Correction 2
Correction 2
Correction du TD 2
Exercice 1
1. On a
n
1X 1
E X n) = E(Xi ) = m et E Zn ) = E(Xn ) + E(Xn−1 ) = m,
n 2
i=1
Petit rappel
Lorsqu’une suite Un converge en loi vers une variable U , avec des fonctions de répartition FUn et FU
continues sur R, nous avons pour −∞ ≤ a ≤ b ≤ +∞, avec les conventions usuelles F (−∞) = 0 et
F (+∞) = 1 pour toute fonction de répartition :
Lorsque U ∼ N (0, 1) (ce qui est souvent le cas), il suffit de prendre (pour β ∈ [0, α]) b = Φ−1 (1 − β) (le
(1 − β)-quantile de N (0, 1)) et a = Φ−1 (α − β) (le α − β-quantile). On obtient alors :
P (a ≤ Un ≤ b) → 1 − β − (α − β) = 1 − α.
On a donc une infinité de possibilité, conduisant à une infinité d’intervalles de confiance. L’option la plus
classique est de choisir β = α/2, autrement dit b = Φ−1 (1 − α/2) et a = −Φ−1 (1 − α/2) = Φ−1 (α/2) (on
considère donc le quantile d’ordre 1 − α/2 de la loi N (0, 1)). On vérifie de nouveau que :
P (a ≤ Un ≤ b) → 1 − α/2 − α/2 = 1 − α.
On aurait aussi très bien pu choisir β = α (i.e. b = Φ−1 (1 − α) et a = Φ−1 (0) = −∞) ou β = 0 (i.e.
b = Φ−1 (1) = ∞ et a = Φ−1 (α)).
Exercice 2
1. Comme EX1 = θ et Var X1 = θ, le théorème de la limite centrale appliqué aux variables Xi i.i.d. de
carré intégrable donne √
n(θbn − θ) ⇝ N (0, θ).
2. Pour toute fonction g dérivable en tout θ > 0, nous pouvons appliquer la méthode Delta :
√
n(g(θbn ) − g(θ)) ⇝ N (0, θ(g ′ (θ))2 ).
θ(g ′ (θ))2 = 1.
√ √
Ceci incite à choisir g comme une primitive de θ 7→ 1/ θ, ainsi g(θ) = 2 θ convient. Avec ce choix,
nous trouvons
√ √
q
n 2 θn − 2 θ ⇝ N (0, 1),
b
ce qui « stabilise » bien la variance asymptotique, toujours égale à 1 quel que soit θ > 0. On en
déduit que
√ √
q
P −2 ≤ n 2 θbn − 2 θ ≤ 2 −−−→ Cte ≥ 0.95,
n→∞
√ θbn − θ
n q ⇝ N (0, 1).
θbn
qui correspond à la borne supérieure du second intervalle. Le fait que θbnqtende presque sûrement
√
vers θ > 0 assure bien que 1/n est asymptotiquement négligeable devant θbn / n :
1/n 1 1 p.s.
= √ × q −−−→ 0.
√
q
n n→∞
θbn / n θbn
Bref, la méthode de stabilisation de la variance n’apporte rien de plus qu’un simple plug-in, lequel
ne requiert aucun calcul de primitive.
Exercice 3
1. Les Xi suivent une loi normale N (0, θ2 ). On sait donc que Var(Xi ) = E(Xi2 ) = θ2 = τ . Pour estimer
τ , on propose l’estimateur suivant :
n
1X 2
τb = Xi .
n
i=1
Pn Xi 2
On a alors nb
τ
τ
= i=1 θ . Or comme pour tout i, Xθi ∼ N (0, 1) et comme les v.a. Xi sont i.i.d.,
on en déduit que
nb
τ
∼ χ2 (n).
τ
Cette caractérisation de la loi de τb suffit, cependant on peut remarquer qu’une loi du χ2 (n) est aussi
une loi γ( n2 , 12 ). Ainsi,
τ nb
τ n n
τb = ∼γ , .
n τ 2 2τ
donc
!
nbτ nbτ
P −1 ≤ τ ≤ −1 = 1 − α.
Fχ2 (1 − α/2) Fχ2 (α/2)
n n
En posant
nb
τ nbτ
S1 = et S2 = −1 ,
Fχ−1
2 (1− α/2) Fχ2 (α/2)
n n
on en déduit que P(τ < S1 ) = P(τ > S2 ) = α/2 :
nb
τ −1 nbτ
P τ < S1 = P τ < −1 = P Fχ2 (1 − α/2) <
Fχ2 (1 − α/2) n τ
n
= 1 − Fχ2n Fχ−1
2 (1 − α/2) = α/2.
n
nb τ −1 nbτ
= Fχ2n Fχ−1
P τ > S2 = P τ > −1 = P Fχ2 (α/2) > 2 (α/2) = α/2.
Fχ2 (α/2) n τ n
n
3. Les Xi suivent une loi normale et admettent donc des moments à tous les ordres, en particulier à
l’ordre 4. Les v.a. Xi2 sont donc dans L2 et satisfont le TCL :
√ n1 ni=1 Xi2 − θ2
P
√ τb − τ
np = n p ⇝ N (0, 1).
Var(X12 ) Var(X12 )
De plus, Var(X12 ) = θ4 Var((X1 /θ)2 ) = 2θ4 = 2τ 2 car la variance d’une χ2 (1) est égale à 2.
On peut alors construire un IC asymptotique pour τ . La convergence en loi vue plus haut donne, en
notant Φ la fonction de répartition de la N (0, 1),
√ τb − τ
−1 −1
P −Φ (1 − α/2) ≤ n √ ≤ Φ (1 − α/2) → 1 − α,
2τ 2
c’est-à-dire,
P 1 − Φ−1 (1 − α/2)/ n/2 ≤ τb/τ ≤ 1 + Φ−1 (1 − α/2)/ n/2 → 1 − α,
p p
on encore
!
τb τb
P p ≤τ ≤ p → 1 − α.
1 + Φ−1 (1 − α/2)/ n/2 1 − Φ−1 (1 − α/2)/ n/2
4. On a Fχ−1 −1
2 (α/2) ≃ 3.25, Fχ2 (1 − α/2) ≃ 20.48 et Φ
−1 (1 − α/2) ≃ 2. L’intervalle non asymptotique
n n
(question 2) associé est [0.97, 6.16] (environ), alors que l’intervalle asymptotique est [1.05, 18.95]
(environ). On remarque que l’intervalle de confiance asymptotique est différent de l’intervalle de
confiance non asymptotique. Ceci est normal car n = 10 est trop petit pour que l’approche asymp-
totique soit valide (la convergence n’a pas eu lieu).
Remarque : On préférera l’IC non-asymptotique car il a été construit avec la vraie loi, et est donc
plus précis.
5. Dans les deux cas, on raisonne de manière non-asymptotique car on souhaite que l’approche soit
valable pour n = 10.
Première option Par un raisonnement similaire à celui de la question 2 (en remplaçant 1 − α/2
par 1 − α et α/2 par 0), F −1nb
τ
(1−α)
, ∞ est un intervalle de confiance de niveau 1 − α pour τ . Ainsi,
χ2
n
on construit le test
T =1 =1 3F −1 ,
χn2 (1−α)
]0,3]∩ −1nbτ
,∞=∅ τb> n
F 2 (1−α)
χn
Nous choisissons donc cα de sorte que 1 − Fχ2n (ncα /3) = α, c’est -à-dire, cα = 3n−1 Fχ−1
2 (1 − α).
n
Finalement, le test rejetant H0 si τb > 3n−1 Fχ−1
2 (1 − α) est de niveau α. Pour n = 10, et α = 5%,
n
nous avons 3n−1 Fχ−1
2 (1 − α) ≃ 5.49. Ainsi H0 est acceptée lorsque τ
b = 4.
n
De plus, la p-valeur est donnée par
⇔ nb
τ /3 > Fχ−1
2 (1 − α)
n
⇔ Fχ2n (nb
τ /3) > 1 − α
⇔ α > 1 − Fχ2n (nb
τ /3),
donc α0 = 1−Fχ2n (nb τ (ω)/3). Pour les valeurs numériques plus haut, cela donne α0 = 1−Fχ210 (40/3) ≃
0.2. En particulier, on retrouve bien que le test accepte H0 pour α = 0.05.
Exercice 4
1. (a) La v.a. Yn est bien définie sur l’événement { ni=1 Xi > 0} qui est de probabilité 1 car les Xi
P
sont strictement positifs p.s. (la loi de Xi ne charge pas 0 car elle est absolument continue par
rapport à la mesure de Lebesgue). Ainsi, Yn est bien définie p.s.
(b) Les v.a. Xi suivent une loi exponentielle E(θ). On a ainsi E(X1 ) = 1/θ. Et la loi des grands
nombres appliquée aux Xi (i.i.d. et intégrables) montre que X n converge p.s. vers 1/θ > 0. Par
le théorème de continuité, Yn = 1/X n converge p.s. vers θ. Cela indique que Yn = 1/X n est un
estimateur consistant et donc raisonnable de θ.
Comme nous le verrons plus tard, ce dernier correspond à l’estimateur par la méthode des mo-
ments.
√
(c) Comme VarX1 = 1/θ2 < ∞, le TCL donne que n(X n − EX1 ) ⇝ N (0, VarX1 ) c’est-à-dire
√
n(X n − 1/θ) ⇝ N (0, 1/θ2 ). A présent, on utilise la méthode delta avec la fonction x 7→ 1/x,
qui est bien dérivable sur R∗+ de dérivée en 1/θ égale à −1/(1/θ)2 = −θ2 :
√
n(Yn − θ) ⇝ N (0, (−θ2 )2 /θ2 )
donc √
n(Yn − θ) ⇝ N (0, θ2 ).
1), comme les Xi sont indépendantes et puisque
(d) D’après les propriétés de la loi Gamma (cf. TDP
chaque Xi est de loi E(θ) = γ(1, θ), nous avons ni=1 Xi ∼ γ(n, θ). On en déduit E(Yn ), Var(Yn )
et E[(Yn − θ)2 ] :
n n
! !
1 θn n−1
X X Z
E(Yn ) = E n/ Xi = nE 1/ Xi =n x exp(−θx)dx
R+ x Γ(n)
Z i=1 i=1
nθ nθ nθ
= un−2 exp(−u)du = Γ(n − 1) = ,
Γ(n) R+ Γ(n) n−1
en posant u = θx et en reconnaissant sous la dernière intégrale la densité de la γ(n − 1, 1), au
facteur Γ(n − 1) près. On obtient de la même manière :
n2 θ 2 n2 θ 2
E(Yn2 ) = Γ(n − 2) = ,
Γ(n) (n − 1)(n − 2)
nθ 2
n2 θ 2 n2 θ 2
Var(Yn ) = E(Yn2 ) − E(Yn ) =2
−= ,
(n − 1)(n − 2)
n−1 (n − 1)2 (n − 2)
2
n2 θ 2
2 2 nθ
R(Yn , θ) = E[(Yn − θ) ] = (E(Yn ) − θ) + Var(Yn ) = −θ +
n−1 (n − 1)2 (n − 2)
θ 2 n2 + n − 2
= .
n − 2 (n − 1)2
où l’on remarque d’ores et déjà que le terme entre parenthèses et strictement supérieur à 1 dès
lors que n > 1.
p.s.
2. (a) Les propriétés asymptotiques de Zn sont similaires à celles de Yn : comme n−1
n → 1 et Yn → θ,
p.s. √ 2
on a bien sûr Zn → θ. De plus, comme n(Yn − θ) ⇝ N (0, θ ), nous avons
√ √ √ √ √
n(Zn − θ) = n(Yn − θ) − n(Yn − Zn ) = n(Yn − θ) − Yn / n ⇝ N (0, θ2 ),
√
où nous avons utilisé le lemme de Slutsky car Yn / n converge en probabilité vers 0 (constante).
(b) On calcule le risque de Zn :
n−1
E(Zn ) = E(Yn ) = θ (estimateur sans biais)
n
n−1 2 θ2
Var(Zn ) = Var(Yn ) =
n n−2
θ2
R(Zn , θ) = E[(Zn − θ)2 ] = 0 + Var(Zn ) = .
n−2
On voit facilement que le risque quadratique de Zn est inférieur à celui de Yn (pour toute valeur de
2 +n−2
θ, puisque n(n−1) 2 > 1), l’estimateur Zn est donc un peu meilleur au sens du risque quadratique.
√
3. Puisque √ n (Zn − θ) ⇝ N (0, 1), nous avons :
θ2
√
P −Φ−1 (1 − α/2) ≤ n(Zn /θ − 1) ≤ Φ−1 (1 − α/2) → 1 − α.
Φ−1 (α)
Zn < 1 + √ .
n
√
Remarque 1 : en mettant le test sous cette dernière forme, on a supposé que 1+Φ−1 (α)/ n > 0, or
à n fixé petit ceci n’est pas toujours vrai puisque pour les valeurs de α courantes (i.e. inférieures à 1/2,
par exemple α = 5%), on a Φ−1 (α) < 0 (par exemple Φ−1 (0.05) ≈ −1, 64), donc pour n < Φ−1 (α)2
√
(par exemple n < Φ−1 (0.05)2 ≈ 2.7), il est clair que 1 + Φ−1 (α)/ n < 0 et le passage à la dernière
forme n’est pas licite. Néanmoins, il faut bien garder à l’esprit que tout ce qu’on dit n’est valable
√
que pour n → ∞, or quel que soit α ∈]0, 1[ on a bien asymptotiquement 1 + Φ−1 (α)/ n > 0, donc
le passage à la dernière expression est correct. Quoi qu’il en soit, si on veut éviter toute discussion,
il suffit de garder le test sous la forme : rejet de H0 ssi
Zn
Φ−1 (α)
< 1.
1+ √
n
et le test consistant à rejeter H0 ssi 1 n’est pas dans cet intervalle est de niveau asymptotique α, ce
qui revient à dire que l’on rejette H0 ssi
Φ−1 (1 − α/2)
|Zn − 1| > √ .
n
Remarque : comme dans l’exemple du Pile ou Face vu en cours, on peut noter que l’intervalle
de confiance n’a en soi aucun intérêt (un intervalle de confiance de longueur minimale, i.e. 0, et de
niveau de confiance maximale, i.e. 100%, est tout simplement {1}), mais que le test qui en découle
est, lui, pertinent.
Exercice 5
1. (a) On a pour tout x ∈ R :
n 0 n
si x < 0
x 2n
2
Rx
FX(n) (x) = P X(n) ≤ x = P X1 ≤ x = θ2 0 sds = θ si 0 ≤ x ≤ θ
1 sinon.
Ainsi, la fonction de répartition de X(n) est continue et C 1 par morceaux sur R. La loi de
X(n) est donc absolument continue par rapport à la mesure de Lebesgue sur R. Une densité est
donnée par la dérivée (p.p.) de cette fonction de répartition, c’est-à-dire,
2nx2n−1
fX(n) (x) = 1[0,θ] (x).
θ2n
(b) On calcule :
θ
2ns2n−1
Z
2n
E X(n) = 2n
s
ds = θ;
0 θ 2n +1
Z θ
2 2ns2n−1 2n 2
s2
E X(n) = 2n
ds = θ ;
0 θ 2n + 2
2
2n (2n + 1)2 − 2n(2n + 2) 2
2n 2 2n
Var X(n) = θ − θ = θ
2n + 2 2n + 1 (2n + 2)(2n + 1)2
n
= θ2 .
(n + 1)(2n + 1)2
(c) Comme X(n) est à valeurs dans [0, θ], on a X(n) ≤ θ p.s. Ainsi, Pour tout ϵ > 0 :
(
0 si ϵ > θ
P |X(n) − θ| > ϵ = P θ − X(n) > ϵ = P X(n) < θ − ϵ = θ−ε
2n
θ2n
sinon.
P
Dans tous les cas P |X(n) − θ| > ϵ → 0 quel que soit ϵ > 0, ce qui prouve que X(n) → θ.
(d) Pour tout ϵ > 0, P |X(n) − θ| > ϵ = rn avec r ∈ [0, 1[. Ainsi n≥1 P |X(n) − θ| > ϵ < ∞ et
P
p.s.
par le Lemme de Borel-Cantelli, X(n) −→ θ.
2. Les Xi sont des v.a. bornées, elles sont donc intégrables. Leur moment d’ordre 1 est
2 θ 2 2θ3
Z
2θ
E(X1 ) = 2 x dx = 2 = .
θ 0 3θ 3
p.s. p.s.
On peut donc appliquer la LFGN (Xi i.i.d.) et on obtient X n → 2θ/3. Comme 3X n /2 → θ, alors
P
3X n /2 → θ et la suite de v.a. 3X n /2 est un estimateur consistant de θ.
3. Pour comparer plus précisément les estimateurs X(n) et 3X n /2, on va calculer leurs risques quadra-
tiques. D’une part, nous avons
3
E 3X n /2 = E X1 = θ.
2
2 !
2 θ 3
Z
9 91 9 2θ
Var 3X n /2 = Var(X n ) = Var(X1 ) = 2
x dx −
4 4n 4n θ 0 3
!
2 θ 3 2θ 2 9 2θ4 4θ2
Z
9 9 2 1 4
= x dx − = − = θ −
4n θ2 0 3 4n 4θ2 9 4n 2 9
θ2
= ,
8n
θ2
donc R(3X n /2, θ) = 8n . D’autre part,
2
2 2n n
R(X(n) , θ) = E(X(n) ) − θ + Var(X(n) ) = θ−θ + θ2
2n + 1 (n + 1)(2n + 1)2
θ2 θ2
= ∼ .
(n + 1)(2n + 1) n→∞ 2n2
8n
Pour tout θ > 0, on a R(X(n) , θ)/R(3X n /2, θ) = (n+1)(2n+1) , l’estimateur X(n) est donc préférable
à 3X n /2 au sens du risque quadratique dès que n ≥ 3.
4. On construit un IC non-asymptotique pour θ à partir de l’estimateur X(n) (le meilleur au sens du
risque quadratique). Rassemblons ce que nous savons de X(n) :
P 0 ≤ X(n) = 1,
P X(n) ≤ θ = 1,
x2n
∀x ∈ [0, θ] : P X(n) ≤ x = 2n .
θ
tels que
P θ ∈ X(n) − cα , X(n) + dα = 1 − α. (1)
Or,
P θ ∈ X(n) − cα , X(n) + dα = P θ − dα ≤ X(n) ≤ θ + cα
= FX(n) (θ + cα ) − FX(n) (θ − dα )
θ − dα 2n
=1− .
θ
Il suffit donc que dα = θ 1 − α1/2n pour avoir l’égalité (1). Par ailleurs, la valeur de cα n’importe
pas tant que cα ≥ 0. Puisque l’on désire un intervalle de confiance le plus court possible, on peut
prendre cα = 0. Ainsi, l’intervalle recherché devient :
h i
X(n) − cα , X(n) + dα , = X(n) , X(n) + θ 1 − α1/2n ,
qui n’est pas un intervalle de confiance puisque la borne de droite dépend de θ. Toutefois,
h i
P θ ∈ X(n) , X(n) + θ 1 − α1/2n = P X(n) ≤ θ ≤ X(n) + θ 1 − α1/2n
= P X(n) ≤ θ ≤ X(n) α−1/2n .
Ainsi, pour α ∈]0, 1[, en choisissant x = θα1/(2n) , on obtient x ∈]0, θ[, puis :
P θα1/(2n) ≤ X(n) ≤ θ = 1 − α.
d’où un intervalle de confiance pour θ de niveau 1 − α donné par X(n) , X(n) α−1/(2n) .
Il s’ensuit que, pour une réalisation x(20) de X(n) (pour n = 20), la p-valeur vaut
(
2n 0 si 1 < x(20)
α0 = inf α ∈]0, 1[ : 1 < x(20) ou (x(20) ) <α =
(x(20) )2n sinon.
Dit autrement, α0 = (x(20) )2n 1x(20) ≤1 . En particulier, si l’on observe x(20) = 0.85, on obtient α0 =
0.8540 ≃ 1.510−3 . On rejette donc H0 au niveau 0.05.
Exercice 6
1. On remarque que la densité est obtenue par translation : fθ (x) = gθ (x − θ), où la densité
−1 u
gθ (u) = θ−1 e−θ 1u≥0
est la densité d’une loi exponentielle de paramètre θ−1 . Ainsi Xi − θ est de loi E(1/θ) = γ(1, 1/θ)
donc Xi /θ − 1 ∼ E(1). Ceci peut aussi se vérifier par la formule de transfert : pour toute fonction
ϕ : R → R borélienne bornée,
Z +∞
E(ϕ(Xi /θ − 1)) = ϕ(x/θ − 1)θ−1 e−(x/θ−1) dx
θ
Z +∞
= ϕ(u)e−u du,
0
1 − en(1−x/θ)
pour x ≥ θ
P X(1) ≤x = . (2)
0 pour x < θ
3. Calculons E[(X(1) − θ)2 ]. Comme la fonction de répartition de X(1) est continue et C 1 par morceaux
sur R, la loi de X(1) est absolument continue par rapport à la mesure de Lebesgue sur R. Une
densité est donnée par la dérivée de cette fonction de répartition, puis on peut calculer E[(X(1) − θ)2 ]
par intégration. On propose ici une autre solution, plus rapide et utilisant directement (2) avec une
R +∞ classique (Fubini) et la formulation suivante de l’espérance d’une v.a. positive : ∀Y ≥ 0,
petite astuce
E[Y ] = 0 P(Y > y)dy. Ainsi,
Z ∞ Z ∞
2 2 √
E[(X(1) − θ) ] = P((X(1) − θ) > s)ds = P(X(1) > s + θ)ds (car X(1) − θ ≥ 0 p.s.)
Z0 ∞ √
Z ∞0
= e−n s/θ ds = 2(θ/n)2 ue−u du = 2(θ/n)2 ,
0 0
√
où on a utilisé le changement de variable u = n s/θ et l’espérance de la loi exponentielle de
paramètre 1. Ainsi, on a finalement
R(X(1) , θ) = 2(θ/n)2
∀x ≥ θ : P X(1) ≤ x = 1 − en(1−x/θ) ,
P(θ ≤ X(1) ) = 1.
Exercice 7
1. Le nombre Nn s’écrit Nn = ni=1 1(Xi = 0). Pour tout i = 1, . . . , n, la v.a. 1(Xi = 0) suit une loi
P
de Bernoulli de paramètre P(Xi = 0).
(a) En supposant les Xi i.i.d., on sait alors que Nn suit une loi B(n, P(X = 0)). On en déduit que
E(Nn /n) = P(X = 0) donc que pb1 = Nn /n est un estimateur sans biais de P(X = 0). Son
risque quadratique est alors égal à sa variance :
√ Nn /n − P(X = 0)
np ⇝ N (0, 1).
P(X = 0)(1 − P(X = 0))
(b) Une première solution consiste à adopter une démarche asymptotique : on utilise la convergence
p.s.
précédente, la LFGN Nn /n → P(X = 0), et le théorème de Slutsky pour obtenir :
√ Nn /n − P(X = 0)
np ⇝ N (0, 1).
Nn /n(1 − Nn /n)
pour
Φ−1 (1 − α/2) Nn /n(1 − Nn /n)
p
ϵn = √
n
Une deuxième solution est de construire un IC en utilisant l’inégalité de Hoeffding :
2
P(|Nn /n − P(X = 0)| ≥ x) ≤ 2e−2nx ,
qui est non nul car 1 − e−1/n ̸= 1/n. Comme n(1 − e−1/n ) − 1 = −1/(2n) + o(1/n), l’équivalent
asymptotique du biais est donné par
λ
p2 ) − e−λ ∼ e−λ
E(b .
2n
De même,
∞
X (nλ)k exp(−nλ)
p22 ) = E(exp(−2X n )) =
E(b exp(−2k/n)
k!
k=0
= exp(−λn(1 − e−2/n )) −−−→ exp(−2λ).
n→∞
p2 ) = E(b
Var(b p2 )2 = exp(−λn(1 − e−2/n )) − exp(−2λn(1 − e−1/n ))
p22 ) − E(b
= exp(−2λ) exp(2λ/n + o(1/n)) − 1 − exp(λ/n + o(1/n)) − 1
2λ λ
= exp(−2λ) 1 + + o(1/n) − 1 − 1 + + o(1/n) − 1
n n
λ
∼ e−2λ .
∞ n
(c) Le risque quadratique de pb2 est d’après ce qui précède :
λ
R(b
p2 , exp(−λ)) = Var(b p2 ) − e−λ )2 ∼ e−2λ .
p2 ) + (E(b
∞ n
Le risque quadratique de pb1 est
e−λ (1 − e−λ )
p1 , e−λ ) =
R(b .
n
Ainsi,
p1 , e−λ )
R(b e−λ (1 − e−λ ) 1 − e−λ
∼ = .
p2 , e−λ ) ∞
R(b λe−2λ λe−λ
On peut montrer que pour tout λ > 0, 1 − e−λ − λe−λ > 0 par une étude de fonction, ce qui
indique que pb2 est meilleur que pb1 au sens du risque quadratique. Il faut cependant noter que
pb1 ne suppose aucune connaissance sur la loi des Xi , tandis que pb2 suppose et exploite le fait
que les Xi sont des variables de Poisson.