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Exercices L18

Ce document présente la correction détaillée de plusieurs exercices portant sur la convergence en probabilité et presque sûre de suites de variables aléatoires. Les exercices abordent des notions comme la convergence dans Lp, la convergence en probabilité, le lemme de Borel-Cantelli, et l'application de ces notions à des suites particulières.

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Leçon 18 Exercices corrigés

(Une étoile * désignera une question de difficulté supérieure.)

Exercice 1. Reprendre l’Exercice 1, Leçon 17, en incluant la convergence


en probabilité dans la discussion.

Exercice 2. Soit Xn , n ∈ N, une suite de variables aléatoires de même loi


uniforme U(0, 1) sur [0, 1] ; démontrer que
1
a) nXn → 0 en probabilité ;
Xn
b) n → 0 presque sûrement ;
1
c) n2 Xn → 0 presque sûrement.
On suppose en outre les variables Xn , n ∈ N, mutuellement indépendantes.
Établir que
1
d) nXn ne converge pas presque sûrement.

Indications. Les raisonnements développés pour l’Exercice 1, en particulier


le critère issu du lemme de Borel-Cantelli, s’appliquent de la même façon. (Pour
b), il suffit d’observer que, presque sûrement, |Xnn | ≤ n1 car les Xn sont uniformes
sur [0, 1].)

Exercice 3. Soient Xn , Yn , n ∈ N, des suites de variables aléatoires réelles,


ainsi que des variables aléatoires réelles X et Y , définies sur un espace proba-
bilisé (Ω, A, P).
a) Si les suites Xn , n ∈ N, et Yn , n ∈ N, convergent dans Lp , p ≥ 1, vers des
variables aléatoires X et Y respectivement, démontrer que la suite Xn + Yn ,
n ∈ N, converge dans Lp vers X + Y .
La suite de l’exercice a pour but de démontrer que la propriété de stabilité
précédente est encore vérifiée pour la convergence en probabilité.

1
b) Si U et V sont des variables aléatoires et t ∈ R, démontrer que

P(U + V ≥ 2t) ≤ P(U ≥ t) + P(V ≥ t).

c) Si les suites Xn , n ∈ N, et Yn , n ∈ N, convergent en probabilité vers X et Y


respectivement, démontrer que la suite Xn + Yn , n ∈ N, converge en probabilité
vers X + Y .
d*) Dans le cadre de la question précédente, démontrer que la suite Xn Yn ,
n ∈ N, converge en probabilité vers XY .

Corrigé. a) Par hypothèse, kXn − Xkp = (E(|Xn − X|p ))1/p → 0 quand


n → ∞, et de même pour Yn , Y . D’après l’inégalité triangulaire pour la norme
k · kp ,

(Xn + Yn ) − (X + Y ) p
= (Xn − X) + (Yn − Y ) p
≤ kXn − Xkp + kYn − Y kp
et la conclusion s’ensuit. (Le raisonnement peut être étendu à tout p > 0.)
b) Si U + V ≥ 2t, nécessairement soit U ≥ t, soit V ≥ t, autrement dit

{U + V ≥ 2t} ⊂ {U ≥ t} ∪ {V ≥ t}.

L’inégalité annoncée s’ensuit par sous-additivité d’une mesure. c) Soit ε > 0 ;


d’après le point précédent, pour tout n ∈ N,
0 ≤ P |(Xn + Yn ) − (X + Y )| ≥ 2ε)
= P |Xn − X| + |Yn − Y | ≥ 2ε)
 
≤ P |Xn − X| ≥ ε + P |Yn − Y | ≥ ε .
L’affirmation s’ensuit par définition de la convergence en probabilité. (Il est
possible également d’utiliser la distance D de la leçon pour répondre à cette
question.) d*) Il s’agit de montrer que pour tout ε > 0 fixé,

lim P |Xn Yn − XY | ≥ 2ε = 0,
n→∞

2
autrement dit, que pour tout η > 0, il existe n0 (= n0 (η, ε)) tel que pour tout
n ≥ n0 , 
P |Xn Yn − XY | ≥ 2ε ≤ 5η.
(Les constantes 2 et 5 sont choisies pour que la présentation tombe bien.)
D’après l’inégalité triangulaire, pour chaque entier n,
|Xn Yn − XY | = |Xn Yn − Xn Y + Xn Y − XY |
≤ |Xn | |Yn − X| + |Y | |Xn − X|.
Ainsi, en vertu de la question b),
  
P |Xn Yn − XY | ≥ 2ε ≤ P |Xn | |Yn − Y | ≥ ε + P |Y | |Xn − X| ≥ ε .

Le deuxième terme dans le membre de droite de l’inégalité précédente se traite


aisément : choisir t > 0 assez grand pour que P(|Y | > t) ≤ η (car
limt→−∞ FY (t) = 0 et limt→+∞ FY (t) = 1) ; puis, en décomposant,

P |Y | |Xn − X| ≥ ε
 
= P |Y | |Xn − X| ≥ ε, |Y | ≤ t + P |Y | |Xn − X| ≥ ε, |Y | > t
 
≤ P t |Xn − X| ≥ ε + P |Y | > t

≤ P t |Xn − X| ≥ ε + η.
Comme la suite Xn , n ∈ N, converge en probabilité vers X, il existe n1
(= n1 (η, ε)) tel que si n ≥ n1 ,
 ε
P |Xn − X| ≥ ≤ η.
t
Ainsi P(|Y | |Xn − X| ≥ ε) ≤ 2η si n ≥ n1 . Pour le terme P(|Xn | |Yn − Y | ≥ ε),
le raisonnement est identique sous réserve d’une majoration P(|Xn | > 2t) ≤ 2η
uniforme en n (assez grand). Pour cela, utiliser la convergence en probabilité
de Xn , n ∈ N, vers X. En effet, choisir t > 0 tel que P(|X| > t) ≤ η, puis,
  
P |Xn | > 2t = P |Xn | > 2t, |X| ≤ t + P |Xn | ≥ 2t, |X| > t
 
≤ P |Xn − X| ≥ t + P |X| > t
3
où il a été utilisé que |Xn − X| ≥ |Xn | − |X|. Comme P(|Xn − X| ≥ t) → 0,
il s’ensuit que P(|Xn | > 2t) ≤ 2η pour n ≥ n2 (n2 = n2 (η)). En rassemblant
toutes les estimées, la conclusion s’ensuit pour n ≥ max(n1 , n2 ).

Exercice 4. Soit une suite Xn , n ∈ N, de variables aléatoires convergeant


en probabilité vers une variable aléatoire X.
a) Construire par récurrence une suite strictement croissante d’entiers nk , k ∈ N,
telle que, pour tout k ≥ 1,

P |Xnk − X| ≥ k1 ≤ 21k .


P
b) Démontrer que pour tout ε > 0, k≥1 P(|Xnk − X| ≥ ε) < ∞. En conclure
que la suite Xnk , k ∈ N, converge vers X presque sûrement.

Corrigé. a) L’entier nk étant construit, définir par récurrence


n o
1 1

nk+1 = inf n ≥ nk + 1 ; P |Xn − X| ≥ k+1 ≤ 2k+1 .

Ce choix est rendu possible par le fait que P(|Xn − X| ≥ ε) → 0 pour tout
ε > 0. b) Soit ε > 0 fixé ; il existe un entier k0 ≥ 1 tel que k10 ≤ ε. Alors, pour
tout k ≥ k0 ,

P |Xnk − X| ≥ ε ≤ P |Xnk − X| ≥ k1 ≤ 21k


 

P
par définition de nk . La série k≥1 P(|Xnk − X| ≥ ε) est donc convergente.
L’application du premier critère de Borel-Cantelli conclut l’exercice.

Exercice 5. Pour toute variable aléatoire Z ≥ 0, démontrer que pour tout


t > 0,
1
P(Z ≥ t) ≤ E Z 1{Z≥t} .

t
Soit à présent X une variable aléatoire réelle de carré intégrable.

4
a) Démontrer que
lim E X 2 1{|X|≥t} = 0.

t→∞
Déduire de la question préliminaire que pour tout ε > 0,
√ 
lim n P |X| ≥ ε n = 0.
n→∞

b) Soient Xn , n ≥ 1, de même loi que X. En utilisant le question précédente,


que peut-on dire de la convergence de la suite de variables aléatoires Yn =
√1 max(X1 , . . . , Xn ), n ≥ 1, lorsque n → ∞ ?
n

Corrigé. Si Y = Z 1{Z≥t} , P(Z ≥ t) = P(Y ≥ t), de sorte que la pre-


mière affirmation découle de l’application de l’inégalité de Markov à la variable
aléatoire Y . a) Il suffit d’appliquer le théorème de convergence monotone ou le
théorème de convergence dominée. La question préliminaire appliquée à Z = X 2
et t = ε2 n pour tout n ≥ 1 montre que
√ 
n P |X| ≥ ε n = n P X 2 ≥ ε2 n ≤ E X 2 1{X 2 ≥ε2 n} .
 

L’affirmation découle alors du point précédent. b) D’après l’inégalité sur les


réunions (sous-additivité), pour tout ε > 0 et tout n ≥ 1,
 √  √ 
P |Yn | ≥ ε ≤ P max(|X1 |, . . . , |Xn |) ≥ ε n ≤ n P |X| ≥ ε n

(puisque les variables X1 , . . . , Xn ont même loi que X). D’après a), il s’ensuit
que la suite Yn , n ∈ N, converge en probabilité vers 0.

Exercice 6 (Polynômes de Bernstein.) Soit une f : [0, 1] → R une fonction


continue et soit Xn une variable aléatoire sur (Ω, A, P) suivant une loi binomiale
B(n, x) de taille n ≥ 1 et de paramètre x ∈ [0, 1]. On note Tn = Xnn .
a) Montrer que Qn (x) = E(f (Tn )) est un polynôme (en x), appelé polynôme
de Bernstein (de degré n).
b) Calculer E(Tn ) et Var(Tn ).

5
c) Établir que |f (x) − Qn (x)| ≤ E(|f (Tn ) − f (x)|).
1
d) Pour η > 0, poser A = {|Tn − x| ≤ η} et montrer que P(Ac ) ≤ η2 n .
e) Invoquer un théorème pour affirmer que pour tout ε > 0, il existe η = η(ε) > 0
tel que si u, v ∈ [0, 1] et |u − v| ≤ η, alors |f (u) − f (v)| ≤ ε.
f) Pour ε > 0 et η = η(ε) > 0 comme dans la question précédente, décomposer,
pour tout x ∈ [0, 1], E(|f (Tn ) − f (x)|) suivant A et Ac pour obtenir que
2M (f )
f (x) − Qn (x) ≤ ε +
η2n
où M (f ) = supt∈[0,1] |f (t)|.
g) Déduire de la question précédente que pour tout ε > 0, il existe un entier
n = n(ε) tel que
sup f (x) − Qn (x) ≤ 2ε.
x∈[0,1]

h) Quel théorème vient-il d’être démontré ?

Corrigé. a) La variable aléatoire Tn est (presque sûrement) à valeurs dans


[0, 1]. D’après le théorème de transport, et la définition de la loi binomiale
B(n, x),
  X  n  k n
n
X
xk (1 − x)n−k

Qn (x) = E f (Tn ) = E f = f
n n k
k=1

qui est bien un polynôme de degré n en la variable x. b) Le calcul classique


de l’espérance et de la variance de la loi binomiale indique que E(Xn ) = nx et
Var(Xn ) = nx(1 − x). Ainsi, par homogénéité, E(Tn ) = x et Var(Tn ) = x(1−x)
n .
c) Comme Qn (x) = E(f (Tn )),
 
f (x) − Qn (x) = f (x) − E f (Tn ) = E f (x) − f (Tn )
Donc, après la prise des valeurs absolues,
 
f (x) − Qn (x) = E f (x) − f (Tn ) ≤ E |f (x) − f (Tn )|

6
d’après les propriétés de l’intégrale. d) D’après l’inégalité de Tchebitchev,

P(Ac ) = P |Tn − x| > η




= P Tn − E(Tn ) > η
1
≤ 2 Var(Tn )
η
x(1 − x) 1
= ≤ .
η2n η2n

(Le maximum de x(1 − x) sur [0, 1] étant 14 , il est possible d’améliorer la ma-
joration en 4η12 n , sans grand profit néanmoins pour la suite.) e) Une fonction
continue définie sur un ensemble compact est uniformément continue (théo-
rème de Heine sur R). f) D’après la question précédente, sur l’ensemble A,
|f (Tn ) − f (x)| ≤ ε. Par ailleurs, uniformément en les variables,

f (Tn ) − f (x) ≤ 2M (f )

où M (f ) = supt∈[0,1] |f (t)| < ∞ (rappeler qu’une fonction continue sur un


compact est bornée). Ainsi, en suivant l’indication,

E |f (Tn ) − f (x)| = E 1A |f (Tn ) − f (x)| + E 1Ac |f (Tn ) − f (x)|


  

≤ ε P(A) + 2M (f ) P(Ac )
≤ ε + 2M (f ) P(Ac ).

Avec la question d), le résultat s’ensuit. g) ε > 0 étant fixé, et par là même
η = η(ε), choisir n = n(ε) suffisamment grand tel que

2M (f )
≤ ε.
η2n
Cette majoration est à insérer dans la conclusion de la question précédente,
qui a lieu uniformément pour tout x ∈ [0, 1] puisque η = η(ε) et n = n(ε) ne
dépendent que de ε > 0. h) La langue est au chat.

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