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Étude sur la Néologie Linguistique

Ce document présente un mémoire de magistère en sciences du langage portant sur la néologie. Il contient une introduction, une partie théorique avec deux chapitres, le premier sur la créativité lexicale et les matrices internes de formation des néologismes, le second sur l'emprunt linguistique comme matrice externe. Le mémoire analyse les concepts clés de la néologie, ses procédés et types de formation, ainsi que le phénomène d'emprunt linguistique.

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Étude sur la Néologie Linguistique

Ce document présente un mémoire de magistère en sciences du langage portant sur la néologie. Il contient une introduction, une partie théorique avec deux chapitres, le premier sur la créativité lexicale et les matrices internes de formation des néologismes, le second sur l'emprunt linguistique comme matrice externe. Le mémoire analyse les concepts clés de la néologie, ses procédés et types de formation, ainsi que le phénomène d'emprunt linguistique.

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REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE

MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR


ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
UNIVERSITE EL HADJ LAKHDAR BATNA
FACULTE DES LETTRES ET DES SCIENCES HUMAINES
DEPARTEMENT DE FRANÇAIS
ECOLE DOCTORALE DE FRANÇAIS
POLE EST
ENTENNE DE BATNA

MEMOIRE DE MAGISTERE
OPTION : SCIENCES DU LANGAGE

Sous la direction de : Réalisé par :

S
amir ABDELHAMID Mme YETTOU Naïma
Professeur à l'université de BATNA
Responsable de l’EDAF, Pôle Est - BATNA

Membres du jury :

Pr. Bachir BEN SALAH Président Université de BISKRA


Pr. Samir ABDELHAMID Rapporteur Université de BATNA
Pr. Gaouaou MANAA Examinateur Université de BATNA
Dr. Salah KHENOUR (MCA) Examinateur Université de OUARGLA
Année universitaire 2012/2013
REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE
MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR
ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
UNIVERSITE EL HADJ LAKHDAR BATNA
FACULTE DES LETTRES ET DES SCIENCES HUMAINES
DEPARTEMENT DE FRANÇAIS
ECOLE DOCTORALE DE FRANÇAIS
POLE EST
ENTENNE DE BATNA

MEMOIRE DE MAGISTERE
OPTION : SCIENCES DU LANGAGE

Sous la direction de : Soutenu par :

M
. le Pr Samir ABDELHAMID ETTOU Naïma
Directeur de l’EDAF, Pôle Est - BATNA

Membres du jury :

Pr. Bachir BEN SALAH Président Université de BISKRA


Pr. Samir ABDELHAMID Rapporteur Université de BATNA
Pr. Gaouaou MANAA Examinateur Université de BATNA
Dr. Salah KHENOUR (MCA) Examinateur Université de OUARGLA
Année universitaire 2012/2013
DEDICACE

À MA TRES CHERE MERE A LAQUELLE, JE DOIS TOUT

À LA MEMOIRE DE MON TRES CHER PAPA PARTI UN PEU TOT…


─ REMERCIEMENTS ─

Nous tenons à remercier, notre directeur de recherche, M. Samir


ABDELHAMID, de nous avoir guidé, encouragé, conseillé et orienté durant ces
mois de travail. Nous tenons à le remercier surtout de nous avoir accordé sa
précieuse confiance malgré notre « timide » expérience dans la recherche
universitaire. Un grand merci est adressé à mes enseignants de première année
magistère et à tous mes collègues du département de français à l'université de
Batna.

Sans oublier ma première famille, qui m’a beaucoup soutenue surtout


moralement, par leurs encouragements. Un merci « un peu spécial » est adressé
à nom, très cher mari Salem. Je tiens aussi à remercier ma chère sœur et son
mari pour tout ce qu'ils ont fait pour moi.

Un grand merci est adressé à toute personne ayant contribuée de près ou de la


loin à la réalisation de ce travail de recherche.

MERCI à tous…
NEOLOGIE TABLE DES MATIERES

— TABLE DES MATIERES —

Dédicace
Remerciements
Table des matières 5
Introduction générale 10

PARTIE THEORIQUE
CHAPITRE 1 : La créativité lexicale & les matrices internes
Introduction 19
1.1. Autour de la Néologie 20
1.2. La néologie un phénomène ancré dans la langue française 23
1.2.1. Aspect historique 23
1.3. Problèmes de définition et délimitation de concepts 25
1.3.1. Les définitions 26
1.3.1.1. Etymon, apparition et évolution des termes 26
1.3.1.2. Définition linguistique 27
1.3.1.3. Définition lexicographique 28
1.3.2. Les concepts 29
1.4. Qu’est ce que la créativité lexicale ? 29
1.4.1. les différentes créativités lexicales 31
1.4.1.1. La néologie dénominative 31
1.4.1.2. La création néologique stylistique 31
1.4.1.3. La néologie de langue 32
1.4.1.4. la puissance génératrice de certains éléments constituants 32
1.5. La lexie néologique 32
1.6. Qu'est-ce qu’un néologisme et pourquoi en crée-t-on ? 33
1.6.1. Néologisme de langue et néologisme de discours 34
1.6.1.1. Néologisme de langue 34
1.6.1.2. Néologisme de discours 34

5
NEOLOGIE TABLE DES MATIERES

1.7. Classement et typologie des néologismes 35


1.7.1. Classement des néologismes 35
1.7.2. La typologie des néologismes 35
1.8. Les procédés de formation des néologismes 36
1.8.1. Les matrices internes 37
1.8.1.1. Les matrices morphosémantiques 37
1.8.1.2. Les matrices syntactico-sémantiques 41
1.8.1.3. Les matrices morphologiques 44
1.8.1.4. La matrice pragmatico-sémantique 45
1.8.2. La matrice externe 46
1.8.3. Tableau des matrices lexicogéniques et procédés de formation 46
1.9. La création lexicale en arabe 48
1.10. Néologie entre norme et usage 49
1.11. Néologie : nécessité ou abus 51
1.12. Néologisme/ Archaïsme 53
Conclusion 55

CHAPITRE 2: L’emprunt linguistique ou la matrice externe


Introduction 57
2.1. Aspect historique 58
2.2. Qu’est-ce qu’un emprunt linguistique 62
2.2.1. Les définitions 63
2.2.1.1. Définition lexicographique 63
2.2.1.2. Définitions linguistiques 64
2.3. Les phases de l'emprunt linguistique 66
2.3.1. Schéma récapitulatif des trois phases 68
2.4. Les raisons d’emprunt 69
2.4.1. Besoin dénominatif 69
2.4.2. L'enrichissement du français 69
2.4.3. Relations dominant-dominé 69
2.4.4. L'emprunt comme phénomène de mode 70
2.5. Les types d’emprunt linguistique 70
2.5.1. L’emprunt lexical 70
2.5.1.1. L’emprunt non intégré ou non assimilé 71

6
NEOLOGIE TABLE DES MATIERES

2.5.1.2. L’emprunt intégré ou assimilé 71


2.5.1.3. Le xenisme 72
2.5.2. L’emprunt sémantique 73
2.5.3. Le calque 74
2.5.3.1. Calque formel 75
2.5.3.2. Calque sémantique 75
2.5.4. Schéma récapitulatif des types d'emprunt linguistique 77
2.6. Intégration et assimilation des emprunts 77
2.6.1. Critères phonologiques 78
2.6.2. Critères morphosyntaxiques 78
2.6.3. Critères sémantiques 79
2.7. Emprunts et langues d’origine des emprunts 80
2.7.1. Emprunts à l’anglais 80
2.7.1.1. Les anglicismes ou franglais 81
2.7.2. Emprunt à l’arabe 81
2.7.2.1. Le phénomène de l’ « Algérianisme » 82
Conclusion 84

PARTIE PRATIQUE
CHAPITRE 3: Etude lexicosémantique des néologismes
Cas du journal EL WATAN
Introduction 87
3.1. La lexicologie 88
3.2. La sémantique 89
3.3. Qu’est-ce que la Lexicosémantique? 89
3.4. Présentation du corpus 90
3.4.1. Présentation du journal EL WATAN 91
3.4.2. Présentation des chroniques « POINT ZERO » et « COMMENTAIRE » 91
3.5. Constitution du corpus 92
3.5.1. Les critères de sélection des néologismes 92
3.5.1.1. les critères lexicographiques 92
3.5.1.2. Les critères typographiques 93
3.6. Méthodologie de la collecte des néologismes 94
3.7. Nomenclature des Néologismes 95

7
NEOLOGIE TABLE DES MATIERES

3.7.1. Nomenclature des créativités lexicales 95


3.7.1.1. Les créativités lexicales collectées dans la chronique COMMENTAIRE 96
3.7.1.2. Les créativités lexicales collectées dans la chronique POINT ZERO 98
3.7.2. Nomenclature des emprunts linguistiques 100
3.7.2.1. Les emprunts linguistiques collectés dans la chronique COMMENTAIRE
101
3.7.2.2. Les emprunts linguistiques collectés dans la chronique POINT ZERO
102
3.8. Étude lexicosémantique des néologismes 104
3.8.1. Les procédés de formation des néologismes 106
3.8.1.1. Les matrices internes
107
3.8.1.1.1. Les matrices morphosémantiques 108
3.8.1.1.2. Les matrices syntactico-sémantiques 120
3.8.1.1.3. Les matrices morphologiques 128
3.8.1.1.4. La matrice pragmatico-sémantique 130
3.8.2. La matrice externe 134
3.8.2.1. Les emprunts internes
134
3.8.2.2. Les emprunts externes
135
3.8.2.2.1. Les types d'emprunt 138
3.8.2.2.2. Intégration et assimilation des emprunts 139
3.8.2.2.3. Langue d'origine des emprunts 140
3.8.3. "Cumulation" des procédés créatifs 141
3.8.4. Caractères typographiques des néologismes 141
3.8.5. Catégories grammaticales des néologismes 143
Conclusion 145

Conclusion générale 148


Bibliographie 156
Annexes :
Tableaux des néologismes candidats 161
Glossaire 177

8
NEOLOGIE TABLE DES MATIERES

Liste des figures 181


Liste des tableaux 182

9
NEOLOGIE INTRODUCTION

« J’ai fait ma carrière avec un vocabulaire de trois


cents mots ; tous les autres, je les ai inventés. »
François Rabelais

— INTRODUCTION GENERALE —

« Qu’il s’agisse d’une découverte scientifique, d’un progrès industriel, d’une


modification de la vie sociale, d’un mouvement de la pensée, d’une manière nouvelle de sentir
ou de comprendre, d’un enrichissement du domaine moral, le néologisme est impérieusement
demandé, et tout le monde crée des mots nouveaux, le savant aussi bien que l’ignorant, le
travailleur comme le fainéant, le théoricien comme le praticien ».

C’est par une citation de Nyrop1 qui a bien noté la nécessité de la création lexicale
dans Introduction générale à la grammaire historique que nous avons choisie de lever les
rideaux à ce travail de magistère consacré à la Néologie. En effet, Nyrop a bien illustré cette
relation entre monde vécu et néologisme. Ainsi, l’Homme étant conscient de ses besoins dans
le monde, a toujours cherché le meilleur pour rendre facile ce qui lui était difficile. Le progrès
scientifique et la mondialisation ne sont que la réponse à la fameuse question qui a tourmenté
cet homme depuis son existence : comment s’évoluer, et rénover son environnement ? Cette
évolution et ce changement ont exigé de lui qu’il s’ouvre sur le monde.

10
NEOLOGIE INTRODUCTION

Cette ouverture sur l’autre à favoriser le contact des peuples entre eux, d’où le contact
des langues entre elles. Une évolution qui les a conduit à la création de nouveaux besoins
(d’où de nouveaux objets et réalités) qui ont nécessités la création de nouveaux mots pour
designer et définir ces nouvelles réalités. Ce changement linguistique a fait que la langue soit
envahie par des mots nouveaux qui étaient ou bien le produit de l’ingéniosité humaine
(création d’un mot nouveau pour désigner une réalité nouvelle) ou bien un emprunt à d’autres
langues étrangères résultant de ce contact entre les langues (emprunter la chose et le terme qui
la désigne en même temps).

En réalité, ce « changement linguistique répond à la nécessité élémentaire de la


connaissance qui épouse le rythme de l‘évolution du monde, à la nécessité de la
communication de toute expérience nouvelle »2. Toutes les langues ont cette capacité de se
renouveler comme la vie et comme la pensée elle-même, car lorsque nous parlons nous
n’utilisons pas que des mots déjà existants. Nous en créons sans cesse de nouveau.

Pendant longtemps le phénomène du renouvellement de la langue française et de


l’enrichissement de son vocabulaire demeura restreint pour ne pas dire interdit. Les puristes
ont veillé à ce que la langue française demeure sous sa forme ancestrale. Ainsi, les puristes
rejetaient toutes formes nouvelles. Ils interdisaient aux forces créatrices de l’Homme de
s’épancher librement. Mais, le vocabulaire ou le lexique d’une langue n’obéit guère à cette
règle d’autarcie langagière que les puristes ont voulu appliquer au français.

La langue étant un système vivant ne peut se suffire à elle-même. Elle a besoin de se


renouveler par de nouveau mot pour définir des réalités nouvelles. Ce nouveau lexique vivifie
la langue et lui permet « d’être à jour », donc de répondre aux besoins des locuteurs qui usent
de cette même langue. Dans ce mouvement créatif la langue acquiert par le biais de différents
mécanismes (qui modifient le contenu du lexique) de nouvelles unités linguistiques : que les
linguistes appellent néologisme, en contrepartie, elle en perd. Les mots usités sont de moins
en moins utilisés par les locuteurs, jusqu’à ce que ces derniers disparaissent et deviennent des
archaïsmes. Ces mécanismes relèvent de ce que les linguistes appellent Néologie.

2
Guilbert L., La créativité lexicale, coll. Langue et langage, Ed. Larousse, 1975, p.32.

11
NEOLOGIE INTRODUCTION

Justement, l'idée d'un travail de recherche sur la néologie prend naissance grâce à une
passion que nous avions depuis longtemps pour le lexique de la langue française en général et
l'intérêt qu'ont suscité en nous les nouveaux mots qu'on croisait en lisant le journal El Watan.
Le fait d'être une lectrice fidèle du journal El Watan, notre attention a été attirée par un
nouveau lexique émergeant qui ne cessait de croître. Ces nouveaux mots croisés presque
chaque jour, étaient pour nous plus que des énigmes que nous essayerons à chaque fois de
déchiffrer pour arriver à savoir comment sont-ils formés ? De quel sens se sont-ils chargés ?
Effectivement, le jeu devenait jour le jour plus intéressant et le pari encore plus. Voilà
comment une idée parue si simple au début a germé pour se compliquer de plus en plus avec
la décision de vouloir en faire d'elle un sujet de recherche universitaire en sciences du
langage.
Notre modeste travail de recherche dont l'intitulé est « La Néologie » a pour objectif
d'exposer le phénomène de la néologie dans une vision synchronique qui n'exclue guère la
vision diachronique à certains moments de l'étude. Étudier les différentes unités néologiques
relevées dans un journal algérien quotidien francophone : El Watan, tout en mettant l'accent
sur leur relation forme/sens. Notre travail se propose de faire une étude lexicosémantique des
créativités lexicales et des emprunts linguistiques extraits d'un organe de presse écrite
étatique, afin de révéler la réalité de la langue française en usage dans la presse francophone
algérienne étatique. Exposer les différents procédés créatifs qui concourent à la création
néologique. Donner un aperçu de l'évolution de l'usage et même des enjeux pratiqués par les
journalistes algérien sur le lexique en Algérie. Établir la fréquence de chaque type à l'aide de
graphique à secteurs permettant une représentation visuelle des résultats constatés.

Beaucoup de questions se posent, qu'est - ce qu'un néologisme ? Que recouvre la


notion de néologie ? Quelles sont les procédures sous-jacentes à la création lexicale ?
Comment s'opèrent l'identification, la transmission et l'interprétation de la forme et du sens
des néologismes ? Qu'elle est le type de relation qui unit le nouveau signifiant au nouveau
signifié ? Les néologismes font-ils partie d'un processus contribuant à l'enrichissement de la
langue française ? Est-on en présence d'une nouvelle écriture dont les enjeux se dessinent sous
les plumes des journalistes algériens ? Quels sont le rôle et la place de l'emprunt linguistique
dans le processus néologique ? Quels sont les types d'emprunts, les problèmes et les façons de
leur intégration dans leur langue d'accueil ?

12
NEOLOGIE INTRODUCTION

Afin de répondre aux questions posées, nous partons les hypothèses suivantes :

- Le repérage, l'identification et le classement des néologismes, l'examen des procédés


créatifs et l'interprétation des néologismes peuvent être révélateurs du fonctionnement de la
néologie et des néologismes du point de vue de leur relation entre la forme et le sens.

- Une nouvelle variété de français est entraine de naître en Algérie.

- Une nouvelle forme de lexique est entraine de mettre les assises d'une écriture
complètement nouvelle dans le monde journalistique et dont les enjeux se dessinent par les
plumes des journalistes.

- Les procédés créatifs de la langue française sont une véritable source intarissable à la
créativité lexicale

- Les procédés de la dérivation sont les plus productifs dans la création des néologismes
journalistiques.

- La récursivité des procédés lexicaux quant à la fabrication de nouvelles unités


linguistiques.

- L'emprunt linguistique comme moyen naturel d'enrichissement de la langue française.

Afin de réaliser ce travail de recherche dans les meilleures conditions possible, qui
nous permettront d'atteindre les objectifs fixés, une méthodologie de travail s'impose.

Notre travail est subdivisé en deux grandes parties, se distinguant l'une de l'autre, mais
tout en se complémentant. Le premier et le deuxième chapitre sont complètement consacrés à
la néologie d'un point de vue théorique ; or que le troisième chapitre a été consacré à la mise
en pratique des notions théoriques déjà abordées et l'analyse du corpus néologique.

13
NEOLOGIE INTRODUCTION

Dans la première partie, constituant la partie théorique et fournissant les assises de


notre travail de recherche, se divise en deux chapitres :

Le premier chapitre, que nous avons choisi d'intituler « La créativité lexicale », se


présente comme une exposition des approches théoriques et méthodologiques du phénomène
de la néologie. Les anciens travaux aussi bien que les travaux les plus récents sont au centre
du débat sur la néologie. Partant des travaux de Louis Sébastien Mercier, en passant par ceux
de Louis Guilbert, Gaudin et Guespin et arrivant aux travaux les plus récents de Jean François
Sablayrolles, constitueront tous une référence pour le domaine de la créativité lexicale et
l'emprunt linguistique. Le chapitre s'ouvre sur une vision globale sur la néologie, puis un bref
aspect historique est proposé afin d’arriver aux problèmes définitionnels des notions étudiées,
néologie, néologisme et créativité lexicale. Des définitions étymologiques, lexicographiques
et linguistiques sont données afin de mesurer le caractère insaisissable de phénomène étudié.
Nous exposons ensuite la typologie des procédés de formation utilisée dans le classement des
néologismes, et ce, après avoir opté pour la « lexie » en tant qu’unité linguistique adéquate
pour l’étude des particularités lexicales relevées dans le corpus. Nous proposons aussi une
petite réflexion sur les travaux de Roman André et la création lexicale en arabe. La frontière
entre faute et création est aussi abordée en établissant une nette séparation entre néologie,
norme et usage. Nous finissons par répondre à la question qui a longtemps était au centre de
l'autorisation et l'interdiction de la néologie, voir sa nécessité ou son utilisation abusive.

Le deuxième chapitre se veut une étude quantitative et qualitative sur le phénomène le


plus célèbre découlant du contact des langues, mais d'un point de vue linguistique. Le chapitre
deux expose le phénomène de l'emprunt en générale pour se focaliser en suite sur les
emprunts dits externes, c'est-à-dire ceux empruntés à des langues étrangères. Nous donnons
des définitions et une typologie des emprunts, nous développons aussi les problèmes soulevés
par l'emprunt, à voir leur intégration et leur installation dans leur langue d'accueil. Nous
traitons aussi les langues d'origine des emprunts.

La deuxième partie constitue la partie pratique de notre travail de recherche. Cette


partie de la recherche se veut une analyse détaillée du corpus en faisant appel aux différents
concepts mentionnés antérieurement. Elle se compose du chapitre trois qui s'organise comme
suit :

14
NEOLOGIE INTRODUCTION

De prime abord, nous avons observé le phénomène dans un corpus : le journal algérien
quotidien El watan, dans la chroniques POINT ZERO et un COMMENTAIRE. Puis nous avon
repéré les termes candidats, pourront être élus par la suite pour constituer des néologismes,
par le dépouillement systématique de notre support de travail : journal El Watan. Puis nous
avons procédé à la description des candidats-néologismes, pour en terminer par la vérification
de leur absence ou présence dans les dictionnaires généraux ou les dictionnaires de
spécialités. Les candidats - néologismes seront sélectionnés selon plusieurs critères déjà cités
en début du chapitre 3.

Dans la deuxième étape, nous avons classé les créativités lexicales selon leurs
procédés de création tout en établissant la fréquence de chaque type à l'aide de graphique à
secteurs. Ensuite nous avons dressé des tableaux que nous avons ajustés selon les besoins de
chaque procédé créatif. Pour l'interprétation des résultats constatés de points de vue statique et
lexicosémantique, nous nous sommes basés sur les travaux de FABIENNE CUSIN-BERCHE
et Marie-Françoise MORTUREUX ainsi que les travaux de la lexicologie.

La troisième étape consiste en l'étude des emprunts linguistiques, à l'aide d'un tableau
qui fait ressortir les types d'emprunts, leur sens, leur langue d'origine et le type d'intégration.
L'interprétation des résultats est une mise en application des assises théoriques citées dans le
deuxième chapitre. En dernière étape, nous avons étudié les néologismes hybrides et les
enjeux pratiqués dans une création où cohabitent plusieurs systèmes. La simultanéité des
procédés créatifs entrant dans la composition des unités néologiques, les caractères
typographiques et les catégories grammaticales sont aussi au centre de cette étude.

Cette étude nous a révélé la réalité du parler des locuteurs algériens un peu particulier
dans la mesure où elle permet de constater la coexistence de deux ou plusieurs langues à
l’intérieur d’un même discours. Ce mélange de langues affectant la production langagière
s’observe à l’écrit comme à l’oral, mais à des degrés différents.

La créativité lexicale, l’emprunt, le calque, la troncation ainsi que d’autres procédés créatifs
sont de véritables « noyaux » à partir desquels peuvent se constituer de multiples lexies.

15
NEOLOGIE INTRODUCTION

Ces nouvelles lexies peuvent être créées par allongement on agglutinant des unités autre fois
distincte les unes des autres : par dérivation ou par composition (les deux procédés les plus
célèbres de création néologiques). Elles peuvent être créées par le processus inverse au
précédent : par rétrécissement on supprimant le début ou bien la fin du mot (principe de
troncation, etc.). Comme elles peuvent être aussi empruntées à d’autres langues étrangères (un
procédé qui dénote la paresse de l’esprit humain). Les transformations que subissent ces mots
sont formelles, elles ne touchent qu’à la forme du mot c’est une néologie de forme. Mais, il y
a aussi des transformations qui touchent à l’âme du mot. Ainsi, le mot subit un changement ou
un glissement de sens qui lui confère un sens nouveau qui vient s’ajouter à ses sens anciens :
c’est une néologie de sens.

Un néologisme est créé et diffusé pour répondre à un nouveau besoin communicatif. Il


peut être le fruit d’une création individuelle ou sociale. Une création qui vient répondre à une
nécessité dans le langage, comme il peut être un abus (ne répondant à aucun besoin) qui a été
inventé pour le plaisir de la création elle-même. Si la façon dont on crée les néologismes
parait être claire, qui sont les personnes qui inventent ces nouvelles unités linguistiques et par
quels moyens sont-elles diffusées ?

Toute personne ayant une assez bonne maîtrise de la langue française peut créer des
mots nouveaux. Mais il est plus courant que les mots nouveaux soient inventés par des
spécialistes appartenant à différents domaines. Les concepteurs de pub ainsi que les
journalistes sont les plus concernés par le phénomène de la néologie. Des néologismes qui
sont diffusés ensuite au moyen d’affiches publicitaires et de mass médias (presse écrite et
audiovisuelle). Pour notre cas et dans ce travail, nous nous intéresserons aux créations faites
par les journalistes et aux néologismes diffusés dans et par les journaux.

Nous avons choisi la langue du journaliste parce que « la langue écrite, surtout la
langue du journaliste, joue un rôle important dans la reprise de l’activité suffixale. Le
journaliste écrit vite ; il a besoin de précision, il évite d’instinct les périphrases ; le suffixe lui
vient naturellement sous la plume pour exprimer des rapports (Hervé-hervéisme, ovation-
ovationner). (…) C’est lui qui a souvent créé et surtout vulgarisé- dans presque toute
l’Europe- les dérivés des mots composés »3.

3
DAUZAT Albert, Tableau de la langue française : origine-évolution-structure actuelle, petite bibliothèque
Payot, 19.

16
LA CREATIVITE LEXICALE

&

LES MATRICES INTERNES


CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE

CHAPITRE 1

LA CREATIVITE LEXICALE & LES MATRICES INTERNES

« Une langue qui ne connaîtrait aucune forme


de néologie serait déjà une langue morte, et l'on ne saurait
contester que l'histoire de toutes nos langues n'est,
en somme, que l'histoire de leur néologie. »
B. QUEMADA

Introduction
Toute langue évolue nécessairement, puisque le lexique d’une langue vivante n’est pas
une entité stable et figée. C’est pour des raisons pareilles que « le lexique n’a jamais pu être
défini comme un système clos, en raison de son ouverture sur le référent, l’évolution du
monde, de la pensée, sur la transformation de la société »2.

En effet, au côté des stocks de mots déjà existants viennent s’ajouter au lexique de la
langue française de nouvelles unités lexicales, que les locuteurs empruntent (aux autres
langues étrangères) ou créent à l’aide de multiples mécanismes (répondant aux règles de
création ou non) pour répondre à différents besoins langagiers. Des mécanismes sollicités par
le public cultivé (auteurs, journalistes, politiciens, etc.) comme par le public moins ou non
cultivé. Ces nouveaux mots sont connus chez les spécialistes qui les étudient, outre les
néologistes et les néologues sous l’appellation de : néologismes. Le processus3 de leur
création étant la Néologie.

2
GUILBERT L., La créativité lexicale, coll. Langue et langage, Ed. Larousse, 1975, p.32.
3
Terme employé par DUBOIS.

19
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE

1.1 Autour de la Néologie

L’étude de la Néologie relève de deux domaines d’études : la stylistique et la


lexicologie.

· Elle est du domaine de la stylistique parce que tous les nouveaux mots
argotiques qui apparaissent dans la langue restent beaucoup de temps des néologismes sans
être lexicalisés finalement.

· Elle est du domaine de la lexicologie parce que « la lexicologie a pour objet


d’étude le vocabulaire ou le lexique d’une langue, autrement dit, l’ensemble des mots et de
leurs équivalents considérés dans leur développement et leurs liens réciproques dans la
langue »4.

Les linguistes en général, et à l’instar de L. Guilbert, J. Dubois et J-F


SABLAYROLLES distinguent deux types de néologies — car dans les deux cas il s’agit de
dénoter une réalité nouvelle5 — même s'ils proposent des classifications et des typologies
différentes des néologismes :

A- Néologie de forme
Selon J-F SABLAYROLLES la néologie formelle « est la formation de mots qui
n’existaient pas auparavant, principalement obtenus par dérivation ou composition ». Dans
ce cas, il s’agit d’une unité lexicale nouvellement créée ou fabriquée6. On peut distinguer
deux types de formation :
· La formation primitive
Elle consiste en la création de mots totalement nouveaux, sans aucun rapport avec les
mots qui existent dans la langue française (ex. gaz — internet).

4
SAMADOV N., Tendances de la néologie dans la radio : analyse à travers la radio France
international(sic).http://www.contrastiva.it/baul_contrastivo/dati/sanvicente/contrastiva/Neolog%C3%ADa/Sam
adov,%20Neologie%20e%20radio,%20These.pdf. Consulté le 22/09/2010 à 21 h 45.
5
DUBOIS J. et al, Dictionnaire de linguistique et des sciences du langage, Larousse-Bordas/ HER, 1999, p.
322.
6
Loc. cit.

20
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE

· La formation récursive
Tout à fait contraire à sa précédente, elle consiste en la création de mots nouveaux,
mais en se servant des éléments qui se trouvent dans la langue française et elle respecte tous
les modes de formation connus (dérivation, composition, abréviation, etc.)
La néologie formelle est facilement identifiable parce qu’un nouveau signifiant naît
toujours avec un nouveau sens.

B- Néologie de sens
Dans ce second cas, « on emploie un signifiant existant déjà dans la langue considérée
en lui conférant un contenu qu’il n’avait pas jusqu’alors — que ce contenu soit
conceptuellement nouveau ou qu’il ait été jusque — là exprimé par un autre signifiant »7.

Autrement dit, il s’agit d’une unité lexicale qui existe déjà dans la langue, mais à
laquelle on attribue un sens nouveau. On parle de création sémantique.
Comme source de création lexicale, la néologie sémantique reste cependant plus
difficile à détecter selon SABLLAYROLLES.

Donc, le néologisme — produit de la néologie — peut être un néologisme formel ou


un néologisme sémantique : « Par néologisme, il faut entendre aussi bien un sens nouveau
donné à un mot ancien qu’un vocable introduit de toutes pièces »8.

Si on examine bien cette citation de Michel BREAL, on remarque qu’il parle de


« vocable introduit de toutes pièces », ce vocable qui est introduit de toutes pièces peut être
un mot formé selon les règles de création des mots ou non (RCM)9, comme il peut être un mot
qui nous vient d’une autre langue étrangère (dite aussi langue source) : l’emprunt. D’ailleurs,
on pense même que « les seuls bons néologismes viennent de l’emprunt »10.

7
DUBOIS J. et al, Dictionnaire de linguistique et des sciences du langage, Larousse-Bordas/ HER, 1999, p.
322.
8
BREAL M., Essai de sémantique (science des significations), Hachette, 1904, p.295.
9
SABLAYROLLES J-F., Fondements théoriques des difficultés pratiques des traitements des néologismes,
(2002).http://www.cairn;info/revue-française-de-linguistique-2002-1-page-97.htm. Consulté le 15/12/2010 à
11h19.
10
SABLAYROLLES J-F., La néologie en français contemporain. Examen du concept et analyse de productions
néologiques récentes, Paris, Honoré Champion, 2000, p.43.

21
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE

L’emprunt est aussi considéré comme un néologisme, comme nous l’explique Jean
DUBOIS : « On peut penser que l’emprunt aux langues étrangères est à assimiler au
néologisme de forme »11. De ce fait, étudié par la néologie.

En effet, la langue française, pour se renouveler, elle ne fait pas que créer de nouvelles
unités, elle accepte et adopte aussi de nouvelles unités (néologismes empruntés aux autres
langues étrangères). Ces mots que la langue française « importent » puis adoptent (pas
essentiellement le cas de tous les mots) sont des unités lexicales qui lui viennent d’ailleurs par
différents mécanismes et pour différentes causes : « la néologie de l’emprunt consiste donc
non dans la création du signe mais dans son adoption »12. Chose qui fait que l’emprunt est
une lexie étrangère.

C’est pour des raisons pareilles que nous avons opté pour l’étude de l’emprunt dans un
deuxième chapitre qui lui est entièrement consacré. Nous avons vu qu’il était préférable de
séparer les nouveaux mots créés de ceux qui étaient empruntés aux autres langues étrangères.
Les premiers relevant du même système (la langue française), les seconds étant étrangers au
même système. Pour reprendre une phrase propre à Saussure, on peut dire qu’en séparant ce
qui est interne de ce qui est externe au système, on sépare du même coup, les matrices
internes de la matrice externe comme l’avait déjà fait et proposé J-F SABLAYROLLES dans
son ouvrage intitulé : La néologie en français contemporain : Examen du concept et analyse
de productions néologiques récentes13 (voir la typologie des néologismes proposée et élaborée
par J-F SABLAYROLLES que nous développons au niveau du paragraphe (7.1.).

Nous tenons à attirer votre attention que le terme de néologie va être employé comme
synonyme de créativité lexicale, vu que la néologie est définie comme le processus de
formation ou de création de nouvelles unités lexicales par J. Dubois.

11
DUBOIS J. et al, Dictionnaire de linguistique et des sciences du langage, Larousse-Bordas/ HER, 1999, p.
322.
12
GUILBERT L., La créativité lexicale, coll. Langue et langage, Ed. Larousse, 1975, p.92.
13
SABLAYROLLES J.F., La néologie en français contemporain : Examen du concept et analyse de productions
néologiques récentes, Collection LEXICA Honoré Champion, Paris, 2000, p.261.

22
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE

1.2. La néologie un phénomène ancré dans la langue française

La néologie est loin d’être un phénomène nouveau dans la langue française. Au


contraire, il s’agit bel et bien d’un phénomène ancré dans toute l’histoire de la langue
française, remontant jusqu’à sa genèse, parcourant son évolution et même jusqu’à aujourd’hui
dans sa modernité : la langue n’échappe pas au renouvellement. La néologie est aussi ce
phénomène ayant déclenché un débat interminable qui ne date guère d’aujourd’hui et qui a
beaucoup fait parler autour de lui.

Dans son introduction consacrée à la réédition de l’ouvrage de Louis Sébastien


MERCIER, intitulé NEOLOGIE14, Jean Claude BONNET qualifie le débat sur la néologie
d’une « Querelle » de cent ans : « Le débat à propos de la néologie s’inscrit dans
l’affrontement sans fin entre les anciens et les modernes qui est un trait de notre culture. »15.
Il ajoute « La vulgate puriste qui s’était constituée au siècle précédent (à travers les écrits de
Vaugelas, Malherbe, Ménage, le père Bouhours) avait prétendu fixer la langue en érigeant
comme un modèle insurpassable celle du classicisme triomphant mais les grands auteurs ne
cessèrent pas pour autant de créer des mots. »16. Alors, comment ces mots créés ont-ils
traversé l’histoire d’une langue aussi conservatrice : la langue française ? Et comment se sont-
ils imposés par la suite

1.2.1. Aspect historique

L’histoire de la néologie en langue française remonte à une période très lointaine,


vouloir la déterminer serait une chimère. Loin de cette idée de vouloir la déterminer, nous
allons tenter de retracer les évènements les plus marquants dans l’histoire de la néologie dans
la langue française de la façon la plus laconique.

14
La première édition remonte à juillet 1801.
15
BONNET J-C., Louis Sébastien MERCIER. NEOLOGIE, Paris, BELIN, 2009, p. II.
16
Ibidem.

23
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE

Dans ses début la langue française a beaucoup pris au grec et latin afin de s’enrichir et
de se renouveler et ne pas finir par disparaître, comme l’avait déjà constaté L. Deroy : « Les
langues qui vieillissent et qui finissent par mourir, ce sont celles qui n’évoluent plus »17.
C’est ainsi que plusieurs mots de la langue française ont été formés sur des bases gréco-latines
(sans oublier les emprunts gréco-latins et les emprunts aux autres langues étrangères), qui sont
devenues par la suite des affixes très productifs en matière de création dans la langue
française.

La France, dès le Moyen Âge, était un vrai centre de création de mots qui se
répandaient dans toute l’Europe. Comme on le sait tous, le français était formé du mélange du
latin vulgaire et des langues celtiques. Mais c’est Le fonds latin qui forme le fond proprement
originel du français. Les mots du latin populaire ont été transmis de siècle en siècle dans la
tradition orale et vivante de la langue. De ce fonds, la langue tire toute une série de mots
nouveaux à l’aide de la dérivation et de la composition.

Le XVIIe siècle quant à lui, a contribué à figer les capacités du français en matière de
néologie par des prescriptions rigoureuses, mais souvent injustifiées : « C’était une langue
très-riche que celle de nos anciens historiens, orateurs et poètes, jusqu’au dix-septième
siècle ; mais l’amour subit, l’idolâtrie aveugle pour quatre à cinq écrivains plus modernes
qui ont conquêté le gros des lecteurs, ont comme ordonné la suppression et proscription d’un
nombre très-considérable de mots très-expressifs et très-énergiques, qui ne sont point
remplacés. Une fausse délicatesse, un caprice, un engouement vif et rapide ont été cause de
ces bannissemens [sic]. Il y a des mots qu'on a rejetés, parce que les poètes comiques s'en
sont servis dans un sens défavorable.»18

Pendant le XVIIIe siècle, en réaction contre l’autoritarisme du XVIIe siècle, à l’idéal


de fixation de la langue s’est substitué celui de progrès et d’enrichissement que reflète la
créativité du système linguistique.

17
DEROY L., Néologie et néologismes : essai de typologie générale, La banque des mots nº 1, 1971, pp. 5-12.
18
BONNET J-C., louis Sébastien MERCIER : Néologie, Édition BELIN, 2009, p.21.

24
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE

Le XIXe siècle va se désintéresser de la néologie et ne plus guerre utiliser que la notion


de néologisme. Il va falloir attendre les années 1960 pour que l’étude de la néologie prenne
son essor et qu’elle fasse partie intégrante des sciences du langage, sans pour autant être
intégrée dans les ouvrages linguistiques de référence et cela jusqu’au début des années 1970.

La néologie prend un aspect officiel dans le domaine des études francophones, alors
que le pouvoir politique prend les premières mesures lui permettant de concrétiser sa volonté
d’équiper la langue française en termes scientifiques et techniques, face à la domination de
l’anglo-américain. C’est à partir des années 1980 que se met en place une activité assidue et
concertée de néologie officielle»19.

Depuis, les progrès scientifiques, techniques et culturels ont conduit à la nécessité


d’une terminologie en continuel accroissement et jusqu’à nos jours la langue française
continue à s’enrichir à l’aide des inventions intérieures de la langue (matrices internes)20.
Dans ce cadre-là, on distingue la néologie dirigée et la néologie spontanée. La première,
organisée par l’État est la conséquence de décisions d’ordre politique ainsi que l’activité
officielle de création ou de diffusion de mots français nouveaux. La deuxième, couvrant les
créations nées de l’usage, qui émanent des pratiques langagières, est une production
individuelle des gens.

1.3. Problèmes de définition et délimitation de concepts

La notion de néologie et de néologisme reste très floue et ne peut être cernée sans
grande difficulté. Parler de néologie et du néologisme, c’est aussi poser le problème de leur
définition et de leur délimitation en tant que concept. Dans la présente sous partie, nous
faisons une distinction des termes et des définitions autour desquelles s’organisera notre
travail.

19
GAUDIN. F et GUESPIN. L., Initiation à la lexicologie française : de la néologie aux dictionnaires, Coll.
Champs linguistiques. 1re édition. 2e tirage, Édition Duclot, 2002.
20
cf. 1.8.1. Les matrices internes.

25
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE

1.3.1. Les définitions

Pour notre cas nous avons deux termes clés à définir : néologie et néologisme. Afin de
les définir, nous allons remonter à la genèse de leur création, c’est-à-dire l’étymon de ces
deux termes, ainsi que leur apparition et évolution.

1.3.1.1. Étymon, apparition et évolution des termes

Afin de respecter la chronologie de l’apparition de ces deux termes construits au


XVIIIe siècle à partir de mots grecs, on défilera leur étymon selon l’ordre de leur création.

Les termes néologisme et néologie sont tout les deux des dérivés de l’adjectif
« néologique » apparu pour la première fois en 1726 — mot composé construit de
l’adjectif grec neos (nouveau) et du substantif grec logos (notion, mot) — dans le
« Dictionnaire néologique à l’usage des beaux esprits de ce siècle, avec l’éloge historique de
Pantalon-Phébus, par un avocat de province », écrit par l’abbé Guyot Desfontaines. Deux ans
après apparaît dans ce même dictionnaire le terme « néologue ».
« Néologisme » en tant que terme ne fera son entrée que sept ans après en 1735, dans un autre
ouvrage de l’abbé Desfontaines où on retrouve une définition du néologisme : « c’est le tour
affecté des phrases, c’est la jonction téméraire des mots, c’est la bizarrerie, la fadeur, la
petitesse des figures… ». Le mot « néologie » ne fera son apparition qu’en 1758, avec le sens
d’art, d’activité langagière consistant à créer, et à utiliser des mots nouveaux : « la néologie
est un art, le néologisme est un abus », acception affirmée par le Dictionnaire de l’Académie
française.

Le terme de néologie a été adopté en 1801 par Louis-Sébastien Mercier, en faisant le


titre de son dictionnaire de Néologie, pour être sûr de la compréhension du terme il a ajouté :
« Ou vocabulaire de mots nouveaux à renouveler, ou pris dans des acceptions nouvelles ».
Dans ce dictionnaire intitulé Néologie, ou vocabulaire de mots nouveaux à renouveler, ou pris
dans des acceptions nouvelles, l’auteur établit une nette opposition entre néologie et
néologisme et il oppose nettement néologue et néologiste.

26
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE

Le premier se rend utile en œuvrant pour la néologie, l’autre jargonne en abusant de


néologismes21. Ce point de vue est donc bien partagé à cette époque : les deux mots
s’opposent.
Le verbe néologiser quant à lui est rare, mais que l’on retrouve chez Balzac en 1792
dans le Journal de la langue française de Domergue.

Après avoir parcouru l’histoire diachronique des termes néologie et néologisme. Nous
allons défiler les citations que les auteurs les plus célèbres ont proposées pour définir ces deux
acceptions :
V. Hugo : « Ce sont les mots nouveaux, les mots inventés, les mots faits
artificiellement qui détruisent le tissu d’une langue ».
V. Hugo : « La néologie n’est qu’un triste remède pour l’impuissance ».
Voltaire : « Si vous ne pensez pas, créez de nouveaux mots ».
Une première lecture (même superficielle) de ces citations peut facilement révéler que
V. Hugo et Voltaire, s’inscrivent dans le courant des auteurs qui refusent la néologie dans la
langue française, car ils voient que celle-ci est un moyen de destruction de la langue.
Allons voir l’avis d’autres auteurs qui voient dans la néologie dans la langue française
un enrichissement plutôt qu’une destruction ou un handicape.
La Bruyère : « L’on écrit régulièrement depuis vingt années ; l’on est esclave de la
construction ; l’on a enrichi la langue de nouveaux mots ».

1.3.1.2. Définition linguistique

Voyons maintenant les définitions proposées par les linguistes, où il y a une grande
part accordée à l’objectivité :

L. Guilbert : « La néologie lexicale se définit par la possibilité de création de


nouvelles unités lexicales, en vertu des règles de production incluses dans le système
lexical ».

21
GAUDIN. F et GUESPIN. L., Initiation à la lexicologie française : de la néologie aux dictionnaires, Coll.
Champs linguistiques. 1re édition. 2e tirage, Édition Duclot, 2002, p. 234.

27
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE

A. Dauzat : « Pour le public cultivé mais non spécialiste on peut définir la néologie
comme le processus de création de nouveaux mots ».
J. Dubois : « la néologie est le processus de formation de nouvelles unités lexicales ».

1.3.1.3. Définition lexicographique

Nous allons maintenant présenter les définitions proposées par le dictionnaire le Petit
Robert (2000), afin de mieux sentir l’évolution des deux termes : néologie – néologisme, au
fil du temps.

NEOLOGIE n.f. – 1759 ; de néo-, et - logie 1. Création de mots nouveaux dans


une langue, afin de l’enrichir. « Une inflammation à laquelle notre néologie n’a pas
encore su trouver de nom » (Balzac) Commission de néologie. – par ext. Recueil de ces
e
mots. 2. (mil. XX ) Ling. Processus par lesquels le lexique d’une langue s’enrichit, soit
par la dérivation et la composition, soit par emprunts, calques, ou par tout autre moyen
(sigles, acronymes…)

NEOLOGISME n.m. – 1735 ; de néo-, et -logisme 1. Vieilli et péj. Affectation


de nouveauté dans la manière de s’exprimer. 2. (1880) Mod. Emploi d’un mot nouveau
(soit créé, soit obtenu par dérivation, composition, troncation, siglaison, emprunt, etc. :
néologisme de forme) ou emploi d’un mot, d’une expression préexistants dans un sens
nouveau (néologisme de sens). 3. Mot nouveau ; sens nouveau d’un mot. Un néologisme
mal formé. Néologisme officiel : terme recommandé par le législateur à la place d’un
terme étranger. ◊ Méd. Mot forgé par un malade, incompréhensible pour l’entourage.

Comme nous le montre le Petit Robert, le terme néologie a servi depuis sa création à
désigner le processus de formation ou de création de nouvelles unités lexicales ou
linguistiques, participant à l’enrichissement de la langue. Par contre, le terme néologisme est
passé par des étapes bien déterminées pour se stabiliser finalement au sens de « nouveau
mot ».

28
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE

Il a d’abord été porteur d’un sens péjoratif — il désignait toutes les bizarreries
langagières — après il acquit un sens presque équivalent à celui de néologie pour ce stabiliser
finalement au sens de « nouveau mot ». De nos jours, « néologisme » désigne aussi un mot
incompréhensible forgé par un malade.

En lisant ces citations et définitions, on remarque que néologie et néologisme en tant


que terme ont fait l’objet d’un sujet controverse, loin d’être cerné, il continue à échapper à
toute canalisation.

1.3.2 Les concepts

Les langues et les linguistes anciens n’ont légué au français ni concepts clairs ni
appellations « scientifiques » de l’innovation lexicale. Ce n’est que tardivement
qu’apparaissent des termes spécifiques pour dénommer les nouveaux mots et le processus
d’enrichissement lexical d’une langue. C’est justement, la langue grecque qui va donner au
français une série de termes qui se rattachent au concept de « néologisme ». La langue
grecque va fournir à la langue française un adjectif « neos » et un substantif « logos » qu’elle
va agglutiner par le procédé de la composition pour exprimer l’innovation lexicale.

C’est ainsi que la néologie, dans la linguistique moderne, en tant que concept va
désormais exprimer et désigner l’ensemble des processus de formation des mots nouveaux. Or
que, le concept de néologisme va être rattaché à la dénomination et la désignation du mot
nouveau.

1.4 Qu'est-ce que la créativité lexicale ?

L’ingéniosité de l’esprit humain mise au côté du « pouvoir illimité » que possède la


langue en tant que système, à générer un nombre infini de mots et de phrases, entraîne les
usagers d’une langue donnée dans un complexe processus créateur que traduit « la
créativité lexicale ».

29
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE

Selon L. GUILBERT, l’un des théoriciens ayant présenté une des thèses les plus
éclairantes à ce sujet, « La néologie lexicale se définit par la possibilité de création de
nouvelles unités lexicales, en vertu de règles de production incluses dans le système
lexical ». GUILBERT se situant dans le cadre de la grammaire générative traditionnelle,
considère la néologie comme étant la création, à partir de règles déjà définies par un
système, de nouvelles formes linguistiques.

Par contre, CHOMSKY, maître incontesté de la grammaire générative, insiste lui


aussi sur ce pouvoir créateur du langage et distingue deux types de créativité:
Une créativité gouvernée par les règles;
Une créativité qui change (ne respecte pas) les règles.

A son tour, J - F SABLAYROLLES la voit comme étant une notion large pour
laquelle on n’a pas de consensus sur une seule et même définition. Selon lui la néologie ou la
créativité lexicale peut être envisagée de plusieurs façons et dépend essentiellement du point
de vue selon lequel on se place : « la néologie n’est sans doute pas un concept discret, mais
comporte plutôt différents degrés sur une échelle. Cette conception large et scalaire de la
néologie explique la variabilité des jugements au sujet des néologismes et la présence dans le
corpus d’éléments qui ne seraient pas spontanément et unanimement considérés comme des
néologismes »22.

Alors que FABIENNE CUSIN-BERCHE23, définit la créativité lexicale en


l'opposant à la productivité lexicale. Pour CUSIN-BERCHE, la créativité s'affranchit des
règles servant à la construction des unités lexicales. La créativité ne met pas en œuvre — ou
pas uniquement — des procédés appartenant à la grammaire de la langue (analogie, verlan,
etc.). En revanche, la productivité lexicale est la capacité à créer des expressions, qui ont
pour vocation à devenir des unités lexicales, en recourant aux moyens formels qu'offre la
langue pour construire des lexèmes ou des expressions.

22
SABLAYROLLES J.F., La néologie en français contemporain : Examen du concept et analyse de productions
néologiques récentes, Collection LEXICA Honoré Champion, Paris, 2000, p.149.
23
CUSIN-BERCHE F., les mots et leurs contextes, Presses Sorbonne Nouvelle, 2007, p.32.

30
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE

1.4.1. Les différentes créativités lexicales

L. Guilbert distingue deux types de créativité lexicale auxquels il oppose deux


autres.

1.4.1.1. La néologie dénominative

Loin d’être un luxe qui se résume en la volonté d’innovation sur le plan de la


langue, la néologie dénominative traduit une nécessité de dénommer des réalités.

L. Guilbert la définit comme étant « la nécessité de donner un nom à un objet, un


concept nouveau »24. Cette forme de néologie « répond seulement au besoin de
communiquer une expérience nouvelle »25. Elle s’inspire dans son principe d’un souci
d’efficacité et non de considérations esthétiques. Elle vise une à une exacte adéquation du
nom avec l’objet ou le concept et elle évite toute ambiguïté dans la désignation.

1.4.1.2. La création néologique stylistique

Cette forme de création poétique purement individuelle, propre aux écrivains, réside
en une « création lexicale fondée sur la recherche de l’expressivité du mot en lui-même ou de
la phrase par le mot »26, afin de traduire des idées non originales d’une manière nouvelle tout
en exprimant une certaine vision personnelle du monde d’une façon nouvelle. La création
néologique stylistique se divise en trois sous-parties :
La création artistique
La création verbale ou littéraire
La création linguistique

24
Guilbert L., La créativité lexicale, coll. Langue et langage, Ed. Larousse, 1975, p.40.
25
Guilbert L., La créativité lexicale, coll. Langue et langage, Ed. Larousse, 1975, p.40.
26
Guilbert L., La créativité lexicale, coll. Langue et langage, Ed. Larousse, 1975, p.40.

31
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE

1.4.1.3. La néologie de langue

Par opposition aux deux créations néologiques précédentes, on distingue des


néologismes dits de langue. On peut les définir comme étant « des formations verbales qui ne
se distinguent nullement des mots ordinaires du lexique au point qu’ils ne se remarquent pas
lorsqu’ils viennent à être employés pour la première fois »27. Donc, indiscutable dans son
principe, en raison de sa conformité avec le système lexical. Ce qui définit le néologisme de
langue c’est sa virtualité par rapport au lexique attesté.

1.4.1.4. La puissance génératrice de certains éléments constituants

Contrairement à toutes les formes de création néologique, citées ci-dessus, qui se


situent dans l’usage généralisé, c’est-à-dire dans le processus parole langue. Se situant
nécessairement au niveau de la parole pour apparaître ensuite dans la langue. On peut
distinguer d’autres formes néologiques qui se situent dans le processus inverse langue
parole. Nous pensons particulièrement à des éléments formateurs du type mini, maxi, hyper.
Ce sont des éléments qui recèlent en eux-mêmes un certain dynamisme créateur.

1.5. La lexie néologique

Le concept de lexie a été élaboré par B. Pottier pour désigner des « unités lexicales
mémorisées » qui se comportent fonctionnellement comme des unités simples. Ce même
concept va être repris par J-F SABLAYROLLES parce que pour lui ni le morphème, ni le mot
ne peuvent rendre compte de l’étude du néologisme. Pour SABLAYROLLES l’unité la plus
adéquate pour rendre compte de l’étude du néologisme est la lexie.

27
Guilbert L., La créativité lexicale, coll. Langue et langage, Ed. Larousse, 1975, p.43.

32
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE

La lexie néologique peut être selon sa nature « des unités simples,


indécomposables,[…], ou des unités complexes comprenant non seulement des formes
affixées ou composées, mais aussi des syntagmes prépositionnels, des unités complexes
pouvant aller jusqu’à la phrase inclusivement et enfin des textes, connus partiellement ou
intégralement par de nombreux membres de la communauté linguistique »28.

La lexie néologique pouvant prendre plusieurs formes, peut être :

Un mot « tous les mots sont des lexies »29,


Une unité inférieure au mot,
Une unité supérieure au mot.

1.6. Qu'est-ce qu’un néologisme et pourquoi en crée-t-on ?

Un néologisme, et comme nous l’avons défini précédemment, est le produit de la


néologie, définie comme le processus de création de nouvelles unités linguistiques. Donc, le
néologisme recouvre les mots nouveaux eux-mêmes et l'habitude d'en inventer30.

Il faut savoir que le néologisme n’est pas seulement restrictif à la désignation de


nouveaux mots. Il englobe aussi toutes les expressions et tournures nouvelles comme nous
l’explique le TLF dans sa définition du néologisme : « Création de mots, de tours
nouveaux »31, « Expression ou mot nouveau »32. C’est-à-dire un néologisme peut être un mot
simple, un mot complexe et allant même jusqu’à la phrase.

28
Adaci S., LA NEOLOGIE JOURNALISTIQUE : Analyse des néologismes de la presse écrite francophone (Le
à 17 h http://www.umc.edu.dz/theses/francais/ADA1011.pdf. Consulté le 24/11/2010cas du Quotidien d’Oran),
58.
29
SABLAYROLLES J.F., La néologie en français contemporain : Examen du concept et analyse de productions
néologiques récentes, Collection LEXICA Honoré Champion, Paris, 2000, p.149.
30
WWW.TLF.FR
31
Idem.
32
Id.

33
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE

L’une des causes de l’apparition d’un néologisme se situe dans la communication,


lorsqu’un locuteur a le sentiment que le stock de mots dont il dispose à un moment donné ne
lui fournit pas le mot adéquat, il fait appel à des créations linguistiques. Donc, on peut
affirmer que le néologisme est d’abord un fait de discours puis un fait de langue. Puis, selon
les cas, les néologismes disparaissent ou s’installent dans la langue. Une fois enregistrés dans
les dictionnaires de langue, ils perdent leur statut de néologisme, pour n’être plus que des
mots récents. Cela nous permet de distinguer les néologismes qu’ils appartiennent au discours
ou non.

1.6.1. Néologisme de langue et néologisme de discours

1.6.1.1. Néologisme de langue

Sont les lexies néologiques correspondant aux créations qui sont d’un grand usage,
c’est-à-dire les nouvelles formes linguistiques socialement diffusées et connues par un certain
nombre de locuteurs. En autre, ce sont les mots qui ne sont pas attestés, mais qui auraient pu
exister dans la nomenclature de la langue française. Donc, les néologismes de langue sont
toutes les virtualités que le système de la langue française permet.

Saussure parlait de néologie de langue dans son CLG33 en donnant un exemple


improvisé : in-décor-able existant déjà en puissance dans la langue. En effet, Saussure nous
montre comment sont retrouvés tous les éléments constituants le mot in-décor-able dans
d’autres syntagmes tels : décor dans décor-er, able dans pardonn-able et in dans in-connu.

1.6.1.2. néologisme de discours

Sont les néologismes produits par un locuteur dans une situation donnée.
MORTUREUX soutient l’idée que les néologismes sont créés dans l’usage spécifique de la
langue, elle note « c’est dans le discours que naissent les néologismes »34.

33
SAUSSURE F- de ., Cours de linguistique générale, Edition Talantikit, Béjaïa, 2002, p.247.
34
Adaci S., LA NEOLOGIE JOURNALISTIQUE : Analyse des néologismes de la presse écrite francophone (Le
à 17 h http://www.umc.edu.dz/theses/francais/ADA1011.pdf. Consulté le 24/11/2010cas du Quotidien d’Oran),
58.

34
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE

1.7. Classement et typologie des néologismes

Le classement et la typologie des lexies néologiques pausent de nombreuses difficultés


à cause du nombre et de l’ampleur des désaccords dans la manière de classer les néologismes
selon J-FSABLAYROLLES, qui ira même jusqu’à proposer une typologie des typologies,
regroupant et résumant tous les travaux précédents.

1.7.1. Classement des néologismes

Le classement des lexies néologiques varie d’un linguiste à un autre. Depuis le début
des recherches sur la néologie et les néologismes, plusieurs classements se sont proposés
prenant en considération différents critères et principes de classements (explicites ou très
souvent implicites) qui dépendent eux même du domaine couvert et des préoccupations
proposées par la recherche. On retrouve ainsi des taxinomies fondées sur les procédés de
formation des lexies néologiques, d’autres sont fondées sur la sémantique, or que d’autres
sont fondées sur des critères variant en fonction des catégories retenues. (SABLAYROLLES
y consacre tout le chapitre 2 dans son ouvrage intitulé : La néologie en français
contemporain : Examen du concept et analyse de productions néologiques récentes).

Pour ce qui est de la néologie française, et en ce qui nous concerne, nous nous
appuyons sur le classement et la typologie des matrices lexicogéniques élaborée par J-F
SABLAYROLLES. Sa typologie englobe les principales classes et les principaux niveaux
issus des typologies antérieures ainsi que ses recherches.

1.7.2. Typologie des néologismes

Traditionnellement et habituellement, les linguistes distinguent deux types de


néologies : la néologie formelle et la néologie sémantique. Mais il existe des typologies plus
récentes comme celle élaborée par SABLAYROLLES.

35
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE

La taxinomie proposée par J-F SABLAYROLLES est largement inspirée des travaux
de Jean Tournier (1985 et 1991) pour l’anglais. Le classement est très hiérarchisé, il oppose
quatre matrices internes à une matrice externe :

Les matrices internes : elles comprennent les matrices suivantes :


1- Les matrices morphosémantiques.
2- Les matrices syntaxico-sémantiques.
3- Les matrices morphologiques.
4- La matrice pragmatique
La matrice externe.

1.8. Les procédés de formation des néologismes

Selon SABLAYROLLES, les deux tiers environ des taxinomies relèvent de la


lexicologie et sont fondées sur les procédés de formation des lexies néologiques. Et du
moment que notre travail de recherche se propose d’étudier les procédés de formation des
lexies néologiques, nous allons présenter les procédés de formation entrant dans la création
des néologismes, en gardant le même ordre avec les matrices lexicogéniques proposées par J-
F SABLAYROLLES. Des exemples de lexies néologiques seront donnés pour chaque
procédé de formation après un astérisque *.

36
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE

1.8.1. Les matrices internes

Elles regroupent quatre matrices, subdivisées elles-mêmes en sous-ensembles

1.8.1.1. Les matrices morphosémantiques

Elles regroupent les procédés de formation suivants :

a. La préfixation :

Elle consiste en l’ajout d’un affixe avant la base, appelée aussi radical. Ce qui
distingue le préfixe du suffixe […], et qu’il ne change jamais la classe grammaticale du mot.35
Indétrônable.36

b. La suffixation :

Elle consiste en l’adjonction d’un affixe en final de la base.


Recasement.37

c. La dérivation inverse ou régressive :

Elle consiste en la suppression d’un affixe (suffixe ou préfixe) à une unité lexicale qui
existe déjà dans la langue.
Chant de chanter.

d. Les parasynthétiques :

Elle consiste en l’ajout à la fois d’un suffixe et d’un préfixe à une base.
Déghétoisation.38

35
Charaudeau P., Grammaire du sens et de l’expression, Edition HACHETTE, 1992, p.68.
36
Néologisme relevés le 12 février 2011 dans COMMENTAIRE (Tableau n°3).
37
Néologisme relevés le 02 janvier 2011 dans COMMENTAIRE (Tableau n°2).
38
Néologisme relevés le 19décembre2010 dans COMMENTAIRE (Tableau n°1).

37
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE

e. La flexion :

Pour les créations de formes flexionnelles, SABLAYROLLES distingue deux


types :

Le premier type consiste dans « la fabrication ou réfection analogique (volontaire ou


involontaire) de formes “normale” pour les verbes défectifs ou irréguliers : ils closirent, ils
acquériront, et un plus inattendu ils aisseront (“ils essaieront”), etc. »39.

Or, « l’autre type a trait à des changements de genre, surtout la création de


substantifs féminins pour des activités, professions pour lesquelles seule une appellation
masculine était disponible, et un exemple un peu isolé de la création d’un adjectif masculin
tiré de la forme féminine : gladiatrice… »40.
Femme de général devienne générale.41

f. La composition :

« Le terme de composition est réservé à la fusion en une unité lexicale de deux unités
lexicales susceptibles d’autonomie, ce que on appelle traditionnellement des mots »42.
Il se peut que l’une des unités lexicales fusionnées soit déjà le résultat d’une
composition antérieure.
La fusion des deux unités lexicales peut se faire, ou bien par des outils comme un trait
d’union ou par agglutination des deux unités. Comme elles peuvent être posées l’une au côté
de l’autre comme nous le montrent les exemples présentés respectivement :
Arabo-musulman.43
L’islamoconservatisme.44
Région martyre.45

39
SABLAYROLLES J.-F., La néologie en français contemporain : Examen du concept et analyse de
productions néologiques récentes, Collection LEXICA Honoré Champion, Paris, 2000, p.219.
40
Idem.
41
Néologisme relevés le 07 décembre 2010 dans la chronique POINT ZERO (Tableau n°5).
42
Idem.
43
Néologisme relevés le 12 février 2011 dans COMMENTAIRE (Tableau n°3).
44
Néologisme relevés le 04 janvier 2011 dans la chronique POINT ZERO (Tableau n°6).
45
Néologisme relevés le 12 décembre 2010 dans COMMENTAIRE (Tableau n°1).

38
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE

g. Les synapsies ou composé par particule :

Ce sont des lexies qui se présentent sous la forme de plusieurs lexies autonomes
jointes par des prépositions.
Des « samedis pour le changement ».46

h. La composition savante :

C’est la composition d’un élément de la langue française avec des formants anciens,
pris au latin ou au grec, appelés pseudomorphèmes et quasi-morphèmes. Ces éléments
permettent la fabrication d’unités lexicales qui sont souvent utilisées dans les domaines de
spécialité.
Les cryptologues.47

i. La composition hybride :

Les composés hybrides offrent la particularité que leurs deux éléments constitutifs
n’appartiennent pas à la même langue.
République batatière.48
Rite ibadite. 49

j. Les mots-valises :

Ce phénomène d’amalgame, consiste en « la combinaison, en un mot, souvent


fantaisiste, des signifiants plus au moins altérés, de deux ou plusieurs lexies, avec création
d’un signifié qui combine les signifiés des diverses lexies présentes ».50
Desertec.51

46
Néologisme relevés le 24 février 2011 dans COMMENTAIRE (Tableau n°3).
47
Néologisme relevés le 26 février 2011 dans la chronique POINT ZERO (Tableau n°7).
48
Néologisme relevés le 02 mars 2011 dans la chronique POINT ZERO (Tableau n°8).
49
Néologisme relevés le 26 décembre2010 dans COMMENTAIRE (Tableau n°1).
50
SABLAYROLLES J.-F., La néologie en français contemporain : Examen du concept et analyse de
productions néologiques récentes, Collection LEXICA Honoré Champion, Paris, 2000, p.224.
51
Néologisme relevés le Le13décembre2010 dans la chronique POINT ZERO (Tableau n°5).

39
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE

k. La compocation :

Ce terme, proposé par CUSIN-BERCHE, dans son ouvrage intitulé Les mots et leur
contexte, est formé à partir des deux mots : composition et troncation.
Ce procédé permet la fusion de deux unités lexicales, mais contrairement au mot-
valise, il n’y a pas de segment commun aux deux lexies.
La realpolitik.52
l.
1- Les onomatopées :

Est la reproduction (qui n’est jamais une reproduction exacte) en langue d’un bruit,
son ou cri de la réalité extralinguistique, mais toujours avec une adaptation au système
phonologique de la langue.53
Cheb tchoutchou.54

2- La paronymie :

Il s’agit dans ce cas, d’une altération ou déformation, volontaire ou involontaire, du


signifiant d’une lexie, par reproduction d’un mauvais enregistrement, ou création par ironie
ou par jeu. Ce procédé peut affecter ou bien la graphie ou bien la sonorité des mots.
Lorman = (normal).55

3- Les fausses coupes :

Dans ce procédé de formation, les frontières entre morphèmes ne sont pas celles qui
correspondent aux frontières qui étaient originelles. La fausse coupe peut se faire par jeu
comme elle peut se faire involontairement.
« Code de l’infamie ».56

52
Néologisme relevés le 01 février 2011 dans COMMENTAIRE (Tableau n°3).
53
SABLAYROLLES J.-F., La néologie en français contemporain : Examen du concept et analyse de
productions néologiques récentes, Collection LEXICA Honoré Champion, Paris, 2000, p.212.
54
Néologisme relevés le 08 janvier 2011 dans la chronique POINT ZERO (Tableau n°5).
55
Néologisme relevés le 15 Mars 2011 dans la chronique POINT ZERO (Tableau n°8).
56
Néologisme relevés le 08 Mars 2011dans COMMENTAIRE (Tableau n°4).

40
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE

4- Le Verlan, Javanais57, Loucherbem58 :

Est un procédé de déformation assez systématique des lexies d’une langue, par
inversion, ajout et modification de phonèmes. En ce qui concerne ce procédé de formation,
nous n’avons enregistré aucun cas.

1.8.1.2. Les matrices syntactico-sémantiques

m- La conversion :

Ou transfert de classe, modification des traits inhérents, dérivation impropre,


recatégorisation et transcatégorisation sont tous des synonymes d’un procédé de création
désignant un changement d’appartenance catégorielle d’une lexie, sans changement du
signifiant.
Un entretien fleuve.59 (nom employé comme adj)

n- La conversion verticale :

Elle se fait entre des lexies de niveaux différents, à la différence de la conversion


horizontale qui se fait entre des lexies de même niveau. Les unités affectées par ce processus
sont des unités supérieures au mot.
l’avant compte rendu.60

o- La déflexivation :

C’est une opération qui permet la construction d’unités lexicales (noms ou adjectifs) à
partir de formes fléchies (infinitifs et participes).
Des immolés. 61

57
Argot conventionnel consistant à intercaler dans les mots les syllabes va ou av. Exemple de javanais :
chaussure = chavaussavurave
58
Forme d'argot où les mots traités ont leur consonne initiale remplacée par un l (si le mot commence déjà par un
l, c'est la consonne de la syllabe suivante qui est remplacée) et replacée à la fin du mot (sans suffixe). Jargon = L
+ argon + j (ji). — Par ext. Code analogue, avec un suffixe (ex. : boucher = L + oucher + b + em
[è Loucherbem]; trois = L + ois + tr + é).
59
Néologisme relevés le 31 janvier 2011 dans la chronique POINT ZERO (Tableau n°6).
60
Néologisme relevés le 28 mars 2011 dans la chronique POINT ZERO (Tableau n°8).
61
Néologisme relevés le 02 février 2011 dans la chronique POINT ZERO (Tableau n°7).

41
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE

p- La néologie combinatoire : Elle se divise en deux catégories :

1- la combinatoire syntaxique :

Elle est due à une modification du type de construction syntaxique conventionnelle.


Selon SABLAYROLLES, il sera considéré comme néologique toutes les modifications
relevant des niveaux suivants :
Emploi absolu d’un verbe nécessairement transitif
Emploi transitif d’un verbe intransitif
Complément de nom construit directement :
- Le syndrome Ben Ali ou Moubarak.62

2- la combinatoire lexicale :

Elle permet de combiner des unités lexicales qui d’habitude ne s’emploient pas
ensemble. Le mot est combiné avec un autre mot que celui avec lequel il a l’habitude de
paraître. On a ainsi des combinaisons autres que celles normalement attendues par le locuteur.
On lui souhaite tout le courage du monde.63
Le mot qui est normalement attendu par le locuteur est bonheur et non courage.

q- Extensions et restrictions de sens

1- Les extensions de sens :

Ce procédé décrit une extension du sens de la lexie. La lexie dénomme un ensemble


plus large que celui qu’elle dénommait avant. De nouveaux sèmes viennent se greffer et
s’additionner aux anciens, ce qui provoque un appauvrissement de sens de la lexie.
Câbles WikiLeaks.64

62
Néologisme relevés le 06 février 2011 dans la chronique POINT ZERO (Tableau n°7).
63
Néologisme relevés le 05décembre2010 dans la chronique POINT ZERO (Tableau n°1).
64
Néologisme relevés le 09 février 2011 dans la chronique POINT ZERO (Tableau n°7).

42
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE

Pour le mot câble, vous allez remarquer qu’il se répète plusieurs fois dans les huit
tableaux65 des néologismes candidats. Nous lui avons réservé une analyse spéciale dans le
chapitre 3 pour montrer comment le mot câble s’est chargé d’un nouveau sens : celui de
dossier informatique.

2- les restrictions de sens :

À l’inverse du précédent, la lexie dénomme un sous-ensemble par rapport à


l’ensemble plus vaste qu’elle dénommait avant. On assiste alors à un enrichissement du sens
de la lexie et à une restriction de son emploi : elle se spécialise.
Marche, marcheur, marcher.

En ce qui est les mots ci-dessus, vous allez remarquer qu’ils se répètent eux aussi
plusieurs fois dans les huit tableaux66 des néologismes candidats. Nous leurs avons réservé
une analyse spéciale dans le chapitre 3 pour montrer comment ces mots se sont spécialisé en
un seul et unique sens : celui de manifestation, manifestant, manifester.

r- La métaphore :

Ce procédé représente l’une des sources la plus puissante de la néologie sémantique.


« La lexie est utilisée pour dénommer un nouveau référent qui présente des similitudes avec
celui qu’elle dénommait primitivement ».67
Les exemples sont nombreux dans notre corpus, nous en proposons une analyse des
métaphores les plus réussies et métaphorisées dans le chapitre 3.
Révolution du jasmin.68

65
Voir annexe 1.
66
Voir annexe 1.
67
SABLAYROLLES J.-F., La néologie en français contemporain : Examen du concept et analyse de
productions néologiques récentes, Collection LEXICA Honoré Champion, Paris, 2000, p.228.
68
Néologisme relevés le 27 janvier 2011 dans COMMENTAIRE (Tableau n°2).

43
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE

s- La métonymie :

Est une figure de style qui permet de représenter le tout par la partie, le contenu par le
contenant, la cause par l’effet, le lieu ou le producteur pour la production et le signe pour la
chose signifiée, etc.
La métonymie permet d’engendrer un « rapport de contiguïté entre le signifié
originellement dénommé et le second ».69
Des portables.70 (pour des téléphones portables)

t- Autres figures :

La néologie peut se construire par le biais d’autres procédés de formation, telles les
figures de style, comme la synecdoque, l’antonomase, la litote, l’oxymore, etc.
« Pharaon » pour MOUBAREK.71

1.8.1.3. Les matrices morphologiques

Elle consiste en une modification formelle de la lexie néologique. Elle regroupe les
procédés de formation suivants :

u- La troncation, l’apocope, l’aphérèse :

C’est l’abréviation d’une lexie par la suppression d’une ou plusieurs de ses


syllabes.
TIZI (Tizi ouzou : une ville algérienne).72

69
SABLAYROLLES J.-F., La néologie en français contemporain : Examen du concept et analyse de
productions néologiques récentes, Collection LEXICA Honoré Champion, Paris, 2000, p.228
70
Néologisme relevés le 01 mars 2011 dans la chronique POINT ZERO (Tableau n°8).
71
Néologisme relevés le 13février 2011 dans COMMENTAIRE (Tableau n°3).
72
Néologisme relevés le 14 décembre 2010 dans la chronique POINT ZERO (Tableau n°5).

44
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE

v- La siglaison et les acronymes :

C’est une lexie qui est composée des initiales de plusieurs lexies. Si la lexie résultante
est épelée, on la nomme sigle, mais si elle est prononcée comme un seul mot elle devient un
acronyme.
ENE (étranger non européen).73
DOK, alias Daho Ould Kablia.74

1.8.1.4. La matrice pragmatico-sémantique

w- Le détournement :
C’est le changement et le détournement plus au moins marqué de l’un des éléments
constitutifs d’une locution, d’un proverbe ou d’une expression figée. La néologie par
détournement consiste à faire du neuf avec du vieux.75

MORTUREUX76, quant à elle, parle d’une manipulation d’expressions figées : « en


commutant un seul élément d’une de ces expressions, on obtient une phrase dont la valeur en
discours repose sur l’actualisation simultanée du sens de l’expression figée et du sens de
l’expression obtenue par manipulation ».

De ce fait, nous avons décidé, pour les lexies néologiques obtenues par détournement,
de l’importance de déterminer les locutions ou les expressions figées originelles à partir
desquelles ont été créées ces lexies. Les lexies originelles seront présentées entre crochets et
en caractère gras.
La main de fer d’hier, sans gant de velours.77 [Une main de fer dans un gant de
velours]
Sauver le soldat Moubarak.78 [Sauver le soldat Rayan]

73
Néologisme relevés le 19décembre2010 dans COMMENTAIRE (Tableau n°1).
74
Néologisme relevés le 18 janvier 2011 dans la chronique POINT ZERO (Tableau n°6).
75
SABLAYROLLES J-F., Fondements théoriques des difficultés pratiques des traitements des néologismes,
(2002).http://www.cairn;info/revue-française-de-linguistique-2002-1-page-97.htm. Consulté le 15/12/2010 à
11h19.
76
Adaci S., LA NEOLOGIE JOURNALISTIQUE : Analyse des néologismes de la presse écrite francophone (Le
à 17 h http://www.umc.edu.dz/theses/francais/ADA1011.pdf. Consulté le 24/11/2010cas du Quotidien d’Oran),
58.
77
Néologisme relevés le 23 janvier 2011 dans COMMANTAIRE (Tableau n°2).

45
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE

1.8.2. La matrice externe

Ou la néologie par emprunt, comme la nomme L. GUILBERT79. Elle regroupe toutes


les lexies néologiques, qui ont été adoptées sans subir de modifications formelles, dans une
langue cible A provenant d’une ou de plusieurs langues sources B, C, etc.
Des boat people.80
Echourouk81
En ce qui est de la matrice externe, nous allons nous limiter à ces quelques détails,
puisque nous avons consacré tout le chapitre 2 à l’emprunt et à son étude.

Remarque

Nous avons relevé dans notre corpus un certain nombre de néologismes qui ont été
créés en combinant deux ou même plus qu’un seul procédé de création. Puisque en effet, les
procédés néologiques ne sont pas mutuellement exclusifs car il est possible de les combiner
dans un seul néologisme. Il s’agirait dans ce cas, d’une successivité et non simultanéité des
opérations.
Dz-Files.82
Facebookeurs.83

1.8.3. Tableau des matrices

Vous trouverez ci-dessous un tableau récapitulatif des matrices lexicogéniques


proposées par J.-F SABLAYROLLES.84

78
Néologisme relevés le 30 janvier 2011 dans COMMANTAIRE (Tableau n°2).
79
Guilbert L., La créativité lexicale, coll. Langue et langage, Ed. Larousse, 1975, p.89.
80
Néologisme relevés le 20 décembre 2010 dans la chronique POINT ZERO (Tableau n°5).
81
Néologisme relevés le 26 janvier 2011 dans la chronique POINT ZERO (Tableau n°6).
82
Néologisme relevés le 01 décembre 2010 dans la chronique POINT ZERO (Tableau n°5).
83
Néologisme relevés le 12 janvier 2011 dans la chronique POINT ZERO (Tableau n°6).
84
SABLAYROLLES J.-F., La néologie en français contemporain : Examen du concept et analyse de
productions néologiques récentes, Collection LEXICA Honoré Champion, Paris, 2000, p.262.

46
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE

Tableau nº 1.1 : Les matrices lexicogéniques

a- Préfixation

b- Suffixation
Affixation c- Dérivation inverse

Morpho - sémantique

Construction
d- Parasynthétique

e- Flexion
f- Composition

Composition
g- Synapsie

h- Composition savante
Les matrices internes

i- Composition hybride

j- Mot-valise

k- Compocation

Imitation l- Onomatopée
& -Fausse coupe ou
Déformation paronymie
m- Conversion
Syntactico-sémantique

n- Conversion verticale
Changement
de o- Déflexivation
fonction
p- Combinatoire
syntaxique/ lexicale

q- Extension et
restriction de sens
Changement
r- Métaphore
de
sens s- Métonymie

t- Autres figures
u- Troncation
Réduction de la
Morphologique
forme v- Siglaison/Acronyme

w- Détournement
Pragmatique
Emprunt
La matrice externe

47
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE

1.9. La création lexicale en arabe

Si nous avons décidé de parler dans ce travail de la néologie arabe, c’est parce que la
langue arabe n’est pas loin et sans évolution et renouvellement. Ajouter à cela que nos
chroniqueurs sont bilingues (arabe – français). Ils multiplient la production de néologismes
relevant du système de la langue française et de la langue arabe, parfois même on a constaté la
présence de certains néologismes hybrides relevant à la fois des deux systèmes. Sans oublier
que le journal EL WATAN est un journal édité en ALGERIE, pays qui à comme langue
officielle l’arabe classique et comme première langue étrangère le français.

Selon ROMAN André85, le système syllabique primitif des langues sémitiques, qui est
resté celui de la langue arabe, est tel qu'il entraîne la disjonction, dans le fonctionnement de la
langue, du sous-ensemble des consonnes et du sous-ensemble des voyelles. Cette répartition
remarquable a permis l'attribution régulière de tâches différentes aux consonnes et aux
voyelles. De fait, la langue arabe a construit son système de nomination sur des racines de
consonnes et elle a fondé son système de communication sur ses voyelles brèves utilisées
comme des désinences casuelles.

Toujours selon ROMAN86, l’arabe, en tant que système, se compose de quatre sous-
systèmes interdépendants :
Un sous-système de phonèmes, voyelles et consonnes.
Un sous-système de syllabes.
Un sous-système de nomination (permet aux locuteurs de nommer l’univers
extralinguistique).
Un sous-système de communication (permet eux locuteurs de communiquer entre
eux).

85
ROMAND A., La créativité lexicale en arabe,
. Consulté le ttp://presses.univlyon2.fr/index.php?q=node/67&type=contributor&id_contributor=378h
04/01/2012 à 19 h 48.
86
Adaci S., LA NEOLOGIE JOURNALISTIQUE : Analyse des néologismes de la presse écrite francophone (Le
à 17 h http://www.umc.edu.dz/theses/francais/ADA1011.pdf. Consulté le 24/11/2010cas du Quotidien d’Oran),
58.

48
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE

L’innovation lexicale en arabe se fait par l’application d’un certain nombre de


mécanismes de création. Nous avons d’abord le sous-système de nomination qui permet la
création de nouveaux termes, les créations lexicales dans ce cas sont qualifiées d’unités
terminologiques simples (UTS) et le sous-système de communication permettant la création
d’unités terminologiques complexes (UTC). Les néologismes sémantiques sont obtenus par
les procédés de la métaphore et de la métonymie.

1.10. Néologie entre norme et usage

Dans l’histoire des langues, la norme a toujours été liée à l’usage. Le couple
norme/usage accompagna étrangement l’histoire de la linguistique à chaque époque de son
existence. L’idée même d’existence d’une langue française s’est essentiellement construite au
moyen de la notion de « norme ». L’usage étant une concrétisation de la langue, elle sera
donc, déterminée à son tour par la norme et par les besoins langagiers des locuteurs. Ainsi, la
langue devient sujette à de multiples modifications qu’apportent les locuteurs qui usent de
cette même langue et dont les besoins langagiers déterminent l’usage. Louis Hjelmslev rend
compte de cette tri- relation qui unit usage, norme et acte langagier dans son ouvrage intitulé :
Essais linguistiques dans les pages 87 - 88. Il écrit : « norme, usage et acte sont intimement
liés ensemble et se ramènent naturellement à ne constituer qu’un seul objet véritable, l’usage,
par rapport auquel la norme est une abstraction et l’acte une concrétisation ».

L’« usage » permet l’ajout de nouvelles unités lexicales au lexique de base de la


langue française, ce qui fait que la langue est en constante modification et altération.
Phénomènes qui selon les conservateurs outre les puristes (qui affichaient une position
conservatrice en faveur de la tradition classique), menacent l’homogénéité et la stabilité de la
langue française. Alors, comment faire pour gérer ce flux de mots nouveaux qui finissent
souvent par intégrer la langue française ?

49
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE

Il est important de savoir que « l’Académie française, a été créée au XVIIe siècle, en
partie pour effectuer un tri dans les néologismes, et éliminer ce qu’on estimait pas conforme à
la norme». Les académiciens estimaient que : « comme toute langue connue, le français
possède une grammaire du mot, qui permet en principe de créer avec une certaine régularité,
à partir d’un élément de base, des dérivés et des composées».87

Ainsi, l’Académie française a mis en place des normes qui assurent l’organisation et la
canonisation de la langue française, afin de la protéger des altérations que ses usagers lui font
subir. Mais cela n’a pas empêchaient les usagers de la langue française de créer davantage de
nouvelles unités lexicales : les néologismes (la réalité linguistique actuelle en témoigne).
L’Académie française a donc échoué à un pourcentage près d’atteindre les objectifs qu’elle
s’est fixée et l’on revient à Hjelmslev pour qui la norme constituée une abstraction par rapport
à l’usage.

La créativité lexicale se trouve face à deux facteurs qui la déterminent chacun à sa


manière : la norme et l’usage.

La norme, par ces règles, tente de donner des moules que l’activité créatrice du
locuteur doit prendre en considération pour que les néologismes épousent une forme bien
particulière dite « conforme aux règles de la création linguistique ». Par contre, « l’usage »
par la liberté et la tolérance qu’il offre quant à l’application et au respect des règles
(grammaticales - syntaxiques - lexicales - sémantiques et même pragmatiques) serait ce
champ idéal où germent les néologismes favorisant la création néologique. L’usage que se
font les locuteurs de la langue française serait la source de la mutation et du changement
linguistique.

L. GUILBERT explique comment se produit le changement dans la langue : « le


changement linguistique, sous l’aspect de la création, réside dans la pratique des locuteurs
de la communauté linguistique qui, par l’infléchissement des règles du système, individuel
d’abord, puis collectif, finissent par introduire le changement».

87
REY A., Préface du dictionnaire le Grand Robert de la langue française, décembre 1984- avril 2002.

50
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE

La transgression des lois du mot conduit à la création et l’émergence de formes


complètement nouvelles, qui des fois, répondent aux règles de la création néologique
(procédés de dérivation et composition, etc.). D’autres fois, les mots créés n’ont rien avoir
avec la morphologie française, par exemple l’hapax « ptyx » créé par MALLARME dans
Lettre à Lefebvre.

Des mots comme « ptyx » sont certes des créations lexicales, mais qui n’apportent pas
grand-chose au lexique de la langue française. On peut dire que la création néologique si elle
ne sert pas des fins et des causes utiles, elle devient indésirable et pernicieuse, et elle sera
considérée comme un abus et non pas une nécessité répondant à un besoin communicatif.

1.11. Néologie : nécessité ou abus

Le lexique est essentiellement de caractère social et idéologique, donc évolutif. Il


serait alors vain de vouloir empêcher cette évolution en verrouillant la langue. Ce qui serait
juste et raisonnable c’est de la contrôler et de la gérer afin de « canaliser la néologie »88

La néologie n’est pas toujours cette réponse, qui vient résoudre ou répondre à une
nécessite ou à un besoin expressif. D’où cette nécessité de dénommer des choses étrangères
(connues d’abord à l’étranger), ou même les mots requis pour désigner des notions nouvelles,
des inventions, des progrès scientifiques et techniques.

La néologie a certes servi cette légitime cause (les exemples sont nombreux dans la
langue française)89, mais elle a aussi servi à des créations abusives n’ayant d’autre but que
d’exprimer le superflu, sinon l’inutile.

88
Dubois J. et al, Dictionnaire de linguistique et des sciences du langage, Larousse-Bordas/ HER, 1999, p. 322.
89
Lorsqu’au début de 1907 la compagnie des omnibus (omnibus qui étaient alors à chevaux …) lança le nouveau
type d’ « omnibus automobiles », le mot autobus jaillit spontanément sur toutes les lèvres, dans tous les
journaux. Ce néologisme populaire était senti, au début, comme un composé, mot composé de deux abréviations,
une auto qui était en même temps un bus. D’après A. DAUZAT, Étude de linguistique française, p. 246

51
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE

Parfois même il y a des grammairiens qui parlent de néologismes de luxe et


néologismes de nécessité (L. DEROY).

Néologismes de luxe

Il s’agit d’un mot créé ou emprunté, qui viendrait doubler et concurrencer un autre mot
vivant qui existe déjà dans la langue. Des fois même, il est créé rien que pour le plaisir de la
création : Ou bien
1- On veut se différencier des autres.
2- On veut paraître amusant, même drôle.
3- On veut attirer l’attention, etc.

Néologismes de nécessité

Le néologisme de nécessité né d’un besoin de dénommer des réalités linguistiques


nouvelles, des progrès scientifiques, des inventions, des objets ou des concepts étrangers, etc.
En un mot, il vient répondre à un besoin, à une nécessité :

1- On donne un mot à un nouveau concept ou objet


2- On ne peut pas trouver de bon mot
3- On veut éviter la répétition du même mot
4- Un terme d’un langage spécialisé passe vers le langage commun
5- On subit l’influence d’une langue étrangère, etc.

Reste à rappeler « qu’on ne pouvait indéfiniment confondre ainsi l’abus du néologisme


et l’indispensable néologie »90, mais « il faut bien des précautions : sinon, au lieu d’enrichir
la langue, on la corrompt »91. C’est pour cela qu’il fallait corriger et les excentricités
conservatrices et excentricités créatrices.

90
BONNET J-C., louis Sébastien MERCIER : Néologie, Edition BELIN, 2009, p.III.
91
BREAL M., Essai de sémantique, Essai de sémantique (science des significations), Hachette, 1904, p.300.

52
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE

1.12. Néologisme/Archaïsme

« Les mots vont et viennent. Ils se fanent aussi vite qu’ils fleurissent ». Phénomène et
mouvement qui font que le lexique d’une langue soit en perpétuelle dynamique et évolution. Il
y aura automatiquement, des mots nouveaux qui vont intégrer la nomenclature de la langue :
« les néologismes », d’une part.

D’une autre part, d’autres termes qui à force de n’être plus utilisés par les locuteurs
(pour différentes causes et raisons), vieillissent et finissent par tomber en désuétude jusqu’à ce
qu’ils disparaissent complètement du lexique de la langue et deviennent : des « archaïsmes ».

Donc, on pourrait comprendre que le néologisme et l’archaïsme constituent tous deux


des étapes naturelles et incontournables dans la vie d’une langue comme nous l’explique
Émile Littré dans sa préface : « Ainsi, toute langue vivante (…) présente trois termes : un
usage contemporain qui est le propre de chaque période successive ; un archaïsme qui a été
lui-même autrefois usage contemporain (…) et, finalement, un néologisme (…) qui, lui aussi,
sera un jour de l’archaïsme et que l'on consultera comme histoire et phase du
langage (…) »92.

Dans une langue on a tendance à opposer le néologisme à l’archaïsme. Le dictionnaire


le Grand Robert propose le terme archaïsme comme antonyme de néologisme. Justement, il
faut faire très attention à cet emploi, puisqu’il ne faut pas oublier que nombre de mots
expurgés de la langue française à un moment donné de son histoire ont resurgi des années ou
même des siècles après pour en devenir à leur tour néologismes. La réalité est que l’archaïsme
lui aussi peut être un néologisme ou il est néologisme comme nous le fait constater J-F
SABLAYROLLES : « loin d’être un antonyme de néologisme, l’archaïsme peut en
relever »93.

92
Littré (Maximilien Paul Émile), Préface du dictionnaire le LITTRE.
93
SABLAYROLLES J.F., La néologie en français contemporain : Examen du concept et analyse de productions
néologiques récentes, Collection LEXICA Honoré Champion, Paris, 2000, p.53.

53
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE

En effet, des mots disparus peuvent réapparaître comme les archaïsmes ou ils
connaissent une utilisation nouvelle. Cela peut paraître complètement inconcevable, mais
c’est ce qu’affirme J-F SABLAYROLLES : « sont aussi paradoxalement considérés comme
nouveaux des éléments anciens pour peu que ces éléments anciens aient disparu de l’usage de
la langue »94.

94
Op. cit, p.42.

54
CHAPITRE 1 LA CREATIVITE LEXICALE

Conclusion

La langue française, comme toutes les autres langues du monde, se renouvelle en


permanence par le biais de plusieurs mécanismes et processus. Elle en gagne de nouvelles
unités lexicales comme elle en perd. Loin d’être contre le courant de la technologie et de la
rénovation, la langue française se renouvelle, mais tout en évitant de se corrompre par des
créations extravagantes et inutiles.

Que les unités nouvelles soient créées selon les règles de la création du système ou
pas, qu’elles soient des créations formelles ou sémantiques, qu’elles soient un néologisme de
langue ou de discours, ce qui est à faire c’est de ne pas les rejeter sous prétexte de vouloir
préserver la langue française, ce qui serait par contre intéressant c’est de bien les contrôler et
de savoir les gérer en les étudiant.

La langue française se doit d’être d’actualité : sinon le flux de mots anglais va


l’engloutir jusqu’à ce qu’elle disparaisse.

Comme nous le savons tous, la langue française comme toutes les autres langues du
monde ne fait pas que créer de nouvelles lexies, elle emprunte quand nécessité oblige ou des
fois même, elle se trouve envahie par un flux de mots étrangers lui venant de partout.

L’emprunt linguistique est un autre moyen auquel la langue recourt pour se procurer
de nouvelles unités. C’est ce que nous développant dans le deuxième chapitre vu que
l’emprunt fait aussi partie de la néologie : « l’apparition d’un signifié nouveau qui se fait par
deux voies principales. Soit par création ou emprunt d’un signifiant nouveau, soit par
changement de sens ou de valeur morphologique d’un mot existant »95.

95
BONNARD H., Code du français courant. Baume-les-Dames, 1997, p. 99.

55
L’EMPRUNT LINGUISTIQUE

OU

LA MATRICE EXTERNE
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE

CHAPITRE 2

L’EMPRUNT LINGUISTIQUE OU LA MATRICE EXTERNE

« Je conçois donc une langue universelle, celle qui


emprunterait des mots à toutes les langues connues,
et qui les assujettirait ensuite à sa syntaxe. »
L.S. Mercier, Néologie, 1801.

Introduction

La langue française, comme toutes les autres langues du monde, est en contact
permanent avec les autres langues étrangères. Ce qui engendre un échange de vocabulaire
entre ces langues en contact désireuses d'exprimer des réalités étrangères. Permettant ainsi
aux langues et à la langue française d’accroître son vocabulaire au biais des mots échangés
appelés : emprunts.

L’apport des sujets bilingues ou même multilingues à la langue française est d’une
grande importance. Des sujets qui manipulent sans cesse, avec des niveaux de maîtrise qui
divergent, des systèmes de langues différents tout en créant un va-et-vient dans un
extraordinaire tour du monde lexical avec toutes ces désignations propres à chaque culture.

L’emprunt est considéré comme le phénomène sociolinguistique le plus important


dans tous les contacts de langues comme nous le rapporte Maurice Pergnier en affirmant que
« l’emprunt est le résultat d’interférences entre deux langues et qu’il n’y a donc emprunt que
dans la mesure ou deux langues sont en contact à travers un nombre plus ou moins élevé de
locuteurs, bilingues à des degrés divers »94.

94
PERGNIER, M., Les anglicismes. 1re édition. Paris: PUF, 1989, p. 23.

57
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE

Ce travail de recherche ne s’intéressera pas à l'emprunt linguistique comme un


phénomène relevant de la sociolinguistique. Nous nous intéresserons au phénomène de
l’emprunt comme étant un phénomène linguistique95.

L’emprunt fera l’objet d’étude de notre travail de recherche dans la mesure où il est un
élément nouveau, qui est intégré dans le système linguistique et qui enrichit la collection des
segments linguistiques96.

Notre recherche sera focalisée sur une source de néologismes, en plus de la dérivation
et du changement de sens, qui sont les emprunts aux langues étrangères, appelés néologismes
exolingue97.

Nous essayerons de répondre aux questions suivantes :

- Qu’est-ce qu’un emprunt ?


- Comment sont-ils intégrés dans leur langue d’accueil ?
- Et comment est-ce que cet échange de mots constitue une source intarissable quant au
renouvellement du vocabulaire et de son enrichissement ?
- Délimiter les frontières qui lient emprunt et néologisme.

Avant de nous pencher sur ce travail de façon plus approfondie, nous avons vu qu’il
serait intéressant de donner une « petite esquisse », résumant les événements les plus
importants qui ont marqué l’histoire de l’emprunt dans la langue française.

2.1. Aspect historique

Il suffit d’observer le lexique de la langue française pour voir combien il apparaît


composite et hétérogène. Il comprend d’une part le fonds héréditaire formé à partir du latin
vulgaire, où sont comptés les mots gaulois et franciques, et de l’autre les emprunts aux
langues étrangères. Le lexique de la langue française, par exemple, est composé de mots
d’origine latine, mais aussi d’origine grecque, gauloise, saxonne, arabe, celtique, anglo-
américaine, etc.

95
GUILBERT L., La créativité lexicale, coll. Langue et langage, éd. Larousse, 1975, p.92.
96
Loc. cit.
97
RUOHOTIE M et al., Les emprunts lexicaux totaux dans le Monde (2004),http://www.URN_NBN_fi_jyu-
20055.pdf, Consulté le 27/09/2011 à 15h52.

58
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE

En effet, l’histoire de l’emprunt dans la langue française remonte à belle lurette. Le


vocabulaire héréditaire du français provient du latin considéré comme le plus grand
fournisseur d’emprunt dans la langue française — les premiers emprunts au latin s’observent
à la fin de l’époque carolingienne, sous forme de mots repris au latin d’église et relatifs à la
religion et au culte98 — il a été la source de divers emprunts dits mots savants. Ainsi, le
français vient d’une langue romaine primitive, une sorte de latin parlé fort éloigné du latin
littéraire et diversifié selon les régions99. Le grec a aussi servi de source aux emprunts
scientifiques et intellectuels, qui passèrent dans la langue française par l’intermédiaire du latin
et cela jusqu’à la Renaissance.

Une grande partie des emprunts a été faite à l’italien. Des emprunts datant de la
Renaissance et continuant jusqu’au XXe siècle, où ils deviennent progressivement plus rares.
e
Les premiers emprunts se sont produits au début du XIV siècle grâce aux relations
commerciales, diplomatiques et militaires qui ont commencé à s’intensifier entre les deux
pays. Mais, c’est surtout le grand mouvement de la Renaissance qui a provoqué une véritable
« invasion » de mots italiens qui touchent surtout la littérature, les beaux-arts, la guerre et le
sport (adagio, alarme, altesse, appartement, aquarelle, attaquer, dessin, grandiose, moche,
mosaïque, satin, soprano, ténor, trio, etc.). De l’Italie plus contemporaine, le français a
emprunté autostrade, espresso, fascisme, fasciste.

L’espagnol a également fourni de nombreux termes au français, des termes militaires


e
et maritimes. À partir de la seconde moitié du XVI siècle, le français a accueilli un nombre
considérable de mots espagnols (alcôve, anchois, artichaut, camarade, canot, fanfaron, etc.).
e
Il est important de noter aussi que, grâce à l’extension coloniale de l’Espagne au XVI siècle,
sa langue a servi de véhicule à une quantité de mots d’origine américaine (tomate, chocolat,
etc.).

98
DAUZAT A., Tableau de la langue française : origine- évolution- structure actuelle, Petite bibliothèque
Payot, Paris 6e, 1967, p. 64.
99
CHARAUDEAU P., Grammaire du sens et de l’expression, Hachette-éducation, Paris, 1992, p.80.

59
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE

Le lexique du français contient aussi des mots d’origine allemande. C’est surtout
e
depuis le XV siècle que, par suite d’événements politiques différents (alliance avec les
Suisses, Réforme, Guerres de religion, Guerre de Trente Ans...), l’allemand a réussi à
s’imposer dans le français (loustic et choucroute (par l’intermédiaire de l’alsacien),
accordéon, boulevard, dalle, élan, balle, bière, blottir, cauchemar, halte, huguenot, trinquer,
obus, sabre...).

En dehors des termes qui ont trait à la vie quotidienne, les termes militaires forment un
groupe important parmi ces emprunts. On observe également que l’allemand a servi de
véhicule aux mots slaves, hongrois ou turcs pour leur passage en français.

À l’arabe, le français a emprunté des termes relatifs d’abord au commerce, puis au


domaine médico-pharmaceutique, mathématique et astronomique qui étaient des sciences
fortes développées par les Arabes (zéro, algèbre, alcool, azimut, chiffre). Le français a aussi
emprunté au néerlandais et au flamand.

Le français a aussi emprunté à différentes langues quelques désignations de produits


exotiques. Le vocabulaire exotique du français doit aussi au portugais (mandarin, fétiche,
caravelle, acajou, bambou, banane, etc.) et à l’arabe (élixir, orange, safran, guitare, calife,
etc.).

e
L’influence de l’anglais a été relativement tardive. Les emprunts antérieurs au XVIII
siècle sont rares ; mais, plus tard, le développement extraordinaire de l’Angleterre et des
États-Unis a favorisé l’invasion massive des mots d’origine anglaise. L’emprunt à l’anglais
n’a commencé que vers le XIXe siècle, se renforçant vers le XXe siècle à cause des deux
guerres mondiales et d’un certain snobisme. De nombreux lexiques techniques présentent des
mots anglais : commerce (discount, facturing, leasing...), spectacle (strip-tease, jazz, rock...),
sport (football, bowling, surf...), cinéma (caméraman, script, western...), journalisme (gallup,
reporter, flash...), etc.

60
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE

La situation actuelle, où l'anglais prédomine comme source d’emprunts, est facilement


explicable. Comme le dit WARHAUG100, l'anglais est devenu la lingua franca du monde
actuel. L’anglais est fortement répandu par la radio, les systèmes satellitaires et même, par les
agences de presse internationales anglophones en l’occurrence le langage des médias.

Des chiffres reflétant la réalité de l’emprunt dans la langue française, sont cités par
Henriette WALTER dans son ouvrage intitulé l’Aventure des mots français venus d’ailleurs :

Henriette trouve que sur 60 000 mots d’un dictionnaire de français courant 8 600 sont
d’origine étrangère, soit (14,3 %), si l’on ne garde que les 35 000 mots d’un dictionnaire de
français courant, ce chiffre est ramené à 4200, soit (12 %).

Ces emprunts peuvent être originaires de n’importe quelle langue. Henriette pense que,
les langues d’origine de ces 4200 emprunts sont les suivantes, pour les principales :

1- anglais (23 %),


2- italien (16,8 %),
3- francique (13 %),
4- arabe (5,1 %).

Selon Henriette, le français emprunterait beaucoup plus à l’anglais et beaucoup moins


à l’arabe.

Alors que HAGEGE101, trouve que le lexique actuel français comporte aujourd'hui
2,5 % d’anglicismes. Leur fréquence dans le discours est pourtant de 0.6 % seulement.

100
RUOHOTIE M. et al, Les emprunts lexicaux totaux dans le Monde (2004), http://www.URN_NBN_fi_jyu-
20055.pdf, Consulté le 27/09/2011 à 15h52.
101
Idem.

61
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE

2.2. Qu'est-ce qu’un emprunt linguistique ?

Si l’on se réfère à une explication claire et simple proposée par Albert DAUZAT qui
avait écrit que l’emprunt est entré en usage dans la langue française « par un euphémisme
savoureux qui a passé depuis longtemps dans l’usage linguistique, on appelle mots d’emprunt
les termes que les langues étrangères sont censées “prêter” »102. Dans ce cas, le terme que la
langue emprunte est complètement étranger à son système et il est senti comme tel par les
locuteurs natifs de cette langue, du moment que le terme emprunté lui vient d’ailleurs103,
d’une autre langue étrangère, d’un autre système linguistique qui lui est complètement
étranger.

C’est ainsi que l’emprunt ou le nouveau signe se signale par la majorité à l’attention
par une organisation des phonèmes et lettres, inhabituelle et non conforme au système de
syllabation du français. Ainsi, son caractère « étranger » est évident aux yeux et aux oreilles
de l’autochtone. Cela reste insuffisant pour juger puis se prononcer sur un terme s’il fait partie
de la langue d’origine ou pas, prenant en considération uniquement son caractère étranger.

Plusieurs linguistes se sont intéressés à l’emprunt et à son étude et proposent des


définitions plus détaillées et plus pointues afin de cerner ce phénomène linguistique en plein
expansion.

102
DAUZAT A., Tableau de la langue française : origine- évolution- structure actuelle, Petite bibliothèque
Payot, Paris 6e, 1967, p. 53.
103
Terme employé par WALTER Henriette pour désigner les emprunts.

62
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE

2.2.1. Les définitions

2.2.1.1. Définition lexicographique

Dans le dictionnaire électronique Le Grand Robert de la langue française, l’emprunt


est défini :

Emprunt : [SpYX] n.m. ÉTYM. V. 1095 ; déverbal de emprunter

b (1826, in D. D. L.). Ling. Acte par lequel une langue s'incorpore un


élément étranger ; l'élément ainsi incorporé. | Emprunt phonétique, auditif.
| Emprunt graphique, visuel. | Emprunt de syntaxe. — Emprunt de
vocabulaire. | Mot d'emprunt.

Spécialt. Unité lexicale ou terminologique (d'une langue) provenant d'une


autre langue. | Emprunts de l'anglais, à l'anglais (Anglicisme), de
l'allemand, à l'allemand (Germanisme), en français. | Emprunts et
calques*. | Emprunt à, de (une langue). | Algarade est un emprunt de
l'espagnol ; obus, sabre, de l'allemand ; chèque, wagon, de l'anglais. | Il
faut distinguer en français les emprunts du latin, du grec (mots savants)
des mots du fonds populaire, dérivés du latin. | Le fonds primitif et les
emprunts.

Pour une explication plus détaillée, Le Grand Robert de la langue française insert
même une citation de F. BRUNOT et Ch. BRUNEAU, prise de leur ouvrage intitulé Grammaire
historique.

« Il existe, au point de vue psychologique, deux sortes d'emprunts (…) l'emprunt nécessaire et
l'emprunt de luxe (…) Une chose nouvelle exige une appellation nouvelle ; l'établissement des
chemins de fer devait amener une série de créations, ou d'emprunts, pour désigner les
tunnels, les locomotives (…) L'emprunt de luxe, au contraire, est logiquement inutile. »
F. BRUNOT et Ch. BRUNEAU, Grammaire historique, p. 180.

63
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE

2.2.1.2. Définitions linguistiques

Selon SABLAYROLLES, L’emprunt consiste à aller chercher une lexie dans une
autre langue, plutôt que d’en fabriquer une avec ses propres ressources.104Pour
SABLAYROLLES, on importe d’une autre langue un signifiant et un signifié associés.105

Dans ce cas, une langue A va accueillir un mot (ou des mots) qui appartient à une
langue B : « il y a emprunt linguistique quand un parler A utilise et finit par intégrer une
unité ou un trait linguistique qui existait précédemment dans un parler B (dit langue source)
et qu’A ne possédait pas ; l’unité ou le trait emprunté sont eux-mêmes qualifiés
d’emprunts ».106

D’après DUBOIS, les unités linguistiques qui émigrent de la langue A vers la langue
B sont appelées : emprunts, même si certains linguistes ne sont pas d’accord sur cette
appellation.

Certains linguistes voient que « le mot emprunt est mal choisi, car la langue
emprunteuse ne rend pas ce qu’elle a emprunté (ou du moins, elle le garde, s’il lui arrive que
la langue donneuse lui réemprunte ce qu’elle avait donné… »

DUBOIS signale dans son Dictionnaire de linguistique et des sciences du langage


l’existence de types d’emprunt : l’emprunt interne et l’emprunt externe.

l’emprunt interne

Selon DUBOIS, on parlera d’emprunt interne « quand le même phénomène se produit


à l’intérieur d’une langue »107. Il ajoute en expliquant : « il peut y avoir emprunt interne d’un
domaine à l’autre (menu a été emprunté par l’informatique à la restauration), ou par passage
d’une langue scientifique à la langue commune (complexe passe de la psychanalyse à la
langue générale »108.

104
SABLAYROLLES J.F., La néologie en français contemporain : Examen du concept et analyse de
productions néologiques récentes, Collection LEXICA Honoré Champion, Paris, 2000, p.232.
105
Idem, p 392.
106
DUBOIS J. et al, Dictionnaire de linguistique et des sciences du langage, Larousse-Bordas/ HER, 1999, p. 177.
107
Op.cit, p. 178.
108
Loc.cit.

64
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE

L. GUILBERT le qualifie d’un mouvement qui se manifeste entre des vocabulaires


régionaux ou des vocabulaires professionnels et le vocabulaire général.

L’emprunt interne est aussi une lexie que la langue française emprunte aux autres pays
francophones (par exemple : binette, courriel), d’une part. Comme il peut être une lexie
empruntée aux dialectes provinciaux et régionaux.

l’emprunt externe

On parlera d’emprunt externe lorsque des unités linguistiques émigrent ou passent


d’une langue à une autre langue étrangère pour diverses raisons (proximité géographique,
colonisation, relations commerciales, etc.). Dubois définit l’emprunt externe comme étant
« une autre façon d’envisager le phénomène d’extension du sens »109.

DUBOIS voit que l’emprunt regroupe à la fois les phénomènes internes et externes.
Alors que nombres de linguistes, à l’instar de SABLAYROLLES voit dans l’emprunt un
processus étranger à la langue française, il oppose ainsi les procédés de renouvellement
propres à la langue française qu’il nomme matrices internes, d’une part, à un seul procédé de
renouvellement qui n’est pas propre à la langue française qu’il nomme matrice externe, d’une
autre part. Cette opposition réside dans le faite que les nouveautés ne sont pas produites par le
système de la langue, mais sont importées à d’autres systèmes linguistiques.

Louis GUILBERT, partage cette idée d’extranéité, pour lui « l’emprunt consiste dans
l’introduction, à l’intérieur du système, de segments linguistiques d’une structure
phonologique, syntaxique et sémantique conforme à un autre système et crée, du strict point
de vue linguistique, une situation de rejet ». Il continu son explication à propos de l’emprunt
externe et interne, on distinguant nettement les deux : « ce n’est pas le cas pour l’emprunt, dit
interne, qui consiste le plus souvent en une simple translation sémantique ».110

109
Loc.cit.
110
GUILBERT L., La créativité lexicale, coll. Langue et langage, Ed. Larousse, 1975, p.90.

65
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE

Dans son Dictionnaire de la Linguistique, Georges MOUNIN confirme lui aussi que
l’emprunt consiste en « l’intégration à une langue d’un élément d’une langue étrangère »111.

Il est clair, maintenant, après avoir exposé les définitions de l’emprunt proposées par
les linguistes, qu’il y a une divergence quant à la considération de l’emprunt. Certains
linguistes voient dans l’emprunt un phénomène à la fois interne et externe à la langue, par
contre d’autres, voient dans l’emprunt un phénomène typiquement externe à la langue. Dans
ce deuxième cas de figure, ils parlent d’emprunt aux autres langues étrangères.

Le terme emprunt désigne à la fois le procédé, par lequel les utilisateurs d’une langue
adoptent intégralement, ou partiellement, une unité ou un trait linguistique (lexical,
sémantique, phonologique, syntaxique) d’une autre langue. Comme il désigne l’unité ou trait
linguistique d’une langue qui est emprunté intégralement ou partiellement à une autre langue.
C’est-à-dire l’acte d’emprunter et l’élément emprunté.

2.3. Les phases de l’emprunt linguistique

Dans la perspective de l’étude de la néologie, l’emprunt aux langues étrangères est un


signe étranger à son système d’accueil. Alors, comment un terme étranger peut-il par la suite
devenir un terme familier à son système d’accueil ?

Selon Louis GUILBERT, François GAUDIN et Louis GUESPIN, le mot ou le terme


emprunté à une autre langue étrangère passe par des phases bien déterminées avant d’être
adopté et intégré pour devenir finalement un emprunt, afin d’être défini et classé comme tel.

Le signe étranger passe d’abord par une phase que GUILBERT nomme période
initiale d’accueil où le signe est le plus souvent monosémique et référentiel.

111
MOUNIN G., Dictionnaire de la Linguistique, PUF, Paris, 1974, 124.

66
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE

La première étape consiste dans l’introduction du signe nouveau dans un corps d’une
phrase française en référence à un signifié propre à la langue étrangère. Une première
situation où le signe demeure complètement étranger à son système d’accueil et que
GUILBERT qualifie de xénisme, dans laquelle il range tous les noms propres, patronymes et
les noms géographiques de villes ou de fleuves, ainsi que les mots qui expriment une réalité
témoin du cadre étranger pour lesquelles le locuteur français n’a pas de correspondant.

Dans cette phase, le locuteur ne fait rien d’autre à part recevoir cette création comme
accomplie « ce n’est pas le locuteur emprunteur qui accomplit la création, consistant dans
l’attribution consciente d’un contenu de signification au segment linguistique, ou qui
cautionne cette création en l’accueillant et en l’interprétant selon la motivation qui résulte de
la relation entre ses éléments ; il reçoit cette création comme un fait accompli »112.

La deuxième phase serait celle caractérisée par une utilisation occasionnelle du terme
emprunté, qualifiée par GUILBERT et DEROY de pérégrinisme. Durant cette phase le
pérégrinisme n’a plus besoin d’être paraphrasé puisqu’il renvoie à des réalités devenues
familières en langue d’accueil, mais il n’empêche qu’il est encore perçu comme étranger.

Le pérégrinisme est quant à lui « le terme dans la première phase de son installation,
situation analogue à celle où le terme créé selon le système d’une langue, le véritable
néologisme, que nous ne confondons pas avec le terme emprunté »113. Donc, c’est la phase du
pérégrinisme, intermédiaire entre la situation de son installation et son intégration, qui est
néologique. Donc, le prégrinisme peut être qualifié de vrai néologisme.

Finalement vient la dernière phase, celle de l’adoption par l’intégration du signe que
DEROY qualifie d’emprunt : « l’emprunt [] est la phase ultérieure, celle de l’adoption
véritable par la généralisation et l’intégration, au point que le terme n’est même plus perçu
comme terme étranger »114.

112
GUILBERT L., La créativité lexicale, coll. Langue et langage, Ed. Larousse, 1975, p.92.
113
Op.cit, p.93.
114
Loc.cit.

67
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE

Dans cette phase, le signe s’intègre dans le système linguistique emprunteur, le plus
souvent il est attesté par les dictionnaires de langue et finit par se transplanter et intégrer
complètement sa langue d’accueil au point de devenir imperceptible comme terme étranger.

Des fois mêmes, il réussit à faire l’objet de création néologique par dérivation ou
composition et les exemples sont nombreux dans la langue française : gadget, gadgétiser,
gadgetterie, gadgétisation.

2.3.1. Schéma récapitulatif des trois phases de l'emprunt

Figure 2.1

68
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE

2.4. Les raisons de l’emprunt

Plusieurs raisons expliquent l’emprunt aux langues étrangères :

2.4.1. Besoin dénominatif

Tout d’abord, pour un signifié nouvellement apparu, un signifiant peut manquer dans
la langue emprunteuse et la presse de l’esprit accepte volontiers, avec la chose importée, le
nom tout prêt qui la désigne115.
Ainsi, quand de nouveaux animaux ou des plantes alors inconnues ont été découverts,
leur nom a souvent été directement emprunté aux langues des pays qui les abritaient :
- Avocat nous vient du nahuatl « auacatl », via le castillan « abogado ».
- Puma, d’une manière similaire, remonte au quechua, via le castillan.
- Café remonte à l’arabe, [qahwa], transmis au turc sous la forme qahve et passé en
français par l’italien.

2.4.2. L’enrichissement du français

L’enrichissement d’une langue à l’aide des autres était toujours et reste un axiome
inchangeable. Comme l'avait écrit Louis Deroy : « Seules restent vivantes les langues qui se
modifient suivant le cours du temps, qui s’adaptent aux circonstances et aux besoins
nouveaux, sans être momifiées par un conservatisme et un purisme excessifs »116.

2.4.3. Relations dominant-dominé

D’autre part, la langue d’un pays dominant, culturellement, économiquement ou


politiquement, à une époque donnée devient très fréquemment donneuse de mots : ce fut le
cas du français dont le vocabulaire militaire (batterie, brigade...) et la plupart des noms de
grade se retrouvent dans toutes les armées européennes depuis l’époque où la France était
considérée comme un modèle d’organisation militaire ; c’est aussi celui de l’italien dans le
domaine de la musique, qui a transmis des termes comme piano ou adagio.
115
DAUZAT A., Tableau de la langue française : origine — évolution — structure actuelle, petite bibliothèque
Payot, Paris 6e, 1967, p.51.
116
DEROY L., Néologie et néologismes : essai de typologie générale, 1971, p. 6.

69
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE

Actuellement, c’est l’anglais qui, du fait de son importance dans plusieurs domaines,
fournit le plus grand nombre de mots concernant le vocabulaire scientifique et technique
notamment, particulièrement dans le domaine de l’informatique : web, bug ou bit n’ont pas
d’équivalent français préexistant ; l’anglais alimente aussi le vocabulaire de la finance et de la
gestion d’entreprise (manager, staff, marketing, budget, etc.).

2.4.4. L’emprunt comme phénomène de mode

En contrepartie, cela n’empêche pas qu’il y ait eu des emprunts injustifiés, c’est-à-dire
sans aucune raison derrière. En effet, L’emprunt peut aussi faire partie d’un phénomène de
mode plus général. Il n’est qu’une des manifestations de la volonté d’imiter une culture alors
sentie plus prestigieuse. Dans ce cas, le mot emprunté peut n’être qu’un synonyme d’un mot
déjà existant : de tels emprunts seront sentis, de manière normative, comme des fautes de goût
ou une faiblesse d’expression. Par exemple, utiliser poster au lieu de publier dans les forums
de discussions passe souvent pour un anglicisme. En effet, le verbe poster n’a pas, en français
la même acception que le verbe to post en anglais (ce sont de faux amis), et le verbe publier
convient très bien. Le français branché est émaillé de tels emprunts qui, souvent, ne dépassent
pas l’effet de mode et ne se lexicalisent pas.

2.5. Les types d’emprunts linguistiques

L’emprunt est certes le passage d’un terme, beaucoup plus sa forme, d’une langue à
une autre langue. Néanmoins, la réalité linguistique dévoile la présence de diverses façons
d’emprunter aux autres langues étrangères. Consistant non dans l’emprunt d’une forme, mais
dans l’emprunt d’un sens, ou des fois mêmes, dans la traduction de la forme. On distingue
ainsi trois types d’emprunt selon qu’on emprunte un sens, une forme ou qu’on la traduit.

2.5.1. L’emprunt lexical

La lexie est intégralement transférée. La forme et le sens de la lexie ou du mot sont


empruntés. L’emprunt lexical porte essentiellement sur la lexie, dans sa relation sens-forme.
Ex. « coach » [kotG], Personne chargée de l'entraînement d'une équipe, d'un sportif :
Entraîneur, emprunt à l’anglais « coach », qui a pour sens aussi Entraîneur, mais qui se
prononce en anglais [kawtG].

70
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE

La lexie a certes gardé la même graphie et le même sens, mais elle a subi des
modifications importantes sur le plan phonétique. En effet, la langue emprunteuse (ou langue
cible) adapte le mot emprunté en y apportant des modifications plus ou moins importantes
tant en ce qui concerne la forme que le sens de l’emprunt lexical, on y distingue trois sous-
catégories.

2.5.1.1. L’emprunt non intégré ou non assimilé

Sa forme reste proche du phonétisme de la langue prêteuse et sa graphie d'origine est


conservée, bien sûr lorsque les deux systèmes alphabétiques sont identiques, avec parfois une
adaptation phonétique relative : ex. imprésario (italien) – fiesta (espagnol) – hand-ball
(allemand)

Les lexies qui continuent de sembler complètement étrangères sont celles que la
langue n’a pas complètement assimilées, soit que leur prononciation reste trop éloignée des
habitudes phonétiques et graphiques françaises, soit parce qu’ils restent d’un usage trop rare
ou limité : ex. moudjahidine (arabe) - geisha (japonais) – tchador (iranien)

2.5.1.2. L’emprunt intégré ou assimilé

Sont des lexies susceptibles d’être adaptées phonétiquement ou graphiquement, du


moment que les systèmes phonologiques des différentes langues ne coïncident que très
rarement. L’exemple donné ci-dessus, le mot arabe [qahwa], peut rendre compte de cette
réalité. Le système de la langue française étant différent de celui de l’arabe, langue qui ne
connaît ni le [q] ni le [h], était obligé d’adapter le mot emprunté à son système d’accueil. Les
francophones ont transformé le [q] en [k], qui lui est relativement proche pour une oreille non
entraînée ([q] pouvant passer pour un allophone de /k/ en français, mais pas en arabe). Quant
au [h], il est purement et simplement annulé, car aucun phonème proche n’existe en français.

De même, dans un mot anglais comme « thriller », le son [th], absent du français, sera
le plus souvent remplacé par [s], le mot étant alors prononcé [sriler].

71
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE

Le mot redingote est bien un emprunt à l’anglais « riding-coat » (manteau pour aller à
cheval). La lexie ayant subi d’importantes transformations phoniques, la graphie s’est trouvée
malgré elle changée pour être en adéquation avec la nouvelle prononciation de la lexie
empruntée.

2.5.1.3. Le xénisme

Le « xénisme » — (du gr. xénos – étranger). Il s’agit d’un emprunt lexical (forme et
sens) qui sert à dénommer des réalités typiquement étrangères, des concepts appartenant à une
autre culture. En ce qui concerne le français, le xénisme est une réalité qui n’a pas de
correspondant dans la culture française : ex. Un harem (de l’arabe), une geisha (du japonais),
la toundra (du russe), le base-ball (de l’anglais).

Le xénisme est aussi considéré comme la première phase de l’emprunt. Le xénisme est
toujours mentionné de façon antonymique117 et en italique, c’est-à-dire qu’il est paraphrasé et
mentionné comme appartenant à une autre langue. Il ne possède qu’un « fantôme de
signifié » et se trouve utilisé comme renvoyant à une réalité étrangère118.

Louis GUILBERT, dans son ouvrage intitulé la créativité lexicale, parle du xénisme
comme étant des réalités qui n’ont pas de correspondant dans la langue du locuteur
français119. Pour lui, les xénismes sont volontairement intégrés par lui (locuteur) à son
élocution comme témoins du cadre étranger120.

Il cite même un exemple de xénisme (peixeiras) mentionné par le romancier A.


t’Serstevens, décrivant la ville de Lisbonne, dans les écrits littéraires français : « Et le mieux
est de s’installer devant l’une des grandes portes pour voir sortir les peixeiras, les marchandes
de poisson… » (La citation a été reprise telle qu’elle afin de voir la façon dont on mentionne
le xénisme)

117
GAUDIN. F et GUESPIN. L., Initiation à la lexicologie française : de la néologie aux dictionnaires, Coll.
Champs linguistiques. 1re édition. 2e tirage, Édition Duclot, 2002, p. 296.
118
Loc.cit.
119
GUILBERT L., La créativité lexicale, coll. Langue et langage, Ed. Larousse, 1975, p.92.
120
Loc.cit.

72
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE

Louis GUILBERT, voit que le xénisme ne relève à aucun degré de l’emprunt. Pour lui,
le recours au xénisme produit un effet d’exotisme, il est employé surtout et assez souvent dans
les reportages pour que le locuteur prenne à la fois une idée des choses évoquées, mais aussi
des mots qui les désignent.

J-F SABLAYROLLES121 signale la présence de certains mots, se présentant comme


des emprunts aux langues étrangères, dans la mesure où ces derniers n’existent pas dans le
lexique de la langue source. La lexie « tennisman »122, par exemple, fait partie de ce type de
mots connus sous le nom de faux emprunts. La lexie « tennisman » fait croire à un emprunt
anglais, la réalité est toute autre, puisque cette lexie est une pure fabrication française. La
lexie désignant un joueur de tennis en anglais étant « tennis player »123.

2.5.2. L’emprunt sémantique

C’est le fait d'emprunter uniquement le sens d'un mot étranger et de l'ajouter au (x)
sens d'un mot existant. On parle d’emprunt sémantique lorsqu'on attribue à un signifiant
français une acception propre à un mot identique ou semblable par la forme d’un autre
système. Lorsque l'on donne, par exemple, au mot français « opportunité » le sens d'occasion
ou de chance, qui sont les significations du mot anglais « opportunity », on a comme résultat
ce qu'on appelle un emprunt sémantique.

La façon dont l'emprunt sémantique pénètre dans une langue est très différente de
celle de l'emprunt formel, puisque dans la plupart des cas, il s'agit d'une contamination
inconsciente, d'une interférence entre les deux langues pratiquées par les locuteurs. Comme il
peut, dans d’autres cas, s’agir d’un emprunt sémantique conscient. Par exemple : le mot
souris, auquel on a attribué le sens anglais d’appareil (boîtier) muni d'une ou plusieurs
touches, connecté à un ordinateur, qui permet lorsqu'on le déplace sur une surface plane
d'imprimer un mouvement au curseur sur l'écran et, lorsqu'on appuie sur une touche, de
donner une instruction124.

121
SABLAYROLLES J.F., La néologie en français contemporain : Examen du concept et analyse de
productions néologiques récentes, Collection LEXICA Honoré Champion, Paris, 2000, p.234.
122
La lexie « tennisman » n’existe pas dans la langue anglaise censée être la langue source de cette lexie.
123
Cette lexie n’est pas attestée par les dictionnaires de la langue anglaise.
124
Dictionnaire électronique Le Grand Robert.

73
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE

L’emprunt sémantique à l'anglais est un phénomène tout à fait récent. Il ne se fait


véritablement sentir que depuis quelques décennies. En effet, on observe depuis une vingtaine
d'années un nombre de plus en plus grand de ces emprunts dans les publications françaises et
dans l'usage général.

Le principal vecteur des emprunts sémantiques est les journalistes, les traducteurs et
les publicitaires. Les magazines, la radio, la télévision, la presse écrite, la publicité sous toutes
ses formes diffusent en France et au-delà, des emprunts sémantiques comme :
- « réaliser » dans le sens de « se rendre compte » sens du verbe « to realize » en
anglais,
- « trafic » pour « circulation »,
- « opportunité » pour « occasion »,
- « administration » pour « gouvernement ».
Ces emplois se diffusent dans le grand public français sans que les locuteurs soient
réellement conscients de leur caractère d'emprunts à l'anglais.

2.5.3. Le calque

Selon GAUDIN et GUESPIN, on parle de calque lorsque des locuteurs utilisent, dans
une langue cible, un signifiant qui existe en lui attribuant un signifié nouveau, par emprunt
d’une valeur sémantique présente dans une langue source, ou quand un signe emprunté est
intégré formellement par une traduction littérale. Il y a alors transposition d’un mot ou d’une
construction d’une langue dans une autre, par traduction125. Par exemple, le mot français
gratte-ciel est le résultat d’une traduction mot à mot du terme anglo-américain skyscraper.

125
GAUDIN. F et GUESPIN. L., Initiation à la lexicologie française : de la néologie aux dictionnaires, Coll.
Champs linguistiques. 1re édition. 2e tirage, Édition Duclot, 2002, p. 298.

74
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE

Voici quelques exemples de locutions et lexies françaises calquées sur l’anglais

Terme originel anglais Calque en français


Honeymoon Lune de miel
Skyscraper Gratte-ciel
Gentleman gentilhomme
Learner apprenant
Welcome bienvenue
Snowboard Planche à neige

GAUDIN et GUESPIN distinguent utilement deux types de calque : calque formel et


calque sémantique.

2.5.3.1. Le calque formel

Appelé aussi calque morphologique126. Pour SABLLAYROLLES, ce type d’emprunt


n’est identifiable que si l’on connaît la lexie étrangère d’origine, qui lui est antérieure, sur
laquelle elle a été modelée. Pour lui, il s’agit pour ce type d’emprunt, d’une francisation
d’une lexie étrangère, dont on garde la structure ou l’image. Il consiste en la traduction
littérale d’expressions étrangères ; les signes sont nouveaux, mais formés d’éléments
préexistants.127

Les calques formels sont devenus de plus en plus nombreux au point qu’ils sont
devenus imperceptibles. Par exemple, le composé géographique nord-américain est formé sur
le modèle anglo-saxon : North américan.

2.5.3.2. Le calque sémantique

D’après GAUDIN et GUESPIN, le calque sémantique relève de la néologie


sémantique. D’ailleurs, de nombreux auteurs, à l’instar et à la suite d’Antoine MEILLET,
parlent pour les calques sémantiques d’emprunts sémantiques.

126
Terme forgé par J-F SABLAYROLLES.
127
GAUDIN. F et GUESPIN. L., Initiation à la lexicologie française : de la néologie aux dictionnaires, Coll.
Champs linguistiques. 1re édition. 2e tirage, Édition Duclot, 2002, p. 298.

75
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE

En contrepartie, d’autres linguistes voient dans le calque sémantique un emploi fautif,


une interférence entre les deux langues pratiquées par les locuteurs bilingues. Il s’agit le plus
souvent d’une contamination inconsciente, puisque l’influence de la langue étrangère passe
souvent inaperçue.

Le calque sémantique consiste à emprunter des sens nouveaux pour un signifiant


préexistant. Par exemple128, la langue française n’a pas emprunté le verbe anglais « to
réalize », par contre, elle a décalqué le sens de ce verbe « se rendre compte avec précision,
exactitude ».

Ensuite, elle a utilisé le même signifiant, le verbe « réaliser », ayant pour sens « faire
exister une réalité concrète », et elle lui a attribué le sens du verbe « to réalize ». Ainsi, un
nouveau sens s’ajoute au x sens du verbe « réaliser ».

Remarque :

Les emprunts peuvent être faits de façon directe, c’est-à-dire d’une langue A vers une
langue B, ils sont appelés emprunts directs. Comme ils peuvent être indirects, c’est-à-dire une
langue A emprunte à une langue B via une (ou plusieurs) langue vectrice C. Par exemple, le
mot café de l’arabe « qahwa » est passé au français par le turc « qahwé » via l’italien, c’est un
emprunt indirect.

128
Loc.cit.

76
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE

2.5.4. Schéma récapitulatif des types d’emprunt linguistique

Figure 2.2

2.6. Critères d’intégration et assimilation des emprunts

On peut facilement remarquer que les emprunts ont au départ des particularités
étrangères phonétiques, morphologiques ou autres par rapport au système d’accueil. Des
particularités étrangères qui finissent, assez souvent, par disparaître lors de l’assimilation de et
l’intégration de l’emprunt. Il est même évident que le locuteur ordinaire n’a pas conscience
d’utiliser si souvent des mots étrangers : tous ne lui apparaissent pas comme tel, car certains,
anciens dans la langue, ont été totalement assimilés. Rares sont les lexies qui restent intactes.

L’emprunt a pour ultime phase l’intégration dans la langue cible. Il peut être intégré
par différentes façons, on générale, on distingue trois. GUILBERT, GUESPIN et GAUDIN
distinguent des critères objectifs de caractères linguistiques, outre, les critères phonologiques,
morphosyntaxiques et sémantiques.

77
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE

2.6.1. Critères phonologiques

L’intégration phonétique est devenue de plus en plus rarissime. L’évolution des


moyens audiovisuels fait entendre aux locuteurs une prononciation conforme au phonétisme
étranger, ainsi que l’enseignement et la maîtrise des langues étrangères. Choses qui rendent
impossible l’irrespect des lois phonétiques des langues étrangères, d’où la déformation de la
prononciation des lexies d’origine étrangères. Des exemples comme « paquebot » et
« redingote » venant de l’anglais « packet-boat » et « riding-caot », où se sont réalisées des
transformations phonétiques complètes, sont impossibles de nos jours.

En général, les transformations phonétiques s’accompagnent toujours de


transformations graphiques. Le passage du xénisme (première phase) à l’emprunt intégré
(dernière phase) comporte et exige des accommodations phoniques ou/et graphiques, du
moment que les systèmes linguistiques de la langue cible et de la langue source sont très
rarement identiques. Ex. « overloop » en anglais donne « varlope » en français. Il est à
signaler que le critère phonologique ou graphique a cessé d’être pertinent de nos jours.

2.6.2. Critères morphosyntaxiques

Selon L. GUILBERT, les critères morphosyntaxiques sont plus pertinents quant à


l’installation de la lexie empruntée dans le lexique français. Lorsqu’un emprunt a
suffisamment ou complètement intégré sa langue cible, il devient à son tour productif sur le
plan de la créativité. On parlera alors d’une intégration pleinement réussie.

Un mot étranger dès le moment où il sert de base à une dérivation selon le système
morphosyntaxique français est véritablement intégré à notre langue129. Par exemple :

- « sprint » a donné le verbe « sprinter » et le nom « sprinteur ».


- « Stress » a donné le verbe « stresser ».

GUILBERT, parle d’un autre critère d’intégration morphosyntaxique. Il s’agit d’un


mot étranger fonctionnant comme deuxième élément de composition en liaison avec des mots
français. Ex. « gadget » dans « appareil-gadget » et « avion-gadget ».

129
GUILBERT L., La créativité lexicale, coll. Langue et langage, Ed. Larousse, 1975, p.97.

78
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE

2.6.3. Critères sémantiques

Des éléments d’appréciation sur l’installation de la lexie étrangère, dans le lexique de


sa langue d’accueil, sont fournis par la transformation sémantique de cette lexie.

Comme nous l’avons mentionné, précédemment, l’emprunt a souvent un signifié


monosémique lors de sa première phase d’introduction dans sa langue d’accueil. Il se
caractérise par une restriction de sens par rapport à sa langue source. Mais, une fois la lexie
empruntée s’est acclimatée à son nouveau système linguistique, l’intégration sémantique peut
se manifester, par une extension sémantique de cette lexie. En acquérant de nouveaux sens, la
lexie empruntée se trouve ainsi libérée d’un domaine qui lui a été jusqu’alors réservé pour
retrouver d’autres domaines qui lui ont été interdits auparavant.

Par exemple, la lexie « challenger » ou « challengeur » a quitté le domaine du sport


pour se généraliser à d’autres domaines. Le sens de la lexie « challenger » n’est plus restreint
à celui de défi à un tenant d’un titre, son sens s’est élargi pour désigner un défi tout court.

Le dictionnaire Le Grand Robert de la langue française propose la définition suivante,


en mettant l’accent sur l’extension de sens que le mot challenger a subi dans le 2 :

Challengeur [GalSFZY] n. m. ÉTYM. 1961; forme francisée de challenger*; de


challenge.
Syn. De Challenger.
1- Sports. Boxeur, et, par ext., tout sportif, toute équipe qui cherche à
enlever le titre au champion*.
2- Par ext. (polit., écon.). Compétiteur, rival.

79
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE

2.7. Emprunts et langues d’origine des emprunts

Pendant plusieurs décennies la langue française a emprunté un nombre important de


termes d’origines étrangères à différentes langues (mortes ou vivantes) à travers le monde,
sous quelques soient les conditions historiques, économiques, politiques, religieuses ou autres.
En ce qui concerne notre travail de recherche, nous n’allons pas évoquer toutes les langues
auxquelles la langue française a recouru pour s’enrichir au cours de son histoire langagière130.
Nous n’évoquerons dans cette partie que les cas rencontrés dans notre corpus.

Le corpus que nous avons collecté contient des emprunts majoritairement anglais et
arabes (avec ces deux variantes classique et dialectale).

2.7.1. Emprunt à l’anglais

Rien qu’en observant les habitudes langagières des français, on réaliser à quel point les
expressions, les réactions, le vocabulaire sont teintés de mots anglais. La langue française a
beaucoup emprunté à l’anglais et continue d’emprunter jusqu’à aujourd’hui avec une
fréquence alarmante. Le répertoire de la Délégation générale à la langue française en recense
plus de 3 000 anglicismes en 2008. Dans son livre intitulé Le Petit Gabi : Dictionnaire des
anglicismes du Canada français, Antoine Gaborieau note qu’il a recensé beaucoup
d’anglicismes chez les Français.

Les emprunts de l'anglais au français comme « mail », « internet », « parking »


constituent une méthode de création tout à fait naturelle de néologismes.
Les emprunts étrangers venant de l’anglais sont appelés anglicismes chez les non
spécialistes, or qu’on parle beaucoup plus de Franglais131 chez les linguistes. ETIEMBLE, se
demandait en 1973 dans son ouvrage Parlez-vous franglais, s’il n’était pas temps de nommer
ces anglicismes, franglais en formulant la question suivante : faudra-t-il appeler bientôt
franglais, ce français émaillé de vocables britanniques, que la mode actuelle nous impose ?132

130
Vous pouvez trouver tous les détails concernant l’histoire des emprunts étrangers français dans l’ouvrage
d’Albert DAUZAT, intitulé Tableau de la langue française : origine — évolution — structure actuelle, publié à
la petite bibliothèque Payot, Paris 6e en 1967.
131
Mot-valise utilisé par Etiemble dans son essai Parlez-vous franglais ?
132
ETIEMBLE R., Parlez-vous franglais?, Paris: Gallimard, 1973, p.48.

80
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE

2.7.1.1. Les anglicismes ou franglais

Selon le dictionnaire Le Grand Robert, un anglicisme est défini comme étant une
façon de s'exprimer, tournure propre à la langue anglaise.

BONNAFFE souligne dans son dictionnaire étymologique et historique des


anglicismes que les anglicismes sont des façons de parler empruntées à la langue anglaise et
transportées dans notre langue133, c’est-à-dire la langue française

2.7.2. Emprunt à l’arabe

La langue française a aussi emprunté à la langue arabe un grand nombre de mots


d’origine arabe, le dictionnaire Le Grand Robert recense une centaine. La plupart des
emprunts arabes sont passés de l’arabe au français via l’espagnole, cela se justifie par la
présence des musulmans en Espagne durant la civilisation andalouse.

Les emprunts ont été faits à la langue arabe du Moyen Âge sans distinction
géographique, mais c’est au temps de l’époque coloniale et de la conquête de l’Afrique du
Nord que les emprunts arabes ont connu leur apogée. Le contact avec les populations
autochtones tunisiennes, algériennes, marocaines et libyennes a fait passer des termes propres
et spécifiques à ces populations dans la langue française.

Ex. gourbi, bled, goumier de la langue arabe algérienne.

133
HOLUBOVA Eva., Niveaux de circulation des emprunts dans l'argot commun des jeunes (2008), http://www.
Diplomava_prace_Eva_Holubova_q3dtt.pdf, Consulté le 31/12/2010 à 16 h 41.

81
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE

2.7.2.1. Le phénomène de l’« Algérianisme »

La langue arabe est une langue sémitique. Elle distingue ces formes spécifiques, qui
sont l’arabe classique qui est considérée comme la langue du Coran, l’arabe moderne standard
et enfin les différents dialectes. Sans oublier la langue berbère parlée par une minorité
algérienne, devenue officielle en 1995.

Dans ce travail de recherche, le corpus choisi est un journal quotidien algérien. Pays
qui a comme langue officielle l’arabe classique, et qui enseigne à l’école un arabe moderne
standard et qui utilise un arabe dialectal (variant selon les régions) dans ses échanges
communicationnels quotidiens. On distingue ainsi l’algérois parlé dans la capitale de
l’Algérie, le constantinois parlé à l’est du pays, etc.

Alors qu'on est-il du français en Algérie ou du français d’Algérie ? Le linguiste


algérien Brahim KETHIRI134, parle de ce français comme étant un emploi particulier de la
langue française traduisant des réalités culturelles différentes de celles de France.

KETHIRI notait à propos de ce français à particularités algériennes qu’il est une façon
d’être, une volontaire affirmation de soi qui se réalise par l’exercice d’un travail sur toutes
les potentialités de la langue française135. Un français à coloration verte, blanche et rouge
qu’il nomme Algérianisme.

L’algérianisme est donc, selon le linguiste algérien DARRADJI, un mode


d’expression ou un usage du lexique de la langue française, qui puise sa normalité du
sentiment collectif partagé par l’ensemble des membres de la communauté linguistique
algérienne à propos d’un écart référentiel.

En un mot, l’algérianisme, est désormais un français façonné par les écrivains, les
journalistes et même les usagers de cette langue, dont le but est d’accélérer
l’intercompréhension entre les francophones algériens.

134
KHETIRI Brahim., Du français en Algérie… au français d'Algérie, Synergies Algérie n°4- 2009 pp. 57-68,
Ressourcescla.univfcomte.fr/gerflint/Algerie4/khetiri.pdf. Consulté le 17/06/2010 à 20 h 14.
135
Idem.

82
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE

Un français employé consciencieusement et volontairement, c’est pour cela qu’il ne


peut plus continuer à être vu comme des réalisations plus ou moins déviantes par rapport au
bon usage censé être de France codifié dans les grammaires et répertorié dans les
dictionnaires, ou par rapport à un usage moins classique, mais qui resterait strictement
hexagonal136.

KETHIRI et même plusieurs autres linguistes algériens parlent d’une nouvelle écriture
dont les enjeux se dessinent en Algérie et avec des plumes d’algériens. Pour eux, un français
endogène aux couleurs de l’emblème algérien est en train de voir le jour.

136
KHETIRI Brahim., Du français en Algérie… au français d'Algérie, Synergies Algérie n°4- 2009 pp. 57-68,
Ressourcescla.univfcomte.fr/gerflint/Algerie4/khetiri.pdf.pdf. Consulté le 17/06/2010 à 20 h 14.

83
CHAPITRE 2 L’EMPRUNT LINGUISTIQUE

Conclusion

L’emprunt est un phénomène linguistique dont l’étude va de pair avec l’histoire de la


formation d’une langue.

Une langue très plastique et flexible comme le français a emprunté et continue


toujours d’emprunter les mots (directement ou indirectement) aux autres langues étrangères
mortes ou vivantes. En outre, les langues de civilisation sont constamment enrichies par de
nouveaux mots, gagnés par n’importe quelle voie. En effet, les emprunts répondent et servent
aux besoins les plus pressants et contribuent à augmenter le confort des usagers pour
s’exprimer.

De l'emprunt bien intégré au terme étranger simplement cité, que certains linguistes
appellent « xénisme », il existe toute une gamme de mots, qui donnent à la fois la couleur
locale aux récits, aux reportages, et l'exactitude conceptuelle aux études.

La distinction qui consiste à séparer les emprunts dits de nécessité de ceux dits de luxe
n’est pas juste. Puisqu’il n’est pas abusif de posséder plusieurs termes pour un mot, c’est une
édification, un développement de la langue. Les usagers eux-mêmes et eux seuls choisissent
quels mots superflus survivent et lesquels vont mourir.

Néanmoins, des emprunts massifs peuvent modifier la physionomie du lexique d’une


langue, comme se fut le cas pour les emprunts de l’anglais au français entre le XIIIe et le XVe
siècle »137.

L’emprunt aux autres langues étrangères constitue certes un processus naturel


d’enrichissement de la langue française. Comme il est aussi, la source de plusieurs
préoccupations comme nous le rapporte George MOUNIN : « les problèmes linguistiques
posés par l’emprunt sont surtout : l’intégration au système phonologique de la langue
emprunteuse, les modifications de sens et le réajustement des paradigmes lexicaux troublés
par le mot nouveau ».138

137
MOUNIN G., Dictionnaire de la Linguistique, PUF, Paris, 1974, 124.
138
Loc.cit.

84
ETUDE

LEXICOSEMANTIQUE
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

CHAPITRE 3

ETUDE LEXICOSEMANTIQUE DES NEOLOGISMES

(Cas du journal El Watan)

Le dernier chapitre de ce travail de recherche portant sur la néologie et les


néologismes écrits, constituant la partie pratique, est entièrement consacré à l’analyse d’un
corpus se composant de néologismes relevés dans un organe de presse écrite étatique : le
journal généraliste quotidien algérien El Watan (mot arabe ayant pour signification la patrie).
Les néologismes, outre les créativités lexicales et les emprunts, seront analysés au niveau de
la forme et du sens où seront reconsidérés ces nouveaux rapports entre forme et sens, du
moment que notre travail de recherche se propose de faire une étude et une analyse
lexicosémantique des néologismes collectés dans le journal El Watan.

La naissance d’une nouvelle lexie engendre automatiquement la naissance d’un


nouveau signifiant et/ou un nouveau signifié. Pour analysé ce nouveau rapport entre
signifiant/signifié, c’est-à-dire la relation forme/sens, on fera appelle à des disciplines qui ont
pour objet l’étude et l’analyse des mots de la langue française. Pour analyser la forme
(morphologie) des mots nouveaux, elle nous sera d’une grande utilité la discipline de la
lexicologie et afin d’analyser le sens (signification) des néologismes relevés, on fera appelle à
une discipline ayant pour objet d’étude le sens des mots, des phrases : la sémantique.

87
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

Avant de nous lancer dans l’analyse des lexies (mots, expressions et phrases), nous
avons estimé qu’il était utile de définir et de présenter les disciplines qui vont concourir à
l’analyse des néologismes.

3.1. La lexicologie

Discipline récente et branche de la linguistique, conçue comme étude scientifique des


structures du lexique139. La lexicologie se définit donc comme l’étude du lexique, du
vocabulaire d’une langue, dans ses relations avec les autres composants de la langue. La
lexicologie étudie non seulement tous les mots attestés d'une langue, mais aussi tous les mots
potentiellement « attestable ». La lexicologie se distingue nettement de la lexicographie, qui
est l’étude de la confection des dictionnaires140.

La lexicologie compte deux branches

· La morphologie lexicale (morphosémantique) : elle est en rapport avec la


forme des mots. Elle a pour objectif la description des règles qui régissent la structure interne
des mots, c’est-à-dire les règles de combinaison entre les morphèmes racines pour constituer
des mots141.
Elle étudie aussi tous les procédés morphologiques de création de nouvelles unités
lexicales à partir de celles déjà existantes, du point de vue de la forme et du sens.

· La sémantique structurale : elle est en relation avec la sémantique lexicale, elle


étudie l’organisation sémantique du lexique, en analysant le sens des mots surtout à partir de
la notion de sème.

139
DUBOIS J. et al, Dictionnaire de linguistique et des sciences du langage, Larousse-Bordas/HER, Paris, 1999,
p 281.
140
GAUDIN. F et GUESPIN. L., Initiation à la lexicologie française : de la néologie aux dictionnaires, coll.
Champs linguistiques. 1re édition. 2e tirage, Édition Duculot, Bruxelles, 2002, p.7.
141
DUBOIS J. et al, Dictionnaire de linguistique et des sciences du langage, Larousse-Bordas/HER, Paris, 1999,
p 311.

88
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

3.2. La sémantique

Elle se définit toujours par rapport à son objet d’étude : le sens. La sémantique se
définit de façon générale comme étant l’étude du sens142. Or qu’elle se définit de façon plus
spécifique comme l’étude du sens des mots143 par Pierre GUIRAUD.

On peut citer aussi la définition de C. LERAT, qui définit la sémantique comme


l’étude du sens des mots, des phrases et des énoncés144, le champ d’étude de la sémantique est
plus large que celui proposé par Pierre GUIRAUD.

3.3. Qu’est-ce que la Lexicosémantique145 ?

Une étude ou une analyse lexicosémantique consiste à rapprocher deux disciplines


dont on peut dire qu’elles sont inhérentes à l’étude du lexique, qui peut être envisagée sous
différents angles : la forme (morphologie), le sens (sémantique) et la distribution (syntaxe).

L’unité lexicale n’existant qu’en tant que forme ayant un sens, la lexicologie prend en
considération la totalité du signe linguistique : signifiant et signifié. L’étude du lexique se fera
donc en relation avec la morphologie lexicale, mais aussi en relation avec la sémantique
lexicale — sachant que cette dernière a pour objet l’étude des significations linguistiques.

Au cours de cette analyse, nous insisterons sur la relation entre forme et sens, parce
que tous simplement toute création linguistique met en jeu l’association d’une forme à un
sens. L'objectif de ce mémoire est de dégager, à partir de critères formels bien précis, les
différents sens des néologismes collectés.

142
TAMBA-MECZ I., La sémantique, coll. Que sais-je, 3e édition corrigée, édition PUF, Paris, 1994, p.3.
143
GUIRAUD P., La sémantique, coll. Que sais-je, 9e édition mise à jour, édition PUF, Paris, 1979, p.5.
144
Survol historique de la sémantique, http://www.docentes.unal.edu.co/jahreyes/docs/semantique%203.ppt,
Consulté le 27/10/2011 à 21 h 1.
145
Du moment que la graphie du terme « lexicosémantique » ne figure pas sur les dictionnaires, et pour proposer
une transcription correcte, nous nous sommes référé aux règles morphologiques qui régissent les mots formés
par le préfixe « lexico ». D’après le dictionnaire électronique ANTIDOTE : les mots formés avec ce préfixe
s’écrivent sans trait d’union ex. « lexicostatistique ». Le trait d’union est cependant nécessaire si la jonction du
préfixe avec le mot qui suit provoque une séquence de deux voyelles normalement insécables ex. « lexico-
informatique ».

89
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

3.4. Présentation du corpus

Le corpus de ce travail de recherche est une liste de néologismes extraits


individuellement et semi - automatiquement à partir d’un journal généraliste quotidien
algérien nommé El Watan. Le corpus est assez large puisqu’il s’étale sur une période de
quatre mois, de décembre 2010 jusqu’au mois de mars 2011.

Le corpus comporte 300 néologismes (créativités lexicales et emprunts), collectés dans


deux rubriques d’El Watan : COMMENTAIRE et POINT ZERO. Les néologismes ont été
collectés selon une méthode, de façon à faciliter leur traitement et analyse.

Les néologismes de chaque rubrique ont été collectés séparément, on a ainsi enregistré
136 néologismes dans la chronique POINT ZERO et ont été enregistrés 164 néologismes
dans COMMENTAIRE. Les néologismes collectés dans chaque rubrique sont séparés en
deux : créativités lexicales et emprunts, qui sont eux-mêmes séparés et classés par mois, c’est-
à-dire selon le mois de leur apparition dans le journal. Les résultats sont présentés en
pourcentage à l’aide d’un histogramme (un graphique à secteurs 3D), pour permettre une
présentation visuelle des résultats comme suit :

· COMMENTAIRE

Figure 3.1 Figure 3.2

90
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

· Chronique POINT ZERO

Figure 3.3 Figure 3.4

3.4.1. Présentation du journal EL WATAN

El Watan (La Patrie) est un quotidien généraliste algérien en langue française fondé
en 1990 par un groupe de journalistes issus d'El Moudjahid. Il est depuis devenu le journal de
référence francophone algérien proche de certains cercles du pouvoir. Son tirage dépasse les
200 000 exemplaires par jour. Ses éditions sont étoffées de nombreux dossiers, sur
l'économie, la diplomatie, la culture et tous les autres domaines de la vie146.

3.4.2. Présentation de la chronique « POINT ZERO » et le « COMMENTAIRE »

La chronique « POINT ZERO », le « COMMENTAIRE » sont des espaces


rédactionnels qui figurent sur la dernière page du journal El Watan. La première se trouve en
bas de page où elle occupe un petit espace tout en s’organisant en deux colonnes, elle est
assurée par le chroniqueur Chawki AMARI, également auteur et dessinateur. Par contre, le
deuxième espace rédactionnels, qui est un commentaire journalistique, occupe la partie
gauche de la dernière page, elle s’organise en une seule colonne au long de la page et elle est
assurée par un groupe de journalistes. Les deux espaces rédactionnels figurent sur la même
page que les célèbres caricatures de Hicham Baba Ahmed (Le Hic) et de Maz.

146
Fr.wikipedia.org/wiki/El_Watan, Consulté le 17/09/20011 à 19 h 20.

91
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

3.5. Constitution du corpus

La constitution d'un corpus de néologismes n'est pas une tâche aisée et facile. La
difficulté réside, selon SABLAYROLLES, dans
- le choix de l'unité considérée comme pertinente,
- la durée variable de la nouveauté,
- la relativité de la nouveauté dans les circonstances d'interlocution (nouveau par
rapport à quoi et à qui),
- le rôle attribué aux dictionnaires.
Pour distinguer une unité linguistique nouvellement créée d’une unité linguistique déjà
existante, des critères de sélection s’imposent :

3.5.1. Les critères de sélection des néologismes

3.5.1.1. les critères lexicographiques

L’utilisation des ouvrages lexicographiques dans la détermination du caractère


néologique de la lexie est importante. SABLAYROLLES pense que pour mesurer le
caractère néologique d’unités lexicales, il semble bon de se référer à des dictionnaires
d’usage courant, remis à jour régulièrement et contemporains des énoncés sur lesquels on
effectue le relevé, tout en gardant en tête leurs imperfections et leur retard dans l’introduction
de nouvelles unités dans leur nomenclature147. SABLAYROLLES a certes signalé le rôle
important des dictionnaires dans la sélection des néologismes, mais il n’hésite pas aussi à
signaler leur retard quant à l’intégration de nouvelles lexies afin d’être à jour avec la langue
des usagers. L’ensemble des ouvrages lexicographiques, notamment, les dictionnaires d’usage
courant, dictionnaires d’usage spécialisés, dictionnaires d’expressions et autres dictionnaires
constitue le corpus d’exclusion.

147
SABLAYROLLES J-F., Fondements théoriques des difficultés pratiques des traitements des néologismes
(2002). http://www.cairn;info/revue-française-de-linguistique-2002-1-page-97.htm. Consulté le 15/12/2010 à 11
h 19.

92
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

· Le corpus d’exclusion

Est un ensemble d’ouvrage de référence, sur lesquels on va se baser afin de vérifier la


présence ou l’absence des néologismes candidats. La consultation d’un corpus d’exclusion
nous permet d’identifier les néologismes. Un corpus d’exclusion peut être constitué de
dictionnaires d’usage courant, dictionnaires d’usage spécialisés, dictionnaires des expressions
et citations, etc.

3.5.1.2. Les critères typographiques

M-F MORTUREUX pense que certains mots sont présentés explicitement comme des
mots nouveaux. Ils sont signalés par toute une gamme de possibilités typographiques :
guillemets, caractère italique, etc. Toutefois, il y a d’autres néologismes qui fonctionnent
comme le reste du vocabulaire, dépourvus de toute signalisation, compliquant ainsi leur
repérage. Seule l’intuition du locuteur généralement sensible à la nouveauté d’un vocable peut
être utile lors du repérage des néologismes, en se fiant à un sentiment néologique.

· Le sentiment néologique

Du moment que nous avons procédé au repérage et l’extraction des néologismes de


manières manuelle et individuelle dans un premier temps. Nous nous sommes beaucoup plus
fiés à notre intuition néologique. Pour nous une lexie néologique serait une lexie sentie
comme telle, c’est-à-dire une lexie qui conserve une certaine saveur de nouveauté148 et qui
diffuse et dégage un « Parfum de nouveauté »149. La subjectivité étant le maître à bord, le
sentiment néologique varie d’une personne à une autre.

148
Expression employée par J-F SABLAYROLLES dans son ouvrage La néologie en français contemporain
p.182.
149
SABLAYROLLES J-F., Fondements théoriques des difficultés pratiques des traitements des néologismes
(2002). http://www.cairn;info/revue-française-de-linguistique-2002-1-page-97.htm. Consulté le 15/12/2010 à 11
h 19.

93
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

Tous les critères que nous avons cités ci-dessus s’avèrent incontournables dans la
délimitation des lexies néologiques dans un organe de presse écrite francophone étatique.
Néanmoins, ils sont inefficaces lors il s’agit de délimiter des lexies supérieures au mot
simple : comme c’est le cas des les expressions figées, expressions lexicalisées et syntagmes.
Dans ce cas de figure, d’autres critères de sélection entrent en jeu. Tels des critères mettant en
jeu des savoirs linguistiques et culturels.

3.6. Méthodologie de la collecte des néologismes

Toute recherche sur les néologismes doit s'assigner une méthodologie indispensable
lors de la constitution d'un corpus.

Pour notre cas, nous avons fait exprès de choisir un journal quotidien, pour
l'établissement d’un corpus assez large ; chose qui aurait été impossible si nous avions choisi
une revue scientifique ou technique, par exemple, où l'on aurait affaire uniquement à des
terminologies de spécialités ou technolectes.

Durant cette étape de la recherche, nous nous sommes assigné les tâches suivantes :

Ø Nous avons téléchargé le journal El Watan sur leur site officiel :


http://www.elwatan.com sur une période qui s’étale du 01/12/2010 jusqu’au
31/03/2011.

Ø Nous avons dressé un tableau pour nous faciliter la collecte et l’organisation des
néologismes candidats, que vous pouvez retrouver et consulter au niveau des annexes.

Ø Nous nous sommes intéressés à une chroniques : Point Zéro et un Commentaire, que
nous avons lu une première fois, tout en y cherchant les mots qu’on suspecté
néologiques.

94
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

Ø Afin de garantir des résultats plus exacts, nous avons effectué une deuxième lecture à
l’aide d’un logiciel de correction150 capable de détecter tout écart à la norme.

Ø En suite, nous avons procédé à la vérification des néologismes candidats151 en


consultant un corpus d’exclusion, internet et autres supports.

Ø En fin, nous avons séparé les créativités lexicales des emprunts et nous avons dressé la
liste finale contenant les lexies néologiques, constituant notre corpus d’analyse.

Ø Entreprendre l’étude et l’analyse des néologismes en se rapportant à la partie théorique


(chapitre 1 et 2) et aux données préalablement citées.

3.7. Nomenclature des Néologismes

Les néologismes vont être étudiés et analysés de façon séparée, comme nous l’avons
fait au niveau de la partie pratique : les créativités lexicales sont séparées des emprunts. On
analysera d’abord les créativités lexicales de notre corpus, puis on passera à l’analyse des
emprunts. Outre la liste des néologismes collectés, des histogrammes sont établis afin de
rendre compte de la fréquence des phénomènes étudiés.

3.7.1. Nomenclature des créativités lexicales

Nous avons recensé en tout 209 créativités lexicales dans la chronique et le


commentaire, réparties presque en pourcentage égal. Les résultats sont représentés à l’aide
d’un histogramme comme suit :

150
Druide Antidote RX – 2008, est un correcteur, dictionnaires et guides de la langue française.
151
Vous pouvez consulter les tableaux des néologismes candidats en annexe.

95
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

Figure 3.5

Les créativités lexicales collectées sont présentées selon le mois de leur apparition dans la
rubrique concernée.

3.7.1.1. Les créativités lexicales collectées dans COMMENTAIRE

Le mois de décembre 2010 :


- « Il faut sauver le soldat Rayan » - Politico-militaire
- Un avant et un après 11 septembre - L’après-militaire
- Demi-caciques - L’ex-GSPC
- Le non-suivi - ENE (étranger non européen)
- « 11 septembre bis » - Déghétoisation
- Des non-êtres - Civilisationnelle
- Des sous-êtres - IDE (Investissements directs
- « despotisme éclairé » étrangers)
- Interpalestinienne - Un accord - cadre
- « Nobélisé » - La guerre des monnaies
- Un prix Nobel de « la guerre » - Des transmissions familiales du
- La délégitimation pouvoir
- Ghetto économique - L’après - Bouteflika
- Région martyre - L’ex - FIS
- Occupant-occupé - Non-observance
- Beaucoup trop - La non-reconnaissance
- « livré » aux quatre vents - De l’UMA à l’« UME »
- Militaire-civil - L’arrière-pays

96
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

- Une union maghrébine de l’émeute - Le salafisme


(UME) - Rite ibadite
- La mal vie - Les salafistes
- Le mal être
- Les câbles wikileaks
- La horde salafiste

Le mois de janvier 2011 :

- Recasement - l’amazighité
- Les heureux recasés - Post-indépendance
- L’atout déconcentration - La main de fer d’hier, sans gant de
- Crise et protesta velours
- Syndicats maison - Politico-juridique
- La chef - A-démocratique
- Des demi-mesures - Realpolitik
- « journée chômée et payée » - SMIG démocratique
- Printemps noir - Révolution du jasmin
- Les porte-flambeaux - Sauver le soldat Moubarak
- La panne historique - Moyenorientaux
- Torches vivantes - « dézerhouniser »

Le mois de février 2011 :

- Alger « zone interdite » - Pro-Bouteflika


- « préemployés» - Muselage
- Radicaliste - Constitutionnalisation
- Indétrônable - Le degré zéro de la Communication
- Arabo-musulman - Technicopolitique
- « pharaon » - Une alliance islamo-conservatrice
- Dictateur de Carthage - Islamo-conservateur (un pouvoir)
- Sous-dimensionnant - Génocidaire

97
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

- Une feuille de route politique - Des officiels


- Non-communication - MENA (Moyen-Orient et Afrique
- Des questions-clés du Nord)
- Des « samedis pour le
changement »
- Fou de Tripoli

Le mois de mars 2011 :

- Des ex -« démocraties populaires » - Les Benghazis


- Une position-clé - Pré carré
- République à papa - Les marches qui font du deux en un
- Irak bis ? - Moisson d’avril
- Pseudo-révolutionnaire - Des légaux
- Délégitimer - Un temps soit peu
- (re) construite de nouveau - Parasitage
- Équilibrisme - L’après-Mondial
- Gouvernance et chaos - La « Busherie »
- « Code de l’infamie » - Bédouinisé
- Une marche en cache une autre - Les trabendistes

3.7.1.2. Les créativités lexicales collectées dans la chronique POINT ZERO

Le mois de décembre 2010 :

- Dz-Files - Une peine à vivre


- L’appel du zéro novembre - On lui souhaite tout le courage du
- LMG (Libérez Mohamed Gharbi) monde
- S’est autosaisi - Un nid de tristesse
- les GLD - Générosité verticale

98
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

- Monstre froid nourri au gaz de ville - L’après-Droukdel


- Wikineaks - Desertec
- À la Boudiaf - Allo TIZI
- Femme de général devienne générale - Riches retraités
- DZ Street - Le Bouteflika
- Câbles WikiLeaks - Pré-enregistrés
- S’auto-efface - Hannachileaks
- Les Droukdel - Quatre hommes et un dinar
- Entr’aperçu - Sous-évaluée
- L’accélérateur de l’histoire - Des harraga sans emballage

Le mois de janvier 2011 :

- La Terre, ronde comme l’ennui - Ses appareils gardiens


- Des Janviéristes - Délégitimer
- L’islamoconservatisme - Antimarche
- Championnat des émeutes de - Des brigades anti-immolations
première division - Anti-manifestant
- Un officiel - (re) marier
- Un jeune casseur - Autoexécutable
- Absurde logique - Petit pharaon sans pyramide
- Frites-omelette - DOK
- Post-émeute - Un entretien fleuve
- Facebookeurs
- Le double blanc

Le mois de février 2011 :

- Des Ould Kablia - Une non - évolution


- Clientélistes - Un officiel
- Des immolés - Un permis de tuer
- La nouvelle Algérie, version 1.1 - Les momificateurs
- Le syndrome Ben Ali ou Moubarak - 12S
- Un WikiLeaks - Un Raffarin
- Le premier des Mai - Les cryptologues

99
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

- DOK - La déesse facebook

Le mois de mars 2011 :

- Des portables - Des facebookistes


- L’alimentaire - Une autocongratulation
- Libre, comme un samedi - Pro
- Général T - Anti
- Monsieur et Madame D. (DRS) - Une guerre peut en cacher une autre
- La post fin - Un mot qui en cache souvent un
- La non-linéarité autre
- Un anti 8 Mars - Les pro-El Gueddafi
- Des antiBouteflika - Les antiEl Gueddafi
- Les pro-Bouteflika - Un 12S
- Lorman (normal) - Hier c’est déjà demain
- La revendication suicide - L’avant compte rendu
- Un demi logement - Que vat- il se passer hier
- Les subversifs - Si le Maroc a gagné
- Des Chinois à la pelle - Voyeuriste
- Un DRS - République Batatière
- Saïd samedi - Flexy

3.7.2. Nomenclature des emprunts linguistiques

100
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

Ont été collectés en tout 91 emprunts dans notre corpus. Les résultats détaillés sont
représentés en pourcentages à l’aide d’un graphique à secteurs comme suit :

Figure 3.6

On peut facilement remarquer que COMMENTAIRE est en tête avec un pourcentage


de 59 % représentant 54 emprunts sur un total de 91. Or que la chronique POINT ZERO vient
en seconde position avec pourcentage de 41 % représentant 37 emprunts sur un total de 91.
Cela peut s’expliquer par un plus grand recours à la néologie naturelle : emprunt, par le
COMMENTAIRE.

Les emprunts linguistiques collectés sont présentés selon le mois de leur apparition
dans rubrique concernée.

3.7.2.1. Les emprunts linguistiques collectés dans COMMENTAIRE

Le mois de décembre 2010

- WikiLeaks - Des archs


- Quidam - La Kabylie
- « pax americana » - Jurer par tous les saints
- La zakat - Talibans
- L’Aïd El Fitr - Le mois de Ramadhan
- L’Achoura - Ijtihad
- Langue Amazigh - « Tounes El Khadra »

101
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

Le mois de janvier 2011 :


- Des harraga - Éviter dérives et abus
- Désamorcer la crise - Les photos « people »
- Ramener la sérénité - Les USA
- Le black-out - Le « big brother »
- Yennayer - Hamas
- Amazigh - Ghaza
- Tamazight - Mossad
- La panne historique - Cécité politique
- Convulsions sociales

Le mois de février 2011 :

- Séisme démocratique - La place Tahrir


- « la hogra» - Ses baltaguia
- La harga - « soft »
- « Houma » (quartier) - La contrefaçon politique

Le mois de mars 2011 :

- « smalas » - Des Shebab


- El Khabar - Des Qaîda
- Le label présidentiel - Al Quaïda
- Package
- Sit-in
- Establishment
- Public annabi
- Flop
- Fair-play
- Yes, we can
- US
- son «machin»

3.7.2.2. Les emprunts linguistiques collectés dans la chronique POINT ZERO

102
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

Le mois de décembre 2010 :

- WikiLeaks - L’homme monte au maquis


- El Para - Le hadj Raouraoua
- Bourourou - Mastercard
- Ammi L’hadj - Des boat people
- Wikipédia - Katibat El Maout
- Docteur House - Augmenter tout le monde de 50 %

Le mois de janvier 2011 :

- Un qamis - Facebook
- Un hidjab - Twitter
- Je jure sur la vie de ma tête - Trafic (internet)
- Cheb Tchoutchou - Trafic de chair humaine
- «Gallek ouahed tlaâlou essokker, - Echourouk
agressaweh.»Traduction : - OK
quelqu’un a fait un pic - Zid
d’hyperglycémie (taux de sucre en
hausse) et s’est fait agresser

Le mois de février 2011

- Al Jazeera - « Vive Ouyahia, dawla islamiya »


- El djazeera - Baltaguias
- Jazaïr Houria - Les supporters
- Le journal espagnol El Païs

103
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

Le mois de mars 2011 :

- Play - Spasmes historiques


- « Ma tkhafch echab3ane qui idjou3, - Les chaouis
khaf el dji3ane qui yechba3 », - La fitna
(n’aie pas peur du repu qui a faim
mais de l’affamé qui est repu), dit
le proverbe algérien

3.8. Étude lexicosémantique des néologismes

Afin de concevoir et de faire une étude lexicosémantique des néologismes, cela


implique que le lexique et la sémantique soient pensés comme indissociables. En effet,
l'analyse lexicosémantique des lexies néologiques s'appuie sur une mise en relation de la
forme des néologismes et de leur sens.

Aborder la question du sens à partir de la construction de l'unité lexicale nous mène


directement à évaluer l'incidence de la morphologie lexicale des néologismes sur la
construction du sémème associé au néologisme lui-même.

Selon FABIENNE CUSIN-BERCHE152, l'examen des procédures néologiques en tant


que manifestation d'une dynamique évolutive constitue un champ privilégié d'exploration du
fonctionnement sémantique des unités.

Cela nous permettra de mettre au jour les processus en jeu dans la constitution de
nouveau sens, que ceux-ci soient liés à des formes originales ou déjà attestées. Et pourquoi

152
CUSIN-BERCHE F., les mots et leurs contextes, Presses Sorbonne Nouvelle, 2007, p.31.

104
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

pas, contribuer à l'élaboration de ce que CUSIN-BERCHE appelle une « grammaire lexico-


sémantique».

Pour notre cas, les procédures de formation des néologismes ont été déjà exposées
dans le paragraphe 1.8. Les procédés de formation entrant dans la création des néologismes
seront présentés et analysés, toujours en gardant le même ordre avec les matrices
lexicogéniques proposées par J-F SABLAYROLLES.

Néanmoins, nous tenons à porter votre attention sur l'existence d'une autre typologie
classique et traditionnelle des néologismes, s'appuyant sur la nature du signifiant. On
distingue ainsi la néologie formelle, la néologie sémantique et finalement la néologie par
emprunt.

Nous tenons à vous présenter de façon brève les résultats de notre corpus suivant cette
typologie, puisque cette typologie a longtemps servi dans les études classiques néologiques.
Dans notre corpus comportant 300 néologismes, nous avons enregistré néologismes de
forme, néologismes de sens et 91 emprunts.

Pour une vision optimale des résultats, nous avons opté à leur présentation en un
graphique à secteurs « histogramme » comme suit :

Figure 3.7

105
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

Les néologismes de forme (ou formels) sont largement en tête avec un pourcentage de
45 %, alors que les emprunts viennent en deuxième position avec un pourcentage de 30 % et
finalement nous retrouvons les néologismes de sens, « timidement » présents dans notre
corpus avec seulement 24 %, équivalent à peu près la moitié des néologismes de forme.
La présence d'un grand nombre de néologismes de forme peut s'expliquer par le fait
que le système de la langue française qui, par définition, est caractérisé par une permanence
sur le plan des procédés de formation de nouveaux mots. Le système étant à l'origine d'un
mouvement constant de création, favorise la création qui aboutit à des réaménagements dans
le système de la langue française.
Il est clair que ce système, doté d'une flexibilité sur le plan morphologique, renferme
en lui-même une multitude de règles assurant à la fois la stabilité de la langue donnée et
permettant aussi la dynamique à l'intérieur de cette même langue. Un système assurant la
stabilité et la dynamique en même temps est certes paradoxal, mais parfaitement représenté et
incarné par la langue.

Après avoir examiné brièvement la typologie traditionnelle des néologismes, nous


proposons l'examen des néologismes en mettant l'accent sur la relation forme/sens. Cette
interconnexion entre forme et sens peut être interprétée par le faite que la morphologie des
néologismes et porteuse d'un sens, assurant ainsi un sens après le découpage et l'interprétation
des lexies nouvelles. Afin d'atteindre cet objectif, la morphosémantique nous sera d'une
grande utilité à l'analyse et l'interprétation de notre corpus néologique.

3.8.1. Les procédés de formation des néologismes

SABLAYROLLES oppose les matrices internes, qui sont au nombre de quatre, à une
seule matrice externe, l'emprunt.
Pour un corpus de 300 lexies néologiques, nous avons enregistré 209 lexies
néologiques générées par les matrices internes et 91 lexies néologiques générées par une
matrice externe. Les résultats sont présentés graphiquement comme suit :

106
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

Figure 3.8

3.8.1.1. Les matrices internes

Elles regroupent quatre matrices, dont les néologismes générés sont présentés
graphiquement ci-dessous :

Figure 3.9

107
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

Le graphique à secteurs représentant les lexies néologiques générées par les matrices
internes, fait ressortir les matrices morphosémantiques comme étant les plus dominantes en
matière de création de nouveaux mots avec 56 %. Cette dominance s'explique par la
multiplicité des procédés créatifs morphosémantiques qui offrent une source intarissable à la
néologie. 25 % des créations sont assurés par les matrices syntactico-sémantiques ; or en
queue de liste, nous avons la matrice pragmatique avec seulement 12 %. La dernière place est
occupée par les matrices morphologiques avec 7 % des lexies néologiques.

Afin d'étudier les lexies néologiques générées par les matrices lexicogéniques, de
façon à pouvoir mettre en relation leur morphologie et leur sens, nous avons dressé des
tableaux contenants les colonnes suivantes :
1- Le néologisme étudié.
2- Décomposition et découpage du néologisme en deux colonnes, l'une contenant la
base et l'autre l'élément rajouter à cette même base.
3- Le nouveau sens obtenu.
4- Afin de pouvoir comparer ses néologismes aux règles de construction du mot
français (RCM), nous allons mettre un (–) pour tout écart à la norme et un (+) pour
la conformité des lexies néologiques aux RCM.

5- La catégorie grammaticale qui en découle.


Les tableaux seront adaptés ou complètement supprimés selon les besoins de chaque
matrice et procédé de formation, traités et analysés séparément afin de garder le même ordre
avec la patrie théorique.

3.8.1.1.1. Les matrices morphosémantiques

108
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

Figure 3.10

Les résultats plus visibles représentés par se graphique à secteurs, montrent que les
néologismes formés par composition viennent largement en tête avec un pourcentage de
39 %, suivis de néologismes préfixés avec un pourcentage de 22 % et les néologismes
suffixés occupent la troisième place avec un pourcentage de 15 %. C'est-à-dire les résultats
trouvés confirment une fois de plus les résultats constatés par les linguistes auparavant, qui
disent que les procédés les plus créatifs sont la composition et la dérivation (préfixation et
suffixation). Ces deux procédés monopolisent 76 % des formations, or que les 24 % restant
sont partagés par neuf procédés créatifs.

a. La préfixation :

Tableau n°3.1 : les néologismes créés par préfixation

Néologismes Radical Préfixe Sens obtenus RCM C.


grammaticale
Interpalestinienne palestinienne Inter Qui a rapport à la Palestine et + Adj
à leurs relations

109
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

La délégitimation légitimation dé Action de rendre illégitime + Nom


post-indépendance indépendance post Après l'indépendance _ Adj
a-démocratique démocratique a Dépourvu de toute démocratie _ Adj
Pro-Bouteflika Bouteflika Pro Favorable à Bouteflika _ Nom
Pseudo- révolutionnaire Pseudo De faux révolutionnaire _ Adj
révolutionnaire
Délégitimer légitimer dé Rendre illégitime + Nom
s’est autosaisi Saisi « saisir » auto Saisir quelque chose par soi- + P passé
même
S’auto-efface efface auto S'efface de façon automatique _ Verbe
Entr’aperçu aperçu Entre S'apercevoir réciproquement + P passé
Pré-enregistrés Enregistré"s" Pré Déjà enregistré _ Adj
Post-émeute émeute Post Après une émeute _ Adj
Antimarche marche Anti Opposé à toute manifestation + Adj
anti-immolations immolations anti Qui combat le suicide par le + Adj
feu
Anti-manifestant manifestant anti Contre les manifestants _ Adj
(re) marier marier re Marier de nouveau _ Verbe
Autoexécutable exécutable Auto Qui est exécuté de façon + Adj
automatique
Des antiBouteflika Bouteflika anti Opposants à Bouteflika + Nom
Les pro-Bouteflika Bouteflika pro Partisans de Bouteflika _ Nom

Une congratulation auto Action de se féliciter « par soi- + Nom


autocongratulation même »
Les pro-El Gueddafi El Gueddafi pro Partisans d'El Gueddafi _ Nom
Les antiEl Gueddafi El Gueddafi anti Opposants d'El Gueddafi + Nom
(re) construite de construite re construite de nouveau + P passé
nouveau

D'après le tableau des néologismes préfixés, nous avons remarqué que les règles de
construction lexicales ne sont pas toujours respectées et appliquées. On trouve, par exemple,
des néologismes qui ne requièrent pas un trait d'union, puisqu’ils sont formés par des préfixes
qui doivent être graphiquement agglutinés à leur radical comme est le cas des mots formés par
le préfixe pro avec la lexie pro-El Gueddafi, et vice-versa. Les lexies néologiques formées par
le préfixe anti, ne requièrent pas un trait d'union. Or, la majorité des formations se sont
présentées avec un trait d'union.

110
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

Nous avons aussi relevé une lexie néologique faisant l'objet d'un pléonasme fautif :
(re) construite de nouveau. Dans cette construction le participe passé du verbe construire qui a
pour définition construire de nouveau, recèle en lui-même le sens de « de nouveau », l'emploi
de « de nouveau » est donc une répétition inutile et même fautive. D'ailleurs même l'auteur
n'assume pas la diffusion de cette lexie néologique, même si celui-ci doit assumer sa création,
puisque le (re) ayant pour sens « de nouveau » est intercalé entre parenthèses.

b. La suffixation :

Tableau n°3.2 : les néologismes créés par suffixation

Néologismes Radical Préfixe Sens obtenus RCM C. grammaticale


Un « Nobélisé » Nobel isé Personne ayant reçu le _ Nom
prix Nobel
l’amazighité amazigh ité Caractère propre à la + Nom
nation amazigh
Civilisationnelle Civilisation elle Qui a rapport à la + Adj
civilisation
Recasement recas « recaser » ement Action de recaser + Nom
Radicaliste Radical iste Propre au radicalisme + Adj
Muselage Musl"er" age Action de museler + Nom
Constitutionnalisation constitutionnalis ation Action de rendre quelque Nom
chose conforme à la +
constitution
Génocidaire génocid aire Qui incite au génocide + Adj
Équilibrisme équilibr isme l'art de l'équilibre + Nom
Parasitage parasit age Action ou résultat des + Nom
parasites

Tableau n°3.2 (suite) :

la « Busherie » Bush erie Action, comportement + Nom


typique à George Bush
Des Janviéristes janvier iste"s" Personne qui fête le + Nom
premier janvier
Clientélistes clientel iste"s" Relatif au clientélisme + Adj
Les momificateurs momificat eur"s" Personne exerçant ou Nom

111
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

pratiquant la +
momification
Voyeuriste Voyeur iste Personne qui exerce le + Nom
voyeurisme
bédouinisé bédouin isé Rendu bédouin par Adj
opposition à moderne +

La même remarque peut être faite pour les néologismes suffixés concernant les règles
de construction du mot. Néanmoins, nous avons enregistré une lexie néologique « nobélisé»
dont le radical est connu « Nobel », mais dont le suffixe n'a jamais été utilisé pour former des
noms puisque le sens de cette lexie est « Personne ayant reçu le prix Nobel ». La lexie est
attestée uniquement dans le dictionnaire du logiciel de correction utilisé dans cette étude :
Druide Antidote.

La seconde lexie qui a attiré notre attention est « Busherie », nom commun créé à
partir d'un nom propre George Bush, ayant pour sens « Action, comportement typique à
George Bush ». Nous avons remarqué que phonétiquement la lexie « Busherie » [bu∫ri] est
identique à un mot français qui est « boucherie » [bu∫ri], ayant pour sens figuré « massacre »,
rappelant les massacres commis par l'Amérique pendant la mandature de George Bush en Irak
et en Afghanistan.

c. Les parasynthétiques :

Tableau n°3.3 : les néologismes créés par parasynthétique

Néologismes Préfixe Radical suffixe Sens obtenus RCM C.


grammaticale
Déghétoisation dé ghetto ation Action de détruire et d'éliminer Nom

112
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

les ghettos _
« dézerhouniser » dé Zerhouni er Ôter à quelque chose toute Verbe
caractéristique propre à _
Zerhouni
Indétrônable in trône able Qui ne peut être dépossédé d'un Adj
trône +

Le tableau montre trois formations par parasynthétique une, est conforme aux règles
de création du mot, or les deux autres sont des formations qui ne respectent pas les normes
lexicales de la langue française.

Nous avons enregistré la formation d'un verbe à partir d'un nom propre « Zerhouni ».
Une création complètement absente dans la langue française, puisqu’habituellement les verbes
sont créés à partir d'adjectifs ou de nom, mais, pas à partir de nom propre.

Nous avons aussi enregistré l'exemple de « Déghétoisation », ayant pour sens « action
de détruire et d'éliminer les ghettos ». Le mot est pris à l'anglais « ghéttoization», dérivé de
« ghetto », ayant pour sens « ségrégation ». En français le mot est attesté dans le dictionnaire
« application spéciale iPhone », il est défini comme étant « l'action de ghettoïser » : verbe qui
a pour sens « enfermer (réellement ou plus souvent symboliquement) une minorité dans un
ghetto, la tenir à l'écart de la société ».

d. La flexion :

Tableau n°3.4 : les néologismes créés par flexion

Néologismes L'élément de flexion Sens obtenus RCM C. grammaticale


La chef « La» déterminant féminin Féminin de chef _ Nom
générale « e » marque du féminin Féminin de général + Nom

113
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

benghazis « s» marque du pluriel Habitants de la ville _ Nom


libyenne Benghazi

Nous avons enregistré seulement trois cas de néologismes flexionnels. Nous avons
remarqué l'application de la fameuse règle canadienne qui, consiste d'une part, à faire
précéder des noms masculins par des déterminants féminins, ex. « la chef » (emploi fautif
puisque « chef » en langue française est utilisé pour les deux sexes), ou consistant en l'ajout
d'un « e », marque du féminin, à la fin des noms masculins, ex. « générale», d'une autre part.

Le troisième cas enregistré consiste en l'application de la règle pour la formation d'un


pluriel à partir d'un singulier en langue française. Qui consiste en l'ajout d'un « s », marque du
pluriel en langue française, à un mot singulier ex, « Les Benghazis», ayant pour sens les
habitants d'une ville libyenne nommée « Benghazi ».

En effet, l'application de cette règle dans ce cas est considérée comme un emploi fautif.
Car en langue française, les noms propres géographiques sont généralement invariables et
l'emploi du pluriel n’est acceptable que si Benghazi est employé métaphoriquement, ce qui
n'est pas le cas de ce néologisme.

e. La composition :

Tableau n°3.5 : les néologismes créés par composition

néologismes 1re unité 2e unité Fusion des Sens obtenus RCM C.grammaticale
unités
Demi-caciques Demi cacique Trait d'union Personnalité d'une Nom

114
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

importance +
moindre
Le non-suivi Non suivi Trait d'union Qui n'est pas _ Nom
régulier
Des non-êtres Non être Trait d'union Individu inexistant _ Nom
Des sous-êtres sous être Trait d'union Individu de rang + Nom
inférieur
Région martyre Région martyre L'une à côté Une région ayant Nom
de l'autre subi un supplice +
militaire-civil militaire civil Trait d'union Qui unit à la fois les Adj
caractéristiques
militaires et civiles +
politico-militaire politique militaire Trait d'union Concernant à la fois Adj
le domaine
politique et +
militaire
un accord – cadre accord cadre Trait d'union Accord conclu + nom
entre partenaires et
précisé
ultérieurement
non-observance non observance Trait d'union Absence de règles + nom
la non-reconnaissance non reconnaissan Trait d'union Absence de + Nom
ce reconnaissance
L’atout atout déconcentrat L'une à côté Un atout qui _ Nom
déconcentration ion de l'autre déconcentre
syndicats maison syndicats maison L'une à côté Un syndicat pour + Nom
de l'autre les maisons
des demi-mesures demi mesure Trait d'union Des mesures + Nom
incomplètes
les porte-flambeaux porte flambeau Trait d'union Les représentants + Nom
d'une cause
Tableau n°3.5 (suite) :

politico-juridique politique juridique Trait d'union Concernant à la fois Adj


le domaine +
politique et
juridique
Moyenorientaux moyen orientaux agglutination Propre au Moyen- _ Adj
Orient
Technicopolitique technique politique agglutination Concernant à la fois Adj

115
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

le domaine _
politique et
technique
islamo-conservatrice islam conservatric Trait d'union Conservatrice en + Adj
e Islam
Islamo-conservateur islam conservateur Trait d'union Conservatreur en + adj
Islam
Non-communication non communicati Trait d'union Absence de + Nom
on communication
Des questions-clés questions clés Trait d'union Question + Nom
importante
Une position-clé position clé Trait d'union Position décisive + Nom
Irak bis ? Irak bis L'une à côté Répétition du Nom
de l'autre scénario irakien +
Hannachileaks hannachi Leak"s" agglutination Informations Nom
dévoilées par _
Hannachi
L’islamoconservatisme islam conservatism agglutination Attachement à Nom
e l'islam _

frites-omelette frites omelette Trait d'union Des frittes avec des + Nom
omelettes
Le double blanc double blanc L'une à côté Pièce rectangulaire Nom
de l'autre utilisée dans un jeu +
de domino
Une non – évolution non évolution Trait d'union Qui n'évolue pas + Nom
La post fin poste fin L'une à côté Après la fin _ Nom
de l'autre

Tableau n°3.5 (suite) :

La non-linéarité non linéarité Trait d'union Qui n'est pas + Nom


linéaire
Un demi logement demi logement L'une à côté Un logement qui _ Nom
de l'autre n'est pas bien fait

l’avant compte rendu avant Compte L'une à côté Qui précède un + Nom

116
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

rendu de l'autre compte rendu


Saïd samedi saïd samedi L'une à côté Un Saïd qui ne se Nom
de l'autre manifeste que les _
samedis
la mal vie mal vie L'une à côté vie médiocre _ Nom
de l'autre
le mal être mal être L'une à côté le faite d'être pas _ Nom
de l'autre bien
Sous-dimensionnant sous dimensionna Trait d'union Dimensions en P Présent
nt dessous de leur +
valeur réelle
l’après-Mondial après mondial Trait d'union Période qui suit le + Nom
mondial
L’après-Droukdel après droukdel Trait d'union Période qui suit Nom
l'évènement de +
Droukdel
Sous-évaluée Sous évaluée Trait d'union Être évalué en Adj
dessous de sa vraie +
valeur
L’après-militaire après militaire Trait d'union Après la période + Nom
des militaires
Ses appareils gardiens appareils gardiens L'une à côté Des appareils ayant Nom
de l'autre pour fonction de +
garder quelque
chose ou quelqu'un

Les néologismes composés représentent le nombre le plus important des lexies


générées par les matrices morphosémantiques. On trouve ainsi, des néologismes formés en
utilisant un trait d'union (─) ex. « Sous-évaluée », des néologismes formés en agglutinant la
première unité à la deuxième unité, ex. « Technicopolitique » et enfin des néologismes formés
par des unités posées l'une à côté de l'autre, ex. « région martyre ».

Nous avons aussi enregistré un emploi pouvant être fautif. L'utilisation d'un nom
masculin invariable « non-être » comme étant un nom masculin pluriel, ex. des « non-êtres ».
Des préfixes tels « post » sont utilisés comme des unités complètement autonomes
comme dans l'exemple « post fin » ; or, les mots formés par le préfixe « post » sont des
dérivés où le radical est agglutiné à son préfixe, ex. « postcommunisme ».

117
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

Nous avons aussi enregistré un néologisme formé conformément aux Règles de


Création du Mot français. La règle appliquée est celle concernant la composition de noms
masculins à partir d'un verbe conjugué à la troisième personne du singulier plus un nom
commun, ex. des « porte-flambeaux ».
Un autre procédé créatif a attiré notre attention, utilisation de l'adverbe de négation
« non » :
L'adverbe « non » peut être employé comme un préfixe pour entrer dans la formation
de certains mots, mais tout en obéissant à la règle suivante :

1. Devant un nom : le trait d’union est requis

L'adverbe non requis le trait d’union quand il est utilisé comme préfixes devant un nom
commun, ex. « non-communication »

2. Devant un adjectif : pas de trait d’union

Le trait d’union est interdit quand non précède et modifie un adjectif qualificatif ou un
participe passé, ex. « non suivi », une formation qui n'obéit pas aux RCM.

f. Les synapsies ou composés par particule :

Nous avons relevé quatre exemples de lexies composées par particule, qui se présentent
sous la forme de plusieurs lexies autonomes jointes par des prépositions. Nous avons des
syntagmes prépositionnels ou groupe de mots fonctionnant comme des noms :
- Des « samedis pour le changement »
- Un avant et un après 11 septembre
- « 11 septembre bis »
- Un anti 8 Mars

g. La composition savante :

Le seul cas que nous avons relevé est la lexie néologique suivante « Les cryptologues»
désignant les scientifiques qui s'occupent de l'étude des documents codés. Composition d’un
élément de la langue française avec un formant ancien, pris au grec, appelé pseudomorphèmes
et quasi-morphèmes.

118
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

h. La composition hybride

Les néologismes hybrides combinent deux langues complètement autonomes, l'arabe


standard et le français ou l'arabe algérien et le français, tout en appliquant les règles de la
langue française aux mots de la langue étrangère (arabe standard/arabe algérien).
Comme le montre le tableau ci-dessus, le radical est pris à une autre langue (dans notre
cas arabe standard ou algérien et l'anglais), tandis que le suffixe est toujours pris à la langue
française. Le résultat est un néologisme hybride obéissant aux règles de la langue française.

Tableau n°3.6 : les néologismes créés par composition hybride

Néologismes Radical suffixe Sens obtenus RCM c. grammaticale


rite ibadite Ibad "ibadhia" ite Relatif à la doctrine + Adj
« ibadhia »
Les salafistes salaf iste Adepte de la doctrine dite + Nom
« salafïa»
Le salafisme Salaf isme Courant islamiste + Nom
fondamentaliste
la horde salafiste salaf iste Qui a rapport la doctrine + Adj
dite « salafïa»
Les trabendistes « Trabendo » iste"s " Marchant de vêtements sur + Nom
le marché noir
Facebookeurs facebook eur"s " Utilisateur de facekook + Nom
Des facebookistes facebook iste"s" Utilisateur de facekook + Nom
République Batatière « Batata » ière Relatif à la pomme de terre _ adj

i. Les mots-valises :
Nous avons un seul cas, « Desertec », formé de désert et technologie, ayant pour sens
« les nouvelles techniques inventées et utilisées dans le grand désert algérien ».

j. La compocation :

Le seul cas recensé est « La realpolitik », formé de deux unités « réalité » et


« politique ». Les deux unités ont été tronquées, puis agglutinées. Le sens de la nouvelle lexie
néologique est obtenu en combinant le sens des deux unités tronquées : la réalité de la scène
politique.

119
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

k.
1- Les onomatopées

La lexie néologique onomatopéique est formée par la répétition d'une séquence


reproduisant à peu près le gazouillement des petits oiseaux pour désigner le nom artistique
d'un chanteur humoristiquement, ex. Cheb tchoutchou par analogie à Cheb Khaled.

2- La paronymie :

L'auteur reprend la fameuse façon qu'ont certains Algériens, généralement


analphabète, de prononcer le mot français « normal ». Dans ce cas, on peut remarquer une
altération ou déformation, involontaire, du signifiant du mot « normal », par reproduction
d’un mauvais enregistrement, repris sciemment par l'auteur pour en faire une création par
ironie ou par jeu : Lorman = (normal).

Nous avons aussi enregistré la lexie « Wikineaks », où le « l » du site américain lancé


par son Julien Asenge – Wikileaks se trouve remplacé par un « n ». Ce jeu touchant à la
graphie du mot consiste à faire un rapprochement entre M. HANNACHI et le célèbre site de
diffusion d'informations secrètes : Wikileaks. En réalité, « Wikineaks » désigne des
informations secrètes dévoilées par le président de l'équipe de football « JSK » aux médias.

3- Les fausses coupes :

Le chroniqueur établit une fausse coupe entre les deux mots « l'infamie » et « la
famille », les frontières entre morphèmes ne sont pas celles qui correspondent aux frontières
qui étaient originelles. La fausse coupe s'est faite par jeu, pour qualifier un code de la famille
qui suscite le déshonneur ou lieu de l'honneur « Code de l’infamie ».

3.8.1.1.2. Les matrices syntactico-sémantiques

120
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

Figure 3.11

Les résultats des néologismes générés par les matrices syntactico-sémantiques, visibles
ci-dessus et représentés par un histogramme, montrent que les lexies créées par dérivation
impropre ou conversion sont en tête avec un pourcentage de 28 %. Celles-ci sont suivies de
lexies crées par métaphore représentant 22 % des créations, suivies à leur tour des
néologismes crées par d'autres figures de style (antonomase, oxymore et pléonasme)
représentant 26 % des créations.
Les 24 % restant sont partagé entre les sept matrices comme suit : 5 % pour la
conversion verticale et la restriction de sens, 2 % pour la combinatoire syntaxique,
combinatoire lexicale, Extension de sens. La déflexivation et la métonymie ne représentent
que 4 % des matrices syntactico-sémantique.

m- La conversion :

Tableau n°3.7 : les néologismes créés par conversion

Néologismes La conversion Sens obtenus C. grammaticale obtenue


les heureux Participe passé employé Personne à laquelle on a Adj
recasés comme adjectif attribué un logement
Des officiels Adjectif employé comme Personnes qui exercent une Nom
nom fonction publique
Des légaux Adjectif employé comme Personne en situation légale Nom
nom
Un officiel Adjectif employé comme Personne exerçant une Nom
nom fonction publique

Tableau n°3.7 (suite) :

Un jeune casseur nom employé comme Qui casse quelque chose Adj

121
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

adjectif
Un entretien nom employé comme Un entretien où sont posées Adj
fleuve adjectif beaucoup de questions
Des immolés Participe passé employé Personnes qui se sont Nom
comme nom immolées par le feu
Des portables Adjectif employé comme Pour un téléphone portatif Nom
nom
L'alimentaire Adjectif employé comme L'alimentation Nom
nom
La revendication nom employé comme Qui peut vous couter la vie Adj
suicide adjectif
Les subversifs Adjectif employé comme Personne agissant dans un Nom
nom sens contraire à l'ordre établi
Pro Préfixe employé comme Partisan favorable à un parti Nom
nom ou une personne
Anti Préfixe employé comme opposant favorable à un parti Nom
nom ou une personne
SMIG Sigle employé comme Un gouvernement où il y a Nom
démocratique nom un minimum d'indépendance
pour le peuple
Un DRS Sigle employé comme Personne travaillant au Nom
nom Département de
Renseignement et de
Sécurité

Les lexies néologiques formées par conversion, comme nous pouvons le remarquer
dans ce tableau, sont des signifiants qui existent déjà dans la langue française. Mais, il se
trouve que ces mêmes signifiants subissent un changement d'appartenance catégorielle, on
assiste ainsi à une modification des traits inhérents à la catégorie grammaticale d'où un
réajustement des paradigmes syntaxiques.
Le résultat est l'obtention de nouvelles lexies sur le plan sémantique, qui sont
formellement identiques aux mots déjà existants. Prenons par exemple, la lexie néologique
« les subversifs », qui est dans cet exemple un nom. Le même terme existe déjà en langue
française, mais il occupe la fonction d'adjectif et non de nom.

122
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

Formellement les deux sont identiques, mais l'adjectif a pour sens « Propre à
renverser l’ordre social ou politique, les valeurs établies » ; or le nom signifie « Personne
agissant dans un sens contraire à l'ordre établi ».
La remarque qui se dégage des résultats ci-dessus, est que l'adjectivation des noms est
la plus sollicitée. C'est-à-dire qu'on a plus de noms convertis en adjectifs que d'adjectifs
convertis en noms (dite la nominalisation). Notre corpus compte même deux préfixes et deux
sigles employés comme des noms, création rarissime, sauf le cas de « Onusien » créé à partir
du sigle « O.N.U ».

n- La conversion verticale

Les trois lexies enregistrées sont des unités supérieures au mot. Nous avons la lexie
« avant compte rendu », ayant pour sens « qui précède le rapport que l'on fait à propos d'un
événement, d'un état de choses". Les deux autres lexis enregistrées sont "le premier des Mai »
et «un anti 8 Mars », dont le sens est respectivement « le premier mai le plus exceptionnel de
tous les autres premier mai déjà vu et vécu, correspondant à la journée nationale des
travailleurs" et "tout ce qui s'oppose à la journée de la femme correspondant au 8 mars".

o- La déflexivation :

Nous avons enregistré deux cas, un nom (des immolés) et un adjectif (les heureux
recasés) formés à partir de formes fléchies (participe passé).

p- La néologie combinatoire : Elle se divise en deux catégories :

1- la combinatoire syntaxique :

L'unique lexie néologique relevée est un complément de nom construit "Le syndrome
Ben Ali ou Moubarak". Le complément du nom est habituellement introduit par une
préposition, ce qui n'est pas le cas de celle lexie.

123
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

2- la combinatoire lexicale :

La lexie relevée est "On lui souhaite tout le courage du monde", le chroniqueur a
combiné des unités lexicales qui d’habitude ne s’emploient pas ensemble. Le mot qui est
normalement attendu par le locuteur est bonheur et non courage, le locuteur a l'habitude
d'entendre l'expression suivante : "On lui souhaite tout le bonheur du monde".

q- Extensions et restrictions de sens

1- Les extensions de sens :

Notre corpus a enregistré un seul cas, se répétant plusieurs fois dans la chronique et le
commentaire. La lexie néologique enregistrée est "Câbles WikiLeaks", apparue lors de la
divulgation de certaines informations (qualifiées de top secret) sur le site "Wikileaks",
concernant des États, certains hommes politiques et même des présidents de républiques. Le
terme "Câbles" est certes un terme qui existe déjà dans la langue française, mais ne possédant
à aucun moment le signifié dont il s'est chargé : "Documents contenants des informations
confidentielles (top secret) divulguées sur internet".
Si on prend, par exemple, le sens du mot "câbles" en nous référons à un dictionnaire
électronique d'usage courant "38 Dictionnaires et recueils", on trouvera la définition
suivante :

Câble (nom masculin)


- Gros cordage.
- Faisceau de fils électriques.
- Mode de télédistribution.
- Télégramme.
Câble série :
- [informatique] câble branché sur un port série. Il sert à transférer des données qui passent les
unes après les autres, bit par bit.
- [Informatique] câble se branchant sur le port parallèle de l'ordinateur. Il sert à transférer des
données qui passent 8 bits par 8 bits.

124
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

Les définitions proposées par "38 dictionnaire et recueils" évoquent toutes la même
signification, à savoir un fil conducteur métallique protégé par des enveloppes isolantes ou
des informations transmises par câbles. Alors comment la lexie "câbles" s'est-elle chargée
d'un nouveau sème ?

La réponse à cette question nous mène à la source ou nous avons trouvé l'expression
« câble diplomatique», de l'anglais « diplomatic cable». Un câble diplomatique, également
connu comme un télégramme diplomatique ou d'un câble ambassade, est le terme donné à un
message texte confidentiel échangé au cours d'une mission diplomatique, entre une ambassade
ou un consulat, et le ministère des affaires étrangères de son pays parent. L'appellation de
« câble diplomatique» est due au support de transmission des communications, à savoir des
câbles sous-marins de communication.

Les informations transmises sont protégées par les mesures de sécurité les plus
élaborées pour empêcher l'interception non autorisée par des gouvernements étrangers. Les
câbles diplomatiques sont donc, toujours cryptés, ne pouvant être décryptés que par un
incassable monogramme "time pad".

Du moment que le site Wikileaks divulgue, de manière anonyme, non identifiable et


sécurisée, des documents témoignant d'une réalité sociale et politique, voire militaire, qui
nous serait cachée, afin d'assurer une transparence planétaire. Les informations ou les câbles
diplomatiques interceptés et décryptés sont soit diffusés directement sur internet par
WikiLeaks, soit transmis de façon cryptée à des médias qui en font une analyse journalistique
permettant de les diffuser au grand public sous une forme plus accessible.

En effet, un lien s'est donc noué entre "câbles", "câbles diplomatiques" et "Wikileaks"
pour donner une nouvelle signification au mot "câble", celle de "Documents contenants des
informations confidentielles (top secret) divulguées sur internet". Ainsi, "câble" se charge
d'une nouvelle, c'est-à-dire, un nouveau sème vient se greffer et s'additionner aux sèmes
anciens, provocants ainsi une extension du sens de la lexie en lui permettant de dénommer un
ensemble plus large afin de répondre à un besoin vital et incontournable, l'évolution du monde
qui nous entoure et que la langue doit suivre pour pouvoir bien le décrire.

125
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

2- les restrictions de sens :

Notre corpus compte trois lexies néologiques formées par ce procédé marche,
marcheur, marcher, qui ont respectivement pour sens manifestation, manifestant et manifester
Dans le dictionnaire "38 Dictionnaires et recueils", les mots marche, marcheur et
marcher sont définis respectivement comme suit :
Pour le mot "marche" le dictionnaire en question propose deux entrées :
1- Marche : (non féminin)
- Action de marcher.
- Mouvement d'une chose, d'une troupe qui se déplace.
- Mouvement d'un mécanisme.
- Mouvement d'un astre.
- Progression, avance.
- Air de musique destiné à accompagner la marche d'une troupe, d'un cortège.
- Partie d'un l'escalier sur laquelle on pose le pied.
- Marche à suivre : manière de procédé.

2- Marche : (non féminin)


- Province frontière organisée militairement.

Marcheur : (nom commun)


- Personne qui marche, qui peut marcher beaucoup.
- Personne qui participe à une marche.

Marcher : (verbe transitif et intransitif)


- Mettre le pied sur.
- Avancer à l'aide des pieds.
- Se mouvoir.
- Fonctionner.
- Progresser, s'avancer dans une certaine voie, s'engager dans, consentir à
- Participer: marcher dans une affaire.
- Agir, se comporter : marcher droit.
- Faire des progrès, aller bien : une affaire qui marche.
- Se laisser duper.
- Fouler, presser.
- Faire marcher : taquiner, abuser quelqu'un.

126
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

Comme nous pouvons le remarquer dans les définitions présentées ci-dessus, le sens de
« manifestation» n'apparaît que dans la définition du mot « marche». Donc, on peut dire qu'il
y a eu d'abord une contamination de sens ou un glissement sémantique puis une restriction de
sens.
Le sens de "manifestation" a en premier lieu gagné les deux termes "marcheur" et
"marcher", puis on est passé à une restriction du sens des lexies en question. Ainsi, les lexies
"marche", "marcheur" et "marcher", dénomment un sous-ensemble par rapport à l’ensemble
plus vaste qu’elle dénommait avant du moins durant la période des révolutions arabes. Il se
peut que cet usage soit généralisé par la suite, comme il se peut qu'il demeure prisonnier de
cette période de l'Histoire.

r- La métaphore :

Considéré comme l’une des sources la plus puissante de la néologie sémantique. Notre
corpus compte 12 lexies néologiques métaphorisées, dont le sens ne peut être saisi que de
façon imagée. Ce procédé rhétorique consistant à utiliser un terme concret dans un sens
abstrait sans comparaison explicite, rend de plus en plus difficile la compréhension du sens
d’où son saisissement.
Pour saisir le sens de ces métaphores puis présenter une interprétation sémantique (la
plus correcte possible), nous nous sommes référés à la fois au cotexte et contexte de
production des lexies en question.

Tableau n°3.8 : Les néologismes formés par métaphore

Métaphores Sens obtenus


La panne historique L'Histoire semble ne pas fonctionner à cause de la succession d'événements
identiques, mais dans différents pays
Torches vivantes Pour les personnes qui se sont immolées par le feu
SMIG démocratique Un minimum de démocratie
Un nid de tristesse Un endroit mélancolique
générosité verticale Une générosité venant d'en haut, c'est-à-dire de l'état au peuple
monstre froid nourri au Un état injuste, sans âme et dangereux
gaz de ville
L’accélérateur de Accélération des événements historiques, qui se sont déroulés dans différents
l’histoire pays arabes
Des harraga sans Des émigrés clandestins sans papier
emballage
Des Chinois à la pelle Des chinois trop nombreux
Ghetto économique Une économie close sur elle-même
printemps noir Une année qui a apporté, par les révolutions, la délivrance aux peuples arabes,
mais dont le prix était cher vu la répression sanglante des révolutions
Révolution du jasmin Une révolution déclenchée et conduite par les jeunes

127
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

s- La métonymie :

Nous avons enregistré deux cas, "Des portables" et "Un WikiLeaks". L'origine de la
première lexie étant "des téléphones portables", on assiste dans cet exemple à l'expression
d'un sens au moyen d’un terme désignant un autre sens qui lui est lié par une relation.
Justement, à l'aide de cette figure de rhétorique, on désigne le tout qui est représenté par "le
téléphone portable" par une seule de ses parties qui est "portable".
La seconde lexie est "Un WikiLeaks", elle a pour sens "le créateur du site web
wikileaks", Julien Assange. Donc le créateur est représenté par sa création.

t- Autres figures :

Les autres figures de rhétorique font aussi partie des procédés créatifs participant à la
création de néologismes. Nous avons 8 cas de lexies néologiques formées par antonomase,
procédé qui consiste à prendre un nom propre pour un nom commun, ou l’inverse comme
nous le montre l'exemple de "Petit pharaon sans pyramide" pour le " Président égyptien
Moubarek". Quatre autres cas formés par oxymore, figure de style consistant à réunir deux
mots en apparence contradictoires, comme dans l'exemple "absurde logique", "gouvernance
et chaos". Un seul cas de pléonasme a été enregistré avec "beaucoup trop", où on peut
facilement remarquer une répétition de mots ayant le même sens. En effet, "beaucoup" et "
trop" sont considérés et employés comme des synonymes.

Tableau n°3.9 : Les néologismes créés par autres figures de style

Néologismes Figures de rhétorique Sens obtenus


"pharaon" Antonomase Président qui gouverne de façon arbitraire et
autoritaire.
Les Droukdel Antonomase Les partisans du terroriste algérien surnommé
Droukdel
Dictateur de Carthage Antonomase Pour le président tunisien Benali
Absurde logique Oxymore Une logique contre la raison
Riches retraités Oxymore Des retraités qui ont beaucoup d'argent !!!
"despotisme éclairé» Oxymore Régime politique dans lequel le souverain se conduit
en maître absolu et pratique une politique inspirée de
la philosophie des lumières
Fou de Tripoli Antonomase Pour le président libyen El Gueddafi

128
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

Tableau n°3.9 (suite) :

Gouvernance et chaos Oxymore Une gouvernance qui sème le chaos au lieu de l'ordre.
Petit pharaon sans pyramide Antonomase Pour le président égyptien Moubarek
Beaucoup trop Pléonasme Plus que beaucoup
Un Raffarin Antonomase Jean Pierre Raffarin
La déesse facebook Antonomase Le site Facebook comparable à une déesse
« journée chômée et payée» Antonomase Un jour férié
Des Ould Kablia Antonomase Des partisans de Ould Kablia

3.8.1.1.3. Les matrices morphologiques

Figure 3.12
Les néologismes formés par siglaison ont enregistré le taux le plus élevé avec 57 %
des créations, suivis des néologismes abrégés avec un pourcentage de 22 %. La troisième
place est partagée entre les néologismes créés par troncation, apocope et acronyme avec un
pourcentage de 7 %. Or, nous n'avons enregistré aucun néologisme formé par aphérèse.

u- La troncation, l’apocope, l’aphérèse :

Tableau n°3.10 : Les néologismes créés par troncation, abréviation et apocope

Néologismes Types de Unités Sens


formation originales
TIZI troncation Tizi Ouzou Ville du Nord algérien
12 S abréviation Spécial Un acte de naissance spécial
Général T abréviation Toufik Nom propre
Monsieur et Madame abréviation DRS Département de Renseignement et de
D. Sécurité
Crise et protesta apocope protestation plainte
Dz abréviation Dzaïr Alger

129
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

Le tableau que nous avons dressé morte clairement que le procédé de l'abréviation
prend le dessus par rapport au procédé de la troncation et apocope. Cela est peut-être dû au
fait que c'est le procédé possédant la règle la plus facile à appliquer, en retranchant un certain
nombre de lettres à l’intérieur du mot.

La réduction d’un mot à certaines de ses lettres est souvent faite par économie
d’espace (vu le petit l'espace réservé aux deux rubriques) ou de temps.

Les deux cas ayant attirés notre attention par contre sont, l'abréviation d'un sigle par
ironie, "D" pour "DRS" dans la chronique de Chawki Amari et la troncation de la syllabe
finale du terme "protestation". Ce néologisme formé par apocope où sont retranchées les
dernières lettres du mot en question devait être coupé après une consonne et avant une
voyelle, et se terminer par un point. C'est-à-dire qu’une fois le mot abrégé, on devait avoir ou
bien protest., ou bien protestat., mais non protesta.

v- La siglaison et les acronymes :

Le nombre élevé de sigles peut être expliqué par le faite que le chroniqueur veut
gagner à la fois de l'espace et du temps. Comme vous pouvez le remarquer, tous les sigles ont
été créés en se conformant aux règles de création. Les sigles ont été composés des initiales de
plusieurs lexies, accompagnés de leur signification entre parenthèses.
Tous les sigles ont été accompagnés de leurs significations, sauf un seul sigle "GLD"
dont nous n'avons pas pu proposer une signification. Donc, on peut dire que le sigle lorsqu'il
n'est pas conventionnel, il doit être obligatoirement accompagné de sa signification.
Toutes les créations sont épelées sauf, une seule lexie "DOK" qui est prononcée
comme un seul mot, on la nomme un acronyme.

Tableau n°3.11 : Les néologismes créés par siglaison et acronyme

Néologismes Types de création Formes allongées des sigles


ENE Siglaison (étranger non européen)
IDE Siglaison Investissements directs
étrangers)
UMA Siglaison Union maghrébine arabe

130
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

Tableau n°3.9 (suite) :

UME Siglaison Union maghrébine de l’émeute


MENA Siglaison Moyen-Orient et Afrique du
Nord)
LMG Siglaison Libérez Mohamed Gharbi
GLD Siglaison Pas d'explication
DRS Siglaison Département de Renseignement
et de Sécurité
DOK acronyme Daho Ouled Kablia

3.8.1.1.4. La matrice pragmatico-sémantique

Figure 3.13
w- Le détournement :

Tableau n°3.12 : Les néologismes créés par détournement

Lexies Lexies d'origine Types de la Types de la Sens de la lexie détournée


détournées lexie création
« Il faut sauver le Sauver le soldat Titre d'un Détournement En référence au président
soldat Rayan» Rayan film Moubarek pris au piège des
révolutions, de façon identique
à la situation du soldat Rayan
pris au piège de la guerre.
Une feuille de Une feuille de route Expression analogie Autorisation pour la
route politique militaire permission d'exercer la
politique

131
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

Tableau n°3.12 (suite) :

Une guerre peut Attention, un train Expression Détournement Une guerre peut provoquer une
en cacher une peut en cacher un autre guerre
autre autre
Un mot qui en Attention, un train Expression Détournement Un mot qui cache plus que ce
cache souvent un peut en cacher un qu'il dit
autre autre
Un permis de tuer Un permis de Expression Analogie Avoir une autorisation pour
conduire tuer
Libre, comme un Libre comme l'air Expression Analogie Le samedi étant devenu en
samedi Algérie 2011 un jour réservé
aux manifestations, ouvrant
droit au peuple pour
s'exprimer, d’où une liberté de
l'expression pareille à la liberté
de l'air
La Terre, ronde La terre est bleue Poème de Détournement L'explication de cet exemple
comme l’ennui comme une orange Paul Eluard n'est pas facile, il laisse libre
interprétation au lecteur du
moment qu'il s'inscrit dans le
mouvement de son auteur Paul
Eluard, le surréalisme
Championnat des Championnat de Expression Analogie Une compétition pour les
émeutes de football de première émeutes du monde entier et
première division division plus spécialement du monde
arabe
un prix Nobel de Un prix Nobel de la Expression Analogie On parle de prix Nobel de la
« la guerre» paix figée paix pour quelqu'un qui a
beaucoup donné pour servir
l'humanité et la paix. Or, le
prix Nobel de la guerre sera
remis à quelqu'un qui a fait
énormément de massacre dans
l'humanité.

132
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

Tableau n°3.12 (suite) :

la guerre des La guerre des langues -Intitulé d'un Une rivalité qui entraine un
monnaies La guerre des étoiles ouvrage de Détournement combat féroce entre les
Louis Jean monnaies mondiales,
Calvet (LJC) comparable à une guerre
-Titre d'un
film
La main de fer Une main de fer dans Proverbe Détournement La même autorité ferme sous
d’hier, sans gant un gant de velours. une apparence rude et
de velours brutale. Autrement dit, une
autorité ferme et non
diplomate.
Sauver le soldat Sauver le soldat Titre d'un Détournement Sauver le Président Moubarek
Moubarak Rayan film qui faisait face à la révolution
de son peuple qui voulait à la
fois qu'il quitte le pouvoir ou ils
vont le tuer.
Alger « zone Zone interdite Titre d'une Analogie Alger est représentée comme
interdite» émission une cité interdite d'accès à la
fois par réseaux routiers et par
la liberté de s'exprimer, c'est-à-
dire qu'on n'a pas le droit de
parler ni d'elle, ni à l'intérieur
d'elle. Elle est donc comme les
reportages proposés par
l'émission de "zone interdite",
elle est un sujet épineux.

Le degré zéro de Le degré zéro de Intitulé d'un Détournement Une absence totale de toute
la l'écriture ouvrage de communication, ou
Communication Roland communication complètement
Barthes mauvaise
Un temps soit peu Un tant soit peu Expression Détournement Un laps de temps court
L’appel du zéro L'appel du premier Expression Détournement
novembre novembre
À la Boudiaf À l'italienne Expression Analogie À la façon du défunt président
Boudiaf

133
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

Tableau n°3.12 (suite) :

La nouvelle Par référence aux Expression Analogie Une nouvelle image de l'Algérie
Algérie, version programmes
1.1 informatiques, ex.
Microsoft Windows
version 2.0
Quatre hommes Quatre mariages et un Titre d'un Détournement Plusieurs personnes se
et un dinar enterrement film disputant une petite somme
d'argent
« livré» aux aux quatre vents Expression Détournement Être complètement perdu sans
quatre vents figée aucun repère
Une marche en Attention, un train Expression Détournement Une manifestation qui
cache une autre peut en cacher un déclenche une autre
autre manifestation
Les marches qui Un champoing deux Expression Analogie Une manifestation qui d'une
font du deux en en un pierre touche deux coups, c.-à-
un d. qui cible deux objectifs
Moisson d’avril Poisson d'avril Expression Analogie Grande quantité
d'informations amassées
durant le mois d'avril

Les néologismes générés par la matrice pragmatico-sémantique sont des lexies


détournées. La lexie en question, pouvant être une locution, un proverbe ou une expression
figée, subie un changement plus au moins marqué de l’un des ses éléments constitutifs.

Le sens de la nouvelle lexie est obtenu à la fois par l'interprétation de l'élément


actualisé et la lexie originale. On obtient ainsi une phrase dont la valeur en discours repose sur
l’actualisation simultanée du sens de l’expression figée et du sens de l’expression obtenue par
manipulation ou détournement.

134
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

3.8.2. La matrice externe

Les emprunts linguistiques constituent 30 % des créations néologiques dans notre


corpus, soit à peu près le tiers de l'ensemble des néologismes.

Figure 3.14

3.8.2.1. Les emprunts internes

Avant de procéder à l'analyse des emprunts linguistiques externes, nous tenons à


attirer votre attention sur la présence d'emprunts internes à la langue française dans le corpus
analysé, déjà signalé dans la partie théorique en référence aux travaux de Jean Dubois. Les
emprunts internes seront signalés (soulignés par un trait), présentés et commentés, mais, ils ne
seront pas analysés puis qu'ils ne font pas l'objet d'une intégration.

1- Désamorcer la crise 7- Le label présidentiel


2- La panne historique 8- Trafic (internet)
3- Convulsions sociales 9- Trafic de chair humaine
4- Cécité politique 10- Spasmes historiques
5- Séisme démocratique 11- son «machin»
6- La contrefaçon politique

La remarque qui se dégage de ces exemples, qui sont au nombre de onze, et que tous les
emprunts internes font partie des vocabulaires de spécialité (médecine, commerce, aviation,
etc.). Les emprunts internes ont immigré d'un vocabulaire de spécialité pour rejoindre le
vocabulaire courant, par exemple, les termes, convulsion, spasme et cécité sont des termes
médicaux qui se sont ajoutés à la nomenclature des termes d'usages courants et généralisés.
Le sens des termes repose beaucoup plus sur une actualisation d'un sens figuré que d'un sens
propre.

135
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

3.8.2.2. Les emprunts externes

Sont représentés par tous les emprunts faits aux autres langues étrangères, elles
regroupent les emprunts lexicaux, xénismes, emprunts sémantiques et calques, tels que les
faits ressortir le graphique à secteurs ci-dessus.

Tableau n°3.13 : Analyse des emprunts externes

Emprunts Types Type Sens de l'emprunt Langue Catégories


d'emprunts d'intégration source grammaticales
WikiLeaks Lexical Aucunes Site web diffusant Anglais Nom
des informations très
confidentielles
Quidam Lexical Graphique + Fonctionnaire Arabe Nom
phonique algérien
« pax Lexical Aucunes Paix due à Latin Nom
americana» l'intervention
américaine dans un
conflit
La zakat Lexical Aucunes Une sorte d'impôt Arabe Nom
dans la religion standard
musulmane
L’Aïd El Fitr Lexical Aucunes Fête religieuse Arabe Nom
musulmane succédant standard
aux mois du
ramadhan
L’Achoura Lexical Aucunes Fête religieuse Arabe Nom
musulmane standard
Langue Lexical Aucunes Propre à la Berbère Adj.
Amazigh communauté berbère
Des archs Lexical Graphique + Berbère habitant les Arabe Nom
phonique villages de la Kabylie algérien
La Kabylie Lexical Graphique + Région du Nord Arabe Nom
phonique algérien habitée par standard
les Berbères
Jurer par tous Calque Aucunes Façon de jurer Arabe Expression
les saints algérien
Talibans Lexical Graphique + Membre d'un groupe Arabe Nom
phonique + islamiste armé standard
sémantique
Le mois de Lexical Aucunes Mois sacré du jeun Arabe Complément du
Ramadhan musulman standard nom
Ijtihad Lexical Aucunes Persévérance dans la Arabe Nom
résolution des standard
problèmes de la
société dans la
religion musulmane
« Tounes El Lexical Graphique + La Tunisie, le pays Arabe Expression
Khadra» phonique vert standard
Des harraga Lexical Aucunes Des émigrés sans- Arabe Nom
papiers standard

136
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

Tableau n°3.13 (suite) :

Ramener la Calque Aucunes Instaurer le calme Arabe Expression


sérénité algérien
le black-out lexical Aucunes Silence complet sur Anglais Nom
une affaire
Yennayer Lexical Aucunes Mois du calendrier Berbère Nom
berbère
Amazigh Lexical Aucunes Personne partageant Berbère Nom
les valeurs de la
communauté berbère
Tamazight Lexical Graphique + Langue de la Berbère Nom
phonique communauté berbère
Éviter dérives Calque Aucunes Anglais Expression
et abus
les photos Lexical Aucunes Les célébrités Anglais Complément du
« people» nom
les USA Lexical Aucunes Les états unis Anglais Nom
le « big Lexical Aucunes L'Amérique Anglais Nom
brother»
Hamas Lexical Aucunes Parti politique Arabe Nom
palestinien standard
Ghaza Lexical Aucunes Ville palestinienne Arabe Nom
standard
Mossad Lexical Graphique + Institut pour les Hébreu Nom
phonique renseignements et les
affaires spéciales
« la hogra» Lexical Aucunes L'injustice et Arabe Nom
l'humiliation algérien
La harga Lexical Aucunes La fuite de son pays Arabe Nom
vers un pays étranger algérien
de façon illégale
Houma » Xénisme Aucunes Quartier Arabe Nom
(quartier) algérien
La place Tahrir Lexical Graphique + La place de la Arabe Complément du
phonique libération standard nom
Ses baltaguia Lexical Aucunes Des voyous, des Arabe Nom
malfaiteurs égyptien
« soft » Lexical Aucunes Doux Anglais Adj.
« smalas » Lexical Graphique + La camaraderie Arabe Nom
phonique standard
El Khabar Lexical Aucunes L'évènement Arabe Nom
standard
Package Lexical Aucunes Ensemble de choses Anglais Nom
Establishment Lexical Aucunes Ensemble des gens en Anglais Nom
place attachés à
l'ordre établi
Flop Lexical Aucunes Échec Anglais Nom
Yes, we can Lexical Aucunes Oui, vous pouvez Anglais Expression
US Lexical Aucunes Les États-Unis Anglais
Des Shebab Lexical Sémantique Groupe islamiste Arabe Nom
armé actif en Somalie standard
Des Qaîda Lexical Sémantique Groupes islamistes Arabe Nom
armés se standard
revendiquant du
terroriste Ben Laden.

137
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

Tableau n°3.13 (suite) :

Al Quaïda Lexical Sémantique Groupes islamistes Arabe Nom


armés de Ben Laden. standard
Public annabi Lexical Aucune Public originaire Arabe Adj.
d’Annaba en Algérie standard
Sit-in Lexical Aucunes Rassemblement Anglais Nom
Fair-play Lexical Graphique + Qui respecte les Anglais Nom
phonique règles du jeu
El Para Lexical Aucunes Le parachutiste Arabe Nom
algérien
Bourourou Lexical Aucunes Personne laide Arabe Nom
algérien
Ammi L’hadj Lexical Aucunes Monsieur le vieux Arabe Nom
algérien
Wikipédia Lexical Aucunes Encyclopédie libre Anglais Nom
Docteur House Lexical Graphique + Feuilleton américain Anglais Expression
phonique Doctor House
L’homme Calque Aucunes Rejoindre les groupes Arabe Expression
monte au islamistes armés algérien
maquis
Le hadj Lexical Aucunes Le vieux Arabe Nom
Raouraoua algérien
Mastercard Lexical Aucunes Carte de crédit Anglais Nom
Des boat people Lexical Aucunes Migrant clandestin Anglais Nom
qui s'enfuit par mer
sur des embarcations
Katibat El Lexical Aucunes Le régiment de la Arabe Expression
Maout mort standard

Augmenter tout Calque Aucunes Augmentation des Arabe Expression


le monde de salaires standard
50 %
Un qamis Lexical Graphique + Longue et large Arabe Nom
phonique chemise portée par standard
les pratiquants
musulmans
un hidjab Lexical Graphique + Vêtement porté par Arabe Nom
phonique les musulmanes standard
respectant
l’obligation de
pudeur

Je jure sur la Calque Aucunes Façon de jurer Arabe Expression


vie de ma tête algérien
Cheb Lexical Aucunes Un jeune Arabe Nom
Tchoutchou algérien
Facebook Lexical Aucunes Réseau social sur le Arabe Nom
net algérien

Twitter Lexical Aucunes Site web destiné à Arabe Nom


envoyer gratuitement algérien
des messages brefs
OK Lexical Aucunes D'accord Arabe Interjection
algérien
Zid Lexical Aucunes Encore Arabe Adverbe
algérien

138
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

Tableau n°3.13 (suite) :

Echourouk Lexical Aucunes Journal algérien Arabe Nom


d'expression arabe standard
ayant pour sens
Al Jazeera Lexical Aucunes Chaîne télévisée Arabe Nom
spécialisée dans standard
l'information ayant
pour sens une île
El djazeera Lexical Aucunes Chaîne télévisée Arabe Nom
spécialisée dans standard
l'information ayant
pour sens une île
Jazaïr Houria Lexical Aucunes L'Algérie libre Arabe Expression
algérien
El Païs Lexical Graphique Le pays Espagnol Nom
« Vive Lexical Aucunes Vive Ouyahia, Arabe Expression
Ouyahia, dawla algérien
islamiya »
Les supporters Calque Aucune Partisans Anglais Nom
Play Lexical Aucunes Jouer Anglais Verbes
Les chaouis Lexical Aucunes Habitants des régions Arabe Nom
de l'Est algérien, les algérien
Aures
La fitna Lexical Aucunes Subversion Arabe Nom
standard

3.8.2.2.1. Les types d'emprunt

La majorité des emprunts sont de type lexical, ils représentent un pourcentage de 76 %


des créations. Comme nous pouvons le remarquer dans le tableau ci-dessus, le sens et la
forme des lexies sont intégralement transférés dans leur langue d'accueil. Les emprunts
sémantiques sont complètement absents du corpus, tandis que le calque formel constitue 8 %
avec les xénismes qui occupent seulement 3 % des créations.

Le corpus étudié comptait deux exemples que nous n'avons pas mentionnés dans le
tableau des néologismes générés par la matrice externe. Il s'agit d'un proverbe algérien et
d'une petite anecdote en arabe algérien, rédigés en caractères latins et accompagnés de leur
traduction en langue française.

1- « Ma tkhafch echab3ane qui idjou3, khaf el dji3ane qui yechba3 », (n’aie pas peur
du repu qui a faim mais de l’affamé qui est repu), dit le proverbe algérien

2- «Gallek ouahed tlaâlou essokker, agressaweh.»Traduction : quelqu’un a fait un


pic d’hyperglycémie (taux de sucre en hausse) et s’est fait agresser

139
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

Du moment que le proverbe (1) et l'anecdote (2) satisfont les caractéristiques du


xénisme, nous les avons classés avec les xénismes.

3.8.2.2.2. Intégration et assimilation des emprunts

La majorité des emprunts ne sont pas intégrés à leur langue d'accueil, leur forme ainsi
que leur sens ont été importés tels quels sans aucune modification, ce qui témoigne de leur
caractère étranger à la langue française. Les quelques emprunts où nous avons enregistré des
adaptations graphiques et phoniques peuvent être qualifiées de « légères», puisque le motif de
ces adaptations peut s'expliquer par la différence du système de la langue source et la langue
cible. Les quelques retouches que les termes ont subies sont dues à une absence des
graphèmes des langues cibles dans la langue française. Les chroniqueurs ont essayé de faire
un rapprochement entre les graphèmes des langues cibles avec ceux de la langue française par
l'utilisation d'allophones qui peuvent passer pour le graphème de la langue cible.

L'exemple de « qamis » peut rendre compte de ce phénomène, le mot emprunté à


l'arabe standard et ayant pour sens « longue et large chemise portée en général par les
pratiquants musulmans » : [‫] ﻗﻤﯿﺺ‬. Le son [‫ ]ق‬qui n'a pas d'équivalent dans la langue
française, se trouve remplacer par le son [k] pouvant passer pour un allophone du son [‫]ق‬
surtout pour une oreille non habituée au son de la langue arabe.

L'adaptation sémantique a été enregistrée avec quatre emprunts du corpus étudié, « des
Chebeb », « Talibans », « Al Quaïda » et « des Qaîda ». Les lexies en question ont un sens
différent du sens dont elles se sont chargées en changeant de langue. Les lexies en question
sont toutes des lexies empruntées à l'arabe standard,"‫ "" "ﻗﺎﻋﺪة" "ﻃﻼب" "ﺷﺒﺎب‬ayant
respectivement pour sens "des jeunes", "étudiants", "une base" et "des bases". Néanmoins,
nous remarquons qu’une fois ces lexies ont changé de langue, leur sens se trouve lui aussi
changé. Les lexies se sont chargées d'un sens péjoratif pour se rattacher au terrorisme
islamique dans le monde.

140
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

3.8.2.2.3. Langue d'origine des emprunts

Figure 3.15

En ce qui concerne les langues d'origine des emprunts, on peut dire que celles-ci sont
déterminées à la fois par la réalité des langues pratiquées en Algérie, où cohabitent l'arabe et
ses variétés avec le français et aussi le berbère, et les langues maîtrisées par nos chroniqueurs.
Le journal El Watan est un journal qui s'adresse avant tout à un lectorat d'un pays
ayant pour langue officielle l'arabe standard, on remarque que la majorité des emprunts ont
été faits à cette langue. Pour que l'information soit rapprochée, le maximum possible des
lecteurs algériens, les chroniqueurs recourent à l'utilisation d'emprunts faits à l'arabe algérien
ou aux dialectes pratiqués en Algérie. Cela permet d'instaurer aux lecteurs un certain cadre
socioculturel ainsi qu'une ambiance typique quant à la transmission de l'information. Les
informations sont en quelque sorte transmises "à l'algérienne".

En troisième place on trouve les emprunts anglais "anglicismes" avec un pourcentage


de 27 %, presque égal aux emprunts régionaux. Il faut savoir qu'actuellement l'anglais domine
sur tous les plans, chose qui pousse plusieurs langues à être envahi par les anglicismes. Les
Américains ne font pas qu'exporter leurs technologies et produits commerciaux, ils exportent
beaucoup plus leur langue. L'Algérie qui est un pays comme tous les autres, se trouve lui aussi
gagné par ce phénomène, que la France tente de combattre par tous les moyens afin de
préserver à la langue française son territoire légitime, qui est entraine de rétrécir face à
l'invasion de l'anglais.
Les autres langues que nous avons enregistrées sont des emprunts dictés par des
situations, qui sont beaucoup plus liés à un besoin d'instaurer un cadre typique en plus d'une
certaine fidélité à l'information transmise.

141
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

3.8.3. "Cumulation" des procédés créatifs

Le phénomène ayant attiré notre attention est la présence de néologismes, cumulant


plusieurs procédés de création. En effet, notre corpus a enregistré un nombre assez important
de néologismes qui ont été créés en combinant deux ou même plus qu’un seul procédé de
création.

On trouve ainsi des lexies néologiques créées par préfixation et siglaison, comme on
trouve d'autres, créés par cumulation de trois procédés, composition, abréviation et emprunt.

Le sens de la lexie créée est obtenu par l'ensemble des unités constituant la lexie en
question en plus de l'explication des procédés combinés.

Tableau n°3.14 : Les néologismes créés par combinaison des procédés créatifs

Néologismes Procédés créatifs Sens obtenus C. grammaticale


l’ex-GSPC siglaison + préfixation L'ancien groupe Nom
islamiste armé
L'ex-Fis siglaison + préfixation L'ancien front islamiste Nom
Des ex -« démocraties préfixation + Les anciennes Nom
populaires» COMPOSITION démocraties populaires
DZ-files Composition + Fichiers propres à Nom
abréviation+ emprunt l'Algérie
DZ Street Composition + La rue algérienne Nom
abréviation+ emprunt

3.8.4. Caractères typographiques des néologismes

Les lexies marquées par des caractères typographiques annonçant et signalant leurs
caractères néologiques et inhabituels sont aussi présentes dans notre corpus. Elles sont
signalées par toute une gamme de possibilités typographiques : guillemets, caractère italique,
etc. Les lexies en question sont facilement repérables puis qu'elles sont présentées aux
lecteurs explicitement, comme des mots nouveaux.
En effet, les marques typographiques peuvent parfois exprimer une « certaine
153
défiance qui se traduit par une mise à distance » .

153
PRUVOST, SABLAYROLLES, (2003), Les Néologismes. Que sais-je ?, n° 3674, P.U.F. p. 70.

142
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

Les chroniqueurs du journal El Watan se servent des marques typographiques


pour ne pas assumer la responsabilité de l’innovation lexicale, mais cela n’empêche
pas de dire qu’il en assure la diffusion.

Tableau n°3.15 : Les néologismes marqués par des caractères typographiques

Néologismes Caractères typographiques


« Il faut sauver le soldat Rayan » Gras + italique + Guillemets
« 11 septembre bis » Guillemets
Monsieur et Madame D Italique
un anti 8 Mars Italique
Lorman Italique
Hier c’est déjà demain Italique
« despotisme éclairé » Guillemets
Un « Nobélisé » Guillemets
un prix Nobel de « la guerre » Guillemets
« livré » aux quatre vents Guillemets
L’après-militaire Gras + italique
« pax americana » Guillemets
« Tounes El Khadra » Guillemets
les photos « people » Guillemets
le « big brother » Guillemets
« la hogra» Guillemets
« Houma » (quartier) Guillemets
« soft » Guillemets
« smalas » Guillemets
Je jure sur la vie de ma tête Italique
« Vive Ouyahia, dawla islamiya » Guillemets
Libre, comme un samedi Italique
De l’UMA à l’« UME » Italique
L’atout déconcentration Italique
Crise et protesta Italique
« journée chômée et payée » Guillemets
« dézerhouniser » Guillemets
Alger « zone interdite » Guillemets
« préemployés» Guillemets
« pharaon » Guillemets
Des « samedis pour le changement » Guillemets

143
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

Tableau n°3.15 (suite) :

Des ex -« démocraties populaires » Guillemets


Irak bis ? Gras + italique + signe de ponctuation
Être (re) construite de nouveau Parenthèses
« Code de l’infamie » Guillemets
Une marche en cache une autre Italique
Moisson d’avril Italique
la « Busherie » Guillemets
Dz-Files italique + majuscule
Un nid de tristesse Italique
L’appel du zéro novembre Italique
Wikineaks Italique
Les Droukdel Italique
TIZI Majuscules
Quatre hommes et un dinar Italique
DZ Street Gras + italique
Le double blanc Italique
Autoexécutable Gras + italique
La nouvelle Algérie, version 1.1 Gras + italique

3.8.5. Catégories grammaticales des néologismes

Figure 3.16

Les catégories grammaticales des néologismes générés par les matrices internes et
externes sont largement dominées par celle des noms, comme le fait ressortir le graphique à
secteurs ci-dessus. Les adjectifs sont aussi présents avec un nombre assez important 15 % des
créations.

144
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

Les résultats obtenus sont tout à fait logiques, puisque le monde qui nous entoure et
dans lequel nous vivons évolue. Justement pour pouvoir le dénommer et le décrire avec
précision, la langue qui nous sert d'outil à la description du monde et de ses objets, doit être
d'actualité et doit elle aussi suivre la dynamique de l'univers et de l'homme en évoluant à son
tour.

Les autres catégories grammaticales sont certes importantes à la langue et son


évolution, mais chose constatée est que les gens créent beaucoup plus de noms et d'adjectifs
que de verbes, participes passés, adverbes et autres catégories grammaticales.

Les expressions sont aussi présentes avec un pourcentage considérable de 18 %,


puisque les figures de style offrent un lieu d'ajustement parfait à la création et à l'imagination
des créateurs.

145
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

Conclusion

D'après l'analyse lexicosémantique du discours journalistique, la néologie s'affirme


comme un nouveau mode d'expression, vu le nombre important des néologismes collectés
dans notre corpus en seulement un laps de temps relativement court (quatre mois).

L'analyse du fonctionnement des néologismes collectés en mettant l'accent sur leur


relation forme/sens a dévoilé une certaine transgression des règles du bon usage, permettant
aux chroniqueurs de jouer avec la langue et de créer ainsi de multiples unités linguistiques
néologiques, d'une part. Le respect des règles lexicales de création du mot était aussi au cœur
de cet enjeu créatif, d'une autre part.

Durant l'analyse nous avons eu l'impression de valser entre un vocabulaire fictif et un


autre vocabulaire presque réel. Un vocabulaire qui vous donne l'impression de son
appartenance à la langue française, mais qui en réalité ne l'est pas. Nous avons eu beaucoup
de mal à détecter et repérer ces néologismes qui se présentes comme de simples unités
appartenant à la langue française, mais heureusement et grâce à l'évolution du matériel
informatique nous avons pu trouver un remède à cette difficulté en utilisant "Druide Antidote
RX V8", qui à la fois un dictionnaire, correcteur et guide.

La présence de néologismes hybrides témoigne à la fois de cette extraordinaire


capacité qu'ont les langues à se jumeler entre elles sans le moindre problème afin de créer de
nouvelles lexies néologiques, et la confirmation d'une identité socioculturelle arabo-
musulmane. Le recours aux néologismes hybrides par les chroniqueurs peut être le signe de la
revendication d'une double appartenance linguistique, complètement assumée par un
plurilinguisme devenu incontournable dans un univers qualifié de "village".

L'analyse de la morphologie lexicale des créativités lexicales fait apparaître un


minutieux travail effectué sur le lexique de la langue française, preuve d'une appropriation et
d'une parfaite maîtrise de la langue française par nos chroniqueurs. La position de supériorité
des chroniqueurs, leur culture riche et leur compétence linguistique leur permettent de
produire un effet de style recherché et raffiné en recourant à la néologie.

146
CHAPITRE 3 ETUDE LEXICOSEMANTIQUE

En ce qui concerne l'analyse du sens des lexies néologiques générées par les matrices
lexicogéniques nous avons eu recours à la thèse formulée par FABIENNE CUSIN-
BERCHE154, qui pense que «le sens de l'unité est, et demeure conditionné pour partie par le
système lexical. Elle pense même que l'examen des procédures néologiques tend, en effet, à
prouver que l'innovation morphologique et/ou sémantique qui se manifeste en discours ne se
construit pas ex nihilo155, mais à partir d'un état de langue, de ce que l'on pourrait appeler "
une mémoire lexicale", et suivant des règles dont la mise en application peut varier».

L'analyse des catégories grammaticales des lexies relevées dans les corpus
étudié sont les suivantes : nom, verbe, adverbe, adjectif, participe passé et participe
présent. La primauté de la catégorie des noms peut exprimer le besoin des
chroniqueurs de dénommer des réalités concrètes ou abstraites. Les adjectifs, qui
servent à exprimer des qualités et des états, sont présents dans ce type de texte où sont
décrits non seulement les situations relatives à la réalité sociale algérienne, mais des
événements politiques et économiques également.

Le recours à l'emprunt a démontré une fois de plus ce mouvement migratoire,


interminable et éternel, de va-et-vient qu'assurent les mots entre les langues du monde. Les
mots ressemblent à de véritables voyageurs, qui transportent avec eux leur culture et racontent
leur histoire dans un autre pays que le leur.

Le mot de la fin, la néologie est devenue un mode de communication particulier, très


usité surtout dans l'écriture journalistique. Dans la chronique POINT ZERO et le
COMMENTAIRE, on a affaire à une écriture où s’expriment les émotions, les pulsions et les
goûts des chroniqueurs. Chose qui les pousse à se servir de différents moyens afin d’atteindre
leur objectif, de convaincre le lecteur, de l’influencer pour le faire agir. Peut-on dire que face
à la néologie journalistique qu'on est en face d'une nouvelle stratégie rédactionnelle dont les
enjeux se font dessiner par les journalistes ?

154
CUSIN-BERCHE F., les mots et leurs contextes, Presses Sorbonne Nouvelle, 2007, p.30.
155
Une création ex nihilo est une lexie créée par la combinaison arbitraire de sons, pourvu que cette séquence
ne soi pas attestée dans un état antérieur de langue.

147
NEOLOGIE CONCLUSION

La réclame pousse surtout au néologisme,


la langue ordinaire ne suffit plus à ses besoins.
N. Roqueplan, Nouvelles à la main, 1842

— CONCLUSION GENERALE —

Cette recherche s’inscrit dans le cadre d’un mémoire de magistère, son objectif est
d’apporter quelques éclairages à la néologie journalistique pratiquée dans la presse
francophone en Algérie. Cette recherche se veut d'être une analyse d'un ensemble de
néologismes comprenant des créativités lexicales et des emprunts, relevés dans un organe de
presse qui est El Watan. Notre recherche portant sur la néologie et les néologismes est
délimitée par une période de 4 mois s'étalant du mois de décembre 2010 jusqu'au mois de
mars 2011. L'intitulé de notre travail de recherche est un titre générique : la Néologie, titre par
lequel nous tentons de faire une analyse des néologismes. Accompagné d'un sous-titre pour
préciser le domaine de la recherche choisie qui est le discours journalistique. Nous
envisageons d'étudier les lexies néologiques relevées à partir de l'analyse de leur forme et leur
sens.

Au cours de notre recherche, nous avons pris d'abord le soin de bien définir la notion
de néologisme par rapport à la notion de néologie pour élucider l'ambiguïté qui recouvrait les
deux notions au cours de leur évolution diachronique. Nous avons présenté un aperçu
historique relatant l'évolution des deux termes, chose qui nous a permis de comprendre les
conditions historiques de leur émergence. On a aussi pu savoir comment le sens mélioratif de
néologie et le sens péjoratif de néologisme se sont neutralisés, pour ne désigner aujourd'hui
qu'un processus et son résultat. Deux termes qui présentent une véritable incarnation de la
notion même de néologie, et qui démontrent implicitement l'évolution du français moderne.

148
NEOLOGIE CONCLUSION

Notre méthode consiste en une double analyse du corpus : quantitative et qualitative.


La première a pour base l'analyse statistique qui vise à relever des tendances générales par
exemple, les procédés créatifs les plus récurrents que d'autres, les matrices lexicogéniques les
plus productives, les typographies accompagnant les néologismes, les catégories
grammaticales les plus sollicitées, les langues d'origines des emprunts, le nombre des
créativités lexicales par rapport au nombre des emprunts, etc.

Dans l'analyse quantitative, nous avons fait appel à la lexicologie statique, discipline
qui nous a été d'une grande utilité. À cette fin, nous avons produit de nombreux histogrammes
permettant une vision visuelle des résultats constatés. La deuxième analyse a pour assises les
travaux de plusieurs linguistes outre, SABLAYROLLES, GUILBERT, GAUDIN &
GUESPIN et autres. Dans l'analyse qualitative, nous avons examiné les créativités lexicales,
étudié leurs caractéristiques d'un point de vue morphologique, sémantique, syntaxique et
pragmatique. Nous avons aussi fait un examen des emprunts linguistiques, leurs problèmes et
façons d'intégration dans leur langue d'accueil, l'étude de leurs caractéristiques
morphosémantique était au centre de cette étude.

Les néologismes ont été relevés de façon individuelle et semi-automatique à l'aide d'un
logiciel de correction « DRUIDE ANTIDOTE RX V7 », pour optimiser les résultats trouvés.
Nous avons opté pour la semi-automatisation du repérage parce que la méthode individuelle
peut laisser échapper des néologismes potentiels par manque de vigilance, mais la méthode
individuelle est très efficace pour le repérage et l'identification des néologismes sémantiques.
Or, la méthode automatique est très efficace quant à l'identification des néologismes formels,
mais elle laisse facilement échapper les néologismes de sens tel par exemple un nom employé
comme adjectif. Le choix a été fait justement pour arriver à garantir un maximum de précision
dans la recherche.

Le premier constat qui se dégage de cette étude est que la plupart des néologismes
relevés ont été formés en respectant les règles de la création du mot français. Toutes les lexies
néologiques sont motivées, c'est-à-dire que leur forme est en relation avec leur sens, mis à
part trois lexies, nous avons eu beaucoup de mal à les interpréter. Nous avons été contraints
de faire appel au contexte et au cotexte de la lexie un « nobélisé », afin de pouvoir nous
prononcer sur sa signification.

149
NEOLOGIE CONCLUSION

La deuxième lexie est « pré carré » dont la formation et la signification semblent


toutes les deux saisi à première vu, mais qui une fois replacée dans son cotexte et contexte,
elle reste sans explication. La dernière lexie rencontrée est « flexy » qui est un terme
commercial faisant parties du domaine de la téléphonie, ayant pour sens « créditer son
solde ». Un signifié qui n'est pas motivé par rapport à son signifié.

L'analyse des créativités lexicales nous dévoile que les néologismes produits dans la
presse francophone algérienne, reflétant la réalité de la langue française pratiquée en Algérie,
que les néologismes ne sont pas uniquement formés au moyen de formants la langue
française. Les chroniqueurs font appel à plusieurs langues, à savoir l'arabe et ses variétés, le
berbère et même l'anglais, qu'ils font mixer tout en puisant aux sources de la langue française
les règles de leurs combinaisons.

Le nombre important des néologismes collectés rend compte de l'importance du


phénomène de la néologie. Loin d'être un phénomène marginal, la néologie est un fait qui
traité sur un plan lexical, fait appel à toute les disciplines de la linguistique rendant ainsi
compte de l'ampleur de la néologie en tant que phénomène touchant au lexique de la langue
française. La composante qui suscite le plus d'intérêt à être étudié en néologie est justement
son produit : les néologismes.

Au cours de cette étude plusieurs questions se posent : la plus légitime est qu'est-ce
qu'un néologisme ? La réponse semble connue de tout le monde « nouveau mot », mais une
fois dans la recherche tous se compliquent et même ce simple concept devient insaisissable.
D'autres questions ont droit d'être posées, par exemple, que recouvre la néologie en tant que
notion ? Comment intervient la néologie pour créer de nouveaux mots ? Comment sont-ils
créés ? Quels sont les procédés créatifs intervenant dans leurs créations ? Quels sont les
procédés les plus productifs ? L'emprunt fait-il partie des néologismes et de la néologie ? Si
oui, comment?

150
NEOLOGIE CONCLUSION

L'étude des créativités lexicales d'après leurs procédés créatifs, nous a dévoilé que les
matrices morphosémantiques sont les plus productives en matière de nouveaux mots, avec les
procédés les plus anciens et les plus célèbres qu'a connus la langue française : la dérivation et
la composition. L'étude de l'emprunt linguistique a par contre montré un timide recours (en
comparaison avec le pourcentage élevé des créativités lexicales 3/4) à ce type de néologismes
représentant 1/4 de l'ensemble des créations. Cela peut être expliqué par les difficultés que
rencontrent les journalistes quant à l'adaptation de l'emprunt la langue française. La présence
de la néologie hybride qui combine la langue française avec d'autres langues, tels l'arabe
standard, l'arabe algérien, le berbère et même l'anglais, offre une gamme très large de mots
très représentatifs de la signification dont ils se chargent.

Le traitement des néologismes sur un plan lexicologique nous a permis de montrer


comment ils ont été fabriqués. Nous avons enregistré un type de néologismes formés à partir
d'un radical affixé ou confixé, en combinant des unités habituellement autonomes,
détournement de proverbes ou expression, sans oublier les figures de style qui sont très
productives en matière de néologismes sémantiques. Cela démontre que la néologie
journalistique ne fait pas seulement appel aux néologismes formels, les néologismes
sémantiques offrent aussi un outil très puissant et un lieu favorable d'ajustement du sens.

Sur le plan sémantique, nous avons étudié le sens des néologismes que nous avons
déduits en replaçant la lexie néologique dans son contexte et cotexte de production, chose qui
nous a facilité leur interprétation. Nous avons justement remarqué à ce propos que pour
obtenir un sens nouveau, il fallait une rupture dans l'un ou plusieurs sèmes constitutifs du
noyau sémique, de telle sorte que le faisceau sémique initial soit détruit pour obtenir un
nouveau faisceau sémique où est actualisé uniquement un des sèmes du mot ancien ou dans
lequel on fait intervenir de nouveaux sèmes complètement étrangers aux sèmes d'origine.

151
NEOLOGIE CONCLUSION

Syntaxiquement nous avons étudié les catégories grammaticales des néologismes,


après quoi nous avons eu le constat suivant : la catégorie grammaticale des noms est la plus
dominante avec un pourcentage largement élevé par rapport aux autres catégories, suivie
directement de celle des adjectifs. Cela peut s'expliquer par le domaine choisi : la chronique,
définie comme un « commentaire libre » ou sont nommé et d'écrits les comportements
humains et les problèmes de la société. Un genre d'écriture dans lequel le journaliste est tout
le temps amené à prendre des positions et à donner des avis personnels. Terrain où peuvent
facilement proliférer les néologismes.

L'étude de l'emprunt sur un plan linguistique montre que les types d'emprunt les plus
sollicité sont les emprunts lexicaux, où sont importés et la forme et les sens du mot. Cela
traduit la paresse de l'esprit humain qui des fois renonce à l'ingéniosité de l'esprit humain et le
pouvoir créatif extraordinaire que possède la langue pour importer « volontiers » un mot
étranger. D'autre fois cela nous arrive de faire appel à des mots étrangers parce qu'on ne peut
pas les remplacer, du moment qu'ils vous instaurent un merveilleux cadre socioculturel aux
racontés. Ces mots deviennent comme les a qualifiés MICHEL BREAL dans son ouvrage,
Essai de sémantique : « des mots qui ne s'inventent pas deux fois, mais ils se propagent de
peuple à peuple, pour devenir le bien commun de toute l'humanité".

L'étude des marques typographiques nous a permis de constater que les guillemets sont
les plus utilisés. Les chroniqueurs utilisent ce type de marques pour prendre une distance vis-
à-vis du mot créé. Ils sont aussi utilisés pour encadrer un mot, une citation ou un dialogue
pour le mettre en évidence ou pour signaler un emploi trop familier, nouveau, utilisé
ironiquement, etc.

Les explications accompagnant les néologismes ne sont pas nombreuses, mais cela
indique que les nouveaux mots sont introduits sciemment et créés pour des fins voulues. Nous
avons aussi enregistré des néologismes grammaticaux dans la chronique de Chawki Amari,
qui est un écrivain et en même temps journaliste, possédant des capacités extraordinaires de la
création sous toutes ses formes. Les néologismes qui sont : “Hier c’est déjà demain”, “Que
vat- il se passer hier” et “si le Maroc a gagné” ont été produits sciemment puisque le
journaliste a porté une petite mention à la fin de la chronique la remarque suivante : “P.-S.
aux correcteurs d’El Watan : ne corrigez pas les fautes de conjugaison. C’est voulu”.

152
NEOLOGIE CONCLUSION

Les résultats trouvés montrent que le passage des lexies néologiques créées par
conversion ou transcatégorisations s'est fait ou bien directement ou bien indirectement. Le
passage s'est fait directement lorsque le passage s'est fait à partir de formes déjà attestées dans
la langue ; or qu'il s'est fait de façon indirecte lorsque le passage s'est fait à partir de formes
non attestées, mais possibles, dans la langue française. La lexie est un exemple de transfert
indirect.

Les lexies néologiques collectées montrent que le processus de la néologie pratiquée


dans la presse algérienne francophone s'articule autour de la notion de vocabulaire
attestable/vocabulaire non attestable. C'est-à-dire que les nouvelles formes lexicales qui
apparaissent sont déjà potentiellement contenues dans les ressources matricielles du système
de la linguistique, ici la langue française. Autrement dit, rien n'est créé dans la langue et il
n'est question que de modification de forme sur un fond continu, explique LOUIS
GUILBERT.

Justement, cela nous mène directement à la thèse formulée par FABIENNE CUSIN-
BERCHE et par laquelle elle opère une nette séparation entre créativité et productivité. Selon
CUSIN- BERCHE la productivité “est la capacité de créer des expressions, qui ont pour
vocation à devenir des unités lexicales, en recourant aux moyens formels qu'offre la langue
pour construire des lexèmes ou des expressions”, elle s'oppose à la créativité qui elle en
revanche “s'affranchit des règles servant à la construction des unités lexicales. Elle ne met
pas en œuvre — ou pas uniquement — des procédés appartenant à la grammaire de la langue
(analogie, verlan, etc.)”.

Les néologismes produits par la chronique Commentaire sont largement supérieurs à


ceux produits par la chronique Point zéro, l'explication est surement due à l'espace réservé au
deux chroniques, l'espace de la chronique Commentaire est largement grand par rapport à
l'espace réservé à la chronique Point zéro. Une autre remarque peut être faite, la néologie est
un phénomène instable qui varie en fonction des circonstances et des conditions
d'énonciation.

153
NEOLOGIE CONCLUSION

Pour en conclure, on peut dire que la néologie en générale est une bonne initiative, car
plus de mots existent dans une langue, plus cette langue est riche. La langue doit être « le lieu
de rencontre des nécessités contradictoires que sont le changement et la stabilité. ». La
néologie journalistique est un outil incontournable pour les journalistes algériens qui se sont
approprié la langue française pour la faire mienne. Voici par ailleurs comment parlait
Mohamed Dib de ce français : « La langue française est à eux, elle leur appartient.
Qu’importe, nous en avons chipé notre part et ils ne pourront plus nous l’enlever […] Et si,
parce que nous en mangeons aussi, de ce gâteau, nous lui apportions quelque chose de plus,
lui donnions un autre goût ? Un goût qu’ils ne lui connaissent pas.1

Par ce modeste travail de recherche sur la néologie, loin de prétendre à la perfection et


l'exhaustivité, nous avons tenté d'apporter quelques réponses aux questions posées par la
néologie quant à sa pratique dans la presse francophone algérienne. Malgré le nombre
important des néologismes étudiés, cela n'épuise pas le sujet qui reste complexe et demande
davantage des réflexions approfondies.

1
KHETIRI Brahim., Du français en Algérie… au français d'Algérie, Synergies Algérie n°4- 2009 pp. 57-68,
Ressourcescla.univfcomte.fr/gerflint/Algerie4/khetiri.pdf., consulté le 18/01/2011 à 20 h 40.

154
NEOLOGIE BIBLIOGRAPHIE

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avril 2002.

SABLAYROLLES J.F.,La néologie en français contemporain : Examen du concept et


analyse de productions néologiques récentes, Collection LEXICA Honoré Champion, Paris,
2000.

SAUSSURE F- de ., Cours de linguistique générale, Edition Talantikit, Béjaïa, 2002.

TAMBA-MECZ I., La sémantique, coll. Que sais-je, 3e édition corrigée, édition PUF, Paris,
1994.

157
NEOLOGIE BIBLIOGRAPHIE

DICTIONNAIRES& ENCYCLOPYDIES

LE MULTIDICTIONNAIRE ELECTRONIQUE LAROUSSE FRANKLIN.

DICTIONNAIRE DE LINGUISTIQUE ET DES SCIENCES DU LANGAGE, JEAN DUBOIS ET


AUTRES, LAROUSSE- BORDAS/HER, 1999.

TRESOR DE LA LANGUE FRANÇAISE, GALLIMARD.

DICTIONNAIRE DE LA LINGUISTIQUE, GEORGES MOUNIN, PRESSE UNIVERSITAIRE DE


FRANCE, 1974.

36 DICTIONNAIRES ET RECEUILS DE CORRESPONDANCES,


DICTIONNAIRE ELECTRONIQUE, 1999-2004 L’AVENTURE MULTIMEDIA.

LE GRAND ROBERT, VERSION ELECTRONIQUE DU GRAND ROBERT DE LA


LANGUE FRANCAISE 2005, VERSION 2.0.

WALTER HENRIETTE, WALTER GERARD, DICTIONNAIRE DES MOTS D’ORIGINE


ETRANGERE, PARIS, LAROUSSE-BORDAS, 1998.

LAROUSSE CHAMBRES. DICTIONNAIRE FRANÇAIS- ANGLAIS .ENGLISH- FRENCH,


LAROUSSE/ VUEF, 2003.

LE PETIT LAROUSSE 2010.

DICTIONNAIRES LINGUISTIQUES

MOUNIN G., Dictionnaire de la Linguistique, PUF, Paris, 1974.

DUBOIS J. et al, Dictionnaire de linguistique et des sciences du langage, Larousse-Bordas/


HER, 1999.

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francophone (Le cas du Quotidien d’Oran),
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(2008), http://www. Diplomava_prace_Eva_Holubova_q3dtt.pdf, Consulté le 31/12/2010 à 16
h 41.

158
NEOLOGIE BIBLIOGRAPHIE

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2009 pp. 57-68, Ressourcescla.univfcomte.fr/gerflint/Algerie4/khetiri.pdf. Consulté le
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ROMAND A., La créativité lexicale en arabe,


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Consulté le 04/01/2012 à 19 h 48.

RUOHOTIE M. et al, Les emprunts lexicaux totaux dans le Monde (2004),


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néologismes, (2002).http://www.cairn;info/revue-française-de-linguistique-2002-1-page-
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international(sic).http://www.contrastiva.it/baul_contrastivo/dati/sanvicente/contrastiva/Neol
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Survol historique de la
sémantique,http://www.docentes.unal.edu.co/jahreyes/docs/semantique%203.ppt, Consulté le
27/10/2011 à 21 h 1.

LOGICIELS

DRUIDE ANTIDOTE RX 2008. VERSION 7, CORRECTEUR, DICTIONNAIRES,


GUIDES.

159
NEOLOGIE TABLEAUX DES NEOLGISMES CANDIDATS

COMMENTAIRE

Tableau n° 1 :
Les néologismes relevés durant le mois de décembre 2010 :

Dates Chroniqueurs Les néologismes relevés

Le01décembre2010 Ahmed Ancer WikiLeaks


Le02décembre2010 Omar Berbiche «Il faut sauver le soldat Rayan»
WikiLeaks
«11 septembre bis»
L’oeil du satellite
Un avant et un après 11 septembre
Quidam
Le03décembre2010 Le journal n’a pas été édité
Le04décembre2010 Azeddine Aucun néologisme
Hammou
Le05décembre2010 Ali Bahmane Demi-caciques
Le06décembre2010 Mohammed Aucun néologisme
Larbi
Le07décembre2010 Ali Bahmane Ci-gît bébé X
Le non-suivi
Des non-êtres
Des sous-êtres
Le08décembre2010 Hassan Moali Au nez et à la barbe de la communauté
Interpalestiniennes
«pax americana»
Le09décembre2010 Ali Bahmane « Nobélisé »
un prix Nobel de « la guerre »
Le10décembre2010 Le journal n’a pas été édité
Le11décembre2010 Omar Berbiche La zakat
L’Aïd El Fitr
L’Achoura
El Moudjahid
La délégitimation
Le12décembre2010 Ali Bahmane « tout- militaire »
L’amazighité
Langue Amazigh
Des archs
La Kabylie
Ghetto économique
Région martyre (nom+ nom)
Le13décembre2010 Mohammed Occupant-occupé
Larbi Dominant-dominé

161
NEOLOGIE TABLEAUX DES NEOLGISMES CANDIDATS

Tableau n° 1 (suite) :
Le14décembre2010 Réda Bekkat Bakchich
beaucoup trop « voir page 213 SAB »
les «bouches» d’accès
jurer par tous les saints
«livré» aux quatre vents
un siège social flambant neuf lui a même été
«dédié»

Le15décembre2010 Omar Berbiche Aucun néologisme


Le16décembre2010 Ali Benyahia WikiLeaks
les câbles de WikiLeaks
militaire-civil
le théorème de démocratie
politico-militaire
«despotisme éclairé».
Le17décembre2010 Le journal n’a pas été édité
Le18décembre2010 Djaffar Tamani L’après-militaire
l’ex-GSPC
la horde salafiste
Talibans
Le19décembre2010 Mohammed ENE (étranger non européen)
Larbi Déghétoisation
Le20décembre2010 Omar Berbiche Civilisationnelle.
Le21décembre2010 Mohammed IDE (Investissements directs étrangers)
Larbi un accord- cadre
Le22décembre2010 Lies Sahar la guerre des monnaies
Le23décembre2010 Ali Bahmane WikiLeaks
des transmissions familiales du pouvoir
« népotisme »
l’après- Bouteflika
La mamelle nourricière de la nation,Sonatrach
une odeur démocratique
Le24décembre2010 Le journal n’a pas été édité
Le25décembre2010 Slim Sadki Aucun néologisme
Le26décembre2010 Ali Bahmane Le salafisme
l’ex- FIS
demi-mot
non-observance
la non-reconnaissance
le mois de Ramadhan
rite ibadite
ijtihad
Les salafistes.
Le27décembre2010 Lies Sahar Aucun néologisme

162
NEOLOGIE TABLEAUX DES NEOLGISMES CANDIDATS

Tableau n° 1 (suite) :
Le28décembre2010 Djaffar Tamani Aucun néologisme
Le29décembre2010 Hassan Moali De l’UMA à l’«UME»
des jeunes chômeurs de luxe
l’arrière-pays
«Tounes El Khadra»
la politique de la carotte et du bâton
l’Arlésienne union maghrébine (UMA)
une union maghrébine de l’émeute (UME)
WikiLeaks
la mal vie
le mal être
Le30décembre2010 Ali Guissem Aucun néologisme
Le31décembre2010 Le journal n’a pas été édité

Tableau n° 2 :

Les néologismes relevés durant le mois de janvier 2011 :

Dates Chroniqueurs Les néologismes relevés

Le 01janvier 2011 Nouvel an Le journal n’a pas été édité


Le 02janvier 2011 Ali Guissem Le toit de la colère
recasement
les heureux recasés
Le 03janvier 2011 Mohammed Aucun néologisme
Larbi
Le 04janvier 2011 Omar Berbiche Aucun néologisme
Le 05janvier 2011 Mohammed L’atout déconcentration
Larbi allers-retours
Le 06janvier 2011 Djaffar Tamani Crise et protesta
des harraga.
Le 07 janvier 2011 Le journal n’a pas été édité
Le 08 janvier 2011 Omar Aucun néologisme
Belhouchet
Le 09 janvier 2011 Ali Bahmane syndicats maison
désamorcer la crise
ramener la sérénité
Le 10 janvier 2011 Omar Berbiche Aucun néologisme
Le 11 janvier2011 Djaffar Tamani le black-out
la chef

163
NEOLOGIE TABLEAUX DES NEOLGISMES CANDIDATS

Tableau n° 2 (suite) :
Le 12 janvier 2011 Ali Bahmane l’arrière-pensée
l’équipe Bouteflika
des archs
des demi-mesures.
Le 13 janvier 2011 Djaffar Tamani Yennayer
Amazigh
«journée chômée et payée»
Kabylie
tamazight
l’amazighité
printemps noir
Le 14janvier 2011 Le journal n’a pas été édité

Le 15janvier 2011 Omar Aucun néologisme


Belhouchet
Le 16janvier 2011 Mourad Slimani les porte-flambeaux
la panne historique
Le 17janvier 2011 Lies Sahar Aucun néologisme
Le 18janvier 2011 Djaffar Tamani la mal vie
torches vivantes
Le 19janvier 2011 Omar Berbiche Interarabe
convulsions sociales
les ex-Républiques.
Le 20janvier 2011 Mohammed autant qu’ils sont(le mode subjonctif : soient)
Larbi post-indépendance (les mots construits avec
post généralement ne prennent pas de trait)
la soif de liberté
éviter dérives et (abus) : anglicisme avec le
sens de violence.
Le 21janvier 2011 Le journal n’a pas été édité
Le 22janvier 2011 Omar Berbiche D’aucuns reprochent (archaïsme)
Le 23janvier 2011 Djaffar Tamani La main de fer d’hier, sans gant de velours
(proverbe détourné)
Le JT (journal télévisé).
Le 24janvier 2011 Ali Bahmane JT
politico-juridique
Le 25janvier 2011 Omar Berbiche WikiLeaks
les photos «people»
a-démocratique
les câbles de WikiLeaks (néologisme
sémantique).
Le 26janvier 2011 Nadjia Aucun néologisme
Bouzeghrane

164
NEOLOGIE TABLEAUX DES NEOLGISMES CANDIDATS

Tableau n° 2 (suite) :
Le 27janvier 2011 Omar Berbiche Realpolitik
SMIG démocratique
Révolution du jasmin
Le 28janvier 2011 Le journal n’a pas été édité
Le 29janvier 2011 Saïd Rabia L’écran de l’Unique (ENTV)
années de plomb
Le 30janvier 2011 Hassan Moali les USA(anglicisme)
Sauver le soldat Moubarak
le «big brother»
sont honnis(archaïsme)
Moyenorientaux
Hamas
Ghaza
Mossad
Le 31janvier 2011 Hassan Moali «dézerhouniser»
cécité politique
WikiLeaks
le Comité des citoyens pour la défense de la
République (CCDR)

Tableau n° 3 :
Les néologismes relevés durant le mois de février 2011 :

Dates Chroniqueurs Les néologismes relevés


le 01 Février 2011 Omar Berbiche Séisme démocratique
La realpolitik
le 02 Février 2011 Ali Bahmane La marée humaine
Ghaza
le 03 Février 2011 Omar Berbiche Aucun néologisme
le 04 Février 2011 Le journal n’a pas été édité
le 05 Février 2011 Ali Benyahia Alger «zone interdite»
le 06 Février 2011 Djaffar Tamani Des harraga
«la hogra»
«préemployés»
le 07 Février 2011 Liès Sahar Aucun néologisme
le 08 Février 2011 Omar Berbiche Cécité politique.
le 09 Février 2011 Ali Bahmane La harga
le 10 Février 2011 Omar Berbiche Radicaliste
le 11 Février 2011 Le journal n’a pas été édité
le 12 Février 2011 Omar Indétrônable
Belhouchet Arabo-musulman

165
NEOLOGIE TABLEAUX DES NEOLGISMES CANDIDATS

Tableau n° 3 (suite) :
le 13 Février 2011 Ali Bahmane La télé unique
«pharaon» pour moubarek
Dictateur de Carthage (au lieu de Ben Ail)
le 14 Février 2011 Omar Berbiche Sous-dimensionnant.
le 15 Février 2011 Lies Sahar Aucun néologisme
le 16 Février 2011 Djaffar Tamani «Houma» (quartier)
La place Tahrir
le 17 Février 2011 Omar Berbiche Ses baltaguia
«soft» existe ds le dico mais il n’est pas diffusé
Les zaouïas
Les baltaguia
Pro-Bouteflika
le 18 Février 2011 Le journal n’a pas été édité
le 19 Février 2011 Ali Bahmane Muselage
Constitutionnalisation
Amazigh
Tamazight
le 20 Février 2011 Omar Berbiche Le degré zéro de la communication (Barthes)
Technicopolitique
le 21 Février 2011 Réda Bekkat La hogra
Une alliance islamo-conservatrice
Islamo-conservateur
La hogra
le 22 Février 2011 Hassan Moali Génocidaire

le 23 Février 2011 Omar Berbiche Honnis pp (archaïsme)


L’édifice démocratique
Une feuille de route politique
le 24 Février 2011 Ali Bahmane Non-communication
Des questions-clés
Des «samedis pour le changement»
le 25 Février 2011 Le journal n’a pas été édité
le 26 Février 2011 Djaffar Tamani Fou de Tripoli « kadafi »
le 27 Février 2011 Ali Benyahia USA
Des officiels
MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord)
La contrefaçon politique.
le 28 Février 2011 Omar Berbiche Une bombe sociale

166
NEOLOGIE TABLEAUX DES NEOLGISMES CANDIDATS

Tableau n° 4:

Les néologismes relevés durant le mois de mars 2011 :

Dates Chroniqueurs Les néologismes relevés


le 01 Mars 2011 Ali Bahmane Des ex-«démocraties populaires»
Une position-clé
le 02 Mars 2011 Omar Berbiche République à papa
Pseudo-révolutionnaire
«smalas»
le 03 Mars 2011 Omar Berbiche Irak bis ?
le 04 Mars 2011 Le journal n’a pas été édité
le 05 Mars 2011 Ali Bahmane Délégitimer
(re)construite de nouveau
le 06 Mars 2011 Omar Berbiche El Khabar
Equilibrisme
le 07 Mars 2011 Lies Sahar Gouvernance et chaos
le 08 Mars 2011 Nadjia «Code de l’infamie»
Bouzeghrane
le 09 Mars 2011 Omar Berbiche Une marche en cache une autre
Pré carré
Les marches qui font du deux en un
Le label présidentiel
le 10 Mars 2011 Nadjia Bouaricha Révolution du jasmin
Les geôles (archaïsme).
le 11 Mars 2011 Le journal n’a pas été édité
le 12 Mars 2011 Saïd Rabia D’aucuns (archaïsme)
le 13 Mars 2011 Lies Sahar Aucun néologisme
le 14 Mars 2011 Omar Berbiche Aucun néologisme
le 15 Mars 2011 Hassan Moali ex-Yougoslavie
le 16 Mars 2011 Mohammed le GME
Larbi Great Middle East (GME)
Il est avéré (archaïsme)
le 17 Mars 2011 Fayçal Métaoui Moisson d’avril
le 18 Mars 2011 Le journal n’a pas été édité
le 19 Mars 2011 Omar Berbiche Les Benghazis
package (anglicisme)

167
NEOLOGIE TABLEAUX DES NEOLGISMES CANDIDATS

Tableau n° 4 (suite) :
le 20 Mars 2011 Hassan Moali Establishment
Flop
Yes, we can
US
Des Shebab
Des Qaîda
Al Quaïda
Son «machin»
le 21 Mars 2011 Ali Guissem L’ire (archaïsme)
Sit-in (anglicisme)
Les trabendistes
Des légaux (au lieu de commerçants légaux)
le 22 Mars 2011 Lies Sahar Un temps soit peu : sur le modèle de (un tant
soit peu)
le 23 Mars 2011 Lies Sahar Aucun néologisme
le 24 Mars 2011 Zine Cherfaoui Pis encore (puis encore)
le 25 Mars 2011 Le journal n’a pas été édité
le 26 Mars 2011 Mourad Slimani Parasitage
le 27 Mars 2011 Yazid Ouahib Eliminatoires (pour épreuves éliminatoires)
l’après-Mondial
Public annabi
Fair-play
le 28 Mars 2011 Mohammed Aucun néologisme
Larbi
le 29 Mars 2011 Nadjia Surfer (anglicisme)
Bouzeghrane
le 30 Mars 2011 Fayçal Métaoui Aucun néologisme
le 31 Mars 2011 Hassan Moali la «Busherie» de Bush
bédouinisé

168
NEOLOGIE TABLEAUX DES NEOLGISMES CANDIDATS

LA CHRONIQUE POINT ZERO

Tableau n° 5 :
Les néologismes relevés durant le mois de décembre 2010 :

Dates Chroniqueurs Les néologismes relevés

Le01décembre2010 Chawki Amari Dz-Files


Moudjahidine
WikiLeaks
les câbles
de donner un match à l’Egypte.
Le02décembre2010 La chronique n’a pas été éditée
Le03décembre2010 Le journal n’a pas été édité
Le04décembre2010 Chawki Amari L’appel du zéro novembre
Le05décembre2010 Chawki Amari LMG (Libérez Mohamed Gharbi)
s’est autosaisi
les GLD
une peine à vivre
On lui souhaite tout le courage du monde
Le06décembre2010 Chawki Amari Un nid de tristesse
générosité verticale
monstre froid nourri au gaz de ville
Le07décembre2010 Chawki Amari Wikineaks
Ces câbles
femme de général devienne générale
Le08décembre2010 Chawki Amari WikiLeaks
câbles WikiLeaks
Le09décembre2010 La chronique n’a pas été éditée
Le10décembre2010 Le journal n’a pas été édité
Le11décembre2010 Chawki Amari S’auto-efface
Le12décembre2010 Chawki Amari Les Droukdel
El Para
Entr’aperçu
Bourourou
Ammi L’hadj
Wikipédia
WikiLeaks
WikiNeaks

169
NEOLOGIE TABLEAUX DES NEOLGISMES CANDIDATS

Tableau n° 5 (suite) :
Le13décembre2010 Chawki Amari L’après-Droukdel
l’après-Bouteflika
Desertec
Harraga
l’accélérateur de l’histoire
Docteur House

Le14décembre2010 Chawki Amari Allo TIZI


L’homme monte au maquis
Le15décembre2010 Chawki Amari Aucun néologisme
Le16décembre2010 La chronique n’a pas été éditée
Le17décembre2010 Le journal n’a pas été édité
Le18décembre2010 Chawki Amari Droukdel
Le19décembre2010 Chawki Amari WikiLeaks
HannachiLeaks
Le hadj Raouraoua
Le20décembre2010 Chawki Amari Mastercard
Des boat people
Le21décembre2010 Chawki Amari Riches retraités
Le22décembre2010 Chawki Amari DZ Street
Un méchant pays
Le23décembre2010 La chronique n’a pas été éditée
Le24décembre2010 Le journal n’a pas été édité
Le25décembre2010 Chawki Amari le Bouteflika
Pré-enregistrés
Le26décembre2010 Chawki Amari Katibat El Maout
A la Boudiaf
Le27décembre2010 Chawki Amari les harraga
Le28décembre2010 Chawki Amari Augmenter tout le monde de 50%
Syndrome africain
Le29décembre2010 Chawki Amari Quatre hommes et un dinar
Sous-évaluée (adj)
Des harraga sans emballage
Le30décembre2010 La chronique n’a pas été éditée
Le31décembre2010 Le journal n’a pas été édité

170
NEOLOGIE TABLEAUX DES NEOLGISMES CANDIDATS

Tableau n° 6:
Les néologismes relevés durant le mois de janvier 2011 :

Dates Chroniqueurs Les néologismes relevés


01 Janvier 2011 samedi Le journal n’a pas été édité
02 Janvier 2011 Chawki Amari La Terre, ronde comme l’ennui
03 Janvier 2011 Chawki Amari Un qamis
un hidjab.
04 Janvier 2011 Chawki Amari Des Janviéristes
L’islamoconservatisme
Restons positifs
05 Janvier 2011 Chawki Amari Je jure sur la vie de ma tête
Ne jamais toucher un ministre
Qui osera toucher les intouchables
06 Janvier 2011 La chronique n’a pas été éditée
07 Janvier 2011 Le journal n’a pas été édité
08 Janvier 2011 Chawki Amari Cheb Tchoutchou
09 Janvier 2011 Chawki Amari Championnat des émeutes de première division
Un officiel
10 Janvier 2011 Chawki Amari Un jeune casseur (nom employé comme adj)
Absurde logique
11 Janvier 2011 Chawki Amari frites-omelette
12 Janvier 2011 Chawki Amari Post-émeute
«Gallek ouahed tlaâlou essokker, agressaweh.»
Traduction : quelqu’un a fait un pic
d’hyperglycémie (taux de sucre en hausse) et
s’est fait agresser
Facebook
Twitter
Facebookeurs
trafic (internet)
13 Janvier 2011 La chronique n’a pas été éditée
14 Janvier 2011 Le journal n’a pas été édité
15 Janvier 2011 Chawki Amari Trafic de chair humaine
16 Janvier 2011 Chawki Amari Le double blanc
17 Janvier 2011 Chawki Amari Planter du travail
Semer des cachets
L’importer (le travail)
18 Janvier 2011 Chawki Amari DOK et la médecine
Un janvier complètement fou
DOK, alias Daho Ould Kablia
19 Janvier 2011 Chawki Amari Harraga
20 Janvier 2011 La chronique n’a pas été éditée
21 Janvier 2011 Le journal n’a pas été édité

171
NEOLOGIE TABLEAUX DES NEOLGISMES CANDIDATS

Tableau n° 6 (suite) :
22 Janvier 2011 Chawki Amari Ses appareils gardiens (nom+ nom)
Délégitimer
DOK, le ministre de l’Intérieur
23 Janvier 2011 Chawki Amari Antimarche
Anti-immolation
Des brigades anti-immolations.
24 Janvier 2011 Chawki Amari Anti-manifestant
Câble de WikiLeaks
25 Janvier 2011 Chawki Amari Aucun néologisme
26 Janvier 2011 Chawki Amari Echourouk
Facebook
(re) marier
27 Janvier 2011 La chronique n’a pas été éditée
28 Janvier 2011 Le journal n’a pas été édité
29 Janvier 2011 Chawki Amari Autoexécutable
OK (o.k.) emprunt
Zid
30 Janvier 2011 Chawki Amari Petit pharaon sans pyramide
31 Janvier 2011 Chawki Amari DOK
DOK, le ministre de l’Intérieur
un entretien fleuve (nom employé comme adj)

Tableau n° 7:
Les néologismes relevés durant le mois de février 2011 :

Dates Chroniqueurs Les néologismes relevés


le 01 Février 2011 Chawki Amari Al Jazeera
Le J.T.
le 02 Février 2011 Chawki Amari Des Ould Kablia
Clientélistes
Des immolés (adj ou pp employé comme nom)
le 03 Février 2011 La chronique n’a pas été éditée
le 04 Février 2011 Le journal n’a pas été édité
le 05 Février 2011 Chawki Amari Des émeutes de légumes secs
Le toujours Premier ministre
El djazeera.
le 06 Février 2011 Chawki Amari La nouvelle Algérie, version 1.1
Facebook
Twitter
Al Jazeera
Daïra
Le syndrome Ben Ali ou Moubarak.

172
NEOLOGIE TABLEAUX DES NEOLGISMES CANDIDATS

Tableau n° 7 (suite) :
le 07 Février 2011 Chawki Amari Jazaïr Houria
le 08 Février 2011 Chawki Amari DOK
Un WikiLeaks (pour son créateur)
le 09 Février 2011 Chawki Amari Câble WikiLeaks
Le journal espagnol El Païs
De Bajolet
le 10 Février 2011 La chronique n’a pas été éditée
le 11 Février 2011 Le journal n’a pas été édité
le 12 Février 2011 Chawki Amari Les zaouïas
le 13 Février 2011 Chawki Amari Le premier des Mai
le 14 Février 2011 Chawki Amari Aucun néologisme
le 15 Février 2011 Chawki Amari Une non- évolution
le 16 Février 2011 Chawki Amari Un officiel
le 17 Février 2011 La chronique n’a pas été éditée
le 18 Février 2011 Le journal n’a pas été édité
le 19 Février 2011 Chawki Amari DOK
le 20 Février 2011 Chawki Amari « Vive Ouyahia, dawla islamiya»
le 21 Février 2011 Chawki Amari Baltaguias
Un permis de tuer
le 22 Février 2011 Chawki Amari Les momificateurs
le 23 Février 2011 Chawki Amari Les supporters (calque)
La déesse facebook
12S (extrait de naissance spécial)
le 24 Février 2011 La chronique n’a pas été éditée
le 25 Février 2011 Le journal n’a pas été édité
le 26 Février 2011 Chawki Amari Un Raffarin
Les cryptologues
DOK
le 27 Février 2011 Chawki Amari Facebook
le 28 Février 2011 Chawki Amari DOK

Tableau n° 8 :
Les néologismes relevés durant le mois de mars 2011 :

Dates Chroniqueurs Les néologismes relevés


le 01 Mars 2011 Chawki Amari Des portables « nom » pour « téléphone
portable »
Play « anglicisme »
le 02 Mars 2011 Chawki Amari République batatière
L’alimentaire (adj employer comme nom)
«Ma tkhafch echab3ane qui idjou3, khaf el
dji3ane qui yechba3», (n’aie pas peur du repu
qui a faim mais de l’affamé qui est repu), dit le
proverbe algérien

173
NEOLOGIE TABLEAUX DES NEOLGISMES CANDIDATS

Tableau n° 8 (suite) :
le 03 Mars 2011 La chronique n’a pas été éditée
le 04 Mars 2011 Le journal n’a pas été édité
le 05 Mars 2011 Chawki Amari Libre, comme un samedi
général T (T pour Toufik)
le 06 Mars 2011 Chawki Amari Saïd Samedi
Pro- Bouteflika
le 07 Mars 2011 Chawki Amari Monsieur et Madame D. (DRS)
le 08 Mars 2011 Chawki Amari La post fin
La non-linéarité
le 09 Mars 2011 Chawki Amari un anti 8 Mars
des antiBouteflika
Les pro-Bouteflika
le 10 Mars 2011 La chronique n’a pas été éditée
le 11 Mars 2011 Le journal n’a pas été édité
le 12 Mars 2011 Chawki Amari DOK
Les chaouis,
La fitna
le 13 Mars 2011 Chawki Amari Aucun néologisme
le 14 Mars 2011 Chawki Amari Flexy
le 15 Mars 2011 Chawki Amari Lorman (normal)
La revendication suicide
Un demi logement
le 16 Mars 2011 Chawki Amari Facebook
Spasmes historiques
Les subversifs (adj employé comme nom)
Des Chinois à la pelle
Un DRS.
le 17 Mars 2011 La chronique n’a pas été éditée
le 18 Mars 2011 Le journal n’a pas été édité
le 19 Mars 2011 Chawki Amari Saïd samedi
Des facebookistes
facebook
le 20 Mars 2011 Chawki Amari Une autocongratulation
le 21 Mars 2011 Chawki Amari Aucun néologisme
le 22 Mars 2011 Chawki Amari D’aucun (archaïsme)
Pro
Anti
le 23 Mars 2011 Chawki Amari Une guerre peut en cacher une autre
Un mot qui en cache souvent un autre : sur le
modèle de (Un train peut en cacher un autre)
Les pro-El Gueddafi
Les antiEl Gueddafi
le 24 Mars 2011 La chronique n’a pas été éditée
le 25 Mars 2011 Le journal n’a pas été édité

174
NEOLOGIE TABLEAUX DES NEOLGISMES CANDIDATS

Tableau n° 8 (suite) :
le 26 Mars 2011 Chawki Amari Un 12S (Pour un extrait de naissance original et
spécial)
le 27 Mars 2011 Chawki Amari Aucun néologisme
le 28 Mars 2011 Chawki Amari Hier c’est déjà demain
l’avant compte rendu
Que vat- il se passer hier
si le Maroc a gagné
le 29 Mars 2011 Chawki Amari Voyeuriste
le 30 Mars 2011 Chawki Amari Aucun néologisme
le 31 Mars 2011 La chronique n’a pas été éditée

175
NEOLOGIE GLOSSAIRE

─ GLOSSAIRE ─

Affixe : morphème lexical qui se joint à une base pour produire un mot dérivé. (Mot affixé,
affixation).

Analogie : propriété de la langue, en vertu de laquelle des formes nouvelles sont produites à l'imitation de
formes existantes. Principe de régulation.

Antonomase: substitution d'un nom propre à un nom commun pour désigner un individu (ou l'inverse,
mais dans ce cas, cette figure n'évolue pas vers la lexicalisation).

Antonymie : relation entre deux mots (antonymes) de sens opposé ; contraire de la synonymie.

Base: morphème lexical à valeur dénominative. Certaines bases sont dites non autonomes car elles ne
se rencontrent que dans des dérivés ou composés. Ces dernières sont en général empruntées aux langues
classiques (latin, grec). Les autres fonctionnent soit comme lexèmes simples, soit combinées à des
affixes dans des lexèmes dérivés, soit combinées à une autre base dans des lexèmes composés.

Composition : procédé de formation de mot {composé), par combinaison de bases.

Construit : lexème formé de plusieurs morphèmes lexicaux.

Dénomination : relation référentielle codée dans le lexique, unissant un lexème à un élément du


monde.

177
NEOLOGIE GLOSSAIRE

Dérivation : procédé de formation de mots construits, par affixation ou composition. S'emploie seul,
comme abréviation de dérivation affixale, lui-même synonyme d'affixation ; s'oppose alors à
composition.

Dérivation impropre : formation de mot par changement de catégorie syntaxique, conversion.

Dérivé : mot construit, par dérivation. Désigne soit tout mot construit, soit seulement mot construit par
affixation.

Emprunt : mot appartenant à une langue étrangère, qu'utilisent les locuteurs dans leur langue maternelle
(par exemple, mot anglais utilisé en français par des francophones), étymologie : étude de l'évolution
phono-morphologique des éléments du lexique ; science qui a pour objet la recherche des rapports qu'un
mot entretient avec une unité plus ancienne (étymon) qui en est l'origine ; étude diachronique et
interlinguistique.

Expression figée (les linguistes disent plutôt : syntagme lexicalisé) : suite de mots, formant souvent un
syntagme verbal, au sein duquel la commutation n'est pas possible, et dont le sens est conventionnel.

Figement lexical : processus de stabilisation du signifiant et du signifié d'une séquence polylexicale,


aboutissant au codage dans le lexique.

Fréquence : principe-de classement des vocables dans le vocabulaire d'un discours en fonction du
nombre de leurs occurrences.

Langue cible : est la langue emprunteuse.

Langue source : est la langue à laquelle on emprunte des mots.

Lexème : unité lexicale de la langue, virtuelle et le plus souvent polysémique ; c'est un signe caractérisé
(au point de vue sémantique) par la valeur dénominative ; l'ensemble des lexèmes est indénombrable.

Lexicalisation : intégration d'un néologisme dans le lexique. Codage des unités lexicales,
lexicographie : art de fabriquer des dictionnaires ; étude de cet art.

Lexicologie : étude du lexique et des vocabulaires.

178
NEOLOGIE GLOSSAIRE

Lexique : 1) ensemble des lexèmes d'une langue ;

2) ensemble des lexèmes, des morphèmes lexicaux d'une langue, et des règles de leur fonctionnement.
Le lexique construit, sous- ensemble du lexique se compose de l'ensemble des mots construits
(dérivés et composés) et des règles de formation de mots.

Métalangage : propriété des langues naturelles qui leur permet de parler d'elles-mêmes ; s'oppose au
langage mondain, usage courant des langues pour parler du monde.

Métonymie : relation (sémantique) entre deux mots, ou deux acceptions d'un mot, dont les référents sont
liés par une relation de solidarité (logique, physique...). Cette solidarité autorise éventuellement l'emploi
d'un mot à la place de l'autre.

Morphème : le plus petit signe.

Morphème lexical : morphème entrant dans la formation des lexèmes (bases et affixes).

Morphologie lexicale : étude de la forme des mots, et des procédés de formation des mots.

Mot : 1) équivalent courant de lexème ou vocable 2) unité graphique de texte, comprise entre deux
blancs.

Mot attesté : se dit d'un mot figurant dans un dictionnaire d'usage courant ou de spécialités

Mot-valise : mot construit par télescopage des éléments de la synapsie qui le constituent.

Motivation : s'oppose à arbitraire ; propriété de certains mots dont la signification se déduit


partiellement du signifiant. Les mots construits sont motivés relativement aux morphèmes qui les
constituent, et éventuellement entre eux. La motivation est perçue en synchronie, au sein d'une langue.
(Mot motivé).

Néologie : ensemble des procédés de formation de mots nouveaux.

Néologue : scientifique qui étudie la néologie.

Néologisme : mot nouveau, ou récent, avant son éventuelle lexicalisation ; formé par dérivation ou
composition, ou encore emprunté à une langue étrangère.

179
NEOLOGIE GLOSSAIRE

Néologiste : scientifique qui étudie les néologismes.

Nominalisation : transformation d'une séquence linguistique en nom. .

paradigme : liste d'éléments linguistiques susceptibles de commuter dans le même environnement ; liste
d'éléments appartenant à la même classe morphosyntaxique ou sémantique, (paradigmatique).

Préfixe : affixe placé à gauche d'une base, jouant dans la préfixation, pour former un dérivé (préfixé)
généralement de même catégorie syntaxique que la base.

Sème : élément minimal de sens.

Sémème : collection des sèmes constituant le signifié d'un lexème.

Série lexicale : ensemble de mots affixés ou composés reliés par la motivation, parce qu'ils ont des
bases en commun.

Siglaison : procédé de formation de mot (sigle) à partir des lettres initiales de ses éléments.

Signe : unité linguistique constituée par l'union d'un signifiant et d'un signifié.

Signifiant : face matérielle du signe, identifiée à sa forme phonique ou graphique.

Signification : relation constitutive du signe, fondée sur la liaison arbitraire du signifiant et du


signifié, et sur le réseau d'oppositions qui unissent les signes entre eux.

Signifié : face immatérielle du signe ; au niveau des lexèmes, le signifié peut s'identifier au sémème.

Suffixe : affixe placé à la droite d'une base, jouant dans la suffixation, pour former un dérivé (suffixe)
en général de catégorie syntaxique différente de la base.

Synapsie : composé nominal formé de plusieurs bases françaises non reliées par un trait d'union.

Terme : mot appartenant à un vocabulaire spécialisé au sein duquel sa signification est strictement
définie en relation avec d'autres termes.

Valeur dénominative : aptitude d'un lexème à désigner un objet de la réalité en vertu de sa


signification.

Vocable : lexème actualisé dans un discours ; en principe, monosémique ; unité de vocabulaire.

Vocabulaire : ensemble des vocables d'un discours.

180
NEOLOGIE LISTE DES FIGURES

—LISTE DES FIGURES —

Figure 2.1. Schéma récapitulatif des trois phases de l'emprunt 68

Figure 2.2. Schéma récapitulatif des types d’emprunt linguistique 77

Figure 3.1. Créativités lexicales dans COMMENTAIRE 90

Figure 3.2. Emprunts dans COMMENTAIRE 90

Figure 3.3. Créativités lexicales dans la chronique POINT ZERO 91

Figure 3.4. Emprunts dans la chronique POINT ZERO 91

Figure 3.5. Histogramme comparatif des créativités lexicales des deux rubriques 95

Figure 3.6. Histogramme comparatif des emprunts linguistiques des deux rubriques 100

Figure 3.7. Classement traditionnelle des néologismes collectés dans Commentaire & la CH.
Poit zero 105

Figure 3.8. Lexies néologiques générées par les matrices lexicogéniques 106

Figure 3.9. Lexies néologiques générées par les matrices internes 107

Figure 3.10. Lexies néologiques générées par les matrices morphosémantiques 108

Figure 3.11. Lexies néologiques générées par les matrices syntactico-sémantiques 120

Figure 3.12. Lexies néologiques générées par les matrices morphologiques 128

Figure 3.13. Lexies néologiques générées par la matrice pragmatico-sémantique 130

Figure 3.14. Types de néologismes générés par la matrice externe 134

Figure 3.15. Langues d'origine des emprunts 140

Figure 3.16. Catégories grammaticales des néologismes 143

181
NEOLOGIE LISTE DES TABLEAUX

—LISTE DES TABLEAUX —

Tableau n°1.1. Les matrices lexicogéniques 47


Tableau n°3.1. Les néologismes créés par préfixation 109
Tableau n°3.2. Les néologismes créés par suffixation 110
Tableau n°3.3. Les néologismes créés par parasynthétique 112
Tableau n°3.4. Les néologismes créés par flexion 113
Tableau n°3.5. Les néologismes créés par composition 114
Tableau n°3.6. Les néologismes créés par composition hybride 118
Tableau n°3.7. Les néologismes créés par conversion 120
Tableau n°3.8. Les néologismes formés par métaphore 126
Tableau n°3.9. Les néologismes créés par autres figures de style 127
Tableau n°3.10. Les néologismes créés par troncation, abréviation et apocope 128
Tableau n°3.11. Les néologismes créés par siglaison et acronyme 129
Tableau n°3.12. Les néologismes créés par détournement 130
Tableau n°3.13. Analyse des emprunts externes 135
Tableau n°3.14. Les néologismes créés par combinaison des procédés créatifs 141
Tableau n°3.15. Les néologismes marqués par des caractères typographiques 142

182
— RESUME —

Depuis un bon moment, en lisant le journal quotidien généraliste El Watan, nous


avons remarqué un nouveau phénomène qui n'a cessé de prendre de l'ampleur : les nouveaux
mots. Les chroniques et les commentaires du journal foisonné de néologismes, chose qui a
attiré notre attention et éveillé notre curiosité à vouloir apporter des réponses aux questions
qu'on se posé.

Le phénomène de l’innovation lexicale accompagne toute langue et suit la dynamique


Sociale. Le lexique des langues pratiquées en Algérie est lui aussi en permanente évolution et
n'échappe guère à cette dynamique. Ce travail de recherche a pour objectif de présenter, dans
une perspective synchronique, des néologismes (créativités lexicales et emprunts) extraits
d’un corpus journalistique, classés selon une typologie des procédés créatifs proposée par
SABLAYROLLES, en tenant compte de leur relation forme/sens.

Outre les problèmes de définitions de la néologie et du néologisme nous présentons,


une classification des emprunts étudiés et considérés comme un phénomène linguistique. Les
problèmes de leurs intégrations et de leur installation dans leur langue d'accueil sont aussi au
cœur de cette étude. En conclusion, nous soulignons que, par leurs fonctions, ces néologismes
sont un outil linguistique essentiel dans le discours journalistique algérien.

Mots-clés : néologismes - néologie - lexicologie - analyse lexicosémantique - presse écrite


étatique - emprunts linguistiques - intégration des emprunts.

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