UMG/FSE/EMF Année Académique 2023-2024
Théorie et Politique Monétaire – TD 03
Exercice 01
Afin d’évaluer le caractère plus ou moins accommodant de la politique monétaire de la BCE,
l’étudiant-chercheur Miché Trésor estime une fonction de réaction fondée sur l’analyse
envisagée par John Taylor. La fonction estimée par l’étudiant-chercheur Miché Trésor est
la suivante :
𝒊𝒕 = (𝟏 − 𝝆)[𝜷𝝅𝒆𝒕 + 𝜸𝒈𝒂𝒑𝒕 + 𝜶] + 𝝆𝒊𝒕−𝟏 + 𝜺𝒕 ,
et le tableau ci-dessous montre les résultats de l’estimation.
Règle de Taylor dynamique
Variable dépendante : i =Eonia swap (3-month)
Coef Std. Error t-Statistic Prob.
𝝆 0,66 0,06 10,83 0,00
𝜷 1,33 0,52 2,58 0,01
𝜸 0,48 0,06 8,09 0,00
𝜶 -0,48 0,92 -0,52 0,60
𝑹𝟐 0,95 Echantillon : 2002T1 2014T4
J-statistic 10,66 Prob(J-statistic) 0,97
a) Sachant que la règle de Taylor s’écrit traditionnellement sous la forme linéaire suivante :
𝒊𝒕 = 𝒓∗ + 𝝅𝒕 + 𝟎, 𝟓(𝝅𝒕 − 𝝅∗ ) + 𝟎, 𝟓(𝒚𝒕 − 𝒚∗ )
Quelle différence faites-vous entre cette équation et celle de l’étudiant-chercheur Miché
Trésor ?
b) L’affectation d’un poids équivalent (de 50%) à l’objectif d’inflation et au potentiel de
production constitue-t-elle le reflet le plus fidèle des préférences de la BCE ?
c) L’analyse de ces résultats reflète-t-elle la hiérarchie des préférences de la BCE ?
Exercice 02
Le 22 mars 2018, la Fed augmente ses taux d’un quart de point de pourcentage pour les faire
évoluer dans la fourchette de 1,50% à 1,75%. Elle augmente ensuite ses taux d’un quart de
point, le 14 juin, le 27 septembre, enfin le 20 décembre 2018.
a) Nommer ces deux taux directeurs de la Fed.
b) En déduire les valeurs ces taux avant le 22 mars 2018.
c) En déduire les valeurs ces taux à la date : du 14 juin, du 27 septembre et du 20 décembre
2018.
d) Représenter graphiquement l’évolution de ces taux entre le 22 mars et le 20 décembre
2018. Enduire graphiquement l’évolution du taux de refinancement.
1
Exercice 03
Au cours de l’année 2009 les taux monétaire directeurs de la BCE se présentent comme suit :
- 13 Mai 2009 : 1,00% ; 0,25% et 1,75% ;
- 08 Avril 2009 : 1,25% ; 0,25% et 2,25% ;
- 11 Mars 2009 : 1,50% ; 0,50% et 2,50% ;
- 21 Janvier 2009 : 2,00% ; 1,00% et 3,00%.
a) Quel est le taux de refinancement à la date du 11 Mars 2009 ?
b) Quel est le taux de facilité de dépôt à la date du 08 Avril 2009 ?
c) Quel est le taux de facilité de prêt marginal à la date du 13 Mai 2009 ?
d) Au cours de la période considéré la BCE a-t-elle augmenté ou diminué ces taux ?
e) De combien de point la BCE a-t-elle modifié ses taux directeurs à chaque période ?
f) Représenter graphiquement l’évolution de ces taux entre le 21 Janvier et le 13 Mai 2009.
Exercice 04
La dynamique de production d’une économie est donnée par une courbe de Phillips augmentée
d’anticipation rationnelles : 𝐲𝐭 = 𝐲𝐧 + 𝐛(𝛑𝐭 − 𝛑𝒆𝒕 ) (𝟏)
Les agents dont les anticipations sont rationnelles ont pour fonction d’utilité :
𝐔(𝝅𝒕 , 𝝅𝒆𝒕 ) = −(𝝅𝒕 − 𝝅𝒆𝒕 )𝟐 (𝟐).
Les autorités souhaitent que le niveau de production soit élevé et que l’inflation soit faible ce
que résume la fonction de préférence étatique suivante :
𝐔(𝐲𝐭 , 𝝅𝒆𝒕 ) = 𝐲𝐭 − 𝐚𝛑𝟐𝐭 𝐚 > 𝟎 (3)
La banque centrale contrôle le taux d'inflation en agissant sur la masse monétaire.
1. Expliciter les termes suivants : Biais inflationniste, Inconséquence temporelle, Crédibilité
de la politique monétaire, Transparence de la politique monétaire.
2. Quelle différence faites-vous entre politique monétaire discrétionnaire et politique
monétaire régie par des règles ?
3. Calculer 𝝅𝒕, 𝝅𝒆𝒕 , 𝒚𝒕, 𝐔(𝐲𝐭 , 𝝅𝒆𝒕 ), 𝐔((𝝅𝒕 , 𝝅𝒆𝒕 )
i) Lorsque les autorités adoptent une politique discrétionnaire.
ii) Lorsque les autorités adoptent une politique basée sur les règles.
iii) Lorsque les autorités promettent d’implémenter la solution optimale à la date t,
mais une fois parvenu à la date t, elles appliquent la solution conséquente.
4. Est-il souhaitable pour les autorités d’abandonner le caractère discrétionnaire de la
politique monétaire en instaurant une règle de politique monétaire ?
5. Quelles solutions institutionnelles au manque de crédibilité des politiques monétaires ?
6. Au plan de la politique monétaire, la nouvelle synthèse néoclassique renforce-t-elle les
recommandations monétaristes ?
2
Exercice 05
Dans une économie représentée par une courbe de Phillips augmentée d’anticipation
rationnelle : 𝑢𝑡 = 𝑢𝑛 − (𝜋𝑡 − 𝜋𝑡𝑒 ). Le gouvernent souhaite à la fois agir pour réduire par
exemple le taux de chômage, car une telle politique peut faciliter son maintien au pouvoir, et
contrôler l’inflation dont les effets pervers mécontentent son électorat.
Le gouvernement souhaite donc, minimiser la fonction de coût social suivante :
𝑎
z(𝜋𝑡 , 𝑢𝑡 ) = 𝜋𝑡 2 + 𝑏(𝑢𝑡 − 𝑢𝑛 ),
2
Sachant que cette minimisation sous contrainte d’anticipations rationnelles donne lieu à trois
formes de solution : règle, tricherie et discrétion. Calculer pour chaque solution : le taux
d’inflation effectif et anticipé, le taux de chômage et le coût social.
Exercice 06
Considérons deux pays A et B dans lesquels la courbe de Phillips est augmentée
d’anticipations rationnelles :
𝜋𝑡 = 𝜋𝑡𝑒 − ( 𝑢𝑡 − 𝑢𝑛 )
Les préférences des banques centrales dans les deux pays sont décrites par les fonctions de
pertes suivantes :
𝛼𝐴 2 𝛼𝐵 2
𝑃𝑎𝑦𝑠 𝐴 ∶ 𝐿𝐴 = 𝜋 − 𝛿𝐴 (𝑈𝑡𝐴 − 𝑈𝑛𝐴 ) 𝑒𝑡 𝑃𝑎𝑦𝑠 𝐵 ∶ 𝐿𝐵 = 𝜋 − 𝛿𝐵 (𝑈𝑡𝐵 − 𝑈𝑛𝐵 )
2 2
On suppose que : 𝛼𝐵 > 𝛼𝐴 > 0 𝑒𝑡 𝛿𝐴 > 𝛿𝐵 > 0
1- Comparer les préférences des banques centrales dans les deux pays par rapport à
l’inflation et au chômage.
2- Dans le pays A et B, quel sera l’inflation choisie par la banque centrale à la date t si celle-
ci choisit de mener une politique discrétionnaire ? Quel sera le taux de chômage et la
valeur de la fonction de perte dans chaque pays ? Dans quel pays souhaitez-vous habiter ?
3- On suppose que la banque centrale annonce un objectif d’inflation et que cette annonce
est jugée crédible par les agents.
i) Dan chaque pays, quelle sera l’annonce de la banque centrale ? Quelle sera
l’inflation anticipée par les agents ? Quelle sera l’inflation choisie par la banque
centrale ? Quel sera le taux de chômage et la valeur de la fonction de perte ?
ii) A la période t+1, les agents vont-ils croire à une nouvelle annonce d’inflation de la
banque centrale ? Pourquoi ?
4- Si vous pouviez choisir les paramètres de la fonction de perte de la banque centrale i
(𝛼𝑖 𝑒𝑡 𝛿𝑖 ), quel serait votre choix ? Justifiez.
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Exercice 07
Une banque centrale a décidé d’adopter le ciblage d’inflation. Elle doit choisir entre une cible
d’inflation de 5% ou de 0%. L’économie est décrite par la courbe de Phillips suivante :
𝑢 = 5 − 0,5(𝜋𝑡 − 𝜋𝑡𝑒 )
où 𝑢 représente le taux de chômage et 𝜋 le taux d’inflation en pourcentage. Le coût social de
d’inflation et du chômage est donné par la fonction de perte suivante :
𝐿 = 𝑢 + 0,05𝜋𝑡 2
L’objectif de la banque centrale est de minimiser cette perte.
a) La banque centrale s’engage sur une cible de 5%. Calculez l’inflation anticipée.
Déterminez le taux de chômage et la perte due à l’inflation et au chômage.
b) La banque centrale annonce un objectif d’inflation nul. Calculez l’inflation anticipée.
Déterminez le taux de chômage et la perte due à l’inflation et au chômage.
c) En fonction de vos réponses en (a) et (b), quelle valeur cible préconisez-vous ?
d) Supposons que l’objectif d’inflation choisi par la banque centrale soit nul. De même,
supposons que l’inflation anticipée soit également nulle. Si la banque centrale surprend
les agents économiques par un taux d’inflation de 5 %, que sera le taux chômage suite à
cette inflation inattendue ? Calculer la fonction de perte.
e) Quel type de problème que soulève votre réponse à (d).
Exercice 08
1) Enregistrer les opérations suivantes dans les bilans des établissements concernés.
a) Achats de 100 millions de dollars de bons du Trésor américain par la Réserve fédérale aux
banques commerciales privées par une opérations d’open market.
b) Vente de 100 millions de dollars de bons du Trésor américain par la Réserve fédérale aux
banques commerciales privées par une opérations d’open market.
2) Décrire l’évolution de la base monétaire et de l’offre de monnaie dans la situation (a) et
(b).