Étude sur la Néologie Linguistique
Étude sur la Néologie Linguistique
MEMOIRE DE MAGISTERE
OPTION : SCIENCES DU LANGAGE
S
amir ABDELHAMID Mme YETTOU Naïma
Professeur à l'université de BATNA
Responsable de l’EDAF, Pôle Est - BATNA
Membres du jury :
MEMOIRE DE MAGISTERE
OPTION : SCIENCES DU LANGAGE
M
. le Pr Samir ABDELHAMID ETTOU Naïma
Directeur de l’EDAF, Pôle Est - BATNA
Membres du jury :
MERCI à tous…
NEOLOGIE TABLE DES MATIERES
Dédicace
Remerciements
Table des matières 5
Introduction générale 10
PARTIE THEORIQUE
CHAPITRE 1 : La créativité lexicale & les matrices internes
Introduction 19
1.1. Autour de la Néologie 20
1.2. La néologie un phénomène ancré dans la langue française 23
1.2.1. Aspect historique 23
1.3. Problèmes de définition et délimitation de concepts 25
1.3.1. Les définitions 26
1.3.1.1. Etymon, apparition et évolution des termes 26
1.3.1.2. Définition linguistique 27
1.3.1.3. Définition lexicographique 28
1.3.2. Les concepts 29
1.4. Qu’est ce que la créativité lexicale ? 29
1.4.1. les différentes créativités lexicales 31
1.4.1.1. La néologie dénominative 31
1.4.1.2. La création néologique stylistique 31
1.4.1.3. La néologie de langue 32
1.4.1.4. la puissance génératrice de certains éléments constituants 32
1.5. La lexie néologique 32
1.6. Qu'est-ce qu’un néologisme et pourquoi en crée-t-on ? 33
1.6.1. Néologisme de langue et néologisme de discours 34
1.6.1.1. Néologisme de langue 34
1.6.1.2. Néologisme de discours 34
5
NEOLOGIE TABLE DES MATIERES
6
NEOLOGIE TABLE DES MATIERES
PARTIE PRATIQUE
CHAPITRE 3: Etude lexicosémantique des néologismes
Cas du journal EL WATAN
Introduction 87
3.1. La lexicologie 88
3.2. La sémantique 89
3.3. Qu’est-ce que la Lexicosémantique? 89
3.4. Présentation du corpus 90
3.4.1. Présentation du journal EL WATAN 91
3.4.2. Présentation des chroniques « POINT ZERO » et « COMMENTAIRE » 91
3.5. Constitution du corpus 92
3.5.1. Les critères de sélection des néologismes 92
3.5.1.1. les critères lexicographiques 92
3.5.1.2. Les critères typographiques 93
3.6. Méthodologie de la collecte des néologismes 94
3.7. Nomenclature des Néologismes 95
7
NEOLOGIE TABLE DES MATIERES
8
NEOLOGIE TABLE DES MATIERES
9
NEOLOGIE INTRODUCTION
— INTRODUCTION GENERALE —
C’est par une citation de Nyrop1 qui a bien noté la nécessité de la création lexicale
dans Introduction générale à la grammaire historique que nous avons choisie de lever les
rideaux à ce travail de magistère consacré à la Néologie. En effet, Nyrop a bien illustré cette
relation entre monde vécu et néologisme. Ainsi, l’Homme étant conscient de ses besoins dans
le monde, a toujours cherché le meilleur pour rendre facile ce qui lui était difficile. Le progrès
scientifique et la mondialisation ne sont que la réponse à la fameuse question qui a tourmenté
cet homme depuis son existence : comment s’évoluer, et rénover son environnement ? Cette
évolution et ce changement ont exigé de lui qu’il s’ouvre sur le monde.
10
NEOLOGIE INTRODUCTION
Cette ouverture sur l’autre à favoriser le contact des peuples entre eux, d’où le contact
des langues entre elles. Une évolution qui les a conduit à la création de nouveaux besoins
(d’où de nouveaux objets et réalités) qui ont nécessités la création de nouveaux mots pour
designer et définir ces nouvelles réalités. Ce changement linguistique a fait que la langue soit
envahie par des mots nouveaux qui étaient ou bien le produit de l’ingéniosité humaine
(création d’un mot nouveau pour désigner une réalité nouvelle) ou bien un emprunt à d’autres
langues étrangères résultant de ce contact entre les langues (emprunter la chose et le terme qui
la désigne en même temps).
2
Guilbert L., La créativité lexicale, coll. Langue et langage, Ed. Larousse, 1975, p.32.
11
NEOLOGIE INTRODUCTION
Justement, l'idée d'un travail de recherche sur la néologie prend naissance grâce à une
passion que nous avions depuis longtemps pour le lexique de la langue française en général et
l'intérêt qu'ont suscité en nous les nouveaux mots qu'on croisait en lisant le journal El Watan.
Le fait d'être une lectrice fidèle du journal El Watan, notre attention a été attirée par un
nouveau lexique émergeant qui ne cessait de croître. Ces nouveaux mots croisés presque
chaque jour, étaient pour nous plus que des énigmes que nous essayerons à chaque fois de
déchiffrer pour arriver à savoir comment sont-ils formés ? De quel sens se sont-ils chargés ?
Effectivement, le jeu devenait jour le jour plus intéressant et le pari encore plus. Voilà
comment une idée parue si simple au début a germé pour se compliquer de plus en plus avec
la décision de vouloir en faire d'elle un sujet de recherche universitaire en sciences du
langage.
Notre modeste travail de recherche dont l'intitulé est « La Néologie » a pour objectif
d'exposer le phénomène de la néologie dans une vision synchronique qui n'exclue guère la
vision diachronique à certains moments de l'étude. Étudier les différentes unités néologiques
relevées dans un journal algérien quotidien francophone : El Watan, tout en mettant l'accent
sur leur relation forme/sens. Notre travail se propose de faire une étude lexicosémantique des
créativités lexicales et des emprunts linguistiques extraits d'un organe de presse écrite
étatique, afin de révéler la réalité de la langue française en usage dans la presse francophone
algérienne étatique. Exposer les différents procédés créatifs qui concourent à la création
néologique. Donner un aperçu de l'évolution de l'usage et même des enjeux pratiqués par les
journalistes algérien sur le lexique en Algérie. Établir la fréquence de chaque type à l'aide de
graphique à secteurs permettant une représentation visuelle des résultats constatés.
12
NEOLOGIE INTRODUCTION
Afin de répondre aux questions posées, nous partons les hypothèses suivantes :
- Une nouvelle forme de lexique est entraine de mettre les assises d'une écriture
complètement nouvelle dans le monde journalistique et dont les enjeux se dessinent par les
plumes des journalistes.
- Les procédés créatifs de la langue française sont une véritable source intarissable à la
créativité lexicale
- Les procédés de la dérivation sont les plus productifs dans la création des néologismes
journalistiques.
Afin de réaliser ce travail de recherche dans les meilleures conditions possible, qui
nous permettront d'atteindre les objectifs fixés, une méthodologie de travail s'impose.
Notre travail est subdivisé en deux grandes parties, se distinguant l'une de l'autre, mais
tout en se complémentant. Le premier et le deuxième chapitre sont complètement consacrés à
la néologie d'un point de vue théorique ; or que le troisième chapitre a été consacré à la mise
en pratique des notions théoriques déjà abordées et l'analyse du corpus néologique.
13
NEOLOGIE INTRODUCTION
14
NEOLOGIE INTRODUCTION
De prime abord, nous avons observé le phénomène dans un corpus : le journal algérien
quotidien El watan, dans la chroniques POINT ZERO et un COMMENTAIRE. Puis nous avon
repéré les termes candidats, pourront être élus par la suite pour constituer des néologismes,
par le dépouillement systématique de notre support de travail : journal El Watan. Puis nous
avons procédé à la description des candidats-néologismes, pour en terminer par la vérification
de leur absence ou présence dans les dictionnaires généraux ou les dictionnaires de
spécialités. Les candidats - néologismes seront sélectionnés selon plusieurs critères déjà cités
en début du chapitre 3.
Dans la deuxième étape, nous avons classé les créativités lexicales selon leurs
procédés de création tout en établissant la fréquence de chaque type à l'aide de graphique à
secteurs. Ensuite nous avons dressé des tableaux que nous avons ajustés selon les besoins de
chaque procédé créatif. Pour l'interprétation des résultats constatés de points de vue statique et
lexicosémantique, nous nous sommes basés sur les travaux de FABIENNE CUSIN-BERCHE
et Marie-Françoise MORTUREUX ainsi que les travaux de la lexicologie.
La troisième étape consiste en l'étude des emprunts linguistiques, à l'aide d'un tableau
qui fait ressortir les types d'emprunts, leur sens, leur langue d'origine et le type d'intégration.
L'interprétation des résultats est une mise en application des assises théoriques citées dans le
deuxième chapitre. En dernière étape, nous avons étudié les néologismes hybrides et les
enjeux pratiqués dans une création où cohabitent plusieurs systèmes. La simultanéité des
procédés créatifs entrant dans la composition des unités néologiques, les caractères
typographiques et les catégories grammaticales sont aussi au centre de cette étude.
Cette étude nous a révélé la réalité du parler des locuteurs algériens un peu particulier
dans la mesure où elle permet de constater la coexistence de deux ou plusieurs langues à
l’intérieur d’un même discours. Ce mélange de langues affectant la production langagière
s’observe à l’écrit comme à l’oral, mais à des degrés différents.
La créativité lexicale, l’emprunt, le calque, la troncation ainsi que d’autres procédés créatifs
sont de véritables « noyaux » à partir desquels peuvent se constituer de multiples lexies.
15
NEOLOGIE INTRODUCTION
Ces nouvelles lexies peuvent être créées par allongement on agglutinant des unités autre fois
distincte les unes des autres : par dérivation ou par composition (les deux procédés les plus
célèbres de création néologiques). Elles peuvent être créées par le processus inverse au
précédent : par rétrécissement on supprimant le début ou bien la fin du mot (principe de
troncation, etc.). Comme elles peuvent être aussi empruntées à d’autres langues étrangères (un
procédé qui dénote la paresse de l’esprit humain). Les transformations que subissent ces mots
sont formelles, elles ne touchent qu’à la forme du mot c’est une néologie de forme. Mais, il y
a aussi des transformations qui touchent à l’âme du mot. Ainsi, le mot subit un changement ou
un glissement de sens qui lui confère un sens nouveau qui vient s’ajouter à ses sens anciens :
c’est une néologie de sens.
Toute personne ayant une assez bonne maîtrise de la langue française peut créer des
mots nouveaux. Mais il est plus courant que les mots nouveaux soient inventés par des
spécialistes appartenant à différents domaines. Les concepteurs de pub ainsi que les
journalistes sont les plus concernés par le phénomène de la néologie. Des néologismes qui
sont diffusés ensuite au moyen d’affiches publicitaires et de mass médias (presse écrite et
audiovisuelle). Pour notre cas et dans ce travail, nous nous intéresserons aux créations faites
par les journalistes et aux néologismes diffusés dans et par les journaux.
Nous avons choisi la langue du journaliste parce que « la langue écrite, surtout la
langue du journaliste, joue un rôle important dans la reprise de l’activité suffixale. Le
journaliste écrit vite ; il a besoin de précision, il évite d’instinct les périphrases ; le suffixe lui
vient naturellement sous la plume pour exprimer des rapports (Hervé-hervéisme, ovation-
ovationner). (…) C’est lui qui a souvent créé et surtout vulgarisé- dans presque toute
l’Europe- les dérivés des mots composés »3.
3
DAUZAT Albert, Tableau de la langue française : origine-évolution-structure actuelle, petite bibliothèque
Payot, 19.
16
LA CREATIVITE LEXICALE
&
CHAPITRE 1
Introduction
Toute langue évolue nécessairement, puisque le lexique d’une langue vivante n’est pas
une entité stable et figée. C’est pour des raisons pareilles que « le lexique n’a jamais pu être
défini comme un système clos, en raison de son ouverture sur le référent, l’évolution du
monde, de la pensée, sur la transformation de la société »2.
En effet, au côté des stocks de mots déjà existants viennent s’ajouter au lexique de la
langue française de nouvelles unités lexicales, que les locuteurs empruntent (aux autres
langues étrangères) ou créent à l’aide de multiples mécanismes (répondant aux règles de
création ou non) pour répondre à différents besoins langagiers. Des mécanismes sollicités par
le public cultivé (auteurs, journalistes, politiciens, etc.) comme par le public moins ou non
cultivé. Ces nouveaux mots sont connus chez les spécialistes qui les étudient, outre les
néologistes et les néologues sous l’appellation de : néologismes. Le processus3 de leur
création étant la Néologie.
2
GUILBERT L., La créativité lexicale, coll. Langue et langage, Ed. Larousse, 1975, p.32.
3
Terme employé par DUBOIS.
19
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE
· Elle est du domaine de la stylistique parce que tous les nouveaux mots
argotiques qui apparaissent dans la langue restent beaucoup de temps des néologismes sans
être lexicalisés finalement.
A- Néologie de forme
Selon J-F SABLAYROLLES la néologie formelle « est la formation de mots qui
n’existaient pas auparavant, principalement obtenus par dérivation ou composition ». Dans
ce cas, il s’agit d’une unité lexicale nouvellement créée ou fabriquée6. On peut distinguer
deux types de formation :
· La formation primitive
Elle consiste en la création de mots totalement nouveaux, sans aucun rapport avec les
mots qui existent dans la langue française (ex. gaz — internet).
4
SAMADOV N., Tendances de la néologie dans la radio : analyse à travers la radio France
international(sic).http://www.contrastiva.it/baul_contrastivo/dati/sanvicente/contrastiva/Neolog%C3%ADa/Sam
adov,%20Neologie%20e%20radio,%20These.pdf. Consulté le 22/09/2010 à 21 h 45.
5
DUBOIS J. et al, Dictionnaire de linguistique et des sciences du langage, Larousse-Bordas/ HER, 1999, p.
322.
6
Loc. cit.
20
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE
· La formation récursive
Tout à fait contraire à sa précédente, elle consiste en la création de mots nouveaux,
mais en se servant des éléments qui se trouvent dans la langue française et elle respecte tous
les modes de formation connus (dérivation, composition, abréviation, etc.)
La néologie formelle est facilement identifiable parce qu’un nouveau signifiant naît
toujours avec un nouveau sens.
B- Néologie de sens
Dans ce second cas, « on emploie un signifiant existant déjà dans la langue considérée
en lui conférant un contenu qu’il n’avait pas jusqu’alors — que ce contenu soit
conceptuellement nouveau ou qu’il ait été jusque — là exprimé par un autre signifiant »7.
Autrement dit, il s’agit d’une unité lexicale qui existe déjà dans la langue, mais à
laquelle on attribue un sens nouveau. On parle de création sémantique.
Comme source de création lexicale, la néologie sémantique reste cependant plus
difficile à détecter selon SABLLAYROLLES.
7
DUBOIS J. et al, Dictionnaire de linguistique et des sciences du langage, Larousse-Bordas/ HER, 1999, p.
322.
8
BREAL M., Essai de sémantique (science des significations), Hachette, 1904, p.295.
9
SABLAYROLLES J-F., Fondements théoriques des difficultés pratiques des traitements des néologismes,
(2002).http://www.cairn;info/revue-française-de-linguistique-2002-1-page-97.htm. Consulté le 15/12/2010 à
11h19.
10
SABLAYROLLES J-F., La néologie en français contemporain. Examen du concept et analyse de productions
néologiques récentes, Paris, Honoré Champion, 2000, p.43.
21
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE
L’emprunt est aussi considéré comme un néologisme, comme nous l’explique Jean
DUBOIS : « On peut penser que l’emprunt aux langues étrangères est à assimiler au
néologisme de forme »11. De ce fait, étudié par la néologie.
En effet, la langue française, pour se renouveler, elle ne fait pas que créer de nouvelles
unités, elle accepte et adopte aussi de nouvelles unités (néologismes empruntés aux autres
langues étrangères). Ces mots que la langue française « importent » puis adoptent (pas
essentiellement le cas de tous les mots) sont des unités lexicales qui lui viennent d’ailleurs par
différents mécanismes et pour différentes causes : « la néologie de l’emprunt consiste donc
non dans la création du signe mais dans son adoption »12. Chose qui fait que l’emprunt est
une lexie étrangère.
C’est pour des raisons pareilles que nous avons opté pour l’étude de l’emprunt dans un
deuxième chapitre qui lui est entièrement consacré. Nous avons vu qu’il était préférable de
séparer les nouveaux mots créés de ceux qui étaient empruntés aux autres langues étrangères.
Les premiers relevant du même système (la langue française), les seconds étant étrangers au
même système. Pour reprendre une phrase propre à Saussure, on peut dire qu’en séparant ce
qui est interne de ce qui est externe au système, on sépare du même coup, les matrices
internes de la matrice externe comme l’avait déjà fait et proposé J-F SABLAYROLLES dans
son ouvrage intitulé : La néologie en français contemporain : Examen du concept et analyse
de productions néologiques récentes13 (voir la typologie des néologismes proposée et élaborée
par J-F SABLAYROLLES que nous développons au niveau du paragraphe (7.1.).
Nous tenons à attirer votre attention que le terme de néologie va être employé comme
synonyme de créativité lexicale, vu que la néologie est définie comme le processus de
formation ou de création de nouvelles unités lexicales par J. Dubois.
11
DUBOIS J. et al, Dictionnaire de linguistique et des sciences du langage, Larousse-Bordas/ HER, 1999, p.
322.
12
GUILBERT L., La créativité lexicale, coll. Langue et langage, Ed. Larousse, 1975, p.92.
13
SABLAYROLLES J.F., La néologie en français contemporain : Examen du concept et analyse de productions
néologiques récentes, Collection LEXICA Honoré Champion, Paris, 2000, p.261.
22
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE
14
La première édition remonte à juillet 1801.
15
BONNET J-C., Louis Sébastien MERCIER. NEOLOGIE, Paris, BELIN, 2009, p. II.
16
Ibidem.
23
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE
Dans ses début la langue française a beaucoup pris au grec et latin afin de s’enrichir et
de se renouveler et ne pas finir par disparaître, comme l’avait déjà constaté L. Deroy : « Les
langues qui vieillissent et qui finissent par mourir, ce sont celles qui n’évoluent plus »17.
C’est ainsi que plusieurs mots de la langue française ont été formés sur des bases gréco-latines
(sans oublier les emprunts gréco-latins et les emprunts aux autres langues étrangères), qui sont
devenues par la suite des affixes très productifs en matière de création dans la langue
française.
La France, dès le Moyen Âge, était un vrai centre de création de mots qui se
répandaient dans toute l’Europe. Comme on le sait tous, le français était formé du mélange du
latin vulgaire et des langues celtiques. Mais c’est Le fonds latin qui forme le fond proprement
originel du français. Les mots du latin populaire ont été transmis de siècle en siècle dans la
tradition orale et vivante de la langue. De ce fonds, la langue tire toute une série de mots
nouveaux à l’aide de la dérivation et de la composition.
Le XVIIe siècle quant à lui, a contribué à figer les capacités du français en matière de
néologie par des prescriptions rigoureuses, mais souvent injustifiées : « C’était une langue
très-riche que celle de nos anciens historiens, orateurs et poètes, jusqu’au dix-septième
siècle ; mais l’amour subit, l’idolâtrie aveugle pour quatre à cinq écrivains plus modernes
qui ont conquêté le gros des lecteurs, ont comme ordonné la suppression et proscription d’un
nombre très-considérable de mots très-expressifs et très-énergiques, qui ne sont point
remplacés. Une fausse délicatesse, un caprice, un engouement vif et rapide ont été cause de
ces bannissemens [sic]. Il y a des mots qu'on a rejetés, parce que les poètes comiques s'en
sont servis dans un sens défavorable.»18
17
DEROY L., Néologie et néologismes : essai de typologie générale, La banque des mots nº 1, 1971, pp. 5-12.
18
BONNET J-C., louis Sébastien MERCIER : Néologie, Édition BELIN, 2009, p.21.
24
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE
La néologie prend un aspect officiel dans le domaine des études francophones, alors
que le pouvoir politique prend les premières mesures lui permettant de concrétiser sa volonté
d’équiper la langue française en termes scientifiques et techniques, face à la domination de
l’anglo-américain. C’est à partir des années 1980 que se met en place une activité assidue et
concertée de néologie officielle»19.
La notion de néologie et de néologisme reste très floue et ne peut être cernée sans
grande difficulté. Parler de néologie et du néologisme, c’est aussi poser le problème de leur
définition et de leur délimitation en tant que concept. Dans la présente sous partie, nous
faisons une distinction des termes et des définitions autour desquelles s’organisera notre
travail.
19
GAUDIN. F et GUESPIN. L., Initiation à la lexicologie française : de la néologie aux dictionnaires, Coll.
Champs linguistiques. 1re édition. 2e tirage, Édition Duclot, 2002.
20
cf. 1.8.1. Les matrices internes.
25
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE
Pour notre cas nous avons deux termes clés à définir : néologie et néologisme. Afin de
les définir, nous allons remonter à la genèse de leur création, c’est-à-dire l’étymon de ces
deux termes, ainsi que leur apparition et évolution.
Les termes néologisme et néologie sont tout les deux des dérivés de l’adjectif
« néologique » apparu pour la première fois en 1726 — mot composé construit de
l’adjectif grec neos (nouveau) et du substantif grec logos (notion, mot) — dans le
« Dictionnaire néologique à l’usage des beaux esprits de ce siècle, avec l’éloge historique de
Pantalon-Phébus, par un avocat de province », écrit par l’abbé Guyot Desfontaines. Deux ans
après apparaît dans ce même dictionnaire le terme « néologue ».
« Néologisme » en tant que terme ne fera son entrée que sept ans après en 1735, dans un autre
ouvrage de l’abbé Desfontaines où on retrouve une définition du néologisme : « c’est le tour
affecté des phrases, c’est la jonction téméraire des mots, c’est la bizarrerie, la fadeur, la
petitesse des figures… ». Le mot « néologie » ne fera son apparition qu’en 1758, avec le sens
d’art, d’activité langagière consistant à créer, et à utiliser des mots nouveaux : « la néologie
est un art, le néologisme est un abus », acception affirmée par le Dictionnaire de l’Académie
française.
26
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE
Après avoir parcouru l’histoire diachronique des termes néologie et néologisme. Nous
allons défiler les citations que les auteurs les plus célèbres ont proposées pour définir ces deux
acceptions :
V. Hugo : « Ce sont les mots nouveaux, les mots inventés, les mots faits
artificiellement qui détruisent le tissu d’une langue ».
V. Hugo : « La néologie n’est qu’un triste remède pour l’impuissance ».
Voltaire : « Si vous ne pensez pas, créez de nouveaux mots ».
Une première lecture (même superficielle) de ces citations peut facilement révéler que
V. Hugo et Voltaire, s’inscrivent dans le courant des auteurs qui refusent la néologie dans la
langue française, car ils voient que celle-ci est un moyen de destruction de la langue.
Allons voir l’avis d’autres auteurs qui voient dans la néologie dans la langue française
un enrichissement plutôt qu’une destruction ou un handicape.
La Bruyère : « L’on écrit régulièrement depuis vingt années ; l’on est esclave de la
construction ; l’on a enrichi la langue de nouveaux mots ».
Voyons maintenant les définitions proposées par les linguistes, où il y a une grande
part accordée à l’objectivité :
21
GAUDIN. F et GUESPIN. L., Initiation à la lexicologie française : de la néologie aux dictionnaires, Coll.
Champs linguistiques. 1re édition. 2e tirage, Édition Duclot, 2002, p. 234.
27
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE
A. Dauzat : « Pour le public cultivé mais non spécialiste on peut définir la néologie
comme le processus de création de nouveaux mots ».
J. Dubois : « la néologie est le processus de formation de nouvelles unités lexicales ».
Nous allons maintenant présenter les définitions proposées par le dictionnaire le Petit
Robert (2000), afin de mieux sentir l’évolution des deux termes : néologie – néologisme, au
fil du temps.
Comme nous le montre le Petit Robert, le terme néologie a servi depuis sa création à
désigner le processus de formation ou de création de nouvelles unités lexicales ou
linguistiques, participant à l’enrichissement de la langue. Par contre, le terme néologisme est
passé par des étapes bien déterminées pour se stabiliser finalement au sens de « nouveau
mot ».
28
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE
Il a d’abord été porteur d’un sens péjoratif — il désignait toutes les bizarreries
langagières — après il acquit un sens presque équivalent à celui de néologie pour ce stabiliser
finalement au sens de « nouveau mot ». De nos jours, « néologisme » désigne aussi un mot
incompréhensible forgé par un malade.
Les langues et les linguistes anciens n’ont légué au français ni concepts clairs ni
appellations « scientifiques » de l’innovation lexicale. Ce n’est que tardivement
qu’apparaissent des termes spécifiques pour dénommer les nouveaux mots et le processus
d’enrichissement lexical d’une langue. C’est justement, la langue grecque qui va donner au
français une série de termes qui se rattachent au concept de « néologisme ». La langue
grecque va fournir à la langue française un adjectif « neos » et un substantif « logos » qu’elle
va agglutiner par le procédé de la composition pour exprimer l’innovation lexicale.
C’est ainsi que la néologie, dans la linguistique moderne, en tant que concept va
désormais exprimer et désigner l’ensemble des processus de formation des mots nouveaux. Or
que, le concept de néologisme va être rattaché à la dénomination et la désignation du mot
nouveau.
29
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE
Selon L. GUILBERT, l’un des théoriciens ayant présenté une des thèses les plus
éclairantes à ce sujet, « La néologie lexicale se définit par la possibilité de création de
nouvelles unités lexicales, en vertu de règles de production incluses dans le système
lexical ». GUILBERT se situant dans le cadre de la grammaire générative traditionnelle,
considère la néologie comme étant la création, à partir de règles déjà définies par un
système, de nouvelles formes linguistiques.
A son tour, J - F SABLAYROLLES la voit comme étant une notion large pour
laquelle on n’a pas de consensus sur une seule et même définition. Selon lui la néologie ou la
créativité lexicale peut être envisagée de plusieurs façons et dépend essentiellement du point
de vue selon lequel on se place : « la néologie n’est sans doute pas un concept discret, mais
comporte plutôt différents degrés sur une échelle. Cette conception large et scalaire de la
néologie explique la variabilité des jugements au sujet des néologismes et la présence dans le
corpus d’éléments qui ne seraient pas spontanément et unanimement considérés comme des
néologismes »22.
22
SABLAYROLLES J.F., La néologie en français contemporain : Examen du concept et analyse de productions
néologiques récentes, Collection LEXICA Honoré Champion, Paris, 2000, p.149.
23
CUSIN-BERCHE F., les mots et leurs contextes, Presses Sorbonne Nouvelle, 2007, p.32.
30
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE
Cette forme de création poétique purement individuelle, propre aux écrivains, réside
en une « création lexicale fondée sur la recherche de l’expressivité du mot en lui-même ou de
la phrase par le mot »26, afin de traduire des idées non originales d’une manière nouvelle tout
en exprimant une certaine vision personnelle du monde d’une façon nouvelle. La création
néologique stylistique se divise en trois sous-parties :
La création artistique
La création verbale ou littéraire
La création linguistique
24
Guilbert L., La créativité lexicale, coll. Langue et langage, Ed. Larousse, 1975, p.40.
25
Guilbert L., La créativité lexicale, coll. Langue et langage, Ed. Larousse, 1975, p.40.
26
Guilbert L., La créativité lexicale, coll. Langue et langage, Ed. Larousse, 1975, p.40.
31
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE
Le concept de lexie a été élaboré par B. Pottier pour désigner des « unités lexicales
mémorisées » qui se comportent fonctionnellement comme des unités simples. Ce même
concept va être repris par J-F SABLAYROLLES parce que pour lui ni le morphème, ni le mot
ne peuvent rendre compte de l’étude du néologisme. Pour SABLAYROLLES l’unité la plus
adéquate pour rendre compte de l’étude du néologisme est la lexie.
27
Guilbert L., La créativité lexicale, coll. Langue et langage, Ed. Larousse, 1975, p.43.
32
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE
28
Adaci S., LA NEOLOGIE JOURNALISTIQUE : Analyse des néologismes de la presse écrite francophone (Le
à 17 h http://www.umc.edu.dz/theses/francais/ADA1011.pdf. Consulté le 24/11/2010cas du Quotidien d’Oran),
58.
29
SABLAYROLLES J.F., La néologie en français contemporain : Examen du concept et analyse de productions
néologiques récentes, Collection LEXICA Honoré Champion, Paris, 2000, p.149.
30
WWW.TLF.FR
31
Idem.
32
Id.
33
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE
Sont les lexies néologiques correspondant aux créations qui sont d’un grand usage,
c’est-à-dire les nouvelles formes linguistiques socialement diffusées et connues par un certain
nombre de locuteurs. En autre, ce sont les mots qui ne sont pas attestés, mais qui auraient pu
exister dans la nomenclature de la langue française. Donc, les néologismes de langue sont
toutes les virtualités que le système de la langue française permet.
Sont les néologismes produits par un locuteur dans une situation donnée.
MORTUREUX soutient l’idée que les néologismes sont créés dans l’usage spécifique de la
langue, elle note « c’est dans le discours que naissent les néologismes »34.
33
SAUSSURE F- de ., Cours de linguistique générale, Edition Talantikit, Béjaïa, 2002, p.247.
34
Adaci S., LA NEOLOGIE JOURNALISTIQUE : Analyse des néologismes de la presse écrite francophone (Le
à 17 h http://www.umc.edu.dz/theses/francais/ADA1011.pdf. Consulté le 24/11/2010cas du Quotidien d’Oran),
58.
34
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE
Le classement des lexies néologiques varie d’un linguiste à un autre. Depuis le début
des recherches sur la néologie et les néologismes, plusieurs classements se sont proposés
prenant en considération différents critères et principes de classements (explicites ou très
souvent implicites) qui dépendent eux même du domaine couvert et des préoccupations
proposées par la recherche. On retrouve ainsi des taxinomies fondées sur les procédés de
formation des lexies néologiques, d’autres sont fondées sur la sémantique, or que d’autres
sont fondées sur des critères variant en fonction des catégories retenues. (SABLAYROLLES
y consacre tout le chapitre 2 dans son ouvrage intitulé : La néologie en français
contemporain : Examen du concept et analyse de productions néologiques récentes).
Pour ce qui est de la néologie française, et en ce qui nous concerne, nous nous
appuyons sur le classement et la typologie des matrices lexicogéniques élaborée par J-F
SABLAYROLLES. Sa typologie englobe les principales classes et les principaux niveaux
issus des typologies antérieures ainsi que ses recherches.
35
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE
La taxinomie proposée par J-F SABLAYROLLES est largement inspirée des travaux
de Jean Tournier (1985 et 1991) pour l’anglais. Le classement est très hiérarchisé, il oppose
quatre matrices internes à une matrice externe :
36
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE
a. La préfixation :
Elle consiste en l’ajout d’un affixe avant la base, appelée aussi radical. Ce qui
distingue le préfixe du suffixe […], et qu’il ne change jamais la classe grammaticale du mot.35
Indétrônable.36
b. La suffixation :
Elle consiste en la suppression d’un affixe (suffixe ou préfixe) à une unité lexicale qui
existe déjà dans la langue.
Chant de chanter.
d. Les parasynthétiques :
Elle consiste en l’ajout à la fois d’un suffixe et d’un préfixe à une base.
Déghétoisation.38
35
Charaudeau P., Grammaire du sens et de l’expression, Edition HACHETTE, 1992, p.68.
36
Néologisme relevés le 12 février 2011 dans COMMENTAIRE (Tableau n°3).
37
Néologisme relevés le 02 janvier 2011 dans COMMENTAIRE (Tableau n°2).
38
Néologisme relevés le 19décembre2010 dans COMMENTAIRE (Tableau n°1).
37
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE
e. La flexion :
f. La composition :
« Le terme de composition est réservé à la fusion en une unité lexicale de deux unités
lexicales susceptibles d’autonomie, ce que on appelle traditionnellement des mots »42.
Il se peut que l’une des unités lexicales fusionnées soit déjà le résultat d’une
composition antérieure.
La fusion des deux unités lexicales peut se faire, ou bien par des outils comme un trait
d’union ou par agglutination des deux unités. Comme elles peuvent être posées l’une au côté
de l’autre comme nous le montrent les exemples présentés respectivement :
Arabo-musulman.43
L’islamoconservatisme.44
Région martyre.45
39
SABLAYROLLES J.-F., La néologie en français contemporain : Examen du concept et analyse de
productions néologiques récentes, Collection LEXICA Honoré Champion, Paris, 2000, p.219.
40
Idem.
41
Néologisme relevés le 07 décembre 2010 dans la chronique POINT ZERO (Tableau n°5).
42
Idem.
43
Néologisme relevés le 12 février 2011 dans COMMENTAIRE (Tableau n°3).
44
Néologisme relevés le 04 janvier 2011 dans la chronique POINT ZERO (Tableau n°6).
45
Néologisme relevés le 12 décembre 2010 dans COMMENTAIRE (Tableau n°1).
38
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE
Ce sont des lexies qui se présentent sous la forme de plusieurs lexies autonomes
jointes par des prépositions.
Des « samedis pour le changement ».46
h. La composition savante :
C’est la composition d’un élément de la langue française avec des formants anciens,
pris au latin ou au grec, appelés pseudomorphèmes et quasi-morphèmes. Ces éléments
permettent la fabrication d’unités lexicales qui sont souvent utilisées dans les domaines de
spécialité.
Les cryptologues.47
i. La composition hybride :
Les composés hybrides offrent la particularité que leurs deux éléments constitutifs
n’appartiennent pas à la même langue.
République batatière.48
Rite ibadite. 49
j. Les mots-valises :
46
Néologisme relevés le 24 février 2011 dans COMMENTAIRE (Tableau n°3).
47
Néologisme relevés le 26 février 2011 dans la chronique POINT ZERO (Tableau n°7).
48
Néologisme relevés le 02 mars 2011 dans la chronique POINT ZERO (Tableau n°8).
49
Néologisme relevés le 26 décembre2010 dans COMMENTAIRE (Tableau n°1).
50
SABLAYROLLES J.-F., La néologie en français contemporain : Examen du concept et analyse de
productions néologiques récentes, Collection LEXICA Honoré Champion, Paris, 2000, p.224.
51
Néologisme relevés le Le13décembre2010 dans la chronique POINT ZERO (Tableau n°5).
39
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE
k. La compocation :
Ce terme, proposé par CUSIN-BERCHE, dans son ouvrage intitulé Les mots et leur
contexte, est formé à partir des deux mots : composition et troncation.
Ce procédé permet la fusion de deux unités lexicales, mais contrairement au mot-
valise, il n’y a pas de segment commun aux deux lexies.
La realpolitik.52
l.
1- Les onomatopées :
Est la reproduction (qui n’est jamais une reproduction exacte) en langue d’un bruit,
son ou cri de la réalité extralinguistique, mais toujours avec une adaptation au système
phonologique de la langue.53
Cheb tchoutchou.54
2- La paronymie :
Dans ce procédé de formation, les frontières entre morphèmes ne sont pas celles qui
correspondent aux frontières qui étaient originelles. La fausse coupe peut se faire par jeu
comme elle peut se faire involontairement.
« Code de l’infamie ».56
52
Néologisme relevés le 01 février 2011 dans COMMENTAIRE (Tableau n°3).
53
SABLAYROLLES J.-F., La néologie en français contemporain : Examen du concept et analyse de
productions néologiques récentes, Collection LEXICA Honoré Champion, Paris, 2000, p.212.
54
Néologisme relevés le 08 janvier 2011 dans la chronique POINT ZERO (Tableau n°5).
55
Néologisme relevés le 15 Mars 2011 dans la chronique POINT ZERO (Tableau n°8).
56
Néologisme relevés le 08 Mars 2011dans COMMENTAIRE (Tableau n°4).
40
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE
Est un procédé de déformation assez systématique des lexies d’une langue, par
inversion, ajout et modification de phonèmes. En ce qui concerne ce procédé de formation,
nous n’avons enregistré aucun cas.
m- La conversion :
n- La conversion verticale :
o- La déflexivation :
C’est une opération qui permet la construction d’unités lexicales (noms ou adjectifs) à
partir de formes fléchies (infinitifs et participes).
Des immolés. 61
57
Argot conventionnel consistant à intercaler dans les mots les syllabes va ou av. Exemple de javanais :
chaussure = chavaussavurave
58
Forme d'argot où les mots traités ont leur consonne initiale remplacée par un l (si le mot commence déjà par un
l, c'est la consonne de la syllabe suivante qui est remplacée) et replacée à la fin du mot (sans suffixe). Jargon = L
+ argon + j (ji). — Par ext. Code analogue, avec un suffixe (ex. : boucher = L + oucher + b + em
[è Loucherbem]; trois = L + ois + tr + é).
59
Néologisme relevés le 31 janvier 2011 dans la chronique POINT ZERO (Tableau n°6).
60
Néologisme relevés le 28 mars 2011 dans la chronique POINT ZERO (Tableau n°8).
61
Néologisme relevés le 02 février 2011 dans la chronique POINT ZERO (Tableau n°7).
41
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE
1- la combinatoire syntaxique :
2- la combinatoire lexicale :
Elle permet de combiner des unités lexicales qui d’habitude ne s’emploient pas
ensemble. Le mot est combiné avec un autre mot que celui avec lequel il a l’habitude de
paraître. On a ainsi des combinaisons autres que celles normalement attendues par le locuteur.
On lui souhaite tout le courage du monde.63
Le mot qui est normalement attendu par le locuteur est bonheur et non courage.
62
Néologisme relevés le 06 février 2011 dans la chronique POINT ZERO (Tableau n°7).
63
Néologisme relevés le 05décembre2010 dans la chronique POINT ZERO (Tableau n°1).
64
Néologisme relevés le 09 février 2011 dans la chronique POINT ZERO (Tableau n°7).
42
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE
Pour le mot câble, vous allez remarquer qu’il se répète plusieurs fois dans les huit
tableaux65 des néologismes candidats. Nous lui avons réservé une analyse spéciale dans le
chapitre 3 pour montrer comment le mot câble s’est chargé d’un nouveau sens : celui de
dossier informatique.
En ce qui est les mots ci-dessus, vous allez remarquer qu’ils se répètent eux aussi
plusieurs fois dans les huit tableaux66 des néologismes candidats. Nous leurs avons réservé
une analyse spéciale dans le chapitre 3 pour montrer comment ces mots se sont spécialisé en
un seul et unique sens : celui de manifestation, manifestant, manifester.
r- La métaphore :
65
Voir annexe 1.
66
Voir annexe 1.
67
SABLAYROLLES J.-F., La néologie en français contemporain : Examen du concept et analyse de
productions néologiques récentes, Collection LEXICA Honoré Champion, Paris, 2000, p.228.
68
Néologisme relevés le 27 janvier 2011 dans COMMENTAIRE (Tableau n°2).
43
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE
s- La métonymie :
Est une figure de style qui permet de représenter le tout par la partie, le contenu par le
contenant, la cause par l’effet, le lieu ou le producteur pour la production et le signe pour la
chose signifiée, etc.
La métonymie permet d’engendrer un « rapport de contiguïté entre le signifié
originellement dénommé et le second ».69
Des portables.70 (pour des téléphones portables)
t- Autres figures :
La néologie peut se construire par le biais d’autres procédés de formation, telles les
figures de style, comme la synecdoque, l’antonomase, la litote, l’oxymore, etc.
« Pharaon » pour MOUBAREK.71
Elle consiste en une modification formelle de la lexie néologique. Elle regroupe les
procédés de formation suivants :
69
SABLAYROLLES J.-F., La néologie en français contemporain : Examen du concept et analyse de
productions néologiques récentes, Collection LEXICA Honoré Champion, Paris, 2000, p.228
70
Néologisme relevés le 01 mars 2011 dans la chronique POINT ZERO (Tableau n°8).
71
Néologisme relevés le 13février 2011 dans COMMENTAIRE (Tableau n°3).
72
Néologisme relevés le 14 décembre 2010 dans la chronique POINT ZERO (Tableau n°5).
44
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE
C’est une lexie qui est composée des initiales de plusieurs lexies. Si la lexie résultante
est épelée, on la nomme sigle, mais si elle est prononcée comme un seul mot elle devient un
acronyme.
ENE (étranger non européen).73
DOK, alias Daho Ould Kablia.74
w- Le détournement :
C’est le changement et le détournement plus au moins marqué de l’un des éléments
constitutifs d’une locution, d’un proverbe ou d’une expression figée. La néologie par
détournement consiste à faire du neuf avec du vieux.75
De ce fait, nous avons décidé, pour les lexies néologiques obtenues par détournement,
de l’importance de déterminer les locutions ou les expressions figées originelles à partir
desquelles ont été créées ces lexies. Les lexies originelles seront présentées entre crochets et
en caractère gras.
La main de fer d’hier, sans gant de velours.77 [Une main de fer dans un gant de
velours]
Sauver le soldat Moubarak.78 [Sauver le soldat Rayan]
73
Néologisme relevés le 19décembre2010 dans COMMENTAIRE (Tableau n°1).
74
Néologisme relevés le 18 janvier 2011 dans la chronique POINT ZERO (Tableau n°6).
75
SABLAYROLLES J-F., Fondements théoriques des difficultés pratiques des traitements des néologismes,
(2002).http://www.cairn;info/revue-française-de-linguistique-2002-1-page-97.htm. Consulté le 15/12/2010 à
11h19.
76
Adaci S., LA NEOLOGIE JOURNALISTIQUE : Analyse des néologismes de la presse écrite francophone (Le
à 17 h http://www.umc.edu.dz/theses/francais/ADA1011.pdf. Consulté le 24/11/2010cas du Quotidien d’Oran),
58.
77
Néologisme relevés le 23 janvier 2011 dans COMMANTAIRE (Tableau n°2).
45
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE
Remarque
Nous avons relevé dans notre corpus un certain nombre de néologismes qui ont été
créés en combinant deux ou même plus qu’un seul procédé de création. Puisque en effet, les
procédés néologiques ne sont pas mutuellement exclusifs car il est possible de les combiner
dans un seul néologisme. Il s’agirait dans ce cas, d’une successivité et non simultanéité des
opérations.
Dz-Files.82
Facebookeurs.83
78
Néologisme relevés le 30 janvier 2011 dans COMMANTAIRE (Tableau n°2).
79
Guilbert L., La créativité lexicale, coll. Langue et langage, Ed. Larousse, 1975, p.89.
80
Néologisme relevés le 20 décembre 2010 dans la chronique POINT ZERO (Tableau n°5).
81
Néologisme relevés le 26 janvier 2011 dans la chronique POINT ZERO (Tableau n°6).
82
Néologisme relevés le 01 décembre 2010 dans la chronique POINT ZERO (Tableau n°5).
83
Néologisme relevés le 12 janvier 2011 dans la chronique POINT ZERO (Tableau n°6).
84
SABLAYROLLES J.-F., La néologie en français contemporain : Examen du concept et analyse de
productions néologiques récentes, Collection LEXICA Honoré Champion, Paris, 2000, p.262.
46
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE
a- Préfixation
b- Suffixation
Affixation c- Dérivation inverse
Morpho - sémantique
Construction
d- Parasynthétique
e- Flexion
f- Composition
Composition
g- Synapsie
h- Composition savante
Les matrices internes
i- Composition hybride
j- Mot-valise
k- Compocation
Imitation l- Onomatopée
& -Fausse coupe ou
Déformation paronymie
m- Conversion
Syntactico-sémantique
n- Conversion verticale
Changement
de o- Déflexivation
fonction
p- Combinatoire
syntaxique/ lexicale
q- Extension et
restriction de sens
Changement
r- Métaphore
de
sens s- Métonymie
t- Autres figures
u- Troncation
Réduction de la
Morphologique
forme v- Siglaison/Acronyme
w- Détournement
Pragmatique
Emprunt
La matrice externe
47
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE
Si nous avons décidé de parler dans ce travail de la néologie arabe, c’est parce que la
langue arabe n’est pas loin et sans évolution et renouvellement. Ajouter à cela que nos
chroniqueurs sont bilingues (arabe – français). Ils multiplient la production de néologismes
relevant du système de la langue française et de la langue arabe, parfois même on a constaté la
présence de certains néologismes hybrides relevant à la fois des deux systèmes. Sans oublier
que le journal EL WATAN est un journal édité en ALGERIE, pays qui à comme langue
officielle l’arabe classique et comme première langue étrangère le français.
Selon ROMAN André85, le système syllabique primitif des langues sémitiques, qui est
resté celui de la langue arabe, est tel qu'il entraîne la disjonction, dans le fonctionnement de la
langue, du sous-ensemble des consonnes et du sous-ensemble des voyelles. Cette répartition
remarquable a permis l'attribution régulière de tâches différentes aux consonnes et aux
voyelles. De fait, la langue arabe a construit son système de nomination sur des racines de
consonnes et elle a fondé son système de communication sur ses voyelles brèves utilisées
comme des désinences casuelles.
Toujours selon ROMAN86, l’arabe, en tant que système, se compose de quatre sous-
systèmes interdépendants :
Un sous-système de phonèmes, voyelles et consonnes.
Un sous-système de syllabes.
Un sous-système de nomination (permet aux locuteurs de nommer l’univers
extralinguistique).
Un sous-système de communication (permet eux locuteurs de communiquer entre
eux).
85
ROMAND A., La créativité lexicale en arabe,
. Consulté le ttp://presses.univlyon2.fr/index.php?q=node/67&type=contributor&id_contributor=378h
04/01/2012 à 19 h 48.
86
Adaci S., LA NEOLOGIE JOURNALISTIQUE : Analyse des néologismes de la presse écrite francophone (Le
à 17 h http://www.umc.edu.dz/theses/francais/ADA1011.pdf. Consulté le 24/11/2010cas du Quotidien d’Oran),
58.
48
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE
Dans l’histoire des langues, la norme a toujours été liée à l’usage. Le couple
norme/usage accompagna étrangement l’histoire de la linguistique à chaque époque de son
existence. L’idée même d’existence d’une langue française s’est essentiellement construite au
moyen de la notion de « norme ». L’usage étant une concrétisation de la langue, elle sera
donc, déterminée à son tour par la norme et par les besoins langagiers des locuteurs. Ainsi, la
langue devient sujette à de multiples modifications qu’apportent les locuteurs qui usent de
cette même langue et dont les besoins langagiers déterminent l’usage. Louis Hjelmslev rend
compte de cette tri- relation qui unit usage, norme et acte langagier dans son ouvrage intitulé :
Essais linguistiques dans les pages 87 - 88. Il écrit : « norme, usage et acte sont intimement
liés ensemble et se ramènent naturellement à ne constituer qu’un seul objet véritable, l’usage,
par rapport auquel la norme est une abstraction et l’acte une concrétisation ».
49
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE
Il est important de savoir que « l’Académie française, a été créée au XVIIe siècle, en
partie pour effectuer un tri dans les néologismes, et éliminer ce qu’on estimait pas conforme à
la norme». Les académiciens estimaient que : « comme toute langue connue, le français
possède une grammaire du mot, qui permet en principe de créer avec une certaine régularité,
à partir d’un élément de base, des dérivés et des composées».87
Ainsi, l’Académie française a mis en place des normes qui assurent l’organisation et la
canonisation de la langue française, afin de la protéger des altérations que ses usagers lui font
subir. Mais cela n’a pas empêchaient les usagers de la langue française de créer davantage de
nouvelles unités lexicales : les néologismes (la réalité linguistique actuelle en témoigne).
L’Académie française a donc échoué à un pourcentage près d’atteindre les objectifs qu’elle
s’est fixée et l’on revient à Hjelmslev pour qui la norme constituée une abstraction par rapport
à l’usage.
La norme, par ces règles, tente de donner des moules que l’activité créatrice du
locuteur doit prendre en considération pour que les néologismes épousent une forme bien
particulière dite « conforme aux règles de la création linguistique ». Par contre, « l’usage »
par la liberté et la tolérance qu’il offre quant à l’application et au respect des règles
(grammaticales - syntaxiques - lexicales - sémantiques et même pragmatiques) serait ce
champ idéal où germent les néologismes favorisant la création néologique. L’usage que se
font les locuteurs de la langue française serait la source de la mutation et du changement
linguistique.
87
REY A., Préface du dictionnaire le Grand Robert de la langue française, décembre 1984- avril 2002.
50
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE
Des mots comme « ptyx » sont certes des créations lexicales, mais qui n’apportent pas
grand-chose au lexique de la langue française. On peut dire que la création néologique si elle
ne sert pas des fins et des causes utiles, elle devient indésirable et pernicieuse, et elle sera
considérée comme un abus et non pas une nécessité répondant à un besoin communicatif.
La néologie n’est pas toujours cette réponse, qui vient résoudre ou répondre à une
nécessite ou à un besoin expressif. D’où cette nécessité de dénommer des choses étrangères
(connues d’abord à l’étranger), ou même les mots requis pour désigner des notions nouvelles,
des inventions, des progrès scientifiques et techniques.
La néologie a certes servi cette légitime cause (les exemples sont nombreux dans la
langue française)89, mais elle a aussi servi à des créations abusives n’ayant d’autre but que
d’exprimer le superflu, sinon l’inutile.
88
Dubois J. et al, Dictionnaire de linguistique et des sciences du langage, Larousse-Bordas/ HER, 1999, p. 322.
89
Lorsqu’au début de 1907 la compagnie des omnibus (omnibus qui étaient alors à chevaux …) lança le nouveau
type d’ « omnibus automobiles », le mot autobus jaillit spontanément sur toutes les lèvres, dans tous les
journaux. Ce néologisme populaire était senti, au début, comme un composé, mot composé de deux abréviations,
une auto qui était en même temps un bus. D’après A. DAUZAT, Étude de linguistique française, p. 246
51
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE
Néologismes de luxe
Il s’agit d’un mot créé ou emprunté, qui viendrait doubler et concurrencer un autre mot
vivant qui existe déjà dans la langue. Des fois même, il est créé rien que pour le plaisir de la
création : Ou bien
1- On veut se différencier des autres.
2- On veut paraître amusant, même drôle.
3- On veut attirer l’attention, etc.
Néologismes de nécessité
90
BONNET J-C., louis Sébastien MERCIER : Néologie, Edition BELIN, 2009, p.III.
91
BREAL M., Essai de sémantique, Essai de sémantique (science des significations), Hachette, 1904, p.300.
52
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE
1.12. Néologisme/Archaïsme
« Les mots vont et viennent. Ils se fanent aussi vite qu’ils fleurissent ». Phénomène et
mouvement qui font que le lexique d’une langue soit en perpétuelle dynamique et évolution. Il
y aura automatiquement, des mots nouveaux qui vont intégrer la nomenclature de la langue :
« les néologismes », d’une part.
D’une autre part, d’autres termes qui à force de n’être plus utilisés par les locuteurs
(pour différentes causes et raisons), vieillissent et finissent par tomber en désuétude jusqu’à ce
qu’ils disparaissent complètement du lexique de la langue et deviennent : des « archaïsmes ».
92
Littré (Maximilien Paul Émile), Préface du dictionnaire le LITTRE.
93
SABLAYROLLES J.F., La néologie en français contemporain : Examen du concept et analyse de productions
néologiques récentes, Collection LEXICA Honoré Champion, Paris, 2000, p.53.
53
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE
En effet, des mots disparus peuvent réapparaître comme les archaïsmes ou ils
connaissent une utilisation nouvelle. Cela peut paraître complètement inconcevable, mais
c’est ce qu’affirme J-F SABLAYROLLES : « sont aussi paradoxalement considérés comme
nouveaux des éléments anciens pour peu que ces éléments anciens aient disparu de l’usage de
la langue »94.
94
Op. cit, p.42.
54
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE
Conclusion
Que les unités nouvelles soient créées selon les règles de la création du système ou
pas, qu’elles soient des créations formelles ou sémantiques, qu’elles soient un néologisme de
langue ou de discours, ce qui est à faire c’est de ne pas les rejeter sous prétexte de vouloir
préserver la langue française, ce qui serait par contre intéressant c’est de bien les contrôler et
de savoir les gérer en les étudiant.
Comme nous le savons tous, la langue française comme toutes les autres langues du
monde ne fait pas que créer de nouvelles lexies, elle emprunte quand nécessité oblige ou des
fois même, elle se trouve envahie par un flux de mots étrangers lui venant de partout.
L’emprunt linguistique est un autre moyen auquel la langue recourt pour se procurer
de nouvelles unités. C’est ce que nous développant dans le deuxième chapitre vu que
l’emprunt fait aussi partie de la néologie : « l’apparition d’un signifié nouveau qui se fait par
deux voies principales. Soit par création ou emprunt d’un signifiant nouveau, soit par
changement de sens ou de valeur morphologique d’un mot existant »95.
95
BONNARD H., Code du français courant. Baume-les-Dames, 1997, p. 99.
55
L’EMPRUNT LINGUISTIQUE
OU
LA MATRICE EXTERNE
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE
CHAPITRE 2
Introduction
La langue française, comme toutes les autres langues du monde, est en contact
permanent avec les autres langues étrangères. Ce qui engendre un échange de vocabulaire
entre ces langues en contact désireuses d'exprimer des réalités étrangères. Permettant ainsi
aux langues et à la langue française d’accroître son vocabulaire au biais des mots échangés
appelés : emprunts.
L’apport des sujets bilingues ou même multilingues à la langue française est d’une
grande importance. Des sujets qui manipulent sans cesse, avec des niveaux de maîtrise qui
divergent, des systèmes de langues différents tout en créant un va-et-vient dans un
extraordinaire tour du monde lexical avec toutes ces désignations propres à chaque culture.
94
PERGNIER, M., Les anglicismes. 1re édition. Paris: PUF, 1989, p. 23.
57
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE
L’emprunt fera l’objet d’étude de notre travail de recherche dans la mesure où il est un
élément nouveau, qui est intégré dans le système linguistique et qui enrichit la collection des
segments linguistiques96.
Notre recherche sera focalisée sur une source de néologismes, en plus de la dérivation
et du changement de sens, qui sont les emprunts aux langues étrangères, appelés néologismes
exolingue97.
Avant de nous pencher sur ce travail de façon plus approfondie, nous avons vu qu’il
serait intéressant de donner une « petite esquisse », résumant les événements les plus
importants qui ont marqué l’histoire de l’emprunt dans la langue française.
95
GUILBERT L., La créativité lexicale, coll. Langue et langage, éd. Larousse, 1975, p.92.
96
Loc. cit.
97
RUOHOTIE M et al., Les emprunts lexicaux totaux dans le Monde (2004),http://www.URN_NBN_fi_jyu-
20055.pdf, Consulté le 27/09/2011 à 15h52.
58
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE
Une grande partie des emprunts a été faite à l’italien. Des emprunts datant de la
Renaissance et continuant jusqu’au XXe siècle, où ils deviennent progressivement plus rares.
e
Les premiers emprunts se sont produits au début du XIV siècle grâce aux relations
commerciales, diplomatiques et militaires qui ont commencé à s’intensifier entre les deux
pays. Mais, c’est surtout le grand mouvement de la Renaissance qui a provoqué une véritable
« invasion » de mots italiens qui touchent surtout la littérature, les beaux-arts, la guerre et le
sport (adagio, alarme, altesse, appartement, aquarelle, attaquer, dessin, grandiose, moche,
mosaïque, satin, soprano, ténor, trio, etc.). De l’Italie plus contemporaine, le français a
emprunté autostrade, espresso, fascisme, fasciste.
98
DAUZAT A., Tableau de la langue française : origine- évolution- structure actuelle, Petite bibliothèque
Payot, Paris 6e, 1967, p. 64.
99
CHARAUDEAU P., Grammaire du sens et de l’expression, Hachette-éducation, Paris, 1992, p.80.
59
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE
Le lexique du français contient aussi des mots d’origine allemande. C’est surtout
e
depuis le XV siècle que, par suite d’événements politiques différents (alliance avec les
Suisses, Réforme, Guerres de religion, Guerre de Trente Ans...), l’allemand a réussi à
s’imposer dans le français (loustic et choucroute (par l’intermédiaire de l’alsacien),
accordéon, boulevard, dalle, élan, balle, bière, blottir, cauchemar, halte, huguenot, trinquer,
obus, sabre...).
En dehors des termes qui ont trait à la vie quotidienne, les termes militaires forment un
groupe important parmi ces emprunts. On observe également que l’allemand a servi de
véhicule aux mots slaves, hongrois ou turcs pour leur passage en français.
e
L’influence de l’anglais a été relativement tardive. Les emprunts antérieurs au XVIII
siècle sont rares ; mais, plus tard, le développement extraordinaire de l’Angleterre et des
États-Unis a favorisé l’invasion massive des mots d’origine anglaise. L’emprunt à l’anglais
n’a commencé que vers le XIXe siècle, se renforçant vers le XXe siècle à cause des deux
guerres mondiales et d’un certain snobisme. De nombreux lexiques techniques présentent des
mots anglais : commerce (discount, facturing, leasing...), spectacle (strip-tease, jazz, rock...),
sport (football, bowling, surf...), cinéma (caméraman, script, western...), journalisme (gallup,
reporter, flash...), etc.
60
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE
Des chiffres reflétant la réalité de l’emprunt dans la langue française, sont cités par
Henriette WALTER dans son ouvrage intitulé l’Aventure des mots français venus d’ailleurs :
Henriette trouve que sur 60 000 mots d’un dictionnaire de français courant 8 600 sont
d’origine étrangère, soit (14,3 %), si l’on ne garde que les 35 000 mots d’un dictionnaire de
français courant, ce chiffre est ramené à 4200, soit (12 %).
Ces emprunts peuvent être originaires de n’importe quelle langue. Henriette pense que,
les langues d’origine de ces 4200 emprunts sont les suivantes, pour les principales :
Alors que HAGEGE101, trouve que le lexique actuel français comporte aujourd'hui
2,5 % d’anglicismes. Leur fréquence dans le discours est pourtant de 0.6 % seulement.
100
RUOHOTIE M. et al, Les emprunts lexicaux totaux dans le Monde (2004), http://www.URN_NBN_fi_jyu-
20055.pdf, Consulté le 27/09/2011 à 15h52.
101
Idem.
61
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE
Si l’on se réfère à une explication claire et simple proposée par Albert DAUZAT qui
avait écrit que l’emprunt est entré en usage dans la langue française « par un euphémisme
savoureux qui a passé depuis longtemps dans l’usage linguistique, on appelle mots d’emprunt
les termes que les langues étrangères sont censées “prêter” »102. Dans ce cas, le terme que la
langue emprunte est complètement étranger à son système et il est senti comme tel par les
locuteurs natifs de cette langue, du moment que le terme emprunté lui vient d’ailleurs103,
d’une autre langue étrangère, d’un autre système linguistique qui lui est complètement
étranger.
C’est ainsi que l’emprunt ou le nouveau signe se signale par la majorité à l’attention
par une organisation des phonèmes et lettres, inhabituelle et non conforme au système de
syllabation du français. Ainsi, son caractère « étranger » est évident aux yeux et aux oreilles
de l’autochtone. Cela reste insuffisant pour juger puis se prononcer sur un terme s’il fait partie
de la langue d’origine ou pas, prenant en considération uniquement son caractère étranger.
102
DAUZAT A., Tableau de la langue française : origine- évolution- structure actuelle, Petite bibliothèque
Payot, Paris 6e, 1967, p. 53.
103
Terme employé par WALTER Henriette pour désigner les emprunts.
62
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE
Pour une explication plus détaillée, Le Grand Robert de la langue française insert
même une citation de F. BRUNOT et Ch. BRUNEAU, prise de leur ouvrage intitulé Grammaire
historique.
« Il existe, au point de vue psychologique, deux sortes d'emprunts (…) l'emprunt nécessaire et
l'emprunt de luxe (…) Une chose nouvelle exige une appellation nouvelle ; l'établissement des
chemins de fer devait amener une série de créations, ou d'emprunts, pour désigner les
tunnels, les locomotives (…) L'emprunt de luxe, au contraire, est logiquement inutile. »
F. BRUNOT et Ch. BRUNEAU, Grammaire historique, p. 180.
63
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE
Selon SABLAYROLLES, L’emprunt consiste à aller chercher une lexie dans une
autre langue, plutôt que d’en fabriquer une avec ses propres ressources.104Pour
SABLAYROLLES, on importe d’une autre langue un signifiant et un signifié associés.105
Dans ce cas, une langue A va accueillir un mot (ou des mots) qui appartient à une
langue B : « il y a emprunt linguistique quand un parler A utilise et finit par intégrer une
unité ou un trait linguistique qui existait précédemment dans un parler B (dit langue source)
et qu’A ne possédait pas ; l’unité ou le trait emprunté sont eux-mêmes qualifiés
d’emprunts ».106
D’après DUBOIS, les unités linguistiques qui émigrent de la langue A vers la langue
B sont appelées : emprunts, même si certains linguistes ne sont pas d’accord sur cette
appellation.
Certains linguistes voient que « le mot emprunt est mal choisi, car la langue
emprunteuse ne rend pas ce qu’elle a emprunté (ou du moins, elle le garde, s’il lui arrive que
la langue donneuse lui réemprunte ce qu’elle avait donné… »
l’emprunt interne
104
SABLAYROLLES J.F., La néologie en français contemporain : Examen du concept et analyse de
productions néologiques récentes, Collection LEXICA Honoré Champion, Paris, 2000, p.232.
105
Idem, p 392.
106
DUBOIS J. et al, Dictionnaire de linguistique et des sciences du langage, Larousse-Bordas/ HER, 1999, p. 177.
107
Op.cit, p. 178.
108
Loc.cit.
64
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE
L’emprunt interne est aussi une lexie que la langue française emprunte aux autres pays
francophones (par exemple : binette, courriel), d’une part. Comme il peut être une lexie
empruntée aux dialectes provinciaux et régionaux.
l’emprunt externe
DUBOIS voit que l’emprunt regroupe à la fois les phénomènes internes et externes.
Alors que nombres de linguistes, à l’instar de SABLAYROLLES voit dans l’emprunt un
processus étranger à la langue française, il oppose ainsi les procédés de renouvellement
propres à la langue française qu’il nomme matrices internes, d’une part, à un seul procédé de
renouvellement qui n’est pas propre à la langue française qu’il nomme matrice externe, d’une
autre part. Cette opposition réside dans le faite que les nouveautés ne sont pas produites par le
système de la langue, mais sont importées à d’autres systèmes linguistiques.
Louis GUILBERT, partage cette idée d’extranéité, pour lui « l’emprunt consiste dans
l’introduction, à l’intérieur du système, de segments linguistiques d’une structure
phonologique, syntaxique et sémantique conforme à un autre système et crée, du strict point
de vue linguistique, une situation de rejet ». Il continu son explication à propos de l’emprunt
externe et interne, on distinguant nettement les deux : « ce n’est pas le cas pour l’emprunt, dit
interne, qui consiste le plus souvent en une simple translation sémantique ».110
109
Loc.cit.
110
GUILBERT L., La créativité lexicale, coll. Langue et langage, Ed. Larousse, 1975, p.90.
65
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE
Dans son Dictionnaire de la Linguistique, Georges MOUNIN confirme lui aussi que
l’emprunt consiste en « l’intégration à une langue d’un élément d’une langue étrangère »111.
Il est clair, maintenant, après avoir exposé les définitions de l’emprunt proposées par
les linguistes, qu’il y a une divergence quant à la considération de l’emprunt. Certains
linguistes voient dans l’emprunt un phénomène à la fois interne et externe à la langue, par
contre d’autres, voient dans l’emprunt un phénomène typiquement externe à la langue. Dans
ce deuxième cas de figure, ils parlent d’emprunt aux autres langues étrangères.
Le terme emprunt désigne à la fois le procédé, par lequel les utilisateurs d’une langue
adoptent intégralement, ou partiellement, une unité ou un trait linguistique (lexical,
sémantique, phonologique, syntaxique) d’une autre langue. Comme il désigne l’unité ou trait
linguistique d’une langue qui est emprunté intégralement ou partiellement à une autre langue.
C’est-à-dire l’acte d’emprunter et l’élément emprunté.
Le signe étranger passe d’abord par une phase que GUILBERT nomme période
initiale d’accueil où le signe est le plus souvent monosémique et référentiel.
111
MOUNIN G., Dictionnaire de la Linguistique, PUF, Paris, 1974, 124.
66
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE
La première étape consiste dans l’introduction du signe nouveau dans un corps d’une
phrase française en référence à un signifié propre à la langue étrangère. Une première
situation où le signe demeure complètement étranger à son système d’accueil et que
GUILBERT qualifie de xénisme, dans laquelle il range tous les noms propres, patronymes et
les noms géographiques de villes ou de fleuves, ainsi que les mots qui expriment une réalité
témoin du cadre étranger pour lesquelles le locuteur français n’a pas de correspondant.
Dans cette phase, le locuteur ne fait rien d’autre à part recevoir cette création comme
accomplie « ce n’est pas le locuteur emprunteur qui accomplit la création, consistant dans
l’attribution consciente d’un contenu de signification au segment linguistique, ou qui
cautionne cette création en l’accueillant et en l’interprétant selon la motivation qui résulte de
la relation entre ses éléments ; il reçoit cette création comme un fait accompli »112.
La deuxième phase serait celle caractérisée par une utilisation occasionnelle du terme
emprunté, qualifiée par GUILBERT et DEROY de pérégrinisme. Durant cette phase le
pérégrinisme n’a plus besoin d’être paraphrasé puisqu’il renvoie à des réalités devenues
familières en langue d’accueil, mais il n’empêche qu’il est encore perçu comme étranger.
Le pérégrinisme est quant à lui « le terme dans la première phase de son installation,
situation analogue à celle où le terme créé selon le système d’une langue, le véritable
néologisme, que nous ne confondons pas avec le terme emprunté »113. Donc, c’est la phase du
pérégrinisme, intermédiaire entre la situation de son installation et son intégration, qui est
néologique. Donc, le prégrinisme peut être qualifié de vrai néologisme.
Finalement vient la dernière phase, celle de l’adoption par l’intégration du signe que
DEROY qualifie d’emprunt : « l’emprunt [] est la phase ultérieure, celle de l’adoption
véritable par la généralisation et l’intégration, au point que le terme n’est même plus perçu
comme terme étranger »114.
112
GUILBERT L., La créativité lexicale, coll. Langue et langage, Ed. Larousse, 1975, p.92.
113
Op.cit, p.93.
114
Loc.cit.
67
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE
Dans cette phase, le signe s’intègre dans le système linguistique emprunteur, le plus
souvent il est attesté par les dictionnaires de langue et finit par se transplanter et intégrer
complètement sa langue d’accueil au point de devenir imperceptible comme terme étranger.
Des fois mêmes, il réussit à faire l’objet de création néologique par dérivation ou
composition et les exemples sont nombreux dans la langue française : gadget, gadgétiser,
gadgetterie, gadgétisation.
Figure 2.1
68
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE
Tout d’abord, pour un signifié nouvellement apparu, un signifiant peut manquer dans
la langue emprunteuse et la presse de l’esprit accepte volontiers, avec la chose importée, le
nom tout prêt qui la désigne115.
Ainsi, quand de nouveaux animaux ou des plantes alors inconnues ont été découverts,
leur nom a souvent été directement emprunté aux langues des pays qui les abritaient :
- Avocat nous vient du nahuatl « auacatl », via le castillan « abogado ».
- Puma, d’une manière similaire, remonte au quechua, via le castillan.
- Café remonte à l’arabe, [qahwa], transmis au turc sous la forme qahve et passé en
français par l’italien.
L’enrichissement d’une langue à l’aide des autres était toujours et reste un axiome
inchangeable. Comme l'avait écrit Louis Deroy : « Seules restent vivantes les langues qui se
modifient suivant le cours du temps, qui s’adaptent aux circonstances et aux besoins
nouveaux, sans être momifiées par un conservatisme et un purisme excessifs »116.
69
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE
Actuellement, c’est l’anglais qui, du fait de son importance dans plusieurs domaines,
fournit le plus grand nombre de mots concernant le vocabulaire scientifique et technique
notamment, particulièrement dans le domaine de l’informatique : web, bug ou bit n’ont pas
d’équivalent français préexistant ; l’anglais alimente aussi le vocabulaire de la finance et de la
gestion d’entreprise (manager, staff, marketing, budget, etc.).
En contrepartie, cela n’empêche pas qu’il y ait eu des emprunts injustifiés, c’est-à-dire
sans aucune raison derrière. En effet, L’emprunt peut aussi faire partie d’un phénomène de
mode plus général. Il n’est qu’une des manifestations de la volonté d’imiter une culture alors
sentie plus prestigieuse. Dans ce cas, le mot emprunté peut n’être qu’un synonyme d’un mot
déjà existant : de tels emprunts seront sentis, de manière normative, comme des fautes de goût
ou une faiblesse d’expression. Par exemple, utiliser poster au lieu de publier dans les forums
de discussions passe souvent pour un anglicisme. En effet, le verbe poster n’a pas, en français
la même acception que le verbe to post en anglais (ce sont de faux amis), et le verbe publier
convient très bien. Le français branché est émaillé de tels emprunts qui, souvent, ne dépassent
pas l’effet de mode et ne se lexicalisent pas.
L’emprunt est certes le passage d’un terme, beaucoup plus sa forme, d’une langue à
une autre langue. Néanmoins, la réalité linguistique dévoile la présence de diverses façons
d’emprunter aux autres langues étrangères. Consistant non dans l’emprunt d’une forme, mais
dans l’emprunt d’un sens, ou des fois mêmes, dans la traduction de la forme. On distingue
ainsi trois types d’emprunt selon qu’on emprunte un sens, une forme ou qu’on la traduit.
70
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE
La lexie a certes gardé la même graphie et le même sens, mais elle a subi des
modifications importantes sur le plan phonétique. En effet, la langue emprunteuse (ou langue
cible) adapte le mot emprunté en y apportant des modifications plus ou moins importantes
tant en ce qui concerne la forme que le sens de l’emprunt lexical, on y distingue trois sous-
catégories.
Les lexies qui continuent de sembler complètement étrangères sont celles que la
langue n’a pas complètement assimilées, soit que leur prononciation reste trop éloignée des
habitudes phonétiques et graphiques françaises, soit parce qu’ils restent d’un usage trop rare
ou limité : ex. moudjahidine (arabe) - geisha (japonais) – tchador (iranien)
De même, dans un mot anglais comme « thriller », le son [th], absent du français, sera
le plus souvent remplacé par [s], le mot étant alors prononcé [sriler].
71
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE
Le mot redingote est bien un emprunt à l’anglais « riding-coat » (manteau pour aller à
cheval). La lexie ayant subi d’importantes transformations phoniques, la graphie s’est trouvée
malgré elle changée pour être en adéquation avec la nouvelle prononciation de la lexie
empruntée.
2.5.1.3. Le xénisme
Le « xénisme » — (du gr. xénos – étranger). Il s’agit d’un emprunt lexical (forme et
sens) qui sert à dénommer des réalités typiquement étrangères, des concepts appartenant à une
autre culture. En ce qui concerne le français, le xénisme est une réalité qui n’a pas de
correspondant dans la culture française : ex. Un harem (de l’arabe), une geisha (du japonais),
la toundra (du russe), le base-ball (de l’anglais).
Le xénisme est aussi considéré comme la première phase de l’emprunt. Le xénisme est
toujours mentionné de façon antonymique117 et en italique, c’est-à-dire qu’il est paraphrasé et
mentionné comme appartenant à une autre langue. Il ne possède qu’un « fantôme de
signifié » et se trouve utilisé comme renvoyant à une réalité étrangère118.
Louis GUILBERT, dans son ouvrage intitulé la créativité lexicale, parle du xénisme
comme étant des réalités qui n’ont pas de correspondant dans la langue du locuteur
français119. Pour lui, les xénismes sont volontairement intégrés par lui (locuteur) à son
élocution comme témoins du cadre étranger120.
117
GAUDIN. F et GUESPIN. L., Initiation à la lexicologie française : de la néologie aux dictionnaires, Coll.
Champs linguistiques. 1re édition. 2e tirage, Édition Duclot, 2002, p. 296.
118
Loc.cit.
119
GUILBERT L., La créativité lexicale, coll. Langue et langage, Ed. Larousse, 1975, p.92.
120
Loc.cit.
72
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE
Louis GUILBERT, voit que le xénisme ne relève à aucun degré de l’emprunt. Pour lui,
le recours au xénisme produit un effet d’exotisme, il est employé surtout et assez souvent dans
les reportages pour que le locuteur prenne à la fois une idée des choses évoquées, mais aussi
des mots qui les désignent.
C’est le fait d'emprunter uniquement le sens d'un mot étranger et de l'ajouter au (x)
sens d'un mot existant. On parle d’emprunt sémantique lorsqu'on attribue à un signifiant
français une acception propre à un mot identique ou semblable par la forme d’un autre
système. Lorsque l'on donne, par exemple, au mot français « opportunité » le sens d'occasion
ou de chance, qui sont les significations du mot anglais « opportunity », on a comme résultat
ce qu'on appelle un emprunt sémantique.
La façon dont l'emprunt sémantique pénètre dans une langue est très différente de
celle de l'emprunt formel, puisque dans la plupart des cas, il s'agit d'une contamination
inconsciente, d'une interférence entre les deux langues pratiquées par les locuteurs. Comme il
peut, dans d’autres cas, s’agir d’un emprunt sémantique conscient. Par exemple : le mot
souris, auquel on a attribué le sens anglais d’appareil (boîtier) muni d'une ou plusieurs
touches, connecté à un ordinateur, qui permet lorsqu'on le déplace sur une surface plane
d'imprimer un mouvement au curseur sur l'écran et, lorsqu'on appuie sur une touche, de
donner une instruction124.
121
SABLAYROLLES J.F., La néologie en français contemporain : Examen du concept et analyse de
productions néologiques récentes, Collection LEXICA Honoré Champion, Paris, 2000, p.234.
122
La lexie « tennisman » n’existe pas dans la langue anglaise censée être la langue source de cette lexie.
123
Cette lexie n’est pas attestée par les dictionnaires de la langue anglaise.
124
Dictionnaire électronique Le Grand Robert.
73
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE
Le principal vecteur des emprunts sémantiques est les journalistes, les traducteurs et
les publicitaires. Les magazines, la radio, la télévision, la presse écrite, la publicité sous toutes
ses formes diffusent en France et au-delà, des emprunts sémantiques comme :
- « réaliser » dans le sens de « se rendre compte » sens du verbe « to realize » en
anglais,
- « trafic » pour « circulation »,
- « opportunité » pour « occasion »,
- « administration » pour « gouvernement ».
Ces emplois se diffusent dans le grand public français sans que les locuteurs soient
réellement conscients de leur caractère d'emprunts à l'anglais.
2.5.3. Le calque
Selon GAUDIN et GUESPIN, on parle de calque lorsque des locuteurs utilisent, dans
une langue cible, un signifiant qui existe en lui attribuant un signifié nouveau, par emprunt
d’une valeur sémantique présente dans une langue source, ou quand un signe emprunté est
intégré formellement par une traduction littérale. Il y a alors transposition d’un mot ou d’une
construction d’une langue dans une autre, par traduction125. Par exemple, le mot français
gratte-ciel est le résultat d’une traduction mot à mot du terme anglo-américain skyscraper.
125
GAUDIN. F et GUESPIN. L., Initiation à la lexicologie française : de la néologie aux dictionnaires, Coll.
Champs linguistiques. 1re édition. 2e tirage, Édition Duclot, 2002, p. 298.
74
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE
Les calques formels sont devenus de plus en plus nombreux au point qu’ils sont
devenus imperceptibles. Par exemple, le composé géographique nord-américain est formé sur
le modèle anglo-saxon : North américan.
126
Terme forgé par J-F SABLAYROLLES.
127
GAUDIN. F et GUESPIN. L., Initiation à la lexicologie française : de la néologie aux dictionnaires, Coll.
Champs linguistiques. 1re édition. 2e tirage, Édition Duclot, 2002, p. 298.
75
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE
Ensuite, elle a utilisé le même signifiant, le verbe « réaliser », ayant pour sens « faire
exister une réalité concrète », et elle lui a attribué le sens du verbe « to réalize ». Ainsi, un
nouveau sens s’ajoute au x sens du verbe « réaliser ».
Remarque :
Les emprunts peuvent être faits de façon directe, c’est-à-dire d’une langue A vers une
langue B, ils sont appelés emprunts directs. Comme ils peuvent être indirects, c’est-à-dire une
langue A emprunte à une langue B via une (ou plusieurs) langue vectrice C. Par exemple, le
mot café de l’arabe « qahwa » est passé au français par le turc « qahwé » via l’italien, c’est un
emprunt indirect.
128
Loc.cit.
76
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE
Figure 2.2
On peut facilement remarquer que les emprunts ont au départ des particularités
étrangères phonétiques, morphologiques ou autres par rapport au système d’accueil. Des
particularités étrangères qui finissent, assez souvent, par disparaître lors de l’assimilation de et
l’intégration de l’emprunt. Il est même évident que le locuteur ordinaire n’a pas conscience
d’utiliser si souvent des mots étrangers : tous ne lui apparaissent pas comme tel, car certains,
anciens dans la langue, ont été totalement assimilés. Rares sont les lexies qui restent intactes.
L’emprunt a pour ultime phase l’intégration dans la langue cible. Il peut être intégré
par différentes façons, on générale, on distingue trois. GUILBERT, GUESPIN et GAUDIN
distinguent des critères objectifs de caractères linguistiques, outre, les critères phonologiques,
morphosyntaxiques et sémantiques.
77
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE
Un mot étranger dès le moment où il sert de base à une dérivation selon le système
morphosyntaxique français est véritablement intégré à notre langue129. Par exemple :
129
GUILBERT L., La créativité lexicale, coll. Langue et langage, Ed. Larousse, 1975, p.97.
78
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE
79
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE
Le corpus que nous avons collecté contient des emprunts majoritairement anglais et
arabes (avec ces deux variantes classique et dialectale).
Rien qu’en observant les habitudes langagières des français, on réaliser à quel point les
expressions, les réactions, le vocabulaire sont teintés de mots anglais. La langue française a
beaucoup emprunté à l’anglais et continue d’emprunter jusqu’à aujourd’hui avec une
fréquence alarmante. Le répertoire de la Délégation générale à la langue française en recense
plus de 3 000 anglicismes en 2008. Dans son livre intitulé Le Petit Gabi : Dictionnaire des
anglicismes du Canada français, Antoine Gaborieau note qu’il a recensé beaucoup
d’anglicismes chez les Français.
130
Vous pouvez trouver tous les détails concernant l’histoire des emprunts étrangers français dans l’ouvrage
d’Albert DAUZAT, intitulé Tableau de la langue française : origine — évolution — structure actuelle, publié à
la petite bibliothèque Payot, Paris 6e en 1967.
131
Mot-valise utilisé par Etiemble dans son essai Parlez-vous franglais ?
132
ETIEMBLE R., Parlez-vous franglais?, Paris: Gallimard, 1973, p.48.
80
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE
Selon le dictionnaire Le Grand Robert, un anglicisme est défini comme étant une
façon de s'exprimer, tournure propre à la langue anglaise.
Les emprunts ont été faits à la langue arabe du Moyen Âge sans distinction
géographique, mais c’est au temps de l’époque coloniale et de la conquête de l’Afrique du
Nord que les emprunts arabes ont connu leur apogée. Le contact avec les populations
autochtones tunisiennes, algériennes, marocaines et libyennes a fait passer des termes propres
et spécifiques à ces populations dans la langue française.
133
HOLUBOVA Eva., Niveaux de circulation des emprunts dans l'argot commun des jeunes (2008), http://www.
Diplomava_prace_Eva_Holubova_q3dtt.pdf, Consulté le 31/12/2010 à 16 h 41.
81
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE
La langue arabe est une langue sémitique. Elle distingue ces formes spécifiques, qui
sont l’arabe classique qui est considérée comme la langue du Coran, l’arabe moderne standard
et enfin les différents dialectes. Sans oublier la langue berbère parlée par une minorité
algérienne, devenue officielle en 1995.
Dans ce travail de recherche, le corpus choisi est un journal quotidien algérien. Pays
qui a comme langue officielle l’arabe classique, et qui enseigne à l’école un arabe moderne
standard et qui utilise un arabe dialectal (variant selon les régions) dans ses échanges
communicationnels quotidiens. On distingue ainsi l’algérois parlé dans la capitale de
l’Algérie, le constantinois parlé à l’est du pays, etc.
KETHIRI notait à propos de ce français à particularités algériennes qu’il est une façon
d’être, une volontaire affirmation de soi qui se réalise par l’exercice d’un travail sur toutes
les potentialités de la langue française135. Un français à coloration verte, blanche et rouge
qu’il nomme Algérianisme.
En un mot, l’algérianisme, est désormais un français façonné par les écrivains, les
journalistes et même les usagers de cette langue, dont le but est d’accélérer
l’intercompréhension entre les francophones algériens.
134
KHETIRI Brahim., Du français en Algérie… au français d'Algérie, Synergies Algérie n°4- 2009 pp. 57-68,
Ressourcescla.univfcomte.fr/gerflint/Algerie4/khetiri.pdf. Consulté le 17/06/2010 à 20 h 14.
135
Idem.
82
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE
KETHIRI et même plusieurs autres linguistes algériens parlent d’une nouvelle écriture
dont les enjeux se dessinent en Algérie et avec des plumes d’algériens. Pour eux, un français
endogène aux couleurs de l’emblème algérien est en train de voir le jour.
136
KHETIRI Brahim., Du français en Algérie… au français d'Algérie, Synergies Algérie n°4- 2009 pp. 57-68,
Ressourcescla.univfcomte.fr/gerflint/Algerie4/khetiri.pdf.pdf. Consulté le 17/06/2010 à 20 h 14.
83
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE
Conclusion
De l'emprunt bien intégré au terme étranger simplement cité, que certains linguistes
appellent « xénisme », il existe toute une gamme de mots, qui donnent à la fois la couleur
locale aux récits, aux reportages, et l'exactitude conceptuelle aux études.
La distinction qui consiste à séparer les emprunts dits de nécessité de ceux dits de luxe
n’est pas juste. Puisqu’il n’est pas abusif de posséder plusieurs termes pour un mot, c’est une
édification, un développement de la langue. Les usagers eux-mêmes et eux seuls choisissent
quels mots superflus survivent et lesquels vont mourir.
137
MOUNIN G., Dictionnaire de la Linguistique, PUF, Paris, 1974, 124.
138
Loc.cit.
84
ETUDE
LEXICOSEMANTIQUE
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
CHAPITRE 3
87
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
Avant de nous lancer dans l’analyse des lexies (mots, expressions et phrases), nous
avons estimé qu’il était utile de définir et de présenter les disciplines qui vont concourir à
l’analyse des néologismes.
3.1. La lexicologie
139
DUBOIS J. et al, Dictionnaire de linguistique et des sciences du langage, Larousse-Bordas/HER, Paris, 1999,
p 281.
140
GAUDIN. F et GUESPIN. L., Initiation à la lexicologie française : de la néologie aux dictionnaires, coll.
Champs linguistiques. 1re édition. 2e tirage, Édition Duculot, Bruxelles, 2002, p.7.
141
DUBOIS J. et al, Dictionnaire de linguistique et des sciences du langage, Larousse-Bordas/HER, Paris, 1999,
p 311.
88
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
3.2. La sémantique
Elle se définit toujours par rapport à son objet d’étude : le sens. La sémantique se
définit de façon générale comme étant l’étude du sens142. Or qu’elle se définit de façon plus
spécifique comme l’étude du sens des mots143 par Pierre GUIRAUD.
L’unité lexicale n’existant qu’en tant que forme ayant un sens, la lexicologie prend en
considération la totalité du signe linguistique : signifiant et signifié. L’étude du lexique se fera
donc en relation avec la morphologie lexicale, mais aussi en relation avec la sémantique
lexicale — sachant que cette dernière a pour objet l’étude des significations linguistiques.
Au cours de cette analyse, nous insisterons sur la relation entre forme et sens, parce
que tous simplement toute création linguistique met en jeu l’association d’une forme à un
sens. L'objectif de ce mémoire est de dégager, à partir de critères formels bien précis, les
différents sens des néologismes collectés.
142
TAMBA-MECZ I., La sémantique, coll. Que sais-je, 3e édition corrigée, édition PUF, Paris, 1994, p.3.
143
GUIRAUD P., La sémantique, coll. Que sais-je, 9e édition mise à jour, édition PUF, Paris, 1979, p.5.
144
Survol historique de la sémantique, http://www.docentes.unal.edu.co/jahreyes/docs/semantique%203.ppt,
Consulté le 27/10/2011 à 21 h 1.
145
Du moment que la graphie du terme « lexicosémantique » ne figure pas sur les dictionnaires, et pour proposer
une transcription correcte, nous nous sommes référé aux règles morphologiques qui régissent les mots formés
par le préfixe « lexico ». D’après le dictionnaire électronique ANTIDOTE : les mots formés avec ce préfixe
s’écrivent sans trait d’union ex. « lexicostatistique ». Le trait d’union est cependant nécessaire si la jonction du
préfixe avec le mot qui suit provoque une séquence de deux voyelles normalement insécables ex. « lexico-
informatique ».
89
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
Les néologismes de chaque rubrique ont été collectés séparément, on a ainsi enregistré
136 néologismes dans la chronique POINT ZERO et ont été enregistrés 164 néologismes
dans COMMENTAIRE. Les néologismes collectés dans chaque rubrique sont séparés en
deux : créativités lexicales et emprunts, qui sont eux-mêmes séparés et classés par mois, c’est-
à-dire selon le mois de leur apparition dans le journal. Les résultats sont présentés en
pourcentage à l’aide d’un histogramme (un graphique à secteurs 3D), pour permettre une
présentation visuelle des résultats comme suit :
· COMMENTAIRE
90
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
El Watan (La Patrie) est un quotidien généraliste algérien en langue française fondé
en 1990 par un groupe de journalistes issus d'El Moudjahid. Il est depuis devenu le journal de
référence francophone algérien proche de certains cercles du pouvoir. Son tirage dépasse les
200 000 exemplaires par jour. Ses éditions sont étoffées de nombreux dossiers, sur
l'économie, la diplomatie, la culture et tous les autres domaines de la vie146.
146
Fr.wikipedia.org/wiki/El_Watan, Consulté le 17/09/20011 à 19 h 20.
91
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
La constitution d'un corpus de néologismes n'est pas une tâche aisée et facile. La
difficulté réside, selon SABLAYROLLES, dans
- le choix de l'unité considérée comme pertinente,
- la durée variable de la nouveauté,
- la relativité de la nouveauté dans les circonstances d'interlocution (nouveau par
rapport à quoi et à qui),
- le rôle attribué aux dictionnaires.
Pour distinguer une unité linguistique nouvellement créée d’une unité linguistique déjà
existante, des critères de sélection s’imposent :
147
SABLAYROLLES J-F., Fondements théoriques des difficultés pratiques des traitements des néologismes
(2002). http://www.cairn;info/revue-française-de-linguistique-2002-1-page-97.htm. Consulté le 15/12/2010 à 11
h 19.
92
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
· Le corpus d’exclusion
M-F MORTUREUX pense que certains mots sont présentés explicitement comme des
mots nouveaux. Ils sont signalés par toute une gamme de possibilités typographiques :
guillemets, caractère italique, etc. Toutefois, il y a d’autres néologismes qui fonctionnent
comme le reste du vocabulaire, dépourvus de toute signalisation, compliquant ainsi leur
repérage. Seule l’intuition du locuteur généralement sensible à la nouveauté d’un vocable peut
être utile lors du repérage des néologismes, en se fiant à un sentiment néologique.
· Le sentiment néologique
148
Expression employée par J-F SABLAYROLLES dans son ouvrage La néologie en français contemporain
p.182.
149
SABLAYROLLES J-F., Fondements théoriques des difficultés pratiques des traitements des néologismes
(2002). http://www.cairn;info/revue-française-de-linguistique-2002-1-page-97.htm. Consulté le 15/12/2010 à 11
h 19.
93
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
Tous les critères que nous avons cités ci-dessus s’avèrent incontournables dans la
délimitation des lexies néologiques dans un organe de presse écrite francophone étatique.
Néanmoins, ils sont inefficaces lors il s’agit de délimiter des lexies supérieures au mot
simple : comme c’est le cas des les expressions figées, expressions lexicalisées et syntagmes.
Dans ce cas de figure, d’autres critères de sélection entrent en jeu. Tels des critères mettant en
jeu des savoirs linguistiques et culturels.
Toute recherche sur les néologismes doit s'assigner une méthodologie indispensable
lors de la constitution d'un corpus.
Pour notre cas, nous avons fait exprès de choisir un journal quotidien, pour
l'établissement d’un corpus assez large ; chose qui aurait été impossible si nous avions choisi
une revue scientifique ou technique, par exemple, où l'on aurait affaire uniquement à des
terminologies de spécialités ou technolectes.
Durant cette étape de la recherche, nous nous sommes assigné les tâches suivantes :
Ø Nous avons dressé un tableau pour nous faciliter la collecte et l’organisation des
néologismes candidats, que vous pouvez retrouver et consulter au niveau des annexes.
Ø Nous nous sommes intéressés à une chroniques : Point Zéro et un Commentaire, que
nous avons lu une première fois, tout en y cherchant les mots qu’on suspecté
néologiques.
94
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
Ø Afin de garantir des résultats plus exacts, nous avons effectué une deuxième lecture à
l’aide d’un logiciel de correction150 capable de détecter tout écart à la norme.
Ø En fin, nous avons séparé les créativités lexicales des emprunts et nous avons dressé la
liste finale contenant les lexies néologiques, constituant notre corpus d’analyse.
Les néologismes vont être étudiés et analysés de façon séparée, comme nous l’avons
fait au niveau de la partie pratique : les créativités lexicales sont séparées des emprunts. On
analysera d’abord les créativités lexicales de notre corpus, puis on passera à l’analyse des
emprunts. Outre la liste des néologismes collectés, des histogrammes sont établis afin de
rendre compte de la fréquence des phénomènes étudiés.
150
Druide Antidote RX – 2008, est un correcteur, dictionnaires et guides de la langue française.
151
Vous pouvez consulter les tableaux des néologismes candidats en annexe.
95
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
Figure 3.5
Les créativités lexicales collectées sont présentées selon le mois de leur apparition dans la
rubrique concernée.
96
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
- Recasement - l’amazighité
- Les heureux recasés - Post-indépendance
- L’atout déconcentration - La main de fer d’hier, sans gant de
- Crise et protesta velours
- Syndicats maison - Politico-juridique
- La chef - A-démocratique
- Des demi-mesures - Realpolitik
- « journée chômée et payée » - SMIG démocratique
- Printemps noir - Révolution du jasmin
- Les porte-flambeaux - Sauver le soldat Moubarak
- La panne historique - Moyenorientaux
- Torches vivantes - « dézerhouniser »
97
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
98
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
99
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
100
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
Ont été collectés en tout 91 emprunts dans notre corpus. Les résultats détaillés sont
représentés en pourcentages à l’aide d’un graphique à secteurs comme suit :
Figure 3.6
Les emprunts linguistiques collectés sont présentés selon le mois de leur apparition
dans rubrique concernée.
101
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
102
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
- Un qamis - Facebook
- Un hidjab - Twitter
- Je jure sur la vie de ma tête - Trafic (internet)
- Cheb Tchoutchou - Trafic de chair humaine
- «Gallek ouahed tlaâlou essokker, - Echourouk
agressaweh.»Traduction : - OK
quelqu’un a fait un pic - Zid
d’hyperglycémie (taux de sucre en
hausse) et s’est fait agresser
103
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
Cela nous permettra de mettre au jour les processus en jeu dans la constitution de
nouveau sens, que ceux-ci soient liés à des formes originales ou déjà attestées. Et pourquoi
152
CUSIN-BERCHE F., les mots et leurs contextes, Presses Sorbonne Nouvelle, 2007, p.31.
104
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
Pour notre cas, les procédures de formation des néologismes ont été déjà exposées
dans le paragraphe 1.8. Les procédés de formation entrant dans la création des néologismes
seront présentés et analysés, toujours en gardant le même ordre avec les matrices
lexicogéniques proposées par J-F SABLAYROLLES.
Néanmoins, nous tenons à porter votre attention sur l'existence d'une autre typologie
classique et traditionnelle des néologismes, s'appuyant sur la nature du signifiant. On
distingue ainsi la néologie formelle, la néologie sémantique et finalement la néologie par
emprunt.
Nous tenons à vous présenter de façon brève les résultats de notre corpus suivant cette
typologie, puisque cette typologie a longtemps servi dans les études classiques néologiques.
Dans notre corpus comportant 300 néologismes, nous avons enregistré néologismes de
forme, néologismes de sens et 91 emprunts.
Pour une vision optimale des résultats, nous avons opté à leur présentation en un
graphique à secteurs « histogramme » comme suit :
Figure 3.7
105
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
Les néologismes de forme (ou formels) sont largement en tête avec un pourcentage de
45 %, alors que les emprunts viennent en deuxième position avec un pourcentage de 30 % et
finalement nous retrouvons les néologismes de sens, « timidement » présents dans notre
corpus avec seulement 24 %, équivalent à peu près la moitié des néologismes de forme.
La présence d'un grand nombre de néologismes de forme peut s'expliquer par le fait
que le système de la langue française qui, par définition, est caractérisé par une permanence
sur le plan des procédés de formation de nouveaux mots. Le système étant à l'origine d'un
mouvement constant de création, favorise la création qui aboutit à des réaménagements dans
le système de la langue française.
Il est clair que ce système, doté d'une flexibilité sur le plan morphologique, renferme
en lui-même une multitude de règles assurant à la fois la stabilité de la langue donnée et
permettant aussi la dynamique à l'intérieur de cette même langue. Un système assurant la
stabilité et la dynamique en même temps est certes paradoxal, mais parfaitement représenté et
incarné par la langue.
SABLAYROLLES oppose les matrices internes, qui sont au nombre de quatre, à une
seule matrice externe, l'emprunt.
Pour un corpus de 300 lexies néologiques, nous avons enregistré 209 lexies
néologiques générées par les matrices internes et 91 lexies néologiques générées par une
matrice externe. Les résultats sont présentés graphiquement comme suit :
106
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
Figure 3.8
Elles regroupent quatre matrices, dont les néologismes générés sont présentés
graphiquement ci-dessous :
Figure 3.9
107
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
Le graphique à secteurs représentant les lexies néologiques générées par les matrices
internes, fait ressortir les matrices morphosémantiques comme étant les plus dominantes en
matière de création de nouveaux mots avec 56 %. Cette dominance s'explique par la
multiplicité des procédés créatifs morphosémantiques qui offrent une source intarissable à la
néologie. 25 % des créations sont assurés par les matrices syntactico-sémantiques ; or en
queue de liste, nous avons la matrice pragmatique avec seulement 12 %. La dernière place est
occupée par les matrices morphologiques avec 7 % des lexies néologiques.
Afin d'étudier les lexies néologiques générées par les matrices lexicogéniques, de
façon à pouvoir mettre en relation leur morphologie et leur sens, nous avons dressé des
tableaux contenants les colonnes suivantes :
1- Le néologisme étudié.
2- Décomposition et découpage du néologisme en deux colonnes, l'une contenant la
base et l'autre l'élément rajouter à cette même base.
3- Le nouveau sens obtenu.
4- Afin de pouvoir comparer ses néologismes aux règles de construction du mot
français (RCM), nous allons mettre un (–) pour tout écart à la norme et un (+) pour
la conformité des lexies néologiques aux RCM.
108
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
Figure 3.10
Les résultats plus visibles représentés par se graphique à secteurs, montrent que les
néologismes formés par composition viennent largement en tête avec un pourcentage de
39 %, suivis de néologismes préfixés avec un pourcentage de 22 % et les néologismes
suffixés occupent la troisième place avec un pourcentage de 15 %. C'est-à-dire les résultats
trouvés confirment une fois de plus les résultats constatés par les linguistes auparavant, qui
disent que les procédés les plus créatifs sont la composition et la dérivation (préfixation et
suffixation). Ces deux procédés monopolisent 76 % des formations, or que les 24 % restant
sont partagés par neuf procédés créatifs.
a. La préfixation :
109
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
D'après le tableau des néologismes préfixés, nous avons remarqué que les règles de
construction lexicales ne sont pas toujours respectées et appliquées. On trouve, par exemple,
des néologismes qui ne requièrent pas un trait d'union, puisqu’ils sont formés par des préfixes
qui doivent être graphiquement agglutinés à leur radical comme est le cas des mots formés par
le préfixe pro avec la lexie pro-El Gueddafi, et vice-versa. Les lexies néologiques formées par
le préfixe anti, ne requièrent pas un trait d'union. Or, la majorité des formations se sont
présentées avec un trait d'union.
110
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
Nous avons aussi relevé une lexie néologique faisant l'objet d'un pléonasme fautif :
(re) construite de nouveau. Dans cette construction le participe passé du verbe construire qui a
pour définition construire de nouveau, recèle en lui-même le sens de « de nouveau », l'emploi
de « de nouveau » est donc une répétition inutile et même fautive. D'ailleurs même l'auteur
n'assume pas la diffusion de cette lexie néologique, même si celui-ci doit assumer sa création,
puisque le (re) ayant pour sens « de nouveau » est intercalé entre parenthèses.
b. La suffixation :
111
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
pratiquant la +
momification
Voyeuriste Voyeur iste Personne qui exerce le + Nom
voyeurisme
bédouinisé bédouin isé Rendu bédouin par Adj
opposition à moderne +
La même remarque peut être faite pour les néologismes suffixés concernant les règles
de construction du mot. Néanmoins, nous avons enregistré une lexie néologique « nobélisé»
dont le radical est connu « Nobel », mais dont le suffixe n'a jamais été utilisé pour former des
noms puisque le sens de cette lexie est « Personne ayant reçu le prix Nobel ». La lexie est
attestée uniquement dans le dictionnaire du logiciel de correction utilisé dans cette étude :
Druide Antidote.
La seconde lexie qui a attiré notre attention est « Busherie », nom commun créé à
partir d'un nom propre George Bush, ayant pour sens « Action, comportement typique à
George Bush ». Nous avons remarqué que phonétiquement la lexie « Busherie » [bu∫ri] est
identique à un mot français qui est « boucherie » [bu∫ri], ayant pour sens figuré « massacre »,
rappelant les massacres commis par l'Amérique pendant la mandature de George Bush en Irak
et en Afghanistan.
c. Les parasynthétiques :
112
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
les ghettos _
« dézerhouniser » dé Zerhouni er Ôter à quelque chose toute Verbe
caractéristique propre à _
Zerhouni
Indétrônable in trône able Qui ne peut être dépossédé d'un Adj
trône +
Le tableau montre trois formations par parasynthétique une, est conforme aux règles
de création du mot, or les deux autres sont des formations qui ne respectent pas les normes
lexicales de la langue française.
Nous avons enregistré la formation d'un verbe à partir d'un nom propre « Zerhouni ».
Une création complètement absente dans la langue française, puisqu’habituellement les verbes
sont créés à partir d'adjectifs ou de nom, mais, pas à partir de nom propre.
Nous avons aussi enregistré l'exemple de « Déghétoisation », ayant pour sens « action
de détruire et d'éliminer les ghettos ». Le mot est pris à l'anglais « ghéttoization», dérivé de
« ghetto », ayant pour sens « ségrégation ». En français le mot est attesté dans le dictionnaire
« application spéciale iPhone », il est défini comme étant « l'action de ghettoïser » : verbe qui
a pour sens « enfermer (réellement ou plus souvent symboliquement) une minorité dans un
ghetto, la tenir à l'écart de la société ».
d. La flexion :
113
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
Nous avons enregistré seulement trois cas de néologismes flexionnels. Nous avons
remarqué l'application de la fameuse règle canadienne qui, consiste d'une part, à faire
précéder des noms masculins par des déterminants féminins, ex. « la chef » (emploi fautif
puisque « chef » en langue française est utilisé pour les deux sexes), ou consistant en l'ajout
d'un « e », marque du féminin, à la fin des noms masculins, ex. « générale», d'une autre part.
En effet, l'application de cette règle dans ce cas est considérée comme un emploi fautif.
Car en langue française, les noms propres géographiques sont généralement invariables et
l'emploi du pluriel n’est acceptable que si Benghazi est employé métaphoriquement, ce qui
n'est pas le cas de ce néologisme.
e. La composition :
néologismes 1re unité 2e unité Fusion des Sens obtenus RCM C.grammaticale
unités
Demi-caciques Demi cacique Trait d'union Personnalité d'une Nom
114
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
importance +
moindre
Le non-suivi Non suivi Trait d'union Qui n'est pas _ Nom
régulier
Des non-êtres Non être Trait d'union Individu inexistant _ Nom
Des sous-êtres sous être Trait d'union Individu de rang + Nom
inférieur
Région martyre Région martyre L'une à côté Une région ayant Nom
de l'autre subi un supplice +
militaire-civil militaire civil Trait d'union Qui unit à la fois les Adj
caractéristiques
militaires et civiles +
politico-militaire politique militaire Trait d'union Concernant à la fois Adj
le domaine
politique et +
militaire
un accord – cadre accord cadre Trait d'union Accord conclu + nom
entre partenaires et
précisé
ultérieurement
non-observance non observance Trait d'union Absence de règles + nom
la non-reconnaissance non reconnaissan Trait d'union Absence de + Nom
ce reconnaissance
L’atout atout déconcentrat L'une à côté Un atout qui _ Nom
déconcentration ion de l'autre déconcentre
syndicats maison syndicats maison L'une à côté Un syndicat pour + Nom
de l'autre les maisons
des demi-mesures demi mesure Trait d'union Des mesures + Nom
incomplètes
les porte-flambeaux porte flambeau Trait d'union Les représentants + Nom
d'une cause
Tableau n°3.5 (suite) :
115
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
le domaine _
politique et
technique
islamo-conservatrice islam conservatric Trait d'union Conservatrice en + Adj
e Islam
Islamo-conservateur islam conservateur Trait d'union Conservatreur en + adj
Islam
Non-communication non communicati Trait d'union Absence de + Nom
on communication
Des questions-clés questions clés Trait d'union Question + Nom
importante
Une position-clé position clé Trait d'union Position décisive + Nom
Irak bis ? Irak bis L'une à côté Répétition du Nom
de l'autre scénario irakien +
Hannachileaks hannachi Leak"s" agglutination Informations Nom
dévoilées par _
Hannachi
L’islamoconservatisme islam conservatism agglutination Attachement à Nom
e l'islam _
frites-omelette frites omelette Trait d'union Des frittes avec des + Nom
omelettes
Le double blanc double blanc L'une à côté Pièce rectangulaire Nom
de l'autre utilisée dans un jeu +
de domino
Une non – évolution non évolution Trait d'union Qui n'évolue pas + Nom
La post fin poste fin L'une à côté Après la fin _ Nom
de l'autre
l’avant compte rendu avant Compte L'une à côté Qui précède un + Nom
116
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
Nous avons aussi enregistré un emploi pouvant être fautif. L'utilisation d'un nom
masculin invariable « non-être » comme étant un nom masculin pluriel, ex. des « non-êtres ».
Des préfixes tels « post » sont utilisés comme des unités complètement autonomes
comme dans l'exemple « post fin » ; or, les mots formés par le préfixe « post » sont des
dérivés où le radical est agglutiné à son préfixe, ex. « postcommunisme ».
117
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
L'adverbe non requis le trait d’union quand il est utilisé comme préfixes devant un nom
commun, ex. « non-communication »
Le trait d’union est interdit quand non précède et modifie un adjectif qualificatif ou un
participe passé, ex. « non suivi », une formation qui n'obéit pas aux RCM.
Nous avons relevé quatre exemples de lexies composées par particule, qui se présentent
sous la forme de plusieurs lexies autonomes jointes par des prépositions. Nous avons des
syntagmes prépositionnels ou groupe de mots fonctionnant comme des noms :
- Des « samedis pour le changement »
- Un avant et un après 11 septembre
- « 11 septembre bis »
- Un anti 8 Mars
g. La composition savante :
Le seul cas que nous avons relevé est la lexie néologique suivante « Les cryptologues»
désignant les scientifiques qui s'occupent de l'étude des documents codés. Composition d’un
élément de la langue française avec un formant ancien, pris au grec, appelé pseudomorphèmes
et quasi-morphèmes.
118
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
h. La composition hybride
i. Les mots-valises :
Nous avons un seul cas, « Desertec », formé de désert et technologie, ayant pour sens
« les nouvelles techniques inventées et utilisées dans le grand désert algérien ».
j. La compocation :
119
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
k.
1- Les onomatopées
2- La paronymie :
Le chroniqueur établit une fausse coupe entre les deux mots « l'infamie » et « la
famille », les frontières entre morphèmes ne sont pas celles qui correspondent aux frontières
qui étaient originelles. La fausse coupe s'est faite par jeu, pour qualifier un code de la famille
qui suscite le déshonneur ou lieu de l'honneur « Code de l’infamie ».
120
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
Figure 3.11
Les résultats des néologismes générés par les matrices syntactico-sémantiques, visibles
ci-dessus et représentés par un histogramme, montrent que les lexies créées par dérivation
impropre ou conversion sont en tête avec un pourcentage de 28 %. Celles-ci sont suivies de
lexies crées par métaphore représentant 22 % des créations, suivies à leur tour des
néologismes crées par d'autres figures de style (antonomase, oxymore et pléonasme)
représentant 26 % des créations.
Les 24 % restant sont partagé entre les sept matrices comme suit : 5 % pour la
conversion verticale et la restriction de sens, 2 % pour la combinatoire syntaxique,
combinatoire lexicale, Extension de sens. La déflexivation et la métonymie ne représentent
que 4 % des matrices syntactico-sémantique.
m- La conversion :
Un jeune casseur nom employé comme Qui casse quelque chose Adj
121
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
adjectif
Un entretien nom employé comme Un entretien où sont posées Adj
fleuve adjectif beaucoup de questions
Des immolés Participe passé employé Personnes qui se sont Nom
comme nom immolées par le feu
Des portables Adjectif employé comme Pour un téléphone portatif Nom
nom
L'alimentaire Adjectif employé comme L'alimentation Nom
nom
La revendication nom employé comme Qui peut vous couter la vie Adj
suicide adjectif
Les subversifs Adjectif employé comme Personne agissant dans un Nom
nom sens contraire à l'ordre établi
Pro Préfixe employé comme Partisan favorable à un parti Nom
nom ou une personne
Anti Préfixe employé comme opposant favorable à un parti Nom
nom ou une personne
SMIG Sigle employé comme Un gouvernement où il y a Nom
démocratique nom un minimum d'indépendance
pour le peuple
Un DRS Sigle employé comme Personne travaillant au Nom
nom Département de
Renseignement et de
Sécurité
Les lexies néologiques formées par conversion, comme nous pouvons le remarquer
dans ce tableau, sont des signifiants qui existent déjà dans la langue française. Mais, il se
trouve que ces mêmes signifiants subissent un changement d'appartenance catégorielle, on
assiste ainsi à une modification des traits inhérents à la catégorie grammaticale d'où un
réajustement des paradigmes syntaxiques.
Le résultat est l'obtention de nouvelles lexies sur le plan sémantique, qui sont
formellement identiques aux mots déjà existants. Prenons par exemple, la lexie néologique
« les subversifs », qui est dans cet exemple un nom. Le même terme existe déjà en langue
française, mais il occupe la fonction d'adjectif et non de nom.
122
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
Formellement les deux sont identiques, mais l'adjectif a pour sens « Propre à
renverser l’ordre social ou politique, les valeurs établies » ; or le nom signifie « Personne
agissant dans un sens contraire à l'ordre établi ».
La remarque qui se dégage des résultats ci-dessus, est que l'adjectivation des noms est
la plus sollicitée. C'est-à-dire qu'on a plus de noms convertis en adjectifs que d'adjectifs
convertis en noms (dite la nominalisation). Notre corpus compte même deux préfixes et deux
sigles employés comme des noms, création rarissime, sauf le cas de « Onusien » créé à partir
du sigle « O.N.U ».
n- La conversion verticale
Les trois lexies enregistrées sont des unités supérieures au mot. Nous avons la lexie
« avant compte rendu », ayant pour sens « qui précède le rapport que l'on fait à propos d'un
événement, d'un état de choses". Les deux autres lexis enregistrées sont "le premier des Mai »
et «un anti 8 Mars », dont le sens est respectivement « le premier mai le plus exceptionnel de
tous les autres premier mai déjà vu et vécu, correspondant à la journée nationale des
travailleurs" et "tout ce qui s'oppose à la journée de la femme correspondant au 8 mars".
o- La déflexivation :
Nous avons enregistré deux cas, un nom (des immolés) et un adjectif (les heureux
recasés) formés à partir de formes fléchies (participe passé).
1- la combinatoire syntaxique :
L'unique lexie néologique relevée est un complément de nom construit "Le syndrome
Ben Ali ou Moubarak". Le complément du nom est habituellement introduit par une
préposition, ce qui n'est pas le cas de celle lexie.
123
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
2- la combinatoire lexicale :
La lexie relevée est "On lui souhaite tout le courage du monde", le chroniqueur a
combiné des unités lexicales qui d’habitude ne s’emploient pas ensemble. Le mot qui est
normalement attendu par le locuteur est bonheur et non courage, le locuteur a l'habitude
d'entendre l'expression suivante : "On lui souhaite tout le bonheur du monde".
Notre corpus a enregistré un seul cas, se répétant plusieurs fois dans la chronique et le
commentaire. La lexie néologique enregistrée est "Câbles WikiLeaks", apparue lors de la
divulgation de certaines informations (qualifiées de top secret) sur le site "Wikileaks",
concernant des États, certains hommes politiques et même des présidents de républiques. Le
terme "Câbles" est certes un terme qui existe déjà dans la langue française, mais ne possédant
à aucun moment le signifié dont il s'est chargé : "Documents contenants des informations
confidentielles (top secret) divulguées sur internet".
Si on prend, par exemple, le sens du mot "câbles" en nous référons à un dictionnaire
électronique d'usage courant "38 Dictionnaires et recueils", on trouvera la définition
suivante :
124
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
Les définitions proposées par "38 dictionnaire et recueils" évoquent toutes la même
signification, à savoir un fil conducteur métallique protégé par des enveloppes isolantes ou
des informations transmises par câbles. Alors comment la lexie "câbles" s'est-elle chargée
d'un nouveau sème ?
La réponse à cette question nous mène à la source ou nous avons trouvé l'expression
« câble diplomatique», de l'anglais « diplomatic cable». Un câble diplomatique, également
connu comme un télégramme diplomatique ou d'un câble ambassade, est le terme donné à un
message texte confidentiel échangé au cours d'une mission diplomatique, entre une ambassade
ou un consulat, et le ministère des affaires étrangères de son pays parent. L'appellation de
« câble diplomatique» est due au support de transmission des communications, à savoir des
câbles sous-marins de communication.
Les informations transmises sont protégées par les mesures de sécurité les plus
élaborées pour empêcher l'interception non autorisée par des gouvernements étrangers. Les
câbles diplomatiques sont donc, toujours cryptés, ne pouvant être décryptés que par un
incassable monogramme "time pad".
En effet, un lien s'est donc noué entre "câbles", "câbles diplomatiques" et "Wikileaks"
pour donner une nouvelle signification au mot "câble", celle de "Documents contenants des
informations confidentielles (top secret) divulguées sur internet". Ainsi, "câble" se charge
d'une nouvelle, c'est-à-dire, un nouveau sème vient se greffer et s'additionner aux sèmes
anciens, provocants ainsi une extension du sens de la lexie en lui permettant de dénommer un
ensemble plus large afin de répondre à un besoin vital et incontournable, l'évolution du monde
qui nous entoure et que la langue doit suivre pour pouvoir bien le décrire.
125
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
Notre corpus compte trois lexies néologiques formées par ce procédé marche,
marcheur, marcher, qui ont respectivement pour sens manifestation, manifestant et manifester
Dans le dictionnaire "38 Dictionnaires et recueils", les mots marche, marcheur et
marcher sont définis respectivement comme suit :
Pour le mot "marche" le dictionnaire en question propose deux entrées :
1- Marche : (non féminin)
- Action de marcher.
- Mouvement d'une chose, d'une troupe qui se déplace.
- Mouvement d'un mécanisme.
- Mouvement d'un astre.
- Progression, avance.
- Air de musique destiné à accompagner la marche d'une troupe, d'un cortège.
- Partie d'un l'escalier sur laquelle on pose le pied.
- Marche à suivre : manière de procédé.
126
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
Comme nous pouvons le remarquer dans les définitions présentées ci-dessus, le sens de
« manifestation» n'apparaît que dans la définition du mot « marche». Donc, on peut dire qu'il
y a eu d'abord une contamination de sens ou un glissement sémantique puis une restriction de
sens.
Le sens de "manifestation" a en premier lieu gagné les deux termes "marcheur" et
"marcher", puis on est passé à une restriction du sens des lexies en question. Ainsi, les lexies
"marche", "marcheur" et "marcher", dénomment un sous-ensemble par rapport à l’ensemble
plus vaste qu’elle dénommait avant du moins durant la période des révolutions arabes. Il se
peut que cet usage soit généralisé par la suite, comme il se peut qu'il demeure prisonnier de
cette période de l'Histoire.
r- La métaphore :
Considéré comme l’une des sources la plus puissante de la néologie sémantique. Notre
corpus compte 12 lexies néologiques métaphorisées, dont le sens ne peut être saisi que de
façon imagée. Ce procédé rhétorique consistant à utiliser un terme concret dans un sens
abstrait sans comparaison explicite, rend de plus en plus difficile la compréhension du sens
d’où son saisissement.
Pour saisir le sens de ces métaphores puis présenter une interprétation sémantique (la
plus correcte possible), nous nous sommes référés à la fois au cotexte et contexte de
production des lexies en question.
127
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
s- La métonymie :
Nous avons enregistré deux cas, "Des portables" et "Un WikiLeaks". L'origine de la
première lexie étant "des téléphones portables", on assiste dans cet exemple à l'expression
d'un sens au moyen d’un terme désignant un autre sens qui lui est lié par une relation.
Justement, à l'aide de cette figure de rhétorique, on désigne le tout qui est représenté par "le
téléphone portable" par une seule de ses parties qui est "portable".
La seconde lexie est "Un WikiLeaks", elle a pour sens "le créateur du site web
wikileaks", Julien Assange. Donc le créateur est représenté par sa création.
t- Autres figures :
Les autres figures de rhétorique font aussi partie des procédés créatifs participant à la
création de néologismes. Nous avons 8 cas de lexies néologiques formées par antonomase,
procédé qui consiste à prendre un nom propre pour un nom commun, ou l’inverse comme
nous le montre l'exemple de "Petit pharaon sans pyramide" pour le " Président égyptien
Moubarek". Quatre autres cas formés par oxymore, figure de style consistant à réunir deux
mots en apparence contradictoires, comme dans l'exemple "absurde logique", "gouvernance
et chaos". Un seul cas de pléonasme a été enregistré avec "beaucoup trop", où on peut
facilement remarquer une répétition de mots ayant le même sens. En effet, "beaucoup" et "
trop" sont considérés et employés comme des synonymes.
128
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
Gouvernance et chaos Oxymore Une gouvernance qui sème le chaos au lieu de l'ordre.
Petit pharaon sans pyramide Antonomase Pour le président égyptien Moubarek
Beaucoup trop Pléonasme Plus que beaucoup
Un Raffarin Antonomase Jean Pierre Raffarin
La déesse facebook Antonomase Le site Facebook comparable à une déesse
« journée chômée et payée» Antonomase Un jour férié
Des Ould Kablia Antonomase Des partisans de Ould Kablia
Figure 3.12
Les néologismes formés par siglaison ont enregistré le taux le plus élevé avec 57 %
des créations, suivis des néologismes abrégés avec un pourcentage de 22 %. La troisième
place est partagée entre les néologismes créés par troncation, apocope et acronyme avec un
pourcentage de 7 %. Or, nous n'avons enregistré aucun néologisme formé par aphérèse.
129
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
Le tableau que nous avons dressé morte clairement que le procédé de l'abréviation
prend le dessus par rapport au procédé de la troncation et apocope. Cela est peut-être dû au
fait que c'est le procédé possédant la règle la plus facile à appliquer, en retranchant un certain
nombre de lettres à l’intérieur du mot.
La réduction d’un mot à certaines de ses lettres est souvent faite par économie
d’espace (vu le petit l'espace réservé aux deux rubriques) ou de temps.
Les deux cas ayant attirés notre attention par contre sont, l'abréviation d'un sigle par
ironie, "D" pour "DRS" dans la chronique de Chawki Amari et la troncation de la syllabe
finale du terme "protestation". Ce néologisme formé par apocope où sont retranchées les
dernières lettres du mot en question devait être coupé après une consonne et avant une
voyelle, et se terminer par un point. C'est-à-dire qu’une fois le mot abrégé, on devait avoir ou
bien protest., ou bien protestat., mais non protesta.
Le nombre élevé de sigles peut être expliqué par le faite que le chroniqueur veut
gagner à la fois de l'espace et du temps. Comme vous pouvez le remarquer, tous les sigles ont
été créés en se conformant aux règles de création. Les sigles ont été composés des initiales de
plusieurs lexies, accompagnés de leur signification entre parenthèses.
Tous les sigles ont été accompagnés de leurs significations, sauf un seul sigle "GLD"
dont nous n'avons pas pu proposer une signification. Donc, on peut dire que le sigle lorsqu'il
n'est pas conventionnel, il doit être obligatoirement accompagné de sa signification.
Toutes les créations sont épelées sauf, une seule lexie "DOK" qui est prononcée
comme un seul mot, on la nomme un acronyme.
130
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
Figure 3.13
w- Le détournement :
131
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
Une guerre peut Attention, un train Expression Détournement Une guerre peut provoquer une
en cacher une peut en cacher un autre guerre
autre autre
Un mot qui en Attention, un train Expression Détournement Un mot qui cache plus que ce
cache souvent un peut en cacher un qu'il dit
autre autre
Un permis de tuer Un permis de Expression Analogie Avoir une autorisation pour
conduire tuer
Libre, comme un Libre comme l'air Expression Analogie Le samedi étant devenu en
samedi Algérie 2011 un jour réservé
aux manifestations, ouvrant
droit au peuple pour
s'exprimer, d’où une liberté de
l'expression pareille à la liberté
de l'air
La Terre, ronde La terre est bleue Poème de Détournement L'explication de cet exemple
comme l’ennui comme une orange Paul Eluard n'est pas facile, il laisse libre
interprétation au lecteur du
moment qu'il s'inscrit dans le
mouvement de son auteur Paul
Eluard, le surréalisme
Championnat des Championnat de Expression Analogie Une compétition pour les
émeutes de football de première émeutes du monde entier et
première division division plus spécialement du monde
arabe
un prix Nobel de Un prix Nobel de la Expression Analogie On parle de prix Nobel de la
« la guerre» paix figée paix pour quelqu'un qui a
beaucoup donné pour servir
l'humanité et la paix. Or, le
prix Nobel de la guerre sera
remis à quelqu'un qui a fait
énormément de massacre dans
l'humanité.
132
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
la guerre des La guerre des langues -Intitulé d'un Une rivalité qui entraine un
monnaies La guerre des étoiles ouvrage de Détournement combat féroce entre les
Louis Jean monnaies mondiales,
Calvet (LJC) comparable à une guerre
-Titre d'un
film
La main de fer Une main de fer dans Proverbe Détournement La même autorité ferme sous
d’hier, sans gant un gant de velours. une apparence rude et
de velours brutale. Autrement dit, une
autorité ferme et non
diplomate.
Sauver le soldat Sauver le soldat Titre d'un Détournement Sauver le Président Moubarek
Moubarak Rayan film qui faisait face à la révolution
de son peuple qui voulait à la
fois qu'il quitte le pouvoir ou ils
vont le tuer.
Alger « zone Zone interdite Titre d'une Analogie Alger est représentée comme
interdite» émission une cité interdite d'accès à la
fois par réseaux routiers et par
la liberté de s'exprimer, c'est-à-
dire qu'on n'a pas le droit de
parler ni d'elle, ni à l'intérieur
d'elle. Elle est donc comme les
reportages proposés par
l'émission de "zone interdite",
elle est un sujet épineux.
Le degré zéro de Le degré zéro de Intitulé d'un Détournement Une absence totale de toute
la l'écriture ouvrage de communication, ou
Communication Roland communication complètement
Barthes mauvaise
Un temps soit peu Un tant soit peu Expression Détournement Un laps de temps court
L’appel du zéro L'appel du premier Expression Détournement
novembre novembre
À la Boudiaf À l'italienne Expression Analogie À la façon du défunt président
Boudiaf
133
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
La nouvelle Par référence aux Expression Analogie Une nouvelle image de l'Algérie
Algérie, version programmes
1.1 informatiques, ex.
Microsoft Windows
version 2.0
Quatre hommes Quatre mariages et un Titre d'un Détournement Plusieurs personnes se
et un dinar enterrement film disputant une petite somme
d'argent
« livré» aux aux quatre vents Expression Détournement Être complètement perdu sans
quatre vents figée aucun repère
Une marche en Attention, un train Expression Détournement Une manifestation qui
cache une autre peut en cacher un déclenche une autre
autre manifestation
Les marches qui Un champoing deux Expression Analogie Une manifestation qui d'une
font du deux en en un pierre touche deux coups, c.-à-
un d. qui cible deux objectifs
Moisson d’avril Poisson d'avril Expression Analogie Grande quantité
d'informations amassées
durant le mois d'avril
134
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
Figure 3.14
La remarque qui se dégage de ces exemples, qui sont au nombre de onze, et que tous les
emprunts internes font partie des vocabulaires de spécialité (médecine, commerce, aviation,
etc.). Les emprunts internes ont immigré d'un vocabulaire de spécialité pour rejoindre le
vocabulaire courant, par exemple, les termes, convulsion, spasme et cécité sont des termes
médicaux qui se sont ajoutés à la nomenclature des termes d'usages courants et généralisés.
Le sens des termes repose beaucoup plus sur une actualisation d'un sens figuré que d'un sens
propre.
135
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
Sont représentés par tous les emprunts faits aux autres langues étrangères, elles
regroupent les emprunts lexicaux, xénismes, emprunts sémantiques et calques, tels que les
faits ressortir le graphique à secteurs ci-dessus.
136
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
137
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
138
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
Le corpus étudié comptait deux exemples que nous n'avons pas mentionnés dans le
tableau des néologismes générés par la matrice externe. Il s'agit d'un proverbe algérien et
d'une petite anecdote en arabe algérien, rédigés en caractères latins et accompagnés de leur
traduction en langue française.
1- « Ma tkhafch echab3ane qui idjou3, khaf el dji3ane qui yechba3 », (n’aie pas peur
du repu qui a faim mais de l’affamé qui est repu), dit le proverbe algérien
139
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
La majorité des emprunts ne sont pas intégrés à leur langue d'accueil, leur forme ainsi
que leur sens ont été importés tels quels sans aucune modification, ce qui témoigne de leur
caractère étranger à la langue française. Les quelques emprunts où nous avons enregistré des
adaptations graphiques et phoniques peuvent être qualifiées de « légères», puisque le motif de
ces adaptations peut s'expliquer par la différence du système de la langue source et la langue
cible. Les quelques retouches que les termes ont subies sont dues à une absence des
graphèmes des langues cibles dans la langue française. Les chroniqueurs ont essayé de faire
un rapprochement entre les graphèmes des langues cibles avec ceux de la langue française par
l'utilisation d'allophones qui peuvent passer pour le graphème de la langue cible.
L'adaptation sémantique a été enregistrée avec quatre emprunts du corpus étudié, « des
Chebeb », « Talibans », « Al Quaïda » et « des Qaîda ». Les lexies en question ont un sens
différent du sens dont elles se sont chargées en changeant de langue. Les lexies en question
sont toutes des lexies empruntées à l'arabe standard," "" "ﻗﺎﻋﺪة" "ﻃﻼب" "ﺷﺒﺎبayant
respectivement pour sens "des jeunes", "étudiants", "une base" et "des bases". Néanmoins,
nous remarquons qu’une fois ces lexies ont changé de langue, leur sens se trouve lui aussi
changé. Les lexies se sont chargées d'un sens péjoratif pour se rattacher au terrorisme
islamique dans le monde.
140
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
Figure 3.15
En ce qui concerne les langues d'origine des emprunts, on peut dire que celles-ci sont
déterminées à la fois par la réalité des langues pratiquées en Algérie, où cohabitent l'arabe et
ses variétés avec le français et aussi le berbère, et les langues maîtrisées par nos chroniqueurs.
Le journal El Watan est un journal qui s'adresse avant tout à un lectorat d'un pays
ayant pour langue officielle l'arabe standard, on remarque que la majorité des emprunts ont
été faits à cette langue. Pour que l'information soit rapprochée, le maximum possible des
lecteurs algériens, les chroniqueurs recourent à l'utilisation d'emprunts faits à l'arabe algérien
ou aux dialectes pratiqués en Algérie. Cela permet d'instaurer aux lecteurs un certain cadre
socioculturel ainsi qu'une ambiance typique quant à la transmission de l'information. Les
informations sont en quelque sorte transmises "à l'algérienne".
141
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
On trouve ainsi des lexies néologiques créées par préfixation et siglaison, comme on
trouve d'autres, créés par cumulation de trois procédés, composition, abréviation et emprunt.
Le sens de la lexie créée est obtenu par l'ensemble des unités constituant la lexie en
question en plus de l'explication des procédés combinés.
Tableau n°3.14 : Les néologismes créés par combinaison des procédés créatifs
Les lexies marquées par des caractères typographiques annonçant et signalant leurs
caractères néologiques et inhabituels sont aussi présentes dans notre corpus. Elles sont
signalées par toute une gamme de possibilités typographiques : guillemets, caractère italique,
etc. Les lexies en question sont facilement repérables puis qu'elles sont présentées aux
lecteurs explicitement, comme des mots nouveaux.
En effet, les marques typographiques peuvent parfois exprimer une « certaine
153
défiance qui se traduit par une mise à distance » .
153
PRUVOST, SABLAYROLLES, (2003), Les Néologismes. Que sais-je ?, n° 3674, P.U.F. p. 70.
142
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
143
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
Figure 3.16
Les catégories grammaticales des néologismes générés par les matrices internes et
externes sont largement dominées par celle des noms, comme le fait ressortir le graphique à
secteurs ci-dessus. Les adjectifs sont aussi présents avec un nombre assez important 15 % des
créations.
144
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
Les résultats obtenus sont tout à fait logiques, puisque le monde qui nous entoure et
dans lequel nous vivons évolue. Justement pour pouvoir le dénommer et le décrire avec
précision, la langue qui nous sert d'outil à la description du monde et de ses objets, doit être
d'actualité et doit elle aussi suivre la dynamique de l'univers et de l'homme en évoluant à son
tour.
145
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
Conclusion
146
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE
En ce qui concerne l'analyse du sens des lexies néologiques générées par les matrices
lexicogéniques nous avons eu recours à la thèse formulée par FABIENNE CUSIN-
BERCHE154, qui pense que «le sens de l'unité est, et demeure conditionné pour partie par le
système lexical. Elle pense même que l'examen des procédures néologiques tend, en effet, à
prouver que l'innovation morphologique et/ou sémantique qui se manifeste en discours ne se
construit pas ex nihilo155, mais à partir d'un état de langue, de ce que l'on pourrait appeler "
une mémoire lexicale", et suivant des règles dont la mise en application peut varier».
L'analyse des catégories grammaticales des lexies relevées dans les corpus
étudié sont les suivantes : nom, verbe, adverbe, adjectif, participe passé et participe
présent. La primauté de la catégorie des noms peut exprimer le besoin des
chroniqueurs de dénommer des réalités concrètes ou abstraites. Les adjectifs, qui
servent à exprimer des qualités et des états, sont présents dans ce type de texte où sont
décrits non seulement les situations relatives à la réalité sociale algérienne, mais des
événements politiques et économiques également.
154
CUSIN-BERCHE F., les mots et leurs contextes, Presses Sorbonne Nouvelle, 2007, p.30.
155
Une création ex nihilo est une lexie créée par la combinaison arbitraire de sons, pourvu que cette séquence
ne soi pas attestée dans un état antérieur de langue.
147
NEOLOGIE CONCLUSION
— CONCLUSION GENERALE —
Cette recherche s’inscrit dans le cadre d’un mémoire de magistère, son objectif est
d’apporter quelques éclairages à la néologie journalistique pratiquée dans la presse
francophone en Algérie. Cette recherche se veut d'être une analyse d'un ensemble de
néologismes comprenant des créativités lexicales et des emprunts, relevés dans un organe de
presse qui est El Watan. Notre recherche portant sur la néologie et les néologismes est
délimitée par une période de 4 mois s'étalant du mois de décembre 2010 jusqu'au mois de
mars 2011. L'intitulé de notre travail de recherche est un titre générique : la Néologie, titre par
lequel nous tentons de faire une analyse des néologismes. Accompagné d'un sous-titre pour
préciser le domaine de la recherche choisie qui est le discours journalistique. Nous
envisageons d'étudier les lexies néologiques relevées à partir de l'analyse de leur forme et leur
sens.
Au cours de notre recherche, nous avons pris d'abord le soin de bien définir la notion
de néologisme par rapport à la notion de néologie pour élucider l'ambiguïté qui recouvrait les
deux notions au cours de leur évolution diachronique. Nous avons présenté un aperçu
historique relatant l'évolution des deux termes, chose qui nous a permis de comprendre les
conditions historiques de leur émergence. On a aussi pu savoir comment le sens mélioratif de
néologie et le sens péjoratif de néologisme se sont neutralisés, pour ne désigner aujourd'hui
qu'un processus et son résultat. Deux termes qui présentent une véritable incarnation de la
notion même de néologie, et qui démontrent implicitement l'évolution du français moderne.
148
NEOLOGIE CONCLUSION
Dans l'analyse quantitative, nous avons fait appel à la lexicologie statique, discipline
qui nous a été d'une grande utilité. À cette fin, nous avons produit de nombreux histogrammes
permettant une vision visuelle des résultats constatés. La deuxième analyse a pour assises les
travaux de plusieurs linguistes outre, SABLAYROLLES, GUILBERT, GAUDIN &
GUESPIN et autres. Dans l'analyse qualitative, nous avons examiné les créativités lexicales,
étudié leurs caractéristiques d'un point de vue morphologique, sémantique, syntaxique et
pragmatique. Nous avons aussi fait un examen des emprunts linguistiques, leurs problèmes et
façons d'intégration dans leur langue d'accueil, l'étude de leurs caractéristiques
morphosémantique était au centre de cette étude.
Les néologismes ont été relevés de façon individuelle et semi-automatique à l'aide d'un
logiciel de correction « DRUIDE ANTIDOTE RX V7 », pour optimiser les résultats trouvés.
Nous avons opté pour la semi-automatisation du repérage parce que la méthode individuelle
peut laisser échapper des néologismes potentiels par manque de vigilance, mais la méthode
individuelle est très efficace pour le repérage et l'identification des néologismes sémantiques.
Or, la méthode automatique est très efficace quant à l'identification des néologismes formels,
mais elle laisse facilement échapper les néologismes de sens tel par exemple un nom employé
comme adjectif. Le choix a été fait justement pour arriver à garantir un maximum de précision
dans la recherche.
Le premier constat qui se dégage de cette étude est que la plupart des néologismes
relevés ont été formés en respectant les règles de la création du mot français. Toutes les lexies
néologiques sont motivées, c'est-à-dire que leur forme est en relation avec leur sens, mis à
part trois lexies, nous avons eu beaucoup de mal à les interpréter. Nous avons été contraints
de faire appel au contexte et au cotexte de la lexie un « nobélisé », afin de pouvoir nous
prononcer sur sa signification.
149
NEOLOGIE CONCLUSION
L'analyse des créativités lexicales nous dévoile que les néologismes produits dans la
presse francophone algérienne, reflétant la réalité de la langue française pratiquée en Algérie,
que les néologismes ne sont pas uniquement formés au moyen de formants la langue
française. Les chroniqueurs font appel à plusieurs langues, à savoir l'arabe et ses variétés, le
berbère et même l'anglais, qu'ils font mixer tout en puisant aux sources de la langue française
les règles de leurs combinaisons.
Au cours de cette étude plusieurs questions se posent : la plus légitime est qu'est-ce
qu'un néologisme ? La réponse semble connue de tout le monde « nouveau mot », mais une
fois dans la recherche tous se compliquent et même ce simple concept devient insaisissable.
D'autres questions ont droit d'être posées, par exemple, que recouvre la néologie en tant que
notion ? Comment intervient la néologie pour créer de nouveaux mots ? Comment sont-ils
créés ? Quels sont les procédés créatifs intervenant dans leurs créations ? Quels sont les
procédés les plus productifs ? L'emprunt fait-il partie des néologismes et de la néologie ? Si
oui, comment?
150
NEOLOGIE CONCLUSION
L'étude des créativités lexicales d'après leurs procédés créatifs, nous a dévoilé que les
matrices morphosémantiques sont les plus productives en matière de nouveaux mots, avec les
procédés les plus anciens et les plus célèbres qu'a connus la langue française : la dérivation et
la composition. L'étude de l'emprunt linguistique a par contre montré un timide recours (en
comparaison avec le pourcentage élevé des créativités lexicales 3/4) à ce type de néologismes
représentant 1/4 de l'ensemble des créations. Cela peut être expliqué par les difficultés que
rencontrent les journalistes quant à l'adaptation de l'emprunt la langue française. La présence
de la néologie hybride qui combine la langue française avec d'autres langues, tels l'arabe
standard, l'arabe algérien, le berbère et même l'anglais, offre une gamme très large de mots
très représentatifs de la signification dont ils se chargent.
Sur le plan sémantique, nous avons étudié le sens des néologismes que nous avons
déduits en replaçant la lexie néologique dans son contexte et cotexte de production, chose qui
nous a facilité leur interprétation. Nous avons justement remarqué à ce propos que pour
obtenir un sens nouveau, il fallait une rupture dans l'un ou plusieurs sèmes constitutifs du
noyau sémique, de telle sorte que le faisceau sémique initial soit détruit pour obtenir un
nouveau faisceau sémique où est actualisé uniquement un des sèmes du mot ancien ou dans
lequel on fait intervenir de nouveaux sèmes complètement étrangers aux sèmes d'origine.
151
NEOLOGIE CONCLUSION
L'étude de l'emprunt sur un plan linguistique montre que les types d'emprunt les plus
sollicité sont les emprunts lexicaux, où sont importés et la forme et les sens du mot. Cela
traduit la paresse de l'esprit humain qui des fois renonce à l'ingéniosité de l'esprit humain et le
pouvoir créatif extraordinaire que possède la langue pour importer « volontiers » un mot
étranger. D'autre fois cela nous arrive de faire appel à des mots étrangers parce qu'on ne peut
pas les remplacer, du moment qu'ils vous instaurent un merveilleux cadre socioculturel aux
racontés. Ces mots deviennent comme les a qualifiés MICHEL BREAL dans son ouvrage,
Essai de sémantique : « des mots qui ne s'inventent pas deux fois, mais ils se propagent de
peuple à peuple, pour devenir le bien commun de toute l'humanité".
L'étude des marques typographiques nous a permis de constater que les guillemets sont
les plus utilisés. Les chroniqueurs utilisent ce type de marques pour prendre une distance vis-
à-vis du mot créé. Ils sont aussi utilisés pour encadrer un mot, une citation ou un dialogue
pour le mettre en évidence ou pour signaler un emploi trop familier, nouveau, utilisé
ironiquement, etc.
Les explications accompagnant les néologismes ne sont pas nombreuses, mais cela
indique que les nouveaux mots sont introduits sciemment et créés pour des fins voulues. Nous
avons aussi enregistré des néologismes grammaticaux dans la chronique de Chawki Amari,
qui est un écrivain et en même temps journaliste, possédant des capacités extraordinaires de la
création sous toutes ses formes. Les néologismes qui sont : “Hier c’est déjà demain”, “Que
vat- il se passer hier” et “si le Maroc a gagné” ont été produits sciemment puisque le
journaliste a porté une petite mention à la fin de la chronique la remarque suivante : “P.-S.
aux correcteurs d’El Watan : ne corrigez pas les fautes de conjugaison. C’est voulu”.
152
NEOLOGIE CONCLUSION
Les résultats trouvés montrent que le passage des lexies néologiques créées par
conversion ou transcatégorisations s'est fait ou bien directement ou bien indirectement. Le
passage s'est fait directement lorsque le passage s'est fait à partir de formes déjà attestées dans
la langue ; or qu'il s'est fait de façon indirecte lorsque le passage s'est fait à partir de formes
non attestées, mais possibles, dans la langue française. La lexie est un exemple de transfert
indirect.
Justement, cela nous mène directement à la thèse formulée par FABIENNE CUSIN-
BERCHE et par laquelle elle opère une nette séparation entre créativité et productivité. Selon
CUSIN- BERCHE la productivité “est la capacité de créer des expressions, qui ont pour
vocation à devenir des unités lexicales, en recourant aux moyens formels qu'offre la langue
pour construire des lexèmes ou des expressions”, elle s'oppose à la créativité qui elle en
revanche “s'affranchit des règles servant à la construction des unités lexicales. Elle ne met
pas en œuvre — ou pas uniquement — des procédés appartenant à la grammaire de la langue
(analogie, verlan, etc.)”.
153
NEOLOGIE CONCLUSION
Pour en conclure, on peut dire que la néologie en générale est une bonne initiative, car
plus de mots existent dans une langue, plus cette langue est riche. La langue doit être « le lieu
de rencontre des nécessités contradictoires que sont le changement et la stabilité. ». La
néologie journalistique est un outil incontournable pour les journalistes algériens qui se sont
approprié la langue française pour la faire mienne. Voici par ailleurs comment parlait
Mohamed Dib de ce français : « La langue française est à eux, elle leur appartient.
Qu’importe, nous en avons chipé notre part et ils ne pourront plus nous l’enlever […] Et si,
parce que nous en mangeons aussi, de ce gâteau, nous lui apportions quelque chose de plus,
lui donnions un autre goût ? Un goût qu’ils ne lui connaissent pas.1
1
KHETIRI Brahim., Du français en Algérie… au français d'Algérie, Synergies Algérie n°4- 2009 pp. 57-68,
Ressourcescla.univfcomte.fr/gerflint/Algerie4/khetiri.pdf., consulté le 18/01/2011 à 20 h 40.
154
NEOLOGIE BIBLIOGRAPHIE
— BIBLIOGRAPHIE —
LIVRES
BAGGIONI D., FAUVEAU G., GUESPIN L., LAURIAN A.-M., Néologie et énonciation:
Analyse d’un corpus,Langages n° 36, 1974.
CUSIN-BERCHE F., Les mots et leurs contextes, Presses Sorbonne Nouvelle, 2007.
DAUZAT A.,Des bons et des mauvais néologismes,Le Monde, 8 juin 1949 (repub. 8 juin
1999).
DEROY L., Néologie et néologismes : essai de typologie générale, La banque des mots nº 1,
1971.
156
NEOLOGIE BIBLIOGRAPHIE
Gilles SIOUFFI & Dan Van RAEMDONCK., 100 Fiches pour comprendre la linguistique,
Bréal, 1999.
GUILBERT L., La créativité lexicale, Coll. Langue et langage, Ed. Larousse, 1975.
GUIRAUD P., La sémantique, coll. Que sais-je, 9e édition mise à jour, édition PUF, Paris,
1979.
REY A., Préface du dictionnaire le Grand Robert de la langue française, décembre 1984-
avril 2002.
TAMBA-MECZ I., La sémantique, coll. Que sais-je, 3e édition corrigée, édition PUF, Paris,
1994.
157
NEOLOGIE BIBLIOGRAPHIE
DICTIONNAIRES& ENCYCLOPYDIES
DICTIONNAIRES LINGUISTIQUES
THESES ET MEMOIRES
HOLUBOVA Eva., Niveaux de circulation des emprunts dans l'argot commun des jeunes
(2008), http://www. Diplomava_prace_Eva_Holubova_q3dtt.pdf, Consulté le 31/12/2010 à 16
h 41.
158
NEOLOGIE BIBLIOGRAPHIE
Survol historique de la
sémantique,http://www.docentes.unal.edu.co/jahreyes/docs/semantique%203.ppt, Consulté le
27/10/2011 à 21 h 1.
LOGICIELS
159
NEOLOGIE TABLEAUX DES NEOLGISMES CANDIDATS
COMMENTAIRE
Tableau n° 1 :
Les néologismes relevés durant le mois de décembre 2010 :
161
NEOLOGIE TABLEAUX DES NEOLGISMES CANDIDATS
Tableau n° 1 (suite) :
Le14décembre2010 Réda Bekkat Bakchich
beaucoup trop « voir page 213 SAB »
les «bouches» d’accès
jurer par tous les saints
«livré» aux quatre vents
un siège social flambant neuf lui a même été
«dédié»
162
NEOLOGIE TABLEAUX DES NEOLGISMES CANDIDATS
Tableau n° 1 (suite) :
Le28décembre2010 Djaffar Tamani Aucun néologisme
Le29décembre2010 Hassan Moali De l’UMA à l’«UME»
des jeunes chômeurs de luxe
l’arrière-pays
«Tounes El Khadra»
la politique de la carotte et du bâton
l’Arlésienne union maghrébine (UMA)
une union maghrébine de l’émeute (UME)
WikiLeaks
la mal vie
le mal être
Le30décembre2010 Ali Guissem Aucun néologisme
Le31décembre2010 Le journal n’a pas été édité
Tableau n° 2 :
163
NEOLOGIE TABLEAUX DES NEOLGISMES CANDIDATS
Tableau n° 2 (suite) :
Le 12 janvier 2011 Ali Bahmane l’arrière-pensée
l’équipe Bouteflika
des archs
des demi-mesures.
Le 13 janvier 2011 Djaffar Tamani Yennayer
Amazigh
«journée chômée et payée»
Kabylie
tamazight
l’amazighité
printemps noir
Le 14janvier 2011 Le journal n’a pas été édité
164
NEOLOGIE TABLEAUX DES NEOLGISMES CANDIDATS
Tableau n° 2 (suite) :
Le 27janvier 2011 Omar Berbiche Realpolitik
SMIG démocratique
Révolution du jasmin
Le 28janvier 2011 Le journal n’a pas été édité
Le 29janvier 2011 Saïd Rabia L’écran de l’Unique (ENTV)
années de plomb
Le 30janvier 2011 Hassan Moali les USA(anglicisme)
Sauver le soldat Moubarak
le «big brother»
sont honnis(archaïsme)
Moyenorientaux
Hamas
Ghaza
Mossad
Le 31janvier 2011 Hassan Moali «dézerhouniser»
cécité politique
WikiLeaks
le Comité des citoyens pour la défense de la
République (CCDR)
Tableau n° 3 :
Les néologismes relevés durant le mois de février 2011 :
165
NEOLOGIE TABLEAUX DES NEOLGISMES CANDIDATS
Tableau n° 3 (suite) :
le 13 Février 2011 Ali Bahmane La télé unique
«pharaon» pour moubarek
Dictateur de Carthage (au lieu de Ben Ail)
le 14 Février 2011 Omar Berbiche Sous-dimensionnant.
le 15 Février 2011 Lies Sahar Aucun néologisme
le 16 Février 2011 Djaffar Tamani «Houma» (quartier)
La place Tahrir
le 17 Février 2011 Omar Berbiche Ses baltaguia
«soft» existe ds le dico mais il n’est pas diffusé
Les zaouïas
Les baltaguia
Pro-Bouteflika
le 18 Février 2011 Le journal n’a pas été édité
le 19 Février 2011 Ali Bahmane Muselage
Constitutionnalisation
Amazigh
Tamazight
le 20 Février 2011 Omar Berbiche Le degré zéro de la communication (Barthes)
Technicopolitique
le 21 Février 2011 Réda Bekkat La hogra
Une alliance islamo-conservatrice
Islamo-conservateur
La hogra
le 22 Février 2011 Hassan Moali Génocidaire
166
NEOLOGIE TABLEAUX DES NEOLGISMES CANDIDATS
Tableau n° 4:
167
NEOLOGIE TABLEAUX DES NEOLGISMES CANDIDATS
Tableau n° 4 (suite) :
le 20 Mars 2011 Hassan Moali Establishment
Flop
Yes, we can
US
Des Shebab
Des Qaîda
Al Quaïda
Son «machin»
le 21 Mars 2011 Ali Guissem L’ire (archaïsme)
Sit-in (anglicisme)
Les trabendistes
Des légaux (au lieu de commerçants légaux)
le 22 Mars 2011 Lies Sahar Un temps soit peu : sur le modèle de (un tant
soit peu)
le 23 Mars 2011 Lies Sahar Aucun néologisme
le 24 Mars 2011 Zine Cherfaoui Pis encore (puis encore)
le 25 Mars 2011 Le journal n’a pas été édité
le 26 Mars 2011 Mourad Slimani Parasitage
le 27 Mars 2011 Yazid Ouahib Eliminatoires (pour épreuves éliminatoires)
l’après-Mondial
Public annabi
Fair-play
le 28 Mars 2011 Mohammed Aucun néologisme
Larbi
le 29 Mars 2011 Nadjia Surfer (anglicisme)
Bouzeghrane
le 30 Mars 2011 Fayçal Métaoui Aucun néologisme
le 31 Mars 2011 Hassan Moali la «Busherie» de Bush
bédouinisé
168
NEOLOGIE TABLEAUX DES NEOLGISMES CANDIDATS
Tableau n° 5 :
Les néologismes relevés durant le mois de décembre 2010 :
169
NEOLOGIE TABLEAUX DES NEOLGISMES CANDIDATS
Tableau n° 5 (suite) :
Le13décembre2010 Chawki Amari L’après-Droukdel
l’après-Bouteflika
Desertec
Harraga
l’accélérateur de l’histoire
Docteur House
170
NEOLOGIE TABLEAUX DES NEOLGISMES CANDIDATS
Tableau n° 6:
Les néologismes relevés durant le mois de janvier 2011 :
171
NEOLOGIE TABLEAUX DES NEOLGISMES CANDIDATS
Tableau n° 6 (suite) :
22 Janvier 2011 Chawki Amari Ses appareils gardiens (nom+ nom)
Délégitimer
DOK, le ministre de l’Intérieur
23 Janvier 2011 Chawki Amari Antimarche
Anti-immolation
Des brigades anti-immolations.
24 Janvier 2011 Chawki Amari Anti-manifestant
Câble de WikiLeaks
25 Janvier 2011 Chawki Amari Aucun néologisme
26 Janvier 2011 Chawki Amari Echourouk
Facebook
(re) marier
27 Janvier 2011 La chronique n’a pas été éditée
28 Janvier 2011 Le journal n’a pas été édité
29 Janvier 2011 Chawki Amari Autoexécutable
OK (o.k.) emprunt
Zid
30 Janvier 2011 Chawki Amari Petit pharaon sans pyramide
31 Janvier 2011 Chawki Amari DOK
DOK, le ministre de l’Intérieur
un entretien fleuve (nom employé comme adj)
Tableau n° 7:
Les néologismes relevés durant le mois de février 2011 :
172
NEOLOGIE TABLEAUX DES NEOLGISMES CANDIDATS
Tableau n° 7 (suite) :
le 07 Février 2011 Chawki Amari Jazaïr Houria
le 08 Février 2011 Chawki Amari DOK
Un WikiLeaks (pour son créateur)
le 09 Février 2011 Chawki Amari Câble WikiLeaks
Le journal espagnol El Païs
De Bajolet
le 10 Février 2011 La chronique n’a pas été éditée
le 11 Février 2011 Le journal n’a pas été édité
le 12 Février 2011 Chawki Amari Les zaouïas
le 13 Février 2011 Chawki Amari Le premier des Mai
le 14 Février 2011 Chawki Amari Aucun néologisme
le 15 Février 2011 Chawki Amari Une non- évolution
le 16 Février 2011 Chawki Amari Un officiel
le 17 Février 2011 La chronique n’a pas été éditée
le 18 Février 2011 Le journal n’a pas été édité
le 19 Février 2011 Chawki Amari DOK
le 20 Février 2011 Chawki Amari « Vive Ouyahia, dawla islamiya»
le 21 Février 2011 Chawki Amari Baltaguias
Un permis de tuer
le 22 Février 2011 Chawki Amari Les momificateurs
le 23 Février 2011 Chawki Amari Les supporters (calque)
La déesse facebook
12S (extrait de naissance spécial)
le 24 Février 2011 La chronique n’a pas été éditée
le 25 Février 2011 Le journal n’a pas été édité
le 26 Février 2011 Chawki Amari Un Raffarin
Les cryptologues
DOK
le 27 Février 2011 Chawki Amari Facebook
le 28 Février 2011 Chawki Amari DOK
Tableau n° 8 :
Les néologismes relevés durant le mois de mars 2011 :
173
NEOLOGIE TABLEAUX DES NEOLGISMES CANDIDATS
Tableau n° 8 (suite) :
le 03 Mars 2011 La chronique n’a pas été éditée
le 04 Mars 2011 Le journal n’a pas été édité
le 05 Mars 2011 Chawki Amari Libre, comme un samedi
général T (T pour Toufik)
le 06 Mars 2011 Chawki Amari Saïd Samedi
Pro- Bouteflika
le 07 Mars 2011 Chawki Amari Monsieur et Madame D. (DRS)
le 08 Mars 2011 Chawki Amari La post fin
La non-linéarité
le 09 Mars 2011 Chawki Amari un anti 8 Mars
des antiBouteflika
Les pro-Bouteflika
le 10 Mars 2011 La chronique n’a pas été éditée
le 11 Mars 2011 Le journal n’a pas été édité
le 12 Mars 2011 Chawki Amari DOK
Les chaouis,
La fitna
le 13 Mars 2011 Chawki Amari Aucun néologisme
le 14 Mars 2011 Chawki Amari Flexy
le 15 Mars 2011 Chawki Amari Lorman (normal)
La revendication suicide
Un demi logement
le 16 Mars 2011 Chawki Amari Facebook
Spasmes historiques
Les subversifs (adj employé comme nom)
Des Chinois à la pelle
Un DRS.
le 17 Mars 2011 La chronique n’a pas été éditée
le 18 Mars 2011 Le journal n’a pas été édité
le 19 Mars 2011 Chawki Amari Saïd samedi
Des facebookistes
facebook
le 20 Mars 2011 Chawki Amari Une autocongratulation
le 21 Mars 2011 Chawki Amari Aucun néologisme
le 22 Mars 2011 Chawki Amari D’aucun (archaïsme)
Pro
Anti
le 23 Mars 2011 Chawki Amari Une guerre peut en cacher une autre
Un mot qui en cache souvent un autre : sur le
modèle de (Un train peut en cacher un autre)
Les pro-El Gueddafi
Les antiEl Gueddafi
le 24 Mars 2011 La chronique n’a pas été éditée
le 25 Mars 2011 Le journal n’a pas été édité
174
NEOLOGIE TABLEAUX DES NEOLGISMES CANDIDATS
Tableau n° 8 (suite) :
le 26 Mars 2011 Chawki Amari Un 12S (Pour un extrait de naissance original et
spécial)
le 27 Mars 2011 Chawki Amari Aucun néologisme
le 28 Mars 2011 Chawki Amari Hier c’est déjà demain
l’avant compte rendu
Que vat- il se passer hier
si le Maroc a gagné
le 29 Mars 2011 Chawki Amari Voyeuriste
le 30 Mars 2011 Chawki Amari Aucun néologisme
le 31 Mars 2011 La chronique n’a pas été éditée
175
NEOLOGIE GLOSSAIRE
─ GLOSSAIRE ─
Affixe : morphème lexical qui se joint à une base pour produire un mot dérivé. (Mot affixé,
affixation).
Analogie : propriété de la langue, en vertu de laquelle des formes nouvelles sont produites à l'imitation de
formes existantes. Principe de régulation.
Antonomase: substitution d'un nom propre à un nom commun pour désigner un individu (ou l'inverse,
mais dans ce cas, cette figure n'évolue pas vers la lexicalisation).
Antonymie : relation entre deux mots (antonymes) de sens opposé ; contraire de la synonymie.
Base: morphème lexical à valeur dénominative. Certaines bases sont dites non autonomes car elles ne
se rencontrent que dans des dérivés ou composés. Ces dernières sont en général empruntées aux langues
classiques (latin, grec). Les autres fonctionnent soit comme lexèmes simples, soit combinées à des
affixes dans des lexèmes dérivés, soit combinées à une autre base dans des lexèmes composés.
177
NEOLOGIE GLOSSAIRE
Dérivation : procédé de formation de mots construits, par affixation ou composition. S'emploie seul,
comme abréviation de dérivation affixale, lui-même synonyme d'affixation ; s'oppose alors à
composition.
Dérivé : mot construit, par dérivation. Désigne soit tout mot construit, soit seulement mot construit par
affixation.
Emprunt : mot appartenant à une langue étrangère, qu'utilisent les locuteurs dans leur langue maternelle
(par exemple, mot anglais utilisé en français par des francophones), étymologie : étude de l'évolution
phono-morphologique des éléments du lexique ; science qui a pour objet la recherche des rapports qu'un
mot entretient avec une unité plus ancienne (étymon) qui en est l'origine ; étude diachronique et
interlinguistique.
Expression figée (les linguistes disent plutôt : syntagme lexicalisé) : suite de mots, formant souvent un
syntagme verbal, au sein duquel la commutation n'est pas possible, et dont le sens est conventionnel.
Fréquence : principe-de classement des vocables dans le vocabulaire d'un discours en fonction du
nombre de leurs occurrences.
Lexème : unité lexicale de la langue, virtuelle et le plus souvent polysémique ; c'est un signe caractérisé
(au point de vue sémantique) par la valeur dénominative ; l'ensemble des lexèmes est indénombrable.
Lexicalisation : intégration d'un néologisme dans le lexique. Codage des unités lexicales,
lexicographie : art de fabriquer des dictionnaires ; étude de cet art.
178
NEOLOGIE GLOSSAIRE
2) ensemble des lexèmes, des morphèmes lexicaux d'une langue, et des règles de leur fonctionnement.
Le lexique construit, sous- ensemble du lexique se compose de l'ensemble des mots construits
(dérivés et composés) et des règles de formation de mots.
Métalangage : propriété des langues naturelles qui leur permet de parler d'elles-mêmes ; s'oppose au
langage mondain, usage courant des langues pour parler du monde.
Métonymie : relation (sémantique) entre deux mots, ou deux acceptions d'un mot, dont les référents sont
liés par une relation de solidarité (logique, physique...). Cette solidarité autorise éventuellement l'emploi
d'un mot à la place de l'autre.
Morphème lexical : morphème entrant dans la formation des lexèmes (bases et affixes).
Morphologie lexicale : étude de la forme des mots, et des procédés de formation des mots.
Mot : 1) équivalent courant de lexème ou vocable 2) unité graphique de texte, comprise entre deux
blancs.
Mot attesté : se dit d'un mot figurant dans un dictionnaire d'usage courant ou de spécialités
Mot-valise : mot construit par télescopage des éléments de la synapsie qui le constituent.
Néologisme : mot nouveau, ou récent, avant son éventuelle lexicalisation ; formé par dérivation ou
composition, ou encore emprunté à une langue étrangère.
179
NEOLOGIE GLOSSAIRE
paradigme : liste d'éléments linguistiques susceptibles de commuter dans le même environnement ; liste
d'éléments appartenant à la même classe morphosyntaxique ou sémantique, (paradigmatique).
Préfixe : affixe placé à gauche d'une base, jouant dans la préfixation, pour former un dérivé (préfixé)
généralement de même catégorie syntaxique que la base.
Série lexicale : ensemble de mots affixés ou composés reliés par la motivation, parce qu'ils ont des
bases en commun.
Siglaison : procédé de formation de mot (sigle) à partir des lettres initiales de ses éléments.
Signe : unité linguistique constituée par l'union d'un signifiant et d'un signifié.
Signifié : face immatérielle du signe ; au niveau des lexèmes, le signifié peut s'identifier au sémème.
Suffixe : affixe placé à la droite d'une base, jouant dans la suffixation, pour former un dérivé (suffixe)
en général de catégorie syntaxique différente de la base.
Synapsie : composé nominal formé de plusieurs bases françaises non reliées par un trait d'union.
Terme : mot appartenant à un vocabulaire spécialisé au sein duquel sa signification est strictement
définie en relation avec d'autres termes.
180
NEOLOGIE LISTE DES FIGURES
Figure 3.5. Histogramme comparatif des créativités lexicales des deux rubriques 95
Figure 3.6. Histogramme comparatif des emprunts linguistiques des deux rubriques 100
Figure 3.7. Classement traditionnelle des néologismes collectés dans Commentaire & la CH.
Poit zero 105
Figure 3.8. Lexies néologiques générées par les matrices lexicogéniques 106
Figure 3.9. Lexies néologiques générées par les matrices internes 107
Figure 3.10. Lexies néologiques générées par les matrices morphosémantiques 108
Figure 3.11. Lexies néologiques générées par les matrices syntactico-sémantiques 120
Figure 3.12. Lexies néologiques générées par les matrices morphologiques 128
181
NEOLOGIE LISTE DES TABLEAUX
182
— RESUME —