Méthodes Énergétiques
Méthodes Énergétiques
Méthodes énergétiques
Soit une structure élastique chargée progressivement à partir de son état naturel par des forces extérieures.
Pour déformer progressivement cette structure, les forces extérieures ont du fournir une énergie (ou travail) ; soit Wext
cette énergie.
Cette énergie Wext fournie est transmise intégralement à l’intérieur de la structure. Les déformations en sont la
conséquence visible.
Mais compte tenu que la structure considérée est supposée élastique (pas de déformations plastiques irréversibles),
toute l’énergie emmagasinée l’est sous forme de déformation élastique et sera restituée intégralement en phase de
déchargement.
Soit Wdef cette énergie de déformation élastique (ou énergie interne) stockée dans la structure.
On peut donc écrire le théorème fondamental de l’énergie dans le cas précis d’une structure élastique1 : Wext = Wdef
∆=Distance A-B
Etat A Etat B
Soit une force F constante effectuant une translation entre le point A et le point B ( ∆ a la même droite support que F).
Le travail fournit par F entre l’état A et B est de la forme : Wext = F ⋅ ∆ .
II.2. Travail d’une force sur une structure déformable (force progressive)
Dans le cas d’une structure déformable, l’effort appliqué F est progressif (de 0 à F). En conséquence, l’expression du
travail ne peut prendre la formulation simple exprimée en II.1.
1
Dans le cas d’une structure partiellement plastifiée, l’équation devient Wext > Wint puisque tout ou partie de l’énergie
fournie à la structure ne sera pas rendue et disparaîtra en chaleur au moment de la plastification ou de la rupture.
1
Méthodes énergétiques
Etat A
λF
λ∆
λF
0<λ<1
F
0<λ<1
λ∆
∆ ∆
F
Etat B
Etat A Etat B
Soit F l’effort final appliqué et ∆ la déformation finale induite mesurée suivant la même droite support que F.
Ä Entre l’état λ et l’état λ + dλ c’est à dire pour un déplacement de dλ∆ , on peut considérer l’effort constant égal à
λF . Le travail élémentaire correspondant s’écrit donc : dWext = λF ⋅ dλ∆
Ä Entre l’état A et l’état B, le travail total Wext est la somme intégrale du travail élémentaire dWext soit
1
Etat B 1 λ2
Wext = ∫ dW =F∆ ∫ λ ⋅ dλ = F∆ .
Etat A 0
2 0
1
Il vient en définitive : Wext = F∆
2
On sait :
q que la traduction visible de l’énergie interne est la déformation.
q que les déformations dépendent des divers type de sollicitations courantes dans les structures à savoir N, V, M
principalement mais aussi M torsion .
Il est donc intéressant de décomposer la somme de l’énergie interne emmagasinée dans une structure en fonction de
son origine N, V, M ou M torsion . L’énergie de déformation totale sera donc :
Wdef = Wdef (N ) + Wdef (V ) + Wdef (M ) + Wdef (M torsion )
dx
x
N(x) N(x)
G G'
dx + d∆
2
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Un tronçon infiniment petit dx soumis à un effort progressif de 0 à N(x) se déformera d’une longueur d∆ . Le travail
élémentaire correspondant des forces extérieures s’écrit donc : dWext = N ( x ) ⋅ d∆
1
2
Mais compte tenu du théorème fondamental de l’énergie, dWext est aussi égal à l’énergie élémentaire interne (ou de
1 N (x )2
Sur la totalité de la structure, l’énergie interne due à N s’écrit : Wdef = ∫ 2 ES ⋅ dx
structure
avec :
q G : module d’élasticité transversale.
q S r : section réduite.
III.5. Bilan
Pour les cas qui nous concernent, le moment de torsion sera nul.
Par ailleurs, l’énergie interne induite par l’effort tranchant sera considérée comme négligeable vis-à-vis des énergies
internes dues à N et M.
1 N (x )2 M ( x )2
dx
En conséquence, il vient l’équation approchée suivante : Wdef ≈ ∫ 2 ES + EI
structure
La résolution de cette équation impose la connaissance des équations de N(x) et M(x) sur toute la structure.
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Il est question ici d’étudier l’énergie nécessaire pour passer de l’état A (aucune force appliquée) à l’état C (2 forces
sont appliquées) et ce de deux manières différentes afin de comparer les résultats. Nous considérerons dans les deux cas
un état intermédiaire B dans lequel seule une force est appliquée.
Notations
q Soit Fi la force appliquée au point i.
q Soit ∆ iF j le déplacement parallèlement à Fi au point i dû à F j .
Etat A
1
F
Etat B
∆1F1 ∆2F1 F2
1
F
Etat C
∆1=∆1F1+∆1F2 ∆2=∆2F1+∆2F2
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Méthodes énergétiques
Etat A
F2
Etat B
∆1F2 ∆2F2
F2
1
F
Etat C
∆1=∆1F2+∆1F1 ∆2=∆2F2+∆2F1
Le même raisonnement s’applique au cas 2.
IV.3. Bilan
Les énergies obtenues soit au cas 1 soit au cas 2 sont égales, ce qui implique nécessairement : F1∆1F2 = F2 ∆ 2 F1
Généralisation
Pour un système de n forces, on a l’égalité suivante pour tout les couples de forces Fi et F j : Fi ∆ iF j = F j ∆ jFi
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V. Théorème de Castigliano
Le théorème de Castigliano permet de calculer le déplacement algébrique du point d’application d’une force extérieure
parallèlement à son support.
La valeur algébrique du déplacement du point d’application d’une force Fi extérieure, parallèlement à cette force, est
égale à la dérivée de l’énergie par rapport à la force Fi .
∂Wdef
Ä Il vient : ∆ i = .
∂Fi
Le théorème peut aussi être appliqué au cas d’une rotation en un point soumis à un couple extérieur C i .
∂Wdef
Ä Il vient similairement : θ i =
∂C i
Remarque
Si la connaissance de l’énergie de déformation n’est pas explicitement nécessaire, il est possible d’utiliser le résultat
suivant donnant directement la dérivée de l’énergie :
∂Wdef ∂ 1 N2 M2
= ∫
+ dx
∂X i ∂X i structure 2 ES EI
1 ∂N 2 1 ∂M 2 1
= ∫ + dx
2 ∂X i ES ∂X i EI
structure
1 ∂N 1 ∂M 1
= ∫ 2 N
∂X i ES
+ 2M dx
∂X i EI
structure
2
∂Wdef N ∂N M ∂M
Ä Il vient en définitive :
∂X i
= ∫ +
ES ∂X i EI ∂X i
dx
structure
Le théorème de la charge fictive permet de pallier les limitations du théorème de Castigliano qui n’autorise un calcul
de déplacement (ou de rotation) seulement au droit du point d’application de l’effort (ou du couple) et parallèlement à
celui ci.
Pour le calcul d’un déplacement (ou d’une rotation) en un point O où il n’y a pas de force (ou de couple) :
q On applique une charge fictive X 0 précisément en O et parallèlement à la direction à laquelle on souhaite le
déplacement.
q On calcule l’énergie de déformation du système (toutes forces et couples extérieurs compris).
∂Wdef
q On applique le théorème de Castigliano tel que ∆ o = … en posant simultanément X 0 =0 dans ∆ o è ∆ o .
∂X o
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Le théorème de Ménabréa est une application du théorème de Castigliano aux structures hyperstatiques pour trouver
les inconnues d’efforts hyperstatiques.
Soit une structure hyperstatique de degré k. Il existe donc dans cette structure k déplacements (ou rotations) ∆ i
bloqués par k efforts inconnus X i .
∂Wdef
Pour chacun de ces k efforts X i inconnus, le théorème de Castigliano permet d’écrire : ∆ i = 0 =
∂X i
On obtient au final k équations supplémentaires permettant de résoudre complètement le problème hyperstatique.
Le théorème de Font Violant est l’exacte application du théorème de Ménabréa mais associée à la méthode des forces
et au principe de superposition.
La méthode des forces pose un principe général de résolution des systèmes hyperstatiques. Elle consiste à remplacer le
système originel (S) par un système isostatique (So) avec :
q k efforts inconnus supplémentaires (en effort ou en couple) au droit des liaisons supprimées.
q k conditions de déplacement (en translation et rotation).
Ces k conditions de déplacement fourniront les k équations supplémentaires nécessaires pour résoudre définitivement
le système.
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Œ La méthode des forces implique le choix d’un système isostatique S 0 auquel ont été rajoutés les efforts inconnues
des liaisons qui ont été supprimées.
En parallèle, k conditions de déplacement sont imposées.
S'0
p
S
B C
p
YC
YB
équivalent à
=
B C
+
Y(B)=0 & Y(c)=0
• Le principe de superposition permet une décomposition supplémentaire de S 0 telle qu’elle est précisée sur le
schéma suivant.
S'0 S0
p p
B C = B C
YC
YB
SYB
+ YB
* B C
1
SYC
+ YC * B C
1
Cette décomposition s’applique aussi aux efforts (comme aux déformations, etc.) :
q N 0′ = N = N 0 + YB ⋅ N Y + YC ⋅ N Y
B C
∂Wdef M ∂M
q ∆ C = Y (C ) = 0 = = ∫ dx
∂YC structure
EI ∂YC
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VIII.3. Conclusion
En remplaçant les expressions de M dans les deux équations ci-avant, il vient :
(M 0 + YB ⋅ M Y + YC ⋅ M YC )M M0 M YB M YC
∆B = 0 = ∫ = ∫ M YB dx + Y B ∫ M YB dx + YC ∫
B
YB dx M YB dx
structure
EI structure
EI structure
EI structure
EI
(M 0 + YB ⋅ M Y + YC ⋅ M YC )M M0 M YB M YC
∆C = 0 = ∫ = ∫ M YC dx + YB ∫ M YC dx + YC ∫
B
YC dx M YC dx
structure
EI structure
EI structure
EI structure
EI
C’est donc un système de k équations à résoudre qui peut prendre la forme suivante (en l’exprimant par rapport aux
∆ B = 0 = ∆ B 0 + Y B ⋅ δ BYB + YC ⋅ δ BYC
déplacements) où ∆ i 0 est le déplacement au point i induit seulement par les efforts
∆ C = 0 = ∆ C 0 + Y B ⋅ δ CYB + YC ⋅ δ CYC
extérieurs connus.
On remarquera, qu’avec le théorème de réciprocité de Maxwell Betti, on peut limiter la densité de calcul en rappelant que
δ iF j = δ jFi . Pour notre exemple, on a δ CYB = δ BYC .
La méthode des trois moments est une méthode de résolution des poutres droites reposants sur plus de deux appuis ;
c'est à dire des poutres continues …donc des systèmes hyperstatiques. Elle ne s'applique qu'à des poutres continues
soumises à des charges verticales (réparties ou concentrées).
Le principe de la méthode repose sur le choix particulier des inconnues hyperstatiques : les moments fléchissants au
droit des appuis intermédiaires2.
Considérons une poutre sur n+1 appuis. Il existe donc n-1 appuis intermédiaires qui sont autant de degrés
d’hyperstaticité (k=n-1).
Chargement extérieur
A0 A1 A2 A3 An
L1 L2 L3 n+1 appuis
n travées
n-1 appuis intermédiaires
Afin de pouvoir résoudre, il est nécessaire d’établir n-1 conditions supplémentaires qui fourniront autant d’équations
supplémentaires aux 3 premières issues du PFS.
2
Classiquement, ce sont les réactions d'appui qui étaient retenues.
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Pour chaque appui intermédiaire Ai associé à ses travées isostatiques adjacentes, la méthode des trois moments
permet d’écrire une équation liant les moments M i −1 , M i et M i +1 .
Li Li +1 Li Li +1
Il vient sur l’appui Ai l’équation générale : M i −1 + + M i + M i +1 = ω id − ω ig
6(EI )i 3(EI )i +1 3(EI )i
6(EI )i +1
avec (démonstration = théorème de Font violant) :
L2 M 2 (x ) x
Ø ω id = ∫ − 1dx
0 EI L2
L1 M 1 (x ) x
Ø ω ig = ∫ dx
0 EI L1
où M 1 (x ) et M 2 (x ) sont les moments fléchissants induits par le chargement extérieur respectivement dans les
poutres isostatiques associées 1 et 2.
Ce sont donc n-1 « équations des trois moments » qui peuvent être obtenues formant ainsi un système de n-1 équations
qui permet de calculer tous les moments sur appui intermédiaire.
Dans la pratique, EI est généralement constant simplifiant d’autant sa formulation. Ainsi pour chacun des appuis est
retranscrite l’équation correspondante.
1 2
M M
1 M1 2
L1 L2
2 3
M M
M1 2 M2 3
L2 L3
Ö Equation 2 : L2 M 1 + 2(L2 + L3 )M 2 + L3 M 3 = 6 EI ω 2d − ω 2 g ( )
… etc.
Figure 3 -appui An −1 et ses deux travées adjacentes
(
Ö Equation n-1 : Ln −1 M n −2 + 2(Ln −1 + Ln )M n −1 + Ln M n = 6 EI ω n −1d − ω n −1g )
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