Analyse et Conception des Systèmes
d ’Information
1
Introduction
• Un SI se compose de deux parties complémentaires: les
données(fichiers,BD) et les traitements (pgms).
• Une donnée est une information ou une relation entre des
informations.
• Une Base de données est un ensemble structuré de
données enregistrées sur des supports accessibles par
l’ordinateur.
2
• L ’utilisation des fichiers soulève de gros problèmes :
• Lourdeur d ’accès aux données,
• Manque de sécurité,
• Données redondantes,
• Pas de contrôle de concurrence.
• D ’où la nécessité : de recourir à une organisation des
données (BD) et un logiciel (SGBD) prenant en charge les
fonctionnalités de protection, de sécurité et de fournir les
différents types d ’interface nécessaires à l ’accès aux
données.
3
Différents modèles de données
• Les bases hiérarchiques: premières apparues(1970), structure
de données arborescente, pointeurs entre les enregistrements
Impossibilité de liens N:M, adapté seulement aux structures
hiérarchiques.
• Les bases réseaux: proposent une structure de données à base
de liens permettant de constituer un réseau entre les données.
4
• Les bases relationnelles: les plus utilisées, données
représentées en tables, basées sur l’algèbre relationnelle et un
langage déclaratif.
• Les bases objets: les données sont représentées en tant
qu’instances de classes hiérarchisées. L’héritage est utilisé
comme mécanisme de factorisation de la connaissance.
5
Méthode MERISE
• Problèmes de la conception d’un S.I. sans Méthode
• Absence de conception globale d ’un projet d ’informatisation
• Vision parcellaire des besoins :
• redondance des données
• synonymes (plusieurs termes ont le même sens)
• polysèmes (un terme qui a plusieurs sens différents)
• Difficulté d ’une maintenance efficace :
• moyens techniques limités,
• manque de dossier d ’analyse
• Utilisateur non intégré dans la conception d ’un S.I.
• Difficulté de planification et de suivi du travail
MERISE: Méthode d'Etude et de Réalisation Informatique de Systèmes
d'Entreprise
6
Notions de base
Les systèmes
Système: "un tout constitué d'éléments unis par des relations, ces
éléments et ces relations étant munis de propriétés"
Etat d’un système : l'ensemble des valeurs, à un moment donné, des
propriétés des éléments et des relations du système.
Un système vit dans un environnement. Il subit de cet
environnement des stimuli qui viennent le perturber et l'obligent à
réagir c.a.d à déclencher des activités qui vont le faire évoluer
vers un nouvel état.
Système : "un tout constitué d'éléments unis par des relations, doté
d’une activité et répondant à des stimuli".
7
8
Le système d'information
Le concept de SI d'une organisation recouvre deux notions:
• l'organisation réelle se transformant, agissant, communiquant et mémorisant des
informations, notion qui apparente le SI à un objet naturel
• le système construit par l'homme pour représenter les actions, la
communication et la mémorisation de l'information, notion qui apparente le SI à objet
artificiel.
9
système d'information / système informatisé / système informatique
Une partie du S. d'information peut être (doit être) informatisé (le S. informatisé). Le
système informatisé s'appuie sur un S. informatique (matériel, logiciel, réseau..)
10
Le schéma systémique de l'entreprise :
Le SI est avant tout un véhicule de communication dans l'entreprise et entre
l'entreprise et son environnement. Au sein de l'entreprise on distingue:
• le système opérant chargé de la production (chaîne de fabrication,
atelier d'assemblage, etc.),
• le système de pilotage dirigeant l'entreprise et maintenant les
objectifs (directeur, chef de service, etc.),
• le système d'information assurant le lien entre les deux précédents.
Il informe le système de pilotage des performances du système opérant.
Inversement il transmet au système opérant les instructions du système
de pilotage.
11
12
Les principes de la méthode Merise sont essentiellement applicables à la partie
opérante : ils permettent une bonne appréhension de la gestion courante (gestion
de la production, des stocks, facturation...), plutôt que la gestion de “ pilotage
” (états statistique, historiques, plans long terme...).
13
Conception d'un SI
Cycle de vie
Tout projet est mené dans le cadre d'une démarche par étapes, appelée cycle de
développement ou cycle de vie. Ce cycle se situe sur une échelle de temps qui part de
l'étude de l'objet naturel à l'intégration du système artificiel dans l'objet naturel.
La partie cycle de vie prise en compte par Merise est découpée en quatre
périodes : la conception (descriptions détaillées des spécif ications fonctionnelles), la
réalisation (description logique et physique des données, production des programmes
et des consignes d'utilisation...), la mise en oeuvre (mise en place effective du
système dans son environnement réel) et la maintenance du système (adaptation
du système aux évolutions de l'entreprise).
14
15
Plus finement on distingue :
• le Schéma Directeur : définition des domaines d'étude, planification du
développement de chaque domaine. Il fixe les moyens en personne, machine... S'il n'y
a pas de schéma directeur récent une Etude d'Opportunité est nécessaire.
16
• l' Etude Préalable : elle permet de déterminer le domaine sur lequel
porte le projet, les structures concernées et l'organisation des postes de
travail. Elle décrit les circuits de l'information et les procédures, en
précisant pour chacune d'elle sa nature et son degré d'automatisation. Elle
définit également les moyens informatiques à mettre en oeuvre, les coûts,
les délais des différentes étapes de l'étude détaillée. Elle porte sur un sous-
ensemble représentatif du système de manière à permettre aux dirigeants de
prendre des décisions sur la globalité du projet. L'objectif est ici de définir la
mission, d'établir un diagnostic de l'existant et de proposer de nouvelles
orientations de gestion, d'organisation et technique. L'étude préalable peut
être décomposée en trois étapes : un recueil se soldant par un bilan de
l'existant, une conception permettant de préciser les nouvelle orientations
de gestion, d'organisation et technique et une appréciation permettant en
particulier de planifier la suite du projet.
17
• l'étude détaillée : elle détermine les spécifications fonctionnelles en
respectant les solutions retenues à l'issue de l'étude préalable. Elle se scinde
en deux étapes : la conception globale ou Conception d'Ensemble et la
conception détaillée ou Conception Fonctionnelle Détaillée .
• la réalisation. Elle se scinde en deux étapes : Conception Technique
Détaillée qui détermine les descriptions logique et physique des données,
l'architecture des programmes, etc., la Réalisation proprement dite qui
aboutit à production des programmes et comporte les tests unitair es et les
tests d'intégration.
18
• Préparation de la Mise en Oeuvre et Mise en Oeuvre : concerne la
préparation de la nouvelle organisation en particulier la conduite du
changement et les supports de formation. La mise en oeuvr e proprement
dite concerne davantage le basculement des données et les
changements de logiciels.
• Maintenance : adaptation du système aux évolutions de l'entreprise
Les trois premières étapes correspondent à la conception du système, les
suivantes concernent sa réalisation et son lancement.
19
Les niveaux d'abstraction
La conception d'un SI se fait en utilisant des modèles permettant de
représenter les données (aspects statiques) et les traitements (aspects
dynamiques) du futur système.
Les niveaux d'abstraction ont pour but de permettre une modélisation
progressive, par niveaux de préoccupation. Ces niveaux sont au nombre de 4.
20
• Niveau conceptuel
La description conceptuelle du système permet de représenter sa raison d'être
et sa finalité en s'appuyant sur ses objectifs et les réalités qui le contraignent. I l
s'agit dans un premier temps de décrire les règles de gestion qui per mettront
l'élaboration des modèles conceptuels de données et de traitements. Une
règle de gestion traduit un objectif prioritaire sans se soucier de la
manière de le mettre en œuvre .
Exemple : considérons les carrefours d'un système routier
Règles de gestion : - le système assure une circulation fluide des véhicules
- il s'agit d'éviter au mieux les collisions
Ces règles traduisent les deux objectifs primordiaux (fluidité de la circulation et
limitation des collisions).
21
• Niveau organisationnel
La description organisationnelle du système représente l’organisation permettant
d’atteindre les objectifs définis au niveau conceptuel. Il s'agit donc de décrire le
fonctionnement du SI dans le cadre d'une organisation cible. Les descriptions du niveau
organisationnel pour les traitements et les données ne pr éfigurent pas des moyens à
mettre en oeuvre pour y parvenir.
La description organisationnelle permet de décrire les vues partielles du système pour
chaque type d'acteur par site de l'organisation. Il s'agit de décrire D'OU sont visibles les
données et les traitements, QUI fait quoi en matière de données et de traitement,
QUAND réalise-t-on les traitements et manipule-t-on les données.
Exemple :
Règles d'organisation : le système alterne les flots de circulation, en autorisant un
passage en séquence dans une durée limitée des véhicules des différents axes.
22
• Niveau logique
Le niveau logique concerne la conception du logiciel correspondant aux parties à
automatiser du système. Il prend en compte l'état de l'art technique général
plutôt que les aspects physiques dans un contexte particulier. Il inclue une
description logique des données c'est à dire une description dans un
formalisme compatible avec l'état de l'art (modèle relationnel, modèle objet,
fichiers, etc.) mais encore portable par rapport à des choix techniques précis. Il
inclue également des modèles logiques de traitements décrivant le guidage
fonctionnel, les boites de dialogue, l'arborescence des fenêtres...
Exemple : L'alternance sera assurée à l'aide de signaux lumineux, placés sur
chaque axe de circulation...
23
• Niveau physique
Le niveau physique tient compte des préoccupations et des choix
techniques nécessaires à l'implantation physique des données et à la mise
en place des traitements : langage de programmation, choix du SGBD, taille
mémoire, etc.
Le passage de l'état ancien du système à l'état futur lors d'étapes de
conception (en particulier lors de l' étape de conception de l'étude préalable)
doit obligatoirement se faire par le niveau conceptuel, qui décrit l'invariant
de l'entreprise. Toute étude qui proposerait des évolutions techniques non
justifiées aux niveaux conceptuel et organisationnel est à proscrire.
24
25
Chaque niveau d'abstraction offrent une panoplie de modèles.
Chaque étape du cycle de vie d'un projet nécessite de s'intéresser :
• à un ou plusieurs niveaux d'abstraction,
• en utilisant un ou plusieurs modèles offerts par chaque niveau
d'abstraction.
Parcours au sein des niveaux d'abstraction
Pour un projet donné il s'agit de fixer :
• La démarche . Par exemple, certaines étapes du cycle de vie peuvent être
"fusionnées" dans le cas de "petits projet".
• Le choix des modèles de différents niveaux d'abstraction qui seront
utilisés lors de chaque étape.
26
Le processus est itératif, de plus suivant l'étape de la démarche dans laquelle on se trouve, la
description d'un niveau d'abstraction peut être :
• plus ou moins détaillée (technique d'affinement)
• sur une couverture plus ou moins large du domaine (Sous Ensemble Représentatif : SER)
Le niveau de détail augmente au fur et à mesure que l'on progresse dans les étapes.
27
Un parcours "standard"
A titre purement indicatif les indications suivantes peuvent permettre de
suivre une démarche cohérente:
• Etude Préalable
Si l'on part d'un existant, il s'agir a de décrire le fonctionnement
actuel (niveau organisationnel) de manière à en déduire une
représentation conceptuelle (en tirer l'essentiel et l'incontournable). La
conception du futur système partira du niveau conceptuel approuvé
et validé par le client. Une étude préalable devant être courte mais
complète, il s'agira alors de concevoir les niveaux organisationnel,
logique et même éventuellement physique (prototype) d'un Sous
Ensemble Représentatif (couverture limitée) du domaine à automatiser à
un niveau de détail qui peut rester sommaire. 28
• Etude Détaillée
Il s'agit de décrire les niveaux conceptuel et organisationnel
(spécifications fonctionnelles) sur l'ensemble du projet. Au niveau de la
conception d'ensemble le niveau de détail n'est pas encore très fin. Par
exemple les données nécessaires à chaque procédure sont encor e
globalisées dans un modèle de données général. Les caractéristiques
de moyens humains et matér iels à mettre en oeuvre ne sont pas
forcément abordées. Au niveau de la conception fonctionnelle
détaillée les niveaux conceptuel et organisationnel doivent être
entièrement décrits (niveau de détail le plus fin sur toute la couvertur e
du projet).
29
• Réalisation
Il s'agit de se focaliser sur les parties à automatiser. On commencera
(conception technique détaillée) par établir une description logique des
données et des traitements. Puis une description physique des données. A
l'issue de la conception technique détaillée la réalisation proprement dit aboutit
à la production de programmes.
30
31
Les modèles
Modèle
Un modèle est une représentation abstraite de la réalité. Par exemple une
carte routière est une représentation abstraite de routes, un plan
d'architectur e est une représentation abstraite d'un bâtiment, etc. Les
définitions du concept de modèle sont nombreuses :
• Weinberg
"Le modèle, c'est l'expression de quelque chose que nous cherchons à
appréhender, représentée en des termes que nous pensons comprendre"
• Douglas Ross
" M modélise A si M répond à des questions concernant A"
• Minsky
" Pour un opérateur O, un objet M est un modèle d'un objet A dans la mesure
où O peut utiliser M pour répondre aux questions qui l'intéressent au sujet de
A"
32
Donc un modèle doit :
- correctement représenter la pensée du modéliseur,
- permettre de communiquer sans ambiguïté.
Pour ce faire il s'agit d'offrir des formalismes précis et normalisés
pour modéliser les différents éléments (données et traitements) des
systèmes d'infor mation et ceci aux différents niveaux d'abstraction.
Par abus de langage nous utiliserons le mot "modèle" pour parler aussi
bien des formalismes que de leur utilisation. C'est le contexte qui
précise le sens. Lorsque nous parlerons par exemple, de modèles de
données il s'agit du formalisme utilisé pour modéliser des données.
Quand nous parlerons du modèle de donnée du domaine vente. Il s'agit
de son utilisation pour modéliser les données concernées par le
domaine "vente".
33
Les trois axes de modélisation de MERISE
MERISE propose une démarche globale de modélisation basée sur 3 axes de
modélisation (Figure ci-dessous: Trois axes de modélisation) :
• l'axe d'architecture ou fonctionnel qui permet de décrire ce que fait le système
(les activités) ;
• l'axe statique qui permet de décrire ce qu' est le système (les données) ;
• l'axe dynamique ou comportemental qui permet de décrire comment se
comporte le système (les processus et la succession de transformations effectuées
sur les données).
34
Exemple : On s'intéresse au traitement des commandes.
Dans ce cadre on distinguera plusieurs activités telles que le traitement de la
commande, la facturation et la livraison. Ces activités décrivent les aspects
fonctionnels du système (sous-système). Les aspects statiques correspondent à la
représentation des données mises en jeu : informations sur les clients, les articles, les
commandes, etc. Enfin les aspects comportementaux correspondent à la représentation
du comportement du système lors de l'arrivée d'événement et l'impact sur les données.
Par exemple l'arrivée d'une commande va déclencher la création d’une nouvelle
commande.
35
36
Axes de modélisation et niveaux d'abstraction
Merise offrent différents modèles permettant de représenter les aspects
statique , fonctionnel ( architecture) et dynamique d'un système et ceci à
différents niveaux d'abstraction :
conceptuel, organisationnel et logique (Figure ci-dessous : les
modèles de Merise). Les modèles physique ne font pas partie de la
méthode (et pour cause). Merise propose de nouveaux modèles (modèle
de flux par exemple) et établit une distinction beaucoup plus claire entre les
modèles organisationnels et les modèles logiques.
37
38
• Modèle de Contexte ( MC)
• Modèle Conceptuel des Données (MCD)
• Modèle Conceptuel des Traitements Analytique (MCTA)
• Cycle de Vie des Objets (CVO)
• Modèle de Flux Conceptuel (MFC)
+ Règles de Gestion
• Modèle Organisationnel des Traitements (MOT)
• Modèle Organisationnel des Données (MOD)
• Modèle Organisationnel des Traitements Analytique (MOTA)
• Modèle de Flux Organisationnel (MFO)
+ Règles d'Organisation
• Modèle Logique des Données (MLD)
• Modèle Logique des Données Réparties (MLDr)
• Modèle Logique des Traitements (MLT)
• Modèle Logique des Traitements Répartis (MLTR)
+ Primitives 39
Ces modèles sont complétés pour les études d'architectures techniques
complexes par les modèles suivants :
• Schéma d'Architecture Logique des Moyens Informatiques (SALMI )
• Schéma d'Architecture Logique (SAL)
• Schéma d'Architecture Logique Répartie (SALr)
Suivant le type de projet et l'étape du cycle de vie, il convient de sélectionner une
partie de ces modèles.
40
Exemple : Dans le cas d'un "petit projet" (quelques hommes/mois, pas
de répartition, logiciel classique) on ne développera que les MC, MFC,
MCD, MCTA, CVO, MLD, MLT, maquettes.
Rappel : Ces modèles peuvent être élaborés à différents niveaux de
détail, sur une couverture partielle ou totale du domaine d'étude et
s'inscrivent dans une démarche itérative ("courbe du soleil") .
41
Modèles Conceptuels
La description conceptuelle permet de représenter la finalité du système et sa
raison d'être, en s'appuyant sur ses objectifs et les réalités externes qui le
contraignent. Elle s'appuie sur un ensemble de Règles de Gestion qui décrivent
le "quoi" de l'entreprise. Une Règle de Gestion est une traduction conceptuelle des
objectifs choisis et des contraintes acceptées par l'entreprise. La plupart du temps
il s'agit de règles d'actions liées aux traitements ou de règles de calcul liées aux
données.
42
Exemples des règles de gestion :
"un inventaire doit être dressé périodiquement"
" tout produit livré sera entré en stock"
"la centrale d'achat sera libre d'imposer des jours de commandes"
"le salaire de base est égal à l'indice multiplié par la valeur du point"
43
Attention : l'analyste n'a aucune initiative sur les règles de gestion, son
unique rôle est de les trouver ( interview), les faire valider puis les
utiliser pour élaborer les différents modèles conceptuels.
Le niveau conceptuel traite des événements et fournit des résultats sans
se soucier de la manière dont sont acquises et restituées les informations
portées par ces événements et résultats.
44