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Évolution du Roman Algérien en Français

Le roman algérien d’expression française s’est développé au sein de trois contextes distincts : la période coloniale, la dysfonction politique et sociale des années postindépendance, et la guerre civile de la fin du 20ème siècle. L'article explore l'évolution du roman algérien d'expression française depuis ses origines dans les années 1950 jusqu'à ce qui est décrit aujourd'hui comme le nouveau roman algérien.

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Évolution du Roman Algérien en Français

Le roman algérien d’expression française s’est développé au sein de trois contextes distincts : la période coloniale, la dysfonction politique et sociale des années postindépendance, et la guerre civile de la fin du 20ème siècle. L'article explore l'évolution du roman algérien d'expression française depuis ses origines dans les années 1950 jusqu'à ce qui est décrit aujourd'hui comme le nouveau roman algérien.

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Synergies Algérie n° 26 - 2018 p.

67-85

Panorama du Roman Algérien


GERFLINT d’Expression Française :
ISSN 1958-5160
ISSN en ligne 2260-5029
Espaces et Espérances
Abdelghani Remache
Al Ain University of Science and Technology, Émirats arabes unis
[email protected]

Résumé
Le roman algérien d’expression française s’inscrit dans un contexte tumultueux
marqué par la période coloniale difficile, le dysfonctionnement politique et social
des années postindépendance et par la guerre civile de la fin du siècle dernier. À
travers cet article, nous nous proposons d’exposer l’évolution de cette forme de
littérature depuis ses origines jusqu’à celle qualifiée aujourd’hui de nouvelle litté-
rature algérienne d’expression française. Nous portons ensuite une attention parti-
culière à l’un des pôles dominants de ces écritures qui trouveront dans les années
1970-80 leur prolongement dans ce qu’on a nommé la littérature de la contestation.
Nous abordons ensuite un genre littéraire né dans la spirale de la violence des années
90 et intronisé littérature « d’urgence » et, pour finir, nous tenterons de démontrer
l’émergence de la nouvelle littérature algérienne d’expression française.
Mots-clés : roman ethnographique, roman postindépendance, roman de l’urgence,
roman contemporain

‫بانوراما الرواية الجزائرية المكتوبة باللغة الفرنسية‬

)1( ‫ انبنــت الروايــة الجزائريــة المكتوبــة باللغــة الفرنســية خــال ثالثــة حقبــات مختلفــة‬:‫الملخــــص‬
) 3( ‫ و‬، ‫ ) الخلــل السياســي واالجتماعــي لســنوات مــا بعــد االســتقالل‬2 ( ، ‫الفتــرة االســتعمارية‬
‫ يتطــرق هــذا البحــث إلــى تطــور الروايــة‬.‫الحــرب األهليــة فــي العقــد األخيــر مــن القــرن الماضــي‬
‫الجزائريــة المكتوبــة باللغــة الفرنســية منــذ نشــأتها فــي الخمســينيات مــن القــرن الماضــي إلــى غايــة‬
‫ كمــا يولــى اهتمــام خــاص‬.‫التســعينيات عندمــا ظهرنمــط جديــد يعــرف باســم روايــة العشــرية الســوداء‬
‫ التــي ســوف تجــد‬1980-1970 ‫إلــى واحــد مــن القطبيــن مــن هــذه الكتابــات المهيمنــة فــي الســنوات‬
‫ و فــي األخيــر ســوف نتنــاول نســبيا موجــة جديــدة‬.‫توســيعة لنطاقهــا إلــى مــا يســمى أدب اإلحتجــاج‬
‫مــن الروايــة الجزائريــة ظهــرت فــي دوامــة مــن العنــف أثنــاء العشــرية الســوداء مــن القــرن الماضــي‬
‫أطلــق عليهــا اســم الروايــة اإلســتعجالية كمــا ســنحاول إبــراز ظهــور الرويــة الجزائريــة المعاصــرة‬
.‫االمكتوبـ�ة باللغـ�ة الفرنسـ�ية‬
،‫ الروايــة اإلســتعجالية‬،‫الروايــة مــا بعــد االســتقالل‬، ‫ الروايــة اإلثنوغرافيــة‬:‫الكلمــات المفتاحيــة‬
‫الروايــة المعاصــرة‬

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Synergies Algérie n° 26 - 2018 p. 67-85

Panorama on the Algerian Novel Written in French

Abstract
The French Language Algerian novel evolved within three distinct contexts: (1) the
colonial period, (2) the political and social dysfunction of post-independence years,
and (3) the civil war of the last decade of the past century. This paper explores the
evolution of the Algerian novel of French expression from its origins in the 1950’s
until what is described today as the Algerian new novel. Particular attention is paid
to one of the dominant poles of these writings that will find, in the years 1970-80,
their extension into what has been called protest literature. Finally, a relatively
new “genre” born in the spiral of violence of the 90’s and established as “littérature
d’urgence » is addressed, followed by an introduction to the emergence of the
Algerian new novel.
Keywords: ethnographic novel, post- independence novel, novel of urgency,
contemporary novel

Introduction

La fin des années 1950 verra, dans un contexte politique et social tendu, l’émer-
gence sur la scène littéraire algérienne d’écrivains de premiers plans (Mouloud
Feraoun, Mouloud Mammeri, Mohammed Dib, Kateb Yacine, et Malek Haddad). En
réaction contre la colonisation de leur pays, ces écrivains cherchent à démontrer,
par le biais de la littérature, la maturité politique d’une certaine frange de la
société, celle-là même qui déclenchera la lutte armée quelques années plus tard
(1954). Peu avant, cette poignée d’écrivains (Dib, Feraoun, Mammeri) se sont
hasardé à décrire la population musulmane dite indigène à l’époque, et à témoigner
de sa réalité amère et difficile. Les romans Le fils du pauvre de Mouloud Feraoun
(1950), La colline oubliée de Mouloud Mammeri (1952), et La Grande maison de
Mohammed Dib (1954) sont avant tout considérés comme une série de reportages
qui peint de manière réaliste les couches sociales musulmanes à cette époque ;
une forme indirecte de crier à l’injustice, de décrire les conditions catastrophiques
que vit la population sous l’étau de la colonisation. Ces écrivains faisaient, par-là,
entrer l’idée de la nation algérienne dans les Lettres Françaises. Le roman algérien,
proprement dit, naît donc du contexte de la contestation sociale et surtout dans
celui de la guerre. Son développement correspond à la période de la lutte contre
la violence du système colonial contre une population autochtone. Évoquant les
circonstances de la naissance du roman algérien d’expression française, Lacheraf
(1988 : 119) essayiste et critique, avance des facteurs politiques quant à l’émer-
gence de ce genre littéraire en Algérie. Il dit :

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Panorama du Roman Algérien d’Expression Française : Espaces et Espérances

Au lendemain de la deuxième guerre mondiale [.], c’est alors que va se passer


un phénomène d’une certaine importance : l’apparition de romanciers algériens
d’expression française. Ce sera le fait d’Algériens qui avaient été éveillés à
un certain nombre de valeurs, moins à cause de l’enseignement français
qu’ils avaient reçu que par les bouleversements inhérents à cette guerre, à la
formation idéologique de quelques-uns, à la participation de quelques autres
aux événements sanglants de mai 1945, comme Kateb Yacine, qui avait seize
ans à l’époque des massacres de Sétif et qui en avait été le témoin. Cette
littérature, bien qu’imparfaitement, va refléter pour la première fois, dans
les lettres françaises, une réalité algérienne qu’aucun écrivain même Camus,
n’avait eu le courage de traduire.

La population algérienne étant en majorité paysanne et analphabète, le roman


s’écrit particulièrement pour un lectorat français de la métropole. Il porte un
message à la fois contestataire et revendicatif. En même temps, il se veut aussi
vecteur du concept de la nation algérienne qui, dès la publication de la trilogie
Algérie de Mohamed Dib, commence à prendre peu à peu un sens, un sens autre
que celui qu’on lui connaît depuis 1830 « L’Algérie Française ». Ces années furent
également marquées par la publication des premières œuvres connues comme étant
les piliers fondateurs de la littérature algérienne à savoir Les Chemins qui montent
de Mouloud Feraoun (1957), La Dernière impression de Malek Haddad (1958), Qui se
souvient de la mer de Mohamed Dib (1962), et La Soif d’Assia Djebar (1957).

Déjà ces premiers romans, bien qu’adoptant timidement le mot nation pour
désigner une Algérie séparée de la France, furent taxés d’écrits de la trahison et de
ce fait certains de leurs auteurs furent « ghettoïsés », d’autres, les plus critiques
du système colonial, furent traités de Fellaghas. Malgré tout cela, déjà cette
jeune littérature, bien que négligeable mais de qualité, bousculait bien cet ordre
préétabli et trouvait chez un lectorat de la métropole un allié sûr.

1. Idéologie culturelle et Écriture

Dès les premières années de l’indépendance de l’Algérie, on assista à l’émer-


gence d’une littérature centrée sur la quête de l’identité et la consolidation de
l’unité nationale. Dans un contexte politique prônant la glorification de la guerre de
libération, on assista d’emblée au développement d’écrits traitant essentiellement
de la toute nouvelle nation algérienne et les valeurs à définir. Parmi ces valeurs,
revient sans cesse, le sujet de l’unité nationale contre le colonialisme ayant pour
socle la langue arabe et la religion musulmane. Sujet que « l’on retrouve de la façon
la plus récurrente dans la littérature semi-officielle et assez médiocre fleurissant à

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Synergies Algérie n° 26 - 2018 p. 67-85

l’ombre du discours nationaliste. » (Bonn, 1974 : 97-151). Méconnus pour la plupart


auprès d’un lectorat quasi analphabète, quelques rares auteurs tentent à travers
leurs textes d’explorer à la fois le passé individuel et collectif du peuple algérien.
Cette quête identitaire se fait, de surcroît, par le biais d’une écriture en langue
étrangère, en l’occurrence le français qui est la langue du colonisateur.

Au départ, le choix des intellectuels algériens de la langue française comme


moyen d’écriture leur a été commandé par les circonstances puissantes de la
domination coloniale. Comme ils étaient tous formés à l’école française, ils étaient
incapables d’écrire dans une autre langue que le français : « Pour moi, Algérien,
je n›ai pas choisi le français. Il m›a choisi, ou plutôt il s›est imposé à moi à travers
des siècles de sang et de larmes et à travers l›histoire douloureuse de la longue nuit
coloniale. » (Boudjedra, 1995 : 25)

Lors de l’éveil nationaliste, la langue française fut adoptée dès le départ comme
une arme de combat. Pour Kateb Yacine, l’usage du français entrait dans le cadre
d’un projet nationaliste qui visait à affirmer une identité algérienne en Algérie
et à sensibiliser l’opinion française autour de cette même question en Métropole.
D’autre part, Nabil Farés atteste que « la littérature coloniale nous a expropriés
d’un lieu de l’histoire », les Algériens ont été ainsi « expulsés de tout un univers
imaginatif, tout comme l’univers dans lequel ils se représentent comme existant »
(Farés, 1985 : 10). Il fallait donc combattre cette expulsion et récupérer à travers
les éléments les plus divers de la littérature cet univers perdu. Pour Mouloud
Mammeri, le projet fondateur de sa démarche littéraire francophone résidait en
l’extrême urgence de dire autrement la société algérienne musulmane des années
50. Ecoutons-le : « Il y avait, dans la littérature coloniale, une image de ce qu›on
appelait « l›Arabe » ou « l›Indigène », une image tellement rebattue qu›il ne venait
à l›idée de personne qu›elle pût être autre. En schématisant un peu, on peut dire
que les Algériens étaient, dans les meilleurs des cas, des éléments de décor et, dans
le pire, des modèles conventionnels et toujours péjorés. Ou la carte en couleurs
pour touristes en mal d’exotisme, ou l’artefact raciste et freudien » (Mammeri,
1987 : 20).

Donc, l’objectif primaire de l’usage du français par la génération des années 50


rentrait dans le cadre d’un projet dit de la contestation et de la valorisation de
soi face à la notion coloniale. Il lui a surtout servi d’outil à revendiquer le droit à
la parole, à être entendu. Mohamed Dib affirme à ce propos que « dépeindre un
paysage, ceux qui l’habitent, les faire parler comme ils parlent, c’est leur donner
une existence qui ne pourra plus leur être contestée. On pose le problème en posant
l’homme » (Dib, 1985 : 10).

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Panorama du Roman Algérien d’Expression Française : Espaces et Espérances

Dans la mesure où à l’époque uniquement quelques algériens pouvaient lire,


cette contestation à travers la littérature s’adressait au peuple français. Il y avait
besoin de lui communiquer la douleur de vivre colonisé, lui montrer que les Algériens
étaient, hommes comme eux, avec leurs défauts et leurs qualités, qu’ils n’étaient
pas des entités abstraites. Ceci dit, la littérature algérienne des années 50 s’inscrit
aux antipodes de la littérature coloniale réductrice de l’homme, et à ce titre, sert
le combat nationaliste et contestataire. Cependant, parce qu’elle a osé donner la
parole à l’homme/ombre colonisé, cette littérature dite du refus et de la contes-
tation n’a pas manqué de surprendre, voire de choquer : « C’était à une mutation
de statut qu’il fallait procéder, quand on écrivait dans les années cinquante, et on
ne peut pas je crois, porter un jugement droit sur les œuvres qui ont paru alors, si
l’on n’a pas en l’esprit tout le poids des préjugés qu’il fallait desceller. Il n’y a qu’à
imaginer la réaction … éberluée, ravie, suffoquée, rétive… de ceux qui nous lisaient
alors avec les yeux de leurs habitudes : Hé quoi ! Ils (ce « ils ») rient, ils pleurent,
ils aiment, ils hurlent et ils rêvent comme tout le monde… comme nous ! Ce n’était
pas une surprise, c’était un scandale ! » (Mammeri, 1987 : 20-21) En ce sens, les
écrivains algériens des années 50 se sont servi du français comme de l’instrument
le plus immédiatement accessible pour exprimer ce qu’ils avaient à dire et qui ne
pouvait attendre.

Les anciens colonisateurs partis, l’écrivain algérien se retrouve devant la difficile


tâche de reconstituer une identité effacée. Contre toute attente, il se retrouve
en face de maux jusque-là voilés par les torts de la colonisation. Il se retrouve
confronté à un ennemi dissimulé (l’esprit islamiste) qui ronge son pays de l’inté-
rieur avec la complicité sournoise des pères (ici représentés par le parti F.L.N.)
Parce qu’il s’engage à démasquer le comportement hypocrite de toute une société,
sous les apparences de la religion, du discours patriarcal traditionnel, des tabous
et interdits sexuels avec les déviations inévitables ; parce qu’il se consacre aux
questions de la conquête identitaire d’une façon contraire aux aspirations idéolo-
giques ; enfin, parce qu’il recourt à la langue de ‘l’ennemi d’hier’ (le français)
dans sa tentative de démasquer courageusement la fausseté de la parole et du
discours officiels, il est accusé de vouloir détruire les ‘acquis de la Révolution’.
Ironiquement, après «le sursaut révolutionnaire», son statut change de révolté,
anticolonialiste à un traître et un antinationaliste. Par conséquent, la littérature
algérienne d’expression française est exposée à un moment donné (1962-1969) à
un problème de questionnement, voire de survie. Ghani Merad nous dit qu’ « en
réalité, les intellectuels francophones, les écrivains d’expression française ou
tout simplement les francisant restent déchirés. On sent chez eux un malaise, une
inadéquation à la communauté. » (Merad, 1976 : 89).

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1969 marque l’émergence d’une nouvelle littérature algérienne de langue


française engagée dans la dénonciation du repli sur soi, du pourrissement et des
faux dévots. Au moment où on annonçait la disparition imminente de celle-ci,
‘l’enfant terrible’ de la génération post-indépendante, Rachid Boudjedra, défie
toutes les anticipations et publie La Répudiation en français, roman qui occupera
une place unique au sein de la littérature algérienne : « Boudjedra prend place dans
le courant littéraire nord-africain non pas gentiment, mais en ouvrant la porte d’un
coup de pied et en bousculant les fauteuils » (Dejeux, 1973 : 126). R. Boudjedra
bouleverse ainsi, le paysage littéraire algérien francophone remettant en cause les
valeurs les plus ancrées dans la société dans laquelle il vit. Il défie aussi l’idée selon
laquelle on prédisait la disparition de cette littérature et de ce fait nous pouvons
considérer La Répudiation comme une seconde naissance du roman algérien de
langue française : « La Répudiation, roman de la subversion, de la désillusion, du
malaise, du déchirement identitaire, de la rupture maternelle, de l’hallucination
et de la psychose, est une œuvre à portée universelle qui va commencer toute
une littérature de ‘transgression’ et ‘d’amertume’ au cours des années 80, puis
90 (…) » (Crouzieres, 2001:21). Suivent ensuite d’autres écrivains contestataires,
révoltés et parfois même visionnaires appelés la génération de 70, en l’occurrence
Mourad Bourboune, Nabil Farés, entre autres. Leur message est une révolte, une
remise en question d’une société qui fait fausse route. Ils ont, par le biais de
l’écriture, démontré que « [l]a parole est action (...) dévoiler c’est changer et on
ne peut dévoiler qu’en projetant de changer ». (Sartre, 1948 : 30) Les revendica-
tions sociales ou identitaires de cette ‘génération de 70’ passent par une véritable
théorisation de l’écriture qui trouve sa source dans les rapports conflictuels à la
langue de l’Autre. C’est dans ce contexte là que le sujet de La Répudiation en a
choqué plus d’un. Il a éveillé des polémiques chez les intellectuels de tous bords qui
crient au scandale. Tandis que les apparatchiks du pouvoir accusent l’auteur d’être
« réactionnaire » et interdisent son œuvre en Algérie.

Dans les années 80, on assiste à l’apparition et au développement d’un nouveau


courant puissant dans le champ littéraire algérien où le littéraire est progressi-
vement envahi par le réel. Ces années furent marquées par l’émergence de nouveaux
écrivains qui crient le désenchantement et la désillusion dans des textes caractérisés
« par une critique de plus en plus violente de régimes politiques ressentis comme
ayant trahi les aspirations des mouvements révolutionnaires ». (Bonn, 1996 : 144)
Renouant avec une dimension plus réaliste, ces écrivains poursuivent le rôle de
dénonciateurs qui fut celui de la génération des ‘enfants terribles’.

Ils mettent en scène une société abusée par les injustices d’un système politique
issu de l’indépendance et qui a perduré au-delà des changements de présidents et

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Panorama du Roman Algérien d’Expression Française : Espaces et Espérances

de gouvernements. Les œuvres de Rachid Mimouni et de Tahar Djaout collent d’une


façon formidable aux réalités de cette Algérie-là. Elles dénoncent les absurdités
d’un système totalitaire qui a confisqué les libertés et trahi les espérances et les
aspirations du peuple. Elles appellent à la quête d’une vie meilleure, d’un espace
plus libéré, dans un pays juste à l’image des habitants de Zitouna, dans L’Honneur
de la tribu, (R. Mimouni, 1989) qui rêvent sans cesse à « la vallée heureuse ».
Pour ces deux écrivains, la littérature porte des vérités profondes. C’est un mode
d’expression capable de traduire la société et de communiquer tout le malaise et
la douleur de son vécu.

Il convient de préciser qu’à partir de 1988, l’engagement de R. Mimouni et de


T. Djaout se tourne vers un nouveau mal qui sévit en Algérie, à savoir l’intégrisme
radical. A travers leurs écrits, ils dénoncent une logique islamiste extrêmement
insensée et assument le risque de s’exposer à la puissance d’une mouvance démente
qui repose sur l’intimidation et la condamnation à mort de ses opposants. Aussi, par
une écriture qui transgresse, entendent-ils réveiller les âmes qui dorment dans
le courant et celles qui, par manque de légitimité flirtent avec leur propre mort.
Tous deux devenus figures emblématiques de la résistance et de la contestation de
l’ordre religieux, ils s’engagent au péril de leurs vies à s’attaquer ouvertement aux
prêches si doctrinaires des chefs fondamentalistes.

Dans le champ littéraire, T. Djaout s’est forgé une réputation de militant intel-
lectuel qui s’est toujours refusé à « hisser le pavillon du silence » (Djaout, 1987).
Dans sa dimension tragique, Les Vigiles, (Djaout, 1991) écrit en 1991, présage déjà
l’inqualifiable débâcle qui allait suivre. Il a circonscrit dans ces vers le courage de
sa pensée et de ses actes. Ainsi, paraphrasant le poète palestinien Samih El Kacem,
Tahar Djaout écrit : « Le silence c’est la mort et toi, si tu parles, tu meurs. Si tu te
tais, tu meurs. Alors parle et meurs ». Tahar Djaout est assassiné le 26 mai 1993 à
l’âge de 39 ans et la nouvelle de sa mort atteint Rachid Mimouni comme un coup
de fouet. La profondeur du drame lui fait prendre conscience de la fragilité de la
condition des intellectuels francophones. Dans sa volonté de continuer à combattre
les forces de l’obscurantisme, Rachid Mimouni écrit La Malédiction (Mimouni, 1993)
où figure de façon explicite une dédicace qui abrite un message à la fois réel et
symbolique : « A la mémoire de mon ami, l’écrivain Tahar Djaout, assassiné par un
marchand de bonbons sur l’ordre d’un ancien tôlier ». Ceci s’inscrit surtout dans
la détermination de l’auteur de La Malédiction de rejeter pleinement la barbarie
islamiste et son souhait le plus profond de trouver une issue et d’aller au-delà de
l’impasse. La phase actuelle, c’est à dire celle qui commence avec la fin des années
quatre-vingt-dix a été marquée par l’émergence d’une nouvelle vague d’écrivains
exilés pour la plupart en France. Parmi eux Abdelkader Djemaï qui a choisi la langue

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Synergies Algérie n° 26 - 2018 p. 67-85

de Molière qu’il revendique comme sienne pour son projet d’écriture. Pour lui donc,
son rapport à la langue française ne s’est pas fait à travers la colonisation qui a été
tragique mais plutôt par amour. Il dit : « Mon rapport à la langue française ne se
fait pas à travers la colonisation qui a été terrible, féroce… ». Une langue qu’il use
pour dire la mémoire algérienne.

2. La Problématique de la langue en Algérie

2.1. Le français, langue de l’exil et de la communication

« Je suis moins séparé de ma patrie par la Méditerranée que par la langue


française » « (…) Je suis en exil dans la langue française », écrit Malek Haddad en
1961 dans Les Zéros tournent en rond. (Haddad, 1961 : 19-23) Il avait le pressen-
timent que l’Algérie de l’après-guerre aurait un destin arabe et de ce fait continuer
à écrire en langue française le laisserait « orphelin de lecteurs ». Tout en étant
incapable d’écrire en arabe, il refuse, une fois l’indépendance acquise, d’écrire en
français à un moment où l’Algérie avait le plus besoin de ses intellectuels : « Il vivra
muet jusqu’à sa mort » (Soukehal, 1999 : 119). Ironiquement, un poème publié en
1956 sert d’épitaphe à sa carrière littéraire : Mission accomplie/Et la paix revenue/
La Colombe dira/Qu’on me fiche la paix/Je redeviens oiseau.

Pour le bonheur de la littérature algérienne de langue française, peu d’auteurs


ont adopté cette attitude extrême d’habiter le silence. Mouloud Mammeri dira au
contraire que : « La langue française est, pour moi, non pas du tout la langue
honnie d’un ennemi, mais un incomparable instrument de libération, de communion
ensuite avec le reste du monde. Je considère qu’elle nous traduit infiniment plus
qu’elle nous trahit » (Mammeri, 1987 : 21). Dans une interview parue dans Les
Lettres nouvelles en 1956, K. Yacine proclama ainsi son attachement à la langue
qu’il a choisi d’adopter ainsi : « (...) l’étude et la pratique passionnée de la langue
française ont déterminé mon destin d’écrivain » (K.Yacine, 1956 : 33). Plus tard, il
déclare avoir hérité avec la langue française d’un précieux « butin de guerre ». Les
propos sur l’usage de la langue française vont évoluer et se transformer en discours
poignants. Certains écrivains s’auto-culpabilisent quant à l’usage du français comme
outil d’écriture, d’autres n’ont aucun complexe. Tahar Djaout aime préciser que :
« c’est en partant d’un décalage, d’une pluralité antagonique et de la hantise de
quelques signaux originels que j’aime m’inscrire dans la littérature algérienne
d’expression française » (cité in Bererhi, « Migrations » 37) (Djaout, 1993 : 26).

A la première époque d’écriture, il y a chez Assia Djebar un questionnement


décisif vis-à-vis de la langue d’écriture : « (...) j’avais le sentiment qu’en moi il
y avait une sorte de conflit entre les deux langues, entre le français et l’arabe »
(Djebar 1999 : 77). Cependant, à partir des années 80, la langue française devient

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Panorama du Roman Algérien d’Expression Française : Espaces et Espérances

pour elle la langue de culture et d’émancipation : « (...) je prends conscience de


mon choix définitif d’une écriture francophone qui est, pour moi alors, la seule
nécessité (...) » (Djebar 1999 :77). En ce sens, Assia Djebar adoptât la ligne de
conduite de M. Mammeri qui nous avait confié : « j’ai eu du mal à apprendre
l’imparfait du subjonctif et le futur antérieur. Or, si je veux m’exprimer, je ne
peux le faire que dans cette langue » (Mammeri, 1987 : 21). Rachid Mimouni, auteur
du Fleuve détourné (Mimouni, 1982), reste fidèle à lui-même. Il trouve que « pour
un ensemble de circonstances historiques, [il] écrit en français- [Il] n’a ressenti
aucun déchirement d’écrire en français » et que « ce serait du gâchis d’abandonner
cet investissement qu’[il]a fait dans la langue française pour publier dans la langue
arabe » (1994 : 12).

Rachid Boudjedra va, lui, situer les avantages qu’il tire de l’usage de la langue
française d’abord sur un plan strictement linguistique. Ecoutons-le : « […] pour moi,
cette langue n’est pas un véhicule, c’est une passion, si j’ai écrit en français, c’est
parce que je me trouvais exilé en France lorsque j’ai écrit mon premier roman, et,
qu’à cette époque, 1969, aucun pays arabe n’aurait publié La Répudiation écrite
en arabe qui ébranle les trois tabous majeurs de notre société : la religion, le sexe,
la politique. Tant que j’ai vécu à l’étranger, j’ai écrit en français, dès que je suis
rentré en Algérie, j’ai écrit en arabe. Donc j’ai été victime de la censure, de la
répression politique. C’est pour cela que j’ai écrit en français. » (Boudjedra, 1997).

Suite à cela, l’auteur de La Répudiation approfondit son opinion en soulignant


son attachement au français sur le plan littéraire. Il dit : « J’éprouve une particu-
lière reconnaissance pour la langue française qui m’a permis de me déployer en
tant que romancier d’une façon universelle, parce que, aussi, j’ai de la reconnais-
sance pour la langue de Proust, de Saint John Perse, la langue du nouveau roman
français qui a révolutionné toute la littérature mondiale » (Boudjedra, 1997). Kacimi
(2008) découvre une langue désacralisée. A travers elle il y a « irruption du ‘je’ »,
« émergence pénible du ‘Moi’. Elle lui ouvre une voie sur ‘un autre imaginaire’ ».

Carine Bourget considère que « [ces] écrivains sont placés dans une position
d’intermédiaire entre deux peuples et leurs cultures. […] Maîtrisant parfaitement la
langue et la culture française, ils sont à la fois le Même et l’Autre, l’élite du peuple
qu’ils permettent aux étrangers de comprendre » (Bourget, 2002 : 13).

2.2. Le français, langue de l’acculturation ?

Dès les premières années de l’indépendance, il y a une volonté politique


d’aliéner la langue d’expression dominante en Algérie, le français. Cette langue fut
introduite en 1888 comme outil d’assimilation par l’intermédiaire de la « loi sur la
scolarisation obligatoire en Algérie. ».

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Dans le discours officiel le français est vu comme l’un des derniers vestiges du
colonialisme occidental et vu son côté profane il ne peut exister au même titre que
la langue sacrée. L’arabe est immédiatement déclaré langue nationale officielle,
et est soutenu par de vastes campagnes de promotion, notamment en littérature,
visant à sa généralisation. Cela se comprend à partir du débat linguistico-idéo-
logique de l’époque qu’Anna Greki avait résumé en 1966 : « Le portrait idéal de
l’écrivain algérien rêvé serait le suivant selon nos censeurs : Être arabo-musulman
(critère de race), être d’expression arabe (critère linguistique), être rattaché aux
valeurs traditionnelles de l’Islam (critère religieux), être le héraut de notre socia-
lisme (critère politique). (…) La langue française est (…) sans avenir en Algérie. »
(Gréki, 1966 : 55).

Dans tous les cas cela veut dire que, pour être véritablement nationale, la
littérature algérienne ne pouvait/devrait exister qu’en langue arabe. Elle devrait
être un hymne profond à la gloire de l’Algérie révolutionnaire et socialiste en
quête de son identité culturelle perdue. Elle devrait surtout œuvrer à former une
entité nationale attachée aux valeurs ancestrales arabo-musulmanes et c’est tout :
« La culture nationale combattra le cosmopolitisme culturel et l’imprégnation
occidentale, qui ont contribué à inculquer à beaucoup d’Algériens le mépris de
leur langue et de leurs valeurs nationales » (Le Programme de Tripoli :1962). De là,
les appels au rejet de la langue française, à minimiser son usage et son influence,
voire à programmer sa mise à mort, fusent de toutes parts. Il y a volonté d’arracher
le monopole de l’écriture et de la littérature et par là de la culture aux écrivains
d’expression française. Des radicaux de l’arabisme iront jusqu’à les déclarer
hors-la-loi, et proposer qu’ils soient refoulés hors de la néo-nationalité. En 1964,
imaginant le sort de tous ceux qui auraient le malheur d’être auteurs de langue
française, Malek Haddad déclarait : « Nous devons disparaître en temps qu’écrivains
(...) nous gênons. » (Haddad, 1961 : 19-23).

L’idée que seule la langue arabe serait en mesure d’exprimer une identité
bafouée est affirmée et réaffirmée par la volonté politique officielle. Dans le même
temps, une stratégie d’arabisation radicale est mise en place. Des manifestations
appelant à la récupération de l’identité nationale font rage. Elles ont pour slogan :
« généralisons l’arabisation ! » Les citadelles rétives sont assiégées et le défer-
lement atteint même les lycées et collèges, en 1978.

Ce projet d’arabisation à marche forcée visait, en premier lieu, à démanteler


la présence linguistico-littéraire française, rejetant de ce fait, la dualité, voire
la multiplicité des langues et des cultures dans l’Algérie de l’après-guerre. Les
commanditaires politiques sont fermement persuadés que cette démarche allait
sans le moindre doute produire des écrivains de langue arabe capables de repré-
senter « une image collective de la littérature algérienne telle que la présente le

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Panorama du Roman Algérien d’Expression Française : Espaces et Espérances

discours idéologique et le discours social. » (Bencheikh in Bonn, 1974 : 99). En effet,


la littérature algérienne d’expression arabe est restée collée à son stéréotype de
littérature de l’idéologie nationaliste. Et de ce fait, elle n’a jamais pu dépasser
l’image qu’elle s’est faite d’elle-même. Expliquant les raisons du ‘blocage culturel’
qui frappe cette littérature, J.E Ben Cheikh écrit : « On ne peut imaginer de litté-
rature libre dans un système qui institue le politique comme régent du culturel. »
(Bencheikh in Bonn, 1974 : 99).

La littérature algérienne d’expression française aurait du mal à survivre dans


un tel climat idéologique. On prédisait sa disparition, elle sera lente disent
certains mais imminente avancent d’autres. Le pouvoir politique en place avait
usé de toutes ses machinations allant de la censure, de l’aliénation de l’écrivain
francophone jusqu’à l’emprisonnement afin de freiner la production littéraire en
langue française. En même temps, son statut au sein de la société est ambigu et les
critiques défavorables à son œuvre le laissent « orphelin de lecteurs. ». La censure
apparaît comme étant le moyen le plus efficace pour l’aliéner, voire l’obliger à se
taire. Elle est un obstacle tellement infranchissable qu’elle est exprimée à même le
texte romanesque. A titre d’exemple, M. Dib fait dire à l’un de ses personnages, M.
Zayat, à propos du journal Le Temps, saisi par les censeurs : « Vous imaginez-vous
ça ? Notre gouvernement a encore fait saisir le Temps. Le seul journal qui nous
apporte quelques informations sur ce qui se passe chez nous. » (Dib, 1973 : 33).
Dans l’Escargot entêté, (Boudjedra,1977) le narrateur/dératiseur dédoublé d’un
écrivain honteux, décide de ne pas remettre ses bouts d’écriture en forme de livre.
Il trouve ça inutile : « Je ne trouverai pas un éditeur courageux pour le publier. La
censure pourrait s’en mêler. » (Boudjedra, 1977 : 114).

La SNED devient un cimetière de manuscrits non publiés et la montée de l’extré-


misme religieux empêche les œuvres écrites en français taxées d’« immoralité »
de voir le jour. Certains écrivains adoptent l’autocensure, d’autres s’exilent,
quelques-uns encore décident de ne plus produire comme c’est le cas de Malek
Haddad. Face à cette situation, l’écrivain algérien, quand il ne part pas en exil,
recours à des éditions françaises cherchant par-là à faire diffuser sa parole dans
un espace plus libre et attentif. Sans vouloir le moins du monde quitter l’Algérie,
R. Boudjedra s’exile intentionnellement dans ce qui est déclaré langue du moi
collectif, qui n’est pas son royaume d’écriture et devient ainsi, un clandestin de la
plume. Il choisit donc d’écrire en arabe pour échapper à la censure et ne pas subir
le même sort de son contemporain R. Mimouni qui a vu son livre Le Fleuve détourné
(Mimouni, 1986) rejeté par la SNED pour « non-convenance politique ». En 1970, K.
Yacine ne prévoyait pas de retour au pays parce que selon lui : « Cela aurait supposé
vendre mes talents, fermer ma gueule, rester dans l’ombre. » (K.Yacine, in Arnaud
1982 : 220).

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Synergies Algérie n° 26 - 2018 p. 67-85

Sur la dizaine de livres écrits chaque année par des algériens, pratiquement tous
sont publiés à Paris. Et à cause de la sensure, bien peu ont la chance de connaître
les étals des librairies algériennes. Quand cela arrive, l’œuvre est confrontée à un
public fuyant, méfiant, lisant les titres d’un œil soupçonneux. Ecrire ‘hors normes’
c’est s’exposer à la censure et au refus de publication. Certaines œuvres sont alors
interdites de diffusion par arrêté ministériel. Comme « La Répudiation (1969), qui
choqua par son sujet et par son écriture, circula en Algérie dans une semi-clandes-
tinité. » (Joubert et al, 1986 : 196). Les journaux, la radio et la télévision, propriétés
de l’Etat, n’ouvrent leurs colonnes qu’aux voix épousant le discours dominant à
l’époque, c’est à dire les références symboliques sur lesquelles se base le pouvoir
politique dans son édification de l’Etat-Nation, à savoir : la guerre de libération
nationale, le projet révolutionnaire, l’arabité et l’Islam. Mais malgré l’arabisation
et le ‘favoritisme’ aveugle de l’auteur arabophone, cela n’a pas donné naissance à
une importante littérature moderne de langue arabe en Algérie. Aux deux roman-
ciers connus depuis toujours sur la scène littéraire arabophone, (A. Benhadouga et
T. Ouattar) vient s’ajouter un autre nom, plus ou moins célèbre, en l’occurrence
Waciny Laredj. Contre toute attente et contre toutes les apparences, la littérature
algérienne, en nombre et en qualité, reste en langue française.

2.3. Arabe/français-langue sacrée/langue profane

Dans cette Algérie des années 80, les germes de l’intégrisme prospéraient dans
les consciences inconscientes. La société algérienne, à peine libérée du joug d’une
‘révolution avortée’, se retrouve confrontée à une idéologie intégriste qui réduit
ses libertés et lui impose une loi du silence. En voulant faire évoluer les mentalités,
les écrivains Algériens se retrouvent otages d’une société elle-même piégée par un
discours religieux-conservateur des plus exogène. Les islamistes sont catégoriques :
l’arabe est sacré, le français profane. Toute écriture en français est considérée
comme une trahison, voire un ‘kofr’ (blasphème). Toute écriture qui ne rentre
pas dans la lignée des études théologiques éveille la méfiance et le soupçon. Et
étant langue profane, alors le français permet d’exprimer ce que l’arabe classique
s’interdit/interdit. C’est dans cette perspective-là, que le roman d’expression
française est si fortement contesté : « Il est plus juste, en effet, de parler d’une
concurrence à Dieu, à propos du roman, que d’une concurrence à l’état civil, [car]
le monde romanesque n’est que la correction de ce monde-ci, suivant le désir
profond de l’homme ». (Camus, 1965 : 666). Le roman dans la mentalité du lectorat
arabo-intégriste renvoie à la modernité et à tout ce qu’elle comporte comme ‘mœurs
dégénérées de l’Occident.’ Donc le roman, dans sa conception occidentale, sème le
doute et la discorde et c’est en cela qu’il est considéré par les M.S.C. « dangereux
pour la sécurité intérieure et extérieure de l’Etat. » (Boudjedra, 1969 : 215).

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Panorama du Roman Algérien d’Expression Française : Espaces et Espérances

Déjà en 1969, au début de sa consécration littéraire, R. Boudjedra dénonce un


maître de Coran pédophile. Ainsi cette phrase, « Je n’aime pas l’école coranique »
(Boudjedra, 1969 : 65) dite par le narrateur dans La Répudiation confirme la prise
de position de l’auteur et son œuvre contre les tenants de la morale et de la religion
qu’il considère comme hypocrites. Quelques mois après la parution de L’Insolation en
traduction arabe, R. Boudjedra est condamné à mort par une fatwa du FIS pour, dit
le narrateur, « Plaisanteries d’écoliers ». (Boudjedra, 1969 : 65) L’auteur explique
que « Dans l’un des passages du roman, je raconte une circoncision. Les enfants qui
ont peur, se mettent à transformer le texte coranique qu’ils doivent répéter et en
font un « blasphème ». Ceci en changeant une lettre dans un mot d’une des phrases.
C’est à partir de la publication de l’Insolation en arabe que j’ai été condamné à
mort par les intégristes. » (Boudjedra, 2001 : 84). La divinité de l’arabe ne l’a
jamais frappé non plus : « ma langue, qualifiée de divine et qui ne semblait pas
à moi plus belle que les autres. » dit Rachid au début de La Répudiation. Dans La
Pluie (Boudjedra, 1987 : 116) la narratrice recourt à une langue étrangère quand
cela bon lui semble : « Mou se dit fofo en espagnol. C’est plus expressif. Comme une
onomatopée. Fofos donc ». Cette insertion de mots étrangers dans le texte arabe
n’est pas naïve. De ce fait elle démontre la volonté de certains écrivains algériens
de briser le mythe autour de la sacralité de la langue maternelle. Notons cependant
que dans La Répudiation, Rachid Boudjedra va jusqu’à révéler le côté impuissant
de cette langue vis-à-vis du progrès scientifique et technique par la bouche même
du narrateur des 1001 années de la nostalgie : « La pluie artificielle n’avait pas
d’équivalent en arabe » (Boudjedra, 1979 : 141). Dans Fascination, le personnage
principal Ila, éleveur de pur-sang dans les hauts plateaux Constantinois, croise ses
chevaux « avec des pur-sang mongols ou anglais ou andalous ou même des mustangs
américains… » (Boudjedra, 2000 : 197). R. Boudjedra semble dire que lorsque l’on
croise un pur-sang avec un autre pur-sang on obtient un des meilleurs. Cela pouvait
aussi s’appliquer à la langue. Visiblement, les personnages dans l’œuvre de R.
Boudjedra se sentent à l’étroit dans la langue arabe. Dans le but de reconquérir
un espace confisqué, certains vont jusqu’à recourir au dialecte vulgaire, d’autres
usent du berbère pour exprimer ce qui est indicible en arabe classique.

D’une certaine façon, la génération des ‘enfants terribles algériens’ n’avait ni


la frilosité vis-à-vis la langue française, ni le complexe d’écrire dans cette langue.
Les publications diverses publiées pendant la dernière décennie du siècle dernier
le prouvent. Pour R. Boudjedra (1989), l’enjeu étant de taille, il y a nécessité
de recourir à la langue qui permet une liberté totale de dire, en l’occurrence le
français. Au cœur de la tourmente algérienne, il fallait surtout trouver un moyen
par lequel atteindre l’opinion internationale. Et c’est le français qui permet aux

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Synergies Algérie n° 26 - 2018 p. 67-85

écrivains Algériens de porter leur colère contre la violence et l’intolérance, leur


refus et leur pouvoir de dire à leurs summums.

3. Les écrivains Algériens francophones de la décennie noire

La décennie 1990-2000, en Algérie, aura été non seulement celle de la violence,


du terrorisme, du sordide, et des droits de l’homme bafoués, mais encore d’une
émergence littéraire particulière. L’essor de la production littéraire à cette
époque est d’autant plus remarquable qu’il fait figure de rupture radicale avec une
tradition sociale et culturelle morose et sclérosée. Volonté d’indépendance indivi-
duelle d’une part ; et d’autre part, divorce avec toute sorte de discours éculés,
en tout cas un éloignement d’une littérature fondée sur des critères idéologiques.
Période appelée décennie noire par les écrivains eux-mêmes qui n’ont de cesse
d’interroger le présent et le passé pour une voie éclairée, pour voir mieux et pour
plus de confiance au futur. Ironiquement, la langue française prend en charge «
l’horreur algérienne » de cette décennie et ainsi intronisée langue de l’urgence
par les écrivains algériens eux-mêmes. Décennie qui voit arriver sur le devant de
la scène littéraire une nouvelle génération de jeunes écrivains tous épris de justice
et ayant envie d’espaces autres, d’espaces autrement plus vaste et qui dessinent
le réel tel que Yasmina Khadra (1999) qui nous explique que « Tout ce que je dis
est vrai. Romancé peut-être. Mais c’est un plagiat de la réalité algérienne, une
analyse chirurgicale de l’intégrisme. Je suis un connaisseur de ce phénomène. Mon
inspiration principale, c’est l’itinéraire-type de l’endoctrinement. Comment on fait
d’un jeune homme la pire des bêtes ».

L’identité de l’Algérie précédant la conquête française est négativement


confinée, et son image altérée dans les violents discours des fondamentalistes
islamiques des années 90. C’est cette mise à distance et cette aliénation presque
méprisante de l’identité algérienne authentique que dénonce les écrivains algériens
francophones. Ils se donnent à la construction juste et sans parti pris du passé
véritable de l’Algérie et de son appartenance multiple et diverse et, à travers le
récit de ce destin tragique, suggèrent une détresse collective pour redonner à leur
pays sa réelle identité. Et ils le font sous les menaces de mort et dans l’horreur
à l’image de Rachid Boudjedra qui fuit la fatwa proclamée à son encontre par
les Frères Vigilants qu’il qualifie de « tueurs à gages qui se font passer pour des
gardiens de la morale religieuse » (1994 : 37).

80
Panorama du Roman Algérien d’Expression Française : Espaces et Espérances

4. Les écrivains Algériens francophones contemporains

Kamel Daoud, Sarah Haïdar, Mourad Djebel, Naaghi Remache, Samir Toumi,
Salima Ghezali, Malika Allal, Kaouthar Adimi représentent le courant moderne
du roman algérien contemporain d’expression française marqué par un retour au
référent et au réel que Charles Bonn notait dès les années 1980 dans le roman
algérien de langue française. Contraints à l’exil, fuyant les condamnations à mort
des groupes islamistes, les violences et les horreurs perpétrées contre eux et contre
la population civile dans la décennie noire, ces auteurs restent cependant liés à
leurs pays d’origine. Ils fondent leurs contextes romanesques en se basant sur l’ima-
ginaire de la société algérienne actuelle tout en s’adhérant à un fonds thématique
à caractère social, culturel, historique et plus particulièrement politique. En fait,
le fait littéraire exprimé le plus souvent dans leurs œuvres est une continuation de
celui de la littérature algérienne de la décennie noire ; plus précisément un appel à
la dénonciation et au combat de toute forme de violence, quelle qu’elle soit. Donc,
l’horreur subie par leur pays durant cette période est représentée de manière persis-
tante. Au moment de l’écriture, ces nouveaux talents se nourrissent de combats
personnels ou collectifs contre la tradition, le fondamentalisme islamique mais
aussi et surtout contre les falsifications et les mensonges que subissent l’identité
et l’histoire algériennes. « On a tellement menti dans notre pays, nous avons tous
tellement accepté qu’on nous mente qu’une cure de vérité est une obligation
ardente pour l’Algérie. Le roman peut y contribuer à sa manière et à sa toute petite
échelle », dit Anouar Benmalek (2016). Le roman algérien contemporain n’échappe
pas à ce retour à la réalité algérienne de la décennie noire, à ses violences et ses
horreurs. Cependant, le fait que ce même thème y est récurrent et en se référant
à l’histoire ne signifie pas qu’il ne s’agit pas là d’une littérature moderne. Tout au
contraire, cette littérature renferme des accents camusiens qui se révoltent contre
toutes les idéologies et leurs horreurs, célèbre les lieux communs de l’homme et
perpétue l’humanisme universel.

Ces algériens exilés des années noires à savoir Kamel Daoud, Salim Bachi,
Boualem Sansal ou Abdelkader Djemaï se retrouvent incessament confrontés aux
réalités politiques amères de leur pays, qui de fait, se répercutent dans leurs récits.
Ils restent ainsi fidèles à la thématique suivie par leurs prédécesseurs, à savoir
rassembler le référent et le réel. Donc, la thématique abordée de cette écriture
dite contemporaine porte encore la marque de la décennie noire et de ce fait se
révolte contre l’intolérable à l’instar de Naaghi Remache qui, dans son roman Square
des pas perdus (2013), décrit pour quelqu’un qui n’aurait jamais entendu parler
des « années noires » en Algérie, ce qui s’était réellement passé : les explosions, la

81
Synergies Algérie n° 26 - 2018 p. 67-85

mort qui rôde partout, la séquestration de gens, l’assassinat des innocents. En outre
la décennie noire, une frange des écrivains Algériens contemporains appellent à un
nouveau regard de la mémoire et à la restitution de celle-ci, qui reste l’intermé-
diaire et la base de la reconquête du passé de l’Algérie, millénaire et pluriel, et il
y aurait urgence. Or, en Algérie « L’imaginaire projeté par le discours scolaire est
tourné vers un ailleurs géographique, historique, poétique et linguistique : il tend
à s’enraciner dans un lieu mythique donné comme commencement absolu, celui
d’une Arabie originelle » ainsi le souligne Zineb Ali-Benali (2001 : 325).

La perte de la mémoire, incessamment saccagée au passé et au présent, équivaut


à un lavage de cerveau, comme le crie haut et fort Salim Bachi (2010) à travers le
personnage principal de Tuez-les tous qui néglige sa famille, oublie son origine,
son identité et se perd dans l’absurde fantasme des origines que lui projettent
les fondamentalistes islamiques. Exilés bon gré mal gré, certains écrivains de la
nouvelle génération refusent la rupture avec les origines, les mémoires. Ils refusent
d’être absents à l’heure où l’Algérie subit une dangereuse construction identitaire
que la majorité du peuple réfute. Mourad Djebel (2005) nous fait rappeler que :
« Nous sommes issus de tant de brassages, de métissages, certes dans la violence
et l’invasion, mais ils sont réels et constituent un rempart contre l’hégémonisme,
contre le fanatisme, et un chemin à creuser pour peu qu’on cultive cette diversité
pour asseoir un autre type, un nouveau type de légitimité de l’État. Si l’on n’infléchit
pas la tendance de l’Unique, nous courons à la catastrophe (…). » Quant à Anouar
Benmaleck (2006), il nous dit que « le temps où nous prenions le bien des gens sans
en avoir le droit est révolu » et nous mets en garde contre le fait que « la certitude
de posséder la vérité aveugle conduit à la perdition. ».

Conclusion

Le roman algérien de langue française est né durant l’époque coloniale dans


un contexte politico-social difficile. Les thèmes principaux ce sont axés sur le
sort des populations musulmanes démunies et illettrées et sur la dénonciation
de la colonisation racontés dans les écrits des pères fondateurs tels que Mouloud
Feraoun, Mouloud Mammeri et Mohammed Dib. La littérature postindépendance
dite du désenchantement s’attaque à l’idéologie du parti unique, à l’obscurantisme
et à l’émergence de l’intégrisme ; période dans laquelle la problématique de la
langue anima les débats comme une obsession. Seule la langue arabe assure l’unité/
identité nationale disent certains, non elle nous divise plus qu’elle ne nous unie
disent d’autres. Ce vrai/faux débat sur la langue conduisit à la déchirure et aussi
à la crise profonde que connut l’Algérie durant la décennie noire. Après moult
désillusions donc, transparaît chez les écrivains algériens des années 90 tels que

82
Panorama du Roman Algérien d’Expression Française : Espaces et Espérances

Anouar Abdelmalek, Abdelkader Djemaï, Yasmina Khadra ou Boualem Sansal l’impé-


rieux besoin de changer de cap et/ou de perspectives. Moins radicaux que leurs
aînés, mais ne pratiquant pas moins une écriture tonitruante, cette race d’écri-
vains tient un discours plus universel, largement plus humain : c’est là en gros
leur précieux passeport pour explorer et investir d’autres « moi », pour permettre
à leurs voix ou leurs cris d’alarme de porter aussi loin que possible. Pour être
entendus et survivre au désastre qu’ils n’ont pas moins vu arriver dans un pays
où toute parole critique véritable était bannie. Voilà enfin arrivé le temps où l’on
peut poser autrement et sans faux-semblants les questions, où le problème de
l’identité est forcément posé de façon autrement plus courageuse et plus vraie.
Dans le même contexte, Jacques Noiray (1996) parle de génération nouvelle qui ne
recule devant rien : « Les nouveaux ne craignent plus de s’exprimer librement sans
s’abriter derrière le paravent un peu facile de la recherche formelle ». Le regard
et la pensée de l’individu n’ont que faire de tout ce « beau monde » qui supervise
sa pensée et aliène ses gestes. L’heure n’est plus à l’écartèlement, comme par le
passé, entre le Moi et l’histoire officielle qu’on lui octroie mais à la symbiose avec
le Moi véritable et avec sa vraie Histoire.

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http://h.20-bal.com/istoriya/3245/index.html?page=10 [Consulté le 10 octobre 2018].
Noiray, J, 1996. Littératures francophones I. Le Maghreb. Paris : Belin.
Remache, A. 2012. « Relecture de Timimoun de Rachid Boudjedra », in Dossier Spécial Rachid
Boudjedra Dirigé par Ismail Slimani. www.latortueverte.com. [Consulté le 10 octobre 2018].
Remache, N. 2013. Square des pas perdu. L’Harmattan. Paris.

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Panorama du Roman Algérien d’Expression Française : Espaces et Espérances

Sartre, J.P. 1948. Qu’est-ce que la littérature ? Paris : Collection, Idées/Gallimard.


Soukehal, R. 1999. L’écrivain de langue française et les pouvoirs en Algérie. Paris :
L’Harmattan.

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Modalités de lecture consultables sur le site de l'éditeur www.gerflint.fr

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