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Oral Blanc 1STMG : Molière et Rabelais

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DESCRIPTIF 1STMG - ORAL BLANC N°2 - SEMAINE DU 15 AU 19 AVRIL

Grammaire : Seules l’interrogation, la négation et les propositions subordonnées conjonctives


circonstancielles ont été vues en classe.

Objet d’étude n°1 : Le théâtre du XVIIe au XXIe siècles.

Œuvre intégrale : Molière, Le Malade imaginaire, 1673.

Parcours associé : Spectacle et comédie.

Explication linéaire 1 : Molière, Le Malade imaginaire, extrait de l’acte I scène 5, 1673.

Explication linéaire 2 : Molière, Le Malade imaginaire, extrait de l’acte II scène 8, 1673.

Explication linéaire 3 : Jules Romains, Knock, extrait de l’acte II scène 4, 1923.

Lectures cursives au choix :


- Jules Romains, Knock, 1923.
- Marivaux, L’Île des esclaves, 1725.

Objet d’étude n°2 : La littérature d’idées du XVIe au XVIIIe siècles.

Œuvre intégrale : François Rabelais, Gargantua, 1534.

Parcours associé : La bonne éducation.

Explication linéaire 4 : François Rabelais, Gargantua, 1534, extrait du chapitre 15 «Comment Gargantua fut
mis sous d’autres pédagogues.»

Explication linéaire 5 : François Rabelais, Gargantua, 1534, extrait du chapitre 23 «Comment Gargantua fut
éduqué par Ponocratès en telle discipline qu’il ne perdait aucune heure du jour.»

Explication linéaire 6 : Jean-Pierre Claris de Florian, « L’éducation du lion », Fables, 1792.

Lectures cursives au choix :


- Djaïli Amadou Amal, Les Impatientes, 2020.
- Daniel Pennac, Chagrin d’école, 2007.
- Eugène Ionesco, La Leçon, 1954.
- Delphine de Vigan, Les Loyautés, 2018.

Objet d’étude n°3 : La poésie du XIXe au XXIe siècle

Œuvre intégrale : Arthur Rimbaud, Cahiers de Douai, 1870.

Parcours associé : Émancipations créatrices.

Explication linéaire 7 : Arthur Rimbaud, «Le Dormeur du Val», Cahiers de Douai, 1870.
Explication linéaire 1 : Molière, Le Malade imaginaire (1673), acte I scène 5.

Argan — Je lui commande absolument de se préparer à prendre le mari que je dis.


Toinette — Et moi, je lui défends absolument d’en faire rien.
Argan — Où est-ce donc que nous sommes ? et quelle audace est-ce là à une coquine servante de parler
de la sorte devant son maître ?
Toinette — Quand un maître ne songe pas à ce qu’il fait, une servante bien sensée est en droit de le
redresser.
Argan court après Toinette — Ah ! insolente, il faut que je t’assomme.
Toinette se sauve de lui — Il est de mon devoir de m’opposer aux choses qui vous peuvent déshonorer.
Argan en colère, court après elle autour de sa chaise, son bâton à la main — Viens, viens, que je t’apprenne
à parler.
Toinette en courant, et se sauvant du côté de la chaise où n’est pas Argan — Je m’intéresse1, comme je
dois, à ne point laisser faire de folie.
Argan — Chienne !
Toinette — Non, je ne consentirai jamais à ce mariage !
Argan — Pendarde2 !
Toinette — Je ne veux point qu’elle épouse votre Thomas Diafoirus.
Argan — Carogne !
Toinette — Et elle m’obéira plutôt qu’à vous.
Argan — Angélique, tu ne veux pas m’arrêter cette coquine-là ?
Angélique — Eh ! mon père, ne vous faites point malade3.
Argan — Si tu ne me l’arrêtes pas, je te donnerai ma malédiction.
Toinette — Et moi, je la déshériterai, si elle vous obéit.
Argan se jette dans sa chaise, étant las de courir après elle — Ah ! ah ! je n’en puis plus. Voilà pour me faire
mourir.

1
Je prends soin de…
2
Canaille (au sens strict : qui mériterait d’être pendue)
3
Ne vous rendez pas malade.
Explication linéaire 2 : Molière, Le Malade imaginaire (1673), acte II scène 8.

ARGAN - Ne vous ai-je pas recommandé de me venir dire d’abord tout ce que vous voyez ?
LOUISON - Oui, mon papa.
ARGAN - L’avez-vous fait ?
LOUISON - Oui, mon papa. Je vous suis venue dire tout ce que j’ai vu.
ARGAN - Et n’avez-vous rien vu aujourd’hui ?
LOUISON - Non, mon papa.
ARGAN - Non ?
LOUISON - Non, mon papa.
ARGAN - Assurément ?
LOUISON - Assurément.
ARGAN - Oh çà ! je m’en vais vous faire voir quelque chose, moi.
(Il va prendre une poignée de verges4.)
LOUISON - Ah ! mon papa.
ARGAN - Ah, ah ! petite masque5, vous ne me dites pas que vous avez vu un homme dans la chambre de votre
sœur ?
LOUISON - Mon papa !
ARGAN - Voici qui vous apprendra à mentir.
LOUISON, se jette à genoux. - Ah ! mon papa, je vous demande pardon. C’est que ma sœur m’avait dit de ne
pas vous le dire ; mais je m’en vais vous dire tout.
ARGAN - Il faut premièrement que vous ayez le fouet pour avoir menti. Puis après nous verrons au reste6.
LOUISON - Pardon, mon papa !
ARGAN - Non, non.
LOUISON - Mon pauvre papa, ne me donnez pas le fouet !
ARGAN - Vous l’aurez.
LOUISON - Au nom de Dieu ! mon papa, que je ne l’aie pas.
ARGAN, la prenant pour la fouetter. - Allons, allons.
LOUISON - Ah ! mon papa, vous m’avez blessée. Attendez ; je suis morte. (Elle contrefait7 la morte.)
ARGAN - Holà ! Qu’est-ce là ? Louison, Louison. Ah, mon Dieu ! Louison. Ah ! ma fille ! Ah ! malheureux, ma
pauvre fille est morte. Qu’ai-je fait, misérable ! Ah ! chiennes de verges. La peste soit des verges ! Ah ! ma
pauvre fille, ma pauvre petite Louison.
LOUISON - Là, là, mon papa, ne pleurez point tant, je ne suis pas morte tout à fait.
ARGAN - Voyez-vous la petite rusée ? Oh çà, çà ! je vous pardonne pour cette fois-ci, pourvu que vous me
disiez bien tout.
LOUISON - Ho ! oui, mon papa.

4
Verges = baguettes de bois servant à frapper.
5
Petite masque = vilaine, effrontée, insolente.
6
Au reste = pour le reste.
7
Contrefaire = imiter.
Explication linéaire 3 : Jules ROMAINS, Knock, acte II scène 4, 1923.

KNOCK, LA DAME EN NOIR


Elle a quarante-cinq ans, et respire l’avarice paysanne et la constipation.

[…]

KNOCK, il l'ausculte. – Baissez la tête. Respirez. Toussez. Vous n'êtes jamais tombée d'une
échelle, étant petite ?
LA DAME. – Je ne me souviens pas.
KNOCK, il lui palpe et lui percute le dos, lui presse brusquement les reins. – Vous n'avez jamais
5 mal ici le soir en vous couchant ? Une espèce de courbature ?
LA DAME. – Oui, des fois.
KNOCK, il continue de l'ausculter. – Essayez de vous rappeler. Ça devait être une grande échelle.
LA DAME. – Ça se peut bien.
KNOCK, très affirmatif. – C'était une échelle d'environ trois mètres cinquante, posée contre un
10 mur. Vous êtes tombée à la renverse. C'est la fesse gauche, heureusement, qui a porté.
LA DAME. – Ah oui !
KNOCK. – Vous aviez déjà consulté le docteur Parpalaid ?
LA DAME. – Non, jamais.
KNOCK. – Pourquoi ?
15 LA DAME. – Il ne donnait pas de consultations gratuites.
Un silence.
KNOCK, la fait asseoir. – Vous vous rendez compte de votre état ?
LA DAME. – Non.
KNOCK, il s'assied en face d'elle. – Tant mieux. Vous avez envie de guérir, ou vous n'avez pas
20 envie ?
LA DAME. – J'ai envie.
KNOCK. – J'aime mieux vous prévenir tout de suite que ce sera très long et très coûteux.
LA DAME. – Ah ! mon Dieu ! Et pourquoi ça ?
KNOCK. – Parce qu'on ne guérit pas en cinq minutes un mal qu'on traîne depuis quarante ans.
25 LA DAME. – Depuis quarante ans ?
KNOCK. – Oui, depuis que vous êtes tombée de votre échelle.
LA DAME. – Et combien que ça me coûterait ?
KNOCK. – Qu'est-ce que valent les veaux, actuellement ?
LA DAME. – Ça dépend des marchés et de la grosseur. Mais on ne peut guère en avoir de
30 propres à moins de quatre ou cinq cents francs.
KNOCK. – Et les cochons gras ?
LA DAME. – Il y en a qui font plus de mille.
KNOCK. – Eh bien ! ça vous coûtera à peu près deux cochons et deux veaux.
LA DAME. – Ah ! là ! là ! Près de trois mille francs ? C'est une désolation, Jésus Marie !
35 KNOCK. – Si vous aimez mieux faire un pèlerinage, je ne vous en empêche pas.
LA DAME. – Oh ! un pèlerinage, ça revient cher aussi et ça ne réussit pas souvent
Explication linéaire 4 : François Rabelais, Gargantua, 1534, extrait du chapitre 15 « Comment Gargantua
fut mis sous d’autres pédagogues ».

« Voyez-vous ce jeune enfant ? il n’a pas encore douze ans. Voyons, si bon vous semble, la différence
entre le savoir de vos rêveurs docteurs ès8 folies du temps jadis, et les jeunes gens de maintenant. »
L’essai plut à Grandgousier, et il ordonna que le page fasse le premier discours.
Alors Eudémon demanda la permission de le faire au vice-roi son maître, le bonnet au poing, le visage
ouvert, la bouche vermeille, les yeux assurés et le regard posé sur Gargantua ; avec une modestie juvénile
il se tint debout, et commença à le louer et magnifier, premièrement de sa vertu et de ses bonnes mœurs,
secondement de son savoir, troisièmement de sa noblesse, quatrièmement de sa beauté corporelle. Et
pour le cinquième point il l’exhortait9 doucement à révérer son père en tous points, lui qui prenait tant de
soin pour le faire instruire, et enfin il le priait de bien vouloir le retenir comme un de ses très humbles
serviteurs. Car il ne demandait maintenant d’autre don des cieux, sinon d’en recevoir la grâce de lui
complaire dans quelque service agréable.
Le tout fut proféré avec des gestes si adaptés, une prononciation si distincte, une voix si éloquente, et
un langage si orné et de si bonne latinité10, qu’il ressemblait mieux à un Gracchus, un Cicéron, ou un
Emilius11 du temps passé, qu’à un jouvenceau de ce siècle.
Mais toute la contenance de Gargantua fut de se mettre à pleurer comme une vache, et de se cacher
le visage de son bonnet, et il ne fut pas possible d’en tirer une parole, non plus qu’un pet d’un âne mort.
Ce dont son père fut si courroucé qu’il voulut faire occire12 maître Jobelin Bridé.

8
Docteurs ès = spécialistes en.
9
L’exhortait = l’encourageait.
10
De si bonne latinité = en si bon latin, dans une langue très correcte.
11
Gracchus, Cicéron, Emilius = exemples de jeunes hommes de l’Antiquité romaine qui ont reçu une excellente éducation et furent appelés à
un grand destin.
12
Occire = tuer.
Explication linéaire 5 : François Rabelais, Gargantua, 1534, extrait du chapitre 23 « Comment Gargantua
fut éduqué par Ponocratès en telle discipline qu’il ne perdait aucune heure du jour ».

Gargantua s’éveillait donc vers quatre heures du matin. Pendant qu’on le frottait, on lui lisait quelque
page de l’Écriture sainte à voix haute et clairement avec la prononciation qui convenait à la matière, et ce
rôle était confié à un jeune page natif de Basché nommé Anagnoste. Selon le propos et le sujet de cette
leçon, souvent il s’adonnait à révérer, adorer, prier et supplier le bon Dieu, dont la lecture montrait la
majesté et le jugement merveilleux.
Puis il allait au privé13 vider les résidus naturels ; là son précepteur répétait ce qui avait été lu, lui
expliquant les points les plus obscurs et les plus difficiles.
En revenant ils observaient l’état du ciel, s’il était comme ils l’avaient noté le soir précédent, en quels
signes entraient le soleil et aussi la lune pour cette journée.
Ce fait Gargantua était habillé, peigné, frisé, arrangé et parfumé, et pendant ce temps on lui répétait
les leçons du jour précédent. Lui-même les disait par cœur, et y appliquait quelques cas pratiques et
concernant l’état des hommes, analyses qu’ils étendaient parfois jusqu’à deux ou trois heures, mais
ordinairement ils arrêtaient lorsqu’il était complètement habillé.
Puis par trois bonnes heures on lui faisait la lecture.
Ce fait, ils sortaient, toujours discutant du sujet de la lecture, puis se déplaçaient au jeu de paume14
de Bracque ou dans les prés et jouaient à la balle, à la paume, à la balle à trois, exerçant élégamment les
corps comme ils avaient auparavant exercé les âmes.
Tout leur jeu était libre, car ils laissaient la partie quand cela leur plaisait et s’arrêtaient ordinairement
lorsqu’ils suaient ou étaient fatigués. Ils étaient donc très bien essuyés, frottés, ils changeaient de chemise,
et en se promenant doucement allaient voir si le dîner était prêt. Là, en attendant, ils récitaient clairement
et éloquemment quelques sentences retenues de la leçon.
Cependant, monsieur l’appétit venait et ils s’asseyaient à table un bon moment.

13
Aux toilettes.
14
Salle d’exercice où l’on pratique les ancêtres des sports de raquette.
Explication linéaire 6 : Jean-Pierre Claris de Florian, « L’éducation du lion », Fables, 1792.

Le lion court au chien : ami, je te confie


Le bonheur de l’état et celui de ma vie ;
Prends mon fils, sois son maître, et, loin de tout flatteur,
S’il se peut, va former son cœur.
Il dit, et le chien part avec le jeune prince.
D’abord à son pupille il persuade bien
Qu’il n’est point lionceau, qu’il n’est qu’un pauvre Chien,
Son parent éloigné ; de province en province
Il le fait voyager, montrant à ses regards
Les abus du pouvoir, des peuples la misère,
Les lièvres, les lapins mangés par les renards,
Les moutons par les loups, les cerfs par la panthère,
Partout le faible terrassé,
Le bœuf travaillant sans salaire,
Et le singe récompensé.
Le jeune lionceau frémissait de colère :
Mon père, disait-il, de pareils attentats
Sont-ils connus du roi ? Comment pourraient-ils l’être ?
Disait le chien : les grands approchent seuls du maître,
Et les mangés ne parlent pas.
Ainsi, sans raisonner de vertu, de prudence,
Notre jeune lion devenait tous les jours
Vertueux et prudent ; car c’est l’expérience
Qui corrige, et non les discours.
À cette bonne école il acquit avec l’âge
Sagesse, esprit, force et raison.
Explication linéaire 7 : Arthur Rimbaud, Cahiers de Douai, « Le Dormeur du Val », Octobre 1870.

C’est un trou de verdure où chante une rivière

Accrochant follement aux herbes des haillons

D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,

Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,

Et la nuque baignant dans le frais cresson15 bleu,

Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue16,

Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls17, il dort. Souriant comme

Sourirait un enfant malade, il fait un somme18 :

Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;

Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine

Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

15
Cresson : plante poussant dans les lieux humides.
16
Nue : ciel.
17
Glaïeuls : plantes dont les fleurs forment un épi.
18
Somme : sieste.

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