Guide
Guide
Renseignements
Pour tout renseignement, vous pouvez
communiquer avec le Centre d’information.
Courriel : info@[Link]
Internet : [Link]
Référence à citer
Ministère de l’Environnement et de la Lutte
contre les changements climatiques.
Détermination des aires de protection des
prélèvements d’eau souterraine et des indices de
vulnérabilité DRASTIC – Guide technique, 2019.
86 pages. [En ligne].
[Link]/eau/souterraines
/drastic/[Link]
RÉSUMÉ
Ce guide vise aussi à outiller les professionnels réalisant ces études afin que les
informations présentées tiennent compte des changements des conditions
environnementales, dont les changements climatiques, de l’occupation du territoire et de
la démographie. En plus de la marche à suivre, le guide fait état des éléments qui
devraient apparaître dans les rapports d’étude, quel que soit le cadre dans lequel l’étude
aura été réalisée.
En introduction, le guide définit les objectifs visés par la détermination des aires de
protection des prélèvements et l’évaluation de la vulnérabilité intrinsèque de l’eau
souterraine, et présente ensuite les exigences du Règlement sur le prélèvement des eaux
et leur protection concernant ces aspects. Le guide met l’accent sur la démarche
recommandée pour réaliser les travaux de détermination des aires de protection et des
indices de vulnérabilité DRASTIC. Plusieurs outils complémentaires utiles à la réalisation
des travaux et à leur évaluation sont présents en annexes ou sont publiés séparément du
présent guide.
iii
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Remerciements _________________________________________________ x
Avant-propos___________________________________________________ xi
Introduction ____________________________________________________ 1
2.4. Niveaux de vulnérabilité des aires basés sur l’indice DRASTIC ______________ 8
iv
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
3.4. Étape 4 : Choix des méthodes de détermination des aires de protection ______ 34
v
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
3.7.2. Discussion sur la pérennité des résultats face aux changements des
conditions dans le temps __________________________________________ 65
Conclusion ___________________________________________________ 67
vi
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Tableau 9 : Effet sur la superficie des aires d’une augmentation de valeur des
principaux paramètres d’entrée utilisés pour la détermination des
aires de protection ____________________________________ 64
vii
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Figure 4 : Mise en perspective des coûts à court et à long terme : cas où une
détermination de qualité des aires de protection est moins coûteuse à
long terme qu’une détermination approximative ______________ 20
Figure 13 : Illustration des aires de protection exclusives l’une de l’autre aux fins
de l’évaluation de la vulnérabilité intrinsèque des eaux souterraines
(ce qui est différent des aires inclusives illustrées à la Figure 1) __ 59
ix
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
REMERCIEMENTS
x
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
AVANT-PROPOS
Le contenu du présent guide constitue les bonnes pratiques existantes lors de sa publication. Elles
pourraient changer dans le temps. De plus, le guide ne constitue pas un document réglementaire.
En cas de divergence entre le guide et un texte réglementaire, ce dernier prévaut.
xi
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
INTRODUCTION
Les efforts requis et les coûts encourus pour l’établissement de systèmes d’approvisionnement
et de distribution d’eau potable étant considérables, les propriétaires des prélèvements devraient
s’assurer de protéger leurs investissements. Le traitement d’une eau brute de mauvaise qualité
est très exigeant en matière d’équipements, de fonctionnement et d’entretien. De plus, la
décontamination de l’eau souterraine est difficile, voire dans certains cas, impossible. Ainsi, une
source d’approvisionnement alternative peut s’avérer la seule solution envisageable en cas de
contamination. Le maintien de la qualité de la source est donc assurément rentable à long terme.
La protection de la source d’eau potable constitue la première des barrières multiples visant à
garantir une eau saine « de la source au robinet » en réduisant les risques de contamination ou
de défaillance des systèmes d’approvisionnement (CCME, 2004). Selon le principe des barrières
multiples, dans le cas où une barrière fait défaut, le maintien des autres barrières assure la
protection de la santé des consommateurs.
Une détermination des aires de protection basée sur les directions d’écoulement et les temps de
transport de l’eau reflétant dans la mesure du possible la réalité est essentielle, non seulement
pour assurer la protection du prélèvement, mais également parce que la surprotection du
prélèvement peut limiter le développement et avoir des conséquences économiques négatives
importantes (ex. : acquisition de terrains, cessation d’activités agricoles et perte de revenu, frais
supplémentaires liés à l’utilisation d’engrais non organiques, déplacement de pâturages, frais
professionnels, etc.) (MDDELCC, 2016a). Cependant, la délimitation des aires de protection
comporte inévitablement une part d’incertitude puisque le comportement de l’eau souterraine à
travers les milieux géologiques doit être déduit et les valeurs des paramètres le décrivant doivent
être estimées. Les informations et données ne sont disponibles qu’à des points précis du
territoire, par exemple aux lieux des puits, forages, affleurements rocheux et levés géophysiques,
ce qui implique que des interprétations doivent être faites entre ces « fenêtres » de données.
1
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Figure 1 : Schématisation des aires de protection d’un site de prélèvement d’eau souterraine de
catégorie 1
3
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
La méthode DRASTIC (Aller et al., 1987) constitue une des méthodes largement employées pour
évaluer la vulnérabilité intrinsèque de l’eau souterraine. Son utilisation est prescrite par le
Règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection (chapitre Q-2, r.35.2, ci-après le RPEP).
Cette méthode permet d’évaluer, à l’aide de paramètres géologiques et hydrogéologiques, la
susceptibilité d’un contaminant non défini qui serait mobilisé par l’eau à la surface à s’infiltrer dans
le sol et à percoler verticalement jusqu’à la nappe. Plus un contaminant devra parcourir une
grande distance et mettre du temps pour atteindre l’aquifère, moins l’eau souterraine sera
vulnérable. Un temps de parcours élevé permet à certains polluants de s’atténuer et au
responsable du prélèvement de disposer de davantage de temps pour intervenir.
Dans le présent guide technique, les exigences du RPEP concernant les aires de protection et la
vulnérabilité intrinsèque de l’eau souterraine sont résumées à la section Cadre réglementaire pour
les prélèvements d'eau souterraine. La section Marche à suivre détaille en huit étapes distinctes la
méthodologie pour déterminer les aires de protection et les indices de vulnérabilité DRASTIC. La
Conclusion du guide précède une liste de Références bibliographiques . Enfin, plusieurs outils
complémentaires sont présentés en Annexes ou sous forme d’Outils disponibles publiés
séparément :
L’Annexe I : Listes des tableaux et des figures types qui devraient être inclus dans les rapports
d’étude;
L’Annexe III : Critères de validité des hypothèses de milieu poreux équivalent homogène et d’isotropie
(liste des principaux critères);
4
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Les fiches descriptives des principales méthodes de détermination des aires de protection;
5
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Le Règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection (chapitre Q-2, r.35.2), comme introduit
à son article 1, prévoit les modalités relatives à cette autorisation, tout en prescrivant certaines
normes applicables aux prélèvements d’eau, aux installations servant à les effectuer ou à des
installations ou activités susceptibles de porter atteinte à la qualité de l’eau pouvant être prélevée
à proximité. Le RPEP vise particulièrement à assurer la protection des eaux prélevées à des fins
de consommation humaine ou de transformation alimentaire. D’autres règlements contribuent
aussi à cet objectif de protection en exigeant le respect d’une distance séparatrice entre certains
usages ou activités (lieux d’enfouissement technique, carrières et sablières, entreposage de
produits pétroliers, etc.) et un site de prélèvement d’eau souterraine.
• Pour réaliser les travaux lors de l’établissement d’un nouveau prélèvement d’eau, ou lors
d’une modification ou d’une mise à jour pour un prélèvement existant;
• Pour évaluer la validité d’une étude réalisée dans le cadre d’une demande d’autorisation
d’un prélèvement ou d’une analyse quinquennale de vulnérabilité du prélèvement
(MELCC, 2018).
L’impact économique des contraintes prévues par le RPEP pour certaines activités effectuées
dans les aires de protection doit être évalué (art. 7, 1er al., par. 12). Cette exigence fait en sorte
que les aires et la vulnérabilité intrinsèque de l’eau souterraine sont des renseignements qui
doivent être fournis lors d’une demande d’autorisation de prélèvement d’eau prévue à
l’article 31.75 de la LQE. Il en va de même lors du renouvellement de l’autorisation ou de sa
modification, puisque l’article 10 du RPEP prévoit que les renseignements fournis lors de la
demande initiale d’autorisation doivent être mis à jour.
6
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Les prélèvements qui servent à 20 personnes et moins et qui sont inférieurs à 75 000 litres par
jour sont quant à eux soumis à une autorisation municipale. Les exigences réglementaires pour
ces prélèvements sont documentées dans le Guide technique – Prélèvement d’eau soumis à
l’autorisation municipale (MDDELCC, 2015b).
Le Tableau 1 indique les trois catégories de prélèvement d’eau effectué à des fins de
consommation humaine ou de transformation alimentaire, telles qu’établies à l’article 51 du
RPEP, et visées pour la détermination d’aires de protection. L’annexe 0.1 du Règlement sur la
qualité de l’eau potable (chapitre Q-2, r.40; ci-après le RQEP) décrit le mode de calcul permettant
de définir la clientèle approvisionnée par un prélèvement. Le Guide d’interprétation du RQEP
(MDDELCC, 2016b) indique quelques précisions supplémentaires. L’article 3 du RPEP stipule
que dans l’application de ces calculs, sont réputés constituer un seul prélèvement d’eau les
prélèvements d’eau effectués à chacun des sites de prélèvement qui sont reliés à un même
établissement, à une même installation ou à un même système d'aqueduc.
Les types d’aires de protection (immédiate, intermédiaire et éloignée) et leurs limites par rapport
au site de prélèvement sont présentés dans le Tableau 1 pour chaque catégorie de prélèvement,
comme exigé aux articles 54, 57 et 65 du RPEP. Les niveaux de vulnérabilité des aires basés sur
l’indice DRASTIC, prescrits à l’article 53, y sont aussi définis.
Pour l’aire de protection immédiate des prélèvements de catégorie 1, de même que pour toutes
les aires des prélèvements de catégories 2 et 3, la réglementation prescrit des distances fixes
arbitraires, soit des aires de protection de forme simple circulaire, centrées sur le site de
prélèvement. Toutefois, pour l’aire de protection éloignée de la catégorie 2, la distance fixe
arbitraire ne s’applique que vers l’amont hydraulique, ce qui donne un demi-cercle, dont le site
de prélèvement est situé au foyer de l’arc de cercle. Pour tous ces cas, la délimitation des aires
est très simple (voir Approche 1 : Rayon fixe arbitraire pour plus de précisions).
L’utilisation de méthodes de détermination plus complexes nécessitant des calculs est requise
pour les aires de protection intermédiaires et éloignée des prélèvements de catégorie 1. La
démarche méthodologique proposée dans ce guide concerne donc spécifiquement ces cas. De
plus, même si des rayons fixes arbitraires sont prescrits par le RPEP pour les catégories de
prélèvement 2 et 3, les aires peuvent aussi être déterminées par un professionnel de la même
manière que pour les prélèvements de catégorie 1.
Pour les prélèvements de catégorie 1 et 2, l’aire de protection immédiate correspond par défaut
au territoire situé à l’intérieur d’un rayon de 30 m autour du site de prélèvement. Cette aire peut
être délimitée autrement, sur la base d’une étude hydrogéologique préparée par un professionnel
et conforme aux critères précisés à l’article 54 du RPEP. Dans ce cas, l’aire de protection
immédiate peut être réduite à moins de 30 m.
Le temps de transport de 200 jours utilisé pour déterminer l’aire bactériologique (Tableau 1) est
établi en fonction d’une estimation de la durée de vie maximale des bactéries pathogènes dans
l’eau souterraine dans les conditions hydrogéologiques et climatiques du Québec. Pour l’aire
virologique, le temps de transport de 550 jours (Tableau 1) correspond au seuil à partir duquel les
virus pouvant être présents dans l’eau souterraine sont réputés être totalement inactifs ou sans
danger pour la santé en cas d’ingestion. Notons que d’autres provinces canadiennes ont adopté
des critères pour la détermination d’aires de protection basés sur des temps de transport, dont
l’Ontario et la Nouvelle-Écosse, qui prescrivent un temps de transport de deux ans pour leur aire
de protection microbiologique (bactériologique et virologique) (Nova Scotia Environment Water
and Wastewater Branch, 2004; ministère de l’Environnement de l’Ontario, 2015).
8
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Tableau 1 : Dimensions des aires de protection d’un prélèvement d’eau souterraine effectué à des
fins de consommation humaine ou de transformation alimentaire et leur niveau de vulnérabilité
selon la catégorie du prélèvement
Aire de protection
Niveaux de
Catégorie
vulnérabilité des
de Intermédiaire
Description aires de protection
prélève-
basés sur l’indice
ment Immédiate Éloignée
Bactério- Virologique DRASTIC
logique
1 Système d’aqueduc d’une municipalité 30 m(1) Temps de Temps de L’aire Faible : Indice égal
alimentant plus de 500 personnes et au migration migration de d’alimentation ou inférieur à 100
moins une résidence de l’eau l’eau complète(2,3) sur l’ensemble de
souterraine souterraine l’aire
de de Moyen : Indice
200 jours(2) 550 jours(2) inférieur à 180 sur
l’ensemble de l’aire,
sauf s’il s’agit d’un
indice
correspondant au
niveau « faible »
Élevé : Indice égal
ou supérieur à 180
sur une quelconque
partie de l’aire
3 a) Système indépendant d’un système 3m 30 m(4) 100 m(4) Non requis Élevé(4)
d’aqueduc alimentant
exclusivement un ou des
établissements utilisés à des fins de
transformation alimentaire
b) Système indépendant d’un système
d’aqueduc alimentant
exclusivement au moins une
entreprise ou un établissement
touristique ou touristique saisonnier
c) Tout autre système alimentant
20 personnes et moins (incluant les
puits individuels)
(1)
Sauf si déterminé autrement par un professionnel, en fonction de certaines situations, dans une étude hydrogéologique.
(2)
Déterminé par un professionnel, à l’aide de données recueillies dans un minimum de trois puits aménagés au sein de la formation
géologique aquifère exploitée par l’installation de prélèvement d’eau et pouvant être utilisés à des fins d’observation des eaux
souterraines.
(3)
Superficie de terrain au sein duquel les eaux souterraines y circulant vont éventuellement être captées par l’installation de
prélèvement d’eau.
(4)
Sauf si déterminé par un professionnel conformément aux méthodes applicables aux prélèvements de catégorie 1.
9
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
3. MARCHE À SUIVRE
La marche à suivre pour la détermination des aires de protection des prélèvements d’eau
souterraine et des indices de vulnérabilité DRASTIC est présentée de façon schématique à la
figure 2. Dans la poursuite de l’objectif commun d’assurer une protection adéquate du
prélèvement d’eau souterraine, une réflexion éclairée en concertation avec le responsable du
prélèvement devrait être faite concernant cette démarche. Le cheminement du professionnel
mandaté pour cette étude n’est bien sûr pas si linéaire; les contraintes des enjeux de protection
et du milieu physique sont confrontées à celles des ressources disponibles (coût, temps,
expertise). Il s’agit d’une approche itérative qui nécessite un retour aux étapes précédentes dans
plusieurs cas.
10
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Figure 2 : Marche à suivre pour la détermination des aires de protection des prélèvements d’eau
souterraine et des indices de vulnérabilité DRASTIC
La démarche débutera par une recherche et une analyse des données existantes. Tout d’abord,
les informations transmises par le responsable du prélèvement concernant le puits d’exploitation
et les données existantes sur le territoire à l’étude permettront de comprendre les enjeux de
protection du prélèvement. Toutes les données disponibles sur le milieu physique seront aussi
explorées afin de définir le modèle hydrogéologique conceptuel du secteur et d’évaluer la
complexité du système hydrogéologique. Le choix de la méthode de détermination des aires de
protection se fera par la suite en intégrant des critères définis par les enjeux de protection et la
complexité du système hydrogéologique. Les données manquantes pour l’utilisation de la
méthode choisie seront ensuite identifiées et cela sera suivi, si nécessaire, de travaux
d’acquisition de nouvelles données et de leur traitement. Un retour à l’étape du modèle
hydrogéologique conceptuel pourrait ensuite devoir être effectué à la lumière des nouvelles
informations recueillies. Le choix de la méthode de détermination pourrait être révisé si le modèle
conceptuel initial est modifié, ce qui nécessite parfois une nouvelle identification de données
manquantes, l’acquisition de nouvelles données et un traitement supplémentaire des données.
11
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Les aires de protection et la vulnérabilité intrinsèque DRASTIC seront ensuite déterminées. Une
discussion sur la qualité des résultats et leur pérennité complétera l’analyse.
La présentation recommandée des données et des résultats est décrite au terme de chacune des
étapes. Afin d’uniformiser la présentation des informations dans les rapports d’étude, une liste de
tableaux et figures types que devraient contenir un rapport d’étude est fournie à l’Annexe I : Listes
des tableaux et des figures types. Ce guide recommande les éléments que devrait contenir le
rapport d’étude comme si l’étude de détermination des aires de protection et des indices de
vulnérabilité DRASTIC se déroulait de manière indépendante de toute autre étude
hydrogéologique. Par exemple, afin de répondre aux exigences du RPEP, la mise à jour des aires
de protection et des indices DRASTIC déterminés dans le cadre du précédent Règlement sur le
captage des eaux souterraines (chapitre Q-2, r.6; ci-après le RCES) devrait nécessiter la réalisation
de telles études indépendantes. Dans le cas où l’étude s’inscrit dans le cadre d’une
caractérisation hydrogéologique plus complète lors d’une demande d’autorisation pour un
nouveau prélèvement, telle que décrite dans le Guide sur les études hydrogéologiques (MELCC,
à paraître), certains éléments seront déjà présentés dans une autre section de cette étude. Il
n’apparaît alors pas utile de présenter à nouveau ces éléments et de dédoubler l’information.
L’Annexe II : Liste de vérification des travaux réalisés constitue un outil supplémentaire permettant
d’encadrer la démarche. Le professionnel qui réalise l’étude peut y inscrire que les travaux ont
été effectués selon la méthodologie recommandée. Si ce n’est pas le cas, il devrait justifier les
raisons qui l’ont amené à procéder autrement. Cette liste pourrait aussi être utilisée lors de
l’évaluation des demandes d’autorisation qui sont faites au Ministère pour de nouveaux
prélèvements en eau. Cet outil est toutefois complémentaire à la lecture des rapports. Une
réflexion basée uniquement sur cette liste ne constituerait pas une analyse complète.
12
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
La recherche d’information doit viser un territoire plus vaste que celui qui est anticipé
pour les aires de protection. Il faut aussi s’adresser aux municipalités et organismes
présents sur les territoires avoisinants, car l’écoulement de l’eau fait fi des limites
administratives.
Tout d’abord, le site et l’installation de prélèvement devraient être décrits. Ces informations se
trouvent en majeure partie dans le rapport de conception de l’installation. Il peut arriver dans le
cas des puits existants que ces informations soient fragmentaires, elles devraient alors être
acquises lors de l’Étape 5 : Acquisition et traitement des données . Les renseignements suivants,
ayant une incidence sur la détermination des aires de protection, sont minimalement attendus :
13
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Les intervenants locaux étant les mieux placés pour fournir ces informations, une
rencontre avec ces intervenants lors d’une visite sur le terrain est recommandée dès le
début du mandat si les enjeux de protection sont importants.
Les projets visaient à dresser un portrait réaliste et concret de la ressource eau souterraine des
territoires municipalisés du Québec méridional, dans le but ultime de la protéger et d’en assurer
la pérennité. Les résultats issus des projets ont été publiés entre 2013 et 2015 pour les régions
suivantes :
Les résultats sont présentés sous forme de cartes thématiques régionales et de rapports
scientifiques et synthèses portant sur les thématiques suivantes :
• La topographie et l’hydrographie;
• Les limites administratives, l’occupation du sol et les affectations du territoire;
• Le couvert végétal et les milieux humides;
• La pédologie;
• La géologie du Quaternaire et l’épaisseur des dépôts meubles;
• La géologie et la topographie du roc;
• Le confinement des aquifères;
• La piézométrie;
• La vulnérabilité intrinsèque DRASTIC;
• Les activités potentiellement polluantes;
• L’utilisation de l’eau;
• La recharge et les résurgences.
Les résultats des PACES sont présentés à une échelle cartographique régionale afin d’établir un
portrait hydrogéologique global de la région à l’étude (ex. : échelle au 1/100 000; mailles de
250 m x 250 m). Dans le cas de problématiques plus locales à l’échelle d’une propriété, d’une
aire d’alimentation d’un puits ou d’un aquifère aux dimensions limitées, des études plus détaillées
sont nécessaires pour caractériser le milieu hydrogéologique. Lorsque disponible pour la région
concernée, les PACES sont une source d’information à privilégier, à consulter en premier lieu
pour avoir un portrait général du contexte hydrogéologique régional, ainsi que pour accéder à des
informations locales via sa base de données ponctuelles. Il permet aussi d’orienter la recherche
d’information locale.
Les indices DRASTIC calculés à l’échelle régionale dans le cadre des PACES ne peuvent
pas être employés pour évaluer la vulnérabilité intrinsèque de l’eau souterraine à l’échelle
qui convient pour les aires de protection, mais sont tout de même utiles à des fins de
comparaison.
Préalablement aux PACES, des projets régionaux similaires ont été réalisés par la Commission
géologique du Canada, conjointement ou en collaboration avec le Ministère, dans les régions
suivantes :
15
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Les cartes, rapports et données sont accessibles par le Réseau d’information sur les eaux
souterraines (RIES) (Ressources naturelles Canada, 2016).
Les données recueillies durant cette étape de recherche des informations existantes devraient
être fournies dans le rapport d’étude. Une présentation sous forme de tableau récapitulatif est
recommandée (ex. : Tableau 2). Ce tableau sera bonifié et complété à la suite de l’Étape 5 :
Acquisition et traitement des données et permettra de repérer facilement les données utilisées pour
la détermination des aires de protection et des indices de vulnérabilité DRASTIC.
Il est recommandé de géoréférencer les données recueillies pour pouvoir les intégrer dans un
SIG et en faciliter l’interprétation.
La présentation des données devrait inclure non seulement les valeurs retenues, mais aussi une
évaluation de la qualité des données, soit leur variabilité, leur incertitude et l’identification de la
source des données ou de la méthode de mesure ou de calcul. La qualité des données est une
information précieuse qui influencera le choix des travaux de terrain à réaliser ainsi que la fiabilité
16
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
La variabilité des données est fonction de l’amplitude des variations des valeurs recueillies ou
mesurées en différents endroits de l’aquifère ou selon différentes méthodes. Dans le cas de
valeurs tirées de la littérature, cette variabilité peut parfois être très élevée. Par exemple, la
porosité d’un grès peut varier d’un ordre de grandeur (ex. : de 3,5 à 35 %). Pour une propriété
mesurée dans l’aquifère, comme la conductivité hydraulique, il s’agit des valeurs minimales et
maximales mesurées.
L’incertitude de la donnée fait référence à la précision de la méthode de mesure s’il s’agit d’une
donnée acquise par des travaux. Il s’agit plutôt de la fiabilité de la source de l’information s’il s’agit
d’une donnée recueillie parmi les informations existantes. Par exemple, la mesure directe d’un
paramètre comme l’épaisseur saturée d’un aquifère de sable au droit d’un puits d’exploitation a
une faible incertitude, alors que l’estimation de la recharge par la méthode du bilan en eau
possède une plus grande incertitude. Aussi, une grande incertitude est associée à une description
stratigraphique provenant du Système d’information hydrogéologique à cause de sa faible
fiabilité, tandis que description provenant de la base de données géotechnique du Ministère des
Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des transports est caractérisée par une
plus faible incertitude, étant donné la meilleure fiabilité des données.
Tableau 2 : Tableau récapitulatif des données existantes recueillies et acquises lors des travaux
Valeurs
Donnée Variabilité Incertitude Source
retenues
Direction d’écoulement
L’Annexe III du Guide de réalisation des analyses de la vulnérabilité des sources destinées à
l’alimentation en eau potable au Québec (MELCC, 2018) décrit la structure physique des données
préconisée pour la représentation de la description et la localisation d’un site de prélèvement
d’eau souterraine dans un format géographique numérique. Un fichier en format « shapefile » est
attendu.
17
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Une carte de localisation du secteur d’étude devrait être présentée à l’échelle régionale. Les
limites administratives, les voies principales de communication, l’hydrographie et les bassins
versants sont entre autres des éléments importants à y intégrer. L’installation de prélèvement
devrait être représentée sur un plan plus précis, mais sur un territoire plus large que celui des
aires de protection (échelle suggérée : 1/20 000). On devrait y retrouver des détails permettant
de repérer différentes caractéristiques du terrain, telles que les courbes de niveau topographique,
les cours d’eau et plans d’eau, les routes et les bâtiments. Des indications toponymiques des
lieux et des objets faciliteront également le repérage. En plus de rapporter les coordonnées
géographiques du site de prélèvement, on recommande de le localiser à l’aide de l’imagerie
aérienne agrandie sur la zone à proximité de l’installation.
Une coupe verticale de l’installation de prélèvement d’eau est attendue. La stratigraphie peut être
montrée sur ce schéma, sinon le rapport de forage indiquant la nature des matériaux géologiques
en profondeur devrait être présenté. Généralement, ces informations se retrouvent dans le
rapport de conception de l’installation. Dans le cas où l’information n’est pas disponible
(ex. : rapport perdu), il est important de recommander au responsable du prélèvement de réaliser
des travaux permettant de recouvrer cette connaissance essentielle.
18
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Une réflexion qualitative mettant en perspective les coûts d’une étude approfondie à court terme
avec les coûts à plus long terme que pourrait entraîner une détermination trop approximative des
aires de protection devrait être réalisée par le responsable du prélèvement préalablement à la
définition du mandat à confier au professionnel en hydrogéologie (Figure 4). Cette réflexion devrait
donc comprendre l’évaluation sommaire des :
À court terme, il pourrait paraître plus avantageux d’opter pour une étude approximative, qui
occasionnerait des coûts moins élevés, mais à plus long terme, l’étude plus approfondie et
conséquemment plus onéreuse pourrait s’avérer plus rentable. Par exemple, des compensations
récurrentes pourraient devoir être versées aux agriculteurs par la municipalité telles que décrites
dans le Guide sur les principes d’atténuation et de compensation des activités agricoles relativement aux
installations de prélèvement d’eau (MDDELCC, 2016a). Des aires fiables seraient dans ce cas
profitables. Aussi, l’analyse de vulnérabilité de la source (MELCC, 2018) doit, tous les cinq ans,
comprendre une validation des aires de protection. Il est plausible que les enjeux de protection
du prélèvement augmentent et fassent qu’une étude plus approfondie devienne nécessaire. En
réalisant une étude approfondie dès le départ, on réduit grandement les risques de devoir payer
pour une étude ultérieure.
Nonobstant la réflexion qualitative ci-dessus, les enjeux de protection devraient être évalués par
le professionnel dans le cadre de l’étude de détermination des aires de protection et des indices
DRASTIC. Cette évaluation influencera, entre autres, le choix des méthodes de détermination
des aires. Plusieurs facteurs humains sont déterminants lors de la définition des enjeux de
protection du prélèvement. Des enjeux de protection importants nécessitent des efforts plus
grands afin de s’assurer que la délimitation des aires de protection reflète plus justement la réalité
en ce qui a trait aux conditions d’écoulement.
Pour définir l’ampleur des enjeux de protection du prélèvement, les trois facteurs suivants
devraient être considérés :
Figure 4 : Mise en perspective des coûts à court et à long terme : cas où une détermination de
qualité des aires de protection est moins coûteuse à long terme qu’une détermination
approximative
L’importance de l’aquifère exploité peut aussi être estimée à l’aide du nombre de puits dans le
secteur d’étude et de leur densité. Ainsi, un aquifère très exploité revêt une plus grande
importance pour la communauté et devrait être l’objet d’une caractérisation plus détaillée.
20
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
La précision avec laquelle les aires de protection sont délimitées a une influence sur les activités
encadrées par le RPEP (activités agricoles, forages gaziers ou pétroliers) qui pourront avoir cours
sur le territoire. Une délimitation trop approximative peut entraîner la surprotection de certaines
zones avec des conséquences économiques. À l’inverse, une sous-protection met en danger la
santé des consommateurs. D’autres règlements peuvent restreindre certains usages et activités
(ex. : lieux d’enfouissement, carrières et sablières, entreposage de produits pétroliers, etc.) à
proximité des sites de prélèvement. Lorsqu’il y a présence d’activités sujettes à des prescriptions
réglementaires visant la protection du prélèvement dans le secteur présumé des aires de
protection, les enjeux deviennent importants et il est recommandé de réaliser une étude
approfondie.
Une évaluation de l’ampleur des problématiques de contamination potentielle devrait être faite à
partir d’un inventaire sommaire des activités potentiellement polluantes et des problèmes
affectant ou ayant affecté la quantité d’eau exploitée ou sa qualité. Il s’agit d’une analyse de risque
semblable, mais beaucoup plus simple que celle décrite dans le Guide de réalisation des analyses
de la vulnérabilité des sources destinées à l’alimentation en eau potable au Québec (MELCC, 2018).
Plus les problèmes sont graves et nombreux, plus les enjeux de protection sont élevés.
Les sources de contamination potentielle peuvent être des activités anthropiques actuelles,
passées ou futures. Les eaux de surface et la composition des formations aquifères peuvent
aussi avoir un effet sur la qualité de l’eau souterraine. Par exemple, pour les zones agricoles,
l’inventaire sommaire implique de localiser et de connaître la nature des activités, mais ne
nécessite pas l’identification détaillée des produits utilisés pour la fertilisation. Aussi, à titre
d’exemple, l’emplacement des routes principales et des voies ferrées suffit sans qu’il soit
nécessaire de connaître leur fréquence d’utilisation et les produits qui y sont transportés. Les
activités industrielles, les lieux d’enfouissement et les sites contaminés devraient aussi être
répertoriés, de même que les secteurs résidentiels non raccordés à un réseau d’égout. Enfin, il
importe d’inventorier les cours d’eau et plans d’eau à proximité du site de prélèvement, car les
eaux de surface pourraient constituer un vecteur de contaminants pour les eaux souterraines si
elles sont sous leur influence directe, c’est-à-dire si le pompage de l’eau souterraine induit un
appel d’eau de surface vers le puits.
Pour connaître les problèmes affectant ou ayant affecté la quantité d’eau exploitée ou sa qualité,
les rapports d’analyse de qualité de l’eau brute du puits d’exploitation et des autres puits dans le
même aquifère devraient être consultés. Ces rapports d’analyse peuvent aussi servir à évaluer
si les eaux souterraines sont sous influence directe des eaux de surface, comme détaillé dans un
protocole du Guide de conception des installations de production d’eau potable (MDDELCC, 2015c).
Des discussions avec le responsable du prélèvement, les opérateurs de l’installation ou des
résidents de longue date pourraient aussi permettre de fournir des renseignements sur la
présence de problèmes récurrents ou de problèmes majeurs survenus par le passé.
21
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Une carte du territoire à l’échelle de la zone d’étude élargie incluant la localisation de l’ensemble
des puits répertoriés, les activités encadrées par réglementation et visant la protection du
prélèvement, et les activités potentiellement polluantes sommairement inventoriées est
recommandée. Selon la quantité d’informations disponibles et répertoriées, les puits existants sur
le territoire pourraient être présentés sur un plan à part. Aussi, un zoom présenté sur les activités
à proximité du site de prélèvement est pertinent, par exemple à l’échelle des aires de protection
intermédiaires attendues.
22
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Cette réflexion devrait se faire d’abord sur une zone élargie afin d’englober avec certitude les
aires de protection et de mieux définir les limites hydrogéologiques naturelles du système.
L’information contenue dans le document Contextes hydrogéologiques généraux du sud du Québec,
qui décrit brièvement les principaux types d’aquifères que l’on trouve au Québec, présente une
séquence stratigraphique typique et résume l’histoire géologique récente, ne constitue toutefois
pas une description exhaustive de tous les contextes possibles. Les coupes hydrogéologiques et
les cartes thématiques des PACES présentent aussi différents contextes hydrogéologiques
régionaux. Bien que ces contextes soient présentés à l’échelle régionale et qu’ils peuvent varier
à l’échelle plus locale des aires de protection, leur consultation est fortement recommandée.
Une fois que la synthèse et l’interprétation de l’ensemble des données recueillies sont réalisées,
les éléments suivants, tous nécessaires à la détermination des aires de protection et des indices
de vulnérabilité DRASTIC, devraient être pris en considération pour l’élaboration du modèle
hydrogéologique conceptuel :
23
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
• Matériaux géologiques :
• Conditions d’écoulement :
Le système hydrogéologique devrait être considéré comme complexe s’il n’y a pas
suffisamment de données pour prouver le contraire.
24
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Une installation de prélèvement complexe rend le système hydrogéologique complexe aux fins
de la délimitation des aires de protection, ce qui nécessite des travaux plus détaillés. On peut
considérer une installation comme complexe dans les cas suivants :
• Puits multiples;
• Puits sous l’influence d’autres installations de prélèvement;
• Puits rayonnants (puits « caissons »);
• Puits sous l’influence directe de l’eau de surface;
• Champs de captage avec filtration en berge;
• Puits recoupant plusieurs aquifères;
• Drains horizontaux de captage;
• Captage de résurgences.
Un puits est considéré comme étant sous l’influence d’un autre puits lorsque leurs cônes de
rabattement se recoupent. Les puits multiples entrent ainsi automatiquement dans cette
catégorie. Il importe d’intégrer chaque puits ayant une influence sur le prélèvement dans le
calcul des aires de protection afin de prendre en compte les effets mutuels de chacun en
pompage simultané.
Le professionnel qui délimite des aires de protection pour un prélèvement d’eau souterraine
qui capte de l’eau de surface (ESSIDES ou non) devrait recommander au responsable du
prélèvement et au professionnel qui réalisera l’analyse quinquennale de vulnérabilité de
surveiller les activités potentiellement polluantes pouvant survenir dans l’eau de surface, car
certains contaminants persistants pourraient migrer jusqu’au prélèvement d’eau souterraine.
25
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Certaines méthodes de détermination des aires de protection (Étape 4 : Choix des méthodes de
détermination des aires de protection) posent comme hypothèses que l’épaisseur de l’aquifère sur
toute l’étendue des aires de protection est constante et que les limites de l’aquifère dans l’espace
sont infinies. Ces hypothèses devraient être validées pour que le système hydrogéologique soit
considéré comme simple.
Bien qu’il soit évident que l’hypothèse de limites infinies ne peut pas être validée à l’échelle de
l’aquifère, elle peut l’être à l’échelle des aires de protection lorsque les limites des aires
présumées demeurent à l’intérieur des limites de l’aquifère (Figure 5A). Dans le cas où les aires
de protection sont limitées par une barrière hydraulique, par exemple un cours d’eau ou un
changement de lithologie diminuant la conductivité hydraulique de deux ordres de grandeur ou
plus (Figure 5B), l’hypothèse de limites infinies ne peut pas être considérée comme vraie; le
système hydrogéologique est alors considéré comme étant complexe.
26
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
La direction d’écoulement précise est parfois difficile à prédire, particulièrement lorsque les
mesures de niveaux de la nappe de seulement trois puits d’observation sont utilisées.
L’Étape 5 : Acquisition et traitement des données contient de nombreuses indications pour disposer
judicieusement de nouveaux puits d’observation et exploiter efficacement les données
disponibles. La direction d’écoulement est critique pour le positionnement des aires de protection
dans l’espace. En effet, une différence de quelques degrés peut entraîner la délimitation d’une
portion de territoire différente (Figure 6A). Cela est d’autant plus vrai pour une aire d’alimentation
beaucoup plus longue que large. Lorsque l’incertitude sur la direction d’écoulement est
importante, le contexte hydrogéologique devrait être perçu comme étant complexe.
Dans certains cas, la direction d’écoulement est non uniforme et change à l’échelle des aires de
protection (Figure 6B et Figure C), ce qui fait que le système hydrogéologique est plus complexe
et que certaines méthodes de détermination des aires de protection ne peuvent être utilisées.
Dans les cas plus complexes, la piézométrie devrait être étudiée à différentes échelles, car les
directions d’écoulement peuvent être variables et imprévisibles.
Figure 6 : Incertitude sur la délimitation des aires de protection liée à la direction d’écoulement : A)
direction d’écoulement mal orientée entraînant la délimitation d’une mauvaise partie de territoire;
B) et C) direction d’écoulement non uniforme dans l’aire de protection
Pour le choix de la méthode de détermination des aires de protection et pour le calcul des indices
de vulnérabilité DRASTIC, l’aquifère devrait être considéré comme confiné uniquement lorsque
l’aquitard est épais (ex. : 5 m et plus selon la plupart des PACES) et qu’il est continu sur toute
27
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
l’aire d’alimentation du puits (Figure 7A). À ce stade de la démarche, l’aire d’alimentation du puits
étant encore inconnue, il faut donc considérer un territoire élargi principalement en amont
hydraulique du puits. Dans certains contextes hydrogéologiques, le jugement professionnel
permet d’avoir une certitude suffisante sur la continuité de l’aquitard. Dans d’autres cas, lorsque
la couche aquitard est par exemple faite de dépôts alluvionnaires, deltaïques ou glaciaires
(Figure 7B), ou lorsque le roc est affleurant par endroits (Figure 7C), sa continuité ne peut pas être
présumée à l’échelle des aires de protection. Le confinement devrait donc être considéré comme
étant discontinu.
Un aquifère dont les conditions de confinement, quel que soit le niveau, sont discontinues sur
l’aire d’alimentation implique que le système hydrogéologique est complexe. Inversement, un
système hydrogéologique simple devrait nécessairement être constitué d’un aquifère aux
conditions de confinement continues.
Il n’est pas sécuritaire de considérer une couche de roc comme étant confinante, même
si son épaisseur est importante. En effet, la présence ponctuelle et imprévisible de
fractures d’écoulement préférentiel ne permet pas de poser cette hypothèse avec
suffisamment de certitude.
Figure 7 : Continuité des conditions de confinement : A) aquitard épais et continu sur toute l’aire
d’alimentation; B) aquitard non continu constitué par exemple de dépôts alluvionnaires, deltaïques
ou glaciaires, ou présence de lentilles d’argile; C) aquitard non continu avec affleurement rocheux
par endroit
Pour caractériser les aquifères de roc fracturé, des méthodes complexes basées sur la
connaissance des propriétés du réseau de fractures (longueur, orientation, pendage, ouverture,
rugosité des parois et connectivité) devraient, en théorie, être utilisées. La quantité de données
nécessaires à une telle caractérisation est toutefois considérable. Heureusement, il est souvent
raisonnable de considérer le roc fracturé comme un milieu poreux équivalent aux fins d’analyse
de l’écoulement souterrain. Cette hypothèse simplificatrice considère que la densité, l’ouverture
et la connectivité des fractures sont suffisamment élevées pour assumer qu’à l’échelle
d’observation, les processus d’écoulement et de transport sont équivalents à ceux présents dans
un milieu poreux granulaire. L’utilisation de méthodes de caractérisation hydrogéologique et
d’analyse plus accessibles et moins coûteuses est alors possible. Les méthodes de détermination
des aires de protection recommandées dans ce guide (Étape 4 : Choix des méthodes de
28
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
détermination des aires de protection) considèrent d’ailleurs toutes un milieu poreux équivalent.
Quelques modèles numériques conçus spécifiquement pour la modélisation d’écoulement en
milieu rocheux sont introduits par Rasmussen et al. (2006).
La Figure 8 illustre des exemples de critères de validité de l’hypothèse de milieu poreux équivalent
basés sur les résultats d’essais de pompage.
29
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Figure 8 : Résultats d’essais de pompage pour lesquels l’hypothèse du milieu poreux équivalent
s’applique ou ne s’applique pas : A) graphiques débit-rabattement; B) courbes temps-
rabattement (modifié de l’USEPA, 1991)
L’hypothèse d’homogénéité de l’aquifère devrait être vérifiée autant pour les aquifères granulaires
que pour les aquifères de roc fracturé. La Figure 9 illustre trois types d’hétérogénéité que l’on
trouve : une variation de l’épaisseur de l’aquifère qui fait varier sa transmissivité, un aquifère
multicouche aux conductivités hydrauliques différentes et un changement latéral de la
conductivité hydraulique de l’aquifère. Lorsqu’au moins une de ces hétérogénéités est observée,
le système hydrogéologique devient complexe et ne respecte plus les conditions d’utilisation de
certaines méthodes de détermination des aires de protection. Par contre, dans un modèle
numérique, l’hétérogénéité peut être intégrée en subdivisant le domaine en plusieurs parties
homogènes.
30
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Figure 9 : Trois types d’hétérogénéité de l’aquifère : A) variation de l’épaisseur de l’aquifère qui fait
varier sa transmissivité; B) aquifère multicouche aux conductivités hydrauliques différentes;
C) changement latéral de conductivité hydraulique de l’aquifère
Les propriétés hydrauliques de l’aquifère identiques dans toutes les directions sont dites
isotropes. L’isotropie des propriétés hydrauliques est une hypothèse sous-jacente à plusieurs
méthodes de détermination des aires de protection. Elle devrait être vérifiée autant pour les
milieux granulaires que fracturés, bien que ces derniers se révèlent plus régulièrement
anisotropes Les critères de validité de l’hypothèse de conditions isotropes sont exposés à
l’Annexe III : Critères de validité des hypothèses de milieu poreux équivalent homogène et d’isotropie.
Il est à noter que, pour un roc fracturé, le non-respect de cette hypothèse d’isotropie n’empêche
pas la validation de l’hypothèse de milieu poreux équivalent.
Lorsque le milieu n’est pas isotrope, c’est-à-dire que les propriétés hydrauliques de l’aquifère
varient selon la direction, le système hydrogéologique est considéré comme complexe. Il est tout
de même possible d’utiliser certaines méthodes de détermination applicables au milieu poreux,
pourvu que l’anisotropie de l’aquifère soit caractérisée et intégrée au modèle de calcul. La
réalisation de levés structuraux (USEPA, 1991; Rasmussen et al., 2006) constitue une technique
utile permettant de caractériser l’anisotropie due à la fracturation.
31
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Figure 10 : Effet de l’anisotropie horizontale causée par des fractures préférentielles sur
l’orientation des aires de protection (modifié de l’USEPA, 1991)
Dès le début de la réflexion, il est pertinent d’illustrer le modèle conceptuel sous la forme d’une
ou de plusieurs coupes verticales (Figure 11) et d’un plan. Les représentations préliminaires sont
des outils de travail importants, mais qui ne nécessitent pas une présentation visuelle soignée.
Des dessins faits à la main sont adéquats. Des points d’interrogation peuvent faire ressortir les
informations manquantes.
Le modèle conceptuel définitif validé après l’Étape 5 : Acquisition et traitement des données devrait
être présenté dans le rapport d’étude final. La ou les coupes verticales devraient être positionnées
parallèlement à la direction d’écoulement principale et leur localisation apparaître sur la
représentation en plan. Un facteur d’exagération verticale pourrait être utilisé, en prenant soin
d’identifier les échelles. Toutes les unités hydrogéologiques pertinentes devraient être incluses
et les directions d’écoulement identifiées avec des flèches. La localisation des données utilisées
devrait apparaître sur les représentations du modèle conceptuel, ce qui permet de juger de sa
fiabilité. Une présentation visuelle soignée est utile à la compréhension du lecteur. Pour la
représentation en plan, l’usage d’un SIG est fortement recommandé.
32
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
33
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Les méthodes de délimitation des aires de protection existantes visent toutes à définir les aires
mais à un degré d’incertitude variable. De façon générale, il est justifié d’utiliser une méthode plus
complexe et de réaliser une étude plus approfondie lorsque les enjeux de protection sont
importants et que le système hydrogéologique est complexe. Les caractéristiques et les
propriétés du milieu doivent être mieux définies lorsque des méthodes plus complexes sont
utilisées. La qualité des données utilisées permet également d’augmenter la fiabilité des aires de
protection définies.
L’approche par rayon fixe arbitraire (approche 1) est appropriée, comme édicté par le RPEP, pour
l’aire de protection immédiate des prélèvements de catégorie 1, de même que pour toutes les
aires des prélèvements de catégories 2 et 3. Les méthodes de délimitation nécessitant des
calculs (approches 2 à 5) sont requises pour les aires de protection intermédiaires et éloignée
des prélèvements de catégorie 1. Elles peuvent aussi s’appliquer aux prélèvements des autres
catégories lorsque le choix est fait de ne pas déterminer les aires de protection à partir de rayons
fixes arbitraires. Il est alors nécessaire de réaliser une étude hydrogéologique. Le cheminement
décisionnel qui suit (Figure 12) concerne donc spécifiquement ces cas où une méthode devrait
être choisie parmi celles recommandées dans le Tableau 3.
Les fiches descriptives des principales méthodes de détermination des aires de protection présentent la
description détaillée des méthodes, les données nécessaires à leur utilisation, leurs conditions
d’utilisation et hypothèses simplificatrices, leurs avantages et désavantages, et leurs références.
D’autres méthodes non décrites dans ce guide sont valides et pourraient être utilisées. Par
exemple, bien que MODFLOW et FEFLOW soient les deux modèles numériques les plus utilisés
34
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
au Québec, de nombreux autres modèles numériques peuvent être utiles pour déterminer les
aires de protection (IGWMC, 2017; USEPA, 2017a; USEPA, 2017b; USGS, 2017). Aussi, pour
remplacer les méthodes plus approximatives, la méthode HYBRID (Paradis et Martel, 2007;
Paradis et al., 2007) pourrait être employée. Elle utilise de façon complémentaire la cartographie
hydrogéologique et les méthodes avec calculs simples du rayon fixe calculé et d’équations
analytiques afin de prendre en compte le bilan hydrique du puits et la recharge de l’aquifère. Cette
méthode a été conçue et testée dans le contexte québécois des basses-terres du Saint-Laurent,
autant pour des aquifères granulaires (Paradis, 2000) que de roc fracturé (Karanta, 2002).
Si une autre méthode que celles décrites dans ce guide était utilisée, le professionnel
devrait présenter une discussion justifiant la pertinence d’utiliser cette méthode. Il
devrait aussi s’assurer d’inclure dans le rapport d’étude la description sommaire de la
méthode (accompagnée idéalement d’une illustration) et la référence complète,
indiquer les données nécessaires, présenter les calculs et définir les conditions
d’utilisation et les hypothèses simplificatrices.
Aires de protection
Approche Méthodes concernées – catégories de
prélèvement
• Immédiate – cat. 1, 2, 3
Approche 1 Rayon fixe arbitraire • Intermédiaires – cat. 2, 3
• Éloignée – cat. 2, 3
• Intermédiaires – cat. 1
MODFLOW
• Éloignée – cat. 1
Approche 5
• Intermédiaires – cat. 1
FEFLOW
• Éloignée – cat. 1
35
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Pour une détermination plus précise, qui devrait être sécuritaire tout en réduisant au minimum les
conséquences pour certaines activités encadrées par des règlements à l’intérieur des aires de
protection et visant la protection du prélèvement, une étude employant des approches telles que
la cartographie hydrogéologique ou la modélisation numérique (approches 4 et 5) est à privilégier.
Il est d’ailleurs recommandé d’employer ces méthodes dans toutes les circonstances. Les
modèles numériques sont aujourd’hui raisonnablement accessibles, tant en ce qui concerne le
coût d’achat que l’effort d’apprentissage fait par un spécialiste en hydrogéologie. De plus, lorsque
le système hydrogéologique n’est pas très complexe, les temps de préparation des données
d’entrée (ex. : maillage, attribution des propriétés) des modèles et de calculs peuvent être
relativement courts. Toutefois, le cheminement décisionnel laisse la possibilité d’utiliser des
méthodes plus approximatives (approches 2 et 3) lorsque les enjeux de protection sont faibles et
le système hydrogéologique peu complexe.
Il peut être nécessaire de réviser le choix de la méthode sélectionnée à la suite des étapes
subséquentes de la démarche. Plusieurs possibilités de méthodes peuvent être initialement
envisagées. Le choix final se fera à la suite de l’Étape 5 : Acquisition et traitement des données et
de la validation du modèle conceptuel (retour à l’Étape 3 : Système hydrogéologique et modèle
conceptuel).
36
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Figure 12 : Cheminement décisionnel pour le choix d’une méthode de calcul appropriée pour la
détermination des aires de protection intermédiaires et éloignée d’un prélèvement de catégorie 1
La flèche pointillée indique que même lorsque les enjeux de protection sont faibles et que le
système hydrogéologique est simple, il est recommandé de considérer l’emploi d’une méthode
offrant des résultats plus précis.
Enjeux de protection
À l’Étape 2 : Enjeux de protection du prélèvement, plusieurs facteurs humains sont évalués, dont
l’importance du prélèvement pour la communauté, la présence d’activités sujettes à une
réglementation dans le secteur et visant la protection du prélèvement, et l’ampleur des
problématiques de contamination potentielle. La combinaison de ces facteurs renseigne sur
l’importance des enjeux de protection. Cette réflexion étant qualitative, le jugement professionnel
est primordial et la conclusion de ce raisonnement devrait être indiquée dans le rapport pour
justifier le choix de la méthode. Lorsque les enjeux sont élevés, le risque économique associé à
une surprotection du territoire et celui associé à une contamination potentielle en cas de sous-
protection du territoire préconisent nécessairement une étude plus approfondie employant des
méthodes de détermination des aires de protection plus précises (approches 4 et 5).
37
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Un système hydrogéologique simple repose sur les hypothèses suivantes, telles que définies à
l’Étape 3 : Système hydrogéologique et modèle conceptuel :
Lorsque l’une des hypothèses ci-dessus n’est pas respectée, ou si les données ne sont pas
suffisantes pour en juger, le système hydrogéologique est considéré comme complexe et une
étude plus approfondie employant les méthodes par cartographie hydrogéologique (approche 4)
ou modélisation numérique (approche 5) est à privilégier. Le professionnel qui choisirait de
procéder autrement devrait justifier sa décision dans le rapport d’étude hydrogéologique.
Dans le cas de la méthode par cartographie hydrogéologique, comme elle ne permet pas de
calculer les temps de transport et de déterminer les aires de protection intermédiaires, elle doit
être combinée avec une autre approche. L’utilisation d’une méthode approximative, comme
l’équation analytique du temps de transport, peut alors être valide si le système hydrogéologique
à l’échelle des aires de protection intermédiaires est considéré comme étant simple. Cela peut
parfois être le cas, même si le système hydrogéologique à l’échelle de l’aire d’alimentation est
jugé complexe, car les conditions hydrogéologiques à proximité du site de prélèvement peuvent
être relativement uniformes. De plus, les données sont souvent plus nombreuses et fiables près
du site de prélèvement, ce qui permet de juger de la complexité du système à proximité du site
de prélèvement, alors qu’à l’échelle de l’aire d’alimentation, la quantité de données et leur qualité
sont souvent insuffisantes pour en juger.
Gradient hydraulique
Le gradient hydraulique influence le choix de la méthode uniquement dans les cas où l’emploi de
méthodes approximatives est possible (approches 2 et 3), soit lorsque les enjeux de protection
sont faibles et que le système hydrogéologique est simple. Les équations analytiques
(approche 3) devraient être employées si le gradient hydraulique est significatif. Par contre,
lorsque le gradient hydraulique est faible (par exemple moins de 0,001), signifiant une surface
piézométrique quasi horizontale, les aires deviennent presque circulaires. Ce sont alors les
méthodes du rayon fixe calculé (approche 2) qui devraient être utilisées.
38
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
À la suite du choix préliminaire de la ou des méthodes qui seront utilisées pour la détermination
des aires de protection, les données manquantes requises peuvent être identifiées. Le Tableau 4
synthétise les données nécessaires pour chaque méthode. Cette information est détaillée dans
les fiches descriptives des principales méthodes de détermination des aires de protection.
39
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
• Direction d’écoulement
• De nombreux points de mesure de niveau d’eau
• Gradients hydrauliques (horizontaux et verticaux) de l’aquifère (i)
• Débit journalier moyen d’exploitation (Q)
Approche 5 : Modélisation
• Conductivité hydraulique (Kx, Ky, Kz)
numérique
• Coefficient d’emmagasinement (S et/ou Ss)
• Porosité efficace (ne)
• Recharge (R)
• Géométrie et structure de l’aquifère et limites du système d’écoulement
Les données nécessaires pour chaque paramètre DRASTIC, telles que décrites à l’Étape 7 :
Évaluation de la vulnérabilité intrinsèque de l’eau souterraine par la méthode DRASTIC, sont
indiquées dans le Tableau 5. La méthode DRASTIC est détaillée dans la fiche descriptive de la
méthode DRASTIC pour l’évaluation de la vulnérabilité intrinsèque de l’eau souterraine.
40
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Au cours de la visite, le professionnel devrait, entre autres, vérifier la conformité des installations
par rapport aux critères suivants :
Bien qu’il ne soit plus obligatoire de clôturer l’aire de protection immédiate, cette
pratique demeure conseillée.
à ce que les aires soient appropriées, minimalement jusqu’à la mise à jour de l’analyse, cinq ans
plus tard. Il est toutefois économiquement souhaitable pour la communauté et le responsable du
prélèvement de viser un horizon temporel plus grand lors de l’étude de détermination des aires
de protection et des indices de vulnérabilité DRASTIC. Lorsqu’on prévoit une consommation
d’eau sur une plus longue période, la probabilité de refaire une nouvelle étude tous les cinq ans
est amoindrie s’il n’y a pas de changement significatif quant à l’utilisation du sol ou aux enjeux de
protection.
Selon le Guide de conception des installations de production d’eau potable (MDDELCC, 2015c), les
installations de production d’eau potable doivent tenir compte de la prévision des besoins en eau
sur une période de 30 ans. Il est recommandé de considérer les mêmes prévisions à long terme
de la consommation lors de la détermination des aires de protection. L’évaluation des besoins à
long terme a normalement été réalisée lors de la conception du site de prélèvement d’eau
souterraine. Pour un site existant dont l’aménagement remonte à plusieurs années, il serait
approprié que le responsable du prélèvement consacre des ressources pour mettre à jour cette
évaluation. Celle-ci devrait suivre la méthodologie décrite dans le Guide de conception des
installations de production d’eau potable (MDDELCC, 2015c), basée sur les prévisions définissant
les nouveaux usagers et les consommations de référence pour chacune des catégories
d’usagers. Ces catégories d’usagers incluent la consommation résidentielle, industrielle,
commerciale, institutionnelle et municipale ainsi que les pertes d’eau.
À défaut de consacrer des ressources suffisantes pour réaliser une évaluation détaillée, le
professionnel réalisant l’étude de détermination des aires de protection devrait minimalement
faire une analyse sommaire basée sur l’historique des débits prélevés et les prévisions
démographiques de la communauté. Puisque l’incertitude des prévisions d’une telle analyse
sommaire sera importante, il est recommandé de déterminer les aires de protection selon
différents scénarios de consommation.
L’utilisation du débit journalier maximal autorisé n’est pas appropriée pour déterminer les aires
de protection puisqu’il est basé sur les besoins de pointe journalière. Si l’on considère l’inertie
d’un système aquifère, c’est le volume journalier moyen sur une période d’une année, qui est à
utiliser.
Le débit journalier moyen d’exploitation qui doit être utilisé pour déterminer les aires de
protection correspond au débit qui est calculé en fonction d’une période d’une année
pendant laquelle les besoins en eau seront maximaux, soit selon les prévisions de
consommation de l’horizon temporel des 30 années à venir.
Selon les articles 57 et 65 du RPEP, pour les prélèvements de catégorie 1, les données recueillies
dans un minimum de trois puits aménagés au sein de l’aquifère exploité par l’installation de
prélèvement d’eau et pouvant être utilisés à des fins d’observation des eaux souterraines doivent
être utilisées afin de déterminer les aires de protection intermédiaires et éloignée. Il peut s’agir
de puits existants (puits d’observation, piézomètres ou puits résidentiels) ou de nouveaux puits
(puits d’observation ou piézomètres) aménagés spécifiquement aux fins du projet.
Puisque les données doivent être recueillies dans un minimum de trois puits, la
détermination de la direction d’écoulement ne peut être basée uniquement sur la
topographie du terrain.
42
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
La nécessité d’aménager de nouveaux puits ou non dépendra des caractéristiques des puits déjà
en place. Lorsque l’installation des nouveaux puits s’avère nécessaire, le professionnel
responsable de l’étude devrait s’assurer de planifier ces installations de façon optimale afin
d’obtenir le plus de données utiles possible pour caractériser l’aquifère. En plus de permettre de
mesurer le niveau piézométrique, le forage d’un puits d’observation devrait permettre de réaliser
des essais hydrauliques, de prélever des échantillons d’eau souterraine, d’observer la
stratigraphie, de déterminer l’épaisseur de l’aquifère, de caractériser les fractures d’écoulement
préférentiel et de recueillir des échantillons de sédiments ou de roche qui permettront de mieux
connaître les propriétés des matériaux, telles que la granulométrie, la fracturation, la porosité et
la conductivité hydraulique.
Pour déterminer adéquatement une direction d’écoulement dans les aires de protection, les puits
d’observation utilisés devraient répondre aux critères suivants :
Puisque les informations de suivi sur la qualité de l’eau sont nécessaires dans le cadre
de l’analyse quinquennale de la vulnérabilité, la localisation des puits d’observation
devrait être optimisée pour atteindre cet objectif. Le Guide sur les études
hydrogéologiques (MELCC, à paraître) décrit les éléments que devrait comprendre le
programme de suivi du prélèvement (monitoring).
43
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Une erreur dans la direction d’écoulement peut avoir un effet important dans la forme
des aires et entraîner la protection de zones qui ne contribuent pas à l’alimentation du
prélèvement et inversement l’absence de protection de zones contributrices.
Selon le Guide méthodologique pour la caractérisation régionale des aquifères granulaires (Michaud
et al., 2008), les facteurs techniques suivants devraient être considérés pour le choix d’une
méthode de forage :
Les techniques de forage sont décrites dans plusieurs ouvrages, dont Rasmussen et al. (2006)
et Michaud et al. (2008). Le Cahier 3 : Échantillonnage des eaux souterraines du Guide
d’échantillonnage à des fins d’analyses environnementales (MDDEP, 2011) décrit les règles de l’art
pour l’aménagement de puits d’observation.
Malgré une planification adéquate des travaux de forage et d’installation des puits d’observation,
il est possible que les données recueillies dans les puits d’observation aménagés mettent en
évidence la nécessité de réaliser des travaux de caractérisation complémentaires, voire
d’aménager de nouveaux puits.
• Les mesures de niveau d’eau ne devraient pas être sous l’influence du pompage du
puits d’exploitation ou d’autres puits à proximité, car la surface piézométrique et la
direction d’écoulement « naturelle » sont recherchées;
44
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Il peut être difficile de respecter l’ensemble de ces critères dans la pratique et la qualité de
certaines données peut être moins bonne. Ces données piézométriques peuvent tout de même
être utiles à l’interprétation de la surface piézométrique, pourvu que le professionnel porte un
jugement critique sur la mesure. Par exemple, l’emploi des niveaux d’eau répertoriés dans le SIH
pourrait être valide si la topographie est accidentée et si plusieurs valeurs semblables sont
observées dans les puits à proximité. Par contre, si la topographie est plane, ou si la variabilité
des mesures est importante entre les puits à proximité, l’incertitude des mesures est trop
importante pour qu’on considère cette source de données. Tremblay et al. (2015) décrivent une
procédure semi-automatique efficace pour valider les mesures de niveau d’eau issues du SIH à
utiliser dans l’estimation d’une surface piézométrique.
Lorsque des cours d’eau ou des plans d’eau se trouvent à proximité du site de prélèvement d’eau
souterraine et sont en lien hydraulique avec l’aquifère, il est pertinent de comprendre l’interaction
entre les eaux de surface et les eaux souterraines. Le pompage du puits pourrait faire que l’eau
de surface alimente en partie l’installation de prélèvement et qu’elle soit une source potentielle
de contamination des eaux souterraines. Les méthodes suivantes sont décrites dans Rasmussen
et al. (2006) :
dans le Guide sur les études hydrogéologiques (MELCC, à paraître). Ce document aborde
également certaines conditions d’utilisation de ces essais, les éléments de planification pour la
réalisation des essais et la documentation et l’interprétation des essais. La réalisation des essais
devrait être conforme au Guide des essais de pompage et leurs interprétations (Chapuis, 1999), qui
décrit différents essais servant à tester la capacité d’un puits et à établir les propriétés
hydrauliques d’un aquifère.
Un ou plusieurs essais de pompage sont toujours réalisés avant la mise en fonction du puits
d’exploitation afin de déterminer sa capacité de production, soit le débit que l’installation est
susceptible de soutenir, et de connaître les propriétés hydrauliques de l’aquifère à proximité du
puits. Il est primordial de recueillir ces données pour l’étude de détermination des aires de
protection. Si ces essais ne semblent pas avoir été réalisés selon les règles de l’art et
conformément au Guide des essais de pompage et leurs interprétations (Chapuis, 1999), il est
nécessaire de les reprendre.
Des essais de perméabilité (slug test) peuvent être réalisés dans plusieurs puits d’observation
afin d’obtenir une valeur locale de conductivité hydraulique et de vérifier l’homogénéité des
propriétés hydrauliques de l’aquifère ou de vérifier l’étanchéité de la couche de confinement. Ces
essais sont de courte durée (quelques minutes à quelques heures selon les propriétés de
l’aquifère), nécessitent peu de matériel pour leur réalisation et sont peu coûteux. Toutefois, la
géométrie précise du puits devrait être connue pour leur interprétation adéquate.
Il est aussi possible d’évaluer certaines propriétés hydrauliques de l’aquifère en laboratoire, par
exemple, par l’analyse granulométrique des dépôts meubles ou par des essais en colonne.
Enfin, des valeurs de référence tirées de la littérature peuvent parfois être utilisées lorsque des
valeurs mesurées ne sont pas disponibles ou sont trop coûteuses à obtenir. Dans ces cas, comme
l’incertitude sur la valeur utilisée est très élevée, d’autant plus pour le roc fracturé, il est
recommandé d’employer des valeurs sécuritaires et d’être très prudent dans l’interprétation des
résultats des aires de protection et des indices DRASTIC. Plusieurs ouvrages en hydrogéologie
rapportent des valeurs représentatives de la conductivité hydraulique et de la porosité efficace
pour les dépôts meubles et le roc fracturé (ex. : Morris et Johnson, 1967; Freeze et Cherry, 1979;
Health, 1983; Domenico et Schwartz, 1990).
La porosité fait référence au pourcentage des vides par unité de volume d’un milieu géologique.
Pour les méthodes par équations analytiques, la porosité efficace, aussi appelée effective ou de
drainage (specific yield) devrait plutôt être utilisée. Il s’agit du pourcentage du volume du milieu
géologique qui contient de l’eau qui peut se drainer par gravité, ce qui indique la quantité d’eau
disponible pour le pompage. En ce qui concerne spécifiquement le roc, la porosité efficace
dépend davantage de la porosité secondaire (de fracture) que de la porosité primaire
(intergranulaire ou de matrice).
46
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Les essais de traçage sont un outil très performant permettant de caractériser directement
l’écoulement de l’eau souterraine. Dans le cadre d’une étude visant la détermination des aires de
protection, il peut s’avérer coûteux de réaliser de tels essais. Toutefois, si des essais de traçage
ont été réalisés dans le secteur d’étude, il est primordial de considérer les résultats.
La présence de contaminants microbiologiques dans l’eau prélevée pourrait indiquer qu’il s’agit
d’un aquifère non confiné, à moins qu’un problème de scellement de puits ou d’influence des
eaux de surface ne soit décelé.
Pour qu’une investigation géophysique d’un site d’étude soit couronnée de succès, les objectifs
de cette investigation, notamment en ce qui concerne les cibles à identifier dans le sous-sol,
devraient être clairement établis. Un maximum d’informations sur ces cibles devrait être
disponible, dont notamment des rapports de forages du site d’étude, afin que la sélection des
méthodes à employer soit optimale. Les contraintes associées à l’accessibilité du site d’étude et
à la présence d’infrastructures civiles à l’origine de bruit anthropique devraient être connues pour
le déploiement des équipements géophysiques sur le terrain.
et al., 2008; Savard et al., 2008). Quelques-unes des méthodes les plus couramment utilisées sont
décrites brièvement dans les paragraphes suivants. Le niveau de fiabilité des résultats obtenus
de ces méthodes varie grandement. Généralement, la combinaison de plusieurs méthodes
permet d’obtenir une valeur plus représentative.
Pour la délimitation des aires de protection, la recharge devrait être déterminée plus précisément
si la méthode utilisée requiert ce paramètre. La résolution spatiale pour le calcul de la recharge
dépendra de la résolution spatiale des données d’entrée disponibles pour son estimation et de
l’homogénéité du milieu. Pour un milieu hétérogène qui requiert l’utilisation d’une méthode de
détermination des aires précise, il serait opportun de diviser le territoire en zones similaires et de
calculer la recharge pour chacune d’elles ou encore de discrétiser la zone d’étude en une grille
où la recharge est estimée pour chaque maille.
Bilan hydrique
L’établissement d’un bilan hydrique permet d’estimer la recharge annuelle de l’aquifère. Tous les
termes du bilan doivent alors être évalués et la recharge est obtenue par différence. Dans sa
forme la plus simple, lorsqu’on combine les ruissellements hypodermiques et de surface et qu’on
néglige la variation de l’emmagasinement d’eau dans le sous-sol, l’équation du bilan est la
suivante :
R = P – ET – Rui
où :
• R est l’infiltration verticale ou la recharge,
• P est les précipitations,
• ET est l’évapotranspiration et
• Rui est le ruissellement.
Précipitations (P)
La valeur des précipitations totales annuelles est facilement accessible sur les sites gouvernementaux
renseignant sur les données climatiques (Liste des données disponibles utiles en hydrogéologie).
Il est recommandé d’utiliser les normales climatiques basées sur une période de 30 ans lorsqu’elles sont
disponibles.
Évapotranspiration (ET)
49
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Ruissellement (Rui)
Il existe plusieurs méthodes pour estimer le ruissellement. L’une des méthodes communément
utilisées est celle des coefficients de ruissellement (C) que l’on doit multiplier par les précipitations
(P) pour obtenir le ruissellement (Rui). Pour des valeurs typiques de coefficient de ruissellement
en fonction des types de surfaces, d’occupation du sol, de sols, de végétation et de pentes, on
doit se référer à l’Annexe IV : Détermination des coefficients de ruissellement, issue du Guide de
gestion des eaux pluviales (Gouvernement du Québec, 2014).
La méthode de l’hydrogramme de puits pour estimer la recharge est décrite par Healy et Cook
(2002). Pour appliquer cette méthode, des données de suivi continu de niveau d’eau doivent être
disponibles pour un puits aménagé dans l’aquifère sur une période d’au moins un an. De tels
suivis sont réalisés, entre autres, par le Ministère, avec son Réseau de suivi sur les eaux
souterraines du Québec ).
Lorsqu’une station hydrométrique fournissant des données de débit en continu d’un cours d’eau
est présente dans le bassin versant dans lequel se trouve l’aquifère, la recharge peut être estimée
par la séparation de l’hydrogramme de crue. Cette technique est décrite par Domenico et
Schwartz (1990) et consiste à faire une évaluation graphique de la portion du débit qui provient
des eaux souterraines. Toutefois, le résultat obtenu par cette méthode sera une valeur moyenne
de recharge sur le bassin versant de la station hydrométrique. Pour utiliser cette valeur, le
professionnel devrait être en mesure de démontrer que les conditions locales sur les aires de
protection du prélèvement sont représentatives des conditions sur le bassin versant, lequel est
souvent beaucoup plus grand.
Mesures directes du flux d’infiltration et autres mesures dans la zone non saturée
Le flux d’infiltration se mesure directement par l’installation de lysimètres (Healy, 2010). D’autres
méthodes mesurant la teneur en eau et la tension de l’eau dans le sol de la zone non saturée,
combinées à des essais de laboratoire, permettent aussi de faire cette évaluation (Healy, 2010;
Murray, 2016). Ce sont des méthodes généralement utilisées en agronomie. Les résultats de
telles études réalisées sur le territoire à investiguer sont une source d’information intéressante
pour l’évaluation de la recharge.
Modélisation numérique
Lorsque les aires de protection sont déterminées par un modèle numérique d’écoulement
(ex. : MODFLOW (USGS, 2016)), une valeur de recharge moyenne peut être déterminée par
calibration du modèle ou modélisation inverse. Il s’agit d’ajuster la recharge du modèle jusqu’à
obtenir le meilleur calibrage possible des données de niveau d’eau et de débit, s’il y a lieu. Il est
toutefois préférable d’avoir d’autres valeurs de recharge indépendantes d’un modèle pour valider
la fiabilité et pour réduire la non-unicité du modèle.
La recharge a été estimée dans tous les projets régionaux des PACES. Toutefois, la fiabilité de
cette estimation varie d’une région à l’autre en fonction de la méthode utilisée allant de la
modélisation numérique à des méthodes plus simples comme celle du calcul du bilan hydrique.
Ces valeurs peuvent servir d’estimation de la recharge pour la délimitation des aires de protection
ou de valeurs de comparaison des valeurs obtenues par les autres méthodes. Elles pourraient
aussi, dans certains cas, être utilisées directement pour la détermination des indices DRASTIC.
Le professionnel devrait alors être en mesure de démontrer que les conditions locales sur les
aires de protection du prélèvement sont semblables aux conditions régionales considérées pour
le calcul de la recharge des PACES.
Dans tous les cas, le professionnel devrait indiquer comment l’estimation de la recharge
a été réalisée et discuter de la qualité des résultats en fonction de la fiabilité de la
méthode et de l’incertitude des données en intrant.
Un système hydrogéologique bénéficie d’une certaine inertie par rapport aux variations
des conditions environnementales et anthropiques. La recharge est le paramètre
naturel le plus susceptible de varier et d’affecter la disponibilité de l’eau souterraine, la
délimitation des aires de protection et la vulnérabilité intrinsèque de l’eau souterraine.
La possibilité que les changements climatiques et l’urbanisation puissent modifier la
recharge devrait être considérée lors de l’évaluation de ce paramètre. Le jugement du
professionnel est requis pour déterminer une valeur sécuritaire.
Les données acquises devraient être intégrées au Tableau 2 récapitulatif présenté à l’Étape 1 :
Recherche des informations existantes , accompagné d’un plan de localisation de l’ensemble des
travaux réalisés et de l’album photographique. Si des forages ont été réalisés dans le cadre du
projet, leur installation devrait être présentée sous forme de schéma en coupe. Les graphiques
incluant les données nécessaires à l’interprétation des essais hydrauliques devraient faire partie
intégrante du rapport d’étude, de même que les rapports d’analyse de la qualité de l’eau et des
illustrations schématiques des levés géophysiques et structuraux.
Les résultats des interprétations des données devraient être cartographiés lorsque possible. Les
cartes thématiques de l’épaisseur des sédiments, des niveaux de confinement et leur continuité,
de la profondeur des niveaux d’eau, de la surface piézométrique, de la recharge distribuée et des
zones préférentielles de recharge et de résurgence sont conçues grâce à des interprétations et
elles permettent de mieux définir le contexte hydrogéologique.
51
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Avant d’entamer les calculs de détermination des aires de protection, le modèle hydrogéologique
conceptuel (Étape 3 : Système hydrogéologique et modèle conceptuel) et le choix des méthodes
de détermination des aires de protection (Étape 4 : Choix des méthodes de détermination des aires
de protection) devraient être confirmés. Si ce n’est pas le cas, un retour en arrière dans la
démarche s’avère nécessaire.
L’application des méthodes de détermination des aires de protection et leurs calculs sont détaillés
dans les Fiches descriptives des principales méthodes de détermination des aires de protection. Les
fiches présentent, pour chaque type de méthode, un résumé des méthodes, le type d’aire qu’elles
permettent de déterminer (immédiate, intermédiaires, éloignée), la liste des données
nécessaires, une description des méthodes, un schéma explicatif, les équations, les conditions
d’utilisation et les hypothèses simplificatrices, les avantages et les désavantages, ainsi que les
références.
La localisation des données utilisées pour faire les interprétations (ex. : mesures de
niveau piézométrique) devrait toujours apparaître sur les produits cartographiques afin
de juger de la fiabilité des résultats.
Les aires de protection devraient être délimitées pour chaque prélèvement autorisé par
le Ministère. Si les aires de prélèvements voisins se recoupent, elles devraient être
présentées de manière combinée. Superposer les aires de protection déterminées par
équations analytiques constitue une mauvaise pratique. Une méthode comme la
modélisation qui prend en compte les effets mutuels de chacun des puits en pompage
simultané est recommandée.
Le respect des conditions d’utilisation et des hypothèses simplificatrices des méthodes est très
important. Il peut toutefois être raisonnable de faire preuve d’une certaine flexibilité, car certaines
conditions sont rarement ou jamais respectées dans la pratique. Par exemple, il est présumé par
les approches simples 2 et 3 que le puits est ouvert sur toute l’épaisseur saturée de l’aquifère.
Dans la pratique, cette condition n’est jamais respectée à cause du rabattement de la nappe dû
au pompage du puits. Ces approches pourraient tout de même être employées, si par exemple
le puits est ouvert sur au moins la moitié de l’épaisseur de l’aquifère, mais en faisant preuve de
prudence quant à l’interprétation du résultat obtenu.
Bien que le questionnement sur les conditions d’utilisation et les hypothèses simplificatrices de la
méthode employée ait été effectué plus tôt dans la démarche, le professionnel devrait valider à
nouveau le respect de celles-ci au regard du résultat obtenu. Par exemple, une aire circulaire ou
parabolique dont les limites latérales calculées dépassent les limites de l’aquifère exploité est
invalide. Aussi, une aire qui est beaucoup plus longue que large, par exemple de plus de deux
ordres de grandeur, est peu probable. Une comparaison critique du résultat avec d’autres cas
concrets tirés de la littérature ou en cohérence avec les phénomènes connus est donc essentielle.
Les éléments à discuter pour juger de la qualité et de la validité des résultats obtenus sont
présentés à l’Étape 8 : Discussion sur la qualité et la pérennité des résultats .
52
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Le cas d’un prélèvement d’une source (résurgence naturelle d’eau souterraine) constitue un cas
complexe tel que décrit à l’Étape 3 : Système hydrogéologique et modèle conceptuel. En effet, la
portion aval des aires de protection d’une source peut être difficile à déterminer. Il n’est pas valide
d’utiliser une approche par rayon calculé ou par équations analytiques et de tronquer l’aire
circulaire ou parabolique, car le rayon ou la largeur calculé à la hauteur du site de prélèvement
serait exagéré. Une modélisation est requise dans ce cas.
Les aires de protection délimitées pour les puits multiples et les puits sous l’influence d’autres
installations de prélèvement sont très vulnérables au changement. En effet, dans le cas d’une
augmentation ou d’une diminution importante du pompage d’un puits voisin (ou pire son
abandon), les limites des aires pourraient ne plus être adéquates. Il est recommandé de réaliser
plusieurs scénarios pour prévoir les conséquences de ces changements. La modélisation
numérique est, dans ce cas, nettement avantageuse, car une fois le modèle conçu, il devient
relativement simple et rapide de réaliser ces scénarios.
Si un cours d’eau ou un plan d’eau est présent à proximité du site de prélèvement, il peut être
possible que le cône de rabattement soit ouvert sur le cours d’eau ou le plan d’eau et qu’une part
de l’eau exploitée provienne directement de l’eau de surface. Dans ce cas, le volume d’eau de
surface pompé devrait être estimé par modélisation numérique et la taille des aires de protection
serait plus petite. Seules les portions terrestres des aires de protection devraient être
cartographiées lorsque le plan d’eau ou le cours d’eau constitue une limite hydraulique à
l’écoulement souterrain.
Géométrie de l’aquifère
L’hypothèse d’un aquifère aux limites infinies à l’échelle des aires de protection devrait être
respectée pour certaines méthodes simples de détermination. Lorsque l’aquifère est limité
latéralement par une barrière hydraulique (ex. : cours d’eau, crête piézométrique ou changement
marqué de lithologie), l’utilisation des approches par équations analytiques et rayon fixe calculé
n’est pas recommandée. Le fait de tronquer latéralement les aires calculées ne constitue pas une
solution adéquate, car cela réduit la surface des aires sans considérer qu’en réalité, cette
troncature entraîne un agrandissement de l’aire ailleurs. Dans ces cas, la modélisation numérique
ou la cartographie hydrogéologique devrait être employée.
Lors de l’utilisation de l’approche par équations analytiques, la limite amont de l’aire d’alimentation
devrait être établie à la ligne de partage des eaux souterraines. Une aire ouverte est invalide, car
certaines activités sont proscrites dans l’aire de protection éloignée pour les puits de catégories 1
et 2 en vertu du RPEP (article 66).
Pour les études dans des aquifères en milieu fracturé, la meilleure pratique est de rapporter des
indications concernant la validité des hypothèses du milieu poreux équivalent, d’homogénéité et
d’isotropie. Il n’est pas rare que les propriétés hydrauliques d’un aquifère fracturé soient
anisotropes, ce qui peut avoir un effet sur l’orientation des aires de protection (Étape 3 : Système
hydrogéologique et modèle conceptuel).
53
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Pour des puits ouverts au roc, l’épaisseur de l’aquifère saturé peut être importante. Dans ce cas,
il faut être très prudent lors de l’utilisation de valeurs de propriétés hydrauliques, car elles auront
une grande influence sur le résultat (ex. : une faible augmentation de conductivité hydraulique ou
une faible diminution de porosité efficace fera que l’eau souterraine atteindra le puits plus
rapidement). S’il est établi avec une certitude raisonnable que l’eau souterraine provient
préférentiellement d’une zone du roc plus fracturée, présentant typiquement une conductivité
hydraulique de deux ordres de grandeur ou plus que les zones moins fracturées, il est préférable
d’utiliser les propriétés hydrauliques correspondant à cette zone combinées à une épaisseur
saturée de l’aquifère limitée à cette zone. Dans le cas contraire où l’aquifère de roc semble
uniformément fracturé sur toute son épaisseur, alors les propriétés hydrauliques moyennes
typiques du type de roc en question devraient être employées, jumelées à une épaisseur saturée
correspondant à toute l’ouverture du puits au roc.
Un puits recoupant plusieurs aquifères, que ce soit un puits avec plusieurs crépines dans des
aquifères différents ou un puits ouvert au roc et qui recoupe deux zones fracturées
hydrauliquement isolées l’une de l’autre, ne respecte pas l’hypothèse d’homogénéité. La
modélisation numérique s’avère nécessaire.
Des facteurs de sécurité pourraient être employés pour différents paramètres utilisés
pour la détermination des aires de protection, spécifiquement pour les méthodes les
plus approximatives. Puisqu’il n’est pas possible de recommander des facteurs pour
chaque paramètre et qui s’appliqueraient dans tous les cas, le professionnel devra faire
preuve de jugement et considérer l’ampleur des enjeux de protection, la
compréhension du système hydrogéologique et la précision de la méthode.
Les valeurs des paramètres d’entrée utilisées (et calibrés dans le cas de la modélisation
numérique) dans les calculs à faire lors du processus de détermination des aires de protection
devraient être clairement présentées sous forme de tableau, accompagnées de leur variabilité,
d’une évaluation de l’incertitude et de l’identification de la source des données (ex. : Tableau 6).
Les calculs permettant la délimitation des aires de protection devraient faire partie intégrante du
rapport d’étude.
54
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Tableau 6 : Paramètres d’entrée utilisés et calibrés dans le calcul des aires de protection
Valeurs
Donnée Variabilité Incertitude Source
retenues
Afin qu’un regard critique puisse être porté sur les aires de protection, notamment lors
de l’analyse quinquennale de vulnérabilité des sources d’eau potable et qu’elles
puissent être mises à jour au besoin, la description détaillée de la méthode de calcul
des aires et des intrants utilisés devrait être consignée dans l’étude, même lorsqu’une
méthode approximative a été utilisée. Il peut s’agir d’un fichier Excel suffisamment
documenté pour qu’un tiers puisse refaire les calculs. Si un modèle numérique a été
conçu, la documentation décrivant les propriétés et conditions limites utilisées devrait
aussi être présentée dans l’étude. Les fichiers matriciels et vectoriels du modèle
numérique pourraient faire partie des exigences du responsable du prélèvement selon
le contrat de service.
Les résultats des aires de protection devraient toujours être accompagnés d’une
description sommaire de la méthode utilisée, de ses conditions d’utilisation et de ses
hypothèses simplificatrices.
L’Annexe III du Guide de réalisation des analyses de la vulnérabilité des sources destinées à
l’alimentation en eau potable au Québec (MELCC, 2018) décrit la structure physique des
données préconisée pour la représentation des aires de protection dans un format
géographique numérique. Un fichier de format « shapefile » est attendu. Un canevas de
fichier est proposé sur le site Web du Ministère à l’adresse suivante :
[Link] .
Le RPEP exige la représentation des aires de protection à l’aide d’un plan de localisation,
mais ne précise pas son échelle cartographique. Puisque l’objectif est ultimement de
pouvoir gérer les activités humaines potentiellement polluantes sur les territoires des aires,
l’échelle devrait être assez précise pour les repérer. Par exemple, les lots et les parcelles
agricoles individuels devraient être visibles, d’autant plus sur les aires intermédiaires
puisque les activités agricoles y sont réglementées. Plusieurs cartes pourraient être
nécessaires s’il existe une différence importante entre la taille des aires de protection.
Deux plans de localisation sont souvent suffisants, soit un premier comprenant les aires
immédiate et intermédiaires (échelle généralement entre 1/1 000 et 1/10 000) et un second
55
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
comprenant toutes les aires, dont l’aire éloignée (échelle généralement entre 1/10 000 et
1/40 000). Des agrandissements pourraient aussi être présentés pour des zones d’intérêt,
par exemple où se retrouve une concentration d’activités réglementées potentiellement
polluantes sur l’aire d’alimentation.
56
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Pour les prélèvements de catégorie 1, les plages des indices DRASTIC présentées dans le
Tableau 7 permettent de classer la vulnérabilité pour chaque aire de protection selon l’un des trois
niveaux de vulnérabilité. Pour les prélèvements de catégories 2 et 3, la vulnérabilité intrinsèque
de l’eau souterraine est considérée comme élevée par défaut. Elle peut toutefois être évaluée
autrement par un professionnel selon la même méthode que pour les prélèvements de
catégorie 1.
57
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Tableau 7 : Niveaux de vulnérabilité de l’eau souterraine prescrits par le RPEP selon les indices
DRASTIC, pour les aires de protection des prélèvements de catégorie 1
< 180 sur l’ensemble de l’aire de protection, mais > 100 sur une
Moyen
quelconque partie de l’aire de protection
Les trois niveaux de vulnérabilité définis par le RPEP correspondent chacun à des
types de contraintes pour certaines activités pouvant avoir lieu dans les aires de
protection. Le niveau « moyen » couvre un large intervalle d’indices DRASTIC (de 100
à 180 inclusivement). Un indice DRASTIC près de 180 pourrait être jugé relativement
élevé. Le niveau « moyen » permet la réalisation d’une activité à risque, telle la
fertilisation avec des déjections animales dans l’aire de protection intermédiaire
bactériologique à plus de 100 m du prélèvement, mais sur recommandation d’un
professionnel (ex. : agronome – article 64 du RPEP). Ce professionnel devrait faire
preuve de jugement et ne pas formuler les mêmes recommandations lorsque l’indice
DRASTIC est plus près de 180 que de 100. Le professionnel réalisant l’étude de
détermination des aires de protection devrait fournir le meilleur éclairage possible à
celui qui devra formuler des recommandations sur la réalisation de l’activité à risque.
En 2002, le RCES prescrivait l’emploi de la méthode DRASTIC pour les aires de protection
intermédiaires. Le RPEP exige que l’évaluation soit maintenant réalisée indépendamment pour
les quatre aires de protection (immédiate, intermédiaire bactériologique, intermédiaire virologique
et éloignée).
Ce ne sont pas seulement les informations sur le milieu géologique et les conditions
hydrogéologiques observées au droit du puits d’exploitation qui devraient être
considérées pour évaluer la vulnérabilité intrinsèque de l’eau souterraine pour les
quatre aires de protection, mais bien les informations récoltées sur l’ensemble du
territoire des aires de protection. L’utilisation de données identiques pour les quatre
aires est généralement inadéquate.
Aux fins de l’évaluation de la vulnérabilité, les aires de protection sont exclusives l’une de l’autre,
c’est-à-dire qu’elles commencent à la limite amont de l’aire précédente et se prolongent jusqu’à
la limite aval de l’aire suivante (voir Figure 13). Pour ce qui est de l’aire immédiate, elle s’étend
du site du prélèvement jusqu’à une distance de 30 m. En ce qui a trait à l’aire intermédiaire
bactériologique, elle s’étend de la distance de 30 m jusqu’à celle correspondant à un temps de
parcours de l’eau souterraine de 200 jours. L’aire intermédiaire virologique s’étend quant à elle
de la distance correspondant à un temps de parcours de 200 jours jusqu’à celle correspondant à
un temps de parcours de 550 jours. Enfin, en ce qui concerne l’aire éloignée, elle s’étend de la
distance correspondant à un temps de parcours de 550 jours jusqu’à la limite de partage des
eaux.
58
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Figure 13 : Illustration des aires de protection exclusives l’une de l’autre aux fins de l’évaluation
de la vulnérabilité intrinsèque des eaux souterraines (ce qui est différent des aires inclusives
illustrées à la Figure 1)
59
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Pour réaliser une évaluation des indices DRASTIC de qualité, les éléments suivants devraient
être pris en compte :
Les conditions d’utilisation de la méthode DRASTIC (Fiche descriptive de la méthode DRASTIC pour
l’évaluation de la vulnérabilité intrinsèque de l’eau souterraine) devraient être expliquées dans le
rapport d’étude, car les choix de gestion du territoire sur les aires de protection seront grandement
dépendants de la bonne compréhension de cette évaluation. De plus, afin de juger de la fiabilité
des indices DRASTIC calculés, le professionnel devrait écrire clairement dans le rapport d’étude
les sources d’information utilisées, car l’estimation de la vulnérabilité dépend largement de la
quantité de données utilisées et de leur qualité. Enfin, l’utilisation de données trop approximatives
dans le calcul des indices peut avoir comme résultat que la vulnérabilité d’une aire de protection
sera mal évaluée (par exemple un niveau « faible » plutôt que « moyen »), ce qui peut avoir une
incidence importante sur la protection de la santé des consommateurs.
Comme pour la détermination des aires de protection, la qualité des valeurs des indices
DRASTIC dépendra de la qualité des données utilisées en intrant.
Au minimum, pour chacune des aires de protection, les résultats des indices DRASTIC devraient
être clairement présentés sous forme de tableau incluant les valeurs des paramètres d’entrée,
les cotes retenues pour les calculs, la variabilité des cotes, une évaluation de leur incertitude et
l’identification des sources des données (ex. : Tableau 8).
Lorsque les indices ont été calculés selon un maillage ou un zonage plus raffiné que les aires,
pour chacun des sept paramètres DRASTIC, il y a plusieurs valeurs des paramètres d’entrée et
cotes retenues par aire de protection, donnant plusieurs indices DRASTIC calculés par aire. Leur
présentation sous forme de tableau devient difficile. Dans ces cas, les cartes intermédiaires des
cotes de chacun des sept paramètres DRASTIC devraient plutôt être présentées.
60
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Tableau 8 : Résultat de l’indice DRASTIC et valeurs des paramètres d’entrée utilisées dans le calcul
Valeurs ou Cote
Variabilité Incertitude Sourc Poids Indice
Paramètre DRASTIC description retenue
de la cote sur la cote e (p) (c x p)
retenue (c)
D : Profondeur de la
nappe
R : Recharge annuelle
A : Milieu aquifère
S : Type de sol
T : Pente du terrain
I : Impact de la zone
vadose
C : Conductivité
hydraulique de
l’aquifère
Indice DRASTIC
Les résultats des indices DRASTIC devraient toujours être accompagnés d’une
description sommaire de la méthode, de ses conditions d’utilisation et des hypothèses
simplificatrices.
Le rapport d’étude devrait contenir la cartographie des indices DRASTIC calculés et distribués
sur les aires de protection afin que le responsable du prélèvement et les gestionnaires du territoire
puissent visualiser les portions de l’aire d’alimentation où la vulnérabilité intrinsèque de l’eau
souterraine est plus ou moins élevée. L’Annexe IV du Guide de réalisation des analyses de la
vulnérabilité des sources destinées à l’alimentation en eau potable au Québec (MELCC, 2018) décrit
la structure recommandée pour la compilation des niveaux de vulnérabilité des aires de
protection. Les niveaux de vulnérabilité devraient aussi être présentés sous forme de carte.
Les échelles des plans de localisation devraient être les mêmes que celles utilisées pour la
représentation des aires de protection (voir l’Étape 6 : Détermination des aires de protection).
Le responsable du prélèvement (le client) devrait recevoir les feuilles de calcul des
indices DRASTIC, ainsi que les fichiers cartographiques en format commun
(ex. : « shapefile ») et leurs métadonnées. Ces informations ont un caractère public,
comme défini à l’article 8 du RPEP.
61
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Plus les données d’entrée sont imprécises et variables, plus l’aire de protection est approximative.
L’élaboration du modèle hydrogéologique conceptuel permet de déterminer les données
pertinentes et valides à utiliser dans le calcul des aires. Une bonne compréhension du contexte
hydrogéologique est donc importante pour réduire l’incertitude sur les aires de protection.
Comme on l’a vu à l’Étape 4 : Choix des méthodes de détermination des aires de protection, plus la
méthode est complexe et plus elle permet l’intégration des caractéristiques du milieu, plus sa
fiabilité est élevée. Certaines approches simples, comme celles basées sur des équations
analytiques, sont plus approximatives que celles par cartographie hydrogéologique ou par
modélisation numérique. Le respect des conditions d’utilisation des méthodes et de leurs
hypothèses simplificatrices est primordial.
Le rapport d’étude devrait inclure une discussion sur la qualité des résultats de délimitation des
aires de protection et des indices DRASTIC qui, pour être complète, pourrait comprendre :
Le contenu proposé pour chacun de ces aspects de la discussion est décrit dans la section qui
suit. Il s’agit des éléments qu’il serait profitable d’aborder dans le rapport d’étude pour permettre
au lecteur d’interpréter les résultats de la manière la plus adéquate possible. Selon les cas, il
pourrait être peu utile de consacrer des ressources pour répondre à tous les aspects proposés
pour la discussion. Par exemple, tenter de quantifier les effets du changement climatique ou de
l’occupation du territoire peut s’avérer complexe. Des mises en garde dans le rapport d’étude
concernant ces éléments seraient toutefois minimalement attendues (ex. : « Les résultats
pourraient ne plus être valides dans le cas d’un changement des conditions environnementales
ou d’occupation du territoire »).
62
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Il n’y a pas de modèle précis pour la discussion de la qualité des résultats. La part du
jugement professionnel est très importante. L’objectif principal consiste à bien
communiquer que les aires de protection et l’évaluation de la vulnérabilité DRASTIC
sont approximatives et que la gestion des activités humaines sur l’aire d’alimentation
devrait prendre en compte cette incertitude.
La qualité des données d’entrée, incluant leur variabilité et une évaluation de leur incertitude,
devrait être discutée et les choix des sources d’information justifiés. Par exemple, si on augmente
le nombre de mesures piézométriques à partir de données provenant du SIH, cela devrait être
clairement indiqué dans le rapport d’étude et le professionnel devrait justifier qu’il est raisonnable
d’utiliser ces données dont la fiabilité individuelle est relativement faible. Rappelons que la qualité
de l’estimation dépend largement de la qualité des données en intrant, peu importe la précision
de la méthode, sa complexité et le nombre de paramètres hydrogéologiques qu’elle intègre.
Des valeurs de référence tirées de la littérature peuvent parfois être utilisées lorsque des valeurs
mesurées ne sont pas disponibles ou sont trop coûteuses à obtenir. Dans ces cas, il est
recommandé d’employer des valeurs sécuritaires et être très prudent dans l’interprétation des
résultats des aires de protection et des indices DRASTIC.
Les méthodes de détermination des aires de protection sont très sensibles aux variations de
certains paramètres, dont les propriétés hydrauliques de l’aquifère (particulièrement la
conductivité hydraulique et la porosité), rendant critiques les incertitudes sur ces paramètres.
Bien que le terme « étude de sensibilité » soit généralement utilisé en modélisation, celle-ci peut
être faite pour toutes les méthodes, y compris DRASTIC. Il s’agit simplement d’observer
l’incidence de la variation des différents paramètres d’entrée (à l’intérieur de plages de valeurs
réalistes) sur le résultat. Il est alors possible de déterminer quels paramètres ont une influence
décisive sur la délimitation des aires de protection et le niveau de vulnérabilité intrinsèque. Le
Tableau 9 montre l’effet général d’une hausse de valeur d’un paramètre d’entrée sur la superficie
des aires de protection.
63
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
Tableau 9 : Effet sur la superficie des aires d’une augmentation de valeur des principaux paramètres
d’entrée utilisés pour la détermination des aires de protection
Si une grande incertitude existe sur les paramètres d’entrée (ex. : utilisation de valeurs
tirées de la littérature), des valeurs sécuritaires plutôt que des valeurs moyennes
devraient être attribuées à ces paramètres pour les calculs. L’étude de sensibilité
permettra d’établir ces valeurs sécuritaires à partir de la plage de valeurs possibles
(variabilité) de chacun des paramètres.
La délimitation finale des aires de protection à l’aide de valeurs sécuritaires entraîne des aires de
protection plus grandes que celles utilisant des valeurs moyennes. Avec cette approche
sécuritaire, plus d’activités humaines risquent d’avoir cours dans les aires de protection, ce qui
peut augmenter les enjeux de protection. Cela pourrait inciter le responsable du site de
prélèvement d’eau souterraine à consacrer plus de ressources au travail de délimitation afin d’en
améliorer la précision.
Le RPEP ne fixe pas d’objectif relatif à un niveau d’incertitude qui s’appliquerait aux aires de
protection. Il n’y a donc pas de cible de pourcentage d’incertitude, de largeur de zone tampon ou
autre manière de présenter l’incertitude des aires de protection; le choix de la présentation revient
au jugement du professionnel qui réalise l’étude. Des statistiques simples sur la forme et la
superficie des aires de protection de différents scénarios pourraient être une façon de présenter
les résultats de l’étude de sensibilité. Des rapports de superficie commune entre l’aire retenue et
les aires orientées selon les variabilités minimale et maximale de la direction d’écoulement
pourraient aussi être présentés. Rappelons que les limites des aires de protection doivent être
identifiées clairement et que l’utilisation de pointillés est à proscrire.
Minimalement, la quantité d’eau prélevée (débit) devrait être comparée avec la quantité d’eau
provenant des précipitations qui s’infiltrent dans l’aire d’alimentation (recharge). Pour ce faire, il
s’agit de multiplier la recharge annuelle estimée par la superficie de l’aire éloignée. Le bilan de
masse devrait concorder. Dans le cas contraire, le professionnel devrait s’interroger sur la fiabilité
du résultat de l’aire d’alimentation ou de la recharge. Une discussion dans le rapport d’étude à ce
propos est attendue. Une recharge plus élevée peut signifier une aire d’alimentation trop vaste.
Inversement, une recharge plus faible peut vouloir dire que l’aire d’alimentation ne couvre pas
une assez grande surface. Cela pourrait aussi indiquer le captage d’eau provenant d’un cours
d’eau ou d’un plan d’eau de surface. Dans ce cas, il est pertinent de quantifier l’apport d’eau de
surface au prélèvement d’eau souterraine.
64
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
La mise en perspective des résultats obtenus pourrait également se faire en comparaison avec
différentes méthodes de détermination des aires de protection. Afin de détecter des erreurs
flagrantes et de valider la forme des aires et leur direction, il peut être pertinent de comparer les
aires déterminées à l’aide d’une méthode précise (ex. : modélisation numérique) avec celles
délimitées par des méthodes plus approximatives (ex. : équations analytiques). Si une nouvelle
délimitation des aires devait être faite à la suite de l’analyse critique demandée dans le cadre de
l’analyse quinquennale de la vulnérabilité (MELCC, 2018), une discussion qui compare les
anciennes aires et les nouvelles est attendue dans le rapport d’étude. Enfin, les résultats peuvent
être mis en perspective en les comparant avec d’autres cas concrets tirés de la littérature ou
basés sur l’expérience du professionnel. Les modèles hydrogéologiques conceptuels devraient
être similaires pour que cette comparaison soit utile.
Dans la discussion, il faut aussi considérer la tolérance à l’incertitude, qui est dépendante des
enjeux de protection tels que définis à l’Étape 2 : Enjeux de protection du prélèvement. Il est parfois
raisonnable de tolérer une plus grande incertitude sur la délimitation des aires de protection
lorsque l’importance du prélèvement pour la communauté est faible, qu’il y a peu d’activités
encadrées par réglementation visant la protection du prélèvement dans le secteur et que
l’ampleur des problématiques de contamination potentielle est limitée.
3.7.2. Discussion sur la pérennité des résultats face aux changements des
conditions dans le temps
Les changements climatiques
Les changements climatiques sont souvent cités comme un enjeu environnemental majeur
auquel il faut faire face. Cependant, comparativement à l’eau de surface, l’eau souterraine
bénéficie d’une certaine inertie et est peu affectée à court terme par les changements climatiques
de température et de précipitation. La recharge des aquifères est le principal processus affecté
par les changements climatiques.
Comme spécifié dans le Guide de conception des installations de production d’eau potable
(MDDELCC, 2015c), les installations de production d’eau potable doivent tenir compte des
besoins en eau sur une période de 30 ans. Les modèles prédisant les impacts à long terme d’une
augmentation de la température et de l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des
précipitations sur les sources d’eau souterraine sont encore peu développés pour le Québec. À
long terme, l’effet des changements climatiques sur la recharge pourrait être marqué dans
certains secteurs. De plus, dans certains contextes hydrogéologiques, par exemple dans des
contextes insulaires comme les îles de la Madeleine ou l’île d’Orléans, la quantité d’eau
65
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
souterraine et sa qualité sont vulnérables à d’autres effets des changements climatiques, comme
l’augmentation du niveau marin, l’érosion côtière ou des changements de salinité de l’eau.
Le Guide sur les études hydrogéologiques (MELCC, à paraître) présente une liste de travaux de
référence concernant les effets des changements climatiques sur les ressources en eau
souterraine.
La direction d’écoulement est un paramètre qui pourrait changer dans le temps puisque
les niveaux piézométriques utilisés pour sa détermination peuvent varier en fonction des
épisodes de précipitation, des saisons, des années et aussi des changements climatiques.
Une attention particulière devrait être portée sur cet aspect lors de l’évaluation critique des
aires de protection devant être faite tous les cinq ans. Des efforts suffisants doivent être
déployés pour procéder à un transfert d’informations complet au responsable du
prélèvement afin de faciliter cette évaluation.
Les changements démographiques et d’occupation du sol sont plus faciles à prévoir que les
changements climatiques sur les prochaines 30 années. Leur influence sur la disponibilité de
l’eau souterraine et la délimitation des aires semble plus importante. Il sera opportun de
considérer les changements des conditions survenues dans le temps lorsque les aires de
protection et les indices de vulnérabilité DRASTIC seront réévalués tous les cinq ans dans le
cadre de l’analyse de vulnérabilité des sources d’alimentation en eau potable.
66
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
CONCLUSION
La détermination des aires de protection d’un prélèvement d’eau souterraine ainsi que
l’établissement de leur niveau de vulnérabilité intrinsèque sont des travaux préalables à l’analyse
quinquennale de la vulnérabilité de la source destinée à l’alimentation en eau potable (MELCC,
2018). Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la protection de la source d’eau potable qui
constitue la première des barrières multiples visant à garantir une eau saine « de la source au
robinet » (CCME, 2004). Différentes méthodes de calcul permettent de délimiter des aires de
protection des prélèvements, telles que définies par le RPEP. Le choix d’une méthode par le
professionnel qui réalise les travaux doit être fait en fonction de plusieurs critères liés aux milieux
humain et naturel, et en s’assurant de respecter les conditions d’utilisation et les hypothèses
simplificatrices de la méthode. Quant à l’évaluation de la vulnérabilité intrinsèque de l’eau
souterraine, le RPEP prescrit l’emploi de la méthode DRASTIC (Aller et al., 1987) qui permet
d’évaluer, à l’aide de paramètres géologiques et hydrogéologiques, la susceptibilité d’un
contaminant qui serait mobilisé par l’eau à la surface à s’infiltrer dans le sol et à percoler
verticalement jusqu’à la nappe. La marche à suivre recommandée dans ce guide technique vise
les prélèvements de catégorie 1. Elle comprend huit étapes établies afin d’assurer l’obtention de
résultats de qualité conformes aux règles de l’art, tout en standardisant la méthodologie et le
contenu des études. Ainsi, les professionnels qui réalisent les études et ceux qui les évaluent
dans le cadre d’une demande d’autorisation de prélèvement ou de l’analyse quinquennale de
vulnérabilité d’une source destinée à l’alimentation en eau potable sont les lecteurs visés par le
guide. Les auteurs espèrent de plus sensibiliser les municipalités et autres responsables des
prélèvements d’eau souterraine à l’importance et aux bénéfices réels, présents et futurs, d’un
travail de qualité.
Le rapport d’étude devrait comprendre une discussion portant sur les résultats obtenus lors des
travaux de délimitation des aires de protection et de l’évaluation des indices DRASTIC, incluant
des considérations sur la qualité des données d’entrée utilisées, une étude de sensibilité des
paramètres d’entrée, une mise en perspective des résultats et une analyse des conséquences
potentielles de l’incertitude. Cette discussion permettra au responsable d’un prélèvement d’eau
souterraine et au professionnel qui réalisera l’analyse quinquennale de vulnérabilité de la source
destinée à l’alimentation en eau potable de bien comprendre les limites de l’étude et l’ampleur
des incertitudes liées aux résultats présentés.
67
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
ALLER, L., T. BENNET, J.H. LEHR et R. PETTY. DRASTIC: A Standardized System for Evaluating Ground
Water Pollution Potential Using Hydrogeologic Settings, Office of Research and Development,
Environmental Protection Agency, 1987, 622 pages. [En ligne].
[Link]
ANDERSON, M.P. “Heat as a Ground Water Tracer”, Ground Water, vol. 43, no 6, 2005, pages 951-968.
BEAR, J., et M. JACOBS. “On the movement of water bodies injected into aquifers”, Journal of Hydrology,
vol. 3, no 1, 1965, pages 37-57.
68
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
CHAPUIS, R. P. Guide des essais de pompage et leurs interprétations, Publications du Québec, 1999,
156 pages. [En ligne]
[Link] (page consultée
le 07/02/2017).
CLOUTIER, V., D. BLANCHETTE, P.-L. DALLAIRE, S. NADEAU, E. ROSA et M. ROY. Projet d’acquisition
de connaissances sur les eaux souterraines de l’Abitibi‐Témiscamingue (partie 1). Rapport final
déposé au ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs dans
le cadre du Programme d’acquisition de connaissances sur les eaux souterraines du Québec. Rapport
de recherche P001. Groupe de recherche sur l’eau souterraine, Institut de recherche en mines et en
environnement, Université du Québec en Abitibi‐Témiscamingue, 2013, 135 pages, 26 annexes,
25 cartes thématiques (1:100 000). [En ligne].
[Link]
[Link].
CLOUTIER, V., ROSA, E., NADEAU, S., DALLAIRE, P.-L., BLANCHETTE, D., ET ROY, M. Projet
d’acquisition de connaissances sur les eaux souterraines de l’Abitibi-Témiscamingue (partie 2).
Rapport final déposé au Ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre
les changements climatiques dans le cadre du Programme d’acquisition de connaissances sur les
eaux souterraines du Québec. Rapport de recherche, P002.R3. Groupe de recherche sur l’eau
souterraine, Institut de recherche en mines et en environnement, Université du Québec en Abitibi-
Témiscamingue, 2015, 313 pages, 15 annexes, 24 cartes thématiques (1:100 000). [En ligne].
[Link]
[Link].
COMEAU, G., M.-C. TALBOT POULIN, Y. TREMBLAY, S. AYOTTE, J. MOLSON, J.-M. LEMIEUX, N.
MONTCOUDIOL, R. THERRIEN, R. FORTIER, P. THERRIEN et G. FABIEN-OUELLET. Projet
d’acquisition de connaissances sur les eaux souterraines en Outaouais. Rapport final, Département
de géologie et de génie géologique, Université Laval, 2013, 148 pages, 24 annexes, 25 cartes. [En
ligne]. [Link]
[Link].
COX, M.H., G.W. SU et J. CONSTANTZ. “Heat, Chloride, and Specific Conductance as Ground Water
Tracers near Streams”, Ground Water, vol. 45, 2007, pages 187-195.
DICKINSON, J.E., R.T. HANSON, S.W. MEHL et M.C. HILL. MODPATH-LGR – Documentation of a
Computer Program for Particle Tracking in Shared-Node Locally Refined Grids by using MODFLOW-
LGR, U.S. Geological Survey Techniques and Methods 6-A38, 2011, 42 pages. [En ligne].
[Link]
DIERSCH, H.-J. G. FEFLOW: Finite Element Modeling of Flow, Mass and Heat Transport in Porous and
Fractured Media, Springer Berlin Heidelberg, 2014, 996 pages.
DIVINE, C.E., et J.J. MCDONNELL. “The future of applied tracers in hydrogeology”, Hydrogeology Journal,
vol. 13, 2005, pages 255-258. [En ligne].
[Link]
DOMENICO, P.A., et F.W. SCHWARTZ. Physical and chemical hydrogeology, John Wiley and Sons Inc.,
1990, 824 pages.
FREEZE, R.A., et J.A. CHERRY. Ground Water. Prentice-Hall, Englewood Cliffs, NJ, 1979, 604 pages.
GRUBB, S. “Analytical model for estimation of steady-state capture zones of pumping wells in confined and
unconfined aquifers”, Ground Water, vol. 31, no 1, 1993, pages 27-32. [En ligne].
[Link]
HEALTH, R.C. Basic Ground-Water Hydrology, U.S. Geological Survey Water-Supply Paper 2220, 1983,
86 pages. [En ligne]. [Link]
HEALY, R.W., et P.G. COOK. “Using groundwater levels to estimate recharge”, Hydrogeology Journal,
vol. 10, no 1, 2002, pages 91-109.
HEALY, R.W. Estimating Groundwater Recharge, United States Geological Survey, Cambridge University
Press, 2010, 256 pages.
70
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
ISAAKS, E.H., et M.R. SRIVASTAVA. An Introduction to Applied Geostatistics, Oxford University Press,
New York, 1989, 561 pages.
71
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
MIKE POWERED BY DHI. FEFLOW 7.0 User Guide, 2016, 124 pages. [En ligne].
[Link] (page consultée le
23/06/2016).
MINISTÈRE DES TRANSPORTS DU QUÉBEC (MTQ). Manuel de conception des ponceaux, Service de
l’hydraulique, Québec, 1995.
72
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
MORRIS, D.A., et A.I. JOHNSON. Summary of Hydrologic and Physical Properties of Rock and Soil
Materials, as Analyzed by the Hydrologic Laboratory of the U.S. Geological Survey, U.S. Geological
Survey Water-Supply Paper 1839-D, 1967, 42 pages. [En ligne].
[Link]
MURRAY, R. Bilan hydrologique d’un bassin versant dans la région d’Umiujaq au Québec nordique,
Mémoire de maîtrise interuniversitaire en sciences de la Terre, Université Laval, 2016.
NOVA SCOTIA ENVIRONMENT WATER AND WASTEWATER BRANCH. Developing a Municipal Source
Water Protection Plan: A Guide for Water Utilities and Municipalities. Step 2 – Delineate a Source
Water Protection Area Boundary, 2004, 15 pages. [En ligne].
[Link]
PARADIS, D., et R. MARTEL. HYBRID: A Wellhead Protection Delineation Method for Aquifers of Limited
Extent, Geological Survey of Canada, Technical Note 1, 2007, 5 pages. [En ligne].
[Link]
RESSOURCES NATURELLES CANADA. Réseau d’information sur les eaux souterraines – Groundwater
Network, 2016. [En ligne]. [Link] (page consultée
le 21/06/2016).
SAAR, M. “Review: geothermal heat as a tracer of large-scale groundwater flow and as a means to
determine permeability fields”, Hydrogeology Journal, vol. 19, 2011, pages 31–52. [En ligne].
[Link]
73
DÉTERMINATION DES AIRES DE PROTECTION DES PRÉLÈVEMENTS D’EAU SOUTERRAINE
ET DES INDICES DE VULNÉRABILITÉ DRASTIC
– GUIDE TECHNIQUE –
SCANLON, B.R., R.W. HEALY et P.G. COOK. “Choosing appropriate techniques for quantifying
groundwater recharge”, Hydrogeology Journal, vol. 10, no 1, 2002, pages 18-39. [En ligne].
[Link]
SCIENCE ADVISORY BOARD FOR CONTAMINATED SITES IN BRITISH COLUMBIA. Report on:
Fractured Bedrock Field Methods and Analytical Tools, Volume 1: Main Report, Submitted to the
Ministry of Environment of British Columbia, Prepared under contract by Golder Associates Ltd.,
Burnaby, British Columbia, 2010, 87 pages. [En ligne].
[Link]
SCHROEDER, P.R., N.M. AZIZ, C.M. LLOYD et P.A. ZAPPI. The Hydrologic Evaluation of Landfill
Performance (HELP) Model: User’s Guide for Version 3, Environmental Protection Agency, Office of
Research and Development, Washington, DC., 1994, 84 pages. [En ligne].
[Link]
TALBOT POULIN, M.-C., G. COMEAU, Y. TREMBLAY, R. THERRIEN, M.-M. NADEAU, J.-M. LEMIEUX,
J. MOLSON, R. FORTIER, P. THERRIEN, L. LAMARCHE, F. DONATI-DAOUST et S. BÉRUBÉ.
Projet d’acquisition de connaissances sur les eaux souterraines du territoire de la Communauté
métropolitaine de Québec. Rapport final, Département de géologie et de génie géologique, Université
Laval, mars 2013, 172 pages, 19 annexes, 28 cartes. [En ligne].
[Link]
[Link].
TODD, D.K. Groundwater Hydrology, John Wiley and Sons, New York, 1980, 535 pages.
UNITED STATES ENVIRONMENTAL PROTECTION AGENCY (USEPA). Handbook: Ground Water and
Wellhead Protection, Office of Research and Development et Office of Ground Water and Drinking
Water, U.S. Environmental Protection Agency, Cincinnati, O.H. et Washington, D.C., 1994, 270 pages.
[En ligne]. [Link]
UNITED STATES GEOLOGICAL SURVEY (USGS). Online Guide to MODFLOW, 2016. [En ligne].
[Link] (page consultée le
20/04/2016).
UNITED STATES GEOLOGICAL SURVEY (USGS). Water Resources Groundwater Software, 2017. [En
ligne]. [Link] (page consultée le 24/02/2017).
75
ANNEXE I : LISTES DES TABLEAUX ET DES FIGURES TYPES
Les tableaux et figures types figurant dans les listes ci-dessous devraient être inclus dans les rapports
d’étude. Certains de ces éléments font déjà partie de l’étude de caractérisation hydrogéologique d’une
demande d’autorisation pour un nouveau prélèvement. Il n’apparaît alors pas utile de présenter à nouveau
ces éléments. Certaines figures pourraient ne pas être pertinentes dans tous les cas, mais les raisons de
leur absence devraient être indiquées dans le rapport d’étude. Aussi, certaines cartes pourraient combiner
plusieurs thèmes cartographiques (ex. : plan de localisation des puits répertoriés combiné au plan de
localisation des activités encadrées par réglementation visant la protection du prélèvement, et des activités
potentiellement polluantes sommairement inventoriées).
2. Tableau des valeurs des paramètres d’entrée utilisés et calibrés dans le calcul des aires de
protection
3. Tableau de résultats de l’indice DRASTIC et valeurs des paramètres d’entrée utilisées dans le
calcul
4. Tableau des niveaux de vulnérabilité des aires de protection, comme recommandé à l’Annexe IV
du Guide de réalisation des analyses de la vulnérabilité des sources destinées à l’alimentation
en eau potable au Québec (MELCC, 2018)
3. Plan de localisation du site de prélèvement à l’aide de l’imagerie aérienne sur la zone à proximité
de l’installation
8. Plan de localisation des activités encadrées par réglementation visant la protection du prélèvement,
et des activités potentiellement polluantes sommairement inventoriées à l’échelle du territoire à
l’étude
76
13. Représentation en plan du modèle conceptuel
17. Graphiques incluant les données nécessaires à l’interprétation des essais hydrauliques
27. Carte des indices DRASTIC à l’échelle du plan de localisation des aires de protection immédiate
et intermédiaires
28. Carte des indices DRASTIC à l’échelle du plan de localisation des aires de protection éloignée
29. Carte des niveaux de vulnérabilité de l’eau souterraine prescrits par le RPEP
77
ANNEXE II : LISTE DE VÉRIFICATION DES TRAVAUX RÉALISÉS
La liste de vérification des travaux réalisés ci-dessous devrait être considérée comme un document de
référence par les professionnels qui réalisent les études pour s’assurer qu’ils ont respecté la démarche
recommandée dans le guide. Elle pourrait aussi être utilisée lors de l’évaluation des demandes
d’autorisation qui sont faites au Ministère pour de nouveaux prélèvements en eau. Cet outil est toutefois
complémentaire à la lecture des rapports. Une réflexion basée uniquement sur cette liste ne constituerait
pas une analyse complète.
La liste des travaux réalisés est structurée selon les huit étapes de la marche à suivre. Elle concerne autant
la réalisation des travaux que la présentation des données utilisées et des résultats.
Visite sur le terrain et rencontre avec les intervenants locaux dès le début du
mandat
78
Travaux réalisés dans le
respect des recommandations
du guide
Description des travaux
Numéro
de page
Oui Non
du
rapport
79
Travaux réalisés dans le
respect des recommandations
du guide
Description des travaux
Numéro
de page
Oui Non
du
rapport
Évaluation de la recharge
Tableau des valeurs des paramètres d’entrée utilisés dans le calcul des aires de
protection
80
Travaux réalisés dans le
respect des recommandations
du guide
Description des travaux
Numéro
de page
Oui Non
du
rapport
81
Travaux réalisés dans le
respect des recommandations
du guide
Description des travaux
Numéro
de page
Oui Non
du
rapport
Identification des paramètres ayant une grande influence sur la délimitation des
aires
Bilan de masse entre les quantités d’eau prélevées et rechargées dans l’aire
d’alimentation
82
ANNEXE III : CRITÈRES DE VALIDITÉ DES HYPOTHÈSES DE MILIEU
POREUX ÉQUIVALENT HOMOGÈNE ET D’ISOTROPIE
Le tableau ci-dessous dresse la liste des principaux critères de validité des hypothèses de milieu poreux
équivalent homogène et d’isotropie (modifiés de l’USEPA (1991), Rasmussen et al. (2006), Vernoux et al.
(2007), Savard et al. (2008) et Science Advisory Board for Contaminated Sites in British Columbia (2010)).
Hypothèse
83
ANNEXE IV : DÉTERMINATION DES COEFFICIENTS DE RUISSELLEMENT
Les tableaux suivants, tirés du Guide de gestion des eaux pluviales (Gouvernement du Québec, 2014), informent sur les gammes de valeurs de
coefficients de ruissellement selon les types de surfaces, d’occupation du sol, de végétation et de sols.
Gamme usuelle de valeurs pour le coefficient de ruissellement en Gamme usuelle de valeurs pour le coefficient de ruissellement en
milieu urbain en fonction du type de surface (adapté d’ASCE/WEF, milieu urbain en fonction du type d’occupation du sol (adapté
1992). d’ASCE/WEF, 1992).
élevées sont appropriées pour des événements plus rares. Léger De 0,50 à 0,80
Boisé
85
OUTILS DISPONIBLES
Les « outils disponibles » sont des documents d’intérêt en lien avec le présent guide technique qui sont
publiés séparément. Des hyperliens renvoient à ces documents lorsqu’on en fait référence dans ce guide.
Ils pourront aussi être cités par d’autres guides ou ouvrages du Ministère, car certains de ces outils utiles
pour déterminer les aires de protection sont également d’intérêt pour d’autres types de travaux en
hydrogéologie.
86