à l'intérieur de cet s'agit en fait d'une forme ancestrale de clôture desti-
espace marque une évolution de la ferme de tradition née à marquer l'emprise de la propriété, comme c'est
gauloise. Ces constructions sont parfois assez dévelop- d'ailleurs encore le cas dans les fermes d'aujourd'hui
pées comme à Tavaux (Jura), Norton Disney (Lincs) ou (par exemple les "plants" de Picardie, Agache 1978,
Goeblange (Belgique). Mais, d'une manière générale, p. 133, et photos 50 et 87). Mais, d'autres fonctions
elles restent relativement modestes comme à L'Etoile, leur sont également attribuées : parcellaire interne à
Prouzel ou Picquigny (Somme) (fig. 92). l'établissement, enclos pour éviter la dispersion des
troupeaux et surtout aménagements pour le drainage
PROUZEL des eaux. Ce dernier rôle est ici indiscutable. En
effet, dans la partie occidentale, le pendage du fossé
2 ramène tous les ruissellements en un point situé
entre les sondages 10 et 12 (fig. 45). La présence d'un
exutoire à cet endroit, déversant les eaux de pluie
dans l'ancien étang n'aurait rien de surprenant. Par
ailleurs, après la construction du mur M 100, le côté
sud-ouest du fossé 2 n'est préservé que pour cette
fonction. Enfin, le fossé 3 en son extrémité méridio-
nale forme un petit bassin naturel où se déversent les
eaux de pluie, irriguées par le fossé lui-même et par
l'enclos quadrangulaire (D), relié à ce dernier.

Ainsi, la mise en place de telles structures répond à la


fois à une tradition culturelle et à des critères fonction-
nels. Pour diverses raisons, les premiers habitants de
l'établissement de Boécourt n'ont pas jugé bon de cons-
truire selon le modèle romain. L'investissement était
sans doute trop important au départ et n'aurait peut-
être pas fourni les mêmes prestations.

12.1.2 La "villa rurale"

La nouvelle enceinte en maçonnerie (M100 et M101)


n'est mise en place que dans la partie occidentale et
entoure les bâtiments nord et sud uniquement. Ail-
0 nnm
leurs, l'enclos à fossés est simplement réaffecté. Il
s'agit par conséquent d'une construction mixte qui
associe, faute de moyens sans doute, un enclos à
Fi y. 92. "Fermes indigènes en voie de romanisation" de fossés et une enceinte en maçonnerie (fig. 93).
L: toile et de f'rouzel dans la Somme, dessinées d'après Quoiqu'il en soit, cette transformation
Plans d'après Agache 1976, 20 rompt avec la
photographie aérienne. p.
(t:Prouzel : vue oblique) et Agache 1978, p. 169, lig. 4 tradition indigène et fait entrer l'établissement dans
Gloile). un modèle romain. A cette occasion, les bâtiments en

94
sont agrandis et la berge de l'étang 12.2.1 La "pars urbane"
maçonnerie
réaménagé. Le plan d'ensemble s'ordonne alors selon
plutôt classique dans le cadre de villas Avant tout, il convient de relativiser l'appellation
un schéma
romaines : une "pars urbana" à l'ouest formé par le "pars urbana" dans le cadre d'un établissement du
bâtiment nord et le bâtiment sud (fig. 65, A et B), et type de Boécourt car, même si les bâtiments nord et
une "pars agraria ou rustica" à l'est (fig. 65, C et D). sud constituent la partie résidentielle de la villa, il est
De la "ferme indigène en voie de romanisation", on fort probable qu'ils aient également contribué à la
passe à la "villa rurale", même si cette transformation production de la ferme.
reste inachevée.
12.2.1.1 Le bâtiment nord (A)

A son stade le plus évolué (état 2), le bâtiment nord


présente un grand édifice quadrangulaire qui intègre sur
son côté nord des constructions antérieures. Aménagé
dans la pente et disposé en terrasses, il se compose
d'une nef centrale et de deux bas-côtés. Ce type de plan
dit "basilical" est plutôt rare dans nos contrées, et c'est
surtout en Angleterre, à partir du IIe siècle après J. -C.,
que ce modèle se retrouve le plus fréquemment. Sur le
continent, citons Königshofen (Hongrie), Müngersdorf
(Allemagne), Tavaux (Jura), Thory (Somme), Etalon
(Somme) ou Chirmont (Somme), et dans une moindre
mesure (Smith 1963), Hölstein (Bâle) et Maulévrier
(Normandie). Son origine est très controversée (Smith
1963, Collingwood and Richmond 1969, Hinz 1970 ou
Swoboda 1969). Il dérive probablement de prototypes
celtiques, par exemple les cabanes du Mont Beuvray
caractérisées par plusieurs rangées longitudinales de
de la "villa des Montoyes trous de poteau ou les maisons très allongées du nord
Fig. 93. Plan schématique rurale"
2). Les limites de l'établissement sont caractérisées des Pays-Bas comme à Fochteloo, mais certains auteurs
(état
dans la partie ouest par une enceinte en maçonnerie, voient en lui un vieux type hellénistique ou italique
l'est, l'enclos à fossés reste en activité.
tandis qua réparti dans toute l'aire méditerranéenne. Quoiqu'il en
soit, à l'exception d'Hölstein, ce type de plan a rarement
évolution dénote une continuité d'occupation été observé jusqu'ici pour les bâtiments principaux des
Cette
L'intégration des anciens aménage- grandes villas. Dans bien des cas, il apparaît comme
remarquable.
la préservation d'une grande partie du réseau annexe - grange ou grenier - d'un ensemble plus impor-
ments,
de fossés et la reprise des limites générales de la tant (Tavaux, Müngersdorf ou Thory), ou comme
témoignent d'une transformation progressi- constructions isolées faisant sans doute partie d'une
propriété
non d'un changement radical. A Airains (Som- ferme romanisée (Chirmont ou Etalon). Une autre
ve et
la nouvelle villa se superpose à une fonction prêtée à ce type de plan serait, selon Hermann
me) au contraire,
"ferme indigène", à Hamblain-les-Prés (Pas- Hinz (1970), de joindre l'étable et l'habitation sous le
ancienne
de-Calais), l'agrandissement de l'habitat empiète et même toit, les animaux parqués au premier niveau,
détruit l'enclos à fossé, à Laufon (Soleure), la pre- l'habitat se situant dans les combles. Cette cohabitation
bâtisse en bois est remplacé par un complexe attestée pendant le Moyen Age dans tout le nord de
mière
A Ditchley (Oxon) et à Paudry l'Europe n'est toutefois pas démontrée à l'époque
en maçonnerie.
(Indre) en revanche, l'enclos primitif est doublé par romaine.
maçonnerie. Ainsi, de toutes les formes
un mur en
prendre le passage d'un habitat de type A Boécourt, ce bâtiment correspond à un habitat.
que peut
"ferme indigène" à une véritable villa romaine, Cela se marque en premier lieu par le nombre et la
l'exemple des Montoyes, de par son inachèvement diversité du mobilier qui ya été récolté, ainsi que par
reste très significatif. la présence d'un foyer domestique. Par ailleurs, la
même,
construction dans la pente et la disposition en terras-
12.2 Les constructions ses paraissent trop "sophistiquées" pour y voir une
simple annexe agricole.
La répartition des différentes constructions à l'inté-
de l'enclos correspond à une organisation assez L'édifice occupe une surface de 310m2 hors tout
rieur deux (20,50m x 15,40m). La nef centrale et le bas-côté
en deux zones ou cours distinctes : la
classique la "pars
"pars urbana" à l'ouest et rustica ou agraria" septentrional forme une seule grande pièce de 10m
à l'est. de largeur séparée par une colonnade. Cet espace

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Fig. 94. Bâtiment nord. Essais de reconstitution en élévation du bâtiment. En se basant sur la logique du plan, deux
cas sont possibles : une toiture à deux plans inclinés pour tout l'édifice ou une couverture indépendante pour le bas-
côté méridional (cf. Hôlstein). La présence d'un étage à l'avant du bâtiment, soutenu par les bases de colonnes latérales
(chap. 3.2.3.4) est également envisageable.

disposé sur deux niveaux correspond vraisemblable- 12.2.2 La "pars agraria"


ment au coeur de l'habitat. L'absence de cloisons
intérieures n'a rien de surprenant, cela témoigne du Les aménagements regroupés dans la partie orientale
caractère communautaire et familial de cette de- de l'établissement correspondent à la "pars agraria".
meure qui, avec son foyer aménagé à même le sol, On ya dénombré de nombreuses fosses - silos, dépo-
illustre un mode de vie "à l'ancienne". Ce grand toirs ou aire de combustion -, une cabane (C), un parc
espace où tout le monde vit, dort et mange est un à bestiaux (D) et peut-être un grenier (F59, F70, F74 et
prolongement des huttes gauloises et annonce les F75, chap. 5.3 et fig. 40). Ces installations, fort modes-
maisons du Moyen-Age. Dans cette optique, le bas- tes il est vrai, s'accordent à des activités liées plutôt à
côté méridional séparé de ce corps principal par un l'agriculture (stockage) et à l'élevage (pâturage et parc
mur paraît plutôt cantonné, comme à Hölstein, à un à bestiaux), qu'à l'industrie (fig. 95).
rôle annexe : entrepôt, entrée, voire portique (fig.
94). La présence d'une cabane (C) - hangar ou entrepôt -,
et de nombreuses fosses - dépotoirs et silos -, est
12.2.1.2 Le bâtiment sud commune aux établissements ruraux. Le parc à
bestiaux (D) en revanche a rarement été observé sur
Le bâtiment sud est caractérisé par un "plan allongé" d'autres sites. A Levroux (Indre), un aménagement
(Agache 1978, p. 283-287). La première bâtisse (état
1) se compose de trois petites pièces accolées. Il s'agit
sans doute d'une annexe, grange ou entrepôt (chap.
4.2). L'évolution du bâtiment qui se marque par
l'adjonction de pièces au nord et au sud (L50 et L54),
mais également sur le côté ouest (L55), n'est en fait
qu'un développement de ce type de plan. La mise en
place d'un système de chauffage par hypocauste (L55)
indique toutefois un changement de fonction pour cet
édifice. Il s'agit alors d'un habitat qui, dans le cadre
du passage de la ferme indigène à la villa rurale,
pourrait s'identifier à un complexe thermal rudimen-
taire éloigné de la maison principale (bâtiment nord)
en raison des risques d'incendie. Mais, plus vraisem-
blablement, il pourrait correspondre au logis du
propriétaire par opposition au bâtiment nord, qui
aurait servi d'habitat pour le personnel. La présence
d'une pièce chauffée, ainsi que l'organisation générale
des pièces semble en effet mieux se prêter pour une
demeure du maître de céans. Fig. 95. Essai de reconstitution de la "pars agraria".

96
accolé au fossé principal a été repéré 12.4 Economie de l'établissement
comparable,
aérienne. Quant à la restitution d'un
par photographie
disposé sur 4 poteaux, elle se base sur l'inter- La ferme des Montoyes se définit avant tout comme
grenier
de structures similaires mises au jour dans une unité de production agricole dont les principales
prétation
la villa de Hamois (Belgique) et dans le camp romain ressources sont l'agriculture et l'élevage. Les activités
de Saint Jean-le-Vieux (Pyrénées Atlantique). Par industrielles ou artisanales n'occupent pas une place
ce type de construction est couramment prépondérante dans l'économie de l'établissement.
ailleurs,
à l'époque protohistorique et sur des sites
attesté
hors des limites de l'Empire (Kethel).
ruraux Au-delà des connaissances générales que nous avons
de l'agriculture romaine, la palynologie et dans une
12.3 Critères d'implantation moindre mesure la géologie nous apportent quelques
précisions sur les espèces cultivées aux Montoyes et
Les conseils préconisés par les agronomes latins sur leur emplacement (chap. 10.5 et 12.7). Les cé-
(Varron, Columelle ou Palladius) n'ont aucune réales forment l'essentiel de la production : les blés
ici puisque l'établissement des Montoyes (ingrain et amidonnier), mais aussi le froment, l'é-
pertinence
lors de sa création est à l'opposé du modèle romain peautre, l'orge et l'avoine sont présents. Le seigle en
(chap. 12.1). Cet habitat à fossés traduit plutôt une revanche apparaît ça et là comme mauvaise herbe.
d'occupation depuis l'époque gauloise (la Les champs étaient situés à l'ouest de l'établissement,
continuité
Tène finale). Malheureusement, aucun fondement mais le stockage des récoltes se faisait sans doute dans
- ensemble clos laténien - ne permet la zone orientale, notamment dans des silos et dans
archéologique
d'étayer cette hypothèse. Il faut donc rechercher dans des greniers (? ). Les meules (catalogue nos 203 à 206)
le cadre naturel de la région les critères déterminants témoignent également de l'importance de ces cultures,
pour le choix de l'emplacement du site. mais elles servaient autant à broyer les céréales que
d'autres produits. A côté de ces champs destinés à
La situation géographique est particulièrement favora- une production plutôt extensive, il faut s'imaginer la
ble. L'établissement est situé au pied du col des Ran- présence de vergers et de potagers, ne serait-ce que
à proximité de nombreuses voies de communica- pour subvenir aux besoins quotidiens des habitants.
giers,
de l'axe secondaire reliant le Plateau Fruits et légumes de toutes sortes étaient cultivés ; la
tion, notamment
suisse, par
le col de Pierre Pertuis ou par Laufon, à la vigne, comme c'est le cas aujourd'hui, était absente.
France. Les habitants pouvaient ainsi tirer quelques
matériels des voyageurs qui transitaient sur L'élevage est généralement indissociable de l'agricul-
avantages
Toutefois, pour une exploitation agricole, le ture. A Boécourt, les pâturages étaient d'ailleurs plus
ces routes.
ne devait représenter qu'une source de importants que les champs cultivés. Situés plutôt dans
commerce
C'est pourquoi, les avantages du la partie orientale de l'établissement, ils étaient sans
revenu secondaire.
topographique, bien plus que la situation géogra- doute découpés par des haies et des fossés dans le but
cadre
avoir été déterminants. de regrouper les troupeaux. Le parc à bestiaux (fig.
phique, paraissent
39 et 40) était quant à lui sûremUnt destiné à un
L'emplacement est très propice à un habitat. Une occu- élevage particulier. Les restes fauniques permettent
d'ailleurs déjà attestée à l'âge du Bronze final de reconstituer un cheptel composé de boeufs, de
pation est (chap. 9). La
lui-même et sur la rive méridionale de l'ancien chèvres, de porcs et surtout de moutons
sur le site
étang (les "Viviers", volume à paraître dans la même volaille était également bien représentée. La grandeur
L'établissement gallo-romain se développe des troupeaux est difficile à chiffrer, mais elle devait
collection).
long replat du versant méridional de la colline de être conséquente puisque des activités de boucherie
sur un de la
"la Pâle". Ce monticule, un peu en retrait vallée, sont attestées dans le bâtiment nord. La présence
par une autre petite butte, le Lémont. Les presque exclusive d'ossements crâniens et la découpe
est protégé
vers le sud, dominent de quelques particulière de certains os longs indiquent que les
bâtiments orientés
un petit étang. Les terres fertiles aux alentours bêtes étaient certainement dépecées et débitées par
mètres
de grands espaces réservés à la culture et à quartier à cet endroit pour être ensuite mis en vente
offraient
Enfin, la présence d'un point d'eau en contre- ou consommé ailleurs sur le site. La chasse, mais
l'élevage.
la résurgence de source sur le versant oriental de également la pêche ont dû constituer une ressource
bas et
un approvisionnement facile en alimentaire non négligeable. Enfin, la faisselle (cata-
la colline permettaient
Cette aubaine naturelle n'en constituait pas moins logue no 196) atteste la fabrication de fromage.
eau. important. En l'étang
un inconvénient effet, si embellis-
le naturel du site, il ne devait pas être très On a coutume de dire que le mode de vie des fermes
sait cadre
en été, attirant, comme les fouilleurs ont pu gallo-romaines était proche de l'autarcie. A Boécourt,
salubre de l'agriculture et l'élevage devaient permettre de subve-
d'ailleurs le constater, nuées moustiques et autres
indésirables. Quant aux aménagements de la nir aux besoins alimentaires de tout le monde ; la pro-
insectes
ils devait être complètement gorgé d'eau duction était peut-être même quelque peu excéden-
zone orientale, le
lors des pluies, comme c'est encore cas aujourd'hui. taire. pour monnayer des échanges commerciaux. Une

97
industrie et un artisanat domestique se sont sans hauteur des environs. Pourquoi pas le Mont Terri,
petite
doute développés, mais la majeure partie des produits oppidum gaulois tout proche, réaménagé au Ille et
manufacturés, de même que les denrées de première IVe siècle après J. -C. (Müller 1988) ?
nécessité comme le sel provenaient de l'extérieur.
L'établissement n'a pas été réoccupé au IVe siècle.
12.5 Repères chronologiques Pourtant certaines visites sur le site en ruines -
rapines ou récupération - ont déjà eu lieu à cette
12.5.1 Création et occupation époque. Lors de la deuxième grande invasion barba-
re du milieu du IVe siècle après J. -C., un voyageur
Les premières occupations du site ne remontent pas ou un voisin s'est notamment rendu dans la ferme afin
avant le milieu du Ier siècle après J. -C. Cette datation d'y enterrer un trésor monétaire (chap. 1.2). Devant
obtenue par le biais de céramiques "in situ" (bâtiment le danger imminent, ce personnage a pensé avec
nord, fosse 1, cabane), mais aussi par une série raison que la meilleure cachette serait un établisse-
d'objets caractéristiques en position secondaire ment déjà en ruines. Cette découverte fortuite nous
répartis sur tout le site, peut s'appliquer à l'ensemble apprend qu'il n'a vraisemblablement pas survécu aux
des aménagements intérieurs de la ferme. Pour le événements. Enfin, un dernier témoignage sur des
système d'enclos à fossés en revanche, le problème activités humaines aux alentours du site nous est
est différent puisqu'aucun repère chronologique ne révélé par un amas de bois (st. 50) daté du début du
permet de fixer leur mise en place. Certes, nous Ve siècle après J. -C. Cette découverte est peut-être
savons qu'à un moment donné enclos et aménage- en relation avec le développement de l'extraction du
ments intérieurs sont contemporains. Mais n'existe- minerai de fer et des bas-fourneaux.
t-il pas un écart chronologique dans leur construction
respective, d'autant plus que l'enclos 2 recoupe un 12.6 Bilan et perspectives
fossé antérieur (enclos 1) ? Faut-il alors voir dans ce
type de structures un témoignage d'une occupation Les trois campagnes de fouille entreprises sur le site
plus ancienne : romaine précoce, voire époque de des Montoyes se sont révélées enrichissantes à plus
l'indépendance ? Au stade actuel de la recherche et d'un titre. Quelques points importants méritent d'être
faute d'ensemble clos laténien, rien ne permet de le soulignés.
supposer. Il s'agit donc d'une création d'époque
romaine fortement imprégnée de tradition gauloise, Au niveau des vestiges archéologiques, la mise au
qui intervient au plus tôt sous le règne des empereurs jour d'une "ferme indigène" caractérisée par de
Tibère ou Claude (30-40 après J. -C. ). multiples fossés constitue sans aucun doute le princi-
pal acquis. Ce type d'habitat encore inédit en Suisse,
Cette première phase d'occupation va durer quelques mais bien attesté dans le nord de la France montre
dizaines d'années. Vers la fin du Ier siècle après J. -C., que ce modèle gaulois reste encore très vivace dans
l'établissement va progressivement "se moderniser". les provinces septentrionales à l'époque romaine. La
L'agrandissement du bâtiment nord (état 2) et du bâti- découverte de la "pars urbana", mais surtout de la
ment sud (état 2) intervient à partir du règne de l'em- "pars agraria" donne une vision assez complète de
pereur Vespasien (69-79). Ces transformations tradui- l'organisation générale de l'établissement. Parmi les
sent une phase de "restructuration de la ferme" dont la constructions, le parc à bestiaux et l'hypothétique
construction de l'enceinte en maçonnerie et le réamé- grenier sont des structures particulières rarement
nagement de la berge de l'étang font sans doute partie observées sur d'autres sites. L'édifice quadrangulaire
intégrante. de plan basilical du bâtiment nord est un modèle de
tradition celtique peu répandu dans nos contrées.
On note encore une transformation importante dans L'aménagement de la berge de l'étang, assez excep-
le bâtiment sud à partir du milieu du IIe siècle après tionnelle de par ses dimensions, constitue enfin un
J. -C. (état 3), sinon l'établissement ne subit pas de témoignage plutôt rare sur l'utilisation de l'hydrogra-
modification notoire jusqu'à son abandon. phie dans le cadre d'établissements ruraux.

12.5.2 Abandon Sur le plan de la romanisation, l'évolution de l'établis-


sement vers un modèle de conception romaine permet
L'abandon coïncide avec la date fatidique du milieu à la fois de mesurer l'influence méditerranéenne dans
du Ille siècle après J. -C. Les invasions germaniques les campagnes et de voir comment opère ce processus
qui déferlèrent dans la région vers les années 260- dans un habitat de pure tradition gauloise. L'inachè-
270 en sont vraisemblablement la cause principale. vement de cette transformation, matérialisé par un
Les habitants semblent toutefois avoir déserté les développement architectural incomplet, par l'utilisa-
lieux avant l'arrivée des hordes barbares car aucune tion de matériaux et de techniques encore tradition-
destruction violente (incendie) n'a été relevée dans la nels, et par le faciès fortement indigène du mobilier
ferme. Ils se sont certainement réfugiés sur un site de archéologique, montre les limites de cette influence.

98
Les habitants des Montoyes, faute de moyens peut- archéologiques. Intégrant les résultats des études den-
être, ne semblent pas avoir été attirés totalement par drochronologiques (chap. 11), géologiques (chap. 2),
cette nouvelle culture. ostéologiques (chap. 9) et palynologiques (chap. 10), elle
avait pour but d'esquisser l'environnement des bâtiments
tel qu'il se présentait à l'époque gallo-romaine.
Enfin, l'environnement de l'établissement a pu être
grâce à une étude pluridisciplinaire intégrant
esquissé
l'archéologie et les sciences naturelles (chap. 12.7). Une telle étude, rarement tentée en Suisse sur des sites
Cette expérience qui permet une approche globale de romains, a toutefois ses limites qui sont inhérentes à la
la réalité archéologique et une meilleure compréhen- conservation des vestiges archéologiques et au manque
de l'impact humain sur le milieu de l'époque, de références pour l'époque concernée. A Boécourt, les
sion
comme un modèle de réflexion. constructions sont en grande partie arasées, peu de
peut se concevoir
couches sont encore en place. Ceci a une incidence
Ce bref passage en revue des principaux enseigne- directe quant à la répartition spatiale du mobilier
de la fouille du site des Montoyes ne doit céramique et osseux que l'on ne rencontre que dans
ments
toutefois pas masquer les nombreuses inconnues qui quelques secteurs. Conséquence aussi du caractère très
Des questions portant sur des éléments lacunaire des horizons archéologiques, on a dû se
subsistent.
comme l'extension réelle de la ferme, résoudre à prélever les échantillons de sédiment pour la
planimétriques
le problème de l'entrée principale et de la voirie, la palynologie et la sédimentologie dans des coupes qui
d'autres constructions à l'intérieur de n'offraient pas des conditions stratigraphiques optimales.
présence
l'enclos ou la localisation de la nécropole restent sans Malgré ces nombreux obstacles, la confrontation des
De même, notre connaissance sur les activi- données de toutes les disciplines a abouti à une image
réponse.
ou industrielles sont de loin incomplè- assez précise du paysage de l'époque, qu'il faut considé-
tés artisanales
Enfin, faute de documents épigraphiques ou de rer bien entendu en tant que modèle de réflexion.
tes.
découvertes spécifiques, nous ignorons tout sur le Présentée à la fig. 96, cette reconstitution synthétise les
religieux, social et politique. S'il est certes résultats issus de chaque domaine spécialisé.
plan
de cerner vaguement le caractère du proprié-
possible
de ses habitants, l'organisation générale de la Les monts sont encore densément couverts par la fo-
taire et
ferme et sa dépendance politique nous échappent rêt, de même que les versants et le fond de la vallée.
L'établissement était-il soumis à une Une hêtraie-sapinière, dans laquelle le sapin est
totalement.
(Vicques par exemple) ? Faisait- extrêmement répandu, recouvre en effet cet arrière-
autorité régionale
partie d'un domaine plus étendu ? Seule une pays et s'étend jusque sur la colline de La Pâle. Seuls
elle
exhaustive au niveau de la vallée de Delé- les alentours immédiats de l'établissement ont été
recherche
permettra d'aborder ce problème. défrichés de manière intensive. La ferme apparaît
mont
ainsi au centre d'une clairière et domine d'une dizaine
Par ses caractéristiques, la ferme de Boécourt se dif- de mètres un petit point d'eau. Aux abords de celui-ci
férencie des moyennes et grandes villas comme s'est développée une aulnaie marécageuse, dans
Vicques, Laufon ou Orbe. Elle complète en cela notre laquelle apparaissent aussi des bouleaux et des frênes,
sur l'occupation des campagnes romaines et les rives sont colonisées par une roselière. Au pied
connaissance
traduit peut-être un système hiérarchisé qui nous des bâtiments, la berge a été consolidée par un
et
A l'époque (milieu Ier siècle après J. ) empierrement d'une longueur du reste assez excep-
échappe. -C. où
la plupart des villas se construisent un peu partout tionnelle (125m) où quelques buissons de saule et de
dans les provinces du nord, il est intéressant de voir sureau prennent racine. Un petit "perré" complète
les Romains aient pu tolérer la mise en place d'un cet agencement, ce qui laisse entrevoir la possibilité
que
rappelant l'époque de l'indépendance. Il se d'une utilisation spécifique de l'étang. Quant à
ensemble
toutefois que ce type d'habitat a pu se dévelop- l'étendue et à la profondeur de ce dernier, elles
peut
les terres les moins fertiles (Agache 1978, p. restent pour l'instant au stade des suppositions.
per sur dénote
46). Quoiqu'il en soit, cela une mainmise
forte de Rome dans les campagnes éloignées D'après la qualité des sols, l'espace défriché attenant
moins
des grands axes routiers comme le Jura romain. Mais au bas-marais peut se subdiviser en zones réservées à
également en évidence une politique d'inté- deux types distincts d'exploitation. On prend pour
cela met
de la part des responsables romains qui hypothèse que les cultures se localisent dans des
gration édiles locaux, du
donnent autorité aux moment que endroits naturellement bien drainés, à substrat sa-
se chargent de prélever l'impôt (annone) et de bleux issu du grès molassique. Elles semblent en
ceux-ci
à l'économie de l'Empire. revanche exclues sur les marnes, constamment dé-
participer
trempées, ainsi que sur les graviers vosgiens qui
12.7 L'établissement et son environnement contiennent des galets d'une taille supérieure à 20cm,
ceux-ci rendant les labours très pénibles avec les
pluridisciplinaire a été menée sur le site moyens de l'époque. Le léger replat en contrebas des
Une approche
des Montoyes en complément aux recherches purement édifices n'a lui non plus pas été cultivé (chap. 2.3.1).

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Fig. 96. Essai de reconstitution du site des Montoyes avec son environnement.
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Les cultures se répartissent donc plutôt dans la partie favorable à l'agriculture. Leur extension est nette-
occidentale de l'établissement et de manière assez ment plus importante que celle des champs, vision
proche de la zone humide. On rencontre çà et là dans que confirment les données palynologiques : les gen-
les champs une flore d'adventices comme le bleuet, le res et les espèces végétales liées aux activités pasto-
coquelicot, la fausse camomille et la nielle des blés. rales dominent en abondance les espèces cultivées.
Les céréales couramment cultivées sont les blés Boeufs, moutons, chèvres et porcs nécessitent en effet
(ingrain et amidonnier), mais aussi le froment, l'é- des espaces découverts assez étendus. L'importance
peautre, l'orge et l'avoine. Le seigle en revanche ne de l'élevage dans l'économie de l'établissement se
paraît pas avoir pris une grande place dans cette trouve en outre confirmée par la présence d'un parc
exploitation. De même, les plantes oléagineuses tel- à bestiaux à proximité de l'enclos (fig. 40 et 95) ainsi
le que le pavot somnifère et le lin usuel semblent que d'une zone d'abattage dans le bâtiment nord.
absentes, mais il est possible que l'on ait fait pousser
du chanvre. L'étendue de toutes ces cultures reste En conclusion, ce type d'étude pluridisciplinaire
difficile à estimer, mais les champs ne sont certaine- permet de recréer l'environnement d'un site tel que
ment pas omniprésents dans le paysage. La produc- celui de Boécourt, les Montoyes, même si les condi-
tion céréalière, attestée également par des découver- tions de conservation des vestiges ne sont de loin
tes archéologiques (meules usagées, fosses-silos et pas idéales. En plus de la reconstitution des élé-
grenier) occupait toutefois une place prépondérante ments du paysage aujourd'hui disparus, cette
dans l'économie de la ferme. Quant aux autres activi- synthèse a réussi à caractériser l'impact de l'occu-
tés artisanales, si elles ont existé, elles n'ont guère pation humaine sur le milieu naturel à l'époque
laissé de traces car on a retrouvé en tout et pour tout gallo-romaine. Une telle démarche permet une
qu'une seule fusaïole (tissage). approche globale de la réalité archéologique et
constitue un modèle sur lequel pourrait se calquer
Les pâturages s'étendent quant à eux principalement l'étude d'autres sites romains. Des comparaisons à
dans la partie orientale de l'établissement où se l'échelle régionale pourraient du reste judicieuse-
trouve un sol hydromorphe sur substrat marneux, peu ment confirmer la valeur des résultats obtenus.

100
Résumé

Déjà repéré au milieu du XIXe siècle par Auguste aucune modification. L'établissement donne alors
Quiquerez, l'établissement gallo-romain des Montoyes l'image d'un habitat mixte, formé à l'ouest par deux
de Boécourt (JU) a été redécouvert à l'occasion bâtiments en maçonnerie et un mur d'enceinte ("pars
près
des sondages systématiques pratiqués sur le tracé de urbana") tandis qu'à l'est, les aménagements en
la N16-Transjurane. Située à l'extrémité occidentale matériaux légers et le réseau de fossés de la période
de la vallée de Delémont, au pied même du col des initiale demeurent en activité ("pars agraria"). A cet
Rangiers, cette ferme s'étend sur un léger replat du endroit, la présence de nombreuses fosses - silos,
méridional d'une petite colline et domine de dépotoirs et aire de combustion
versant - montre que cette
quelques mètres un ancien étang. Trois campagnes de zone a été exploitée durant toute l'occupation du site.
fouilles (1988,1989 et 1990) ont permis de dégager
une surface supérieure à 5000m2. L'abandon de l'établissement est sans doute en
relation avec les évènements du milieu du Ille siècle
Malgré un degré d'arasement important des vestiges après J. -C. Les habitants semblent toutefois avoir
archéologiques, il a été possible de mettre en évi- déserté les lieux avant l'arrivée des hordes germani-
dence deux principales périodes d'occupation qui, par ques puisqu'aucune trace de destruction violente n'est
leur évolution, traduisent de manière significative la à signaler. Quant au IVe siècle, il n'a livré aucun
de l'influence romaine dans les campa- témoignage d'occupation, si ce n'est un trésor moné-
pénétration
gnes. taire enfoui à partir de l'année 353 et découvert en
1913.
La première période d'occupation remonte au milieu
du Ier siècle après J. -C. Il s'agit d'un habitat aux Le mobilier archéologique, composé principalement
modestes entourées de fossés : la de céramique, présente un faciès indigène marqué. Il
constructions
"ferme indigène". Ce type encore inédit en Suisse se démontre au même titre que le programme architec-
en grand nombre en Gaule belgique, notam- tural avec ses matériaux et ses techniques de cons-
retrouve
Picardie (Agache 1976). Son modèle dérive tructions, le caractère rural et conservateur de l'éta-
ment en
directement de l'époque gauloise. Les limites sont blissement.
par de multiples fossés (plus de 500m
caractérisées
qui s'étendent sur près de 4 hectares. Un Parallèlement aux recherches purement archéologi-
reconnus)
quadrangulaire incomplet, deux limites ques, plusieurs études spécialisées ont été menées sur
grand enclos
internes, ainsi que plusieurs ramifications dénotent la le site. Il s'agit de contributions de la dendrochronolo-
de cette installation et suggèrent un réseau gie, de la géologie, de l'ostéologie et de la palynolo-
complexité
beaucoup plus développé qu'il n'y paraît. Les cons- gie. Une synthèse pluridisciplinaire intégrant l'archéo-
tructions circonscrites à l'intérieur de cet espace com- logie et les sciences naturelles a permis d'esquisser
dans la partie occidentale deux petits une reconstitution de l'environnement autour de
prennent
bâtiments en maçonnerie distants de 50 mètres et, l'établissement (chap. 12.7). Une hétraie-sapinière
dans la partie orientale, une série d'aménagements de recouvre tout l'arrière pays et s'étend jusque sur les
terre et de bois : une cabane, un parc à bestiaux et un collines en fond de vallée. La ferme apparaît ainsi au
hypothétique grenier. centre d'une clairière et domine un petit étang dont
les rives sont colonisées par une roselière. Aux
fin du Ier J. les alentours de ce point d'eau une aulnaie s'est dévelop-
Vers la siècle après -C., changements
dans l'établissement traduisent le pée. La partie occidentale de l'établissement est
qui interviennent
de la ferme de tradition gauloise à une villa plutôt réservée aux culture, tandis qu'à l'est se situent
passage les pâturages. L'image de cet environnment est
de conception romaine. Même si cette évolu-
rurale présentée sur la page de couverture et à la figure 96.
inachevée, l'intégration des anciens élé-
tion reste
dans le programme architectural de l'ensem-
ments
ble dénote une continuité d'occupation remarquable. Cette forme d'habitat a rarement fait l'objet de fouille
L'enclos à fossés est remplacé dans la partie occiden- exhaustive. Par ses caractéristiques, elle se différencie
tale par une nouvelle enceinte en maçonnerie, le des moyennes et des grandes villas (Vicques, JU,
bâtiment nord se développe sous la forme d'un édifice Seeb, ZH, Orbe, VD) et vient compléter notre con-
de plan basilical, le bâtiment sud reçoit de nouvelles naissance sur l'occupation des campagnes romaines.
dont une est dotée d'un système de chauffage
pièces
hypocauste, la berge de l'étang enfin est consoli-
par
dée par un empierrement rattaché à la nouvelle
La zone orientale, en revanche, ne subit
enceinte.

101
Zusammenfassung

Die römerzeitliche Anlage bei "Les Montoyes", nahe neuen Umfassungsmauer stabilisiert. Im Gegensatz dazu
des Dorfes Boécourt (JU), war bereits in der Mitte erfährt der östliche Teil des Anwesens keine Verände-
des 19. Jahrhunderts durch Auguste Quiquerez rungen. Die Anlage vermittelt nun das Bild einer
worden. Die systematischen Sondierarbeiten gemischten Ansiedlung ; im Westen bilden zwei Mörtel-
erkannt
auf dem Trassée der Nationalstrasse N16-Transjurane steinbauten und eine Umfassungsmauer die "pars urba-
haben zu einer erneuten Entdeckung des Ortes na", im Osten hingegen, bleiben in der "pars agraria"
geführt. Es handelt sich um einen Bauernhof, der am die herkömmlichen Gebäulichkeiten aus vergänglichem
westlichen Ende des Delsbergerbeckens am Fusse des Material und das Grabensystem in Betrieb. An dieser
Rangierspasses liegt. Die Gebäulichkeiten erstrecken Stelle zeigen die zahlreichen Gruben - Silos, Abfallsgru-
sich im südexponierten Abhang eines Hügel auf ben und Feuerstellen -, dass diese Zone während der
einem leichten Geländeplateau, welches seinerseits ganzen Besiedlungsdauer benutzt wurde.
einige Meter oberhalb eines früheren Seeleins liegt. Die Auflassung des Siedlungsplatzes ist ohne Zweifel
In drei Grabungskampagnen (1988,1989 und 1990) mit den Ereignissen um die Mitte des 3. Jh. n. Chr. in
wurden über 5000m2 freigelegt. Verbindung zu bringen. Es hat den Anschein, dass
die Bewohner den Ort vor dem Einfall germanischer
Obwohl die archäologischen Befunde sehr stark Horden verliessen, da keine Spuren gewaltsamer Zer-
abgetragen sind, war es dennoch möglich zwei Haupt- störung bemerkt wurden. Für das 4. Jh. verfügen wir
benützungsphasen nachzuweisen. Die Entwicklung über keine Besiedlungsnachweise, es sei denn der
dieser Phasen zeigt deutlich die Durchdringung der nach 353 vergrabene und 1913 gefundene Geldschatz.
ländlichen Gegenden durch den römischen Einfluss.
Das archäologische Fundmaterial setzt sich hauptsäch-
Die erste Benützungsphase fällt in die Mitte des 1. Jh. lich aus Keramik zusammen und hat einen deutlich
n. Chr. Einfache Gebäude werden von Gräben umge- einheimschen Aspekt. Wie das architektonische Kon-
ben : es handelt sich um einen "einheimischen Bauern- zept, die Baumaterialien und -techniken, verraten
hof". Dieser Anlagetyp ist in der Schweiz noch unbe- auch die Funde den ländlichen und konservativen
kannt, er wurde aber häufig im belgischen Gallien, Charakter der Anlage.
besonders der Picardie, gefunden (Agache 1976). Es
handelt sich dabei um eine direkte Entwicklung aus Parallel zu den rein archäologischen Untersuchungen,
einem Modell der gallischen Epoche. Die Begren- wurden mehrere spezialisierte Studien am Fundplatz
zungen des Hofgebietes sind gekennzeichnet durch vorgenommen. So lieferten die Dendrochronologie,
zahlreiche Gräben (sie wurden auf mehr als 500m die Geologie, die Knochen- und die Pollenkunde
erkannt), welche sich über annähernd 4 Hektaren ihren Beitrag. Eine interdisziplinäre Synthese zwi-
erstrecken. Ein grosser, viereckiger, nicht ganz einge- schen der Archäologie und den Naturwissenschaften
schlossener Platz, zwei Innenbegrenzungen und mehre- hat einen Rekonstruktionsversuch der natürlichen
re Verzweigungen, lassen eine viel entwickeltere Umgebung des Anwesen ermöglicht (Kap. 12.7). Ein
Strukturierung vermuten als es den Anschein hat. Die Buchen-Tannenwald bedeckte das ganze Hinterland
Gebäulichkeiten, welche sich im Inneren dieser Fläche und erstreckte sich bis auf die Hügel in der Talsohle.
befinden, sind zwei kleine gemauerte Gebäude und eine Der Bauernhof liegt im Zentrum einer Lichtung und
Anzahl von Bauten aus Lehm und Holz : eine Hütte, überragt den kleinen See, dessen Ufer einen Schilf-
ein Tiergehege und ein hypothetischer Speicher. gürtel aufweisen. Um die Wasserstelle hat sich ein
Erlengehölz entwickelt. Der westliche Teil des Hofes
Gegen Ende des 1.Jh. n. Chr. zeigen die unternom- diente eher den verschiedenen landwirtschaftlichen
menen Veränderungen den Uebergang vom Bauernhof Kulturen, während sich im östlichen Teil die Weiden
in gallischer Tradition zur Villa rustica nach römischer erstreckten. Das Umschlagbild und die Abbildung 96
Vorstellung an. Auch wenn diese Entwicklung unabge- vermitteln einen Eindruck dieser Landschaft.
schlossen bleibt, spricht die Integration der alten Be-
standteile ins Architekturprogramm des Komplexes für Dieser hier vorgestellte Siedlungstyp wurde selten in
eine bemerkenswerte Besiedlungskontinuität. Das durch seiner Gesamtheit ausgegraben. Er unterscheidet sich
Gräben gebildete Gehege wird im westlichen Abschnitt durch seine Merkmale von den mittleren und grossen,
durch eine neue Umfassungsmauer im Mörtelbau römischen Villen (Vicques, JU ; Seeb, ZH ; Orbe,
abgelöst, das nördliche Gebäude entwickelt sich zu VD) und ergänzt unsere Kenntnisse der ländlichen
einem Bau mit Basilikakonzept, das südliche erhält neue Besiedlung in römischer Zeit.
Zimmer, wovon eines mit einer Hypokaustheizung
Die Uferpartie des kleinen Sees wird
ausgestattet wird.
schliesslich durch eine Steinsetzung in Verbindung zur Uebersetzung : Ludwig Eschenlohr

102
Abstract

The gallo-roman settlement of les Montoyes, close to and an encircling wall ("pars urbana") and to the west
the village of Boécourt, Canton Jura, was first repor- by earth and wood structures and a series of ditches
ted by Auguste Quiquerez during the middle of the remains of the initial establishment that continuel to
-
19th century, and has recently been rediscovered as be used unchanged ("pars agraria"). In the latter, a
a result of surveying and test-trenching along the lie large number of pits remains of silos, refuse dumps
-
the N-16 motorway. Situated at the western extre- and hearths - demonstrate the use of this area during
of
mity of the valley of Delémont, at the foot of the the entire occupation.
Rangier pass, the farm stood on the southern face of
a small hill, dominating a pond that once flowed a The abandonment of the site is clearly linked
with
few meters below it. During three field semons (1988, the happenings of the middle 3rd century A. D. The
1989, and 1990), a surface covering more than 5000m2 absence of any sign of violent destruction would seem
was exposed. to indicate, however, that the inhabitants had fled
before the arrival of the germanic invaders. No trace
While the site has suffered considerably from erosion, - except for a coin hoard found in the area in 1913,
it has nonetheless been possible to distinguish two wich was dated to after 353 A. D. - of a fourth century
principal occupation periods, and through their occupation could be discovered.
development the roman cultural penetration of the The artefacts, mostly potsherds, have a strong native,
could be made manifest. i. e. celtic component. Together with the architecture,
countryside
the building materials and techniques, this is another
The first occupation dates from the middle of the first indicator of the rural and conservative nature of this
A. D. It is a "native farm", i. e. a modest seulement.
century
buildings surrounded by a System of ditches.
group of
While this is the first published settlement of this type Parallel to the archaeological investigations, several
in Switzerland, such farms have been found frequently specialist analyses were undertaken on the site,
Gaul, particularly in Picardy (Agache namely of a dendrochronological, geological, palyno-
in belgian
1976). Such structures are clearly derived from logical and osteological nature. On the basis of a
models. At les Montoyes, the occupied pluridisciplinary synthesis, a reconstruction of the
pre-Roman
was limited by a sertes of ditches (more than environment surrounding the settlement has been
area
500m of ditch have been uncovered) enclosing an area made possible (Chapter 12.7). A mixed beech and fir
ten acres. They form a large yet incom- forest covered much of the surrounding countryside,
of roughly
enclosure with two interior limits including the hills on the valley floor. The farm was
plete quadrangular
branches. This System is quite complex situated in a large clearing, above the pond, whose
and several
much more developed than might initially shores were covered by a reed bed. An aider grove
and seems
be believed. Two small stone structures, separated by probably encircled much of the pond. The western
50m, were found in the eastern part of the part of the clearing was covered with fields, while the
roughly
hut,
enclosure, while a a cattle pen, and possibly a pastures were in its eastern half. The front cover and
all earth and wood constructions, were illustration 96 represent an artists' view of this envi-
granary,
its western half.
strewn over ronment.

Towards the end of the 1st century A. D. the settle- This type of seulement has only rarely been the
was transformed by a series of changes from the subject of an exhaustive excavation. Its character, so
ment
"native farm" of celtic tradition to a rural villa of the different from the medium and large villas well known
type. The transformation remained incom- in Switzerland (e. g. Viques, Canton Jura ; Seeb,
roman in
and the use of older elements the new Canton Zürich ; Orbe, Canton Vaud), helps us to
plete,
programme signais a remarkable conti- complete our knowledge of the roman countryside.
architectural The
occupation. western part of the ditch
nuity of by
was replaced a stone wall, the northern
enclosure basilical
structure was rebuilt on a plan, new Translation : Robert Fellner
stone hypocaust heating
one with a System - were
rooms -
to the southern stone structure, and the shore
added by
the pond was consolidated a stone setting
of
to the encircling wall. The eastern part of
attached however,
ditch enclosure remained, unchanged.
the impression
we thus have the of a mixed
Altogether
formed to the east by two stone buildings
settlement,

103
Annexes

105
Table des illustrations

Fig. 1. Situation générale du site. 11 Fig. 34. Bâtiment sud. Détail du solin M60.41
Fig. 2. Plan général des vestiges archéologiques. 12 Fig. 35. Bâtiment sud. Local 50. Trou de
poteau
du 13 cornier st. 14. 41
Fig. 3. Vue générale site.
d'Au- Fig. 36. Bâtiment sud. Vue du local 50. 41
Fig. 4. Extrait de la carte archéologique
guste Quiquerez. 13 Fig. 37. Bâtiment sud. Plan des mesures. 42
Fig. 5. Plan de situation des sondages effectués Fig. 38. Plan schématique de la zone orientale. 43
en 1987 et 1988. 14
Fig. 39. Coupe télescopée T4. 44
Fig. 6. Vue du bâtiment nord en cours de fouille. 16
Fig. 40. Enclos quadrangulaire (D). 45
Fig. 7. Bloc-diagramme schématique de la région Fig. 41. Vue générale de l'enclos quadrangulaire. 46
des Montoyes. 17
Fig. 42. Coupe télescopée T5. 46
Fig. 8. Stratigraphie S10B. 19
Fig. 43. Fosse-silo. 47
Fig. 9. Granulométrie du profil S10B. 20
de la des Fig. 44. Fosse 1. 48
Fig. 10. Remplissage quaternaire cuvette
Montoyes. 22 Fig. 45. Plan des interventions effectuées sur les
limites de l'établissement. 49
il. Bâtiment nord. Plan schématique de
Fig.
l'état 1. 25 Fig. 46. Enclos 1. Coupe stratigraphique S3. 50
Fig. 12. Bâtiment nord. Couloir (B). 26 Fig. 47. Coupe télescopée T6. 50
Fig. 13. Bâtiment nord. Coupe stratigraphique Si. 27 Fig. 48. Enclos 2, fossé 1. Coupe stratigraphi-
Bâtiment nord. Plan schématique de que S4. 51
Fig. 14.
l'état 2. 28 Fig. 49. Enclos 2, fossé 1. Coupe stratigraphi-
15. Bâtiment nord. Extrait pierre à pierre des que S5. 51
Fig.
pièces A, B, C et D. 29 Fig. 50. Enclos 2, fossé 2. Fossé en cours de
Trous de dégagement. 51
Fig. 16. Bâtiment nord. poteau st. 17 et
18 dans la pièce C. 30 Fig. 51. Enclos 2, fossé 2, côté nord-ouest. Cou-
17. Bâtiment Vue générale des vestiges. 30 pes stratigraphiques S6, S7, S8 et S9.52
Fig. nord.
Restitution Fig. 52. Enclos 2, fossé 2, côté nord-ouest. Amas
Fig. 18. Bâtiment nord. axonométrique de calcaires dans le sondage 8.53
des fondations des murs et des bases de
colonne de l'édifice quadrangulaire. 31 Fig. 53. Sondage 14. Coupe stratigraphique S11.53
Fig. 19. Bâtiment nord. Coupe télescopée Ti. 32 Fig. 54. Sondage 13. Coupe stratigraphique S12.54
Fig. 20. Bâtiment nord. Coupe télescopée T2. 32 Fig. 55. Enclos 2, fossé 3. Coupe stratigraphi-
que S13. 54
Fig. 21. Bâtiment nord. Vue de l'édifice quadran-
gulaire. 33 Fig. 56. Tableau synoptique de la forme des
Essai de des fossés. 55
Fig. 22. Bâtiment nord. restitution
niveaux de à l'intérieur
circulation de Fig. 57. Enclos 2. Coupe stratigraphique S14.55
l'édifice quadrangulaire. 33 Fig. 58. Pierre à pierre du mur M100.56
Bâtiment nord. Base de colonne latérale
Fig. 23. Fig. 59. Mur M100. Vue en transparence de la
st. 31. 34 disposition des pieux. 56
Bâtiment nord. Restes du foyer domesti-
Fig. 24. 38. 34
Fig. 60. Vue du mur M100.56
que st. Fig. 61. Mur M100. Pieux en cours de prélève-
Bâtiment nord. Choix de céramiques. 35
Fig. 25. ment. 57
26. Bâtiment nord. Plan des mesures. 36 Fig. 62. Vue de l'écroulement du mur M100. 57
Fig.
Bâtiment sud. Vue générale des vestiges. 37 Fig. 63. Vue de l'empierrement st. 49. 57
Fig. 27.
T3. Fig. 64. Vue du petit "perré". 57
Bâtiment sud. Coupe télescopée 38
Fig. 28. Fig. 65. Evolution
Plan de chronologique probable de
Fig. 29. Bâtiment sud. schématique l'établissement.
39 58
l'état 1.
Fig. 66. Vue générale du site. 60
30, Bâtiment sud. Plan schématique de
Fig. 39 Fig. 67. Sondage 13. Vue générale de l'amas de
l'état 2. bois (st. 50). 61
Bâtiment sud. Restitution axonométrique du
Fig. 31. de dans le bâtiment. 40
Fig. 68. Bâtiment nord. Vue des espaces A
et B. 63
niveau circulation
Fig. 69. Bâtiment nord. Sens de mise
Bâtiment sud. Plan schématique de des en mare.
Fig. 32. l'état 3. dii ---
murs riP.
-- iA
U'F
TV Fig. 70. Vue des pieux disposés
S2. sous le mur
Bâtiment sud. Coupe stratigraphique 41 M100.
Fig. 33. 64

107
Fig. 71. Type de cloisons légères retrouvées sur le
65
site.
Fig. 72. Bâtiment nord. Base de colonne st. 32.65
Fig. 73. Bâtiment nord. Reconstitution axonométri-
que d'une des deux bases de colonne
latérales. 66
Fig. 74. Bâtiment nord. Reconstitution axonométri-
que d'un des deux contreforts. 66
Fig. 75. Bâtiment nord. Détail de la fondation du
contrefort (st. 8). 67
Fig. 76. Enclos 2, fossé 2.67
Fig. 77. Tableau statistique par catégories de
céramique. 69
Fig. 78. Tableau graphique des statistiques par
catégories de céramique de l'ensemble du
site. 69
Fig. 79. Tableau morphologique de la céramique
commune à pâte sombre. 71
Fig. 80. Tableau morphologique de la céramique
commune à pâte claire. 72
Fig. 81. Tableau statistique comparatif de plu-
sieurs établissements ruraux. 73
Fig. 82. Patte antérieure droite de chien. 77
Fig. 83. Fémur de cerf. 77
Fig. 84. Patte antérieure de chien. 78
Fig. 85. Diagramme palynologique des mortiers et
du sol d'occupation. 82
Fig. 86. Diagramme palynologique de S10B. 82
Fig. 87. Diagramme palynologique dans son-
dage 13.84
Fig. 88. Valeurs moyennes des séquences dendro-
chronologiques. 89
Fig. 89. Résultats des tests de datation de la
moyenne du chêne. 90
Fig. 90. Calibration de la datation radio-carbone. 92
Fig. 91. Plan schématique de la "ferme indigène
en voie de romanisation" des Montoyes. 93
Fig. 92. "Fermes indigènes en voie de romanisa-
tion" de L'Etoile et de Prouzel. 94
Fig. 93. Plan schématique de la "villa rurale" des
Montoyes. 95
Fig. 94. Bâtiment nord. Essai de reconstitution. 96
Fig. 95. Essai de reconstitution de la "pars
agraria". 96
Fig. 96. Essai de reconstitution du site des Mon-
toyes avec son environnement. 100

Hors texte (fin de volume) :

Dépliant no 1: plan des vestiges et situation des coupes


figurées.
Dépliant no 2: plan pierre à pierre du bâtiment nord.
Dépliant no 3: plan pierre à pierre du bâtiment sud.

108
Table des symboles

Terre végétale (humus) ® Pieux

00D
1L
IQ.. 0' D
Démolition romaine Tuiles

00
//1 Remblais, colluvions, dépôts de pente Trous de poteaux

Remplissages fossés Hypocauste

ï
r,/j7-7-7-; Sol de terre battue Mortier
%

Remplissages st. 25,52,54


9 0z2 Calcaires du Jura

Couche cendreuse et boisage

Tourbe

Molasse

-ýý
0. 0
.0 (Z). . Graviers vosgiens
ô:

N;
ý Graviers
oO
BATIMENT NORD (A) Tableau des couches

No Situation Description Interprétation Etat Datation


tation (AD) Complexe(s) (K) Référence(s)
1

1 Tout le Terre limoneuse brune avec Terre végétale milieu Ier - 4A+B-5A+B-6A+B-7A+ fig. 13
bâtiment tuiles, calcaires, mortier (humus) milieu Ille B-9-10-11-21-22-23-24-28-
(+ moderne) 30-34-56-64-67-70-71-72-
74-86-96-97-98-99-101-
102-103-113-119-122-125-
126-128-129-138-139

la Espaces Terre limoneuse brune avec Couches archéolo- milieu Ier - 40-41-53-91-105 fig. 13
E+G beaucoup de calcaires, giques perturbées milieu Ille
tuiles, mortier mêlées a de la (+ moderne)
terre végétale =
niveau d'arasement
du bâtiment

Espaces Terre limoneuse brun foncé Démolition I fin ter - 29-31-35-36-39-42145-108- fig. 13
2
B-C-D-F avec beaucoup de tuiles, romaine milieu Ille 116-118-120-125-126-128-
beaucoup de calcaires, 139
mortier, charbons de bois

Espace F Terre limoneuse brun-noir avec Occupation Ï - 51-94-104 fig. 19,24


Za
traces de charbons de bois

Espace G, zo- Terre limoneuse noire avec Occupation j 63


2I -
ne nord-ouest beaucoup de charbons de bois

Espace F, Terre limoneuse jaunâtre à Sol de terre deuxième 33-87-95-127-132-137 dépliant no 2


2c
zone ouest vert contenant des éclats de battue st. 42 moitié Ier
calcaires

Espace G, le Mortier fusé, éclats de calcaire. Sol de travail I 100 dépliant no 2


2d -
long de M5 avec terre limoneuse brune st. 41

Espaces Amas de calcaires mêlés à de Sol de cailloutis I 82-84-85-92-93-124-130 fig. 15


2e -
C+D la terre limoneuse brun à st. 44
jaunâtre

Espace C Terre limoneuse brun clair Remplissage/Trous - 109-110-111 fig. 14,15,16


2f de poteaux st. 15,
avec quelques galets, mortier
+ blocs d e cal cai res 16- 17- 18-33-37

Espace C Terre limoneuse brun clair Remplissage st. 25 j 123 fig. 18


2g -
avec traces de charbons de
bois

Espace F Terre limoneuse brune mêlée Niveau de travail j 106-133


2ti -
à beaucoup de mortier fusé, st. 45
zone nord-est
tuiles et quelques éclats de
calcaires

Espace B Dallettes de calcaires Dallage st. 40 I I - fig. 12,13,15


3 -
Espace B Terre limoneuse brun clair Remblai et radier " environ 114-117-121-134 fig. 13
3a
avec mortier fusé et éclats de de st. 40 milieu Ier
calcaires

Espaces Eclats de calcaires avec terre Niveau de marche fig. 13


3b - -
C+D limoneuse brun foncé (st. 47)

Espaces Terre limoneuse jaunâtre Remblai I 89-90


3c
C+D

Sous espaces Terre limoneuse brun foncé Remplissage trous I 107 fig. 11
3d -
D-E-F de poteau st. 12,
24,28,29,30,35,36

Molasse altérée Terrain naturel fig. 7,13,18


4 zone
occidentale
du bâtiment
Graviers vosgiens Terrain naturel fig. 7,18
4 zone orienta-
bâtiment
le du

Tableau des structures


------- -
---- Altitude Réf. Perfore Pcrforé Entame
Situation Description Rattaché Scclle scellé K Etat
Na par à 12
par
-
Base de colonne 499,44 (sommet) Fg. 14
5 Espace E
._.._............................. ..._ ............ ...... .
0

r . M6 Contrefort

..

111
7 Espace E Base de colonne 499,41 (sommet) fig. 14 - -
................... _........_._ . .........
._4a
...._............ . _. .
_........ 1
.. _...
_. ._......... la

8 Contre M6 Contrefort 498,74 (sommet) fig. 14,74,

75 4 1

9 Espace F Base de colonne 499,40 (sommet) fig. 14


u
..... ..............
...........
.__.....
_.............
. 4a
.........
_ .-....
........... -
........... la

11 Espace F Base de colonne 499,27 (sommet) fig. 14,20 - st. 42, M5 -


contre M5 latérale
......................... ............ ...... ........ ......... ......... ...........
_.........
. .........
4 ......... ...... 2 _....-
2c .............................
...... i
12 SousespaceE Trou de poteau 499,31 fig. 11
-
107
3d _.._ ... ......... .. 4a .... . ._...:_ la

15 Espace C Trou de poteau 499,25 fig. 14,15 st. 47 - st. 44


111
2f .............
_ . _.._._ 3b 4 2e ...._ ... ..__.
-._ ...........
2

16 Espace C Trou de poteau 498,98 fig. 14,15 st.47 st. 44


3b 2e 2

17 Espace C Trou de poteau 499,05 fig. 14,15, st. 47 st. 44


- -
2f 16 3b 4 2e 2
-
18 Espace C Trou de poteau 499,26 fig. 14,15, st. 47 st. 44
-
109-110
2f ._._.. _..: 15.._._ _._. .3b ..... ....:..... 4 .._... _..:_. 2e ------... .. -..,.. .._ 2 ._:....

22 Espaces C/D cloison légère 499,27 (sommet) fig. 14,15, st. 44


(= M4) -
2p

2e 2

24 SousespaceD Trou de poteau 498,97 fig. 11 st 47 st 44


4 3b 2e
25 Espace C Négatif 499,08 (sommet) fig. 13,14, st. 47 st. 44
quadrangulaire 15
........ .... '
2g ..........
3b 4 2e 2

26 Espace D Coffrage M7 499,08 ch. 7.1.2 st. 47 M7 st. 44


- -
3b, 3c 4 2e
28 SousespaceF Trou de poteau 499,26 fig. 11 st. 42
-
3d
....
_.... ..........
_......... ._-_
.......... _._..
4
-
......
_ -_ -.-.....- 2c a
29 SousespaceF Trou de poteau 499,26 fig. 11 st. 42
- -
3d 4 ..... _.... ..... ...........
2c
30 SousespaceF Trou de poteau 499,21 fig. 11 st. 42
-
.. 112
3d _... ........ ....,............... -..._.. ._.....
_._._._._. 4 _...._. .....
2c __.
---

31 Espace F 499,41 (sommet) fig. 14,20, st. 45 st. 42, M7 -


- -
contre M7 23,73

2h 4 2c 2

32 Espace F 499,25 (sommet) fig. 14,20, st. 42

........... 72 __.
_
......... 4 2c 2 u
33 Espace C Trou de poteau 499,03 fig. 14,15 st. 47 - st. 44 -
.. .... .............. . ........ ......... 3b ------------ -
2c 2
2f

34 SousespaceD Négatif de cloison 499,00 à 499,28 fig. 11,71 - - st. 47 st. 44


-
légère (=Mil) (sommet)
....................... ......... ...... ............. 4.......... 3b--... ....__..... _. .....
2e _.....

35 Sous espaceF Trou de poteau 499,32 fig. 11 - - st. 42


............... ............. ... _.............. ._......... ........... 4 ........ . ..__............ __.......
2e "
3d

36 Sous espaceE Trou de poteau 499,27 fig. 11

3d 4a la

112
Espace C Trou de poteau 499,30 fig. 14,15 st. 47
37 st. 44
sd 373

2f 3b 4 2e 2

3g Espace F Foyer domestique 499,52 (sommet) fig. 14,24 st. 42


- - -
2e

4p B Dallage 499,07 à 499,84 f ig. 12,13, Ml, M2,


-
(sommet) 15 M3

41 Espace G Niveau de 499,35 à 499,53 pierre à - - -


construction de M5 (sommet) pierre

2d
Espace F Sol de terre battue 498,81 à 499,35 fig. 20 st. 11,31,
- -
(sommet)
M6,, M7
33-87-95-
127-132-
137

44 Espaces Sol de cailloutis 499,08 à 499,37 fig. 15 - st. 15,16, st. 24,
- -
Cet D 17,18,25, 47
33,37 ;
Ml, M4, 82-84-85-
M7 92-93-124-
_....._. ......._ ...... .. ........
...... .... 130
2f, 2g ....._. . .2...
3b, 3d

Espace F Niveau de 499,32 ch. 3.2.3.4 st. 31,


45 - - - - st. 42
contre M7 construction M7

2h ..

Sous espaces Sol de cailloutis 499,03 à 499,30 fig. 13 st. 15, st. 24,34 st. 44
47
Cet D 16,17, (=M11),
18,25, mi
33,37,
.. ........
._. . ....... ... ._......,_....._ ........... 3c
......__ . .....
__.....-
3b ...
2f,2g, 2e

Tableau des murs

Fsp Alteooservée AIL R P. Largeur lié Bute Coupé Sert Entame Rattaché à Scellé Réf. Etat Description
r4o
min. marc- min. marc. élev. fond à contre par d'appui par fig. 12
a

B/C-D 498,86 499,17 498,94 499,06 0,50 0,60 M2 - M7 M4 4a 2e(st.44)- 2 11 j a Mur en


Ivpl
2g(st.25)- maçonnerie
3(st.40)-3a-
3b(st.47)-3c

A_B 498,33 498,80 - - - 0,60 Ml, - 4a 3(st.40)-3a 2 11 I I Mur sans maçon-


ML M3 nerie (arasé)
A/B 498,65 498,73 - - - 0,40 M2 - 4a 3(st.40)-3a 2 11 I " Solin sans ma-
çonnerie (arasé)
C/D 499,00 499,28 - - env. Ml - 2e(st.44) 2 13 a Solin sans
N44 0,20 -
maçonnerie

M5 F-F/G 499,20 499,52 - 499,20 0,80 0,90 à M6


- M8-M10 4-4a 2a-2b-2c la-2 13 I Mur en
-
1,00 (st.42)-2d maçonnerie
(st.41)-st. 11

M6 F 498,71 498,89 - 0,80 M5, - 4 2a?-2c(st.42 1 13 " Mur en maçon-


M7 6-st.8 nerie (récupéré)
-st.
499,04 499,40 - 0,80 0,90 M6, - Ml 4 2a?-2c(st.42 la-2 13 "
M7 D/E-F -
M8
- Mur en
4a -2e(st.44)-2 maçonnerie
(st.45)-st. 26-
st.31

13_(, 499,01 499,26 - - - 0,80 M7, - M5 4a 1-la 13 I Mur sans maçon-


Mg -
M9
nerie (arasé)
499,08 499,51 - 10,80 M8, - 4
M9 G 10
1-la 13 Mur sans maçon-
a nerie (arasé)
498,41 498,68 - 0,80 M9 MS/M6 4a
M10 t-, - - - - - 1 13 j Mur récupéré
0,20 3b (st.47) 2c
Mi sous 11 Négatif de sabliè-
C-D (st.44) re basse (= st 34)

113
BATIMENT SUD (B) Tableau des couches *

No Situation Description Interprétation Etat Datation (AD) Complexe(s) (K) Référence(s)


12

1 Tout le Terre limoneuse brune avec Terre végétale (hu- milieu Ier - 1-2-13-14-15-17-18-19-27- fig. 33
bâtiment tuiles, calcaires, mortiers mus) avec couches milieu IIIe 65-66-69-80-81
archéologiques (+ moderne)
arasées
2 L 50 Terre limoneuse brun clair Remplissage tran- I 150-250 52-54-58-61-135 fig. 33
avec quelques calcaires et chée de fondation
mortier blanc des muasM60-61-62

2a Angle M61/62 Terre limoneuse brun-noir, Remplissage trou 50 fig. 35


-
avec beaucoup de charbons de poteau st. 14
de bois et mortier blanc

3 L 55 Niveau de mortier blanc fusé Sol de mortier au - - dépliant no 3


avec de la tuile pilée tuileau (sol inf.
hypocauste :
"area") st. 46

3a sous L 50 Terre limoneuse brun à gris Démolition 150-250 46-47-48-136 fig. 33


foncé avec calcaires, tuiles, romaine
beaucoup de mortier

3b sous L 50 "l'erre limoneuse noire, cen- Occupation U Fin Ier-He 49-57-59-60-83 fig. 33
dreuse avec un peu de mortier (défournement ?)

4a Tout le Graviers vosgiens Terrain naturel fig. 33


- -
bâtiment

* Les couches de l'état 1 n'existent plus, elles ont toutes été arasées.

Tableau des structures

No Situation Description Altitude Réf. Perfore Perforé Entame Rattaché Scelle Scellé K Etat
par à par 12

14 L50, angle Trou de poteau 497,58 fig. 32,35 - M61, M62 -


M61/M62
50
2a.... .... .............. ......... ......... ......... .............................................. ...... ........... ..........................
4a ....... ........... ......... 1.........

46 L55 Sol de mortier au 497,23 à 497,41 dépliant no 3 - - M53, M60 -


tuileau (sol inférieur (sommet) M62
d'hypocauste)

3 ...........................
....... ..............................................................
.................
................
............ ..._............... .......
._................ _. ................. 1 u
52 L50 Tranchée de 497,90 fig. 33 M60
fondation M60 (sommet) 52-61
135 1
........
2 ......................... .............. ......... ......... . _......_.. .... ... ......... 3a,........... ...
............ . ..._-........... .......... ...........
3b 4a 1

53 1.50 Tranchée de 497,81 M61


fondation M61 (sommet)
58-61 "
.......
2 .................... ........................................ ........, 3a, 3b 4a 1
-

54 L50 Tranchée de 497,78 fig. 33 M62


fondation M62 (sommet)
54-58
........ ... .....
2...... ......................... .......... ........... 3a, 3b 4a 1

Tableau des murs

No Local AIL conservée Larg. Lié Bute Sert Perfore Entame Ratta- Scellé Réf. Etat Description
min. max. fonda- à contre d'appui ché à par fig. 12 Remarque : murs
tion à arasés au niveau des
fondations

M50 131- 497,34 497,73 0,80m M51, M53- M56 4a 1 29 I U Mur avec traces de
- -
L53 M55 maçonnerie

M51 153/ 496,38 496,94 0,80m MSO, M52 M56 4a 1 29 " Mur sans maçonnerie
- - -
L54

M52 L51- 496,46 497,42 0,80m M51, M53- M58 4a st. 46 1 29 1 1 Mur sans maçonnerie
- -
L52 M55 M59

114
M53 1-51 497,39 497,71 0,80m M50, M52 M62 4a 1 29 I j Mur avec traces de
- -
maçonnerie

M54 1-51/ 497,45 497,59 0,60m M50, M52 4a 1 29 j j Mur sans maçonnerie
- -
L52

M55 I2/ 497,11 497,29 0,60m M50, M52 4a 1 29 I j Mur sans maçonnerie
-

MS( L54 496,53 496,90 0,60m M57 M50/ 4a 1 30 1 1 Mur sans maçonnerie
- -

M57 L54 496,16 496,49 0,60m M56 4a 1 30 j j Mur sans maçonnerie


-

L55 497,16 497,35 0,40m M52 M62 4a st. 46 1 30 a j Mur en maçonnerie


M58 - -

M59 L55 497,66 497,86 0,40m - M52 4a st. 46 1 30 I j Mur en maçonnerie


-
ISO 497,52 497,95 0,50m M61 3a-3b 4 2 1 32 j Solin en maçonnerie
M60
(st.52)

IS0 497,48 497,81 0,60m M60 3a-3b 4 2(st.53)- 1 32 j Solin en maçonnerie


M61
M62 2a(st. 14)
L
t 497,28 497,77 0,60m M61 M53/ 3a-3b 4 2(st.54)- 1 32 j Solin en maçonnerie
M[
M58 2a(st. 14)

115
ENCLOS, LIMITES ET AMENAGEMENT DE L'ETANG (F-G) Tableau des couches

No Situation Description Interprétation Etat Datation (AD) Complexe(s) (K) Référence(s)


1 2

1 Tous les Terre limoneuse brun foncé Terre végétale 140-141 fig. 53,54
sondages (humus)

la Sondages Terre limoneuse brun jaune Remblais post- 88-157-159 fig. 13,49
-
1à4,8 à 10, avec galets et calcaires romains [mise en
12 à 14,21 place d'anciensche-
mins (sd 1à4+ 21)
et remaniementsdes
anciensétangs(sd 8
à 10,12 à 14)

lai Sondages Terre limono-graveleuse jaune Remblais post- fig. 54


-
12 et 13 romains (mise en
place de la digue
visible sur le plan
de cadastre 1860)

lb Sondages Terre argilo-limoneuse grise, Dépôt de pente 150-155-156-173 fig. 53,54


-
9,10,12 à 14, avec calcaires, graviers et avec éléments ré-
19,20,22 tuiles (sd 9,10 et 19, sans sultant de la des-
ces derniers éléments) truction du bâti-
ment sud = niveau
d'arasement des
fossés 1 et 2+
mur M100

le Sondages Terre limoneuse brun clair Colluvions et fig. 55,57


-
23 à 25 avec calcaires, tuiles et arasement des
charbons de bois vestiges de la zone
orientale

ld Sondage 23 Terre limoneuse brune, avec Dépôt de pente et fig. 46


-
charbons de bois et graviers arasement de l'en-
clos 1+ fossé 2

le Sondages 24-25 Terre limoneuse gris-brun, Niveau bronze - fig. 57


avec charbons de bois et final colluvionné
céramiques

2 Sondage 23 Terre limono-sableuse brune Enclos 1: der- fig. 46


-
avec rares graviers nier remplissage
par colluvions
2a Sondages 23 Comme 2 mais plus foncé Enclos 1 et fossé fig. 46
-
24 ? et 25 ? 3?: remplissage
par colluvions
3 Sondages 2à8 Dallettes et calcaires du Fossé 2 (enclos 2): j fig. 51,56,
-
Jura mêlés à de la terre fondation du mur 57,58
limoneuse brun foncé M10l (?)

3a Sondages 4à8 Terre limoneuse brune à brun Fossé 2 (enclos 2): 143-144
-
foncé, avec charbons de bois remplissage
3b Sondages Terre limoneuse brun-gris, Fossé 2 (enclos 2): 1 fig. 54
12 à 14 avec quelques galets vosgiens, dernier remplissage
quelques fragments de tuiles sous forme de col-
et quelques calcaires luvions de pente
avec quelquesélé-
ments de destruc-
tion du bâtiment sud

3c Sondages Terre limoneuse gris foncé, Démolition du mur j IIe-Ille 151-152-153-154 fig. S4
12 à 14 avec calcaires, éclats de M100 écroulé d'un
calcaires, tuiles, charbons part dans fossé 2
de bois (enclos 2), de l'au-
tre sur empierre-
ment (st. 49)

3d Sondages Terre argilo-limoncuse grise Fossé 2 (enclos 2): I U - 115-145-146-147 fig. 51,54
1à 13 avec variation de couleur remplissage
allant du jaune au violet
3c Sondage 14 Graviers (0 = 4cm) Fossé 2 (enclos 2): I j fig. 53
-
remplissage

3f Sondages 'l'erre limoneuse sableuse Remblai résultant U - 175 fig. 53,54


12 à 14 (graveleuse dans sd 14) du creusement du
brun-jaune fossé 2 (enclos 2)

3g Sondages Dallettcs de calcaires du Empierrement à la a fig. 54


-
12 à 14 + 16 Jura base du mur M100
(st. 49)

116
3h Sondage 13 Dallettes et calcaires du Jura Prolongation de fig. 54
st. 49, mais sous
st. 50

3i Sondage 23 Terre argilo-limoneuse Fossé 2 (enclos 2): a U fig. 51,59


-
brun-gris, avec rares graviers remplissage

3k Sondages Graviers (0 = 5cm) Fossé 1 (enclos 2): I U fig. 48


-
15 à 17 dernier remplissage ?
par colluvions

31 Sondages Terre limoneuse brun à beige Fossé 1 (enclos 2): 0 1 fig. 45


-
18 et 20 dernier remplissage ?
par colluvions

3m Sondages Terre limoneuse brun-gris, Fossé 1 (enclos 2): I I fig.


f49
-
20 à 22 avec rares calcaires et tuiles remplissage ?

3a Sondages Graviers (0 = 3cm) avec Fossé 1 (enclos 2): a i fig. 48


15 à 17 rares calcaires et tuiles remplissage ý

Sondages Molasse beige à vert avec Fossé 1 (enclos 2): 1 U fig. 45


3p -
18 et 19 rares calcaires et tuiles remplissage ý

Sondage 20 Terre limoneuse brun clair Réaménagement fig. 45


3q -
local du fossé 1
(enclos 2) (st.48)

Sondages Terre limono-sableuse Fossé 3 (enclos 2): I I 206 fig. 55,57


3r -
23 à 25 brun-gris, avec charbons remplissage
de bois, graviers

Sondages 1à Molasse altérée Terrain naturel fig. 53,54


4 -
14 et 18 à 22

Sondage 17 Graviers vosgiens Terrain naturel fig. 48


4a -

sondages Terre limono-sableuse brune Niveau de marche fig. 53,54


4b -
12 à 14 à brun-noir riche en charbon avant le creuse-
de bois ment du fossé 2
(sommet du ter-
rain naturel)

Sondages Colluvions Terrain naturel fig. 45


4C -
14 à 16

Sondage 13 Graviers (0 =2à 3cm) Terrain naturel fig. 54


4d -
Sondage 13 Terre limoneuse grise à noire Dépôt de vase en 161-170-171 fig. 54
dans laquelle est située la -
relation avec le
st. 50 (bois) point d'eau

Sondages Terre limoneuse noire, Tourbe 158 fig. 53,54


4f -
12 à 14 organique avec de nombreux
éléments végétaux et
quelques calcaires

sondage 13 Alternance de terre limoneuse Dépôts postérieurs fig. 54


4g -
noire, organique, limon jau- àl 'époque romaine
pâtre et lentilles de sable

2 Couches de surface
enclos 1+ fossé 3?
Remplissage
fossés 1,2 et 3 (enclos 2)
3: Remplissage
4 Terrain naturel

Tableau des structures

Description Altitude Réf. Perfore Perforé Entame Rattaché Scelle Scellé K


No situation Etat
par à par 12

Sondages Empierrement calcaire, 488,70 à 491,20 fig. 47,53, M100


a9 -
12 à 14 non maçonné (dallage) 54,59,63,64

3f 3c-4e-
4f
3g
Amas de bois 488,60 à 489,50 fig. 54,
Sondage 13 , - - st . 49
50 67
...................................... ._.............
-......... ........................... ................................. ................... _._..__...........
............................. 161
3g 4e

117
Tableau des murs
No Situation Alt. conservée Alt. R P. Largeur lié Entame Rattaché à Scellé Réf. Etat Description
min. max. min. max. élev. fond. à par 12

100 Sondages 490,82 491,03 490,77 491,03 0,70 0,80 M101 3f st. 49 lb fig. 45,47,54, I Mur en
12 à 14 ? 58,59,60,62 maçonnerie

101 Sondages - 498,22 498,51 - 0,90 M100 3a la fig. 45,52 " Mur avec traces
-
2,3,5 à8 494,67 495,07 ? de maçonnerie

Tableau des fossés

No Longueur Hauteur marc Largeur max- Dénivelé Remplissages Particularité Réf. Elémcnts de Etat
conservée conservée conservée moyen en % fig. chronologie relative 12

Enclos 1 27m 0,40m 0,80m 5,4 2à 2a Fond arrondi 45 Coupé par fossé 2
Fossé 0 ou plat (Enclos 2)

Endos 2 87m 0,70m 2,50m 1,0 3k à 3p Fond en U lar- 45 -


Fossé 1 gement ouvert
Fossé 2 210m 0,80m 1,40m 2,3 3-3a-3d-3i Fond plat ou 45 Trois phases d'utilisation j î
Côté nord-ouest arrondi, boisé En partie scellé par
-
M101 - coupe fossé 0
(Enclos 1)

Fossé 2 132m 0,80m 2,50m 0,7 3b à 3e Fond en U lar- 45 Comblé par M100
Côté sud-ouest gement ouvert
Fossé 3 31m 0,50m 1,30m 8,0 2a à 3r Fond arrondi 45 I U
-

Tableau des bois

No Situation Fonction Espèce Forme Travaillé ou Dcndro Référence Datation


équarri Besançon (AD)

1 Sondage 12 Pieu sous M100 Bois blanc Pieu entier x


2 " n " -
- x -
3 " x
- -
4 Demi-pieu x -
5 Pieu entier x
6 -
Sapin " X X Catalogue no 199 -
7 Saule ou aulne Demi-pieu x -
8 Saule ou aulne x
9 -
Sapin Pieu entier x X Catalogue no 200 -
10 Saule ou aulne x
-
11 Saule ou aulne x
-
12 Saule ou aulne Demi-pieu x
13 -
Saule ou aulne Pieu entier x X Catalogue no 201 -
14 Saule ou aulne x
15 -
" Saule ou aulne - -
16 Saule ou aulne - X Catalogue no 202 -
20 Sondage 13, st. SO Amas de bois Chêne Bois X 482 ?
-
21 Sapin X
- -
22 " Chêne X 482 ?
-
23 " Frêne X
- -
24 Chêne X 482 Y
-
25 Chêne - -
26
- -
27 Chêne - -
28 " Chêne - -
29 Frêne X
- -
30 " Frêne X
- -
31 Frêne - X -
32 Sapin - -
33 " Chêne - X 482
34 " Frêne - X -
35 Sapin - X
" -
36 " - - -
37 limite est du Frêne Bois X X
-
'perré"

118
Catalogue des fosses
Inventaire
Abréviations -

cat. = catalogue remplissage fosse 3: k 176


TSO = terre sigillée ornée
terre sigillée lisse 3 panses diverses (cruche, pâte sombre, pâte claire)
TSL =
ITS = imitation de terre sigillée
CRA = céramique à revêtement argileux * Fosse 4
p. S. = pâte sombre
Fosse conservée sur 0,03m ; forme en amande (0,60m
p. cl. = pâte claire 0,25m) ; remplissage gris-brun ; rares céramiques. x

Inventaire
-
* Fosse 1
Fosse conservée sur 0,30m ; zone centrale (a) : forme remplissage fosse 4: k 177
(diam. 0,55m) ; parois abruptes, fond plat,
circulaire de bois cendre, 3 panses diverses (cruche, pâte sombre)
remplissage gris-noir avec charbons
archéologique (112 tessons sur un tota' de 130),
mobilier (b) :
nombreux ossements calcinés ; zone périphérique
forme circulaire (diam. 1,30m), parois abruptes, remplis- * Fosse 5
avec charbons de bois, quelques céramiques.
sage gris-brun
Fosse conservée sur 0,22m ; coupée par fosse 6; forme
Interprétation : tombe à incinération ?
circulaire (diam. 0,45m) ; remplissage brun-noir très
compact avec beaucoup d'argile brûlée, charbons de bois
Restes osseux : en paillettes ; sans mobilier.
-
Zone centrale ouest : esquilles osseuses calcinées indéter-
Interprétation : fosse à combustion
(poids moyen d'une esquille par tamisage : O,llg -
minées tamisé).
0,16g non * Fosse 6
est : esquilles osseuses calcinées indétermi-
Zone centrale
(poids moyen d'une esquille par tamisage : O,llg
nées tamisé). Fosse conservée sur 0,18m ; tronquée à l'est
par une
0,20g non tranchée effectuée à la pelleteuse ; recoupe la fosse 5;
d'une molaire de capriné (non brûlés).
Fragments forme ovale (2m conservé x 1,60m) ; parois légèrement
incurvées ; remplissage brun-noir avec nombreux
inventaire charbons
- de bois, argile brûlée, quelques galets, ossements
calcinés,
rares tessons céramiques et meule (cat. no 204).
de la fosse :k 167
nettoyage Interprétation
k 162 - : fosse à combustion et fosse-dépotoir
zone 166, k 168
zone périphérique :k
- Restes osseux
à large bord déversé p. s. : cat. no 99.
1. pot 25 esquilles osseusesanimales non brûlées, parmi lesquelles :
à large bord déversé p. S.) : cat. no 100.
2. Pot
à parois obliques (p. s.) : cat. no 129.
3. jatte incurvées (p. S.) 2 fragments d'un métapode II ou III de suidé âgé de
4. terrine à parois cf. cat. no 148.
5. écuelle à parois obliques
(p. S.) : cat. no 155. moins de 24 mois.
à col cintré (p. cl. ) cat. no 161. 2 fragments d'une phalange 1 de capriné âgé de plus de
', pot 10 mois.
bol à parois incurvées (. cl. ) cat. no 173.
(forme indéterminable) (p. cl.) 1 fragment de phalange 3 de capriné.
S. pot 2 fragments d'une épiphyse distale de radius gauche de
diverses (pâte sombre, pâte claire)
+ 122 panses
capriné âgé de plus de 30 mois.

: première moitié Ier siècle après J.-C. - Inventaire


Datation
_
comprend uniquement des objets céramiques.
I. e mobilier
un faciès indigène, caractérisé par l'absence de remplissage fosse 6: k 165
Il présente
ddatation tldes Cette a n gdifféré
piècela la fossé Néanmoins, lesv 1. pot à col cintré (p. s.
ts cat. no 89.
objets forment un ensemble assez homogène que 2. pot à lèvre déversée (p. S.) : cf. cat. no 105.
illustrés
en comparaison avec les datations 3. jatte à parois obliques (p. s.) : cf. cat. no 128.
l'on peut situer propo-
(Augst, Vindonissa, Genève, cf. 4. idem
sur d'autres sites
sées dans la première moitié du Ter siècle après 5. terrine (p. s.) : cf. cat. no 137.
catalogue) + 12 panses diverses (pâte sombre, pâte claire)
J. -C.

Fosse 3 - Datation : environ deuxième moitié Ier siècle après J.


* -C.
sur 0,16m ; forme circulaire (diam. * Fosse 20
Fosse conservée brun-gris de bois
0,80m) ; remplissage avec charbons en
rares céramiques. Fosse conservée sur 0,30m ; forme circulaire (diam. 2m)
paillettes,

119
verticales ; fond plat ; remplissage gris avec zone périphérique, parois abruptes, remplissage gris clair.
parois
calcaires, ossements, céramiques.
Interprétation : fosse-silo et fosse-dépotoir
-
- Interprétation : fosse-dépotoir
- Restes osseux
- Inventaire
1 fragment de crâne de suidé : fragment d'occipital calciné
(poids : environ 1,4g).
nettoyage de la fosse :k 12, k 21, k 26 1 fragment de tibia calciné d'un mammifèrede taille moyenne.
remplissage k 37, k 43, k 44
- Inventaire
1. coupe Drag. 29b : cat. no 2.
2. coupe Lamboglia 2/37 cat. no 39.
3. pot ovoïde en CRA : cat. no 32. remplissage:k 197
4. amphore Dressel 20 : cat. no 41.
5. marmite à col cintré (p. s.) : cat. no 84. 1. coupe Drack 21 (ITS) cat. no 27.
6. bord indéterminable (p cl. 2. pot (p. s.) : cat. no 76.
+ 101 panses diverses (TSL, TS, CRA, cruche, 3. coupe du type Hofheim 12 (p ^ cl.) : cat. no 170.
pâte sombre, pâte claire) + 42 panses diiverses (cruches, pate sombre)
+2 fonds (cruche, pâte sombre)
Datation : deuxième moitié Ier s. apr. J.-C.
Datation IIe-début -
- : Ille siècle après J.-C.
* Fosse 27
* Fosse 21
Fosse conservée sur 0,12m ; forme arrondie (diam.
Fosse conservée sur 0,15m ; forme circulaire (diam. lm) ; 0,50m) ; arois abruptes ; fond plat ; remplissage gris
remplissage constitué par des blocs de calcaire plats avec charbons de bois, rares céramiques.
(0,20m x 0215m x 0,10m) et par une meule (cat. no 206)
rare mobilier. - Interprétation : fosse-dépotoir
Interprétation : soubassement d'une construction Inventaire
- -
Inventaire
-
remplissage :k 186

remplissage :k 73, k 77 10 panses (pâte sombre)

3 panses diverses (CRA, cruche, pâte sombre)


* Fosse 28

- Datation :à partir du milieu du IIe s. apr. J. Fosse conservée sur 0,30m ; forme ovale irrégulière (0,60m
-C.
x 0,70m) ; parois évasées ; fond flou ; remplissage gris
* Fosse 23 foncé avec rares fragments de céramique.

Fosse conservée sur 0,25m ; forme ovale irrégulière (1,40m - Interprétation : fosse-dépotoir (?)
x lm), perturbée ; parois. évasées; fond plat ; remplissage
gris avec tuiles, clous, scoes, ossementscalcinés, céramiques. * Fosse 29

- Interprétation : fosse-dépotoir Fosse conservée sur 0,26m, perturbée par labours ; forme
ovale (0,80m x 0,50m) ; parois abruptes ; fond irrégulier
Reste
- osseux remplissage gris brun avec charbons de bois, rares frag-
ments de céramique.
1 fragment de côte calciné (poids : environ 0,10g).
Interprétation : fosse-dépotoir (? )
Inventaire' -
-
* Fosse 30
remplissage :k 200
Fosse conservée sur 0,40m ; zone centrale (forme ovale :
1. pot (p. S.) 1,20m x lm), parois abruptes, fond plat ; remplissage gris
: cf. cat. no 101 foncé avec calcaires, charbons de bois, fer, céramiques,
2.5. pots (p. S.) : cf. cat. no 105
6. coupe (p. s.) : cat. no 145 meule catillus) ; zone périphérique (forme ovale : 1,50m
+ 65 panses diverses (TS lisse, amphores, cruches, x 1,20m), parois abruptes ; remplissage plus clair.
pâte sombre, pâte claire)
+p fonds (pâte sombre) - Interprétation : fosse-silo et fosse-dépotoir

- Inventaire
Datation : deuxième moitié Ier s. apr. J.-C. (?)
-
remplissage :k 184
* Fosse 26
1. coupe (p. S.) : cat. no 147
Fosse conservée sur 0,50m ; zone centrale (diam. lm), parois + 39 panses diverses (cruches, pâte sombre)
verticales, fond plat, remplissage gris foncé à bleu avec cal- +2 fonds (pâte sombre)
caires (0,25m x 0,20m), charbons de bois, tuiles, céramiques ;

120
* Fosse 31 * Fosse 35

Fosse conservée sur 0,85m ; zone centrale : forme ovale Fosse conservée sur 0,40m ; perturbée au nord ; forme
(1,70m x 1,20m)J parois presque verticales, fond plat, ovale (1,10m x 0,65m) ; parois abruptes ; fond plat
tapissé de calcaires (0,30m x 0,30m), remplissage gris remplissage gris foncé avec ossements, céramiques.
foncé avec tuiles, calcaires, charbons de bois, scories,
bronze, fer, céramiques, meule (cat. no 205) ; zone - Interprétation : fosse-dépotoir
assez étroite : remplissage plus clair.
périphérique Restes
- osseux :
Interprétation : fosse-silo et fosse-dépotoir
- 4 dents sup6rieures gauches (P4 - M2 - M3) de boeuf
Restes osseux (non brûlés) : 24/36 mois.
-
5 fragments d'os indéterminés. - Inventaire
1 incisive de boeuf.
1 molaire supérieure droite (M2) de suidé : 18/24 mois.
1 fragment distal d'humérus gauche de suidé.
1/2 diaphyse (partie distale) de radius droit de cerf. remplissage :k 201

1. coupe Drag. 37
Inventaire 2. cruche : cat. no 64
3. jatte (p. s.) cf. cat. no 128
4. bol à marli (p. cl.) cf cat. no 178
:k 189 + 41 panses diverses (cruches, pâte sombre)
remplissage
1. coupe TS lisse (indéterminable)
2. gobelet Niederbieber 33 : cf. cat. no 34 - Datation : He s. apr. J. -C.
3. cruche : cat. no 58
jattes (p. ) 128
4. à 7.4 S. . cf cat. no * Fosse 36
8. terrine (. S.) cat. no 144
9. gobelet (p. )
S. : cat. no 168 Fosse conservée sur 0,15m ; forme ovale (1,40m x lm)
Drag. 37 ;
+2 panses diverses (CRA, parois évasées ; fond plat ; remplissage gris foncé avec
+ 180 panses cruches, pâte sombre, clous, céramiques.
pâte claire)
fonds (pâte sombre) Interprétation
t2 - : fosse-dépotoir

- Inventaire

Datation : He s. apr. J.-C.


_
remplissage :k 198
* Fosse 32
1. Jatte (p. s. : cf. cat. no 128
sur 0,16m ; forme circulaire (diam. +7 panses pâte sombre)
Fosse conservée fond
o 55m) ; parois abruptes ; plat ; remplissage gris
à bleu avec charbons de bois, céramiques.
foncé
* Fosse 40
Interprétation : fosse-dépotoir
- Fosse conservée sur 0,25m ; forme circulaire (diam.
Inventaire 0,55m) ; parois abruptes ; fond plat ; remplissage gris
- foncé avec 1 clou.
:k 185 Interprétation
remplissage - : fosse-dépotoir (?)
ot (p. )
S. : cat. no 91
1 (cruches, pâte sombre) * Fosse 44
panses diverses
Fosse conservée sur 0,25m ; perturbations importantes
forme ovale (1,40m x lm) ; parois évasées ; fond arrondi
33 remplissage brun foncé avec clous, céramiques.
* Fosse
- Interprétation : fosse-dépotoir (?)
sur 0,17m ; forme circulaire (diam. lm)
gosse conservée foncé Inventaire
abruptes remplissage gris avec
parois dbois, céramiques.

Interprétation : fosse-dépotoir remplissage :k 194


-
1. pot (p. S.) : cat. no 102
Inventaire 2. atte (p. s.) cf. cat. no 128
+7 panses diverses (cruches, pâte sombre, pâte claire)
:k 188
remplissage
2. pots (p. s.) : cf. cat. no 105 * Fosse 45
1 et (pâte
3 fonds
anses sombre)
(pâte sombre) Fosse conservée sur 0 30m ; forme
+2 ovale (1,15m x 0,95m)
parois évasées ; fond arrondi et irrégulier ; remplissage

121
foncé avec objet en fer (non identifiable), clous, * Fosse 50
gris
fragments de meule, céramiques.
Fosse conservée sur 0,50m ; zone centrale : forme arron-
-
Interprétation : fosse-dépotoir die (diam. lm), parois verticales fond plat, tapissé de
calcaires (0,20m x 0,20m), remplissage gris foncé avec
Inventaire zone périphérique : forme arrondie
- clous, céramiques ;
(diam. 1,20m), parois abruptes, remplissage plus clair.

remplissage :k 191 Interprétation : fosse-silo et fosse-dépotoir


-
1. et 2. pots (p. s.) : cf. cat. no 101 Inventaire
jatte (p. s.) -
3. : cf. cat. no 128
4. écuelle (p. s.) : cf cat. no 152
+ 41 panses diverses (TS lisse, cruches, pâte sombre,
pâte claire). remplissage :k 193

1. pot en forme de tonneau (p. cl.) : cat. no 158


* Fosse 46 + 39 panses diverses (CRA, cruches, pâte sombre)
Fosse conservée sur 0,30m ; forme arrondie (diam. env.
0,60m) parois plutôt abruptes ; fond plat ; remplissage
,
gris foncé avec clous, ossements, verre, céramiques. - Datation :à partir du IIe s. apr. J.-C.

- Interprétation : fosse-dépotoir
* Fosse 51
Inventaire
-
Fosse conservée sur 0,40m ; amputée au sud par le
192 sondage 493 (1987) ; zone centrale : forme arrondie
remplissage :k (diam. 0,50m), parois verticales, fond plat, remplissage gris
foncé avec charbons de bois, fer, céramiques ; zone
1. pot (p. s.) 81
. cat. no périphérique : forme arrondie (diam. lm), parois abruptes,
2. pot (p. s.) : cat. no 82 de
remplissage plus clair avec nombreux calcaires dans la
+ 42 panses diverses ( cruches, pâte sombre, verre) partie sud, charbons de bois, céramiques.
+4 fonds (pâte sombre)
+1 perle de verre bleu Interprétation : fosse-silo et fosse-dépotoir
-
Inventaire
* Fosse 48 -

Fosse conservée sur 0,40m ; forme circulaire (diam. lm) ; En surface, mobilier des fosses 51 et 52 mélangé :k 201
parois abruptes ; fond plat ; remplissage gris foncé avec
tuiles, clous, céramiques ; zone centrale circulaire (diam. 1. assiette Drag. 18/31
0,35m) au centre de la fosse, parois verticales. 2. assiette Drag. 32
3. amphore Gauloise 4: cf. cat. no 45
- Interprétation : fosse-silo et fosse-dépotoir 4. mortier : cf. cat. no 50
5. cruche : cf. cat. no 53
- Inventaire 6. cruche : cat. no 60
+297 panses TS lisse, amphores, mortier,
cruches, pâte sombre
+ 14 fonds divers (TS se, CRA, cruches, pâte
remplissage :k 190 sombre, pâte claire)
1. cruche : cf. cat. no 59
+ 50 panses diverses (CRA, cruches, pâte sombre,
pâte claire) remplissage fosse 51 :k 199
+1 fond (cruche)
1. coupe Drag. 37 : cat. no 6
2. coupe Drag. 37
- Datation : IIe s. apr. J.-C. 3. coupe Drag. 35/36
4. am -hore Gauloise 4: cat. no 44
* Fosse 49 5. à 7. cruches cf. cat. no 61
8. coupe (p. s.) : cat. no 98
Fosse conservée sur 0,13m ; forme circulaire (diam. 9. ]jatte (p. s.) : cat. no 142
0,60m) ; parois évasées ; fond irrégulier ; remplissage gris 10.bord indéterminé (p. cl.)
foncé avec tuiles, céramiques. + 201 panses diverses (TS, amphores, cruches,
pâte sombre, pâte claire)
Interprétation +1 fond (pâte sombre)
- : fosse-dépotoir

- Inventaire
- Datation : IIe s. apr. J. -C.

remplissage :k 187 * Fosse 52

8 panses (cruches) Fosse conservée sur 0,30m ; zone centrale : forme ovale
(1,40m x lm), parois plutôt verticales, fond plat, remplis-

122
gris foncé avec charbons de bois, céramiques ; zone Interprétation : fosse-dépotoir (? )
sage forme ovale (1,80m x 1,30m), parois -
périphérique :
remplissage gris à brun avec céramiques. Inventaire
abruptes, -

-
Interprétation : fosse-silo et fosse-dépotoir
remplissage :k 195
Inventaire
-
6 panses diverses (pâte sombre, pâte claire)

: cf. fosse 51 (k 205)


surface fosse 52 :k 204
remplissage
* Fosse 59
1. coupe Drag. 37
2. amphore Gauloise 4: cf. cat. no 44 Fosse conservée
indéterminée sur 0,44m ; zone centrale : forme
3. cruche circulaire (diam. 0,40m), parois verticales, fond plat,
4. terrine ( s.) : cat. no 140
(p. ) remplissage gris foncé avec charbons de bois, sans
5. coupe S. : cf. cat. no 169
7 (p. ) mobilier ; zone périphérique : forme circulaire (diam.
6. et pots S. : cf. cat. no 105 1,10m), parois légèrement évasées, remplissage
8. jatte (p. s.) : cf. cat. no 128 plus clair
avec mobilier protohistori ue uniquement. Implantée
+ 235 panses diverses (TS lisse, CRA, ampho- dans niveau bronze final (c. le),
elle est sans doute
res cruches, pâte sombre, pâte claire) romaine.
+3 fonds (cruches)
- Interprétation : trou de poteau en relation avec F70, F74
et F75

Datation : IIe s. apr. J.-C. * Fosse 69


-

Fosse conservée sur 0,20m ; forme ovale irrégulière (0,80m


* Fosse 53
x 0,50m) ; parois abruptes ; fond plat ; remplissage gris
Fosse conservée sur 0,45m ; forme circulaire (diam. avec tuiles, clous, céramiques.
0,45m) ; parois abruptes ; fond plat ; remplissage gris Interprétation fosse-dépotoir
foncé avec charbons de bois ; sans mobilier. - :

- Inventaire
Interprétation : trou de poteau en relation avec F54, F55
- (C) ?
et cabane remplissage :k 203

anses diverses (ITS, cruches)


8 tond
* Fosse 54 1 (pâte sombre)
Fosse conservée sur 0,23m ; forme circulaire (diam.
0,60m) ; parois abruptes ; fond irrégulier ; remplissage
foncé avec charbons de bois, céramiques.
gris * Fosse 70
Interprétation : trou de poteau en relation avec F53,
_ F55 (C) ? Fosse conservée sur 0,45m, de même type que fosses 59,
et cabane
74 et 75 ; zone centrale (diam. 0,40m) ; zone périphérique
Inventaire (diam. lm).
-
r
- Interprétation : trou de poteau en relation avec F59, F74
:k 195
remplissage
6 panses diverses (pâte sombre, pâte claire)
* Fosse 74
Fosse conservée sur 0,25m, de même type que fosses 59,
* Fosse 55 70 et 75 ; zone centrale (diam. 0,40m) ; zone périphérique
(diam. lm).
Fosse conservée sur 0,15m ; forme circulaire (diam.
0,60m) ; parois abruptes ; remplissage gris foncé avec - Interprétation : trou de poteau en relation avec F59, F70
de bois ; sans mobilier. et F75
charbons
Interprétation : trou de poteau en relation avec F53,
F54 et cabane (C) ? * Fosse 75

Fosse conservée sur 0,55m, de même type que fosses 59,


* Fosse 57 70 et 74 ; zone centrale (diam. 0,40m) ; zone périphérique
(diam. lm).
Fosse conservée sur 0,20m ; forme ovale (1m x 0,50m)
verticales ; fond plat ; remplissage gris foncé avec Interprétation
parois - : trou de poteau en relation avec F59, F70
de bois, céramiques. et F74
charbons

123
Le mobilier

1. la céramique ............. nos 1à 188. comportant 3 indications. Le premier nombre renvoie


2. le verre ................ nos 189 à 191. à l'ensemble (k) dans lequel l'objet a été trouvé. Le
3. le bronze ............... nos 192 à 196. deuxième, réduit à trois chiffres, représente l'année
4. les monnaies ............. nos 197 à 198. de la découverte. Le troisième est une numérotation
5. le bois ................. nos 199 à 202. individualisée par année.
6. la pierre ............... nos 203 à 206.
Exemple : Inv. 27/988/212.
Remarques préliminaires
Ce numéro d'inventaire ne correspond pas tout à fait
Le catalogue présenté ci-après est axé principalement à celui utilisé pour l'archivage général du mobilier.
le mobilier céramique. Les objets en bronze ne En effet, sur chaque objet, la mention de la commune
sur
forment qu'une infime partie du corpus. Quant aux Boécourt (BOE) et du lieu-dit les Montoyes (MO) est
éléments en fer, ils ne figurent pas ici en raison de rajoutée, l'ensemble (k) en revanche n'apparaît pas.
leur rareté, de leur état de conservation et des problè-
liés à leur restauration. Exemple. BOE 988/212 MO.
mes

a été traitée par ensembles (k). Pour la Les abréviations des types de céramique (Drag.,
La céramique
toutefois, le nombre peu élevé de pièces Dressel, Drack,... ) ou des sites de référence (Laufen-
datation
a contraint à regrouper les tessons par couche Müschhag, Augst, Soleure,... ) renvoient à la biblio-
nous 111 118). Ainsi,
(tableau des couches, p. à certains graphie et aux abréviations en fin de volume.
sous-représentés ou sans spécificité sont
ensembles
de même datés par recoupement. Pour la description des pièces de céramique, nous
tout
avons suivi dans les grandes lignes les principes et les
établi à partir de ce corpus, répond à critères adoptés dans la publication de Genève
Le catalogue,
deux exigences : (Paunier 1981, p. 165 à 167).

fournir des éléments de preuves pour la datation de Lorsque la fourchette chronologique de l'ensemble
du site. (k) se confond avec l'occupation globale du site
,, occupation
(milieu Ier milieu IIlème siècle apr. J. ),
- -C. nous
illustrer de manière représentative le faciès de la avons renoncé à l'indiquer au bas de la description de
_ du site des Montoyes. La priorité a bien la pièce. Par contre, dans la mesure du possible une
céramique été donnée à la céramique à usage
évidemment datation en comparaison avec d'autres sites est
(pâte claire et pâte sombre) qui regroupe près proposée pour chaque objet.
courant des pièces.
du 70% du total
Le diamètre des pièces n'est pas repris dans le catalo-
Utilisation du catalogue gue. A l'aide de l'échelle mentionnée au fond de
chaque planche, le dessin permet de le calculer
objet est précédé d'un numéro d'inventaire facilement.
Chaque

diamètre sûr diamètre probable

ý% ýÎ
125
K Situation C. Datation* Pièces
Liste des ensembles archéologiques (K) (AD) illustrées

30 b. n., ouest de F1 50 - 250


* Par commodité, nous avons adopté des fourchettes 31 b.n., F2 80 - 250 118,167
chronologiques numériques qui sont censées exprimer la 32
dans le des z.o.
valeur des datations proposées tableau cou-
(p. 111 à 118). Par bien les 33 b.n., F 2c 40 - 80 92
ches ailleurs, que ensembles
de la couche 1 comprennent des tessons modernes, la 34 b.n., ouest de G1 50 - 250
datation ne tient compte ici que de l'époque antique.
35 b. n., C et D2 80 - 250 47,48,113
36 b.n., F2 80 - 250 73
C. = couches
b.n. bâtiment nord 37 Fosse 20 - 100 - 250 2,32,39,41,
= 84
b.s. = bâtiment sud
Z.O. = zone orientale 38 b.n., vrac
39 b.n., C 2 80 - 250 180
K Situation C. Datation* Pièces b.n., F la 18,110,114,
40 -
(AD) illustrées 125,157

1 b.s., L50-51 1 50 - 250 191,195 41 b.n., E la 50 - 250


2 b.s., L51 1 50 - 250 8,17,182 42 b.n., C et D 2 80 - 250
3 Entre b.n. et b. s. 181 43 Fosse 20 - 100 - 250
-
4A b.n., C et F1 50 - 250 34,35,51, 44 Fosse 20 - 100 - 250
57,97,133, b.n., F 2 80 - 250 20,61,62,
45
171,186 66,96,121,
4B b.n., G1 50 - 250 3,14,67,68, 128,149,197
71,80,107, b.s., L50 3a 150 - 250 5
46
138
47 b.s., L50 3a 150 - 250
5A b.n., E1 50 - 250 12,134,159
48 b. s., L50 3a 150 - 250
5B b.n., G1 50 - 250 28,53,69,
108,116,137, 49 b.s., sous L50 3b 80 - 200 9,72,123
139,172 b.s., 2a
50 st. 14
6A b.n., C et D1 50 250 117 51 b. n., F 2a 131,163,174
- -
6B b.n., E1 50 250 52 b. s., L50 2 150 - 250
-
7A b.n., B, C et D1 50 250 59 50 - 250 55
- 53 b.n., E la
7B b.n., F1 50 250 38,94,152,
- 54 b.s., L50 2 150 - 250
177
56 b.n., ouest de F1 50 - 250
8 z.o. 4,205
-- b.s., L50 3b 80 - 200 31,77
9 b.n., G1 57 sous
50 - 250
58 b.s., L50 2 150 - 250
10 b.n., G1 50 - 250
b.n., G1 59 b.s., sous L50 3b 80 - 200
11 50 - 250
60 b. s., sous L50 3b 80 - 200
12 Fosse 20
-
13 b.s., L50 61 b.s., L50 2 150 - 250 194
1 50 - 250 7,126,127,
189 62 b.n., vrac -- 63,153
14 b.s., L52 1 50 250 63 b.n., G 2b - 93
-
15 b.s., L50 1 50 250 64 b.n., F1 50 250 188
- -
17 b.s., L52 1 50 250 65 b.s., L52 1 50 250
- -
18 b.s., L53 1 50 250 66 b.s., L54 1 50 250
- -
19 b.s., L53 1 50 - 250 67 b.n., E1 50 250
-
21 b.n., E1 50 - 250 69 b.s., L50 1 50 250
-
22 b.n., E1 50 - 250 70,86 70 b.n., E1 50 250
-
23 b. n., G1 50 - 250 71 b.n., G1 50 250
-
24 b.n., sud de G1 50 - 250 103,119 72 b.n., G1 50 250 164
-
25 Z.O. 73 Fosse 21 --
26 Fosse 20 74 b.n., est E et G1 50 - 250
27 b.s., L53 1 50 - 250 76 Mur M100, vrac --
28 b.n., E1 50 - 250 16 77 Fosse 21 203
29 b.n., B2 80 - 250 13,19,24, 80 b.s., L52 1 50 - 250
29,33,42, 81 b.s., L52 1" 50 - 250
56,78,87,
82 b.n., C et D 2e - 192
120,179,193,
196 83 b.s., sous L50 3b 80 - 200

126
g Situation C. Datation* Pièces K Situation C. Datation* Pièces
(AD) illustrées (AD) illustrées

84 b. n.,C 2e 106 136 b. s., sous L50 3a


- 150 - 250 141
85 b. n.,C 2e 1,130 137 b.n., F
- 2c 40 - 80 15,23,74
86 b. n.,F 1 50 - 250 36 138 b.n., E1 50 - 250
87 b. n.,F 2c 40 - 80 101,112 139 b.n., F1 et 2 50 - 250 151,190
88 Fossé 2, sd 3 la - 140 Fossé 2, sd 51-
89 b. n., D 3c 30 - 50 (?) 25 141 Fossé 2, sd 11- 135
90 b. n., D 3c 30 - 50 (?) 143 Fossé 2, sd 5 3a
91 b. n., E la 50 - 250 144 Fossé 2, sd 51
92 b. n., D 2e - 145 Fossé 2, sd 1 3d
93 b. n., C 2e - 146 Fossé 2, sd 51
94 b. n., F 2a - 115,184 147 Fossé 2, sd 51
95 b. n., F 2c 40 - 80 150 Fossé 2, sd 13 lb
96 b. n., F 1 50 - 250 104,166 151 Fossé 2, sd 13 3c 150 250 65
-
97 b. n., F 1 50 - 250 83 152 Fossé 2, sd 13 3c 150 250
-
98 b. n., F 1 50 - 250 153 Fossé 2, sd 13 3c 150 250 37,178
-
99 b. n., F 1 50 - 250 154 Fossé 2, sd 14 3c 150 250
-
100 b. n., G 2d - 155 Fossé 2, sd 12 lb -
101 b. n., G 1 50 - 250 156 Fossé 2, sd 12 lb 45
-
102 b. n., G 1 50 - 250 157 Fossé 2, sd 12 la 21
-
b.n., G 1 50 - 250 111,136,160, 158 Fossé 2, sd 12 4f
103 162 -
159 Fossé 2, sd 9 la
b. n., F 2a -
104 - 160 z.o., fosse 1- 30 - 50 99,100,129,
b. n., E la 50 - 250 173
105
106 b.n., F 2h - 161 Sd 13, st. 50 4e
107 b. n., sous E 3d - 162 z.o., fosse 1- 30 - 50 155,161
b. n., F2 80 - 250 165 163 b.n., vrac
108 --
b. n., C 2f - 165 z.o., fosse 6- 70 - 100 89,204
109
b. n., C 2f 166 z.o., fosse 1- 30 - 50
110 -
b. n., C 2f - 167 z.o., fosse 1- 30 - 50
111
b. n., F1 50 - 250 148,187 168 z.o., fosse 1- 30 - 50
113
b. n., B 3a vers 50 169 169 Sd 13, vrac
114 --
115 Fossé 2, sd 3 3d - 26 170 Sd 13 4e -
b. n., F2 80 - 250 172 Sd 12, vrac 122
116 --
b. n., B 3a vers 50 173 Sd 13 lb 10
117 -
118 b. n., B et D2 80 - 250 175 Sd 12, sous M100 3f 46,199,200,
-
b. n., F1 50 - 250 201,202
119
b.n., C2 80 - 250 176 z.o., fosse 3
120
b. n., B 3a vers 50 177 z.o., fosse 4
121
b.n., D1 50 - 250 178 z.o., surface (E) 49,50,75,143,
122 146,175,185
b. n., C 2g
123 179 z.o., surface (C)
b. n., C 2e
124 180 z.o., surface (D) 109
b. n., F1 50 - 250
125 181 z.o., sur C 43,85,88,95
126
b. n., B1 et 2 50 - 250
182A z.o., vrac 156,176
b. n., F 2c 40 - 80 11
127 182B z.o., vrac
128
b. n., F1 et 2 50 - 250 124,154 183 z. o., surface
b. n., B1 50 - 250
129 184 z.o., fosse 30 147
2e --
b. n., C - 185
130 z.o., fosse 32 -- 91
h. n.. vrac -- 19
131 186 z. o., fosse 27
2c 40 - 80 52,90,105 --
b. n., F 187
132 z.o., fosse 49
b. n., F 2h --
133 188 z.o., fosse 33
b. n., B 3a vers 50 --
134 189 z.o., fosse 31 100 - 200
2 150 - 250 - 58,144,168,
b. n., L50
135 206

127
K Situation C. Datation* Pièces
(AD) illustrées

190 z. o., fosse 48 100 - 200


191 z.o., fosse 45
192 z.o., fosse 46 81,82
193 z. o., fosse 50 100 - 200 158
194 z.o., fosse 44 102
195 z.o., fosse 54
196 z.o., fosse 67
197 z.o., fosse 26 50 - 100 27,76,170
198 z. o., fosse 36
199 z.o., fosse 51 100 - 200 6,44,98,142
200 z.o., fosse 23 50 - 100 ? 145
201 z.o., fosse 35 100 - 200 64
202 z.o., fosse 57 1
203 z. o., fosse 69
204 z.o., fosse 52 100 - 200 140
205 z.o., fosses 51,52 100 - 200 60
206 z.o., sd 25 fossé 3
207 z.o., enclos (D)

128
Catalogue des pièces illustrées

PEINTE Gaule méridionale ; Tibère-Vespasien.


CERAMIQUE Ensemble : fin Ier-milieu Me s. apr. J.
-C.
1. Inv. 85/988/3438. Terrine ou pot à bord arrondi, 14. Inv. 4B/988/2. Coupe Drag. 24/25.
déversé. Pâte grise, légèrement savonneuse, fine. Sur Gaule méridionale ; Claude-Vespasien.
fond écru, large bande blanche sous la lèvre.
15. Inv. 137/989/2. Coupe Drag. 24/25.
Gaule méridionale ; Claude-Vespasien.
SIGILLEE ORNEE (TSO) Ensemble : Claude-Vespasien.
,rF, RRE
16. Inv. 28/988/2635. Petite coupe Drag. 27.
2. Inv. 37/988/23. Coupe Drag. 29b. Gaule méridionale ; deuxième moitié Ter s. apr.
Gaule méridionale, Claude-Vespasien. J.-C.
Ensemble : IIe-début Ille s. apr. J.-C. 17. Inv. 2/988/174. Coupe Drag. 35/36 ; La Graufe-
3. Inv. 4B/988/1. Coupe Drag. 29. Frise inférieure senque, service A: Figlina 1, p. 18.
délimitée par une ligne perlée ; rinceau de feuil- Gaule méridionale ; 60-130 apr. J.
-C.
les : cf. Augst, pl. 41/59 ; Hermet, pl. 40/6 ; rosace 18. Inv. 40/988/161. Assiette Drag. 17.
à8 pétales : cf. Hermet, pl. 15/44. Gaule méridionale ; Tibère-Claude.
Gaule méridionale ; Tibère-Claude.
19. Inv. 29/988/470. Assiette Drag. 15/17.
4. Inv. 8/988/1442. Coupe Drag. 29. Frise supérieure Gaule méridionale ; Claude-Domitien.
délimitée par une ligne perlée ; tige avec rosette Ensemble : fin Ier-milieu Ille s. apr. J.
cf. Camulodunum, pl. 32/1. -C.
Gaule méridionale ; Claude-Néron. 20. Inv. 45/988/2337. Assiette Drag. 15/17. La pièce a
subi l'action du feu : pâte beige à grise, dure,
5. Inv. 46/988/2341. Coupe Drag. 37. Oves à double fine ; vernis brun-violace, vitrifié.
arceau avec bâtonnet à droite, à penditif renflé ; Gaule méridionale ; Claude-Domitien.
ligne tremblée ; dans le champ, tête d'un person- Ensemble : fin Ier-milieu Ille s. apr. J.
nage. Cf. Knorr, pl. 9/1-2 -C.
Gaule centrale ; style d'Arcanus (?) ; Domitien. 21. Inv. 157/989/4001. Assiette Drag. 18.
Ensemble : 150-250 apr. J.-C. Gaule méridionale ; deuxième moitié 1er s. apr.
J.-C.
Inv. 199/990/1287. Coupe Drag. 37. Sous une
6. cannelure, oves en forme de petites 22. Inv. sd 508/987/246. Assiette Drag. 18.
profonde
feuilles lancéolées à courte tige : cf. Trier Werk- Gaule centrale ; fin Ier-début IIe s. apr. J.
161 / 054 ; Rheinzabern, p. 210 / 135 -C.
statt, p. p.
Knorr, p. 11 / fig. 8; éléments végétaux composés
d'une tige et d'un pistil à chaque extrémité délimi-
IMITATIONS DE TERRE SIGILLEE (ITS)
tant une série de médaillons à triple filet : ligne
la ligne 23. Inv. 137/988/3. Coupe Drag. 27 (Drack 13). Pâte
centrale perlée, rosette sur extérieure.
Heiligenberg et Rheinzabern ; lanus ; atelier de la gris-beige, savonneuse, assez fine ; vernis brun-
Madeleine ; Hadrien-Antonien. violacé mat, adhérant mal.
Ensemble : Claude-Vespasien.
Ensemble : He s. apr. J.-C.
24. Inv. 29/988/472. Coupe Hofheim 12 (Drack 19).
Inv. 13/988/196. Coupe Drag. 37. Rosette à 15
7. Werkstatt Bern-Enge, 65/020. Pâte Pâte beige, savonneuse, assez fine ; le revêtement
pétales : cf. p.
beige-orangé, savonneuse, fine ; vernis orangé à a disparu.
Ensemble : fin ler-milieu Me s. apr. J.-C.
rouge, mat, adhérant mal.
Production locale ou orientale ; Re-Ille s. apr. J.-C. 25. Inv. 89/988/3860. Coupe Drack 21. Pâte orangée,
Inv. 2/988/175. Coupe Déchelette 72 (?). Décor savonneuse, fine ; le revêtement a disparu. Cf.
8. Cf. Déchelette, 5/1 Oberwinterthur 2, no 93 : Auguste-Tibère.
végétal excisé. pl. ; ugst, pl. Ensemble : première moitié Ier s. apr. J.-C.
47/237.
Gaule centrale ou orientale ; IIe-Ille s. apr. J. -C. 26. Inv. 115/988/963. Coupe Drack 21, comme le no
précédent. Pâte orangée, savonneuse, fine ; le
revêtement a disparu.
SIGILLEE LISSE (TS)
TERRE 27. Inv. 197/990/1287. Petite coupe Drack 21. Pâte
beige-orangé, savonneuse fine ; le revêtement a
Inv. 49/988/2420. Variante de la coupe Drag. 46 ; disparu. Cf. Oberwinterthur 2, nos 100 et 330
9. La Graufesenque, service C: Figlina 1, p. 18. Cf.
Oswald-Pryce, pl. 55/21 ; Courroux, pl. 18 / Grab 32/2. première moitié Ier s. apr. J.-C.
Ensemble : deuxième moitié Ier s. apr. J.
Gaule méridionale ; 90-150 apr. J.-C. -C.
Ensemble : fin Ier-IIe s. apr. J.-C. 28. Inv. 5B/988/66. Coupe Drack 21. Pâte beige-orangé,
savonneuse, fine ; le revêtement a disparu. Cf.
Inv. 173/989/430. Coupe Drag. 46, comme le no Oberwinterthur 2, no 577 : 70-100 apr. J.
10. 2 cannelure interne à peine marquée. -C.
précédent
Gaule méridionale ; 90-150 apr. J.-C. PAROIS FINES
Inv. 127/989/3461. Coupe Hofheim 5. Cf. Augst,
il. 2/13. 29. Inv. 29/988/486. Gobelet ovoïde ; ouverture en
pl.
Gaule méridionale ; Tibère-Claude. forme d'entonnoir " lèvre profilée d'une fine
ieige canne-
Ensemble : Claude-Vespasien. lure externe. Pâte claire à jaune, savonneuse,
fine, sablée extérieurement ; rares traces de
Inv. 5A1988/1138. Coupe Hofheim 5. brun-jaune. Cf. Genève, no 304 ; Vindonissa, vernis
12. Gaule méridionale ; Tibère-Claude. 238 : Claude-Vespasien.
no
Inv. 29/988/466. Coupe Hofheim 9. Ensemble : fin Ier-milieu Ille s. apr. J.
13. -C.

129
ARGILEUX (CRA) orangé, savonneuse, fine, contenant de nombreuses
CERAMIQUE A REVETEMENT
paillettes de mica. Cf. Marseille, amphores, fig.
13/3 ; Laubenheimer, p. 260, fig. 116.
Amphore vinaire, Gaule méridionale (Marseille ?),
30. Inv. sd 374/987/11. Gobelet ovoïde ; lèvre en deuxième moitié Ier s. apr. J. -C.
corniche (Karniesrand). Pâte orangée, savonneuse,
fine ; vernis brun-noir, mat, adhérant assez bien.
Ensemble : fin Ier-milieu Ille s. apr. J.-C.
Cf. Augst, pl. 22/18. 43. Inv. 181/990/1314. Amphore Gauloise 4. Col légère-
31. Inv. 57/988/2493. Gobelet tulipiforme ; bord arrondi, ment évasé ; lèvre en forme de bourrelet, concave
déversé, souligné par deux fines cannelures (forme à l'intérieur, détaché du col à l'extérieur ; anses à
proche du type en corniche). Pâte beige-orangé, sillon médian presque imperceptible. Pâte orangée,
savonneuse, assez fine ; vernis brun foncé à noir à savonneuse, à fin dégraissant sableux ; coeur rouge.
l'intérieur, brun-rouge à l'extérieur, mat, adhérant Cf. Genève, no 442 ; Laubenheimer, p. 289, fig.
151.
assez bien. Forme proche d'Avenches-Port, no 196
Trajan-Hadrien. Amphore vinaire, Gaule méridionale, Ier-Ille s. apr.
Ensemble fin Ier-IIe s. apr. J: C. J.-C.
32. Inv. 37/988/27. Gobelet à bord arrondi, déversé, 44. Inv. 199/990/1288. Amphore Gauloise 4, proche du
no précédent. Pâte beige (coeur de couleur brique),
souligné par une fine cannelure (forme rhétique).
Pâte orangée, savonneuse, fine ; vernis brun-noir, à fm dégraissant sableux. Cf. Laubenheimer, p. 277,
légèrement brillant. Pour la forme : cf. Laufen- fig. 134.
Müschhag, pl. 19/2. A mphore vinaire, Gaule méridionale, Ier IIIe s. apr.
Ensemble : He-début Ille s. apr. J.-C. J.-C.
Ensemble : Ile s. apr. J.-C.
33. Inv. 29/988/484. Gobelet ovoïde ; fragment de panse
45. Inv. 156/989/4017. Amphore Gauloise 4. Lèvre en
ornée d'un décor de lignes obliques incisées, forme de bourrelet détaché du col et souligné par
délimité par une cannelure. Pâte beige, savonneuse,
un petit ressaut. Pâte beige, savonneuse, à fin
fine ; rares traces de vernis orangé.
dégraissant sableux. Proche de Laufen-Müschhag,
Ensemble fin Ier-milieu Ille s. apr. J.-C.
pl. 48/2.
34. Inv. 4A/988/157. Gobelet de type Niederbieber 33. Amphore vinaire, Gaule méridionale, Ier-Ille s. apr.
Pâte grise, dure, fine ; vernis noir, mat, adhérant J. -C.
assez bien. Cf. Courroux, pl. 10/7 ; Oberwinterthur
1, nos 798 et 799: fin IIe-Ille s. apr. J. -C. 46. Inv. 175/989/492. Amphore Gauloise 4, proche du
no précédent ; col allongé. Pâte beige, à fin dé-
35. Inv. 4A/988/149. Gobelet comme le no précédent
graissant micacé et sableux. Cf. Soleure, no 258
parois plus verticales. Pâte grise, légèrement savon- Mandeure 1989, no 31.
neuse, assez fine ; vernis noir, mat, adhérant assez Amphore vinaire, Gaule méridionale, Ier-Ille s. apr.
bien. J. -C.
36. Inv. 86/988/3452. Panse de gobelet de type Nie- 47. Inv. 35/988/192. Petite amphore à rebord vertical
derbieber 33, ornée d'une fine ligne guillochée. Pâte caréné. Pâte orangée, assez fine, contenant de nom-
grise, savonneuse, fine ; vernis gris foncé, brillant. breuses paillettes de mica. Proche de Vindonissa,
37. Inv. 153/989/131. Petite coupe ou assiette de techni- no 500.
Ensemble : fin Ier-milieu Ille s. apr. J.
que ITS ; lèvre arrondie, déversée, soulignée par -C.
deux petites orges. Panse ornée d'un double décor 48. Inv. 35/988/191. Amphore Dressel 2-4. Anse à
guilloché. Pate beige-orangé, savonneuse, fine profond sillon médian, replié à angle droit. Pâte
vernis brun-orangé, orangé dans la partie supé- beige-rosé, dure, à dégraissant calcaire ; surface
rieure, mat, adhérant mal. beige. Cf. Mandeure 1989, no 46.
Ensemble 150-250 apr. J.-C. Amphore vinaire, Gaule méridionale, Ier s. apr.
38. Inv. 7B/988/110. Coupe Drag. 40. Pâte beige- J.
-C.
Ensemble : fin Ier-milieu Ille s. apr. J.-C.
orangé, savonneuse assez fine " vernis brun-rouge,
mat, adhérant mal. Cf. Oswald-Pryce, pl. 2/15
Laufen-Müschhag, pl. 4/14 : IIe-IIIe s. apr. J.-C.
MORTIERS
39. Inv. 37/988/21. Coupe Lamboglia 2/37. Pâte orangée,
savonneuse, fine, micacée ; vernis brun-orangé, mat, 49. Inv. 178/990/2. Mortier à collerette fortement
adhérant assez bien. incurvée ; bourrelet interne développé ; parois
Ensemble : IIe-début IIIe s. apr. J.-C.
obliques. Pâte beige, savonneuse, fine ; semis
40. Inv. sd 510/987/356. Fond de coupe Lamboglia 2/37 interne de grains de quartz et de calcaire (0,5 à
réutilisé comme couvercle ; sommet octogonal 1m). Cf. Vindonissa, no 567.
nombreuses retouches. Pâte orangée, savonneuse, 50. Inv. 178/990/25. Mortier à large collerette réguliè-
fine, avec des paillettes de mica et de quartz
rement incurvée ; bourrelet interne peu développé ;
rares traces de vernis rouge-brique. gorges horizontales sur la panse. Pâte beige, savon-
neuse, à gros dégraissant.
AMPHORES
51. Inv. 4A/988/134. Fond de mortier avec anneau
41. Inv. 37/988/10. Amphore Dressel 20. Lèvre de porteur à peine dégagé. Pâte beige-orangé, savon-
neuse, assez grossière ; semis interne de grains de
section triangulaire. Pâte rose saumon, à fin dé-
quartz et de calcaire.
graissant calcaire, contenant quelques paillettes de
mica doré ; coeur beige. Cf Augst, Amphoren, nos
843 et 844 ; Mandeure 1989, no 24. CRUCHES
Amphore à huile, Bétique, Ier-Ille s. apr. J.-C.
Ensemble : Ile-début Ille s. apr. J.-C.
52. Inv. 132/988/3489. Cruche à lèvre déversée, souli-
42. Inv. 29/988/631. Amphore Gauloise 3. Col court gnée par un bandeau détaché du col. Pâte beige-
lèvre de section triangulaire déversée, soulignée à orangé, savonneuse, fine. Cf. Roth, Krüge, no 34
l'extérieur par une gorge et une saillie. Pâte beige- Soleure, nos 193 et 194 ; Mandeure 1974, pi.

130
1/IA : Claude-Néron. de mica ; surface interne marquée de nombreuses
Ensemble : Claude-Vespasien. cannelures, surface externe lissée. Proche de Ge-
Inv. 5B/988/61. Cruche à lèvre déversée, soulignée nève, nos 441 et 442 (amphores).
53. détaché du col. Pâte beige, légère-
Ensemble : milieu IIe-milieu Ille s. apr. J.
par un cordon -C.
ment savonneuse, fine ; surfaces soigneusement 66. Inv. 45/988/19. Cruche à panse ovoïde ; fond étroit,
lissées. Cf. Vindonissa, no 489 : Néron-Vespasien. concave. Pâte beige, savonneuse, fine ; surfaces
lissées, nombreuses cannelures internes et externes.
54. Inv. sd 510/987/349. Cruche à deux anses proche du Cf. Augst, pl. 25/8 ; Stutheien, no 262.
no précédent, col cylindrique. Pâte beige-orangé,
fine. Cf. Roth, Krüge, no 118: Claude- Ensemble : fin Ier-milieu Ille s. apr. J.
savonneuse, -C.
Néron. 67. Inv. 4B/988/3290. Cruche à pied annulaire oblique
transition fond/panse marqué à l'intérieur par une
55. Inv. 53/988/2792. Grande cruche ou amphorette à saillie. Pâte beige-orangé, savonneuse, fine ; surfaces
deux anses ; col cylindrique ; lèvre en forme de lissées.
bandeau concave déversé ; anses à quatre bourre-
lets. Pâte beige, savonneuse, fine ; surfaces soigneu- 68. Inv. 4B/988/3572. Cruche à pied annulaire oblique
sement lissées. Cf. Mandeure 1974, pl. 3/2A fond étroit. Pâte beige claire, savonneuse, fine
Claude-Néron. surfaces lissées.
56. Inv. 29/988/494. Cruche à embouchure en forme 69. Inv. 5B/988/59. Anse de cruche à quatre bourre-
d'entonnoir. Pâte beige, savonneuse, fine. Cf. lets, repliée à angle droit. Pâte beige-orangé,
Laufen-Müschhag, pi. 46/11 ; Mandeure 1974, pl. savonneuse, fine. Cf. Genève, no 535.
1/1C : Néron-Vespasien. 70. Inv. 22/988/198. Anse proche du no précédent. Pâte
Ensemble : fin Ier-milieu Ille s. apr. J.-C. beige, légèrement savonneuse, fine.
51. Inv. 4A/988/397. Cruche à col cylindrique ; lèvre en
forme de bourrelet légèrement déversé, souligné par
deux cannelures. Pâte beige-orangé, savonneuse, CERAMIQUE COMMUNE A PATE SOMBRE
fine ; vernis interne et externe blanc, mat, adhérant
assez bien. 71. Inv. 4B/988/2086. Pot ou marmite façonné à la
Inv. 189/990/1242. Cruche à une anse ; col cylindri- main ; panse arrondie ; bord en biseau. Sur la
58. lèvre forme de bourrelet panse, décor de lignes verticales irrégulières inci-
que ; en ; panse ovoïde
base étroite ; fond concave ; anse en forme de sées. Pâte grise foncée, savonneuse, à gros dégrais-
bandeau, repliée à angle droit. Pâte beige, savon- sant calcaire ; surfaces lissées. Cf. Oberwinterthur
3,1.57/251 110-160 apr. J. -C. ; Soleure, no 80 :
neuse, à fin dégraissant sableux et micacé. Cf.
Augst, pl. 25/1 ; Roth, Krüge, nos 86 et 89 milieu IIe s. apr. J. -C.
Mandeure 1974, pl. 1/1D3 : fin Ier-début IIe s. apr. 72. Inv. 49/988/2389. Pot ou marmite façonné à la
J. -C. main ; rebord légèrement incurvé ; panse arrondie,
Ensemble : IIe s. apr. J.-C. ornée d'un décor oculé. Pâte grise foncée, savon-
Inv. 7A1988/182. Cruche à une anse ; lèvre triangu- neuse, à dégraissant calcaire ; surfaces lissées. Cf.
59. laire ; anse à2 ou 3 sillons. Pâte beige, savon-
Bern-Enge, no 14.
fine. Cf. Roth, Krüge, 85 Stutheien, Ensemble : fin Ier-IIe s. apr. J.-C.
neuse, no ; no
217 ; Franche-Comté 1986, pl. 11 ; Mandeure 1974, 73. Inv. 36/988/1771. Pot ou marmite comme le no
pl. 1/1D4 : fin Ier-Ile s. apr. J. précédent ; panse légèrement sinueuse, ornée d'une
-C.
Inv. 205/990/1318. Cruche à une anse ; col cylindri- ligne ondulée délimitant un décor oblique au
60. légèrement évasé à peigne. Pâte grise, assez dure, à gros dégraissant
que son extrémité ; anses à4
bourrelets. Pâte orangée, savonneuse, à fin dégrais- calcaire ; surface interne noircie. Cf. Oberwinterthur
du mica et des petites 2, no 183: 0-20 apr. J.-C. ; Zürich, pl. 39/16 :
sant sableux, contenant Claude.
particules calcaires. Ensemble : fin Ier-milieu Ille s. apr. J.-C.
Ensemble : IIe s. apr. J.-C.
Inv. 45/988/35. Cruche à embouchure évasée ; lèvre 74. Inv. 137/988/1. Pied de marmite tripode. Pâte beige
61. forme de bourrelet déversé. Pâte beige-orangé, à rose (coeur gris), dure, à gros dégraissant cal-
en
savonneuse, fine. Cf. Roth, Krüge, no 91 ; Franche- caire (particules 2mm) ; surface externe rougie par
l'action du feu.
Comté 1986, pl. 11 ; Mandeure 1974, pl. 1/1F : IIe
J. Ensemble : Claude-Vespasien.
s. apr. -C.
Ensemble : fin Ier-milieu Ille s. apr. J.-C. 75. Inv. 178/990/208. Pot ou tonneau à parois légère-
Inv. 45/988/39. Cruche proche du no précédent ment incurvées. Sur la panse, décor au peigne. Pâte
62. évasé le bas la noire, dure, à dégraissant calcaire. Cl. Augst, pl.
col vers ; cannelure externe sur
lèvre. Pâte beige-orangé, savonneuse, fine. 9/8 ; Courroux, pl. 26/A-4.
Ensemble : fin Ier- eu Ille s. apr. J. -C. 76. Inv. 197/990/1289. Pot ou tonneau proche du no
précédent ; bord horizontal débordant à l'extérieur.
Inv. 62/988/3863. Cruche à deux anses ; lèvre en
63. forme de bourrelet ; anses à sillon médian. Pâte Pâte noire, légèrement savonneuse, grossière, à
dégraissant calcaire ; surfaces poreuses.
beige-orangé, dure assez fine ; surfaces interne et
beige. Ch Mandeure 1974, pl. 3/2C2 Ensemble : deuxième moitié Ier s. apr. J.
externe -C.
proche de Genève, no 570: ler s. apr. J.-C. 77. Inv. 57/988/2491. Pot ou marmite à bord de section
Inv. 201/990/1316. Cruche à embouchure en forme quadrangulaire, redressé verticalement. Pâte grise,
64. savonneuse, à gros dégraissant calcaire (particules
d'entonnoir, profilée d'un ressaut externe. Pâte
2mm). Cf. Oberwinterthur 1, no 679: 110-150 apr.
beige, dure, fine. Cf. Roth, Krüge, no 125 : pre-
IIe J. J. -C. ; Laufen-Müschhag, pl. 36/3.
mière moitié s. apr. -C. Ensemble : fin Ier-IIe s. apr. J.
Ensemble : IIe s. apr. J.-C. -C.
Inv. 151/989/452. Grande cruche ou amphorette à 78. Inv. 29/988/611. Pot ou marmite à lèvre massive, de
65. fond bas;
panse ovoïde ; plat, pied annulaire anses section quadrangulaire, bien détachée de la panse ;
à sillon médian. Pâte beige-orangé, beige à l'inté- face interne marquée par deux gorges, face
supé-
à fin dégraissant de calcaire et rieure profilée de deux rainures. Pate grise, dure,
rieur, savonneuse,

131
à gros dégraissant calcaire ; surface externe légè- à dégraissant calcaire ; surfaces lissées. Cf. Augst,
rement noircie. Proche de Laufen-Müschhag, pl. pl. 15/5 : fin Ier-début He s. apr. J.-C.
27/10 et 12 ; Rheinfelden, pl. 5/7 : milieu Ille s. 92. Inv. 33/988/2668. Pot ou marmite façonné à la
apr. J. -C.
Ensemble : fin ler-milieu Ille s. apr. J.-C. main ; long rebord rectiligne, déversé. Décor incisé
à la jonction du col et de la panse. Pâte Brise,
79. Inv. sd 508/987/197. Pot à panse ovoïde façonné à savonneuse, à gros dégraissant calcaire (particules
la main ; col cintré ; lèvre en forme de bourrelet 2mm). Cf. Oberwinterthur 1, no 38 : 0-50 apr. J.-C.
arrondi rentrant. Pâte grise, dure, à dégraissant Ensemble : Claude-Vespasien.
micacé et calcaire. 93. Inv. 63/988/3080. Pot ou marmite à parois évasées
80. Inv. 4B/988/207. Pot comme le no précédent. Pâte bord en forme de bourrelet déversé. Pâte grise,
gris-beige, savonneuse, assez fine ; surfaces lissées savonneuse, à dégraissant calcaire ; surfaces grossiè-
et fumigées. rement lissées. Cf. Oberwinterthur 1, no 124 : 0-
50 apr. J. -C.
81. Inv. 192/990/1243. Pot ovoïde à lèvre redressée
verticalement. Sur la panse, décor horizontal au 94. Inv. 7B/988/113. Pot légèrement caréné ; rebord
peigne. Pâte gris-noir, assez dure, à dégraissant rectiligne, déversé ; fond plat. Panse ornée de 5
micacé et calcaire ; surfaces noires, lissées et lignes horizontales de petits rectangles en creux à
fumigées. la molette. Pâte grise, assez dure, grossière, à
82. Inv. 192/990/1244. Pot à petit col cintré ; lèvre dégraissant calcaire ; traces de suie à l'intérieur.
arrondie, déversée horizontalement. Pâte grise, assez 95. Inv. 181/990/551. Marmite façonnée à la main
dure, à fin dégraissant calcaire et micacé ; surfaces panses arrondies ; bord déversé ; fond plat. Sur la
lissées. Cf. Augst, pl. 13/25: fin Ier-début He s. panse, décor au peigne. Pâte gris-noire, dure, à
apr. J. -C. dégraissant calcaire et micacé ; surface externe de
83. Inv. 97/988/3684. Marmite à col cintré ; bord couleur gris-rouge par endroit. Cf. Oberwinterthur
1, no 214 ; Allschwil, no 36 : première moitié Ier
arrondi, déversé. Sur la panse, décor de lignes
verticales incisées. Pâte noire, dure, grossière, à s. apr. J.-C.
dégraissant calcaire ; surface externe beige, lissée. 96. Inv. 45/988/97. Pot ou marmite à lèvre de section
Cf. Oberwinterthur 1, no 846: IIe-IIIe s. apr. J. -C. quadrangulaire, déversée. Pâte grise, grossière, à
dégraissant calcaire (particules 2mm). Cf. Soleure,
84. Inv. 37/988/9. Petit pot ou marmite façonné à la
no 73 " Orbe, no 44.
main, proche du no précédent. Pâte gris-noire,
légèrement savonneuse, à dégraissant de calcaire et Ensemble : fin Ier-milieu Ille s. apr. J.-C.
de mica ; surfaces grossièrement lissées. 97. Inv. 4A/988/205. Pot ou marmite proche du no
Ensemble : IIe-début Ille s. apr. J.-C. précédent ; lèvre déversée selon un angle interne
85. Inv. 181/990/1315. Pot ou marmite à col cintré vif. Pâte noire, dure, à gros dégraissant calcaire
(particules 2mm) ; surfaces lissées. Cf Oberwinter-
façonné à la main ; lèvre déversée ; gorges hori-
thur 2, no 150 : 0-20 apr. J. -C.
zontales sous le col ; panse ornée de petits mame-
lons à la barbotine et de lignes verticales incisées. 98. Inv. 199/990/1289. Pot à bord épaissi en forme de
Pâte gris-noire, dure, à dégraissant calcaire et bourrelet déversé horizontalement, profilé d'une
micacé ; traces de suie à l'extérieur. cannelure interne. Pâte grise, savonneuse, à fin
dégraissant sableux ; surfaces lissées et fumigées.
86. Inv. 22/988/197. Pot façonné à la main proche du Ensemble : He s. apr. J. -C.
no précédent ; panse épaissie, ornée de lignes
incisées. Pâte beige à noire, dure, à dégraissant 99. Inv. 160/989/310. Pot à large bord déversé horizon-
calcaire ; surfaces lissées ; traces de suie à l'exté- talement ; face interne marquée par de profondes
rieur. Cf. Oberwinterthur 1, nos 84 et 87 ; Vindo- gorges. Pâte noire, savonneuse, à dégraissant
nissa Praetorium, no 274 ; Augst, pl. 12/3 ; Soleure, siliceux ; surfaces grossièrement lissées, noircies à
no 60 : première moitié Ter s. apr. J. -C. l'extérieur et sur l'extrémité du rebord. Cf. Genève,
no 602 - Augst, pl. 12/8 : Auguste-Claude.
87. Inv. 29/988/740. Fragment de panse ornée de lignes Ensemble : première moitié du Ier s. apr. J.-C.
ondulées au peigne. Pâte grise foncée, assez gros-
sicère ; surfaces lissées. 100. Inv. 160/989/309. Pot à rebord déversé presque
Ensemble : fin Ier-milieu Ille s. apr. J. -C. horizontalement ; lèvre de section quadrangulaire
88. Inv. 181/990/1290. Pot ou marmite à col cintré panse épaissie. Pâte gris-noire (coeur brun-rouge),
savonneuse, à dégraissant calcaire ; surfaces lissées.
panse ovoïde ; long rebord rectiligne, déversé. Ensemble : première moitié Ier s. apr. J.-C.
Décor vertical et horizontal au peigne. Pâte noire,
assez dure, à dégraissant calcaire ; surfaces lissées. 101. Inv. 87/988/3156. Pot ovoïde à lèvre redressée
Proche de Genève, no 599 ; Soleure, no 64 verticalement, séparée de la panse par une légère
Pâte dure, assez fine,
première moitié ler s. apr. J.-C. cannelure externe. gris-beige,
légèrement micacé.
89. Inv. 165/989/450. Pot à col cintré ; bord arrondi, Ensemble : Claude-Vespasien.
déversé. Pâte grise foncée à beige, légèrement
savonneuse, assez fine, à dégraissant micacé 102. Inv. 194/990/1312. Pot comme le no précédent
surface externe lissée ; traces de suie sur la pan- lèvre plus développée. Pâte grise, savonneuse, fine
se. Cf. Vindonissa, no 30 : 70-100 apr. J.-C. surfaces lissées et fumigées. Cf. Vindonissa, no 96
Ensemble : deuxième moitié Ier s. apr. J.-C. Laufen-Müschhag, pl. 30/6.
90. Inv. 132/988/3499. Pot à col cintré, marqué par 3 103. Inv. 24/988/69. Pot à embouchure en forme d'enton-
cannelures ; bord en forme de bourrelet déversé. noir ; rebord de section quadrangulaire, concave.
Pâte grise, dure, fine ; surfaces noires, lissées. Cf. Pâte gris-brun, savonneuse, grossière ; surfaces
Genève, no 607 ; Vidy 85, no 171 ; Augst, pl. rugueuses. Cf. Laufen-Müschhag, pl. 35/4 première
12/11. moitié Ier s. apr. J.-C. ; Oberwinterthur 2, no 587
Ensemble : Claude-Vespasien. 70-100 apr. J.-C.
91. Inv. 185/990/1239. Pot à épaule marquée, ornée de 104. Inv. 96/988/3411. Pot à panse sphérique ; bord
deux cannelures. Pâte grise claire, savonneuse, fine, rectiligne, déversé. Pâte gris-beige, savonneuse, assez

132
fine ; surfaces lissées. Cf. Vindonissa, no 70 118. Inv. 31/988/1700. Fragment de panse carénée
deuxième moitié Ier s. apr. J. -C. décor de lignes verticales au peigne. Pâte beige,
légèrement savonneuse, fine ; surfaces lissées et
105. Inv. 132/988/3500. Pot à panse ovoïde ; bord de fumigées.
section quadrangulaire déversé. Pâte grise, sa-
vonneuse, assez fine, micacée ; surfaces lissées. 119. Inv. 24/988/221. Petit pot ou gobelet ovoïde à lèvre
Cf. Genève, no 599 ; Soleure, no 66 ; Augst, pl. déversée. Pâte grise, savonneuse, fine, avec quelque
14/5. particules calcaires ; surfaces noires, lustrées. Cf.
Ensemble : Claude-Vespasien. Vindonissa, no 290 ; Tomasevic, no 36.

106. Inv. 84/988/3868. Pot ou gobelet à embouchure en 120. Inv. 29/988/585. Pot ovoïde à bord arrondi replié
forme d'entonnoir ; lèvre rectiligne déversée. Pâte à l'extérieur. Pâte grise, savonneuse, fine ; surfaces
gris-orangé, savonneuse, fine ; surfaces soigneuse- lissées et fumigées. Cf. Laufen-Müschhag, pl. 32/14.
ment lissées, fumigées. Cf. Allschwil, nos 52 à 55 Ensemble : fin Ier-milieu Ille s. apr. J.
Ier J. Augst, 14/7. -C.
première moitié s. apr. -C. ; pl. 121. Inv. 45/988/90. Pot proche du no précédent. Pâte
107. Inv. 4B/988/5. Pot ou gobelet comme le no précé- grise, savonneuse, fine ; surfaces lissées et fumigées.
dent ; transition lèvre/panse marquée par 2 profon- Ensemble : fin Ier-milieu IIIe s. apr. J.
des cannelures. Pâte grise, savonneuse, fine, à -C.
dégraissant micacé ; surfaces lissées. Cf. Vindonissa, 122. Inv. 172/989/425. Fond de pot légèrement concave.
Pâte grise, savonneuse, à gros dégraissant (particu-
no 90 ; Augst, pl. 30/1 : première moitié Ier s. apr. les 2mm).
J.-C.
Inv. 5B/988/73. Pot ou gobelet comme le no précé- 123. Inv. 49/988/2385. Fond de pot ; pied annulaire
108. légèrement oblique. Pâte prise, savonneuse, assez
dent ; lèvre courte déversée selon un angle interne
vif. Pâte grise, savonneuse, à fin dégraissant sa- fine ; surface interne noircie.
bleux ; surfaces lissées. Ensemble : fin Ier-IIe s. apr. J.-C.
Inv. 180/990/1319. Pot ou gobelet à bord rectiligne 124. Inv. 128/988/3379. Fond de pot réutilisé comme
109. jeton percé, probablement
oblique, profilé par un petit ressaut interne dans le fusaïole. Pâte grise,
but de recevoir un couvercle ; sur la panse, décor savonneuse, fine.
de lignes verticales au L' igne, surmonté par un
bandeau convexe. Pâte couleur brique, savon-
125. Inv. 40/988/162. Bouton de couvercle. Pâte grise,
neuse, à fin dégraissant sableux et micacé ; surfaces savonneuse, fine ; surfaces lissées.
noires, soigneusement lissées. Pour la forme, dans 126. Inv. 13/988/3027. Jatte ou marmite façonnée à la
l'idée de Augst, pl. 14/11.
main ; parois obliques ; lèvre en forme de bourre-
Inv. 40/988/164. Pot ou gobelet cylindrique ; lèvre let aplati, débordant à l'extérieur ; fond plat. Sur
110. déversée interne la panse, décor au peigne. Pâte grise, dure, à gros
en forme d'amande selon un angle
par deux cannelures. Pâte grise, dégraissant calcaire ; traces de suie à l'extérieur.
vif et soulignée
à fin dégraissant calcaire, légèrement Cf. Laufen-Müschhag, pl. 40/6 ; 41/8 ; Courroux, pl.
savonneuse,
; surfaces lissées. Cf. Augst, pl. 11/12 et 19A/5 ; 33A/5 ; Vindomssa, no 36 ; Allschwil, pl.
micacé 5/40 ; Bern-Enge, no 25.
13 ; Camulodunum, nos 82 à 84.
Inv. 103/988/3323. Fragment de panse ornée de 127. Inv. 13/988/3874. Jatte ou marmite comme le no
111.
lignes ondulées de petits rectangles en creux précédent.
imprimés à la molette. Pâte gris-beige, légèrement 128. Inv. 45/988/86. Jatte façonnée à la main ; parois
fine ; surfaces noires, fumigées. Cf.
savonneuse, légèrement concaves ; bord aplati incliné vers
Tomasevic, pl. 10/4 ; Augst, pl. 37/14. l'extérieur. Pâte beige, légèrement orangée, dure, à
Inv. 87/988/3192. Panse de pot ovoïde ; sous une dégraissant calcaire ; surfaces lissées. Cf. Laufen-
112. décor de Müschhag, pl. 40/12 ; Oberwinterthur 2, nos 459.
cannelure, petits carrés striés alternati-
à gauche et à droite, imprimés à la molette. Ensemble : fin ler-milieu IIIe s. apr. J. -C.
vement
Pâte grise, savonneuse, fine. Cf. Vindonissa Praeto- 129. Inv. 160/989/312.Jatte à parois rectilignes obliques
rium, no 158. bord arrondi, rentrant. Pâte gris-noire, savonneuse,
Ensemble : Claude-Vespasien.
grossière ; surfaces lissées. Cf Oberwinterthur 1, no
Inv. 35/988/190. Décor comme le no précédent 3: première moitié Ier s. apr. J.-C.
Pâte Ensemble : première moitié ler J.
s. apr.
carrés mieux marqués. gris-noire, savonneuse, -C.
fine ; surfaces lissées. Cf. Auggsst, pl. 14/8 ; 38/7 et 8. 130. Inv. 85/988/3429. Jatte proche du no précédent
Ensemble : fin Ier-milieu IIIe s. apr. J.-C. bord dégagé à l'extérieur par une légère gorge. Sur
Inv. 40/988/3792. Fragment de panse ornée de la panse, décor de lignes verticales au peigne. Pate
lignes de petits ovales imprimés en creux à la noire, assez dure, à dégraissant micacé et calcaire
molette, entrecroisées en losanges. Pâte noire, surfaces lissées et fumigées. Cf. Oberwinterthur 2,
lissées. Cf. no 184: 0-20 apr. J.
savonneuse, assez grossière ; surfaces -C.
Zürich, pl. 39/1 à 4. 131. Inv. 51/988/2880. Jatte à parois rectilignes obliques
Inv. 94/988/3387. Fragment de panse ornée de bord arrondi, dégagé par un profond ressaut
imprimés à la interne. Pâte beige, légèrement savonneuse, fine
rectangles en creux molette. Pâte
savonneuse, assez fine. Cf. Courroux, pl. surfaces soigneusement lissées et fumigées. Cf.
grise,
27/4 ; Augst, pl. 14/11 à 13. Genève-Port, no 45 ; Oberwinterthur 2, no 448
exemplaires en ITS, Claude-Néron.
Inv. 5B/988/75. Décor comme le no précédent. Pâte
savonneuse, fine. Cf. Oberwinterthur 2, no 132. Inv. sd 509/987/292. Petite jatte à parois rectilignes
grise,
341. obliques ; bord horizontal aplati, débordant à
l'intérieur. Pâte grise, légèrement savonneuse, à fin
Inv. 6A/988/199. Fragment de panse ovoïde ornée dégraissant de mica et de calcaire " surface
de petits mamelons à la barbotine. Pâte grise, externe
à fin dégraissant calcaire. Cf. Laufen- soigneusement lissée et fumigée. Cf. Laufen-Müsch-
savonneuse, hag, pl. 40/3.
Müschhag, pl. 30/9 ; Camulodunum, no 95A et
95B ; Vinddnissa, no 98 ; Soleure, nos 87 et 88 : 133. Inv. 4A/988/933. Jatte à parois rectilignes
obliques
deuxième moitié Ier s. apr. J.-C. bord horizontal en forme de bourrelet
aplati,

133
débordant, légèrement incliné vers l'extérieur. Pâte 146. Inv. 178/990/21. Bol à marli horizontal fortement
foncée, dure, à dégraissant rainuré. Pâte gris-brun savonneuse, fine, avec
grise calcaire ; surfaces
lissées et fumigées. quelques paillettes de mica ; surface externe noire,
ée. Dans l'idée d'Avenches-Port,
fumi (pâte nos 239 et
134. Inv. 5A/988/6. Jatte comme le no précédent. 241 claire) : Domitien-Hadrien.
135. Inv. 141/989/274.Jatte à parois rectilignes obliques 147. Inv. 184/990/1238. Ecuelle ou assiette à parois
lèvre de section triangulaire, dégagé à l'intérieur obliques, légèrement incurvées ; bord en forme de
par une rainure et un petit rebord en forme de bourrelet triangulaire, déversé ; petit pied annu-
bourrelet. Pâte grise dure, grossière ; surfaces laire ; fond plat. Pâte grise (coeur rouge-orangé),
lissées et fumigées. CY. Augst, pl. 19/33 ; Oberwin- savonneuse, à fin dégraissant micacé, contenant
terthur 1, no 497 (pâte claire) : fin Ier-IIe s. apr. quelques grains de quartz ; surfaces soigneusement
J.-C. lissées.
136. Inv. 103/988/3312. Jatte à bord replié à l'intérieur 148. Inv. 113/988/3226. Ecuelle à parois incurvées ; bord
transition bord/panse marquée à l'intérieur par 2 aplati, incliné, débordant à l'extérieur. Pâte noire,
cannelures. Pâte grise, assez dure, à fin dégraissant assez dure, à dégraissant calcaire ; surface externe
sableux ; surfaces lissées et fumigées. Cf. Tomase- beige. Cf. Mont Terri 1988, no 438 : Ille-IVe s.
vic, pl. 8/3. apr. J.-C.
137. Inv. 5B/988/72. Jatte à bord replié à l'intérieur. 149. Inv. 45/988/88. Ecuelle comme le no précédent.
Pâte grise, savonneuse, à fin dégraissant sableux Pâte grise, dure, à fin dégraissant calcaire ; surfaces
surfaces lissées. Cf. Laufen-Müschhag, pl. 21/2 lissées.
et 3; Vindonissa Praetorium, no 57 ; Oberwinter- Ensemble : fin Ier-milieu Ille s. apr. J.-C.
thur 2, no 108 : première moitié Ier s. apr. J.-C. Inv. sd 493/987/4511. Ecuelle à parois incurvées
150.
138. Inv. 4B/988/2072. Jatte à bord en forme de bourre- ornées à l'extérieur de 2 cannelures. Pâte beige
let replié à l'intérieur selon un angle externe vif. ((coeur gris), savonneuse, fine ; surfaces lissées et
Pâte grise, savonneuse, à fin dégraissant sableux fumigées. Cf. Vindonissa Praetorium, no 337 (pâte
surfaces lissés et fumigées ; traces de suie à claire) ; Genève, Hôtel de ville, no 97 (fosse 8) :
l'extérieur. Cf. Oberwinterthur 1, nos 11,140 et première moitié Ier s. apr. J. -C.
216 ; Stutheien, no 337.
151. Inv. 139/988/24. Ecuelle à parois incurvées. Pâte
139. Inv. 5B/988/65. Jatte comme le no précédent grise, savonneuse, assez fine ; surface interne noire,
parois incurvées. Pâte grise, savonneuse, à fin lustrée.
dégraissant sableux ; surfaces lissées. Cf. Oberwin- Inv. 7B/988/121. Ecuelle à parois obliques ; bord
152.
terthur 3, pl. 15/94 40-100 apr. J.-C. légèrement ; fond plat. Pâte grise,
arrondi, rentrant
140. Inv. 204/990/1317. Jatte à parois rectilignes, légère- dure, à gros dégraissant calcaire ; surface interne
lissée et fumigée, traces de suie à l'extérieur. Cf.
ment obliques ; bord épaissi en forme de bourrelet
rentrant, dégagé de la panse par un ressaut ex- Courroux, pl. 44/4 ; Laufen-Müschhag, pl. 22/10 et
terne. Pâte grise, assez dure, plutôt grossière, 11 ; Genève, no 703 ; Soleure, no 146 ; Ober-
contenant du mica et des particules calcaires winterthur 2, no 167.
surfaces rugueuses. Proche de Augst, 1.19/5 153. Inv. 62/988/2729. Ecuelle comme le no précédent.
Laufen Müschhag, pl. 24/4 : Ile s. apr. Jp C.
Ensemble : IIe s. apr. J.-C. 154. Inv. 128/988/3373. Ecuelle comme le no précédent
bord rentrant.
141. Inv. 136/988/83. Jatte à parois arrondies ; bord
horizontal, rentrant, dégagé à l'extérieur par une 155. Inv. 162/989/2731. Ecuelle comme le no précédent.
lèvre triangulaire et une gorge ; face supérieure Ensemble : première moitié Ier s. apr. J.-C.
marquée par une légère cannelure. Pâte grise, dure,
à fin dégraissant sableux, avec des inclusions de
mica et de calcaire ; surface externe lissée, surface CERAMIQUE COMMUNE A PATE CLAIRE
interne ornée de petits sillons horizontaux. Dans
l'idée de Besançon, no 70.
Ensemble : milieu IIe-milieu Ille s. apr. J.-C. 156. Inv. 182A/990/697. Dolium à panse arrondie ; bord
en forme de large bourrelet horizontal aplati. Pâte
142. Inv. 199/990/1290. Jatte à parois incurvées ; bord
épaissi en forme de bourrelet légèrement rentrant, orangée (coeur gris), légèrement savonneuse, à
dégraissant micacé et calcaire. Cf. Augst, pl. 21/27 ;
dégagé à l'extérieur par une lèvre triangulaire. Pâte
Laufen-Müschhag, pl. 3/3 ; 45/1-2 ; Zürich, pl.
grise, savonneuse, assez grossière ; surface interne 32/1 : première moitié Ier s. apr. J.-C.
ornée de petits sillons horizontaux.
Ensemble : IIe s. apr. J.-C. 157. Inv. 40/988/129. Pot ou tonneau à bord en forme
de bourrelet arrondi redressé obli quement, dégagé
143. Inv. 178/990/4. Jatte à petit marli horizontal à l'extérieur par 2 cannelures. Pate beige claire,
rebord en biseau, développé à l'intérieur; parois fine. Cf. Vindonissa, no 385 ; Oberwin-
savonneuse,
légèrement incurvées. Pate gris-brun, dure, à terthur 2, no 910.
dégraissant calcaire ; surfaces rugueuses. Cf. Ge-
158. Inv. 193/990/1288. Pot à parois presque verticales
nève, no 699: Ier s. apr. J.-C. lèvre rectiligne légèrement déversée. Pâte beige à
144. Inv. 189/990/1241. Bol ou jatte proche du no beige-orangé, savonneuse, sableuse, à dégraissant
précédent ; bord en forme de bourrelet arrondi. calcaire et micacé ; traces de suie sur la panse.
Pâte gris-brun, assez dure, à dégraissant calcaire Ensemble :à partir du IIe s. apr. J. -C.
surfaces rugueuses.
Ensemble : Ile s. apr. J.-C. 159. Inv. 5A/988/53. Pot ovoïde à lèvre redressée vertica-
lement ; transition bord/panse marquée par une
145. Inv. 200/990/1311. Coupe à parois rectilignes obli- cannelure horizontale irrégulière incisée. Pâte beige-
ques ; bord arrondi, déversé ; collerette légèrement oramngé,dure, à gros dégraissant calcaire (particules
incurvée. Pâte grise, savonneuse, fine ; surfaces lm ; surfaces grossièrement lissées. Cf. Soleure,
noires, lissées et fumigées. no 61 ; Courroux, pl. 28A/5 : exemplaires en pâte
Ensemble : deuxième moitié Ier s. apr. J. -C. sombre.

134
160. Inv. 103/988/3323. Pot ovoïde ; panse ornée de 2 171. Inv. 4A/988/254. Coupe à parois fortement incur-
panneaux délimités par une cannelure. Panneau vées ; bord replié à l'intérieur, dégagé à l'extérieur
supérieur : série de double lignes verticales inci- par une lèvre triangulaire. Panse ornée d'un décor
sées ; panneau inférieur : même décor complété à guilloché. La pièce a subi une trop forte cuisson
droite par de petits rectangles en creux imprimés pâte grise à orangée (coeur gris), légèrement
à la molette. Pate orangée, savonneuse, assez fine savonneuse, assez grossière, micacée ; surfaces
surfaces lissées. Cf. Genève, no 8 (forme 1) lissées. Proche de Augst, pl. 19/28 : Claude.
Oberwinterthur 2, no 18 ; Zürich, pl. 40/1: pre-
du Ier J. 172. Inv. 5B/988/102. Bol à panse arrondie ; bord épaissi
mière moitié s. apr. -C. en forme de bourrelet, marqué par une cannelure
Inv. 162/989/311. Pot à panse ovoïde ; col cintré, externe. Pâte beige-orange, savonneuse, fine
161.
séparé de la panse par un petit ressaut ; fond plat. surfaces lissées et fumigées. Cf. Oberwinterthur 1,
Décor de croissants en creux imprimés à la mol- no 74 ; Zürich, p1.44/9 ; Soleure, nos 35 et 36
ette. Pâte beige-orangé, savonneuse, à dégraissant première moitié fer s. apr. J. -C.
micacé et calcaire ; surfaces lissées ; traces de suie 173. Inv. 160/989/308. Bol à parois légèrement incur-
à l'extérieur. vées ; petite lèvre arrondie, déversée, soulignée par
Ensemble : première moitié du Ter s. apr. J.-C. une cannelure externe. Pâte beige . orangé à brun,
légèrement savonneuse, à fin dégraissant
162. Inv. 103/988/3311. Pot ou gobelet cylindrique ; lèvre calcaire
déversée selon un angle interne vif et surfaces lissées. Cf. Oberwinterthur 1, no 690
rectiligne Vindonissa Praetorium, no 42.
soulignée par un bandeau convexe. Pâte beige-
fine, avec de nombreuses Ensemble : première moitié ler s. apr. J.
orangé, savonneuse, -C.
de mica doré ; surfaces lissées. Cf. 174. Inv. 51/988/2866. Bol comme le no précédent. Pâte
paillettes
Allschwil, pl. 4/32 : Claude. beige-orangé, savonneuse, assez fine, contenant de
Inv. 51/988/2864. Coupe ou bol proche du type nombreuses paillettes de mica doré (Bronzierte
163. 2/37 ; lèvre en forme de bourrelet Ware) ; surfaces lissées.
Lamboglia
déversé, marqué par une gorge interne. 175. Inv. 178/990/3. Bol hémisphérique à gros marli
concave
Pâte orangée, savonneuse, fine, micacée. légèrement retombant, très développé à
son extré-
Inv. 72/988/3935. Coupe à parois légèrement incur- mité. Pâte beige-orangé, savonneuse, fine, contenant
1(4. de rares paillettes de mica. Cf. Augst,
vées ; rebord cintré, souligné à l'extérieur par un pl. 20/42.
petit cordon et à l'intérieur par une gorge. Sur la 176. Inv. 182A/990/696. Bol comme le no précédent
fines cannelures horizontales. Pâte de cou- bord déversé marqué par une cannelure interne.
panse,
leur brique, savonneuse, à fin dégraissant micacé et Pâte beige, savonneuse, fine : traces de vernis brun-
calcaire. rouge à l'extérieur.
Inv. 108/988/3707. Coupe carénée ; parois sinueu- 177. Inv. 7B/988/104. Bol hémisphérique à marli horizon-
165. bord en forme de bourrelet, à tal. Pâte beige-orangé, savonneuse, fine, contenant
ses ; souligné
l'extérieur par une légère gorge. Pâte beige-orangé, de nombreuses paillettes de mica doré ; surfaces
savonneuse, assez fine ; surfaces soigneusement rugueuses. Cf. Vidy 85, no 68 : 150-250 apr. J.-C.
lissées, traces de suie à l'extérieur. 178. Inv. 153/989/339. Bol hémisphérique proche du no
Ensemble : fin Ier-milieu Ille s. apr. J.-C.
précédent ; parois presque verticales. Pâte beige-
Inv. 96/988/3407. Petite coupe à lèvre triangulaire orangé, savonneuse à gros dégraissant calcaire et
166" légèrement déversée ; panse ornée de 2 cannelures. micacé (particules i mm) ; marli noirci par l'action
Pate beige-orangé, savonneuse, fine ; surfaces du feu.
lissées. Cf. Usk, pl. 7/16 (parois fines) ; proche de Ensemble : milieu lle-milieu Ille s. apr. J.-C.
Vindonissa, no 271 (terra nigra). 179. Inv. 29/988/621. Bol hémisphérique à marli horizon-
Inv. 31/988/1704. Petite coupe comme le no précé- tal anguleux. Pâte beige à orangée, savonneuse,
167" dent ; panse ornée d'une seule cannelure. Pâte grossière, à gros dégraissant calcaire (particules
beige-orangé, savonneuse, fine ; surfaces lissées. lmm).
Ensemble : fin Ier-milieu Ille s. apr. J.-C. Ensemble : fin Ier-milieu Me s. apr. J.-C.
180. Inv. 39/988/194. Bol à parois rectilignes obliques et
Inv. 189/990/1240. Petit gobelet ovoïde ; lèvre
à marli anguleux fortement retombant. Pâte bei c)
triangulaire redressée verticalement. Pâte beige à dure, à gros dégraissant calcaire (particules lmm)
beige. orangé, savonneuse, à dégraissant micacé et
; surfaces lissées. Proche de Laufen- surfaces lissées, traces de suie à l'extérieur. Cf.
calcaire Besançon, no 62 :à partir du Ile s. apr. J. -C.
Müschhag, pl. 30/13 : deuxième moitié Ier s. apr. Ensemble : fin Ier-milieu IIIe s. apr. J. -C.
J.-C.
Ensemble : IIe s. apr. J.-C. 181. Inv. 3/988/1033. Coupe à marli horizontal rainuré,
Inv. 114/988/2470. Coupe imitant le type Hofheim
terminé par un rebord vertical. Pâte beige-orangé,
12 ; large collerette ; petit bord arrondi, légèrement savonneuse, fine. Cf. Augst, pl. 19/8 à 14 ; Laufen-
Müschhag, pl. 21/4 : deuxième moitié Ier s. apr.
incliné vers l'intérieur. Pâte orangée, savonneuse, à
J.-C.
fin dégraissant sableux et calcaire, contenant de
paillettes de mica doré (Bronzierte 182. Inv. 2/988/177. Coupe comme le no ne. récédent. Pâte
nombreuses
Ware) ; surfaces soigneusement lissées. Cf. Vindo- beige à beige-orangé, savonneuse, f
nissa, no 68 ; Augst, pl. 19/26.
183. Inv. sd 493/987/450. Coupe proche du no précé-
Ensemble : milieu Ier s. apr. J.-C. dent ; marli moins marqué. Pâte beige, légèrement
Inv. 197/990/1313. Coupe proche du no précédent. savonneuse, contenant des paillettes de mica doré
Collerette presque horizontale ; bord développé, traces de suie à l'extérieur.
marqué par une gorge interne. Pâte beige-orangé 184. Inv. 94/988/3386. Ecuelle à parois incurvées ; bord
(coeur gris), savonneuse, fine, contenant de nom- épaissi en forme de bourrelet. Pâte beige-orangé,
breuses paillettes de mica doré (Bronzierte Ware) savonneuse, à fin dégraissant calcaire. Cf. Augst, pl.
surfaces soigneusement lissées ; traces de suie sur 11/5 ; Genève, no 581 (plat à enduit rouge in-
la panse. Cf. Aust, pl. 19/16 : Claude Vespasien. terne) ; Zürich, pl. 36/1 à3; Oberwinterthur 2, no
Ensemble : deuxième moitié Ter s. apr. J.-C. 162 : première moitié Ier s. apr. J.
-C.

135
185. Inv. 178/990/13. Ecuelle ou poêlon à parois rectili- partie supérieure de petits anneaux. Dans l'idée de
bord légèrement déversé, épaissi à Straubin pl. 102/1 à5: IIe-Ille s. apr. J. -C.
gnes obliques ; ,
l'extérieur ; fond plat. Pâte beige-orangé, savon- Ensemble : milieu IIe milieu Ille s. apr. J. -C.
neuse, fine, contenant quelques grains de quartz et Inv. 1/988/4049. Fragment de spatule ; extrémité en
195.
des paillettes de mica doré ; surface externe noir- forme de cuillère allongée.
cie. Cf. Besançon, no 149 ; Courroux, pl. 55/A-2 :
IIe-Ille s. apr. J.-C. 196. Inv. 29/988/4050. Petite chaînette composée de 10
éléments.
186. Inv. 4A/988/133. Ecuelle à parois rectilignes obli- Ensemble : fin Ier-milieu Ille s. apr. J.-C.
ques ; fond plat. Pâte beige-orangé, dure, fine, à
dégraissant micacé ; revêtement interne orangé à
brun-orangé, adhérant mal. Cf. Laufen-Müschhag,
MONNAIES
fie1.22/9 ; Avenches-Port, no 259 : deuxième moitié
s. apr. J.-C.
197. Inv. 45/988/4053. Antoninien en bronze, cf. RIC IV
187. Inv. 113/988/3197. Ecuelle comme le no précédent. (part 3), p. 30, no 141.
Pâte beige-orangé, savonneuse, fine, légèrement Avers : IMP. GORDIANUS PIUS FEL. AUG.
micacée ; revêtement interne orangé à brun-orangé, Tête radiée à droite.
adhérant mal. Revers : FELICIT. TEMP.
188. Inv. 64/988/3922. Fragment de faisselle à parois Felicité personnifiée, debout à gauche,
obliques. Pâte beige-orangé, savonneuse, fine. Pro- tenant un long caducée et une corne
che de l'idée de Laufen-Müschhag, pl. 31/4 ; Vidy d'abondance.
85, no 63. Gordien III, atelier de Rome, 243-244 apr. J.-C.

198. Inv. 131/988/4054. Antoninien en bronze (monnaie


VERRE fourrée) ; pièce non identifiable, probablement de
la première moitié du Ille siècle apr. J.-C.
189. Inv. 13/988/3892. Fond de récipient (forme difficile-
ment identifiable) ; fond relevé. Présence de la BOIS
cassure du pontil. Verre de teinte olive contenant
quelques petites bulles. 199. Inv. 175/989/453. Pieu no 6 (sapin).
190. Inv. 139/989/128. Coupe proche du type Isings 5 200. Inv. 175/989/454. Pieu no 9 (sapin).
lèvre déversée horizontalement. Verre incolore,
201. Inv. 175/989/456. Pieu no 13 (saule ou aulne).
opaque, meulé. Cf. Limburg, Gläser, no 138 ; Trier,
Gläser, forme 23 : Ier-IIe s. apr. J. -C. 202. Inv. 175/989/455. Pieu no 16 (saule ou aulne).
191. Inv. 1/988/102. Plat proche du type Isings 97 ; bord
déversé horizontalement, souligné à l'extérieur par
un léger décrochement. Verre incolore ; traces de PIERRE
polissage. Cf. Isings, forme 97 : fin IIe-Ille s. apr.
J.-C. ; Trier, Gläser, forme 13 : début IVe s. apr. 203. Inv. 8/988/4052. Partie supérieure de meule (0,34m
J.-C. x 0,14m) ; orifice latéral ; ès rose des Vosges
provenance des Vosges (Allemagne du sud).
BRONZE 204. Inv. 165/989/457. Partie inférieure de meule (0,34m
x 0,07m) ; gorges sur la face supérieure ; conglo-
192. Inv. 82/988/4046. Fibule à charnière ; arc ininter- mérat a dominante vosgienne ; provenance des
rompu prononcé, orné dans la partie supérieure et Vosges.
inférieure d'un décor horizontal. Ardillon perdu ; Ensemble : deuxième moitié Ier s. apr. J.-C.
parties latérales érodées. Pas de traces de zinguage.
Cf. Ettlinger, Fibeln, type 31 ; Courroux, p1.48/8 205. Inv. 189/990/1311.Partie supérieure de meule (0,38m
Laufen-Muschhag, pl. 54/4: milieu Ier-Ire s. apr. x 0,07m) ; orifice central et trous latéraux ;
J.-C. conglomérat à dominante vosgienne de couleur
193. Inv. 29/988/4047. Cuillère à cuilleron rond ; attache tirant sur le rouge ; provenance des Vosges.
Ensemble : He s. apr. J.-C.
marquée par une incision ; manche de section
circulaire. Cf. Riha, Löffel, no 127 : milieu Ier s. 206. Inv. 77/988/4051. Partie inférieure de meule (0,40m
apr. J.-C.
Ensemble : fin Ier-milieu Ille s. apr. J. x 0,06m) ; calcaire lumachellique (coquillé) ; prove-
-C. nance locale ou rhénane.
194. Inv. 61/988/4048. Epingle à cheveux, orné dans la Ensemble : IIe siècle.
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23-28 : Imitations de terre sigillée (ITS)

29 : Parois fines

30-40 : Céramique à revêtement argileux (CRA) Ech. 1: 2


Nos 41 à 51

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Céramique commune à pâte sombre


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Céramique commune à pâte sombre


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188 196

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190

191

184-188 Céramique commune à pâte claire


Ech. 13
189-191 Verre
Ech. 2: 3
192-196 Bronze
Ech. 2: 3
197-198 Monnaies
Ech. 3: 2
._ Nos 199 à 206
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199

203 205

204

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Crédit iconographique

Photographies

Bernard Migy, sauf fig. 84 (G. Dajoz, Muséum d'Histoire naturelle, Genève).

Dessins et plans

Yves Juillerat : fig. 7à 10,18,22,31,71,73,74,83,84,94,95,96 + catalogue nos 189


à 196 et 199 à 202

Martial Meystre : fig. 19,20,28,39,40,42,46 à 49,51,53 à 57,59,69,78,81,91,92 et


93 + catalogue no 56

Francine Viret Bernai : fig. 11,13 à 15,25,26,29,30,32,33,37,58 + catalogue céramique,


dépliant no 2 et dépliant no 3

Emmanuel Ziehli : fig. 1,2,5,38,45,65 + dépliant no 1

Dépôt du mobilier et de la documentation

Section d'archéologie de l'Office du patrimoine historique à Porrentruy.

Adresses des auteurs

Olivier Paccolat et Office du patrimoine historique, Section d'archéologie, casepostale


Michel Guélat 63,2900 Porrentruy 2.
Georges Lambert et Laboratoire de chrono-écologie de l'Université de Besançon, 16,
Catherine Lavier route de Gray, F- 25030 Besançon.
Claude Olive Museum d'histoire naturelle, route de Malagnou 1,1208 Genève
Anne-Marie Rachoud-Schneider Tattes d'Oies 19,1260 Nyon.

Prochains volumes à paraître :

2. L'abri sous roche mésolithique des Gripons à Saint-Ursanne (Nicole Pousaz et al. ).
3. Les bas-fourneaux mérovingiens des Boulies à Boécourt (Ludwig Eschenlohr et al. ).
4. Sondages archéologiques sur le tracé de la N16 entre Porrentruy et Delémont (Catherine
Masserey et al. ).
5. Les sites de l'Age du Bronze final des Viviers à Glovelier et des Montoyes à Boécourt
(Ludwig Eschenlohr, Patrick Paupe et al. ).
6. La villa gallo-romaine des Aiges à Alle (Blaise Othenin-Girard et al. ).
Achevé d'imprimer le
10 février 1991
sous les presses de l'imprimerie du Pays
à Porrentruy
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Boécourt, les Montoyes

Dépliant no 1
Plan des vestiges et
situation des coupes figurées

Prélèvements palynologiques
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497.94

496.75

Boécourt, les Montoyes

Dépliant no 3
Bâtiment sud
pierre à pierre
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