Benin Concept Note
Benin Concept Note
SEPTEMBRE 2021
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SOMMAIRE
1- Contexte et justification
2- Objectif de développement et résultats attendus
3- Description du projet
3-1- Composantes et actions/activités
3-2- Cibles du projet
3-3- Zone d’intervention
3-4- Théorie de changement
4- Coût et schéma de financement
5- Mécanisme de mise en œuvre
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1- Contexte et justification
L’agriculture est l’un des secteurs majeurs de l’économie béninoise. Elle est
caractérisée par la prédominance de petites exploitations agricoles de type familial. Le
potentiel agricole du Bénin repose sur des atouts naturels : climats et zones
agroécologiques favorables, superficies cultivables encore faiblement exploitées et
ressources en eaux globalement disponibles. Cependant, les performances du secteur
agricole restent limitées par les modes de gestion des ressources naturelles agricoles
dont principalement les sols cultivés. Environ 2,2 millions d’hectares de terres, soit 19%
du territoire national, ont été dégradées entre 2000 et 2010 (soit un taux de dégradation
de 220 000 ha/an).Globalement, 29 % et 33 % des terres au Bénin se trouvent dans un
état respectivement de forte et, moyenne dégradation (PSI-GDT, 2010). Or, le sol est la
première ressource agricole et la plus prépondérante pour le maintien et la durabilité de
la productivité agricole. La dégradation des sols se caractérise par la réduction, suite
aux phénomènes physiques, chimiques ou anthropiques, de la capacité du sol à
produire des services écosystémiques agricoles, de régulation, ou des biens culturels.
Au Bénin, la dégradation concerne tous les types de sols et l’ensemble des Pôles de
Développement Agricole. Une étude récente du projet Protection et Réhabilitation des
Sols pour améliorer la sécurité alimentaire (ProSOL) conduite dans 562 villages de 18
communes des départements du Zou (9 communes), des Collines (2 communes), du
Borgou (3 communes) et de l’Alibori (4 communes), a mis en évidence les faibles, voire
très faibles niveaux de fertilité desdits sols soumis depuis des décennies à la pratique
de l’agriculture itinérante sur brûlis, presque sans assolement ou jachère appropriés ni
restitution de résidus de récoltes et caractérisés par des pH acides (voir figure 1).
100 91 93 91
90
80
70 62
60
50
40
27
30
20 11
10 6 3 5 5 4
2
0
Alibori Borgou Collines Zou
Fertilité faible à très faible Fertilité moyenne Fertilité bonne à très bonne
Source : : Igué et al, 2015) « Etat de fertilité des sols et système d’exploitation dans certains villages
des communes du Bénin »
La même étude a montré que les sols au sud du Bénin (terres de barre ou sols
ferrallitiques) sont caractérisés par une forte acidité qui ne permet pas aux plantes
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d’exprimer leur potentiel de productivité. Ce pH est généralement situé entre 4 et 5,8.
Par contre au Nord et au Centre Bénin, le pH n’est pas une grande contrainte pour le
développement des plantes.
Par ailleurs, les sols sont caractérisés par une forte acidité qui ne permet pas aux
plantes d’exprimer leur potentiel de productivité. Une étude réalisée par Ton a permis
de caractériser le pH des sols au Bénin qui varie en moyenne entre 5,7 à 6,5 contre une
référence mondiale de 6,5 à 7,5. Dans l’ensemble, le pH est acide à peu acide dans
83% des cas et neutre seulement dans 17% des cas.
Il faut également signaler que le Bénin est classé 14ième sur 181 pays le plus vulnérable au
changement climatique, selon l’indice de vulnérabilité climatique de ND-GAIN (Notre Dame
Global Adaptation Initiative).De même, le Bénin a perdu près de 85% de ses forêts denses et
plus de 30% de son couvert végétal de 1978 à 2010, selon la FAO. Les émissions nettes totales
sont estimées à environ 7792 Gg CO2eq en 2015 contre 682 Gg CO2eq en 1997, soit plus de
11 fois en deux décennies.
Une analyse approfondie révèle que les principales causes de la dégradation des sols
au Bénin sont : (i) les systèmes de production agricoles traditionnels, hérités des
techniques de l’agriculture itinérante (la culture itinérante sur brûlis qui détruit la flore, la
matière organique ainsi que la faune et la microfaune du sol) ; (ii) le développement de
la monoculture ; (iii) les feux de végétation tardifs et la déforestation ; (iv) les facteurs
naturels comme les pluies et le relief qui exacerbent les phénomènes d’érosion surtout
dans les espaces dénudés.. Par ailleurs, la croissance démographique contribue elle
aussi indirectement à la dégradation des sols. En effet, le taux de croissance
démographique au Sud et au Centre du Bénin évolue à un rythme soutenu et en vue de
faire face à la demande sans cesse croissante en produits agricoles, les périodes de
jachères sont raccourcis voire inexistantes. Ceci doublée de l’inexistence ou du non-
respect des schémas directeurs d’aménagements des communes (SDAC) accentue
l’état de dégradation des sols. En somme la déforestation ou le dégarnissement des
terres ainsi que des pratiques agricoles inadéquates mènent à une perte de matière
organique par érosion et sur-minéralisation, avec comme corollaire la recherche
permanente des terres forestières plus fertiles par les producteurs agricoles.
Selon FAO et ITPS. 2015, la dégradation des sols constitue une grave menace pour les
services écosystémiques en Afrique subsaharienne, particulièrement la production
durable et la sécurité alimentaire. Cette dégradation est occasionnée par plusieurs
facteurs, notamment : le surpâturage, la déforestation, les techniques culturales
inappropriées et l’expansion de l’agriculture sur des terres marginales, l’augmentation
de la population, le changement climatique et la pauvreté.
La très forte dégradation des sols a induit les conséquences ci-après :
(i) de très faibles rendements de l’ensemble des cultures : les moyennes des
rendements des principales cultures sur les dix dernières années sont
présentées dans le tableau suivant :
Tableau 1 : Moyennes des rendements des principales cultures de 2010 à 2020
Cultures Potentiel (kg/ha) Moyennes des rendements (kg/ha) Taux
Maïs 3.500 à 4.000 1290 32%
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Riz 6.000 à 8.000 3411 43%
Coton 2.500 à 4.000 974 24%
Ananas 90.000 57689 64%
Anacarde 1.000 à 1.500 323 21%
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cotonnières du Bénin par le biais d’une transition écologiquement et socialement
durable des systèmes de culture à base coton.
Les principales technologies GDT promues par les différents projets sont : le paillage à
l’aide de débris végétaux ou des résidus de récolte, l’utilisation des légumineuses
(mucuna, pois d’angole, etc.) ou des déjections animales, le parcage du bétail, la fumure
par fosse, les compostages, la jachère améliorée, la fertilisation organo-minérale, les
rotations et associations culturales intégrant les légumineuses, l’utilisation de l’inoculum
sur le soja, le non arrachage des pieds de soja après récolte, le minimum tillage, le
Système de Riziculture Intégrée (SRI), l’aménagement des bas-fonds, l’agroforesterie
à base de Cajanus, Glyricidia, Enterolobium, Aeschynomene, Acacia, Eucalyptus,
Stylosanthes, haricot fourrager, etc., le reboisement et l’enrichissement des reliques et
galeries forestières, les pratiques des pare feux, les digues de pierres, les cordons
pierreux, le labour perpendiculairement à la pente De même, le biochar/terra preta,
pratique héritée des populations précambriennes de l’Amazonie a été identifié comme
un intérêt commun d'échange mutuel d'idées et de besoins entre les projets ProSOL du
Bénin et de l'Inde, pour la protection et la réhabilitation des sols dans les deux pays.
L’application du biochar/terra preta a été réalisée par deux méthodes d’activation en
culture cotonnière et maïzicole dans les zones d’intervention du ProSOL. Les résultats
de l’étude ont indiqué que la terra prêta des balles de riz ne serait pas adapté à la
majorité des sols du Bénin qui sont déjà acides. Par contre, le biochar à partir des rafles
de maïs avec un pH de 10,21 est mieux indiqué pour les sols au Bénin. (Dossou et al.,
2019). Les résultats de l’analyse de sols entre le début des essais et la fin en milieu
paysan montrent que le biochar activé a amélioré la teneur en matière organique, la
capacité d’échanges cationiques (CEC), le pH et les bases échangeables du sol.
Une étude réalisée en février 2017 par Institute for Advanced Sustainability Studies
(IASS) a recensée 24 technologies GDT développées par une quarantaine de projets.
Globalement 14 ont connu un niveau d’adoption très faible (soit 58 %), 6 un niveau faible
(soit 25 %) et seulement 4 technologies un niveau moyen (soit 16 %). Les technologies
sont regroupés en cinq (5) grand groupes : (i) gestion intégrée de la fertilité des sols ;
(ii) barrières naturelles contre l’érosion ; (iii) agroforesterie ; (iv) gestion intégrée de
l’agriculture et l’élevage ; (v) autres technologies. Le tableau 2 indique les niveaux
d’adoption par type de technologie.
Il faut signaler que dans le cadre de la restauration de la fertilité des sols au niveau des
exploitations cotonnières, l’Association Interprofessionnelle du Coton (AIC) a mis en
œuvre un projet d’utilisation de l’amendement phosphocalcique. Ainsi, en 3 ans, plus
de 30.000tonnes d’engrais phosphocalcique ont été mises en place dans les zones où
l’acidité des sols est manifeste en vue d’améliorer durablement leur production.
L’amendement phospho-calcique, en dehors du fait qu’il représente une importante
source de phosphore et de calcium contribue à freiner voire abaisser l’acidité des sols
cultivés. Il participe à l’augmentation du niveau de productivité des exploitations
agricoles, à la limitation des risques d'extensification, préjudiciables à l'environnement,
à la maîtrise de la production et à la qualité des produits agricoles. Jeremy Cordingley
,(2017) a montré que le rendement d’un champ de maïs sur sol ferrallitique acide au
Kénya chaulé est passé de moins d’une tonne à 8 tonnes/ha.
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Au regard de tout ce qui précède il s’avère alors nécessaire d’apporter, de manière
globale à l’échelle de l’ensemble des pôles de développement agricole, des solutions
face à la dégradation avancée de nos sols. Ceci justifie l’élaboration du Projet d’Appui
à la Gestion Durable du Capital Sol au Bénin.
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Tableau 2 : Niveaux d’adoption des différentes technologies GDT
N° Niveau Solutions possibles
Technologie GDT d’adoption Contraintes à l’adoption
Gestion intégrée de la fertilité des sol
Faible (zones Sud Difficulté d’enfouir les résidus ; Travail Mettre en andain, réaliser des paillages
Gestion des résidus de et Centre) supplémentaire ; Manque d’outils Trouver des outils appropriés Concevoir
récoltes Moyen (zone adéquats ; Destruction des résidus de peur des outils agricoles Appropriés Contrat
Nord) des dégâts des animaux transhumants ; de parcage avec les éleveurs pour les
Génère des opérations plus difficiles pour résidus ligneux Capitaliser sur la gestion,
les productrices ; Usage du feu de catégoriser les résidus (ligneux et moins
végétation sur les tas de résidus ligneux) Sensibiliser les producteurs
Broyage des résidus
Pois d’Angole Moyen (zone Sud) Rechercher les raisons de cette lenteur
Faible (zone Nord) Production de grain qui ne cuit pas parce de cuisson et identifier des variétés
que produit sur certain sol ; Dégâts des compatibles aux besoins des
animaux sur la biomasse ; Feu de populations ; Embocagement ; Faire des
végétation sur biomasse ; Rendement faible pare feux ; Tiges à mettre en andain ou à
et qualité de graine mauvaise à la utiliser comme bois de feu (sud Bénin) ;
production de la 2ème année ; Tiges Répertorier et documenter les variantes
difficilement dégradables ; Non
capitalisation des différents itinéraires
techniques
Mucuna Trais faible Gestion difficile de la biomasse Semer sous couverture végétale ; Utiliser
(enfouissement difficile pour les dans l’alimentation animale (porcs,
agriculteurs) ; Graines non comestibles par ruminants, volaille) ; Proposer aux
l’homme ; Perte de la petite saison de producteurs le système d’assolement
cultures ; Lieu de prédilection des rongeurs rotation ; Utiliser des appâts, se protéger
et des reptiles ; Plante envahissante ne avec gants et bottes ; Pratiquer le
tolérant pas l’association avec d’autres système d’assolement, envisager la
cultures ; Biomasse sèche très culture en pur en 1ère saison, et arrêter
inflammable ; Fruits secs déhiscents à la biomasse ; Réaliser pare feu pour
multiplication rapide ; Biomasse convoitée protéger la biomasse ; Enfouir très tôt la
par les éleveurs ; Non spécialisation de la biomasse ; Protéger la parcelle de
production de semences de mucuna mucuna par des champs et les installer à
l'intérieur des exploitations ; Récolte à
temps ; Sarcler très tôt les champs après
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N° Niveau Solutions possibles
Technologie GDT d’adoption Contraintes à l’adoption
enfouissement ; Développer un marché
fourrager et intéresser les agro éleveurs
à planter le mucuna (sédentaire) ;
Identifier et spécialiser les producteurs
de semences de mucuna ; Faire des
haies
Très faible Maîtrise de l’itinéraire technique ; Temps de Semis à poquets ouverts dans le mulch
Semis direct sous couvert travail important (main d’œuvre) ; obtenu après application d’herbicide total
Divagation des animaux/transhumance (zones cotonnières) ; travail minimum du
sol
Compostage Faible Techniques peu maîtrisées ; Difficulté de Former et accompagner les producteurs ;
trouver de l’eau ; Surcharge de travail ; Installer à côté d’un point d’eau ; Offre à
Difficulté de trouver la matière première spécifier pour les maraichers et
(déchets organiques) ; Pénibilité jardiniers ; Contrat entre éleveur
d’épandage sur les grandes superficies producteurs, système agro sylvo-
pastoral ; Contrat entre éleveur
producteurs, système agro sylvo-
pastoral ; broyage des résidus
Barrières naturelles contre l’érosion
Digues de terre Faible Moyens de transport des cailloux ; Utilisation des vétivers
Construction de l’ouvrage exige de la main
d’œuvre ; Nécessite de petits matériels
Cordons pierreux Faible Moyens de transport des cailloux ; Utilisation des vétivers
Construction de l’ouvrage exige de la main
d’œuvre ; Nécessite de petits matériels
Agroforesterie
Réhabilitation des vergers Faible Divagation des animaux et transhumance ; Elagage
Matériels techniques Haies avec les espèces ligneuses où les
fils barbelés
Plantation des Glyricidia, Faible Sécurité foncière ; Très appété ; Faible taux
acacia, eucalyptus, de levé lors du semis direct ; Coût élevé des
Enterolobium, etc. plants ; Gestion des émondes difficile,
Croissance lente lorsque le sol est pauvre ;
Décomposition rapide des feuilles
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N° Niveau Solutions possibles
Technologie GDT d’adoption Contraintes à l’adoption
Installation des Brises vent Très faible Insuffisance de semences
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N° Niveau Solutions possibles
Technologie GDT d’adoption Contraintes à l’adoption
approprié pour le transport ; Relancer la
recherche pour réduire les exigences
Travail fastidieux de sectionner les tiges ; Concevoir des outils agricoles
Non arrachage des pieds de Faible Les variétés à gousses déhiscentes ; appropriés ; Diffuser des variétés à
soja Risque de blessure sur les souches en gousse moins déhiscentes ; Se protéger
labour à plat avec des chaussures
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2- Objectif de développement et résultats attendus
L’objectif de développement du projet est d’améliorer la productivité des sols au Bénin.
Les objectifs spécifiques sont : (i) développer des approches culturales appropriées ; (ii)
réduire l’acidité des sols et (iii) accroitre l’offre des amendements organiques.
Les principaux résultats attendus de la mise en œuvre du projet sont : (i) Au moins 5
technologies GDT éprouvées sont développées et adoptées par les producteurs ; (ii) les
rendements des cultures des parcelles impactées par le projet sont accrus d’au moins
50% ; (iii) des techniques de recyclages ou de pré-décomposition des matières
organiques de diverses sources sont mises à dispositions, promues au niveau des
producteurs locaux et appliquées sur des sols aux niveaux de dégradations avérés et
connus ; (iv) au moins 100 000 tonnes d’amendements phosphocalciques sont rendus
disponibles et utilisés et utilisés en combinaison avec des produits organiques fabriqués
localement sur des sols acides avérés ; (v) les SDAC actualisés sont disponibles et
respectés au niveau de l’ensemble des communes du Bénin.
3- Description du projet
3-1- Composantes et actions/activités
Le PAGD-CS comporte trois composantes : (i) Mise à échelle de technologies GDT
éprouvées ; (ii) Appuis institutionnels et (iii) Gestion du projet.
➢ Composante 1 : Mise à échelle de technologies GDT éprouvées
Il s’agit de mettre à l’échelle les expériences réussies à travers :
Activité 1 : le renforcement des capacités des acteurs
Il s’agit de former au moins 500.000 producteurs (dont 30% de femmes), 3.000 agents
d’encadrements et 1.000 techniciens des OPA et ONG sur les différentes technologies
GDT. Outre les formations, des émissions radiodiffusées (en langues locales et en
français) ainsi que des séances de sensibilisation et des assemblées villageoises
d’information seront organisées. Les fiches techniques et autres supports de diffusion
(films documentaires, etc.) seront édités à cet effet.
Activité 2 : l’appui en infrastructures, matériels et équipements
Il vise à faciliter l’application des technologies au niveau des exploitations à travers
l’acquisition et la mise en place de matériels et équipements au profit des producteurs.
Activité 3 : l’appui à la production de semences de prébase, base et certifiées GDT
Ceci vise à assurer la disponibilité des plantes améliorantes. Les producteurs désireux
de s’investir dans la multiplication de semences GDT seront recensés et leur capacité
renforcée. Le projet appuiera les CRA-Nord et Centre pour la production de ces types
de semences.
Activité 4 : l’appui aux unités de production d’amendements organiques à but
commercial
Il s’agit d’accompagner les jeunes désireux de s’investir dans cette activité à travers le
renforcement des capacités et l’appui en infrastructures, matériels et équipements. Ainsi
150 jeunes répartis sur l’ensemble des PDA seront accompagnés par le projet.
Activité 5 : l’organisation de visites d’échange d’expériences tant au plan national que
régional
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Trois visites d’échanges seront organisées chaque année à raison de 2 à l’intérieur du
pays et 1 dans un pays de la sous-région en vue de s’enquérir des expériences
partageables.
Activité 6 : la réalisation de la matérialisation biologique des couloirs de transhumance
avec les légumineuses arbustives
Il s’agira de matérialiser 500 km de couloir de passage avec les légumineuses
arbustives sur l’ensemble des PDA.
Activité 7 : l’appui aux évènements de promotion des technologies GDT
Il s’agit de l’organisation du concours de la meilleure commune GDT, du meilleur
producteur GDT et de l’appui à l’organisation des foires GDT et de la journée mondiale
des sols.
Activité 8 : l’appui à l’acquisition et à la mise en place des amendements
phosphocalciques.
100.000 tonnes d’amendements phosphocalciques seront rendus disponibles (à raison
de 20.000 tonnes par an) pour impacter 500.000 hectares d’exploitations agricoles
(dose à appliquer de 200 kg/ha).
Les technologies GDT à promouvoir seront choisies en fonction des différents types
d’exploitation. Ainsi les exploitations agricoles à toucher par le projet seront classées en
8 catégories à savoir : (a) Exploitations agricoles pluviales à dominance cultures
annuelles ; (b) Exploitations agricoles à base de coton en culture locomotive ; (c)
Exploitations agricoles pluviales avec agroforesterie (à base d’anacardier, oranger,
palmier, karité, néré) ; (d) Exploitations agricoles avec forte présence des animaux
(bœufs de trait, petits ruminants, volaille, etc.) ; (e) Exploitations agricoles sur terre avec
pente moyenne à forte ; (f) Exploitations agricoles de décrue ; (g) Exploitations agricoles
de plaines inondables ; et (h) Exploitations des agro-éleveurs (peuls sédentaires).Le
tableau 3 présente les technologies à développer par type d’exploitation.
Pour y parvenir, un recensement et une caractérisation des terres des exploitations
agricoles seront effectués. Par ailleurs l’ensemble des parcelles touchées par le projet
sera géo-référencé.
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Tableau 3 : Technologies GDT à développer par type d’exploitation
Types d’exploitation Technologies GDT à développer Superficie
(ha)
Exploitations agricoles pluviales à ✓ Parcellisation (à base de moringa, glyricidia, pois d’angole, sorgho, manioc) 150.000
dominance cultures annuelles ✓ Coupe des herbes sauvages et paillage des cultures (30%)
✓ Application d’amendements phosphocalciques
✓ Application de biochar
Exploitations agricoles à base de ✓ Précédent avec des légumineuses à graines (soja, pois d’angole, niébé, arachide) ou 200.000
coton en culture locomotive légumineuses herbacées (mucuna, aeschynomene, etc.) (40%)
✓ Application d’amendements phosphocalciques
✓ Application de biochar
✓ Paillage avec la broussaille ou installation de bandes enherbées
✓ Mécanisation adaptée et labour en temps indiqué avec limitation de semelle de labour et
tassement et labour perpendiculaire à la pente
✓ Assolement rotation
✓ Broyage des résidus de récolte
Exploitations agricoles pluviales ✓ Coupe des herbes sauvages et paillage des cultures 25.000
avec agroforesterie (à base ✓ Gestion des résidus de défriche et de récolte et brûlis sélectif des herbes épineuses (5%)
✓ Application d’amendements phosphocalciques
d’anacardier, oranger, palmier,
karité, néré)
Exploitations agricoles avec forte ✓ Compostage 20.000
présence des animaux (bœufs de ✓ Fabrication de Fumier (4%)
trait, petits ruminants, volaille, etc.) ✓ Cultures fourragères pour l’alimentation des animaux
✓ Application d’amendements phosphocalciques
Exploitations agricoles sur terre ✓ Cordons pierreux 45.000
avec pente moyenne à forte ✓ Digues et diguettes (9%)
✓ Plantations boisées ou agroforesterie en haut et médian pente
✓ Application d’amendements phosphocalciques
✓ Vertivers
Exploitations agricoles de décrue ✓ Lignes de bandes enherbées à base de graminées et de légumineuses arbustives comme 30.000
« usine de production » de paille pour paillage (6%)
✓ Jachères améliorées à base des plantes améliorantes herbacées
✓ Application d’amendements phosphocalciques
Exploitations agricoles de plaines ✓ Mucuna cochinchinensis (aux graines blanches) en culture de préparation de lit de 10.000
inondables semence (2%)
✓ Gestion des résidus de défriche et de récolte et brûlage sélectif des herbes épineuses
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Types d’exploitation Technologies GDT à développer Superficie
(ha)
✓ Application d’amendements phosphocalciques
Exploitations des agro-éleveurs ✓ Compostage 20.000
(peuls sédentaires) ✓ Fumier (4%)
✓ Cultures fourragères pour l’alimentation des animaux
✓ Parcage rotatif
✓ Application d’amendements phosphocalciques
TOTAL 500.000
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➢ Composante 2 : Appuis institutionnels
Les appuis institutionnels regroupent les appuis en renforcement des capacités,
infrastructures, matériels et équipements en vue d’améliorer l’efficacité et l’efficience
des interventions des structures publiques, des organisations professionnelles
agricoles, etc. De façon spécifique, Il s’agit de : (i) l’appui aux communes et
intercommunalités pour l’actualisation/élaboration et la mise en œuvre de leurs
Schémas Directeurs d’Aménagement (SDAC), la prise en compte de la GDT dans les
PDC ; (ii) l’appui au MAEP (DPV, DPP, DDAEP, ATDA) pour le suivi, appui, contrôle
des activités du projet ; l’appui au MCVDD (ABE, DGEC, DGFRN) ; l’appui aux OPA
faitières/interprofessions. Par ailleurs, un observatoire de la fertilité des sols sera mise
en place à travers : (i) la mise en place, au niveau de la recherche, d’un dispositif de
suivi de la fertilité des sols à partir d’un zonage initial par type de sol ; (ii) l’appui à la
production régulière des informations scientifiques prospectives afin d’orienter la mise
en place des stratégies de gestion durable du capital sol ; (iii) l’appui au suivi des effets
des activités du projet sur la dynamique de séquestration du carbone par les sols
agricoles et l’impact du changement climatique.
Le projet accompagnera le Comité National CNULCD dans le renforcement de sa
mission et appuiera la participation du Bénin aux COP.
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3-4- Théorie de changement
Les appuis en infrastructures, matériels et équipements et le renforcement des
capacités des acteurs sur les technologies GDT couplés de l’application de ces mesures
vont améliorer le Carbonne Organique du Sol (COS). Les stocks de carbone, en
particulier le COS, renseignent sur la qualité générale des sols. Le COS est l’un des
composants les plus importants du sol en raison de sa capacité à favoriser la croissance
des plantes, à recycler les nutriments pour maintenir la fertilité du sol et à nettoyer et
stocker l’eau douce tout en limitant les inondations en aval et en augmentant le débit
des cours d’eau durant la saison sèche. L’apport en matière organique fraiche promu
par le projet entrainera le maintien des stocks de carbone dans les sols et peut aussi
générer d’autres bénéfices liés à l'atténuation des changements climatiques et à la
conservation de la biodiversité. Par ailleurs les amendements phosphocalciques
réduiront l’acidité des sols et tout ceci entrainera un accroissement des rendements des
cultures et une amélioration du revenu des producteurs. Ainsi, le projet réduira les
menaces sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle.
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directions techniques du MAEP telles que DE, INRAB, DGR, DCAIFE, DPV, ATDA et
DDAEP apporteront un appui technique et assureront le suivi des activités relevant de
leurs champs d’intervention. L’unité de gestion du projet établira une convention de
partenariat avec chacune de ces structures qui bénéficieront d’un renforcement de leurs
capacités. Le suivi et l’orientation des activités du projet relèveront d’un Comité de
pilotage du projet (CoPil) composé des représentants du MAEP, du MCVDD, de MEF,
de l’ANCB. Le CoPil sera présidé par le MAEP ou son représentant désigné et le
secrétariat sera assuré par l’UGP.
Les attributions du CoPil sont : i) valider le programme de travail annuel du projet; ii)
d’examiner l’état d’avancement de la mise en œuvre des activités sur la base des
rapports annuels ; iii) de renforcer l’harmonisation et l’alignement des interventions du
projet ; et iv) de formuler des recommandations pour améliorer l’efficacité des
interventions. Les membres de l’UGP seront nommés par note de service du MAEP par
sélection après appel à candidature.
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Tableau 4 : Coût détaillé du projet
Composantes Activités Coût (en
milliers FCFA)
Activité 1 : Renforcement des capacités des acteurs 1 111 000
Activité 2 : Appui en infrastructures, matériels et équipements 550 000
Activité 3 : Appui à la production de semences de prébase, base et certifiées 957 000
Composante A : Mise à Activité 4 : Appui aux unités de production d’amendements organiques à but commercial 700 000
échelle de technologies GDT Activité 5 : Organisation de visites d'échanges 220 000
éprouvées
Activité 6 : la réalisation de la matérialisation biologique des couloirs de transhumance 440 000
avec les légumineuses arbustives
Activité 7: Appui aux évènements GDT 435 000
Activité 8: Appui à l’acquisition et à la mise en place des amendements 16 650 000
phosphocalciques
TOTAL 1 21 063 000
Activité 1 : Appuis aux communes et intercommunalités 3 080 000
Composante B : Appuis Activité 2 : Appui aux structures publiques 700 000
institutionnels TOTAL 2 3 780 000
Activité 1: Renforcements des capacités du projet 40 000
Composante C : Gestion du Activité 2: Fonctionnement 1 587 000
projet Activité 3: Suivi-évaluation du projet 315 000
TOTAL 3 1 942 000
TOTAL PROJET 26 785 000
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