Khouma Ngoné
DEVOIR D0004
1.Toutes les entreprises et autres personnes morales ayant une activité
économique sont-elles soumises à l’obligation d’établissement de
documents de gestion prévisionnelle ? Oui ou non ?
Non. Selon les articles L. 232-2 et L. 612-2 du Code de commerce, seules les sociétés
commerciales, les EPIC, les GIE et les personnes de droit privé non commerçantes ayant
une activité économique comme les associations qui dépassent au moins l’un des seuils
légaux suivants sont soumis à cette obligation comptable spécifique : 300 salariés et/ou
chiffre d’affaires HT d’au moins 18 000 000 euros (art. R. 232-2 et R. 612-3).
2.La procédure d’alerte est-elle une procédure judiciaire ? Oui ou non ?
Non. La procédure d’alerte est interne à l’entreprise, c’est une procédure de prévention et de
discussion concertée entre les organes de l’entreprise concernée.
3.Le déclenchement de l’alerte est-il soumis à condition de fond ? Si oui,
laquelle ?
Oui. Selon la loi, la procédure est déclenchée par le commissaire aux comptes pour attirer
l’attention des dirigeants sociaux « sur tout fait de nature à compromettre la continuité de
l’exploitation, qu’il a relevé à l’occasion de l’exercice de sa mission ».
Il faut donc, mais il suffit, que les faits qui retiennent l’attention du commissaire aux comptes
soient suffisamment graves pour affecter l’exploitation de l’entreprise et que ce risque de
rupture de la continuité de cette exploitation soit susceptible de se réaliser dans un avenir
prévisible et peu lointain.
4.L’alerte a-t-elle des effets juridiques obligatoires pour les dirigeants de
l’entreprise ? Oui ou non ?
Non, les conséquences de l’alerte ne sont pas prévues légalement : les organes dirigeants
alertés font ce qu’ils veulent du message d’alerte qui leur est transmis. Ils ne sont
juridiquement pas obligés d’essayer de remédier à la situation… La loi est donc d’inspiration
libérale : elle cherche à mettre le chef d’entreprise devant ses responsabilités. Seule
l’information du président du tribunal, en dernière étape de la procédure, est susceptible
d’aboutir à des effets juridiques.
5.L’alerte n’existe pas dans les entreprises n’ayant pas désigné de
commissaire aux comptes. Vrai ou faux ?
Faux, l’alerte est un mécanisme de prévention interne des difficultés de l’entreprise, qui est
certes confiée en premier lieu au CAC. Mais le législateur n’a pas voulu laisser en dehors de
l’utilité de cette procédure les organismes qui ne sont pas dotés d’un CAC. Pour eux, l’alerte
peut être déclenchée par les institutions représentatives du personnel ou peut être externe
président de juridiction, groupements de prévention agréés.
6.Quelle est l’origine de la procédure de conciliation créée par la loi du 26
juillet 2005 ?
Il s’agit de la procédure de « règlement amiable des difficultés des entreprises » issue de la
loi du 1er mars 1984.
7.Comment s’appelle juridiquement la personne désignée par le tribunal
pour aider ponctuellement le chef d’entreprise en cas de difficultés
toutes récentes ?
Il s’agit du « mandataire ad hoc » : dès les premières difficultés, le dirigeant d’entreprise peut
spontanément faire appel au tribunal, qui peut désigner une personne chargée de l’épauler
ponctuellement, en désignant un mandataire ad hoc.
8.Une entreprise déjà en cessation de paiement peut-elle recourir à la
procédure de conciliation ? Oui ou non ?
Oui, la situation de cessation de paiement n’est plus un obstacle à l’ouverture d’une
procédure amiable et ne conduit plus obligatoirement à l’ouverture directe d’une procédure
judiciaire. Il suffit, pour que l’entreprise essaie d’éviter la procédure judiciaire en
commençant par la conciliation, que l’état de cessation des paiements ne soit pas trop
ancien donc encore rattrapable (inférieur ou égal à 45 jours avant la demande de
conciliation).
9.La procédure de conciliation est-elle une procédure judiciaire
collective ? Oui ou non ?
Non, la procédure de conciliation vise à obtenir un accord amiable entre le débiteur en
difficulté et tout ou certains seulement de ses créanciers : dans ce cas, il s’agit, en pratique,
de son ou ses créanciers principaux. Ce n’est pas une procédure judiciaire collective : elle
ne suspend pas, pendant la durée de la procédure, les droits de poursuite individuelle des
créanciers.
10.En cas de non-respect de l’accord obtenu à la fin de la procédure de
conciliation, une procédure de sauvegarde ou de redressement
judiciaire est automatiquement ouverte. Vrai ou faux ?
Faux, l’accord est simplement résolu par le tribunal à la demande de l’une des parties et cela
provoque la déchéance des délais de paiement éventuellement accordés.
11.La procédure de sauvegarde est une procédure judiciaire et collective.
Vrai ou faux ? Pourquoi ?
Vrai : la sauvegarde est une procédure judiciaire, ouverte, contrôlée et clôturée par un juge ;
c’est une procédure collective dont l’ouverture suspend les droits de poursuites individuelles
des créanciers.
12.La procédure de sauvegarde reprend de nombreuses dispositions
antérieurement intégrée à une autre procédure collective. Laquelle ?
Il s’agit du redressement judiciaire, que la procédure de sauvegarde a en partie vidée de son
contenu, son régime procédant désormais beaucoup par renvois à la procédure de
sauvegarde.
13.Quelle est la grande particularité de la procédure de sauvegarde par
rapport aux conditions traditionnelles d’ouverture d’une procédure
collective ?
Procédure collective d'anticipation des difficultés importante, la procédure de sauvegarde est
une innovation de la loi du 26 juillet 2005 et une petite révolution de notre droit de la faillite,
puisqu'elle est une procédure collective judiciaire au bénéfice des entreprises en difficultés,
mais qui ne sont pas encore en état de cessation des paiements.
La sauvegarde permet donc aux entreprises de se mettre sous la protection de la justice tout
en étant encore in bonis, c'est-à-dire en disposant encore de liquidités.
Par ailleurs, la sauvegarde est une procédure collective judiciaire ouverte à l'initiative du seul
débiteur.
14.
14.Classez ces créances dans leur ordre de paiement suite à leur
déclaration à la procédure de sauvegarde :
créances de salaires
1. frais de justice
2.créances nées après le jugement d’ouverture mais nécessaires à la poursuite de
l’activité.
3.créances ordinaires nées après le jugement d’ouverture
4.créances nées avant le jugement d’ouverture
15.Que se passe-t-il lorsque le débiteur se retrouve en état de cessation
des paiements au cours de la procédure de sauvegarde ou de
l’exécution du plan ?
Lorsque la cessation des paiements du débiteur est constatée en cours de procédure ou au
cours de l'exécution du plan de sauvegarde, le tribunal qui a ouvert la procédure ou arrêté le
plan devra, après avis du ministère public, transformer la procédure et/ou prononcer la
résolution du plan et ouvrir une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire.
16.Seules les entreprises de nature commerciale peuvent bénéficier d’une
procédure collective de redressement judiciaire. Vrai ou faux ?
Faux, toutes les sociétés civiles ou commerciales sont concernées, ainsi que toutes les
entreprises individuelles (commerciales, artisanales, agricoles), les associations et même,
depuis 2005, les professionnels libéraux…
17.Quelle condition économique de fond conduit à l’ouverture d’une
procédure de redressement judiciaire ?
Il faut que l’entreprise soit en état de cessation des paiements, c'est-à-dire qu’elle soit
« dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible », article
L. 631-1 C. com. La preuve de cet état peut résulter de l’aveu du débiteur, de simples
indices, de refus de paiement, de refus de crédit. Elle est à l’appréciation souveraine des
juges du fond qui fixent également souverainement la date de cet état.
18.Quels sont les plans de redressement possibles à l’issue de la
procédure de redressement judiciaire ?
Une entreprise en redressement judiciaire dispose de deux voies pour en sortir : le plan de
continuation ou le plan de cession, selon les résultats de la période d'observation et la
capacité de la société de rembourser ses créanciers.
1. Le tribunal peut décider, sur le rapport de l'administrateur, la continuation de entreprise
lorsqu'il existe de sérieuses possibilités de redressement et de règlement du passif. En effet,
la continuation implique le paiement de l’intégralité du passif, celui-ci est simplement étalé
mais il ne disparaît pas automatiquement, sauf s’il y a accord des créanciers.
2. Au vu du rapport de l'administrateur, le tribunal peut ordonner la cession totale ou partielle
de l'entreprise si le débiteur est dans l'impossibilité d'en assurer lui-même le redressement :
la cession intervient lorsqu'à l'issue de la période d'observation, l'administrateur constate
l'impossibilité pour l'entreprise de solder son passif. Le tribunal ordonne alors la cession de
l'entreprise, « dans le but de maintenir une partie des activités susceptibles d’exploitation
autonome et rentables, et de préserver les emplois qui y sont attachés ».
19.Quels sont les conditions et les effets de la liquidation judiciaire de
l’entreprise ?
La liquidation judiciaire est prononcée s’il y a impossibilité de sauvetage de l’entreprise.
C’est la solution ultime, qui ne doit être envisagée qu’en dernier ressort. L’entreprise doit
être en état de cessation des paiements et son redressement doit être manifestement
impossible.
La procédure de liquidation judiciaire est destinée à mettre fin à l'activité de l'entreprise ou à
réaliser le patrimoine du débiteur par une cession globale ou séparée de ses droits et de ses
biens. Elle conduit à la dissolution de la personne morale.
20.Quels sont les différents types de sanctions pouvant être prononcées à
l’encontre des dirigeants d’entreprise en cas de procédure collective ?
Il peut s’agir :
de sanctions patrimoniales : sanctions touchant les droits sociaux ou les droits de
vote, action en comblement de passif, obligation aux dettes sociales en cas de
faute(s) ayant contribué à la cessation des paiements ;
de sanctions personnelles : faillite personnelle, interdiction de gérer ;
de sanctions pénales : en cas de délit de banqueroute et autres délits commis
pendant la procédure (dissimulation de patrimoine, fausses déclarations de
créances, paiements ou actes de disposition effectués en violation des règle légal.