Mumbai : modernité, inégalités
= Mumbai doit être articulé aux territoires de la mondialisation et la métropolisation (critères de puissances)
Introduction
Mumbai en Inde est la 5e mégalopole mondiale par sa taille malgré une puissance, métropolisation plus faible derrière
Shanghai. L’Asie de l’Est et du Sud regroupe la moitié de l’humanité et surtout le plus grand nombre de pauvres. Toutefois, la
pauvreté a beaucoup reculé dans cette région du monde marquée par la présence de deux BRICS, nouveaux pays industrialisés (NPI)
peuplés d’un milliard chacun. Or, c’est bien dans les villes que se joue le rôle décisif de la mondialisation même si le phénomène
urbain ne touche que le tiers de la population contre plus de la moitié en Chine.
Mumbai est une mégalopole peuplée de 24 millions d’habitants suite à l’explosion démographique.
Métropole la plus puissante de l’Inde, ancien pays socialiste et protectionniste contrô lant les
investissements étrangers. Mumbai dispose de fonctions de commandements de 1 er plan sur le plan
économique et culturel.
Vitrine de la modernité et symbole de l’émergence indienne, Mumbai connaît un fort
développement économique qui entraîne des transformations importantes de l’organisation de son
espace urbain et d’importants problèmes d’aménagements. En quoi la Mégalopole Mumbai symbolise-t-
elle toutes les réussites et tous les défis d’un pays émergents, BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine), NPI -
nouveau pays industrialisé-peuplé, autrement en fort développement et au poids démographique qui fait
de lui une des grandes puissances de demain, capable de rivaliser avec la Chine ?
Quelles sont les limites de cette capitale économique qui ne lui permettent pas encore d’intégrer l’AMM, archipel
métropolitain mondial ? Quels sont les problèmes d’étalement urbain, de logement et d’inégalités et de pollution qui placent la ville à
mi chemin entre un NPI et un PMA moins développé ?
Conclusion
Les villes d’Asie de l’Est et du Sud sont les plus dynamiques de l’espace mondial. Les villes indiennes réalisent les trois
quarts du PIB du pays, même si, contrairement à Shanghai, Mumbai comporte encore trop de carences urbaines (bidonvilles, pauvreté,
analphabétisme …) caractérisant les métropoles des PMA. Malgré un volume d’exportations et de capitaux échangés bien inférieur à
Shanghai, Bombay possède bien le niveau d’un NPI pays industrialisé ; et les deux métropoles, Mumbai, Shanghai, sans fonction
politique, rayonnent moins que les villes de la Triade malgré l’existence d’un fort soft power régional.
Le niveau de technologie et des services de Mumbai rivalise cependant déjà avec celui de la Triade. La multiplication du
nombre de FTN indienne et la forte croissance de sa classe moyenne destinent Mumbaï à faire partie de l’AMM, d’autant que la
métropole peut s’appuyer sur la solidité de l’Etat indien, une politique volontariste, typiques d’un NPI, mais associées comme dans la
Triade à une démocratie.
I/ Mumbai : une métropole mondiale en voie d’affirmation éco. et culturelle
1) L’interface du pays : un hub national au cœur des échanges et des transports
Interface: espace frontalier traversé par des échanges. Mumbai est l’interface du pays comme Shanghai pour la
Chine : une porte d’entrée qui met en relation le pays avec les échanges mondiaux (savoirs, capitaux, biens).
Colonie portugaise (16e-17e s) puis capitale économique des Indes anglaises fin XIXe s
= sur le littoral occidental de l’Inde afin de favoriser les exportations de coton vers Europe, Afrique
- Son nom, « Bonne baie » car les nombreux îlots protègent la baie immense des vents violents de la mousson
(saison humide des pluies) et permet un port en eau profonde.
=1er port du pays : + 50% trafic, 2/3 des douanes du pays. Etendu sur l’autre rive est, relié par un pont
-chemins de fer pas très développés mais essentiels : 1850, construction du 1er chemin de fer de l’Asie, 1870,
ouverture du canal de Suez ; modernisation récente reprenant le modèle français par l’Etat (planification)
= Mumbai est seulement le second aéroport après New Dehli (connexion avec l’AMM, surtout du
Commonwealth qui a maintenu de forts liens économiques avec le Royaume Uni).
-Echange avec le Moyen Orient, l ‘Asie : Singapour, Corée du Sud, Tokyo ; Pays du Golfe ; second aéroport
international dans la nouvelle ville à l’Est près du port
2) une capitale industrielle qui se tourne vers les services
A. Les secteurs industriels appuyés sur les slums (Bidonvilles)
5% du PIB, ¼ industrie, 40% actifs du pays. Industries de bases polluantes : textile ; agro-alimentaire
chimie-électricité- mécanique ; Tata, 1er producteur national de voiture) ; bijouterie (zone franche)
-FTN indienne la plus connue, Tata, n°1 mondial de cable de télécommunications, n°5 e mondial de sidérurgie
(développe électricité, auto avec filiales coréennes, espagnoles, informatiq., services)
main d’œuvre peu chère du bidonville/slum de Dharavi (un million d’hab.), travaille sans protection;
recyclage (métaux ordinateurs…). Secteur informel très important comme dans métropoles de PMA.
B. Des ambitions financières et tertiaires mais une dépendance à Triade
essor des services : importance de sous-traitance rend ville dépendante de Triade délocalisation des
administrations publiques anglaises, sous-traitance des plates-formes téléphoniq., informatiq., juridiq.).
-biotechnologies (hospitalisation moins chères des étrangers) et surtout informatique (zone franche)
Quartier d’affaire ancien, CBD moderne avec des gratte-ciel : Nariman Point Sièges sociaux des FTN à
Mumbai, (Tata 1/10 des valeurs de la bourse).
-Capitale financière, banque de réserve indienne, 3/4 des échanges financiers; deux bourses (Bombay ; Inde),
10e rang mondial bien derrière bourses chinoises et volume insuffisants de capitaux indiens ; ide de Triade
- participations croisées entre bourses de Singapour et de Bombay (5% de son capital est singapourien)
3. L’essor d’un soft power et d’une classe moyenne mondialisée
A. Le soft power : la capitale culturelle
-capitale culturelle grâce au cinéma, Bollywood (Bombay-Hollywood)), musée du cinéma. Evocation mariages
mixtes (avec musulmans), très présent au Pakistan, pays musulmans arabes, Asie du SE, Afriq
-Universités prestigieuses avec clusters/technopole : institut Tata pour recherche fondamentale (NTIC) ; centre
de recherche atomique (nouvelle ville à l’Est, Navi Mumbai) ; école de commerce, d’architecture
B. L’essor d’une classe moyenne, mondialisée
- revenu moyen (2-3mille$/an) triple de la moyenne nationale. Classe moyenne 15% de la pop.urbaine, la plus
nombreuse du pays exaltée par Bollywood, 6e métropole au monde par le nombre de milliardaires
- population la plus éduquée, ouverte sur le monde ayant de forts liens avec la diaspora indienne (2.5 millions
aux Etats-Unis), la plus anglophone du pays du fait de l’importance des échanges, qui voyage (tourisme)
II/ Une mégalopole en extension, fragmentée, en voie de réorganisation
1) Etalement et réorganisation polycentrique (plusieurs centres) de la ville
Dépassant 20 millions, Mumbai est 4-5e aire métropolitaine mondiale avec densités parmi les plus élevées
du monde (50mille hab.km2 avec des pics à 100.000). Extension au Nord à plus de 60km stoppée
- Mumbai s’étend désormais à l’Est : délocalisation d’usines autour des axes de transports ferroviaires
CBD Nariman Point, saturé, symbolisé par le quartier luxueux de Marine Drive ;
- nouveau CBD nord, BKC, Bandar Kurla Complex (et de Worli) ; avec de grands complexes hôteliers,
banques, 1ere bourse aux diamants du monde, Malls (centre commercial)
-encore plus au Nord, un autre quartier d’affaire (bureaux, sièges sociaux) plus résidentiel s’organise
rive Est, ville nouvelle de Navi Mumbai, la plus grande au monde (340 km2, 2.5 millions d’habitants)
planifiée dans les années 1970, sa longueur égale la ville de la rive ouest. Essor économique à venir
-nouvel aéroport relié par un pont à partie ouest. Essor secteur informatique et CBD, Belapur, gratte-ciel,
- smart city écologiques (technopole au nord de Navi Mumbai sous forme de gated city (Palava City) rich
2) Fragmentation spatiale : quartiers aisés, gated city et Bidonvilles/slum
A. Quartiers aisés de la partie ouest (au Sud, littoral) ; clase moyenne au Nord
Les quartiers sont de plus en plus aisés vers le Sud et le littoral Ouest de la partie ouest de Mumbai
quartier colonial avec monuments de l’époque coloniale (fort, porte des Indes..), institutions (Hôtel de ville)
associé au front de mer investi par hôtels, tours d’appartements privés luxueux (Marine Drive).
- gentrification/embourgeoisement des vieux quartiers industriels et du vieux port de l’Ouest au Sud
autour des 2 quartiers d’affaire du Nor, classes moyennes menaçant espaces forestiers du Nord et Est
B. Les bidonvilles et la grande pauvreté
PIB/hab de Mumbai est de 7mille $/hab/an contre 24 mille à Shanghai. 40% de la pop a l’eau potable
-Mumbai métropole indienne avec le plus grand nombre de pauvres. 2/3 de la pop. habite une pièce pour 5 hab.,
50% pop dans rue ou bidonvilles plus ou moins équipés donc avec 10-20% de classe moyenne
Slums/bidonvilles : 6millions d’hab. au nord de Mumbai, parfois près des classes moyennes
- plus grand bidonville d’Asie est Dharavi (1 million) sur un site encore marécageux (épidémies de choléra) ;
peu d’eau courante, transports, électricité souvent inexistants, pas toujours
3) La gestion difficile des bidonvilles, des transports et de l’environnement
A. La politique controversée de logement
= promoteurs immobiliers expulsent des Slums pauvres pour valoriser les nouveaux terrains embourgeoisés et
modernisés ; construction pour reloger pauvres en périphérie Est dans des 20m2
-expulsions en partie abandonnées (maintien des potiers, des petits entrepreneurs) d’autant que les emplois se
trouvent toujours à Mumbai et non à Navi Mumbai et que les transports restent insuffisants.
-blocage des loyers aurait conduit paradoxalement à l’inflation illégale des loyers freinant la construction d’où
partenariat avec le secteur privé. Accusations de corruption privé-public
B. Equipements urbains et question environnementale en progrès
= Bus et trains : 90% des voyageurs, insuffisant (NPI). Trains transportent 2.5 leur capacité de voyageurs
-Essor classes moyennes : embouteillage (voitures individuelle). Or logement au nord mais emploi au Sud ;
autoroutes au-dessus des bidonvilles ; routes, train passant dans marais fait bloquées lors de la mousson
- 50% toilettes pas raccordés aux égouts. 90% à Dharavi ; constructions sauvages sur les espaces naturels
= usines polluantes désormais interdites dans grand Mumbai. 2 lignes de métro traversant d’Ouest en Est le
Nord. Prévisions de 14 stations, 3 lignes par Veolia, Ratp -en littoral ouest, Pont de 5km et de 8 voies de
circulation reliant par la mer le vieux quartier Nariman Point, au nouveau centre Bandra, financé par un péage,
a désengorgé en partie Bombay.
Mumbai : une métropole fragmentée
Mumbai est une mégalopole peuplée de 24 millions d’habitants suite à l’explosion démographique.
Métropole la plus puissante de l’Inde, ancien pays socialiste et protectionniste contrô lant les
investissements étrangers. Mumbai dispose de fonctions de commandements de 1 er plan sur le plan
économique et culturel.
Vitrine de la modernité et symbole de l’émergence indienne, Mumbai connaît un fort
développement économique qui entraîne des transformations importantes de l’organisation de son
espace urbain et d’importants problèmes d’aménagements. En quoi la Mégalopole Mumbai symbolise-t-
elle toutes les réussites et tous les défis d’un pays émergents, BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine), NPI -
nouveau pays industrialisé-peuplé, autrement en fort développement et au poids démographique qui fait
de lui une des grandes puissances de demain, capable de rivaliser avec la Chine ?
I/ Une métropole intégrée dans la mondialisation
1) Une métropole émergente
-métropole éco : centre de commandement de l’éco indienne. 25% de la production industrielle et 40%
des impô ts du pays. Concentre activités industrielles : 5e métropoles pour les transactions électroniques
(meilleurs informaticiens au monde), chimies, pharmaceutiques (génériques).
-secteur tertiaire (service) très développé : sièges sociaux de FTN, firme transnationales indiennes
(grandes entreprises mondialisées comme Tata) ; place boursière d’envergure mondiale (10 e mondial)
mais loin derrière les bourses de la Chine/Triade. Centre d’appel délocalisé. Sièges sociaux des FTN
étrangères (Garnier)
-équipements portuaires et aéroportuaire.
2) un rayonnement culturel croissant mais limité
- rayonnement culturel : Bollywood, 1er producteur de films au monde diffusés sur tous les continents
mais influence limitée et petit budget
-pô les d’envergure mondiale dont l’institut de technologie de Bombay parmi les 200 meilleures
universités au monde financé par Tata et associé à la technopole du centre atomique.
II/ Une modernisation inégale
1) Mumbai : une vitrine de la modernité en difficulté
-manque d’infrastructure publiques (hô pitaux, écoles) et de transports. Ville engorgée. Croissance
anarchique malgré la planification de la ville nouvelle.
-projet 3mumbai vision ». But : embellir la ville, aménager les infrastructures pour attirer les entreprises.
En réalité : réduire les slums (bidonvilles).
-difficile mise en œuvre de quartiers à l’urbanisme moderne caractérisé par la verticalité+ skywalks
(passerelles aériennes piétonnes gigantesques) Ex/ nouveau quartier de Bandra Kurla plus au Nord et
plus nord quartier qui diminue les espaces verts sans contrô le
2) Un espace polycentrique et disparate
-s’organise selon une double opposition Nord/Sud et Est/ouest
-sud : centres des affaires avec port très actif (2/3 des douanes du pays). Banlieues au nord
Ouest : quartiers rénovés sur le littoral. Est quartier ouvriers et industriels et ouvriers
-Nouveaux centres d’affaires en périphéries avec quartiers résidentiels et commerce. Gentrification de
Navi Mumbai et sa ZIP (zone industrialo portuaires) Nehru. Navi Mumbai, plus grande ville nouvelle au
monde
-Bidonvilles nombreux : le plus grand Dharavi (1 millions d’hab.) au foncier très convoité
III/ Les grands défis des inégalités et de l’environnement
1) De fortes disparités socio-spatiales et ethnique
-Proximité de population au niveau de vie différents au pied d’immeubles de luxe, slum qui concerne la
moitié de la population qui vit avec moins de 2$/jour, non alphabétisée, faible espérance de vie
-dans Sud, Marine drive (installation de la famille Tata), littoral avec les hô tels les plus chers au monde
-émergence d’une classe moyenne au mode de vie marqué par la consommation, d’où l’essor des centres
commerciaux au nord. Occidentalisée, parlant anglais, voyageant, haut niveau d’éducation sans être si
bien payée
-2008 : attentats visant des hô tels de luxe dans le sud de la ville connue pour sa tolérance (200 morts) ;
tensions entre hindous et musulmans depuis la scission en 1947, le conflit sur la région du Cachemire ;
Dhalit caste des intouchables
2) des défis environnementaux et d’organisation des transports
-secteur informel occasionne de la pollution (recyclage de métaux polluants), électricité et égouts (la
moitié des toilettes sans raccordement ; 90% à Dharavi ne cours de rénovation). De grandes autoroutes
passent désormais au-dessus des bidonvilles ; les constructions sauvages sur les espaces naturels parfois
sans étude, incontrô lées.
- Construction de 2 lignes de métro qui travers d’Ouest en Est Mumbai au Nord. Prévisions de 14 stations
et 3 lignes construites par Veolia et Ratp. Le pont de 5km et de 8 voies de circulation reliant par la mer le
vieux quartier Nariman Point au nouveau centre Bandra, a désengorgé en partie Bombay
Conclusion
-Mumbai, symbole de modernité et d’émergence de l’Union indienne est devenue une métropole de rang
mondial même si ce n’est qu’un centre secondaire du fait du volume de ses exportations de biens et de
capitaux
-Malgré des inégalités socio-spatiales qui se creusent la métropole dispose d’atouts importants : bas coû t
d’une main d’œuvre très qualifiée : la solidité d’un Etat et d’une démocratie qui a finalement abandonnée
la destruction de Dharavi à la demande de ses habitants (des artisans par ex. potiers)