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Nombres de Catalan et déterminants

Ce document traite de la modélisation d'une marche aléatoire sur Z et de l'étude des nombres de Catalan. Il introduit notamment une suite de variables aléatoires (Sn) modélisant la trajectoire d'une particule, et une suite de nombres (Cn) appelés nombres de Catalan liés aux chemins de Dyck. Le document comporte de nombreuses questions sur ces sujets.

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Nombres de Catalan et déterminants

Ce document traite de la modélisation d'une marche aléatoire sur Z et de l'étude des nombres de Catalan. Il introduit notamment une suite de variables aléatoires (Sn) modélisant la trajectoire d'une particule, et une suite de nombres (Cn) appelés nombres de Catalan liés aux chemins de Dyck. Le document comporte de nombreuses questions sur ces sujets.

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PC∗

Nombres de Catalan (Centrale PC 2021)


Durée : 4 heures

Ce sujet est divisé en trois parties.


– Dans la première partie, on étudie une marche aléatoire sur Z qui modélise la trajectoire d’une particule. On
s’intéresse en particulier au temps nécessaire pour que la particule revienne pour la première fois à son point de
départ, si cela arrive. Pour cela, on introduit une suite de nombres appelés nombres de Catalan et on étudie leurs
propriétés.
– Dans la deuxième partie, entièrement indépendante de la première, on s’intéresse au calcul d’un déterminant à
l’aide d’une suite de polynômes orthogonaux.
– Dans la troisième partie enfin, on utilise les résultats des deux premières parties pour calculer deux déterminants
associés aux nombres de Catalan.

I Étude d’une marche aléatoire sur Z


Soit (Ω, A, P) un espace probabilisé et soit (Xn )n∈N∗ une suite de variables aléatoires définies sur Ω et à valeurs dans
{−1, 1}, mutuellement indépendantes, et telles que, pour tout n ∈ N∗ ,

P(Xn = 1) = p et P(Xn = −1) = 1 − p, où p ∈]0, 1[.


n
X
On pose S0 = 0 et, pour tout n ∈ N∗ , Sn = Xk .
k=1
La suite (Sn )n∈N modélise la trajectoire aléatoire dans Z d’une particule située en S0 = 0 à l’instant initial n = 0, et faisant à
chaque instant n ∈ N un saut de +1 avec une probabilité p et de −1 avec une probabilité 1 − p, les sauts étant indépendants
et p appartenant à ]0, 1[.
Pour ω ∈ Ω, on représente la trajectoire de la particule par la ligne brisée joignant les points de coordonnées (n, Sn (ω))n∈N .

−1

−2

0 1 2 3 4 5 6 7 8 9

Figure 1 – Exemple de trajectoire possible

I. A – Espérance et variance de Sn
Dans cette sous-partie, n désigne un entier naturel non nul.
Soit Yn la variable aléatoire sur Ω égale au nombre de valeurs de k ∈ ⟦1, n⟧ telles que Xk = 1.
Q 1. Quelle est la loi de Yn ? En déduire l’espérance et la variance de Yn .
Q 2. Quelle relation a-t-on entre Sn et Yn ? En déduire l’espérance et la variance de Sn . Justifier que Sn et n ont même
parité.

I. B – Chemins de Dyck et loi du premier retour à l’origine


Pour m ∈ N∗ , on appelle chemin de longueur m tout m-uplet γ = (γ1 , . . . , γm ) tel que ∀i ∈ ⟦1, m⟧, γi ∈ {−1, 1}.
k
X
On pose alors sγ (0) = 0 et, pour tout k ∈ ⟦1, m⟧, sγ (k) = γi .
i=1
On représente le chemin γ par la ligne brisée joignant la suite des points de coordonnées (k, sγ (k))k∈⟦0,m⟧ .

Lycée Marcelin Berthelot page 1


Pour n ∈ N∗ :
– on appelle chemin de Dick de longueur 2n tout chemin γ = (γ1 , . . . , γ2n ) de longueur 2n tel que sγ (2n) = 0 et
∀k ∈ ⟦0, 2n⟧, sγ (k) ⩾ 0 ;
– on note Cn le nombre de chemins de Dyck de longueur 2n.
On convient de plus que C0 = 1.
La suite (Cn )n∈N est appelée suite des nombres de Catalan. On constate que C1 = 1 et C2 = 2.

2 2

1 1 1

0 0 0
0 1 2 0 1 2 3 4 0 1 2 3 4

Figure 2 – Représentation des chemins de Dyck de longueurs 2 et 4

Q 3. Donner sans démonstration la valeur de C3 et représenter tous les chemins de Dyck de longueur 6.
n o
Soit n ∈ N et γ = (γ1 , . . . , γ2n+2 ) un chemin de Dyck de longueur 2n + 2. Soit r = max i ∈ ⟦0, n⟧ sγ (2i) = 0 .
On suppose 0 < r < n et on considère les chemins α = (γ1 , . . . , γ2r ) et β = (γ2r+2 , . . . , γ2n+1 ).
Q 4. Justifier à l’aide d’une figure que γ2r+1 = 1, γ2n+2 = −1 et que α et β sont des chemins de Dyck.
Soit m ∈ N∗ et γ = (γ1 , . . . , γm ) un chemin de longueur m.
Pour t ∈ N, on note At,γ l’événement : « pour tout k ∈ ⟦1, m⟧, Xt+k = γk » ; en d’autres termes,
m 
\ 
At,γ = Xt+k = γk
k=1

Q 5. Soit n ∈ N∗ et soit γ = (γ1 , . . . , γ2n ) un chemin de Dyck de longueur 2n. Pour t ∈ N, exprimer P(At,γ ) en fonction de
n et p.
Soit T la variable aléatoire, définie sur Ω et à valeurs dans N, égale au premier instant où la particule revient à l’origine, si
cet instant existe, et égale à 0 si la particule ne revient jamais à l’origine :


0 n o si ∀k ∈ N , Sk (ω) , 0


∀w ∈ Ω, T(ω) = 
min k ∈ N∗ Sk (ω) = 0
 sinon
 
Q 6. Montrer que T prend des valeurs paires et que, pour tout n ∈ N, P T = 2n + 2 = 2Cn pn+1 (1 − p)n+1 .

I. B. 1) Série génératrice des nombres de Catalan n


X
Q 7. En utilisant la question 4, montrer ∀n ∈ N, Cn+1 = Cr Cn−r .
r=0
XC
n
Q 8. À l’aide de la variable aléatoire T, montrer que la série converge.
4n
n⩾0
1 1
X  
Q 9. En déduire que la série entière Cn t n converge normalement sur l’intervalle I = − , .
4 4
n⩾0
+∞
X
On pose alors, pour tout t ∈ I, f (t) = Cn t n et g(t) = 2tf (t).
n=0
+∞
X
On rappelle que la série génératrice de T, donnée par GT (t) = P(T = n)t n , est définie si t ∈ [−1, 1].
n=0

Q 10. À l’aide des questions précédentes, exprimer GT à l’aide de g et de P(T = 0).


1
Q 11. En déduire que, si p , , alors T admet une espérance.
2
Q 12. Montrer que ∀t ∈ I, g(t)2 = 2g(t) − 4t.

Q 13. En déduire qu’il existe une fonction ε : I → {−1, 1} telle que ∀t ∈ I, g(t) = 1 + ε(t) 1 − 4t.

page 2 Lycée Marcelin Berthelot


1
  √
Q 14. Montrer que ε est continue sur I \ . En déduire ∀t ∈ I, g(t) = 1 − 1 − 4t.
4
p 1
Q 15. En déduire que P(T , 0) = 1 − 1 − 4p(1 − p). Interpréter ce résultat lorsque p = .
2
1
Q 16. Montrer que si p = , alors T n’admet pas d’espérance.
2

I. C – Expression des nombres de Catalan et équivalent +∞


√ X
Q 17. Justifier l’existence d’une suite de réels (an )n∈N telle que ∀x ∈ ]−1, 1[, 1+x = 1+ an xn+1 et, pour tout n ∈ N,
exprimer an à l’aide d’un coefficient binomial. n=0
!
1 2n
Q 18. En déduire ∀n ∈ N, Cn = .
n+1 n
Q 19. Rappeler l’équivalent de Stirling. En déduire un équivalent de Cn lorsque n tend vers +∞.
Q 20. À partir de la question précédente, retrouver le résultat des question 11 et 16.

II Calcul d’un déterminant à l’aide d’un système orthogonal


Dans cette partie, on suppose que l’espace vectoriel R[X] est muni d’un produit scalaire (· | ·) et on note ∥ · ∥ la norme
associée.
Pour tout n ∈ N, on note Gn la matrice carrée de taille n + 1 suivante :

(1 | X) · · · (1 | Xn ) 
 
 (1 | 1)
n
 (X | 1) (X | X) · · · (X | X ) 
  

i−1 j−1
Gn = X X =  .
.. ..

 ..
 
1⩽i,j⩽n+1
 n . . 
(X | 1) (Xn | X) · · · (Xn | Xn )


On cherche à obtenir une expression du déterminant de Gn à l’aide d’une suite de polynômes orthogonaux.

II. A – Définition et propriétés d’un système orthogonal


Dans R[X] muni du produit scalaire (· | ·), on appelle système orthogonal toute suite de polynômes (Pn )n∈N vérifiant les
propriétés suivantes :
 
– (Pn )n∈N est une famille orthogonale, c’est-à-dire : ∀(i, j) ∈ N2 , i , j =⇒ Pi Pj = 0 ;
– pour tout n ∈ N, Pn est unitaire et de degré n.
Dans toute la partie II, on considère un système orthogonal (Vn )n∈N .
Q 21. Montrer que, pour tout n ∈ N, la famille (V0 , V1 , . . . , Vn ) est une base orthogonale de l’espace vectoriel Rn [X] des
polynômes à coefficients réels de degré inférieur ou égal à n.
 
Q 22. Soit n ∈ N et P ∈ R[X] tels que deg P < n. Montrer que Vn P = 0.
Q 23. Soit (Wn )n∈N un autre système orthogonal. Montrer que ∀n ∈ N, Wn = Vn .

II. B – Expression de det Gn à l’aide de la suite (Vn )n∈N


Soit n ∈ N et soit G′n la matrice carrée de taille n + 1 suivante :
 
(V0 | V0 ) (V0 | V1 ) ··· (V0 | Vn )
(V1 | V0 ) (V1 | V1 ) ··· (V1 | Vn )
  


Gn = Vi−1 Vj−1 =  .. .. ..


1⩽i,j⩽n+1 
 . . . 

(Vn | V0 ) (Vn | V1 ) · · · (Vn | Vn )

On note Qn = (qi,j )1⩽i,j⩽n+1 la matrice de la famille (V0 , V1 , . . . , Vn ) dans la base (1, X, . . . , Xn ) de Rn [X].
Q 24. Montrer que Qn est triangulaire supérieure et que det Qn = 1.
Q 25. Montrer que QnT Gn Qn = G′n , où QnT est la transposée de la matrice Qn .
n
Y
Q 26. En déduire que det Gn = ∥Vi ∥2 .
i=0

Lycée Marcelin Berthelot page 3


III Déterminant de Hankel des nombres de Catalan
Dans cette partie, on introduit un produit scalaire particulier sur R[X] et une suite de polynômes. On vérifie qu’il s’agit
d’un système orthogonal pour ce produit scalaire, ce qui permettra d’appliquer les résultats de la partie précédente.

III. A – Produit scalaire √


1−x
Q 27. Soit P ∈ R[X] et Q ∈ R[X]. Montrer que la fonction x 7→ P(4x)Q(4x) √ est intégrable sur ]0, 1].
x
Dans toute la partie III, on pose

  2Z1 1−x
∀(P, Q) ∈ R[X] × R[X], P Q = P(4x)Q(4x) √ dx
π 0 x
Q 28. Montrer que (· | ·) est un produit scalaire sur R[X].

III. B – Système orthogonal


Soit (Un )n∈N la suite de polynômes définie par U0 = 1, U1 = X − 1 et ∀n ∈ N, Un+2 = (X − 2)Un+1 − Un .
Q 29. Pour tout n ∈ N, montrer que Un est unitaire de degré n, et déterminer la valeur de Un (0).
Q 30. Soit θ ∈ R. Montrer que ∀n ∈ N, Un (4 cos2 θ) sin(θ) = sin((2n + 1)θ).
Z π/2
Q 31. Soit (m, n) ∈ N2 . Calculer sin((2m + 1)θ) sin((2n + 1)θ) dθ.
0
Q 32. En déduire que (Un )n∈N est un système orthogonal et que, pour tout n ∈ N, ∥Un ∥ = 1.
Pour calculer la valeur de (Um | Un ), on pourra effectuer le changement de variable x = cos2 θ.

III. C – Application
Pour tout n ∈ N, on pose µn = (Xn | 1).
Q 33. À l’aide d’une intégration par parties, montrer
1
2 × 4n
Z
3
∀n ∈ N∗ , 4µn−1 − µn = xn−3/2 (1 − x)3/2 dx = µ
π 0 2n − 1 n

Q 34. En déduire ∀n ∈ N, µn = Cn .
Q 35. Soit n ∈ N. Déduire des parties précédentes la valeur du déterminant

C0 C1 C2 ··· Cn−1 Cn
. . .
C1 .. .. .. Cn+1
.. . . ..
  C2 . .. .. .
Hn = det Ci+j−2 = ..
1⩽i,j⩽n+1
. . .. ..
.
..
.
C2n−2
. . .
Cn−1 .. .. .. C2n−1
Cn Cn+1 ··· C2n−2 C2n−1 C2n

III. D – Un autre déterminant de Hankel


Dans cette sous-partie, on pose, pour tout n ∈ N,

C0 C1 C2 ··· Cn−1 Cn C1 C2 C3 ··· Cn−1 Cn


. . .
C1 ..
.
..
.
..
.
Cn+1 C2 .. .. .. Cn+1
.. .. . . ..
..
.
..
.
..
. C3 . .. .. .
Dn (X) = C2 . et H′n = ..
.. . . . . .. ..
.
..
.
. .. .. .. C2n−2 . C2n−3
. . .
Cn−1 Cn Cn+1 ··· C2n−2 C2n−1 Cn−1 .. .. .. C2n−2
1 X ··· Xn−2 Xn−1 Xn Cn Cn+1 ··· C2n−3 C2n−2 C2n−1
 
Q 36. Soit (n, k) ∈ N2 tel que k < n. Montrer Dn Xk = 0.
Q 37. En déduire que ∀n ∈ N, Dn = Un , puis déterminer, pour tout n ∈ N∗ , la valeur du déterminant H′n .

page 4 Lycée Marcelin Berthelot

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