archéologie provinciale materia
Jeux et spectacles en Afrique romaine
Adeline Pichot Rome, à la conquête du monde méditerranéen, n’a pas seulement envoyé
ses légions pour venir à bout de l’indigène rebelle. En Afrique du Nord, les
fastueux monuments des jeux et les divertissements offerts à la population
furent aussi des «armes» particulièrement efficaces.
INTRODUCTION ouverts gratuitement aux habitants de
la cité, mais aussi à ceux des campagnes
La chute de Carthage, en 146 av. J.-C., environnantes. Ils étaient offerts par des
marque le début de la colonisation romaine évergètes (bienfaiteurs), qui gravissaient
en Afrique du Nord. Rome a maintenu sa ainsi un échelon supplémentaire dans la
présence pendant plus de cinq siècles, carrière municipale. Les représentations
jusqu’à l’arrivée des Vandales au IVe siècle étaient toujours en relation avec la religion
apr. J.-C. Le territoire de l’Afrique romaine romaine et en l’honneur de quelque
était divisé en quatre provinces (fig. 1): grand personnage de l’Empire, voire de
la Proconsulaire, partie la plus ancienne l’empereur lui-même. Ainsi toute personne
des possessions romaines, la Numidie, la assise sur des gradins se retrouvait bien
Maurétanie Césarienne et la Maurétanie souvent face à la propagande impériale.
1 Respectivement le nord-est de la Tunisie, la région Tingitane1. Etudier l’architecture des monuments
à cheval sur la Tunisie et l’Algérie, la majeure partie
de l’Algérie et le Maroc.
L’Afrique a connu un phénomène des jeux et les spectacles qui y étaient
important d’acculturation. Les indigènes donnés permet de mieux appréhender
qui souhaitaient faire partie de l’élite leur importance sur les Romains d’Afrique.
locale devaient suivre les us et coutumes Nous verrons à quel point l’enthousiasme
de l’Urbs, c’est-à-dire de Rome. Ils était grand pour des divertissements très
devaient parler latin et connaître les variés.
textes de lois pour devenir magistrats.
Afin de romaniser la population moins LES MONUMENTS DES JEUX
aisée des villes et des campagnes, Rome
utilisait les divertissements. En effet, THÉÂTRE
toute agglomération un peu importante
possédait un théâtre, un amphithéâtre Le théâtre romain est d’origine grecque.
ou un cirque - les deux premiers édifices Il s’inspire de la forme de son ancêtre
Fig. 1 Provinces romaines d’Afrique du Nord au IIIe
étant les plus courants en Afrique du hellénique, mais il diffère par plusieurs
siècle apr. J.-C. (A. Pichot). Nord. Les jeux étaient généralement aspects bien spécifiques. Dans son
traité d’architecture, Vitruve le décrit
longuement (De Architectura, V, 3 à 9)
et propose un modèle type, une sorte de
canon architectural. Aucun théâtre ne
suit ses consignes à la lettre, car elles sont
beaucoup trop contraignantes et difficiles
à appliquer. Chaque architecte concevait
son bâtiment selon le terrain choisi, les
matériaux utilisés, les moyens financiers,
les besoins de la cité, etc. Mais les théâtres
romains suivent des caractéristiques
générales que l’on retrouve dans les
édifices africains.
chronozones 11/2005 spectacles en afrique romaine 5
du Colisée à Rome ou de l’amphithéâtre Fig. 2 Plan du théâtre de Caesarea (Algérie).
Frezouls 1982, p. 389.
de Thysdrus3 en Proconsulaire (fig. 3)
impressionnent encore les visiteurs par leur
gigantisme. Ils accueillaient respectivement
50 000 et 30 000 personnes environ.
Le choix de l’emplacement et ses
caractéristiques topographiques avaient
beaucoup d’importance. Seule l’orientation
par rapport au soleil n’exigeait pas de
recherche particulière, puisqu’une partie
A ce point de vue, le théâtre de Caesarea2 de la cavea était toujours exposée et 2 Capitale de la province de Maurétanie Césarienne,
actuellement Cherchel en Algérie.
est particulièrement intéressant (fig. 2). que le velum* permettait de protéger les
C’est un des premiers théâtres romains spectateurs. Les architectes choisissaient
d’Afrique du Nord, construit entre 25 et un terrain dont la forme et la nature
15 av. J.-C. par Juba II - un roi indigène se prêtaient bien à la réalisation du
vassal de Rome, élevé à la cour impériale monument. Le fonctionnement d’un
et féru de culture gréco-latine. Il occupe amphithéâtre posait des problèmes de
une position centrale dans la ville, juste dégagement et il fallait réserver autour du
à côté du forum*. Il est actuellement en monument une grande aire libre destinée 3 Actuellement El Jem en Tunisie.
très mauvais état, car il a servi de carrière à la circulation des spectateurs. Ce type
pour la construction d’une caserne sous d’espace n’existait pas en ville et, à part
l’occupation française. Les 27 gradins ont quelques rares exemples comme le Colisée,
disparu et il ne reste que quelques assises les amphithéâtres étaient plus facilement
du mur de scène. L’hémicycle, orienté vers installés à l’extérieur des agglomérations,
le nord pour protéger les spectateurs du à proximité immédiate de l’une des voies
soleil, s’adosse à flanc de colline. La cavea* principales. Si l’amphithéâtre se trouvait à
était couronnée par un portique courbe l’intérieur du périmètre urbain, sa position
et dominée dans l’axe central par un petit était toujours périphérique. Il existait un
temple. Le mur de scène, entièrement rapport étroit entre le mode d’implantation,
plaqué de marbres, était décoré de trois la structure et l’importance des dimensions
étages de colonnes corinthiennes et de du monument. Généralement, les édifices
statues installées dans des niches. Un adossés à flanc de colline ou en creux
portique à l’arrière du mur de scène était de vallon étaient des amphithéâtres à
orné d’une colonnade corinthienne avec structure pleine et ceux entièrement
des chapiteaux en marbre blanc. Il a été au-dessus du sol étaient de grands Fig. 3 Photo de l’amphithéâtre d’El-Jem (Tunisie).
transformé en amphithéâtre au IIe ou IIIe amphithéâtres à structure creuse avec une Laronde 2001, p. 108.
siècle apr. J.-C. Une arène a été installée
à la place de l’orchestre, certainement
pour remplacer l’ancien amphithéâtre qui
n’était pas bien adapté pour les combats de
gladiateurs et les chasses.
AMPHITHÉÂTRE
L’amphithéâtre est une création originale
romaine, où se déroulaient les combats de
gladiateurs et les chasses. Il n’existe aucun
traité d’architecture ou de commentaires
antiques sur sa construction. Sa
fonction même atténue les exigences
architecturales d’acoustique et de
distribution. Les spectacles étaient vus par
un très grand nombre de spectateurs et
accompagnés d’une musique tonitruante.
Il fallait accueillir la foule et permettre à
chacun de suivre l’ensemble des combats
de gladiateurs ou des chasses. Les restes
6 archéologie provinciale materia
4 Golvin 1988, p. 408. armature de voûtes rayonnantes4, comme gymnastique s’y déroulaient. Très allongé
le monument de Thysdrus. et clos seulement d’un côté par un demi-
cercle, il ressemble vaguement à un cirque.
CIRQUE ET STADE On les a parfois confondus, malgré leur
différence de taille considérable. Le mot
Le cirque a une forme très allongée grec stadion désigne une unité de mesure
et étroite, fermée d’un côté par un entre 180 m et 200 m, qui correspond à la
demi-cercle et de l’autre par les écuries longueur de la piste d’un stade, celle d’un
réglementaires (carceres*). Le nombre de cirque monumental étant deux à trois
5 Thuillier 1996, p. 48. carceres varie selon la taille de l’édifice. La fois supérieure. Les spectateurs prenaient
ligne inclinée, sur laquelle étaient placées place sur quelques gradins qui n’étaient
les stalles de départ, offrait à chaque pas toujours très bien aménagés. Aucun
concurrent les mêmes chances de gagner. stade n’a été repéré de façon formelle en
La spina* divisait en deux l’arène dans Afrique romaine: il y en avait peut-être un
le sens de la longueur. Elle était décorée à Caesarea et un autre à Carthage.
par des obélisques, des autels, des statues
ou des bassins. À chaque extrémité, se LES SPECTACLES: LUDI, AGONES, MUNERA ET
6 101 pour les représentations théâtrales, 66 trouvait un soubassement de forme semi- VENATIONES.
pour les jeux du cirque et dix pour les combats de
cylindrique surmonté de trois bornes
gladiateurs.
(metae*) autour duquel tournaient les LE NOMBRE DE JOURS
chars. La meta secunda se trouvait vers les
écuries et la meta prima à l’opposé, puisque Pendant toute la période romaine,
c’est autour d’elle que se faisait le premier le nombre de jours consacrés aux
virage de la course. divertissements n’a cessé d’augmenter.
Seules des villes importantes possédaient À la fin de la République, 76 jours par an
un cirque construit en dur, comme leur sont réservés, dont dix-sept pour les
Carthage ou Caesarea. Bien souvent, jeux du cirque. Quatre siècles plus tard,
7 Du pain et des jeux (Juvénal, Saturae, 10, 81). il suffisait de disposer d’un terrain plat le calendrier dit de Philocalus5 compte 177
et de quelques poteaux pour créer un jours de spectacles6, ce qui représente plus
champ de courses. Le cirque de Carthage, de la moitié de l’année. Il faut ajouter à ces
construit au début du IIe siècle apr. J.-C., dates officielles les jeux privés donnés par
pouvait accueillir entre 40 000 et 45 000 des familles puissantes lors des triomphes
personnes. Son plan était très proche ou des funérailles.
de celui du Circus Maximus de Rome, le La vie d’un habitant de l’Empire était
modèle par excellence pour tous les cirques en permanence ponctuée par ces
romains, et il se situait juste après en ordre représentations, souvent accompagnées de
de grandeur (fig. 4). lancer de gâteaux, de fruits secs ou de noix.
Au tout début du IIe siècle apr. J.-C., Juvénal
D’origine grecque, le stade accueillait les l’a parfaitement souligné en écrivant que
courses à pied et les épreuves athlétiques. le peuple désirait seulement «panem et
Fig. 4 Plan du cirque de Carthage (Tunisie). Parfois des chasses, des combats de circenses»7. De plus, offrir des spectacles à
Humphrey 1986, p. 302. taureaux et des démonstrations de la population d’une cité, devenir un editor
ludi*, était un puissant instrument de
propagande politique et pouvait permettre
de grimper plus rapidement les échelons
de la hiérarchie municipale. Endormir la
population en lui offrant ce qu’elle désirait
permettait de la rendre moins critique et
de mieux la manipuler, comme peuvent le
faire actuellement de nombreuses chaînes
de télévision en Europe et aux Etats-Unis.
LUDI CIRCENSES ET LUDI SCAENICI
Les jeux (ludi*) furent créés pour honorer
des divinités, pour célébrer le règne et
la vie de divers empereurs, le jour de
chronozones 11/2005 spectacles en afrique romaine 7
leur avènement au pouvoir ou d’un
grand succès militaire. Ces célébrations
comportaient des éléments religieux et
des spectacles. Une procession solennelle
(pompa circensis*) avec les statues
des principales divinités précédait les
festivités. Du matin jusqu’au soir, l’éditeur
des ludi circenses* offrait une succession de
courses de chars ou de chevaux, des luttes
et des exercices athlétiques. Le calendrier
de Philocalus montre que le nombre
habituel de courses (missus*) était de 24
en une journée. Si elles duraient chacune
environ une demi-heure, sans compter les
préparatifs nécessaires, la journée devait
être très bien remplie.
Lors des ludi circenses, le spectacle favori
des Romains était les courses de chars à
quatre ou deux chevaux. Des sortes de
corporations (factiones*) s’occupaient
de recruter les cochers et d’acheter les
chevaux. Ils organisaient les épreuves
du cirque pour le compte de magistrats
ou de riches citoyens qui les offraient
à leurs concitoyens. Quatre factions se
partageaient les faveurs du public: les
Bleus, les Verts, les Blancs et les Rouges.
Les paris étaient très nombreux et les jusqu’à quelle date les textes classiques Fig. 5 Fin d’une course de chars (Tunisie). Fantar
1994, p. 181.
auriges victorieux amassaient des fortunes furent réellement représentés, mais ils
considérables. continuèrent d’être lus ou déclamés lors de
Au IIIe siècle apr. J.-C., les Blancs tombèrent certaines assemblées littéraires. Les mimes
sous la domination des Bleus et les Rouges (comédies burlesques et satiriques), les
sous celle des Verts. Les deux factions atellanes (pièces improvisées et masquées)
restantes devinrent extrêmement et les pantomimes côtoyaient les bateleurs,
importantes et elles jouèrent un rôle les saltimbanques et les prestidigitateurs.
politique de premier plan. Elles furent Les tragédiens et les comédiens portaient
chacune adoptées par une partie de la des masques fabriqués en carton-pâte. Ils
société: la plèbe s’identifiait aux Verts recouvraient la figure et emboîtaient la
et les Bleus symbolisaient l’aristocratie. tête à l’aide d’une perruque. La bouche,
Un pavement de Gafsa en Tunisie largement ouverte, servait de porte-voix.
(fig. 5) représente l’épisode final d’une Les masques de tragédie étaient de forme
compétition, lorsque le char des Verts allongée, pour renforcer l’aspect noble
vient de franchir la ligne d’arrivée. L’édifice et imposant des personnages. La saillie
ne semble se référer à aucun modèle précis, des traits et la taille des yeux exagéraient
mais on distingue bien la cavea pleine de les sentiments violents. L’apparence
spectateurs, les carceres à droite et la spina pathétique de l’acteur devait frapper les
ornée d’un obélisque. spectateurs jusqu’au dernier rang. Les
masques de comédie étaient nettement
Les pièces jouées lors des ludi scaenici* plus proches des proportions humaines,
étaient adaptées du répertoire grec. même si bien souvent leur aspect était
Les tragédies de Livius Andronicus, grotesque. L’un des seuils de la maison
d’Accius et de Sénèque reprennent les des Masques à Sousse, en Tunisie (fig. 6),
sujets traités par Euripide (Ve siècle av. s’orne de trois masques qui pourraient
J.-C.). La comoedia palliata*, avec les représenter les protagonistes d’une scène
poètes latins Plaute et Térence, trouve typique de la comédie: à gauche, une
son origine chez l’Athénien Ménandre courtisane dont la coiffe jaune indique la
(IVe-IIIe siècles av. J.-C.). On ne sait pas cupidité, au milieu, un vieux père en colère
8 archéologie provinciale materia
Fig. 6 Seuil de la maison des Masques à Sousse
(Tunisie). Blanchar-Lemée 1995, p. 222.
8 Thuillier 1996, p. 55. et à droite, une esclave à l’expression des luttes entre troupes armées s’inséraient
autoritaire et rusée. entre les munera. Une journée dans
La couleur du costume permettait aussi l’amphithéâtre devait se dérouler ainsi: la
de distinguer les différents personnages: pompa* suivie des chasses et des combats
9 Potter 1999, p. 313. le jeune homme était en pourpre, la vieille entre animaux pendant la matinée, les
femme en vert et bleu, le parasite en noir exécutions des condamnés en milieu de
et gris, l’esclave portait une tunique courte journée et les combats de gladiateurs tout
blanche. Pour la comoedia togata*, les le reste du jour9.
10 Potter 1999, p. 233. interprètes revêtaient la toge en tant Contrairement aux idées reçues, très peu
qu’artisans ou marchands italiens. Les de combats navals (naumachiae*) eurent
comédiens chaussaient des souliers plats lieu et ils se déroulaient sur des plans d’eau
(soccus*) et les tragédiens, des cothurnes aménagés pour l’occasion. Les canalisations
11 Blanchard-Lemée 1995, p. 214. à semelle très épaisse. retrouvées dans les amphithéâtres
servaient seulement à drainer l’eau de
LES AGONES DE TYPE HELLÉNISTIQUE pluie, qui aurait rapidement abîmé les
monuments si elle n’avait pas été évacuée.
Les concours (agones* ou certamina*), Seuls deux édifices semblaient disposer
12 Déesse de la chasse et dompteur des fauves. développés sous l’Empire, comportaient d’une arène inondable: l’amphithéâtre de
des épreuves hippiques, gymniques et Mérida en Espagne et celui de Vérone en
musicales. Il semble que l’Afrique ait été Italie du Nord10. A ce jour, aucun exemple
une des régions occidentales où ces grands de ce type n’est connu au Maghreb.
concours agonistiques ont connu le plus
Fig. 7 Lutteurs et prix destinés aux vainqueurs de succès. Des agones dit «stéphanites»8 En Afrique, les spectateurs se passionnaient
(Tunisie). Blanchar-Lemée 1995, p. 188.
étaient organisés avec l’autorisation et pour les chasses et les animaux sauvages
souvent en l’honneur de l’empereur. Les beaucoup plus que pour les munera. De
vainqueurs recevaient généralement nombreuses corporations entretenaient
une couronne à l’imitation des jeux les bêtes et entraînaient les bestiaires entre
panhelléniques et une somme d’argent. chaque jeu. Ces «sodalités»11 spécifiques
À Carthage, Septime Sévère fonda deux à l’Afrique se nommaient Leontii,
concours grecs: les Asklepieia et les Pythia, Pentasii, Taurisci, etc.; elles avaient des
qui copiaient les jeux de Delphes. Une chiffres et des emblèmes particuliers qui
mosaïque de Thina en Tunisie représente permettaient de les distinguer les unes des
une de ces compétitions (fig. 7). On y voit autres. Outre l’organisation de spectacles,
quatre couples de lutteurs dans différentes elles formaient des collèges funéraires
phases de combat, ainsi que la palme et et s’occupaient de la production et de
les couronnes destinées à récompenser les l’exportation d’huile, ce qui devait leur
vainqueurs. fournir un revenu substantiel.
Les mosaïques représentant les bêtes de
DANS L’ARÈNE l’amphithéâtre sont très nombreuses, le
lion occupant une place de choix sur ces
Les combats de gladiateurs (munera*) pavements. Celle de Smirat en Tunisie
constituent des spectacles à part. rend compte d’une chasse sanglante, où
Organisés pour la première fois à Rome quatre bestiaires armés de lances sont
en 264 av. J.-C. lors de jeux privés offerts à opposés à quatre léopards (fig. 8). Le
l’occasion des funérailles de Junius Brutus combat se déroule sous l’égide de Diane et
Pera, ils ne furent intégrés aux jeux publics de Dionysos12, ce qui souligne le caractère
qu’en 150 av. J.-C. par Marius. Des combats fortement religieux des jeux. Au centre,
d’animaux, des chasses (venationes*) ou le serviteur d’un notable local apporte la
chronozones 11/2005 spectacles en afrique romaine 9
Fig. 8 Chasse offerte par Magerius, Smirat
(Tunisie). Blanchar-Lemée 1995, p. 216.
somme pour payer le spectacle, c’est-à- CNRS, 1994.
dire quatre sacs de mille deniers chacun. •FREZOULS, E., «Aspects de l’histoire architecturale
L’histoire est expliquée en détails sur la du théâtre romain», ANRW, Berlin – New York,
mosaïque, qui ornait certainement la Walter de Gruyter, 1982, p. 343-438.
demeure du généreux donateur Magerius, •GOLVIN, J.-C., L’amphithéâtre romain. Essai sur la
vers le milieu du IIIe siècle apr. J.-C. théorisation de sa forme et de ses fonctions, Paris,
Publications du Centre Pierre Paris,1988.
CONCLUSION •LARONDE, A., GOLVIN, J.-C., L’Afrique antique. UN PEU DE VOCABULAIRE
Histoire et monuments, Paris, Tallandier, 2001.
•Agones / Certamina: concours dʼinspiration
Les monuments des jeux africains •HUMPHREY, J. H., Roman circuses. Arenas for grecque.
reprennent les plans classiques élaborés Chariot Racing, Londres, B. T. Batsford Ltd, 1986. •Carceres: stalles de départ pour les courses
à Rome. Il n’y a pas eu d’innovation •POTTER, D. S., MATTINGLY, D. J., Life, Death, and de chars dans les cirques.
comme en Gaule, où des édifices mixtes, Entertainment in the Roman Empire, Michigan, •Cavea: ensemble des gradins dʼun édifice de
à la fois théâtre et amphithéâtre, furent University of Michigan, 1999. spectacle, où sʼasseyent les spectateurs.
construits. Les spectacles aussi étaient •THUILLIER, J.-P., Le sport dans la Rome antique, •Editor ludi: organisateur des jeux.
d’origine romaine ou gréco-romaine, et Paris, Errance, 1996. •Factiones: factions des cochers.
certains plaisaient beaucoup aux Africains, •Forum: place principale dʼune ville
romaine, centre de la vie administrative et
comme les chasses ou les courses de
commerciale.
chars. Si au départ ce ne sont pas les
•Ludi: jeux publics propres à la civilisation
populations locales qui ont exprimé le désir
romaine.
de se divertir, mais l’élite étrangère qui a
•Ludi circenses: jeux du cirque.
apporté son bagage culturel, rapidement •Ludi scaenici: jeux scéniques.
les Africains furent aussi enthousiastes •Meta: borne autour de laquelle on tournait
que le reste de l’Empire à assister aux ludi dans le cirque.
et aux munera. Ces derniers permettaient •Missus: course de char.
de maintenir le peuple sous contrôle et •Munera: combats de gladiateurs.
d’éviter les révoltes. •Naumachiae: combats navals.
•Palliata: comédie dont le sujet est grec.
BIBLIOGRAPHIE •Pompa: procession rituelle parcourant la
ville et le bâtiment où vont se dérouler les
jeux.
•[Link]., Lo sport nel mondo antico. Ludi, munera,
•Soccus: chaussure propre aux comédiens.
certamina a Roma, Rome, Quasar, 1987.
•Spina: mur qui sépare la piste du cirque
•BLANCHARD-LEMÉE, M., ENNAIEFER, M., SLIM,
dans le sens de la longueur.
H. et L., Sols de l’Afrique romaine. Mosaïques de •Togata: comédie dont le sujet est romain.
Tunisie, Paris, Imprimerie nationale, 1995. •Velum: toile tendue au-dessus de la cavea
•BLAS DE ROBLES, J.-M., SINTES, C., Sites et pour protéger le public du soleil et des
monuments antiques de l’Algérie, Aix-en-Provence, intempéries.
Edisud, 2003. •Venationes: chasses en amphithéâtre.
•FANTAR, M. H., La mosaïque en Tunisie, Paris,