Engagements féminins dans les sports à risques
Engagements féminins dans les sports à risques
R APPORT DE RECHERCHE
« L’amour du risque ».
Modes d’engagements féminins
dans les pratiques sportives à risques.
Nicolas Penin.
Doctorant U.F.R. STAPS. Paris-Sud XI.
Centre de Recherches en Sciences du Sport (UPRES EA 1609).
Unité de Recherche sur les Cultures Sportives.
Réumé : Si la plupart des sports sont aujourd’hui accessibles aux femmes, force est
de constater qu’il existe encore une inégale distribution sexuelle dans les pratiques
sportives. De fait, certaines disciplines restent des « sports d’hommes » tandis que
d’autres sont des « sports de femmes ». Les sports à risques font partie de ces terri-
toires très faiblement investis par les femmes. Elles sont pourtant quelques unes à
pratiquer le BASE-jump, le parachutisme ou l’alpinisme. Ce travail vise à mettre au
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Abstract:Even if most sports are now open to women, we can’t help but notice that there is still an une-
qual gender distribution in sport activities. In fact, some sports still remain “men’s sports” while others
are deemed as “women’s sports”. Extreme sports are in these boundaries that women can hardly pene-
trate. Nevertheless, there are a few who do practice base-jumping, parachuting or mountain climbing.
This work was meant to discover the determining factors of particular life interests in order to unders-
tand how a woman becomes an extreme sports addict. With a willingness to grasp the complexity of
196 Nicolas PENIN
social influences, five detailed life account interviews were carried out. They bring to light a system of
determining factors that help to account for these extraordinary paths. The influence of original recur-
rent formative experiences is particularly significant.
Si des travaux ont été réalisés dans la cultivent une forte symbolique de
perspective d’expliquer la construction des conquêtes du monde et de soi. Il s’agit de
goûts en matière de pratiques sportives gagner tous les espaces du globe, des plus
(Bourdieu, 1979 ; Pociello, 1981), ceux-ci hauts sommets (escalade, alpinisme) aux
se sont surtout attelés à rendre compte des fosses les plus profondes (spéléologie,
tendances lourdes. En revanche, ces plongée sous-marine), en passant par les
recherches abordent peu les dissidences. contrées les plus reculées (raids aventure
Elles offrent un cadre d’intelligibilité géné- dans les déserts ou jungles et toutes les
ral mais font peu de cas des singularités, en déclinaisons sportives de l’aventure). En
particulier s’il s’agit de parcours hors ce sens, les sports à risques sont des
normes. L’investissement féminin dans les sports extrêmes ou plus exactement des
sports à risques fait partie de ces parcours sports des extrêmes. Ce dont il est ques-
originaux. En premier lieu, les pratiques tion dans ces pratiques, c’est de rencon-
sportives à risques se posent comme des trer les frontières, naturelles, corporelles
disciplines surprenantes : elles sont le lieu ou psychologiques dans un rapport tou-
d’une mise en danger gratuite et délibérée jours présent avec l’ultime limite que
des pratiquants. Elles sont en ce sens un constitue la mort (Le Breton, 1996a).
déni d’une certaine « idéologie Dans ces sports, la mort n’est pas seule-
sécuritaire » prégnante dans les sociétés ment symbolique, mimée ni même euphé-
occidentales contemporaines (Le Breton, misée : elle est réelle. L’erreur, qu’elle
1996a, 81). Par ailleurs, les sports à risques soit technique ou matérielle, peut être
apparaissent comme des pratiques fatale. Le danger est grand, la peur pré-
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morts violentes1. Dans l’espace des sports tion qui se pose est celle de l’incorporation
à risques, les femmes sont également peu des dispositions. L’habitus, qui peut rendre
présentes : moins d’un alpiniste sur quatre compte des engagements en ce qu’il est une
et moins d’un parachutiste régulier sur « structure structurante », est également
sept est une femme2. Les prises de risques « structure structurée et qui est acquis par
s’inscrivent donc dans la sphère du mas- la pratique » (Bourdieu et Wacquant, 1992,
culin, faisant ainsi partie « d’attributs que 97). La constitution des systèmes de dispo-
les femmes semblent ne pas pouvoir faire sitions doit donc être comprise comme un
leurs, et qui appartiennent donc, en processus historique et biographique.
propre, à la masculinité » (Louveau L’habitus se structure tout au long de la
1996a, 266). Rien ne semble pouvoir socialisation par la rencontre d’expériences
orienter des femmes vers la pratique des vécues. Dès lors, la singularité des engage-
sports à risques. Certaines négligent ments pourrait trouver une explication dans
néanmoins les injonctions sociales rela- l’originalité des trajectoires. C’est par la
tives aux manières d’être et de se prise en compte des expériences que peu-
conduire lorsque l’on est une femme. vent être comprises les traductions indivi-
Elles sont quelques unes à « rompre avec duelles originales des habitus collectifs
les pesanteurs sociales et les convenances (Corcuff, 1999). C’est ce que tendent à
pour mener leur propre vie à leur guise prouver les travaux de Menesson (2000a),
sans craindre de franchir la ligne d’hori- qui montrent comment l’investissement de
zon » (Le Breton, 1996b, 62). C’est à ces femmes dans des sports de tradition mascu-
engagements improbables que nous sou- line peut être le fruit d’une « socialisation
haitons donner du sens. inversée » (Menesson, 2000b, 241), mar-
quée par une sensibilisation précoce à dif-
2. LES RESSORTS DE L’ENGAGEMENT FÉMININ férentes formes de mises en jeu « mascu-
DANS LA PRATIQUE DES SPORTS À RISQUES. lines » du corps et par l’influence de
socialisateurs masculins. Le jeu des acteurs
La compréhension de l’engagement impliqués dans le processus de socialisa-
sportif se présente comme un objet privilé- tion, - ceux que Berger et Luckmann
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4. LES LOGIQUES D’ENGAGEMENT : PRIN- tion parentale, nécessaire pour les para-
CIPES DE SOCIALISATIONS ET INCORPORA- chutistes mineurs. Très engagée dans ce
TION DE DISPOSITIONS. sport, elle pratique aujourd’hui le free-fly
et envisage d’essayer le BASE-jump, si
4.1. Parcours de pratiquantes de sports à l’occasion se présente.
risques. Christine est la plus âgée des femmes
Catherine, est parachutiste et BASE- que nous avons rencontrées : elle a 40 ans.
jumpeuse. Elle a 28 ans. Elle vit avec son Elle est originaire de la région parisienne et
compagnon, pratiquant de BASE-jump habite aujourd’hui en Savoie. Son père était
également. Elle habite la région de Genève. ingénieur. Elle est alpiniste et escaladeuse
Son père était moniteur de ski, comme l’est professionnelle. Elle est aujourd’hui
maintenant un de ses frères. Elle est la mariée et mère d’un enfant de 3 ans. Son
cadette d’une famille de quatre enfants : mari est alpiniste lui aussi. Elle est l’aînée
deux garçons et deux filles. Elle poursuit d’une famille de 6 enfants, 5 filles et 1 gar-
une thèse en psychologie. Elle pratique une çon (le cadet). Tous pratiquent ou ont prati-
discipline sportive depuis l’âge de 2 ou 3 qué l’escalade. Son père a rencontré ce
ans : le ski tout d’abord avec son père ; puis sport lors de ses études en école d’ingé-
de nombreux sports ensuite dans le cadre nieur. Christine pratique intensément l’es-
scolaire : gymnastique, équitation, basket- calade depuis l’âge de 12 ans. Dès l’ado-
ball, tir à l’arc, ou encore plongeon et esca- lescence, elle passe ses week-ends et ses
lade. À 12 ans, l’aîné de ses frères lui a vacances dans les Alpes avec un groupe
offert un baptême de deltaplane. C’est avec d’amis (exclusivement constitué de gar-
le cadet de ses frères qu’elle a plus tard çons) pour pratiquer l’escalade. Elle suit
commencé la plongée sous marine à l’âge une formation de kinésithérapeute avec
de 13 ans. Elle s’est investie dans cette dis- succès. Elle cesse d’exercer lorsqu’elle par-
cipline qu’elle a pratiquée intensément jus- ticipe aux premières compétitions d’esca-
qu’à 25 ans. Son engagement dans le para- lade et devient championne du monde. Elle
chutisme est contemporain de son abandon arrête ensuite après s’être blessée au dos.
de la plongée sous-marine. C’est dans le Elle commence alors l’alpinisme, jusqu’à
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également avoir fait de la course à pied des mêmes schèmes d’action » (Bourdieu,
jusqu’à ce qu’un accident de parachu- 1979, 192). Sandrine adopte un mode de
tisme ne l’en empêche. Elle a commencé vie sans aucune stabilité « moi j’ai zoné
le parachutisme lorsque l’occasion s’est dans le para pendant un an, c’est génial.
présentée au cours d’un stage de forma- Tu plantes ta tente quelque part, tu
tion professionnelle à vingt-deux ans. squattes là, tu tiens le bar le matin pour
Elle a ensuite été initiée au BASE-jump, pouvoir avoir la bouffe gratuite. Le pro-
quelques années plus tard, par son com- blème c’est que c’est un truc où tu
pagnon (qu’elle a rencontré dans le cadre vivotes. T’as besoin de trente balles tu
de la pratique du parachutisme). Elle suit fais un pliage. T’as pas de loyer parce
actuellement une formation de brevet que tu squattes. C’est un peu la vie au
d’état de parachutisme. jour le jour ». La précarité sociale volon-
taire de Sandrine s’apparente à une
4.2. Le goût du risque, la passion du « métaphore pratique » (Bourdieu, 1979,
danger. 192), des prises de risques corporels.
En ce qui concerne les pratiques spor- Que ce soit donc par la pratique d’une
tives, toutes celles que nous avons ren- pluralité de disciplines sportives à risques,
contrées témoignent d’une attirance pro- par l’adoption de conduites à risques au
noncée pour les sports dans lesquels volant ou par le choix d’un mode de vie
existent d’importantes prises de risques précaire, les femmes du risque font preuve
corporels : Christine pratique le parachu- de manière récurrente d’un attrait certain
tisme, le BASE-jump, la plongée sous- pour les prises de risques. Nous pourrions
marine, le free-ride, ou encore l’escalade. donc penser qu’il est possible de parler
Elle envisage aussi de commencer le d’habitus - comme tendance systématique
parapente. Catherine est alpiniste et esca- à l’adoption de prises de risques - si les
ladeuse, tout comme Joséphine qui est récits de vie ne nous donnaient à voir
aussi free-rideuse et surfeuse. Jessica pra- quelques exemples de non-activation de
tique le parachutisme, le BASE-jump et cette disposition. Jessica ne fait pas de
l’alpinisme. Sandrine, parachutiste, pra- moto, parce qu’elle considère que « ça fait
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4.3. Des pratiques et des attitudes « mas- lines ». Elles sont en quelque sorte por-
culines ». teuses d’une disposition sexuée déviante4,
Les entretiens réalisés font également c’est-à-dire ne répondant pas aux attentes
apparaître ce qui se présente comme une relatives à leur sexe. Il faut néanmoins res-
disposition à l’adoption de rôles et d’atti- ter mesuré quant à la généralisation de cette
tudes communément considérés comme disposition. Certains récits montrent que
étant masculins. Celle-ci se manifeste tout l’adoption d’attitudes masculines ne peut
d’abord par le choix de pratiques sportives être considérée comme une permanence
très peu féminisées : « il y a très peu de absolue : « je suis pas hyper féminine mais
femmes dans le BASE. Quand j’ai com- je suis une fille quand même, de ce côté-là
mencé il n’y avait que moi » (Catherine), dans la tête ça va très bien » (Sandrine). Si
« des nanas qui sautent régulièrement y’en elle affirme sa différence par rapport au sté-
a pas énormément. À Lille, y’en a une seule réotype de « la petite minette qui va se
et moi » (Sandrine). Les orientations vers refaire un maquillage toutes les cinq
des pratiques « masculines » se traduisent minutes », Sandrine revendique une iden-
également dans les choix professionnels. tité « féminine » qu’elle présente par l’at-
Toutes les femmes questionnées embras- tention qu’elle porte parfois à son appa-
sent des professions ou formations forte- rence ou son orientation vers les relations
ment masculinisées : Christine est alpiniste hétérosexuelles. Le rôle que joue Christine
professionnelle, kinésithérapeute de forma- à la naissance de son enfant montre égale-
tion, Joséphine est monitrice de ski, ment que celles que nous avons rencontrées
Sandrine est en formation STAPS, et ne développent pas de manière systéma-
Jessica est contrôleuse aérienne : « dans tique des attitudes « masculines ». En l’oc-
notre boulot on est à peu près 10 pour-cent currence, depuis qu’elle est mère, Christine
de filles » (Jessica). Outre les pratiques place sa carrière sportive au second plan
« masculines », celles que nous avons ren- « j’ai un petit garçon de trois ans donc ça
contrées sont en décalage avec les repré- me prend beaucoup de temps. Il faut s’en
sentations de ce qu’elles reconnaissent occuper. J’ai envie de m’en occuper. C’est
comme la féminité « conventionnelle ». vraiment la priorité dans mes projets. Je ne
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miers sauts, j’ai vu comment ça se passait et être imité. Puisque par ailleurs ce modèle
puis je pense que peu à peu l’idée a germé » s’impose comme une référence valorisée, le
(Catherine). Pères, frères, amis ou amants « véritable » processus de socialisation
proposent donc des modèles dans le cadre sportive procède par identification aux
des pratiques sportives. Ils sont des indivi- socialisateurs masculins.
dus masculins dont celles que nous avons Outre leur influence « silencieuse »,
rencontrées revendiquent l’héritage. A les socialisateurs participent aussi de
contrario, les modèles sportifs féminins, manière active à la socialisation par les
sont très peu valorisés. Sandrine, alors incitations qu’ils dispensent. Ils s’appa-
qu’elle souhaite faire du parachutisme avec rentent en ce sens à des « autres significa-
son père, refuse les sports « féminins » que tifs » (Berger et Luckmann, 1986). Leur
propose (ou impose) sa mère : « la danse influence socialisante passe par des
c’est quand j’étais petite. C’est ma mère qui injonctions quotidiennes qui contribuent,
m’avait inscrite…cours de danse et de gym. nous semble-t-il, à inscrire en profondeur
Elle m’avait inscrite au cours de gym et il y les dispositions chez les individus. Elles
avait une heure de danse avant. C’est pas sont comme des rappels à l’ordre entendus
une idée de moi, ça c’est sûr » (Sandrine). de façon récurrente, propices à l’incorpo-
Catherine qui dit avoir toujours été proche ration de façon d’être ou d’agir. Les inci-
de ses frères, ne se reconnaît pas dans la tations aux prises de risques commencent
forme de féminité qu’adopte sa sœur et les souvent dès l’enfance. C’est ainsi que
activités qu’elle pratique : « j’ai fait moins Joséphine et Catherine se souviennent
de trucs avec ma sœur [qu’avec mon frère] avoir été encouragées à se confronter au
parce que c’est vrai qu’elle était quand danger : « mon père, quand j’étais petite, il
même plus âgée et donc à l’époque où on me forçait à sauter du balcon du chalet
aurait pu faire des choses ensemble elle dans la neige. Peut-être bien que si je fais
était plutôt intéressée par les petits des trucs frappés ça vient de là »
copains ». L’influence des frères dans la (Joséphine) ; « petite, mon père poussait
socialisation de Catherine est probablement beaucoup à ce que je grimpe au mur, à ce
décisive, puisque c’est par leur contact que que je fasse le…Quand je tombais il était
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faire l’objet, contribuent certainement à développent des façons d’être tantôt « mas-
produire chez les individus socialisés une culines » tantôt « féminines ». Les
incorporation de dispositions hétérogènes, « femmes du risque » contribuent ainsi, à
parfois contradictoires. Il est alors peu pro- leur échelle, à inventer des formes de
bable que la socialisation puisse conduire à « féminité originales », et participent ainsi
l’incorporation d’un système de disposi- à un brouillage des frontières déjà floues
tions cohérent, produisant à son tour un qui séparent « masculin » et « féminin ».
ensemble de pratiques et représentations
parfaitement homogènes. Il est probable- BIBLIOGRAPHIE
ment plus pertinent de parler de « disposi-
tions sous conditions » (Lahire, 1998, 67) Berger, P. et Luckmann, T. (1986). La
plutôt que d’un habitus stricto-sensu, construction sociale de la réalité. Paris:
comme principe relativement permanent Méridiens Klincksieck.
agissant de telle sorte que « toutes les pra- Becker H. (1985). Outsiders. Etudes de
tiques et les œuvres d’un même agent sont la sociologie de la déviance. Paris :
objectivement harmonisées entre elles » Métailié.
(Bourdieu, 1979, 192). La pluralité des Blanchet A. et Gotman A. (1992).
principes de socialisation proposés conduit L’enquête et ses méthodes : l’entretien.
à une pluralité des dispositions acquises. Paris: Nathan.
Berthelot J.-M. (1991). L’intelligence
5. CONCLUSION : SOCIALISATIONS ORIGI- du social. Paris: Seuil.
NALES ET DISPOSITIONS PLURIELLES. Bourdieu P. (1979). La distinction.
Paris : Éditions de minuit.
Engagées dans des pratiques sportives Bourdieu P. et Wacquant L. (1992).
originales, par hypothèse les « femmes du Réponses. Paris : Seuil.
risque » ne pouvaient avoir connu une socia- Bourdieu P (1995). La domination mas-
lisation « conventionnelle ». La rencontre culine. Paris : Seuil.
avec les pratiquantes a effectivement montré Corcuff, P. (1999). Le collectif au défi
que l’investissement féminin dans des sports du singulier : en partant de l’habitus. In Le
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Zusammenfassung. Auch wenn die meisten Sportarten heutzutage für Frauen zugänglich sind, stellt man
noch immer eine ungleiche geschlechtsspezifische Verteilung im Sport fest. Es gibt also weiterhin
„Männersportarten“ und „Frauensportarten“. Die Risikosportarten sind Teil der Sportarten, in denen die
Beteiligung der Frauen sehr gering ist. Allerdings gibt es einige, die Base-jumping, Fallschirmspringen oder
Bergsteigen betreiben. Diese Arbeit hat sich zur Aufgabe gemacht, die Faktoren aufzudecken, welche das
Engagement der Frauen in den Risikosportarten erhellen können. Es konnten einige determinierende
Faktoren hinsichtlich der Konstruktion der Beteiligung gezeigt werden. Dem Einfluss wiederkehrender und
origineller Erfahrungen kommt eine große Bedeutung in den individuellen Lebensläufen zu.
Base-jump, paracaidismo o alpinismo. Este trabajo apunta a poner en evidencia los factores susceptibles de
esclarecer los compromisos femeninos en los deportes de riesgo. Preocupados de rescatar la complejidad de
las lógicas de socialización, fueron realizadas cinco entrevistas profundizadas, de tipo relato de vida.
Permitieron poner en evidencia algunas líneas determinantes en la construcción de compromisos. La influen-
cia de experiencias recurrentes y originales aparición particularmente significante en la explicación de estos
particulares recorridos.