0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
54 vues60 pages

Assemblage des céramiques en odontologie

Ce document traite de l'assemblage des céramiques en odontologie. Il présente une analyse de la littérature actuelle sur ce sujet ainsi qu'un cas clinique.

Transféré par

Mourad Ainine
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
54 vues60 pages

Assemblage des céramiques en odontologie

Ce document traite de l'assemblage des céramiques en odontologie. Il présente une analyse de la littérature actuelle sur ce sujet ainsi qu'un cas clinique.

Transféré par

Mourad Ainine
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Assemblage des céramiques : analyse au travers de la

littérature actuelle et d’un cas clinique


Alexandre Macario

To cite this version:


Alexandre Macario. Assemblage des céramiques : analyse au travers de la littérature actuelle et d’un
cas clinique. Médecine humaine et pathologie. 2016. �dumas-01360326�

HAL Id: dumas-01360326


[Link]
Submitted on 5 Sep 2016

HAL is a multi-disciplinary open access L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL, est


archive for the deposit and dissemination of sci- destinée au dépôt et à la diffusion de documents
entific research documents, whether they are pub- scientifiques de niveau recherche, publiés ou non,
lished or not. The documents may come from émanant des établissements d’enseignement et de
teaching and research institutions in France or recherche français ou étrangers, des laboratoires
abroad, or from public or private research centers. publics ou privés.
Université de Nice – Sophia Antipolis

UFR d’odontologie – Faculté de chirurgie dentaire


24 Avenue des Diables Bleus - 06357 Nice Cedex 04

ASSEMBLAGE DES CERAMIQUES : ANALYSE AU


TRAVERS DE LA LITTERATURE ACTUELLE ET
D'UN CAS CLINIQUE

Année 2016 Thèse n° 42-57-16-10

THESE

Présentée et publiquement soutenue devant

La faculté de Chirurgie Dentaire de Nice

Le 12 mai 2016

Par

Monsieur Macario Alexandre


Né le 06 septembre 1990 à Cannes (06)

Pour obtenir le grade de

Docteur en Chirurgie Dentaire (Diplôme d’Etat)

Examinateurs de la thèse:

Madame le Professeur L. LUPI-PEGURIER Présidente du Jury


Monsieur le Docteur Y. ALLARD Assesseur
Monsieur le Docteur E. LEFORESTIER Assesseur
Monsieur le Docteur A. OUDIN-GENDREL Directeur de thèse
Monsieur le Docteur R. CEINOS Membre invité
An n é e u n ive r sit a ir e 2 0 1 5 / 2 0 1 6

CORPS EN SEI GN AN T
5 6 èm e se ct ion : D EV ELOPPEM EN T, CROI SSAN CE ET PREV EN TI ON

Sou s- se ct ion 0 1 : OD ON TOLOGI E PED I ATRI QUE


Professeur des Universités : Mme MULLER-BOLLA Michèle
Maître de Conférences des Universités : Mme JOSEPH Clara
Assistant Hospitalier Universitaire : Mme PIERRE Audrey
Sou s- se ct ion 0 2 : ORTH OPED I E D EN TO- FACI ALE
Professeur des Universités : Mme MANIERE-EZVAN Armelle
Maître de Conférences des Universités : M. FAVOT Pierre
Assistante Associée-Praticien Associée : Mme OUEISS Arlette
Assistant Hospitalier Universitaire : M. BUSSON Floriant
Sou s- se ct ion 0 3 : PREV EN TI ON , EPI D EM I OLOGI E, ECON OM I E D E LA SAN TE, OD ON TOLOGI E LEGALE
Professeur des Universités : Mme LUPI-PEGURIER Laurence
Assistant Hospitalier Universitaire : Mme SOSTHE Anne Laure
Assistant Hospitalier Universitaire : Mme BORSA Leslie

5 7 èm e se ct ion : SCI EN CES BI OLOGI QUES, M ED ECI N E ET CH I RURGI E BUCCALE

Sou s- se ct ion 0 1 : PAROD ON TOLOGI E


Maître de Conférences des Universités : M. CHARBIT Yves
Maître de Conférences des Universités : Mme VINCENT-BUGNAS Séverine
Assistant Hospitalier Universitaire : Mme LAMURE Julie
Assistant Hospitalier Universitaire : M. RATHELOT Benjamin
Sou s- se ct ion 0 2 : CH I RURGI E BUCCALE, PATH OLOGI E ET TH ERAPEUTI QUE, AN ESTH ESI E ET
REAN I M ATI ON
Professeur des Universités Associées : Mme MERIGO Elisabetta
Maître de Conférences des Universités : M. COCHAIS Patrice
Maître de Conférences des Universités : M. SAVOLDELLI Charles
Maître de Conférences des Universités : M. HARNET Jean-Claude
Assistant Hospitalier Universitaire : M. PAUL Adrien
Sou s- se ct ion 0 3 : SCI EN CES BI OLOGI QUES
Professeur des Universités : Mme PRECHEUR SABLAYROLLES Isabelle
Maître de Conférences des Universités : Mme RAYBAUD Hélène
Maître de Conférences des Universités : Mme VOHA Christine

5 8 èm e se ct ion : SCI EN CES PH YSI QUES ET PH YSI OLOGI QUES EN D OD ON TI QUES ET PROTH ETI QUES

Sou s- se ct ion 0 1 : OD ON TOLOGI E CON SERVATRI CE, EN D OD ON TI E


Professeur des Universités : Mme BERTRAND Marie-France
Professeur des Universités : M. MEDIONI Etienne
Professeur Emérite : M. ROCCA Jean-Paul
Maître de Conférences des Universités : Mme BRULAT-BOUCHARD Nathalie
Assistant Hospitalier Universitaire : M. MORKOWSKI-GEMMI Thomas
Assistant Hospitalier Universitaire : Mme DUVERNEUIL Laura
Assistant Hospitalier Universitaire : M. GANDJIZADEH GHOUCHANI Mir-Payam
Sou s- se ct ion 0 2 : PROTH ESES
Professeur des Universités : Mme LASSAUZAY Claire
Maître de Conférences des Universités : M. ALLARD Yves
Maître de Conférences des Universités : M. LAPLANCHE Olivier
Maître de Conférences des Universités : Mme POUYSSEGUR-ROUGIER Valérie
Assistant Hospitalier Universitaire : Mme CERETTI Léonor
Assistant Hospitalier Universitaire : M. OUDIN GENDREL Antoine
Assistant Hospitalier Universitaire : M. SABOT Jean-Guy
Assistant Hospitalier Universitaire : M. SAMMUT Arnaud
Sou s- se ct ion 0 3 : SCI EN CES AN ATOM I QUES ET PH YSI OLOGI QUES
Professeur des Universités : M. BOLLA Marc
Professeur des Universités : M. MAHLER Patrick
Maître de Conférences des Universités : Mme EHRMANN Elodie
Maître de Conférences des Universités : M. LEFORESTIER Eric
Assistant Hospitalier Universitaire : Mme CANCEL Bénédicte
Remerciements

A Madame le Professeur LUPI-PEGURIER Laurence

Docteur en Chirurgie Dentaire


Docteur de l’Université Nice Sophia-Antipolis
Professeur des Universités, Praticien hospitalier
Responsable de la Sous-section Prévention, Epidémiologie, Economie de la Santé,
Odontologie Légale

Je vous remercie de m’avoir fait l’honneur de bien vouloir présider le jury de ma


thèse. Tout au long de mon cursus universitaire vos enseignements, votre bonne
humeur et votre enthousiasme m’ont servi d’exemple et de réconfort.
Veuillez trouver dans ce travail le témoignage de mon profond respect et
l’expression de mes plus sincères remerciements.

A Monsieur le Docteur ALLARD Yves

Docteur en Chirurgie Dentaire


Docteur de l’Université Nice Sophia-Antipolis
Maître de Conférences des Universités
Praticien hospitalier
Sous-section Prothèses

Je vous suis particulièrement reconnaissant de bien vouloir siéger dans ce jury.


Votre volonté de prodiguer un enseignement de qualité en relation avec la
pratique quotidienne m’a particulièrement marqué. Tous vos enseignements, vos
anecdotes et vos astuces de la profession forment un véritable « Trésor »
d’informations, qui je suis sûr me seront d’un grand secours pour la suite.
Pour tout cela, veuillez accepter ma gratitude et mon profond respect.
A Monsieur le Docteur LEFORESTIER Eric

Docteur en chirurgie dentaire


Docteur de l’Université Nice Sophia-Antipolis
Maître de Conférences des Universités
Praticien hospitalier
Sous-section sciences anatomiques et physiologiques

Votre présence me tenait particulièrement à cœur, et votre présence en tant que


membre de mon jury m’honore profondément. Vos compétences, vos qualités
d’enseignant et votre patience m’on marqué tout au long de ces six années
d’étude. En effet, je vous dois l’intérêt que je porte à la discipline que vous
enseignez car le choix de mon sujet a été directement dicté par l’étude des
biomatériaux durant mon cursus universitaire.
Veuillez alors trouver dans ce travail l’expression de ma plus grande admiration
et mes remerciements les plus sincères.

A Monsieur le Docteur OUDIN-GENDREL Antoine

Docteur en chirurgie dentaire


Docteur de l’Université de Nice Sophia-Antipolis
Assistant Hospitalo-Universitaire
Sous-section Prothèses

Je vous remercie particulièrement d’avoir accepté de diriger ce travail et de


m’avoir suivi dans ce sujet, qui me tenait particulièrement à cœur. Durant ces
années d’étude, vous m’avez expliqué, montré, épaulé et appris beaucoup
d’aspects de la profession. Mais nous avons aussi partagé beaucoup de moments
de sincère amitié. Toutes ces valeurs, autant professionnelles que personnelles,
font de vous (à mon sens) un exemple à suivre pour mon futur. Je garderai
longtemps en mémoire le souvenir de ces moments passés ensemble.
Veuillez trouver dans ce travail toute l’expression de ma reconnaissance et de
mon respect le plus sincère.
A Monsieur le Docteur CEINOS Romain

Docteur en chirurgie dentaire


Docteur de l’Université de Nice Sophia-Antipolis
Ancien Assistant Hospitalo-Universitaire
Sous-section Odontologie Conservatrice - Endodontie

Je vous remercie d’avoir accepté mon invitation à siéger parmi ce jury. Votre
dynamisme, votre perfectionnisme et surtout votre passion pour ce métier font
de vos enseignements un exemple à suivre. J’ai eu grand plaisir à assister à vos
cours durant ces années - d’une clarté et d’une justesse rare - mais aussi à
travailler avec vous au centre hospitalier. C’est avec une certaine tristesse que
ces études se concluent, car vos conseils précieux et vos qualités humaines vont
me manquer profondément.
Veuillez trouver ici l’expression de ma haute estime ainsi que de mon profond
respect.
Table des matières

1. Introduction ................................................................................... 1
2. Les céramiques .............................................................................. 2
2.1. Définitions ............................................................................................. 2
2.2. Caractéristiques ..................................................................................... 2
2.3. Classification .......................................................................................... 3
2.3.1. Traditionnelle .............................................................................................................. 3

2.3.2. Actuelle ........................................................................................................................ 4

[Link]. Les céramiques feldspathiques ................................................................................... 4

[Link]. Les vitrocéramiques .................................................................................................... 5

[Link]. Les céramiques infiltrées ............................................................................................. 5

[Link]. Les céramiques polycristallines ................................................................................... 6

2.4. Les différents procédés de mise en forme ............................................. 8


2.5. Performances mécaniques des différentes céramiques ....................... 11
2.6. Aptitude de collage des céramiques .................................................... 11
2.6.1. Le sablage ................................................................................................................. 12

2.6.2. L’acide fluorhydrique................................................................................................ 12

2.6.3. Le silane .................................................................................................................... 13

2.6.4. Cas particulier des céramiques polycristallines........................................................ 14

3. Les polymères de collage ............................................................ 17


3.1. Définitions ........................................................................................... 17
3.2. Mécanismes d’adhésion et d’adhérence à l’interface .......................... 18
3.3. Classification ........................................................................................ 19
3.4. Les colles sans potentiel adhésif .......................................................... 19
3.4.1. Les systèmes adhésifs amelo-dentinaires ................................................................ 19

3.4.2. Protocole d’assemblage ........................................................................................... 22

3.4.3. Caractéristiques ........................................................................................................ 24


3.5. Les colles avec potentiel d’adhésion .................................................... 24
3.5.1. Colles possèdant le monomère 4-META .................................................................. 25

3.5.2. Colles possèdant le monomère MDP ....................................................................... 27

3.6. Les colles auto-adhésives ..................................................................... 29


4. Matériau d’assemblage idéal ....................................................... 31
4.1. La mouillabilité .................................................................................... 31
4.2. La viscosité........................................................................................... 32
4.3. L’épaisseur et l’étanchéité du joint de collage ..................................... 32
4.4. Les propriétés optiques ....................................................................... 33
4.5. Propriétés mécaniques ........................................................................ 33
4.6. L’adhésion au substrat dentaire ........................................................... 34
4.7. La biocompatibilité .............................................................................. 35
5. Synthèse....................................................................................... 36
6. Cas clinique ................................................................................. 38
7. Conclusion ................................................................................... 41
Table des illustrations .......................................................................... 42
Références bibliographiques .............................................................. 44
1. Introduction

L'explosion des progrès techniques et technologiques du siècle dernier a engendré l'apparition


de nouveaux matériaux dans bien des domaines. Le monde de la chirurgie dentaire a ainsi
évolué très rapidement, permettant de mieux répondre aux attentes des patients tout en
augmentant la qualité des soins proposés. La qualité de ces soins passe par une augmentation
de leur longévité ou encore des qualités esthétiques toujours plus performantes.

Ces progrès concernent particulièrement les restaurations prothétiques fixées : couronnes,


inlays, onlays, overlay ou encore facettes. Autant de prothèses qui nécessitent bien souvent un
aspect esthétique irréprochable associé à une résistance mécanique à long terme. Il faut alors
trouver le matériau idéal permettant d’allier ces deux composantes.

Le matériau de restauration le plus utilisé et répondant le plus largement à ces exigences est la
céramique. Il se présente sous différentes natures qui permettront de répondre efficacement
aux différentes situations cliniques. Cela implique forcément qu'il existe un grand nombre de
céramiques, qui se différencient par leurs propriétés mécaniques ou esthétiques. En effet,
pour une restauration prothétique antérieure l'exigence principale sera esthétique, alors qu'en
postérieur il faudra privilégier les propriétés mécaniques de la céramique pour supporter les
forces masticatoires.

Chaque type de céramique doit alors être associé à une colle adaptée, permettant de
maximiser la pérennité des soins, et parfois parfaire le rendu esthétique final. On comprend
donc rapidement pourquoi il est important de connaître à la fois, les propriétés des céramiques
(pour savoir laquelle utiliser) et ensuite les différentes colles qui sont présentes sur le marché
pour adapter parfaitement la réhabilitation prothétique.
Ce travail a pour but de classifier les céramiques et les colles et ainsi en dégager les
indications communes à ces deux matériaux couplés lors de leur assemblage clinique.

1
2. Les céramiques

2.1. Définitions

Prenant son origine du grec ancien "kéramos" signifiant "terre à potier", c'est un composé
minéral à structure biphasée. Initialement, la céramique servait à créer des poteries,
recouvertes d’émail esthétique. En odontologie, la céramique est essentiellement utilisée
comme restauration prothétique indirect, mais aussi en implantologie ou encore en
orthodontie.
Il se définit comme un « article ayant un corps vitrifié ou non, de structure cristalline ou
partiellement cristalline, ou de verre, dont le corps est formé de substances essentiellement
inorganiques et non métalliques, qui est formé par une masse en fusion qui se solidifie en se
refroidissant, ou qui est formé et porté à maturité, en même temps ou ultérieurement, par
l’action de la chaleur. » (American Society for Testing And Materials C 242)

Historiquement le matériau de base était l'argile, largement utilisé et travaillé depuis des
milliers d'années pour la confection de poteries et de céramiques (La Vénus de Dolní
Věstonice [Fig. 1] datant de 29000 à 25000 ans nous le prouve). On devra attendre le XXème
siècle pour voir l'apparition des premières céramiques dites techniques.
A noter que la première utilisation des céramiques dans le milieu dentaire est à attribuer à
Alexis Duchateau, qui a réalisé un appareil complet en porcelaine.

Les céramiques sont une forme de verre obtenues par fusion d’oxydes
métalliques et sont renforcées par des phases cristallines. La mise en forme se
fait à haute température : au-dessus de la température de fusion de la matrice de
verre et en-dessous de celle des cristaux.

On distinguera alors une phase vitreuse et une phase cristalline. C’est la nature et
la proportion de cette dernière phase qui conditionne les propriétés physiques,
mécaniques et optiques de la prothèse finale [69]. C’est ainsi que certaines
céramiques sont composées entièrement d’une phase cristalline.
Figure 1 : la Vénus
2.2. Caractéristiques de Dolní Věstonice

Les matériaux céramiques possèdent une inertie à la fois électrique, thermique (très faible
conductivité thermique d’environ 0.01J/s/cm2 [21]), et chimique. En bouche, cela permet
d’éviter les phénomènes d’électrogalvanisme, de protéger une dent vitale des contraintes
thermiques extérieures, ce qui rend ce matériau particulièrement biocompatible.

Les céramiques font partie des matériaux dit « fragiles », c’est-à-dire incapable de se
déformer avant fracture, à l’opposé des matériaux ductiles.

2
La plupart des fractures des céramiques sont la résultante de charges répétées d’intensité
inférieure à la charge de rupture du matériau : cela va engendrer des microfissures menant à la
fracture de la céramique, appelée aussi « rupture par fatigue ».
Elles possèdent donc des performances mécaniques élevées, qui sont fonction de la proportion
de la phase cristalline. Plus la phase cristalline est importante, plus la céramique est résistante
à la fracture et plus sa résistance à la flexion augmente. [69] La résistance mécanique d’une
céramique est définie par sa ténacité (qui correspond à la capacité d’un matériau à résister à la
propagation d’une fissure) et sa résistance en flexion [41].
A l’inverse, les propriétés esthétiques de la céramique seront meilleures si la phase cristalline
est diminuée, car la phase vitreuse sera alors augmentée [Fig. 2].

Phase vitreuse

Phase cristalline

Figure 2 : Proportion de phase vitreuse et de phase cristalline


au sein d’une céramique

2.3. Classification
2.3.1. Traditionnelle

Une première classification a été établie, en fonction de la température de « fusion » ou plus


proprement appelée frittage. [Fig. 3]
Le frittage correspond à un procédé de mise en forme où une poudre à base d’oxyde est
chauffée à haute température, créant une liaison entre les grains au niveau des contacts entre
les particules [Fig. 4]. En effet l'augmentation de température entraine la diffusion de matière
au travers des "cous" de frittage. Le refroidissement induit une rétraction et on obtient un
solide « polycristallin », dans un état de compacité maximale.

Type de céramique Température de fusion Indications


Céramique haute fusion 1280 °C - 1390 °C Prothèse adjointe
Céramique moyenne fusion 1090 °C - 1260 °C « Jacket » ou matrice platine
Céramique basse fusion 870 °C - 1065 °C Céramométallique ou
émaillage des métaux
Céramique très basse fusion 660 °C - 780 °C Céramométallique pour
(depuis 1992) émaillage du titane et de l’or
à bas intervalle de fusion

Figure 3 : Classification des céramiques suivant leur


intervalle de fusion. [69]

3
Cette classification est limitée en regard des céramiques modernes, car les propriétés
intrinsèques des céramiques résultent directement de la nature chimique du matériau ainsi que
du procédé de mise en forme utilisé [26].

Figure 4 : Frittage d’une poudre céramique (de gauche à droite : particules en suspension ;
début de formation des contacts ; résultat final, état de compacitée maximale)

2.3.2. Actuelle

La classification de Sadoun et Ferrari répond aux impératifs des céramiques modernes, en


proposant une classification basée sur : les constituants chimiques, les procédés de mise en
forme ainsi que la microstructure [26]. Nous allons alors faire une synthèse des différentes
céramiques en s’appuyant sur cette classification.

[Link]. Les céramiques feldspathiques

Ce sont les céramiques le plus souvent utilisées pour réaliser l'émaillage des couronnes, elles
sont composées majoritairement d’oxyde de silicium mais aussi d’oxyde d’alumine,
potassium ou bien encore de sodium dans leur phase cristalline. La phase vitreuse, quant à
elle, est renforcée par des cristaux dispersés (quartz, albite, leucite). Cette dernière phase est
prépondérante dans ce type de céramiques.

C'est la céramique qui présente la plus faible résistance mécanique (entre 60 et 120MPa de
résistance à la flexion). En revanche sa fragilité est largement compensée par ses excellentes
propriétés optiques.
Son importante phase vitreuse fait de cette céramique le matériau de choix pour le collage [6].

En pratique, le champ d'utilisation de ces céramiques sera restreint à la réalisation de facettes


et de chips, du fait de leurs excellentes propriétés esthétiques et de leur grande aptitude au
collage.

Ces céramiques peuvent être mises en forme suivant un procédé artisanal dit : barbotine.

4
[Link]. Les vitrocéramiques

Ce sont des matériaux mis en forme à l’état de verre puis traités thermiquement pour obtenir
une cristallisation contrôlée ou partielle [70]. On les distingue en fonction des cristaux qui
vont les renforcer :

- leucite (Empress® - Ivoclar)


- disilicate de lithium (emax® - Ivoclar)
- silicate de lithium (Celtra Duo® - Dentsply, Suprinity®- Vita)
- fluoroapatite (Zipress®)

La résistance à la flexion de ces matériaux est accrue par des cristaux qui vont germer et
croître dans un verre amorphe. Elles ont aussi de bonnes propriétés optiques, car elles
présentent plusieurs niveaux de translucidité et de teinte.

La particularité de ces céramiques réside dans la possibilité de confectionner des restaurations


monolithiques : on n’a plus de distinction entre céramique d’infrastructure et esthétique, on
augmente ainsi les propriétés mécaniques.

Ces céramiques sont indiquées pour les inlays, onlays, overlays, facettes [6], couronnes
unitaires ou encore pour les bridges de petite étendue en antérieur. Elles sont très largement
répandues et répondent à un grand nombre de situations cliniques par leurs propriétés
mécaniques et esthétiques importantes.

Les vitrocéramiques peuvent être mises en forme par plusieurs procédés : barbotine, pressée
et CFAO.

[Link]. Les céramiques infiltrées

Les céramiques infiltrées correspondent à une famille associée à la fois à un type de


céramique mais aussi à un procédé particulier de mise en forme : IN-Ceram Vita. Ce procédé
a été mis en place par Michael Sadoun en 1985.
Ici la matrice est composée à la fois de 80 à 85% de charge cristalline (principalement des
particules d'alumine de 3μm) et de 20% de verre infiltré. On distingue 3 types : In-Ceram
Alumina, Spinell et Zirconia. L'in-Ceram Alumina correspond à du verre infiltré dans des
cristaux d'alumine purs, l'In-Ceram Spinell à des cristaux d'alumine et de magnésium et l'In-
Ceram Zirconia se compose de 33% de zircone partiellement stabilisée et de 67% d'alumine
dans sa phase cristalline.
Chaque céramique possède des propriétés physiques différentes [fig. 5], qui vont permettre de
répondre à un maximum de situation clinique. En effet l'In-Ceram SPINELL présente de
meilleures propriétés esthétiques alors que l'In-Ceram ZIRCONIA est plus opaque et présente
la meilleure résistance mécanique de la famille par l’addition de la zircone dans sa structure
[57]. L'In-Ceram ALUMINA possède des propriétés intermédiaires à la fois esthétiques et
mécaniques.

5
Figure 5 : Propriétés des différentes céramiques VITA In-Ceram [25]

L'In-Ceram Spinell sera utilisée principalement en antérieur grâce à sa grande translucidité.


L'In-Ceram Alumina, plus opaque et plus résistante mécaniquement que la précédente, sera
utilisée principalement en infrastructure de restaurations unitaires. L'In-Ceram Zirconia sera
utilisée en tant qu'infrastructure de restaurations unitaires ou de petits bridges.
Dans leur ensemble, ces céramiques présentent de très bonnes propriétés mécaniques mais ne
présentent pas de propriétés optiques suffisantes. C'est pour cela que leur indication sera quasi
exclusivement celle d’une céramique d’infrastructure.

Il est possible de réaliser des restaurations In-Ceram avec plusieurs systèmes d'usinage, mais
le plus souvent c’est le procédé de mise en forme spécifique In-Ceram qui sera utilisé.

Utilisation à l’heure actuelle:

Ces céramiques sont plus rarement utilisées, car elles sont difficile à mettre en œuvre et sont
dépassées par les nouvelles céramiques polycristallines qui sont plus largement répandues de
nos jours comme infrastructure des restaurations fixées.

[Link]. Les céramiques polycristallines

Ce sont des céramiques industrielles avec de grandes propriétés mécaniques. La phase


cristalline est prépondérante dans ce type de céramique et il en existe deux types principaux:
l'alumine pure et la zircone.

L'alumine pure est une céramique semi-translucide avec d'excellentes propriétés mécaniques.
Alors que la zircone pure, ou oxyde de zirconium est inutilisable en tant que céramique
structurale : le refroidissement de la zircone après frittage induit une expansion de volume de
3 à 4%, entraînant des fissures et un risque de fracture à température ambiante.

6
L'utilisation de la zircone dans des restaurations dentaires a été rendue possible grâce à
l’utilisation de l’oxyde d'Yttrium (Y2O3) : on ajoute 3 moles % d'Yttrium ce qui nous donne
une zircone dite 3Y-TZP (zircone partiellement stabilisée à l'oxyde d'Yttrium). Cette
modification permet de stabiliser la zircone dans une conformation particulière qui ne lui est
pas propre.

Figure 6 : Transformations allotropiques des cristaux d’oxyde de zirconium au cours de


changements de températures ( haut : réchauffement, bas : refroidissement )

On distingue 3 phases en fonction de la température: monoclinique, tétragonale et cubique


[Fig. 6]. C'est le passage de la phase tétragonale (ou quadratique) à la phase monoclinique
[Fig. 7] qui est à l'origine de l'augmentation de volume. L'ajout de l'oxyde d'Yttrium permet la
stabilisation de l'oxyde de zirconium en phase tétragonale à température ambiante, évitant
l’expansion au refroidissement.

Figure 7 : Schémas des structures cristallographiques quadratiques et monocliniques


de la zircone

Ce matériau présente aussi une particularité appelée "renforcement par transformation de


phase" ou encore "renforcement par microfissuration" [Fig. 8]. En effet, la zircone se
distingue principalement pour sa ténacité élevée, c'est-à-dire sa grande capacité à s'opposer à
la propagation des fissures. Cela s'explique encore par ses propriétés cristallographiques: une
fissure va engendrer des contraintes au niveau des particules de zircone en phase quadratique
entrainant une transformation martensitique vers une phase monoclinique.
Cette transformation entraînera alors l’expansion des particules de zircone qui vont induire un
champ de contrainte en compression localisé en regard de la pointe de la fissure. La
propagation de celle-ci se trouvera alors rapidement stoppée.

7
Figure 8 : Schéma du mécanisme de renforcement par transformation
de phase de la zircone

C'est pour cela que la zircone présente une ténacité allant de 5 à 10 MPa.m-2 [15] contre
1MPa.m-2 environ pour une vitrocéramique.

Les céramiques polycristallines sont les plus résistantes à la flexion (900 à 1400 MPa [58]),
mais restent aussi les plus opaques à cause de leur structure qui est entièrement cristalline.

Ces céramiques sont utilisées principalement comme infrastructure, pour les couronnes
unitaires, les bridges de moyenne ou grande étendue. Elles peuvent aussi être utilisées en
postérieur comme restauration unitaire, mais très rarement en antérieur.
La conception des céramiques polycristallines est uniquement possible par usinage.

2.4. Les différents procédés de mise en forme


9 Barbotine

La barbotine consiste à appliquer un mélange de poudre d'oxydes et d'eau, qui va permettre de


créer une pâte crue. Plusieurs mélanges sont réalisés en fonction des teintes nécessaires qui
dépendent de la situation clinique, et le prothésiste viendra apposer directement sur l'armature
cette pâte crue à la spatule ou au pinceau par couche ou strate: c'est la stratification de la
céramique.

8
Plusieurs étapes vont permettre de traiter cette pâte crue pour aboutir à une céramique
fonctionnelle en bouche :

ƒ Condensation : par pompage ou vibration, on va éliminer l'eau qui a permis la


mise en forme de la pâte ce qui va entraîner un rapprochement des particules.
Ceci permet de diminuer la porosité mais aussi la rétraction résultante des
prochaines étapes.
ƒ Séchage et déshydratation : on va mettre le modèle avec la pâte crue dans un
four à température modérée, porte ouverte. Puis on montera la température
jusqu'à 600 °C environ pour calciner les additifs ou encore les colorants.
ƒ Frittage : on monte à une température d'environ 960°C qui va permettre de
transformer la phase vitreuse en phase liquide, baignant la phase cristalline. On a
alors une réorganisation, et un rapprochement des grains solide entre eux
ƒ Refroidissement : qui n'engendre pas de changement de conformation.
ƒ Glaçage : cuisson d'environ 15 à 30 minutes qui permet la fermeture des pores
et qui donnera un aspect lisse et brillant à la céramique.

9 Céramique pressée

Ce principe de mise en forme se rapproche du procédé de mise en forme des alliages en


métal : la cire perdue.
On élabore une maquette en cire que l'on met en revêtement dans un matériau réfractaire. On
prendra alors un lingotin de la céramique voulue (teinte, translucidité adaptée) que l'on va
chauffer à haute température (fonction de la céramique utilisée). Ensuite on injecte sous
pression de sorte que la céramique remplace la cire préalablement fondue.
Après refroidissement, il faut démouler le modèle avant un sablage à l'alumine.

9 Procédé In-Ceram :

Ce sont des céramiques réalisées à partir d'une barbotine appliquée à l'aide d'un pinceau par le
prothésiste pour réaliser une infrastructure de la future prothèse. Le contact de la barbotine
avec le plâtre va permettre l'absorption de l'eau par capillarité, ce qui va entraîner une
condensation des particules.
On soumet l'infrastructure à un traitement thermique en deux phases:
- 120°C pendant 6 heures: permet déshydratation et séparation du modèle en plâtre de
des particules par phénomène de rétraction du plâtre
- 1120 °C pendant 2 heures: frittage des grains d'alumine. Là, les grains vont se lier
entre eux par des ponts entraînant la formation d'un solide poreux (formation de cous de
frittage).

(A noter que les températures et les temps de cuisson montrés ici correspondent à la mise en
forme de l'IN-Ceram Alumina et que ces valeurs changent sensiblement pour l'In-Ceram
Zirconia et Spinell.)

9
On recouvre alors ce solide de billes de verre puis on traite thermiquement l'infrastructure
pour permettre de faire fondre le verre qui s'infiltrera dans les porosités. Ensuite, après
refroidissement, on éliminera les excès de verre pour obtenir une céramique riche en cristaux
et infiltrée de verre amorphe. Le verre choisit possède une grande mouillabilité et une faible
viscosité permettant une infiltration maximale dans les porosités.
Ce procédé de mise en forme correspond à un type de céramique et à la fois à un procédé de
mise en forme: VITA IN-Ceram®.
Les cristaux en présence peuvent avoir différentes natures: alumine, zircone ou encore
spinelle. (In-Ceram Zirconia, In-Ceram Alumina, In-Ceram Spinelle)

9 Conception et fabrication assistée par ordinateur :

Largement répandue de nos jours, elle est depuis de nombreuses années reconnue comme de
haute qualité, permettant d’obtenir une adaptation marginale aussi précise que celle produite
par les autres techniques [51, 75].

Il faut dans un premier temps numériser la préparation, soit de manière directe au fauteuil
avec une caméra intra-buccale (Cerec, Lava, Cara…), soit en scannant l’empreinte en plâtre.
L’occlusion sera enregistrée par empreinte numérique de l’antagoniste ou par un mordu
classique.

Ensuite un traitement de l’empreinte se fait grâce à des logiciels permettant de modifier à


notre convenance la pièce prothétique finale, à partir d’une reconstitution en trois dimensions
de la préparation [fig. 9]. La prothèse sera alors modelée à partir de lingotins de céramiques
[fig. 10], qui vont être usinés par des machines-outils très performantes en laboratoire ou au
cabinet dentaire.

Figure 9 : Image en 3 Figure 10 : Lingotins de céramique


dimensions avec le système CEREC ®

10
2.5. Performances mécaniques des différentes céramiques

En pratique, les céramiques sont comparées et choisies en fonction de leurs propriétés


mécaniques et esthétiques. Des comparaisons de leur résistance à la flexion [fig. 11] et de leur
ténacité [fig. 12] ont été réalisées [69].

Figure 11 : Résistance à la flexion de Figure 12 : Tenacité et résistance en flexion


différentes céramiques dentaires de systèmes « tout céramique »

On peut constater que les céramiques polycristallines possèdent les meilleures propriétés
mécaniques et que certaines vitrocéramiques ont des valeurs de résistance à la flexion
particulièrement faibles.

2.6. Aptitude de collage des céramiques

L’aptitude de collage d’une céramique est en corrélation avec sa composition. En effet


l’aptitude de collage diminue au fur et à mesure que sa phase vitreuse diminue, voire
disparait. Cela explique la difficulté que l’on rencontre pendant le collage d’une céramique
dite cristalline : les alumineuses et les zircones, qui n’ont pas ou peu de phase vitreuse.

Il faut ensuite s’intéresser à la nature du collage à l’interface. Plusieurs procédés vont


permettre d’améliorer le collage en fonction de la nature de la céramique, mais l’aptitude de
collage repose sur un ancrage micromécanique de la colle et une adhésion chimique.

11
Les principaux procédés mécaniques entraînant une amélioration du collage sont : le sablage
et le mordançage.
Pour ce qui est de l’adhésion chimique, un promoteur d’adhésion doit être utilisé comme le
silane.
Néanmoins l’assemblage d’une céramique avec un polymère de collage, permet un
renforcement mécanique de l’organe dentaire une fois restauré.

2.6.1. Le sablage

Ce procédé permet d’augmenter la rugosité de la surface de la céramique, permettant une


activation de surface adéquate [43]. La procédure type consiste à propulser des particules
d’alumine ( Al2O3 ) d’environ 50μm sous pression d’air. Ce procédé va rendre la céramique
poreuse, mais reste un traitement de surface insuffisant si il est réalisé seul. Les micro-
rétentions mécaniques sur la surface de contact ainsi obtenues contribuent quand même à
l’augmentation de la mouillabilité de la résine à la surface.
A noter que ce traitement de surface n’est pas conseillé sur les céramiques feldspathiques car
cela engendre une perte importante de matière [43] mais reste un traitement de choix pour les
céramiques polycristallines si les particules sont gainées de silice (sujet abordé plus loin).

2.6.2. L’acide fluorhydrique

Utilisé entre 5 et 10%, l’acide fluorhydrique appliqué


directement dans l’intrados de la céramique [Fig. 13]
permet de faire apparaître un relief anfractueux par
réaction de l’acide avec la matrice de verre contenant
de la silice, formant ainsi l’hexafluorosilicate. Cette
matrice vitreuse est ensuite partiellement enlevée,
exposant la structure cristalline [12] [Fig. 14]. On
augmente ainsi la surface de contact entre la colle et la
céramique, ce qui va permettre un micro-clavetage par
la résine de la colle. Ce procédé permet d’augmenter
Figure 13 : Application
Fi A li ti d’acide
d’ id
considérablement l’adhésion entre la colle et la
fluorhydrique sur une facette
céramique [79, 3].
é i
A noter que ce procédé est inefficace sur les céramiques ne possédant pas ou peu de phase
vitreuse comme les céramiques polycristallines, ne permettant pas de créer des rugosités
suffisantes pour améliorer le collage [67,78]. Ce procédé sera principalement appliqué sur les
céramiques feldspathiques ou les vitrocéramiques, qui ont une phase vitreuse prépondérante
[8]. Le temps d'application de l'acide fluorhydrique varie selon la nature de la céramique: 20
secondes pour l'IPS E-max Press® ou 90 secondes pour les systèmes céramiques Empress I et
II® avec un acide fluorhydrique classique à 9.5% [16].

12
Figure 14 : Vue au MEB des surfaces d’IPS Empress A. Contrôle (× 2000) B. sablage à
l’oxyde d’alumine 50μm pendant 5 secondes (× 2000) C. Mordançage acide fluorhydrique
10 % pendant 60 secondes (× 2000) [8]

2.6.3. Le silane

L’adhésion chimique est permise par un agent de couplage : le silane


[Fig. 15]. En effet, les silanes permettent de faire le lien entre des
phases organiques et inorganiques. Au sein des composites, ils sont les
promoteurs de l’adhésion entre les charges et la matrice résineuse dite
organique. Dans l’assemblage des céramiques, leur utilisation permet
d’augmenter considérablement la mouillabilité de la résine, augmente
l’énergie de surface et permet d’augmenter la cohésion entre la surface
et la colle [12].
Figure
i 15 : Application
A li ti de d Le silane est composé de silicium et d’hydrogène et permet de définir
silane dans l’intrados la famille des silanes, des composés chimiques de formule SinH2n+2.
d’une facette céramique En pratique, le silane utilisé est pré-activé et se compose d’eau,
d’acide permettant l’hydrolyse du silane et de solvants permettant de
conserver la solubilité du promoteur [40]. Les silanes sont dit bi-fonctionnels car ils possèdent
deux extrémités :

9 Un groupement silanol : se liant à la silice de la phase vitreuse des céramiques.


9 Un groupement méthacrylate : qui va polymériser avec les résines de collage.

13
Le processus d’adhésion [Fig. 16] est initié par une hydrolyse des molécules de silane, qui va
entraîner leur activation. Des groupes silanol vont se former, et vont ensuite réagir avec les
groupements hydroxyl présents à la surface des céramiques pour former un réseau polymère
siloxane (Si-O-Si-O) avec la silice présente sur la couche de silanisation de la céramique. Le
séchage à l’air chaud permettra l’obtention d’un lien fort par déshydratation entre la
céramique et le silane.
Les chaînes méthacrylates des molécules de silane vont alors réagir avec les groupements
méthacrylates des composites par des liaisons -C-C-, au moment où les liaisons C=C vont
s’ouvrir par le processus de réticulation [56, 46] : on peut parler de copolymérisation. C’est
ainsi qu’un lien chimique se crée permettant d’améliorer l’adhésion à l’interface.
Il faut toutefois préciser que ce processus de silanisation classique ne s’applique pas aux
structures polycristallines. En effet la liaison du groupement silanol ne peut se faire avec la
céramique car elle ne possède pas ou peu de phase vitreuse, donc pas de possibilité de lien
avec la silice.

Figure 16 : Mécanismes d’adhésion du silane à une surface


céramique et au composite de collage

2.6.4. Cas particulier des céramiques polycristallines

Les céramiques polycristallines de par leur composition ne possèdent pas de phase vitreuse,
ainsi une rétention mécanique seule ne suffisant pas, certains procédés ont été mis en place
pour augmenter la rétention en s’inspirant des procédés utilisés sur les autres céramiques. Ces
procédés vont créer une liaison chimique entre les résines de collage et la zircone en
permettant d’appliquer ou de déposer une couche de silice sur la surface de la céramique.

On distingue plusieurs procédés :

9 Pyrolyse de silice : technique permettant de déposer une fine couche de silice


(environ 5μm) dans l’intrados de la céramique et transformant la surface en verre
(Silicoater ®) [84].

14
9 Traitement tribochimique : des particules d’alumine
gainées de silice sont projetées à haute pression dans
l’intrados de la prothèse. L’énergie résultante du choc
est suffisamment importante pour engendrer
l’incorporation de silice à la surface du matériau, on va
ainsi « vitrifier » la surface. On parle alors de sablage
réactif. On pourra ensuite réaliser une application de
silane classique permettant alors un lien entre la
céramique et le polymère de collage. Il existe sur le Figure 17 : Système
marché deux procédés : le Rocatec® [Fig. 17] qui est à Rocatec®
destination des laboratoires et le Cojet® qui est le
système de sablage réactif utilisable au fauteuil.

Selon le protocole Rocatec 3M ESPE, il faut réaliser une air abrasion aux particules
d’alumines de 110μm de diamètre qui permet un nettoyage de la surface (Rocatec Pre®) et
ensuite réaliser l’abrasion avec des particules d’alumine recouvertes de silice de 30μm de
diamètre (Rocatec Soft ®) pour une restauration rétentive, ou avec des particules recouvertes
de silice de 110 μm (Rocatec Plus®) pour une adhésion sur une préparation peu rétentive.
Les études tendent à montrer l’augmentation de la rétention après avoir réalisé un traitement
tribochimique [85, 37, 17] bien qu’elle reste difficile à prédire. En effet, avec le temps la
valeur d’adhésion à l’interface résine-céramique diminue rapidement et de façon significative
[45]. Cette baisse est sûrement liée à l’hydrolyse du réseau siloxane [17].

9 Certains auteurs ont montré que le sablage à l’alumine classique de la zircone peut
donner des résultats satisfaisants pour le collage, en utilisant certains polymères de
collage contenant la molécule MDP. Ces monomères particuliers sont capables de se
lier aux oxydes de métal [42]. Ces oxydes sont présent dans les céramiques de type
zircone et des liaisons de Van Der Waals ou des liaisons hydrogènes vont pouvoir se
former à l’interface résine-zircone augmentant les forces de collage [22, 7]. Ce
sablage pourrait même augmenter la résistance à la flexion des céramiques [33].

Le problème de ces sablages (actifs ou non) réside dans les défauts qui peuvent résulter à la
surface de la céramique [47]. Ceux-ci peuvent mener à des contraintes importantes pouvant
entraîner l’apparition de microfissures internes où l’eau pourra s’infiltrer et diminuer les
propriétés mécaniques jusqu’à la rupture. Les sablages vont aussi entraîner une transformation
de phase au sein même des zircones, faisant passer d’une phase stabilisée tétragonale à une
phase monoclinique, ce qui peut influencer la fiabilité et la stabilité de la prothèse dans le
temps [59]. C’est pour cela qu’un sablage non réactif de la zircone ne semble pas approprié.

15
Il existe quelques méthodes en cours d’exploitation pour trouver des résultats plus
prédictibles, et des solutions qui soient plus efficace dans le temps. Pour le moment ces études
ne montrent pas de résultats concluant mais voici quelques exemples :

9 Le procédé sol-gel : diminutif de solution-gélification, ce procédé permet de


recouvrir la surface céramique par du silane. Il passe par une hydrolyse ainsi qu’une
polycondensation du tetraethyl orthosilicate (TEOS). Cette technique semble
fonctionner mais requiert un temps d’application particulièrement long totalement
incompatible avec une application clinique [52]

9 Appliquer un revêtement de particules de zircones sur une zircone pré-frittée, a été


testé pour augmenter la rétention mécanique à l’interface. Ce procédé était décrit pour
permettre d’augmenter l’adhésion entre la porcelaine d’émaillage et la zircone [77]
mais a aussi été décrit pour augmenter l’adhésion résine-zircone [1]. On augmente
alors la rugosité de la zircone, mais les résultats se révèlent peu concluant [17] et ne
dépassent pas les performances de collage obtenues avec un sablage réactif.

9 L’irradiation au laser Er :YAG des surfaces céramiques a été décrit pour enlever en
partie la phase vitreuse des surfaces céramiques, et augmenter la rugosité à la surface.
Mais les travaux de Shiu et al. [73] ont permis de montrer que cette technique ne
permettait pas un état de surface adéquate. Le collage résultant de cette méthode est
très faible comparé aux techniques classiques [86].

16
3. Les polymères de collage

3.1. Définitions

Les polymères de collage ont pour origine l'étude chimique des résines acryliques. Ces résines
ont eu un grand succès par leur capacité de liaison à la fois aux tissus dentaires et à la
restauration. Cette liaison se fait le plus souvent après une hybridation des tissus dentaires et
des restaurations. Un grand nombre de colles sont disponibles sur le marché, chacune
possédant des particularités qui ont été développées en fonction de la mise en œuvre des
céramique utilisées.
Les résines utilisées sont composées de différents monomères méthacrylates, qui durcissent
par polymérisation. La plupart de ces résines sont chargées ce qui permet d'assurer la rigidité
du matériau.

L'amorçage du processus de réticulation de ces colles peut se faire de différentes manières:

¾ Photopolymérisation : la polymérisation est initiée par un agent photosensible (le


plus souvent souvent la camphoroquinone [74]) qui réagit à une longueur d’onde
optimale de 462 Nm, qui en s’activant va ainsi créer une réticulation en cascade des
chaines de polymères. L'avantage de cette technique réside dans le contrôle du temps
de travail par le praticien, mais se limite aux facettes ou aux inlays de très faible
épaisseur permettant un passage de la lumière satisfaisant. En effet au-delà d'1mm
d'épaisseur on perd 80% de l'énergie photonique [45].

¾ Polymérisation chimique : la polymérisation est induite par une réaction chimique de


type RedOx, on parle aussi d'autopolymérisation ou de chemopolymerisation. Le
processus est initié par un mélange base-catalyseur (amine aromatique-peroxyde dans
la majorité des cas) créant des radicaux libres qui vont interagir avec les chaînes de
polymères : le temps de travail est donc limité. On obtient alors une polymérisation
quasi complète, même sous des restaurations opaques.

¾ Polymérisation mixte : on allie la polymérisation photonique


et chimique. La réticulation est initiée par photopolymérisation
pour la couche de surface, suivie par une polymérisation
chimique en profondeur. A noter que la conservation de ces
matériaux est primordiale, pouvant réduire le temps de travail
[3]. Cependant il faut connaître l’adhésif employé avec ces
colles afin d’éviter une incompatibilité entre l’adhésif et la colle. En effet certains
adhésifs comme les Systèmes Auto-mordançants, à cause de leur caractère acide vont
consommer les amines de la colle, ainsi cette dernière sera dépourvue de ces
molécules et la réaction de polymérisation sera incomplète car les radicaux libres ne
seront plus formés : il y aura ainsi une inhibition de la polymérisation. [14]

17
La solution pour éviter cette incompatibilité est d’utiliser un adhésif rendu dual
(polymérisation mixte) par l’ajout d’un activateur (du sulfino benzoate de sodium).
Ces réactions sont des polymérisations par addition, entraînées par l'ouverture des doubles
liaisons C=C (permis par des radicaux libres) permettant la formation d'une structure en 3
dimensions.

3.2. Mécanismes d’adhésion et d’adhérence à l’interface

L'adhésion correspond à l'ensemble des réactions physico-chimiques entraînant une résistance


mécanique à la séparation de deux surfaces, alors que l'adhérence correspond à la force qu'il
faut fournir pour séparer deux surfaces. L'interface se définit comme la couche séparant deux
surfaces où se produisent des échanges et des interactions.
L'adhésion et l'adhérence sont des propriétés primordiales lors du collage, qui vont nous
permettre de prédire la pérennité de la restauration, et d'adapter le collage en fonction de la
situation de la restauration et des contraintes occlusales qui lui seront imposées.

L’interface de collage se caractérise par deux composantes :

- L’adhésion entre les structures dentaires et la colle.


- L’adhésion entre la colle et la céramique.

Les résines précédemment citées sont le plus souvent composées de monomères tels que le
bis-GMA, l’UDMA ou encore le TEGDMA qui ne possèdent pas de potentiel adhésif propre
aux restaurations céramiques ni au complexe amélo-dentinaire. Il faudra alors appliquer des
systèmes adhésifs sur les structures dentaires d’une part et réaliser d’autre part un traitement
de surface des céramiques pour assurer un lien direct entre la colle et la céramique.
L’adhésion entre les structures dentaires et la colle va être d’origine micro mécanique et
chimique dans la grande majorité des résines de collage conventionnelles. L’adhésion à
l’émail passe par un mordançage qui permettra de créer des microrugosités et des porosités
dans lesquelles la résine pourra s’infiltrer avant d’être photopolymérisée : c’est ainsi qu’une
interphase adhérente est créée [10]. Ce mécanisme d’adhésion à l’émail est connu depuis plus
de 50 ans [9]. Le mécanisme d’adhésion aux surfaces dentinaires passe par la création d’une
couche hybride. En effet des monomères ont montré leur capacité à améliorer l’infiltration de
la résine (comme le dimétacrylate) dans la dentine, augmentant les valeurs d’adhésion à celle-
ci. L’instrumentation rotative utilisée pour préparer ou nettoyer les surfaces, va laisser un
dépôt à la surface que l’on appelle la « boue dentinaire ». Ainsi cette couche poreuse,
composée de résidus d’hydroxyapatite et d’un réseau de collagène modifié, [34] va obturer les
tubuli dentinaires empêchant le contact de tout matériau avec le substrat dentinaire. La gestion
de la boue dentinaire est primordiale car : sa non-élimination empêchera la création de brides
résineuses intra-canaliculaire, et son élimination complète engendrera l’ouverture des tubuli
dentinaires entraînant une perfusion continue de fluides dentinaires. L’eau résiduelle affaiblira
alors le joint collé.
La gestion de ces deux tissus adjacents étant différente, le choix du polymère de collage
dépendra de la préparation réalisée (proportion de dentine exposée à l’interface).

18
L’adhésion entre la colle et la céramique est d’une origine micromécanique et chimique.
L’ancrage micromécanique est représenté par le sablage ou le mordançage à l’acide
fluorhydrique, ce qui va permettre d’augmenter la mouillabilité et la surface de contact entre
la colle et la céramique. L’adhésion chimique dépendra du traitement de surface réalisé sur la
céramique (comme vu précédemment).

3.3. Classification

L’évolution constante des techniques et de l’industrie a amené un grand nombre de


produits de nature et d’application différente. Parmi ce marché important des colles, on
distingue trois grands types de familles :

9 Les colles sans potentiel adhésif : nécessite l’utilisation d’un système adhésif adapté
ainsi qu’un conditionnement spécifique des surfaces dentaires et prothétiques

9 Les colles avec potentiel d’adhésion propre : ce sont des colles particulières car elles
possèdent un monomère actif (MDP ou 4-META) dans leur composition permettant de
se passer d’un système adhésif, mais nécessitant un conditionnement des surfaces
dentaires et prothétiques.

9 Les colles auto adhésives : se démarquent des autres familles car ne nécessitent aucun
traitement préalable des surfaces dentaires ou prothétiques. On peut apparenter leur
utilisation à celle d’un ciment.

3.4. Les colles sans potentiel adhésif

Appelées aussi composites de collage, ce sont des résines composites s’apparentant à un


composite classique de restauration qui peut être photopolymérisable ou dual. Elles sont
microchargées ou microhybrides et possèdent une phase résineuse importante. Cette phase
diminue leur viscosité, entraînant une augmentation de leur mouillabilité à l’interface. La
mise en place et l’adaptation de l’élément collé sera alors plus précise.
Elles ne possèdent pas de promoteur d’adhésion aux structures dentaires ce qui implique
forcément une association avec un système adhésif amélo-dentinaire. Ces colles feront alors le
lien entre la dent recouverte d’une couche adhésive et l’élément prothétique.

3.4.1. Les systèmes adhésifs amelo-dentinaires

Les systèmes adhésifs ont longtemps été classés par génération, mais cela ne correspondait
pas à une logique prenant en compte le fonctionnement fondamental des adhésifs faisant de
cette classification un outil commercial. La classification la plus rationnelle prend en compte
les principes d’action des différents adhésifs ainsi que le nombre d’étapes nécessaires à leur
application [20].

19
Deux classes d’adhésifs sont à différencier :
x Ceux qui requièrent un mordançage préalable et un rinçage : M&R pour
mordançage et rinçage.
x Ceux appliqués sans traitement préliminaire des surfaces : SAM pour système
auto-mordançant.

Deux sous-catégories sont à distinguer dans chacune de ces classes décrivant le nombre
d’étapes à réaliser :
x M&R II et M&R III qui correspondent respectivement à une application en deux
ou trois temps.
x SAM I et SAM II correspondant à une ou deux étapes.

A noter qu'il existe maintenant des adhésifs dits "multi-modes" ou encore universels qui
allient les deux capacités des deux familles citées précédemment.

¾ Les systèmes "mordançage et rinçage":

x Les systèmes M&R III


Ce système regroupe un ensemble de trois produits appliqués successivement sur les parois
dentaires :

9 Mordançage des surfaces à l’acide phosphorique : Buonocore a démontré en premier


l’augmentation de l’adhésion après un traitement des surfaces amélaires et dentinaires à
l’acide phosphorique [9, 61]. De nos jours, l’application de l’acide orthophosphorique se
fait sous forme de gel thixotropique à 37%. Sur l’émail, l’acide permettra de former un
micro relief en attaquant la structure prismatique, améliorant ainsi l’ancrage
micromécanique de la résine. Sur la dentine, l’acide va permettre l’élimination de la boue
dentinaire, l’ouverture des tubuli dentinaires (en éliminant partiellement la couche
superficielle de la dentine par déminéralisation) et l'exposition d'un réseau de fibrilles de
collagènes [61].

9 Application d’un primaire d’adhésion permettant de maintenir le réseau de collagène


suffisamment poreux et d’éviter que les fibrilles collapsent, permettant à la résine de
pénétrer dans les tubules. Ces primaires sont composés de monomères hydrophiles et de
solvants organiques, et vont permettre d’augmenter la mouillabilité du substrat dentinaire
pour la résine en rendant la surface hydrophobe.

9 Application d’un agent adhésif qui va s’infiltrer dans les tubuli dentinaires [Fig. 18a]
[62] et adhérer à la fois à la surface dentaire traitée et au composite de collage. C’est ainsi
que se forme la couche hybride qui correspond à l’entrelacement des fibres de collagène
dentinaire et les macromolécules de l’adhésif.

20
x Les systèmes M&R II :
Ce sont des systèmes présentés en mono-flacon car ils contiennent à la fois le primaire
d’adhésion et la résine adhésive. On a ainsi un mélange de monomères hydrophobes et
hydrophiles, des solvants et des amorceurs de réticulation. La pénétration du produit est
facilitée par les solvants (alcool ou acétone). Ce système évite une étape mais n’en est pas
moins compliqué : il faudra prendre soin de sécher les surfaces dentaires avec modération
pour éviter un « sur-mouillage » [76] décrit par Tay et coll. ou à l’inverse un séchage trop
intense entraînant un collapse du collagène. L’efficacité du collage sera alors praticien
dépendant.

A B

Figure 18 : Vue au MEB de la pénétration intra tubulaire des adhésif (×2000)


A) Système mordançage et rinçage (Optibond® FL) B) Système auto mordançant (AdheSE®)

¾ Les systèmes auto-mordançants:


Ces systèmes contiennent de l’eau permettant d’activer le potentiel d’ionisation des
monomères fonctionnels acides présents. Cette technique permet d’éliminer la phase de
rinçage : cela permet de réduire le temps d’application et diminue les sensibilités dentaires.
Les monomères acides activés vont dissoudre la phase minérale de la boue dentinaire et
déminéraliser partiellement la dentine. La résine va alors imprégner les constituants
organiques de la boue dentinaire et les fibres de collagène de la dentine sans infiltrer les tubuli
en profondeur mais en créant des bouchons sur les tubuli [Fig. 18b], créant ainsi une couche
hybride. L’hydroxyapatite résiduelle peut alors former une liaison chimique avec les
groupements phosphates ou carboxyles des monomères présents dans l’adhésif [87]. On va
alors avoir une liaison micro-mécanique et chimique qui semble avantageuse pour la
pérennité de la restauration : on obtient une meilleure cohésion avec la résine infiltrée après
polymérisation [23].

21
x Les systèmes SAM II :
Ils nécessitent l’application successive de deux couches [Fig. 19]. En
premier un primaire acide, qui remplace l’acide phosphorique utilisé
dans les systèmes M&R en déminéralisant et en infiltrant
simultanément les tissus dentaires calcifiés. Après une application de
Figure 19 : Primaire
et résine d’un SAM minimum 20 à 30 secondes, le primaire est recouvert d’une résine
II : l’AdheSe ® similaire à celle utilisée dans les systèmes M&R III.
d’Ivoclar Vivadent
x Les systèmes SAM I :
C’est un système tout en un, permettant de simplifier la procédure de collage. Son
désavantage réside dans sa composition, qui comprend de l’eau, des monomères hydrophiles,
hydrophobes et des solvants. La cohésion de ces éléments dans une même solution ne peut se
faire que dans certaines limites, afin d'éviter toute séparation de phase avant utilisation
pouvant entraîner des lacunes à l'interface.

¾ Les systèmes universels:


Ces systèmes regroupent un ensemble de produits récents ayant la possibilité de
se comporter comme un M&R sur l'émail, et comme un SAM sur la dentine. Il
faudra alors mordancer sélectivement l'émail avant d'appliquer ces adhésifs.

¾ Le choix du système adhésif : Figure 20 : Adhese®


La différence entre ces deux familles réside principalement dans la Universal d’Ivoclar
gestion de la boue dentinaire. Dans les SAM elle est utilisée comme Vivadent
substrat et permet un ancrage à celle-ci alors que dans les M&R cette boue est dissoute ou
éliminée complètement. Tout ceci est permis par le mordançage acide des structures dentaires
qui est plus efficace dans les systèmes M&R grâce à l’utilisation distincte de l’acide
phosphorique [80].
Les dents antérieures présentent une grande quantité d’émail, nécessitant alors un mordançage
plus efficace. On privilégiera alors les systèmes M&R en antérieur, et plus précisément les
systèmes en 3 temps qui donnent de meilleurs résultats que ceux en 2 temps [82].
Sur une préparation pouvant induire des sensibilités post-opératoires ou risquant une
contamination par les fluides buccaux on préfèrera utiliser les SAM [66, 19].
A noter que certains adhésifs possèdent aussi des monomères actifs, tel que le MDP (10-
méthacryloyloxydécyle dihydrogène), conférant ainsi des propriétés particulières d'adhésion
chimique aux cristaux d'hydroxyapatite améliorant les valeurs d'adhésion [89].

3.4.2. Protocole d’assemblage

Le protocole doit passer impérativement par un traitement de l’intrados de la prothèse, un


traitement des surfaces dentaires et l’application du composite de collage. Le traitement de
l’intrados de la prothèse se fait de différentes manières comme vu précédemment, mais la
finalité sera toujours la même : créer à la fois une liaison chimique et un ancrage
micromécanique.

22
¾ Protocole d’assemblage :

9 Préparation de la cavité de l'organe dentaire, hybridation immédiate de la dentine, comblement


des contre-dépouilles (mise en place de l'adhésif juste après la taille) et empreinte.
9 Essayage de la prothèse sur le modèle puis dégraissage de la surface prothétique à l’aide d’un
solvant (alcool 90% ou hypochlorite de sodium 2.5%).
9 Essayage en bouche de la pièce prothétique: vérifier l'adaptation marginale, les points de contact et
l'esthétique (possibilité d'utiliser les try-In Paste pour mimer la teinte de la restauration finale).

Traitement de surface d'une vitrocéramique ou Traitement de surface d'une céramique


d'une céramique feldspathique : polycristalline :

9 Mordançage à l’acide fluorhydrique


de l'intrados prothétique [8]. Le temps
d’application de la nature de la
céramique utilisée ( 20 secondes pour
L'IPS [Link] Press® de Ivoclar Vivadent
et 90 secondes pour Empress I et II® de 9 Sablage aux particules d'alumine
Ivoclar Vivadent). silicoatées grâce au système Rocatec ® au
9 La neutralisation de l’acide laboratoire, ou avec le Cojet® au cabinet.
fluorhydrique passe par un rinçage et
un séchage fort, un passage sous
ultrasons pendant 180 secondes avec de
l’alcool à 95 ou de l’acétone.
9 On peut aussi éliminer les débris à
l’aide d’acide orthophosphorique à 37%
[55].

9 Appliquer un silane préhydrolysé pendant 3 minutes, c’est-à-dire pré-activé sur les surfaces
prothétiques. Il faudra appliquer au pinceau ou à la micro-brosse une couche fine et sécher pendant 1 à
2 minutes à l’air chaud. Attendre quelques minutes avant d’appliquer la colle.
9 Appliquer l’adhésif dans l’intrados prothétique sans photopolymériser et disposer la prothèse à l’abri
de la lumière dans une enceinte inactinique.

Temps de collage commun aux différentes céramiques :

9 Pose d’une digue étanche en caoutchouc.


9 Nettoyer les surfaces dentaires par aéropolissage aux particules d’alumine (d'un diamètre de 27μm).
9 Mordancer et appliquer un système adhésif sur les surfaces amélaires (en privilégiant le système M&R 3).
9 Application de la colle, et mise en place de la prothèse à l’aide d’un insert sous vibrations pour augmenter
la mouillabilité de la colle. Eliminer les excès et photopolymériser pendant 40 secondes chaque pan
prothétique.

23
Remarque : pour certaines colles les fabricants préconisent de photopolymériser quelques
secondes afin de « gélifier » la colle en excès et de la retirer avec plus de facilité.

3.4.3. Caractéristiques

Les composites de collage peuvent être photopolymérisés (par exemple : Variolink Veneer –
Ivoclar Vivadent ; RelyX Veneer – 3M Espe) ou à prise duale (exemple : NX3 – Kerr ;
Multilink Automix – Ivoclar Vivadent ; RelyX ARC).
Les coffrets des composites de collage présentent de nombreuses couleurs ainsi que des pâtes
« try-in » permettant de choisir avec précision la colle utilisée en fonction de la situation
clinique. En effet, en-dessous d’1 mm d’épaisseur de la restauration la teinte du composite
peut influencer le résultat esthétique final. On choisira alors le composite de collage en
fonction de la céramique et du support dentaire [5]. Ces colles présentent les valeurs
d‘adhérence les plus élevées ainsi qu’un renforcement mécanique de l’organe dentaire.
Leur composition est tellement proche de celle des composites classiques de restauration, que
l'école Suisse a créé un protocole de collage des inlays-onlays avec des composites micro-
hybrides utilisés habituellement en restauration. Ainsi on obtient une meilleure maîtrise du
temps de travail, et surtout des qualités optiques et esthétiques idéales du joint collé. A noter
que cette technique requiert un protocole strict : chauffer les résines à 60 °C pour augmenter
leur viscosité, insérer obligatoirement la pièce prothétique avec un insert ultrasonore avec un
embout caoutchouc et avoir une lampe puissante (supérieure à 1000mW/cm2). Il faudra aussi
polymériser chaque face pendant 60 secondes sous spray d'air ou d'eau pour éviter un
échauffement trop important de la pulpe. Cette technique est donc plus praticien-dépendant
que l'utilisation d'un composite de collage classique.

3.5. Les colles avec potentiel d’adhésion

En 1979, Takeyama et Al réussissent à augmenter considérablement l'adhésion des résines


acryliques en ajoutant un nouveau monomère : le 4-methacryloyloxyethyl trimellitate
anhydride (4-META). Rapidement Kuraray® réussit à améliorer la structure moléculaire de
sa molécule de phosphate Phényl-P aboutissant en 1983 au monomère réactif MDP
(phosphate de 10- Méthacryloyloxydécyle dihydrogène). Ce sont les deux monomères qui
caractérisent les colles avec potentiel d'adhésion.
Ces colles sont généralement non chargées et présentent un fort potentiel d'adhésion due à
leur monomère. Elles sont largement utilisées depuis de nombreuses années et ont donc un
grand recul clinique. A noter qu'elles sont fastidieuses à mettre en place et qu'elles nécessitent
aussi un conditionnement des surfaces prothétiques préalable.

24
3.5.1. Colles possédant le monomère 4-META

Le 4-META [Fig. 21] se présente sous la forme d'une structure cristalline blanchâtre lorsqu'il
est seul. Il est alors ajouté à des monomères acryliques (méthacrylate de méthyl), ce qui va
engendrer la création de liens hydrophiles et hydrophobes. La formation de ces liaisons est
responsable de la capacité de la résine à se lier à certains alliages dentaires et induit aussi une
meilleure pénétration dans les tubuli dentinaires [60]. Cette capacité de pénétration va
considérablement augmenter le potentiel d'adhésion de ces résines [63]. A noter que le
caractère acide de ce monomère résultant de son groupement acide carboxylique permet une
déminéralisation des surfaces. Une proportion de 1 à 5% de monomères 4-META dans la
résine acryliques semble donner les propriétés d'adhésion optimales à la colle [13].

La polymérisation est initiée par le tri-n-butyl borane (TBB) qui est activé en présence
d'oxygène, contrairement à une polymérisation classique avec un amorçage redox (peroxyde-
amine) qui est inhibée par la présence d’oxygène. Le nom complet de ces résines est alors 4-
META/MMA-TBB.

Figure 21: structure du monomère 4-methacryloyloxyethyl


trimellitate anhydride

Le produit le plus répandu est le Superbond C&B® (Sun Medical) qui se démarque par ses
propriétés adhésives propres élevées. Les valeurs d'adhérence ainsi obtenues peuvent atteindre
20 MPa après sablage tribochimique des surfaces. Ces colles sont particulièrement indiquées
lors de l'assemblage des alliages précieux [65] et non précieux.

25
¾ Protocole d'assemblage (prenant l’exemple du Superbond®):

9 Préparation de la cavité de l'organe dentaire, comblement des contre-dépouilles, et empreinte.


9 Essayage de la prothèse sur le modèle puis dégraissage de la surface prothétique à l’aide d’un
solvant (alcool 90% ou hypochlorite de sodium 2.5%).
9 Essayage en bouche de la pièce prothétique: vérifier l'adaptation marginale, les points de
contact.

Traitement de surface d'une vitrocéramique ou Traitement de surface d'une céramique


d'une céramique feldspathique : polycristalline :

9 Mordançage à l’acide fluorhydrique


de l'intrados prothétique. Le temps
d’application dépend de la nature de la
céramique utilisée (comme vu
précédemment). 9 Sablage aux particules d'alumine
9 La neutralisation de l’acide silicoatées grâce au système Rocatec ® au
fluorhydrique passe par un rinçage et laboratoire, ou avec le Cojet® au cabinet.
un séchage fort, un passage sous
ultrasons pendant 180 secondes avec de
l’alcool à 95 ou de l’acétone.
9 Eliminer les débris à l’aide d’acide
orthophosphorique à 37%.

9 Appliquer un silane préhydrolysé (ici le porcelain Liner M® ou le monomère activé du


superbond®) pendant 3 minutes et sécher pendant 1 à 2 minutes à l’air chaud.

Temps de collage commun aux différentes céramiques

9 Pose d’une digue étanche en caoutchouc.


9 Nettoyer les surfaces dentaires par aéropolissage aux particules d’alumine (d'un diamètre de
27μm).
9 Mordancer à l’acide orthophosphorique 30 secondes sur l’émail et 15 sur la dentine, et rincer.
9 Après préparation du Super-Bond C&B en mélangeant le monomère et le catalyseur, on obtient un
monomère activé qui fait office de promoteur d'adhésion. On applique celui-ci immédiatement sur
les surfaces prothétiques et dentaires à l'aide d'un pinceau, puis on mélange ce monomère activé
avec la poudre créant ainsi la colle. On l'applique sur les surfaces puis on maintient sous pression
jusqu'à polymérisation complète (8 à 10 minutes selon le constructeur).
9 Eliminer les excès à l’aide d’une boulette de coton imbibée d’alcool.

26
Remarque: On notera que dans le cas du Superbond C&B, il n'est pas recommandé d'utiliser
un primaire d'adhésion sur les surfaces dentaires, car la colle va créer elle-même une couche
hybride avec la dentine

3.5.2. Colles possédant le monomère MDP

Le premier produit présenté sur le marché fut Panavia ®, une résine adhésive présentant de
hautes performances d’adhésion. En effet la particularité de ce monomère réside dans sa
capacité à créer un lien chimique avec l’hydroxyapatite. Le monomère MDP est constitué de
trois parties qui sont :

ƒ Un groupement présentant une double liaison terminale


indispensable pour la copolymérisation du monomère MDP et
de la matrice résineuse.

ƒ Un groupement alkylène hydrophobe qui permettra de


réduire la pénétration d'eau dans la résine, retardant l'hydrolyse
de celle-ci.

ƒ Un groupement phosphate hydrophile permettant une


déminéralisation acide des tissus dentaires ainsi qu'une
adhésion à l'hydroxyapatite [30].

Figure 22: Structure du


monomère MDP

Le principal inconvénient de ces colles est leur forte inhibition de polymérisation par la
présence d'oxygène, sa mise en place est donc complexe. Cela signifie que la polymérisation
sera initiée uniquement dans un milieu en anaérobie. Il faudra alors utiliser un produit "anti-
oxygène", comme l'Oxyguard ® qui permettra de créer un revêtement hermétique à l'oxygène.

27
¾ Protocole d'assemblage : (exemple du Panavia F 2.0®) :

9 Préparation de la cavité de l'organe dentaire, comblement des contre-dépouilles, et empreinte.


9 Essayage de la prothèse sur le modèle puis dégraissage de la surface prothétique à l’aide d’un
solvant (alcool 90% ou hypochlorite de sodium 2.5%).
9 Essayage en bouche de la pièce prothétique: vérifier l'adaptation marginale, les points de contact.

Traitement de surface d'une vitrocéramique ou Traitement de surface d'une céramique


d'une céramique feldspathique : polycristalline :

9 Mordançage à l’acide fluorhydrique


de l'intrados prothétique. Le temps
d’application dépend de la nature de la
céramique utilisée (comme vu
précédemment). 9 Sablage aux particules d'alumine
9 La neutralisation de l’acide silicoatées grâce au système Rocatec ® au
fluorhydrique passe par un rinçage et laboratoire, ou avec le Cojet® au cabinet.
un séchage fort, un passage sous
ultrasons pendant 180 secondes avec de
l’alcool à 95 ou de l’acétone.
9 Eliminer les débris à l’aide d’acide
orthophosphorique à 37%.

9 Appliquer un silane préhydrolysé (ici le Porcelain Bond activator) sur les surfaces sablées
pendant 3 minutes puis sécher pendant 1 à 2 minutes à l'air chaud. Attendre quelques minutes
avant d'appliquer la colle.
9 Appliquer un adhésif sur les surfaces prothétiques (ici le Clearfil Ceramic Primer) puis sécher les
surfaces.

Temps de collage commun aux différentes céramiques

9 Pose d’une digue étanche en caoutchouc.


9 Nettoyer les surfaces dentaires par aéropolissage aux particules d’alumine (d'un diamètre de
27μm).
9 Mordancer à l’acide orthophosphorique 15 secondes sur l’émail, rincer et sécher modérément.
9 Appliquer un primaire sur les surfaces dentaires (ici le Panavia F2.0 ED Primer II ®) pendant 30
secondes puis sécher soigneusement en enlevant les excès à l’aide d’un coton.
9 Application de Panavia F 2.0 Paste ® sur la surface prothétique puis enlever les excès. La
polymérisation au joint se fait par photopolymérisation ou par chémopolymérisation en appliquant
l'Oxyguard II pendant 3 minutes permettant la polymérisation en empêchant le contact avec
l'oxygène.
9 Enlever les excès à l’aide d’une boulette de coton imbibée d’alcool.

28
3.6. Les colles auto-adhésives

Ce sont des colles qualifiées d'auto-mordançantes et d'auto-adhésives. Elles se démarquent


ainsi des autres colles car elles ne nécessitent pas un conditionnement préalable des structures
dentaires et prothétiques.
Elles sont composées de dérivés méthacrylates classiques, de méthacrylates d'acide
phosphorique et carboxylique, d'initiateurs de réticulation spécifiques (les initiateurs
classiques tels que les groupements amines étant incompatible avec l'acidité de la colle), de
stabilisateurs et de colorants.
Les monomères méthacrylates acides ont la capacité de déminéraliser les surfaces dentaires
ainsi que de les infiltrer [24]. Il a été démontré un nombre d'interactions chimiques entre les
monomères acides présents dans la colle et les ions calcium de l'hydroxyapatite [36]. Ces
mécanismes sont semblables à ceux décrits précédemment avec les monomères fonctionnels
MDP et 4-META, ainsi qu'aux mécanismes réactionnels propres aux ciments verre-ionomère.

Toutefois, certains auteurs recommandent d’effectuer un mordançage préalable de la surface


amélaire avec de l’acide phosphorique à 37%. En effet les valeurs de collage obtenues après
mordançage de l’émail sont presque doublées selon De Munck et al. [24]. Ce mordançage doit
être sélectif à l'émail, car il divise par 3 les valeurs d'adhérence à la dentine.
Leur viscosité, leur haut taux de charges et leur simplicité de mise en oeuvre se rajoutent à
leurs particularités.

Toutes les colles auto-adhésives sont duales et proposent différentes teintes pour permettre
une meilleure adaptation esthétique des prothèses. A noter que les performances peuvent être
différentes d’une colle auto-adhésive à une autre, ceci s’explique sûrement par la différence
de composition de chaque colle : par exemple la colle Maxcem® a de plus faible valeurs
d’adhésions que le RelyX Unicem® [90] ou encore le G-cem a des propriétés physiques
inférieures au RelyX Unicem®[64].

La colle de référence dans cette famille, et celle qui possède le plus grand recul est la Relyx ®
Unicem [Fig. 23], qui existe dans sa deuxième version actuellement. Sa simplicité
d’utilisation et de mise en œuvre en fait un outil de choix dans la profession.

Figure 23 : Relyx® Unicem 2 de 3M ESPE

29
¾ Protocole d’assemblage :

9 Préparation de la cavité de l'organe dentaire, comblement des contre-dépouilles, et empreinte.


9 Essayage de la prothèse sur le modèle puis dégraissage de la surface prothétique à l’aide d’un
solvant (alcool 90% ou hypochlorite de sodium 2.5%).
9 Essayage en bouche de la pièce prothétique: vérifier l'adaptation marginale, les points de contact.

Aucun traitement de surface prothétique préalable.

9 Pose d’une digue étanche en caoutchouc.


9 Nettoyer les surfaces dentaires par aéropolissage aux particules d’alumine (d'un diamètre de
27μm).
9 Mordancer à l’acide orthophosphorique l’émail pendant 30 secondes, rincer et sécher modérément.
9 Appliquer la colle dans l’intrados prothétique.
9 Mise en place de la prothèse sous pression.
9 Elimination des excès de la colle « gélifiée ».
9 Photopolymérisation 40 secondes à chaque pan prothétique.

30
4. Matériau d’assemblage idéal

Le choix du matériau d’assemblage devra être pensé préalablement à la réalisation de la pièce


prothétique en fonction du matériau utilisé, mais aussi du type de restauration à réaliser et de
la rétention mécanique de préparation coronaire. Un certain nombre de critères vont permettre
de déterminer la fiabilité d’une colle en respectant un cahier des charges du matériau idéal.

4.1. La mouillabilité

L’adaptation, la rétention et l’étanchéité d’une prothèse va dépendre d’un même facteur : la


mouillabilité à l’interface. La mouillabilité est une caractéristique qui fait intervenir 3
différentes énergies présentes à l’interface :

- L’énergie libre de l’interface solide-vapeur (γSV).


- L’énergie libre de l’interface liquide-vapeur (γSL).
- L’énergie libre de l’interface solide-liquide (γLV).

L’équation de YOUNG permet de décrire l’équilibre entre ces trois énergies :

γSV = γSL + γ[Link]θ


Remarque : θ représente l’angle de contact entre le liquide et le solide

Figure 24 : Représentation de l’équation de YOUNG

Ainsi, plus l’angle sera proche de 0, meilleure sera la mouillabilité à l’interface. Un bon
mouillage sera rendu possible lorsque l’énergie de surface du solide est supérieure à la tension
superficielle du liquide [81].
Pour augmenter cette énergie de surface et donc augmenter la mouillabilité du matériau, il
faudra alors réaliser les traitements de surface adéquate :
- Pour les tissus dentaires : mordançage à l’acide orthophosphorique, sablage des
tissus dentaires aux particules d’oxyde d’alumine 25 à 50 μm [48] ou encore application d'un
primaire d'adhésion (si nécessaire).
- Pour les surfaces céramiques : mordançage à l'acide fluorhydrique, sablage aux
particules d'oxyde d'alumine et la silanisation.

31
4.2. La viscosité

La viscosité correspond à la résistance intrinsèque d’un matériau à son écoulement uniforme


et sans turbulence. Ainsi plus un matériau est visqueux, plus il sera solide. A l’inverse, une
viscosité faible décrira un matériau fluide. Cette propriété est primordiale pour le praticien,
car une faible viscosité facilitera l’obtention d’un joint de collage de faible épaisseur alors
qu’une viscosité plus élevée facilitera l’accessibilité du joint.
Au sein des colles, cette viscosité résulte de la nature des charges présentent ainsi que de la
masse de charge qu’elles contiennent. Plus celle-ci est élevée, plus le matériau sera visqueux.
C’est le cas par exemple des composites de stratification (utilisés pour l’assemblage) qui
possèdent une masse de charge élevée et qui requièrent alors des techniques particulières
d’insertion, comme l’utilisation d’instruments ultrasonores pour augmenter leur mouillabilité
et permettre un étalement uniforme de la colle à la surface, surtout au niveau des
anfractuosités des petites pièces prothétiques [49]. Sinon il peut en résulter des défauts
d’adaptation de la prothèse, provoquant une sur occlusion ou encore un joint trop épais à
l’interface.

4.3. L’épaisseur et l’étanchéité du joint de collage

Dans la cavité buccale, le joint dento-prothétique est soumis avec le temps à toutes sortes
d’agressions : thermiques, hydriques, bactériennes… Pour minimiser la dégradation pouvant
résulter de ces agressions, il faudra alors minimiser le contact entre le milieu extérieur et la
colle. Kramer et al. ont aussi montré que le nombre et l’importance des défauts à l’interface
augmentent avec l’épaisseur de collage. Pour cela il faut contrôler l’épaisseur du joint de
collage qui dépend de différents facteurs : la mouillabilité interfaciale, la viscosité du
matériau ou encore des facteurs praticien-dépendant (comme l’adaptation marginale de la
prothèse). Une épaisseur du joint idéal serait inférieure à 50μm [49].
L’étanchéité du joint de collage permettra d’éviter le passage de bactéries, mais aussi de la
salive qui peut être néfaste dans le temps pour les tissus dentaires mais aussi pour la pérennité
de la restauration prothétique. Dans le cas d'une restauration sur une dent dont la vitalité a été
conservée, l'herméticité de ce joint collé est un facteur majeur de la santé pulpaire de cette
dent [28].
La pérennité du joint dépend aussi du contact des composites ou de l'adhésif avec l'oxygène.
En effet le contact des composites avec le milieu extérieur inhibe la polymérisation complète
de la plupart des polymères de collage, on utilisera alors de la glycérine pour polymériser de
manière optimale le joint. Il est alors recommandé d'effectuer une première polymérisation
avec une lampe à photopolymériser, puis d'appliquer une couche de glycérine et de
polymériser pendant 40 secondes afin de polymériser cette couche de résine inhibée par
l'oxygène.
Il faudra alors contrôler l’absence de hiatus à l’adaptation marginale de la prothèse,
assembler la pièce prothétique avec l’aide d’instruments ultra sonores ou sous compression et
mettre en place une digue étanche.

32
La plupart des colles étant hydrophobes, le contact avec le milieu aqueux pourra induire un
défaut de polymérisation entraînant des percolations au niveau du joint.
Le vieillissement du joint de collage est induit aussi par la présence
d'enzymes endogènes comme les protéoglycanes, qui sont des
metalloprotéases entraînant la dégradation des fibres de collagène.
L'application d'une solution de chlorhexidine à 0.2% [Fig. 25] avant Figure 25 : Solution de
l’application de l’adhésif permet de minimiser cette dégradation dans chlorexidine (photos Dr
le temps [68]. Oudin Gendrel)

4.4. Les propriétés optiques

Les trois grandes propriétés optiques régissant la bonne adaptation esthétique de la prothèse
sont : la translucidité, la valeur chromatique et l’indice de réfraction des polymères de collage.
Ces notions sont d’autant plus importantes que les limites cervicales réalisées sur des
restaurations conservatives comme les facettes ou les onlays sont supra gingivales, donc toute
discontinuité visible entre les tissus dentaires et la prothèse sera considéré comme un échec
d’intégration esthétique.
La plupart des polymères de collage possèdent plusieurs teintes, mais celles avec les
meilleures propriétés esthétiques restent les composites de collage qui présentent différentes
valeurs chromatiques, et différentes translucidités.

Pour une épaisseur d’1 mm de céramique, la teinte du composite pourra influencer l’aspect
esthétique donc il faudra choisir avec précaution la colle utilisée.

4.5. Propriétés mécaniques

Les restaurations prothétiques sont soumises aux contraintes occlusales du patient et doivent
donc avoir une certaine résistance mécanique intrinsèque mais aussi une résistance au niveau
du joint de collage. Les propriétés mécaniques sont déterminées classiquement par deux
valeurs: la résistance à la flexion et le module d'élasticité.
Le module d'élasticité permet de déterminer la rigidité du matériau : plus il est élevé, plus le
matériau est rigide.

Les colles se démarquent mécaniquement par leur visco-élasticité particulière qui permet une
capacité de déformation pseudo-réversible au joint collé [18]. Cette capacité particulière va
permettre de dissiper les contraintes au niveau du joint.
Plusieurs études, avec des résultats variables, ont mesuré la résistance à la flexion et le
module d’élasticité des différents polymères de collage présents sur le marché [4, 71].

33
Des conclusions ont pu être établies après analyse de ces études :

- La résistance à la flexion des différentes colles sont sensiblement


équivalentes (à l’exception de certaines colles auto-adhésives ; comme le
G-Cem® qui a une composition chimique proche des CVI-MAR)
- La photopolymérisation augmente de façon systématique certaines
propriétés mécaniques des différentes colles

4.6. L’adhésion au substrat dentaire

Adhésion à l’émail :

Selon la littérature, les performances de collage sur les tissus amélaires sont supérieures avec
les colles sans potentiel de collage [38, 83]. Les moins performantes semblent être les colles
auto-adhésives. C’est pour cela qu’il a été décrit de mordancer préalablement l’émail lors de
l’utilisation de colles auto-adhésives pour palier ce problème ; les valeurs d’adhésion résultant
sont alors proches de celle des colles avec potentiel adhésif [24].

Adhésion à la dentine :

Les performances d’adhésion à la dentine vont dépendre de la mise en œuvre réalisée pour les
colles nécessitant un système adhésif : en effet comme vu précédemment, l’utilisation d’un
M&R ou d’un SAM nécessite une gestion spécifique des tissus dentaires. Les systèmes
universels semblent donc être une bonne alternative pour maximiser les performances de
collage et palier des complications post-opératoires.
Pour améliorer les propriétés d'adhésion à la dentine, une technique a été décrite :
l’"immediate dentin sealing" ou IDS, ou le scellement immédiat de la dentine [54]. Pour
coller les restaurations indirectes, il est décrit d'appliquer et de polymériser l'adhésif avant de
réaliser l'empreinte, pour obtenir une hybridation optimale à la dentine. En effet, avec le
temps les fibres de collagène risquent de collapser, ou de se dégrader alors qu'une infiltration
adhésive immédiate permettra un gainage optimale des fibres. Cette technique permet aussi de
réduire les sensibilités postopératoires [11]. L'empreinte sera réalisée après l'application de la
couche d'adhésif.

34
4.7. La biocompatibilité

Le matériau d’assemblage ne doit pas induire de réactions néfastes, c’est-à-dire qu’il ne doit
pas présenter de cytotoxicité. Il se doit de se comporter comme une barrière hermétique aux
agressions bactériennes extérieures. C’est pour cela que l’on cherche à avoir une épaisseur de
film la plus faible possible et une étanchéité à l’interface réduisant les risques de percolation
et l’apparition de caries secondaires. La biocompatibilité pulpo-dentinaire peut être assurée de
nos jours par la couche hybride créée lors de l’application de l’adhésif ou de la colle
directement (suivant le type de polymère de collage), qui permet d’offrir du même coup
l’adhésion et la protection biologique.
Toutes les colles sont composées de dérivés méthacrylates et acrylates qui peuvent induire des
réactions allergiques [32]. Elles seront contre-indiquées aux patients avec une allergie connue
à ces composants.
Certains polymères de collage tel que le RelyX Unicem® contiennent du fluor, mais leur
potentiel bactériostatique n’a pas été démontré [31].
Enfin, certaines colles possèdent des agents antibactériens tels que l’hydroxyde de calcium
dans leur composition pour augmenter leur bactério-résistance.

Un autre aspect de la biocompatibilité est à considérer : celui de la céramique et de la colle


avec le parodonte. Avec l'avènement des restaurations collées et des céramiques à
infrastructure céramique, la limite du joint collé a pu être envisageable en supra-gingivale. En
effet auparavant le liseré métallique de l'infrastructure devait être enfoui en sous-gingival ce
qui n'était pas compatible avec la santé parodontale car une inflammation en résulte toujours à
court ou moyen terme [50]. De plus, les céramiques utilisées sont bioinertes et semblent être
bien supportées par le parodonte: Savite et coll. [72] ont montré que la quantité de plaque
accumulée sur une vitrocéramique est inférieures à celle retrouvée sur une dent naturelle.

35
5. Synthèse

Le protocole de collage passe par la compréhension de la structure même de la céramique.


Après étude, les différentes possibilités de collage qui s’offrent au praticien sont :

Structure de la céramique

Matrice vitreuse dominante Matrice cristalline dominante


(Feldspathique, vitrocéramique) (Zircone, Alumine, In-Ceram Zirconia)

Mordançage acide Pas de traitement de surface Sablage réactionnel


fluorhydrique (rocatec®, Cojet®)

Application d’un silane Application d’un silane

Application d’un adhésif Application d’un adhésif

Colle utilisable : Colle utilisable : Colle utilisable :


- Sans potentiel de collage - Auto-adhésive - Sans potentiel de collage

(Variolink II®, Multilink®) (RelyX® Unicem) (Variolink II®, Multilink® )

- Avec potentiel de collage - Avec potentiel de collage

(Panavia® F2.0, Superbond® (Panavia® F2.0, Superbond®


C&B) C&B)

Figure 26 : Quel polymère de collage utiliser en fonction de la nature de la céramique et du


traitement de surface

36
Choix du polymère de collage :

Maintenant se pose le problème du choix entre ces différentes possibilités. Le choix de la


céramique dépendra de la situation clinique, et de la restauration à réaliser. Mais ce qui nous
intéresse ici c’est quel polymère de collage privilégier dans nos restaurations réalisées
entièrement en céramique.
Les colles auto-adhésives, comme vu précédemment, sont une bonne avancée technique, pour
une mise en œuvre simplifiée. Elles sont une alternative convenable au collage d’inlays, ou
d’onlays céramique par rapport aux colles conventionnelles. Cependant elles ne permettent
pas d’obtenir un résultat esthétique et une adhérence équivalente à celles obtenues avec un
composite de collage classique. De plus, leur faible recul clinique n’en fait pas le produit de
choix pour des restaurations peu rétentives. Par contre elles sont une très bonne alternative
aux ciments verres ionomères [39] pour l’assemblage des céramiques polycristallines
possédant un encastrement mécanique suffisant, de par leur mise en œuvre très simple.

Pour ce qui est des colles possédant des monomères réactifs, elles ont l’avantage d’avoir le
plus grand recul clinique parmi les colles. Elles ont fait leur preuve, car elles ont le plus fort
potentiel de collage. Par contre elles présentent les moins bons résultats esthétiques et sont
très contraignantes à mettre en œuvre.

Les colles sans potentiel de collage possèdent de grandes propriétés esthétiques, mécaniques,
et disposent d’un très bon recul clinique pour ce qui est de l’assemblage des céramiques.
Donc, à l’heure actuelle, pour les restaurations céramiques telles que les inlays, onlays ou les
facettes, qui sont des restaurations ne présentant pas ou très peu de rétention mécanique, on
choisira autant que possible d’utiliser un composite de collage. Pour ce qui est des bridges, ou
couronnes unitaires « tout céramique », l’utilisation d’un composite de collage n’est pas
obligatoire. En effet si les principes de préparation sont respectés, l’utilisation d’un CVI-
MAR est tout à fait acceptable, du fait du faible coût financier et du grand recul clinique de ce
produit.

37
6. Cas clinique

Figure 27 : Dents (36 et 37) nécessitant une restauration prothétique, le choix s’est porté sur
un onlay céramique IPS [Link]®. Les empreintes et la pièce prothétique seront alors réalisées.
(Cas clinique du Dr. Oudin Gendrel)

A B

Figure 28 : A) Mordançage à l’acide fluorhydrique pendant 20 secondes après contrôle de


l’adaptation et dégraissage dans l’alcool ; B) Neutralisation de l’acide dans un bain à
ultrasons, puis à l’acide orthophosphorique sur les plages de débris restant (noter l’aspect
crayeux de l’intrados) ; C) Application de silane puis mettre à l’abri de la lumière (Cas
clinique du Dr. Oudin Gendrel)

38
A B

Figure 29 : A) Appliquer l’adhésif dans l’intrados prothétique sans photopolymériser


B) Mettre la prothèse dans une enceinte inactinique
(Cas clinique du Dr. Oudin Gendrel)

A B

Figure 30 : A) Mordançage sélectif des surfaces amélaires sous champ opératoire étanche ;
B) Application du système adhésif sur la surface dentaire ; C) Photopolymérisation de
l’adhésif (Cas clinique du Dr. Oudin Gendrel)

39
Figure 31 : A) Mise en place de la colle (ici variolink II), et placement de la prothèse à l’aide
d’ultrasons ; B) Application d’une couche de glycérine puis photopolymérisation 40 secondes
sur chaque pan prothétique (Cas clinique du Dr. Oudin Gendrel)

Figure 32 : Résultat final, après élimination des excès et contrôle de l’occlusion


(Cas clinique du Dr. Oudin Gendrel)

40
7. Conclusion

Un large choix de matériaux s’offre au praticien, lui permettant de répondre de la façon la


plus adaptée à la situation clinique qu’il doit aborder. Avec l’avènement de céramiques plus
esthétiques et de faible épaisseur, le praticien peut faire des traitements très conservateurs des
tissus dentaires : le collage de la céramique permet de se libérer des contraintes imposées par
la rétention mécanique, amenant à réaliser un sur-traitement de l’organe dentaire.

Pour choisir la colle la plus adaptée, le praticien devra connaitre la nature du matériau
d’assemblage : ses propriétés intrinsèques, mais aussi ses possibilités d’interaction ou non
avec le système céramique mis en œuvre. Il est important de connaître ces propriétés, car avec
l’importance du marché en termes de matériaux dentaires, il est facile de se perdre. Surtout au
vue de l’apogée des colles auto-adhésives, qui semblent être un matériau encore trop récent
pour se substituer aux autres polymères de collage plus classiques, mais qui attirent beaucoup
de praticiens pour leur simplicité de mise en œuvre. En effet, on peut reprocher aux polymères
de collage classiques leur complexité de mise en œuvre, ce qui rend la qualité de l’assemblage
praticien-dépendant.

Il n’existe pas à proprement parlé de matériau d’assemblage idéal à toutes les céramiques,
mais les traitements de surface préalables de la céramique vont permettre de rendre le collage
optimal.
Le praticien devra donc posséder au moins deux systèmes de collage pour couvrir toutes les
indications cliniques. Les colles sans potentiel adhésif de part leurs qualités esthétiques et
mécaniques semblent couvrir le plus d’indications, mais leur mise en œuvre et leur protocole
rigoureux peuvent être un frein pour certains praticiens.

En conclusion, la réalisation d’un assemblage des céramiques de qualité et durable est liée à la
connaissance du praticien, à son expérience et à sa communication avec le prothésiste.

41
Table des illustrations

Figures Intitulés Pages


1 La Vénus de Dolní Věstonice 2
[Link] Vénus_de_Dolní_Věstonice
2 Proportion de phase vitreuse et de phase cristalline au sein d’une céramique 3
Classification des céramiques suivant leur intervalle de fusion
3 Poujade J-M, Zerbib C, D. Serre. Céramiques dentaires EMC - Dentisterie, 3
2004 ; 1(2) :101-117
Frittage d’une poudre céramique (de gauche à droite : particules en suspension ;
4 début de formation des contacts ; résultat final, état de compaction maximale) 4
Source : CNRS DAE, [Link]
Propriétés des différentes céramiques VITA In-Ceram
5 Directions for use Fabrication of the framework in the slip-casting technique. 6
VITA In-Ceram ALUMINA 12-07
Transformations allotropiques des cristaux d’oxyde de zirconium au cours de
changements de températures ( haut : réchauffement, bas : refroidissement ) 7
6 [Link]
3213_1.html
Schémas des structures cristallographiques quadratiques et monocliniques
7 de la zircone 7

Schéma du mécanisme de renforcement par transformation


de phase de la zircone. 8
8 [Link]
3213_1.html
9 Image en trois dimensions avec le système CEREC ® 10
[Link]
10 Lingotins de céramique 10

Résistance à la flexion de différentes céramiques dentaires 11


11 Poujade J-M, Zerbib C, D. Serre. Céramiques dentaires EMC - Dentisterie,
2004 ; 1(2) :101-117
Tenacité et résistance en flexion de systèmes « tout céramique » 11
12 Poujade J-M, Zerbib C, D. Serre. Céramiques dentaires EMC - Dentisterie,
2004 ; 1(2) :101-117
13 Application d’acide fluorhydrique sur une facette 12

Vue au MEB des surfaces d’IPS Empress A. Contrôle (× 2000) B. sablage à


14 l’oxyde d’alumine 50μm pendant 5 secondes (× 2000) C. Mordançage acide 13
fluorhydrique 10 % pendant 60 secondes (× 2000)

15 Application de silane dans l’intrados d’une facette céramique 13

42
16 Mécanismes d’adhésion du silane sur une surface céramique et au composite de 14
collage
Système Rocatec® 15
17 [Link]
professionals/products/category/conventional-lab/rocatec/
18 Vue au MEB de la pénétration intra tubulaire des adhésifs. A) Système 21
mordançage et rinçage (Optibond® FL) B) Système auto mordançant
(AdheSE®)
Courtoisie URB2i
19 Primaire et résine d’un SAM II : l’AdheSe ® d’Ivoclar Vivadent 22

20 Adhese® Universal de Ivoclar Vivadent 22

21 Structure du monomère 4-methacryloyloxyethyl trimellitate anhydride 25

22 Structure du monomère MDP 27


[Link]
23 Relyx® Unicem 2 de 3M ESPE 29
[Link]
resin-cement-3m-espe
24 Représentation de l’équation de YOUNG 31
[Link]
25 Solution de chlorexidine (photos Dr Oudin Gendrel) 33

26 Quel polymère de collage utiliser en fonction de la nature de la céramique et du 36


traitement de surface
27 Dents (36 et 37) nécessitant une restauration prothétique, le choix s’est porté sur
un onlay céramique IPS [Link]®. Les empreintes et la pièce prothétique seront 47
alors réalisées. (Cas clinique du Dr. Oudin Gendrel)
28 A) Mordançage à l’acide fluorhydrique pendant 20 secondes après contrôle de
l’adaptation et dégraissage dans l’alcool ; B) Neutralisation de l’acide dans un
bain à ultrasons, puis à l’acide orthophosphorique sur les plages de débris restant 47
(noter l’aspect crayeux de l’intrados) ; C) Application de silane puis mettre à
l’abri de la lumière (Cas clinique du Dr. Oudin Gendrel)
29 A) Appliquer l’adhésif dans l’intrados prothétique sans photopolymériser 48
B) Mettre la prothèse dans une enceinte inactinique (Cas clinique du Dr. Oudin
Gendrel)
30 A) Mordançage sélectif des surfaces amélaires sous champ opératoire étanche ;
B) Application du système adhésif sur la surface dentaire ; C) 48
Photopolymérisation de l’adhésif (Cas clinique du Dr. Oudin Gendrel)
31 A) Mise en place de la colle (ici variolink II), et placement de la prothèse à
l’aide d’ultrasons ; B) Application d’une couche de glycérine puis 49
photopolymérisation 40 secondes sur chaque pan prothétique (Cas clinique du
Dr. Oudin Gendrel)
32 Résultat final, après élimination des excès et contrôle de l’occlusion (Cas 49
clinique du Dr. Oudin Gendrel)

43
Références bibliographiques :
[1] Aboushelib MN. Fusion sputtering for bonding to Zirconia based materials. J. Adhes.
Dent. 2012 ; 14:323–328.
[2] Aboushelib, MN, Mirmohamadi H, Matinlinna JP, Kukk, E, Ounsi HF, Salameh
Innovations in bonding to zirconia-based materials. Part II: focusing on chemical interactions.
Dent. Mater. 2009 ; 25:989–993.
[3] Aida M, Hayakawa T, Mizukawa K. Adhesion of composite to porcelain with
various surface conditions. J Prosthet Dent 1995 ; 73:464–70
[4] Attar N, Tam LE, McComb D. Mechanical and physical properties of contemporary
dental luting agents. J Prosthet Dent. 2003 ; 89(2):127-134
[5] Barath VS, Faber FJ, Westland S, Nierdermeier W. Spectrophotometric analysis of
all ceramic materials and interaction with luting agents and differents background. Adv. Dent.
Res. 2003 ; 17:55-60
[6] Beier US, Kapferer I, Burtscher D, Dumfahrt H. Clinical performance of porcelain
laminate veneers for up to 20 years. International Journal of Prosthodontics 2012 ; 25:79–85
[7] Blatz MB, Chiche G, Holst S, Sadan A. Influence of surface treatment and simulated
aging on bond strengths of luting agents to zirconia. Quintessence Int. 2007;38:745–53.
[8] Borges GA, Sophr AM, de Goes MF, Sobrinho LC, Chan DC. Effect of etching
and airborne particle abrasion on the microstructure of different dental ceramics. J Prosthet
Dent. 2003 ; 89:479–488
[9] Buonocore MG. A simple method of increasing the adhesion of acrylic filling
materials to enamel surfaces J Dent Res 1955 ; 34:849–853
[10] Buonocore MG, Matsui A, Gwinett AJ. Penetration of resin dentals materials into
enamel surfaces with reference to bonding. Arch Oral Biol 1968 ; 13:61–70
[11] Cagidiaco M, Ferrari M, Garberoglio R, Davidson CL. Dentin contamination
protection after mechanical preparation for veneering. Am J Dent. 1996 ; 9(2):57-60.
[12] Chaiyabutr Y, McGowan S, Phillips KM, Kois JC, Giordano RA. The effect of
hydrofluoric acid surface treatment and bond strength of a zirconia veneering ceramic. J
Prosthet Dent. 2008 ; 100(3):194-202
[13] Chang JC, Hurst TL, Hart DA, Estey AW. 4-META use in dentistry: A literature
review. J Prosthet Dent. 2002 ; 87(2):216-224
[14] Cheong C, King NM, Pashley DH, Ferrari M, Toledano M, Tay FR.
Incompatibility of self-etch adhesives with chemical/dual-cured composites: two-step vs one-
step systems. Oper Dent. 2003 ; 28(6):747-55.
[15] Christel P, Meunier A, Heller M, Torre JP, Peill CN. Mechanical properties and
short-term in-vivo evaluation of yttrium-oxide partially-stabilized zirconia. J Biomed Mater
Res 1989 ; 23:45–61

44
[16] Dahan L. Les inlays-onlays esthétiques: procédure d'assemblage. Inf Dent. 2012 ; 1:
14-23.
[17] Dan Liu, Edmond H.N. Pow, James Kit-Hon Tsoi, Jukka P. Matinlinna.
Evaluation of four surface coating treatments for resin to zirconia bonding. journal of the
mechanical behavior of biomedical materials 2014 ; 32: 300–309
[18] Davidson CL., De Gee A.J., Feilzer A. The competition between the composite
dentin bond strength and the polymerization contraction stress. [Link]. 1984 ; 63 : 1369-
1399
[19] Degrange M. Les adhésifs qui requièrent un mordançage préalable sont-ils obsolètes ?
Inf Dent. 2007 ; 4 :119-124
[20] Degrange M. Les systemes adhésifs amélo-dentinaires. Réal Clin. 2005 ; 16(4) :327
[21] Dejou J. Les céramiques. Société Francophone de Biomatériaux Dentaires, 2009-2010
[22] Della Bona, A., Borba, M., Benetti, P., Cecchetti, D., Effect of surface treatments on
the bond strength of a zirconia reinforced ceramic to composite resin. Braz. Oral Res. 2007 ;
21:10–15.
[23] De Munck J, Van Landuyt K, Peumans M, Poitevin A, Lambrechts P, Braem M,
Van Meerbeek B. A Critical Review of the Durability of Adhesion to Tooth Tissue: Methods
and Results. J Dent. Res. February 2005 ; 84:118-132
[24] De Munck J, Vargas M, Van Landuyt K. Bonding of an auto-adhesive luting
material to enamel and dentin. Dent Mater 2004 ; 20(10):963-971
[25] Directions for use and Fabrication of the framework in the slip-casting technique.
VITA In-Ceram ALUMINA 12-07
[26] Ferrari JL, Sadoun M. Classification des céramiques dentaires. Cahier De Prothèse
1995 ; 89:17-26
[27] Filho AM, Vieira LC, Araujo E, Monteiro Junior S. Effect of different ceramic
surface treatments on resin microtensile bond strength. J Prosthodont 2004 ; 13:28-35.
[28] Fleiter B, Le Denmat D, Estrade D, Degrange M. Indications et limites des adhésifs
photopolymérisables en ceramique collée. Inf. Dent. 1992 ; 5:343-347
[29] Fradeani M. Anterior maxillary aesthetics utilizing all-ceramic restorations. Pract.
Periodont. Aesthet. Dent. 1995 ; 7:53-66.
[30] Fu B, Sun X, Qian W, Shen Y, Chen R, Hannig M. Evidence of chemical bonding
to hydroxyapatite by phosphoric acid esters. Biomaterials. 2005 ; 26(25):5104-5110
[31] Gerth HU, Dammaschke T, Züchner H, Schäfer E. Chemical analysis and bonding
reaction of RelyX Unicem and Bifix composites —a comparative study. Dent Mater. 2006 ;
22(10):934-41
[32] GEURTSEN W. Substances released from dental resin composites and glass ionomer
cements. Europ. Eur.J. Oral. Sc. 1998 ; 106:687-695

45
[33] Guazzato M, Quach L, Albakry M, Swain MV. Influence of surface and heat
treatments on the flexural strength of Y-TZP dental ceramic. Joural of Dentistry 2005 ;
33(1):9-18
[34] Gwinett AJ. Altered tissue contribution to interfacial bond strength with acid
conditioned dentin. Am J Dent 1994 ; 7:243–6.
[35] Gwinett AJ. Structure and composition of enamel. Oper Dent 1992;17(Suppl. 5):10–7
[36] Hans UV, Gerth, Till D, Harald Z. Chemical analysis and bonding reaction of
RelyX Unicem and Bifix composites-A comparative study. Dent Mater 2006 ; 22(10):934-
941
[37] Heikkinen, T.T., Lassila, L.V., Matinlinna, J.P., Vallittu, P.K. Effect of operating
air pressure on tribochemical silicacoating. Acta Odontol. 2007 ; 65:241–248.
[38] Hikita K, Van Meerbeek B, De Munck J, Ikeda T, Van Landuyt K, Maida T,
Lambrechts P, Peumans M. Bonding effectiveness of adhesive luting agents to enamel and
dentin. Dent Mater. 2007 ; 3(1):71-80.
[39] Hitz T, Stawarczyk B, Fischer J, Hämmerle CH, Sailer I. Are self-adhesive resin
cements a valid alternative to conventional resin cements? A laboratory study of the long-term
bond strength. Dent Mater. 2012 ; 28(11):1183-90
[40] Hooshmand T, van Noort R, Keshvad A. Storage effect of a pre-activated silane on
the resin to ceramic bond. Dent Mater. 2004 ; 20(7):635-42.
[41] ISO6862. Dentistry – ceramic materials. Geneva: International Organization for
Standardization; 2008
[42] Kern, M. Resin bonding to oxide ceramics for dental restorations. J. Adhes. Sci.
Technol. 2009 ; 23:1097–1111
[43] Kern M, Van P. Thompson. Sandblasting and silica coating of a glass-infiltrated
alumina ceramic: Volume loss, morphology, and changes in the surface composition. J
Prosthet Dent. 1994 ;71:453-461
[44] Kern M, Wegner SM. Bonding to zirconia ceramic: adhesion methods and their
durability. Dent Mater 1998 ;14:64-71
[45] Kilinc E, Antonson SA, Hardigan PC, Kesercioglu A. The Effect of Ceramic
Restoration Shade and Thickness on the Polymerization of Light- and Dual-cure Resin
Cements. Operative Dentistry 2011 ; 36:661-669
[46] Kitayama S, Nikaido T, Takahashi R, Zhu L, Ikeda M, Foxton RM. Effect of
primer treatment on bonding of resin cements to zirconia ceramic. Dent Mater 2010 ; 26:426–
432
[47] Kosmac, T., Oblak, C., Jevnikar, P., Funduk, N., Marion, L. Strength and
reliability of surface treated y-tzp dental ceramics. J. Biomed. Mater. Res. 2000 ; 53 :304–
313.

46
[48] Koubi SA., Margossian P., Weisrok G., Lasserre JF., Faucher AJ., Brouillet JL.,
Koubi G., Tassery H. Restaurations adhésives en céramique : une nouvelle référence dans la
réhabilitation du sourire. Inf. Dent. 2009 ; 8:363-374
[49] Krämer N, Lohbauer U, Frankenberger R. Adhesive luting of indirect restorations.
Am J Dent. 2000 ; 13:60-76.
[50] Liger F, Perelmuter S. Facettes et céramiques. Inf. Dent. 1990 ; 16:1425-1432
[51] Liu PR, Isenberg BP, Leinfelder KF. Evaluating CAD-CAM generated ceramic
veneers. J Am Dent Assoc 1993 ; 124:59–63
[52] Lung, C., Kukk, E., Matinlinna, J.P. The effect of silicacoating by sol–gel process
on resin–zirconia bonding. Dent. Mater. J. 2013 ; 32:165–172.
[53] Ma L, Guess PC, Zhang Y. Load-bearing properties of minimal-invasive monolithic
lithium disilicate and zirconia occlusal onlays: finite element and theoretical analyses. Dent
Mater. 2013 ; 29(7):742-751
[54] Magne P. Immediate Dentin Sealing: A Fundamental Procedure for Indirect Bonded
Restorations J Esthet Restor Dent. 2005 ; 17(3):144-54
[55] Magne P., Cascione D. Influence of post-etching cleaning and connecting porcelain
on the microtensile bond strength of composite resin to feldspathic porcelain. The Journal of
Prosthetic Dentistry 2006 ; 96(5):354-361
[56] Matinlinna JP, Lassila LV, Ozcan M, Yli-Urpo A, Vallittu PK. An introduction to
silanes and their clinical applications in dentistry. Int J Prosthodont 2004 ; 17:155–64.
[57] McLaren EA, White SN. Glass-infiltrated zirconia/ alumina-based ceramic for
crowns and fixed partial dentures: clinical and laboratory guidelines. Pract Periodontics
Aesthet Dent 1999 ; 11:985-994
[58] Miyazaki T, Nakamura T, Matsumura H, Ban S, Koba yashi T. Current status of
zirconia restoration. J Prosthodont Res. 2013 ; 57 (4) : 236-61.
[59] Monaco, C., Tucci, A., Esposito, L., Scotti, R. Microstructural changes produced by
abrading y-tzp in presintered and sintered conditions. J. Dent. 2012 ; 41:121–126.
[60] Nakabayashi N. Adhesive bonding with 4-META. Oper Dent. 1992 ; l 5:125-30.
[61] Nakabayashi N. Bonding mechanism of resins and the tooth. Kokubyo Gakkai
Zasshi. 1982 ; 49(2):410
[62] Nakabayashi N. Interpenetration of monomers into dentin and their adhesion.
Kokubyo Gakkai Zasshi. 1984 ; 51(2):447-54.

[63] Nakabayashi N, Watanabe A, Gendusa NJ. Dentin adhesion of "modified" 4-


META/MMA-TBB resin: function of HEMA. Dent Mater July 1992 ; 8:259-264
[64] Nakamura T, Wakabayashi K, Kinuta S. Mechanical properties of new self
adhesive resin-based cement. J Prosthodont Res 2010 ; 54(2):59-64.

47
[65] Ohno H, Endo K, Hashimoto M New mechanical retention method for resin and
gold alloy bonding. Dental Materials (2004) 20, 330–337
[66] Oudin Gendrel A, Allard Y, Lehmann N, Sangare A. Collage en odontologie. EMC
- Médecine buccale 2015 ; 10(3):1-8
[67] Ozcan M, Vallittu PK. Effect of surface conditioning methods on the bond strength
of luting cement to ceramics. Dent Mater 2003 ; 19:725–731.
[68] Pashley DH, Tay FR, Yiu C, Hashimoto M, Breschi L, Carvalho RM, Ito S.
Collagen degradation by host-derived enzymes during aging. J Dent Res. 2004 ; 83(3):216-
21.
[69] Poujade J-M, Zerbib C, D. Serre. Céramiques dentaires EMC - Dentisterie, 2004 ;
1(2) :101-117
[70] Sadoun M. Céramiques dentaires: matériau céramique et procédé de mise en forme.
Tech Dent 2000 ; 165:13-17.
[71] Saskalauskaite E, Tam LE, McComb D. Flexural strength, elastic modulus, and pH
profile of self-etch resin luting cements. J Prosthodont 2008 ; 17(4):262-268.
[72] Savitt ED, Malament KA, Socransky SS, Melcer AJ, Backman KJ. Effects on
colonization of oral microbiota by a cast glass-ceramic restoration. Int J Periodontics
Restorative Dent. 1987 ; 7(2):22-35
[73] Shiu P, De Souza-Zaroni WC, Eduardo Cde P, Youssef MN. Effect of feldspathic
ceramic surface treatments on bond strength to resin cement. Photomed Laser Surg 2007 ;
25(4):291–296
[74] Stansbury JW. Curing dental resins and composites by photopolymerization. J Esthet
Dent 2000 ;12:300–8
[75] Sue PS, Johnson R, White SN. Fit of veneers made by CAD-CAM and platinum foil
methods. Oper Dent 1997 ; 22:121–127
[76] Tay FR, Gwinnett AJ, Wei SHY. The over-wet phenomenon: anoptical,
micromorphological study of surface moisture in the acid-conditioned, resin-dentin interface.
Am J Dent 1996 ; 9:43-8
[77] Teng, J., Wang, H., Liao, Y., Liang, X. Evaluation of a conditioning method to
improve core-veneer bond strength of zirconia restorations. J. Prosthet. Dent. 2012 ; 107:380–
387
[78] Thompson JY, Stoner BR, Piascik JR, Smith R. Adhesion/cementation to zirconia
and other non-silicate ceramics: where are we now? Dent Mater 2011 ; 27:71-82.
[79] J.W Thurmond, W.W Barkmeier, T.M Wilwerding. Effect of porcelain surface
treatments on bond strengths of composite resin bonded to porcelain J Prosthet Dent, 1994 ;
72:355–359
[80] Van Meerbeek B, Inokoshi S, Braem M, Lambrechts P, Van- herle G.
Morphological aspects of the resin-dentin interdiffusion zone with different dentin adhesive
systems. J Dent Res 1992 ; 71: 1530–40.
48
[81] Van Meerbeek B, Perdigao J, Lambrechts P, Vanherle G. The clinical
performance of adhesives. J Dent. 1998 ; 26(1):1-20.
[82] Van Meerbeek B, Van Landuyt K, De Munck J, Hashimoto M, Peumans M,
Lambrechts P, Yoshida Y, Inoue S, Suzuki K. Technique-sensitivity of contemporary
adhesives. Dent Mater J. 2005 ; 24(1):1-13.
[83] Viotti RG, Kasaz A, Pena C, Alexandre R, Arrais C, Reis A. Microtensile bond
strength of new self-adhesive luting agents and conventional multistep systems. J Prosthet
Dent. 2009 ; 102(5):306-12.
[84] Vojvodic D, Predanic-Gasparac H, Brkic H, Celebic A. The bond strength of
polymers and metal surfaces using the 'silicoater' technique. J Oral Rehabil. 1995 ; 22(7):493-
9
[85] Yang B., Barloi A., Kern M. Influence of air-abrasion on zirconia ceramic bonding
using an adhesive composite resin. Dental Materials , 2010 ; 26(1):44 – 50
[86] Yavuz T, Dilber E, Kara HB, Tuncdemir AR, Ozturk AN. Effects of different
surface treatments on shear bond strength in two different ceramic systems. Lasers Med Sci.
2013 ; 28(5):1233-1239.
[87] Yoshida Y, Nagakane K, Fukuda R, Nakayama Y, Okazaki M, Shintani H.
Comparative study on adhesive performance of functional monomers. J Dent Res 2004 ;
83:454-458.
[88] Yoshida Y, Van Meerbeek B, Nakayama Y, Yoshioka M, Snauwaert J, Abe Y,
Lambrechts P, Vanherle G, Okazaki M. Adhesion to and decalcification of hydroxyapatite
by carboxylic acids. J Dent Res 2001 ; 80:1565–9.
[89] Yoshihara K, Yoshida Y, Nagaoka N, Hayakawa S, Okihara T, De Munck J,
Maruo Y, Nishigawa G, Minagi S, Osaka A, Van Meerbeek B. Adhesive interfacial
interaction affected by different carbon-chain monomers. Dent Mater. 2013 ; 29(8):888-97.
[90] Zhang C, Degrange M. Shear bond strengths of self-adhesive luting resins fixing
dentine to different restorative materials. Biomater Sci Polym 2010 ; 21(5):593-608

49
50
Serment d’Hippocrate

En présence des Maîtres de cette Faculté, de mes chers


condisciples, devant l’effigie d’Hippocrate,

Je promets et je jure, au nom de l’Etre Suprême, d’être fidèle aux


lois
de l’Honneur et de la probité dans l’exercice de La Médecine
Dentaire.

Je donnerai mes soins gratuits à l’indigent et n’exigerai jamais


un salaire au-dessus de mon travail, je ne participerai à aucun
partage clandestin d’honoraires.

Admis dans l’intérieur des maisons, mes yeux ne verront pas ce


qui se passe, ma langue taira les secrets qui me seront confiés et
mon état ne servira pas à corrompre les mœurs ni à favoriser le
crime.

Je ne permettrai pas que des considérations de religion, de


nation, de race, de parti ou de classe sociale viennent s’interposer
entre mon Devoir et mon patient.

Je garderai le respect absolu de la vie humaine dès sa conception.

Même sous la menace, je n’admettrai pas de faire usage de mes


connaissances médicales contre les lois de l’Humanité.

Respectueux et reconnaissant envers les Maîtres, je rendrai à


leurs enfants l’instruction que j’ai reçue de leurs pères.

Que les hommes m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes


promesses,

Que je sois couvert d’opprobre et méprisé de mes confrères si j’y


manque.

51
MACARIO Alexandre

ASSEMBLAGE DES CERAMIQUES : ANALYSE AU


TRAVERS DE LA LITTERATURE ACTUELLE ET
D'UN CAS CLINIQUE

Thèse : Chirurgie Dentaire, Nice, n°42-57-16-10

Directeur de thèse : Dr. OUDIN-GENDREL Antoine

Mots clés : - Céramique


- Collage
- Polymère de collage
- Assemblage
- Adhésion

Résumé :

Les biomatériaux dentaires modernes permettent de réaliser des traitements prothétiques


conservateurs, et esthétiques. Le matériau de choix pour les prothèses fixes est la céramique qui se
présente sous différentes natures : vitrocéramique, feldspathique, polycristalline... Très esthétique et
très résistante, la céramique reste néanmoins un matériau inerte qui ne peut pas se lier aux
structures dentaires. Sur une restauration fixe rétentive, un scellement suffira ; Sur un traitement
conservateur des tissus, où la rétention est inexistante, il faudra alors coller la prothèse aux surfaces
dentaires.
Pour cela, il faudra traiter préalablement les surfaces céramiques en leur conférant des propriétés
adhésives, puis utiliser un « polymère de collage » adapté.
Le but de ce travail est de guider le praticien dans ses choix lors de l’assemblage de restaurations en
céramique. L’objectif est alors de proposer quel type de colle doit utiliser le chirurgien dentiste en
fonction de la nature de la céramique mise en œuvre.

52

Vous aimerez peut-être aussi