REPLICATION DE L’ADN
Dr. KENGUELE M. Hilaire
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PLAN
I. Aperçu historique
II. Généralités
III. Les modèles de réplication de l’ADN
III.1. Modèle semi-conservatif
III.2. Modèle conservatif
III.3. Modèle dispersif
III.4. Expérience de MESELSON et STAHL
VI. La réplication de l’ADN
VI.1 Propriétés des ADN polymérases des procaryotes
VI.2 La réplication chez les procaryotes
VI.3 Propriétés des ADN polymérases des eucaryotes
VI.4. La réplication chez les eucaryotes
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I. Aperçu historique
La découverte de la molécule d’ADN s’est effectuée grâce aux travaux de plusieurs
chercheurs de spécialités différentes à travers le monde entier. Elle a débuté en 1889
avec l’isolation d’une substance riche en phosphore appelée nucléine (acides
nucléiques + protéines) dans le noyau des leucocytes par le biologiste Suisse Friedrich
MIESCHER.
En 1928, Frederick GRIFFITH à la recherche d’un vaccin contre la pneumonie
développe le concept de « facteur transformant » pour justifier la transformation de la
souche R de la bactérie Streptococcus pneumoniae non virulente en souche S
virulente;
En 1944 , le médecin-chercheur américain Oswald AVERY identifie le « facteur
transformant » comme étant de l’ADN et conclut que l’ADN, et non les protéines, est le
support de l’information génétique .
En 1952, Alfred HERSHEY et Marta CHASE apportent la preuve irréfutable que l’ADN
est support de l’hérédité;
En 1953 , James Watson et Francis Crick découvrent la structure en double hélix de
l’ADN et proposent le model de réplication semi-conservatif;
En 1958, MESELSON et STAHL apportent la preuve irréfutable que la réplication de
l’ADN s’effectue selon un model semi-conservatif.
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II. Généralités
• La réplication de l’ADN se déroule en trois étapes
successives: initiation, élongation et terminaison.
• Elle est mieux caractérisée chez les procaryotes
comparativement aux eucaryotes. La réplication s’effectue
de manière bidirectionnelle à partir d’une origine
(procaryote) ou plusieurs origines (eucaryotes).
• Les ADN polymérases sont des enzymes responsables de
répliquer l’ADN parental. Elles copient l’ADN uniquement
dans le sens 5’3’ et nécessitent une amorce avec
l’extrémité 3’ OH libre.
• Les ADN polymérases sont des enzymes processives car
elles ajoutent plusieurs nucléotides à chaque fois qu’elles
se fixent à l’ADN.
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II. Généralités (2)
• La réplication du brin 3’5’ se fait de manière continue, le brin
néoformé résultant est appelé brin avancé. Par contre, celle
du brin 5’3’ est discontinue (parce qu'elle se fait dans le sens
opposé au déroulement) dans , et le brin synthétisé est alors
qualifié de brin tardif.
• La réplication du brin 5’3’ qui se fait de manière discontinue
génère de courts fragments nucléotidiques connus sous le
nom de fragments d’Okazaki.
• La synthèse des brins avancé et tardif s’effectue de manière
simultanée dans la fourche de réplication.
• La jonction entre les brins séparés et l’ADN bicatenaire non
répliqué est appelée fourche de réplication.
• L’ensemble des protéines participant à la fourche de
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réplication constitue le réplisome.
III. Les modèles de réplication de
l’ADN
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Les trois modèles de la réplication
[Link]
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III.1. Modèle semi-conservatif
Dans ce modèle, la double hélice se déroule et les brins
parentaux servent de matrices pour la synthèse de
nouveaux brins. De sorte qu’après un cycle de réplication,
on obtient deux molécules d’ADN hybrides; c’est-à-dire
constituées chacune d’un brin parental et d’un brin
néoformé.
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[Link]èle conservatif
Dans le modèle conservatif, il n’y a pas d’ouverture
de la double hélice. La double hélice sert de
matrice pour synthétiser les nouvelles molécules
d’ADN. De sorte qu’après un cycle de réplication, on
obtient deux duplexes dont l’un a conservé les brins
parentaux, et l’autre est entièrement constitué de
brins néoformés.
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III.3. Modèle dispersif
L’ADN parental est fragmenté et les brins sont
synthétisés sous-formes de courts fragments. Les
nouveaux fragments et fragments parentaux vont
ensuite s’hybrider pour former deux duplex
constitués chacun de brins hybrides.
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III.4. Expérience de MESELSON et
STAHL
• Expérience de MESELSON et STAHL
• Cultures bactériennes
• Ultracentrifugation sur gradient de chlorure
de césium
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Expérience de MESELSON et STAHL
• L’expérience de Meselson et Stahl a consisté à
cultiver des bactéries dans milieu nutritif
contenant de l’azote radioactif 15N (milieu chaud)
afin de marquer l’ADN. Après plusieurs
générations les bactéries ont été transférées dans
un milieu contenant l’azote 14N,l’isotope normal
(milieu froid). Puis, l’ADN a été extrait des
bactéries à partir des aliquots prélevés à
intervalle de temps régulier. Les deux chercheurs
voulaient connaître la distribution des deux
isotopes dans les molécules d’ADN après
plusieurs cycles de réplication.
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Expérience de MESELSON et STAHL
Pour ce faire, l’ADN a été dissout dans une solution de
chlorure de césium( sel dont la densité est proche de
celle de l’ADN; 1,7g/cm3) contenue dans un tube. Puis, ils
ont procédé à une ultracentrifugation jusqu’à équilibre. Il
s’est alors établi un gradient de densité dans le tube
compris entre 1,66 et 1,76 g/cm3. Les molécules d’ADN
marquées par les deux isotopes d’azote se sont réparties (
grâce à la force centrifuge) dans la région la plus proche
de leur densité. L’ADN, après centrifugation a donné une
bande fine détectée ensuite par son absorption de la
lumière UV( spectrométrie UV). Une mixture d’ADN 15N
et d’ADN 14N a donné deux bandes distinctes après
centrifugation.
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VI. La réplication de l’ADN
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Fragments d’OKAZAKI
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[Link]étés des ADN polymérases des
procaryotes
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• Chez les procaryotes, il existent trois
principales ADN polymérases: I, II, III.
• L’ ADN polymérase I élimine les amorces et
répare l’ADN.
• l’ADN polymérase III est la principale enzyme
de la réplication.
• L’ ADN polymérase II est responsable de la
réparation de l’ADN.
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Activités des ADN polymérases des Procaryotes
Activités ADN polymérase I ADN polymérase II ADN polymérase III
5’-3’ Polymérase + + +
5’-3’ Exonucléase + - -
3’-5’ Exonucléase + + +
L’ADN polymérase I est la seule polymérase à posséder toutes les trois
activités sur le même fragment peptidique. Le fragment peptidique
renfermant les activités 5’-3’ polymérase et 3’-5’ exonucléase est appelé
fragment de KLENOW, du nom de son découvreur.
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VI.2 La réplication chez les procaryotes
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Mécanisme de la réplication chez [Link]
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Etape 1: initiation de la réplication
Elle débute à un site spécifique appelé origine de réplication ( OriC pour
[Link]) situé sur le chromosome circulaire bactérien.
L’initiateur de la réplication chez [Link] est une protéine appelée DnaA. De
nombreuses protéines DnaA se fixent sur l’origine, causent une ouverture de
l’ADN dans la région adjacente, et recrutent une ADN hélicase.
L’ ADN hélicase se fixe sur l’origine et procède au déroulement de l’ADN
bicatenaire en hydrolysant les liaisons hydrogènes reliant les différentes
bases. Ce processus requière de l’énergie sous-forme d’ATP. Le déroulement
de l’ADN par l’hélicase provoque un surenroulement de la molécule d’ADN en
aval; celui-ci est éliminé par l’ ADN gyrase (topoisomérase II).
Ensuite, les protéines SSB (protéines liant l’ADN monocatenaire; single-
stranded DNA- binding protéins ) vont se fixer sur les brins déroulés et les
stabilisés afin d’éviter un éventuel ré-appariement des bases.
Enfin, l’ ADN hélicase s’associe temporairement avec une ARN polymérase
appelée primase. Cette association constitue le primosome et augmente la
capacité de la primase à synthétiser des courts fragments d’ARN appelés
amorces.
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Deux fourches de réplications progressent dans des directions
opposées à partir d’une seule origine
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Etape 2: Elongation
La synthèse du nouveau brin d’ADN commence
avec l’ajout d’un désoxyribonucléotide à
l’extrémité 3’ hydroxyle libre de l’amorce. Cette
réaction est catalysée par une l’ ADN
polymérase III.
L’ ADN polymérase III est la principale enzyme
responsable de la réplication des brins précoce
et tardif chez les procaryotes.
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Formation de la liaison phosphodiester
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Etape 3: terminaison
L’ ADN polymérase I élimine les amorces ARN (activité 5’3’
exonucléase) des fragments d’Okazaki et comble le vide laissé.
Ces fragments sont ensuite reliés les uns aux autres par une enzyme,
l’ADN ligase. Cette enzyme catalyse la formation d’un pont
phosphodiester entre deux fragments en liant l’extrémité 3’OH du
premier fragment au groupement 5’ phosphate du deuxième fragment
nucléotidique.
A la fin de la réplication du chromososme bactérien, les chromosomes
fils restent liés comme deux maillons d’une chaîne.
La décaténation ou séparation est catalysée par une toposisomérase
de type II. Cette enzyme hydrolyse l’ADN bicaténaire d’un des
chromosomes. Ensuite, elle fait passer l’autre chromosome à travers la
coupure avant de ressouder la coupure.
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