Cours Reass V3 2023
Cours Reass V3 2023
Par
Ismaila DIONE
Actuaire ISFA
Doctorant en Modélisation et Calcul Scientifique LMD/RO – FST - UCAD
Directeur Technique- SEN ASSURANCE VIE
Consultant Indépendant
Enseignant Chercheur, Formateur
FST-UCAD / ENSAE / CESAG / ISF / ISI/ IIA
ismailadione33@[Link]
1
Sommaire
Bibliographie :
René VAN GOMPEL (2003) ; les assurances sur la vie.
Michel FROMENTEAU, Pierre PETAUTON (2017) ; Théorie et pratique de l’assurance vie.
Thierry Cohignac (March 2015) ; Reinsurance Pricing and Optimization
Jacques Blondeau et Christian Partrat (2003) ; La Réassurance Approche Technique ; Economica
1. DEFINITIONS:
Plusieurs sont possibles :
Contrat par lequel, moyennant une certaine prime, l'assureur se décharge sur autrui des risques maritimes dont il s'est rendu responsable, mais
dont il ne cesse pas d'être tenu vis-à-vis de l'assuré primitif ; ce premier contrat subsiste tel qu'il a été conçu, sans altération ni innovation"
([Link], 1783).
Contrat intervenant pour réaliser la compensation des écarts, soit par insuffisance du nombre de risques, soit par dépassement anormal des
sinistres espérés" (P. Blanc, 1960).
Opération par laquelle un assureur cède une partie de ses risques à un réassureur qui en accepte la charge, dans des conditions fixées par un
contrat.
Non pas l'assurance de l'assurance, mais l'assurance de l'assureur.
« Une opération de réassurance est un contrat sur lequel un réassureur (dit cessionnaire) vis-à-vis d’un assureur professionnel (dit cédant) qui
répond seul et intégralement vis-à-vis des assurés des risques par lui assurés, prend en charge moyennant rémunération, tout ou partie des
La réassurance permet donc à l'assureur de se décharger d'une partie des risques qu'il a souscrits, mais dont il continue à être juridiquement
responsable, de sorte que le contrat d'assurance subsiste entièrement, sans aucune modification, et que l'assuré n'a aucun recours légal contre le
réassureur. MASTER 2 ACTUARIAT 2021 – COURS DE REASSURANCE 5
GENERALITES
1. DEFINITIONS:
Schéma de l’opération d’assurance
Assurés A B C D
Assureur E F G
Réassureur H I J
Rétrocession K L M
1. DEFINITIONS:
Relation assuré – assureur : un assuré peut avoir différents contrats avec différents assureurs, mais il peut aussi avoir tous ses contrats chez le
même assureur. Dans le cas des grands risques, il est fréquent d’avoir recours à la coassurance, plusieurs assureurs prennent alors chacun une part
du contrat d’assurance.
1. DEFINITIONS:
Relation assureur – réassureur : comme pour le contrat d’assurance, l’assureur est libre d’avoir tous ses contrats chez le même réassureur ou
réassureurs.
Il est assez rare qu’une cédante ait recours à un seul réassureur sur un de ses contrats de réassurance, elle préfère en général élargir son panel de
réassureurs afin de limiter son risque Crédit ; de même, les réassureurs ont en général ce que l’on appelle une « capacité de souscription » qui
correspond à l’engagement maximal qu’ils sont autorisés à avoir sur un contrat donné.
Du fait de cette limitation, ils n’ont souvent pas la possibilité de prendre le risque à 100% et doivent alors le partager avec d’autres réassureurs.
Un des réassureurs est désigné pour représenter les autres et est responsable entre autres de l’élaboration du contrat ainsi que des négociations
éventuelles (ajout postérieur d’une clause, intégration d’un risque spécial…), on l’appelle l’apériteur (leader). Il s’agit en général du réassureur
qui a la plus grosse part mais ce n’est pas systématique.
Il convient de préciser qu’au sein du pool de réassureurs, tout le monde n’a pas nécessairement exactement le même contrat et il arrive par
exemple que l’apériteur ait des conditions plus ou moins favorables que les autres. En effet, le leader souhaite parfois être rémunéré en plus au
titre du travail de gestion et de mise en place du traité. Parfois, certains réassureurs (non nécessairement leader) disposent de conditions plus
favorables, on parle alors de « short fall ».
MASTER 2 ACTUARIAT 2021 – COURS DE REASSURANCE 8
GENERALITES
1. DEFINITIONS:
Relation réassureur – rétrocessionnaire : les réassureurs sont eux mêmes réassurés auprès de rétrocessionnaires (retrocessionnaires) qui sont
également des compagnies de réassurance et qui couvrent d’autres réassureurs. Un réassureur peut très bien faire de la réassurance « classique » et
Bien entendu ni la réassurance ni la rétrocession ne sont obligatoires et les cédantes comme les réassureurs peuvent décider de garder l’ensemble
des risques qu’ils ont acceptés sur leurs fonds propres. Certains réassureurs n’achètent d’ailleurs que très peu de rétrocession et souscrivent « au
net ».
2. HISTORIQUE :
La réassurance n'est apparue que bien après l'assurance, car, tout naturellement, les premiers assureurs se limitèrent à donner une garantie à
hauteur de leurs propres ressources.
Quelques dates :
• 1347 : la première police d'assurance connue est une police maritime, établie à Gênes.
• 1370 : sur une police maritime couvrant un trajet de l'Italie aux Pays-Bas, la portion de voyage qui semblait la plus dangereuse est réassurée,
l'assureur gardant pour son propre compte le trajet effectué en Méditerranée.
• 1584 : on note, sur un trajet de Marseille à Tripoli, une police maritime avec trois souscripteurs.
• 1666 : après le Grand Incendie de Londres, apparition des premières assurances terrestres, en Grande Bretagne.
2. HISTORIQUE :
La réassurance n'est apparue que bien après l'assurance, car, tout naturellement, les premiers assureurs se limitèrent à donner une garantie à
hauteur de leurs propres ressources.
Quelques dates :
• 1681 : ordonnance maritime de Colbert, ministre de Louis XIV : "S'il advient que les assureurs ou aucun d'eux, après avoir signé en quelque
police, se repentent ou aient peur, ou ne voudraient plus assurer sur tel navire, il sera en leur liberté de faire réassurer par d'autres, soit en plus
• 1688 : à Londres, Edward Lloyd ouvre un café qui devient rapidement un lieu de rencontre pour les armateurs et les gens de mer. En 1696,
Edward Lloyd décide de publier un quotidien, "Lloyd'sNews", dont l'objet principal est de recueillir et de publier tous les renseignements
concernant les mouvements des navires. Le café Lloyd's sert aussi de boîte postale pour les clients, de salle des ventes pour les navires, et les
courtiers trouvent commode de fréquenter un lieu où se trouvent réunies tant de personnes susceptibles de s'intéresser à l'assurance maritime. A
la mort d'Edwar dLloyd en 1713, le café continue à fonctionner avec succès. Le Lloyd's List paraît à un rythme hebdomadaire depuis 1734 .
2. HISTORIQUE :
La réassurance n'est apparue que bien après l'assurance, car, tout naturellement, les premiers assureurs se limitèrent à donner une garantie à
hauteur de leurs propres ressources.
Quelques dates :
• 1821 : le 15 Décembre est conclu le premier traité de réassurance, entre la Compagnie Royale d'Assurances, à Paris, et Les Propriétaires
Réunis, à Bruxelles. C'est un Excédent de plein et sa capacité, fort modeste, est de 1 plein.
GÛTERASSEKURANZ.
• 1871 : par un acte du Parlement britannique, le Lloyd's Coffee House devient une corporation, c'est à dire une entité légale, sous le nom de
LLOYD'S.
• 1880 : apparition de la première réassurance non proportionnelle, avec calcul d'une primes péciale qui n'a plus rien à voir avec la prime
originale.
• 1891 : une loi anglaise précise qu'un assureur qui émet une police maritime est autorisé à la réassurer.
3. MARCHE DE LA REASSURANCE
Le tableau suivant présente l’évolution du ratio combiné du marché de la Réassurance de 1988 à 2009;
Le ratio combiné (combined ratio) désigne le rapport entre les coûts totaux (indemnités, commissions, frais généraux) et les primes
encaissée, sans tenir compte du revenu des placements. C'est un indicateur de la rentabilité de la compagnie. Un ratio inférieur à 100 %
signifie que les assurances vendues sont rentables.
3. MARCHE DE LA REASSURANCE
• Jusqu’en 2003, le marché de la réassurance a toujours fait une perte technique, à savoir que le marché payait plus de sinistres et de frais
qu’il ne touchait de primes.
• Ceci peut fonctionner grâce au cycle inversé de la Réassurance. En effet, le Réassureur va d’abord toucher la prime de Réassurance
avant de commencer à payer les sinistres, ce qui est encore plus vrai sur les branches à déroulement long comme la responsabilité civile
par exemple où le réassureur peut commencer à payer les sinistres plusieurs années après avoir encaissé la prime.
• Ainsi, une des parties intégrantes du métier de Réassureur est la gestion d’actifs. En effet, les réassureurs disposent de fonds propres
extrêmement importants ainsi que de provisions plus que conséquentes et les performances effectuées sur le portefeuille d’actifs
deviennent donc essentielles pour les résultats des réassureurs.
• Suite à la crise financière post-World Trade Center, la plupart de compagnies ont décidé de ne plus dépendre uniquement de leurs
produits financiers et qu’elle devait gagner de l’argent sur leur cœur de métier. On observe clairement cette volonté dès lors de maintenir
des ratios combinés inférieurs à 100%.
3. MARCHE DE LA REASSURANCE
• Au niveau mondial, le chiffre d’affaires passe de 4 220 milliards USD en 2008 à 4 892 milliards USD en 2017, soit une progression totale
de 15,92% pour toute la période.
• Le ralentissement des primes observé sur le continent européen a été largement compensé par la progression notée dans les pays
asiatiques, Chine en tête.
• La réassurance, quant à elle, a augmenté à un rythme plus soutenu que celui observé en assurance directe, +4% en rythme annuel
moyen. Les primes de réassurance, qui étaient de 180 milliards USD à fin 2008, passent à 245 milliards USD, soit une progression de
36% pour la période.
3. MARCHE DE LA REASSURANCE
Top 10 du marché mondial de l'assurance en 2019
Chiffres en millions USD
Chiffre d'affaires Ev olution Part de
Rang Pays
2019 2018 2018-2019 marché 2019
1 États-Unis 2 460 123 2 368 305 3,88% 39,10%
2 Chine 617 399 574 890 7,39% 9,81%
3 Japon 459 347 438 412 4,78% 7,30%
4 Royaume-Uni 366 243 380 850 -3,84% 5,82%
5 France 262 283 266 275 -1,50% 4,17%
6 Allemagne 243 852 244 755 -0,37% 3,87%
7 Corée du Sud 174 520 180 386 -3,25% 2,77%
8 Italie 167 838 170 273 -1,43% 2,67%
9 Canada 133 157 129 364 2,93% 2,12%
10 Taïwan 117 823 121 908 -3,35% 1,87%
Total des 10 premiers
5 002 585 4 875 418 2,61% 79,50%
marchés
Reste du marché 1 290 015 1 273 602 1,29% 20,50%
Total général 6 292 600 6 149 020 2,34% 100%
3. MARCHE DE LA REASSURANCE
• La demande de réassurance provient essentiellement des USA (42%) et de l’Europe (45%). Au sein de l’Europe, l’Allemagne (17%) et le
Royaume Uni (11%) représente les principaux acheteurs de Réassurance. La France représente 6% de l’achat de Réassurance mondial.
• En ce qui concerne l’offre de Réassurance, elle provient essentiellement de l’Europe (53%), cette offre provenant principalement de
l’Allemagne (26%) et de la Suisse (16%). Les deux autres marchés fournissant de la Réassurance sont les USA (19%) et les Bermudes
(17%).
3. MARCHE DE LA REASSURANCE
Classement des 10 premiers réassureurs selon les primes émise brutes en 2019
3. MARCHE DE LA REASSURANCE
• AM Best publie le top 50 des réassureurs mondiaux en 2019. Pour la deuxième année consécutive, la première place du classement est
occupée par Swiss Re. La société helvétique enregistre 42,228 milliards USD de primes émises brutes, en hausse de 16% par rapport à
2018.
• Cette performance est à mettre à l’actif du développement de l'activité non vie dans les zones Amérique et EMEA (Europe, Moyen-Orient
et Afrique). Ces deux régions comptent pour 25,1% des revenus de Swiss Re.
• La deuxième place du classement revient à Munich Re avec 37,864 milliards USD de primes. Hannover Re garde la troisième position
avec 25,309 milliards USD de primes.
• AM. Best souligne que les dix premiers réassureurs totalisent 69% des encaissements. Le ratio combiné moyen de l’ensemble des
sociétés s’établit à 102,4%, en légère détérioration par rapport à 2018 (100,9%).
4. UTILITES DE LA REASSURANCE
• La première finalité de la réassurance a été, et est toujours, de diminuer le risque pris par l'assureur. Pour bien comprendre la
réassurance, il faut tout d'abord rappeler certains principes de l'assurance, puisque l'assurance est la « matière première » de la
réassurance.
• Pour une compagnie d'assurances, il est vital de savoir quelle part de ses fonds propres elle risque de perdre au cours d'un exercice, et
avec quelle probabilité. En effet, l'assurance est basée sur le calcul des probabilités de survenance d'un sinistre. A partir de cette
probabilité, la compagnie d'assurance détermine la prime qu'elle demande à ses assurés pour couvrir leurs risques.
• En réalité, les sinistres vont osciller autour d'une moyenne statistique. Pour coller au plus près à cette moyenne statistique,
conformément à la loi des grands nombres, l'assureur va souscrire le plus grand nombre possible de risques, c'est à dire qu'il va collecter
le plus grand nombre de primes sur des risques similaires, de façon à être capable de payer les quelques sinistres qui vont survenir :
c'est le principe de la mutualisation.
4. UTILITES DE LA REASSURANCE
• Pour réduire sa probabilité de ruine, l'assureur va faire en sorte que les écarts autour de cette moyenne statistique soient les plus faibles
possibles. Il pourrait décider :
• D'inclure des chargements importants dans ses tarifs, mais il risquerait de ne plus être concurrentiel;
• D'accroître ses fonds propres, mais ses actionnaires ne seraient peut-être pas d’accord;
4. UTILITES DE LA REASSURANCE
• L'assureur préférera donc se réassurer, afin de pouvoir souscrire et se développer, tout en étant protégé contre les écarts de sinistralité.
La réassurance lui apportera :
• Des conseils sur les grands risques et sur les produits nouveaux.
• En deux mots, nous pourrions dire que la réassurance lui permettra de protéger le bilan de sa compagnie d'assurances.
4. UTILITES DE LA REASSURANCE
• Tous les risques dont la loi statistique est encore mal connue,
• Tous les risques dont les sinistres accumulés peuvent présenter un caractère catastrophique,
• Tous les risques dont le nombre est insuffisant pour que la loi des grands nombres puisse s'appliquer et donc pour que l'écart
entre les sinistres réels et les sinistres théoriques reste dans le seuil tolérable.
• Le portefeuille d'un réassureur est composé ainsi de toutes sortes de cessions dans les branches les plus variées, y compris les
nouvelles branches, en provenance de toutes sortes de marchés et couvrant, bien entendu, tous les types d'événements de nature
catastrophique, est bien différent de celui d'un assureur..
5. ACTEURS DE LA REASSURANCE
Les Réassureurs Professionnels, sociétés spécialisées dans les opérations de réassurance dans le cadre d’un réseau étendu
de relations avec des Cédantes - compagnies d’assurances et de réassurances
Les sociétés d’assurances et de réassurances, exerçant accessoirement de la réassurance active (‘Service ou Département
Réassurance’), l’essentiel de leurs opérations étant de l’assurance directe.
Les Courtiers de réassurance , intermédiaires qui placent des affaires auprès des Réassureurs moyennant une commission
1. Types de réassurance:
la réassurance facultative
1. Types de réassurance:
1.1 le traité de réassurance
Il s’agit de la Réassurance dite « obligatoire ». Elle se matérialise par un contrat de Réassurance dit « Traité » qui définit une catégorie de risques
Par ce Traité, l’assureur dit « Cédante » (Cedant) s’engage à céder tout risque correspondant aux conditions définies précédemment sans effectuer
aucune sélection ; de son côté, le réassureur s’engage à accepter tous ces risques sans effectuer aucune sélection.
Exemple :
Considérons un Traité de réassurance passé entre une cédante C et un Réassureur R avec un taux de prime de 1%
Si vous souscrivez une police MRH chez C, C s’engage a reverser 1% du montant de votre prime à R
En contrepartie R couvrira tout sinistre survenant sur votre police selon les modalités définies dans le Traité
1. Types de réassurance:
1.2 Réassurance facultative
Ce mode de Réassurance est historiquement le plus ancien. Ici, l’accord s’établit pour chaque risque, police par police. Ainsi, la cédante est libre
de proposer les risques qu’elle souhaite au réassureur, libre à lui des les accepter ou non.
Exemple :
Imaginons que la cédante C ait en portefeuille 30.000 risques ayant une valeur assurée inférieure à 10.000.000 et 20 risques avec des valeurs
assurées supérieures dont un risque ayant pour valeur assurée 150.000.000.
La cédante C pourrait se protéger en Traité pour l’ensemble de son portefeuille avec une limite du Traité de 150.000.000. Le coût de la couverture
pour la partie comprise entre 10.000.000 et 150.000.000 serait vraisemblablement bien trop important compte tenu de l’exposition réelle de C
En effet, on demande à son réassureur de nous protéger pour une souscription pouvant aller très haut alors même qu’on n’utilise que très rarement
cette capacité de souscription. Il devient ainsi bien plus intéressant pour C de se protéger en Traité jusqu’à 10.000.000 puis de protéger chacun des
20 risques restants en réassurance facultative.
1. Types de réassurance:
1.2 Réassurance facultative
Ce mode de Réassurance est historiquement le plus ancien. Ici, l’accord s’établit pour chaque risque, police par police. Ainsi, la cédante est libre
de proposer les risques qu’elle souhaite au réassureur, libre à lui des les accepter ou non.
Exemple :
Un contrat sera alors établit pour chacun de ces risques, avec des taux de prime différents pour chaque risque. C n’est pas obligée de tous les
protéger et R n’est pas obligé de tous les accepter, libre à lui de refuser auquel cas C aura le choix entre conserver le risque chez elle ou trouver un
Il est souvent fait appel à des ingénieurs ou à des experts pour la tarification de contrats de réassurance facultative. En effet, le calcul de la prime
dépend alors réellement des caractéristiques techniques du risque et des moyens de protection mis en œuvre. L’appréciation de ces paramètres est
souvent plus du ressort d’un ingénieur que d’un actuaire par exemple.
1. Types de réassurance:
1.3 Réassurance facultative – obligatoire
Pour ce mode de réassurance, la symétrie est brisée entre la cédante et le réassureur. Comme pour la réassurance facultative, l’assureur est libre de
céder ou non les risques de son portefeuille, en revanche, le réassureur est ici obligé d’accepter les risques qui lui sont proposés. Pour chaque
risque déclaré par la cédante, une prime est versée au réassureur (en général un pourcentage de la prime d’assurance directe).
L’inconvénient majeur de ce mode de réassurance est qu’il entraîne pour le cessionnaire un gros risque d’anti-sélection dans son portefeuille. En
effet, la cédante pourrait être légitimement tentée de conserver ses bons risques et de ne céder que les mauvais.
2. Catégories de réassurance:
Proportionnelle ;
Non proportionnelle.
2. Catégories de réassurance:
2.1 La Réassurance proportionnelle
Tous les éléments du risque (capital, prime et sinistre) sont partagés proportionnellement entre l'assureur et le réassureur :
2. Catégories de réassurance:
2.1 La Réassurance proportionnelle
la quote-part
l'excédent de plein.
2. Catégories de réassurance:
2.1 La Réassurance proportionnelle
la quote-part
a) Principe :
L'assureur cède au réassureur un pourcentage constant, appelé taux de cession ou quote-part, des risques qu'il souscrit. Le réassureur
prendra à sa charge le même pourcentage de tous les sinistres qui surviennent, et reçoit, pour prix de ce service, exactement le même
pourcentage des primes originales.
Montant des sinistres à charges du réassurance = Taux de cession * Montant global des sinistres
2. Catégories de réassurance:
2.1 La Réassurance proportionnelle
la quote-part
b) Exemple :
Cession 25%
2. Catégories de réassurance:
2.1 La Réassurance proportionnelle
la quote-part
c) Généralisation:
Soit 𝑋1 + . . . +𝑋𝑛 les sinistres touchant le portefeuille d’assurance et S = 𝑋1 + . . . +𝑋𝑛 la sinistralité agrégée de l’assureur
𝑆 𝑅𝑒 = 𝑥𝑋1 + . . . +𝑥𝑋𝑛
= 𝑥(𝑋1 + . . . +𝑋𝑛 )
= 𝑥𝑆
2. Catégories de réassurance:
2.1 La Réassurance proportionnelle
la quote-part
c) Lien entre quote-part et capital économique:
Soit u le capital d’une compagnie d’assurance et u la variable aléatoire représentant la sinistralité en charge de la compagnie
Sans la probabilité la QP, la probabilité de ruine i.e la probabilité que la sinistralité dépasse le capital et les primes s’écrit par :
𝚸[𝑆 > 𝑢 + 𝑝]
2. Catégories de réassurance:
2.1 La Réassurance proportionnelle
la quote-part
c) Lien entre quote-part et capital économique:
𝑢
𝚸[(1 − 𝑥)𝑆 > 𝑢 + 𝑝(1 − 𝑥)] =𝚸[𝑆 > + 𝑝]
(1−𝑥)
Si l’objectif est de garder une probabilité de ruine constante, la QP autorise la cédante à avoir un capital plus petit
u 1−𝑥 <u
100
La quote-part de taux de cession 𝑥 est équivalente à une augmentation de capital de % selon le critère de ruine.
(1−𝑥)
2. Catégories de réassurance:
2.1 La Réassurance proportionnelle
la quote-part
d) Avantages :
2. Catégories de réassurance:
2.1 La Réassurance proportionnelle
la quote-part
d) Inconvénients :
2. Catégories de réassurance:
2.1 La Réassurance proportionnelle
Réassurance en excédent de plein:
a) Principe :
L'assureur conserve sur chaque risque un montant identique, appelé plein de conservation, et cède au réassureur, sur chaque risque, la
Du fait que le plein de conservation est un montant fixe, les pourcentages de rétention et de cession doivent être calculés pour chaque risque.
Une fois que cette répartition en pourcentage a été calculée, elle reste constante pendant toute la durée de réassurance du risque, tant que la police
originale ne subit aucune variation.
En cas de sinistre, le réassureur prendra à sa charge la portion déterminée par son pourcentage de cession
2. Catégories de réassurance:
2.1 La Réassurance proportionnelle
Réassurance en excédent de plein:
b) Taux de cession :
Plein de rétention : le montant maximal que la Cédante souhaite payer par sinistre.
Considérons les variables suivantes :
Ki R C
x i Min Max , 0 ,
Ki Ki
2. Catégories de réassurance:
2.1 La Réassurance proportionnelle
Réassurance en excédent de plein:
b) Taux de cession :
K R C
x i Min Max i , 0 ,
K i Ki
Ainsi, si 𝐾𝑖 < 𝑅 le taux de cession est nul, la cédante conserve les risques dont le capital assuré est inférieur au plein de rétention
Ces risques représentent en général le plus grand nombre des polices du portefeuille et surtout la plus grande partie de la prime.
L’excédent de plein permet donc de conserver la plus grande partie de sa prime tout en bénéficiant d’une protection proportionnelle
pour ses risques les plus importants. Pour un risque donné, la Cédante paiera au maximum R par sinistre.
2. Catégories de réassurance:
2.1 La Réassurance proportionnelle
Réassurance en excédent de plein:
b) Taux de cession :
En pratique, un excédent de plein est limité à un certain nombre de pleins, disons m (𝐶 = 𝑚 × 𝑅).
𝑚 × 𝑅 + R = 𝑅 × (1 + m)
La cédante peut acheter, si nécessaire, un deuxième, un quatrième, … , excédent pour le cas ou cette capacité de souscription se révèlerait
insuffisante.
Les traités en deuxième, troisième sont nettement plus déséquilibrés que des traités en 1er excédent.
2. Catégories de réassurance:
2.1 La Réassurance proportionnelle
Réassurance en excédent de plein:
c) Exemples :
Exemple 1 :
Reprenons notre exemple avec l’excédent de plein suivant
Plein de rétention : 5.00
2. Catégories de réassurance:
2.1 La Réassurance proportionnelle
Réassurance en excédent de plein:
c) Exemples :
Exemple 1 :
Reprenons notre exemple avec l’excédent de plein suivant
En effet, on remarque sur le graphique précédent que l’engagement maximum de la Cédante est limité à 5 M, à l’exception du risque 6.
Pour un excédent de plein, le Réassureur accorde une capacité maximum (ici 2 fois le plein de rétention), ce qui dépasserait cet engagement
maximum redeviendrait à la charge de la Cédante.
Pour ce risque, l’assureur envisagerait probablement une cession facultative pour le capital assuré entre 15 M et 18 M.
2. Catégories de réassurance:
2.1 La Réassurance proportionnelle
Réassurance en excédent de plein:
c) Exemples :
Exemple 1 :
Reprenons notre exemple avec l’excédent de plein suivant
Lors de la survenance d’un sinistre, la participation du réassureur est calculée sur la base du taux de cession pour le risque sinistré. Ainsi, si un
sinistre de 3 M survient pour le risque 4, la charge du réassureur sera de 3 × 0,2857 = 0,8571 . En revanche, si le même sinistre était survenu
2. Catégories de réassurance:
2.1 La Réassurance proportionnelle
Réassurance en excédent de plein:
c) Exemples :
Exemple 2 :
Considérons le programme de réassurance suivant :
En supposant que la somme assuré est égale à 23 000 000 et la prime originale vaut 46 000, déterminer la part à céder à chaque réassureur.
En supposant qu’un sinistre de 5 000 000 survienne, déterminer la charge de chaque réassureur.
2. Catégories de réassurance:
2.1 La Réassurance proportionnelle
Réassurance en excédent de plein:
d) Avantages :
La réassurance en excédent de plein substitue au portefeuille assuré, un portefeuille conservé pour propre compte plus homogène, pour tout risque
assuré pour un montant supérieur au plein de conservation, l’engagement de la cédante est limité à ce plein.
Grace à l’excédent de plein , l’exposition maximale par risque est limitée au plein.
La cession de prime est moindre avec un excédent de plein, ce qui est sans doute souhaitable. En particulier les petits risques, dont la somme assurée
2. Catégories de réassurance:
2.1 La Réassurance proportionnelle
Réassurance en excédent de plein:
e) Inconvénients :
Gestion :
L’excédent de plein est nettement plus fastidieux au niveau de la gestion que la quôte-part puisque chaque police doit être analyséee pour déterminer
Produits :
La réassurance en l’excédent de plein ne peut qu’avec des branches d’assurances pour lesquelles la somme assurée est déterminée (donc pas les
branches de responsabilité, sauf si ces dernières sont expressément limitées en montant dans la police originale
Cumul de petits risques : ce type de réassurance reste inadéquat contre le risque d’accumulation de petits sinistres
2. Catégories de réassurance:
2.2 La Réassurance non proportionnelle
Le réassureur n’intervient plus en fonction des risques assurés, mais des sinistres survenus. Il prend en charge :
- Soit le montant annuel global des sinistres, au-delà d'un certain pourcentage ou d'un certain montant
2. Catégories de réassurance:
2.2 La Réassurance non proportionnelle
La notation la plus couramment utilisée pour ces deux types de traités non proportionnels (Excédent de sinistre ou Stop Loss) est :
Portée XS priorité
2. Catégories de réassurance:
2.2 La Réassurance non proportionnelle
Un traité en excédent de sinistre par risque couvre les sinistres police par police. Le réassureur s'engage à payer un montant inférieur ou égal à la
portée à chaque fois qu'une police est sinistrée pour un montant supérieur à la priorité. Ce type de traité est utilisé pour donner de la capacité ou
Ainsi si on appelle X le montant d’un sinistre couvert par un traité XS, le montant à la charge du réassureur sera :
0 si 𝑿 ≤ Priorité
2. Catégories de réassurance:
2.2 La Réassurance non proportionnelle
Traite excédent de sinistres par risque
Charge de la Cédante
Il n’y a pas ici de relation entre la proportion de la prime cédée et la part du réassureur dans le règlement des sinistres. La prime d’un XS est en
général exprimée en pourcentage de l’encaissement annuel des risques concernés pour la période considérée
Un XS est en général découpé en plusieurs tranches indépendantes et cotées séparément. Un même programme peut avoir des réassureurs différents
2. Catégories de réassurance:
2.2 La Réassurance non proportionnelle
Traite excédent de sinistres par risque
Exemple :
Montant du sinistre : 180 000 000 F, dont 40 000 000 F (franchise) à charge de la cédante, 95 000 000 F à charge du réassureur
excédent de pleins et 45 000 000 F à charge du réassureur excédent de sinistres catastrophe
3 50 000 000
4 45 000 000
5 60 000 000
Total 180 000 000
2. Catégories de réassurance:
2.2 La Réassurance non proportionnelle
Traite excédent de sinistres par risque
Exemple :
Montant du sinistre : 180 000 000 F, dont 40 000 000 F (franchise) à charge de la cédante, 95 000 000 F à charge du réassureur
excédent de pleins et 45 000 000 F à charge du réassureur excédent de sinistres catastrophe
2. Catégories de réassurance:
2.2 La Réassurance non proportionnelle
Un Working XL ou Working Layer est une tranche "travaillante", c'est à dire une tranche basse qui est fréquemment touchée parce que sa priorité
Un Cat XL ou Cat Layer est une couverture Catastrophe : contrairement à la Working Layer, la Cat Layer est une tranche haute, qui n'est pas
"travaillante". Très souvent, il s'agit d'un XL par événement assorti d'une clause "Two Risks Warranty" (un sinistre affectant une seule police ne
peut pas faire jouer le traité ; il faut au minimum que deux polices soient impliquées dans un même sinistre) et sert à protéger l'assureur contre les
cumuls inconnus.
NB : Dans la plupart des cas, un Working Layer est un XL par risque, tandis qu'un Cat Layer est un XL par événement, mais il ne faut pas
confondre ces notions : le fait de fonctionner par risque ou bien par événement est une définition juridique ; le fait d'être une tranche « travaillante
2. Catégories de réassurance:
2.2 La Réassurance non proportionnelle
Traite excédent de perte
Le excèdent de perte est le même que celui de l’XS, mis à part qu’il protège le ratio S/P de l’année. Ici, la priorité et la portée sont en
général exprimées en pourcentage de la prime directe.
Ainsi, si l’on note X i i 1 à n les sinistres de la Cédante durant la période de couverture, la charge du Stop Loss sera :
0 si
X i
priorité
P
Xi
priorité P si priorité
X i
priorité portée
P P
Xi
S Min Max priorité , 0 , portée P
P
2. Catégories de réassurance:
2.2 La Réassurance non proportionnelle
Prime de réassurance
L’assiette de prime
Cette assiette étant définie sur des primes originales, il faudra préciser s'il s'agit des primes acquises ou émises. Egalement, le traité non
proportionnel peut protéger la rétention de la cédante, ou la totalité d'un portefeuille qu'elle souscrit, ou encore être pour compte commun ; il
faudra donc toujours préciser si l'assiette est sur 100% des primes ou uniquement sur le pourcentage conservé.
Le taux de prime:
2. Catégories de réassurance:
2.2 La Réassurance non proportionnelle
Prime de réassurance
Le taux de prime:
Taux fixe :
La compagnie paie au réassureur un pourcentage fixe de l'assiette de prime, telle qu'elle est définie dans le traité. Ce taux est renégocié
chaque année.
Taux variable :
Le but est d'ajuster le coût de la protection non proportionnelle en faisant varier le taux de prime en fonction des résultats. Ce taux variable
est défini avec un minimum et un maximum, avec application d'un chargement sous forme de coefficient multiplicatif ( par ex : 100/70 ;
100/75 ; 100/80).
2. Catégories de réassurance:
2.2 La Réassurance non proportionnelle
Prime de réassurance
Prime minimum et de dépôt :
Pour éviter que les réassureurs ne perçoivent que tardivement la prime qui leur est due, les traités prévoient le paiement par l'assureur d'une
prime provisionnelle, en général équivalente à 80% de la prime définitive estimée. Cette prime est :
Provisoire: elle sera ajustée en fin d'année, lorsque l'assiette sera connue ;
Minimum: pour protéger le réassureur contre une sous-tarification brutale des polices de l'assureur, ou la non-réalisation de ses
objectifs commerciaux;
Fractionnée: son paiement s'effectue en avance, par moitié ou par quart. Lorsque le taux est variable, elle est calculée sur 100% du
taux minimum.
NB :
La réassurance non proportionnelle ne se faisant pas à la prime originale, il n'y a pas de commission de réassurance.
A l'exception de quelques XL qui fonctionnent par exercice de souscription (Risk Attaching) dans les branches Transports ou TRC, les
traités non proportionnels fonctionnent par exercice de survenance (Loss Occurring) ; leur prime est calculée pour 12 mois, sans notion de
prime acquise ou non acquise ; par conséquent, il ne peut pas y avoir de dépôt de prime dans les comptes.
2. Catégories de réassurance:
2. 3 La Réassurance Facultative
Fonctionnement
La réassurance facultative est une réassurance par contrat pour laquelle la cédante est libre de proposer le risque au réassureur tandis que ce
dernier se réserve la faculté de l’accepter ou de refuser. En pratique, elle ne se rencontre que dans l’assurance des risques les plus lourds.
Pour la réassurance facultative, la cédante soumet le contrat original au réassureur et l’accord de ce dernier vaut contrat. La réassurance
facultative est le seul moyen pour les cédantes de couvrir des risques exceptionnellement grands.
la réassurance facultative est achetée par une cédante lorsque le risque à assurer dépasse la capacité mise à sa disposition par la réassurance en
traité ou lorsque le risque à assurer ne tombe pas dans la catégorie des risques automatiquement couverts au traité.
La réassurance facultative est donc plutôt adaptée à des risques hors norme, c’est à dire à des polices d’assurance pour lesquelles les valeurs
2. Catégories de réassurance:
2.3 La Réassurance Facultative
Caractéristique
2. Catégories de réassurance:
2.3 La Réassurance Facultative
Utilités
des grands risques pour lesquels les sommes assurés dépassent largement la capacité de souscription de la compagnie ;
Inconvénients
avant d’accepter une affaire, l’assureur doit s’assurer le concours des réassureurs;
du point de vue du réassureur, ce mode de réassurance nécessite une forte capacité de souscription et une connaissance spécialisée des risques;
ce mode de réassurance présente une lourdeur de décision et des coûts de gestion élevés.
2. Catégories de réassurance:
2.3 La Réassurance Facultative
Tarification
Exemple :
Considérons une cédante disposant d’un Traité en excédent de Plein à la prime commercial avec un Plein de conservation de 1 000
000 F CFA, un engagement du réassureur de 5 Pleins, une commission de 30% et une PB de réassurance de 25%.
Soit une tête assurée de 40 ans, pour un Capital décès annuel de 10 000 000 F CFA:
Le tarif d’une TD de durée un an, à 3,5% de la Table de mortalité CIMA H est de 0,35 % du capital, déterminer la prime à céder en
réassurance facultative.
2. Catégories de réassurance:
2.3 La Réassurance Facultative
Tarification
Exemple :
Considérons une cédante disposant d’un Traité en excédent de Plein à la prime commercial avec un Plein de conservation de 1 000
000 F CFA, un engagement du réassureur de 5 Pleins, une commission de 30% et une PB de réassurance de 25%.
Soit une tête assurée de 40 ans, pour un Capital décès annuel de 10 000 000 F CFA:
La capacité du Traité étant de 6 000 000 F CFA, la cédante doit placer en Facultative, le reste du Capital garanti, soit 4 000 000 F CFA.
Le tarif d’une TD de durée un an, à 3,5% de la Table de mortalité CIMA H est de 0,35 % du capital: soit une prime à céder en
réassurance facultative de 0,35%* 4 000 000 = 13 986 F CFA.
FONCTIONNEMENT
Nous avons vu que l'équilibre financier d'un assureur peut être mis en danger par différentes sortes de sinistres :
Pour un assureur, le choix de son plan de réassurance fait partie intégrante de sa stratégie : un plan de réassurance qui serait mal adapté coûterait
cher, serait peu efficace et nuirait à son développement.
On appelle plan de réassurance l’ensemble des protections de réassurance d’une Cédante. En général, les produits présentés précédemment sont
Il permet à l’assureur :
De ne conserver que la part des affaires qu'il estime pouvoir souscrire sans mettre en danger son équilibre
financier,
FONCTIONNEMENT
L'assureur va donc conclure avec un ou plusieurs réassureurs un ensemble de traités obligatoires assortis d'un engagement maximum, fixé en
fonction de la capacité maximale dont il estime avoir besoin pour son développement commercial.
Protéger les résultats des traités quand les risques sont très hasardeux,
Souscrire un risque dans une branche pour laquelle il ne dispose pas d'un traité obligatoire, soit parce qu'il souscrit trop peu de risques, soit
parce qu'il s'agit de risques nouveaux dont la sinistralité potentielle est encore mal connue.
FONCTIONNEMENT
Le plan de réassurance obéit à deux finalités : équilibrer les comptes techniques par branche et contrôler l'exposition. Le choix de l'assureur sera
Rendre plus homogène la taille des sinistres potentiels, en fonction de son profil de portefeuille ;
Simplifier sa gestion ;
Moduler son volume de primes conservées selon les contraintes de marge de solvabilité ;
NB : d'un point de vue strictement fiscal, une compagnie a intérêt à se réassurer, car les primes cédées constituent une charge déductible alors
qu'une provision exceptionnelle devrait être réintégrée dans les bénéfices et supporterait donc l'impôt sur les sociétés.
Agricultural : 14M
Industrial : 19M
Notons que la capacité de 7M de l’umbrella est ici une capacité annuelle (le réassureur paiera au maximum 7M sur l’année). Tous les autres traités
de Réassurance sont supposés garantir la même couverture quel que soit le nombre et l’intensité des sinistres les touchant. L’erreur de PML n’est
26
couverte que par l’umbrella et pas par les autres traités.
19
Umbrella
PML Error
XS 3
Capacité : 7M
6 XS 13
13
Excédent de Plein
Capacité 7M XS 2
Plein de rétention : 7M 6 XS 7
7
XS XS
XS 1
sur rétention QP sur rétention
3 XS 4
2,5 XS 2 3 XS 4 4
50%
Application 1
Enoncé
Sur base de la structure de Réassurance présentée, pour une couverture du 01.01.2004 au 31.12.2004, calculer la charge sinistre de la Cédante pour la
sinistralité suivante :
Date Sinistre fgu SMP du risque Branche
03.01.2004 7.000.000 15.000.000 Industrial
14.02.2004 3.000.000 3.000.000 Private & Commercial
17.03.2004 12.000.000 9.000.000 Private & Commercial
09.04.2004 3.000.000 4.000.000 Agricultural
14.05.2004 10.000.000 12.000.000 Agricultural
24.06.2004 10.000.000 14.000.000 Industrial
17.07.2004 8.000.000 8.500.000 Private & Commercial
03.08.2004 18.000.000 13.000.000 Agricultural
23.09.2004 3.000.000 8.000.000 Industrial
15.10.2004 3.000.000 12.000.000 Agricultural
18.11.2004 23.000.000 19.000.000 Industrial
Private & Commercial Agricultural Industrial
Sinistre Assureur QP XS Assureur EP XS Assureur XS1 XS2 XS3 Umbrella
7
3
12
3
10
10
8
18
3
3
23
100
Application 1
Corrigé
SinistreCharge
fgu de l’assureur Commentaire
7.000.000 4.000.000 Rétention de l’XS, le reste est pris en charge par le 1 er XS
3.000.000 1.500.000 = 3 * 50% (application du Quote Part)
1.500.000 est inférieur à la priorité de l’XS sur rétention qui ne joue pas
La capacité de souscription est de 9M dans cette branche. Il y a donc 3M
12.000.000 2.000.000 d’erreur de SMP qui vont dans la couverture umbrella (reste 4M de
capacité)
Application 1
Corrigé
Charge de l’assureur
Sinistre fgu Commentaire
Le SMP du risque est de 13M, il y aurait donc 5M à charge de l’umbrella,
18.000.000 5.000.000 mais il n’y a plus que 4M de capacité et donc 1M sont à la charge de
l’assureur
Charge de l’assureur : 4 + 4 = 8
Application 1
Corrigé
Nous ne dresserons pas là une liste exhaustive des clauses que l’on peut rencontrer en Réassurance, dans la mesure où une telle liste
n’existe pas, mais nous présenterons simplement les clauses les plus usuelles,
1. Aggregate
Limite Aggregate (« Annual Aggregate Limit », AAL)
Avec une franchise annuelle ou limite annuelle, le réassureur limite son intervention annuelle à un montant défini à l’avance.
Ainsi, quelque soit le nombre de sinistres rentrant dans l’XS, le Réassureur ne paiera pas plus que l’AAL
Si l’on note 𝑋𝑖 les charges XS des sinistres rentrant dans la tranche durant l’année, la charge annuelle du Réassureur sera :
Min AAL; X i
i
1. Aggregate
Franchise Aggregate (« Annual Aggregate Deductible », AAD)
Afin de limiter la sinistralité à charge du réassureur et donc faire chuter la prime de réassurance, la cédante peut conserver en rétention une
franchise annuelle.
L’AAD se comporte comme une franchise annuelle sur la somme agrégée des paiements dus par le Réassureur à sa Cédante au titre de l’XS. Ainsi, les
Avec les mêmes notations que précédemment, la charge annuelle du Réassureur sera :
Max 0; X i AAD
i
2. Aggregate
Franchise Aggregate (« Annual Aggregate Deductible », AAD)
Exemple :
Considérons un traité 500 XS 250 comportant un AAD de 450 (se note également 500 XS 250 XS 450). Le tableau suivant montre le fonctionnement
2. Aggregate
Franchise Aggregate (« Annual Aggregate Deductible », AAD)
Exemple :
Considérons un traité 500 XS 250 comportant un AAD de 450 (se note également 500 XS 250 XS 450). Le tableau suivant montre le fonctionnement
NB : On constate bien que la charge totale du réassureur avec clause correspond à celle du Réassureur sans la clause à laquelle on applique une
franchise de 450, soit le montant de l’AAD.
MASTER 2 ACTUARIAT 2021 – COURS DE REASSURANCE 80
I.
LES CLAUSES PARTICULIERES DES TRAITES NON PROPORTIONNELLES
de reconstitution sert donc à reconstituer la couverture après un sinistre ; autrement dit, à maintenir pour la cédante le même niveau de
protection.
La clause de reconstitution de garantie s'applique dès que la portée a été partiellement ou totalement absorbée par un sinistre.
Dans la pratique, lorsque rien n'est précisé, le traité est supposé fonctionner avec des reconstitutions illimitées et gratuites.
Toutefois, pour éviter tout mal entendu ultérieur, il est préférable de définir le nombre et les conditions des reconstitutions, en même temps que
la cotation.
Lorsque le réassureur accorde N reconstitutions de garantie, il s'engage à payer au maximum N+1 fois la portée durant la période de référence du
traité : la garantie initiale + les reconstitutions. Le nombre de reconstitutions peut être illimité (cas fréquent en RC Auto). En bonne logique, si la
portée est illimitée, le nombre de reconstitutions est lui aussi illimité.
(prorata temporis +prorata capita). La prime additionnelle est donc toujours proportionnelle au montant de couverture absorbé, et
éventuellement au temps restant à couvrir sur la période de référence.
Le calcul de la reconstitution de garantie et le paiement de la prime additionnelle doivent se faire dès que l'XL est touché, afin que les
caractéristiques du traité demeurent inchangées jusqu'à la fin de l'année.
On rencontre souvent des reconstitutions illimitées et gratuites sur les tranches Working, mais limitées et payantes sur les tranches Cat.
En théorie, ces reconstitutions peuvent être calculées prorata capita (proportionnelle au montant à reconstituer), prorata temporis
(proportionnelle au temps restant à couvrir jusqu’à la fin de la période de couverture) ou au double prorata. En pratique, les reconstitutions sont
généralement calculées au simple prorata capita, quelque soit le moment de l’année où elles sont payées.
Combien le réassureur de l’XL peut-il supporter de charge de sinistre maximale dans l’année?
reconstituer?
1ère Reconstitution
1 380 000 x (3 000 000/4 000 000) x (9 mois/12 mois) soit 776 250
Après survenance du sinistre S1, il reste pour le traité la possibilité de payer encore 9 000 000:
1 000 000 au titre de la 1ère reconstitution + 4 000 000 au titre de la 2ème + 4 000 000 de porté.
A charge réassureur en sinistre payé 4 000 000 parce que limité à la porté du traité
1 380 000 x (1 000 000/4 000 000) x (6 mois /12 mois) soit: 172 500
A charge réassureur en S.A.P 4 000 000 parce que limite à la portée du traité
3 000 000 + 4 000 000 + 4 000 000 = 11 000 000 avec une couverture restante de 1 000 000.
Prime : 8,25
Couverture
Date Sinistre Charge XS Reconstitution Prime
en vigueur
15 XS 6 XS
1.01 8,25
4
1.02 18
1.03 30
1.05 15
1.07 20
1.09 9
Total 92
Prime : 8,25
Couverture
Date Sinistre Charge XS Reconstitution Prime
en vigueur
15 XS 6 XS
1.01 8,25
4
8
1.02 18 8 8 8,25 50% 2,2 15 XS 6
15
7
7 8, 25 50% 1,925
15
1.03 30 15 15 XS 6
8 10
8 8,25 100% 3,667
15 12
7 8
1.05 15 9 7 8,25 2,567 13 XS 6
15 12
1.07 20 13 0 0 Nil
1.09 9 0 0 0 Nil
Total 92 45 3 15 30 2 15 18,609
Cette clause permet, lorsque le solde de réassurance est positif, de rendre à la Cédante une partie des bénéfices réalisés par le réassureur.
Les frais du réassureur ne correspondent en général pas aux frais réels mais correspondent juste à un taux contractuel négocié entre les deux
parties.
La clause de participation aux bénéfices peut également prévoir un report des sinistres pendant une certaine durée, qui peut être illimitée. Ainsi, en
cas de survenance d’un sinistre majeur pour le réassureur rendant le solde de Réassurance négatif, ce solde sera reporté l’année suivante et pris en
compte dans le calcul de la participation aux bénéfices. Dans ce cas, le solde de Réassurance s’écrit :
Prime de Réassurance - Sinistres à charge du réassureur – frais du réassureur + Min (0 ; solde (n - 1))
4. No claim Bonus
Cette clause stipule que si la tranche considérée n’est pas touchée une seule fois durant la période de couverture, le réassureur rendra à la Cédante
un pourcentage x % de la prime de réassurance. Lors de la tarification de cette clause, il est important de prendre en compte l’arbitrage que va faire
la Cédante. Ainsi, si la Cédante a des sinistres qui représentent un loss ratio de réassurance inférieur à ce x%, elle ne les déclarera probablement pas
de manière à tirer le meilleur parti de sa couverture et obtenir un remboursement de x% de sa prime.
Ainsi, lors des simulations effectuées pour la tarification, il faut considérer que tous les loss ratios simulés inférieurs à x% entraîneront un paiement
de x% par le réassureur en vertu de la clause de No Claim Bonus.
5. Clause d’Indexation
But
Elle permet de conserver le niveau économique des bornes (priorité et portée) du traité pour des exercices de survenance successifs. En effet, avec le
temps, les bornes du traité perdent leur signification à cause de l'érosion monétaire.
Afin de conserver une même couverture au fil des années, on peut donc indexer les bornes du traité sur un indice économique correspondant à
l'évolution des coûts des sinistres dans la branche considérée. Par exemple : indice des salaires pour un traité Individuelle Accident ; indice du coût
de la construction pour un traité Incendie ou Tempêtes.
5. Clause d’Indexation
Exemple
Traité XS Incendie : 2 000 XS 1000 en 2018
Hypothèses :
- D’une part, que le réassureur ne soit pas impliqué sur des sinistres moins importants que lors de la signature du traité ;
- D’autre part, que la couverture de réassurance ne diminue pas ; la cédante reste dons protégée en cas de sinistre majeur.
La Prime de réassurance est calculée sur les primes émises originales, en fonction du partage du risque entre l’Assureur et son Réassureur.
Le Sinistre est constitué des Indemnités proprement dites, majorées des Frais de règlement, des Honoraires d’expert ainsi que des Frais judiciaires.
2. Mouvements de Portefeuille
Les Entrées et Sorties de Portefeuilles Primes et Sinistres se justifient par le fait que la période de validité des traités de réassurance ne coïncide pas
Les Entrées s’effectuent en début d’exercice alors que les Sorties se font à la fin de l’exercice.
La Gestion des Traités Proportionnels est conditionnée par la manière dont le sinistre est imputé à un exercice donné.
2. Mouvements de Portefeuille
Le sinistre est rattaché à l’exercice d’émission de la police. Le Réassureur présent au moment de l’établissement du contrat sera impliqué dans le
règlement du sinistre, même si le sinistre sera payé dans les exercices à venir... : qui perçoit le Prime …paie le Sinistre.
Pour ce type de contrat, les entrées et sorties de Portefeuille Primes et Sinistres ne se justifient absolument pas ; il n y aura ni Entrée ni Sortie de
Portefeuille.
Cette gestion est utilisée dans le cas de branches à développement long (ex. RC Auto).
D’un point de vue technique, ce système apparaît comme le plus équitable puisque l’influence des provisions techniques n’agit pas sur le résultat
final du traité de réassurance.
2. Mouvements de Portefeuille
Le sinistre est affecté à l’exercice au cour duquel il survient, quelque soit par ailleurs l’année de son règlement par la cédante.
Mais le problème se pose si une police d’assurance est frappée d’un sinistre en 2015, par exemple, et que la Prime a été émise en 2014. (la Prime
cédée est, soit ventilée par exercice, soit affectée au dernier exercice vivant).
Le réassureur de 2014 n’est pas concerné car il s’agit d’un sinistre de 2015.
Par contre le réassureur qui intervient à partir du 1e janvier 2015 doit prendre en charge le sinistre, après avoir reçu, auparavant, la portion de prime
- Prime non acquise - correspondant au risque entre 1/1/2015 et l’échéance de la police 1/2/2015.
Il faut donc une Entrée de portefeuille Primes (EPP) pour le réassureur de 2015, égale à la Prime non acquise au 31/12/2014 ; ce montant
correspond à un Retrait de Portefeuille Primes pour le Réassureur de 2014
2. Mouvements de Portefeuille
Pour ce type de gestion, les sinistres sont rattachés par exercice comptable. Il est utilisé pour les branches à développement court car les provisions
technique doivent être fiables. On distingue trois cas :
1. Police annuelle émise dans l’année N; sinistre survenu dans l’année N et payé dans l’année N
2. Police annuelle émise dans l’année N; sinistre survenu et payé dans l’année N+1
Le réassureur qui intervient à partir du 1e janvier de l’année N+1 prend en charge le sinistre, après avoir reçu au préalable la portion de prime
Il faut donc une Entrée de portefeuille Primes pour le réassureur de l’année N+1, qui correspond à un Retrait de Portefeuille Primes pour le
Réassureur de N.
2. Mouvements de Portefeuille
Pour ce type de gestion, les sinistres sont rattachés par exercice comptable. Il est utilisé pour les branches à développement court car les provisions
technique doivent être fiables. On distingue trois vas :
1. Police annuelle émise dans l’année N; sinistre survenu dans l’année N et payé dans l’année N
2. Police annuelle émise dans l’année N; sinistre survenu et payé dans l’année N+1
Le réassureur qui intervient à partir du 1e janvier de l’année N+1 prend en charge le sinistre, après avoir reçu au préalable la portion de prime
Il faut donc une Entrée de portefeuille Primes pour le réassureur de l’année N+1, qui correspond à un Retrait de Portefeuille Primes pour le
Réassureur de N.
2. Mouvements de Portefeuille
Pour ce type de gestion, les sinistres sont rattachés par exercice comptable. Il est utilisé pour les branches à développement court car les provisions
technique doivent être fiables. On distingue trois cas :
3. Police annuelle émise dans l’année N; sinistre survenu dans l’année N et non payé au 31/12/N
Pour ce cas de figure, la compagnie constitue une provision pour sinistre à payer au 31/12/N. Le sinistre étant connu au début de l’année n+1, le
réassureur de l’année N+1 le prendra en charge à condition qu’il reçoivent par avance Entrée de portefeuille Sinistres, qui correspond à la PSAP au
31/12/N. Le réassureur de l’année N supportera pour, lui, une sortie de portefeuille de Sinistres
2. Mouvements de Portefeuille
Pour ce type de gestion, les sinistres sont rattachés par exercice comptable. Il est utilisé pour les branches à développement court car les provisions
technique doivent être fiables. On distingue trois cas :
3. Police annuelle émise dans l’année N; sinistre survenu dans l’année N et non payé au 31/12/N
3. LA COMMISSION DE REASSURANCE
La réassurance commerciale réclamée par l’assureur au preneur d’assurance comprend, outre la prime pure ( i.e la sinistralité attendue, ou encore
l’espérance mathématique de sinistralité), le chargement pour rémunération du capital mis à disposition par l’actionnaire, le chargement pour frais
généraux et le chargement pour rémunération à payer à l’intermédiaire.
La prime cédée au réassureurs est égal à la prime commerciale multipliée par le taux de cession. Le réassureur reçoit ainsi une fraction identique de
En réalité, la commission de réassurance tend à devenir le prix que le réassureur est prêt à payer pour participer à un traité, en intégrant des notions
La commission de réassurance peut être fixe ou à échelle, avec un maximum et un minimum, en fonction de la sinistralité. Dans tous les cas, elle est
toujours définie dans le contrat de réassurance.
Le taux de commission dépend de la Branche, du type de traité, du marché d’assurance ainsi que des résultats des traités.
5; Dépôt de garantie
En représentation de ses engagements (Provisions techniques), le Réassureur va « prêter » à l’Assureur des montants qui correspondent à sa part
dans les primes non acquises et les sinistres en suspens. Il s’agit de mesures de sécurité prises en faveur des cédantes.
Les Assureurs retiennent donc entre leurs mains des dépôts de garantie - dépôts Primes (REC) et dépôts Sinistres (SAP) - qui peuvent être effectués
soit en espèces soit sous forme de titres.
Dans le Compte courant de réassurance, les dépôts constitués à une date donnée doivent être libérés une année plus tard, puis rémunérés (intérêts
sur dépôts).
Ces dépôts ne sont pas considérés comme des éléments techniques : ce sont des éléments financiers et figurent au bilan de la Cédante…
Cependant, il y a une certaine correspondance entre les Dépôts de garantie et les Provisions techniques…
6. LA COMMISSION DE REASSURANCE
Exemple
Prime : 6 600 66 %
6. LA COMMISSION DE REASSURANCE
Exemple
Prime : 6 600 66 %
6. LA COMMISSION DE REASSURANCE
Exemple
Prime : 6 600 66 %
II est établi par la cédante et présente la situation et les mouvements, en se plaçant du point de vue du réassureur, c'est à dire que les sinistres
La périodicité des comptes est variable : trimestrielle, semestrielle ou annuelle. Les comptes sont envoyés au réassureur dans le délai indiqué dans
le texte du traité. Les comptes sont établis en monnaie originale ou en monnaie principale. Lorsque les monnaies ne sont pas transférables, les
comptes sont convertis en une monnaie forte. Quelle que soit la monnaie adoptée, il est indispensable de préciser le cours de change qui sera retenu.
Le règlement s'effectue par la partie débitrice dans un délai relativement court (un mois à six semaines). Lorsqu'il existe plusieurs affaires entre
l'assureur et le réassureur, il peut se produire une compensation entre les différents soldes.
Le compte courant comprend habituellement deux parties : une partie technique et une partie financière.
La partie technique
Au crédit :
- L'entrée de portefeuille prime au 1/1/N pour les risques en cours (rec) au 31/12/N-1,
- L'entrée de portefeuille sinistres au 1/1/N pour les sinistres a payer (sap) au 31/12/N-1.
Au débit :
La partie financière
Schéma d’illustration
COMPTE DE CESSION EN REASSURANCE VIE
CEDANTE :
NATURE DU TRAITE :
PERIODE (1) : MONNAIE (2):
DESIGNATION DES OPERATIONS DEBIT CREDIT
Primes émises nettes d’annulations (3) xxxxx
E
Commissions (4) xxxxx
U
IQ
N
CH Sinistres payés (5) xxxxx
TE
Créditeur xxxxx
IE
Solde Technique
RT
PA
Débiteur xxxxx
Total
Créditeur xxxxx
Repport Solde Technique
Débiteur xxxxx
Dépôts constitués (6)
Provisions pour Sinistres en suspens constituées xxxxx
Provisions pour risques en cours constituées xxxxx
ERE
La tarification probabiliste
Notons
X i ,n le sinistre n° i de l’année n,
Rappelle :
La tarification sur expérience tient compte de la sinistralité passée du portefeuille sur plusieurs années. Après redressement des données pour les
rapporter à la situation économique et à l’exposition de l’année de cotation, le réassureur est en mesure de calculer la charge de sinistre dans le traité
de réassurance.
Notons X i ,n
Taux de Réassurance n i
GNPI
n
n
Cette approche serait valide si toutes les années d’observation historique étaient comparables avec l’année de cotation, ce qui n’est en général pas le
Fréquence des si ni stres Montants des si ni stres Pri mes encai ssées
Paramètres économi ques :
Inflation * *
Paramètres de souscri pti on :
Polices d’assurance directes (tarifs originaux,
* * *
franchises, garanties…)
Réassurance préalable * * *
Paramètres techni ques :
Degré de prévention (sprinkler, portes coupe feu) * *
Evolutions techniques (nouveaux matériaux, nouvelles
* * *
constructions)
Paramètres de portefeui l l e :
Composition du portefeuille (proportion des différents
* * *
types de risques, répartition géographique)
Nouvelles affaires, affaires perdues * * *
Nous allons donc modifier les données de la Cédante pour constituer ce que l’on appelle une statistique « as-if », c'est-à-dire comparable à l’année
de cotation.
Il faut pour cela indexer les sinistres, les primes et leur appliquer les conditions de réassurance de l’année de cotation : ainsi, si on regarde un XS sur
rétention d’un excédent de plein, il faudra considérer les sinistres nets de l’application de cet Excédent.
L’idée principale est qu’un sinistre de 100.000 en 1990 n’est certainement pas comparable à un sinistre de 100.000 en 2021. En effet, l’évolution
économique et l’inflation ont un impact sur les coûts des sinistres. On va donc indexer les sinistres par rapport à un indice représentatif, par exemple
l’indice du coût de la construction pour des sinistres incendies en assurance de particuliers.
Soit
n l’année de cotation
Ik l’indice de l’année k
In
Alors on a : S nk S k
Ik
Il faut pour cela indexer les sinistres, les primes et leur appliquer les conditions de réassurance de l’année de cotation : ainsi, si on regarde un XS sur
rétention d’un excédent de plein, il faudra considérer les sinistres nets de l’application de cet Excédent.
Exemple.
Sinistre as if = : ?
Il faut pour cela indexer les sinistres, les primes et leur appliquer les conditions de réassurance de l’année de cotation : ainsi, si on regarde un XS sur
rétention d’un excédent de plein, il faudra considérer les sinistres nets de l’application de cet Excédent.
Exemple.
𝟏𝟐𝟐𝟓
Sinistre as if = 𝟏𝟎𝟎 𝟎𝟎𝟎 × = 𝟏𝟑𝟎, 𝟒𝟓𝟖
𝟗𝟑𝟗
Il faut pour cela indexer les sinistres, les primes et leur appliquer les conditions de réassurance de l’année de cotation : ainsi, si on regarde un XS sur
rétention d’un excédent de plein, il faudra considérer les sinistres nets de l’application de cet Excédent.
• Indexation de la prime
Nous allons considérer que la prime représente l’exposition et donc que la fréquence de sinistres est directement liée à cette prime. Il convient donc
de calculer également des primes « as if ». Ici, les primes sont influencées par 2 éléments : l’érosion monétaire comme précédemment, mais
également les cycles tarifaires des primes d’assurance.
Conservons les notations précédentes et notons en plus 𝑇𝑘 l’indice de changement de tarif de l’année k. Par changement de tarif, on entend ici le
coût de 1 FCFA de Somme Assurée (indépendant de l’inflation qui est reflétée dans la somme assurée totale) et non pas le coût total de la police
d’assurance qui dépend lui de l’inflation.
Il faut pour cela indexer les sinistres, les primes et leur appliquer les conditions de réassurance de l’année de cotation : ainsi, si on regarde un XS sur
rétention d’un excédent de plein, il faudra considérer les sinistres nets de l’application de cet Excédent.
• Indexation de la prime
On a alors :
I n Tn
Pkn Pk
I k Tk
Il faut pour cela indexer les sinistres, les primes et leur appliquer les conditions de réassurance de l’année de cotation : ainsi, si on regarde un XS sur
rétention d’un excédent de plein, il faudra considérer les sinistres nets de l’application de cet Excédent.
• Indexation de la prime
Exemple
Prime « as if » = ?
Il faut pour cela indexer les sinistres, les primes et leur appliquer les conditions de réassurance de l’année de cotation : ainsi, si on regarde un XS sur
rétention d’un excédent de plein, il faudra considérer les sinistres nets de l’application de cet Excédent.
• Indexation de la prime
Exemple
Construisons d’abord l’indice de changement tarifaire en supposant une base 100 en 1990 :
Il faut pour cela indexer les sinistres, les primes et leur appliquer les conditions de réassurance de l’année de cotation : ainsi, si on regarde un XS sur
rétention d’un excédent de plein, il faudra considérer les sinistres nets de l’application de cet Excédent.
• Indexation de la prime
Exemple
Construisons d’abord l’indice de changement tarifaire en supposant une base 100 en 1990 :
Il faut pour cela indexer les sinistres, les primes et leur appliquer les conditions de réassurance de l’année de cotation : ainsi, si on regarde un XS sur
rétention d’un excédent de plein, il faudra considérer les sinistres nets de l’application de cet Excédent.
• Remarque
Notons que si l’on tarifie un XS par risque avec une priorité relativement haute pour un portefeuille comportant 50% de risque simple et 50% de
risques industriels, il serait plus approprié de considérer uniquement la prime industrielle pour ses calculs.
En effet, un doublement de la prime risque simple a peu de chances d’avoir un quelconque impact sur la fréquence des sinistres touchant le traité
alors qu’à inflation et conditions tarifaires constantes, un doublement de la prime industrielle devrait quasiment doubler la fréquence des sinistres
touchant le traité.
Il convient à chaque fois de se poser la question : « quelles données dois je utiliser et pourquoi ? ».
On fait ici l’hypothèse que nous avons pu corriger tous les effets de distorsion du portefeuille.
C 0n C1n C nn 1
n , n ,..., n constitue un échantillon iid d’espérance t.
P0 P1 Pn 1
On pourrait naturellement penser à l’estimateur empirique, ce dernier étant trivialement sans biais :
1 n 1 C in
t̂ n
n i 0 Pi
n 1
C n
i
t̂ i 0
n 1
i
P n
i 0
Cet estimateur est beaucoup plus stable que le premier, ce qui est important en Réassurance où la quantité d’information est en général limitée. On
montre aisément que cet estimateur est sans biais.
3M XS 1M
On a la statistique « as if » suivante :
3M XS 1M
On a la statistique « as if » suivante :
3M XS 1M
On a la statistique « as if » suivante :
Bien que séduisante par sa simplicité et son côté intuitif, cette méthode ne peut s’appliquer qu’à des tranches disposant de suffisamment
d’historique de sinistralité, ce que l’on appelle les tranches travaillantes (« working layers »).
En effet, une tranche qui n’a jamais été touchée ne vaut pas 0 !
Il est de même extrêmement difficile de donner le prix d’une tranche très haute touchée une seule fois par exemple, tout dépend alors de la période
de retour du sinistre considéré ; on peut prendre l’exemple d’une tranche haute qui n’aurait été touchée que par l’incendie de la tour Windsor à
Madrid et qui ne disposerait que de 6 ans de données exploitables, doit on considérer que cette tranche serait entièrement traversée tous les 6 ans et
Portée
6
La tarification probabiliste
Notons
X i ,n le sinistre n° i de l’année n,
Rappelle :
La tarification sur expérience tient compte de la sinistralité passée du portefeuille sur plusieurs années. Après redressement des données pour les
rapporter à la situation économique et à l’exposition de l’année de cotation, le réassureur est en mesure de calculer la charge de sinistre dans le traité
de réassurance.
Notons X i ,n
Taux de Réassurance n i
GNPI
n
n
Cette approche serait valide si toutes les années d’observation historique étaient comparables avec l’année de cotation, ce qui n’est en général pas le
Fréquence des si ni stres Montants des si ni stres Pri mes encai ssées
Paramètres économi ques :
Inflation * *
Paramètres de souscri pti on :
Polices d’assurance directes (tarifs originaux,
* * *
franchises, garanties…)
Réassurance préalable * * *
Paramètres techni ques :
Degré de prévention (sprinkler, portes coupe feu) * *
Evolutions techniques (nouveaux matériaux, nouvelles
* * *
constructions)
Paramètres de portefeui l l e :
Composition du portefeuille (proportion des différents
* * *
types de risques, répartition géographique)
Nouvelles affaires, affaires perdues * * *
Nous allons donc modifier les données de la Cédante pour constituer ce que l’on appelle une statistique « as-if », c'est-à-dire comparable à l’année
de cotation.
Il faut pour cela indexer les sinistres, les primes et leur appliquer les conditions de réassurance de l’année de cotation : ainsi, si on regarde un XS sur
rétention d’un excédent de plein, il faudra considérer les sinistres nets de l’application de cet Excédent.
L’idée principale est qu’un sinistre de 100.000 en 1990 n’est certainement pas comparable à un sinistre de 100.000 en 2021. En effet, l’évolution
économique et l’inflation ont un impact sur les coûts des sinistres. On va donc indexer les sinistres par rapport à un indice représentatif, par exemple
l’indice du coût de la construction pour des sinistres incendies en assurance de particuliers.
Soit
n l’année de cotation
Ik l’indice de l’année k
In
Alors on a : S nk S k
Ik
Il faut pour cela indexer les sinistres, les primes et leur appliquer les conditions de réassurance de l’année de cotation : ainsi, si on regarde un XS sur
rétention d’un excédent de plein, il faudra considérer les sinistres nets de l’application de cet Excédent.
Exemple.
Sinistre as if = : ?
Il faut pour cela indexer les sinistres, les primes et leur appliquer les conditions de réassurance de l’année de cotation : ainsi, si on regarde un XS sur
rétention d’un excédent de plein, il faudra considérer les sinistres nets de l’application de cet Excédent.
Exemple.
𝟏𝟐𝟐𝟓
Sinistre as if = 𝟏𝟎𝟎 𝟎𝟎𝟎 × = 𝟏𝟑𝟎, 𝟒𝟓𝟖
𝟗𝟑𝟗
Il faut pour cela indexer les sinistres, les primes et leur appliquer les conditions de réassurance de l’année de cotation : ainsi, si on regarde un XS sur
rétention d’un excédent de plein, il faudra considérer les sinistres nets de l’application de cet Excédent.
• Indexation de la prime
Nous allons considérer que la prime représente l’exposition et donc que la fréquence de sinistres est directement liée à cette prime. Il convient donc
de calculer également des primes « as if ». Ici, les primes sont influencées par 2 éléments : l’érosion monétaire comme précédemment, mais
également les cycles tarifaires des primes d’assurance.
Conservons les notations précédentes et notons en plus 𝑇𝑘 l’indice de changement de tarif de l’année k. Par changement de tarif, on entend ici le
coût de 1 FCFA de Somme Assurée (indépendant de l’inflation qui est reflétée dans la somme assurée totale) et non pas le coût total de la police
d’assurance qui dépend lui de l’inflation.
Il faut pour cela indexer les sinistres, les primes et leur appliquer les conditions de réassurance de l’année de cotation : ainsi, si on regarde un XS sur
rétention d’un excédent de plein, il faudra considérer les sinistres nets de l’application de cet Excédent.
• Indexation de la prime
On a alors :
I n Tn
Pkn Pk
I k Tk
Il faut pour cela indexer les sinistres, les primes et leur appliquer les conditions de réassurance de l’année de cotation : ainsi, si on regarde un XS sur
rétention d’un excédent de plein, il faudra considérer les sinistres nets de l’application de cet Excédent.
• Indexation de la prime
Exemple
Prime « as if » = ?
Il faut pour cela indexer les sinistres, les primes et leur appliquer les conditions de réassurance de l’année de cotation : ainsi, si on regarde un XS sur
rétention d’un excédent de plein, il faudra considérer les sinistres nets de l’application de cet Excédent.
• Indexation de la prime
Exemple
Construisons d’abord l’indice de changement tarifaire en supposant une base 100 en 1990 :
Il faut pour cela indexer les sinistres, les primes et leur appliquer les conditions de réassurance de l’année de cotation : ainsi, si on regarde un XS sur
rétention d’un excédent de plein, il faudra considérer les sinistres nets de l’application de cet Excédent.
• Indexation de la prime
Exemple
Construisons d’abord l’indice de changement tarifaire en supposant une base 100 en 1990 :
Il faut pour cela indexer les sinistres, les primes et leur appliquer les conditions de réassurance de l’année de cotation : ainsi, si on regarde un XS sur
rétention d’un excédent de plein, il faudra considérer les sinistres nets de l’application de cet Excédent.
• Remarque
Notons que si l’on tarifie un XS par risque avec une priorité relativement haute pour un portefeuille comportant 50% de risque simple et 50% de
risques industriels, il serait plus approprié de considérer uniquement la prime industrielle pour ses calculs.
En effet, un doublement de la prime risque simple a peu de chances d’avoir un quelconque impact sur la fréquence des sinistres touchant le traité
alors qu’à inflation et conditions tarifaires constantes, un doublement de la prime industrielle devrait quasiment doubler la fréquence des sinistres
touchant le traité.
Il convient à chaque fois de se poser la question : « quelles données dois je utiliser et pourquoi ? ».
On fait ici l’hypothèse que nous avons pu corriger tous les effets de distorsion du portefeuille.
C 0n C1n C nn 1
n , n ,..., n constitue un échantillon iid d’espérance t.
P0 P1 Pn 1
On pourrait naturellement penser à l’estimateur empirique, ce dernier étant trivialement sans biais :
1 n 1 C in
t̂ n
n i 0 Pi
n 1
C n
i
t̂ i 0
n 1
i
P n
i 0
Cet estimateur est beaucoup plus stable que le premier, ce qui est important en Réassurance où la quantité d’information est en général limitée. On
montre aisément que cet estimateur est sans biais.
3M XS 1M
On a la statistique « as if » suivante :
3M XS 1M
On a la statistique « as if » suivante :
3M XS 1M
On a la statistique « as if » suivante :
Bien que séduisante par sa simplicité et son côté intuitif, cette méthode ne peut s’appliquer qu’à des tranches disposant de suffisamment
d’historique de sinistralité, ce que l’on appelle les tranches travaillantes (« working layers »).
En effet, une tranche qui n’a jamais été touchée ne vaut pas 0 !
Il est de même extrêmement difficile de donner le prix d’une tranche très haute touchée une seule fois par exemple, tout dépend alors de la période
de retour du sinistre considéré ; on peut prendre l’exemple d’une tranche haute qui n’aurait été touchée que par l’incendie de la tour Windsor à
Madrid et qui ne disposerait que de 6 ans de données exploitables, doit on considérer que cette tranche serait entièrement traversée tous les 6 ans et
Portée
6
Lorsque l’on ne peut utiliser les données de la Cédante pour tarifer un XS, une idée est alors d’utiliser un portefeuille de composition similaire à
celui que l’on doit tarifer et pour lequel on dispose de données suffisantes. C’est ce qu’on appelle la tarification par exposition.
Ainsi, cette méthode ne se réfère pas à l’expérience passée de la Cédante mais à son profil de risque actuel..
Un profil de risque est simplement un tableau synthétique donnant les principales caractéristiques du portefeuille c’est-à-dire par bandes assurées,
Dans ce type de cotation, on essaie de comparer le portefeuille considéré à un portefeuille de marché le plus semblable possible.
La tarification par exposition relève de la même démarche que la tarification des traités proportionnels mais au cas des tranches XS. Il s’agit en
effet de répondre à la question quelle part de la prime d’assurance revient au réassureur pour une tranche XS au lieu d’un quote part.
Le principal avantage de cette méthode est qu’elle est extrêmement simple à appliquer une fois que les courbes de tarification sont connues. Il
La tarification sur exposition est une méthode de tarification des XS basée sur :
Le taux de destruction : est le ratio du coût d’un sinistre sur la somme assurée de la police afférente
Il est compris entre zéro et un , car le coût X du sinistre ne peut pas être supérieur à la somme assurée M
La fonction de la courbe d’exposition G : est le rapport entre la prime pure retenue par la cédante pour une tranche illimitée : +∞XSF et la prime
pure à la base
La fonction d’exposition G(f) est exprimée en fonction de la franchise normalisée. La franchise normalisée est définie par
Avec N la variable aléatoire correspondant au nombre de sinistre du portefeuille et X la variable aléatoire correspondant au coût du sinistre.
Rappel :
La fonction G étant le rapport de deux primes pures, elle ne dépend pas de l’espérance du nombre de sinistres E[N] ni de la somme assurée M.
Rappel :
∞
𝐸 𝑥 = න 1 − 𝐹 𝑥 𝑑𝑥
0
Démo : exo