Assemblage des céramiques en odontologie
Assemblage des céramiques en odontologie
THESE
Le 12 mai 2016
Par
Examinateurs de la thèse:
CORPS EN SEI GN AN T
5 6 èm e se ct ion : D EV ELOPPEM EN T, CROI SSAN CE ET PREV EN TI ON
5 8 èm e se ct ion : SCI EN CES PH YSI QUES ET PH YSI OLOGI QUES EN D OD ON TI QUES ET PROTH ETI QUES
Je vous remercie d’avoir accepté mon invitation à siéger parmi ce jury. Votre
dynamisme, votre perfectionnisme et surtout votre passion pour ce métier font
de vos enseignements un exemple à suivre. J’ai eu grand plaisir à assister à vos
cours durant ces années - d’une clarté et d’une justesse rare - mais aussi à
travailler avec vous au centre hospitalier. C’est avec une certaine tristesse que
ces études se concluent, car vos conseils précieux et vos qualités humaines vont
me manquer profondément.
Veuillez trouver ici l’expression de ma haute estime ainsi que de mon profond
respect.
Table des matières
1. Introduction ................................................................................... 1
2. Les céramiques .............................................................................. 2
2.1. Définitions ............................................................................................. 2
2.2. Caractéristiques ..................................................................................... 2
2.3. Classification .......................................................................................... 3
2.3.1. Traditionnelle .............................................................................................................. 3
Le matériau de restauration le plus utilisé et répondant le plus largement à ces exigences est la
céramique. Il se présente sous différentes natures qui permettront de répondre efficacement
aux différentes situations cliniques. Cela implique forcément qu'il existe un grand nombre de
céramiques, qui se différencient par leurs propriétés mécaniques ou esthétiques. En effet,
pour une restauration prothétique antérieure l'exigence principale sera esthétique, alors qu'en
postérieur il faudra privilégier les propriétés mécaniques de la céramique pour supporter les
forces masticatoires.
Chaque type de céramique doit alors être associé à une colle adaptée, permettant de
maximiser la pérennité des soins, et parfois parfaire le rendu esthétique final. On comprend
donc rapidement pourquoi il est important de connaître à la fois, les propriétés des céramiques
(pour savoir laquelle utiliser) et ensuite les différentes colles qui sont présentes sur le marché
pour adapter parfaitement la réhabilitation prothétique.
Ce travail a pour but de classifier les céramiques et les colles et ainsi en dégager les
indications communes à ces deux matériaux couplés lors de leur assemblage clinique.
1
2. Les céramiques
2.1. Définitions
Prenant son origine du grec ancien "kéramos" signifiant "terre à potier", c'est un composé
minéral à structure biphasée. Initialement, la céramique servait à créer des poteries,
recouvertes d’émail esthétique. En odontologie, la céramique est essentiellement utilisée
comme restauration prothétique indirect, mais aussi en implantologie ou encore en
orthodontie.
Il se définit comme un « article ayant un corps vitrifié ou non, de structure cristalline ou
partiellement cristalline, ou de verre, dont le corps est formé de substances essentiellement
inorganiques et non métalliques, qui est formé par une masse en fusion qui se solidifie en se
refroidissant, ou qui est formé et porté à maturité, en même temps ou ultérieurement, par
l’action de la chaleur. » (American Society for Testing And Materials C 242)
Historiquement le matériau de base était l'argile, largement utilisé et travaillé depuis des
milliers d'années pour la confection de poteries et de céramiques (La Vénus de Dolní
Věstonice [Fig. 1] datant de 29000 à 25000 ans nous le prouve). On devra attendre le XXème
siècle pour voir l'apparition des premières céramiques dites techniques.
A noter que la première utilisation des céramiques dans le milieu dentaire est à attribuer à
Alexis Duchateau, qui a réalisé un appareil complet en porcelaine.
Les céramiques sont une forme de verre obtenues par fusion d’oxydes
métalliques et sont renforcées par des phases cristallines. La mise en forme se
fait à haute température : au-dessus de la température de fusion de la matrice de
verre et en-dessous de celle des cristaux.
On distinguera alors une phase vitreuse et une phase cristalline. C’est la nature et
la proportion de cette dernière phase qui conditionne les propriétés physiques,
mécaniques et optiques de la prothèse finale [69]. C’est ainsi que certaines
céramiques sont composées entièrement d’une phase cristalline.
Figure 1 : la Vénus
2.2. Caractéristiques de Dolní Věstonice
Les matériaux céramiques possèdent une inertie à la fois électrique, thermique (très faible
conductivité thermique d’environ 0.01J/s/cm2 [21]), et chimique. En bouche, cela permet
d’éviter les phénomènes d’électrogalvanisme, de protéger une dent vitale des contraintes
thermiques extérieures, ce qui rend ce matériau particulièrement biocompatible.
Les céramiques font partie des matériaux dit « fragiles », c’est-à-dire incapable de se
déformer avant fracture, à l’opposé des matériaux ductiles.
2
La plupart des fractures des céramiques sont la résultante de charges répétées d’intensité
inférieure à la charge de rupture du matériau : cela va engendrer des microfissures menant à la
fracture de la céramique, appelée aussi « rupture par fatigue ».
Elles possèdent donc des performances mécaniques élevées, qui sont fonction de la proportion
de la phase cristalline. Plus la phase cristalline est importante, plus la céramique est résistante
à la fracture et plus sa résistance à la flexion augmente. [69] La résistance mécanique d’une
céramique est définie par sa ténacité (qui correspond à la capacité d’un matériau à résister à la
propagation d’une fissure) et sa résistance en flexion [41].
A l’inverse, les propriétés esthétiques de la céramique seront meilleures si la phase cristalline
est diminuée, car la phase vitreuse sera alors augmentée [Fig. 2].
Phase vitreuse
Phase cristalline
2.3. Classification
2.3.1. Traditionnelle
3
Cette classification est limitée en regard des céramiques modernes, car les propriétés
intrinsèques des céramiques résultent directement de la nature chimique du matériau ainsi que
du procédé de mise en forme utilisé [26].
Figure 4 : Frittage d’une poudre céramique (de gauche à droite : particules en suspension ;
début de formation des contacts ; résultat final, état de compacitée maximale)
2.3.2. Actuelle
Ce sont les céramiques le plus souvent utilisées pour réaliser l'émaillage des couronnes, elles
sont composées majoritairement d’oxyde de silicium mais aussi d’oxyde d’alumine,
potassium ou bien encore de sodium dans leur phase cristalline. La phase vitreuse, quant à
elle, est renforcée par des cristaux dispersés (quartz, albite, leucite). Cette dernière phase est
prépondérante dans ce type de céramiques.
C'est la céramique qui présente la plus faible résistance mécanique (entre 60 et 120MPa de
résistance à la flexion). En revanche sa fragilité est largement compensée par ses excellentes
propriétés optiques.
Son importante phase vitreuse fait de cette céramique le matériau de choix pour le collage [6].
Ces céramiques peuvent être mises en forme suivant un procédé artisanal dit : barbotine.
4
[Link]. Les vitrocéramiques
Ce sont des matériaux mis en forme à l’état de verre puis traités thermiquement pour obtenir
une cristallisation contrôlée ou partielle [70]. On les distingue en fonction des cristaux qui
vont les renforcer :
La résistance à la flexion de ces matériaux est accrue par des cristaux qui vont germer et
croître dans un verre amorphe. Elles ont aussi de bonnes propriétés optiques, car elles
présentent plusieurs niveaux de translucidité et de teinte.
Ces céramiques sont indiquées pour les inlays, onlays, overlays, facettes [6], couronnes
unitaires ou encore pour les bridges de petite étendue en antérieur. Elles sont très largement
répandues et répondent à un grand nombre de situations cliniques par leurs propriétés
mécaniques et esthétiques importantes.
Les vitrocéramiques peuvent être mises en forme par plusieurs procédés : barbotine, pressée
et CFAO.
5
Figure 5 : Propriétés des différentes céramiques VITA In-Ceram [25]
Il est possible de réaliser des restaurations In-Ceram avec plusieurs systèmes d'usinage, mais
le plus souvent c’est le procédé de mise en forme spécifique In-Ceram qui sera utilisé.
Ces céramiques sont plus rarement utilisées, car elles sont difficile à mettre en œuvre et sont
dépassées par les nouvelles céramiques polycristallines qui sont plus largement répandues de
nos jours comme infrastructure des restaurations fixées.
L'alumine pure est une céramique semi-translucide avec d'excellentes propriétés mécaniques.
Alors que la zircone pure, ou oxyde de zirconium est inutilisable en tant que céramique
structurale : le refroidissement de la zircone après frittage induit une expansion de volume de
3 à 4%, entraînant des fissures et un risque de fracture à température ambiante.
6
L'utilisation de la zircone dans des restaurations dentaires a été rendue possible grâce à
l’utilisation de l’oxyde d'Yttrium (Y2O3) : on ajoute 3 moles % d'Yttrium ce qui nous donne
une zircone dite 3Y-TZP (zircone partiellement stabilisée à l'oxyde d'Yttrium). Cette
modification permet de stabiliser la zircone dans une conformation particulière qui ne lui est
pas propre.
7
Figure 8 : Schéma du mécanisme de renforcement par transformation
de phase de la zircone
C'est pour cela que la zircone présente une ténacité allant de 5 à 10 MPa.m-2 [15] contre
1MPa.m-2 environ pour une vitrocéramique.
Les céramiques polycristallines sont les plus résistantes à la flexion (900 à 1400 MPa [58]),
mais restent aussi les plus opaques à cause de leur structure qui est entièrement cristalline.
Ces céramiques sont utilisées principalement comme infrastructure, pour les couronnes
unitaires, les bridges de moyenne ou grande étendue. Elles peuvent aussi être utilisées en
postérieur comme restauration unitaire, mais très rarement en antérieur.
La conception des céramiques polycristallines est uniquement possible par usinage.
8
Plusieurs étapes vont permettre de traiter cette pâte crue pour aboutir à une céramique
fonctionnelle en bouche :
9 Céramique pressée
9 Procédé In-Ceram :
Ce sont des céramiques réalisées à partir d'une barbotine appliquée à l'aide d'un pinceau par le
prothésiste pour réaliser une infrastructure de la future prothèse. Le contact de la barbotine
avec le plâtre va permettre l'absorption de l'eau par capillarité, ce qui va entraîner une
condensation des particules.
On soumet l'infrastructure à un traitement thermique en deux phases:
- 120°C pendant 6 heures: permet déshydratation et séparation du modèle en plâtre de
des particules par phénomène de rétraction du plâtre
- 1120 °C pendant 2 heures: frittage des grains d'alumine. Là, les grains vont se lier
entre eux par des ponts entraînant la formation d'un solide poreux (formation de cous de
frittage).
(A noter que les températures et les temps de cuisson montrés ici correspondent à la mise en
forme de l'IN-Ceram Alumina et que ces valeurs changent sensiblement pour l'In-Ceram
Zirconia et Spinell.)
9
On recouvre alors ce solide de billes de verre puis on traite thermiquement l'infrastructure
pour permettre de faire fondre le verre qui s'infiltrera dans les porosités. Ensuite, après
refroidissement, on éliminera les excès de verre pour obtenir une céramique riche en cristaux
et infiltrée de verre amorphe. Le verre choisit possède une grande mouillabilité et une faible
viscosité permettant une infiltration maximale dans les porosités.
Ce procédé de mise en forme correspond à un type de céramique et à la fois à un procédé de
mise en forme: VITA IN-Ceram®.
Les cristaux en présence peuvent avoir différentes natures: alumine, zircone ou encore
spinelle. (In-Ceram Zirconia, In-Ceram Alumina, In-Ceram Spinelle)
Largement répandue de nos jours, elle est depuis de nombreuses années reconnue comme de
haute qualité, permettant d’obtenir une adaptation marginale aussi précise que celle produite
par les autres techniques [51, 75].
Il faut dans un premier temps numériser la préparation, soit de manière directe au fauteuil
avec une caméra intra-buccale (Cerec, Lava, Cara…), soit en scannant l’empreinte en plâtre.
L’occlusion sera enregistrée par empreinte numérique de l’antagoniste ou par un mordu
classique.
10
2.5. Performances mécaniques des différentes céramiques
On peut constater que les céramiques polycristallines possèdent les meilleures propriétés
mécaniques et que certaines vitrocéramiques ont des valeurs de résistance à la flexion
particulièrement faibles.
11
Les principaux procédés mécaniques entraînant une amélioration du collage sont : le sablage
et le mordançage.
Pour ce qui est de l’adhésion chimique, un promoteur d’adhésion doit être utilisé comme le
silane.
Néanmoins l’assemblage d’une céramique avec un polymère de collage, permet un
renforcement mécanique de l’organe dentaire une fois restauré.
2.6.1. Le sablage
12
Figure 14 : Vue au MEB des surfaces d’IPS Empress A. Contrôle (× 2000) B. sablage à
l’oxyde d’alumine 50μm pendant 5 secondes (× 2000) C. Mordançage acide fluorhydrique
10 % pendant 60 secondes (× 2000) [8]
2.6.3. Le silane
13
Le processus d’adhésion [Fig. 16] est initié par une hydrolyse des molécules de silane, qui va
entraîner leur activation. Des groupes silanol vont se former, et vont ensuite réagir avec les
groupements hydroxyl présents à la surface des céramiques pour former un réseau polymère
siloxane (Si-O-Si-O) avec la silice présente sur la couche de silanisation de la céramique. Le
séchage à l’air chaud permettra l’obtention d’un lien fort par déshydratation entre la
céramique et le silane.
Les chaînes méthacrylates des molécules de silane vont alors réagir avec les groupements
méthacrylates des composites par des liaisons -C-C-, au moment où les liaisons C=C vont
s’ouvrir par le processus de réticulation [56, 46] : on peut parler de copolymérisation. C’est
ainsi qu’un lien chimique se crée permettant d’améliorer l’adhésion à l’interface.
Il faut toutefois préciser que ce processus de silanisation classique ne s’applique pas aux
structures polycristallines. En effet la liaison du groupement silanol ne peut se faire avec la
céramique car elle ne possède pas ou peu de phase vitreuse, donc pas de possibilité de lien
avec la silice.
Les céramiques polycristallines de par leur composition ne possèdent pas de phase vitreuse,
ainsi une rétention mécanique seule ne suffisant pas, certains procédés ont été mis en place
pour augmenter la rétention en s’inspirant des procédés utilisés sur les autres céramiques. Ces
procédés vont créer une liaison chimique entre les résines de collage et la zircone en
permettant d’appliquer ou de déposer une couche de silice sur la surface de la céramique.
14
9 Traitement tribochimique : des particules d’alumine
gainées de silice sont projetées à haute pression dans
l’intrados de la prothèse. L’énergie résultante du choc
est suffisamment importante pour engendrer
l’incorporation de silice à la surface du matériau, on va
ainsi « vitrifier » la surface. On parle alors de sablage
réactif. On pourra ensuite réaliser une application de
silane classique permettant alors un lien entre la
céramique et le polymère de collage. Il existe sur le Figure 17 : Système
marché deux procédés : le Rocatec® [Fig. 17] qui est à Rocatec®
destination des laboratoires et le Cojet® qui est le
système de sablage réactif utilisable au fauteuil.
Selon le protocole Rocatec 3M ESPE, il faut réaliser une air abrasion aux particules
d’alumines de 110μm de diamètre qui permet un nettoyage de la surface (Rocatec Pre®) et
ensuite réaliser l’abrasion avec des particules d’alumine recouvertes de silice de 30μm de
diamètre (Rocatec Soft ®) pour une restauration rétentive, ou avec des particules recouvertes
de silice de 110 μm (Rocatec Plus®) pour une adhésion sur une préparation peu rétentive.
Les études tendent à montrer l’augmentation de la rétention après avoir réalisé un traitement
tribochimique [85, 37, 17] bien qu’elle reste difficile à prédire. En effet, avec le temps la
valeur d’adhésion à l’interface résine-céramique diminue rapidement et de façon significative
[45]. Cette baisse est sûrement liée à l’hydrolyse du réseau siloxane [17].
9 Certains auteurs ont montré que le sablage à l’alumine classique de la zircone peut
donner des résultats satisfaisants pour le collage, en utilisant certains polymères de
collage contenant la molécule MDP. Ces monomères particuliers sont capables de se
lier aux oxydes de métal [42]. Ces oxydes sont présent dans les céramiques de type
zircone et des liaisons de Van Der Waals ou des liaisons hydrogènes vont pouvoir se
former à l’interface résine-zircone augmentant les forces de collage [22, 7]. Ce
sablage pourrait même augmenter la résistance à la flexion des céramiques [33].
Le problème de ces sablages (actifs ou non) réside dans les défauts qui peuvent résulter à la
surface de la céramique [47]. Ceux-ci peuvent mener à des contraintes importantes pouvant
entraîner l’apparition de microfissures internes où l’eau pourra s’infiltrer et diminuer les
propriétés mécaniques jusqu’à la rupture. Les sablages vont aussi entraîner une transformation
de phase au sein même des zircones, faisant passer d’une phase stabilisée tétragonale à une
phase monoclinique, ce qui peut influencer la fiabilité et la stabilité de la prothèse dans le
temps [59]. C’est pour cela qu’un sablage non réactif de la zircone ne semble pas approprié.
15
Il existe quelques méthodes en cours d’exploitation pour trouver des résultats plus
prédictibles, et des solutions qui soient plus efficace dans le temps. Pour le moment ces études
ne montrent pas de résultats concluant mais voici quelques exemples :
9 L’irradiation au laser Er :YAG des surfaces céramiques a été décrit pour enlever en
partie la phase vitreuse des surfaces céramiques, et augmenter la rugosité à la surface.
Mais les travaux de Shiu et al. [73] ont permis de montrer que cette technique ne
permettait pas un état de surface adéquate. Le collage résultant de cette méthode est
très faible comparé aux techniques classiques [86].
16
3. Les polymères de collage
3.1. Définitions
Les polymères de collage ont pour origine l'étude chimique des résines acryliques. Ces résines
ont eu un grand succès par leur capacité de liaison à la fois aux tissus dentaires et à la
restauration. Cette liaison se fait le plus souvent après une hybridation des tissus dentaires et
des restaurations. Un grand nombre de colles sont disponibles sur le marché, chacune
possédant des particularités qui ont été développées en fonction de la mise en œuvre des
céramique utilisées.
Les résines utilisées sont composées de différents monomères méthacrylates, qui durcissent
par polymérisation. La plupart de ces résines sont chargées ce qui permet d'assurer la rigidité
du matériau.
17
La solution pour éviter cette incompatibilité est d’utiliser un adhésif rendu dual
(polymérisation mixte) par l’ajout d’un activateur (du sulfino benzoate de sodium).
Ces réactions sont des polymérisations par addition, entraînées par l'ouverture des doubles
liaisons C=C (permis par des radicaux libres) permettant la formation d'une structure en 3
dimensions.
Les résines précédemment citées sont le plus souvent composées de monomères tels que le
bis-GMA, l’UDMA ou encore le TEGDMA qui ne possèdent pas de potentiel adhésif propre
aux restaurations céramiques ni au complexe amélo-dentinaire. Il faudra alors appliquer des
systèmes adhésifs sur les structures dentaires d’une part et réaliser d’autre part un traitement
de surface des céramiques pour assurer un lien direct entre la colle et la céramique.
L’adhésion entre les structures dentaires et la colle va être d’origine micro mécanique et
chimique dans la grande majorité des résines de collage conventionnelles. L’adhésion à
l’émail passe par un mordançage qui permettra de créer des microrugosités et des porosités
dans lesquelles la résine pourra s’infiltrer avant d’être photopolymérisée : c’est ainsi qu’une
interphase adhérente est créée [10]. Ce mécanisme d’adhésion à l’émail est connu depuis plus
de 50 ans [9]. Le mécanisme d’adhésion aux surfaces dentinaires passe par la création d’une
couche hybride. En effet des monomères ont montré leur capacité à améliorer l’infiltration de
la résine (comme le dimétacrylate) dans la dentine, augmentant les valeurs d’adhésion à celle-
ci. L’instrumentation rotative utilisée pour préparer ou nettoyer les surfaces, va laisser un
dépôt à la surface que l’on appelle la « boue dentinaire ». Ainsi cette couche poreuse,
composée de résidus d’hydroxyapatite et d’un réseau de collagène modifié, [34] va obturer les
tubuli dentinaires empêchant le contact de tout matériau avec le substrat dentinaire. La gestion
de la boue dentinaire est primordiale car : sa non-élimination empêchera la création de brides
résineuses intra-canaliculaire, et son élimination complète engendrera l’ouverture des tubuli
dentinaires entraînant une perfusion continue de fluides dentinaires. L’eau résiduelle affaiblira
alors le joint collé.
La gestion de ces deux tissus adjacents étant différente, le choix du polymère de collage
dépendra de la préparation réalisée (proportion de dentine exposée à l’interface).
18
L’adhésion entre la colle et la céramique est d’une origine micromécanique et chimique.
L’ancrage micromécanique est représenté par le sablage ou le mordançage à l’acide
fluorhydrique, ce qui va permettre d’augmenter la mouillabilité et la surface de contact entre
la colle et la céramique. L’adhésion chimique dépendra du traitement de surface réalisé sur la
céramique (comme vu précédemment).
3.3. Classification
9 Les colles sans potentiel adhésif : nécessite l’utilisation d’un système adhésif adapté
ainsi qu’un conditionnement spécifique des surfaces dentaires et prothétiques
9 Les colles avec potentiel d’adhésion propre : ce sont des colles particulières car elles
possèdent un monomère actif (MDP ou 4-META) dans leur composition permettant de
se passer d’un système adhésif, mais nécessitant un conditionnement des surfaces
dentaires et prothétiques.
9 Les colles auto adhésives : se démarquent des autres familles car ne nécessitent aucun
traitement préalable des surfaces dentaires ou prothétiques. On peut apparenter leur
utilisation à celle d’un ciment.
Les systèmes adhésifs ont longtemps été classés par génération, mais cela ne correspondait
pas à une logique prenant en compte le fonctionnement fondamental des adhésifs faisant de
cette classification un outil commercial. La classification la plus rationnelle prend en compte
les principes d’action des différents adhésifs ainsi que le nombre d’étapes nécessaires à leur
application [20].
19
Deux classes d’adhésifs sont à différencier :
x Ceux qui requièrent un mordançage préalable et un rinçage : M&R pour
mordançage et rinçage.
x Ceux appliqués sans traitement préliminaire des surfaces : SAM pour système
auto-mordançant.
Deux sous-catégories sont à distinguer dans chacune de ces classes décrivant le nombre
d’étapes à réaliser :
x M&R II et M&R III qui correspondent respectivement à une application en deux
ou trois temps.
x SAM I et SAM II correspondant à une ou deux étapes.
A noter qu'il existe maintenant des adhésifs dits "multi-modes" ou encore universels qui
allient les deux capacités des deux familles citées précédemment.
9 Application d’un agent adhésif qui va s’infiltrer dans les tubuli dentinaires [Fig. 18a]
[62] et adhérer à la fois à la surface dentaire traitée et au composite de collage. C’est ainsi
que se forme la couche hybride qui correspond à l’entrelacement des fibres de collagène
dentinaire et les macromolécules de l’adhésif.
20
x Les systèmes M&R II :
Ce sont des systèmes présentés en mono-flacon car ils contiennent à la fois le primaire
d’adhésion et la résine adhésive. On a ainsi un mélange de monomères hydrophobes et
hydrophiles, des solvants et des amorceurs de réticulation. La pénétration du produit est
facilitée par les solvants (alcool ou acétone). Ce système évite une étape mais n’en est pas
moins compliqué : il faudra prendre soin de sécher les surfaces dentaires avec modération
pour éviter un « sur-mouillage » [76] décrit par Tay et coll. ou à l’inverse un séchage trop
intense entraînant un collapse du collagène. L’efficacité du collage sera alors praticien
dépendant.
A B
21
x Les systèmes SAM II :
Ils nécessitent l’application successive de deux couches [Fig. 19]. En
premier un primaire acide, qui remplace l’acide phosphorique utilisé
dans les systèmes M&R en déminéralisant et en infiltrant
simultanément les tissus dentaires calcifiés. Après une application de
Figure 19 : Primaire
et résine d’un SAM minimum 20 à 30 secondes, le primaire est recouvert d’une résine
II : l’AdheSe ® similaire à celle utilisée dans les systèmes M&R III.
d’Ivoclar Vivadent
x Les systèmes SAM I :
C’est un système tout en un, permettant de simplifier la procédure de collage. Son
désavantage réside dans sa composition, qui comprend de l’eau, des monomères hydrophiles,
hydrophobes et des solvants. La cohésion de ces éléments dans une même solution ne peut se
faire que dans certaines limites, afin d'éviter toute séparation de phase avant utilisation
pouvant entraîner des lacunes à l'interface.
22
¾ Protocole d’assemblage :
9 Appliquer un silane préhydrolysé pendant 3 minutes, c’est-à-dire pré-activé sur les surfaces
prothétiques. Il faudra appliquer au pinceau ou à la micro-brosse une couche fine et sécher pendant 1 à
2 minutes à l’air chaud. Attendre quelques minutes avant d’appliquer la colle.
9 Appliquer l’adhésif dans l’intrados prothétique sans photopolymériser et disposer la prothèse à l’abri
de la lumière dans une enceinte inactinique.
23
Remarque : pour certaines colles les fabricants préconisent de photopolymériser quelques
secondes afin de « gélifier » la colle en excès et de la retirer avec plus de facilité.
3.4.3. Caractéristiques
Les composites de collage peuvent être photopolymérisés (par exemple : Variolink Veneer –
Ivoclar Vivadent ; RelyX Veneer – 3M Espe) ou à prise duale (exemple : NX3 – Kerr ;
Multilink Automix – Ivoclar Vivadent ; RelyX ARC).
Les coffrets des composites de collage présentent de nombreuses couleurs ainsi que des pâtes
« try-in » permettant de choisir avec précision la colle utilisée en fonction de la situation
clinique. En effet, en-dessous d’1 mm d’épaisseur de la restauration la teinte du composite
peut influencer le résultat esthétique final. On choisira alors le composite de collage en
fonction de la céramique et du support dentaire [5]. Ces colles présentent les valeurs
d‘adhérence les plus élevées ainsi qu’un renforcement mécanique de l’organe dentaire.
Leur composition est tellement proche de celle des composites classiques de restauration, que
l'école Suisse a créé un protocole de collage des inlays-onlays avec des composites micro-
hybrides utilisés habituellement en restauration. Ainsi on obtient une meilleure maîtrise du
temps de travail, et surtout des qualités optiques et esthétiques idéales du joint collé. A noter
que cette technique requiert un protocole strict : chauffer les résines à 60 °C pour augmenter
leur viscosité, insérer obligatoirement la pièce prothétique avec un insert ultrasonore avec un
embout caoutchouc et avoir une lampe puissante (supérieure à 1000mW/cm2). Il faudra aussi
polymériser chaque face pendant 60 secondes sous spray d'air ou d'eau pour éviter un
échauffement trop important de la pulpe. Cette technique est donc plus praticien-dépendant
que l'utilisation d'un composite de collage classique.
24
3.5.1. Colles possédant le monomère 4-META
Le 4-META [Fig. 21] se présente sous la forme d'une structure cristalline blanchâtre lorsqu'il
est seul. Il est alors ajouté à des monomères acryliques (méthacrylate de méthyl), ce qui va
engendrer la création de liens hydrophiles et hydrophobes. La formation de ces liaisons est
responsable de la capacité de la résine à se lier à certains alliages dentaires et induit aussi une
meilleure pénétration dans les tubuli dentinaires [60]. Cette capacité de pénétration va
considérablement augmenter le potentiel d'adhésion de ces résines [63]. A noter que le
caractère acide de ce monomère résultant de son groupement acide carboxylique permet une
déminéralisation des surfaces. Une proportion de 1 à 5% de monomères 4-META dans la
résine acryliques semble donner les propriétés d'adhésion optimales à la colle [13].
La polymérisation est initiée par le tri-n-butyl borane (TBB) qui est activé en présence
d'oxygène, contrairement à une polymérisation classique avec un amorçage redox (peroxyde-
amine) qui est inhibée par la présence d’oxygène. Le nom complet de ces résines est alors 4-
META/MMA-TBB.
Le produit le plus répandu est le Superbond C&B® (Sun Medical) qui se démarque par ses
propriétés adhésives propres élevées. Les valeurs d'adhérence ainsi obtenues peuvent atteindre
20 MPa après sablage tribochimique des surfaces. Ces colles sont particulièrement indiquées
lors de l'assemblage des alliages précieux [65] et non précieux.
25
¾ Protocole d'assemblage (prenant l’exemple du Superbond®):
26
Remarque: On notera que dans le cas du Superbond C&B, il n'est pas recommandé d'utiliser
un primaire d'adhésion sur les surfaces dentaires, car la colle va créer elle-même une couche
hybride avec la dentine
Le premier produit présenté sur le marché fut Panavia ®, une résine adhésive présentant de
hautes performances d’adhésion. En effet la particularité de ce monomère réside dans sa
capacité à créer un lien chimique avec l’hydroxyapatite. Le monomère MDP est constitué de
trois parties qui sont :
Le principal inconvénient de ces colles est leur forte inhibition de polymérisation par la
présence d'oxygène, sa mise en place est donc complexe. Cela signifie que la polymérisation
sera initiée uniquement dans un milieu en anaérobie. Il faudra alors utiliser un produit "anti-
oxygène", comme l'Oxyguard ® qui permettra de créer un revêtement hermétique à l'oxygène.
27
¾ Protocole d'assemblage : (exemple du Panavia F 2.0®) :
9 Appliquer un silane préhydrolysé (ici le Porcelain Bond activator) sur les surfaces sablées
pendant 3 minutes puis sécher pendant 1 à 2 minutes à l'air chaud. Attendre quelques minutes
avant d'appliquer la colle.
9 Appliquer un adhésif sur les surfaces prothétiques (ici le Clearfil Ceramic Primer) puis sécher les
surfaces.
28
3.6. Les colles auto-adhésives
Toutes les colles auto-adhésives sont duales et proposent différentes teintes pour permettre
une meilleure adaptation esthétique des prothèses. A noter que les performances peuvent être
différentes d’une colle auto-adhésive à une autre, ceci s’explique sûrement par la différence
de composition de chaque colle : par exemple la colle Maxcem® a de plus faible valeurs
d’adhésions que le RelyX Unicem® [90] ou encore le G-cem a des propriétés physiques
inférieures au RelyX Unicem®[64].
La colle de référence dans cette famille, et celle qui possède le plus grand recul est la Relyx ®
Unicem [Fig. 23], qui existe dans sa deuxième version actuellement. Sa simplicité
d’utilisation et de mise en œuvre en fait un outil de choix dans la profession.
29
¾ Protocole d’assemblage :
30
4. Matériau d’assemblage idéal
4.1. La mouillabilité
Ainsi, plus l’angle sera proche de 0, meilleure sera la mouillabilité à l’interface. Un bon
mouillage sera rendu possible lorsque l’énergie de surface du solide est supérieure à la tension
superficielle du liquide [81].
Pour augmenter cette énergie de surface et donc augmenter la mouillabilité du matériau, il
faudra alors réaliser les traitements de surface adéquate :
- Pour les tissus dentaires : mordançage à l’acide orthophosphorique, sablage des
tissus dentaires aux particules d’oxyde d’alumine 25 à 50 μm [48] ou encore application d'un
primaire d'adhésion (si nécessaire).
- Pour les surfaces céramiques : mordançage à l'acide fluorhydrique, sablage aux
particules d'oxyde d'alumine et la silanisation.
31
4.2. La viscosité
Dans la cavité buccale, le joint dento-prothétique est soumis avec le temps à toutes sortes
d’agressions : thermiques, hydriques, bactériennes… Pour minimiser la dégradation pouvant
résulter de ces agressions, il faudra alors minimiser le contact entre le milieu extérieur et la
colle. Kramer et al. ont aussi montré que le nombre et l’importance des défauts à l’interface
augmentent avec l’épaisseur de collage. Pour cela il faut contrôler l’épaisseur du joint de
collage qui dépend de différents facteurs : la mouillabilité interfaciale, la viscosité du
matériau ou encore des facteurs praticien-dépendant (comme l’adaptation marginale de la
prothèse). Une épaisseur du joint idéal serait inférieure à 50μm [49].
L’étanchéité du joint de collage permettra d’éviter le passage de bactéries, mais aussi de la
salive qui peut être néfaste dans le temps pour les tissus dentaires mais aussi pour la pérennité
de la restauration prothétique. Dans le cas d'une restauration sur une dent dont la vitalité a été
conservée, l'herméticité de ce joint collé est un facteur majeur de la santé pulpaire de cette
dent [28].
La pérennité du joint dépend aussi du contact des composites ou de l'adhésif avec l'oxygène.
En effet le contact des composites avec le milieu extérieur inhibe la polymérisation complète
de la plupart des polymères de collage, on utilisera alors de la glycérine pour polymériser de
manière optimale le joint. Il est alors recommandé d'effectuer une première polymérisation
avec une lampe à photopolymériser, puis d'appliquer une couche de glycérine et de
polymériser pendant 40 secondes afin de polymériser cette couche de résine inhibée par
l'oxygène.
Il faudra alors contrôler l’absence de hiatus à l’adaptation marginale de la prothèse,
assembler la pièce prothétique avec l’aide d’instruments ultra sonores ou sous compression et
mettre en place une digue étanche.
32
La plupart des colles étant hydrophobes, le contact avec le milieu aqueux pourra induire un
défaut de polymérisation entraînant des percolations au niveau du joint.
Le vieillissement du joint de collage est induit aussi par la présence
d'enzymes endogènes comme les protéoglycanes, qui sont des
metalloprotéases entraînant la dégradation des fibres de collagène.
L'application d'une solution de chlorhexidine à 0.2% [Fig. 25] avant Figure 25 : Solution de
l’application de l’adhésif permet de minimiser cette dégradation dans chlorexidine (photos Dr
le temps [68]. Oudin Gendrel)
Les trois grandes propriétés optiques régissant la bonne adaptation esthétique de la prothèse
sont : la translucidité, la valeur chromatique et l’indice de réfraction des polymères de collage.
Ces notions sont d’autant plus importantes que les limites cervicales réalisées sur des
restaurations conservatives comme les facettes ou les onlays sont supra gingivales, donc toute
discontinuité visible entre les tissus dentaires et la prothèse sera considéré comme un échec
d’intégration esthétique.
La plupart des polymères de collage possèdent plusieurs teintes, mais celles avec les
meilleures propriétés esthétiques restent les composites de collage qui présentent différentes
valeurs chromatiques, et différentes translucidités.
Pour une épaisseur d’1 mm de céramique, la teinte du composite pourra influencer l’aspect
esthétique donc il faudra choisir avec précaution la colle utilisée.
Les restaurations prothétiques sont soumises aux contraintes occlusales du patient et doivent
donc avoir une certaine résistance mécanique intrinsèque mais aussi une résistance au niveau
du joint de collage. Les propriétés mécaniques sont déterminées classiquement par deux
valeurs: la résistance à la flexion et le module d'élasticité.
Le module d'élasticité permet de déterminer la rigidité du matériau : plus il est élevé, plus le
matériau est rigide.
Les colles se démarquent mécaniquement par leur visco-élasticité particulière qui permet une
capacité de déformation pseudo-réversible au joint collé [18]. Cette capacité particulière va
permettre de dissiper les contraintes au niveau du joint.
Plusieurs études, avec des résultats variables, ont mesuré la résistance à la flexion et le
module d’élasticité des différents polymères de collage présents sur le marché [4, 71].
33
Des conclusions ont pu être établies après analyse de ces études :
Adhésion à l’émail :
Selon la littérature, les performances de collage sur les tissus amélaires sont supérieures avec
les colles sans potentiel de collage [38, 83]. Les moins performantes semblent être les colles
auto-adhésives. C’est pour cela qu’il a été décrit de mordancer préalablement l’émail lors de
l’utilisation de colles auto-adhésives pour palier ce problème ; les valeurs d’adhésion résultant
sont alors proches de celle des colles avec potentiel adhésif [24].
Adhésion à la dentine :
Les performances d’adhésion à la dentine vont dépendre de la mise en œuvre réalisée pour les
colles nécessitant un système adhésif : en effet comme vu précédemment, l’utilisation d’un
M&R ou d’un SAM nécessite une gestion spécifique des tissus dentaires. Les systèmes
universels semblent donc être une bonne alternative pour maximiser les performances de
collage et palier des complications post-opératoires.
Pour améliorer les propriétés d'adhésion à la dentine, une technique a été décrite :
l’"immediate dentin sealing" ou IDS, ou le scellement immédiat de la dentine [54]. Pour
coller les restaurations indirectes, il est décrit d'appliquer et de polymériser l'adhésif avant de
réaliser l'empreinte, pour obtenir une hybridation optimale à la dentine. En effet, avec le
temps les fibres de collagène risquent de collapser, ou de se dégrader alors qu'une infiltration
adhésive immédiate permettra un gainage optimale des fibres. Cette technique permet aussi de
réduire les sensibilités postopératoires [11]. L'empreinte sera réalisée après l'application de la
couche d'adhésif.
34
4.7. La biocompatibilité
Le matériau d’assemblage ne doit pas induire de réactions néfastes, c’est-à-dire qu’il ne doit
pas présenter de cytotoxicité. Il se doit de se comporter comme une barrière hermétique aux
agressions bactériennes extérieures. C’est pour cela que l’on cherche à avoir une épaisseur de
film la plus faible possible et une étanchéité à l’interface réduisant les risques de percolation
et l’apparition de caries secondaires. La biocompatibilité pulpo-dentinaire peut être assurée de
nos jours par la couche hybride créée lors de l’application de l’adhésif ou de la colle
directement (suivant le type de polymère de collage), qui permet d’offrir du même coup
l’adhésion et la protection biologique.
Toutes les colles sont composées de dérivés méthacrylates et acrylates qui peuvent induire des
réactions allergiques [32]. Elles seront contre-indiquées aux patients avec une allergie connue
à ces composants.
Certains polymères de collage tel que le RelyX Unicem® contiennent du fluor, mais leur
potentiel bactériostatique n’a pas été démontré [31].
Enfin, certaines colles possèdent des agents antibactériens tels que l’hydroxyde de calcium
dans leur composition pour augmenter leur bactério-résistance.
35
5. Synthèse
Structure de la céramique
36
Choix du polymère de collage :
Pour ce qui est des colles possédant des monomères réactifs, elles ont l’avantage d’avoir le
plus grand recul clinique parmi les colles. Elles ont fait leur preuve, car elles ont le plus fort
potentiel de collage. Par contre elles présentent les moins bons résultats esthétiques et sont
très contraignantes à mettre en œuvre.
Les colles sans potentiel de collage possèdent de grandes propriétés esthétiques, mécaniques,
et disposent d’un très bon recul clinique pour ce qui est de l’assemblage des céramiques.
Donc, à l’heure actuelle, pour les restaurations céramiques telles que les inlays, onlays ou les
facettes, qui sont des restaurations ne présentant pas ou très peu de rétention mécanique, on
choisira autant que possible d’utiliser un composite de collage. Pour ce qui est des bridges, ou
couronnes unitaires « tout céramique », l’utilisation d’un composite de collage n’est pas
obligatoire. En effet si les principes de préparation sont respectés, l’utilisation d’un CVI-
MAR est tout à fait acceptable, du fait du faible coût financier et du grand recul clinique de ce
produit.
37
6. Cas clinique
Figure 27 : Dents (36 et 37) nécessitant une restauration prothétique, le choix s’est porté sur
un onlay céramique IPS [Link]®. Les empreintes et la pièce prothétique seront alors réalisées.
(Cas clinique du Dr. Oudin Gendrel)
A B
38
A B
A B
Figure 30 : A) Mordançage sélectif des surfaces amélaires sous champ opératoire étanche ;
B) Application du système adhésif sur la surface dentaire ; C) Photopolymérisation de
l’adhésif (Cas clinique du Dr. Oudin Gendrel)
39
Figure 31 : A) Mise en place de la colle (ici variolink II), et placement de la prothèse à l’aide
d’ultrasons ; B) Application d’une couche de glycérine puis photopolymérisation 40 secondes
sur chaque pan prothétique (Cas clinique du Dr. Oudin Gendrel)
40
7. Conclusion
Pour choisir la colle la plus adaptée, le praticien devra connaitre la nature du matériau
d’assemblage : ses propriétés intrinsèques, mais aussi ses possibilités d’interaction ou non
avec le système céramique mis en œuvre. Il est important de connaître ces propriétés, car avec
l’importance du marché en termes de matériaux dentaires, il est facile de se perdre. Surtout au
vue de l’apogée des colles auto-adhésives, qui semblent être un matériau encore trop récent
pour se substituer aux autres polymères de collage plus classiques, mais qui attirent beaucoup
de praticiens pour leur simplicité de mise en œuvre. En effet, on peut reprocher aux polymères
de collage classiques leur complexité de mise en œuvre, ce qui rend la qualité de l’assemblage
praticien-dépendant.
Il n’existe pas à proprement parlé de matériau d’assemblage idéal à toutes les céramiques,
mais les traitements de surface préalables de la céramique vont permettre de rendre le collage
optimal.
Le praticien devra donc posséder au moins deux systèmes de collage pour couvrir toutes les
indications cliniques. Les colles sans potentiel adhésif de part leurs qualités esthétiques et
mécaniques semblent couvrir le plus d’indications, mais leur mise en œuvre et leur protocole
rigoureux peuvent être un frein pour certains praticiens.
En conclusion, la réalisation d’un assemblage des céramiques de qualité et durable est liée à la
connaissance du praticien, à son expérience et à sa communication avec le prothésiste.
41
Table des illustrations
42
16 Mécanismes d’adhésion du silane sur une surface céramique et au composite de 14
collage
Système Rocatec® 15
17 [Link]
professionals/products/category/conventional-lab/rocatec/
18 Vue au MEB de la pénétration intra tubulaire des adhésifs. A) Système 21
mordançage et rinçage (Optibond® FL) B) Système auto mordançant
(AdheSE®)
Courtoisie URB2i
19 Primaire et résine d’un SAM II : l’AdheSe ® d’Ivoclar Vivadent 22
43
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MACARIO Alexandre
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