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IVG médicamenteuse à domicile : vécu des femmes

Cette étude qualitative en Bretagne a interrogé des femmes ayant eu une interruption volontaire de grossesse médicamenteuse à domicile suivies par des médecins généralistes. L'étude a examiné leur vécu et expérience lors de l'IVG médicamenteuse à la maison.

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IVG médicamenteuse à domicile : vécu des femmes

Cette étude qualitative en Bretagne a interrogé des femmes ayant eu une interruption volontaire de grossesse médicamenteuse à domicile suivies par des médecins généralistes. L'étude a examiné leur vécu et expérience lors de l'IVG médicamenteuse à la maison.

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Vécu des femmes lors d’une IVG médicamenteuse à

domicile : enquête qualitative en Bretagne auprès de


femmes suivies par des médecins généralistes libéraux
conventionnés
Céline Prudhomme

To cite this version:


Céline Prudhomme. Vécu des femmes lors d’une IVG médicamenteuse à domicile : enquête qualitative
en Bretagne auprès de femmes suivies par des médecins généralistes libéraux conventionnés. Sciences
du Vivant [q-bio]. 2019. �dumas-02555883�

HAL Id: dumas-02555883


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abroad, or from public or private research centers. publics ou privés.
N° d'ordre : 1 ANNÉE 2019

THÈSE D'EXERCICE / UNIVERSITÉ DE RENNES 1


sous le sceau de l’Université Bretagne Loire

Thèse en vue du
DIPLÔME D'ÉTAT DE DOCTEUR EN MÉDECINE

présentée par

Céline PRUDHOMME
Née le 10 Avril 1990 à Vannes

Thèse soutenue à Rennes


Vécu des femmes le 1er Mars 2019
lors d'une IVG devant le jury composé de :
Vincent LAVOUE
médicamenteuse à Professeur - Service de Gynécologie-Obstétrique,
CHU Rennes / Président
domicile.
Ronan GARLANTEZEC
Maître de Conférence Universitaire - Service
d’Epidémiologie, Economie de la Santé et
Enquête qualitative Prévention, CHU Rennes / Assesseur

en Bretagne auprès Sidonie CHHOR-QUENIART


Maître de Conférence Associé – Médecine
de femmes suivies générale, Rennes / Assesseur

par des médecins


Sylvie DENOEL
généralistes libéraux Gynécologue-PH, responsable CPEF/CIVG
Vannes-Auray / Assesseur
conventionnés.
Alexandra RAULT
Médecin Généraliste et attaché CPEF/CIVG
Vannes-Auray / Directrice de thèse
2

PROFESSEURS DES UNIVERSITES

NOM PRENOM TITRE CNU


ANNE-GALIBERT Marie-Dominique PU-PH Biochimie et biologie moléculaire
BARDOU-JACQUET Edouard PU-PH Gastroentérologie ; hépatologie ;
addictologie
BELAUD- Marc-Antoine PU-PH Histologie ; embryologie et
ROTUREAU cytogénétique
BELLISSANT Eric PU-PH Pharmacologie fondamentale ;
pharmacologie clinique ;
addictologie
BELOEIL Hélène PU-PH Anesthésiologie-réanimation et
médecine péri-opératoire
BENDAVID Claude PU-PH Biochimie et biologie moléculaire
BENSALAH Karim PU-PH Urologie
BEUCHEE Alain PU-PH Pédiatrie
BONAN Isabelle PU-PH Médecine physique et de
réadaptation
BONNET Fabrice PU-PH Endocrinologie, diabète et
maladies métaboliques ;
gynécologie médicale
BOUDJEMA Karim PU-PH Chirurgie générale
BOUGET Jacques Pr Emérite Thérapeutique-médecine de la
douleur ; addictologie
BOUGUEN Guillaume PU-PH Gastroentérologie ; hépatologie ;
addictologie
BRASSIER Gilles PU-PH Neurochirurgie
BRISSOT Pierre Pr Emérite Gastroentérologie ; hépatologie ;
addictologie
CARRE François PU-PH Physiologie
CATROS Véronique PU-PH Biologie cellulaire
CATTOIR Vincent PU-PH Bactériologie-virologie ; hygiène
hospitalière
CHALES Gérard Pr Emérite Rhumatologie
CORBINEAU Hervé PU-PH Chirurgie thoracique et
cardiovasculaire
CUGGIA Marc PU-PH Biostatistiques, informatique
médicale et technologies de
communication
DARNAULT Pierre PU-PH Anatomie
3

DAUBERT Jean-Claude Pr Emérite Cardiologie


DAVID Véronique PU-PH Biochimie et biologie moléculaire
DAYAN Jacques Pr Associé Cardiologie
DE CREVOISIER Renaud PU-PH Cancérologie ; radiothérapie
DECAUX Olivier PU-PH Médecine interne ; gériatrie et
biologie du vieillissement ;
addictologie
DESRUES Benoît PU-PH Pneumologie ; addictologie
DEUGNIER Yves Pr Emérite Gastroentérologie ; hépatologie ;
addictologie
DONAL Erwan PU-PH Cardiologie
DRAPIER Dominique PU-PH Psychiatrie d'adultes ;
addictologie
DUPUY Alain PU-PH Dermato-vénérologie
ECOFFEY Claude PU-PH Anesthésiologie-réanimation et
médecine péri-opératoire
EDAN Gilles PU-PH Neurologie
consultant
FERRE Jean-Christophe PU-PH Radiologie et imagerie médicale
FEST Thierry PU-PH Hématologie ; transfusion
FLECHER Erwan PU-PH Chirurgie thoracique et
cardiovasculaire
GANDEMER Virginie PU-PH Pédiatrie
GANDON Yves PU-PH Radiologie et imagerie médicale
GANGNEUX Jean-Pierre PU-PH Parasitologie et mycologie
GARIN Etienne PU-PH Biophysique et médecine
nucléaire
GAUVRIT Jean-Yves PU-PH Radiologie et imagerie médicale
GODEY Benoît PU-PH Oto-rhino-laryngologie
GUGGENBUHL Pascal PU-PH Rhumatologie
GUILLE François PU-PH Urologie
GUYADER Dominique PU-PH Gastroentérologie ; hépatologie ;
addictologie
HAEGELEN Claire PU-PH Anatomie
HOUOT Roch PU-PH Hématologie ; transfusion
JEGO Patrick PU-PH Médecine interne ; gériatrie et
biologie du vieillissement ;
addictologie
JEGOUX Franck PU-PH Oto-rhino-laryngologie
JOUNEAU Stéphane PU-PH Pneumologie ; addictologie
4

KAYAL Samer PU-PH Bactériologie-virologie ; hygiène


hospitalière
LAMY DE LA Thierry PU-PH Hématologie ; transfusion
CHAPELLE
LAVIOLLE Bruno PU-PH Pharmacologie fondamentale ;
pharmacologie clinique ;
addictologie
LAVOUE Vincent PU-PH Gynécologie-obstétrique ;
gynécologie médicale
LE BRETON Hervé PU-PH Cardiologie
LE GUEUT Mariannick PU-PH Médecine légale et droit de la
consultant santé
LE TULZO Yves PU-PH Médecine intensive-réanimation
LECLERCQ Christophe PU-PH Cardiologie
LEDERLIN Mathieu PU-PH Radiologie et imagerie médicale
LEGUERRIER Alain Pr Emérite Chirurgie thoracique et
cardiovasculaire
LEJEUNE Florence PU-PH Biophysique et médecine
nucléaire
LEVEQUE Jean PU-PH Gynécologie-obstétrique ;
gynécologie médicale
LIEVRE Astrid PU-PH Gastroentérologie ; hépatologie ;
addictologie
MABO Philippe PU-PH Cardiologie
MAHE Guillaume PU-PH Chirurgie vasculaire ; médecine
vasculaire
MALLEDANT Yannick Pr Emérite Anesthésiologie-réanimation et
médecine péri-opératoire
MENER Eric Pr Associé Médecine générale
MEUNIER Bernard PU-PH Chirurgie digestive
MICHELET Christian Pr Emérite Maladies infectieuses ; maladies
tropicales
MOIRAND Romain PU-PH Gastroentérologie ; hépatologie ;
addictologie
MORANDI Xavier PU-PH Anatomie
MOREL Vincent Pr Associé Epistémologie clinique
MOSSER Jean PU-PH Biochimie et biologie moléculaire
MOURIAUX Frédéric PU-PH Ophtalmologie
MYHIE Didier Pr Associé Médecine générale
ODENT Sylvie PU-PH Génétique
5

OGER Emmanuel PU-PH Pharmacologie fondamentale ;


pharmacologie clinique ;
addictologie
PARIS Christophe PU-PH Médecine et santé au travail
PERDRIGER Aleth PU-PH Rhumatologie
PLADYS Patrick PU-PH Pédiatrie
RAVEL Célia PU-PH Histologie, embryologie et
cytogénétique
REVEST Matthieu PU-PH Maladies infectieuses ; maladies
tropicales
RICHARD DE Bertrand Pr Associé Chirurgie thoracique et
LATOUR cardiovasculaire
RIFFAUD Laurent PU-PH Neurochirurgie
RIOUX-LECLERCQ Nathalie PU-PH Anatomie et cytologie
pathologiques
ROBERT- Florence PU-PH Parasitologie et mycologie
GANGNEUX
ROPARS Mickaël PU-PH Chirurgie orthopédique et
traumatologique
SAINT-JAMES Hervé PU-PH Biophysique et médecine
nucléaire
SAULEAU Paul PU-PH Physiologie
SEGUIN Philippe PU-PH Anesthésiologie-réanimation et
médecine péri-opératoire
SEMANA Gilbert PU-PH Immunologie
SIPROUDHIS Laurent PU-PH Gastroentérologie ; hépatologie ;
addictologie
SOMME Dominique PU-PH Médecine interne ; gériatrie et
biologie du vieillissement ;
addictologie
SOULAT Louis Pr Associé Thérapeutique-médecine de la
douleur ; addictologie
SULPICE Laurent PU-PH Chirurgie générale
TADIE Jean Marc PU-PH Médecine intensive-réanimation
TARTE Karin PU-PH Immunologie
TATTEVIN Pierre PU-PH Maladies infectieuses ; maladies
tropicales
TATTEVIN-FABLET Françoise Pr Associé Médecine générale
THIBAULT Ronan PU-PH Nutrition
THIBAULT Vincent PU-PH Bactériologie-virologie ; hygiène
hospitalière
6

THOMAZEAU Hervé PU-PH Chirurgie orthopédique et


traumatologique
TORDJMAN Sylvie PU-PH Pédopsychiatrie ; addictologie
VERHOYE Jean-Philippe PU-PH Chirurgie thoracique et
cardiovasculaire
VERIN Marc PU-PH Neurologie
VIEL Jean-François PU-PH Epidémiologie, économie de la
santé et prévention
VIGNEAU Cécile PU-PH Néphrologie
VIOLAS Philippe PU-PH Chirurgie infantile
WATIER Eric PU-PH Chirurgie plastique,
reconstructrice et esthétique ;
brûlologie
WODEY Eric PU-PH Anesthésiologie-réanimation et
médecine péri-opératoire
7

MAITRES DE CONFERENCES DES UNIVERSITES

NOM PRENOM TITRE CNU


ALLORY Emmanuel MC Associé Médecine générale
AME-THOMAS Patricia MCU-PH Immunologie
AMIOT Laurence MCU-PH Hématologie ; transfusion
ANSELMI Amédéo MCU-PH Chirurgie thoracique et
cardiovasculaire
BEGUE Jean Marc MCU-PH Physiologie
BERTHEUIL Nicolas MCU-PH Chirurgie plastique,
reconstructrice et esthétique ;
brûlologie
BOUSSEMART Lise MCU-PH Dermato-vénéréologie
BROCHARD Charlène MCU-PH Physiologie
CABILLIC Florian MCU-PH Biologie cellulaire
CAUBET Alain MCU-PH Médecine et santé au travail
CHHOR-QUENIART Sidonie MC Associé Médecine générale
DAMERON Olivier MCF Informatique
DE TAYRAC Marie MCU-PH Biochimie et biologie moléculaire
DEGEILH Brigitte MCU-PH Parasitologie et mycologie
DROITCOURT Catherine MCU-PH Dermato-vénéréologie
DUBOURG Christèle MCU-PH Biochimie et biologie moléculaire
DUGAY Frédéric MCU-PH Histologie, embryologie et
cytogénétique
EDELINE Julien MCU-PH Cancérologie ; radiothérapie
FIQUET Laure MC Associé Médecine générale
GARLANTEZEC Ronan MCU-PH Epidémiologie, économie de la
santé et prévention
GOUIN épouse Isabelle MCU-PH Hématologie ; transfusion
THIBAULT
GUILLET Benoit MCU-PH Hématologie ; transfusion
JAILLARD Sylvie MCU-PH Histologie, embryologie et
cytogénétique
KALADJI Adrien MCU-PH Chirurgie vasculaire ; médecine
vasculaire
KAMMERER- Solène-Florence MCU-PH Anatomie et cytologie
JACQUET pathologiques
LAVENU Audrey MCF Sciences physico-chimiques et
ingénierie appliquée à la santé
8

LE GALL François MCU-PH Anatomie et cytologie


pathologiques
LE GALL Vanessa MC Associé Médecine générale
LEMAITRE Florian MCU-PH Pharmacologie fondamentale ;
pharmacologie clinique ;
addictologie
MARTINS Pédro Raphaël MCU-PH Cardiologie
MATHIEU- Romain MCU-PH Urologie
SANQUER
MENARD Cédric MCU-PH Immunologie
MICHEL Laure MCU-PH Neurologie
MOREAU Caroline MCU-PH Biochimie et biologie moléculaire
MOUSSOUNI Fouzia MCF Informatique
NAUDET Florian MCU-PH Thérapeutique-médecine de la
douleur ; addictologie
PANGAULT Céline MCU-PH Hématologie ; transfusion
RENAUT Pierrick MC Associé Médecine générale
ROBERT Gabriel MCU-PH Psychiatrie d'adultes ;
addictologie
SCHNELL Frédéric MCU-PH Physiologie
THEAUDIN épouse Marie MCU-PH Neurologie
SALIOU
TURLIN Bruno MCU-PH Anatomie et cytologie
pathologiques
9

REMERCIEMENTS

Au Président de jury,
Monsieur le Professeur Vincent LAVOUE, vous me faites l’honneur de présider cette thèse. Je vous
remercie sincèrement pour l’attention que vous portez à ce travail.

Aux membres du jury


Monsieur le Docteur Ronan GARLANTEZEC, vous me faites l’honneur de juger cette thèse. Pour
l’intérêt que vous y portez, je tiens à vous remercier et à vous témoigner ma gratitude.

Madame le Docteur Sidonie CHHOR-QUENIART, vous me faites l’honneur de juger cette thèse. Soyez
assurée de ma reconnaissance et de toute ma considération pour votre implication dans notre formation.

Madame le Docteur Sylvie DENOEL, je te remercie sincèrement de m’avoir accueillie au CPEF/CIVG


de Vannes lors de la présentation de mon projet de thèse. Ton enthousiasme, ta disponibilité et tes
conseils tout au long de mon travail ont été précieux.

Madame le Docteur Alexandra RAULT, je te remercie d’avoir accepté la direction de cette thèse. Tu as
su m’orienter lors de ce travail, avec patience et bienveillance. Pour toute l’aide que tu m’as apportée
je te remercie sincèrement.

A Madame le Docteur Eglantine NEVE,


Je tiens à te remercier de m’avoir donné un peu de ton temps pour m’apporter ton aide dans l’élaboration
de mon questionnaire de thèse et le déroulement des entretiens.

A toute l’équipe du CPEF/CIVG de Vannes,


Pour votre accueil lors de ces quelques jours d’observation. Vos remarques et votre expérience ont été
bénéfiques tout au long de mon projet.

A toutes les femmes interrogées,


Je les remercie d’avoir accepté de participer à ce travail. Leur disponibilité et leur confiance m’ont
sincèrement touchée.

A mes maîtres de stage rencontrés au cours de ces trois années d’internat,


Je vous remercie de m’avoir transmis votre savoir et votre vision de la médecine. Cela a toujours été
un plaisir de travailler avec vous.
10

DEDICACES

A ma famille,
A mes parents, pour votre soutien depuis toujours et notamment depuis le début de mes études. Vous
avez toujours su me redonner confiance, merci pour tout.
A mon frère Ludovic et sa nouvelle famille : Marjorie et Gabriel, pour tous ces moments qui m’ont permis
de souffler durant ces années. Je vous souhaite plein de réussite et de bonheur.
A mes grands-parents, dont certains nous ont quittés trop tôt.
A mes oncles et tantes, cousins et cousines, et à tous ces moments partagés ensemble.

A Mickaël,
Merci pour ton soutien, ta présence et toutes tes attentions depuis ces dernières années. A notre
nouvelle vie ensemble.
A ma belle-famille, qui a su m’accueillir à bras ouverts.

A mes amis,
A celles qui ont été là depuis toujours : Mélanie, Céline, Audrey, Solène, Anne-Laure, Armonie, Camille,
Estelle : notre groupe a su s’enrichir tout au long de ces années. Vous avez été ma bouffée d’oxygène.
Gardons ces liens précieusement pour les prochaines années à venir.
A ceux rencontrés durant ces années en médecine : Catherine, Jiyun, Muriel, Rémi, Simon, Pauline.
Notre petit groupe a résisté à ces dures années qui n’auraient pas été les mêmes sans vous, merci pour
cela. A Zoé, Murielle et Aurore que j’ai eu le plaisir de rencontrer lors de l’internat.
A Rozenn, ma chère colocataire mais surtout amie, tu as été très importante pour moi dans ce parcours.
Nous avons vaincu ensemble !
Et à toutes les filles qui ont partagé cette fameuse Première Année. Je vous souhaite plein
d’épanouissement dans vos projets.
11

TABLE DES MATIERES

INTRODUCTION ............................................................................................................................. p. 14
I – Législation .................................................................................................................................. p. 14
II – Epidémiologie ............................................................................................................................ p. 14
III – Déroulement d’une IVG médicamenteuse à domicile pour les femmes majeures .................. p. 14
IV – Objectifs de l’étude................................................................................................................... p. 15

METHODE ....................................................................................................................................... p. 16
I – Type d’étude et constitution de l’échantillon .............................................................................. p. 16
II – Guide d’entretien ....................................................................................................................... p. 16
III – Recueil des données ................................................................................................................ p. 17
IV – Analyse des données ............................................................................................................... p. 17
V – Ethique et confidentialité des données ..................................................................................... p. 17

RESULTATS ................................................................................................................................... p. 18
I – Population étudiée ...................................................................................................................... p. 18
II – Déroulement des entretiens semi-dirigés .................................................................................. p. 19
III – Situation précédant l’IVG : de la découverte de la grossesse à la prise de décision .............. p. 19
1) Connaissances autour de l’IVG .......................................................................................... p. 19
2) Contraception et grossesse ................................................................................................ p. 19
3) Découverte de la grossesse ............................................................................................... p. 20
a. Signes annonciateurs ............................................................................................ p. 20
b. Vécu de la découverte et du début de grossesse ................................................. p. 20
c. Facteurs ayant influencé ce vécu .......................................................................... p. 21
4) Décision de la réalisation d’une IVG .................................................................................. p. 21
a. Choix initial ? ......................................................................................................... p. 21
b. Justification de la décision : facteurs influençant le choix et le vécu .................... p. 21
c. Délai de réflexion supprimé : les avis des femmes ............................................... p. 22
IV – L’IVG : de la décision à la réalisation ....................................................................................... p. 23
1) La méthode médicamenteuse au domicile ......................................................................... p. 23
a. Découverte de la méthode .................................................................................... p. 23
b. Pourquoi ce choix ? ............................................................................................... p. 23
c. Les inconvénients et limites de la méthode au domicile ....................................... p. 24
2) Le parcours ......................................................................................................................... p. 25
a. Les intervenants et sources d’information ............................................................. p. 25
b. Consultation auprès du médecin réalisant l’IVG : déroulement et vécu ............... p. 25
c. Place du médecin traitant ...................................................................................... p. 26
d. La conseillère conjugale et familiale...................................................................... p. 26
e. Vécu de l’échographie ........................................................................................... p. 27
f. Vécu du parcours et facteurs l’ayant influencé ..................................................... p .27
12

3) L’IVG au domicile ............................................................................................................... p. 28


a. Vécu physique ....................................................................................................... p. 28
b. Vécu psychologique .............................................................................................. p. 29
c. L’expulsion ............................................................................................................. p. 30
V – Après l’IVG ................................................................................................................................ p. 30
1) La consultation post-IVG .................................................................................................... p. 30
2) Les complications ............................................................................................................... p. 31
3) Contraception post-IVG ...................................................................................................... p. 31
4) Situation actuelle ................................................................................................................ p. 31
VI – Améliorations proposées par les femmes ................................................................................ p. 32
1) Le parcours ......................................................................................................................... p. 32
2) Informations autour de l’IVG ............................................................................................... p. 33

DISCUSSION .................................................................................................................................. p. 34
I – Forces et limites de l’étude ......................................................................................................... p. 34
II – Analyse des résultats ................................................................................................................ p. 34
1) Caractéristiques de la population étudiée .......................................................................... p. 34
2) Facteurs intervenant dans le vécu ..................................................................................... p. 36
a. Cheminement vers l’IVG : l’importance et la réalité du choix ................................ p. 36
b. Les intervenants et les consultations : neutralité et bienveillance ........................ p .38
c. L’IVG au domicile : un moment parfois redouté .................................................... p. 41
d. Et après : les retentissements au quotidien .......................................................... p. 42
3) Acceptabilité et apports de l’IVG médicamenteuse en cabinet libéral ............................... p. 42
III – Perspectives d’amélioration ..................................................................................................... p. 44

CONCLUSION ................................................................................................................................. p. 47
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES ........................................................................................... p. 48
GLOSSAIRE .................................................................................................................................... p. 51
ANNEXES........................................................................................................................................ p. 52
- Annexe 1 : Exemple de fiche de liaison ............................................................................. p. 52
- Annexe 2 : Fiches explicatives à destination des médecins et des patientes. Fiche de recueil
de consentement ................................................................................................................ p. 53
- Annexe 3 : Guide d’entretien .............................................................................................. p. 56
- Annexe 4 : Tableau des caractéristiques de la population étudiée et des entretiens ........ p. 57
- Annexe 5 : Chartre pour les échographistes ...................................................................... p. 59
- Annexe 6 : Note à l’intention du secrétariat........................................................................ p. 60
13

LISTE DES ILLUSTRATIONS

Figure 1 : Déroulement du recrutement des patientes .................................................................... p. 18


Figure 2 : Répartition des patientes selon le médecin et par département ..................................... p. 18
Figure 3 : Répartition par tranche d’âge (en %) .............................................................................. p. 35
14

INTRODUCTION
I – Législation
La loi Veil du 17 janvier 1975 (1) (reconduite définitivement en 1979), légalisant l’interruption volontaire
de grossesse (IVG), va évoluer au fil des années. La méthode médicamenteuse est autorisée par la
suite grâce à l’arrêté du 28 décembre 1988 (2).
La loi du 4 juillet 2001 (3) a augmenté le délai légal de recours à l’IVG à 12 semaines de grossesse (14
semaines d’aménorrhée (SA)), supprimé l’obligation de l’entretien psychosocial précédant l’IVG pour
les femmes majeures et instauré la pratique de l’IVG médicamenteuse en cabinet de ville jusqu’à 7 SA.
Cependant, ce n’est qu’en 2004 qu’un décret (4) et une circulaire ministérielle (5) autoriseront cette
pratique par les médecins généralistes et gynécologues pouvant justifier d’une expérience
professionnelle adaptée. Ils doivent également être conventionnés avec un établissement de santé
prenant en charge les IVG. Cette autorisation a été étendue aux Centres de Planification et d’Education
Familiale (CPEF) et centre de santé en 2008 (6). Par ailleurs, le forfait concernant l’IVG est
intégralement pris en charge par la Sécurité Sociale depuis le décret du 25 mars 2013 (7).
Le cadre réglementaire a également subit des évolutions notables courant 2016 notamment avec la loi
de modernisation du système de santé du 26 janvier 2016 (8) supprimant le délai de réflexion obligatoire
de 7 jours entre la première et la deuxième consultation. Depuis le 1er avril 2016 (9), les forfaits et actes
en lien avec l’IVG (échographie de datation et de contrôle, biologies) sont remboursés à 100% par
l’assurance maladie, et grâce au décret n°2016-743 du 2 juin 2016 (10), les sages-femmes sont
dorénavant autorisées à pratiquer les IVG médicamenteuses.

II – Epidémiologie
Une femme sur trois fera une IVG au moins une fois dans sa vie (11,12). Le nombre d’IVG reste
relativement stable depuis ces dernières années avec 216 700 IVG réalisées en 2017 et un taux de
recours de 14,4 IVG pour 1000 femmes âgées de 15 à 49 ans en France métropolitaine (12). Bien que
ce taux diminue chez les moins de 20 ans, une augmentation est constatée pour les 25-39 ans. Les
femmes de 20 à 24 ans restent les plus concernées avec un taux de 26,7 IVG pour 1000 femmes (12).
La méthode médicamenteuse hors établissement de santé a progressé depuis 10 ans. En effet en 2007
9% (13) des IVG étaient réalisées en ville contre 22% en 2017 (19,2% en Métropole) (12). Cependant
cette méthode en cabinet de ville est représentée de façon variable selon les régions.
Concernant la Bretagne qui a le deuxième taux de recours à l’IVG le plus faible de France en 2017 (11
IVG pour 1000 femmes) (12), 8,38% des IVG sont réalisées en cabinet de ville (12). Ce taux, bien en-
dessous de la moyenne nationale, fait partie des trois plus faibles de France avec le Grand-Est (6,48%)
et les Pays de la Loire (3,28%). Dans la région, cinq établissements de santé ont établi des conventions
avec les professionnels de santé libéraux (Brest, Quimper, Dinan, Rennes, Vannes).

III – Déroulement d’une IVG médicamenteuse à domicile pour les femmes majeures
Plusieurs recommandations entourent cette pratique : le domicile doit être à moins d’une heure du
centre hospitaliser référent (14) et la présence d’un accompagnant le jour de la prise du misoprostol est
fortement souhaitée.
15

La première consultation consiste à recueillir la demande d’IVG. Elle permet d’apporter les informations
nécessaires sur les méthodes afin de garantir le choix et de vérifier l’âge gestationnel (clinique, biologie
ou échographie). Le dossier guide (15) peut être remis lors de ce moment pour compléter les
informations. Une attestation de consultation est également délivrée. Un entretien psychosocial doit
systématiquement être proposé (3). Dans le cas où il est réalisé, il persiste un délai de réflexion de 48h
avant la consultation suivante.
La deuxième consultation permet de recevoir le consentement oral et écrit de la patiente ayant
également fait le choix de la méthode et du lieu de réalisation de l’IVG (hospitalisation ou domicile). A
l’occasion d’une de ces deux consultations, il est important de refaire le point sur la contraception, de
proposer un dépistage des infections sexuellement transmissibles (IST) et de réaliser un frottis cervico-
vaginal de dépistage si la femme n’est pas à jour. A la fin de cette consultation, un document écrit lui
est remis incluant toutes les informations sur les médicaments, le déroulement de la méthode, la
conduite à tenir en cas d’effets secondaires (douleur, hémorragie) et les symptômes qui doivent faire
consulter en urgence. Les coordonnées du médecin et de l’hôpital y sont notées. Une fiche de liaison
doit également être transmise à la patiente afin de faciliter son suivi en cas d’admission hospitalière
(annexe n°1).
Concernant les médicaments, la mifepristone dont le but est d’arrêter la grossesse doit être prise devant
le professionnel de santé. Si la patiente est rhésus négatif, la prévention de l’iso-immunisation est
recommandée dans les 72 heures. Afin d’anticiper les douleurs au domicile, une prescription
d’antalgiques et un protocole sont également remis. Puis le misoprostol est délivré à la patiente qui doit
le prendre 36 à 48 heures plus tard au domicile.
La consultation de contrôle a lieu 14 à 21 jours après et est obligatoire (15). Elle permet d’objectiver la
réussite de l’IVG et l’absence de complications, notamment par la clinique, la biologie (régression des
β-hCG (hormone chorionique gonadotrope humaine) ou l’échographie. C’est également l’occasion de
réévaluer la contraception. Une consultation psychosociale peut de nouveau être proposée à cette
occasion.

IV – Objectifs de l’étude
Plusieurs mesures ont été mises en place ces dernières années afin de faciliter l’accès à l’IVG auprès
des femmes (16–18). Nous avons vu que cette pratique se développe progressivement en libéral mais
son accès reste encore limité en Bretagne.
Quel est le vécu des femmes ayant réalisé une IVG auprès d’un médecin généraliste en cabinet de
ville ? Ont-elles participé au choix de la méthode ? Que pouvons-nous proposer pour en améliorer
l’accès ?
En recueillant l’expérience de ces femmes, cette étude avait pour objectif principal de déterminer les
facteurs influençant le vécu et les critères de choix de la méthode médicamenteuse au domicile.
L’objectif secondaire était de dégager des améliorations pouvant être proposées afin d’en faciliter
l’accès.
16

METHODE
I – Type d’étude et constitution de l’échantillon
Il s’agit d’une étude qualitative. Le recueil des données résulte d’entretiens semi-directifs individuels.
La population d’étude comprend des femmes majeures ayant réalisé une IVG médicamenteuse auprès
d’un médecin généraliste en cabinet libéral en Bretagne dans les six derniers mois.
Le recrutement de l’échantillon s’est fait par l’intermédiaire de médecins généralistes conventionnés
dans la réalisation des IVG médicamenteuses en ambulatoire. Leurs coordonnées ont été obtenues par
le biais des CPEF/CIVG de Bretagne travaillant en parallèle avec ces professionnels (CPEF/CIVG de
Vannes-Auray, Rennes, Dinan, Brest et Quimper).
Deux fiches expliquant l’étude ont été envoyées par email aux médecins : l’une adressée à ces
professionnels et l’autre aux patientes. Un formulaire de consentement écrit était joint. Ces documents
sont regroupés dans l’annexe n°2.
Les patientes ont été informées de cette étude lors d’une des consultations chez le médecin généraliste,
ou par appel téléphonique de leur médecin si l’IVG était récente (moins de six mois). Les femmes
volontaires étaient ensuite contactées par téléphone afin de réaffirmer leur accord et fixer une date et
un lieu de rendez-vous.
Il avait été convenu d’interroger un maximum de cinq patientes par médecin. L’objectif du recrutement
était un échantillonnage raisonné, en variation maximale, jusqu’à saturation des données.
Une relance téléphonique était réalisée en cas d’absence de réponse de la patiente et limitée à trois
appels espacés d’une semaine avec un message laissé sur le répondeur.

II – Guide d’entretien (annexe n°3)


Après étude de la littérature, un premier guide d’entretien a été élaboré. Un stage d’observation au
CPEF/CIVG de Vannes-Auray a été réalisé de février à avril 2017. La participation aux consultations
médicales et aux entretiens auprès de la conseillère conjugale et familiale dans le cadre d’IVG ont
permis d’affiner le questionnaire. Celui-ci a pu également être relu et corrigé par l’équipe du CPEF/CIVG
de Vannes-Auray. Il a été testé dès le premier entretien. Certaines formulations de questions ont été
modifiées par la suite pour faciliter leur compréhension.
Ce guide d’entretien s’est intéressé aux points suivants : les données démographiques, les grossesses
antérieures incluant les fausses-couches et IVG, les connaissances autour de l’IVG, la contraception,
la découverte et le vécu de la grossesse, la décision d’IVG et le parcours qui en découle, le choix de la
méthode médicamenteuse en ambulatoire, la relation avec le médecin généraliste, le vécu physique et
psychique au domicile, l’après IVG.
17

III – Recueil des données


Le recueil des données a pu être réalisé au travers d’entretiens semi-directifs enregistrés sur
dictaphone. Les femmes ont préalablement été informées du caractère anonyme et confidentiel des
données recueillies ainsi que de la durée prévisible de l’entretien et des objectifs de l’étude. Le lieu et
la date étaient choisis selon leur convenance. Le formulaire de consentement écrit était remis lors de
cette rencontre.

IV – Analyse des données


Les entretiens ont été retranscrits de façon intégrale et fidèle (verbatim) avec anonymisation des
données. Les manifestations non verbales ont été mises entre parenthèses. Les noms des femmes ont
été remplacés par la lettre « E » suivie du numéro dans l’ordre chronologique des entretiens (exemple :
E3 = 3ème entretien réalisé). Le nom des médecins a été rédigé sous la forme « Dr X. ». Enfin, les noms
propres et lieux ont également été rendus anonymes.
L’analyse du verbatim a été effectuée selon la méthode de la théorisation ancrée. La première étape a
consisté à réaliser le codage, c’est-à-dire regrouper en unités de sens minimales les mots et phrases
employés par les femmes lors des entretiens. La deuxième étape a eu pour but d’assembler ces unités
de sens en sous-catégories, en catégories et en thèmes. (19)

V – Ethique et confidentialité des données


Les femmes ayant participé à l’étude étaient toutes volontaires. Avant chaque entretien, elles étaient
informées qu’un enregistrement serait réalisé et que leurs données seraient traitées de façon anonyme.
Elles pouvaient également interrompre l’entretien à tout moment ou décider de ne pas répondre à une
question sans se justifier. Le formulaire de consentement résumant ces informations était signé avant
le début de l’entretien (annexe n°2).
Le comité de thèse du Département de Médecine Générale de l’Université de Rennes a validé le projet.
18

RESULTATS
I - Population étudiée
En 2017, 22 médecins généralistes libéraux réalisaient les IVG médicamenteuses à domicile en
Bretagne. Parmi ces professionnels, 20 ont accepté de participer au travail de thèse. 10 médecins ont
réalisé des IVG sur le temps de l’étude et obtenu le consentement de 19 patientes. Suite à un
désistement, 18 femmes ont été vues en entretien (figure 1).
22 médecins généralistes
contactés (Bretagne)

20 médecins ayant 1 refus


accepté d'inclure
les patientes 1 sans réponse

10 médecins ayant - Pas d'IVG réalisée


adressé les durant l'étude
patientes
- Refus des patientes
- Oublis de proposition
19 patientes ayant de l'étude aux patientes
accepté - Patientes jugées trop
initialement fragiles par le médecin
l'entretien

18 entretiens 1 refus

Figure 1 : Déroulement du recrutement des patientes

Les principales caractéristiques de ces patientes sont résumées dans l’annexe n°4. La moyenne d’âge
était de 34,5 ans (entre 20 et 46 ans). Concernant leur situation personnelle, la majorité d’entre-elles
avait un ou plusieurs enfants. En effet, quatre femmes étaient sans enfant. Il y avait quatorze femmes
en couple et quatre mères célibataires. Toutes étaient prises en charge par la Sécurité Sociale et
affiliées à une Mutuelle. Cinq femmes avaient déjà réalisé une ou plusieurs IVG auparavant : deux
étaient chirurgicales et six médicamenteuses dont trois à domicile et trois à l’hôpital. Un antécédent de
fausse-couche a été retrouvé chez sept femmes. Quinze femmes avaient un suivi gynécologique
régulier par leur gynécologue ou médecin traitant. L’absence de suivi pour les trois autres femmes était
justifiée par un âge jeune ou un emménagement récent dans la région.
La moitié des entretiens a été réalisée dans le Morbihan (Figure 2).

Figure 2 : Répartition des patientes selon le médecin et par département


19

II - Déroulement des entretiens semi-dirigés


Du 25/09/2017 au 17/04/2018, 18 entretiens ont été réalisés dans les quatre départements de Bretagne.
Cette rencontre est survenue 15 jours à 6 mois après la réalisation de l’IVG. La durée des entretiens
allait de 26 minutes 52 secondes à 56 minutes 55 secondes soit une moyenne de 48 minutes 37
secondes.
Ces entretiens avaient lieu dans la majorité des cas au domicile de la patiente, parfois au travail ou dans
un lieu neutre comme un bar ou lieu public. Aucune patiente n’a demandé à interrompre l’entretien.

III – Situation précédant l’IVG : de la découverte de la grossesse à la prise de décision


1) Connaissances autour de l’IVG
Avant de réaliser leur IVG, la quasi-totalité des femmes avait acquis certaines connaissances dont les
sources étaient multiples. Une femme seulement a déclaré ne rien connaître sur le sujet.
Un antécédent d’IVG ou de fausse-couche permettait d’avoir les informations principales : (E8) « c’était
quand même mon 4ème avortement », (E11) « Forcément avec mes premières fausses-couches, euh
on m’avait déjà donné du Cytotec donc je connaissais». L’entourage était une source d’information
importante surtout en cas d’expérience d’IVG : (E14) « Bah après c’est arrivé à des copines, même
dans la famille etc … Donc je sais qu’il y avait la voie médicamenteuse qui pouvait se faire à la maison
sur un suivi avec le médecin », mais était aussi producteur de rumeurs, notamment pour cette jeune
femme dont l’IVG était illégale dans son pays d’origine (Argentine) : (E1) « J’ai entendu aussi que …
qu’elles se mettaient du persil dans le vagin pour provoquer les contractions. […] ils lui ont mis une
injection dans le ventre, mais un truc, euh … énorme (me montre un espace entre ses index d’environ
20 cm). La profession a été utile pour quatre femmes (deux sages-femmes et deux infirmières).
Cependant pour une jeune étudiante infirmière, les informations étaient encore peu précises : (E13)
« oui je savais de loin ce que ça voulait dire. Après comme ça se passait j’étais incapable de dire ça ».
L’apprentissage par soi-même, ou par le biais des médias, a également été relevé : (E2) « j’ai plus
appris par moi-même, soit par des livres, soit par la télé », (E12) « Euh j’avais des connaissances socles
hein, j’veux dire on en entend parler que ce soit à la télé, on voit des articles des machins ».
L’IVG était parfois synonyme de chirurgie ou d’hospitalisation : (E3) « J’étais plus sur euh bah l’IVG à
l’hôpital, sur la table d’opération », (E13) « j’avais pensé à l’intervention tout de suite quoi ».
Aucune femme n’a eu au cours de sa scolarité des informations concernant l’IVG. Seule la contraception
a parfois été abordée lors d’interventions mais leurs souvenirs restaient incertains.

2) Contraception et grossesse
Près de la moitié des femmes n’avait aucune contraception dans la période précédant la grossesse.
Pour certaines l’arrêt de celle-ci était lié à ses effets secondaires : (E13) « ça jouait beaucoup sur mes
humeurs, sur la libido tout ça, ‘fin ça m’avait complètement métamorphosée, donc j’ai décidé de l’arrêter
du jour au lendemain ». Pour d’autres, cela faisait suite à une prise prolongée : (E2) « la pilule j’l’ai prise
pendant des années et des années et pour moi, pour mon corps, j’trouvais qu’c’était pas terrible », ou
à un manque de temps pour la renouveler : (E8) « c’est pas le seul de truc dans ma vie des fois que je
mets de côté ». Plusieurs femmes pensaient que la faible fréquence des rapports sexuels ou l’âge
avancé n’étaient pas propices à une grossesse : (E2) « j’pensais pas du tout euh … voilà … tomber
20

enceinte par-rapport à euh … la fréquence qui était peu importante. », (E12) «‘fin le risque de tomber
enceinte à 46 ans il est quand même euh faible ». Une femme souhaitant la ligature des trompes pour
être libre s’était heurtée plusieurs fois au refus des professionnels. Afin d’avoir « juste le plaisir de faire
l’amour » elle ne voulait plus se « contraindre à prendre une contraception » (E10). Une femme allaitant
sa fille n’a pas repris sa contraception à cause de sa sage-femme qui lui avait « déconseillé de prendre
la pilule par-rapport à la possibilité que la lactation s’arrête » (E17).
Deux femmes ont eu une grossesse sous dispositif intra-utérin (DIU) au cuivre et une femme suite à un
oubli de pilule. Le préservatif avait été utilisé chez deux femmes. Une femme avait utilisé du spermicide
seul pensant être loin de son ovulation. Les méthodes naturelles étaient utilisées par quatre femmes,
dont la méthode Billings : (E7) « méthode naturelle qui consiste à observer son cycle ». Une femme a
expliqué pouvoir ressentir ses ovulations et ainsi connaître la période à risque : (E11) « mes ovulations
j’les ressens très vite, je sais quand j’ovule, du moins quand ça commence et quand ça finit ». La
contraception d’urgence avait été prise dans deux cas mais trop tardivement.

3) Découverte de la grossesse
a. Signes annonciateurs
Les principaux indicateurs ont été un retard de règles et la survenue des signes sympathiques de
grossesse. Quatre femmes ont su qu’elles étaient enceintes en étant à l’écoute de leur corps dont (E11)
«J’l’ai su quasiment tout de suite, j’ai cette chance-là, je vis tout ce qui s’passe en bas tout le temps ».

b. Vécu de la découverte et du début de grossesse


Beaucoup de femmes ont été prises au dépourvu, donnant lieu à de la détresse voire de la sidération :
(E4) « C’était clairement la panique », (E9) « J’étais mal … j’étais perturbée en même temps. Parce que
je suis restée au moins pendant 10 minutes devant le laboratoire sans bouger ». Les sentiments de
culpabilité et de colère vis-à-vis d’elles ou de leur couple ont souvent été exprimés : (E2) « c’est notre
faute », (E7) « c’est des responsabilités évidentes», (E11) « Enfin moi ça m’cassait les pieds de devoir
revenir et de devoir expliquer encore que bah on avait euh on avait joué avec le feu quoi ». La surprise
de cette grossesse a parfois engendré du déni malgré les signes bien présents : (E15) «j’étais très très
étonnée parce que j’avais un stérilet au cuivre », (E4) « déjà j’y croyais pas du tout […] j’ai fait le premier
test. J’en ai fait un deuxième parce que j’me suis dit « oh … oh il est pas fiable » ». Une femme a même
souhaité une grossesse extra-utérine (GEU), occultant toute autre possibilité : (E4) « Je sais ce que
représente une GEU hein du point de vue médical mais je voulais que ça en soit une. Je voulais pas
que ça soit une grossesse, ‘fin je me disais « c’est pas possible autrement, j’veux pas avoir à faire ça»».
De la joie a parfois été ressentie de façon contradictoire, voire de la fierté sur sa fertilité : (E1) «Le
premier moment qu’on est enceinte pour moi c’est la joie parce que un enfant pour moi c’est quelque
chose de positif, de bon », (E15) « bon un peu surprise, un peu contente parce que en me disant « bah
tiens ça fonctionne, c’est drôle », voilà, même sous stérilet au cuivre ». Une femme a exprimé n’avoir
eu aucune émotion, le choix de l’IVG étant tout de suite très clair : (E12) « Pas beaucoup d’affect.
J’pense que … non, non non, […] Là de toute façon c’était niet, ‘fin voilà. ».
21

c. Facteurs ayant influencé ce vécu


Tout d’abord, les signes sympathiques de grossesse, tels que les nausées ou l’hyperémotivité ont été
parfois mal supportés : (E5) « j’me mettais à pleurer facilement », (E8) « c’est les signes de la grossesse
que j’ai trouvés très difficile à vivre, les signes physiques quoi. ». Le changement de l’image du corps a
été mal vécu pour deux femmes : (E8) « j’trouvais que j’avais grossi », (E13) «On a l’impression d’être
grosse euh, qu’on ressent tous les symptômes machin ». L’absence de connaissance sur la conduite à
tenir a été une source de détresse chez une autre femme. L’entourage et notamment sa réaction au
moment de la découverte de la grossesse a occupé une place importante dans le vécu. Un soutien était
souvent recherché : (E13) « j’ai appelé mes copines proches de l’IFSI qui bah forcément, en études
d’infirmières on est assez empatissante ». Cependant les proches pouvaient parfois avoir un impact
négatif, comme le cas de cette jeune femme dont la mère a été moralisatrice à l’annonce de la
grossesse: (E13) « elle m’a dit que j’étais inconsciente, que j’étais une gamine […] elle m’a dit « de
toute façon j’espère que tu vas souffrir » et ça ça a été difficile ».

4) Décision de la réalisation d’une IVG


a. Choix initial ?
La moitié des femmes a pris la décision dès les premiers doutes d’une grossesse : (E3) « Je savais
avant même de faire le test qu’il serait positif et que dans tous les cas ça n’irait pas plus loin », (E14)
«dans ma tête avant même la confirmation de la grossesse, il en était hors de question». Pour une
autre moitié, ce choix a été moins évident, montrant une certaine ambivalence : (E1) « Que même
jusqu’au moment où je vais, j’étais même peut-être pas sûre encore de le faire », (E2) « j’ai pas écouté
mon cœur, j’ai écouté la raison. Parce que si j’avais écouté mon cœur j’l’aurais gardé ». Trois femmes
ont pensé garder leur grossesse initialement. Ce choix a été modifié suite à un temps de réflexion ou à
l’intervention du partenaire : (E1) « si lui il m’aurait appuyé peut-être que je l’aurais … sûrement je
l’aurais gardé», (E2) « Bah la première réaction c’est voilà, bon ben on en voulait pas mais voilà il est
là, on va l’garder euh, c’est un accident, c’est notre faute, euh si ça a pris c’est qu’ça devait prendre […]
Et puis en fait deux jours après, ah non, non j’le sens pas ». Des sentiments négatifs décrivant leur
décision ont été ressentis par certaines femmes : la sensation d’être dans une impasse, de la cruauté
ou de l’égoïsme : (E1) « C’était dur à prendre la décision et … mais je savais qu’il fallait que je fasse
ça. On peut pas faire autrement », (E7) « en fait c’était purement égoïste », (E14) « j’étais décidée et
cruelle dans la décision ».

b. Justification de la décision : facteurs influençant le choix et le vécu


Dans la majorité des cas, les femmes jugeaient leur situation personnelle inadaptée à l’accueil d’un futur
enfant. Cela était lié à leur relation : (E3) « j’veux pas faire des enfants avec chaque homme qui traverse
ma vie », (E4) « On savait même pas si on était capable de vivre ensemble », ou à la charge de travail
imposée par les premiers enfants : (E3) « J’ai assez de travail avec un, ça me suffit pour le moment ! »,
(E17) « on a déjà deux enfants qu’ont 18 mois d’écart […] c’est du boulot ». Un tiers des femmes ne
souhaitaient pas garder la grossesse pour cause professionnelle : (E14) « je suis vraiment dans le cadre
où je fais passer ma carrière professionnelle avant tout le reste ». Parfois, ce n’était juste pas le « bon
moment » avec la nécessité de faire une pause pour prendre soin de soi : (E7) «Et puis on s’était dit
22

que justement ça serait une année un peu pour nous, pour se reposer». L’âge a été un frein pour trois
femmes : (E12) « J’suis de 71, j’ai 46 ans. La décision elle est extrêmement claire », (E13) « déjà moi
j’ai que 20 ans ». Une femme a expliqué son refus systématique de la maternité : (E10) « je n’ai pas
d’enfant, je n’en ai jamais voulu […] j’ai jamais accepté d’avoir les règles, jamais accepté d’être tellement
une fille ».

Chaque femme a vécu différemment cette décision selon plusieurs facteurs.


Le partenaire, souvent le premier mis au courant, a été à l’origine de trois situations :
- Couple d’accord sur la décision, ayant un impact positif sur le vécu : (E10) « il était complètement
raccord avec moi ».
- Femme seule à prendre la décision car conjoint sans avis ou contre l’IVG : (E9) « ll m’a dit « je vais
pas te forcer et tout voilà, à avoir un enfant et tout voilà, si t’en n’as pas envie ». Du coup il m’dit «
voilà, j’te laisse décider ». Cela pouvait majorer une ambivalence préexistante : (E7) « mon conjoint
m’a pas du tout aidé en ne prenant pas de décision non plus ».
- IVG souhaitée uniquement par le conjoint, prédominant dans la décision, impactant négativement
le vécu : (E17) « finalement on a pesé, ‘fin peser le pour et le contre et il s’est avéré que face à tous
ses arguments de contre, moi j’avais rien en fait ».
L’entourage a eu un rôle d’écoute et d’aide au choix : (E2) « Y’a ma meilleure amie et une copine à ma
sœur qui étaient au courant parce que bon voilà j’me suis interrogée de savoir si on le gardait ou pas »,
parfois grâce à son expérience : (E2) « j’ai un frère qui a 27 ans, qui a été fait parce que nos parents
nous l’ont dit hein, qui a été fait dans le but de réunifier le couple et au bout d’un an ils ont divorcé ».
Certaines personnes en revanche ont essayé de les influencer mais tout en respectant leur choix : (E14)
« mon beau-père m’a un p’tit peu parlé mais il a vu qu’il se heurtait à un mur donc voilà il a pas insisté».
La religion a rendu ce choix difficile pour deux femmes : (E1) « Parce que c’est un enfant qui veut venir
au monde pour moi, y’a quelque chose de spirituel qui se joue », (E7) « je suis catholique donc ce qui
a rendu la décision particulièrement difficile ».

c. Délai de réflexion supprimé : les avis des femmes


La majorité des femmes était pour l’absence du délai de réflexion le trouvant long et difficile à vivre
lorsque la décision était sûre : (E14) « pour éviter que ça nous ronge l’esprit ». En effet ce temps était
propice au développement de l’embryon : (E3) « Quand on voit l’écho on reste sur le têtard encore.
Psychologiquement enfin de compte c’est plus facile à accepter que quand on arrive sur quelques
semaines avancées. », avec un risque d’attachement et d’installation du doute et de la culpabilité : (E15)
« Avec les signes de grossesse, j’pense que j’aurais pu investir rapidement les choses. Donc j’pense
que ça aurait été plus difficile après », (E3) « 7 jours c’est suffisant pour justement laisser la réflexion et
donner le doute […] j’aurais eu plus de scrupules ». Il était de plus important de pouvoir continuer à
travailler sans subir les effets secondaires de la grossesse encore 7 jours : (E14) « j’pense encore une
fois au domaine professionnel pour éviter d’avoir des jours où euh on est, on n’est pas bien on est obligé
de prendre des jours pour s’arrêter et pas avoir envie de raconter sa vie au boulot».
La quasi-totalité des femmes était unanime sur le fait de proposer ce délai sans l’imposer : (E5) « A la
limite de dire « vous pouvez avoir une semaine de réflexion si vous voulez », euh c’est bien plutôt de le
23

proposer que de l’imposer». Trois femmes auraient préféré que ce délai redevienne obligatoire,
argumentant le besoin de prendre du recul pour éclaircir la situation : (E7) « Juste ça, ça m’aurait
obligée à me poser. Pour prendre une décision plus éclairée», (E17) «j’me dis finalement que ce délai-
là bah c’est aussi important parce que ça peut peut-être aussi faire changer d’avis certains couples […]
c’est un délai qui aurait dû rester quoi ». Quatre femmes ont eu ce délai de réflexion, sur conseil du
médecin, de leur propre initiative ou à cause du temps de réalisation des examens.

IV - L’IVG : de la décision à la réalisation


1) La méthode médicamenteuse au domicile
a. Découverte de la méthode
La majorité des femmes a découvert cette méthode à travers les professionnels de santé pouvant être
le médecin traitant, le CPEF le plus proche, l’échographiste ou leur gynécologue : (E2) « le monsieur
qui m’a fait mon échographie m’a appris qu’il y avait déjà deux façons d’avorter, une voie
médicamenteuse et une voie d’aspiration ». L’entourage a également permis d’apporter quelques
notions : (E17) « c’est elle (son amie) qui m’a dit qu’il fallait que je vois avec mon médecin traitant en
fait, qu’il n’y avait pas forcément que l’hôpital ». Internet intervenait toujours en complément
d’information : (E5) « Sur internet, c’est le site de V. (CPEF) qui est très bien d’ailleurs ».
Cinq femmes connaissaient déjà la méthode médicamenteuse par leur antécédent d’IVG mais deux
d’entre-elles ont découvert la possibilité de la faire au domicile : (E9) « moi je savais pas en fait euh que
ça existait et tout avec le médecin traitant pour faire l’IVG. C’était la première fois, j’étais surprise ».
Enfin, deux sages-femmes avaient les connaissances grâce à leur profession : (E4) «j’ai appelé V.
(CPEF) parce que je savais que X. (gynécologue) elle a bossé pour établir un réseau de libéraux ».

b. Pourquoi ce choix ?
La quasi-totalité des femmes a affirmé avoir eu le choix. Le domicile a été imposé pour deux femmes:
(E18) «l’hôpital ne faisait plus du tout […] c’était à domicile, forcément […] j’ai pas eu l’impression d’avoir
le choix ». Cette méthode a été choisie suite aux explications des médecins ou du fait des antécédents
d’IVG : (E16) « je suis bien heureuse de pouvoir à chaque fois avoir fait la méthode médicamenteuse ».
Internet a parfois aidé à la réflexion : (E7) « parce que ce que j’avais pu lire sur Internet, c’était celle qui
avait moins de risque euh d’abimer l’appareil reproductif ». De plus, la réassurance du médecin a aidé
cette femme : (E11) « si Mme X n’avait pas été assez euh rassurante […] j’aurais p’t-être été à l’hôpital».

Les critères du choix de la méthode médicamenteuse avancés par les femmes ont été :
- La simplicité : (E6) « 'Fin ça a été très simple à la maison, prendre des médicaments »
- Un meilleur vécu psychologique : (E5) « dans ma tête c’était beaucoup plus facile »
- La rapidité : (E4) « de le faire le plus vite … ‘fin la médicamenteuse me semblait le meilleur moyen»
- Moins douloureuse : (E5) « ça peut être le moyen de faire ça assez bien sans trop souffrir »
- Plus physiologique : (E3) « bah on perd du sang comme si on avait nos règles »
- Non invasive : (E8) « c’était moins euh invasif », (E16) « la moins traumatisante physiquement »
- Le terme de la grossesse : (E3) « au terme où j’en étais y’avait très peu de risques que ça échoue»
24

- Réalisation par un médecin généraliste : (E3) « c’est plus facile, encore une fois psychologiquement
[…] d’avoir à faire à un médecin généraliste c’est comme si on avait traité une grippe ».
- Le domicile :
 L’intimité : (E15) « j’ai trouvé ça chouette en fait, d’être chez moi […] Là c’est quelque chose
d’assez intime », (E10) « il y a moins de speed ».
 Plus pratique : (E5) « C’était plus facile pour gérer ma fille que j’avais et gérer avec mes
copines pour mettre les rendez-vous », (E6) « on peut faire autre chose ».
 Le soutien de l’entourage : (E14) « à la maison, tranquillement, avec la famille […] avec
mon mari, du soutien et euh tout ce qui va bien ».
 Absence de justification : (E2) « j’ai une patronne qu’est très très agréable, […] j’ai préféré
euh … prendre ça par voie médicamenteuse pour rien lui dire ».

Enfin, le critère redondant a été l’éviction de l’hôpital à tout prix. La première raison était liée à l’aspiration
jugée invasive : (E8) « C’est intrusif, c’est pas possible, c’est insupportable », traumatisante pour le
corps et l’esprit : (E14) « un peu plus barbare », (E3) « le curetage qui pour moi reste psychologiquement
plus violent », avec des risques infectieux ou de stérilité : (E11) « c’est le risque d’infection derrière
quand même », (E7) « qu’on touche à l’utérus ». L’anesthésie était également un frein : (E17) « c’est
vraiment quelque chose de lourd ». Concernant l’hôpital, il pouvait être le lieu de travail pour certaines
femmes. Quelques-unes l’associaient à la maladie : (E5) « Ça fait se sentir faible quelque part».
D’autres en avaient une mauvaise expérience : (E12) « l’expérience de la grossesse extra-utérine me
rendait relativement méfiante, par-rapport au personnel qui peut être très variable en terme de gestion
de l’humain ». Deux femmes regrettaient que l’hospitalisation se fasse dans le service de maternité.

c. Les inconvénients et limites de la méthode au domicile


Bien que la méthode médicamenteuse au domicile ait été appréciée par la majorité des femmes,
certaines ont émis quelques réserves notamment sur les répercussions physiques : (E1) « c’était un
truc comme m’empoisonner », (E5) « quelque part y’a du chimique », psychologiques : (E10) « l’acte
chirurgical […] je pense que psychologiquement ça a moins d’impact. Que médicamenteux où c’est long
en fait, c’est très très long dans la durée », et sur l’entourage : (E4) « ça a impliqué mon conjoint peut-
être plus difficilement ». Le domicile avait parfois l’inconvénient d’être associé aux souvenirs de l’IVG :
(E4) « j’ai beaucoup plus de mal dans … ‘fin on va dire dans l’intimité de la maison tout ça, à gérer mon
stress », (E16) « Effectivement de pas avoir ces souvenirs-là chez moi ».
La crainte principale de cette méthode était le risque d’échec et donc l’hospitalisation : (E5) « j’étais plus
flippée ouais […] Que ça marche pas et d’aller à l’hôpital derrière ».
Quelques femmes ont insisté sur le fait que le domicile n’était pas adapté à tout le monde, notamment
les jeunes filles ou les personnes peu sûres d’elles : (E8) « une nana de 18 ans, c’est la première fois,
qu’est pas sûre […] euh faire ça à la maison ça m’paraîtrait un peu lég’ ».
Deux femmes, avec du recul, auraient finalement préféré l’hospitalisation pour une meilleure
réassurance, pour avoir des compléments d’informations et un soutien psychologique : (E7) « justement
pour qu’on m’explique […] parce qu’avant je savais pas comment ça pouvait se passer », (E17)
25

«psychologiquement c’est violent quand même euh à vivre » et qui aurait préféré l’hôpital « juste pour
parler, pour euh p’t-être déculpabiliser en fait».

2) Le parcours
a. Les intervenants et sources d’information
Dès la prise de décision, les femmes ont su s’adresser à une personne ressource pour les aider à
débuter la prise en charge. Le médecin traitant et le CPEF ont été les premiers contacts initiateurs du
parcours pour la majorité des femmes en donnant les coordonnées des médecins généralistes. Une
femme a contacté directement le même médecin lui ayant fait l’IVG l’année auparavant et une autre a
été voir un gynécologue sur conseils de sa mère. L’entourage a aussi été utile : (E15) « j’ai ma meilleure
amie qui travaille au centre de planification […] qui m’a dit «bah écoute le Dr X euh voilà elle fait ça en
ambulatoire »». Les deux autres sources mentionnées ont été Internet et le dossier guide de l’ARS :
(E10) « Mais j’avais lu avant d’y aller. Toute la procédure en fait, y’a tel et tel rendez-vous, le premier
contact, le deuxième rendez-vous, un troisième rendez-vous de contrôle », (E17) « Je suis allée sur le
site du gouvernement. […] Y’avait des choses euh plutôt intéressantes du coup sur les délais et un peu
les procédures ». Trois femmes dont la profession était du domaine de la santé ont expliqué ne pas
savoir quoi faire du fait de la détresse et de la confusion de la situation : (E4) «« c’est forcément une
GEU ! ». J’ai perdu mes neurones de sage-femme et je suis allée aux urgences », (E15) « j’veux le faire
mais comment il faut que je le fasse ? ».
Une femme n’a pas apprécié l’attitude de la secrétaire, lui ayant signalé « ça sert à rien de nous appeler,
nous on prend plus de patients » et répondant « Ah ! Vous aussi ! » (E13) à la demande d’IVG.

b. Consultation auprès du médecin réalisant l’IVG : déroulement et vécu


Le ressenti général était très positif : (E8) «J’ai trouvé que j’avais été bien accompagnée». Une femme
a cependant mal vécu cette consultation ayant le sentiment d’avoir été « piégée » : (E7) « j’ai signé un
document que j’ai eu à peine le temps de lire […] quand je suis rentrée, tout le long de la route là c’était
terrible, je pleurais, pleurais, pleurais … parce qu’en fait j’aurais voulu avoir ce temps de réflexion ».
Le médecin avait donc un rôle central dans ce vécu, de par son empathie, son absence de jugement et
sa disponibilité : (E10) « de dire « vous pouvez m’appeler si y’a quoique ce soit »», (E16) « j’ai été
rassurée d’avoir une personne jeune, compréhensive et qui ne portait pas de jugement ». Le temps
consacré était très important ce qui a manqué pour (E7) « c’était hyper rapide quoi […] en fait à aucun
moment il s’est mis à la place de la patiente en train de se dire « peut-être que c’est un choix difficile »».
Les informations ont toujours été claires : (E5) « pas de question en suspens. C’était clair et net ».
Cependant l’explication des effets indésirables pouvait être anxiogène : (E2) « elle m’avait un p’tit peu
fait peur sur le fait bah que j’aurais pu faire une hémorragie », (E7) « je venais de prendre le premier
médicament […] il m’a dit «y’en a deux pour qui ça n’a pas marché ». Ah ok, bon ça typiquement c’est
bien de le dire avant en fait ». La réassurance durant toute la période d’IVG était alors primordiale :
(E10) « un médecin bah très compétent, très zen, du coup qui dit « vous inquiétez pas, ça va marcher,
ça marchera, y’a aucune raison »».
Plus de la moitié des femmes n’a pas eu de consultation préalable à la prise des médicaments.
Certaines se sont alors senties prises au dépourvu. Pour une femme cela a été très difficile, prenant le
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comprimé à contrecœur par peur de déranger : (E7) « avant que j’ai eu le temps de dire ouf il me l’a
donné […] ça bloquait […] ‘fin j’peux pas lui dire non. Lui fait son boulot euh ‘fin y’avait une salle d’attente
pleine à craquer, euh bah faut que je le prenne quoi ». Contrairement, pour une autre femme, l’attitude
directive du médecin a été une aide : (E1) « Je me suis dit « ah, là, tout de suite ? » […] ça m’a aidé
mais je trouve que c’est un petit peu un peu sec, qu’il te pousse à faire ça quoi ».
Le recueil du consentement était donc essentiel. Il était important pour les femmes que le médecin pose
une dernière fois la question : (E13) « Elle m’a dit « est-ce qu’on commence maintenant?», j’ai dit «
oui» ». Ce geste était souvent synonyme de soulagement, signant l’aboutissement de l’IVG : (E1)
«j’étais soulagée, comme si j’avais fait une démarche vers la bonne direction ».

c. Place du médecin traitant


Plus de la moitié des femmes aurait apprécié que l’IVG soit réalisée par leur médecin traitant (ce qui a
été le cas pour deux patientes) de par sa proximité : (E5) « ça aurait été vachement plus simple quoi. Il
était à côté, il était là », notamment en cas de survenue de complications : (E3) « si ça s’passait mal en
fait […] j’aurais peut-être eu moins cette inquiétude, j’me serais dit « bon il est à côté»». De plus, la
relation développée au cours des années était un atout pour elles: (E10) « j’aurais bien aimé ouais.
Comme elle me connait bien », (E17) « on s’dit au moins en face on a quelqu’un qu’on connait, et qu’on
s’ra pas jugée ». Il assurait donc un rôle de confident et de conseiller : (E2) « j’lui ai dit un p’tit peu mes
ressentis et il m’a dit qu’il fallait que j’en parle avec le conjoint ».
D’autres femmes en revanche n’auraient pas souhaité le consulter pour l’IVG. Pour certaines ce n’était
pas son rôle : (E4) « j’avais pas très envie de rencontrer quelqu’un que je vais aller voir pour un
renouvellement d’ordonnance », (E14) « J’aurais préféré que ça soit mon gynécologue […] j’avais
confiance voilà aux deux mais dans deux domaines différents ». Elles craignaient parfois son jugement
ou ressentaient de la honte envers lui : (E1) « il y a quelque chose de honte par rapport à lui. Parce que
lui il me connait maintenant, il sait que je suis veuve », (E6) « c’était un médecin qui nous suivait toute
la famille […] pas forcément à l’aise ». Cependant plusieurs femmes ont souhaité l’informer de cet acte
par la suite car tout antécédent leur semblait important à signaler : (E14) « c’est important qu’il soit au
courant des choses qui touchent à la santé de ses patientes ».

d. La conseillère conjugale et familiale


Cet entretien a été réalisé pour deux femmes. Il était soit souhaité : (E7) « c’était essentiel», soit imposé:
(E14) « On m’a pas laissé le choix ». Deux femmes se sont vues refuser la consultation. Dans un cas
la conseillère connaissait la patiente : (E15) « la conseillère m’a dit « bon moi j’te verrais pas hein par
contre, parce que on s’connait trop »». Dans l’autre cas, cela n’était pas possible car l’IVG n’avait pas
été réalisée au sein de l’hôpital. Lorsque la décision était claire, peu de femmes y trouvaient une utilité.
Cette consultation pouvait cependant être une aide pour les couples en difficulté ou les femmes fragiles :
(E2) « le fait d’avoir une personne extérieure qui ne connait ni la femme ni l’homme, euh j’pense que ça
peut être pas mal quand même », (E14) « pour une jeune femme qui est peut-être dans une phase de
doute, qui est peut-être pas soutenue ou qui est peut-être plus faible psychologiquement ». Les
inconvénients énoncés étaient un allongement du délai de l’IVG et le rajout d’un nouvel intervenant :
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(E13) « J’avais envie que tout soit très bref, très rapide […] J’voulais voir le moins de médecins
possible». Une femme a eu « peur qu’on vienne remettre en question » son choix (E4).

e. Vécu de l’échographie
Ce moment a été difficile à vivre pour plus de la moitié des femmes. La principale raison évoquée était
l’attitude de l’échographiste, manquant d’empathie, et essayant d’imposer ses idées : (E12) « J’ai eu le
droit à tout « c’est bien placé, c’est au bon endroit, développement bien ». Parce que bon il était au
courant ». A l’inverse, d’autres médecins ont su faire preuve de discrétion et rassurer la patiente : (E5)
« je suis tombée sur un monsieur très gentil […] il m’a demandé si je voulais que l’écran soit éteint ou
allumé », (E15) « c’était dans la bienveillance ». Parfois l’échographiste n’était pas au courant de l’IVG.
Son discours optimiste sur la grossesse à venir pouvait alors être inadapté et mal perçu par la patiente.
L’image de la grossesse débutante a également influencé le vécu. Celle-ci a parfois été visualisée de
plein gré ou par tentation : (E17) « on a une curiosité bah malsaine pour le coup, où bah si on sait
qu’c’est allumé on regarde quoi ». Les femmes qui ont choisi de voir l’image voulaient être rassurées
sur l’absence de complication : (E15) « J’étais rassurée d’une part parce que le stérilet était en place
[…] Et rassurée du coup qu’il y ait une petite image, que ça soit bien in utero ». Cela leur a permis de
relativiser : (E13) « il m’a dit « le tout p’tit point c’est ça en fait ». J’me suis dit « ah ouais en fait c’est
juste ça » ». Certaines femmes ont trouvé difficile que l’image leur soit imposée : (E17) « quand il a vu
le sac de grossesse, il a zoomé au milieu (sanglots dans la voix), alors que j’avais demandé à pas voir
[…] ça c’est hyper violent ». De plus, la réalisation de l’échographie avant l’apparition d’une activité
cardiaque était importante pour cette femme: (E15) « Imaginer faire une écho avec un cœur qui bat tout
ça, j’pense que ça aurait été compliqué ». Pour une autre, l’activité a été confirmée maladroitement par
le médecin : (E4) « elle m’a quand même dit « y’a un cœur » […] Mais elle a été gentille, super, elle a
caché l’écran et tout mais elle m’a quand même dit ça et j’trouvais que bon, j’ai pas besoin de ça ».
Pour deux femmes cela s’est déroulé dans le service de maternité où elles avaient accouché,
augmentant leur malaise : (E17) « Voir les femmes avec les gros bidons se balader avec le grand sourire
et on entend les bébés pleurer», (E18) « C’est pas l’endroit où on a envie de … de revenir. Enfin en tout
cas pas pour ça ». Deux femmes n’ont pas réalisé d’échographie avant l’IVG (difficulté d’organisation
pour la patiente, choix du médecin).

f. Vécu du parcours et facteurs l’ayant influencé


Les femmes n’ont pas pu toutes donner des chiffres précis concernant le délai de prise en charge mais
la plupart ont jugé le parcours plutôt simple et rapide. Il a cependant parfois été long et fastidieux,
notamment chez une femme qui s’est heurtée à un CPEF proposant systématiquement une
hospitalisation et aux délais trop longs. Une autre femme a mal vécu la redondance des échographies
pour confirmer l’évolution intra-utérine de la grossesse : (E17) « j’l’ai su de bonne heure, donc euh j’ai
dû en faire trois échographies […] 10 jours à pas dormir la nuit ». Une femme a rajouté que la difficulté
du parcours était nécessaire « pour ne pas banaliser cet acte » (E7). La notion d’urgence ressentie était
très présente : (E1) « j’étais stressée, il fallait que ça se fasse le plus vite possible ». La rapidité de la
prise en charge était importante : (E3) « j’l’ai bien vécu parce que j’pense que ça s’est fait vite », mais
parfois au détriment de la réflexion : (E7) « j’me suis sentie piégée en fait […] j’aurais dû dire stop ».
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Le vécu du parcours a donc été influencé par plusieurs facteurs dont la relation avec les professionnels,
le moment de l’échographie et le délai de réflexion détaillés ci-dessus.

L’entourage était parfois pourvoyeur de récits d’expériences anxiogènes : (E15) « j’étais un peu inquiète
parce que y’a toujours des gens pour raconter que ça va être atroce quand on prend le Cytotec tout
ça». Mais sa présence dans toutes les étapes du parcours en tant que confident, conseiller et soutien
a été appréciée : (E13) « mes copines étaient énormément présentes […] Et puis bah non mon copain
m’a soutenue, ma mère prenait des nouvelles régulièrement quand même », (E17) « ma mère est
passée par là aussi, alors elle y’a 35 ans et du coup finalement ça a été une bonne oreille ». Cependant
l’IVG était parfois gardée secrète par crainte de jugement ou pour protéger ses proches : (E13) « j’pense
que dans sa famille ça aurait été mal vu », (E3) « j’en n’ai pas forcément parlé pour éviter d’inquiéter
les gens ». Le partenaire, bien que présent, pouvait ne pas être assez soutenant : (E7) « C’est arrivé à
un moment où moi je gérais tout et j’aurais aimé que mon conjoint gère un peu l’truc ». Parfois un
sentiment d’injustice a été retrouvé : (E13) « en fait j’me sentais d’un côté seule […] J’me disais en fait,
y’a que moi qui souffre alors que on l’a fait à deux, que c’était notre bêtise ».

L’âge a été mentionné : (E13) « Après j’me dis est-ce que c’est pas mon âge qui a joué sur euh la façon
dont je l’ai pris aussi ». Le travail et les projets étaient parfois le moyen de penser à autre chose : (E17)
« professionnellement j’ai un projet qui est arrivé […] j’ai foncé dedans et j’me suis rendue compte que
finalement je pensais pas trop ». Concernant Internet, cela a été une source d’angoisse pour les
femmes, mais elles savaient rester critiques : (E3) « comme tout le monde j’ai été sur Internet et j’ai vu
des forums, c’qui faut surtout pas faire (rires). Mais bon comme j’le sais ça va j’y suis pas restée
bloquée». A l’inverse, (E13) a été très rassurée « de voir qu’à trois semaines un enfant ça a la taille
d’une graine de sésame ». Parfois des évènements intercurrents ont interféré dans le vécu notamment
pour cette femme qui a appris le décès du frère de son conjoint lors de son IVG, dans un contexte déjà
bien compliqué (E5) « la semaine d’après y’a eu l’ouragan où sont mes potes à St Martin […] et puis
y’a mon père aussi qui a un cancer du pancréas ».

3) L’IVG au domicile
a. Vécu physique
Plus de la moitié des femmes n’a eu que très peu de douleur voire aucune. La présence d’une douleur
modérée à forte a souvent été difficile à supporter : (E13) « l’horreur […] j’avais l’impression que j’allais
y passer », notamment lorsque cela n’était pas prévu (E14) « mais des douleurs, mais han, oulala j’ai
cru que mon corps se décrochait en deux. Je m’attendais pas à ça. Moi je pensais que c’était bien tout
tranquille et pas du tout ». Cependant pour certaines femmes, les douleurs mêmes intenses ont été
supportées car la cause était connue, transitoire : (E3) « on prend sur soi. On sait pourquoi on a mal
[…] j’ai eu les mêmes douleurs, les mêmes pertes que sous stérilet». Certaines ont reconnu ne pas être
« très douillette » (E6) et supporter « facilement la douleur » (E9). Un protocole était systématiquement
prescrit. Il n’a cependant pas toujours été suivi, notamment en cas d’absence de douleur : (E2) « j’ai
rien pris du tout parce que j’avais pas mal », pour limiter le plus possible l’ingestion de médicament
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« pour éviter ‘fin d’manger n’importe quoi entre guillemets » (E14), ou afin d’ancrer ce moment : (E17)
« par choix j’ai décidé de pas prendre les anti-douleurs […] pour m’en souvenir ».

Les saignements ont bien été tolérés sauf chez une femme pour qui la signification était
psychologiquement difficile : (E17) « quand j’ai eu les premiers saignements […] ‘fin ça a été dur
moralement en fait, psychologiquement surtout, plutôt que physiquement en fait ». L’abondance et la
persistance des saignements ont été bien vécues du fait de l’information préalable du médecin : (E12)
« j’ai bien eu largement un mois de règles […] Elle m’avait prévenue hein ». La survenue des
saignements avant la prise du Misoprostol a pris au dépourvu cette femme : (E15) « j’me suis mise à
saigner, j’avais rien, j’avais pas de protection tout ça ». L’absence de douleur ou saignement a parfois
provoqué de l’inquiétude, remettant en cause l’efficacité de l’IVG : (E2) « dans ma tête j’me dis bah est-
ce que ça s’est bien passé ou pas parce que vu que j’ai pas eu mal », (E7) « j’ai saigné moins que pour
mes règles. Donc moi j’étais sûre que ça n’avait pas fonctionné quoi ». Plus de la moitié des femmes a
appréhendé les douleurs et les saignements. Finalement le vécu a été au-dessus des espérances pour
une partie d’entre-elles : (E1) « j’ai pas eu de douleur, j’ai pu faire ça chez moi toute seule, c’est
incroyable quand même ! », (E2) « ça s’est plus que bien passé ».

Les effets secondaires des médicaments ont également participé au vécu physique, notamment la
fatigue et les vomissements, parfois majorés par l’anxiété : (E4) « le Codoliprane j’le tolère pas », (E8)
« j’me suis demandée si c’était les anti-inflammatoires ou si c’était aussi majoré par la situation qui
m’faisait gerber en fait ».

b. Vécu psychologique
Plus de la moitié des femmes a bien vécu psychologiquement l’IVG au domicile. Cela a parfois été
inattendu : (E13) « Psychologiquement j’me suis trouvée assez forte en fait, par-rapport peut-être à
c’que j’appréhendais ». Ce vécu était d’autant plus positif que la décision était claire. A l’inverse, ce
moment a été difficile pour six femmes : (E1) « Oui ça a été un petit peu dur […] J’aurais pas voulu vivre
ça », (E4) « disons que sur le moment c’était pas […] ‘fin c’était clairement pas bien». Certaines ont
développé des mécanismes de protection : (E8) « j’étais aussi au maximum dans un fonctionnement
très neutre et de « faut faire »», (E17) « j’étais plus en mode automate ».

Malgré l’obligation d’un accompagnant, quelques femmes se sont retrouvées seules par choix ou à
cause des circonstances : (E11) « Cette année j’étais toute seule comme une grande (rires) […] Positive
attitude (rires) », (E13) « mon copain commençait son stage, mes copines commençaient leur stage,
ma grand-mère habite à côté mais n’était pas au courant, mes parents habitent à 45 minutes, donc
j’avais vraiment personne quoi ». Son absence a souvent été vécue sans difficulté sauf pour ces deux
femmes en panique devant leur douleur, recherchant activement un soutien : (E4) « mon conjoint est
resté jusqu’à 10h30 et puis il est reparti au travail […] il est revenu une demi-heure après parce que moi
je tenais pas toute seule en fait », (E13) « Donc j’appelle ma mère, au travail […] j’étais en détresse, je
criais, je disais « j’ai trop mal, faut que quelqu’un vienne, je peux pas rester toute seule, j’vais tomber
quoi ». J’avais vraiment peur. Et du coup bah elle me dit « j’appelle ton père, j’le réveille tant pis », parce
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que mon père bosse de nuit, donc elle me dit « bah tant pis j’le réveille, il va v’nir au plus vite et tout
ça», elle me dit « mais sinon appelle mamie, elle est à 5 minutes » ». La présence du conjoint ou d’un
proche a généralement été positive, en adoptant une attitude soutenante et rassurante : (E14) « Il m’a
laissée respirer hein. Il m’a pas couvée comme une poule […] C’était super. Ça fait bizarre de dire ça
mais se sentir soutenue dans un moment comme ça ouais. C’est quand même important ». Pour deux
femmes cependant, cette présence a été anxiogène du fait de tensions dans le couple ou d’un manque
de connaissances du partenaire : (E8) « quand il est arrivé euh pfff ça commencait d’emblée à faire des
reproches », (E4) « lui il était inquiet, il voulait appeler le SAMU parce que il comprenait pas pourquoi
je douillais comme ça, et surtout il se sentait impuissant, il savait pas quoi faire ». Certaines femmes
ont choisi d’être accompagnées «parce que c’est obligatoire » (E5), ou par utilité (E8) « le soir il a été
cherché A. (sa fille). Heureusement, parce qu’en fait je … […] j’me sentais pas du tout de bouger ».

Le lieu de l’IVG est également intervenu dans le vécu, notamment chez cette femme qui a pu la réaliser
en dehors de son domicile, ce qui lui a permis de ne pas associer cet acte à son environnement
habituel : (E16) « j’ai fait ça tranquillement voilà, dans un studio à la montagne […] de pas avoir ces
souvenirs-là chez moi et bah du coup j’en suis bien contente ».

c. L’expulsion
Les femmes avaient des termes assez variés pour parler de l’expulsion : (E5) «la chose », (E2) « un
tout p’tit truc », (E10) « une sorte de gros caillot », (E16) « un œuf », les professionnelles de santé étant
plus précises avec les termes : (E4) « morceau de trophoblaste », (E15) « débris ». Bien que la vision
de l’expulsion ait pu rassurer plusieurs femmes sur l’efficacité de l’IVG, cela a parfois été traumatisant :
(E15) « y’a quand même des débris […] c’est assez violent ». Pour deux femmes, l’expulsion a été
jugée longue : (E18) « Dans les semaines qui ont suivi en fait. ‘Fin voilà j’avais toujours des saignements
et puis un jour je suis allée aux toilettes et « han »». Parfois l’œuf n’était pas visualisé, ne sachant pas
à quoi s’attendre.

V - Après l’IVG
1) La consultation post-IVG
Cette consultation n’a pas été réalisée pour quatre femmes soit par commodités : (E3) « je l’ai appelé
juste pour qu’il me confirme comme le taux était bien descendu que c’était bon», (E12) : «je partais en
vacances, d’ailleurs c’est pour ça qu’j’ai pas pu faire le dernier » ou parce qu’elle n’a pas été proposée
par le médecin, ce qui a été mal vécu pour cette patiente : (E7) « il dit qu’ça peut n’pas marcher, qu’il y
a pas besoin de visite de contrôle, c’était vraiment pas drôle quoi ».

La nécessité du contrôle post-IVG a majoritairement été soulignée. Son objectif premier était la
réassurance en confirmant la réussite de l’IVG et l’absence de complications : (E12) « ça permet d’acter
le fait que c’est terminé, c’est bon, c’est fini », (E14) « pour être sûr que tout roule hein quoi. Que, et
que pour la suite des choses euh, bah j’ai pas de … de souci, une complication quelle qu’elle soit pour
euh ma vie d’femme en fait ». Ce moment permettait de raconter son vécu et de poser les dernières
questions : (E1) «Oui c’est important, parce qu’il fallait que je lui dise euh comment ça s’est passé»,
31

(E8) « pour voir bah oui le vécu de la personne, ça m’parait euh … c’est indispensable », (E6) « ça peut
être utile quand même parce qu’après ‘fin certaines personnes ont peut-être aussi des questions à
poser ». C’était aussi l’occasion d’évaluer l’état psychologique et de proposer un suivi si nécessaire :
(E8) « Faut quand même vérifier que tout est bon, que … et puis que la nana elle est pas complètement
euh en détresse quoi ». Un point était également fait sur la contraception.
Une femme seulement a trouvé la consultation inutile pour elle, surtout faite pour rassurer le médecin :
(E5) « c’est bien pour d’autres femmes si elles en ont besoin et tout […] j’vois aussi que ça rassure le
doc’ honnêtement, parce que moi j’pense que j’étais plus rassurée qu’elle hein ».

2) Les complications
La plupart des femmes n’ont eu aucune complication suite à l’IVG. Sur le plan physique, une infection
est survenue chez une femme : (E10 - Mail envoyé quelques jours après l’entretien) « Cela fait près
d'un mois que j'ai cette douleur/lourdeur/ballonnement du ventre apparus 2 jours après la prise du 2ème
comprimé le samedi […] A priori c'est une infection liée à des résidus dans l'utérus qui "pourrissent" ».

3) Contraception post-IVG
Plusieurs femmes ont changé de comportement vis-à-vis de leur contraception, redoutant une nouvelle
grossesse : (E1) « Mais maintenant j’ai compris ! Et du coup j’ai pris l’anneau vaginal », (E3) « Mais je
reprends la pilule du coup, même si je suis célibataire sans relation, je reprends la pilule ».
La contraception a le plus souvent été débutée dès la consultation de contrôle, parfois même avant.
Trois femmes sont dans le projet d’une ligature des trompes. La méthode naturelle a été maintenue
pour une femme : (E7) « finalement on a repris Billings, voilà mais euh du coup avec plus de rigueur …
‘fin en retrouvant la rigueur initiale ». Deux femmes n’ont pas souhaité reprendre une contraception,
cela étant justifié par l’absence de relation.

4) Situation actuelle
L’IVG a été un passage plus ou moins marquant dans la vie de ces femmes : (E3) « Maintenant je ferai
en sorte de pas le revivre une deuxième fois », (E14) : « J’espère que ça se reproduira pas quoi, ‘fin
hypervigilante ». Certaines en ont parlé sans barrière, d’autres préféraient ne plus y revenir par la suite :
(E3) « C’est fini, c’est fini, j’veux dire y’a pas de raison d’en parler, d’en reparler », (E13) « j’ai même
plus l’impression de l’avoir vécu quoi. C’est déjà loin en fait et je préfère ne pas y penser ».

Au moment de l’entretien certaines femmes étaient dans une phase de deuil difficile, notamment avec
la sensation d’avoir « perdu un enfant », « j’ai eu trois grossesses, ça ça changera pas » (E1). En effet,
la douleur psychologique souvent rangée dans l’inconscient se ravivait lors d’une parole ou d’un geste :
(E9) « T’y penses toujours et à un moment donné où t’es calme voilà tu penses toujours à ça en fait »,
(E15) « Là je comptais, j’me dis « ah tiens je serai à 4 mois », voilà donc j’me dis « ah c’est quand même
que tout n’est pas euh si clair quoi » », (E17) « Une amie m’a annoncé qu’elle était enceinte. Et là ça a
fait effet boomerang, c’est revenu. […] Et donc là j’me suis dit qu’en fait non qu’j’avais pas oublié,
qu’c’était encore euh bien présent et qu’il fallait que j’m’occupe de ça ». Une vision déformée du corps
avec la sensation d’être « grosse » (E8) a également été verbalisée ainsi que l’appréhension des futurs
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rapports sexuels (crainte d’une nouvelle grossesse) : (E13) «J’voulais pas euh r’avoir de rapports euh
rapidement, j’avais toujours peur en fait. Même maintenant, j’appréhende énormément ». De plus, l’IVG
a eu des répercussions négatives sur un couple, au bord de la rupture lors de l’entretien : (E16) « Bah
c’est possible que cet euh, cet évènement sonne la fin euh bah de notre relation ».
Une seule femme est revenue sur son choix ayant confié son regret d’avoir réalisé cette IVG : (E7)
«Maintenant c’est fait faut aller de l’avant. Mais je regrette profondément mon choix ». Une autre femme
continuait d’entretenir une certaine culpabilité : (E17) « j’m’en veux encore hein ».
La majorité des femmes recommanderait cette méthode à d’autres patientes tout en expliquant les
avantages et inconvénients cités.

VI - Améliorations proposées par les femmes


Elles étaient nombreuses à ne souhaiter aucune amélioration : (E16) « difficile de faire beaucoup
mieux».

1) Le parcours
Quelques femmes auraient aimé rendre le parcours plus accessible en augmentant le nombre de
médecins généralistes conventionnés et par une meilleure information: (E3) « qu’il y ait plus de
généralistes à pouvoir la proposer. Ça pourrait être quelque chose à améliorer parce que je pense qu’un
généraliste est tout à fait apte à suivre une patiente », (E4) « faciliter l’accès à ces noms là en fait. Savoir
qu’on peut consulter et qui, quoi, comment. ».

Deux femmes ont souhaité un accueil téléphonique plus empathique dont (E13) « Bon alors par contre
l’accès par la secrétaire, j’étais vexée quoi […] voilà, après c’est juste ça que j’ai trouvé dommage ».
De plus, la rapidité de la prise en charge étant souvent importante, il a été souhaité un allègement des
examens inutiles, ainsi que des tâches administratives : (E2) « Moins de papiers ! (rires) », (E4) « on
(le CPEF) m’a dit « non, il faut que le médecin du Planning refasse une écho ». Du coup je vois pas
l’intérêt puisque je l’ai, l’écho. Donc ça j’trouvais que c’était une lourdeur énorme dans le parcours».

Plusieurs femmes auraient aimé que le médecin généraliste soit formé à l’échographie afin de diminuer
le nombre d’intervenants, de coordonner la prise en charge et d’éviter tout jugement d’une tierce
personne : (E10) « qu’on n’ait pas à aller voir encore quelqu’un d’autre et qui vous connaisse pas ». En
effet, réexpliquer son histoire était souvent difficile : (E14) « aller quelque part passer devant quelqu’un
puis l’expliquer devant quelqu’un d’autre. On retourne trois semaines après c’est encore quelqu’un
d’autre. […] Mais en fait c’est ces allers-retours et cet inconfort à avoir un peu à raconter sa vie. […]
Juste ça, cette amélioration-là de pouvoir tout faire au même endroit ». Elles ont également insisté sur
le respect de leur choix et de leur demande de ne pas montrer ou expliquer les images : (E17) « j’pense
c’est quelque chose qui devrait p’t-être « bon bah ok cette personne-là elle vient pour une IVG donc
euh l’écran on l’allume pas, point barre » […] et on détaille pas ».

Il a également été suggéré que le médecin ait les coordonnées de la personne accompagnante pour
s’assurer de sa présence ou en cas de difficulté pour joindre la patiente : (E8) « Parce qu’on sait jamais
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si la nana elle fait un malaise […] Et qu’il y ait une vérification qu’il y ait bien une deuxième personne ».
L’information de l’accompagnant était nécessaire pour (E4) « ’fin s’il avait été là quand j’ai pris la
Mifégyne, le Dr X l’aurait briefé, lui aurait dit « bah elle va avoir mal et c’est normal quoi » ».

La consultation de contrôle devrait être obligatoire selon une femme : (E7) « c’est le respect de ce qu’il
y a écrit dans le livret. Nan mais c’est clair, ça c’est sûr ». Une consultation intermédiaire facultative a
également été proposée, ainsi qu’un entretien téléphonique durant ou après l’IVG, la consultation de
contrôle étant jugée trop lointaine : (E18) « juste de pouvoir en échanger avec le professionnel qui nous
a accompagné », (E8) « peut-être un coup de fil au médecin dans la journée. […] juste voir que tout va
bien, euh … poser quelques questions». D’autres femmes auraient également souhaité un suivi
psychologique obligatoire : (E1) « c’est toujours nécessaire », (E17) « finalement un suivi psychologique
aussitôt et obligatoire derrière ».

Enfin, une femme aurait voulu que la fiche d’informations sur le déroulement de l’IVG soit plus précise
en terme d’évolutions possibles : (E10) « Faut p’t-être mettre « dans quelques rares cas il est possible
qu’une expulsion se fasse au bout de 10 jours » […] on n’insiste pas sur le fait que si ça s’passe pas
comme ça, qu’est-ce qu’il s’passe quoi […] Ça on le dit c’est de bien reprendre le médicament on est
d’accord. Euh … et après vous voyez ça s’arrête là, y’a pas « si l’expulsion se fait pas… »», et que
d’autres études identiques à celle-ci soit réalisées : (E10) « peut-être c’que vous faites en fait. Faire une
sorte d’enquête à chaque fois sur le ressenti des femmes aussi, et pour à chaque fois essayer de …
d’adapter. Ça serait intéressant aussi ».

2) Informations autour de l’IVG


Concernant les connaissances sur l’IVG dans la population générale, l’idée retenue était d’augmenter
les informations sur la méthode médicamenteuse mais sans la mettre en avant comme moyen de
contraception : (E13) « Euh moi j’trouve dommage que … on n’ait pas plus d’informations sur ça euh à
l’école ou des prospectus », (E1) « Mais bon ça court le risque aussi que les personnes ne se protègent
pas … ils disent « bon après je vais faire une IVG, c’est bon » ». Les femmes soulignaient surtout
l’importance d’axer l’information sur la prévention : (E10) « Pas tant l’IVG en fait c’est plutôt la pilule du
lendemain qui doit passer comme méthode contraceptive […] j’ai été une fervente toujours défenseuse
de la prévention, j’pense qu’il n’y en a pas suffisamment et qu’il faudrait vraiment qu’on axe là-dessus ».
34

DISCUSSION
I – Forces et limites de l’étude
Cette étude a inclus 18 femmes sur l’ensemble des quatre départements bretons. Il était important de
recueillir leur parole sur les différents parcours proposés. En effet, les réseaux de médecins généralistes
conventionnés avec les CPEF n’ont pas tous le même mode de fonctionnement notamment sur la
consultation avec la conseillère conjugale et familiale ainsi que sur l’échographie. Cela a donc permis
d’avoir des témoignages variés en terme de parcours et d’intervenants. De plus, les participantes ont
apprécié ce temps de parole qui leur a été donné, certaines n’ayant pas vraiment pu s’exprimer depuis
leur IVG. La plupart d’entre-elles m’ont accueillie dans l’intimité de leur domicile, ce qui a été propice
aux confidences.

Cependant l’aspect qualitatif de l’étude et le nombre de femmes recrutées ne permettent pas d’être
représentatifs. Certains praticiens ont été plus réactifs pour proposer des patientes, notamment dans le
Morbihan où la moitié des entretiens se sont déroulés. Ils ont parfois réfuté des femmes qu’ils jugeaient
inaptes psychologiquement à participer à cette rencontre. De plus, des oublis d’inclusion ont été relevés.
Tous ces éléments sont donc en faveur d’un biais de sélection. Le fait d’être la seule enquêtrice à
interroger et à analyser les données ainsi que le manque d’expérience ont induit un biais d’interprétation.
Cela aurait pu être amélioré par une triangulation des données.
Le recueil des données a parfois été perturbé. En effet, dans deux cas, il a fallu raccourcir le temps de
parole, suite à des contraintes professionnelles ou personnelles des participantes. La présence de
colocataires chez une autre femme a également été déstabilisante pour mener l’entretien. Parfois, des
difficultés de remémoration ont été ressenties pour celles dont l’IVG était lointaine, altérant ainsi
certaines informations (notamment sur la chronologie du parcours).
Pour finir, deux entretiens ont été réalisés alors que la consultation post-IVG n’avait pas encore eu lieu.
Pour pallier à ce manque de données, les femmes m’ont recontactée par mail ou téléphone par la suite.

II – Analyse des résultats


1) Caractéristiques de la population étudiée
La moyenne d’âge des femmes de l’étude était de 34,5 ans (deux tiers de plus de 30 ans). Cela est bien
au-dessus de la moyenne nationale de 27,5 ans en 2011 (toutes IVG confondues) (20). Le tableau 1
concernant la répartition des IVG par tranche d’âge selon différents travaux, montre une représentation
majoritaire des femmes de plus de 40 ans (33,3%) dans notre étude. Sur le plan national, les femmes
de 20 à 24 ans restent les plus concernées avec un taux de recours de 26,7 IVG pour 1000 femmes
(12). Cependant cela concerne toutes les IVG sans distinction de méthodes ou de lieux de prise en
charge. Les femmes ayant recours aux IVG en cabinet de ville semblent donc avoir des caractéristiques
différentes, notamment une moyenne d’âge plus avancée comme cela est retrouvé en Bretagne en
2014 où les 25-29 ans sont les plus représentées (21). Le rapport du REVHO (Réseau Entre la Ville et
l’Hôpital pour l’Orthogénie) rejoint ce constat avec une moyenne d’âge de 30 ans et la catégorie des
25-33 ans nettement majoritaire (49,38%) en 2017 (22). Le Plan régional d’amélioration de l’accès à
l’IVG en Bretagne souligne que la part des IVG réalisées en ville progresse avec l’avancée en âge (21).
35

Répartition par tranche d'âge (en %)


30

20

10

0
20-24 ans 25-29 ans 30-34 ans 35-39 ans 40-44 ans 45-49 ans

2007 (IVG médicamenteuses et chirurgicales en France)


Bretagne 2014 (IVG médicamenteuses en ville)
Etude actuelle

Figure 3 (Données 2007 : (23) – Données Bretagne 2014 : (21))

Concernant les autres caractéristiques des femmes de l’étude, plus de deux-tiers ont au moins un
enfant, ce qui est au-dessus de la moyenne bretonne de 2005 (50% étaient mères) (24). Un peu plus
d’un quart ont un antécédent d’IVG contre 32% en 2013 en Bretagne (stable depuis 2011) (21). Les
femmes au foyer, au chômage ou étudiantes sont peu représentées dans notre étude. En effet, la
grande majorité des participantes sont en couple et ont un emploi. En Bretagne en 2005, 46% des
femmes ayant eu une IVG occupaient un emploi, 20% étaient élèves ou étudiantes, 11% étaient au
foyer et 10% au chômage (24).

Les IVG sont majoritairement réalisées pendant la période de « jeunesse sexuelle » (période allant du
début de la sexualité jusqu’à la naissance du premier enfant) qui s’est allongée du fait du recul de l’âge
moyen à la maternité (30,1 ans) (11). Selon l’enquête de la DREES de 2007, ce sont les femmes sans
activité professionnelle ou célibataires qui sont surreprésentées (23). Or notre étude, qui s’intéresse
uniquement aux IVG en ville, montre une proportion de femmes plus âgées et ayant le plus souvent
déjà des enfants. Marc Collet a comparé les caractéristiques de ces femmes prises en charge en ville
par-rapport à celles vues en établissement de santé : près de la moitié qui ont recours à une IVG en
cabinet de ville ont plus de 30 ans (contre un tiers), les deux tiers ont un emploi (contre la moitié) et
50% sont en couple (contre 45%) (25). Ces résultats se rapprochent donc davantage de notre étude où
les participantes étaient plus souvent en couple ainsi qu’en emploi, et avaient une moyenne d’âge plus
élevée que l’ensemble des femmes réalisant une IVG tous lieux et méthodes de prise en charge
confondus en France. Nous avons pu voir également que certaines femmes, par leur expérience,
savaient repérer précocement les premiers symptômes de grossesse, déclenchant rapidement la
demande d’IVG. Une étude a effectivement remarqué que les femmes plus âgées, en emploi et ayant
au moins deux enfants avaient plus tendance à avoir recours à une IVG en début de grossesse (donc
éligibles à la méthode médicamenteuse), contrairement aux femmes plus jeunes, sans activité
professionnelle, ayant un ou pas d’enfant qui réalisaient l’IVG plus tardivement (11).
36

2) Facteurs intervenant dans le vécu


a. Cheminement vers l’IVG : l’importance et la réalité du choix
Le cheminement vers l’IVG commence par les connaissances que les femmes en ont, notamment grâce
aux antécédents gynéco-obstétricaux, à l’entourage, aux études, à Internet ou aux médias. Bien que
les deux méthodes soient majoritairement connues, la pratique au domicile reste pour la plupart une
nouvelle notion qui est le plus souvent apportée par les professionnels de santé.

La grossesse non prévue est survenue plus fréquemment dans un contexte d’absence ou d’erreur de
contraception, mais également sous DIU. En France, 3% des femmes en âge de procréer ne prennent
aucune contraception (26). Parmi celles ayant réalisé une IVG, deux tiers utilisaient un moyen
contraceptif (23). Dans 42% des cas, celui-ci était médical et théoriquement efficace (pilule, DIU) (27).
Une contraception mal adaptée peut être source de mauvaise utilisation. Le médecin a donc toute sa
place dans la prévention des grossesses non prévues, par la prescription d’une contraception
correspondant aux souhaits et au rythme de chaque femme, tout en prenant en compte les contre-
indications comme le recommande la HAS (Haute Autorité de Santé) (28). De plus, l’attention du
praticien doit être renforcée pour les femmes de moins de 20 ans ou de plus de 40 ans (29). Il doit
également s’adapter selon les différentes périodes de la vie. Certaines participantes de notre étude
pensaient effectivement ne plus pouvoir tomber enceinte à leur âge, expliquant parfois le peu de recours
à la contraception d’urgence.
Le fait d’avoir une profession en rapport avec la santé peut également majorer une certaine culpabilité
et déception notamment en cas d’erreur de contraception, car ces femmes estiment devoir connaître
les moyens de contraceptions (Divay S.) (30).

La découverte de cette grossesse a engendré de la surprise, entrainant des émotions variées,


entremêlées (culpabilité, colère, détresse, sidération, déni), et parfois le temps d’un instant, de la fierté
ou de la joie. De plus, les symptômes liés à la grossesse peuvent être difficiles à vivre. Tous ces
ressentis font naître un sentiment d’urgence pour avorter, le but étant d’arrêter ces signes inconfortables
physiquement et psychologiquement pouvant retentir sur le plan personnel et professionnel. Ces
éléments sont retrouvés de façon similaire dans plusieurs travaux (31–34).

La décision d’IVG a été claire dès la suspicion de grossesse pour la moitié des femmes de notre étude.
La présence d’une ambivalence a tendance à impacter plus négativement leur vécu. Elle peut persister
jusqu’à la prise des médicaments voire même au-delà. Il ne faut pas oublier que l’IVG est un droit à part
entière (18), or les femmes se sentent souvent obligées de se justifier (35). Les raisons du choix sont
surtout personnelles (âge, relation de couple…), familiales (nombre d’enfants notamment en bas âge
et écart d’âge) ou professionnelles, avec toujours la notion que ce n’était pas le « bon moment ». Ces
raisons sont souvent retrouvées dans la littérature (31–33) notamment sous le nom de « norme
procréative » (36,37), c’est-à-dire que le projet d’un enfant ne pourra être envisagé qu’en cas de
conditions professionnelles satisfaisantes, de stabilité du couple, et à l’âge désiré. Cette décision est
donc influencée par plusieurs déterminants liés à l’âge comme le montrent Bajos et al : avant 25 ans
les études sont prioritaires avec parfois une situation professionnelle débutante ; entre 25 et 34 ans le
37

nombre d’enfants et le contexte affectif rentrent en compte ; après 35 ans la profession est toute aussi
importante que le contexte affectif (38).

Les femmes étaient quasiment toutes satisfaites du délai de prise en charge et du parcours qualifié de
simple et rapide. Lors de disponibilités trop lointaines du CPEF, elles étaient redirigées vers le médecin
généraliste qui les recevait dans un temps jugé acceptable par elles. Les critères demandés par la HAS
ont donc souvent été respectés (délai recommandé de 5 jours entre la demande et la réalisation des
IVG) (14). Ces résultats sont différents selon les régions : même ressenti en Ile-De-France (33),
contrairement à un autre travail de thèse en Midi-Pyrénées où le manque d’accès rapide au médecin a
été soulevé (34). Le vécu était impacté négativement lorsque la femme ne savait pas comment intégrer
le parcours. Celles qui se sont alors renseignées sur Internet ont su rester très critiques face aux
informations notamment dans les forums pouvant parfois être anxiogènes. Les sites officiels sont jugés
utiles. Plusieurs mesures ont été annoncées pour pallier à l’envahissement des sites anti-IVG et
améliorer l’accès au parcours. Ainsi le site www.ivg.gouv.fr a été créé suite au plan national d’action
(17) qui a permis de faciliter l’accès à l’information des femmes mais aussi des professionnels
(notamment grâce au site www.ivglesadresses.org) (39).

Toute femme souhaitant une IVG doit avoir le choix de la méthode (14,18). Bien que le domicile ait été
imposé chez deux femmes du fait d’une hospitalisation impossible dans l’établissement de santé
rattaché, quasiment toutes les participantes de notre étude ont le sentiment d’avoir eu le choix. Or dans
la littérature cet objectif est loin d’être atteint : en 2007, 44% des femmes affirmaient avoir eu le choix
(DREES) (40), et pour celles qui ont contacté un professionnel de santé avant 7 SA ce chiffre monte à
54% (41). Cependant, la proportion est plus importante pour les femmes suivies en ville : 83% ont
déclaré avoir eu le choix de la méthode (Collet) (25). L’IVG médicamenteuse est choisie dans 60 à 75%
des cas (40,42). Les femmes qui ont le choix de la méthode seraient 4,6 fois plus nombreuses à vouloir
l’IVG médicamenteuse que celles n’ayant pas eu ce choix (41).
Le terme précoce de la grossesse contribue souvent au choix (25,41), mais les femmes mettent surtout
en avant son côté plus simple, plus rapide, non invasif et plus naturel (physiologique), en comparant
souvent avec la méthode chirurgicale. Le critère principal étant d’éviter l’hôpital (peu chaleureux) ou
l’aspiration/l’anesthésie (avec leurs risques supposés), le domicile a été une évidence pour la plupart
d’entre-elles notamment pour son intimité, la présence d’un entourage familier et soutenant. De plus
cette méthode permet de mieux contrôler la situation en donnant une certaine liberté d’organisation
sans avoir à se justifier (plus compatible avec leur emploi du temps). L’expérience positive des femmes
aux antécédents d’IVG médicamenteuse était un argument de plus pour le choix. Plusieurs travaux ont
retrouvés ces critères (31–35,42–46). Il semblerait que la réalisation de l’IVG par un médecin généraliste
permette de dédramatiser ce geste, comme l’a souligné une femme de notre étude. Cet aspect n’a pas
été retrouvé dans la littérature, cependant d’autres témoignages ont soulevé l’intérêt d’un interlocuteur
unique (31,34). Ainsi, même à un âge gestationnel précoce les choix doivent être expliqués que cela
concerne les méthodes ou les lieux de réalisation. L’appropriation de ce choix n’en améliorera que
mieux le vécu des femmes (27,31,35). Le professionnel doit rester objectif lors de la présentation des
choix possibles, et permettre un accès équivalent à chaque méthode (27,35).
38

D’autres facteurs influençant le vécu ont été relevés dans notre étude : âge, évènements intercurrents
et religion. Bien qu’ils soient peu évoqués dans la littérature leur retentissement n’en est pas moindre.

b. Les intervenants et les consultations : neutralité et bienveillance


Le premier interlocuteur a toute son importance. Dans notre étude il s’agissait souvent du médecin
traitant ou généraliste de proximité et du CPEF. Une seule femme a d’abord consulté un gynécologue.
Aucune des participantes n’a parlé du numéro vert national créé suite au programme d’action pour
améliorer l’accès à l’IVG en 2015 (17). Ces premiers acteurs sont effectivement retrouvés dans la
littérature (31,32), mais c’est le gynécologue qui est souvent le premier interlocuteur dans 40% des
cas, alors que le généraliste est le premier contact pour 23% des femmes (47). Ces résultats sont à
l’opposé de notre travail et d’une autre thèse dans l’Essonne (48) qui retrouve que le médecin
généraliste est le premier contact dans 53,3% des cas lors d’une IVG en cabinet de ville (CPEF 45,4%).
Il est cependant difficile d’en tirer des conclusions, notre travail n’ayant inclus que des médecins
généralistes. De plus, le choix du premier interlocuteur dépend de plusieurs facteurs dont l’âge, le
niveau de revenu, le nombre d’enfants, les antécédents d’IVG, le niveau d’études et l’entourage (49).
Le médecin généraliste est ainsi plus souvent le premier interlocuteur pour les femmes de plus de 30
ans, déjà suivies par lui. Cela montre l’importance du lien de confiance avec le médecin traitant qui peut
orienter même s’il ne pratique pas lui-même l’IVG médicamenteuse.
D’ailleurs, les professionnels contactés ont su orienter correctement leurs patientes même si parfois il
a fallu passer par plusieurs interlocuteurs. L’accès est plus direct en cas d’antécédent d’IVG ou grâce
aux informations utiles de l’entourage. L’étude de Bajos et al. (49) démontre que la durée du parcours
dépend fortement du degré d’implication du premier interlocuteur et non du nombre d’intervenants. Elle
rajoute que près de 70% des femmes ont eu un parcours direct (accès directement au médecin réalisant
l’IVG sans intermédiaire) et elles ont été nombreuses à trouver un soutien actif chez ce premier contact.
Il a été démontré que le délai de prise en charge était plus long lorsque les femmes s’adressaient en
premier à un médecin généraliste ou à un centre médico-social (les gynécologues orientant facilement
vers le secteur privé) (25). Le généraliste est également plus souvent associé à des filières de soins
indirectes. Ces premiers professionnels contactés ont donc un impact sur la durée du parcours et son
vécu. De plus, ils participent au choix de la méthode en donnant les premières informations (25).

Plus de la moitié des femmes aurait souhaité que le médecin traitant réalise l’IVG du fait de sa proximité
géographique et la relation de confiance établie depuis des années. Selon différents travaux, 30% à
34% des femmes auraient aimé qu’il réalise l’IVG pour ces mêmes raisons (50,51), également
retrouvées dans d’autres thèses (31,34). Un travail (50) rapporte que 44% des femmes n’ont pas parlé
de cette grossesse non prévue à leur médecin, en ramenant la notion de « médecin de famille » comme
argument principal. Dans notre étude seule une minorité de femmes ne voulait pas partager cet épisode
avec lui par crainte de jugement, exprimant de la honte face à ce médecin suivant parfois toute la famille
(crainte par-rapport au secret médical ?). De plus, pour certaines femmes il doit uniquement réaliser les
actes habituels et classiques comme un renouvellement d’ordonnance, le suivi gynécologique n’étant
pas son rôle. Ces arguments sont retrouvés dans d’autres travaux (32,34). Ces propos interrogent sur
la vision des patients envers leur médecin traitant. Toutefois il semble important que celui-ci soit au
39

courant de l’IVG pour la plupart des femmes de notre étude, car cela fait dorénavant parti de leurs
antécédents et en cas de problème gynécologique futur, ces données leur semblent essentielles.

La consultation précédant l’IVG n’a pas toujours été systématique. Cela a été bien vécu lorsque la
femme se sentait dans l’urgence d’avorter. Cependant, des répercussions négatives pouvaient en
découler notamment en cas d’ambivalence, avec un sentiment d’être prise au dépourvue. Cette
consultation est pourtant obligatoire, le consentement écrit ne pouvant être remis lors de la première
consultation de demande d’IVG (8). Une revue de la littérature a retrouvé que les consultations
médicales pré-IVG n’influaient pas sur la décision d’IVG, qu’il s’agissait surtout d’un temps d’échange,
d’écoute et d’informations. Elle insiste également sur l’importance de la disponibilité du professionnel
de santé (35). L’information fournie lors de cette consultation est essentielle pour le choix : 90,2% des
femmes ayant choisi l’IVG médicamenteuse ont reçu des informations (41). Comme dans la plupart des
travaux (31,32,34), les participantes de notre étude estiment avoir eu toutes les informations
nécessaires. Durant cette consultation, les notes écrites sont aussi primordiales, car il est difficile de
retenir la quantité des données. En effet, l’anxiété rend les pensées confuses. Pour pallier à cela, la loi
indique bien qu’en cas d’IVG médicamenteuse, un document écrit précisant le protocole doit être remis
à la femme (52).

Les femmes n’avaient que peu de critiques envers le médecin ayant réalisé l’IVG. Les qualités
principales évoquées sont retrouvées dans d’autres travaux notamment : l’empathie, la réassurance, la
neutralité, la disponibilité, l’apport d’informations claires, une relation de confiance (31–33,35).
De plus, il doit s’assurer du consentement de la patiente et pouvoir lui laisser un temps de réflexion si
nécessaire. Le délai de réflexion a été supprimé le 26 janvier 2016 suite à la deuxième recommandation
du Haut Conseil à l’Egalité (HCE) entre les femmes et les hommes (18). La plupart des participantes de
notre étude ont trouvé un bénéfice à cette suppression en précisant toutefois qu’il ne fallait pas hésiter
à le proposer sans l’imposer. Les critiques concernant ce délai sont les mêmes dans plusieurs travaux
(31,32). Il est jugé long et inutile lorsque la décision est claire avec le risque d’installer le doute. A
l’inverse, il permet de prendre du recul et de faire la part des choses lorsque les pensées sont altérées
par la détresse initiale. Il peut également permettre de changer d’avis. Il faut donc faire attention à
certaines demandes parfois trop pressantes des patientes et savoir donner du temps à la réflexion,
notamment en cas d’ambivalence. Il est important de déterminer avec elles le temps dont elles ont
besoin pour confirmer leur choix (35). Durant ce délai, un entretien psycho-social doit systématiquement
être proposé comme l’indique la loi de 2001 (3). Le REVHO rapporte qu’un quart des femmes a eu cet
entretien en 2017 (22). Il ne faut pas oublier de le proposer de nouveau après l’IVG lors de la dernière
consultation (35). Nous avons constaté des disparités de fonctionnement entre département : entretien
psychosocial obligatoire au CPEF rattaché ou même refusé dans un autre centre car l’IVG avait été
réalisée à l’extérieur. Dans notre étude, la plupart des femmes ne l’ont pas eu, majoritairement par choix
ou car cette consultation n’a pas été proposée. Les inconvénients soulevés étaient le rajout d’un
intervenant, l’allongement du parcours et la peur de l’installation du doute face aux questions. Cet
entretien était souvent conseillé pour « les autres », lors de situations plus complexes. Cette même
vision est retrouvée dans plusieurs travaux (31,32,34). Les femmes ayant tendance à être dans un
40

procédé psychologique défensif (53), il est important d’être à l’écoute et de pouvoir les laisser s’exprimer
notamment lors de la consultation de demande d’IVG. Si ce temps ne peut être donné, l’entretien prend
toute sa place (53).

Le partenaire et les accompagnants ont un rôle non négligeable dans le parcours et son vécu. Peu de
femmes étaient accompagnées en consultation. L’avis du partenaire peut occuper une place importante
dans la décision, influant ainsi sur le vécu de la femme selon ses choix. La décision est mieux vécue si
la femme la prend seule ou conjointement avec son compagnon. 41% des femmes font ce choix
personnellement, alors qu’une fois sur deux il s’est fait en couple (47). Si la relation affective est stable,
la décision sera prise d’un accord commun huit fois sur dix (38). Or, comme le rappelle une étude il est
essentiel de rencontrer la femme seule dans un premier temps pour s’assurer de la liberté de son choix
mais il est également important d’offrir une écoute au partenaire (35). Un travail décrit les divers
positionnements que peut avoir l’homme : absent de la décision, contre l’IVG, pression pour réaliser
l’IVG, choix identiques pour les deux partenaires. L’homme peut adopter alors trois postures : s’investir
pleinement, assurer son rôle d’accompagnant en restant en retrait, être totalement absent (54). Toutes
ces données rejoignent étroitement notre étude. Le conjoint doit donc trouver sa place en fonction du
souhait de la partenaire de partager ce moment. En effet, certaines femmes ont exprimé leur volonté
de faire leur deuil seule, parfois par pudeur. De plus, l’incompréhension du partenaire face aux douleurs
peut impacter négativement le vécu en donnant à la femme un sentiment d’injustice. Les proches sont
mis dans la confidence dans un but de soutien, d’aide par leurs expériences. Leurs réactions se
répercutent directement sur le vécu. Dans notre étude comme dans d’autres travaux, il a également été
noté que certaines femmes choisissent de ne rien dire à leur entourage, pour les protéger ou pour éviter
tout jugement (33). L’IVG est souvent considérée comme un sujet tabou, que la femme cache pour ces
raisons mais également pour éviter de toucher à sa réputation sur le plan social (Divay S.) (30). Il est
donc important de s’entourer de personnes bienveillantes et sans jugement.

L’échographie influence le vécu par trois facteurs : la vision de l’écran, l’attitude du médecin et le lieu
de réalisation. Les patientes choisissent de regarder l’écran pour vérifier l’absence de complication et
se rassurer par-rapport à ce qu’elles s’étaient imaginées (33), mais également par curiosité ou pour
confirmer leur décision (55). Une étude grenobloise entre 2002 et 2003, montre qu’une grande majorité
de femmes (84,5%) n’a pas souhaité voir l’écran ni même garder la photographie mais qu’une part non
négligeable a voulu voir les images (15.5%) (56). Dans une étude américaine, les femmes qui
choisissent de regarder trouvent l’expérience positive à 86.3%. De plus, cela n’a pas modifié leur
décision (57).
Les paroles et mimiques de l’échographiste impactent également le ressenti des femmes (plus de la
moitié des femmes de notre étude l’exprime). II est important d’écouter, de respecter leur choix et
d’adopter une attitude neutre (56). En effet, cette attitude culpabilisante est encore retrouvée dans
d’autres travaux (31,34) . Une charte pour les échographistes a été rédigée par le REVHO pour remédier
à ces difficultés (annexe n°5). Une étude rappelle que l’échographie devrait être réalisée dans un lieu
distinct des services de gynécologie et obstétrique (58). En effet, les femmes vivent souvent mal le fait
de partager les mêmes lieux d’examens que les femmes enceintes (32).
41

Les grossesses de localisation indéterminée ne contre-indiquent pas l’IVG médicamenteuse si plusieurs


critères sont respectés (taux d’hCG plasmatique inférieur à 1500 ou 2500 UI selon la méthode
d’échographie, absence de facteurs de risque et de symptômes de GEU, information et éducation des
patientes) (accord professionnel). Dans ce cas, un dosage plasmatique de l’hCG est recommandé avant
et après la procédure (44). Cette solution permettrait dans certains cas d’éviter la redondance des
échographies souvent mal vécue.

Dans notre étude, deux tiers des femmes se sont présentées à la consultation post-IVG. Celle-ci semble
essentielle pour l’ensemble des participantes, notamment pour vérifier l’efficacité de l’IVG et l’absence
de complications. Elle permet de clôturer cet épisode, de proposer un suivi psychologique et de refaire
le point sur la contraception comme cela est retrouvé dans les autres thèses réalisées (32–34). Dans la
littérature, le taux de participation est de l’ordre de 70% (59) et 53% dans le rapport du REVHO en 2017
(22). L’HAS rappelle que cette consultation est obligatoire et a pour but d’identifier les grossesses
persistantes. Elle doit comprendre un examen clinique et un dosage de β-hCG plasmatiques ou une
échographie pelvienne (14).

Tous les intervenants doivent donc faire preuve de neutralité. Or, comme cela a été vu dans notre étude,
plusieurs rapports notent que les patientes restent confrontées à des attitudes culpabilisantes de la part
de certains personnels d’accueil ou soignants (27,30,34). Nous avons pu remarquer également l’accueil
parfois maladroit de la secrétaire amplifiant la détresse des femmes. La formation des secrétaires à cet
accueil spécifique est importante.

c. L’IVG au domicile : un moment parfois redouté


La majorité des femmes estime avoir bien vécu ce moment, parfois même de façon inattendue.
Certaines s’y sont préparées mentalement et ont mis des mécanismes de protection en place. Les
femmes vivent mieux leur IVG lorsque la décision est claire. Les facteurs intervenant dans le vécu sont
surtout physiques (douleur, saignement, expulsion), mais comme nous l’avons vu l’accompagnant a un
rôle non négligeable, de par son comportement. Il faut noter qu’une femme a préféré réaliser l’IVG en
dehors de son domicile pour ne pas y associer les souvenirs. Cette notion n’a pas été retrouvée dans
d’autres travaux. La fiche d’informations détaillées remise à la première consultation permet de mieux
appréhender les évènements au domicile, notamment les douleurs, les saignements et l’expulsion.

La douleur a été vécue de façon différente. Pour une partie des femmes, elle s’est atténuée grâce aux
antalgiques mais également du fait de la présence d’un entourage soutenant et de la disponibilité du
médecin en cas de questions. Des femmes considèrent la douleur comme un gage d’efficacité de l’IVG,
mais pour certaines il était important d’avoir mal afin de ne pas oublier cet acte « non anodin ». Cette
notion est retrouvée dans une thèse (32) où il est noté que la douleur permet la réalisation physique de
l’IVG et où se pose également la question de la douleur « punition ». Nous remarquons également dans
notre étude que les femmes sans enfant et sans antécédent d’IVG ont eu plus de difficultés à supporter
la douleur, en étant même parfois surprises de son intensité. Il s’agissait notamment des femmes les
plus jeunes. Des études réalisées en 2004 et 2014 ont montré que la douleur dépendait de l’âge, de la
42

gestité et parité. Les jeunes femmes, plus souvent nulligestes, ont un utérus plus contractile, ce qui
augmenterait l’intensité des douleurs (43,60). En revanche les antécédents d’IVG et la qualité du soutien
de l’entourage n’ont pas d’incidences (60). Cependant, nous voyons dans notre étude que la part
psychologique de la douleur est influencée par l’accompagnant dont la présence agit sur l’intensité. De
plus, certaines femmes l’ont sous-estimée. Or la douleur est souvent la première raison donnée pour
ne pas recourir de nouveau à la méthode médicamenteuse (60). Il est donc important d’anticiper et
d’informer correctement les patientes sur la douleur sans la minimaliser.
Concernant les saignements, 67% des femmes les considèrent comme normaux selon la littérature
(60), ce qui a été le cas pour la majorité de nos participantes. L’information claire et adaptée permet
d’anticiper cette inquiétude. De plus, la présence de saignements est également synonyme d’efficacité.
L’expulsion est vécue différemment selon les femmes comme retrouvé dans d’autres travaux
(31,33,34). A ce stade de la grossesse il est souvent difficile d’analyser quoique ce soit, comme le
prouve les différents termes assez vagues des femmes. Il faut savoir l’anticiper avec elles, mettre des
mots dessus (35). La vision du produit d’expulsion intervient sur le vécu par la représentation que les
femmes peuvent s’en faire. Elle est surtout elle aussi synonyme d’efficacité et de fin de l’IVG.
Les effets secondaires des médicaments participent également au vécu, notamment les nausées,
vomissements et asthénie. Selon une étude multicentrique de 2014, 94% des femmes ont eu un effet
secondaire (autre que la douleur) dans les cinq jours suivant l’IVG, avec la fatigue pouvant persister au-
delà (60).
Les complications ont été quasi-inexistantes puisqu’une seule patiente a dû consulter suite à une
infection. Dans la littérature, le risque d’infection de la méthode médicamenteuse est effectivement rare,
de l’ordre de 0,9% (61), alors que l’HAS parle plutôt d’un risque aux alentours de 4 à 5% (42). Les
saignements prolongés aboutissent souvent à une déglobulisation progressive plutôt qu’à une
hémorragie aigüe massive, d’où la possibilité de pouvoir réaliser la deuxième prise des comprimés au
domicile (61).

d. Et après : les retentissements au quotidien


Sur le plan psychologique, la plupart des femmes sont passées à autre chose et ont choisi de mettre
cet évènement de côté. Parfois le deuil est encore difficile, avec une projection de la grossesse si elle
avait été gardée. Lorsque les regrets sont présents, la reconstruction est encore plus difficile. Ces
mêmes notions sont retrouvées dans une thèse (34) et peuvent être résumées sous deux réactions : le
soulagement que l’IVG soit faite et le déni comme si cela n’avait jamais eu lieu (62). Il peut exister un
retentissement à distance (notamment à la date d’anniversaire de l’IVG ou la date présumée de
l’accouchement, ou encore en cas de nouvelle IVG) avec des symptômes dépressifs (inappétence,
insomnie, perte de la libido), une crainte de stérilité ou un désir de vengeance envers le partenaire si
celui-ci a été pesant sur la décision (62). Il est donc important de préciser lors de la dernière consultation
la possibilité d’un entretien psycho-social qui sera toujours possible à n’importe quelle étape de leur vie.

3) Acceptabilité et apports de l’IVG médicamenteuse en cabinet libéral


La quasi-totalité des femmes était satisfaite de la méthode médicamenteuse en ville et la
recommanderait en insistant sur certaines conditions : présence et information de l’accompagnant,
43

anticipation de la douleur. Elles sont toutes d’accord sur le fait que le médecin doit s’adapter aux
souhaits et craintes de la patiente renforçant la relation de confiance. Comme dans un autre travail de
thèse (32), les femmes plus âgées trouvaient cette méthode moins adaptée pour les plus jeunes, mais
cela n’a pas été retrouvé lorsqu’on interroge celles-ci. Notre étude rejoint donc plusieurs travaux qui
montrent un excellent taux d’acceptabilité du misoprostol à domicile de l’ordre de 98-98,5% (78,8 à
91,1% referaient la même méthode si elles devaient avoir une nouvelle IVG et 77,5 à 89,1% la
recommanderaient) (43,63). Une autre étude multicentrique de 2014 retrouve des taux similaires avec
81% des femmes qui choisiraient la méthode médicamenteuse si une IVG devait de nouveau être
réalisée (60). Les effets secondaires des médicaments, les saignements et la durée de l’IVG sont jugés
acceptables par plus de 80% de femmes (59). De plus, celles qui ont déjà connu les deux méthodes,
choisiraient pour les trois quarts l’IVG médicamenteuse (42). Cette méthode au domicile, bien que
majoritairement approuvée, présente toutefois des inconvénients comme le soulignent les
participantes : des conséquences psychologiques parfois plus lourdes, des symptômes plus longs et
l’aspect « chimique » et donc néfaste du médicament. Pour certaines femmes, un personnel soignant à
qui se confier et pouvant les rassurer serait un avantage. En effet, elles ont parfois ressenti de la solitude
lorsque la présence du partenaire était peu bénéfique. De plus, selon la littérature, les douleurs et
hémorragies sont plus importantes lors de la méthode médicamenteuse (42,46), pouvant de ce fait
modifier l’opinion de la patiente qui choisirait une méthode différente pour une IVG ultérieure. En
revanche, le retentissement psychologique n’est pas différent selon les deux méthodes (42).

En France métropolitaine en 2017, 67,5% des IVG étaient médicamenteuses, soit deux IVG sur trois,
et 19,2% ont été réalisés en cabinet libéral (12). Le développement de cette méthode en ville prend
progressivement de l’ampleur au fil des années mais reste très hétérogène selon les régions. En 2017,
la Bretagne avait le 3ème taux d’IVG médicamenteuse à domicile en cabinet libéral le plus faible (8,38%
des IVG contre 27,78% en Ile-De-France et 19.25% en Métropole) (12). Ce constat est retrouvé dans
le plan régional breton qui observe une progression de la méthode médicamenteuse (53,9% en 2014
contre 49,8% en 2011) mais son accès reste limité en ville alors qu’elle est concentrée dans certains
établissements (21). L’enquête de la DREES en 2007 le montre (13) : 75% des médecins pratiquent en
moyenne moins de 5 IVG par mois en ville alors que 68% en font plus de 5 par mois en établissement.
Même si selon la cartographie bretonne (21), il n’existe pas de véritables zones blanches en termes
d’accès à l’IVG (à plus de 30 minutes d’un CIVG), la médecine de proximité serait un bénéfice pour les
femmes. En effet, certaines participantes de notre étude ont dû aller au CPEF (conventionné avec le
médecin généraliste, donc pas toujours le centre le plus proche de leur domicile) rencontrer la
conseillère conjugale et familiale ou réaliser les échographies, parfois à plusieurs reprises. D’autres
femmes ont été suivies par un médecin généraliste à plus d’une demi-heure de chez elles. Dans tous
ces cas, elles ont rapporté qu’il était souvent contraignant et chronophage de devoir consulter loin de
leur domicile, notamment en cas de difficultés financières ou de contraintes professionnelles.
De plus, le développement de la méthode médicamenteuse en cabinet libéral a permis de raccourcir
les durées de grossesse (11,20). Le REVHO montre également dans son rapport de 2017 que les IVG
sont prises en charge plus précocement qu’avant notamment du fait de la suppression de l’obligation
du délai de réflexion (22). En effet, nous avons pu voir dans nos résultats que les symptômes liés à la
44

grossesse pouvaient parfois être difficiles à vivre et la rapidité d’intervention était alors la bienvenue.
Marc Collet (25) montre dans son étude que les parcours sont plus rapides, directs et individualisés lors
des IVG médicamenteuses (84% des patientes ont obtenu leur premier rendez-vous en ville en moins
de 5 jours). Les délais d’attente pour consulter en libéral étant plus courts qu’en établissement de santé.
Ainsi, cette méthode permet de s’adapter plus facilement au rythme et à l’emploi du temps des femmes,
et de proposer l’IVG à une date choisie par la patiente et non imposée par le professionnel.
Le bilan IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales) de 2009 (64) montre l’amélioration des délais
d’accès à l’IVG. Cependant, il persiste des goulots d’étranglement dans certaines zones de fortes
demandes (notamment en période estivale) insuffisamment absorbés par la médecine libérale (64,65).
La pratique en ville a donc pour but de désengorger les établissements de santé réalisant les IVG où
les listes d’attente sont parfois longues. Cela est principalement lié à la fermeture croissante de ces
établissements (plus de 130 centres ont fermé en 10 ans (11)), mais également aux départs en retraite
des gynécologues risquant d’altérer davantage les conditions d’accès à l’IVG (11,18,64). Le rapport de
l’IGAS montrait que 42% des médecins conventionnés étaient des généralistes et 57% des
gynécologues (64). L’intérêt de l’implication des médecins généralistes, ainsi que des sages-femmes
est donc important.
Cependant la diminution progressive des établissements de santé pratiquant l’IVG, notamment la
méthode chirurgicale, risque d’entraîner un manque d’égalité des choix avec une méthode
médicamenteuse se développant de plus en plus (18,27,59).

III – Perspectives d’amélioration


Plusieurs améliorations citées par les patientes ont également été retrouvées dans différents rapports
notamment dans le plan d’action visant à améliorer l’accès à l’IVG en Bretagne (21) établi suite à la
demande du programme national d’action (16,17). Certaines améliorations ont également été citées
dans d’autres études.

- Augmenter les informations concernant l’accès à l’IVG en diffusant par exemple le numéro vert
national gratuit et anonyme 0800 08 11 11 (notamment sur les prospectus concernant la santé
sexuelle et la vie affective, en les disposant dans les cabinets et centres de santé) mais également
en organisant des campagnes d’information sur la sexualité, la contraception et l’avortement
(18,21). De plus, il a été noté dans une étude que les étudiantes, représentant 4% des IVG par an,
sont peu ciblées par les programmes nationaux d’information sur la contraception et l’IVG (11). Or,
d’après les témoignages de notre étude, les femmes estiment avoir eu peu d’informations dans
leur cursus (collège, lycée). Un rappel sous forme d’interventions lors des études supérieures ne
serait pas inutile d’autant plus que cette période est parfois le début de la « jeunesse sexuelle ».
- Diffuser et rendre accessible une liste des structures et professionnels en capacité de prendre en
charge les IVG auprès de tout acteur de santé pouvant accueillir une femme ayant cette demande
(18,32), notamment par la mise à jour du site www.ivglesadresses.org.
- Continuer et renforcer la formation des professionnels de santé qui peuvent être amenés à
accueillir une femme en demande d’IVG, et ce dès leur formation initiale (externat, internat …)
(18,32,50,51). La formation médicale continue, doit également y contribuer (exemple du groupe
45

ARMORIC en Bretagne), ainsi que les diplômes universitaires pour les médecins qui le souhaitent.
En effet, un travail de thèse montre une meilleure information pratique et administrative sur l’IVG
lorsque les généralistes possèdent ce diplôme (66). Cette nécessité de formation est la conclusion
de plusieurs études montrant un manque d’information des médecins généralistes sur le parcours
des femmes pour une IVG (49,66). Une thèse souligne que 65% des médecins de leur étude ne
connaissaient pas la loi concernant l’IVG médicamenteuse en cabinet libéral et 70% ne pratiquaient
pas l’IVG par manque de formation (50). Il est donc difficile de proposer ce choix à la patiente. Le
groupe ARMORIC de Bretagne dispense depuis 2014 des formations aux professionnels de santé
concernant l’IVG, à l’image du REVHO qui montre dans son dernier rapport un bénéfice de ces
formations pour étendre l’IVG médicamenteuse dans les lieux les moins accessibles (22).
- Les sages-femmes commençant à réaliser cet acte, il faut augmenter le nombre de conventions,
car celles-ci restent insuffisantes (65). En 2007, environ 40% des établissements avaient établi des
conventions avec des médecins de villes, avec une moyenne de 5 médecins par établissement
(13). Augmenter le nombre de praticiens (y compris des sages-femmes) permettrait de garantir des
soins de proximité dans les zones les plus éloignées. Pour cela il faut également créer de nouveaux
réseaux « ville-hôpital », renforcer la communication et les coordonner à l’image du REVHO qui
permet de favoriser l’accès des femmes à l’IVG médicamenteuse hors hospitalisation (65). En effet
en Bretagne, au moment de l’étude, seulement cinq centres sont conventionnés avec des
professionnels de santé. Des projets sont en cours actuellement.
- Augmenter les conventions avec les échographistes de ville acceptant d’être inclus dans le
parcours de l’IVG. En Bretagne, pour pallier aux difficultés d’accès à l’échographie, certains centres
ont développé ces conventions de partenariat (21). Cependant, les femmes ne devraient pas être
adressées à des praticiens dont le comportement anti-IVG a déjà été noté. Le manque
d’échographistes dans certains territoires ne permet pas toujours de pouvoir choisir l’intervenant.
L’échographie pratiquée par le médecin généraliste directement au cabinet serait alors un atout
non négligeable en termes de proximité et de diminution du nombre d’intervenants dans le
parcours. Durant 2018, des médecins ont investi dans un appareil d’échographie après s’être
formés. Cela a un coût, mais l’exercice en groupe pourrait rendre cet examen plus attractif. Le
protocole en cas de grossesses de localisation indéterminée (44) pourrait être proposé afin d’éviter
la redondance de l’imagerie.
- L’exercice pluridisciplinaire en maison de santé, notamment avec un psychologue formé dans ce
domaine et la diminution de la charge administrative pourraient rendre cette activité plus attractive
pour les médecins et permettre aux patientes de tout faire sur place. Il était en effet parfois
fastidieux de devoir se déplacer pour consulter la conseillère conjugale et familiale rattachée au
CPEF, le domicile n’étant pas à proximité. De plus, une patiente a trouvé la partie administrative
des consultations chronophage pour elle comme pour le médecin. Cet aspect est souvent vécu
comme un frein pour le praticien (27,50,67).
- Prêter attention à l’accueil téléphonique lors des demandes d’IVG. Cela pourrait être rajouté à la
note à l’intention du secrétariat (annexe n°6) rédigée par le groupe ARMORIC, à l’image de la
chartre pour les échographistes.
46

- Savoir écouter la patiente et sa demande, reconnaitre son ambivalence et savoir repousser le


moment de l’IVG si besoin (35). Rester bienveillant, empathique, neutre et sans jugement.
- Etre objectif dans la proposition des choix, bien détailler les avantages et inconvénients de chaque
méthode pour en garantir l’accès de façon équivalente. (27,35)
- Respecter un temps d’information avant la consultation dédiée à la prise de mifepristone.
- La proposition d’un contact téléphonique non obligatoire avant la consultation de contrôle afin de
répondre à certaines questions survenant par la suite de l’IVG et de repérer plus précocement des
signes de souffrance psychologique.
- Donner si possible les informations nécessaires à l’accompagnant sur le déroulement de l’IVG au
domicile, si la femme le souhaite.
- Continuer les études qualitatives sur le vécu de l’IVG par les femmes, notamment en fonction des
méthodes, comme l’a souligné une participante mais également le rapport de l’IGAS en 2009 et
celui de l’HAS (27).
47

CONCLUSION

Tout au long du parcours, les femmes sont confrontées à divers facteurs pouvant améliorer ou altérer
leur vécu dès la découverte de la grossesse et la décision de l’IVG. Certains ne peuvent être modifiés
(âge, expériences personnelles, religion…). Pour le reste, tous les acteurs rencontrés ont un rôle
prépondérant dans ce vécu, notamment par leur attitude qui se doit d’être bienveillante et neutre. De
plus, l’appropriation du choix est toute aussi importante.
Concernant l’accès à l’IVG, il faut poursuivre les efforts du côté de l’offre de soins (augmentation des
conventions, formation des professionnels…) afin d’agrandir les réseaux pour parfaire le maillage du
territoire en Bretagne. L’amélioration de la communication entre les centres d’IVG et les professionnels
de santé libéraux est donc essentielle.
Le médecin généraliste a toute sa place dans ces réseaux permettant une médecine de proximité
notamment dans les zones rurales et un accès à l’IVG plus rapide et personnalisé. Même s’il ne réalise
pas cet acte, il est souvent l’interlocuteur privilégié des femmes et le premier contacté. La mise en place
du parcours en est donc dépendante. De ce fait, il doit avoir toutes les informations nécessaires pour
orienter la patiente (liste à jour des centres et professionnels réalisant l’IVG). Il peut également être
sollicité pour le suivi à distance notamment des complications psychologiques.
Le professionnel de santé a pour rôle d’apporter les informations nécessaires lors de la première
consultation, de repérer l’ambivalence de la patiente et d’évaluer son état psychique. Il pourra si
nécessaire être amené à donner un délai de réflexion quitte à repousser la prise des médicaments ou
à changer de méthode.
Du côté des femmes, différents supports d’information ont été retrouvés (entourage, internet,
professionnels …). Il faut toutefois intervenir en amont. Bien que l’IVG soit un droit à part entière, elle
n’en reste pas moins un sujet encore tabou. Il est donc nécessaire de l’évoquer lors des interventions
scolaires (y compris pour les étudiants) et de multiplier les campagnes d’information.
La poursuite du recueil de l’expérience de ces femmes permettra de continuer à mieux adapter nos
prises en charge. Un questionnaire de satisfaction avec commentaires libres pourrait être intégré dans
les documents remis à la patiente.
La méthode médicamenteuse à domicile, qui a fait ses preuves depuis de nombreuses années et ayant
une excellente acceptabilité, mérite donc de poursuivre les efforts pour la rendre plus accessible.
Il serait intéressant d’étudier les moyens pouvant être mis à disposition auprès des centres d’IVG, afin
de leur permettre d’étendre et surtout d’organiser les réseaux.
48

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51

GLOSSAIRE

AVB : Accouchement par Voie Basse

β-hCG : Hormone Chorionique Gonadotrope Humaine

CPEF/CIVG : Ce t e de Pla ifi atio et d’Edu atio Fa iliale/Ce t e d’I te uptio Volo tai e de
Grossesse

DIU : Dispositif Intra-Utérin

FCS : Fausse Couche Spontanée

GEU : Grossesse Extra-Utérine

HAS : Haute Autorité de Santé

HCE : Haut Co seil à l’Egalit

IGAS : Inspection Générale des Affaires Sociales

IST : Infection Sexuellement Transmissible

IVG : Interruption Volontaire de Grossesse

REVHO : R seau E t e la Ville et l’Hôpital pou l’O thog ie

SA : Se ai es d’a o h e
52

ANNEXES

Annexe 1 : Exemple fiche de liaison (inclue dans le livret d’information de 2015 « IVG
hors établissement de santé » à l’attention des médecins, publié par le Ministère des
Affaires Sociales, de la Santé et des Droits des Femmes).

Date de la convention :
1re partie : consultations comportant une prise de médicament
Nom de la patiente : __________________ Médecin : cachet
Prénom : ___________________________________________________
Âge : ______________________________________________________
Groupe Rhésus : _____________________________________________
Tél. : _____________________ Date des dernières règles : ___________
Terme (en semaines d’aménorrhée) : _____________________________
Début de grossesse – date présumée : ____________________________
Métrorragies : ________________________________________________
Dosage ßHCG – date : _________________ taux : __________________
(résultat à joindre)
Et/ou
Échographie – date : __________________ terme : _________________
(compte rendu à joindre)
Antécédents gynéco-obstétricaux :
Grossesses : ________________________________________________
FCS (fausse couche spontanée) : ________________________________
IVG : _________ instrumentale : _________ médicamenteuse : ________
GEU : ______________________________________________________
Infections : __________________________________________________
Autres : _____________________________________________________
Antécédents médico-chirurgicaux :
Cardio-vasculaires : ___________________________________________
Tabac : _____________________________________________________
Traitements en cours : _________________________________________
Allergies : ___________________________________________________
Autres : _____________________________________________________
Examen clinique gynécologique :
Date de prise de la MIFEPRISTONE ______________________________
au terme de : ________________________ SA
Date de prise du MISOPROSTOL : _______________________________
Incompatibilité Rhésus – date de l’injection d’immunoglobuline anti-D : ___
Date prévue pour la visite de contrôle : ____________________________
2ème partie : consultation de contrôle
Nom de la patiente : __________________ Médecin : cachet
Prénom : ____________________________________________________
Date de naissance : ___________________________________________
Date de la visite de contrôle : ____________________________________
Réussite de la méthode : oui non
Date du dosage ßHCGHG _____________ Taux :
Date de l’échographie : ______________ Résultat : __________________
Nécessité d’un geste chirurgical :
Date :_______________________________________________________
Cause : _____________________________________________________
Lieu : _______________________________________________________
Nécessité d’un traitement médical complémentaire :
Date : _______________________________________________________
Cause : _____________________________________________________
Type de traitement :____________________________________________
Prescription d’une contraception :
____________________________________________________________
53

Annexe 2 : Fiches explicatives à destination des médecins et des patientes. Fiche de


recueil de consentement.

« Ch es Co sœu s, he s Co f es,

Je suis actuellement en dernière année de Médecine Générale de la Faculté de Rennes. Je


réalise une thèse qualitative sur le vécu des femmes ayant réalisé une IVG médicamenteuse auprès
d’u M de i G aliste e ille. Ce travail est validé par le DMG de Rennes et dirigé par Dr RAULT
Alexandra, Médecin Généraliste travaillant au CPEF/CIVG du CHBA de Vannes.

J’ai de e fait esoi de e o t e des fe es ui alise t u e IVG aup s de ous. Il s’agit


de faire des entretiens semi-dirigés dont le but sera de déterminer les facteurs influençant le vécu
des fe es lo s d’u e IVG di a e teuse e ille pa u de i g aliste et de e he he
les critères du choix et les améliorations à apporter à la prise en charge selon les femmes.

Je ga a tis p se e l’a o at des fe es et des de i s pa ti ipa t à ette tude.

Pou ela, je e o t e ai les fe es à l’e d oit et au o e t où elles le souhaite t. Elles


se o t li es d’a te l’ tude à tout o e t.

Si une de vos patie tes est d’a o d pou pa ti ipe à ette tude, pou ez-vous noter ses
oo do es et lui e ett e la lett e d’i fo atio et de o se te e t ue je ous ai ad ess e e
pièce jointe ? Je les contacterai par la suite.

Vous pouvez leur proposer cette étude à tout moment du parcours, ou dans les 6 mois qui
sui e t l’IVG si ous o ti uez de les sui e.

Je reste à votre disposition pour toutes questions concernant ce travail.

Comptant sur votre participation, je vous remercie très sincèrement par avance. Je vous prie
d’ag e l’e p essio de es salutatio s disti gu es. »

Céline PRUDHOMME
54

Titre du projet de thèse : « Vécu des fe es lors d’u e IVG édica e teuse chez le édeci
généraliste en cabinet libéral en Bretagne ».

Responsables du projet :
PRUDHOMME Céline
Directrice de thèse : Dr RAULT Alexandra

Madame,

Je me présente, je suis Céline PRUDHOMME, terminant actuellement ma formation en


Médecine Générale à la Faculté de Rennes. Lors de mon stage de Gynécologie-Obstét i ue, j’ai
d ou e t les o sultatio s alis es lo s d’IVG. J’ai ai si app is ue les de i s g alistes
avaient la possibilité de réaliser les IVG médicamenteuses sous certaines conditions, grâce à la loi
de , a a t se ai es d’a o h e.

Le suivi de la femme dans les différentes étapes de sa vie, ota e t lo s u’elle a esoi
d’u e p ise e ha ge g ologi ue ou pe da t u e g ossesse ’i t esse eau oup. J’ai de e
fait, réalisé un stage supplémentaire dans le Centre de Planification Familiale et Ce t e d’IVG de
Va es. Cette e p ie e ’a pe is de e fa ilia ise a e la p o du e de l’IVG e pa ti ulie
médicamenteuse.

Etant future Médecin Généraliste, je souhaiterais par la suite accompagner des femmes qui
passent par cette étape au ou s de leu ie. S’i t esse , pe da t os tudes à e sujet ous aide a,
nous les soignants, à toujours améliorer notre pratique pour vous accompagner au mieux dans votre
parcours.

L’id e de o t a ail de th se ’est alo s e ue. Da s e ad e, j’ai erais vous rencontrer


lo s d’u entretien individuel et anonyme. Il s’agi a d’u ha ge e t e ous et oi u i ue e t, à
partir de quelques questions auxquelles vous serez libre de répondre ou non. Le lieu et le moment
seront définis selon votre préférence. L’e t etie du e i utes à heu e. Ap s ot e a o d,
celui- i se a e egist e ga a tissa t l’a o isatio et la o fide tialit des do es. E effet
l’e egist e e t pe et u e eilleu e et a s iptio pou fa ilite l’a al se, il se a d t uit à la fin
de cette étude.

Si ous tes d’a o d pou et e t etie , e i de sig e le fo ulai e de o se te e t


associé et de me laisser vos coordonnées. Je vous recontacterai par la suite pour fixer le rendez-
vous ensemble.

En vous remerciant,

PRUDHOMME Céline
55

Formulaire de Consentement :
Titre du projet de thèse : « Vécu des fe es lors d’u e IVG édica e teuse chez le édeci
généraliste en cabinet libéral en Bretagne ».

Responsables du projet :
PRUDHOMME Céline
Directrice de thèse : Dr RAULT Alexandra

Je soussignée _______________________________________________ déclare :

- A oi lu et o p is la lett e d’i fo atio o e a t le t a ail de th se.


- Avoir pu poser toutes les questions nécessaires à la bonne compréhension de ces
informations et avoir reçu des réponses claires et précises.
- Et e d’a o d pou pa ti ipe à e t a ail de faço a o e.

Je sais que :

- Je suis libre de poser toutes les questions nécessaires pour la bonne compréhension de
l’e t etie .
- Je peu i te o p e l’e t etien à tout moment si je le souhaite, sans devoir justifier ma
décision.
- Les informations recueillies seront strictement confidentielles et il sera impossible à tout
tie s o auto is de ’ide tifie .

Je donne mon consentement libre et éclairé pour participer à ce projet de thèse en tant que sujet.

Numéro de téléphone :

ou

Adresse mail :

Date et signature (précédées de la mention « lu et approuvé »)


56

Annexe 3 : Guide d’entretien

Bonjour, je suis Céline Prudhomme, je finis ma formation en médecine générale et réalise une
enquête sur les IVG à domicile par les médecins généralistes. Si vous me le permettez je
souhaiterais enregistrer notre échange pour faciliter l’analyse et retranscrire au mieux vos
propos. Cet entretien est anonyme, ne sera pas diffusé et tous les enregistrements seront
supprimés. Vous pouvez refuser de répondre aux questions et arrêter l’entretien sans vous
justifier.
1/ Caractéristiques de la patiente : « Tout d’abord j’aimerais tout d’abord en savoir plus sur
vous » :
- Age, situation personnelle, catégorie socio-professionnelle (études, emploi…), antécédents
gynéco-obstétriques, psychiatriques, chirurgicaux, traitements, culture/religion, couverture
sociale
- Comment est votre cycle menstruel habituel ? (âge 1ères règles, dysménorrhées), avez-vous
un suivi gynécologique ?
2/ Connaissances autour de l’IVG :
- Avez-vous eu une éducation à la vie sexuelle et affective au cours du cursus scolaire ?
- Que connaissiez-vous sur l’IVG avant d’avoir vécu cet épisode ?
3/ Parcours de l’IVG :
- Racontez-moi le moment où vous découvrez la grossesse
- Décision de l’IVG : comment est arrivée cette décision ? Etait-ce votre décision initiale ? Avez-
vous parlé de votre situation à votre conjoint ou à un proche ? Cela vous a-t ‘il aidé dans votre
vécu ?
- Par quel intermédiaire vous êtes-vous renseignée pour l’IVG ? Qui a été votre premier
contact ? Comment avez-vous appris que la méthode médicamenteuse pouvait être réalisée
par un médecin généraliste? Auriez-vous aimé que votre médecin traitant fasse l’IVG ?
Pourquoi ?
- Quel a été le délai entre la découverte de la grossesse et le premier rendez-vous médical ?
- Racontez moi la première consultation avec le médecin généraliste : votre ressenti ? si vous
étiez seule ou accompagnée ? vous êtes-vous sentie libre de poser les questions que vous
souhaitiez ? Pourquoi le choix de cette méthode et du domicile ?
- La loi impose au médecin de proposer de voir une conseillère conjugale et familiale, qu’en
pensez-vous ?
- Comment avez-vous vécu les examens liés à cette grossesse (échographie, prise de sang) ?
- Racontez-moi la consultation avec la prise du premier médicament : comment l’avez-vous
vécu ? Avez-vous eu la conduite à tenir en cas d’effets indésirables ? Un protocole pour la
douleur ? A-t’ il été satisfaisant ?
- Comment cela s’est passé au domicile (vécu physique et psychique)? Attitude de la personne
accompagnante?
- Que pensez-vous de la disponibilité de votre médecin ? Avez-vous eu la réassurance que vous
souhaitiez ? Avez-vous eu besoin de consulter aux urgences gynécologiques ou d’appeler le
15 ?
- Selon vous, y-a-t-il eu des complications liées à l’IVG ? Lesquelles ?
4/ Et après :
- Consultation post IVG : réalisée ? points positifs et négatifs ?
- Comment imaginiez-vous que ça allait se passer ?
- Avez-vous eu besoin de consulter une psychologue ou une conseillère conjugale et familiale ?
- Avec du recul, utiliseriez-vous la même méthode ? Pourquoi ? La conseilleriez-vous à d’autres
patientes ?
- Avez-vous changé, continué ou commencé une contraception ?

5/ « Quelles améliorations pourriez-vous proposer dans la prise en charge des IVG


médicamenteuses à domicile »
57

Annexe 4 : Tableau des caractéristiques de la population étudiée et des entretiens


58
59

Annexe 5 : Chartre pour les échographistes


60

Annexe 6 : Note à l’intention du secrétariat


61
U.F.R. DE MEDECINE DE RENNES

PRUDHOMME, Céline - Vécu des femmes lors d'une IVG médicamenteuse à
domicile. Enquête qualitative en Bretagne auprès de femmes suivies par des
médecins généralistes libéraux conventionnés.
60 feuilles, 3 graphiques, 1 tableau, 30 cm.- Thèse : Médecine ; Rennes 1; 2019 ; N°
Résumé
Contexte : L’interruption volontaire de grossesse IVG médicamenteuse à domicile est en
progression. Objectif : Définir les facteurs influençant le vécu des femmes et les critères de choix de
cette méthode. Méthode : Etude qualitative par entretiens individuels semi-dirigés auprès de femmes
ayant réalisé une IVG médicamenteuse à domicile par un médecin généraliste. Echantillonnage
raisonné. Analyse par théorisation ancrée. Résultats : 18 femmes ont participé à l’étude. Le vécu a
notamment été influencé par le contexte de vie, les connaissances sur l’IVG, les professionnels de santé
et l’entourage. Le choix de la méthode reposait sur son aspect simple, rapide, pratique et intime. La
majorité des femmes a été satisfaite de l’IVG à domicile par le médecin généraliste. Conclusion : Afin
de garantir le choix et de permettre des soins de proximité il faut étoffer le maillage du territoire
breton, accentuer la formation des soignants et multiplier les supports d’information pour la
population.
Abstract
Background : Medical abortion at home is progressing. Objective : To define the factors influencing
the women’s experience and the criteria for choosing this method. Methods : Qualitative study by
semi-structured individual interviews with women who performed a medical abortion at home by a
general practitioner. Reasoned sample. Analysis according to the grounded theory. Results : 18
women participated in the study. The lived experience was influenced by the context of life, the
knowledge on the abortion, the health professionals and the entourage. The choice of the method
rested on its simple, fast, practical and intimate aspect. The majority of women were satisfied with
abortion at home by the general practitioner. Conclusion : In order to guarantee choice and assure
local health care, it is necessary to increase the networks in Brittany, the training of the health
professionals and the information materials for the population.

Rubrique de classement : GYNECOLOGIE

Mots-clés : Interruption volontaire de grossesse médicamenteuse ; au


domicile ; Médecine générale ; Recherche qualitative ; Vécu
des femmes ; Bretagne

Mots-clés anglais MeSH : Medical abortion ; At home ; General practice ; Qualitative


research ; Women’s experience ; Brittany

Président : Monsieur LAVOUE Vincent

JURY : Madame RAULT Alexandra [directrice de thèse]


Assesseurs :
Monsieur GARLANTEZEC Ronan
Madame CHHOR-QUENIART Sidonie
Madame DENOEL Sylvie

Ad esses de l’auteu : 13 rue Buffon. 29200 Brest ; [email protected]

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