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Contestation de reconnaissance de filiation

Le document décrit une décision de justice annulant la reconnaissance d'un enfant par un homme. La grand-mère paternelle de l'enfant a contesté la reconnaissance, car l'homme n'est pas le père biologique de l'enfant. La reconnaissance a été annulée car la possession d'état de l'enfant n'était pas continue et non équivoque.

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Contestation de reconnaissance de filiation

Le document décrit une décision de justice annulant la reconnaissance d'un enfant par un homme. La grand-mère paternelle de l'enfant a contesté la reconnaissance, car l'homme n'est pas le père biologique de l'enfant. La reconnaissance a été annulée car la possession d'état de l'enfant n'était pas continue et non équivoque.

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834 FILIATION

Civ. Nivelles (7e ch.), 2 septembre 2003

Siège : Mme S. Sterck, juge unique


Ministère public : M. A. Hachez, premier substitut du procureur du Roi
Avocats : Mes Mercier, Baltus loco P. Crousse et Marghem
P. c/ A., E et Me M. C. (tutrice ad hoc)

FILIATION — FILIATION PATERNELLE — RECONNAISSANCE — Con-


testation — Demande introduite par la grand-mère paternelle de l’enfant —
Absence de possession d’état
La demande de la mère de l’auteur de la reconnaissance d’un enfant tendant à
entendre contester cette reconnaissance est recevable. En effet, au-delà d’un intérêt
purement patrimonial, les grands-parents justifient d’un intérêt moral certain à ce
que la situation juridique de l’enfant corresponde à la réalité biologique et à ce que
leur nom ne soit pas porté par un enfant dont il serait établi qu’ils ne sont pas les
grands-parents.
La demande est par ailleurs fondée dès lors que la possession d’état de l’enfant
à l’égard de l’auteur de la reconnaissance n’a pas un caractère continu et non
équivoque, ne fût-ce que parce que lors de la reconnaissance l’enfant était déjà âgé
de 7 ans.

Attendu que la demande a pour objet de voir annuler la reconnaissance faite


le 11 septembre 1995 par-devant l’officier de l’état civil de la commune de … par
Monsieur F. de l’enfant Georges C. auquel Madame A. a donné naissance au
Cameroun en juillet 1988;
1. Attendu qu’il résulte des pièces produites et des explications données par les
parties que Monsieur F. et Madame A. ont fait connaissance « par
correspondance» dans le courant de l’année 1994, alors que Monsieur F. résidait
en Belgique et Madame A. au Cameroun;
Qu’ils ont contracté mariage en décembre 1994;
Que par acte du 11 septembre 1995 passé devant l’officier de l’état civil de la
commune de …, Monsieur F. a reconnu l’enfant, Georges C., que Madame A.
retenait d’une précédente union;
Que Monsieur F. et Madame A. se sont séparés dans le courant de l’année
1998;
2. Attendu que l’article 33, §1, al. 1, du code civil prévoit que la reconnais-
sance peut être contestée par tout intéressé;
Que, conformément à l’article 332bis du code civil, il convient, cependant, que
ces personnes justifient d’un intérêt qui ne soit pas purement patrimonial;
Qu’en l’espèce, c’est la mère de l’auteur de la reconnaissance qui conteste
celle-ci;

Revue trimestrielle de droit familial — 3/2005


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Civ. Nivelles (7e ch.), 02/09/2003
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JURISPRUDENCE 835

Qu’au delà d’un intérêt purement patrimonial, les grands-parents justifient


d’un intérêt moral certain à ce que la situation juridique de l’enfant corresponde à
la réalité biologique et à ce que leur nom ne soit pas,porté par un enfant dont il
serait établi qu’ils ne sont pas les grands-parents (cf. en ce sens Mons (2ème ch.),
4 février 1992, J.T., 1992, p. 313 et Tribunal civil de Liège, 12 février 1993, JLMB,
1995, p. 19);
3. Attendu que l’article 330, §2, du code civil précise que la reconnaissance est
mise à néant s’il est prouvé, par toutes voies de droit, que son auteur n’est pas le
père de l’enfant;
Attendu qu’en l’espèce, il est établi à suffisance que Monsieur F. n’est pas le
père de l’enfant en cause puisqu’il a fait la connaissance de sa mère en 1994, alors
que Georges est né en 1988;
4. Attendu que conformément à l’article 330, §2, du code civil, la demande
doit donc être déclarée fondée sauf si l’enfant a la possession d’état à l’égard de
l’auteur de la reconnaissance litigieuse;
Attendu que l’article 331nonies du code civil prévoit que la possession d’état
doit être continue et énumère une liste non limitative de faits pouvant, ensemble ou
séparément, indiquer le rapport de filiation;
Que la possession d’état doit, en outre, être non équivoque;
Attendu qu’en l’espèce et nonobstant la circonstance que dans le cadre de la
séparation des parties, le Juge de Paix du canton de Tubize a, en 1998, octroyé un
large droit d’hébergement de l’enfant à Monsieur F., il n’apparaît pas que la
possession d’état dont pourrait se prévaloir celui-ci ait un caractère continu et non
équivoque;
Qu’il convient, à cet égard, de rappeler que lorsque Monsieur F. a reconnu
l’enfant, celui-ci était déjà âgé de 7 ans;
Qu’avant de porter le nom de F., l’enfant a porté le nom de C.;
Attendu qu’au vu des éléments qui précèdent, la demande paraît recevable et
fondée;
PAR CES MOTIFS,
LE TRIBUNAL, statuant contradictoirement;
Entendu le Ministère public en son avis conforme donné verbalement à
l’audience publique du 10 juin 2003 par Monsieur A. Hachez, Premier Substitut du
Procureur du Roi;
Reçoit la demande;
La dit fondée;
En conséquence;
Dit nul et de nul effet l’acte de reconnaissance dressé le 11 septembre 1995 par
l’officier de l’état civil de … de l’enfant Georges C. né au Cameroun en juillet 1988,
par le défendeur, Monsieur F. né en janvier 1954;
Dit qu’en application de l’article 333 du code civil, mention sera faite du
dispositif du présent jugement en marge de l’acte de reconnaissance de l’état civil
de la commune de … et aux tables;

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836 FILIATION

Dit, en conséquence, que l’enfant ne peut plus porter le nom du défendeur, F.;
Condamne Monsieur F. et Madame A. aux dépens non liquidés à défaut
d’état.

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