Maladie de Ménière : Diagnostic et Traitement
Maladie de Ménière : Diagnostic et Traitement
La maladie de Ménière :
Aspects diagnostiques et thérapeutiques
THÈSE
PRÉSENTÉE ET SOUTENUE PUBLIQUEMENT LE 13/01/2022
PAR
Mr. Anas DRIOUICHE
Né le 11 Mars 1997 à Agadir
MOTS-CLÉS
Oreille interne – Atteinte périphérique – Hydrops endolymphatique
JURY
M. S. AIT BENALI PRESIDENT
Professeur de Neurochirurgie
M. A. RAJI RAPPORTEUR
Professeur d’Oto-rhino-laryngologie
Mme.
P P N. LOUHAB JUGE
Professeur de Neurologie
″ﺭﺏ ﺃﻭﺯﻋﻨﻲ ﺃﻥ ﺃﺷﻜﺮ ﻧﻌﻤﺘﻚ ﺍﻟﺘﻲ
ﻱ ﻭﺃﻥ ﺃﻋﻤﻞﺃﻧﻌﻤﺖ ﻋﻠ َﻲ ﻭﻋﻠﻰ ﻭﺍﻟﺪ َ
ﺻﺎﻟﺤﺎ ﺗﺮﺿﺎﻩ ﻭﺃﺻﻠﺢ ﻟﻲ ﻓﻲ ﺫﺭﻳﺘﻲ ﺇﻧﻲ
ﺗﺒﺖ ﺇﻟﻴﻚ ﻭﺇﻧﻲ ﻣﻦ ﺍﻟﻤﺴﻠﻤﻴﻦ″
Au moment d’être admis à devenir membre de la profession médicale, je m’engage
solennellement à consacrer ma vie au service de l’humanité.
Je traiterai mes maîtres avec le respect et la reconnaissance qui leur sont dus.
Je pratiquerai ma profession avec conscience et dignité. La santé de mes malades
sera mon premier but.
Je ne trahirai pas les secrets qui me seront confiés.
Je maintiendrai par tous les moyens en mon pouvoir l’honneur et les nobles
traditions de la profession médicale.
Les médecins seront mes frères.
Aucune considération de religion, de nationalité, de race, aucune considération
politique et sociale, ne s’interposera entre mon devoir et mon patient.
Je maintiendrai strictement le respect de la vie humaine dés sa conception.
Même sous la menace, je n’userai pas mes connaissances médicales d’une façon
contraire aux lois de l’humanité.
Je m’y engage librement et sur mon honneur.
Professeurs Agrégés
Nom et Prénom Spécialité Nom et Prénom Spécialité
Stomatologie et Chirurgie
ABIR Badreddine GHAZI Mirieme Rhumatologie
maxillo faciale
Médecine Communautaire
HAZMIRI Fatima Histologie-embyologie
ADARMOUCH Latifa (médecine préventive,
Ezzahra cytogénétique
santé publique et hygiène)
AIT BATAHAR Salma Pneumo- phtisiologie IHBIBANE fatima Maladies Infectieuses
Médecine physique et
ARABI Hafid KADDOURI Said Médecine interne
réadaptation fonctionnelle
ARSALANE Adil Chirurgie Thoracique LAHKIM Mohammed Chirurgie générale
LAKOUICHMI Stomatologie et
BELBACHIR Anass Anatomie- pathologique
Mohammed Chirurgie maxillo faciale
Traumatologie -
BELHADJ Ayoub Anesthésie -Réanimation MARGAD Omar
orthopédie
BENJELLOUN HARZIMI MLIHA TOUATI Oto-Rhino -
Pneumo- phtisiologie
Amine Mohammed Laryngologie
BOUZERDA Abdelmajid Cardiologie MOUHSINE Abdelilah Radiologie
Traumatologie -
BSISS Mohamed Aziz Biophysique NADER Youssef
orthopédie
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Anesthésie -
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Réanimation
Chirurgie Cardio- Anesthésie -
EL HAOUATI Rachid SERGHINI Issam
vasculaire Réanimation
Chirurgie réparatrice et
EL KAMOUNI Youssef Microbiologie Virologie TOURABI Khalid
plastique
Anesthésie -
EL KHADER Ahmed Chirurgie générale ZARROUKI Youssef
Réanimation
EL MEZOUARI El
Parasitologie Mycologie ZEMRAOUI Nadir Néphrologie
Moustafa
EL OMRANI ZIDANE Moulay
Radiothérapie Chirurgie thoracique
Abdelhamid Abdelfettah
Histologie- embyologie
FAKHRI Anass
cytogénétique
Professeurs Assistants
Nom et Prénom Spécialité Nom et Prénom Spécialité
AABBASSI Bouchra Pédopsychiatrie ESSADI Ismail Oncologie Médicale
FASSI FIHRI Mohamed
ABALLA Najoua Chirurgiepédiatrique Chirurgie générale
jawad
Rééducation et Chimie de Coordination
ABDELFETTAH Youness FDIL Naima
Réhabilitation Fonctionnelle Bio- organique
ABDOU Abdessamad Chiru Cardio vasculaire FENNANE Hicham Chirurgie Thoracique
ABOULMAKARIM Siham Biochimie HAJHOUJI Farouk Neurochirurgie
ACHKOUN Abdessalam Anatomie HAJJI Fouad Urologie
AIT ERRAMI Adil Gastro-entérologie HAMMI Salah Eddine Médecine interne
AKKA Rachid Gastro - entérologie Hammoune Nabil Radiologie
ALAOUI Hassan Anesthésie - Réanimation HAMRI Asma Chirurgie Générale
ALJALIL Abdelfattah Oto-rhino-laryngologie HAZIME Raja Immunologie
AMINE Abdellah Cardiologie JALLAL Hamid Cardiologie
Chirurgieréparatrice et
ARROB Adil JANAH Hicham Pneumo- phtisiologie
plastique
LAFFINTI Mahmoud
ASSERRAJI Mohammed Néphrologie Psychiatrie
Amine
AZAMI Mohamed Amine Anatomie pathologique LAHLIMI Fatima Ezzahra Hématologie clinique
Stomatologie et chirurgie
AZIZ Zakaria LAHMINI Widad Pédiatrie
maxillo faciale
BAALLAL Hassan Neurochirurgie LALYA Issam Radiothérapie
BABA Hicham Chirurgie générale LAMRANI HANCH AsmaeMicrobiologie-virologie
Microbiologie et toxicologie
BELARBI Marouane Néphrologie LOQMAN Souad
environnementale
BELFQUIH Hatim Neurochirurgie MAOUJOUD Omar Néphrologie
Endocrinologie et
BELGHMAIDI Sarah OPhtalmologie MEFTAH Azzelarab
maladies métaboliques
BELLASRI Salah Radiologie MESSAOUDI Redouane Ophtalmologie
Microbiologie -
BENANTAR Lamia Neurochirurgie MILOUDI Mohcine
Virologie
BENCHAFAI Ilias Oto-rhino-laryngologie MOUGUI Ahmed Rhumatologie
BENNAOUI Fatiha Pédiatrie NASSIH Houda Pédiatrie
Chirurgie Réparatrice et
BENZALIM Meriam Radiologie NASSIM SABAH Taoufik
Plastique
OUERIAGLI NABIH
BOUTAKIOUTE Badr Radiologie Psychiatrie
Fadoua
CHAHBI Zakaria Maladies infectieuses OUMERZOUK Jawad Neurologie
CHEGGOUR Mouna Biochimie RAGGABI Amine Neurologie
CHETOUI Abdelkhalek Cardiologie RAISSI Abderrahim Hématologie clinique
CHETTATI Mariam Néphrologie REBAHI Houssam Anesthésie - Réanimation
DAMI Abdallah Médecine Légale RHARRASSI Isam Anatomie-patologique
DARFAOUI Mouna Radiothérapie RHEZALI Manal Anesthésie-réanimation
DOUIREK Fouzia Anesthésie- réanimation ROUKHSI Redouane Radiologie
EL- AKHIRI SAHRAOUI Houssam
Oto- rhino- laryngologie Anesthésie-réanimation
Mohammed Eddine
Chimie de Coordination Traumatologie-
EL AMIRI My Ahmed SALLAHI Hicham
bio-organnique orthopédie
EL FADLI Mohammed Oncologie médicale SAYAGH Sanae Hématologie
EL FAKIRI Karima Pédiatrie SBAAI Mohammed Parasitologie-mycologie
EL GAMRANI Younes Gastro-entérologie SBAI Asma Informatique
Médecine Communautaire
EL HAKKOUNI Awatif Parasitologie mycologie SEBBANI Majda (médecine préventive,
santé publique et hygiène)
Endocrinologie et Médecine d’urgence et
EL JADI Hamza SIRBOU Rachid
maladies métaboliques de catastrophe
EL KHASSOUI Amine Chirurgiepédiatrique SLIOUI Badr Radiologie
Chirurgieréparatrice et
ELATIQI Oumkeltoum WARDA Karima Microbiologie
plastique
ELBAZ Meriem Pédiatrie YAHYAOUI Hicham Hématologie
ELJAMILI Mohammed Cardiologie ZBITOU Mohamed AnasCardiologie
ELOUARDI Youssef Anesthésie réanimation ZOUITA Btissam Radiologie
Chirurgie Cardio-
EL-QADIRY Rabiy Pédiatrie ZOUIZRA Zahira
vasculaire
A tous ceux ou celles qui me sont chers et que j’ai omis de citer
A tous mes enseignants tout au long de mes études
À tous ceux qui ont choisi cette pénible tache de soulager les gens et
diminuer leur souffrance.
REMERCIEMENTS
À ALLAH
J’aimerais en premier lieu remercier Allah le tout puissant et
miséricordieux, qui m’a toujours aidée et guidée vers la bonne voie, et m’a
donnée la volonté et le courage pour réaliser ce travail.
APL : Antiphospholipides
AQP : Aquaporine
ATCDs : Antécédents
AV : Aqueduc vestibulaire
CT : Crise de Tumarkin
CTC : Corticothérapie
EC : Épreuve calorique
EcoG : Electrocochléographie
IC : Implantation cochléaire
MM : Maladie de Ménière
MV : Migraine vestibulaire
NS : Nystagmus spontané
NV : Neurectomie vestibulaire
OM : Otite moyenne
RV : Rééducation vestibulaire
SE : Sac endolymphatique
TDM : Tomodensitométrie
VNG : Vidéonystagmographie
VNS : Vidéonystagmoscopie
PATIENTS ET MÉTHODES 3
I. Type de l’étude 4
II. Population cible 4
III. Echantillonnage 4
IV. Variables étudiées 4
V. Analyse statistique 6
VI. Considérations éthiques 6
RÉSULTATS 7
I. Données Epidémiologiques 8
1. Âge 8
2. Sexe 8
3. Profession 9
4. Niveau socio-économique 10
5. Antécédents et comorbidités 11
II. Données cliniques 13
1. L’ancienneté de la maladie 13
2. Le motif de consultation 14
3. Signes fonctionnels 14
5. Examen clinique 19
III. Données para-cliniques 21
1. Audiométrie 21
2. Impédancemétrie 22
3. Vidéonystagmographie 23
4. IRM 28
IV. Échelle fonctionnelle de l’AAO-HNS 28
V. Traitement 29
1. Traitement de crise 29
2. Traitement de fond 29
3. Mesures associées 30
VI. Évolution 32
1. Évolution favorable 32
2. Évolution stable 32
3. Évolution fluctuante 33
4. Évolution rebelle 33
5. Échelle fonctionnelle post traitement 34
DISCUSSION 36
I. Historique 37
II. Etiopathogénie 38
1. Physiopathologie de la maladie de Ménière 38
2. Principales théories étiologiques 44
III. Epidémiologie 55
1. Prévalence 55
2. Âge 55
3. Sexe 56
4. Profession 56
5. Niveau socio-économique 57
6. Facteurs contributifs 58
IV. Données cliniques 64
1. Délai de diagnostic 66
2. Vertige 66
3. Hypoacousie 71
4. Acouphènes 73
5. Plénitude d’oreille 74
6. Résumé des signes fonctionnels 75
7. Examen clinique 75
V. Données paracliniques 78
1. Évaluation audiométrique 79
2. L’impédancemétrie 84
3. Vidéonystagmographie 85
4. Imagerie 87
5. Autres méthodes 91
VI. Diagnostics différentiels 99
VII. Évolution 103
1. Évolution à court et à moyen terme 103
2. Évolution à long terme 104
VIII. Traitement 107
1. Traitement de la crise 108
2. Traitement de fond 110
3. Traitement d’entretien 132
4. Approche thérapeutique devant une maladie de Ménière 135
5. Évolution 138
6. Synthèse clinique et thérapeutique 139
CONCLUSION 142
RÉSUMÉS 144
ANNEXES 151
BIBLIOGRAPHIE 163
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
INTRODUCTION
-1-
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
témoigne d’un grand intérêt suscité par ce syndrome, dont la physiopathologie n’est encore pas
complètement élucidée .
Décrite pour la première fois par Prosper Ménière en 1861, les symptômes
interne, est observée (ou présumée) chez toutes les personnes atteintes de la maladie de
Ménière [2] .
peuvent causer la maladie de Ménière. Ensemble, ces facteurs laissent croire à une cause
multifactorielle, mais perpétuent aussi l’incertitude quant aux origines de la maladie [3] .
La diversité des symptômes d’un patient à l’autre et pour un même patient et leur
évolution dans le temps justifie de disposer de critères diagnostiques précis. Ces derniers ont
internationales .
Le traitement est en premier lieu médical, reposant sur la bétahistine et les diurétiques,
et chirurgical dans les formes résistantes, sans oublier les règles hygiéno diététiques et
À la lumière de ces données montrant que la maladie de Ménière est une entité a
controverse, dont il n’existe encore pas de traitement spécifique, nous avons décidé de mener
notre étude pour mieux élucider les différents aspects épidémiologiques, cliniques, et
-2-
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
PATIENTS
ET
MÉTHODES
-3-
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
I. Type de l’étude :
Il s’agit d’une étude rétrospective sur 04 ans à partir du 01 janvier 2016 jusqu’au 31
• Les patients ayant été suivis au service d’ORL pour Maladie de Ménière confirmée par
les critères diagnostiques et examens paracliniques .
• Dossiers de deux patients ayant été hospitalisés au service pour crise de vertige et
dont le diagnostic de MM a été posé ultérieurement.
III. Echantillonnage :
Marrakech.
Nous avons regroupé les données essentielles des patients via entrevue par téléphone
dirigée avec correspondance selon une fiche d’exploitation exhaustive (cf. Annexe) comportant
1. L’identité du patient
2. Âge
-4-
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
3. Sexe
5. Motif de consultation
6. ATCDS
7. Signes fonctionnels :
• Vertige
• Hypoacousie
• Acouphènes
• Plénitude d’oreille
• Examen vestibulaire
9. Audiométrie
10. Impédancemétrie
11. Vidéonystagmographie
12. IRM
14. Traitement
• Médical
• Chirurgical
• Mesures associées
15. Evolution
Cependant, vu que cette étude est rétrospective, l’analyse précise de certaines données a
fait défaut, et certains dossiers furent incomplets. Ce sont là les difficultés que nous avons
-5-
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
V. Analyse statistique :
Elle a fait appel à une analyse descriptive : Pour les variables qualitatives, nous avons
utilisé les pourcentages, et pour les variables quantitatives, nous avons utilisé les moyennes et
les écarts-type. L’analyse statistique est faite par le logiciel SPSS 26 pour programme Windows.
Le recueil des données est effectué avec respect de l’anonymat des patients et de la
-6-
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
RÉSULTATS
-7-
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
I. Données Epidémiologiques :
1. Âge :
L’âge moyen des patients est de 49,73 ans ± 12,52 ans (25 ans – 79 ans) .
La tranche d’âge prédominante est celle des 51 – 60 ans avec un pourcentage de 32,5%
(figure n°1).
2. Sexe :
Dans notre série, nous avons une légère prédominance féminine : 27 cas soit 67.5%.
(Figure n°2)
-8-
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
3. Profession :
Dans notre série, 42.5% des patients exercent des professions qui peuvent, d’une façon
La durée d’exercice moyenne était de 24.74 ans ± 9.76 ans (5ans - 40 ans) .
-9-
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
4. Niveau socio-économique :
La grande partie des patients de notre étude (22 patients) était de niveau socio-
économique moyen, suivi par les patients de bas niveau (10 patients)
- 10 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
5. Antécédents et comorbidités :
Dans notre série, 80% des patients présentent une ou plusieurs autres pathologies que
a) Les pathologies courantes considérées comme des antécédents sans rapport direct
- 11 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
- 12 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
1. L’ancienneté de la maladie :
Notre série d’étude, bien que recrutée entre 2016 et 2019, avait pour une grande
partie développé la maladie bien avant cette période. La figure no9 présente
- 13 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
2. Le motif de consultation :
3. Signes fonctionnels :
3.1. Vertige :
a. Type du vertige :
du mouvement, dont leur fréquence est résumée dans le tableau V et figure n°10 .
- 14 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
b. Durée de la crise :
c. Facteur déclenchant :
57.7% des patients (n=23) n’avaient aucun facteur déclenchant . 17 patients en avaient
(tableau VI) .
- 15 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
d. Signes associés :
Aucun patient n’a présenté une perte de conscience liée à leurs crises .
Le tableau VII présente les signes qui étaient associés aux crises de vertiges chez nos
e. Crise de Tumarkin/Lermoyez :
3 patients (10%) ont présenté une crise de Tumarkin pour lesquelles ils ont été
hospitalisés .
- 16 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
3.2. Hypoacousie :
Chez 17.5% des patients (n=7), la surdité était infraclinique documentée par
Dans notre série, l’hypoacousie est restée le plus souvent unilatérale (85.0 %) .
L’oreille gauche est atteinte chez 19 patients (55.9 % des formes unilatérales), alors
Chez 4 cas (10.0 %), l’hypoacousie est devenue bilatérale au cours de l’évolution, dont
3 gauche en bilatéralisation .
3.3. Acouphènes :
- 17 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
La figure no15 résume la présentation clinique par groupement syndromique chez nos
patients.
- 18 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
5. Examen clinique :
Chez 95% des patients (n=38), la crise n’a pas été observé. 5% des patients (n=2) se
a. Otoscopie :
L’examen du pavillon, du CAE et du tympan était normal chez la totalité des patients.
b. Acoumétrie :
Dans notre série, 14 patients (35.0%) présentaient une surdité de perception droite .
a. Examen de la marche :
- 19 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
b. Signe de Romberg :
- 20 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
c. Nystagmus spontané :
Chez les patients où la crise n’a pas été observée, le nystagmus spontané était absent .
Chez les deux patients qui ont été examiné au moment de la crise, un nystagmus
spontané bilatéral horizontal battant à gauche a été observé chez le premier patient
avec une atteinte gauche, et à droite pour le deuxième patient avec une MM droite.
L’examen neurologique général était normal chez les patients de notre série.
1. Audiométrie :
Chez les 19 patients en surdité unilatérale gauche, le déficit était compris entre 23 et
Chez les 15 patients en surdité unilatérale droite, le déficit était compris entre 25 et 73
Le déficit prédominait sur les fréquences graves chez 13 patients, sur les aigues et
Le patient ayant une atteinte droite en bilatéralisation présentait une surdité mixte
o Le deuxième patient avait une surdité mixte gauche de 66 dB sur les fréquences
- 21 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
o Le troisième patient avait un déficit mixte gauche de 81 dB sur les aigues et graves
Figure n°19,20 : Type de surdité et déficit moyen chez les patients à atteinte unilatérale
Figure n°21 : Résultat d’audiométrie tonale d’une patiente montrant une surdité de perception
gauche prédominante sur les fréquences graves.
2. Impédancemétrie :
2.1. Tympanométrie :
Tous les patients de notre étude ont bénéficié d’une tympanométrie bilatérale dont les
résultats étaient normaux (courbe de type A), ce qui nous a permis d’écarter une
- 22 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Latéralement à l’oreille atteinte, le réflexe était présent chez les 40 cas sur les
Le réflexe était présent chez 36 cas avec recrutement sur la fréquence de 4000 Hz.
3. Vidéonystagmographie :
La totalité de nos patients a bénéficié d’une VNG dont les résultats sont les suivants
(figure no22) :
- 23 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
A B
C D
Figure n°23 : Matériel de la VNG (Exploration fonctionnelle, service d’ORL et CCF, CHU
Mohammed VI) :
Figure n°24,25 : Réalisation des tests occulomoteurs (Exploration fonctionnelle, service d’ORL et
CCF, CHU Mohammed VI)
- 24 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
- 25 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
- 26 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
- 27 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
4. IRM :
Tous les patients dans notre étude ont bénéficié de cet examen objectivant aucune
Dans notre étude, la grande majorité des patients présentait un handicap fonctionnel
17.5% des patients (n=7) étaient de grade 5, signifiant une difficulté dans
cause de la maladie .
Une seule patiente était de grade 6 qui traduit un arrêt de travail avec indemnisation à
- 28 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
V. Traitement :
1. Traitement de crise :
Dans notre série, la presque totalité des patients a reçu un traitement à base
La posologie moyenne était de 1500 mg (3cp de 500mg) par jour, la durée diffère
2 patients n’ont pas reçu d’acétylleucine vu le caractère plutôt toléré de leur crise de
vertige.
2. Traitement de fond :
25% des patients (n=10) ont respecté en total les règles hygiéno-diététiques (régime
14 patients (35%) n’ont suivi aucune règle hygiéno-diététique (Tableau VIII, Figure
n°33).
Tableau VIII : Les différents règles hygiéno-diététiques suivis par nos patients.
Mesures Régime Limitation des Respect des heures de
Aucun
diététiques hyposodé excitants sommeil
Effectifs 17 12 26 14
Pourcentages 42.5% 30% 65% 35%
- 29 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
La dose diffère selon la gravité du tableau clinique, débutant à 24 mg/j (1cp de16 mg
3. Mesures associées :
- 30 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
A B C
D E F
- 31 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Dans notre étude, 11 patients (27.5%) admettent le maintien d’une activité physique
régulière.
l’audition.
VI. Évolution :
Dans notre population de 40 patients, le suivi de l’évolution a été effectif chez 24 cas
(60.0%) .
16 cas (40.0%) ont été perdu de vue. Parmi ces 16 patients, 3 sont à priori bien suivis
1. Évolution favorable :
Ce sont des patients chez qui le traitement médical est un succès avec la disparition
des crises de vertiges et l’amélioration de l’audition et/ou des acouphènes. Dans notre
population, 15 patients (37.5%) présentent une évolution favorable (Tableau IX, Figure
n°37).
2. Évolution stable :
Ce sont des patients qui présentent une réponse relativement favorable au traitement
médical. La maladie n’évolue plus, les crises de vertiges sont absentes, mais la surdité,
les troubles de l’équilibre et souvent les acouphènes persistent, sans être invalidants.
- 32 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
3. Évolution fluctuante :
Ce sont des patients chez qui on peut discuter l’opportunité d’un traitement radical. Ils
4. Évolution rebelle :
Ce sont les patients qui ont présenté un caractère rebelle aux traitements. Dans notre
Dont 1 patiente par un arrêt contre avis du traitement et suivi comme cause probable.
- 33 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
L’approche thérapeutique a permis chez la grande majorité des patients (n=33) une
activités quotidiennes .
grade 3 chez 7.5% (n=3), et de grade 4 chez 10% (n=4) malgré le traitement (figure
n°38).
- 34 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
- 35 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
DISCUSSION
- 36 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
I. Historique :
première fois par Prosper Ménière d’une possible relation entre vertige et oreille interne [5], [6],
Dans l'article publié en 1861, Ménière définissait clairement un état clinique [5]: « Un
appareil auditif, jusque-là parfaitement sain, peut devenir à coup le siège de troubles
Osaka qui, en 1938, sur autopsies d’os temporal chez des patients ayants une maladie de
Ménière, confirment l’origine otologique interne par une dilatation du saccule et le canal
Quelques années plus tard, en 1943, Altmann et Fowler [8] ont conclu que les imparités
Kimura [9], dans une élégante étude expérimentale dans le modèle du cobaye, a démontré que le
développées en 1972 et 1985 par the American Academy of Otolaryngology – Head and Neck
thérapeutiques pour la prise en charge de cette affection, adoptée par plusieurs organisations
- 37 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
développé un document consensuel pour les critères diagnostiques de la maladie avec deux
Au cours des années suivantes, des études minutieuses sur l'os temporal ont confirmé
que les patients diagnostiqués avec une MM présentaient systématiquement une hydrops
endolymphatique (HE) et, par conséquent, cette caractéristique est devenue le marqueur le plus
constant de la maladie [11], bien que peut-être pas entièrement responsable de l'étiologie ou
II. Etiopathogénie :
pathologique de la maladie de Ménière depuis plus de 70 ans. Le terme « hydrops » désigne une
cobaye. Selon ses études, l'endolymphe est sécrétée par la stria vascularis, passe par le ductus
d'endolymphe procède de la périlymphe qui devrait exister dans chaque section cochléaire,
échange d'ions qui se produit dans la stria vascularis [15]. En effet, les connaissances actuelles
- 38 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
maladie de Ménière peut avoir eu lieu des années plus tôt et, par conséquent, l'apparition est
retardée. Lorsque le canal endolymphatique est obstrué mécaniquement, comme dans le cas
Paparella (fig. no 39) [19]. Habituellement, il ne se produit aucune perturbation dans le flux de
l'écoulement, mais une obstruction ''barrage'' près ou sur le chemin de la ''rivière'' ou de l'''étang''
l'hydrops .
- 39 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
dans le cas de la MM), il peut alors produire des hormones comme la saccine qui augmentent la
production d'endolymphe. Le sac peut également produire des glycoprotéines qui attirent
derrière l'obstruction, il peut y avoir un écoulement soudain à travers l'obstruction vers le sac,
cette restauration soudaine du flux longitudinal déclenche les attaques de vertige [20]. Par
L’attaque de vertige peut être aussi attribuée à la théorie de rupture développée par
Schuknecht. Basé sur ses études histologiques, il a identifié des zones de guérison de la
endolymphe riche en potassium avec la périlymphe. Les nerfs vestibulaires afférents restent
paralysés par le gradient de potassium élevé jusqu'à ce que les pompes ioniques dans l'oreille
interne rétablissent les niveaux d'électrolyte et la rupture guérie (fig. no 40) [21] .
- 40 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Cette théorie de rupture est restée l'explication la plus plausible pendant plusieurs
décennies jusqu’à ce que Gibson et Arenberg proposent une nouvelle explication, la « théorie de
drainage » [20] .
Des expériences menées par Salt et al. [22] ont mis au défi le « flux longitudinal » normal
d'endolymphe en injectant des marqueurs chimiques dans des cochlées de cobayes sans
perturbation du volume. Dans les volumes normaux, la diffusion des marqueurs était statique
(radiale) et non longitudinale, ce qui suggère que cette dernière ne survient qu'en cas de volume
est que l'hydrops cochléaire léger est éliminé par un flux radial normal, mais s'il y a un hydrops
excessif, le flux longitudinal est initié par le sac endolymphatique. Il peut l'éliminer avec succès,
accumulation d'endolymphe dans le sinus du canal endolymphatique qui reflue à travers la valve
utriculaire de Bast dans les ampoules des canaux semi-circulaires, de sorte que le vertige et le
Dans une étude IRM d’oreilles internes Ménièriformes avec injection du Gadolinium
intratypmanique, Gurkov et al. [24] n'ont trouvé d'hydrops que dans les canaux horizontaux chez
Des résultats histopathologiques de la maladie de Ménière ont été décrit après l’étude
d’os temporaux [7], [25], [26]. Une fibrose vestibulaire entre la paroi sacculaire et la platine de
l'étrier a été observé dans 35% des os temporaux humains extraits des patients atteints de la
maladie de Ménière comme le montre la Fig. no41 ([27]) [28]. La découverte la plus importante
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Figure. no 41 : Coupe horizontale à travers le vestibule d’un patient objectivant une fibrose (*)
entourant un saccule dilaté (flèches) sous la base de l'étrier (F). S = Macule Sacculaire [16]
Sando et Ikeda [29] ont décrit une mauvaise pneumatisation des os temporaux des patients
atteints de la maladie de Ménière. Gibson et Arenberg [20] ont montré qu'il semble que les patients
atteints de la maladie de Ménière ont généralement un aqueduc vestibulaire étroit qui peut entraîner
une diminution du flux d'endolymphe dans le sac. Paparella et Sajjadi [30] ont décrit un sinus latéral
En 2005, Merchant et al. [11] ont proposé après une revue de 28 cas de MM et 79 cas
d’HE que l’hydrops doit être considérée comme un marqueur histologique du syndrome de
Ménière plutôt que d'être directement responsable de ses symptômes, ils ont argumenté leur
hypothèse par la découverte d’HE chez tous les 28 patients atteints du syndrome de Ménière,
cependant, sur les 79 patients atteints d'HE, seuls 51 présentaient des symptômes de Ménière.
Les symptômes classiques étaient absents chez 9 des 35 patients avec « hydrops idiopathique »
et chez 42 des 44 patients avec « hydrops secondaire ». Ils ont qualifié ainsi l’hydrops comme
« probablement un épiphénomène » .
Foster et Breeze ont toutefois démontré en 2013 après revue de 53 rapports et séries de
cas répondant aux critères de 1995 de diagnostic de la MM, que la réponse à ces critères a une
probabilité presque certaine d'avoir une hydrops endolymphatique dans au moins une oreille. Ils
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
ont aussi montré que les données de l'autopsie ne soutiennent pas l'opinion selon laquelle
l'association MM et HE est un épiphénomène ou que la MM cause l'HE, ce qui nous laisse avec la
Mc Call and al. [31] ont mené une étude histopathologique et cytologique sur des
organes terminaux vestibulaires acquis par labyrinthectomie de 17 patients suivis pour MM. Ils
Figure. no 42 :
(A) Coupe transversale de la crête ampullaire du CSC horizontal d'un sujet atteint de la MM. L'épithélium sensoriel (ES) a
démontré une dégénérescence et conversion de la cytoarchitecture normale en une seule couche de cellules épithéliales
(EC) de forme colonnaire, à cytoplasme uniforme et noyaux à coloration homogène, alignés au même niveau entre les
surfaces apicale et basale de la cellule. La membrane basale (BM) était fortement épaissie ({ }). Le stroma (ST) montre une
légère vacuolisation avec augmentation des espaces intercellulaires (flèches).
(B) Coupe transversale d'une macule utriculaire d'un autre sujet atteint de la MM. Les cellules ciliées (HC) et les cellules
de soutien (SC) forment presque une seule couche. Il y avait aussi un épaississement de la (BM) sous-jacente.
(C) Coupe transversale de la crête ampullaire du CSC postérieur d'un autre sujet atteint de la MM. L’ES est dépourvu de
HC et les SC restants forment une monocouche. Il y avait un épaississement prononcé de la BM ({ }). [22]
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Pour conclure, l'hydrops, la principale constatation de la maladie, est à lui seul insuffisant
pour provoquer la maladie de Ménière, ce qui indique qu'il doit y avoir un ou plusieurs
Ménière symptomatique.
nombreux facteurs puissent avoir un impact sur l'homéostasie de l'endolymphe. Par conséquent,
L'infection virale a été préconisée comme cause possible de la maladie de Ménière par de
nombreux auteurs [33], [34]. Il a également été postulé que certains virus ont plus d'affinité que
Pour cette raison, de nombreuses études ont été menées pour vérifier si des virus tels
que les virus neurotropes, le virus de l'herpès simplex (HSV) types 1 et 2 [36], le virus varicelle-
zona (VZV) et le cytomégalovirus (CMV) [37], peut causer la maladie de Ménière en envahissant le
sac endolymphatique, connu pour être le siège d'une réaction immunitaire en raison de
endolymphatique .
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Arnold et Niedermeyer [36] ont évalué la présence d'anticorps IgG plus élevés contre le
virus de l'herpès simplex (HSV) dans la périlymphe de patients atteints de la maladie de Ménière.
Ce résultat a soutenu l'hypothèse que le virus de l'herpès simplex pourrait jouer un rôle
important dans l'étiopathogénie de la maladie de Ménière. Des titres plus élevés d'IgG contre
l'adénovirus (ADV) et le virus varicelle-zona (VZV) ont été trouvés chez les patients atteints de la
maladie de Ménière par rapport à un groupe témoin. Ces résultats soutiennent l'hypothèse selon
Le mécanisme par lequel l'infection virale peut provoquer la maladie de Ménière est
différent, en raison de la grande variabilité entre les virus et les antigènes de l'hôte.
Premièrement, les virus doivent avoir une affinité pour les structures de l'oreille interne.
Deuxièmement, l'invasion virale du sac endolymphatique est entravée par des mécanismes
L'antigène peut être présent à tout moment mais caché du système immunitaire de l'hôte
à moins qu'il n'y ait une infection virale active. La libération ou l'exposition du virus peut survenir
à la suite d'une lésion ou destruction cellulaire au cours d'une infection virale. De tels antigènes
Une source possible de lésion chimique du labyrinthe pourrait être la libération d'acides
virus dans le ganglion vestibulaire. De tels acides nucléiques ont un niveau d'infectiosité
différent de celui d'un virus vivant, mais sont neutralisés par la libération de nucléases par les
L'hypothèse selon laquelle la maladie de Ménière est une neuropathie virale est étayée par
même âge [42], [43]. La réactivation du virus neurotrope latent dépend de la charge virale [44].
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Lorsque la charge virale atteint un niveau critique, la réactivation du virus surmonte la réponse
immunitaire de l'hôte avec la libération d'acides nucléiques viraux. La libération de ces produits
toxiques dans le labyrinthe provoque une labyrinthite, qui conduit finalement à une fibrose de la
Récemment, une preuve directe de neuropathie virale dans la maladie de Ménière a été
fournie par Gacek [27] par l'observation au microscope électronique à transmission de structures
virales dans des cellules ganglionnaires vestibulaires excisées chez un patient atteint de la
La réponse clinique aux médicaments antiviraux a indiqué que les vertiges dus à la
maladie de Ménière étaient soulagés chez 85 à 90 % des patients. Il n'est pas surprenant que le
contrôle du vertige ne dépasse pas 85 à 90 %, car les souches probablement mutantes du groupe
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
2.2. Auto-immunité
Le concept selon lequel le système immunitaire peut jouer un rôle dans certaines pertes
auditives idiopathiques et troubles vestibulaires a été introduit au cours des premières décennies
Hugues et al. [48] ont rapporté sur une étude de 5 ans sur 52 patients que plus de la
moitié des patients diagnostiqués avec la maladie auto-immune de l'oreille interne (AIED)
présentaient une perte auditive et des vertiges, avec 27 sujets présentant un hydrops
endolymphatique généralement bilatéral. Cela suggère qu'un continuum peut exister entre la
tiers des cas de MM semblent être d'origine auto-immune, bien que les mécanismes
immunologiques impliqués ne soient pas clairs [49]. Il existe plusieurs théories sur la façon dont
accidentelles à l'oreille interne, car l'oreille partage des antigènes communs avec une
l'oreille interne.
qui à leurs tours provoquent (après un certain délai) des réactions immunitaires
• Intolérance : le corps peut ne pas connaître tous les antigènes de l'oreille interne.
infection), le système immunitaire peut monter à tort une réaction contre l'antigène «
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
étranger ». Dans l'œil, il existe un syndrome appelé ophtalmie sympathique, par lequel,
à la suite d'une lésion pénétrante d’un œil, une cécité peut survenir dans l’œil adelphe.
2) Les antigènes de l'oreille interne avec des poids moléculaires de 68 kDa, 58 kDa, 42
évidence [56].
Wei et al. [58] ont trouvé des anticorps réactifs avec les cellules ganglionnaires
autologues chez les patients atteints de la MM. Ils ont suggéré que des altérations de la
ont également été rapportés chez un pourcentage élevé de patients atteints de la maladie de
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Il a longtemps été supposé que la maladie de Ménière pourrait être une maladie à
sédimentation érythrocytaire (ESR) sont des paramètres immunologiques qui ont été étudiés
pour une éventuelle association avec l'auto-immunité dans la maladie de Ménière [40] .
antigènes extrait d'oreille interne de bovin chez des patients atteints de la MM. L'un de ces
antigènes cibles que l'on croyait spécifique de l'oreille interne est une protéine de 68 kDa, mais il
s'est avéré qu'il s'agissait d'une protéine de choc thermique (HSP) qui était également exprimée
Les HSP sont immunogènes et capables d'induire une réponse immunitaire spécifique à
l'espèce. Une HSP 70 de l'oreille interne devient immunogène en raison d'une surexpression
cochléaire par une réaction auto-immune dans laquelle une réponse immunitaire cellulaire joue
La présence d'anticorps dirigés contre un antigène de 68 kDa, identifié par Western blot, a
été démontrée dans le sérum de jusqu'à 73 % des patients atteints de la maladie de Ménière dans
certaines études [63], [64]. Le Western blot est la première étape de l'identification de l'antigène. En
fait, le poids moléculaire n'est qu'une des nombreuses caractéristiques qui définissent une protéine,
et un certain nombre d'antigènes du même tissu peuvent partager un poids moléculaire identique.
Ainsi, seule la caractérisation biochimique de ces auto-antigènes de l'oreille interne peut éclairer
Les anticorps dirigés contre les antigènes ubiquitaires, qui sont communément reconnus
par les maladies de système, ne sont pas toujours présents chez les patients atteints de la MM.
Les résultats obtenus dans de nombreuses études suggèrent que la réponse immunitaire dans la
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
On ne sait toujours pas si les anticorps dirigés contre ces antigènes jouent un rôle dans
d'une destruction tissulaire. Même si ce dernier est le cas, ils ne pourraient que contribuer à la
perpétuation de la maladie .
repose soit sur des critères cliniques, soit sur une réponse positive aux stéroïdes [40].
2.3. Allergie :
Le premier rapport publié selon lequel la MM aurait été provoquée par une réaction
allergique date de 1923 par Duke W. [66]. Les allergènes inhalées et alimentaires ont été liées
une cause inflammatoire sous-jacente, voire auto-immune, telle que sa propension à croître et à
décroître avec des périodes de rémission. Elle est également bilatérale dans un nombre
Altermatt et al. [70] ont suggéré que le siège de l'immunoactivité dans l'oreille interne
semble être le sac et conduit endolymphatique. Plusieurs immunoglobulines dont l’IgG, l'IgM,
mastocytes ont été identifiés dans le tissu conjonctif périsacculaire. Après sensibilisation, la
dégranulation des mastocytes médiée par les IgE a entraîné une infiltration éosinophile du tissu
Il existe différentes possibilités par lesquelles une réaction allergique produit des
symptômes de la MM. Premièrement, le SE lui-même pourrait être un organe cible d’une réaction
allergique. Les vaisseaux sanguins périphériques et fenêtrés du sac pourraient permettre l'entrée
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
vulnérables aux effets de médiateurs vasoactifs tels que l'histamine, qui sont libérés lors d'une
portail à ces médiateurs pour exercer un effet pharmacologique direct. Les puissants effets
résorption du SE [73] .
Yan et al. [74] ont montré que l'anneau de Waldeyer dans le nasopharynx est le site
anatomique de lymphocytes T dont l’origine est le SE. Chez des rongeurs sensibilisés
l'anneau de Waldeyer a entraîné une réaction spécifique à l'antigène dans le SE et les vaisseaux
périlymphatiques, suggérant que l'antigène viral ou allergique pourrait être traité dans le
circulant, tel qu'un antigène alimentaire, qui est ensuite déposé à travers les vaisseaux sanguins
fenêtrés du SE, produisant une inflammation. Une incidence accrue de complexes immuns
circulants dans le sérum a été décrite dans la MM et la rhinite allergique [55], [75] .
Bien que la liaison des complexes aux membranes cellulaires facilite leur phagocytose,
elle entraîne également la libération d'enzymes destructeurs des tissus. On pense que c'est le
raison d'une perméabilité vasculaire accrue. En plus de perturber l'équilibre ionique et hydrique
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
normal dans les espaces extracapillaires, ils pourraient aussi faciliter l'entrée d'auto-anticorps
infection virale prédisposante des voies respiratoires supérieures dans l'enfance (p. ex. oreillons,
lymphocytes T vers le SE entraînant une inflammation chronique de bas grade. Cela ne suffit pas
au départ pour entraîner une perte auditive ou des vertiges, mais cela produit une légère
Les virus sont également capables d'exacerber les symptômes allergiques par plusieurs
mécanismes. Il a été démontré que des virus inactivés par la lumière ultraviolette augmentent la
libération d'histamine, un effet que l'on pense être médié par l'interféron. Les virus peuvent
également endommager les surfaces épithéliales, améliorant ainsi l'entrée des antigènes et
Il a longtemps été noté que les patients présentant une allergie mal contrôlée sont plus
susceptibles que les personnes non allergiques de développer des infections virales des voies
génétique .
théorie donnée et recentrerait les efforts de traitement sur une voie moléculaire spécifique [77] .
prédilection raciale distincte est reconnue. La prévalence est la plus élevée chez les Caucasiens,
Plusieurs sites de liaison ont été signalés, comme indiqué dans le tableau X [77] .
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Les premières études se sont concentrées sur l'analyse des antigènes leucocytaires
immunité comme facteur de développement de la maladie. Parmi les premières études, une
association a été détectée entre l'antigène Cw7 et la MM. De multiples études ont été réalisées
depuis, avec différentes associations HLA ou aucune rapportée par les différents auteurs [79] .
examen approfondi du chromosome 6p en tant que gène candidat, bien qu'aucun n'ait été
identifié [80] .
concomitants dans une grande famille belge avec une perte auditive héréditaire, désignée
auditifs et vestibulaires variables a incité les auteurs à suggérer une relation avec la MM .
d'individus atteints de perte auditive DFNA9 ont montré la présence d'hydrops endolymphatique,
mais la découverte caractéristique de DFNA9 est des dépôts microfibrillaires dans la strie vasculaire,
une caractéristique non détectée dans la MM [77], [82]. Des études ultérieures sur des cas
sporadiques de MM n'ont pas confirmé d'association entre le COCH et le MM [83]. De plus, d'autres
cas familiaux de MM n'ont pas été associés à des mutations COCH [84] .
14q qui est distinct de COCH. Dans leur série, les données de liaison génétique ont suggéré un
locus dans une région chevauchant le COCH. Ils ont conclu que leur locus familial n'est pas dans
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Une large famille suédoise a été étudiée pour établir un lien avec les loci des formes
avec les loci de perte auditive héréditaire pour DFNA1, DFNA6/14, DFNA9 ou DFNA15. Cette famille
a montré une liaison pour plusieurs marqueurs sur le chromosome 12. Lorsque combinée avec
l’étude de familles supplémentaires, ce locus s’est avéré être 12p12.3. Dans cette région, un seul
Lynch et al. [86] ont sélectionné un gène candidat pour l'analyse des mutations à partir
d'une série de cas familiaux de MM. Aucune étude de liaison préliminaire n'a été réalisée dans ce
groupe d’individus. Plutôt, le gène de l'antiquine (ATQ) a été sélectionné sur la base d'un effet
Mhatre et al. [87] ont suivi une approche similaire d’« analyse directe de mutation » du
gène de l'aquaporine-2 (AQP2) chez des patients non apparentés. Passer directement à l'analyse
des mutations est intrinsèquement précaire, car cela présuppose que la perturbation
physiologique correcte produisant la maladie est connue. Sans surprise, aucune altération
génétique propre au groupe de patients n'a été identifiée dans l'une ou l'autre étude .
efforts ont été moins intensifs que pour d'autres maladies courantes telles que la migraine. Le
potentiel de cette voie d'investigation pour fournir des informations importantes est élevé, et
Il existe toutefois des limitations importantes pour les études d'association pangénomique
qui doivent être prises en compte. Le plus grand obstacle à l'investigation génétique utilisant les
études d'association est la sélection des sujets. Les critères diagnostiques de la MM sont déjà établis,
mais ceux-ci sont presque entièrement basés sur l'histoire clinique. La seule preuve objective
disponible est la surdité de perception sur les fréquences basses, bien que cela ne soit guère
spécifique à la MM. En plus, les cas familiaux ne représentent qu'une petite partie des cas de MM et
la base génétique de la maladie peut être différente dans ces familles [77].
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
III. Epidémiologie
1. Prévalence :
Bien que la MM soit considérée comme la troisième cause la plus fréquente de vertige
après le VPPB et la migraine vestibulaire, il s'agit d'une maladie rare dans la population générale.
L'occurrence varie largement selon les critères de diagnostic appliqués, la source des données et
Selon les études, l'incidence de la MM varie de 8,2 à 157 pour 100 000 individus par an
[89]–[91] .
La prévalence de la MM varie de 3,5 pour 100 000 habitants au Japon [92], 190 pour 100
000 habitants au US [93], 13.1 pour 100 000 en GB [94] , à 513 pour 100 000 en Finlande [95].
La MM est plus fréquente chez les Caucasiens que dans d'autres populations telles que les
Japonais ou les Amérindiens avec une incidence de 1 à 2 pour 1000 [96], [97].
2. Âge :
La prévalence de la maladie semble augmenter avec l’âge, avec une moyenne de début
Dans notre série l’âge moyen de nos patients est de 49.73 ± 12.5 ans (25 – 79 ans), avec une
tranche d’âge prédominante de 51 – 60 ans, ce qui rejoint les données de la littérature (Tableau XI) .
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
3. Sexe :
Dans notre étude, il y a une légère prédominance féminine : 67,5% de nos patients sont
des femmes (n=27), avec un sexe ratio a 2.07 :1 ce qui rejoint les données de la littérature.
Cette prédominance a été retrouvée dans la plupart des séries (Tableau XII) .
Dans l’étude de Haid et al. [100], il y avait une prédominance masculine avec 52% des
patients.
4. Profession :
vestibulaire chez les chaudronniers et une perte auditive induite par la profession .
personnel de la compagnie aérienne KLM qui travaillait sur une base aérienne bruyante et qui
avait subi des pertes auditives induites par le bruit. Il a conclu que la stimulation acoustique
Van der Laan [105] a rapporté une dysfonction labyrinthique chez 10 patients se
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
possible du syndrome de Ménière après étude de 8 patients masculins ayant subi une exposition
soudaine ou prolongée à des niveaux sonores élevés dont 5 des membres de l’armée,2 techniciens
et 1 mécanicien de ligne aérienne. Il a rapporté que l'incidence de la MM dans le groupe étudié est
significativement plus élevée que dans les séries rapportées dans la population normale .
Dans l’étude de Jouko et al. [102], 113 patients étaient documentés comme étant
employés, tandis que quatre patients étaient au chômage. L'agriculture (20/9,0%), les soins aux
Dans l’étude de Watanabe et al. [92], l’incidence était élevée dans les professions de
gestion. Cette incidence était statistiquement non significative par rapport aux groupes témoins.
Celestino et al. [89] ont rapporté sur une étude de 111 patients suivis pour MM une
incidence élevée de la maladie (x3,4) chez les professionnels de santé comparé aux autres
patients du groupe .
étonnamment plus courante que d'autres. 42.5% des patients exercent des professions qui peuvent,
d’une façon indirecte, influencer la survenue d’une maladie de Ménière (exposition quotidienne au
bruit pendant une longue durée) dont 8 enseignants, 6 professionnels de santé et 3 maçons.
5. Niveau socio-économique :
Lorsqu'il a été suggéré pour la première fois que les facteurs environnementaux
considérée comme une curiosité. Une étude ultérieure du Nigeria a suggéré un meilleur accès
Simo H. et al [108] ont démontré une plus grande prévalence de la MM parmi les
populations de niveau socio-économique élevé. Ils ont confirmé par leur étude l'association de la
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Ils ont rapporté aussi qu’une plus grande sensibilisation à la santé, l'accès aux soins, la
J. J. Groen [109] a trouvé dans son étude de 21 patients diagnostiqués pour MM que la
maladie semble être plus fréquente chez les patients de niveau socio-économique moyen, avec
La grande partie des patients de notre étude était aussi de niveau socio-économique
moyen (55%). 8 patients (20%) étaient de haut niveau socio-économique et 10 patients (25%) de
bas niveau.
6. Facteurs contributifs :
conduit à l'hypothèse que l'OMC peut provoquer l'hydrops [110], [111]. L'HE a aussi été observée
Des études histopathologiques des os temporaux humains ont montré que l'HE était un
phénomène courant dans les cas humains de labyrinthite suppurée ou séreuse induite par otite
ou méningite. Dans une étude de 560 os temporaux dans le laboratoire des auteurs, 75 des 194
os avec une OM ont présenté une HE [111]. La fréquence de la présence des deux processus
pathologiques soutient l'hypothèse que les deux maladies peuvent être associées .
Dans notre étude, 8 patients (17%) ont comme ATCDs une infection otologique dont 2
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
6.2. Otospongiose :
Les patients atteints d'otospongiose sont connus pour avoir des symptômes vestibulaires
en plus d’une perte auditive neurosensorielle [113], [114]. L'otospongiose peut envelopper
(Fig. no45) [115]. De plus, les foyers otospongieux peuvent envahir l'endoste, modifiant les
6.3. Traumatisme :
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Paparella et al. [18] ont rapporté qu’un traumatisme acoustique ou physique peut jouer
un rôle dans le développement de certains cas de MM. Ils ont décrit qu’un syndrome de Ménière
a été développé chez 37 patients suite à un traumatisme physique (18) et acoustique (19). Ils ont
idiopathique, sont décrites chez un homme qui a développé le syndrome de Ménière après un
traumatisme crânien .
Dans notre série, 4.3% des patients (n=2) étaient victimes d’un traumatisme crânien.
6.4. Diabète :
Des études antérieures ont observé une prévalence plus élevée de déficience auditive
chez les patients diabétiques par rapport aux patients non diabétiques quel que soit l'âge [116] .
Selon des études antérieures, il a été observé que le diabète sucré induisant une
hyperglycémie provoque des lésions cellulaires dans les cellules cochléaires [117] .
Dans l’étude rétrospective de T. Pieskä et al. [118] sur 350 patients suivi pour MM dont
MM. Ils ont suggéré également un effet négatif du diabète sur la fréquence des vertiges de leurs
patients .
Dans notre étude, 4 patients étaient diabétiques dont 3 de type II et une patiente de type
I.
Des cas familiaux de MM ont été signalés pour la première fois par Brown en 1941, avec
environ 7 % de tous les patients ayant des cas similaires dans la famille [119] .
La maladie de Ménière génétique a été retrouvée chez jusqu'à 20 % des 500 patients
atteints de la maladie qui ont indiqué (dans un questionnaire) des antécédents familiaux positifs
[26] . Les facteurs héréditaires jouent un rôle important dans environ 10 à 50 % des cas [120] .
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Morrison [121] a trouvé un modèle autosomique dominant avec une pénétrance de 60%
dans 41 familles avec plus d'un membre atteint de la MM. Cette étude a révélé que le schéma
génétique de la MM montre une anticipation, ce qui signifie que dans chaque génération
successive atteinte de la maladie, un âge d'apparition plus précoce et des symptômes plus
sur 190) [122] à 12 % (11 sur 91) [123]. Arweiler et al. [120] ont rapporté des antécédents
familiaux positifs chez 5 des 48 nouveaux patients (10,4 %). Morrison et Xenellis [124] ont
examiné une série de 671 patients adultes atteints de MM classique et ont trouvé 36 apparentés
de premier degré atteints de la même manière (5,4 %), 14 de deuxième degré et 6 de troisième
Dans notre étude, 5 patients (10.6%) ont rapporté des cas similaires dans la famille.
spécifiques pour identifier une réaction immunologique dans l'oreille interne, y compris la strie
Mouadeb et al. [125] ont démontré une élévation statistiquement significative des taux
Ces anticorps semblent affecter selon Greco et al. [40] les petits vaisseaux de la
circulation labyrinthique. Les anticorps APL pourraient activer les cellules endothéliales
Ruckenstein et al. [126] ont trouvé après titrage d’anticorps de 40 patients suivi pour MM
unilatéral un titre d’anticorps APL élevé chez 27% des patients (norme population 6-9%) .
Ils ont aussi trouvé un taux élevé d’AAN sans signification statistique chez 38% de 18
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
que les deux sont des maladies auto-immunes. Ils ont démontré un taux plus élevé de
témoin (4,7 % contre 3,6 % pour l'hypothyroïdie ; 2,1 % contre 1,6 % pour la thyroïdite ; 3,6 %
contre 2,5 % pour l'hyperthyroïdie et 0,99 % contre 0,67 % pour la thyroïdite auto-immune). Tous
Des études antérieures ont également rapporté une prévalence plus élevée
d'hypothyroïdie chez les patients atteints de MM par rapport à la population générale. Le facteur
sous-jacent n'a pas été établi, mais il a été suggéré que des changements métaboliques dans
Dans notre série de 40 patients, 2 patientes sont suivies pour thyroïdite auto-immune et
1 patiente pour maladie de Sjögren. Aucun patient n’est suivi pour SAPL.
6.7. Allergies :
Dans une étude cas-témoins, Derebery et Valenzuela [129] ont retrouvé une allergie
aéroportée chez 41,6 % et une allergie alimentaire chez 40,3 % des patients atteints de la
Dans une autre étude de 734 patients du même auteur [130], 59,2 % ont signalé une
avaient subi des tests cutanés de confirmation ou des tests in vitro d'allergie. Ces taux de
prévalence étaient significativement plus élevés que ceux trouvés dans leur groupe témoin, qui
était de 42,7 % et 25 % .
Ils ont conclu que la prévalence de l'allergie semble être beaucoup plus élevée chez les
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
6.8. Migraine et MM :
Il s’agit d’une cause de plus en plus reconnue de symptômes vestibulaires récurrents. Les
vertige d'une durée de quelques minutes à plusieurs jours, des antécédents individuels ou
familiaux de migraine, des symptômes migraineux pendant l'attaque qui peuvent ou non
impliquer des maux de tête et des facteurs déclenchants spécifiques à la migraine [132] .
symptômes clés pour le diagnostic de la MM_, ont été déclarés survenir dans la migraine dans 12
% [132] à 38 % [133] des cas. Les symptômes vestibulo-cochléaires ont été rapportés chez 78
cochléaires uniquement. De même, chez 80 patients étudiés pour des symptômes vestibulo-
cochléaires liés à la migraine, 7,5% ont pu être diagnostiqués avec une MM [134] .
l'ambiguïté du diagnostic différentiel, de sorte que certains patients peuvent correspondre aux
T. Pieskä et al. [118] ont suggéré une possibilité de chevauchement des deux maladies,
Pyykkö et al. [136] ont suggéré aussi que la MM et la MV peuvent partager des
mécanismes physiopathologiques similaires. Ils ont proposé pour les futurs systèmes de
classification de la MM d’inclure une catégorie appelée « MM avec migraine » qui inclura les
patients atteints de MV .
En 2020, B. Sarna, et al. [137] ont proposé l’hypothèse que la MM et la migraine vestibulaire
peuvent plutôt exister sur un continuum. D’un côté se trouvent les patients présentant des
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
migraine vestibulaire. De l’autre côté se trouvent les patients qui présentent des symptômes
purement cochléaires (par exemple, perte auditive fluctuante, pression auditive, acouphènes,
hypoacousie). Les patients qui présentent la combinaison des deux symptômes sont des patients
Plusieurs études ont démontré une prévalence élevée de la migraine chez les patients
suivis pour MM avec 51 % des personnes atteintes de MM souffrant de migraine par rapport à 12
% dans la population générale [137]. Dans l’étude de Radtke et al. [135] (78 patients), la
prévalence de la migraine avec et sans aura était plus élevée dans le groupe MM (56 %) par
rapport aux témoins (25 % ; p 0,001). De plus, 45% des patients atteints de MM ont présenté au
T. Pieskä et al. [118] ont aussi rapporté une prévalence plus élevée chez les patients
pour les hommes, ce qui est supérieur aux prévalences rapportées dans les études de population
Dans notre étude, 5 patients (10.6%) sont suivis pour crises migraineuses associées à leur
maladie.
Le diagnostic de la maladie de Ménière est clinique et anamnestique. Il est basé sur des
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
La MM est « certaine » lorsque le patient a présenté au moins deux crises de vertiges rotatoires
d’une durée de 20 min à 12 h et une surdité neurosensorielle unilatérale dans les basses et
moyennes fréquences, documentée par un audiogramme tonal. Elle est « probable » lorsque le
patient présente des vertiges typiques associés à des symptômes otologiques fluctuants mais
Le diagnostic de la MM, une condition idiopathique, n’est posé qu’après avoir exclu
d'autres causes qui peuvent imiter le trouble. Ces conditions peuvent être infectieuses (par ex.
Tableau XIII : Critères diagnostiques de la maladie de Ménière [3]. Proposé par : The
Classification Committee of the Barany Society, The Japan Society for Equilibrium Research, The
European Academy of Otology and Neurotology, The Equilibrium Committee of the American
Academy of Otolaryngology-Head and Neck Surgery and the Korean Balance Society.
Maladie de Ménière « certaine »
Au moins deux épisodes de vertiges rotatoires d’une durée de 20 min à 12 heures
Surdité neurosensorielle unilatérale sur les fréquences graves et médium sur au moins un
audiogramme effectué pendant ou après une crise
Fluctuation des symptômes otologiques (surdité, acouphènes, plénitude) dans l’oreille atteinte
Sans autre diagnostic pouvant expliquer les symptômes
Maladie de Ménière « probable »
Au moins deux épisodes de vertiges rotatoires d’une durée de 20 min à 24 heures
Fluctuation des symptômes otologiques (surdité, acouphènes, plénitude) dans l’oreille atteinte
Perte auditive documentée par audiométrie à au moins une occasion
Sans autre diagnostic pouvant expliquer les symptômes
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
1. Délai de diagnostic :
Dans notre étude, le début de la maladie recherché à l’interrogatoire a été souvent bien
antérieur à la date du diagnostic avec une ancienneté de plus de 5 ans chez 41% des patients,
Tableau XIV : Délai du diagnostic selon les différentes études (moy. = moyenne)
Étude Effectif (n) Délai diagnostic
Watanabe et al. [92] 148 > 4 ans
Wada et al. [141] 180 1-10 ans
Belinchon et al. [142] 237 Moy. 3.5 ± 5 ans
Albera et al. [101] 447 Moy. 6 ± 15 ans
Notre étude 40 > 5ans
2. Vertige :
nombreuses. Si elles diffèrent toutes légèrement les unes des autres, on peut les résumer en
considérant que le vertige est une sensation subjective de déplacement du patient par rapport à
son environnement ou de l’environnement par rapport à lui, voire les deux associées, ceci en
la MM, présente chez 96,2 % des patients selon Paparella et Mancini [144]. Le vertige est le
symptôme le plus invalidant, communément décrit comme une rotation, exacerbé par les
Le vertige était le motif de consultation principal chez la majorité des patients dans les
Dans notre série, 39 patients sur 40 se sont présentés pour des crises de vertige, qui
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
La durée des épisodes est définie par le temps pendant lequel le patient doit se mettre au
repos et ne peut plus bouger. Elle dure généralement 20 minutes à 12 heures mais elle peut
durer moins ou plus de cet intervalle : une constatation moins fréquente qui doit envisager
d'autres troubles lorsque de telles durées sont notées [146]. De brefs épisodes déclenchés par
des changements de position de la tête devraient suggérer d'autres causes telles que le VPPB. La
durée d'un épisode peut être difficile à définir car les patients peuvent avoir des symptômes
Perez-Garrigues et al. [146] ont trouvé que les épisodes de vertige d'une durée de 20
minutes à 2 heures sont plus fréquents au cours des premières années d'évolution de la maladie.
Ces épisodes diminuent progressivement selon eux jusqu'à la deuxième décennie, lorsque la
Dans notre série, 87.50% des patients présentent une durée de vertiges se situant dans
l’intervalle recommandé par la société Barany (entre 20 min et 12h) avec une durée moyenne de
Notre intervalle rejoint aussi les données de l’étude de Haid et al. [100] (124 patients)
avec 74% des patients rapportant un intervalle similaire (20mins-12h) et les données de Jouko et
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Les résultats de Perez-Garrigues et al. [146] indiquent que 2 phases peuvent exister dans
premières années de la maladie, et la deuxième phase s'étend des années 9 à 20. Au cours de la
première phase, il y a plus de crises dans les premières années et leur fréquence diminue jusqu'à
ce que la deuxième phase soit atteinte, lorsque la fréquence des épisodes est stable .
Stahle et al. [147] ont observé aussi que la fréquence globale des épisodes de vertige
diminuait aux stades avancés de la maladie, et de même, Green et al. [148] ont suggéré que la
maladie atteint un plateau auquel la fréquence des épisodes de vertige est plus faible, se situant
Cependant, Havia et Kentala [149] n'ont trouvé aucune différence dans la fréquence,
l'intensité ou la durée des épisodes de vertige sur la base de la durée de la maladie, bien qu'ils
aient inclus des épisodes qui n'ont duré que quelques secondes et des patients souffrant de
Dans notre étude, la fréquence des crises de vertiges varie d’une à 2 crises par mois
jusqu’à une sensation continue d’instabilité chez une seule patiente, avec le pourcentage le plus
Le tableau XVI compare la fréquence la plus retrouvée dans les études de la littérature
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Kirby et Yardley [150] ont observé après étude des facteurs déclenchants de 20 patients
que le stress, suivi par la fatigue, l'heure des repas et des moments spécifiques de la journée
(principalement le matin), puis des mouvements rapides de la tête étaient les principaux facteurs
Selon l’étude menée par Takahashi et al. [151], 81.2% de leurs patients (n=213) ont rapporté
la symptomatologie, la même conclusion a été observé par l’étude de Haid et al. [100] .
J.J Groen [109] dans son étude sur les aspects psychosomatiques de la MM (21 patients) a
remarqué aussi que le surmenage était le principal facteur déclenchant de ses patients .
Ces résultats concordent avec les données de notre étude. Sur les 17 patients qui
présentaient des facteurs déclenchants, le stress en était le facteur principal chez 9 (22.5%)
Dans une étude réalisée par lopez-escamez et al. [152] sur les symptômes associés aux
crises de vertiges, avec un effectif total de 119 patients, il a été montré que les nausées étaient
le signe le plus fréquent, retrouvé chez 94% des patients, suivi par les vomissements. Les
céphalées ont été observé chez 41% des patients. Dans l’étude de Hägnebo et al. [153], 60% des
Dans notre étude, le symptôme le plus associé chez nos patients était les vomissements,
présents chez 37.3% ; suivi par les céphalées, chez 20.9% de nos patients.
soudaine lorsqu'un de ses patients masculins atteints de MM s'est soudainement effondré au sol
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Appelés crise otolithique de Tumarkin, ou « Drop attack », ces événements se sont avérés
Dans le système des otolithes, l'utricule a un vecteur de force dirigé vers la direction
physiopathologique de la CT a été suggéré comme étant causé par des changements soudains
soudainement, la référence pour la gravité terrestre sera perçue à tort et des mouvements
vraie gravité terrestre, le patient se sentira alors comme poussé au sol [157] .
Les patients décrivent souvent la CT comme une altération soudaine du tonus musculaire
des membres inférieurs et parfois comme une violente sensation d'être poussé et qu'ils tombent
dans la même direction [158], dans certains cas, les patients signalent une inclinaison oculaire
Jansen et Russel [158] ont déclaré que « l'aspect le plus pénible des attaques pour les
patients était le manque d'avertissement et la soudaineté avec laquelle les crises se sont
produites » .
Dans les formes bénignes de CT, le patient peut éviter la chute en cherchant un soutien,
alors que dans les formes sévères, la chute en position couchée est fréquente, ce qui provoque
et les problèmes de marche [162]. Des preuves récentes indiquent que les patients atteints de
précédemment estimée à 3 à 7 % [164], [165]. Une étude de Morales et al. [166] a montré que 33
% des patients atteints de MM ont développé une CT dont les critères diagnostiques incluent une
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
chute au sol, Kentala et al. [167] ont rapporté une CT chez 72 % des 243 patients étudiés atteints
de MM, cependant, d'autres études ont rapporté des chiffres de prévalence inférieurs allant de
Une estimation plus récente indique que les CT surviennent avec une sévérité variable
Dans notre série de 40 patients, 3 patients (10%) ont présenté cette crise, la décrivant
En 1919, l'otologue français Marcel Lermoyez [172] décrit ce qu'il appelle un syndrome
"bizarre" très similaire à la maladie de Ménière, dans un article intitulé "Le vertige qui fait entendre". Il
décrit dans son article « une maladie croissante, une surdité progressive, puis des vertiges soudains et
Elle est considérée comme une variante de la maladie de Ménière, car les symptômes sont
les mêmes que dans la MM classique mais apparaissent dans l'ordre inverse : surdité
progressive, puis attaque vertigineuse soudaine suivie d'une reprise de l'audition [173] .
Appelé attaque de Lermoyez, deux principaux mécanismes ont été proposés pour expliquer
cette crise, à savoir le spasme de l'artère auditive interne [172] et l'obstruction du ductus reuniens
[174]. Ce dernier est maintenant généralement accepté, mais sa cause reste incertaine .
Le syndrome de Lermoyez est extrêmement rare avec une prévalence par rapport à la
maladie de Ménière de 0,2%. Une étude antérieure de Schmidt et al. [173] n’a rapporté que 3
Dans notre étude, aucun patient n’a rapporté une attaque de Lermoyez.
3. Hypoacousie :
La perte auditive est associée à des crises de vertige chez 77 % des patients. Elle est
fluctuante les premières années, dans le sens où elle est épisodique et réversible une fois la crise
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
passée. Néanmoins, au fur et à mesure que la maladie progresse, l'audition s'aggrave à chaque
crise sans revenir au niveau précédent. Finalement, la surdité devient permanente et non
fluctuante [32] .
La surdité est constante pendant la crise mais elle est mal rapportée au début de la
maladie, parce qu’elle est noyée par la puissance des acouphènes et la sensation de plénitude de
l’oreille. Elle s’accompagne typiquement d’une distorsion des sons, avec diplacousie et souvent
hyperacousie douloureuse. Ces signes sont plus distinctement perçus dans les heures qui
Certains patients rapportent des antécédents de perte auditive, souvent depuis l'enfance,
précédant l'apparition des épisodes de vertige. Cette variante est nommée MM retardée [1] .
La maladie de Ménière est généralement une maladie unilatérale [100] , ceci a été
retrouvé dans notre étude, dans laquelle 85.0% des patients ont une atteinte unilatérale, ainsi
que dans la majorité des études de la littérature sans préférence de côté comme le montre le
tableau XVII .
L’atteinte bilatérale reste relativement rare en rapport avec les formes unilatérales
(tableau XVII), les études antérieures ont rapporté une implication bilatérale chez 2 à 72 pour
cent des patients [147] . Huppert et al. [175] ont signalé une implication bilatérale dans jusqu'à
Les disparités dans la fréquence d'implication bilatérale entre les études peuvent
s'expliquer par des variations dans les critères de diagnostic et la durée de la maladie au
simultanément, elle affecte plutôt les oreilles de manière consécutive dans les cas de maladie de
Dans notre étude, l’hypoacousie était d’emblée bilatérale chez 2 patients. Cependant,
l’hypoacousie est devenue bilatérale au cours de l’évolution chez 4 patients, dont 3 gauche en
bilatéralisation .
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Tableau XVII : Latéralité de l’atteinte selon les différentes études (en bil. : en bilatéralisation)
Atteinte unilatérale (%)
Étude Effectif (n) Atteinte bilatérale (%)
Gauche Droite
Haid et al. [100] 574 45% (n=262) 43% (n=245) 12% (n=67)
Havia et al. [149] 243 46% (n=112) 38% (n=93) 16% (n=38)
Jouko et al. [102] 221 46.2% (n=102) 40.3% (n=89) 13.6% (n=30)
Leng et al. [99] 51 68.6% (n=35) 27.4% (n=14) 7.8% (n=4 , 2 en bil.)
Oliveira et al. [145] 32 37.5% (n=12) 40.6% (n=13) 21.9% (n=7)
Notre étude 40 47.5% (n=19) 37.5% (n=15) 5% (n=2)
4. Acouphènes :
Les acouphènes dans la MM sont le plus souvent de type basse fréquence [176]. Elles
peuvent être localisée à l'oreille malade ou parfois détectée dans toute la tête. Les acouphènes
ont souvent des caractéristiques sonores différentes. Les patients peuvent le décrire comme un
rugissement, un bourdonnement, une sonnerie voire une machine ou un son de coquillage creux
Les acouphènes peuvent être le symptôme initial de la MM, précédant le tableau complet
Au fur et à mesure que les crises se reproduisent, les acouphènes deviennent également
permanents entre les épisodes, bien que leur intensité puisse augmenter ou que le ton puisse
changer avant ou pendant les épisodes. En règle générale, les patients mentionnent que ce
changement dans leurs acouphènes les avertit que l'attaque est à venir. Aux stades avancés,
lorsque les épisodes de vertige ont disparu, les acouphènes deviennent un symptôme important
Les acouphènes étaient présents chez 35 (87.5%) de nos patients, ceci concorde avec
l’étude de Havia et al. [178] (243 patients) dans laquelle 97% présentaient des acouphènes, les
résultats de Jouko et al. [11] (221 patients) : 100% des patients, et l’étude de Haid et al. [100]
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
5. Plénitude d’oreille :
La plénitude d’oreille est variable et plus de 20 % des patients n'en font jamais
l'expérience. La sensation est décrite comme une sensation de pression dans l'oreille similaire à
celle observée lors de la descente pour atterrir dans un avion. Elle disparaît généralement au fur
Vass et al. [179] ont découvert dans leurs études qu'après une hydrops endolymphatique
induite chirurgicalement, il y avait moins de cellules dans le ganglion trigéminal (de Gasser) du
côté ipsilatéral. Ils ont également trouvé que les innervations sensorielles de l'oreille interne et
de l'oreille moyenne étaient distinctes, bien que toutes deux proviennent du ganglion de Gasser
L'hydrops endolymphatique peut provoquer une plénitude d’oreille via les fibres
l'oreille moyenne est médiée par différentes fibres nerveuses. La découverte récente de
fenêtre ronde semble suggérer que l'oreille interne possède des mécanismes afférents sensoriels
Vass et al. [179] postulent également que les changements dans l'hydrops endolymphatique
de l'oreille interne peuvent être à l'origine d'une sensibilité accrue à d'autres dommages causés par
des facteurs de stress environnementaux tels que le bruit. Cette découverte indique que le ganglion
pratique médicale, le symptôme est principalement ignoré car tout l'intérêt est concentré sur les
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Dans notre série, 18 patients (45.0%) présentaient une plénitude d’oreille. Dans l’étude de
Levo et al. [180] (726 sujets), ce pourcentage était 68 %. Dans l’étude de Haid et al. [100], seul
clinique. La triade de Ménière qui consiste en des crises de vertige typiques associées à une
perte auditive fluctuante synchrone, des acouphènes ou même une plénitude dans l'oreille
La maladie débute par ces trois symptômes classiques chez seulement 40 % des patients
[142]. Il n'est pas rare que des épisodes récurrents de vertige sans symptômes auditifs ou une
perte auditive fluctuante avec ou sans acouphène précèdent de plusieurs mois la triade
patients, bien que 13 d’entre eux ont présenté aussi une plénitude d’oreille avec.
7. Examen clinique :
l’examen serait, à ce moment-là, très mal supporté. Dans le cadre de l’urgence, il faut éliminer
en premier tout signe neurologique en dehors de ceux en provenance du nerf VIII. Il faut éliminer
est impérative afin d’éliminer les étourdissements causés par la déshydratation ou l’instabilité
cardiogénique, qui sont fréquemment pris à tort pour un vertige [181]. Les signaux d'alarme
pour une origine centrale du vertige, selon Harcourt et al. [182] sont tout symptôme ou signe
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
neurologique central (lésion du tronc cérébral) ; apparition soudaine d'une surdité sévère (fistule
Dans notre série de 40 cas, seul 2 patients ont été examiné pendant la crise.
L’examen entre les crises dépend entièrement des ressources sensorielles de l’oreille
affectée [143] :
que le capital sensoriel est intégralement respecté, alors un examen réalisé en période
intercritique peut être entièrement normal. Dans ces conditions, le diagnostic se fonde sur
l’interrogatoire .
toniques lors des crises est telle que leur population se réduit, alors un déficit sensoriel
irréversible s’installe du côté du canal affecté. L’état de la compensation centrale par rapport à
ce déficit doit être apprécié à au moins une semaine de distance de la dernière crise, afin d’éviter
autant que possible l’interférence avec le nystagmus et les déviations segmentaires liées à la
surpression endolymphatique .
imaginer une traction sur les cils telle que ces derniers sont endommagés, sans que la cellule à
laquelle ils appartiennent soit détruite. Dans ce cas, et s’agissant d’un matériel qui peut être
7.1. Otoscopie/Acoumétrie :
qui pourraient contribuer aux symptômes. Des vésicules sur le pavillon de l’oreille ou des poches
de rétraction tympanique peuvent aider à éliminer les affections liées respectivement aux
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
infections par le virus herpès zoster (tel que le syndrome de Ramsay Hunt) ou les cholestéatomes
[183]. Chez les patients atteints de la maladie de Ménière, l’otoscopie sera habituellement
normale .
L’audition peut initialement être évaluée à l’aide d’une combinaison de tests du diapason,
tels que le test de Rinne et l’épreuve de Weber [184], qui font généralement état d’une surdité de
perception du côté de l’oreille acouphénique soit dans le cas de maladie de Ménière aiguë ou
Ceci concorde avec les résultats de notre étude dans laquelle l’otoscopie était normale
chez tous les patients, et l’acoumétrie a rapporté une surdité de perception du côté atteint chez
MM. Les tests de la fonction vestibulo-spinale sont compatibles avec un syndrome vestibulaire
harmonieux périphérique : une chute ou une déviation vers le côté de la lésion est fréquemment
observée dans le test de Romberg les yeux fermés et lors de l’examen de la marche [32] .
Dans l’étude de Wada et al. [141] (180 patients), 23% des patients ont présenté des
anomalies de la marche et une épreuve de Romberg positive. Dans notre étude, 65% des patients
ont présenté un Romberg positif et 32.5% une ataxie vestibulaire avec déviation vers le côté
atteint.
horizontal est la constatation habituelle [185]. Ceci a été observé dans notre étude : Un
nystagmus horizontal battant du côté atteint a été noté chez les deux patients chez qui l’examen
Le nystagmus spontané est souvent absent entre les poussées. Classiquement, il a été
décrit comme une première phase irritative avec un nystagmus battant vers l'oreille affectée, une
deuxième phase paralytique avec le nystagmus battant vers l'oreille opposée, et une phase de
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
récupération finale dans laquelle à nouveau le nystagmus bat vers l'oreille pathologique, cette
séquence de changements de direction, en NS, n'a été rapportée que dans la MM [186], [187].
Ainsi, la direction du nystagmus varie, battant soit vers l'oreille affectée, soit vers l'oreille saine,
de sorte qu'elle ne peut pas être considérée comme une constatation localisée [32]. Un
nystagmus positionnel peut être trouvé pendant ou entre les attaques, bien que la fréquence
Dans notre série, aucun nystagmus spontané n’a été rapporté pendant l’examen en
dehors des crises, ceci rejoint les résultats de Nidecker et al. [190] et Stahle et al. [191], qui
n'ont trouvé aucun nystagmus spontané pendant l’intervalle asymptomatique, ou aussi l’étude
V. Données paracliniques :
Avant d’informer le patient sur sa maladie et de mettre en route un traitement adapté, il est
primordial d’évaluer son état d’avancement et surtout l’importance des lésions déjà installées dans le
vestibule et la cochlée, même si les déficits mesurés sont fluctuants. Le bilan de l'audition par une
audiométrie tonale liminaire complète et une impédancemétrie avec seuillage des réflexes
tous les tests instrumentaux permettant de sonder les différentes unités anatomiques du
vidéonystagmographie avec épreuve calorique calibrée est une approche intégrée de la fonction
(PEOM), cervicaux et oculaires, sont les outils de référence pour l’évaluation de la fonction
otolithique sacculaire et utriculaire. Ils sont utiles pour comprendre la gêne fonctionnelle
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
IRM pour éliminer une cause tumorale, inflammatoire ou malformative, puis, en cas de doute
diagnostique (maladie « probable »), de réaliser tous ou partie des explorations suivants : le test
Pour la Japan society for equilibrium research, le bilan paraclinique repose généralement
sur l’audiométrie tonale, l’épreuve calorique, les PEOM, les tests de confirmation de l’hydrops
Il faut cependant souligner que les patients ayant des antécédents et des symptômes
formel ou une ECoG pour établir le diagnostic de MM. Au contraire, la MM reste un diagnostic
clinique basé sur la symptomatologie rapportée par le patient et les données audiométriques [194].
la surdité par audiométrie tonale, la confirmation de l’atteinte vestibulaire par épreuve calorique
1. Évaluation audiométrique :
description originale de cette maladie et reste un critère nécessaire basé sur le consensus
basse fréquence évidente sur un audiogramme chez les patients présentant des épisodes de
L’AAO-HNS a établi un système de stadification auditif basé sur le seuil tonal moyen à
quatre tons (moyenne arithmétique arrondie au nombre entier le plus proche) des seuils de
mois avant le traitement. Cette stadification ne doit être appliquée qu'aux cas de maladie de
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
crises. Quand il apparaît une hypoacousie, deux points sont caractéristiques de la surdité de
Pour caractériser la forme de l'audiogramme dans chaque oreille, Mateijsen et al. [197]
ont étudié 111 patients chez qui le diagnostic de MM est confirmé et ont introduit une
conduit à cinq catégories pour la forme de l'audiogramme, capturant toutes les caractéristiques
importantes des audiogrammes observés dans leur groupe de patients : perte de fréquence
haute » et « autre » audiogrammes (ne rentrant dans aucune des catégories précédentes) (Figure
no 46) .
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Les données publiées portant sur de grandes séries de patients montrent que cette
hypoacousie affecte régulièrement les fréquences graves jusqu’à 1 kHz, avec une perte de
À un stade avancé, les fréquences aiguës sont elles aussi atteintes, le déficit
audiométrique se stabilisant entre 40 et 60 dB de perte sur toutes les fréquences, avec une
courbe caractéristique en « plateau ». Par la suite, l’atteinte auditive perd son caractère
réversible. La présence d’une cophose est exceptionnelle et doit faire mettre en doute le
A : Audiogramme initial montrant une audition normale du côté gauche et une légère surdité de perception droite
à basse fréquence.
B : Audition bilatérale normale.
C : Audition normale du côté gauche et surdité de perception légère du côté droit des basses fréquences.
D : Seuils auditifs normaux à gauche et surdité neurosensorielle modérée à droite.
E : Seuils auditifs normaux à gauche et surdité neurosensorielle modérée à droite.
F : Seuils auditifs normaux à gauche et surdité neurosensorielle sévère à droite.
G : Perte auditive neurosensorielle sévère à gauche.
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
fréquences graves (< 2 kHz) sur deux fréquences contiguës, d’au moins 30 dB en cas d’audition
normale de l’autre côté, ou d’au moins 35 dB en cas de surdité bilatérale, sur un audiogramme
fait pendant ou après une crise [4]. Cette hypoacousie peut également impliquer des fréquences
moyennes et hautes, après plusieurs épisodes de vertige, conduisant à une perte auditive pan-
tonale [32] .
Une perte auditive des basses à moyennes fréquences de nature mixte doit faire l'objet
d'une enquête plus approfondie afin d'identifier toute cause sous-jacente de la surdité de
transmission, telle que les causes mécaniques/de l'oreille moyenne de la perte ou d'une
et les cellules ciliées externes amplifient les stimuli et transmettent la vibration fluide aux
membrane basilaire dépend de la fréquence du son détecté. Les ondes à basse fréquence sont
localisées au sommet de la cochlée, tandis que les ondes à haute fréquence affectent
principalement la base de la cochlée (près de l'étrier). La membrane basilaire est plus large et
plus molle à l'apex qu'à la base de la cochlée. En conséquence, la distension des membranes
dans l'HE commence à l'apex, tout comme la perte auditive. La perte auditive associée à la MM
commence donc par les basses fréquences. L’atteinte de l'audition dans les fréquences
moyennes et aigues peut refléter indirectement la sévérité de l'HE dans la cochlée [3].
Dans notre série de 40 cas, le déficit moyen chez les patients à atteinte unilatérale
dB) ; ceci répond au seuil précisé par les dernières recommandations ainsi qu’aux différents
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
2. L’impédancemétrie :
traduire cliniquement par une sensation de plénitude d’oreille trompeuse. L’étude du réflexe
l’audiométrie tonale, sont de nature à révéler la présence d’un recrutement important, très
Dans certaines variétés de surdité, une augmentation de l'intensité d'un stimulus sonore
l'intensité sonore. En conséquence, l'hyposensibilité aux sons de faible intensité peut être
remplacée par une sensibilité normale ou exagérée aux sons de haute intensité.
Ceci, le phénomène de recrutement, est absent dans la surdité due à une maladie non
compliquée avec une surdité de type transmission, et pour cette raison et d'autres, Fowler, à qui
(1936) nous devons les premières études cliniques adéquates du phénomène, a conclu que son
occurrence pourrait être considérée comme la preuve d'une atteinte organique des éléments
poussée plus loin, et Dix, Hallpike et Hood (1948) ont montré que sa survenue est constamment
associée, voire limitée, à des troubles tels que la maladie de Ménière qui affectent les cellules
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Le test le plus simple pour visualiser le recrutement est le ABLB (alternate binaural
loudness balance test). Dans cette procédure, des stimuli auditifs sont présentés aux deux
oreilles, et l'intensité du stimulus dans l'oreille suspecte est ajustée jusqu'à ce que son volume
perçu soit égal à celui de l'autre oreille. Ces résultats sont ensuite tracés en fonction de
l'intensité du stimulus de l'oreille saine (c'est-à-dire avec le seuil de l'oreille suspecte sur l'axe
des x et l'autre seuil de l'oreille sur l'axe des y). Le recrutement est mis en évidence par une
Le phénomène de recrutement peut aussi être mis en évidence par des preuves indirectes
dans de nombreuses étiologies non hydropiques de la surdité cochléaire et n'est donc pas
spécifique de la MM [202] .
Dans notre série de 40 cas, tous les patients avaient un RS+ avec recrutement sur les
fréquences de 500 à 2000 Hz. Les mêmes résultats ont été retrouvé dans l’étude de Hallpike et
Hood [201] sur 200 patients suivi pour MM quelle que soit la gravité de leur perte auditive .
Dans l’étude d’Olsen et al. [203] sur 50 patients MM+, 49 patients avaient un RS+ sur les
500 et 1000 Hz et 45 patients sur la fréquence de 2000 Hz. L’absence de recrutement chez les 5
patients est évocatrice selon les auteurs, d’une possible participation rétrocochléaire.
3. Vidéonystagmographie :
La VNG consiste à enregistrer les mouvements oculaires au cours d'une batterie de tests
qui évaluent la fonction vestibulaire. Le test calorique est une composante de la VNG et est
mieux utilisé pour identifier une hypofonction vestibulaire périphérique unilatérale [194] .
L’examen VNG permet aussi une étude de l’oculomotricité, en particulier pour les
mouvements lents (poursuite) et rapides (saccades), ainsi qu’une recherche de gaze nystagmus.
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Ce dernier peut être identifié en VNS. L’un ou l’autre de ces éléments étant pathologique, le
diagnostic d’atteinte périphérique est remis en cause et une atteinte centrale recherchée .
Le video-head-impulse test (vHIT) évalue les trois CSC de chaque côté du labyrinthe. Le
vHIT est l'analyse quantitative informatisée du head-impulse test (HIT), qui mesure le gain
angulaire du réflexe vestibulo-oculaire (VOR). Le HIT est un test très spécifique de la fonction
des CSC, car sa réponse est très rapide. La stimulation du labyrinthe est effectuée à hautes
système vestibulaire, bien qu'elle n'évalue que les canaux semi-circulaires latéraux, par le biais
labyrinthe altéré. Il n'y a pas de signe pathognomonique de la MM à l’EC, qui peut montrer des
réponses normales (en particulier au début des symptômes), une hyperréflexie, une
hyporéflexie, une arréflexie unilatérale ou bilatérale, bien que le résultat le plus courant soit une
hyporéflexie du labyrinthe affecté [145], Si ce bilan vestibulaire est fait près d’une crise, le déficit
Selon Rambold [205] , bien que le vHIT soit un test qui permet d’optimiser temps et
travail, chez les patients atteints de MM, l’EC est plus efficace pour diagnostiquer les altérations
de la fonction vestibulaire .
Une hypofonction vestibulaire unilatérale à l’EC est observée chez jusqu'à 75 % des
patients atteints de MM unilatérale [200], bien qu'il soit intéressant de noter qu'une réponse
calorique bithermique normale a été rapportée chez jusqu'à 50 % des patients dans certaines
séries [32] (Tableau XX), dans notre étude, ce taux était de 17.5%. Ainsi, une EC normale ne
Dans notre série, 67.5% des patients (n=17) ont présenté une hyporéflexie unilatérale, 5
patients ont présenté une hyporéflexie dans l’oreille normale controlatérale. Des mêmes
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
4. Imagerie :
significativement plus court et plus étroit avec une ouverture externe plus petite en moyenne
chez les patients atteints de MM, à la fois dans l'oreille affectée et controlatérale (figure no 48)
[209], [210]. Bien que ces résultats puissent contribuer à expliquer la pathogenèse de la maladie,
Figure no 48 : Gradation de l’AV sur TDM en coupes axiales de l’os temporal [22]
a : Grade 0 chez un sujet sain avec un AV normal (flèche noire). [Grade 0, AV continu]
b : Grade I chez un patient MM avec un AV discontinu (flèche noire). [Grade I, AV discontinu]
c : Grade II chez un patient MM avec une ossification complète de l'AV. [Grade II, pas d'AV visible]
l'utilisation de l'IRM chez les patients présentant une MM présumée, et les prestataires doivent
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
principal de l'IRM est d'exclure une lésion de l'oreille interne ou rétrocochléaire, y compris, mais
sans s'y limiter, un schwannome vestibulaire, les tumeurs des voies auditives ou de l'APC (par
exemple, un méningiome), ou une découverte anormale au niveau du cerveau (par ex, une
sclérose en plaques, une lésion vasculaire) [194], c’était d’ailleurs le but principal de l’IRM chez
les cas de notre étude dont le résultat est revenu sans particularité chez la totalité des patients .
Les développements récents de l'IRM à haute résolution de l'oreille interne nous ont
maintenant permis de visualiser l'HE in vivo chez les patients suspectés de MM. La recherche à
grâce aux nouvelles séquences utilisées sur des machines de type 3 Tesla. Des coupes axiales,
Deux types de procédures avec injection de produit de contraste sont alors utilisées :
proposée par Nakashima et al. [211] en 2007, le gadolinium qui s'infiltre à travers la membrane
périlymphatique, avec une lacune caractéristique de l’hydrops. Elle nécessite après l’injection un
repos en décubitus du patient, chez lequel l’examen est réalisé 24 heures après [212]. Les
délai de 24 heures entre l’injection et l’examen lui-même [196], ainsi que l'inconvénient de
n'évaluer qu'une seule oreille, avec une utilisation hors AMM du gadolinium [213] .
La seconde procédure est un examen IRM quatre heures après injection intraveineuse de
gadolinium, avec des séquences spécifiques T2 3D-Flair hautement pondérées. Cette méthode
est la plus fréquemment utilisée et est capable de détecter et de classer l’HE chez les patients
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
compartiment endolymphatique est visualisée sous la forme d’un hyposignal plus marqué. La
classification établie par Nakashima est alors basée sur un rapport de surface entre le
Ces mesures évaluent donc globalement les mesures du saccule et de l’utricule (Figure no
50-52). Les deux oreilles peuvent être évaluées mais il existe un risque important de toxicité
systémique dû à la forte dose de gadolinium (figure no 49) [213] . Divers auteurs ont montré une
HE chez 90 % ou plus des patients atteints de MM définie lorsque ces protocoles spécifiques
Figure no 49 : Une femme de 67 ans, ayant une MM probable confinée à l'oreille gauche. Image
FLAIR 3D axiale des deux oreilles, 4 heures après administration intraveineuse d'une double
dose de gadolinium au niveau de la partie inférieure du vestibule. Du côté droit, le saccule
(petite pointe de flèche) et l'utricule (grande pointe de flèche) peuvent être discriminés
séparément. Le saccule est situé en avant de l'utricule et est la plus petite des 2 structures du
vestibule. Ce constat est normal. Du côté gauche, le saccule (petite pointe de flèche) est agrandi
et est plus gros que l'utricule (grande pointe de flèche). Notez, cependant, que le saccule et
l'utricule ne sont pas encore confluents. On peut comparer l'hydrops vestibulaire anormal du
côté gauche avec la situation normale du côté droit.
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Figure no 50 : Une femme de 58 ans qui se présente pour vertiges et étourdissements sans perte
auditive. Image 3D FLAIR recadrée en coupe axiale de l'oreille droite, 4 heures après
administration intraveineuse d'une double dose de gadolinium, au niveau de la partie inférieure
du vestibule. Le saccule (petite pointe de flèche) et l'utricule (grande pointe de flèche) peuvent
être bien discriminés. Le saccule est la plus petite structure et est situé en avant, en bas et en
dedans du vestibule. Il n'y a aucun signe d'hydrops vestibulaire. Le saccule et l'utricule sont
remplis d'endolymphe et ne se rehaussent pas. Cette propriété les rend clairement visibles sur le
fond de l'espace périlymphatique rehaussé dans le vestibule. Ces résultats sont considérés
comme normaux.
Figure no 51 : Une femme de 78 ans suivie pour maladie de Ménière définie confinée à l'oreille
droite. Image 3D FLAIR recadrée en coupe axiale de l'oreille droite, 4 heures après administration
intraveineuse d'une double dose de gadolinium, au niveau de la partie inférieure du vestibule. On
note un élargissement du saccule et de l'utricule (tête de flèche), qui sont devenus confluents
mais sont toujours entourés d'un rehaussement de contraste périlymphatique (flèche). Il s’agit
d’un hydrops modéré.
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Figure no 52 : Une femme de 53 ans suivie pour MM définie du côté droit. Image FLAIR 3D
recadrée en coupe axiale de l'oreille droite, 4 heures après administration intraveineuse d'une
double dose de gadolinium, au niveau du vestibule. On note l'élargissement du saccule et de
l'utricule qui sont confluents, sans aucun contraste environnant (tête de flèche). Il n'y a qu'un
contraste visible à la base du canal semi-circulaire postérieur (flèche). Il s’agit d’un hydrops
significatif.
5. Autres méthodes :
5.1. L’électrocochléographie :
électriques générés par la cochlée et le premier relais nerveux des voies auditives lors d’une
global, réponse des fibres nerveuses du nerf cochléaire observée 1,5 ms après une stimulation
acoustique (onde I des PEA) ; le potentiel microphonique, représentant l’activité électrique des
cellules ciliées externes ; le potentiel de sommation, généré par les cellules ciliées internes. Au
cours de la MM, les études ont porté principalement sur le rapport potentiel de
Deux modalités peuvent être utilisées pour enregistrer les réponses, selon la position de
utilisé, une meilleure sensibilité est obtenue avec des tone bursts (bouffées tonales) à la
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
fréquence de 1 kHz, C’est dans ces conditions qu’une élévation du rapport SP/AP supérieur à 40
polarisation des cellules ciliées. Il n’est présent que lorsque la stimulation sonore est
suffisamment intense .
Figure no 53 : EcoG juxta-tympanique avec clics alternés chez un sujet normal. Représentation
en polarité positive par similitude aux PEA.
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
a : L’ECoG montre le potentiel de sommation (SP), qui est le potentiel lié au stimulus de la cochlée. Le potentiel
d'action (AP) représente la réponse additionnée de toutes les fibres nerveuses. Le rapport SP/AP est normal
dans l'oreille asymptomatique (oreille droite (R), soit 0,250 (trial I) et 0,222 (trial II) (norme <0,42) .
b : Les résultats de l'oreille symptomatique (oreille gauche (L)) sont plus élevés (0,729 (trial I) et 0,776 (trial II).
Cette découverte suggère qu'un potentiel électrique anormal est généré par l'oreille interne symptomatique,
ce qui pourrait être une indication d'hydrops endolymphatique. Deux essais consécutifs (I et II) confirment la
reproductibilité.
l’aspect morphologique des amplitudes peut aussi être pris en considération. Un ratio SP/AP
(potentiel d’action) supérieur à 0,35 permet d’affirmer un hydrops dans 80 % des cas. Un rapport
inférieur à 0,35 ne permet cependant pas d’écarter un hydrops. Plus précisément, tout trouble
l’EcoG par une augmentation de l’amplitude SP. L’amplitude de l’AP restant inchangée, voire
diminuée, le rapport SP/AP augmente. Cette augmentation traduirait une perte de couplage entre
les cellules ciliées de la cochlée et la membrane tectoriale sous l’effet des contraintes dues aux
modifications de pression des fluides intralabyrinthiques. L’EcoG se normalise sous l’effet des
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
maladie de Ménière pendant longtemps, la croyance d'une élévation du rapport SP/AP dans
difficultés à obtenir les réponses évoquées, car l'emplacement idéal était le promontoire de
l’oreille moyenne, ce qui n'était pas pratique pour placer régulièrement des électrodes à
proximité de la fenêtre ronde dans des conditions régulière, ainsi que la faible qualité de
tympanométrie à 226 Hz [217]. Ce qui en diffère est d’une part l’évaluation de l’admittance et
non de l’impédance, qui est son inverse, et d’autre part la possibilité de faire varier l’onde
sonore incidente, dite « tonale de sonde » à des fréquences pouvant aller jusqu’à 2 kHz. Les
caractéristiques (rigidité ou laxité), ses développements plus récents ont porté sur les atteintes
Il a ainsi été montré par des travaux fondamentaux et cliniques menés par Darrouzet et
Franco que la fréquence de résonance était plus basse chez des patients souffrant de maladie de
Une étude réalisée en 2012 par Kato et al. [218] a montré des corrélations entre des
Depuis leur découverte dans les années 1980 par Kemp, les otoémissions acoustiques
(OEA) et les produits de distorsion acoustique (PDA) ont fait l’objet de nombreux
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Ces examens sont en effet les marqueurs de l’activité des mécanismes actifs des cellules
ciliés externes. Les modifications pressionnelles dans le canal cochléaire, telles que celles
rencontrées lors de l’hydrops, vont modifier la mécanique des cellules ciliées, par exemple par
décalage de la position de repos de leur touffe ciliaire. Ces modifications vont pouvoir être
enregistrées par l’intermédiaire de l’étude des OEA, mais aussi par l’étude du potentiel
microphonique cochléaire, car ces deux tests sont très sensibles aux variations pressionnelles
qui modifient le fonctionnement des cellules ciliées au niveau des canaux localisés dans les
mécanique » des cellules ciliées (OEA et PDA), et l’autre une activité « électrique » (potentiel
microphonique) [196] .
déphasage au-delà de 40◦. Les mesures réalisées chez les patients ont permis d’identifier des
variations selon le délai entre les symptômes et le moment de la réalisation du test. Plus
l’enregistrement est réalisé à proximité de la crise, voire au cours de la crise, plus la sensibilité
du test est élevée. En cours de la crise, les anomalies à type de déphasage des PDA sont
l'utricule et du saccule ainsi que des nerfs vestibulaires supérieur et inférieur. Les PEOM sont les
réflexes qui augmentent en tant que réponse obtenue par les muscles sternocléidomastoïdiens
conduction osseuse ou en conduction aérienne pour stimuler les organes de l'otolithe [4] .
Le résultat de ce test est matérialisé par un enregistrement montrant des pics (Figure no
55a, 55b [2]). Ces pics représentent les ondes précoces dont la latence (temps écoulé depuis le
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
On travaille habituellement avec les cVEMP ( ‘c’ pour ‘cervical’ ) et récemment avec les
oVEMP ( ‘o’ pour ‘ocular’ ). On sait depuis peu que les voies testées ainsi que les macules
• Les cVEMPs : Les cVEMP sont recueillis par des électrodes placées au niveau des
positivité à 13ms, vers le bas) et N23 (une négativité à 23ms, vers le haut). Leur
Le rapport d'asymétrie dans les tests cVEMP est défini comme la différence
d'amplitude des ondes p13-n23 dans chaque oreille divisée par la somme de
l'amplitude des ondes p13-n23 dans les deux oreilles (figure 55a). Lorsque le rapport
d'asymétrie est > 0,33, l'une des oreilles présente une réponse anormale (une
d'asymétrie des amplitudes cVEMP est en corrélation avec le stade de MM. Par
exemple, des cVEMP augmentés sont parfois observés au stade initial de la MM,
suggérant une dilatation de l'hydrops sacculaire qui appuie contre la base de l’étrier
[2].
• Les oVEMPs : Les oVEMP sont recueillis par des électrodes placées au niveau du
muscle inférieur oblique de l’œil. Les ondes précoces sont nommées N10 et P23.
l’utricule et des voies utriculooculaires (voie nerveuse allant de l’utricule aux muscles
de l’œil). Des oVEMP augmentés (un rapport d'asymétrie > 0,40, figure 55b)
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
a : Le test cVEMP montre une réponse absente dans l'oreille droite (R) et des réponses normales dans l'oreille
gauche (L), suggérant un dysfonctionnement du saccule de l'oreille droite. *p13 et *n23 indiquent le pic
des cVEMPs.
b : Les valeurs du oVEMP sur l'oreille droite (R) et l'oreille gauche (L). Les amplitudes nI-pI sont de 24,8 V dans
l'oreille droite et de 7,3 V dans l'oreille gauche, conduisant à un rapport d'asymétrie de 0,55 (normal <
0,40), ce qui suggère un oVEMP augmenté -et donc un dysfonctionnement utriculaire- dans l'oreille
droite.
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Les PEOM prennent tout leur sens en cas de normalité de l’ensemble des tests, en
particulier lors des évaluations VNS et VNG, afin en particulier d’identifier le côté atteint en
Développés depuis les années 1960, ces tests sont proposés avec des visées autant
Leur principe général repose sur la création d’un gradient entre les compartiments
l’ingestion ou l’injection d’une substance à pouvoir osmotique élevé. L’effet est aussi rapide que
intralabyrinthique.
Cette amélioration peut être mesurée par des tests comparatifs, avant et après
administration de la substance. Le glycérol est délivré par voie orale et à jeun, à raison de 1,5
g/kg de poids, mélangé à un volume égal de sérum salé isotonique et à du jus de citron. Le
mannitol peut être utilisé, par voie veineuse, selon le même principe .
Le test osmotique est dit positif en audiométrie tonale quand est observée une
amélioration des seuils de 10 dB au moins sur deux des trois fréquences 500, 1000 et 2000 Hz,
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
très complexe système vestibulaire. Les lésions provenant des organes terminaux périphériques
vers les voies vestibulaires centrales peuvent perturber le bon fonctionnement du système,
générant des symptômes invalidants. Les expressions cliniques de ces anomalies peuvent être
assez similaires (au moins dans les phases précoces), quelle que soit leur localisation .
Dans l'évaluation d'un patient vertigineux, il est extrêmement important de savoir s'il
s'agit d'un syndrome périphérique ou central. Un syndrome périphérique engloberait les lésions
se formant dans le labyrinthe et autour du huitième nerf crânien jusqu'au point de son entrée
dans le tronc cérébral. Un syndrome central comprend les voies auditives et/ou vestibulaires du
tronc cérébral, les noyaux et voies vestibulaires, et plusieurs connexions avec d'autres structures
guide le plus important pour un diagnostic correct. En effet, dans 90 % des cas, une bonne
mimer la maladie de Ménière, en particulier lorsque les patients présentent des formes atypiques
telles que la MM vestibulaire ou cochléaire. Ces autres conditions peuvent être d'origine centrale
ou périphérique. Par conséquent, avant qu'un diagnostic de MM (typique ou atypique) puisse être
posé, ces autres pathologies doivent être écartées (Tableau XXI [32]) .
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
• Les résultats audiométriques ne sont pas les mêmes : atteinte prédominant sur les
la fin de 2ème décennie chez les deux sexes. Les signes et symptômes impliquent généralement
des vertiges invalidants, une perte auditive (généralement sévère, soudaine et bilatérale) et des
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
acouphènes, ainsi qu'une irritation des yeux (similaire à une sensation de corps étranger ou de
granuleux de la cornée. Le traitement repose sur une corticothérapie à forte dose avec une
[221].
Sclérose en plaque3 : La SEP peut se manifester initialement par une perte auditive
neurosensorielle fluctuante et/ou des vertiges dans 5 % des cas. La perte auditive initiale
observée peut s'améliorer ainsi que tout acouphène associé. Bien sûr, l’hypoacousie et/ou les
vertiges/déséquilibres peuvent devenir permanents, mais cela se produit généralement plus tard
au cours de la maladie. Ce scénario imite la MM. L'IRM au gadolinium est indiquée pour
l'évaluation de la SEP afin de démontrer si les plaques caractéristiques peuvent être identifiées.
Souvent, une ponction lombaire est également effectuée pour détecter les anomalies du LCR
liées à la SEP. Parfois, le diagnostic de SEP peut prendre des mois, voire des années, car les
microvaisseaux, supposées être médiées par une réponse auto-immune, conduisant à une triade
visuels et de déficience auditive neurosensorielle, avec ou sans vertige. Les vertiges sont moins
fréquents que la surdité mais peuvent imiter la MM lorsqu'ils sont associés à une surdité
majoritairement basse à moyenne fréquence. Les observations physiques au cours d'un de ces
épisodes ont montré un syndrome vestibulaire périphérique compatible avec une irritation ou un
déficit unilatéral, comme chez les patients atteints de la maladie de Ménière [222].
syndrome rare caractérisé par une maladie oculaire inflammatoire ainsi que des manifestations
cutanées, auriculaires et méningées (uvéoméningite). Les symptômes sont dominés par une
- 101 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
par une perte auditive neurosensorielle bilatérale avec parfois des vertiges. Le vertige est
typiquement de type périphérique, avec une parésie canalaire à l'examen calorique, et n'est
sérologie positive chez les patients présentant des symptômes cochléovestibulaires sans autre
cause probable. Elle peut se manifester par une surdité de perception, unilatérale ou bilatérale,
brutale ou progressive, avec ou sans vertige, isolée ou associée à des symptômes neurologiques
l'examen histologique, les mêmes aspects de l'HE, bien que le mécanisme de formation de
syndrome cérébelleux, qui peuvent être définitivement liés à la maladie de Lyme avec méningite
caractéristique différentielle clinique la plus utile pour distinguer MM et MV. Néanmoins, les
symptômes auditifs de la MV augmentent avec le suivi, de sorte qu'une perte auditive apparaît
La perte auditive neurosensorielle est rare en MV. Lorsqu'elle est présente, l'audiométrie
montre généralement une surdité de perception bilatérale de basse fréquence, légère à modérée,
généralement épisodique, et elle progresse beaucoup plus lentement que dans la MM [32].
l'anse vasculaire constitue une situation anatomique rare dans laquelle un vaisseau est enroulé
autour d'une partie du huitième complexe nerveux, le comprimant ainsi. En conséquence, des
suivi d'un pincement répétitif qui finit par léser le nerf exposé jusqu'à ce que les spasmes
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
vasculaires produisent une décharge anormale du nerf vestibulaire auditif. Cela provoque à son
tour une crise vertigineuse avec possibilité de perte auditive ou d'acouphènes. Une IRM/angio-
IRM aide à délimiter l'anatomie vasculaire et une éventuelle compression au niveau de l'entrée de
aussi s’exprimer par une surdité fluctuante associée à des troubles de l’équilibre et égarer le
diagnostic. La différence entre les deux tableaux est à discuter en spécialité en fonction des
Ménière, bien que le déséquilibre soit plus fréquent. Une perte auditive et des acouphènes
peuvent également survenir car c'est le huitième complexe nerveux qui est étiré. La
malformation d'Arnold-Chiari est facilement diagnostiquée par IRM (en coupe sagittale) et peut
VII. Évolution :
dans le temps définit ce caractère fluctuant. Dans les heures qui suivent, de nouvelles crises
surviennent souvent, aussi typiques que la première mais de moindre intensité, et les éventuelles
suivantes le sont de moins en moins encore. Puis la surdité s’estompe lentement, les
acouphènes deviennent moins gênants et cessent, en même temps que le patient retrouve un
À moyen terme, et de façon imprévisible, angoissant le patient dans l’attente d’un nouvel
épisode, les crises peuvent se répéter à un rythme de quelques-unes par an à plusieurs par
- 103 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
mois. Malheureusement, à chaque crise, la récupération moins nette et, devenant incomplète au
avaient un contrôle complet après une moyenne de 8,3 ans [226]. La sévérité des
Tous les auteurs sont d’accord pour affirmer que, dans l’immense majorité des cas,
− Phase initiale : La maladie débute le plus souvent par une crise vertigineuse, sans
atteinte auditive ressentie. Mais le début peut être uniquement cochléaire, sous forme
touchant les basses fréquences. Devant ces tableaux cliniques peu spécifiques, seule
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
plusieurs crises par semaine, avec des périodes de rémission complète, mais parfois
une persistance des acouphènes et d’une surdité légère. Cette phase a une durée qui
varie de 5 à 20 ans.
À terme, les vertiges ont disparu, la surdité est sévère à profonde, les acouphènes
15 % après deux ans d’évolution, 30 à 60 % des patients selon les études ont une
diagnostic strict explique la variabilité des résultats publiés s’agissant des formes
Cette bilatéralisation doit être un facteur à prendre en compte avant toute proposition de
est primordial d’évaluer son état d’avancement et surtout l’importance des lésions déjà installées
dans le vestibule et la cochlée, même si les déficits mesurés sont fluctuants. Cette évaluation
instrumentale doit se doubler d’une évaluation fonctionnelle et de la qualité de vie qui va au-
delà du seul décompte des crises. « L’échelle de niveau fonctionnel » à 6 niveaux de gravité
croissante est celle proposée par l’AAO-HNS en 1995. Elle est validée en langue française [4] .
Les six grades de l’échelle de niveau fonctionnels se déclinent ainsi dans les mots du
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Dans notre étude, la grande majorité des patients présentait un handicap fonctionnel de
grade 3 (37.5% des patients) et de grade 4 (35.0%). Des résultats similaires ont été enregistré
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
VIII. Traitement :
Sa cause demeurant inconnue, il faut savoir qu’il n’existe pas de traitement spécifique de
la maladie de Ménière. Ceci explique aussi que d’innombrables traitements ont été proposés. Ils
Dans le domaine de la maladie de Ménière, les traitements reposent plus sur des
habitudes empiriques que sur des résultats prouvés. En effet, l’absence de preuve diagnostique,
le tableau clinique variant d’un patient à l’autre, et même chez un même patient d’une crise à
l’autre, et l’évolution spontanée imprévisible de la maladie rendent très difficile l’évaluation des
traitements [196] .
Il est essentiel de fournir aux patients des informations sur l'histoire naturelle de la
maladie, de discuter les options thérapeutiques et leurs effets indésirables potentiels, et de les
encourager à participer activement à la prise de décisions qui affectent leur vie. Cette approche
facteurs de risques identifiés individuellement par les patients. Il convient d’éviter si possible les
thérapies destructrices car la MM peut évoluer vers une atteinte bilatérale et ainsi provoquer un
particulièrement bien documenté de la SFORL en 2016 [4], ainsi qu’un consensus international
sur le traitement de la MM datant de 2018 [234]. Les recommandations suivantes sont issues de
ce dernier consensus.
- 107 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
1. Traitement de la crise :
quelques heures. Le traitement de l'épisode aigu est purement symptomatique, presque toujours
avec des suppresseurs vestibulaires et des antiémétiques. Les benzodiazépines sont préférées
en tant que suppresseur vestibulaire, dont le diazépam a 5 - 10 mg per os 1-2 fois par jour, ou
le clonazépam 0.5 mg 3 fois par jour [235]. Les agents antidopaminergiques sont utiles lorsque
posologie moyenne de 1500 mg par jour avec traitement des signes associés. Aucun
connu. Il est utilisé dans le traitement symptomatique de la crise de vertiges [236]. Il n’existe
revue systématique de la littérature a été réalisé par Vanderkam et al. [237] dont le constat
Il s’agit d’un traitement fréquemment prescrit comme le montre une enquête menée en
France par les mêmes auteurs auprès de 171 encadrants et 305 internes en médecine générale
de 4 universités. Selon cette enquête, 93% des répondants avaient déjà prescrit de l'acétylleucine
pour le vertige, mais seulement la moitié d'entre eux savaient qu'il n'y avait pas suffisamment de
Le bénéfice étant pour le moins discutable, les risques doivent être pris en compte.
L'acétylleucine est connue pour n'entraîner que de très rares effets indésirables tels que des
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
éruptions cutanées (avec ou sans prurit) et de l'urticaire. Le risque est faible en cas de
surprescription [238] .
L'acétylleucine est un médicament non évalué et jusqu'à preuve du contraire peut être
considéré comme un placebo impur. En effet, il a établi des effets pharmacologiques mais son
Les mesures posturaux suivantes peuvent aussi être pratiqué pour la gestion de la crise
aiguë [220] :
Selon Ferrarry et Boucarra [196], la prise en charge de la crise est différente s’il s’agit
d’une première crise ou d’une crise chez un patient dont le diagnostic de MM a déjà été posé. En
cas de première crise intense, une hospitalisation est souvent justifiée : Elle permet de réaliser
au plus vite l’ensemble du bilan qui permet d’éliminer un diagnostic différentiel. Dans tous les
cas, il faut atténuer les vertiges et les symptômes associés, anxiété, nausées et vomissements .
La voie intraveineuse est privilégiée en cas de crise grave, la voie orale est réservée aux
crises modérées, en particulier avec des nausées, et peu ou pas de vomissements. En cas de
baisse brutale de l’audition, un traitement par corticoïdes peut être donné pendant quelques
jours, éventuellement associé à une perfusion de mannitol qui, par un effet osmotique, devrait
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
2. Traitement de fond :
Les patients atteints de MM sont invités à suivre une routine quotidienne régulière et à
éviter les facteurs déclenchants tels que le stress, les changements de pression barométrique, la
Au plan diététique, une diminution des apports sodiques doit être conseillée. Une étude
de Naftalin et Harrison a trouvé que l'augmentation de l'apport en sel chez les patients atteints
de la maladie de Ménière (qui ont déjà été maintenus sur un apport fixe de sodium) augmente la
Une autre étude de Acharya et al. [240] sur 97 patients n'a trouvé aucune preuve que la
restriction alimentaire en sodium était efficace pour contrôler les symptômes de la MM. Dans
endolymphatique peut conduire à la rupture des membranes de la scala media. Ainsi, un apport
élevé en sel augmenterait les niveaux plasmatiques de sodium, ce qui à son tour augmenterait
Dans l’étude de Naganuma et al. [241], un apport en eau de 35mg/kg/j a été assuré chez
18 patients sur 47 pendant 2 ans. Chez ces patients, la sévérité des symptômes a été réduite
Une étude d'observation/d'enquête auprès de 136 patients a fourni des preuves d'un rôle
étourdissements associés à la MM [242], une autre étude de Sánchez-Sellero et al. [243] (180
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
patients) a trouvé que les patients atteints de la MM présentaient un apport quotidien en caféine
Selon la SFORL, la limitation des excitants et notamment de la caféine est conseillée ainsi
recommandé [4] .
respecter un cycle nycthéméral régulier et de se réserver une durée suffisante de sommeil [4] .
Dans notre série de 40 cas, 12 patients (30%) ont limité les excitants, 26 (65%) respectent
a. Bétahistine :
récepteurs présynaptiques H3, sans effet sur les récepteurs postsynaptiques H2 [244]. Son
action se produit via les récepteurs de l'histamine présents dans l'épithélium du sac
de son action sur les récepteurs H3 médiés par deux métabolites, l'aminoéthylpyridine et
l'hydroxyéthylpyridine [245] .
microcirculation labyrinthique par vasodilatation des artérioles de la strie vasculaire, ainsi que
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
48 à 96 mg/jour, bien qu'une dose plus élevée entre 288 et 480 mg/jour soit parfois utilisée
dans les cas de MM sévère [248]. Harcourt et al. [182] recommandent une dose initiale de 16 mg
Le patient doit être réévalué aussi souvent que cela est cliniquement justifié pour une
amélioration ou une stabilisation des symptômes ainsi que pour surveiller l'intolérance au
médicament ou ses effets secondaires. Il n'existe pas de données claires pour suggérer la durée
pendant laquelle la bétahistine devrait être utilisée. La plupart des études ne couvraient qu'une
période de 2 à 12 semaines [249], bien que l'étude la plus récente couvrait une fenêtre de
Les effets indésirables sont rares, légers et spontanément résolutifs. Une réaction
d'hypersensibilité cutanée est la plainte la plus fréquemment rapportée. Des nausées, des
vomissements, des douleurs épigastriques et des maux de tête sont parfois rapportés, en
L'efficacité clinique de la bétahistine a été évaluée dans plusieurs essais et il existe des
preuves contradictoires :
Une revue Cochrane a conclu qu'il n'y avait pas suffisamment de preuves pour affirmer si
la bétahistine a un effet sur la fréquence ou la durée des épisodes de vertige MM [252]. Par la
fois pour la MM et les autres vertiges vestibulaires [249]. La bétahistine 144 mg/jour donne un
Une autre revue Cochrane de 2016 [254] a réalisé une méta-analyse évaluant l'effet de la
bétahistine par rapport à un placebo dans la réduction des symptômes de vertige chez les
patients présentant des vertiges sous-jacents (la population de patients comprenait des patients
atteints de MM, de VPPB et d'autres vertiges). Les auteurs ont constaté que les patients prenant
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
La bétahistine était le traitement principal chez nos patients (38/40), la dose moyenne
b. Diurétiques :
couramment utilisé. Le médicament choisi diffère d'un auteur à l'autre mais, selon la littérature,
[255], [256] .
néphron, augmentant ainsi la perte urinaire de sodium et d'eau. Cette réduction du volume
drainage accru de l'endolymphe, soit par une réduction de sa production au niveau de la strie
vasculaire [32] .
Les diurétiques thiazidiques, tels que l'hydrochlorothiazide, sont les diurétiques les plus
fréquemment utilisés chez les patients atteints de MM. Les effets secondaires des diurétiques
sont fréquents. Les diurétiques thiazidiques provoquent une hyponatrémie, une hypochlorémie,
une hypokaliémie et une alcalose métabolique, tandis que les diurétiques épargneurs de
potassium provoquent une hyperkaliémie. Les diurétiques de l'anse, par exemple le furosémide,
génèrent une hypokaliémie, une hypovolémie, une alcalose hypochlorémique, une hyponatrémie
De manière significative, les diurétiques de l'anse peuvent provoquer une perte auditive,
généralement temporaire, et il faut se rappeler que les aminosides agissent en synergie avec les
diurétiques de l'anse pour produire une incidence étonnamment élevée d'ototoxicité [32] .
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Leur prescription doit être réalisée à la dose minimale permettant de contrôler les
[4], les études sur la durée du traitement variaient largement de 10 jours à 24 ans [256]. Le
clinicien et le patient doivent discuter de la diminution ou de l'arrêt du médicament une fois que
Les effets des diurétiques chez les patients atteints de MM ont été analysés par la
Cochrane Collaboration [255] ,concluant que l'effet des diurétiques dans la MM ne peut pas être
évalué en raison du manque d'essais correctement menés. Les diurétiques peuvent être
considérés comme un médicament de deuxième ou de troisième intention qui peut être utilisé
Dans notre étude, aucun patient n’a reçu un traitement par diurétique.
c. Corticothérapie :
Le mécanisme d'action des corticoïdes dans la MM ne se limite pas à leurs effets anti-
Peu d'études ont étudié l'effet d’une CTC orale dans la MM, et il n'y a pas d'essais
cliniques randomisés montrant un quelconque bénéfice des corticoïdes oraux dans la MM à long
terme. Cependant, des troubles auto-immuns systémiques comorbides, des épisodes récurrents
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
de vertige de longue durée ou une chute soudaine des seuils auditifs sont des situations qui
pourraient être gérées avec de fortes doses de corticoïdes oraux pendant quelques semaines
[32] .
niveaux de corticoïdes dans l'oreille interne significativement plus élevés par rapport à
traitement par gentamicine, le principal avantage d’une CTC intratympanique est l'absence de
risque de perte auditive. De plus, il s'agit d'une technique peu coûteuse et sûre. La perforation
que la dexaméthasone, mais ce dernier peut être plus efficace car il est absorbé plus rapidement
par endocytose dans la strie vasculaire et les tissus environnants, où il agit de manière
intracellulaire [259] .
Les études cliniques sont hétérogènes et diffèrent par les protocoles d'administration de
La dexaméthasone à forte dose (16 mg/mL) semble fournir un meilleur résultat qu'une
dose plus faible (4 mg/mL) [264]. Patel et al. [265] ont récemment rapporté que deux injections
aussi efficaces que la gentamicine (40 mg/mL) utilisée avec le même protocole pour traiter la
dexaméthasone (4 mg/mL) pendant cinq jours consécutifs. L'utilisation d'une injection par
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Le seul essai prospectif randomisé en double aveugle pris en compte pour une revue
systématique Cochrane a trouvé 82 % de contrôle complet du vertige par rapport au placebo (57
%) [266]. Les auteurs de cette revue ont conclu que, bien qu'un seul essai ait fourni des preuves
corticoïdes.
d. Gentamicine intratympanique :
Les antibiotiques aminosides sont utilisés à faible dose dans la prise en charge de la MM
pour produire une ablation vestibulaire partielle. Initialement, les aminosides étaient administrés
par voie systémique dans la MM, mais deux inconvénients majeurs sont apparus : une surdité et
L'objectif de la GIT est d'obtenir une hypofonction vestibulaire périphérique durable, non
procédure en consultation externe ou en ambulatoire, sous anesthésie locale, qui évite la toxicité
dans l'oreille controlatérale ou d'autres organes et donne une concentration plus élevée de
modèles animaux suggèrent que l'ototoxicité est causée par l'apoptose des cellules ciliées
induite par la surproduction de substrats réactifs de l'oxygène, notamment les ions oxygène, les
radicaux libres et le peroxyde [268]. Il existe également de plus en plus de preuves que la mort
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
cellulaire programmée est une conséquence de l'interférence des aminosides avec la synthèse
neuroépithélium des crêtes ampullaires des CSC et une fibrose et œdème du stroma, alors que la
macula utriculaire est relativement épargnée. La GIT provoque une plus grande perte de cellules
ciliées vestibulaires de type I que de type II, car elles concentrent plus d'aminosides [269]. Des
lésions de cellules sombres vestibulaires ont également été observés. En ce qui concerne la
cochlée, le tour basal est la région la plus sensible à la perte permanente des cellules ciliées et
au remplacement par des cellules de soutien. Les cellules ciliées externes sont plus
endommagées que les cellules ciliées internes, ce qui entraîne une perte auditive dans les hautes
fréquences [32] .
directement dans l'oreille interne. Une fois que l'agent est dans la cavité de l'oreille moyenne, il
diffuse principalement à travers la membrane de la fenêtre ronde, bien qu'il puisse également
pénétrer à travers la membrane de la fenêtre ovale [273]. Cependant, la clairance via la trompe
d'Eustache conduit à une quantité variable de substance atteignant les fluides de l'oreille
interne .
multiples quotidiennes pendant quatre jours, dose hebdomadaire pendant quatre semaines,
administration continue à l’aide d’un cathéter, en faibles doses faibles doses «à la demande» en
fonction de l’effet observé, injections répétées jusqu’à l’obtention d’un nystagmus spontané,
d’une disparition des vertiges, d’une baisse de l’audition [196]. D'après la méta-analyse de Syed
et al. [274] , où il est préconisé un protocole de « titration », les injections de GIT (40 mg/mL)
étant répétées jusqu'à disparition des vertiges. Ce protocole « sur mesure » s'apprête à prévenir
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
d’une surdité même après injection de faible dose de gentamicine est possible. L’injection donc
Une méta-analyse regroupant les données publiées a démontré un taux de contrôle des
vertiges substantiel de 87,5% avec une amélioration significative des acouphènes et une
Tumarkin [276]. Remarquablement, la GIT peut permettre un meilleur contrôle des vertiges que
l'injection de corticostéroïdes sans différences significatives dans le niveau d'audition final [264],
[277]. Lorsque la GIT ne parvient pas à contrôler le vertige, une option raisonnable est la
non invasifs à des traitements chirurgicaux éventuellement ablatifs. Il existe actuellement cinq
options chirurgicales qui sont discutées ci-après. Le choix entre ces différentes solutions
côté homo et controlatéral à la pathologie. Tout traitement chirurgical ne peut évidemment être
envisagé sans un bilan audiométrique et une imagerie préalable. Avant d’envisager tout geste
ablatif, on se doit de réaliser un bilan vestibulaire évaluant la fonction vestibulaire du côté atteint
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Décrite pour la première fois en 1927 par Portmann [279], 11 ans avant l'identification de
La CSE est une intervention chirurgicale non ablative. Elle consiste à aborder le sac, le
disséquer, l’ouvrir et établir un « shunt ». La chirurgie impliquant le sac endolymphatique est largement
canal endolymphatique, telle que décrite précédemment par Paparella et al. [280], implique une
large exposition du cortex mastoïdien, une mastoïdectomie avec élimination étendue des
- Le patient est placé en décubitus dorsal sur la table d'opération avec l'oreille concernée
tournée vers le haut d'environ 45º. Une incision post-auriculaire est faite avec un
- Un fraisage de la mastoïde est effectué puis poursuivi dans la racine zygomatique pour
- L'os recouvrant le sinus sigmoïde est aminci à l'aide de fraises diamantées (Figure no
57)
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
mère et semble être plus blanc que la couleur plus bleue du reste de la dure-mère. Une
cette différence ne sera pas facile à voir. Dans ce cas, le canal endolymphatique s'étend
- La plupart des chirurgiens ouvrent le sac et placent une prothèse dans le lumen pour
vaisseaux sanguins qui croisent la zone d’ouverture du sac, un cautère bipolaire est
utilisé pour coaguler les vaisseaux. L'auteur dissèque la couche superficielle de la dure-
mère pour réaliser une petite ouverture allant du CSCP vers le sinus sigmoïde (Fig. 60) .
- Diverses prothèses ont été conçues pour être placées dans la lumière du sac. L'auteur utilise
un petit morceau en forme de flèche de feuille de Silastic de 0,254 mm sculpté à la main avec
de petits instruments. La pointe de flèche est placée dans la lumière du sac avec la queue
s'étendant dans la cavité mastoïdienne (Fig. 61). Un tube en T peut être également utilisé .
- Après la procédure, une éponge hémostatique de gélatine résorbable est placée dans la
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Figure no 58 A, B : (A) L'os recouvrant la fosse postérieure de la dure-mère a été largement retiré
P P
afin d'identifier la couleur blanche du sac endolymphatique par rapport à la couleur bleue du
reste de la dure-mère. Le sac est généralement situé au niveau ou en dessous de la ligne de
Donaldson (flèche) et (B) Grossissement plus élevé de A
généralement situées dans l'angle aigu entre soigneusement à travers la partie latérale du
le canal semi-circulaire postérieur et le sac sac à l'aide d'un dissecteur à angle droit
endolymphatique
Figure no 61 : Une prothèse de Silastic en forme de flèche est placée dans la lumière du sac avec
P P
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
chirurgie du sac endolymphatique ont un contrôle total ou substantiel des vertiges 2 ans après la
chirurgie. Avec une période de suivi croissante, les chances d'un résultat thérapeutique favorable
diminuent. À 5 ans de post-op, environ 60% des patients ont un contrôle total ou substantiel des
vertiges. Le contrôle des vertiges diminue encore après 10 ans de suivi [194] .
Une autre revue de Cooper et Kaylie [282] sur différents essais contrôlés randomisés
réalisés entre 2013 et 2020 a conclu que la CSE pour le contrôle du vertige dans la maladie de
Ménière a des taux de contrôle allant de 53 % à 90 % pendant au moins 1 an et jusqu'à 13,5 ans .
Quelle que soit la méthode utilisée, la chirurgie du sac endolymphatique est à faible
risque, avec une incidence de <2% de surdité neurosensorielle complète [283]. Les complications
rares comprennent une fuite du LCR, une paralysie faciale, des vertiges et une infection de la
plaie chirurgicale .
Le mécanisme par lequel la chirurgie provoque une amélioration est inconnu, et il n'y a
pas suffisamment d'études pour élucider un avantage de la CSE par rapport au placebo. La CSE
peut être envisagée chez les patients réfractaires à la prise en charge médicale comme une
option non destructive car le risque pour l'audition est faible [282].
L'occlusion des CSC a été utilisée comme traitement alternatif du VPPB intraitable avec un
succès variable. L'occlusion triple des CSC dans les modèles animaux bloque les réponses des
l'occlusion du canal triple semi-circulaire est une méthode prospective de gestion des vertiges
Une triple obturation ou une seule occlusion canalaire semi-circulaire horizontale a été décrite,
avec de bons taux de contrôle des vertiges et une préservation de l'audition dans les études de Yin et
al. [284] et Charpiot et al. [285] . Yin et al. précisent également que cette technique est à réserver
principalement comme procédure alternative pour le traitement de la maladie de Ménière chez des
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Gill et al. [286] ont observé sur la base de leur série de cas qu’il existe des avantages
potentiels pour les patients de l'occlusion du triple canal pour la maladie de Ménière réfractaire
c. Le traitement pressionnel :
communique avec le milieu extérieur que par intermittence lors de l’ouverture de la trompe
d’Eustache en cas de déglutition. Une théorie avance que l’augmentation de pression des
liquides de l’oreille interne, et peut être l’apparition des crises de vertige, pourrait être favorisée
par la difficulté qu’a la fenêtre ronde à se bomber dans l’oreille moyenne. La plupart du temps,
l’oreille moyenne est logiquement freiné par la nécessité de comprimer le volume d’air qui s’y
trouve. Un premier geste, dont on a constaté une certaine efficacité, est de placer un aérateur
transtympanique pour ouvrir l’oreille moyenne sur l’extérieur : la membrane de la fenêtre ronde
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Le geste est simple, rapide et conservateur. Il se fait sous anesthésie locale et les
aérateurs peuvent être changés s’ils ne tombent pas d’eux-mêmes au bout de plusieurs mois.
L’hypothèse a aussi été faite que des variations de pression transmises au labyrinthe pouvaient
avoir un effet bénéfique. Il a donc été développé différents appareils comme le Meniett® qui est
un générateur d’onde très basses fréquences qui seront transmises à l’oreille interne depuis le
conduit auditif externe [287]. Ce traitement basé sur des séances de pressions pulsées avec un
place d’un aérateur transtympanique. Son efficacité est controversée et son utilisation limitée par
a été décrite en 1933 par Dandy. C'est une technique chirurgicale impliquant une section
sélective du nerf vestibulaire à son entrée dans le cerveau pour réduire les vertiges mais
Plusieurs auteurs ont modifié la technique originale (Figure no 63). En 1989, Silverstein a
des vertiges chez 92 % avec une perte auditive significative chez seulement 4 % des patients.
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
− Il s’agit d’un abord simple, rapide au travers d’une craniotomie limitée. La vision directe
et satisfaisante sur le paquet acoustico-facial permet une neurectomie aisée avec une
conservation de l’audition et de la motricité faciale plus certaine que dans les autres voies
d’abord.
− Le patient est placé en décubitus dorsal, la tête est maintenue en rotation forte du côté
mastoïdienne, puis espace situé entre lignes nuchale supérieure et nuchale inférieure
diamètre est taillé à la fraise, exposant ainsi la dure-mère cérébelleuse. Ce volet est
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Figure no 64 : Repères anatomiques sur le crâne. Le foramen mastoïdien (1) indique le bord
postérieur de la partie médiane du sinus sigmoïde (s). L'extrémité postérieure de l'incisure
mastoïdienne (2) correspond grossièrement au niveau du CAI. La craniotomie doit être pratiquée
en dessous du foramen mastoïdien, en arrière de l'incisure mastoïdienne et au-dessus du bord
de la fosse condylienne (3).
− Pour accéder à l’angle, il faut obtenir une rétraction suffisante du cervelet. Cette
l’administration simultanée du Mannitol et/ou une hypocapnie modérée. Une fois l’angle
vestibulaire, la séparation se fait par un instrument mousse. Le nerf facial est repéré
est comblée par des greffons adipeux. Les sutures sont musculaires, sous cutanées
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
(A) Une fine artériole (flèche noire) longe l'espace de démarcation entre les nerfs cochléaire et vestibulaire.
On note l'emplacement du nerf facial sous-jacent.
(B) Le nerf vestibulaire est de couleur plus grise que le nerf cochléaire.
(C) La zone de chevauchement (tête de flèche blanche) située dans la subdivision cochléaire adjacente au
plan de clivage cochléovestibulaire a été divisée.
(D) Le nerf facial intact sous le nerf cochléaire.
Co = nerf cochléaire . F = nerf facial .M = microdissecteur. Pe = crête pétreuse de l'os temporal . Pica =
artère cérébelleuse inférieure postérieure . Ve = nerf vestibulaire.
fosse moyenne présente un risque majeur de lésion du nerf facial par rapport à l'abord
postérieur [32].
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
La NV reste pour beaucoup d’opérateurs le gold standard par l’excellence de ses résultats
seule discussion tient au fait qu’il s’agit d’une intervention oto-neurochirurgicale et que «
l’abord de l’angle ponto cérébelleux pour une pathologie purement fonctionnelle est discutable »
[143]. La guérison est obtenue dans 90 à 96 % des cas. Néanmoins, si la morbidité méningée,
confond avec celle d’une cohorte de patients du même âge indemnes de la maladie .
Ménière controlatérale soit exceptionnelle chez les patients neurotomisés alors qu’elle survient
Les effets sur les acouphènes sont inconstants, imprévisibles et en moyenne nuls [143].
comorbidité associée. Il n’est pas recommandé de la réaliser dans les maladies de Ménière
bilatérales puisqu’elle est un traitement destructeur. Il est recommandé de la proposer dans les
e. Labyrinthectomie chirurgicale :
Lake a décrit cette procédure pour la première fois en 1904. Au milieu du XXe siècle, la
labyrinthectomie a été établie comme une alternative moins invasive à la neurectomie du nerf
vestibulaire [288]. Il s'agit d'une procédure destructrice de l'audition réservée aux patients ayant
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
intervention chirurgicale définitive qui tente d'abolir la commande vestibulaire anormale dans
sensoriels anormaux des canaux semi-circulaires et des organes des otolithes qui sont censés
Le taux de réussite pour soulager les vertiges est estimé à >95%, car il convertit une
maladie de l'oreille interne fluctuante dynamique en une maladie statique, ce qui est
particulièrement bénéfique pour les patients qui subissent des crises otolithiques de Tumarkin
(Drop attacks), qui ont tendance à se produire dans les derniers stades de la MM [194] .
Diaz et al. [294] ont évalué le contrôle des vertiges chez 44 patients MM qui ont subi une
Kemink et al. [295] ont examiné 110 patients présentant une audition non fonctionnelle
et une incapacité labyrinthique persistante qui ont subi une labyrinthectomie transmastoïdienne.
Environ 88 % des patients ont signalé une absence totale de vertige et 9 % un soulagement
marqué du vertige, ce qui fait que 97 % des patients ont ou un soulagement marqué du vertige.
Langman et Lindeman [296] ont évalué le contrôle du vertige chez 43 patients ayant subi
une labyrinthectomie transmastoïdienne. Une résolution complète des crises de vertige a été
auditive complète, un développement possible ou une aggravation des acouphènes dans l'oreille
affectée, et une instabilité posturale prolongée potentiellement secondaire à ceux qui n'arrivent
pas à obtenir une compensation vestibulaire centrale [297]. Ce problème prolongé potentiel doit
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
être traité avant la chirurgie avec le patient dans le cadre du processus de prise de décision
partagé, et une discussion détaillée sur la thérapie vestibulaire doit être utilisée chez les patients
qui peuvent avoir des difficultés avec la compensation centrale d'une faiblesse vestibulaire
unilatérale, en particulier chez les patients âgés ou ceux qui auraient difficulté professionnelle.
Ceci est également particulièrement important chez les personnes âgées qui sont à risque de
chutes qui peuvent être assez dévastatrices. Tous les patients qui subissent une ablation
chirurgicale par labyrinthectomie doivent savoir que la compensation centrale peut prendre des
semaines, voire des mois, et que beaucoup peuvent présenter un déséquilibre/des vertiges
persistants [194] .
De plus, il est désormais possible d'envisager une restauration auditive chez un patient
montré que ces patients fonctionnent bien avec leur implant cochléaire, certains atteignant des
réhabiliter l'audition dans le même temps. Cette pratique est plus courante en Australie et aux
surdité profonde non appareillable chez un patient présentant des vertiges invalidants ou des
f. Implantation cochléaire :
L'implantation cochléaire (IC) s'est avérée bénéfique chez les patients atteints de MM qui
évoluent vers une SNS bilatérale sévère à profonde ou une MM unilatérale avec une perte auditive
controlatérale d'une autre cause [299]. Le résultat auditif semble similaire à celui d'autres
patients qui subissent une IC, bien que les patients atteints de MM inactive affichent des scores
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Certaines études soulignent que les symptômes vestibulaires peuvent s'améliorer après
l'IC [300]. L'IC est également une option pour le soulagement des acouphènes chez les patients
3. Traitement d’entretien :
La SNS est l'un des critères clés pour le diagnostic de la MM. La SNS, même légère et
sanitaires considérables [302]. Aucune intervention médicale ou chirurgicale n'a encore été
démontrée pour prévenir ou corriger efficacement la SNS associée à la MM. Bien qu'il existe une
pour la SNS, relativement peu s'est concentré sur la rééducation de la SNS due à la MM [194].
Dans les premiers stades de la MM, la SNS fluctue généralement dans l'oreille affectée et
peut n'être qu'intermittente. L'ajustement des aides auditives dans une SNS légère et fluctuante
est difficile, car une adaptation initiale réussie peut être suivie de plaintes selon lesquelles le son
est trop faible, trop fort ou déformé peu de temps après [303]. De plus, une suramplification
pourrait induire une SNS permanente en raison d'une exposition excessive à des stimuli
Plus tard dans l'évolution clinique, la fluctuation a tendance à s'atténuer et à évoluer vers
une audition inutilisable dans l'oreille affectée. D'autres problèmes liés à l'ajustement des aides
entre le seuil d'un stimulus acoustique et le niveau auquel ce son devient inconfortable [194] .
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
préférentiellement les fréquences les plus affectées par SNHL, tout comme une prothèse auditive
est adaptée à la perte auditive d'un individu. Ces appareils sont généralement beaucoup moins
chers que les aides auditives conventionnelles. Cependant, il leur manque les composants
sophistiqués d'une aide auditive qui peuvent traiter, par exemple, la plage dynamique étroite et
la distorsion que subissent de nombreux patients atteints de MM. Ainsi, ils seraient de la plus
grande valeur pour les patients atteints de SNHL légère ou intermittente ou en tant que dispositif
À la lumière de ces données, les cliniciens doivent conseiller les patients, ou référer à un
clinicien qui peut conseiller les patients atteints de la maladie de Ménière et de la perte auditive
l'équilibre. Cette intervention a été initialement décrite par Cooksey et Cawthorne dans le but de
important, car les patients présentant une hypofonction vestibulaire unilatérale courent un
risque significativement plus élevé de chutes [305]. Les patients présentant une MM bilatérale
ont une capacité limitée à compenser la perte vestibulaire périphérique et sont à un risque
encore plus élevé de chutes et de blessures liées aux chutes que ceux atteints d'une maladie
unilatérale ou de sujets du même âge non affectés [306]. Les interventions qui accélèrent ou
facilitent une compensation adéquate du système nerveux central sont très recherchées pour
réduire les symptômes pénibles et améliorer la qualité de vie des patients, tout en minimisant les
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Des études récentes ont fourni de fortes recommandations pour la RV pour traiter les
ainsi que de fortes recommandations pour utiliser la RV pour améliorer la qualité de vie et
dans la prise en charge de la MM, et certaines recherches dans ce domaine ont même exclu les
Garcia et al. [309] ont rapporté que la RV basée sur la réalité virtuelle combinée à un
régime alimentaire et à une gestion médicale améliorait les symptômes subjectifs basés sur le
score DHI par rapport à ceux traités avec un régime et une gestion médicale seuls .
Yardley et Kirby [310] ont utilisé un programme de RV fourni par le biais d'un livret
d'exercices qui a entraîné une amélioration significative des restrictions d'activité vestibulaires
Il existe d'autres circonstances dans lesquelles la RV peut être proposée pour traiter le
déséquilibre chronique dû à la MM. La prise en charge médicale (p. ex., gentamicine IT) ou
chirurgicale (p. ex., labyrinthectomie ou NV) ablative du vertige épisodique réfractaire peut
entraîner une hypofonction vestibulaire périphérique unilatérale totale ou presque totale. Les
compensation vestibulaire centrale a été incomplète. Par conséquent, ils sont candidats à la RV
post-traitement.
La SFORL précise aussi dans ses recommandation qu' "il est recommandé dans la maladie
de Ménière, en cas de déficit vestibulaire unilatéral plus ou moins marqué, une rééducation
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La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
intercritique, car elle permet d’obtenir une amélioration de la qualité de vie" [4] .
Une fois qu'un diagnostic probable de maladie de Ménière est posé et que d'autres
troubles ont été écartés, le médecin de famille est bien placé pour amorcer un traitement
conservateur. Une référence à un médecin ORL doit également être initiée. Une prescription
patient, à prendre au moment des crises de vertiges sans dépasser 5 jours de traitement par
crise. En cas de première crise intense, une hospitalisation est souvent justifiée : elle permet de
réaliser au plus vite l’ensemble du bilan qui permet d’éliminer un diagnostic différentiel. Dans
tous les cas, il faut atténuer les vertiges et les symptômes associés, anxiété, nausées et
vomissements. La voie intraveineuse est privilégiée en cas de crise grave, la voie orale est
réservée aux crises modérées, en particulier avec des nausées, et peu ou pas de vomissements.
En cas de baisse brutale de l’audition, un traitement par corticoïdes peut être donné pendant
quelques jours, éventuellement associé à une perfusion de mannitol qui, par un effet osmotique,
Une discussion initiale sur les facteurs liés au mode de vie est la première étape du
traitement de fond. Des conseils pour réduire le stress et des modifications du mode de vie tels
recommandés. L'apport quotidien en sodium doit aussi être restreint à 2 300 mg [3] .
La bétahistine est recommandée dans la MM. Elle permet d’améliorer les vertiges, mais
prescrire est de 48 mg en 3 prises par jours de 16mg. Cette dose peut être augmentée si
- 135 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
persistance des crises jusqu’à 96 mg/j, voire 288 mg/j dans les cas de MM sévère. Les
diurétiques tels que l'hydrochlorothiazide à dose journalière de 50mg en 2 prises de 25mg ont
été suggérés de manière anecdotique pour ralentir la perte auditive en réduisant les pressions
liquidiennes dans l'oreille hydropique, mais les preuves de leur efficacité restent limitées [3].
Harcourt et al. [4] recommandent un essai de la bétahistine pendant un minimum de trois mois
nombreux facteurs, y compris d'autres problèmes de santé rencontrés par les patients, leur
profession, ainsi que la gravité et la durée des crises. Les crises de Tumarkin peuvent être une
Pour le sous-groupe de patients dont les symptômes ne sont pas bien contrôlés par un
traitement conservateur, des stéroïdes intratympaniques peuvent être proposés pour contrôler
les épisodes de vertige. La Dexaméthasone est la molécule de choix à utiliser. Il existe plusieurs
Si les traitements précités n’ont pas montré d’efficacité satisfaisante, les options
endolymphatique s’adresse aux patients avec une audition conservée et à l’avantage de ne pas
peut aussi être envisagée bien qu’aucune étude bien conduite n’a pu montrer un effet supérieur
- 136 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Dans le cas d’une audition résiduelle non fonctionnelle, les traitements destructeurs
prennent toute leur indication dans le traitement des symptômes. Le premier geste à envisager
est l’injection intratympanique de gentamicine, ce traitement ne doit pas être proposé en cas
d’oreille unique ou lors de maladie de Ménière bilatérale. Les protocoles d’injection diffèrent
vertiges,
semaines.
vertiges, mais elle entraîne également une surdité totale. Son indication doit donc être
particulièrement discutée et sans doute réservée à des patients fragiles chez lesquels une voie
d’abord otoneurochirurgicale serait déconseillée, et dont l’audition est déjà très altérée du fait
réalisée par des kinésithérapeutes ayant suivi une formation spécifique et disposant de matériel
spécialisé. Elle est proposée en cas d’instabilité dans les périodes intercrises et chez les patients
angoissés par la survenue des crises. Le nombre et durée des séances est variable selon
l’évolution clinique des patients. Une activité physique régulière est préconisée, permettant de
En cas de surdité, une réhabilitation auditive doit être proposée, quelle que soit l’audition
souvent mis au premier plan par les patients. Cependant, les réglages de l’aide auditive peuvent
être difficiles du fait du caractère fluctuant de la surdité. En cas de surdité sévère, une
- 137 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
5. Évolution :
Santos et al. [312] ont évalué 54 patients MM traité par diurétiques et régime hypo sodé. Le
contrôle du vertige était complet chez 79% des patients avec amélioration de l’audition chez 35% des
cas. Dans notre étude, l’amélioration de l’audition était observée chez 37.5% des patients.
Luxford et al. [242] ont trouvé une amélioration des crises de vertige chez 45.3% des
patients chez qui un régime hyposodé avec limitation de caféine a été suivi en plus du traitement
médical. Dans notre étude, des RHD avec traitement médical a permis une amélioration du
Colletti [313] a trouvé une résolution des crises de vertiges chez 32/49 patients traité par
Bétahistine à une dose de 16 mg 3 fois par jour pendant 6 mois. L’ENF était de grade 1 chez 22
patients et un ENF-2 chez 4 patients. Ceci concorde avec nos résultats dans lesquelles 85% des
patients ont un contrôle total des vertiges sous traitement médical, et un grade 1 de l’ENS a été
Sanz et al. [314] ont étudié 62 patients qui ont reçu 3 injections hebdomadaire de
4mg/mL de dexaméthasone et ont trouvé un contrôle complet des vertiges chez 41.9% des
Chung et al. [231] ont traité 20 patients par dose unique de GIT de 12mg et 10 patients par 3-
10 doses quotidiennes de 20mg. Le contrôle des vertiges a été obtenu chez 13 patients injection
unique avec une ENF-1 et 8 patients injection multiple avec une ENF-1 chez les 8 patients.
Sun et al. [315] ont traité 11 patients par décompression du sac endolymphatique et 12
patients par shunt mastoïde-SE et ont observé un contrôle total et substantiel chez
- 138 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Li et al. [316] ont opéré 100 patients par NV rétrosigmoïde durant la période 1995-2011.
Après 2 ans de suivi, le contrôle des vertiges était à 100% avec amélioration de l’audition
- 139 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Antécédents et examen
physique
≥ 2 de 20 min à 12H .
Pas d’autre cause
La migraine est-
elle présente ?
Obtenir audiogramme
Non
- 140 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Prescrire :
Bétahistine 16mg
• Bétahistine 3x / jour
• Diurétiques
Non
Oui
Non
Audition conservée
Non
Déficience auditive
Oui
Oui
-Chir. Sac endolymphatique
-Neurectomie vestibulaire
Oui
Symptômes contrôlés
Déséquilibre chronique
Non
Oui
• GIT 20mg/j pdt 3-10 jrs
• Labyrinthectomie ± IC
Rééducation vestibulaire
- 141 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
CONCLUSION
- 142 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Plusieurs comorbidités, telles que les allergies, les facteurs hormonaux et la migraine,
sont surreprésentées chez les patients atteints de la maladie de Ménière par rapport à la
population générale. Certains des cas semblent également avoir une base génétique solide .
La maladie de Ménière est un diagnostic clinique basé sur l’association des symptômes
suivants : aux moins deux crises de vertige de 20 minutes à 12 heures, une surdité fluctuante
L’IRM cérébrale est indiquée pour exclure une autre pathologie du labyrinthe ou de la
sévérité des symptômes, justifie une prise en charge individuelle pour un traitement adapté.
- 143 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
RÉSUMÉS
- 144 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Résumé
caractérisée par des crises de vertiges rotatoires, une hypoacousie fluctuante, des acouphènes et
une sensation de plénitude de l’oreille. La prévalence s’élève à 0,2% et le diagnostic est clinique
C’est une étude rétrospective descriptive qui a inclus 40 patients admis dans le service
2019.
L’âge moyen est de 49,73 ans ± 12,52 ans. Le sexe ratio est 2.07:1 en faveur des
femmes. 17.5% des patients ne présentent aucun antécédent associé à la maladie étudié.
Cinquante-cinq pour cent de nos patients ont présenté la triade classique ménièriforme.
Les vertiges constituent le signe clinique le plus fréquent (100%). Il s’agit de vertiges rotatoires
L’hypoacousie était présente chez tous nos patients dont 7, non perçue cliniquement et
Les acouphènes étaient présents chez 87.5% des patients, la plénitude d’oreille chez 45%.
Quatre-vingt-deux pour cent des patients présentent une surdité de perception du côté
atteint à l’examen otologique, 32.5% des patients ont présenté une ataxie vestibulaire et 65% un
L’audiométrie tonale est réalisée chez tous nos patients. Le déficit moyen est de 36.70 dB
Le résultat du tympanogramme réalisé chez tous nos patients était normal. Le réflexe
stapédien était présent chez les 40 cas sur les fréquences de 500Hz à 2000 Hz avec présence de
- 145 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
phénomène de recrutement, et présent chez 36 cas avec recrutement sur la fréquence de 4000
Hz.
La VNG chez nos patients a révélé une hyporéflexie vestibulaire du côté atteint chez
67.5% des cas. L’IRM était normale chez tous nos patients ce qui nous a permis d’éliminer une
pathologie centrale.
L’impact de la maladie de Ménière sur nos patients était moyen, de grade 3 et 4 selon
Quatre-vingt-quinze pour cent des patients ont bénéficié d’un traitement médical à base
fond. Seul 25% des patients se sont adhéré d’une façon complète au règles hygiéno-diététiques .
Soixante-sept pour cent et demi pour cent des patients ont bénéficié d’une rééducation
L’évolution à long terme est évaluée chez 24 cas, et était favorable chez 15 patients et
Notre approche thérapeutique a permis chez la grande majorité des patients (n=33) une
disparition (25 patients grade 1) ou la persistance d’un retentissement minime (8 patients grade
Au terme de cette étude, on peut conclure que nos résultats sont comparables à ceux de
la littérature.
- 146 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Abstract
rotational dizziness, fluctuating hearing loss, tinnitus, and aural fullness sensation. The
The objective of our work is to establish the epidemiological, clinical, and therapeutic
The mean age is 49.73 years ± 12.52 years. The sex ratio is 2.07: 1 in favour of women.
Fifty five percent of our patients manifested the classic Ménière’s triad. Vertigo is the
most frequent clinical sign (100%). The vertigo syndrome was rotational, the frequency and
Hearing loss was diagnosed in all of our patients, of which 7 not shown clinically and
documented by audiometry.
A sensorineural hearing loss on the affected side was observed in 82% of patients on
otological examination, 32.5% has shown vestibular ataxia and 65% a positive Romberg's sign.
Tonal audiometry is performed on all of our patients. The average deficit is 36.70 dB
The tympanogram results were normal in all of our patients. The acoustic reflex was
present in the 40 cases on the 500Hz to 2000 Hz frequencies with the loudness recruitment
phenomenon present. The reflex was positive in 36 cases with recruitment on the 4000 Hz
frequency.
- 147 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
VNG in our patients revealed vestibular hyporeflexia on the affected side in 67.5% of the
cases. MRI was normal in all our patients, which allowed us to rule out a central pathology.
The impact of Ménière's disease on our patients was moderate, FLS 3 and 4 on the
treatment, and betahistine as a curative treatment. Only 25% of our patients fully adhered to the
67.5% of the patients benefited from vestibular rehabilitation, 5 patients from a hearing
aid.
The long-term follow-up was possible with 24 cases, and was deemed favourable in 15
Our therapeutic approach resulted in the vast majority of patients (n=33) a disappearance
(25 patients FLS 1) or the persistence of a minimal impact (8 patients FLS 2) on their daily
At the end of this study, we can conclude that our results are comparable to those of the
literature.
- 148 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
ﻣﻠﺧﺹ
ﻣﺭﺽ ﻣﻧﻳﺭ ﻫﻭ ﻣﺗﻼﺯﻣﺔ ﻓﻲ ﺍﻷﺫﻥ ﺍﻟﺩﺍﺧﻠﻳﺔ ﻣﺟﻬﻭﻝ ﺍﻟﺳﺑﺏ ﻳﺗﻣﻳﺯ ﺑﺎﻟﺩﻭﺍﺭ ﺍﻟﺩﻭﺭﺍﻧﻲ ،ﻭﺗﻘﻠﺏ ﻓﻘﺩﺍﻥ ﺍﻟﺳﻣﻊ،
ﻭﻁﻧﻳﻥ ﺍﻷﺫﻥ ،ﻭﺍﻟﺷﻌﻭﺭ ﺑﺎﻻﻣﺗﻼء ﻓﻲ ﺍﻷﺫﻥ .ﻣﻌﺩﻝ ﺍﻻﻧﺗﺷﺎﺭ ٪0.2ﻭﺍﻟﺗﺷﺧﻳﺹ ﺇﻛﻠﻳﻧﻳﻛﻲ ﺑﻧﺎ ًء ﻋﻠﻰ ﻣﻌﺎﻳﻳﺭ ﻣﺣﺩﺩﺓ
ﺟﻳﺩﺍ.
ً
ﺍﻟﻬﺩﻑ ﻣﻥ ﻋﻣﻠﻧﺎ ﻫﻭ ﺇﻧﺷﺎء ﺍﻟﻣﻠﻑ ﺍﻟﻭﺑﺎﺋﻲ ،ﺍﻟﺳﺭﻳﺭﻱ ﻭﺍﻟﻌﻼﺟﻲ ﻟﻬﺫﺍ ﺍﻟﻣﺭﺽ ﻓﻲ ﻣﺣﻳﻁﻧﺎ.
ﻫﺫﻩ ﺍﻟﺩﺭﺍﺳﺔ ﻫﻲ ﻋﺑﺎﺭﺓ ﻋﻥ ﺩﺭﺍﺳﺔ ﺍﺳﺗﻌﺎﺩﻳﺔ ﺷﻣﻠﺕ ﺃﺭﺑﻌﻳﻥ ﻣﺭﻳﺿﺎ ﻣﺻﺎﺑﻳﻥ ﺑﻬﺫﺍ ﺍﻟﻣﺭﺽ ،ﻭ ﺍﻟﺫﻳﻥ ﺗﻣﺕ
ﻣﻌﺎﻟﺟﺗﻬﻡ ﻓﻲ ﻗﺳﻡ ﻁﺏ ﺍﻷﻧﻑ ﻭﺍﻷﺫﻥ ﻭﺍﻟﺣﻧﺟﺭﺓ ﻓﻲ ﻣﺳﺗﺷﻔﻰ ﻣﺣﻣﺩ ﺍﻟﺳﺎﺩﺱ ﺍﻟﺟﺎﻣﻌﻲ ﺑﻣﺭﺍﻛﺵ ،ﺧﻼﻝ ﺍﻟﻔﺗﺭﺓ ﺍﻟﻣﻣﺗﺩﺓ
ﻣﺗﻭﺳﻁ ﺍﻟﻌﻣﺭ 49.73ﺳﻧﺔ 12.52 ±ﺳﻧﺔ .ﻧﺳﺑﺔ ﺍﻟﺟﻧﺱ 1 :2.07ﻟﺻﺎﻟﺢ ﺍﻟﻧﺳﺎء ٪17.5 .ﻣﻥ
ﻋﺭﺽ ٪55ﻣﻥ ﻣﺭﺿﺎﻧﺎ ﺍﻟﺛﺎﻟﻭﺙ ﺍﻟﻛﻼﺳﻳﻛﻲ .ﻳﻌﺩ ﺍﻟﺩﻭﺍﺭ ﺍﻟﻌﻼﻣﺔ ﺍﻟﺳﺭﻳﺭﻳﺔ ﺍﻷﻛﺛﺭ ﺷﻳﻭﻋً ﺎ ) .(٪100
ﻳﺗﻣﻳﺯ ﻫﺫﺍ ﺍﻟﺩﻭﺍﺭ ﺑﻛﻭﻧﻪ ﺩﻭﺭﺍﻧﻳﺎ ،ﻭ ﺗﻭﺍﺗﺭﻫﺎ ﻭﺍﻟﻌﻼﻣﺎﺕ ﺍﻟﻣﺻﺎﺣﺑﺔ ﻟﻬﺎ ﺗﺧﺗﻠﻑ ﻣﻥ ﻣﺭﻳﺽ ﻵﺧﺭ.
ﻣﻭﺟﻭﺩﺍ ﻓﻲ ﺟﻣﻳﻊ ﻣﺭﺿﺎﻧﺎ ،ﺑﻣﺎ ﻓﻲ ﺫﻟﻙ 7ﻏﻳﺭ ﻣﻌﺗﺭﻑ ﺑﻬﻡ ﺇﻛﻠﻳﻧﻳﻛﻳًﺎ ﻭﻣﻭﺛﻕ ﺑﻭﺍﺳﻁﺔ
ً ﻛﺎﻥ ﻧﻘﺹ ﺍﻟﺳﻣﻊ
ﻗﻳﺎﺱ ﺍﻟﺳﻣﻊ.
ﻋﺭﺽ ٪ 82.5ﻣﻥ ﺍﻟﻣﺭﺿﻰ ﺿﻌﻑ ﺳﻣﻊ ﺣﺳﻲ ﻋﺻﺑﻲ ﻋﻠﻰ ﺍﻟﺟﺎﻧﺏ ﺍﻟﻣﺻﺎﺏ ﻓﻲ ﻓﺣﺹ ﺍﻷﺫﻥ،
ﺗﻡ ﺇﺟﺭﺍء ﻗﻳﺎﺱ ﺍﻟﺳﻣﻊ ﺍﻟﻠﻭﻧﻲ ﻋﻠﻰ ﺟﻣﻳﻊ ﻣﺭﺿﺎﻧﺎ ﺣﻳﺙ ﺑﻠﻎ ﻣﺗﻭﺳﻁ ﺍﻟﻌﺟﺯ 36.70ﺩﻳﺳﻳﺑﻝ ﻓﻲ ﺍﻟﻐﺎﻟﺏ ﻋﻠﻰ
ﺍﻟﺗﺭﺩﺩﺍﺕ ﻣﻥ 500ﻫﺭﺗﺯ ﺇﻟﻰ 2000ﻫﺭﺗﺯ ﻣﻊ ﻭﺟﻭﺩ ﻅﺎﻫﺭﺓ ﺗﺟﻧﻳﺩ ﺟﻬﺎﺭﺓ ﺍﻟﺻﻭﺕ .ﻛﺎﻥ ﺍﻻﻧﻌﻛﺎﺱ ﺇﻳﺟﺎﺑﻳًﺎ ﻓﻲ
٪67.5ﻣﻥ ﺍﻟﺣﺎﻻﺕ .ﻛﺎﻥ ﺍﻟﺗﺻﻭﻳﺭ ﺑﺎﻟﺭﻧﻳﻥ ﺍﻟﻣﻐﻧﺎﻁﻳﺳﻲ ﻁﺑﻳﻌﻳًﺎ ﻓﻲ ﺟﻣﻳﻊ ﻣﺭﺿﺎﻧﺎ ،ﻣﻣﺎ ﺳﻣﺢ ﻟﻧﺎ ﺑﺎﺳﺗﺑﻌﺎﺩ ﻣﺭﺽ
ﻣﺭﻛﺯﻱ.
ﻛﺎﻥ ﺗﺄﺛﻳﺭ ﻣﺭﺽ ﻣﻧﻳﺭ ﻋﻠﻰ ﻣﺭﺿﺎﻧﺎ ﻣﻌﺗﺩﻻً ،ﻓﻲ ﺍﻟﺻﻔﻳﻥ 3ﻭ 4ﻋﻠﻰ ﺍﻟﻣﺳﺗﻭﻯ ﺍﻟﻭﻅﻳﻔﻲ ) (ENFﻓﻲ
٪72.5ﻣﻥ ﺍﻟﺣﺎﻻﺕ.
ﺍﺳﺗﻔﺎﺩ ٪95ﻣﻥ ﻣﺭﺿﺎﻧﺎ ﻣﻥ ﺗﻧﺎﻭﻝ ﺍﻷﺳﻳﺗﻳﻝ ﻟﻭﺳﻳﻥ ﻛﻌﻼﺝ ﻟﻸﺯﻣﺎﺕ ،ﻭﺗﻧﺎﻭﻝ ﺍﻟﺑﻳﺗﺎﻫﻳﺳﺗﻳﻥ ﻛﻌﻼﺝ ﺃﺳﺎﺳﻲ.
ﺍﻟﺗﺯﻡ ٪25ﻓﻘﻁ ﻣﻥ ﺍﻟﻣﺭﺿﻰ ﺑﻘﻭﺍﻋﺩ ﺍﻟﻧﻅﺎﻡ ﺍﻟﻐﺫﺍﺋﻲ ﺍﻟﺻﺣﻲ؛ ﻟﻡ ﻳﺗﻡ ﺇﺟﺭﺍء ﺃﻱ ﻋﻣﻠﻳﺔ ﺟﺭﺍﺣﻳﺔ ﻷﻱ ﻣﺭﻳﺽ ﺑﺳﺑﺏ
ﺣﺎﻟﺗﻬﻡ.
ﺗﻡ ﺗﻘﻳﻳﻡ ﺍﻟﺗﻁﻭﺭ ﻋﻠﻲ ﺍﻟﻣﺩﻯ ﺍﻟﺑﻌﻳﺩ ﻋﻧﺩ 24ﺣﺎﻟﺔ ،ﻭﻛﺎﻧﺕ ﻣﻭﺍﺗﻳﺔ ﻓﻲ 15ﻣﺭﻳﺿً ﺎ ﻭﻏﻳﺭ ﻣﻭﺍﺗﻳﺔ ﻓﻲ 3ﻣﻣﻥ
ﺳﻣﺢ ﻧﻬﺟﻧﺎ ﺍﻟﻌﻼﺟﻲ ﻋﻧﺩ ﻏﺎﻟﺑﻳﺔ ﺍﻟﻣﺭﺿﻰ ) ﺍﻟﻌﺩﺩ = (33ﺑﺎﻻﺧﺗﻔﺎء ) 25ﻣﺭﻳﺿً ﺎ (ENF 1ﺃﻭ ﺍﺳﺗﻣﺭﺍﺭ
ﻓﻲ ﻧﻬﺎﻳﺔ ﻫﺫﻩ ﺍﻟﺩﺭﺍﺳﺔ ﻳﻣﻛﻧﻧﺎ ﺍﻟﻘﻭﻝ ﺑﺄﻥ ﺍﻟﻧﺗﺎﺋﺞ ﺍﻟﻣﺣﺻﻝ ﻋﻠﻳﻬﺎ ﺗﺗﻭﺍﻓﻕ ﺇﺟﻣﺎﻻ ﻣﻊ ﺍﻟﺩﺭﺍﺳﺎﺕ ﺍﻟﻣﺭﺟﻌﻳﺔ.
ANNEXES
- 151 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
- 152 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
- 153 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
- 154 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Toutes les cavités remplies d’endolymphe sont polarisées positivement par rapport au
plasma ou à la périlymphe. Le potentiel endolymphatique est produit localement :
− Dans la cochlée par la strie vasculaire (stria vascularis).
− Dans l’utricule, le saccule et les canaux semi-circulaires par des cellules non
sensorielles.
Canal endolymphatique :
Il présente d’abord une première portion dilatée intravestibulaire : le sinus. Puis, il se
rétrécit au niveau de l’isthme en pénétrant dans l’aqueduc du vestibule. Enfin, le canal s'élargit à
nouveau. Sur presque toute sa longueur, il est entouré de tissu conjonctif. L’épithélium qui le
tapisse est variable : cubique ou pavimenteux selon les régions.
Le sac endolymphatique :
Il termine le canal et constitue un véritable prolongement intracrânien du labyrinthe
membraneux. Large de 8 à 10 mm, il déborde la fossette unguéale dans un dédoublement de la
dure-mère. Sa surface luminale permet de distinguer :
− Une portion muqueuse proximale liée à la présence de nombreux plis de
l’épithélium, soutenue par un tissu conjonctif très vasculaire.
− Une partie distale lisse et moins vascularisée que la portion proximale.
- 155 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
- La cochlée :
La cochlée des mammifères est un organe en forme d'escargot avec une série de
compartiments remplis de liquide. Deux fenêtres, la fenêtre ovale et la fenêtre ronde, séparent
l'oreille moyenne de l'oreille interne, plus précisément de la périlymphe. Chez l'homme, il évolue
en deux tours et demi, qui sont divisés par la membrane basilaire et les membranes de Reissner
en trois compartiments distincts remplis de fluide (Rampes et canal cochléaire) .
La vibration du liquide périlymphatique cochléaire transmet le mouvement à la membrane
basilaire, stimulant ainsi les cellules ciliées du neuro-épithélium de l'organe de Corti, où
s'effectue la transduction des impulsions vibratoires en signaux bioélectriques.
Des études histopathologiques et électrophysiologiques antérieures ont mentionné que la
région basale est responsable du traitement des sons de haute fréquence et l'apical des sons de
basse fréquence .
Pour la transduction sonore, le potentiel endocochléaire est crucial pour l'amélioration du
potentiel microphonique (potentiel récepteur des cellules ciliées) et du potentiel d'action
composé du nerf auditif sur les cellules nerveuses du ganglion spiral, situé dans le modiolus
cochléaire .
Par conséquent, les impulsions bioélectriques se dirigent vers le système nerveux central,
via le nerf auditif. Sur la voie acoustique, les signaux sont traités jusqu'à atteindre le cortex
auditif dans le lobe temporal, où s'effectue l'intégration sensorielle auditive. A différents niveaux
de cette voie se trouvent certains neurones, dans une gamme limitée de fréquences et
d'intensités sonores (tonotopie), qui permettent à une région cochléaire spécifique d'avoir une
représentation exclusive dans le système nerveux central .
- Le système vestibulaire :
Les structures du système vestibulaire sont sensibles à la détection des mouvements,
qu'ils soient linéaires (utricule et saccule) ou angulaires (CSC), ce qui est essentiel pour le
maintien de l'équilibre .
- 156 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
La cupule (1) est une membrane anhiste de même densité que l’endolymphe qui s’enfonce dans un sens ou
dans un autre selon les mouvements d’endolymphe. La crête ampullaire (5) est un repli épaissi supportant
l’épithélium neurosensoriel cilié (4). Les cellules ciliées possèdent une touffe de stéréocils à leur pôle apical (3).
Parmi eux se trouve le kinocil (2). Au pôle basal se trouvent les synapses avec le premier neurone afférent
vestibulaire (6) formant le nerf ampullaire du canal considéré rejoignant le nerf vestibulaire.
Avec les mouvements angulaires de la tête, l'inertie du fluide dans les canaux provoque
une pression sur la cupule, ce qui stimule les cellules ciliées de la crête, soit pour augmenter ou
diminuer leur taux de décharge en fonction de la direction du déplacement du fluide et de
l'orientation des cellules ciliées sur la crête. À noter qu’à son sommet, chaque cellule ciliée a une
longue projection apicale appelée kinocils et plusieurs projections plus courtes appelées
stéréocils .
La déviation des stéréocils vers le kinocil provoque une augmentation de l'activité
neuronale afférente de la cellule. A l'inverse, la flexion des stéréocils loin du kinocil, provoque
une inhibition de cette activité.
- 157 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
- L’utricule et le saccule :
L’utricule est une vésicule allongée dont l’extrémité antérieure arrondie est accolée par sa
face médiale à la fossette ovoïde. À ce niveau, l’utricule est fixé solidement par du tissu
conjonctif et les filets nerveux utriculaires. Les CSCs débouchent dans l’utricule en deux
groupes:
− Les orifices ampullaires des CSCs latéral et antérieur dans le plafond de l’extrémité
antérieure .
− L’orifice non ampullaire du canal latéral, l’orifice commun au CSC antérieur et au CSC
postérieur et l’orifice ampullaire du canal postérieur dans l'extrémité postérieure
(figure no75) .
- 158 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Elle comporte une couche cellulaire faite de cellules de soutien et de cellules sensorielles ciliées (CS) de même
type que celles situées dans les crêtes ampullaires c’est-à-dire comportant des stéréocils et un kinocil. Sur
cette couche de cellules sensorielles, il y a une membrane gélatineuse : membrane otolithique (MO) engluant
l’extrémité des plus grands stéréocils et du kinocil. Cette membrane est alourdie par une couche d’otolithes
(pierres d’oreille constituées de cristaux de carbonate de calcium (O). La macule otolithique est divisée en
deux par un sillon, la striola (S). Concernant la macule utriculaire, de part et d’autre de la striola, les kinocils
se font face. Pour la macule sacculaire, les kinocils se tournent le dos.
D’après : Sauvage JP. Vertiges. Manuel de diagnostic et de réhabilitation, 2e édition. Paris : Elsevier Masson .
2014.
Par conséquent, la détection de mouvement dans n'importe quelle direction peut être
codée par une orientation spécifique des cellules ciliées dans les CSC et dans les organes
otolithiques. Cette information bioélectrique est transmise par les divisions supérieure (utricule,
partie antérosupérieure du saccule, canaux horizontal et antérieur) et inférieure (saccule, canal
postérieur) du nerf crânien vestibule-cochléaire (VIII) aux noyaux vestibulaires du tronc cérébral .
L'entrée de la synapse des CSCs est la première voie afférente de l'arc réflexe dans les
noyaux vestibulaires médial et supérieur. Par la suite, des neurones de deuxième ordre se
déplacent de manière ipsilatérale et controlatérale dans le faisceau longitudinal médian pour
atteindre les sixième, quatrième et troisième noyaux oculomoteurs. Un troisième motoneurone
innerve alors les muscles extraoculaires pour créer des mouvements oculaires conjugués, égaux
et opposés au mouvement de la tête, complétant le réflexe vestibulo-oculaire direct (VOR).
Cependant, une seconde voie VOR multisynaptique existe et fonctionne simultanément avec la
première en tant que modulateur et intégrateur de signaux provenant d'indices visuels et
proprioceptifs. Sans le VOR, la stabilisation du regard pendant les mouvements impulsifs de la
tête à haute vitesse serait altérée et l'acuité visuelle diminuerait.
- 159 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
MOTIF DE CONSULTATION :
Vertiges : ⃝ Hypoacousie : ⃝
Acouphènes : ⃝ Plénitude d’oreille : ⃝
Autre : ⃝
ATCDS :
Maladie auto-immune : non⃝ oui⃝ . si oui préciser…………………………
Migraine : non⃝ oui⃝
Infection otologique : non⃝ oui⃝ . si oui préciser…………………………
Traumatisme crânien : non⃝ oui⃝
Allergie : non⃝ oui⃝ . si oui préciser…………………………
Prise médicamenteuse : non⃝ oui⃝ . si oui préciser…………………………
Chirurgie otologique : non⃝ oui⃝ . si oui préciser…………………………
Cas similaires dans la famille : non⃝ oui⃝ . si oui préciser………………………
Autres : ………………………………………………………
Signes cliniques :
Vertiges : non⃝ oui⃝ . si oui préciser : Âge 1ère crise : ...............................................
Fréquence : ………………………………………....
Durée : …………………………………………….....
Facteur déclenchant : ……………………………..
Dépendance du mouvement : non⃝ oui⃝
Signes associés : ……………………………………
- 160 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Examen clinique :
Crise observée⃝ Non observée⃝
Examen ORL :
Examen de l’oreille :
- Pavillon : Normal⃝ Anomalie⃝ : .............................................
- Otoscopie : CAE + Tympan : Normal⃝ Anomalie ⃝ : .......................
- Acoumétrie : 1/ Rinne : Négatif ⃝ Positif⃝ : OD⃝ OG⃝
2/ Weber : Indifférent ⃝ Latéralisé⃝: OD⃝ OG⃝
Examen Neurologique :
Conscience : SG à ............/15
Examen de la marche : Normale⃝ Anomalie⃝ : ........................
Paires crâniennes :
- Nerf Vestibulaire (VIIIv) :
Signe de Romberg : Négatif ⃝ Positif⃝ côté : dt⃝ gch⃝
Epreuve des index : Négative ⃝ Positive⃝ côté : dt⃝ gch⃝
Test de Babinski-Weil : Négatif⃝ Déviation⃝ : ................................................
Nystagmus spontané : Absent⃝ Présent⃝ : ……………...................................
Autres paires crâniennes : ..................................................................................
Examen neurologique général : Normal⃝ Anomalie⃝: ........................................
Examens paracliniques :
- Audiométrie :
Audiométrie tonale : Déficit auditif en dB : ………………….
Fréquences : graves⃝ Aigues⃝
OD⃝ OG⃝
-Impédancemétrie :
1/ Tympanométrie : ....................................................
2/Réflexe stapédien : Absent⃝ Présent⃝
- VNG : Nystagmus provoqué : déviation vers oreille saine⃝ malade⃝
- IRM : ....................................................................................................................
-Autres :……………………………………………………………………………………………………………
- 161 -
La maladie de Ménière : Aspects diagnostiques et thérapeutiques
Traitement :
- Traitement de crise :
Alitement : non ⃝ oui⃝
Anxiolytiques : non⃝ oui⃝ : ....................................................
Antiémétiques : non⃝ oui⃝ : ....................................................
Acétyl-leucine : non⃝ oui⃝
- Traitement de fond :
1/Mode de vie :
-Régime hyposodé : non⃝ oui⃝
-Limitation des excitants (caféine, nicotine) : non⃝ oui⃝
-Respect des heures de sommeil : non⃝ oui⃝
2/Traitement médical :
-Bétahistine: non⃝ oui⃝ : ....................................................
-Diurétiques : non⃝ oui⃝ : ....................................................
-Corticothérapie orale : non⃝ oui⃝ : ....................................................
-Corticothérapie trans tympanique : non⃝ oui⃝
Indication si oui : ........................................................................
-Gentamicine trans tympanique : non⃝ oui⃝
Indication si oui : ........................................................................
3/Traitement chirurgical : non⃝ oui⃝
-Aérateur trans tympanique : non⃝ oui⃝
-Chir sac endolymphatique : non⃝ oui⃝
-Neurotomie vestibulaire : non⃝ oui⃝
Indication si oui : ........................................................................
-Labyrinthectomie: non⃝ oui⃝
Indication si oui : ........................................................................
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ﺃ ْﻗ ِ
ﺴﻢ ﺎہﻠﻟ ﺍﻟ َﻌ ِﻈﻴﻢ
ﺃﺭﺍﻗﺐ ﷲ ﻓﻲ ِﻣ ْﻬﻨَﺘِﻲ.
َ ﺃﻥ
ﻮﻥ ﺣﻴﺎﺓ ﺍﻹﻧﺴﺎﻥ ﻓﻲ ﻛﺂﻓّ ِﺔ َ
ﺃﻁﻮﺍﺭ َﻫﺎ ﻓﻲ ﻛﻞ ﺍﻟﻈﺮﻭﻑ ﺻ َﻭﺃﻥ ﺃ ُ
ﺽ
ﻼﻙ ﻭﺍﻟﻤ َﺮ ِ
ﺳ ِﻌﻲ ﻓﻲ ﺍﻧﻘﺎﺫﻫﺎ ِﻣﻦ ﺍﻟ َﻬ ِ
ﻭﺍﻷﺣﻮﺍﻝ ﺑﺎﺫﻻ ﻭ ْ
َ
ﻭﺍﻷﻟَﻢ ﻭﺍﻟﻘَﻠَﻖ.
ﺳ ﱠﺮ ُﻫ ْﻢ.
ﺳﺘﺮ َﻋ ْﻮ َﺭﺗ ُﻬﻢ ،ﻭﺃﻛﺘ َﻢ ِ
ﻛﺮﺍ َﻣﺘ ُﻬﻢ ،ﻭﺃ ْ
ﺱ َﻭﺃﻥ ﺃﺣﻔَﻆَ ﻟِﻠﻨَﺎ ِ
ﺍﻟﺪﻭﺍﻡ ﻣﻦ ﻭﺳﺎﺋِﻞ ﺭﺣﻤﺔ ﷲ ،ﺑﺎﺫﻻ ِﺭ َﻋﺎﻳَﺘﻲ ﺍﻟﻄﺒﻴﺔ ﻟﻠﻘﺮﻳﺐ ﻭﺍﻟﺒﻌﻴﺪ،
ﺃﻛﻮﻥ َﻋﻠﻰ َ
َ ﻭﺃﻥ
ﻟﻠﺼﺎﻟﺢ ﻭﺍﻝﻁﺎﻟﺢ ،ﻭﺍﻟﺼﺪﻳﻖ ﻭﺍﻟﻌﺪﻭ.
ﺍﻟﺒﺮ ﻭﺍﻟﺘﻘﻮﻯ.
ﻴﻦ َﻋﻠﻰ ﱢ
ُﻣﺘ َﻌﺎﻭﻧِ َ
ﺳ ّﺮﻱ َﻭ َﻋﻼﻧﻴَﺘﻲ ،ﻧَﻘِﻴﱠﺔ ِﻣ ّﻤﺎ ﻳُﺸﻴﻨ َﻬﺎ َ
ﺗﺠﺎﻩَ ﺼ َﺪﺍﻕ ﺇﻳ َﻤﺎﻧﻲ ﻓﻲ ِ
ﻭﺃﻥ ﺗﻜﻮﻥ ﺣﻴﺎﺗﻲ ِﻣ ْ