Introduction : Le 17e se développe par le classicisme qui se définit par la clarté la
raison et la rigueur. Le projet des écrivains vise dès lors à plaire et instruire d'une
part grâce au genre théâtral avec Molière ou encore avec les moralistes tels, que
Jean de la Bruyère ou Jean de la Fontaine. D'ailleurs JDLF écrit Les Fables dans un
but éducatif, entre 1668et 1694: elles sont dédiées au dauphin, fils de Louis XIV. Le
texte porté à notre étude à savoir la fable "La cour du Lion" dresse la critique d'un roi
tyrannique et de ses courtisans. Comme souvent les personnages sont représentés
par des animaux, nous savons ici que le Lion, le Renard, l'ours et le singe sont
présents.
Problématique : Des lors nous verrons en quoi cette fable est-elle une critique
audacieuse ?
Annonce de plan : Pour répondre à cette problématique, j'analyserais
successivement 3 mouvements : le premier mettra en lumière l'invitation du roi, le
deuxième se penchera sur l'intervention des courtisans, et enfin, nous aborderons la
morale.
Mouvement 1 : Dès le début du premier mouvement, nous pouvons constater que la
fable commence par deux alexandrins qui annoncent la prise de décision du roi
V1.2: "Sa Majesté Lionne un jour voulut connaître / De quelles nations le Ciel l'avait
fait maître". La périphrase qui suit permet de désigner le roi : "Sa Majesté Lionne" V1
on peut remarquer que cette périphrase est assez élégante. Pourtant, elle laisse
immédiatement place à une critique du monarque. Tout d'abord, il est intéressant de
s'arrêter sur le CC de temps : "un jour" qui nous indique que le désir de connaître
son peuple ne l'animait pas jusqu'alors. En effet, son absolutisme est visible dans le
V2 grâce au substantif "maître ". Les vers 3 à 7 ont pour but de montrer le pouvoir
du roi. Le verbe "mander" dans le vert "Il manda donc par Députés", révèle son
autorité. Les V4 à 7 sont des vers d'enjambements et marque le passage de
l'alexandrin à l'octosyllabe qui installe un rythme plus rapide au sein de la fable
mettant en évidence sa toute-puissance. Le CC de lieu V5 : "de tous les côtés" sous-
entend que son royaume est vaste ce qui accentue sa domination. Le champ lexical
de la richesse et de la grandeur pour désigner le faste du règne de Louis XIV
comme on peut le voir dans les vers suivants : "Cour plénière" V9, "fort grand festin "
V10, "tours de Fagotin" V11, "magnificence" V12. De plus l'hyperbole : "un fort grand
festin" met en lumière le désir excessif et démesuré du roi Soleil de vouloir
impressionner ses sujets. Le V13 cherche à dénoncer le gout de la fête avec la rime
entre "magnificence" et "puissance". Le vers 14 indique, grâce au nom propre
"Louvre", que le roi les reçoit dans son palais : "En son Louvre il les invita". La
comparaison "un vrai charnier" assimile la demeure royale a un lieu rempli
d'ossements qui révèle l'ironie du fabuliste. Dans ce premier mouvement, nous
comprenons que la Fontaine dénonce la politique meurtrière de Louis XIV.
Mouvement 2: Poursuivons par le 2eme mouvemente, le premier courtisan à
intervenir dans la fable est l'ours. Dès le V16 nous pouvons voir que : "I 'Ours
boucha sa narine" qui laisse suggérée un geste maladroit, il ne va pas être apprécié
du roi comme le montre le verbe de sentiment : "déplaire". Le mot "grimace" révèle
que le roi interprété ce geste comme une moquerie. V18 "Sa grimace déplut.".
L'adjectif "irrité" V18 traduit, la susceptibilité du lion qui condamne l'Ours,
L'euphémisme : "L'envoya chez Pluton faire le dégoûté" V19 montre la cruauté du
roi. Le deuxième courtisan à intervenir est le singe qui applaudit la décision du lion.
Les deux hyperboles : "Le Singe approuva fort cette sévérité" V20 et "flatteur
excessif" V21 mettent en évidence sa volonté de complimenter avec excès le lion.
Par ailleurs le polysyndète du V22 "Et la griffe du Prince, et l'Antre, et cette odeur :
"exprime bien cette volonté de flatter encore et encore le monarque. Pourtant, le
singe va se prendre à son propre jeu en comparant les mauvaises odeurs du
banquet à des senteurs florales, par le biais d'un parallélisme de construction : "Il
n'était ambre, il n'était fleur." V23-24. Enfin malgré sa malice le singe s'attire les
foudres du roi qui perçoit son hypocrisie marquée par la négative restrictive "Qui ne
fût ail au prix". Il est, à son tour, condamné à mourir "Sa sotte flatterie / Eut un
mauvais succès, et fut encore punie". En poursuivant notre lecture de la fable, nous
pouvons constater que La Fontaine intervient dans les vers 26 et 27. Le dernier
courtisan à intervenir est le renard, connu pour sa ruse. Le lion s'adresse au renard
grâce au discours direct ce qui est plutôt surprenant car tous les autres animaux ont
eu recourt au discours indirect ou narrativisé, ceci est pour démontrer la puissance
extrême du lion mais qu'il est également l'unique personnage à avoir le droit à la
parole à la Cour. Ses phrases injonctives témoignant de son autorité : "Que sens-
tu ? Dis- le-moi : Parle sans déguiser." V29. L'impératif : "Parle sans déguiser" est
humoristique dans la mesure où il demande au renard d'être sincère alors qu'il a fait
tuer ceux dont les paroles ou les actions lui ont déplu. Néanmoins, le renard est le
plus malin grâce au verbe "alléguer", le fabuliste révèle que le renard n'est pas
vraiment malade V31 "alléguant un grand rhume". Enfin ce faux prétexte lui permet
d'éviter de répondre au roi V31.32 : "il ne pouvait que dire / Sans odorat ; bref il s'en
tire". Finalement, seul le renard rusé, en faisant l'inverse de ce que le monarque lui
demandait, a su se sortir de ce mauvais pas.
Mouvement 3 : La fable se termine par une morale explicite. Le vers 33 a pour rôle
de délivrer un enseignement de l'apologue : "Ceci vous sert d'enseignement." La
Fontaine, en utilisant le pronom personnel : "vous", s'adresse directement à son
lecteur. Le fabuliste montre que ce n'est pas la vérité qui triomphe mais la ruse, Il
faut, selon lui, parvenir à une attitude mesurée c'est ce que les deux oxymores : "Ni
fade adulateur, ni parleur trop sincère" V35 mettent en évidence. Le dernier vers :
"Et tâchez quelquefois de répondre en Normand" indique qu'il est prudent de taire
son avis si l'on veut rester dans les bonnes grâces de Louis XIV.
Conclusion : La fable de manière générale est un court texte plaisant ayant pour but
de plaire et instruire. En utilisant les animaux la Fontaine évite la censure car il
dresse ici de manière négative et satirique un portrait de la Cour de Louis XIV. Les
courtisans sont hypocrites, menteur. Le roi lui-même est mal vu et tourner en
ridicule. Pour survivre. Dans ce milieu social, Il est préférable de trouver un juste
milieu. On peut donc rapprocher ce texte. De l'acte 1 du misanthrope car c'est ce
que précautionnait philante afin d'atteindre du mieux possible la mesure d'un
honnête homme.