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Gestion des Risques Industriels : Approches et Méthodes

Ce document traite de la gestion des risques industriels. Il présente les concepts clés de la gestion des risques comme la prévention, la détermination des risques et la maîtrise des risques. Le document décrit également les étapes du processus de gestion des risques.

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Gestion des Risques Industriels : Approches et Méthodes

Ce document traite de la gestion des risques industriels. Il présente les concepts clés de la gestion des risques comme la prévention, la détermination des risques et la maîtrise des risques. Le document décrit également les étapes du processus de gestion des risques.

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Master 2 : Gestion des risques Cours 2 : La gestion des risques industriels

1. Gestion des risques industriels

La gestion des risques est une approche adoptée par une collectivité, visant la réduction des
risques et misant sur la prise en compte constante et systématique des risques dans ses décisions
administratives, dans la gestion de ses ressources ainsi que dans la façon dont elle assume ses
responsabilités. Il s’agit donc d’un modèle de gestion axé sur la protection des personnes et des
biens qui cherche à s’adapter aux réalités modernes et complexes de nos sociétés.

La gestion des risques répond à une double logique complémentaire :

* Une logique de prévention pour empêcher l’aléa ou réduire les effets d’un possible événement
sur les personnes et les biens.

* Une logique d’intervention au moment où survient l’événement dommageable.

2.1 Processus de gestion des risques: une démarche de concertation

La gestion des risques implique également la mise en place d’une approche commune entre les
personnes dont les activités ou les biens génèrent des risques, les services d’urgence des
municipalités, les citoyens et les autres parties prenantes.

En ce sens, l’efficacité d’une telle démarche passe par une pratique basée sur la concertation et le
partage des responsabilités entre les différents acteurs du milieu.

Le processus de gestion de risques (figure 1) comprend les phases suivantes : la prévention, la


préparation aux situations d’urgence, l’intervention, le rétablissement et un processus continu de
communication entre tous les acteurs au cours du processus.
Master 2 : Gestion des risques Cours 2 : La gestion des risques industriels

2.2 Prévention

C’est l’ensemble des dispositions à mettre en œuvre pour réduire l’impact d’un phénomène
(naturel ou anthropique) prévisible sur les personnes et les biens. Il tente de réduire les
conséquences économiques, sociales et environnementales d’un développement imprudent de
notre société.

En général, la politique de prévention repose sur les axes suivants :

 La connaissance des phénomènes (aléa et risque)


 Surveillance (anticipation)
 L’information préventive et éducation
 La prise en compte des risques dans l’aménagement
 La mitigation (réduction de la vulnérabilité)
 La planification et l’organisation des secours
 La prise en compte de retour d’expérience

La prévention des risques industriels comprend plusieurs étapes : l’Identification des activités
génératrices de risques, la détermination des risques, la maîtrise des risques et les mesures des
contrôles, l’aménagement du territoire et la gestion des risques résiduels.
Master 2 : Gestion des risques Cours 2 : La gestion des risques industriels

2.2.1 L’Identification des activités génératrices de risques

Les autorités publiques et les entreprises manipulant des substances dangereuses se doivent de
procéder à l’identification des activités génératrices de risques susceptibles d’engendrer un
accident industriel majeur. En ce sens, certains dispositifs légaux, comme les Règlements,
précisent le type de matière ainsi que les quantités seuils au-delà desquelles les entreprises
devront se soumettre à différentes procédures.

Les mesures de protection sont définies de la façon suivante :

* mesure d’atténuation passive : Système instauré préalablement à une situation d’urgence


destinée à restreindre les conséquences d’un accident et qui n’exige pas d’intervention humaine,
de mécanisme externe ou de source d’énergie.

* mesure d’atténuation active : Système instauré préalablement à une situation d’urgence qui est
destinée à restreindre les conséquences d’un accident et qui requiert une intervention humaine,
un mécanisme externe ou une source d’énergie.

2.2.2 Détermination des risques

La détermination des risques constitue la base de la prévention des accidents industriels majeurs.
L’étape de la détermination vise l’atteinte du risque tolérable pour toutes les parties étant
concernées par ceux-ci. Pour cela, l’application du processus devra se faire de façon continue,
dans le but d’atteindre le risque minimal.

La détermination des risques repose sur 3 étapes essentielles :

2.2.2.1 Analyse des risques

L’analyse des risques porte sur l’identification des dangers inhérents aux substances
dangereuses, aux possibles défaillances des procédés, sur la réalisation des scénarios alternatifs
d’accidents et sur les conséquences possibles liées à ces dangers.

Les conséquences sont définies comme étant la mesure des effets prévus d’un accident.

L’estimation des conséquences de la manifestation d’un accident industriel majeur passe


notamment par l’analyse de certains éléments comme la distance et la nature des impacts sur
l’environnement et les structures (ex. : incendie, explosion), ses caractéristiques (radiation
thermique) et les impacts pour les personnes exposées.
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2.2.2.2 Estimation des probabilités

Dans le but d’estimer les fréquences, on propose d’affecter des classes de probabilités aux
différents scénarios. Ces classes seront le résultat de la considération de deux critères : les
intervalles de nombre (provenant de calculs théoriques) et le retour d’expériences sur les
incidents antérieurs ou historiques au niveau des installations similaires.

L’analyse de fréquence ou de probabilité peut s’effectuer selon deux approches en fonction du


besoin visé :

Approche qualitative : cette approche est basée sur l’utilisation de description de fréquence ou de
probabilité exprimée en unité de temps.

Approche quantitative : cette approche est basée sur le développement de fréquences numériques
par le biais des banques de données.

Le tableau suivant représente un exemple de classe de probabilité et de ses composantes.

2.2.2.3 Évaluation des risques

Cette troisième étape du volet de la détermination des risques consiste à procéder à l’évaluation,
c’est-à-dire à porter un jugement sur son acceptabilité en fonction des résultats de l’analyse de
risque.

La notion d’acceptabilité du risque sera variable en fonction des données concernant, entre
autres, la gravité des conséquences qu’il peut engendrer et de sa probabilité d’occurrence, mais
aussi en fonction d’éléments de nature plus subjective comme la perception du risque par un
individu ou une collectivité.
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Donc, pour évaluer le risque de manière objective, des critères d’acceptabilité devront être
déterminés préalablement à l’étape de l’analyse de risques (voir tableau suivant).

Suite à l’établissement de seuils d’acceptabilité, il sera possible d’utiliser une matrice de décision
(diagramme de criticité) dans le but d’identifier les scénarios qui affichent un niveau de risque
jugé inacceptable (C3), et pour lesquels des efforts pour le limiter et le réduire pourront être
effectués, jusqu’à l’atteinte d’un niveau jugé tolérable (C1).

La matrice de décision, exemple d’accidents de travail (AT)

Le tableau suivant présente un exemple de matrice de décision. Cette matrice sert, de façon
simple, à hiérarchiser les risques et à identifier ceux qui sont inacceptables et ceux qui sont
tolérables.

Les échelles de probabilité et de gravité des conséquences, utilisées pour une évaluation
quantitative simplifiée des risques, peuvent et dans plusieurs cas, doivent être adaptées à
l’installation étudiée. À cet égard, les exploitants possèdent la meilleure connaissance de leurs
installations et il est donc légitime de retenir les échelles de cotation choisies par l’exploitant
lorsque ces dernières sont bien adaptées au système à analyser.

Niveau de probabilité
Très probable
4 C2 4 C3 8 C3 12 C3 16
(permanent)
Probable
3 C1 3 C2 6 C3 9 C3 12
(tous les mois)
Improbable
2 C1 2 C2 4 C2 6 C3 8
(2 à 3 fois/An)
Très improbable
1 C1 1 C1 2 C1 3 C2 4
(<1fois/An)
1 2 3 4
Niveau de gravité Très grave
Faible Moyen Grave
AT>à un An
(pas AT) AT<à un An AT>à un An
avec décès
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C1 : zone de criticité faible (de 1 à 3) définissant les actions de priorité 3 (risque à accepter)

C2 : zone de criticité intermédiaire (de 4 à 6) définissant les actions de priorité 2 (risque à suivre)

C3 : zone de criticité élevée (de 8 à 16) définissant les actions de priorité 1 (risque à maîtriser)

2.2.3 Maîtrise des risques et mesure de contrôle

La maîtrise des risques consiste à mettre des mesures de sécurité et de contrôle internes par les
installations. Différentes méthodes que les organisations pourront adopter parmi lesquelles :

* Sécurité intrinsèque : vise la réduction ou l’élimination des risques à la source par des
modifications aux installations, aux équipements et aux procédures.

* Sûreté des lieux : cherche à assurer la sécurité au niveau des actes de malveillance
(vandalisme, terrorisme, etc.).

* Sécurité opérationnelle : corresponds à l’application des principes aux systèmes de gestion


pour l’identification, la compréhension et le contrôle des dangers reliés au procédé pour prévenir
les préjudices de toute nature et les accidents.

* L’approche du Nœud papillon : méthode permettant de visualiser à la fois les mesures de


protection, de prévention, pour la réduction de probabilités et des conséquences liées aux
scénarios d’accident.

Observation : Malgré l’application des méthodes de sécurité intrinsèque, de sûreté des lieux et de
programmes de gestion de sécurité opérationnelle, il est impossible d’assurer la maîtrise totale de
l’ensemble de tous les risques présents dans une installation ou sur un territoire.

En effet, même après la mise en place de toutes ces mesures, un risque résiduel subsiste. Ce
risque doit être géré par la planification des mesures d’intervention d’urgence.

2.2.4 La prise en compte des risques dans l’aménagement et l’urbanisme

L’aménagement du territoire peut être défini comme étant la politique publique qui consiste à
planifier et coordonner l’utilisation du sol, l’organisation du bâti, ainsi que la répartition des
équipements et des activités dans l’espace géographique.

En matière de gestion des risques, l’aménagement du territoire est un outil complémentaire aux
autres mesures de prévention et d’atténuation. En ce sens, certaines dispositions légales (zonage,
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lotissement, etc.) peuvent jouer un rôle important dans la prévention des accidents majeurs ainsi
que dans l’atténuation de leurs conséquences.

L’aménagement du territoire peut ainsi être en mesure de répondre à certaines problématiques de


cohabitation des usages, par exemple les situations de voisinage entre les installations impliquant
des risques majeurs et les résidences.

En définitive, l’aménagement du territoire, en complémentarité avec les autres outils de


prévention, est un aspect important du processus global de gestion des risques puisqu’il fournit
des moyens efficaces permettant de réduire les risques d’accident industriel et d’assurer la
protection du public et de l’environnement.

Figure 2. Exemple d’une méthodologie adoptée pour l’aménagement du territoire en matière de


gestion des risques (Conseil canadien des accidents industriels majeurs de Canada)

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