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Contestation de filiation paternelle en droit

Ce document décrit une décision de justice concernant une contestation de reconnaissance paternelle. Un homme conteste la reconnaissance d'un enfant par le nouveau compagnon de la mère, arguant qu'il est le père biologique. Le tribunal ordonne un test ADN, estimant que la possession d'état invoquée n'est pas déterminante et que l'intérêt de l'enfant est de connaître la vérité sur ses origines.

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Contestation de filiation paternelle en droit

Ce document décrit une décision de justice concernant une contestation de reconnaissance paternelle. Un homme conteste la reconnaissance d'un enfant par le nouveau compagnon de la mère, arguant qu'il est le père biologique. Le tribunal ordonne un test ADN, estimant que la possession d'état invoquée n'est pas déterminante et que l'intérêt de l'enfant est de connaître la vérité sur ses origines.

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796 filiation et adoption

Mons (19e ch.), 14 mai 2012

Siège : Mme J. Joachim, président ; Mme F. Putzeys et M. P.‑A. Wustefeld,


conseillers
Ministère public : M. L. Ver Elst-Reul, substitut du procureur général
Avocats : Mes P. Lambert et C. Storms

V. et W. c/ R. et Me V., tuteur ad hoc

FILIATION — FILIATION PATERNELLE HORS MARIAGE —


RECONNAISSANCE — CONTESTATION — DROITS DE LA
PERSONNALITÉ — DROIT AU RESPECT DE LA VIE PRIVÉE ET
FAMILIALE — Reconnaissance mensongère par le nouveau compagnon
de la mère — Contestation par le père biologique — Possession d’état — Vice
d’équivocité — Application des récents arrêts de la Cour constitutionnelle —
Balance des intérêts — Intérêt de l’enfant — Droit de connaître ses origines
paternelles — Article 7 de la Convention de New York relative aux droits de
l’enfant — Articles 22 et 22bis de la Constitution

Il découle des éléments du dossier que le nouveau compagnon de la mère a


reconnu l’enfant alors qu’il savait que la paternité biologique de cette enfant était
revendiquée par un autre homme. Dans ce contexte, la possession d’état qu’il allègue
est manifestement équivoque et ne peut constituer une fin de non-recevoir à la
demande en contestation de reconnaissance formulée par l’homme revendiquant la
paternité de l’enfant. La circonstance que l’enfant porte le nom de W. qui s’occupe
d’elle et auquel elle est attachée n’est pas de nature à ôter à la possession d’état
alléguée son caractère d’équivocité. Par ailleurs, il résulte des divers arrêts prononcés
par la Cour constitutionnelle que la possession d’état ne constitue plus une fin de
non-recevoir absolue. Certes, ces arrêts ne concernent pas directement l’article 330
du Code civil applicable en l’espèce soumise, mais il serait déraisonnable d’ignorer
le signal clair de la Cour constitutionnelle selon lequel « ni la prescription, ni la
possession d’état, ni probablement aucune autre institution juridique fondée sur une
justification « abstraite », ne peuvent constituer des obstacles infranchissables dans la
voie qui doit permettre à tout individu justifiant d’un intérêt particulier, protégé par
les libertés et droits fondamentaux, de soumettre sa cause au juge chargé d’arbitrer
les confrontations d’intérêts individuels au regard de tous les éléments de l’espèce ».
Au vu de l’article 7 de la Convention de New York du 20 novembre 1989 relative
aux droits de l’enfant qui consacre le droit de l’enfant, dans la mesure du possible,
de connaître ses parents et d’être élevés par eux, de l’article 22 de la Constitution
qui consacre le droit au respect de la vie privée et familiale et de l’article 22bis de
la Constitution qui confirme que l’enfant a droit au respect de son intégrité morale
et physique, c’est en vain que les appelants soutiennent qu’il n’est pas de l’intérêt de
l’enfant de voir sa situation familiale bouleversée par l’arrivée dans sa vie d’un père
qu’elle ne connaît pas et qui reste un étranger pour elle. La filiation paternelle de

Revue trimestrielle de droit familial — 3/2012


jurisprudence  797

l’enfant est contestée et il est de l’intérêt de l’enfant de connaître la vérité sur ses ori-
gines paternelles. C’est donc à bon droit que le premier juge a ordonné la réalisation
d’une expertise génétique.

Vu, produites en forme régulière, les pièces de procédure requises par la loi
et notamment :
—— la copie, certifiée conforme, de l’arrêt prononcé contradictoirement par la
Cour, le 17 octobre 2011 ainsi que les pièces de procédure y visées.
[…]
À l’audience du 19 mars 2012, les débats ont été repris ab initio devant la
Cour dans sa composition actuelle sur tous les points non tranchés par l’arrêt anté-
rieur du 17 octobre 2011.

I. Les faits et les rétroactes


Tels que résumés dans l’arrêt du 17 octobre 2011, ces derniers peuvent être
rappelés comme suit :
Le 8 mars 2005, D. R. a appelé en conciliation N. V. M. devant le juge de
paix du deuxième canton de Charleroi : il souhaitait reconnaître l’enfant O. V. M.,
née le (…) 2003 et dont il estime être le père ; la mère de l’enfant, N. V. M., avait
refusé de donner son accord à cette reconnaissance.
Le 18 mai 2005, un procès-verbal de non-conciliation a été dressé et la cause
a été renvoyée devant le tribunal de première instance de Charleroi.
Par citation du 3 avril 2007, D. R. a introduit une contestation de la recon-
naissance de l’enfant O. faite entretemps par P. W. le 7 juin 2006.
Par son jugement dont appel, le premier juge a joint les deux causes et, avant
dire droit quant à la recevabilité et au fondement des demandes, a ordonné une
expertise génétique aux fins de dire si l’enfant O. est issue ou non des œuvres de
D. R. et de N. V. M.
Par leur appel, N. V. M. et P. W. sollicitent, par réformation de la décision
entreprise, que la demande originaire de D. R. soit déclarée irrecevable et à tout le
moins non fondée.
Ils introduisent une demande incidente tendant à la condamnation de D. R.
à payer, à chacun d’eux, une somme de 500 EUR à titre de dommages et intérêts
pour procédure téméraire et vexatoire.
Subsidiairement, ils demandent à pouvoir rapporter la preuve d’un fait, par
toutes voies de droit, témoignages compris.
D. R. a également introduit une demande incidente tendant à la condam-
nation des appelants à lui payer une somme de 500 EUR à titre de dommages et
intérêts pour appel téméraire et vexatoire.
Par son arrêt du 17 octobre 2011, la Cour, compte tenu des débats menés
devant elle à son audience du 10 octobre 2011, a invité les parties à conclure quant

Revue trimestrielle de droit familial — 3/2012


798 filiation et adoption

à l’application de la loi dans le temps et quant à l’incidence des arrêts récents de la


Cour constitutionnelle sur le litige en cours.

II. La décision de la Cour

A. Application de la loi dans le temps

Les dispositions transitoires consacrées par la loi du 1er juillet 2006 concernent
essentiellement les délais dans lesquels les personnes concernées peuvent agir en
justice pour contester la reconnaissance d’un enfant.
Le litige porté à l’appréciation de la Cour ne concerne pas les délais mais le
fond des actions entreprises.
À défaut de dispositions transitoires expresses sur ce point, il faut donc se
référer aux règles générales du droit transitoire selon lequel la loi nouvelle s’ap-
plique non seulement aux situations qui naissent à partir de son entrée en vigueur,
mais encore aux effets futurs de situations nées sous le régime antérieur et se pro-
longeant sous l’empire de la loi nouvelle (Cass., 2 mai 1994, Pas., p. 434 ; De Page,
Traité élémentaire de droit civil belge, t. I, nos 231 et s.).

B. La possession d’état et le fondement des demandes

L’article 330, § 1er, du Code civil, applicable en l’espèce, dispose qu’à moins
que l’enfant ait la possession d’état à l’égard de celui qui l’a reconnu, la reconnais-
sance paternelle peut être contestée par l’homme qui revendique la paternité.
En son paragraphe 2, cet article dispose que sans préjudice du § 1er, la recon-
naissance est mise à néant s’il est prouvé par toutes voies de droit que l’intéressé
n’est pas le père.
Enfin en son paragraphe 3, il précise que la demande en contestation intro-
duite par la personne qui se prétend le père biologique de l’enfant n’est fondée que
si sa paternité est établie et que la décision faisant droit à cette action en contesta-
tion entraîne de plein droit l’établissement de la filiation du demandeur.
N. V. M. et P. W. opposent à D. R. la fin de non-recevoir constituée par la
possession d’état.
Pour pouvoir constituer une fin de non-recevoir à l’action en contestation,
la possession d’état doit être continue et non-équivoque, c’est-à-dire, notamment,
non fondée à la base sur une erreur ou sur une fraude.
En l’espèce, la Cour relève que :
—— O. est née le 5 mai 2003,
—— D. R. a appelé N. V. M. en conciliation devant le juge de paix du second
canton de Charleroi le 8 mars 2005 afin de s’entendre autorisé à reconnaître
l’enfant,
—— un procès-verbal de non-conciliation a été dressé le 18 mai 2005,
—— le 27 février 2006, D. R. a demandé fixation de la cause devant le tribunal de
première instance de Charleroi,

Revue trimestrielle de droit familial — 3/2012


jurisprudence  799

—— les parties ont été informées le 20 mars 2006 de ce que la cause était fixée à
l’audience du 8 juin 2006 devant la première chambre civile de ce tribunal,
—— le 7 juin 2006, P. W. a reconnu l’enfant.
Il découle de ce qui précède que P. W. a reconnu O. alors qu’il savait que la
paternité biologique de cette enfant était revendiquée par D. R.
Dans ce contexte, la possession d’état qu’il allègue est manifestement équi-
voque et ne peut constituer une fin de non-recevoir à la demande formée par D. R.
La circonstance qu’O. porte le nom de W. qui s’occupe d’elle et auquel elle
est attachée n’est pas de nature à ôter à la possession d’état alléguée son caractère
d’équivocité.
Par ailleurs, il résulte de divers arrêts prononcés par la Cour constitution-
nelle que la possession d’état ne constitue plus une fin de non-recevoir absolue.
Dans son arrêt 20/2011, la Cour constitutionnelle condamne la possession
d’état comme exception absolue d’irrecevabilité opposée à l’action du mari en
contestation de paternité.
Dans cet arrêt, la Cour constitutionnelle considère que :
« Bien que la paix des familles et la sécurité juridique des liens familiaux
soient des objectifs légitimes dont le législateur peut tenir compte pour empê-
cher que la recherche de paternité puisse être exercée sans limitation, le caractère
absolu de la condition mentionnée a pour effet que le législateur a, dans toutes les
circonstances, fait prévaloir la réalité socio-affective de la paternité sur la réalité
biologique, sans laisser au juge le pouvoir de tenir compte des faits établis et de
l’intérêt de toutes les parties concernées.
Cette mesure constitue une atteinte disproportionnée au droit au respect de
la vie privée des enfants.
La disposition en cause n’est donc pas compatible avec l’article 22 de la
Constitution ».
Dans son arrêt 96/2011, la Cour constitutionnelle condamne l’exception de
prescription opposée à l’action de l’enfant en contestation de la paternité du mari
puisque le titre légal du père ne correspond ni à la vérité biologique ni à aucun vécu
socio-affectif.
Constatant que la « balance des intérêts » porte préjudice, de manière incon-
testable, aux intérêts du requérant au nom d’une norme théorique qui ne profite à
personne, la Cour constitutionnelle conclut qu’en l’espèce, la règle abstraite établie
pour servir l’intérêt général de la collectivité doit céder devant l’intérêt de l’indi-
vidu à pouvoir agir en justice et en application de son droit au respect de sa vie
privée garanti par les articles 10, 11 et 22 de la Constitution, lus en combinaison
avec les articles 8 et 14 de la Convention européenne des droits de l’homme et des
libertés fondamentales.
Par son arrêt 122/2011, la Cour constitutionnelle confirme sa position et
décide pour la seconde fois que la possession d’état érigée en fin de non-rece-
voir absolue ne répond pas aux exigences de constitutionnalité et comporte une
atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée de l’enfant concernée
(voy. « La prophétie de Gerlo », Réflexion à propos des derniers arrêts de la Cour

Revue trimestrielle de droit familial — 3/2012


800 filiation et adoption

constitutionnelle en matière de filiation, par Nathalie Massager, in Actualités du


droit de la famille, 2011-7, pp. 129 et s.).
Certes, les arrêts ci-dessus analysés ne concernent pas directement l’article 330
du Code civil applicable en l’espèce soumise, mais il serait déraisonnable d’ignorer
le signal clair de la Cour constitutionnelle selon lequel « ni la prescription, ni la
possession d’état, ni probablement aucune autre institution juridique fondée sur
une justification « abstraite », ne peuvent constituer des obstacles infranchissables
dans la voie qui doit permettre à tout individu justifiant d’un intérêt particulier,
protégé par les libertés et droits fondamentaux, de soumettre sa cause au juge
chargé d’arbitrer les confrontations d’intérêts individuels au regard de tous les
éléments de l’espèce (idem, p. 138 ; voy. aussi : « Coups de tonnerre constitution-
nels dans la filiation : l’article 318 du Code civil dans la tourmente…, par Anne
Rasson-Roland, in Revue trimestrielle de droit familial, 3/2011, pp. 581 et s.).
Par ailleurs, la Cour de cassation qui avait préalablement interrogé la Cour
constitutionnelle a, par son arrêt du 3 février 2012 (C.09.0236), cassé un arrêt pro-
noncé par la cour d’appel de Liège le 30 septembre 2008 en considérant que :
« Par son arrêt du 11 juin 2010, la Cour a posé à la Cour constitutionnelle
une question préjudicielle en vue de savoir si l’article 323 ancien du Code civil ne
violait pas les articles 22 et 22bis de la Constitution en ce qu’il interdit à un enfant
de rechercher son père biologique et de faire reconnaître sa paternité lorsqu’il a été
conçu pendant le mariage de sa mère et que sa filiation à l’égard du mari de sa mère
est corroborée par une possession d’état.
Par son arrêt du 7 juillet 2011, la Cour constitutionnelle a répondu que l’ar-
ticle 323 précité viole l’article 22 de la Constitution, au motif que la condition de
possession d’état, qui a pour effet que le législateur a, dans toutes les circonstances,
fait prévaloir la réalité socio-affective de la paternité sur la réalité biologique, sans
laisser au juge le pouvoir de tenir compte des faits établis et de l’intérêt de toutes
les parties concernées, constitue une atteinte disproportionnée au droit au respect
de la vie privée des enfants.
L’arrêt attaqué ne justifie dès lors pas légalement sa décision de rejeter
l’action en substitution de paternité introduite par la demanderesse au motif que,
en vertu de l’article 323 ancien du Code civil, la possession d’état est une fin de
non-recevoir péremptoire ».
L’article 7 de la Convention de New York du 20 novembre 1989 relative aux
droits de l’enfant prévoit que l’enfant a, dans la mesure du possible, le droit de
connaître ses parents et d’être élevé par eux.
L’article 22 de la Constitution dispose que chacun a droit au respect de sa vie
privée et familiale tandis que l’article 22bis confirme que l’enfant a droit au respect
de son intégrité morale et physique.
Au vu de ces dispositions, c’est en vain que P. W. et N. V. M. soutiennent
qu’il n’est pas de l’intérêt d’O. de voir sa situation familiale bouleversée par l’arri-
vée dans sa vie d’un père qu’elle ne connaît pas et qui reste un étranger pour elle.
La filiation paternelle d’O. est contestée et il est de l’intérêt de l’enfant de
connaître la vérité sur ses origines paternelles.

Revue trimestrielle de droit familial — 3/2012


jurisprudence  801

Face à ce droit qu’a l’enfant de connaître ses origines, la circonstance qu’O.


pourrait connaître, par le fait de sa reconnaissance par D. R., un sort différent de
celui de sa sœur O. est sans pertinence aucune.
Il en va de même du fait que D. R. a attendu près de trois ans avant d’intro-
duire une procédure judiciaire, ce dernier prétendant avec vraisemblance que s’il
a attendu c’était parce qu’au départ de la vie d’O., N. V. M. ne s’opposait pas à ce
qu’il rencontre l’enfant et qu’il pensait qu’il était du meilleur intérêt de celle-ci de
trouver un arrangement amiable avec la mère.
Au vu des considérations qui précèdent, les attestations produites par les
appelants sont sans pertinence, la Cour se devant de rappeler que ce genre de docu-
ment doit être approché avec la plus grande prudence, vu la sollicitation dont leurs
auteurs ont fait généralement l’objet.
Il ne convient par ailleurs pas de faire droit à la demande d’enquête formulée
par les appelants, les faits cotés étant sans pertinence au vu de ce qui vient d’être
rappelé.
C’est donc à bon droit que le premier juge a ordonné la réalisation d’une
expertise génétique. Le jugement entrepris sera en conséquence confirmé.

C. La demande incidente des appelants

Les appelants demandent la condamnation de D. R. au payement de la


somme de 500 EUR à titre de dommages et intérêts pour procédure téméraire et
vexatoire, soutenant que l’actuel intimé a commis une faute en ne renonçant pas à
sa procédure au vu des attestations produites qui établissaient selon eux la réalité
de la possession d’état alléguée.
Les développements qui précèdent et plus particulièrement les considérations
de la Cour quant au caractère équivoque de la possession d’état vantée par P. W.
démontrent le manque de fondement de l’actuelle demande incidente.
Les appelants en seront déboutés.

D. La demande incidente de D. R.

D. R. demande à la Cour de condamner N. V. M. et P. W. à lui payer chacun


la somme de 500 EUR pour appel téméraire et vexatoire.
Cette demande est fondée.
En effet, outre le fait que le jugement entrepris est parfaitement motivé, il
ressort de l’examen de la procédure que N. V. M. et P. W. ont adopté une attitude
manifestement dilatoire, en attendant près de dix-sept mois avant de déposer leur
requête d’appel, tout en s’étant abstenus de se présenter aux convocations des
experts.
PAR CES MOTIFS,
LA COUR,
Statuant contradictoirement, dans les limites de sa saisine, à la suite de son
arrêt du 17 octobre 2011.

Revue trimestrielle de droit familial — 3/2012


802 filiation et adoption

Dit l’appel non fondé.


En déboute les appelants et confirme le jugement entrepris en toutes ses
dispositions.
Dit fondée la demande incidente de D. R.
En conséquence, condamne N. V. M. et P. W. à payer à D. R., chacun,
la somme de 500 EUR à titre de dommages et intérêts pour appel téméraire et
vexatoire.
Dit non fondée la demande incidente de dommages et intérêts formée par les
appelants.
Les en déboute.
Vu le prescrit de l’article 1068, § 2, du Code judiciaire, renvoie la cause, pour
ses suites, au premier juge.
Condamne les appelants aux dépens d’appel de D. R., liquidés à la somme de
1.320 EUR étant l’indemnité de procédure.

Note (1)

L’article 7 de la Convention relative aux droits de l’enfant


dans la jurisprudence belge en matière de filiation

1. L’article 7.1 de la Convention du 20 novembre 1989 relative aux droits de


l’enfant (2) consacre le droit de l’enfant, de connaître ses parents (3) dans la mesure
du possible (4) et d’être élevé par eux.
L’article 7.2 poursuit en imposant aux États parties de veiller à mettre ce
droit en œuvre conformément à leur législation nationale et aux obligations que
leur imposent les instruments internationaux applicables en la matière.
2. La référence à l’article 7 est fréquente dans la jurisprudence belge en
matière de filiation, pour passer outre au refus de la mère à une demande de recon-

(1)
En ce qui concerne le volet « possession d’état », nous renvoyons le lecteur à la note
rédigée par Jehanne Sosson sous l’arrêt de la Cour de cassation du 2 mars 2012, publié dans
cette livraison, p. 712.
(2)
Convention relative aux droits de l’enfant adoptée à New York le 20 novembre 1989,
approuvée par la loi belge du 25 novembre 1991, entrée en vigueur en Belgique le
25 novembre 1991.
(3)
Le terme « parents » est un terme plurivoque, susceptible de recouvrir, aujourd’hui
plus que jamais, différentes réalités : parent biologique, génétique, juridique, socio-affectif,
voire simple « auteur du projet parental ». La notion de parents n’étant pas définie par la
Convention, il est sans doute utopique de choisir de lui assigner une interprétation univoque.
(4)
Cette locution, faut-il le préciser (?), fait évidemment l’objet d’interprétations diver-
gentes. L’expression même est ambiguë, comme le relève Nicole Gallus, puisqu’elle peut tout
à la fois signifier « dans la mesure qu’on juge opportune » ou « dans la mesure de ce qui est
techniquement réalisable », et la différence est de taille : N. Gallus, Le droit de la filiation.
Rôle de la vérité socio-affective et de la volonté en droit belge, Bruxelles, Larcier, 2009, p. 532,
note 220.

Revue trimestrielle de droit familial — 3/2012

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