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Société de la connaissance : enjeux et défis

Le document décrit l'évolution de la production et du partage de la connaissance, depuis les sociétés savantes jusqu'à la communauté scientifique moderne. Il aborde également la notion de société de la connaissance selon Peter Drucker et certaines limites de ce concept.

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Société de la connaissance : enjeux et défis

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HGGSP THEME 6 - L’ENJEU DE LA CONNAISSANCE

INTRODUCTION - DES « SOCIÉTÉS DE LA CONNAISSANCE » ? (2 heures)

PROGRAMME
Introduction : - La notion de « société de la connaissance » (Peter Drucker, 1969), portée et débats.
- La notion de communauté savante, communauté scientifique en histoire des sciences.
- Les acteurs et les modalités de la circulation de la connaissance.

(H1) QUESTION 1 - CONNAISSANCE ET « SOCIÉTÉ DE LA CONNAISSANCE »

A - Définir la connaissance et comprendre ses enjeux

➔ Projeter le texte de Patrick JUIGNET (docteur en psychiatrie et en philosophie) : proposez une


définition de « CONNAISSANCE », et une définition de « SAVOIR » :

Dans le langage courant, connaissance et savoir sont plus ou moins synonymes. Il est cependant
intéressant de distinguer le processus actif de production, que nous nommerons la « connaissance », de
son résultat, que nous appellerons le « savoir ». Il s’agit de faire jouer la différence entre l’action et son
résultat. La connaissance est un rapport actif au monde qui vise à s’en faire une représentation et à
l’expliquer. Cette activité associe généralement l’action et la réflexion. Le produit de la connaissance
est le savoir.
d’après Patrick Juignet, « Connaissances et savoir », blog Philosophie, science et société, 2016

QUESTION AUX ELEVES [+ DIAPO : PLANISPHERE REVUES + IDH] : Selon-vous, pourquoi peut-
on affirmer que l’accès et le partage de la connaissance revêtent une dimension (géo)politique ?
L’accès et le partage de la connaissance constituent des enjeux majeurs pour les États : ils leur
permettent d’affirmer leur puissance économique (de générer de la croissance, d’attirer des
investisseurs, etc.), mais aussi géopolitique (de rayonner en termes de soft power, de disposer d’une
monnaie d’échange pour obtenir des avantages économiques auprès de puissances étrangères :
partage de brevets, etc.).
L’accès à la connaissance apparaît aussi comme un des leviers fondamentaux du
développement. S’il semble largement facilité par la puissance d’Internet, il reste l’objet de profondes
inégalités, et peut donc être source de compétition et de tensions (espionnage industriel, etc.).

B - Vers une « société de la connaissance ?

La notion de SOCIÉTÉ DE LA CONNAISSANCE a été proposée par PETER DRUCKER (politicien et


philosophe autrichien) en 1969. Elle désigne une société dans laquelle la connaissance est produite,
diffusée et utilisée comme une ressource au cœur de l'économie d’un Etat. La naissance de cette
notion dans les années 1960 témoigne d’un changement dans notre appréhension du savoir, considéré
désormais comme une ressource à exploiter. Elle est à distinguer de la « société de l’information »
(accessibilité accrue de l’information = NTIC), qui favorise l’émergence d’une société de connaissance.

« La connaissance est l’unique ressource qui ait du sens aujourd’hui. Les facteurs de production
traditionnels - la terre (c’est-à-dire les ressources naturelles), le travail et le capital - n’ont pas disparu,
mais sont devenus secondaires. Ils peuvent d’ailleurs être obtenus facilement, à condition qu’il y ait de
la connaissance. Et la connaissance, dans cette nouvelle acception, signifie la connaissance comme une
matière première, la connaissance devient un moyen d’acquérir des résultats sociaux et économiques. »
Peter Drucker, Au-delà du capitalisme, La métamorphose de cette fin de siècle, 1993.

Thème 6 - Introduction 1/4


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QUESTIONS [ORAL] : Dans quelle mesure la théorie de Peter Drucker rompt-elle avec les pratiques
économiques développées au début du XXème siècle ? Qu’implique la phrase soulignée, pour les
entreprises comme pour les Etats ?

La notion de « société de la connaissance » élaborée par Peter Drucker, désigne un modèle


de société dans lequel la connaissance est considérée comme une ressource, au même titre que la
main-d’œuvre ou le capital, pour produire de la richesse : elle rompt avec le Taylorisme et le Fordisme
qui impliquaient, par les tâches répétitives qu’ils imposaient, que les ouvriers laissent leur intelligence
au vestiaire ». Désormais, les travailleurs se voient assignés des objectifs à atteindre et sont incités à
innover : c’est la naissance du management moderne.
Ainsi la connaissance, dans toutes ses dimensions (production, partage, etc.) peut être une
source d’enrichissement pour les Etats (développement), mais aussi et surtout pour les entreprises,
qui investissent de plus en plus en « Recherche & développement » (2% du PIB y est consacré) : on
parle d’ÉCONOMIE DE LA CONNAISSANCE.
Nouveaux besoins
(nouveaux marchés)

INVESTISSEMENTS PRODUCTION DE Avantages


INNOVATION
EN RECHERCHE ET NOUVELLES concurrentiels, profits
(brevets, etc.)
DEVELOPPEMENT CONNAISSANCES
Gains de productivité

[DIAPO : AFFICHE PROJETEE] QUESTION : Quelle limite de la société de la connaissance


apparait ici ? En connaissez-vous d’autres ?

[DIAPO] Si la « société de connaissance » a, théoriquement, la vocation d’être englobante, elle


laisse pourtant des territoires et des individus en marge (pays en développement, populations
pauvres, etc.), exclus de l’accès au savoir (ex : fracture numérique), mais aussi de la production de
connaissances (moindre accès aux études).
[DIAPO] La connaissance peut aussi être exploitée à des fins mercantiles : ainsi l'accès aux
soins des patients peut être freiné par des considérations économiques, les entreprises
pharmaceutiques n’étant pas des organisations caritatives, mais poursuivant des buts lucratifs, et donc
facturant le processus de connaissance ayant permis de développer tel médicament, le rendant parfois
inaccessible par son coût. Cette vision compétitive de la connaissance est ainsi source de FUITE DES
CERVEAUX.

➔ PROJETER DOC. 4 p. 381 DU NATHAN

Thème 6 - Introduction 2/4


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(H2)
QUESTION 2 - Construire et partager la connaissance

A - Des sociétés savantes à la communauté scientifique

[TEXTES 1 NATHAN p. 382] De quelle évolution rendent compte ces deux textes, dans la
production du savoir ? Comment définir, dès lors, une « communauté scientifique » ?

L'histoire des sciences considère que la naissance de la « science moderne » correspond à la


fondation des premières académies savantes en Europe, à partir du XVIIe siècle. Alors que la science
était auparavant une activité solitaire, qui progressait essentiellement grâce aux travaux de pionniers,
la science s’institutionnalise : des universités et académies scientifiques sont créées, facilitant les
rencontres et échanges entre scientifiques d’une même discipline, d’abord dans un même pays (ex :
en 1857, création de la « Société chimique de France ») ou une même région (échanges épistolaires
en Europe au siècle des lumières). Ces sociétés savantes sont aidées et encadrées par les Etats.
Au XXème siècle ce processus s’internationalise. Les premiers congrès scientifiques
internationaux organisés au début du XXe siècle permettent de stimuler les échanges à l’échelle
globale et de confronter les travaux de chercheurs, qui se lisent et s’évaluent mutuellement (l’idée
étant de valider des travaux selon une logique de « consensus », qui est par ailleurs aujourd’hui à
l’œuvre sur Wikipédia : cf. schéma).
La période la plus récente est marquée par une spécialisation disciplinaire croissante (les
anciens savants « touche-à-tout » sont devenus des chercheurs spécialisés : biologie végétale, biologie
génétique, microbiologie, etc.). De plus la (ou les) COMMUNAUTE SCIENTIFIQUE (ensemble plus ou
moins large de chercheurs d’une même discipline, mis en relation acceptant des méthodes communes
comme l’évaluation par les pairs) s'autonomise de la tutelle des États. Une des plus larges et influentes
est ainsi le GIEC (Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat fondé en 1988 par
l’ONU) : les conclusions de cette communauté internationale peuvent même faire pressions sur les
politiques étatiques.

TRANSITION - Avec le développement des nouvelles technologies de l'information et de la


communication (NTIC), la communauté scientifique doit aussi s'adapter à la démocratisation du savoir.

Thème 6 - Introduction 3/4


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B - La circulation de la connaissance : acteurs et modalités :

[DIAPO : ENSEMBLE DE DOCUMENTS] D’après ces documents et vos connaissances : comment


peut-on accéder à la connaissance aujourd’hui ? Quels acteurs participent à la circulation de la
connaissance ? Quelles limites présente cette « démocratisation de la connaissance » ?

[PAS DE TEXTE PROJETÉ] L’accès à la connaissance, longtemps uniquement permis par l’école
et les médias (écrits, puis audio-visuels), est facilité par le développement d’internet à partir de la fin
des années 1990. Les citoyens peuvent désormais avoir accès à des connaissances grâce à Internet, en
tant qu'apprenants mais aussi que « producteurs de connaissances ». Amateurs et professionnels y
livrent des milliards d'informations, sous forme de vidéos, de textes ou d'images. Pour la seule année
2019, 130 000 milliards de nouvelles pages web ont été indexées par Google.
Alors que la connaissance est longtemps restée l’affaire de quelques spécialistes, les acteurs
participant à sa diffusion sont aujourd’hui multiples : les Etats (écoles, universités), les scientifiques
(qui échangent entre eux, mais s’engagent aussi de plus en plus dans un processus de
VULGARISATION : processus d'adaptation d'un ensemble de connaissances à destination d'un public
de non-initiés). Mais aussi de plus en plus d’acteurs privés (les géants d’Internet, des entreprises
innovantes travaillant en étroite collaboration avec des chercheurs et universitaires dans le cadre de
clusters) et, enfin, les citoyens.
Mais on ne peut pas pour autant parler de véritable « démocratisation » du savoir. Les
conditions d'accès restent dépendantes des inégalités économiques. De plus la compétitivité
industrielle, les conflits géopolitiques ou la distance culturelle et linguistique peuvent constituer des
freins à la libre circulation de la connaissance. De même, la qualité variable des contenus diffusés sur
Internet nécessite d'exercer son esprit critique pour distinguer les travaux qualitatifs et produits avec
méthode des autres. Se pose aussi la question de savoir si la puissance des GAFA (géants du Web) ne
pourrait pas leur permettre, à terme, d’exercer un quasi-monopole de la diffusion des connaissances.
C’est la question de la « neutralité du web ».

➔ VIDEO LE MONDE (3’23) SUR LA NEUTRALITE DU WEB


+ possibilité de lire et questionner le doc. 2 p. 402 du Hachette.

ALLER PLUS LOIN TOUT AU LONG DU THEME :

- Conférence « Et si mon mangeait la connaissance », TedX (2015), 10’

- Vidéo (10’) : Privés de savoir ? L’édition scientifique en voie de privatisation (#DATAGUEULE 63)

Thème 6 - Introduction 4/4

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