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Urgences Pédiatriques: Facteurs Clés

Cette étude prospective monocentrique analyse les motifs et facteurs de consultation aux urgences pédiatriques de nouveau-nés. L'étude a été menée aux urgences pédiatriques d'un centre hospitalier et a analysé les données de nombreux nouveau-nés consultés sur une période donnée.

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Urgences Pédiatriques: Facteurs Clés

Cette étude prospective monocentrique analyse les motifs et facteurs de consultation aux urgences pédiatriques de nouveau-nés. L'étude a été menée aux urgences pédiatriques d'un centre hospitalier et a analysé les données de nombreux nouveau-nés consultés sur une période donnée.

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Motifs et facteurs impliqués dans la consultation des

nouveau-nés aux urgences pédiatriques : étude


prospective monocentrique
Éléna Henry

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Éléna Henry. Motifs et facteurs impliqués dans la consultation des nouveau-nés aux urgences
pédiatriques : étude prospective monocentrique. Médecine humaine et pathologie. 2015.
<dumas-01223340>

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AVERTISSEMENT

Cette thèse d’exercice est le fruit d’un travail approuvé par le jury de soutenance et réalisé
dans le but d’obtenir le diplôme d’Etat de docteur en médecine. Ce document est mis à
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UNIVERSITÉ PARIS DESCARTES
Faculté de Médecine PARIS DESCARTES

Année 2015 N°63

THÈSE
POUR LE DIPLÔME D’ÉTAT
DE
DOCTEUR EN MÉDECINE

Motifs et facteurs impliqués dans la consultation


des nouveau-nés aux urgences pédiatriques :
Etude prospective monocentrique

Présentée et soutenue publiquement


le 17 juin 2015

Par

Elena HENRY
Née le 6 mai 1986 à Auray (56)

Dirigée par M. Le Docteur Bérenger Chatue


Jury :
Mme Le Professeur Véronique Abadie, PU-PH ........................................................... Président
Mme Le Professeur Frédérique Noel, PU associé ........................................................ Membre
M. Le Docteur Yonathan Freund, MCU-PH .................................................................. Membre
M. Le Docteur Laurent Arditti, MG .............................................................................. Membre
REMERCIEMENTS  
 

A  mon  mari,  Gwénolé,  je  te  remercie  pour  ton  soutien  infaillible  dans  les  moments  de  
doute,  pour  ton  humour  à  toute  épreuve  et  pour  la  joie  que  tu  me  donnes  chaque  jour  
passé  à  tes  côtés.  

A   mes   parents,   pour   votre   amour   et   vos   sacrifices   m’ayant   permis   de   réaliser   ce  
parcours  et  de  devenir  ce  que  je  suis  aujourd’hui.  

A  mes  sœurs  adorées,  Maria,  Elisabeth  et  Agathe,  merci  pour  votre  présence  durant  les  
périodes  difficiles.  

A  mes  beaux-­‐parents,  mes  beaux-­‐frères  et  belles-­‐sœurs,  merci  de  m’avoir  accueillie  
chaleureusement  dans  votre  famille.  

A  ma  grand-­‐mère,  merci  de  m’avoir  fait  réciter  mes  leçons  en  primaire.  

A  Adeline,  Hoel,  Marlène,  Cécile,  Karolina,  Morgane  et  Juliette  pour  notre  amitié.    

A  mes  amis  parisiens  et  brestois,  que  je  ne  vois  que  trop  peu.  

A   tous   mes   camarades   de   galère,   mes   co-­‐internes   (notamment   Alexandre,   Nelly   et  


Valentine),   avec   qui   j’ai   passé   des   moments   de   travail,   de   joie,   de   bonheur,   parfois   de  
doute   et   de   tristesse.   Vous   avez   rendu   ces   années   passées   à   la   faculté   de   médecine   de  
Paris  V  inoubliables.  

  2  
 
 

Aux  Docteurs  Arditti   Laurent  et  Lehmann   Joelle  pour  m’avoir  transmis  votre  passion  
de   la   médecine   générale.   Merci   de   me   guider   encore   aujourd’hui.   Votre   enseignement  
m’accompagne  quotidiennement  lors  de  mes  consultations.  

Madame   le   Professeur   Noel   Frédérique,   merci   de   m’avoir   suivie   durant   ces   trois  
années  d’internat,  de  m’avoir  accompagnée  et  soutenue  au  cours  de  la  rédaction  de  cette  
thèse.  

 
A   toute   l’équipe   des   urgences   pédiatriques   du   CHIV,   aux   secrétaires,   auxiliaires,  
infirmières,   internes   et   chefs   sans   qui   cette   thèse   n’aurait   pu   être   réalisée.   Merci   tout  
particulier  au  Docteur  Chacé  Anne  et  au  Docteur  Bekri  Halim.  

Au   Docteur   Chatue   Bérenger   pour   avoir   rendu   possible   cette   thèse.   Merci   pour   ta  
présence,  tes  conseils  avisés  et  ta  confiance.  

  3  
 
 

Madame   le   Professeur   Abadie,   vous   me   faites   l’honneur   de   présider   ce   jury   de   thèse,  


soyez  assurée  de  ma  profonde  gratitude.  

Aux   membres   du   jury,   Madame   le   Professeur   Noel   Frédérique,   Monsieur   le   Docteur  


Freund   Yonathan,   Monsieur   le   Docteur   Arditti   Laurent,   pour   l’honneur   que   vous  
m’accordez  d’avoir  accepté  de  lire  mon  travail.  

 
 

  4  
TABLE  DES  MATIERES  
REMERCIEMENTS  ...........................................................................................................................................  2  

TABLE  DES  MATIERES  ...................................................................................................................................  5  


 

1   INTRODUCTION  .......................................................................................................................................  7  
1.1   ETAT  ACTUEL  DES  CONNAISSANCES  SUR  LA  PRISE  EN  CHARGE  DES  NOUVEAU-­‐NES  ....................................  7  
1.1.1   Contexte  en  France  .........................................................................................................................................  7  
1.1.2   Contexte  en  Europe  et  aux  Etats-­‐Unis  ....................................................................................................  9  
1.2   JUSTIFICATION  DE  L’ETUDE  ................................................................................................................................  10  
 

2   MATERIELS  ET  METHODES  ...............................................................................................................  12  


2.1   POPULATION  .........................................................................................................................................................  12  
2.2   LIEU  D’ETUDE  ........................................................................................................................................................  12  
2.3   METHODES  ............................................................................................................................................................  12  
2.3.1   Critères  étudiés  ..............................................................................................................................................  12  
2.3.2   Analyse  des  données  ....................................................................................................................................  14  
 

3   RESULTATS  .............................................................................................................................................  15  


3.1   ANALYSE  DESCRIPTIVE  ........................................................................................................................................  15  
3.1.1   Population  globale  .......................................................................................................................................  15  
3.1.2   Les  nouveau-­‐nés  ............................................................................................................................................  15  
3.1.3   Les  parents  ......................................................................................................................................................  16  
3.1.4   La  consultation  ..............................................................................................................................................  17  
3.1.5   Avis  du  médecin  ............................................................................................................................................  21  
3.2   ANALYSES  CROISEES  ............................................................................................................................................  21  
3.2.1   Taux  d’hospitalisation  ................................................................................................................................  21  
3.2.2   Consultation  non  appropriée  ..................................................................................................................  24  
3.2.3   Consultation  non  appropriée  aux  urgences  ......................................................................................  27  
3.2.4   Fréquence  de  consultations  aux  urgences  pédiatriques  .............................................................  30  
3.2.5   Histogrammes  récapitulatifs  des  principaux  résultats  ...............................................................  33  
 

  5  
4   DISCUSSION  ............................................................................................................................................  36  
4.1   CRITIQUE  DE  L’ETUDE  .........................................................................................................................................  36  
4.1.1   Méthodologie  .................................................................................................................................................  36  
4.1.2   Biais  de  mesure  .............................................................................................................................................  36  
4.1.3   Biais  de  sélection  ..........................................................................................................................................  36  
4.2   COMMENTAIRES  SUR  LES  RESULTATS  ...............................................................................................................  37  
4.2.1   Analyse  descriptive  ......................................................................................................................................  37  
4.2.2   Analyses  croisées  ..........................................................................................................................................  44  
4.3   PARTICULARITES  SOCIO  ECONOMIQUES  ET  GEOGRAPHIQUES  DE  VILLENEUVE  SAINT  GEORGES  ..........  48  
4.3.1   Contexte  socio  économique  ......................................................................................................................  48  
4.3.2   Offre  médicale  ................................................................................................................................................  48  
4.3.3   Relation  entre  pénurie  des  médecins  et  fréquentation  des  urgences  ....................................  49  
4.4   PROPOSITIONS  ......................................................................................................................................................  50  
4.4.1   Amélioration  de  l’enseignement  aux  parents  ..................................................................................  50  
4.4.2   Amélioration  de  l’information  donnée  sur  les  structures  et  le  déroulement  de  la  prise  
en  charge  du  nouveau-­‐né  à  la  sortie  de  maternité  .......................................................................................  51  
4.4.3   Valorisation  de  la  formation  en  pédiatrie  des  médecins  généralistes  ..................................  53  
4.4.4   Amélioration  de  la  coordination  ville-­‐hôpital  et  de  la  prise  en  charge  en  médecine  
libérale  .............................................................................................................................................................................  55  
 

5   CONCLUSION  ..........................................................................................................................................  57  


 

6   BIBLIOGRAPHIE  ....................................................................................................................................  59  

7   LISTE  DES  ABREVATIONS  ..................................................................................................................  66  

8   ANNEXES  ..................................................................................................................................................  67  


8.1   ANNEXE  1  :  ............................................................................................................................................................  67  
8.2   ANNEXE  2  :  ............................................................................................................................................................  68  
8.3   ANNEXE  3  :  CERTIFICAT  DU  8EME  JOUR  ..........................................................................................................  70  
8.4   ANNEXE  4  ..............................................................................................................................................................  71  
8.5   ANNEXE  5  ..............................................................................................................................................................  72  
 

TITRE  ET  RESUME  .......................................................................................................................................  73  

MOTS  CLES  .....................................................................................................................................................  73  


 

  6  
1 INTRODUCTION  

1.1 Etat   actuel   des   connaissances   sur   la   prise   en   charge   des   nouveau-­‐
nés  

1.1.1 Contexte  en  France  


D’après  l’INSEE,  en  2014,  il  y  a  eu  813  000  naissances  en  France  (hors  Mayotte).  Alors  
que   ce   chiffre   tendait   à   diminuer   depuis   2010,   on   note   une   légère   augmentation   par  
rapport  à  2013  (811  500).  

En  France,  la  durée  moyenne  de  séjour  (DMS)  en  maternité  a  diminuée  depuis  plusieurs  
années.  Elle  correspond  au  nombre  de  journées  d’hospitalisation  dans  l’année  (pour  une  
pathologie  donnée)  rapporté  au  nombre  de  séjours  (pour  cette  pathologie).  La  DMS  est  
calculée   en   excluant   les   hospitalisations   inférieures   à   24H   programmées.   [1]   Au   début  
des  années  80,  plus  de  50%  des  femmes  séjournaient  entre  7  et  9  jours  en  maternité.  En  
2011,  la  DMS  est  de  4,2  jours  en  France  [2]  pour  l’ensemble  des  accouchements  et  de  4,7  
jours  en  Ile  de  France  en  2013  [3].  

Selon   le   rapport   de   périnatalité   de   2010   [4],   l’accompagnement   à   la   sortie   s’effectue  


majoritairement  par  la  visite  d’une  sage  femme  libérale  ou  de  la  Protection  Maternelle  et  
Infantile  (PMI)  à  domicile,  ou  encore  d’une  puéricultrice  de  PMI.  Les  hospitalisations  à  
domicile  restent  rares.  

La   Haute   Autorité   de   Santé   (HAS)   a   édité   récemment   des   recommandations   de   bonne  


pratique  concernant  la  sortie  de  maternité  après  l’accouchement  [5].  Celles-­‐ci  rappellent  
qu’une  sortie  précoce  est  définie  comme  sortie  de  maternité  au  cours  des  72  premières  
heures   après   un   accouchement   par   voie   basse   et   au   cours   des   96   premières   heures  
après   un   accouchement   par   césarienne.   Les   conditions   optimales   de   sortie   d’un  
nouveau-­‐né  et  de  sa  mère  ainsi  que  les  critères  d’une  population  à  bas  risque  maternel  
et  pédiatrique  permettant  un  retour  à  domicile  sont  définis.  Ces  critères  sont  différents  
selon   qu’une   sortie   précoce   est   envisagée   ou   non.   (Annexe   1).   Une   prise   en   charge  
optimale   nécessite   une   continuité   et   une   coordination   qui   est   permise   par  
l’identification   d’un   «  référent   de   maternité  »   et   d’un   «  référent   de   suivi  ».   Ces  
professionnels   peuvent   être   une   sage-­‐femme,   un   médecin   généraliste   ou   un   pédiatre.  
Les  données  peuvent  être  colligées  sur  la  fiche  de  liaison  maternité/ville  proposée  par  la  

  7  
HAS  (Annexe  2)  et  permettant  une  facilité  de  communication  entre  les  professionnels  de  
santé.   Une   visite   est     systématique   après   la   sortie   de   maternité  :   elle   doit   être   réalisée  
dans  la  semaine  après  la  sortie  du  nouveau-­‐né  (au  mieux  dans  les  48H)  pour  un  séjour  
d’une   durée   standard   en   maternité,   et   dans   les   24H   après   une   sortie   précoce.   La  
deuxième   visite   est   systématique   après   une   sortie   précoce   et   n’est   que   recommandée  
après  une  sortie  d’une  durée  standard.  Ces  recommandations  définissent  également  un  
parcours  de  soins  du  nouveau-­‐né  au  cours  du  premier  mois  de  vie.  Deux  examens  sont  
ainsi  réalisés  au  cours  du  séjour  en  maternité  :  le  premier  est  réalisé  dans  les  2  heures  
suivant  la  naissance  par  une  sage  femme  ou  un  pédiatre,  le  deuxième  se  déroule  après  
48H  de  vie  et  avant  la  sortie  de  maternité  en  cas  de  durée  de  séjour  standard,  voire  le  
jour   de   la   sortie   en   cas   de   sortie   précoce   et   est   réalisé   par   un   pédiatre.   Un   troisième  
examen   est   recommandé  :   il   doit   avoir   lieu   entre   le   6ème   et   10ème   jour   de   vie,   de  
préférence  par  un  pédiatre  ou  un  médecin  généraliste  expérimenté.  Le  certificat  médical  
du  8ème  jour  sera  ainsi  complété  (Annexe  3).  Un  quatrième  examen  peut  être  réalisé  au  
cours  du  premier  mois  de  vie  selon  l’appréciation  du  professionnel  de  santé.  

La  commission  nationale  de  la  naissance  et  de  la  santé  de  l’enfant  [6],  a  également  rédigé  
des  propositions,  datant  de  2013,  afin  d’améliorer  le  retour  à  domicile  de  la  maman  et  
du   nouveau-­‐né   dans   un   contexte   de   réduction   de   la   durée   du   séjour   en   maternité.   La  
fiche   de   liaison   maternité/suivi     en   post   partum   immédiat   en   faisait   d’ailleurs   partie.   Un  
accompagnement  en  post  partum  est  essentiel  pour  chaque  naissance  et  doit  être  adapté  
aux   besoins   de   chaque   famille.   Celui-­‐ci   concerne   le   suivi   de   la   femme   et   de   l’enfant   pour  
sa  santé  et  son  bien  être  et  l’accompagnement  du  développement  de  la  relation  parents-­‐
enfant.  Il   peut   être   assuré   de   manière   pluridisciplinaire   (sages-­‐femmes,   services   de   PMI,  
médecins   généralistes,   pédiatres,   gynécologies,   psychiatres,   et   pédopsychiatres).  
D’autres  intervenants  peuvent  entrer  également  en  jeu  en  cas  de  besoin  :  psychologues,  
assistantes  sociales,  techniciens  de  l’intervention  sociale  et  familiale.  

 Lors   du   premier   mois   de   vie,   le   rôle   du   médecin   est   primordial  :   détection   de  


pathologies   après   examen   clinique   complet   mais   aussi   vérification   de   la   bonne  
croissance  somatique,  vérification  du  bon  lien  mère-­‐enfant,  détection  d’une  dépression  
maternelle   du   post-­‐partum,   alimentation   du   nouveau-­‐né   (encourager   allaitement  
maternel),  écoute  des  inquiétudes  et  éducation  des  parents.    

  8  
1.1.2 Contexte  en  Europe  et  aux  Etats-­‐Unis  
En  Europe,  la  France  fait  partie  des  pays  ayant  la  DMS  la  plus  longue  [2].  

Aux   Pays-­‐Bas   [7],   de   nombreux   accouchements   ont   lieu   à   domicile   (31,5%).   Ce   taux  
important  d’accouchements  à  domicile  est  permis  par  la  catégorisation  des  femmes  en  
terme   de   risque  :   situation   normale   ou   pathologique.   Ainsi,   une   femme   avec   des  
indications  de  type  A  est  suivie  par  une  sage  femme  et  peut  accoucher  à  domicile,  avec  
des   indications   de   type   C   est   suivie   par   un   gynécologue-­‐obstétriciens   et   accouchera   à  
l’hôpital.   Les   indications   de   type   B   impliquent   une   consultation   obstétricale   qui  
déterminera   la   suite   du   suivi.   Le   classement   en   fonction   des   risques   est   effectué   selon   la  
liste   d’indications   obstétricales   mentionnant   tous   les   antécédents   et   maladies   pouvant  
induire   un   accouchement   ou   un   post-­‐partum   pathologique.   De   plus,   à   la   suite   de  
l’accouchement,   un   système   «  d’aide   de   couches  »   à   domicile   a   été   mis   en   place   et   est  
financé  par  les  organismes  de  santé,  8h  par  jour  pendant  8  jours  suivant  la  naissance.  

En   Angleterre,   la   DMS   est   de   1.6   jours.   Le   programme   «  DOMINO  »   (domicile   in   and   out)  
organise   le   suivi   du   travail   à   domicile,   l’accouchement   à   l’hôpital   ainsi   que   le   retour   6  

  9  
heures  plus  tard  à  domicile  avec  une  sage  femme  présente  à  domicile.  Le  suivi  s’effectue  
pendant  10  jours  après  l’accouchement.  

Aux   Etats   Unis,   la   durée   du   séjour   en   maternité   a   beaucoup   diminué   des   années   1970  
jusqu’au   milieu   des   années   1990   [8,9].   La   durée   de   séjour   en   maternité   pour   un  
accouchement   par   voie   basse   était   de   3,9   jours   en   1970   contre   2   jours   en   1993.   Pour   les  
césariennes,   celle   ci   était   de   7,9   jours   contre   3,9   jours   pour   les   mêmes   périodes.   Au  
milieu   des   années   1990,   afin   d’éviter   les   potentiels   effets   délétères   [10]   et   surtout   de  
limiter  le  nombre  croissant  de  consultations  aux  urgences  pédiatriques  secondaires  à  ce  
raccourcissement  de  durée  de  séjour  en  maternité  [11–15],  une  législation  fédérale  a  été  
crée  afin  de  diminuer  l’incidence  des  séjours  extrêmement  courts  en  maternité  et  ainsi  
limiter  le  nombre  de  consultations  et  de  réadmissions  aux  urgences  pédiatriques.  Celle  
ci   recommandait   un   séjour   d’au   moins   48h   suite   à   un   accouchement   par   voie   basse   et  
d’au  moins  96h  suite  à  une  césarienne  [16].  Cette  loi  eut  pour  effet  une  augmentation  du  
séjour   en   maternité   ainsi   qu’une   diminution   du     taux   de   réadmission   néonatale  
[16,17,18,19].   Mais   celui   ci   fut   transitoire,   car   par   la   suite,   malgré   cette   législation,   le  
nombre   de   consultations   aux   urgences   pédiatriques   ne   cessait   d’augmenter,   menant   à  
réfléchir  à  d’autres  facteurs  impliqués  lors  de  cette  consultation.  

1.2  Justification  de  l’étude  


D’après  l’INSEE,  il  y  a  eu  809  556  naissances  en  France  en  2013  dont  180  271  en  Ile  de  
France.     Le   nombre   de   naissances   a   ainsi   légèrement   diminué   par   rapport   à   2012   (-­‐
1,3%).   L’indice   conjoncturel   de   fécondité   s’établit   à   1,99   enfants   par   femme.   Il   reste   le  
plus  élevé  de  l’Union  Européenne.  

Parallèlement,   le   nombre   de   consultations   aux   urgences   pédiatriques   ne   cesse  


d’augmenter.  Ainsi,  en  2002,  les  nourrissons  de  moins  de  un  an  ont  le  taux  de  recours  
aux   urgences   le   plus   élevé   (48%   des   consultations   aux   urgences,   proportionnellement  
2,4  fois  plus  nombreux  dans  la  patientèle  des  urgences)  [20,21]  

De   nombreuses   consultations   aux   urgences   paraissent   inappropriées.   Chez   les   nouveau-­‐


nés,  certaines  études  mettent  en  évidence  une  proportion  de  consultations  non  urgentes  
au   sein   des   urgences   pédiatriques   avec   peu   de   patients   adressés     et   émettent   des  
facteurs   augmentant   la   fréquence   de   consultation   aux   urgences   pédiatriques   (mère  
jeune,  premier  enfant,  prématurité)  [20,22,23,24]  

  10  
Ces  études  étaient  rétrospectives  et  n’étaient  pas  réalisées  en  France.  

En   France,   dans   une   étude   réalisée   dans   23   services   d’urgence   de   la   région   PACA   en  
2007,   33%   des   consultations   auraient   relevé   de   la   médecine   générale   [25].   Une   étude  
réalisée   à   Toulouse   a   mis   en   évidence   [26]   un   risque   de   recours   aux   urgences  
pédiatriques  plus  élevé  si  la  mère  était  jeune,  primipare,  seule,  sans  emploi,  habitait  près  
de  l’hôpital  et  si  l’enfant  était  âgé  de  moins  de  15  jours.  

Ces   chiffres   nous   poussent   à   réfléchir  :   pourquoi   le   nombre   de   consultations   aux  


urgences  pédiatriques  ne  cesse  d’augmenter  [20,21]  alors  que  le  nombre  de  naissances  
diminue  ?   Quels   sont   les   facteurs   impliqués   dans   ces   consultations  ?   Quels   sont   les  
motifs  de  consultation  les  plus  fréquents  ?  Ces  pathologies  auraient  elles  pu  être  prises  
en  charge  en  médecine  libérale  ?  

Dans  le  Val-­‐de-­‐Marne,  il  y  a  20  748  naissances  par  an.  Environ  2  500  naissances  ont  lieu  
chaque   année   au   Centre   Hospitalier   de   Villeneuve-­‐Saint-­‐Georges   Lucie   et   Raymond  
Aubrac.  

Cette   étude   épidémiologique   avec   inclusion   prospective   des   patients,   réalisée   au   sein  
des  urgences  pédiatriques  de  Villeneuve-­‐Saint-­‐Georges  du  10  février  2013  au  31  janvier  
2014   a   pour   objectifs   de   déterminer   les   facteurs   impliqués   dans   la   consultation   des  
nouveau-­‐nés   aux   urgences   pédiatriques,   ainsi   que   les   motifs   les   plus   fréquents   de  
consultation,   permettant   de   rechercher   des   solutions   pour   une   prise   en   charge   en  
charge  ambulatoire  des  patients  ne  nécessitant  pas  une  consultation  aux  urgences.  

Il   est   utile   de   déterminer   les   motifs   de   consultation   des   nouveau-­‐nés   aux   urgences  
pédiatriques   afin   de   déterminer   si   certaines   de   ces   consultations   auraient   pu   être   prises  
en  charge  en  médecine  générale  et  de  rechercher  des  solutions  afin  de  désengorger  les  
urgences  pédiatriques.  

  11  
2 MATERIELS  ET  METHODES  

2.1  Population  
Critères  d’inclusion  

Tous  les  nouveau-­‐nés  âgés  de  28  jours  ou  moins,  consultant  aux  urgences  pédiatriques  
de  Villeneuve-­‐Saint-­‐Georges  entre  le  10  février  2013  et  le  31  janvier  2014  étaient  inclus.  

Critères  d’exclusion  

Etaient  exclus  les  nouveau-­‐nés  transférés  d’autres  hôpitaux  et  les  patients  directement  
admis  en  service  de  néonatologie.  

2.2  Lieu  d’étude  


Le   Centre   hospitalier   intercommunal   de   Villeneuve-­‐Saint-­‐Georges   (CHIV)   a   ouvert   en  
1971.  Il  est  situé  à  la  limite    du  Val-­‐de-­‐Marne  et  de  l’Essonne.  Un  nouveau  pôle  femme  
enfant   a   été   récemment   inauguré   en   octobre   2013.   Il   comprend   une   maternité,   les  
services   de   néonatologie,   de   pédiatrie   et   des   urgences   pédiatriques.   Les   urgences  
pédiatriques  de  Villeneuve-­‐Saint-­‐Georges  ont  accueilli  15  929  enfants  en  2013  et  20  976  
en  2014.  2  494  enfants  sont  nés  en  2013  au  sein  de  la  maternité  de  niveau  2B  (présence  
d’unités   d’obstétrique,   de   néonatologie,   de   soins   intensifs   avec   présence   médicale  
continue  sur  place).  

Villeneuve-­‐Saint-­‐Georges   est   une   ville   comptant   32   767   habitants   [27].   Cette   ville  
compte   17   médecins   généralistes   et   3   pédiatres   exerçant   en   libéral.   Au   niveau  
hospitalier,   Villeneuve-­‐Saint-­‐Georges   bénéficie,   en   outre   du   CHIV,   d’une   polyclinique  
(n’ayant  pas  de  service  de  pédiatrie)    et  d’un  centre  de  soins  de  suite  et  de  réadaptation.    

Dans   cette   ville,  selon   l’INSEE,  le   revenu   moyen   par   foyer   est   de   17   942   euros   (pour   une  
moyenne   nationale   de  :   36   700   euros),   le   taux   de   chômage   était   de   12.6%   (pour   une  
moyenne  nationale  à  :  9.8%)  

2.3  Méthodes  

2.3.1 Critères  étudiés  


Pour   tout   nouveau-­‐né   consultant   aux   urgences   pédiatriques,   un   questionnaire   (voir  
Annexe   4)   était   remis   au   médecin.   Ce   dernier   interrogeait   les   parents   du   nouveau-­‐né  

  12  
(soit   le   père,   soit   la   mère,   soit   les   deux)   et   le   remplissait   après   accord   oral   à   la  
participation  de  l’étude.  

Les  critères  concernant  les  nouveau-­‐nés  étaient    

-­‐ l’âge  et  le  sexe  de  l’enfant,    


-­‐ le  terme  de  naissance,    
-­‐ la  présence  de  complications  néonatales,    
-­‐ la  durée  de  séjour  en  maternité,    
-­‐ la  présence  d’un  médecin  généraliste  ou  d’un  pédiatre  assurant  le  suivi  du  
nouveau-­‐né,    
-­‐ la  présence  d’un  suivi  en  PMI.    
 
Les  critères  concernant  les  parents  du  nouveau-­‐né  étaient  :    

-­‐ la  situation  familiale  (en  couple,  séparés,  divorcés)  


-­‐ la  présence  d’un  statut  de  mère  isolée,    
-­‐ leur  profession  (classée  selon  les  catégories  socio  professionnelles  de  l’INSEE,  
voir  Annexe  5),    
-­‐ leu  âge,    
-­‐ leur  ville,    
-­‐ leur  parité,    
-­‐ leur  niveau  de  scolarité  et  le  dernier  diplôme  obtenu  
-­‐ leur  langue  habituelle  :  la  barrière  de  la  langue  était  jugée  par  la  présence  des  
deux  parents  ne  parlant  pas  le  français.    
-­‐ Leur  couverture  médicale  :  Couverture  Médicale  universelle  ?  
-­‐ Lecture  du  carnet  de  santé  effectuée  
 
Le   statut   de   mère   isolée   était   défini   par   une   personne   célibataire,   veuve,   ou   divorcée,  
élevant   seule   son   ou   ses   enfants   de   moins   de   18   mois   sous   conditions   de   ressource  
(définies   par   la   Caisse   nationale   d’Allocations   Familiales   (CAF)  :   566,79   euros   et  
majoration  de  188,93  euros  par  enfant).  Le  niveau  de  scolarité  était  défini  par  le  dernier  
diplôme  obtenu  et,  ou  le  niveau  :  primaire,  secondaire  (collège,  lycée),  supérieur  (études  
après  le  baccalauréat  ou  un  diplôme  d’accès  aux  études  supérieures).    

Au  sujet  de  la  mère,  étaient  colligés  :  

-­‐ les  antécédents  gynéco-­‐obstétricaux    


-­‐ les  autres  antécédents  (notamment  psychiatriques)  
Au   sujet   de   la   consultation,   le   motif   invoqué   par   les   parents   ainsi   que   le   diagnostic  
retenu  étaient  collectés.  Le  médecin  demandait  également  aux  parents  si  le  nouveau-­‐né  
était   adressé   par   un   médecin   généraliste   ou   un   pédiatre   et   dans   le   cas   contraire   s’ils  
avaient  tenté  de  le  joindre  (appel  du  médecin).  La  nécessité  d’examens  complémentaires  
  13  
ou  d’une  hospitalisation  était  notée.  Aussi,  le  médecin  jugeait  à  la  fin  de  la  consultation  
s’il   la   jugeait   «  appropriée  »   et   si   oui  :   «  appropriée   aux   urgences  ».   Une   consultation  
était   considérée   comme   appropriée   si   elle   nécessitait   un   avis   médical.   Elle   était  
considérée   comme   appropriée   aux   urgences   si   le   médecin   jugeait   que   la   consultation  
devait  être  effectuée  dans  des  délais  brefs  ou  en  milieu  hospitalier.  Enfin,  la  fréquence  de  
consultation  du  nouveau-­‐né  aux  urgences  était  notée.  

2.3.2 Analyse  des  données  


Données  descriptives  

Toutes  les  données  ont  été  colligées  au  sein  d’un  tableur  Excel®  (Microsoft  Corporation).    

Les  moyennes,  médianes  et  extrêmes  d’âge  des  nouveaux  nés,  de  terme  de  naissance,  de  
durée  de  séjour  en  maternité  et  de  parité  ont  été  calculés.  La  répartition  de  consultation  
en   fonction   du   sexe   a   été   effectuée.   Le   pourcentage   de   complications   néonatales,   de  
présence  d’un  médecin  généraliste  ou  de  pédiatre,  du  nombre  de  nouveau-­‐nés  suivis  en  
PMI  était  calculé.  De  plus,  on  déterminait,  au  sujet  des  parents  

-­‐ le  pourcentage  de  parents  en  couple,    


-­‐ le  pourcentage  de  mère  isolée,    
-­‐ le  pourcentage  de  bénéficiaires  de  la  CMU,    
-­‐ le  pourcentage  de  parents  ayant  lu  le  carnet  de  santé,    
-­‐ le  pourcentage  de  parents  parlant  français,  de  parents  ayant  un  niveau  d’étude  
supérieure,    
-­‐ le  pourcentage  de  mères  ayant  des  antécédents  obstétricaux.    
 
De  même,  la  répartition  des  différentes  catégories  socio  professionnelles  était  effectuée  
par  pourcentage.  

Au   sujet   de   la   consultation,   le   diagnostic   était   classé   en   motifs   respiratoire,   digestif,  


cutané,   infectieux   et   examen   clinique   normal.   Les   pourcentages   d’hospitalisation,  
d’examens  complémentaires,  de    fréquences  de  consultation  supérieures  ou  égales  à  2,  
de  consultations  appropriées  et  appropriées  aux  urgences  étaient  calculés.  

Analyses  croisées  

Les   données   ont   été   analysées   de   manière   croisée   à   l’aide   de   tableaux   croisés  
dynamiques  effectués  sur  Excel®  (Microsoft  Corporation).  

  14  
3 RESULTATS  

3.1 Analyse  descriptive  

3.1.1 Population  globale  


494   nouveau-­‐nés   de   0   à   28   jours   se   sont   présentés   aux   urgences   pédiatriques   de  
Villeneuve-­‐Saint-­‐Georges   entre     le   10   février   2013   et   le   31   janvier   2014.   120  
questionnaires   ont   été   remplis   dont   115   exploitables   (cf   figure   1).   Le   taux   de   réponse  
était  de  24%.  

Figure  1  -­‐  Diagramme  de  flux  

3.1.2 Les  nouveau-­‐nés  

[Link] Répartition  par  tranche  d’âge  


Les  données  de  115  enfants  s’étant  présentés  aux  urgences  pédiatriques  de  Villeneuve-­‐
Saint-­‐Georges  entre  le  10  février  2013  et  le  31  janvier  2014  ont  été  colligées.  Leur  âge  
moyen  était  de  16  jours  +/-­‐  6,7  jours  (extrêmes  4  à  28  jours,  médiane  16  jours)  (cf  figure  
2)  

  15  
 

Figure  2  -­‐  Age  des  nouveau-­‐nés  

[Link] Répartition  par  sexe  


Le  sex  ratio  était  égal  à  0,85  (53  garçons,  62  filles).  

[Link] Antécédents  périnataux  


Le  terme  moyen  de  naissance  était  de  39  SA  +/-­‐  1,4  (extrêmes  à  32  et  41).  6  nouveau-­‐
nés   étaient   nés   prématurés   (5%).   16   enfants   avaient   eu   des   complications   néonatales  
(14%).  Celles-­‐ci     comprenaient  :   prématurité   pour   6   nouveaux   nés,   2   infections   materno  
fœtales,  3  détresses  respiratoires  transitoires,  2  fractures  de  clavicule,  1  masse  sacrée  en  
cours  d’exploration,  5  ictères  nécessitant  une  photothérapie.  

[Link] Suivi  en  PMI,  présence  d’un  médecin  traitant  


35   nouveau-­‐nés   (63%)   étaient   suivis   en   PMI,   et   80   nouveau-­‐nés   (70%)   avaient   un  
médecin   libéral   (pédiatre   ou   médecin   généraliste).   9   nouveau-­‐nés   (8%)   n’avaient   aucun  
suivi  médical  depuis  la  sortie  de  la  maternité  

[Link] Séjour  en  maternité  


La  durée  du  séjour  en  maternité  était  en  moyenne  de  4  jours  +/-­‐  1.5  jour  (extrêmes  de  2  
à   11   jours   –   médiane   à   3).   Le   nombre   de   sorties   précoces   était   de   59   soit   51%   des  
séjours  en  maternité.  

3.1.3 Les  parents  

[Link] La  famille  
95%   des   parents   étaient   en   couple.   29   familles   bénéficiaient   de   la   couverture  
complémentaire  CMU  (25%)  et  46%  des  parents  déclaraient  avoir  lu  les  conseils  colligés  

  16  
dans   le   carnet   de   santé.     La   parité   moyenne   était   de   2   (extrêmes   1-­‐5  ;   médiane   2).   39  
mères  étaient  primipares  (34%)  et  13  mères  avaient  au  moins  4  enfants  (11%).  

[Link] Les  pères  


38%  des  pères  étaient  ouvriers,  11%  inactifs.  34%  avaient  fait  des  études  supérieures.  
L’âge  moyen  des  pères  était  de  29  ans  +/-­‐  7  (extrêmes  :  17  à  51  ans,  médiane  :  31  ans).  
96%  des  pères  parlaient  français.  (cf  figure  3)  

[Link] Les  mères  


40%   des   mères   étaient   inactives,     29%   employées.   37%   avaient   fait   des   études  
supérieures.  L’âge  moyen  des  mères  était  de  26  ans  +/-­‐    6  ans  (extrêmes  :  16  à  46  ans  -­‐  
médiane  :   28   ans).   93%   parlaient   français.   4%   (5   mères)   avaient   des   antécédents  
obstétricaux   notables   (interruptions   médicales   de   grossesse   et   fausses   couches).   7  
mères  étaient  isolées  (6%)  (cf  figure  3)  

Figure  3  CSP  des  pères   Figure  3  CSP  des  mères  

3.1.4 La  consultation  

[Link] Venue  
Dans   16%   des   cas   le   nouveau   né   était   adressé   par   un   médecin   (généraliste   ou   pédiatre).  
Dans  19%  des  cas,  le  médecin  avait  été  contacté.    

  17  
[Link] Motifs  de  consultation  (cf  figure  4)  
 
Nb  de  patients  

Figure  4  :  motifs  de  consultation  


 

Les  motifs  digestifs  représentaient  36%  des  diagnostics  et  étaient  répartis  en    (fig  5)  :  

-­‐ reflux  gastro-­‐oesophagien  :  9  nouveau-­‐nés,  responsables  de  malaise  pour  3  


d’entre  eux  
-­‐ stagnation  pondérale  pour  8  nouveau-­‐nés  répartis  entre  :  
o carence  d’apport  (5  nouveau-­‐nés  dans  un  contexte  de  difficulté  de  mise  en  
place  de  l’allaitement  maternel,  1  nouveau-­‐né  sous  allaitement  artificiel)  
o 1  allergie  aux  protéines  de  lait  de  vache  
o 1  nouveau-­‐né  dont  l’étiologie  restait  à  déterminer  
-­‐ régurgitations  :  8  nouveau-­‐nés  
-­‐ coliques  :  7  nouveau-­‐nés  
-­‐ constipation  :  4  nouveau-­‐nés  
-­‐ gastro-­‐entérite  aigue  :  4  nouveau-­‐nés  
-­‐ crise  génitale  :  2  nouveau-­‐nés  

Figure  5  :  Détail  des  motifs  digestifs  

  18  
Les  motifs  respiratoires  32%  des  diagnostics  (figure  6)  :  

-­‐ bronchiolite  :  19  nouveau-­‐nés  


-­‐ rhinite  :  16  nouveau-­‐nés  
-­‐ stridor  intermittent  :  2  nouveau-­‐nés  

Figure  6  :  Détail  des  motifs  "respiratoires"  

Venaient  ensuite  les  motifs  infectieux  pour  13%  des  diagnostics  (figure  7):  

-­‐ fièvre  à  explorer,  suspicion  d’infection  materno-­‐foetale  :  8  nouveau-­‐nés  


-­‐ pyélonéphrite  aigue  :  2  nouveau-­‐nés  
-­‐ méningite  virale  :  2  nouveau-­‐nés  
-­‐ conjonctivite  :  2  nouveau-­‐nés  
-­‐ cellulite  cervicale  :  1  nouveau-­‐né  

Figure  7  :  Détail  des  motifs  "infectieux"  

  19  
Puis  les  motifs  d’ordre  cutané  :  10%  des  diagnostics  (figure  8)  

-­‐ ictère  :  5  nouveau-­‐nés  (nécessité  d’hospitalisation  :  2,  ictères  au  lait  de  mère  :  3)  
-­‐ mammite  :  3  nouveau-­‐nés  
-­‐ érythème  du  siège  :  1  nouveau-­‐né  
-­‐ kyste  cutané  :  1  nouveau-­‐né  
-­‐ bosse  séro  sanguine  :  1  nouveau-­‐né  
-­‐ bourgeon  du  cordon  :  1  nouveau-­‐né  
-­‐ fissure  anale  :  1  nouveau-­‐né  

Figure  8  :  Détail  des  motifs  "cutanés"  

9  nouveau-­‐nés  avaient  un  examen  clinique  normal  (8%).    Leurs  motifs  de  consultation  
étaient  (figure  9)  :  

-­‐ gène  respiratoire  :  3  nouveau-­‐nés  


-­‐ pleurs  :  2  nouveau-­‐nés  
-­‐ impression  d’œdème  des  gencives  (1  nouveau-­‐né),  de  la  main  (1  nouveau-­‐né)  
-­‐ impression  de  fièvre  non  objectivée  :  1  nouveau-­‐né  
-­‐ stagnation  pondérale  (sur  erreur  de  prise  de  poids)  :  1  nouveau-­‐né  

 
 

[Link] Devenir  après  la  consultation  

Figure  9  :  Motifs  évoqués  lorsque  l'examen  clinique  est  normal  

  20  
59   enfants   (51%)   ont   eu   des   examens   complémentaires.     53   nouveau-­‐nés   ont   été  
hospitalisés   (46%).   49%   n’ont   pas   eu   d’examens   complémentaires   et   sont   rentrés   à  
domicile.  

[Link] Fréquence  de  consultation  


107   (93%)   enfants   consultaient   pour   la   première   fois   aux   urgences   pédiatriques,   8  
consultaient  pour  la  deuxième  fois  (7%).  

3.1.5 Avis  du  médecin  


Dans   87%   des   cas   (101   nouveau-­‐nés),   le   médecin   considérait   la   consultation   comme  
appropriée  et  dans  45%  des  cas  (52  nouveau-­‐nés),  comme  appropriée  aux  urgences.  

3.2 Analyses  croisées  

3.2.1 Taux  d’hospitalisation  

[Link] En  fonction  de  la  parité  


Le   taux   d’hospitalisation   était   de   41%   pour   les   nouveau-­‐nés   de   mères   primipares   (16  
enfants  sur  39)  et  de  77%  pour  les  nouveau-­‐nés  de  mères  ayant  4  enfants  ou  plus  (10  
enfants  sur  13)  (cf  figure  10)  

Figure  10  Taux  d'hospitalisation  en  fonction  de  la  parité  

[Link] En  fonction  de  l’âge  de  la  mère  


Le   taux   d’hospitalisation   de   nouveau-­‐nés   de   mères   de   moins   de   25   ans   était   de   57%   (12  
nouveau-­‐nés   sur   21)   et   de   56%   pour   les   nouveau-­‐nés   de   mères   de   plus   de   35   ans   (9  
nouveau-­‐nés  sur  16)  (figure  11)  
  21  
 

Figure  11  Taux  d'hospitalisation  en  fonction  de  l'âge  de  la  mère  

[Link] En  fonction  des  catégories  socio-­‐professionnelles  


Le   taux   d’hospitalisation   était   de   60%   pour   les   nouveau-­‐nés   de   mères   CSP   3   (cadres,  
professions   intellectuelles   supérieures)     (3   nouveau-­‐nés   sur   5)   et   de   56%   pour   les  
nouveau-­‐nés  de  mères  CSP  8  (sans  emploi)  (26  nouveau-­‐nés  sur  46)  (figure  12)  

Figure  12  Taux  d'hospitalisation  en  fonction  des  CSP  

[Link] En  fonction  du  mode  de  venue  


Parmi   les   nouveau-­‐nés   adressés   (18   nouveau-­‐nés)   par   un   médecin   libéral   (médecin  
généraliste   ou   pédiatre),   11   (61%)   ont   été   hospitalisés   et   7   (39%)   sont   rentrés   à  
domicile.  (figure  8)  

Parmi   les   nouveau-­‐nés   consultant   sans   avis   préalable   (96),   42   (42%)   ont   été  
hospitalisés  et  54  (56%)  sont  rentrés  à  domicile.  (figure  13)  

  22  
 

Figure  13  Taux  d'hospitalisation  en  fonction  du  mode  de  venue  

[Link] En  fonction  du  suivi  médical  


25%   des   nouveau-­‐nés   n’ayant   pas   de   suivi   médical   (2   nouveau-­‐nés   sur   8)   et   49%   des  
nouveau-­‐nés  ayant  un  suivi  médical  par  un  médecin  en  libéral  (16  nouveau-­‐nés  sur  33)  
(médecin  généraliste  ou  pédiatre)  ont  été  hospitalisés.  (figure  14)  

Figure  14  Taux  d'hospitalisation  en  fonction  du  suivi  médical  

[Link] En  fonction  de  la  durée  de  séjour  en  maternité  


Parmi  les  nouveau-­‐nés  ayant  eu  une  sortie  précoce  de  maternité  (59),  30  soit  51%  ont  
été  hospitalisés  et  29  soit  49%  sont  rentrés  à  domicile.  (figure  10)  

Parmi  les  nouveau-­‐nés  ayant  eu  une  durée  de  séjour  standard  en  maternité  (56),  23  soit  
41%  ont  été  hospitalisés  et  33  soit  59  %  sont  rentrés  à  domicile.  (figure  15)  

  23  
 

Figure  15  Taux  d'hospitalisation  en  fonction  de  la  durée  de  séjour  en  maternité  

3.2.2 Consultation  non  appropriée  

[Link] En  fonction  de  la  parité  


Les  nouveau-­‐nés  de  mères  primipares  (40)  avaient  une  consultation  considérée  comme  
non  appropriée  dans  8%  des  cas  (3),  appropriée  dans  92%  des  cas  (37).  

La   consultation   des   nouveau-­‐nés   faisant   partie   d’une   fratrie   de   4   enfants   minimum   était  
considérée  comme  appropriée  dans  100%  des  cas  (13  nouveau-­‐nés)  (figure  16)  

Figure  16  Taux  de  consultation  appropriée  en  fonction  de  la  parité  

[Link] En  fonction  de  l’âge  de  la  mère  


Les   nouveau-­‐nés   de   mère   âgée   de   moins   de   25   ans   (21)   avaient   une   consultation  
considérée  comme  non  appropriée  dans  5%  des  cas  (1)    

  24  
Les   nouveau-­‐nés   de   mère   âgée   de   plus   de   35   ans   (16)   avaient   une   consultation  
considérée  comme  non  appropriée  dans  6%  des  cas  (1).  (figure  17)  

Figure  17  Taux  de  consultations  appropriées  en  fonction  de  l'âge  de  la  mère  

[Link] En  fonction  des  catégories  socio  professionnelles  


6   nouveau-­‐nés   (13%)   de   mères   sans   activité   professionnelle   (46)   avaient   une  
consultation  considérée  comme  non  appropriée.  

1  nouveau-­‐nés  (20%)  de  mères  ayant  une  CSP  3  (5)  avaient  une  consultation  considérée  
comme  non  appropriée.  (figure  18)  

Figure  18  Taux  de  consultations  appropriées  en  fonction  des  CSP  

[Link] En  fonction  du  mode  de  venue  


Les   18   nouveau-­‐nés   adressés   par   un   médecin   libéral   avaient   tous   une   consultation  
considérée   comme   appropriée.   Parmi   les   nouveau-­‐nés   consultant   spontanément   aux  

  25  
urgences,  14    (15%)  avaient  une  consultation  considérée  comme  non  appropriée  et  83  
(85%)  comme  appropriée.  (figure  19)  

Figure  19  Taux  de  consultations  appropriées  en  fonction  du  mode  de  venue  

[Link] En  fonction  du  suivi  médical  


12,5%  des  nouveau-­‐nés  n’ayant  pas  de  suivi  médical  (1  nouveau-­‐né  sur  8)  avaient  une  
consultation   considérée   comme   non   appropriée.   6%   des   nouveau-­‐nés   ayant   un   suivi  
médical   effectué   par   un   médecin   libéral   seul   (2   nouveau-­‐nés   sur   33)   avaient   une  
consultation  considérée  comme  non  appropriée.  (figure  20)  

Figure  20  Taux  de  consultations  appropriées  en  fonction  du  suivi  médical  

[Link] En  fonction  de  la  durée  du  séjour  en  maternité  


19%  des  nouveau-­‐nés  ayant  eu  une  sortie  considérée  comme  précoce  de  maternité  (11  
nouveau-­‐nés   sur   59)   avaient   une   consultation   considérée   comme   non   appropriée.   5%  

  26  
des  nouveau-­‐nés  ayant  eu  une  durée  de  séjour  en  maternité  «  standard  »  (3  nouveau-­‐nés  
sur  56)  avaient  une  consultation  considérée  comme  non  appropriée.  (figure  21)  

Figure  21  Taux  de  consultations  appropriées  en  fonction  de  la  durée  de  séjour  en  maternité  

3.2.3 Consultation  non  appropriée  aux  urgences  

[Link] En  fonction  de  la  parité  


Les  nouveau-­‐nés  de  mères  primipares  (40)  avaient  une  consultation  considérée  comme  
non  appropriée  aux  urgences  dans  60%  des  cas  (24  nouveau-­‐nés)  

Les   nouveau-­‐nés   de   mères   ayant   4   enfants   ou   plus   (13)   avaient   une   consultation  
considérée  comme  non  appropriée  aux  urgences  dans  23  %  des  cas  (3  nouveau-­‐nés)    

Figure  22  Taux  de  consultations  appropriées  aux  urgences  en  fonction  de  la  parité  

[Link] En  fonction  de  l’âge  de  la  mère  


Les   nouveau-­‐nés   de   mère   âgée   de   moins   de   25   ans   (21)   avaient   une   consultation  
considérée  comme  non  appropriée  aux  urgences  dans  38  %  des  cas  (8  nouveau-­‐nés).  

  27  
Les   nouveau-­‐nés   de   mère   âgée   de   plus   de   35   ans   (16)   avaient   une   consultation  
considérée   comme   non   appropriée   aux   urgences   dans   50%   des   cas   (8   nouveau-­‐nés)  
(figure  23)  

Figure  23  Taux  de  consultations  appropriées  aux  urgences  en  fonction  de  l'âge  de  la  mère  

[Link] En  fonction  des  catégories  socio  professionnelles  


21   consultations   (soit   46%)   de   nouveau-­‐nés   de   mères   n’exerçant   pas   d’activité  
professionnelle  (46  mères)  étaient  considérées  comme  non  appropriées  aux  urgences.  

2   consultations   (soit   40%)   de   nouveau-­‐nés   de   mères   ayant   une   catégorie   socio  


professionnelles   classée   3   (5   mères)   étaient   considérées   comme   non   appropriées   aux  
urgences.  (figure  24)  

Figure  24  Taux  de  consultations  appropriées  aux  urgences  en  fonction  des  CSP  

  28  
[Link] En  fonction  du  mode  de  venue  
La   consultation   était   considérée   comme   non   appropriée   aux   urgences   pour   39%   des  
nouveau-­‐nés   adressés   (7   nouveau-­‐nés   sur   18)   et   58%   des   nouveau-­‐nés   non   adressés  
(56  nouveau-­‐nés  sur  97).  (figure  25)    

Pour  ce  qui  est  des  nouveau-­‐nés  adressés  ayant  une  consultation  considérée  comme  non  
appropriée   aux   urgences,   les   motifs   de   consultation   (figure   26)   étaient   principalement  
digestifs   (diagnostics   de   constipation  :   2   nouveau-­‐nés,   allaitement   maternel   difficile  :   1  
nouveau-­‐né,   crise   génitale  :   1   nouveau-­‐né)   mais   aussi   cutanés   (diagnostics   d’ictère  
physiologique  :  1  nouveau-­‐né  et  kyste  cutané  :  1  nouveau-­‐né).  Seuls  2  nouveau-­‐nés  ont  
bénéficié  d’examens  complémentaires  et  aucun  n’a  été  hospitalisé.  

Figure  25  Taux  de  consultations  appropriées  aux  urgences  en  fonction  du  mode  de  venue  

[Link] En  fonction  du  suivi  médical  


La   consultation   était   considérée   comme   non   appropriée   aux   urgences   pour   75%   des  
nouveau-­‐nés   n’ayant   pas   de   suivi   médical   (2   nouveau-­‐nés   sur   8)   et   pour   52%   des  
nouveau-­‐nés  ayant  un  suivi  médical  par  un  médecin  en  libéral  (médecin  généraliste  ou  
pédiatre).  (figure  26)  

  29  
 

Figure  26  Taux  de  consultations  appropriées  aux  urgences  en  fonction  du  suivi  médical  

[Link] En  fonction  de  la  durée  de  séjour  en  maternité  


La   consultation   était   considérée   comme   non   appropriée   aux   urgences   pour   56%   des  
nouveau-­‐nés   ayant   eu   un   séjour   court   en   maternité   (sortie   précoce),   pour   59%   des  
nouveau-­‐nés  ayant  eu  une  durée  de  séjour  standard  en  maternité.  (figure  27)  

Figure   27   Taux   de   consultations   appropriées   aux   urgences   en   fonction   de   la   durée   de   séjour   en  


maternité  

3.2.4 Fréquence  de  consultations  aux  urgences  pédiatriques  

[Link] En  fonction  de  la  parité  


36  nouveau-­‐nés  (soit  90%)  de  mères  primipares  (40)  consultaient  pour  la  première  fois.  

  30  
12  nouveau-­‐nés  (soit  92%)  de  mères  ayant  4  enfants  ou  plus  (13)  consultaient  pour  la  
première  fois.  (figure  28)  

Figure  28  Fréquence  de  consultation  aux  urgences  en  fonction  de  la  parité  

[Link] En  fonction  de  l’âge  de  la  maman  


19  nouveau-­‐nés  (soit  90%)  de  mères  âgées  de  moins  de  25  ans  (21)  consultaient  pour  la  
première  fois.  

15  nouveau-­‐nés  (soit  94%)  de  mères  âgées  de  plus  de  35  ans  (16)  consultaient  pour  la  
première  fois.  (figure  29)  

Figure  29  Fréquence  de  consultation  aux  urgences  en  fonction  de  l'âge  de  la  mère  

  31  
[Link] En  fonction  des  catégories  socio  professionnelles  
42   nouveau-­‐nés   (soit   91%)   de   mères   n’ayant   pas   d’activité   professionnelle   (46)  
consultaient  pour  la  première  fois.  

3  nouveau-­‐nés  (soit  60%)  de  mères  ayant  une  CSP  3  (5)  consultaient  pour  la  première  
fois  aux  urgences  pédiatriques.  (figure  30)  

Figure  30  fréquence  de  consultation  aux  urgences  en  fonction  des  CSP  

 
 

  32  
3.2.5 Histogrammes  récapitulatifs  des  principaux  résultats  
 

[Link] En  fonction  du  mode  de  venue  


 

 
Figure  31  Taux  d'hospitalisation,  de  consultations  non  appropriées,  de  consultations  non  
appropriées  aux  urgences  en  fonction  du  mode  de  venue  

[Link] En  fonction  de  la  durée  de  séjour  en  maternité  


 

 
 

Figure  32  Taux  d'hospitalisation,  de  consultations  non  appropriées,  de  consultations  non  
appropriées  aux  urgences  en  fonction  de  la  durée  de  séjour  en  maternité  

  33  
[Link] En  fonction  de  la  parité  
 

 
Figure  33  Taux  d'hospitalisation,  de  consultations  non  appropriées,  de  consultations  non  
appropriées  aux  urgences  en  fonction  de  la  parité  

[Link] En  fonction  de  l’âge  de  la  mère  


 

 
Figure  34  Taux  d'hospitalisation,  de  consultations  non  appropriées,  de  consultations  non  
appropriées  aux  urgences  en  fonction  de  l'âge  de  la  mère  

  34  
 

[Link] En  fonction  des  catégories  socio  professionnelles  


 

 
Figure  35  Taux  d'hospitalisation,  de  consultations  non  appropriées,  de  consultations  non  
appropriées  aux  urgences  en  fonction  des  CSP  

 
[Link] En  fonction  du  suivi  médical  
 

 
Figure  36  Taux  d'hospitalisation,  de  consultations  non  appropriées,  de  consultations  non  
appropriées  aux  urgences  en  fonction  du  suivi  médical  

  35  
4 DISCUSSION  

4.1 Critique  de  l’étude  

4.1.1 Méthodologie  
Cette   étude   a   été   réalisée   en   milieu   hospitalier   sans   population   témoin   en   libéral.   Il  
aurait  pu  être  intéressant  de  faire  un  questionnaire  adressé  aux  médecins  généralistes  
et  pédiatres  de  Villeneuve  Saint  Georges  collectant  le  nombre  de  nouveau-­‐nés  consultant,  
les   motifs   de   consultation   et   leur   devenir   (retour   à   domicile,   adressé   aux   urgences).  
Cependant,   cette   étude   paraissait   difficile   étant   donné   le   peu   de   nouveau-­‐nés   consultant  
au   cabinet   par   rapport   à   la   population   générale.   De   plus,   le   taux   de   réponses   dans   ces  
études   en   médecine   générale   est   souvent   faible   et   un   nombre   important   de   médecins  
libéraux  aurait  été  nécessaire  afin  d’avoir  des  résultats  significatifs.  

4.1.2 Biais  de  mesure  


La  longueur  du  questionnaire  était  un  frein   et  explique  au  moins  en  partie  le  faible  taux  
de   réponses   (24%).   Au   sein   des   urgences,   il   est   parfois   difficile   pour   le   médecin   de  
prendre   10   minutes   pour   remplir   le   questionnaire   avec   les   parents.   Ainsi,   certains  
questionnaires  ont  été  rempli  a  posteriori  alors  que  le  nouveau-­‐né  était  déjà  hospitalisé,  
augmentant   artificiellement   le   taux   d’hospitalisation.   En   effet,   selon   les   données   des  
urgences   pédiatriques,   sur   les   494   nouveau-­‐nés   éligibles,   154   nouveau-­‐nés   ont   été  
hospitalisés  :   le   taux   d’hospitalisation   est   alors   de   31%   dans   la   population   éligible,  
contre  46%  retrouvé  dans  notre  étude.  

De   plus,   certains   questionnaires   étaient   imprécis,   ou   il   manquait   des   réponses.   Ils  


n’étaient  pas  inclus  dans  l’étude  (5  questionnaires).  

D’autres   données   auraient   pu   être   ajoutées   telles   que   le   poids   de   naissance   et   le   type  
d’alimentation  (allaitement  maternel  ou  biberons)  mais  cela  aurait  eu  pour  conséquence  
une  augmentation  de  la  longueur  du  questionnaire.  

4.1.3 Biais  de  sélection  


Ce  travail  a  été  effectué  au  sein  du  CHI  de  Villeneuve  Saint  Georges  engendrant  un  biais  
de   sélection  :   cet   échantillon   de   nouveau-­‐nés   n’est   en   effet   pas   représentatif   de   la  
population  générale.    

  36  
De   plus,   il   est   possible   que   lors   de   certaines   consultations   ne   nécessitant   que   peu   de  
temps   les   questionnaires   n’aient   pas   été   rempli   (la   durée   du   questionnaire   serait   plus  
longue  que  le  temps  de  la  consultation  en  lui  même).    

Ces   deux   phénomènes   réalisent   un   biais   de   sélection   augmentant   notre   taux   de  


consultations  appropriées  et  appropriées  aux  urgences.  

4.2 Commentaires  sur  les  résultats  

4.2.1 Analyse  descriptive  

[Link] Les  nouveau-­‐nés  


L’OMS  considère  un  enfant  de  moins  de  28  jours  de  vie  comme  nouveau-­‐né  ce  qui  nous  a  
permis  de  définir  la  limite  d’âge  d’inclusion.  La  majorité  des  études  considérait  comme  
28  jours  l’âge  limite  d’inclusion  [24,28,22,26,23,29,30].  

Notre   moyenne   d’âge   était   de   16   jours   ce   qui   ne   différait   pas   des   données   de   la  
littérature.  

Le  pourcentage  de  prématurés  dans  notre  étude  était  de  5,2%  (6  prématurés).  Le  taux  
de   prématurité   atteint   7,2%   en   2013   en   Ile   de   France   selon   l’ARS   [3].   Cette   différence  
pourrait  être  expliquée  par  un  suivi  très  régulier  des  prématurés  au  sein  de  réseaux  de  
soins.  Les  nouveau-­‐nés  prématurés  seraient  ainsi  mieux  surveillés  expliquant  un  faible  
recours   aux   urgences   pédiatriques.   Ainsi,   au   CHIV,   le   nouveau-­‐né   prématuré   et  
vulnérable   bénéficie   de   consultations   régulières   et   est   suivi   au   sein   du   Réseau   Sud   Est  
Francilien  jusqu’à  l’âge  de  7  ans.  

[Link] Les  parents  


25%  des  familles  étaient  bénéficiaires  de  la  CMU  (base  et  complémentaire).  En  juin  2014,  
selon  les  chiffres  de  l’assurance  maladie,  4,59  millions  de  personnes  affiliées  au  régime  
général   bénéficient   de   la   couverture   complémentaire   CMU.   Dans   le   Val-­‐de-­‐Marne,   on  
dénombre   88   194   personnes   affiliées   à   la   CMU,   soit   6,6%   de   la   population   du  
département.   La   proportion   de   familles   bénéficiaires   de   la   CMU   et   consultant   aux  
urgences   paraît   ainsi   élevée   par   rapport   à   la   population   générale   réalisant   un   biais   de  
sélection.      

De  nombreuses  études  [20,31–38]  retrouvent  une  fréquence  de  consultation  accrue  aux  
urgences   pour   les   patients   bénéficiaires   de   la   CMU   en   France   et   les   populations  
  37  
défavorisées.  Ainsi,  Maugein  [31]  met  en  évidence  qu’être  bénéficiaire  de  la  CMU  est  un  
facteur   de   risque   de   consultations   itératives   aux   urgences   (37.6%   des   patients   ne  
présentant  pas  une  maladie  chronique  et  ayant  consulté  plus  de  5  fois  aux  urgences  du  
Centre  Hospitalier  Universitaire  de  Bordeaux  en  étaient  bénéficiaires).  L’aspect  financier  
paraît   ainsi   prendre   une   part   importante   dans   le   choix   de   consulter   aux   urgences.   Ainsi,  
selon   l’Institut   de   Recherche   et   Documentation   en   Economie   de   la   Santé   (IRDES),   en  
2008,   le   taux   de   renoncement   des   patients   ayant   la   CMU-­‐C   était   de   22%.   S’ils   ne  
bénéficiaient  pas  de  ce  dispositif  ce  taux  de  renoncement  était  alors  estimé  à  39.6%.  De  
plus,  15,4  %  de  la  population  âgée  de  18  ans  et  plus  déclarait  avoir  renoncé  à  des  soins  
pour   des   raisons   financières   et   les   personnes   sans   complémentaire   renonçaient   deux  
fois   plus   que   les   autres   aux   soins   les   moins   bien   couverts   par   le   régime   obligatoire.  
(figure  37)  

Figure  37  Taux  de  renoncement  aux  soins  des  bénéficiaires  de  la  CMU  C  

[Link] La  consultation  

[Link].1 Le  motif  de  choix  des  urgences  pédiatriques  


Dans  81%  des  cas,  le  nouveau-­‐né  consultait  directement  sans  avis  préalable  auprès  d’un  
médecin  en  libéral.  Dans  19%  des  cas,  un  médecin  avait  été  joint  et  dans  16%  des  cas,  le  
nouveau-­‐né   était   adressé.   Il   paraît   étonnant   qu’autant   de   nouveau-­‐nés   consultent   aux  
urgences   pédiatriques   sans   consultation   préalable   alors   que   plus   de   70%   des   parents  

  38  
déclarent  que  leur  enfant  est  suivi  par  un  médecin  en  libéral.  Au  total,  seuls  7  nouveau  
nés  (6%)  n’ont  pas  de  suivi  par  un  médecin  en  ville.    

Le  taux  de  patients  adressés  par  un  médecin  de  ville  aux  urgences  pédiatriques  retrouvé  
dans  notre  étude  est  comparable  aux  données  de  la  littérature.  Il  reste  faible  dans  toutes  
les   études   réalisées   aux   urgences   pédiatriques   en   France   et   varie   entre   10   et   25%  
[26,36,37,39–42].   Ainsi,   en   France,   Claudet   [26]   retrouve     que   la   majorité   (78%)   des  
nouveau-­‐nés   était   amenée   par   leurs   parents   dans   l’unité,   sans   consultation   préalable  
avec  un  médecin  généraliste  ou  pédiatre.  Lors  d’une  étude  réalisée  en  2009  au  sein  des  
urgences   pédiatriques   de   Toulouse,   Richier   [39]   constate   que   seuls   18,6%   des   nouveau-­‐
nés  sont  adressés  aux  urgences  pédiatriques.    

A   l’étranger,   ces   taux   varient   de   9   à   37%   de   nouveau-­‐nés   adressés   aux   urgences  


pédiatriques  [22,23,29,43].  

Lorsque  l’on  considère  les  urgences  médico-­‐chirurgicales  adultes  et  enfants  confondus,  
la   fréquence   de   consultations   directes   reste   élevée   :   entre   65   et   80%   des   usagers   des  
urgences  consultent  sans  avis  préalable  par  un  médecin  de  ville  [21,25,37].  

Comment  peut  on  expliquer  ce  pourcentage  élevé  de  nouveau-­‐nés  consultant  sans  avis  
préalable  ?  

Les   raisons   de   ce   choix   sont   majoritairement   dominées   dans   la   littérature  


[25,34,37,44,45]  par  :  

-­‐ l’efficience  et  la  qualité  des  soins  reçus  aux  urgences    
-­‐ la  situation  médicale  jugée  trop  grave  ou  trop  inquiétante  
-­‐ l’absence  de  disponibilité  du  médecin  traitant  dans  la  journée,  ou  délai  d’attente  
jugé  trop  long  
En  effet,  les  parents  peuvent  se  sentir  rassurés  par  la  structure  hospitalière  :  en  cas  de  
nécessité,   l’accès   à   l’imagerie   et   à   la   biologie   est   rapide.   De   même,   les   patients   ont  
souvent  l’idée  que  les  meilleurs  spécialistes  exercent  et  sont  accessibles  à  l’hôpital.  

Ensuite,   cela   peut   être   justifié   par   le   motif   de   consultation   en   lui-­‐même   :   les   parents  
considèrent   que   cela   relève   de   l’urgence.   L’inquiétude   parentale   est   souvent  
déterminante   dans   le   choix   de   la   consultation   aux   urgences   pédiatriques.   D’ailleurs,  
lorsqu’elle   est   présente,   davantage   de   consultations   semblent   jugées   prioritaires   par  

  39  
l’Infirmière  d’Accueil  des  Urgences  (IAO)  mais  également  par  le  médecin  :  dans  2/3  des  
cas,  le  diagnostic  de  gravité  est  porté  lorsque  les  familles  se  disent  inquiètes.  [45]    

Aussi,  l’absence  de  disponibilité  du  médecin  traitant  avec  un  délai  de  rendez-­‐vous  jugé  
souvent  trop  long  est  souvent  évoquée  par  les  parents  afin  d’expliquer  le  recours  direct  
aux   urgences.   Cette   problématique   pourrait   s’aggraver   avec   la   décroissance   de   la  
démographie   médicale   en   France   prévue   jusqu’en   2020   [46].   Cependant,   dans   notre  
étude,  seuls  19%  des  parents  avaient  joint  un  médecin  libéral  avant  la  consultation  aux  
urgences  pédiatriques  (consultation  ou  avis  téléphonique).    

L’ouverture   des   urgences   24h/24   permet   la   consultation   en   dehors   de   heures  


d’ouverture   des   cabinets   de   médecine   libérale   [34].   Cette   accessibilité   aux   soins   aussi  
bien   au   niveau   de   l’ouverture   permanente   qu’au   niveau   de   la   proximité   géographique  
est  également  nommée  pour  expliquer  l’accès  aux  urgences  sans  avis  préalable.    

Enfin,  le  motif  financier  est  à  prendre  en  compte  :  la  nécessité  d’avancer  les  frais  de  la  
consultation   peut   être   un   frein   [47,48,37]   à   la   consultation   en   médecine   libérale.   En  
2008,   15,4%   de   la   population   adulte   déclare   avoir   renoncé   à   des   soins   médicaux   pour  
des  raisons  financières  [49].  

[Link].2 Les  motifs  de  consultation  


Dans  notre  étude,  les  motifs  de  consultation  étaient  majoritairement  digestifs  (36%)  et  
respiratoires   (32%).   Claudet   [26]   retrouvait   25%   de   motifs   digestifs   et   21%  
respiratoires.  Ici,  les  motifs  non  médicaux  représentaient  8%  des  nouveaux  nés  contre  
6%  dans  l’étude  de  Claudet  [26].  Ce  chiffre  est  concordant  par  rapport  aux  données  de  la  
littérature.   Ainsi,   l’étude   de   Flanagan   réalisée   en   2011   à   Belfast   et   incluant   208   nouveau  
nés   de   0   à   14   jours   retrouve   10%   de   motifs   non   médicaux   [43].   L’étude   de   Lutfi   réalisée  
de  novembre  2009  à  janvier  2010  au  Qatar,  incluant  les  nouveau-­‐nés  de  0  à  28  jours  met  
en   évidence   11%   de   consultations   pour   des   nourrissons   en   bonne   santé   [30].   Certains  
auteurs  nomment  ce  phénomène  «  absence  de  pathologie  apparente  »,  dans  notre  étude,  
la   plupart   des   médecins   concluait   à   un   «  examen   clinique   normal  ».   Les   nouveau-­‐nés   qui  
entrent  dans  cette  catégorie  consultaient  pour  des  motifs  dermatologiques  (œdème  d’un  
membre,  gencives  enflées)  ou  plus  général  (impression  de  fièvre  non  objectivée,  pleurs).  
Dans   notre   étude,   49%   des   consultations   ne   nécessitaient   aucun   examen  
complémentaire  et  les  patients  rentraient  à  domicile.      

  40  
Figure  38  Tableau  comparatif  des  études  épidémiologiques  traitant  du  même  sujet  

P  :  étude  prospective,  R  :  étude  rétrospective  


 

  41  
Ainsi,  de  nombreuses  consultations  semblent  relever  du  champ  de  la  médecine  générale.  

En  effet,  selon  une  thèse  réalisée  à  Lyon  en  2013  incluant  271  parents  et  112  médecins  
(65   médecins   généralistes,   32   pédiatres   et   15   médecins   de   PMI),   seuls   51%   des  
nourrissons  de  moins  de  6  mois  sont  suivis  par  le  médecin  généraliste  et  75%  le  voient  
pour   des   consultations   non   programmées.   Cette   étude   met   en   évidence   une   réelle  
compétence   des   médecins   généralistes   dans   le   suivi   médical  :   71%   des   médecins  
généralistes   se   considèrent   suffisamment   compétents   pour   assurer   le   suivi   des  
nourrissons  de  0  à  6  mois  [50].    

Dans  une  seconde  étude,  réalisée  en  2013  sur  319  enfants  en  Midi-­‐Pyrénées  [51],  35%  
des  nourrissons  de  0  à  2  ans  sont  suivis  de  manière  régulière  par  un  médecin  généraliste,  
13%   en   PMI   et   52%   par   un   pédiatre   en   libéral.   Pour   les   enfants   de   2   à   6   ans,   le   suivi   est  
majoritairement   effectué   par   le   médecin   généraliste   (66%).     Ainsi,   il   semble   que   le  
médecin  généraliste  soit  compétent  mais  qu’il  ne  suive  pas  la  majorité  des  nouveau-­‐nés.    

Quelles   peuvent   être   les   causes  ?   Il   est   possible   que   les   parents   aient   un   manque   de  
connaissance   quant   aux   compétences   du   médecin   généraliste  :   en   effet,   ces   derniers  
choisissent  leur  médecin  généraliste  principalement  pour  la  proximité  géographique  et  
la   disponibilité,   tandis   qu’ils   choisissent   le   pédiatre   plutôt   pour   sa   compétence  
professionnelle   et   sa   réputation   [51].   Une   amélioration   de   l’information   donnée   aux  
parents   semble   être   indispensable   sur   les   acteurs   impliqués   dans   le   suivi   des  
nourrissons.   La   formation   des   médecins   généralistes   peut-­‐elle   être   mise   en   cause  ?   La  
formation   en   pédiatrie   débute   dès   l’externat   durant   lequel   un   stage   de   pédiatrie   d’au  
minimum  2  mois  est  obligatoire  [52].  Par  la  suite,  durant  l’internat,  un  stage  de  6  mois  
en   pédiatrie   ou   en   gynécologie   est   obligatoire  :   l’interne   choisit   selon   ses   affinités   ou  
encore   selon   son   manque   d’expérience   dans   l’une   ou   l’autre   spécialité   [53]   Dans  
certaines   régions,   le   stage   en   pédiatrie   est   devenu   obligatoire   (en   Midi   Pyrénées   par  
exemple).   Au   sein   de   la   faculté   de   médecine   Paris   Descartes,   ce   dernier   n’est   pas  
obligatoire  mais  il  est  aisé  de  se  former  au  cours  de  son  internat  en  pédiatrie  (en  stage  
hospitalier  par  exemple  ou  en  PMI)  et  en  gynécologie  (en  planning  familial  ou  en  stage  
hospitalier).  De  plus,  ces  spécialités  sont  également  présentes  de  manière  plus  ou  moins  
importante   selon   le   lieu   de   pratique   des   stages   ambulatoires   (premier   niveau   et/ou  
SASPAS).   Par   la   suite,   des   formations   complémentaires   en   pédiatrie   peuvent   être  
réalisées  (DU  ou  DIU).  

  42  
La  formation  ne  semble  donc  pas  être  défaillante  en  pédiatrie.  Le  problème  viendrait  il  
des   parents  ?   Pensent-­‐ils   que   leur   enfant   serait   mieux   soigné   à   l’hôpital   et/ou   par   un  
pédiatre?  Quelques  études  ont  analysé  les  motifs  de  choix  de  consultation  aux  urgences  
pédiatriques.   De   nombreuses   thèses   évoquent   comme   principales   motivations   de  
recours   aux   urgences   pédiatriques  :   une   meilleure   prise   en   charge   à   l’hôpital,  
l’indisponibilité   du   médecin   traitant,   une   situation   trop   grave   pour   attendre,  
l’inquiétude   parentale   et   la   persistance   des   symptômes   malgré   le   traitement   [44,45].  
Dans   une   étude   réalisée   à   Edimbourg   en   2009   [35],   la   majorité   des   consultations   des  
enfants   ayant   déjà   consulté   un   médecin   généraliste   était   motivée   par   le   souhait   d’un  
second   avis   sur   la   pathologie   de   leur   enfant,   par   l’absence   d’amélioration   malgré   le  
traitement  ou  par  un  désaccord  avec  le  traitement  ou  le  diagnostic  donné  par  le  médecin  
consulté  initialement.  Pour  ceux  n’ayant  pas  eu  de  contact  avec  un  médecin  généraliste,  
les   raisons   évoquées   étaient  :   une   pathologie   dont   la   prise   en   charge   était   estimée  
hospitalière,   que   s’ils   avaient   vu   un   médecin   généraliste   ce   dernier   aurait   adressé  
l’enfant   aux   urgences,   et   enfin   que   l’enfant   était   pris   en   charge   plus   rapidement   aux  
urgences  pédiatriques.  Une  seconde  étude  réalisée  par  Berry  en  2006  aux  Etats  Unis  sur  
la   consultation   aux   urgences   pédiatriques   pour   des   motifs   considérés   comme   non  
urgents  par  le  médecin  met  en  évidence  les  mêmes  raisons  évoquées  ci  dessus  dans  la  
préférence   du   choix   des   urgences   pédiatriques   (délai   de   rendez   vous   avec   médecin  
généraliste,   insatisfaction   de   la   prise   en   charge   initialement   effectuée,   soins   de   qualité  
effectués  aux  urgences  pédiatriques)[34]  

[Link].3 Les  hospitalisations  


Le  taux  d’hospitalisation  était  de  46%  dans  notre  étude.  Ce  taux  est  élevé  par  rapport  à  
celui  rencontré  dans  les  autres  études  (variant  de  1,7  à  47%)  [22–24,26,28–30,39,43,54].  
Cette   différence   peut   être   expliquée   par   un   biais   de   sélection.   En   effet,   les   enfants  
consultant   pour   des   pathologies   considérées   comme   mineures   aux   urgences  
pédiatriques  n’ont  peut  être  pas  tous  été  inclus  dans  l’étude.    La  consultation  jugée  très  
rapide   étant   donné   son   motif   serait   nettement   rallongée   par   le   questionnaire   :   il   est  
possible   que   certaines   consultations   de   nouveau-­‐nés   n’aient   donc   pas   été   prises   en  
compte.   De   plus,   il   est   également   probable   que   le   questionnaire   était   plus   souvent  
réalisé  pour  les  nouveau-­‐nés  hospitalisés.  En  effet,  le  médecin  avait  alors  plus  de  temps  
afin   de   questionner   les   parents.   L’effet   de   ce   biais   est   l’augmentation   du   taux  
d’hospitalisation  ce  qui  ne  devrait  pas  avoir  d’incidence  quant  à  nos  conclusions.  Aussi,  

  43  
la  durée  d’hospitalisation  n’a  pas  été  prise  en  compte.  En  effet,  au  Centre  Hospitalier  de  
Villeneuve   Saint   Georges,   de   nombreux   nouveau-­‐nés   sont   hospitalisés   pour   une   nuit  
seulement   pour   surveillance   ou   pour   inquiétude   parentale.     Le   simple   fait   de   les  
hospitaliser  une  nuit  permet  d’une  part  de  donner  des  explications  aux  parents,    de  les  
éduquer   (comment   faire   une   bonne   désinfection   rhinopharyngée   par   exemple),   de   les  
rassurer,   d’évaluer   la   relation   parents/nourrisson   mais   également   de   surveiller  
l’évolution  de  la  pathologie  du  nouveau  né.  

[Link] Avis  du  médecin  


Dans   seulement   48%   des   cas,   la   consultation   était   considérée   comme   appropriée   aux  
urgences.   Pire,   dans   13%   des   cas,   le   médecin   jugeait   que   le   motif   de   consultation   du  
nouveau-­‐né   ne   nécessitait   pas   de   consultation   médicale.   Les   urgences   pédiatriques  
deviennent   peu   à   peu   des   acteurs   de   soins   primaires,   non   urgents.   Cette   activité   est   non  
négligeable   au   sein   de   nombreuses   urgences   pédiatriques,   en   France   [31,36,37,39]  
comme   à   l’étranger   [23,35,42,55].   Les   urgences   pallieraient-­‐elles   une   défaillance   du  
réseau  de  soins  primaires  en  France  ?  

4.2.2 Analyses  croisées  

[Link] Caractéristiques  des  consultants  hospitalisés  


Dans   notre   étude,   61%   des   nouveau-­‐nés   adressés   par   un   médecin   exerçant   en   libéral  
étaient  hospitalisés  contre  42%  des  nouveau-­‐nés  consultant  sans  avis  préalable.  

Cette   différence   est   retrouvée   dans   les   données   de   la   littérature.   Ainsi,  de   nombreuses  
études   retrouvent   un   risque   d’hospitalisation   multiplié   par   2   à   3   s’ils   sont   adressés  
[11,20,26,54,56].   Dans   l’étude   de   Pérez   Solis   [56]   incluant   309   nouveau-­‐nés,   16,5%   de  
ceux-­‐ci  ont  été  hospitalisés  :  le  risque  était  de  69%  pour  un  nouveau-­‐né  consultant  après  
avis  médical  contre  11%  s’il  n’était  pas  adressé.  

Aussi,  ce  taux  d’hospitalisation  semble  varier  en  fonction  de  la  parité.  En  effet,  41%  des  
nouveau-­‐nés  de  mère  primipare  ont  été  hospitalisés  tandis  que  77%  des  nouveau-­‐nés  de  
mère  ayant  4  enfants  ou  plus  étaient  hospitalisés.  De  nombreuses  études  retrouvent  la  
primiparité   comme   facteur   de   risque   de   consultation   aux   urgences   pour   un   motif   non  
urgent[12,20,28,41].  Ceci  peut  être  expliqué  par  une  anxiété  plus  importante,  amenant  à  
consulter  pour  des  motifs  non  urgents,  souvent  de  puériculture  ou  pour  «  pleurs  ».  Les  
parents  ont  alors  besoin  de  conseils  et  de  réassurance.  Il  aurait  été  intéressant  d’établir  

  44  
dans   notre   questionnaire   le   degré   «  d’urgence   ressentie  »   par   les   parents   ainsi   que  
d’établir   le   degré   d’anxiété   parentale   permettant   d’expliquer   pourquoi   ils   consultaient  
aux   urgences.   Ainsi,   l’étude   de   Williams   [42]   ayant   inclus   355   parents   de   nouveau-­‐nés  
consultant   pour   des   soins   non   urgents   met   en   évidence   une   réelle   urgence   ressentie   par  
ces   derniers  :   en   effet,   68%   des   parents   considèrent   que   l’état   de   leur   enfant   est   modéré  
à  très  grave.  Berry  [34]  retrouve  d’autres  facteurs  impliqués  dans  les  consultations  non  
urgentes   :   des   difficultés   à   communiquer   ou   à   obtenir   un   rendez   vous   avec   son   médecin  
référent,   une   facilité   d’accès.   Aussi,   l’hôpital   rassure   les   parents  :   ils   le   considèrent  
comme   un   centre   de   référence,   efficient,   ayant   des   ressources   au   niveau   du   personnel  
médical  mais  aussi  du  plateau  technique  garantissant  une  qualité  des  soins.  Jeandidier  
[36]   retrouve   également   ces   motifs   mais   note   également   que   82%   des   parents   n’ont   pas  
trouvé  ou  ne  connaissent  pas  d’alternative  à  la  consultation  aux  urgences  pédiatriques  
révélant  un  réel  problème  d’éducation  ou  tout  au  moins  d’information  des  parents.  

Dans   notre   étude,   un   troisième   facteur   de   risque   d’hospitalisation   semble   être   le   suivi  
médical.  En  effet,  49%  des  nouveau-­‐nés  ayant  un  suivi  médical  effectué  par  un  médecin  
généraliste  ou  un  pédiatre  sont  hospitalisés,  contre  25%  pour  ceux  n’ayant  pas  de  suivi  
en   ville.   Un   suivi   paraît   ainsi   indispensable   afin   de   diminuer   la   fréquentation   aux  
urgences  pour  des  consultations  non  urgentes.  L’étude  de  Paul  [57]  préconise  ainsi  une  
visite  post-­‐natale  par  une  puéricultrice  ou  une  sage  femme.  En  effet,  elle  diminuerait  la  
fréquentation   aux   urgences   pédiatriques   et   le   coût   de   prise   en   charge   d’un   ictère  
néonatal  ou  d’une  déshydratation.  La  prévention  de  ces  maladies  semble  capitale.  

Contrairement   aux   données   de   la   littérature   [12,20,28,31,33,37,41,43],   notre   étude   ne  


retrouve  pas  un  taux  élevé  d’hospitalisation  chez  les  nouveau-­‐nés  de  mère  jeune  ni  chez  
les   nouveau-­‐nés   de   mère   sans   activité   professionnelle.   Il   est   possible   que   cette  
différence  aurait  pu  être  retrouvée  si  l’on  avait  pris  des  bornes  plus  extrêmes  (mères  de  
moins   de   20   ans   et   de   plus   de   40   ans).   Par   exemple,   leur   nombre   limité   au   sein   de   notre  
échantillon  ne   nous   permettait   pas   d’obtenir   des   fréquences  comparables   reflétant   ces  
sous-­‐groupes.   Le   même   problème   s’est   posé   avec   l’activité   professionnelle  :   nous   avions  
peu   de   mères   cadres   ou   exerçant   une   profession   intellectuelle   supérieure,   gênant   la  
comparaison.    

De  plus,  ce  taux  d’hospitalisation  est  conforme  à  la  majorité  des  études  réalisées  chez  les  
nouveau-­‐nés   [26,28,29].   Ainsi,   Claudet   [26]   a   un   taux   d’hospitalisation   de   47%.   Ce  

  45  
pourcentage   élevé   s’explique   par   le   motif   de   consultation   aux   urgences.   Ainsi,   les  
recommandations   préconisent   une   hospitalisation   en   cas   de   fièvre   ou   en   cas   de  
bronchiolite   présentant   un   signe   de   gravité.   De   même,   certains   motifs,   notamment  
digestifs  (reflux  par  exemple)  sont  responsable  de  «  malaises  »  décrits  par  les  parents  :  
ces   enfants   nécessitent   souvent   une   hospitalisation   pour   surveillance   d’une   éventuelle  
récidive  au  vu  des  risques  associés.  Dans  l’étude  de  Lutfi  [30],  seuls  1,7%  des  nouveau-­‐
nés   sont   hospitalisés  :   ce   taux   très   faible   est   expliqué   par   des   motifs   de   consultation  
dominés   par   l’ictère   (29%),   la   gène   respiratoire   (20,7%)   mais   également   par   les  
problèmes  d’ordre  digestifs  (coliques,  reflux,  difficultés  d’alimentation)  (12%).    

Aussi,   ce   taux   d’hospitalisation   est   beaucoup   plus   élevé   que   celui   retrouvé   dans   les  
études  réalisées  aux  urgences  adultes.  Une  enquête  nationale  sur  les  urgences  réalisée  
en  2002  [21]  montre  un  taux  d’hospitalisation  de  19%  pour  toutes  les  catégories  d’âge  
confondues.   Il   est   également   plus   élevé   que   pour   les   autres   catégories   d’âge   d’enfants  
[28].  Il  s’agit  en  effet  d’une  population  vulnérable  nécessitant  une  vigilance  accrue  au  vu  
des  risques  plus    importants  de  complication,  pour  laquelle  une  surveillance  hospitalière  
est  souvent  réalisée  permettant  une  diminution  de  l’angoisse  parentale.  

[Link] Caractéristiques  des  consultants  pour  motifs  non  appropriés    


Tout   d’abord,   dans   notre   étude,   les   consultants   pour   motifs   non   appropriés   ne   sont  
jamais   adressés   par   un   médecin   libéral   et   sont   moins   suivis   par   un   médecin   exerçant   en  
libéral  (médecin  généraliste  ou  pédiatre)  :  75%  des  nouveau-­‐nés   n’ayant  pas  eu   de  suivi  
médical   depuis   la   sortie   de   maternité   ont   une   consultation   considérée   non   appropriée  
aux  urgences  contre  52%  en  cas  de  suivi.  Ces  données  sont  concordantes  avec  celles  de  
la  littérature  [22,56].  

Ensuite,  la  parité  semble  jouer  un  rôle  primordial.  En  effet,  60%  des  consultations  sont  
considérées   comme   non   appropriées   en   cas   de   primiparité   contre   23%   lorsque   les  
mères   ont   4   enfants   ou   plus   ce   qui   est   également   comparable   aux   autres   études  
[12,20,41].   Cela   témoignerait   d’une   anxiété   parentale   ou   d’un   manque   d’éducation   des  
parents.   L’information   doit   ainsi   être   renforcée   lors   du   séjour   en   maternité.   Les   femmes  
primipares   doivent   acquérir   avant   leur   retour   à   domicile   les   soins   de   base   et   doivent  
être   à-­‐même   de   déterminer   les   situations   nécessitant   une   consultation   médicale   en  
urgence.  

  46  
Par   contre,   dans   notre   étude,   nous   ne   retrouvons   pas   de   lien   entre   fréquence   de  
consultations  non  appropriées  et  durée  de  séjour  en  maternité.  Il  en  est  de  même  selon  
les  données  de  la  littérature  [20,28,41].  

De   même,   il   ne   semble   pas   ressortir   de   différence   entre   la   fréquence   de   consultations  


non  appropriées  chez  les  mères  de  moins  de  25  ans  et  celles  de  plus  de  35  ans.  Toutes  
les   données   de   la   littérature   considèrent   cependant   ce   facteur   comme   à   risque   de  
consultations   non   urgentes   et   plus   fréquentes   [20,28,33,41].   Il   est   possible   comme  
expliqué   plus   haut   que   notre   échantillon   soit   trop   petit  :   en   effet,   nous   avions   peu   de  
mères  de  moins  de  25  ans  (21)  et  de  plus  de  35  ans  (16).    

Aussi,  les  conditions  socio  économiques  ne  semblent  pas  être  déterminantes  pour  ce  qui  
est  de  la  pertinence  de  la  consultation  aux  urgences  pédiatriques.  En  effet,  comme  dans  
certaines  études  [33],  la  fréquence  de  consultations  non  appropriées  ne  varie  pas  avec  
les   catégories   socio-­‐professionnelles   des   parents.   D’autres   retrouvent   un   lien   entre  
consultations   non   urgentes   et   niveau   socio   économique   bas   [20,41].   Cependant   ce  
facteur   semble   plus   être   à   risque   de   consultations   itératives   aux   urgences   [31,33,37,43].  
Ainsi,   les   parents   ayant   des   faibles   revenus   consulteraient   plus   fréquemment.   L’absence  
de   nécessité   d’avance   de   frais   à   l’hôpital   pourrait   en   être   une   explication.   De   même,  
l’absence  de  suivi  médical  peut  être  responsable  des  consultations  itératives  au  sein  de  
cette  population  ne  pouvant  pas  avancer  les  frais  de  santé.  

Nos   résultats   sont   corroborés   par   l’étude   de   Claudet   [26]   mettant   en   évidence   une  
association   entre   l’absence   de   pathologie   reconnue   et   la   primiparité,   l’absence   de  
profession   maternelle.   De   même,   dans   cette   étude,   le   fait   d’être   une   mère   jeune   et/ou  
seule  était  associé  à  un  risque  plus  élevé  de  retour  aux  urgences  pour  le  même  motif.  Au  
contraire,  le  risque  d’être  hospitalisé  était  plus  fréquent  chez  les  nouveau-­‐nés  adressés  
et  la  multiparité.  

[Link] Caractéristiques  des  consultants  itératifs  


Dans  notre  étude,  10%  des  mères  primipares  et  8%  des  mères  ayant  4  enfants  ou  plus  
consultaient   pour   la   deuxième   fois.   La   primiparité   ne   semble   pas   être   un   facteur   de  
consultations  itératives.  

Il  en  est  de  même  pour  l’âge  de  la  mère.  L’étude  de  Maugein  [31]  incluant  157  enfants  
consultant   plus   de   5   fois   aux   urgences   en   un   an   ne   retrouve   pas   de   lien   entre  

  47  
consultations  itératives  et  jeune  âge  maternel.    Cependant,  cette  étude  retrouve  un  lien  
avec   un   contexte   socio   économique   précaire   que   nous   ne   retrouvons   pas   ici.   En   effet,  
dans  notre  étude,  9%  des  mères  sans  emploi  et  40%  des  mères  cadres  ou  exerçant  des  
professions   intellectuelles   supérieures   consultent   pour   la   deuxième   fois.     Cette  
différence   peut   être   expliquée   par   un   faible   échantillon   de   mères   cadres   (5   contre   46  
sans  emploi)  gênant  la  comparaison.  

4.3 Particularités   socio   économiques   et   géographiques   de   Villeneuve  


Saint  Georges  

4.3.1 Contexte  socio  économique  


Comme  nous  l’avons  vu  plus  haut,  Villeneuve-­‐Saint-­‐Georges  est  une  ville  ayant  un  salaire  
moyen   plus   bas   que   celui   de   la   moyenne   nationale.   De   plus,   le   taux   de   chômage   y   est  
également  plus  élevé.  

Il   est   possible   que   ces   caractéristiques   socio-­‐économiques   aient   un   rôle   dans   la  


fréquence  de  consultation  aux  urgences.  En  effet,  les  patients  ne  peuvent  peut  être  pas  
avancer   les   frais   engendrés   par   la   consultation   en   médecine   libérale.   De   même,   ils   ne  
peuvent  régler  des  dépassements  d’honoraire.  En  2004,  13%  des  personnes  ont  renoncé  
à   des   soins   médicaux   pour   des   raisons   financières   [58].   Cependant,   dans   certains   cas  
[59],  le  patient  peut  être  dispensé  de  régler  au  praticien  le  montant  de  la  part  obligatoire  
seule  ou  le  montant  total  de  l’acte  (comprenant  la  part  complémentaire).  De  plus,  en  cas  
de   nécessité,   le   tiers   payant   peut   toujours   être   effectué   par   le   médecin   libéral.   Ainsi,  
selon   un   rapport   de   l’Inspection   générale   des   affaires   sociales   [60],   35%   des   actes   de  
médecine  de  ville  sont  réglés  par  le  tiers  payant.  

De   nombreuses   études   mettent   en   évidence   une   fréquence   de   consultations   à   l’hôpital  


plus   importante   chez   les   patients   les   plus   démunis   [38,61].   Il   en   est   de   même   pour   le  
recours  aux  urgences  hospitalières.  Cette  «  surconsommation  »  de  soins  hospitaliers  va  
de   pair   avec   une   «  sous   consommation  »   de   soins   ambulatoires.   En   effet,   la   fréquence   de  
consultation  semble  être  comparable  à  celle  de  la  population  générale[61].  

4.3.2 Offre  médicale  


Selon  les  chiffres  du  Conseil  National  de  l’Ordre  des  Médecins  (CNOM),  le  Val-­‐de-­‐Marne  
a   perdu   20%   de   ses   médecins   généralistes   depuis   2007.   Le   Val   de   Marne   en   compte  
1151.   La   densité   de   médecins   généralistes   exerçant   dans   ce   département   y   est   de   87  

  48  
pour  100000  habitants,  pour  une  moyenne,  en  France  métropolitaine,  de  108  [62].  Selon  
L’Agence   régionale   de   Santé   (ARS),   le   Val-­‐de-­‐Marne   compte   un   territoire   déficitaire  
(Orly)   et   sept   territoires   fragiles   (à   risque   de   devenir   déficitaires)   comme   Villeneuve-­‐le-­‐
Roi,   Ablon-­‐sur-­‐Seine   et   Valenton,   toutes   3   communes   limitrophes   avec   Villeneuve-­‐Saint-­‐
Georges.  (figure  39)  

17   médecins   généralistes   exercent   à   Villeneuve-­‐Saint-­‐Georges   et,   selon,   les  


professionnels  du  secteur,  la  commune  ne  devrait  compter  que  9  médecins  généralistes  
d’ici  à  2017.  Seulement  3  pédiatres  exercent  en  libéral  au  sein  de  cette  commune.  

Cette   pénurie   peut-­‐elle   expliquer   la   fréquence   des   consultations   non   urgentes   aux  
urgences  pédiatriques  du  CHIV  ?  

Figure  39  Zonage  démographie  médicale  dans  le  Val-­‐de-­‐Marne  -­‐  ARS  -­‐  avril  2015  

4.3.3 Relation  entre  pénurie  des  médecins  et  fréquentation  des  urgences  
Dans   de   nombreuses   études   et   thèses,   les   patients   signalent   fréquemment   comme   motif  
de   recours   aux   urgences   l’indisponibilité   du   médecin   traitant   avec   un   délai   de   rendez  
vous  jugé  trop  long  [25,34,36,41,42,44,45].  

Ainsi,   dans   l’étude   de   Jeandidier   [36]   réalisée   aux   urgences   pédiatriques   incluant   939  
recours,  la  première  cause  de  recours  aux  urgences  est  le  délai  d’obtention  d’un  rendez  
  49  
vous  en  médecine  libérale  jugé  trop  long  (cause  citée  par  52%  des  parents).  Dans  36%  
des  cas,  la  consultation  est  motivée  par  une  disponibilité  des  examens,  dans  23%  des  cas  
pour  la  compétence  médicale  et  dans  19%  des  cas  pour  la  disponibilité  des  traitements.    

Les   urgences   sont   ainsi   devenues   le   moyen   de   pallier   au   manque   local   de   médecins,  
expliquant   des   consultations   souvent   inappropriées   qui   auraient   du   bénéficier   d’une  
prise   en   charge   en   médecine   libérale.   Comme   nous   l’avons   vu   plus   haut,   Villeneuve-­‐
Saint-­‐Georges,   et   surtout   les   villes   alentours,   sont   considérées   comme   en   déficit   de  
médecins   entraînant   une   fréquence   élevée   de   consultations   aux   urgences   pédiatriques  
pour   des   motifs   ayant   pu   être   gérés   en   médecine   libérale.   L’une   des   solutions   semble  
être   la   permanence   des   soins   (médecins   exerçant   en   libéral   accessibles   le   soir   et   le  
week-­‐end)  comme  il  en  est  question  dans  le  «  pacte  territoire  santé  »  promu  par  Marisol  
Touraine   [63]   afin   de   revaloriser   la   médecine   de   proximité   et   lutter   contre   les   déserts  
médicaux.  Cependant,  reste  le  problème  d’information  du  patient  :  en  effet,  de  nombreux  
patients   ne   connaissent   pas   les   alternatives   possible   à   la   consultation   aux   urgences  
(82%   des   parents   d’enfants   consultant   aux   urgences   méconnaissent   d’autres  
alternatives  [36])  

4.4 Propositions        

4.4.1 Amélioration  de  l’enseignement  aux  parents  


Avant   la   naissance,   les   consultations   mensuelles   de   suivi   de   grossesse   pourraient   être  
l’occasion   d’aborder   ces   sujets  :   matériel   de   puériculture   minimal   nécessaire,   soins  
indispensables   à   apporter   au   nouveau-­‐né,   allaitement…   Mais   il   serait   également  
intéressant  de  discuter  du  suivi  médical  du  futur  nouveau-­‐né  :  Qui  va  l’assurer  ?  Quel  est  
son   déroulement  ?   Quels   sont   les   symptômes   devant   faire   consulter   rapidement   et   les  
autres,  bénins  ?  Cependant,  il  semble  difficile  de  parler  d’un  être  futur,  et  les  femmes  ont  
souvent  des  questionnements  touchant  des  événements  plus  proches  :  déroulement  de  
l’accouchement  et  des  suites  de  couche  par  exemple.    

Le   séjour   en   maternité   est   l’occasion   d’aborder   de   nombreux   sujets.   Les   parents   n’ont  
que  quelques  jours  pour  acquérir  les  notions  de  puériculture  de  base.    Au  vu  des  motifs  
de   consultation   retrouvés   au   cours   de   notre   étude,   il   paraît   nécessaire   d’insister   en  
maternité  sur  les  troubles  digestifs  (coliques,  régurgitations,  reflux,  transit  normal  d’un  

  50  
nouveau-­‐né,  attitude  à  avoir  vis  à  vis  d’une  diarrhée  ou  d’une  constipation,  maîtrise  de  
l’allaitement   maternel,   choix   du   type   de   lait)   qui   concernent   36%   des   recours   aux  
urgences.   De   même,   il   semble   important   d’éduquer   les   parents   sur   les   méthodes   de  
désinfection   rhino-­‐pharyngée   et   sur   les   symptômes   devant   amener   à   consulter   devant  
une   rhinite,   les   causes   respiratoires   représentant   32%   des   motifs   de   consultation.   Les  
soins   de   puériculture   doivent   être   également   acquis  :   soins   du   cordon,   le   bain,   les  
changes.   En   effet,   dans   notre   étude,   8%   des   nouveau-­‐nés   avaient   un   examen   clinique  
normal  et  consultaient,  pour  la  majorité,  pour  des  motifs  de  puériculture.  Les  mesures  
de   prévention   de   la   mort   subite   du   nourrisson   sont   à   assimiler  :   température   de   la  
chambre,   couchage   du   nouveau-­‐né.   Des   informations   de   sécurité   sont   également   à  
transmettre  :   ne   pas   laisser   le   nouveau-­‐né   seul,   nécessité   d’un   siège-­‐auto   pour   le  
transport  en  voiture,  ne  pas  secouer  le  bébé,  proscrire  le  tabagisme  passif.  Il  faut  insister  
sur   les   symptômes   d’alarme   amenant   à   une   consultation   rapide  :   fièvre   chez   un  
nouveau-­‐né   de   moins   de   un   mois,   gène   respiratoire   avec   difficulté   alimentaire,  
modification   du   comportement…   Le   séjour   en   maternité   est   l’occasion   pour   l’équipe  
médicale   et   paramédicale   d’évaluer   le   contexte   médical   mais   également   psycho-­‐social  
familial   afin   de   préparer   un   retour   à   domicile   adapté   selon   chaque   famille.   L’enquête   de  
périnatalité  [64]  effectuée  entre  2004  et  2009  incluant  952  mères  met  en  évidence  une  
satisfaction   quant   au   séjour   en   maternité  :   en   effet,   74%   des   femmes   estiment   que   la  
durée   de   séjour   en   maternité   a   été   suffisante   et   81%   estiment   que   le   personnel   a   été  
disponible  et  à  l’écoute.  Le  rapport  de  la  DREES  en  2006  [65]  confirme  cette  tendance  :  
sur   2656   femmes   interrogées,   71%   jugent   la   durée   de   séjour   à   la   maternité   adéquate,   et  
82%  sont  plutôt  à  tout  à  fait  satisfaites  sur  l’accompagnement  à  l’allaitement  et  sur  les  
informations  données  sur  l’allaitement  artificiel.    

4.4.2 Amélioration   de   l’information   donnée   sur   les   structures   et   le  


déroulement   de   la   prise   en   charge   du   nouveau-­‐né   à   la   sortie   de  
maternité  
Comme   nous   l’avons   vu   précédemment,   de   nombreux   parents   ne   connaissent   pas   les  
moyens   de   prise   en   charge   possible.   L’information   sur   les   professionnels   de   santé   et  
leurs  lieux  d’exercice  semble  indispensable  en  maternité.  

Les   dernières   recommandations   de   l’HAS   donnent   des   pistes   pour   encadrer   les   sorties  
de  maternité  des  nouveau-­‐nés  à  bas  risque.  

  51  
Ainsi,  il  est  indispensable  de  choisir  un  professionnel  qui  suivra  le  nouveau-­‐né  (pédiatre,  
médecin   généraliste   ou   sage-­‐femme).   Celui-­‐ci   devra   être   déterminé   avant   la   sortie   de  
maternité   et   identifié   en   tant   que   «  professionnel   référent   du   suivi  »   sur   la   fiche   de  
liaison   maternité/ville   (cf   annexe   2)   éditée   par   l’HAS   [5].   Cette   nouvelle   notion   de  
«  référent  »  permet  une  anticipation    de  la  sortie.    

Pour   ce   qui   est   du   choix   du   médecin   référent,   un   travail   [50]   a   étudié   les   pratiques   et  
attentes   des   différents   acteurs   du   suivi   des   nourrissons   de   moins   de   6   mois   sur   le  
territoire   du   Réseau   Périnatal   des   2   Savoie   (RP2S).   Cette   étude   a   inclus   65   médecins  
généralistes,   32   pédiatres   et   30   médecins   de   PMI.   Elle   révèle   que   les   médecins  
généralistes  se  sentent  compétents  dans  la  prise  en  charge  des  nourrissons  à  bas  risque  :  
plus   de   50%   des   médecins   généralistes   se   considèrent   comme   au   moins   suffisamment  
compétents   dans   leur   suivi.     Par   ailleurs,  ils  souhaitent  être  un  acteur  déterminant  de   ce  
suivi   au   long   cours  :   71%   des   médecins   généralistes,   19%   des   pédiatres   et   33%   des  
médecins   de   PMI   estiment   que   le   rôle   du   médecin   généraliste   est   d’assurer   toutes   les  
consultations   de   suivi,   58%   des   médecins   généralistes   estiment   même   que   le   pédiatre  
n’y   a   aucun   rôle.   Cette   étude   met   également   en   évidence   une   réelle   difficulté   de  
communication   entre   médecins   généralistes   et   pédiatres   libéraux.   L’idéal   serait   une  
coopération   entre   ces   spécialistes  :   recours   au   pédiatre   en   cas   de   difficulté   ou   suivi  
alterné.  

Des   informations   sur   les   autres   professionnels   pouvant   être   sollicités   doivent   être  
données  aux  parents.  En  effet,  de  nombreuses  consultations  réalisées  aux  urgences  pour  
des   motifs   digestifs   (reflux,   coliques,   difficultés   à   l’allaitement   maternel…)   ou   de  
puériculture   (soins   du   cordon,   érythème   fessier   par   exemple)   peuvent   être   prises   en  
charge   par   une   puéricultrice   ou   une   sage-­‐femme.   Elles   peuvent   exercer   en   libéral,   en  
PMI   ou   être   hospitalières.   Des   psychologues,   des   assistants   sociaux   et   des   Techniciens  
de  l’Intervention  Sociale  et  Familiale  (TISF)  peuvent  également  être  utiles  si  nécessaire.  
Il   en   est   de   même   pour   les   associations   d’usagers   et   les   réseaux   locaux   de   santé   en  
périnatalité   qui   peuvent   être   contactés   et   devenir   un   soutien   dans   des   circonstances  
particulières  (difficultés  d’allaitement,  soutien  à  la  parentalité…).    

Dans   ce   cas   de   nouveau-­‐né   à   bas   risque,   l’Hospitalisation   A   Domicile   (HAD)   n’a   pas   sa  
place.  

  52  
Pour   ce   qui   est   du   suivi   du   nouveau-­‐né   à   la   sortie   de   la   maternité,   en   cas   de   sortie   après  
une   durée   de   séjour   «  standard  »   en   maternité,   deux   visites   sont   recommandées  :   la  
première   dans   la   semaine   suivant   la   sortie   et   la   seconde   est   planifiée   si   besoin   par   le  
référent.   En   cas   de   sortie   précoce,   trois   visites   sont   recommandées  :   la   première   visite  
obligatoire   doit   être   effectuée   dans   les   24H   suivant   la   sortie,   la   deuxième   visite,  
systématique,  doit  avoir  lieu  dans  la  semaine  suivant  la  sortie  et  enfin,  la  troisième  visite  
est  planifiée  si  besoin  par  le  référent.  

Les   parents,   dès   la   sortie   de   maternité,   doivent   savoir   à   qui   s’adresser   en   cas   de  
symptômes  nécessitant  une  consultation  rapide  :  professionnel  référent  si  possible.  Mais  
en   cas   de   délai   de   consultation,   d’autres   solutions   existent   avant   la   consultation   aux  
urgences   pédiatriques  :   maisons   médicales   de   garde,   SOS   médecins...   Par   exemple,   le  
Service  d’Accueil  Médical  Initial  (SAMI),  est  chargé  d’assurer  une  permanence  de  soins  
les  soirs,  week-­‐ends  et  jours  fériés  afin  de  désengorger  les  urgences  hospitalières.  Il  en  
existe   de   nombreux   en   Ile-­‐de-­‐France   Les   parents     doivent   connaître   la   possibilité  
d’appeler   le   15   qui   pourra   les   orienter   si   ils   ne   savent   pas   où   s’adresser   (le   SAMI   est  
d’ailleurs  régulé  par  le  15).  

4.4.3 Valorisation  de  la  formation  en  pédiatrie  des  médecins  généralistes  
Comme   nous   l’avons   vu   plus   haut,   la   majorité   des   médecins   généralistes   se   sent  
compétent   dans   la   prise   en   charge   et   le   suivi   des   nourrissons.     Cependant,   peu   de  
nouveau-­‐nés   semblent   suivis   par   un   médecin   généraliste.   Dans   l’étude   de   Michel   [51]  
réalisée   sur   319   enfants,   la   majorité   des   nourrissons   est   suivi   par   un   pédiatre   (52%,  
35%  par  un  médecin  généraliste,  13%  par  la  PMI)  tandis  que  66%  des  enfants  de  2  à  6  
ans   sont   suivis   par   un   médecin   généraliste   (32%   par   un   pédiatre   et   2%   par   la   PMI).   Les  
parents   choisissent   le   médecin   généraliste   pour   sa   disponibilité   et   sa   proximité   tandis  
qu’ils  choisissent  le  pédiatre  pour  sa  compétence  professionnelle  et  sa  réputation.  Une  
étude   réalisée   en   Franche-­‐Comté   sur   la   base   de   données   de   la   caisse   régionale  
d’assurance   maladie   [66],   confirme   que   les   pédiatres   voient   d’avantage   d’enfants   de  
moins  de  5  ans  et  qu’après  10  ans,  le  suivi  est  essentiellement  effectué  par  le  médecin  
généraliste.  Par  ailleurs,  cette  étude  réalisée  sur  1  535  208  prescriptions  affirme  que  les  
enfants   suivis   par   un   pédiatre   sont   moins   souvent   hospitalisés   (6%   en   moins),   ont  
moins  d’antibiotiques  (entre  moins  24%  et  moins  74%  selon  les  classes  d’antibiotiques).  
De  plus,  les  pédiatres  prescrivent  moins  d’examens  complémentaires,  d’orthophonie  et  
d’ordonnances.   Dans   cette   étude,   les   enfants   suivis   par   le   pédiatre   semblent   avoir   une  

  53  
couverture  vaccinale  plus  large  ainsi  qu’une  meilleure  prévention  du  rachitisme  et  des  
caries  dentaires.  Les  médecins  généralistes  seraient-­‐ils  moins  compétents  dans  la  prise  
en   charge   des   enfants?   Cependant,   cet   article   cloisonnant   «  pédiatres   versus   médecins  
généralistes  »   et   argumentant   les   stériles   conflits   présente   de   nombreux   biais  
notamment   de   sélection   et   d’attrition,   il   s’agit,   de   plus,   d’une   étude   rétrospective.     Notre  
étude   met   cependant   en   évidence   que   sept   nouveau-­‐nés   adressés   par   un   médecin   ont  
une   consultation   considérée   comme   non   appropriée   aux   urgences   ne   nécessitant   en  
général   ni   examens   complémentaires   (2   nouveau-­‐nés)   ni   hospitalisation.   Ceci   souligne  
que   tous   les   médecins   généralistes   ne   semblent   pas   à   l’aise   à   la   pratique   de   la  
néonatologie.   Chacun   semble   ainsi   avoir   ses   domaines   de   compétence,   il   faudrait   donc  
en   tenir   compte   avant   de   faire   le   choix   de   médecin   référent   et   intégrer   ses   lacunes   dans  
la  formation  continues.    

L’essentiel  reste  la  prise  en  charge  globale  et  optimale  du  nouveau-­‐né  par  un  médecin  en  
libéral,   professionnel,   et   formé   en   pédiatrie   si   ce   domaine   ne   l’intéresse   pas.   Ainsi,   au  
cours  de  l’internat  de  médecine  générale,  un  stage  est  obligatoire  soit  en  pédiatrie  soit  
en   gynécologie.   L’interne   peut   donc   éviter   de   passer   par   la   pédiatrie.   Cependant,   un  
stage   ambulatoire   de   premier   niveau   réalisé   auprès   d’un   médecin   généraliste   est  
obligatoire  :   tout   interne   doit   donc   savoir   effectuer   au   minimum   des   suivis   de  
nourrissons  et  d’enfants.  De  plus,  un  SASPAS  est  proposé  en  médecine  générale  au  cours  
duquel  l’interne  aura  l’occasion  de  consulter  des  enfants  pour  un  motif  aigu  ou  pour  un  
suivi.   Au   cours   de   ce   stage,   un   tiers   temps   peut   également   être   effectué   en   PMI  
permettant  de  compléter  sa  formation.  

Dans   son   rapport   datant   de   2006   sur   la   prise   en   charge   de   l’enfant   et   de   l’adolescent  
[67],   Sommelier   préconise   une   obligation   du   stage   en   pédiatrie   au   cours   de   l’internat   de  
médecine   générale.   Elle   recommande   également   de   renforcer   la   formation   pédiatrique  
du   DES   de   médecine   générale   et   de   proposer   aux   médecins   généralistes   un   Diplôme  
Universitaire   de   pédiatrie.   Aussi,   elle   souhaiterait   que   des   évaluations   des   pratiques  
professionnelles  dans  le  domaine  de  la  pédiatrie  soient  effectuées.   Enfin,  elle  s’interroge  
sur  la  valorisation  d’un  pédiatre  référent  pour  un  groupe  de  médecins  généralistes,  qui  
serait   le   recours   de   ces   derniers   en   amont   de   l’hôpital   et   qui   participerait   à   leur  
formation  continue.  

  54  
De   nombreux   parents   ont   une   méconnaissance   sur   les   acteurs   pouvant   être   impliqués  
dans   le   suivi   des   nourrissons   [51].   Ainsi,   une   information   sur   les   compétences   en  
pédiatrie  du  médecin  généraliste  pourrait  favoriser  la  prise  en  charge  des  nouveau-­‐nés  à  
bas  risque  en  médecine  générale.    

4.4.4 Amélioration  de  la  coordination  ville-­‐hôpital  et  de  la  prise  en  charge  en  
médecine  libérale  
La   coordination   des   soins   est   indispensable   et   le   «  professionnel   référent   de   maternité  »  
doit  être  joignable  afin  de  répondre  aux  interrogations  de  la  personne  en  charge  du  suivi  
du  nouveau-­‐né.  Il  peut  être  identifié  à  l’aide  de  la  fiche  de  liaison  (cf  annexe  2).  

Dans   tous   les   cas,   que   le   nouveau-­‐né   soit   suivi   par   un   pédiatre,   par   un   médecin  
généraliste,  par  la  PMI  ou  par  un  réseau,  l’essentiel  est  qu’il  n’y  ait  pas  de  discontinuité  
de   soins  :   il   doit   être   vu   rapidement   après   sa   sortie,   le   délai   variant   en   fonction   de   la  
durée  de  séjour  en  maternité.  

Dans   notre   étude,   le   médecin   estimait   que   seules   45%   des   consultations   étaient  
appropriées   aux   urgences   pédiatriques.   55%   des   nouveau-­‐nés   auraient   donc   pu   être  
pris  en  charge  par  un  médecin  exerçant  en  libéral.    

Cependant,   dans   cette   catégorie   d’âge   de   patients,   l’inquiétude   parentale   et   le   sentiment  


d’urgence   ressentie   poussent   souvent   les   parents   à   consulter   aux   urgences.   Mais   qui  
peut  mieux  répondre  aux  questions,  soigner  le  nouveau-­‐né  et  rassurer  les  parents  que  le  
médecin   habituel,   connaissant   l’enfant,   la   fratrie,   les   parents   et   le   contexte   socio-­‐
économique  ?   De   plus,   la   multiplication   des   intervenants   pouvant   donner   des  
informations   différentes   voire   même   contradictoires   aux   parents   peut   avoir   un   effet  
délétère  et  au  contraire  renforcer  leurs  inquiétudes.  

Notre   étude   a   mis   en   évidence   une   population   semblant   plus   «  à   risque  »   de   consulter  
pour   des   motifs   inappropriés   aux   urgences   pédiatriques.   Ainsi,   le   médecin   référent   a  
pour  rôle  d’identifier  ces  familles  :  les  mères  primipares  essentiellement,  ou  le  nouveau-­‐
né   qui   n’a   pas   de   suivi   médical   (proposition   d’une   nouvelle   consultation   avec   prise   de  
rendez-­‐vous   dès   le   premier   entretien).   Ainsi,   il   pourra   mettre   l’accent   sur   l’éducation  
parentale  et  leur  proposer  un  futur  rendez-­‐vous  de  suivi  afin  d’éviter  de  les  perdre  de  
vue.  

  55  
Le   rôle   du   médecin   référent   de   suivi   est   alors   primordial.   Dans   notre   étude,   63%   des  
nouveau-­‐nés   étaient   suivis   en   PMI   et   70%   avaient   un   médecin   référent   (pédiatre   ou  
médecin  généraliste).  Ces  chiffres  devraient  être  bien  supérieurs,  d’autant  plus  que  les  
nouveau-­‐nés   n’ayant   pas   de   suivi   médical   semblent   consulter   pour   des   motifs   non  
appropriés  aux  urgences.  Celles-­‐ci  deviennent  peu  à  peu  des  acteurs  des  soins  primaires  
ce   qui   n’est   pas   leur   vocation   initiale.   Selon   l’OMS   [68],   les   soins   de   santé   primaires  
«  sont   le   moyen   qui   permettra   d’atteindre   l’objectif   d’un   niveau   de   santé   qui   permette  
(aux  peuples  du  monde)  de  mener  une  vie  socialement  et  économiquement  productive  ».  
Ils   ont   pour   caractéristiques   d’être   «  scientifiquement   valables   et   socialement  
acceptables   et   de   coût   supportable   pour   la   société.   Ils   doivent   être   accessibles  
universellement  à  tous  les  individus,  être  le  premier  niveau  de  contact  avec  le  système  
national   de   santé   et   être   présents   au   plus   proche   des   lieux   de   vie   et   de   travail  ».   Un  
groupe   d’experts   réunis   sous   l’égide   du   Collège   national   des   généralistes   enseignants  
[48]   propose   des   évolutions   nécessaires   du   système   de   soins   français   afin   d’obtenir   une  
meilleure   efficience.   Celle-­‐ci   nécessiterait   un   recentrage   du   système   sur   les   soins  
primaires.  Leurs  propositions  touchent  à  la  fois  la  gouvernance  du  système  de  soins,  son  
financement,  les  ressources  humaines  nécessaires,  son  accessibilité  et  sur  la  continuité  
et  la  coordination  des  soins  primaires.  

  56  
5 CONCLUSION  
Notre   étude,   réalisée   sur   11   mois   aux   urgences   pédiatriques   de   Villeneuve-­‐Saint-­‐  
Georges,   a   permis   de   répondre   aux   interrogations   soulevées   par   la   consultation   des  
nouveau-­‐nés  de  0  à  28  jours  aux  urgences  pédiatriques.  

Ainsi,  les  principaux  motifs  de  consultation  sont  d’ordre  digestifs  et  respiratoires.  Dans  
55%  des  cas,  le  nouveau-­‐né  aurait  pu  éviter  une  consultation  aux  urgences  et  être  pris  
en   charge   en   médecine   libérale   afin   de   désengorger   les   urgences.   Une   amélioration,  
voire   des   modifications   dans   l’organisation   des   soins   primaires   en   France   semble   être  
indispensable   afin   de   favoriser   une   prise   en   charge   non   hospitalière   dès   que   cela   est  
possible.  En  effet,  il  s’agit  fréquemment  de  motifs  de  puériculture  nécessitant  souvent  de  
simples  conseils.  

La   sortie   précoce   des   maternités   a   permis   à   certains   départements   de   mettre   en   place  


les   suivis   à   domicile   type   «  PRADO  »   par   une   sage-­‐femme   à   domicile.   Cependant,   cette  
prise  en  charge  reste  courte  et  ne  saurait  remplacer  une  véritable  organisation  des  soins  
primaires   de   l’enfant.   La   PMI   a   jadis   assuré   cette   mission.   Celle-­‐ci   a   été   peu   à   peu  
modifiée.   La   PMI   prend   désormais   essentiellement   en   charge   la   prévention   et   le  
traitement   des   problèmes   de   santé   liés   à   la   communauté   tels   que   la   protection   de  
l’enfant,   les   vaccinations,   l’évaluation   de   la   croissance   et   du   développement,   mais  
également  les  problèmes  socio-­‐économiques.  Le  médecin  généraliste  et  le  pédiatre  ont  
ainsi  un  rôle  capital  dans  les  soins  de  santé  primaires  délivrés  au  nouveau-­‐né.  

Au-­‐delà   de   l’efficience   d’une   bonne   coordination   entre   les   différents   acteurs   de   santé   au  
profit  de  la  santé  du  nouveau-­‐né,  il  s’agit  également  de  réduire  le  coût  qu’engendrent  de  
multiples  consultations  non  appropriées  aux  urgences  pédiatriques.  

Cette   étude   permettrait   ainsi   aux   professionnels   de   santé   d’identifier   dès   la   maternité  
une   catégorie   de   parents   semblant   plus   à   risque   de   consulter   aux   urgences  :  
essentiellement   les   mères   primipares,   mais   également   les   nouveau-­‐nés   n’ayant   pas   de  
médecin   référent.   Sont   également   prendre   en   compte,   même   si   nous   n’avons   pu   le  
démontrer  au  cours  de  cette  étude,  les  conditions  socio-­‐économiques  précaires  et  l’âge  
de  la  mère  qui  sembleraient  être  également  des  facteurs  de  risques  selon  de  nombreuses  
études.  

  57  
Pour   ces   parents,   il   est   indispensable   que   l’information   donnée   en   maternité   soit  
renforcée   sur   tous   les   soins   de   puériculture,   mais   également   sur   les   situations  
physiologiques   (coliques,   régurgitations…)   et   pathologiques   nécessitant   une  
consultation.    

De  même,  les  parents,  en  sortant  de  la  maternité,  devraient  tous  avoir  un  «  professionnel  
référent  »   identifié,   ou   à   défaut   un   suivi   par   un   service   de   soins   primaires   de   l’enfant  
identifié,   qui   sera   leur   interlocuteur   privilégié   pour   la   suite   de   la   prise   en   charge   du  
nouveau-­‐né,  et  qui  pourra  prendre  le  relai  de  l’hôpital  efficacement.  

Enfin,  46%  des  nouveau-­‐nés  consultant  aux  urgences  pédiatriques  ont  été  hospitalisés.  
Ce  taux  élevé  souligne  l’existence  de  pathologies  sérieuses  ou  nécessitant  au  minimum  
une   surveillance.   Le   médecin   se   doit   toujours   d’être   vigilant   face   à   ces   patients  
vulnérables.   Les   nouveau-­‐nés   les   plus   fragiles,   les   grands   prématurés,   sont   suivis   par   un  
réseau  mis  en  place  en  Ile-­‐de-­‐France  qui  ne  dispense  cependant  pas  d’un  suivi  parallèle  
en  soins  primaires.  

Le  médecin  généraliste,  acteur  de  ce  suivi,  permet,  par  sa  connaissance  des  parents,  de  
l’éventuelle  fratrie  et  du  nouveau-­‐né,  une  prise  en  charge  globale  de  ce  dernier.  Il  s’agit  
d’un   acteur   central   permettant   une   coordination   entre   les   différents   professionnels  
pouvant  être  impliqués  :  pédiatre,  PMI,  sage-­‐femme,  puéricultrice.  

  58  
 

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7 LISTE  DES  ABREVATIONS  


CAF  :  Caisse  nationale  d’Allocations  Familiales  

CHIV  :  Centre  Hospitalier  Intercommunal  de  Villeneuve-­‐Saint-­‐Georges  

CMU  :  Couverture  Maladie  Universelle  

CNOM  :  Conseil  National  de  l’Ordre  des  Médecins  

DMS  :  Durée  Moyenne  de  Séjour  en  maternité  

HAD  :  Hospitalisation  A  Domicile  

HAS  :  Haute  Autorité  de  Santé  

IAO  :  Infirmière  d’Accueil  des  Urgences  

INSEE  :  Institut  National  de  la  Statistique  et  des    Etudes  Economiques  

IRDES  :  Institut  de  Recherche  et  Documentation  en  Economie  de  la  Santé  

PMI  :  Protection  Maternelle  et  Infantile  

RP2S  :  Réseau  Périnatal  des  2  Savoie  

SA  :  Semaines  d’Aménorrhée  

SAMI  :  Service  d’Accueil  médical  Initial  

SASPAS  :  Stage  Ambulatoire  en  Soins  Primaires  en  Autonomie  Supervisée  

TISF  :  Techniciens  de  l’Intervention  Sociale  et  Familiale  

  66  
8 ANNEXES  

8.1 Annexe  1  :    
Tableaux  de  l’HAS  définissant  le  bas  risque  maternel  et  pédiatrique  

a)  Pour  une  sortie  précoce  

b)  Pour  une  sortie  après  une  durée  de  séjour  «  standard  »  

  67  
8.2 Annexe  2  :  
Fiche  de  liaison  maternité/suivi  en  post  partum  immédiat  

  68  
 

  69  
8.3 Annexe  3  :  Certificat  du  8ème  jour  

 
 

 
 

  70  
8.4 Annexe  4  
QUESTIONNAIRE  DE  THESE  ETUDIANT  LES  FACTEURS  ASSOCIES    
AUX  CONSULTATIONS  AUX  URGENCES  PEDIATRIQUES  DU  CHIV  POUR  LES  NOUVEAU    
NES  DE  0  A  28  JOURS  
 
A  faire  remplir  par  le  médecin  pour  tous  les  enfants  de  0  à  28  jours  consultant  aux  
urgences  pédiatriques  

Date  du  jour  :                                                                            Heure  d’arrivée  :                                                                Heure  de  départ  :  

Au  sujet  de  l’enfant  :                                                            Age  :    

-­‐ date  de  naissance  :……………………………………………………………………………………………...  


-­‐ sexe  :………………………………………………………………………………………………………………….  
-­‐ terme  de  naissance  :…………SA  
-­‐ complications/pathologies  néonatales  :……………………………………………………………...  
-­‐ Durée  mère/enfant  en  maternité  :  ……  jours  
-­‐ Sortie  précoce  :  si  oui  à  J….  
-­‐ fratrie  :……………………………………………………………………………………………………………...  
-­‐ présence  d’un  médecin  généraliste  ou  d’un  pédiatre  traitant  :  oui/non  
-­‐ Suivi    en  PMI  :  oui/non  

Au  sujet  des  parents  

-­‐ situation  familiale  :  en  couple/  séparés/divorcés  


-­‐ mère  isolée  :  oui/non  
-­‐ CMU  :  oui/non  
-­‐ Lecture  des  conseils  dans  le  carnet  de  santé  effectuée  :  oui/non  
 

  Père   Mère  

Profession      

Age      

Français  courant   Oui/non   Oui/non  

Ville      

Parité      

Niveau  de  scolarité/  


   
dernier  diplôme  obtenu  

  71  
   

Au  sujet  de  la  mère  :  

-­‐ ATCD  gynéco-­‐obstétricaux  :………………………………………………………………………………..  


-­‐ ATCD  familiaux  (CCH,  mort  subite…)  :………………………………………………………………....  
-­‐ ATCD  psychiatriques  :  oui/non        Si  oui  lesquels  ?  ………………………………………………..  
Au  sujet  de  la  consultation  :  

-­‐ motif   invoqué   par   les   parents  :…………………………………………………………………………....  


-­‐ adressé  par  un  médecin  traitant/pédiatre  :  oui/non  
-­‐ médecin  traitant/  pédiatre  contacté  ;  oui/non  
-­‐ nécessité  d’examens  complémentaires  :  oui/non    
-­‐ diagnostic   final  :………………………………………………………………………………………………....  
-­‐ conclusion  :  retour  à  domicile/reconvocation/hospitalisation  
Au  total,  consultation  :  

-­‐ appropriée,  nécessaire  :  oui/non  


-­‐ aux  urgences  :  oui/non  

Fréquence  de  consultation  aux  urgences  depuis  la  naissance  

-­‐ 1ère  fois  


-­‐ 2ème  fois  
-­‐ 3ème  fois  
-­‐ 4ème  fois  ou  plus  
NB  :   soutien   familial   =   présence   des   parents   ou   autres   membres   de   la   famille   et   ou  
conseils  de  leur  part  

8.5 Annexe  5  
Les  catégories  socioprofessionnelles  selon  l’INSEE  :  

1-­‐ agriculteurs  exploitants  


2-­‐ artisans,  commerçants,  chefs  d’entreprise  
3-­‐ cadres  et  professions  intellectuelles  supérieures  
4-­‐ professions  intermédiaires  
5-­‐ employés  
6-­‐ ouvriers  
7-­‐ retraités  
8-­‐ autres  personnes  sans  activité  professionnelle  

  72  
TITRE  ET  RESUME  
Motifs  et  facteurs  impliqués  dans  la  consultation  des  nouveau-­‐nés  aux  urgences  
pédiatriques  :  Etude  prospective  monocentrique  

Dans  un  contexte  d'augmentation  de  fréquence  aux  urgences  pédiatriques  alors  que  le  
taux  de  natalité  diminue,  il  est  légitime  d'étudier  les  motifs  et  facteurs  impliqués  dans  la  
consultation  des  nouveau-­‐nés  aux  urgences  pédiatriques.  

Il   s'agit   d'une   étude   épidémiologique   avec   inclusion   prospective   des   nouveau-­‐nés   de   0   à  


28   jours   consultant   aux   urgences   pédiatriques   du   CH   de   Villeneuve-­‐St-­‐Georges.   Le  
médecin  interrogeait  les  parents  et  colligeait  des  données  sur  le  nouveau-­‐né  (âge,  sexe,  
antécédents)  les  parents  (âge,  professions,  parité)  la  consultation  (motif,  mode  de  venue,  
nécessité   d'examens   complémentaires,   devenir   du   nouveau-­‐né,   diagnostic)   et   donnait  
son  avis  sur  la  consultation.    

115  enfants  ont  été  inclus,  l'âge  moyen  était  de  16  jours.  16%  des  nouveau-­‐nés  étaient  
adressés.   70%   étaient   suivis   par   un   médecin   libéral.   Les   principaux   motifs   de  
consultation  étaient  digestifs  dans  36%  des  cas  (coliques,  régurgitations,  reflux-­‐gastro-­‐
oesophagien,   gastro   entérite   aigue),   respiratoires   dans   32%   des   cas   (rhinites,  
bronchiolites).   Les   autres   motifs   étaient   infectieux   (13%)   et   dermatologiques   (11%).  
Dans   8%   des   cas,   l'examen   clinique   était   normal.   46%   des   nouveau-­‐nés   ont   été  
hospitalisés.   87%   des   consultations   étaient   considérées   comme   appropriées   et   45%    
comme   appropriées   aux   urgences.   Les   consultations   non   appropriées   étaient   plus  
fréquentes   en   cas   de   primiparité,   d'absence   de   suivi   médical,   et   lorsque   le   nouveau-­‐né  
n'avait  pas  consulté  au  préalable  un  médecin.    

Des   consultations   auraient   pu   être   prises   en   charge   par   un   médecin   libéral   afin   de  
désengorger  les  urgences.  Une  population  est  plus  à  risque  :  les  nouveau-­‐nés  de  mères  
primipares  et  ceux  n'ayant  pas  de  suivi  médical.  

MOTS  CLES  
Nouveau-­‐né  
Urgences  pédiatriques  
Motifs  de  consultation  
 

Université  Paris  Descartes  


Faculté  de  Médecine  Paris  Descartes  
15,  rue  de  l’Ecole  de  Médecine  
75270  Paris  cedex  06  
 

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