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Faculté de Technologie
Département Socle Commun en Sciences et Technologies
COURS
MECANIQUE DES FLUIDES
Deuxième année (S3) socle commun en sciences et technologies
Mr Salhi Hicham
Maître de Conférences classe B
Introduction générale 1
I.6.2 Densité 5
I.6.4 Viscosité 6
II.1 Définition 9
[Link] 30
Bibliographie 46
[Link] Introduction générale
Introduction générale
La mécanique des fluides est la branche de la physique qui étudie (la statique et la
dynamique) des fluides lorsqu’ils subissent des forces ou des contraintes. La mécanique des
fluides se compose de deux grandes sous branches:
La statique des fluides : ou hydrostatique qui étudie les fluides au repos. C'est historiquement le
début de la mécanique des fluides, avec la poussée d'Archimède et l'étude de la pression.
La dynamique des fluides qui étudie les fluides en mouvement. Les fluides peuvent aussi se
classer en deux familles relativement à leur viscosité, une de leur caractéristique physico-
chimique. La famille des fluides "newtoniens" et celle des fluides "non newtoniens".
Le contenu de ce document pédagogique est abordé selon une approche classique. Dans le
premier chapitre, on se limite à la présentation des concepts de base qui sont largement
utilisés dans l’étude des écoulements des fluides. On a traité dans le deuxième chapitre les
équations générales de la statique des fluides, théorème de Pascal, la poussée d’Archimède.
Pour le troisième chapitre, nous nous limiterons aux mouvements des fluides parfaits, c’est à
dire sans frottement (fluides non visqueux). On s’intéresse aux équations fondamentales qui
régissent la dynamique des fluides incompressibles parfaits, en particulier l’équation de
continuité (conservation de la masse), le théorème d’Euler (conservation de la quantité de
mouvement).
Le théorème de Bernoulli (conservation de l’énergie) avec pertes de charges linéaire et
singulier est le contenu principal du quatrième chapitre.
1
[Link] Chapitre I : Propriétés des fluides
2
[Link] Chapitre I : Propriétés des fluides
Par ailleurs, les forces qui agissent sur les particules situées à l’intérieur de S peuvent être
classées en deux catégories :
Les forces de surface : ce sont les forces qui s’exercent uniquement sur les particules de la
surface S. Elles sont proportionnelles aux éléments de surface, par exemple les forces de
pression et les forces de frottement.
Les forces de volume : ce sont les forces qui s’exercent sur les molécules intérieures à S,
elles sont proportionnelles aux éléments de volume. Exemple : force de pesanteur, force
magnétique et électrique…). Les seules de ce type que nous aurons à considérer
habituellement seront les forces de pesanteur.
n
dF
dF N
dS
dF T
3
[Link] Chapitre I : Propriétés des fluides
T dF
S dS
M
dF
Lorsque dS tend vers zéro, autour de M fixe, le vecteur tend vers le vecteur T qu’on
dS
appelle contrainte en M sur l’élément dS.
m : La masse (kg),
V : Le volume (m3),
Exemple .1 : Calcul d'une masse volumique
Question : Un flacon contient 200 mL d'alcool. La masse de cet alcool est de 170 g.
Quelle est la masse volumique de cet alcool ?
Réponse : D'après la définition :
m 170
875 g / L
V 0.200
4
[Link] Chapitre I : Propriétés des fluides
I.6.2 Densité
La densité est une grandeur sans unité définie par :
5
[Link] Chapitre I : Propriétés des fluides
mg
w g (I .3)
V
I.6.4 Viscosité
On peut définir la viscosité d'un fluide comme étant le frottement interne entre les couches
durant l'écoulement. La conséquence importante de cette propriété est l'adhérence du fluide à
la surface du solide en contact avec lui. Aussi, à cause de cette propriété visqueuse des
fluides, il existe des contraintes de cisaillement (force de glissement tangentielle exprimée par
unité de surface).
Viscosité dynamique
Sous l'effet des forces d'interaction entre les molécules de fluide et les forces d'interaction
entre les molécules de fluide et celles de la paroi, chaque molécule de fluide ne s'écoule pas à
la même vitesse. On dit qu'il existe un profil de vitesse (Figure II.4).
Vmax
V V
Z Z
V
Z
V 0
Si on représente par un vecteur, la vitesse de chaque particule située dans une section droite
perpendiculaire à l'écoulement d'ensemble, la courbe lieu des extrémités de ces vecteurs
représente le profil de vitesse. Le mouvement du fluide peut être considéré comme résultant
6
[Link] Chapitre I : Propriétés des fluides
du glissement des couches de fluide les unes sur les autres, la vitesse de chaque couche est
une fonction de la distance z.
La force de frottement F qui s'exerce à la surface de séparation de ces deux couches s'oppose
au glissement d'une couche sur l'autre. Elle est proportionnelle à la différence de vitesse des
couches soit V , à leur surface S et inversement proportionnelle à Z :
Le facteur de proportionnalité est le coefficient de viscosité dynamique du fluide.
V
F .S . (I .4)
Z
Viscosité cinématique
(I .5)
7
[Link] Chapitre I : Propriétés des fluides
Donc
1, 089.104 918 0,1kg / m.s 0,1Pa.s
Exemple2 : Calcul d'une viscosité cinématique
Question Du fuel porté à une température T=20°C a une viscosité dynamique
95.103 Pa.s . Calculer sa viscosité cinématique υ en stockes sachant que sa densité est
8
[Link] Chapitre II : Statique des fluides
dF
df
df
dfdF
dFNN
T T
2
dS
dS
1
Dans un milieu quelconque, donc aussi dans un milieu fluide, la force que la partie (1) exerce
sur la partie (2) à travers un élément de surface réel ou fictif dS a une direction quelconque.
Mais cette force dF peut toujours être décomposée en :
- une composante tangentielle dFT
- une composante normale dFN
dFN
Par définition on appelle Pression la contrainte normale : p
dS
Remarque :
En statique des fluides, seules interviennent les forces de pression dFN , normales à l'élément
dS. Les forces tangentielles dFT n'apparaissent qu'en dynamique des fluides : elles
correspondent aux frottements visqueux des couches fluides en mouvement les unes par
rapport aux autres et par rapport à la paroi de la conduite.
Plusieurs unités existent:
• le pascal (Pa) : unité SI, peu employée en pratique
•le bar (bar) et son sous multiple le millibar (mbar)
9
[Link] Chapitre II : Statique des fluides
En tout point d'un fluide il existe une certaine pression. Soit un point M dans un fluide. Si on
considère une surface imaginaire dS passant par M, la résultante de toutes les forces,
agissantes sur dS, des particules de fluides en mouvement désordonné est perpendiculaire à
cette surface dS et on peut écrire :
dF p n dS (II.1)
dF
n n
M
M
dS
dS
10
[Link] Chapitre II : Statique des fluides
parallélépipédique (figure II.3). Le réservoir et le fluide sont en équilibre, alors on peut écrire
le premier principe de Newton :
dF sys 0 (II.2)
dv
dFy dFx
Pz (x y )
Pz z (x y ) dFz
Px (y z )
y
Py (x z )
x
z
-a- Forces de pression -b- Forces de volume
Figure II.4: Forces agissants sur les six faces de l’élément fluide.
11
[Link] Chapitre II : Statique des fluides
Px x Px
X 0
x
Py y Py
Y 0 (II.4)
x
Pz z Pz
Z 0
z
P Px P
On sait que quand x 0 ; x x . La même règle s’applique pour y et z.
x x
Alors le système (II.4) devient :
P
x X 0
P
Y 0 (II.5)
y
P
Z 0
z
Les équations (II.5) sont les équations fondamentales de la statique des fluides. L’écriture
vectorielle de ces équations est :
grad P F (II.6)
[Link] de niveau
Une surface de niveau se caractérise par une même pression en chacun de ses points.
C’est la surface libre d’un liquide qui ; en chacun des ses points, elle est perpendiculaire à la
pesanteur. La surface des océans (environ 70 % de la surface terrestre totale) est généralement
considérée comme surface de niveau, c'est-à-dire d'une surface équipotentielle du champ de
pesanteur. En effet, la surface des océans et des mers est contrôlée essentiellement par la force
de pesanteur, avec quelques phénomènes perturbateurs tels les courants marins, les variations
de salinité, les marées, la houle causée par les vents, les variations de la pression
atmosphérique, etc.
12
[Link] Chapitre II : Statique des fluides
dP gdy
P0 y0
(II.9)
Ce qui donne :
P( y ) P0 g ( y y0 ) (II.10)
Ou encore :
P( y ) P0 g ( y y0 ) (II.11)
13
[Link] Chapitre II : Statique des fluides
Application :
L’utilisation de cette relation est très facile en considérant une colonne d’un fluide dans un
tube (figure II.6).
Ph
P0
hz : hauteur piézométrique.
Comme il est possible de recommencer la même démonstration pour tous les points, nous
pouvons écrire :
P
z C te (II.14)
g
On peut aussi écrire :
P gz C te Pg
(II.15)
Pg est appelée pression motrice.
Et la loi fondamentale des fluides s’écrit : dans un fluide incompressible au repos la pression
motrice est constante. Cette loi est valable dans tous les cas, quelle soit la forme donnée au
liquide, à condition qu’il s’agisse d’un liquide homogène et au repos.
14
[Link] Chapitre II : Statique des fluides
O na PA PC P0
Donc
r1 gh1 r2 gh2 (II.16)
Les dénivellations de deux liquides non miscibles sont en rapport inverse de leurs masses
volumiques.
Si r1 r2 Un fluide est à la même hauteur dans deux vases communicants.
15
[Link] Chapitre II : Statique des fluides
Les surfaces :
- (1) et (2) il s’agit de l’essence de masse volumique ρessence=700 kg/m3.
- (2) et (3), il s’agit du mercure de masse volumique ρmercure=13600 kg/m3.
La pression au-dessus de la surface libre (1) est P1=Patm=1 bar.
L’accélération de la pesanteur est g=9,8 m/s2.
La branche fermée emprisonne un gaz à une pression P3 qu’on cherche à calculer.
1) En appliquant la loi fondamentale de la statique des fluides pour l’essence, calculer la
pression P2 (en mbar) au niveau de la surface de séparation (2) sachant que h= (Z1-Z2)= 728
mm.
2) De même, pour le mercure, calculer la pression P3 (en mbar) au niveau de la surface (3)
sachant que h’= (Z3-Z2)= 15 mm.
Réponse :
[Link]éorème de pascal :
Dans un fluide incompressible en équilibre, toute variation de pression en un point entraîne la
même variation de pression en tout autre point.
Supposons qu’au point G1 intervienne une variation de pression telle que celle-ci devienne
P+ ΔP1 .
ΔP1 étant un nombre algébrique. Calculons la variation de pression ΔP2 qui en résulte en G2.
Appliquons la relation fondamentale de l’hydrostatique entre G1 et G2 pour le fluide :
16
[Link] Chapitre II : Statique des fluides
Exemple :
Soit le vérin hydraulique ci-dessous (Figure 9). Le système étant en équilibre et les pistons
sont sur la même horizontale. Si on applique un effort F1 de 100 N sur le piston de la pompe,
calculer la charge qu'il est possible de soulever avec le vérin. On donne : D/d = 10.
Réponse :
Equilibre du vérin : F2 + Pa S − P2 S = 0
Equilibre de la pompe : F1 + Pa s − P1 s = 0
Z1 = Z2 et P1 = P2 d'où (F2 /S)=( F1/s)
donc
F2 = F1(D/d)2
F2 = 100 . 102 = 10 KN.
17
[Link] Chapitre II : Statique des fluides
P
P : Poids du corps
a- FA P b- FA P
La force FA , lorsque ce corps est immergé, a une intensité plus élevée que la force P exercée
sur le corps par la terre (cas b): il monte jusqu'au moment où ces deux forces auront la même
intensité, elles s'annulent ( FA P ) et le corps flotte. Notez que la force P peut avoir une
intensité plus élevée que FA (cas a), le corps ne monte pas, il a seulement un poids apparent
P FA f g V f (II.19)
P FA Papp (II.20)
18
[Link] Chapitre II : Statique des fluides
19
[Link] Chapitre II : Statique des fluides
(z -z)ds h.S
1
s
F = ρ g h S = PGeff (II.21)
La résultante des forces (poussée effective) exercée par un liquide sur une paroi
plane est égale au poids d'une colonne cylindrique de ce liquide ayant pour base la
surface pressée et pour hauteur la distance du centre de gravité de la paroi à la surface
libre du liquide.
Afin de faciliter la résolution, prenons comme référence la surface libre du fluide et comme
sens positif, l'axe vertical dirigé vers le bas. Nous aurons alors, d'après (figure II.13) :
20
[Link] Chapitre II : Statique des fluides
MF/Gy F .d dM / Gy x dF r g z x ds
s
21
[Link] Chapitre II : Statique des fluides
Réponse :
Dans le but de faciliter la résolution de cet exercice, faisons un changement de repère lié à la
porte AB (Figure II.15).
1- Chaque élément de surface dS est soumis à une force élémentaire dFR due à la pression du
fluide :
dFR = Pz [Link] = ρ g z dS = ρ g z W dy
L2
F R =rgW (H+y sinq )dy=r gW HL sin q
2
s
d'où finalement :
L
F R =r gWL H sin q
2
A.N :
FR = (999. 9, 81 .2 .1, 5. (3 + (1 ,5 /2). sin 25) = 97, 52 kN.
22
[Link] Chapitre II : Statique des fluides
2-Pour calculer la force à appliquer sur la porte pour qu'elle reste fermée, il faut considérer
l'équilibre de cette porte dans la position indiquée sur la figure. Nous pouvons alors annuler le
moment de la porte AB par rapport à A :
d
M F/ A
=0 FR d FB L FB
L
FR a
La résultante des forces FR étant connue, il faut alors déterminer son point d'application
(distance d). Pour cela, appliquons toujours une équation de moment par rapport à A des
forces élémentaires :
dM dFR / A
=M FR / A dFR y FR d
1 rgW
H .y y sin q dy
L L
d r g W H y sin q ydy 2
FR 0 FR 0
r g WL2 H L
d sin q
FR 2 3
H L L2
sin q
d 2 3
L
H sin q
2
A.N :
3.1, 5 1,52
sin 25
d 2 3 0, 774 m
1,5
3 sin 25
2
L H L
FB r g Wd H sin q r g WL sin q
2 2 3
AN :
3 3,5
FB 999.9,81.2.1,5 sin 25 50, 32 KN
2 3
23
[Link] Chapitre III : Dynamique des fluides parfaits incompressibles
24
[Link] Chapitre III : Dynamique des fluides parfaits incompressibles
m
temps t, par définition le débit-masse est : qm , unité : kg·s-1
t
Débit-volume :
Si v est le volume de fluide qui a traversé une section droite de la conduite pendant le
v
temps t, par définition le débit-volume est : qv , unité : m3·s-1
t
III.4 Equation de continuité
Considérons une veine d’un fluide incompressible de masse volumique ρ animée d’un
écoulement permanent.
Figure III.1: Schéma explicatif d’une veine d’un fluide incompressible [1].
On désigne par :
1) S1 et S2 respectivement la section d’entrée et la section de sortie du fluide à l’instant t.
2) S’1 et S’2 respectivement les sections d’entrée et de sortie du fluide à l’instant t’=(t+dt).
3) V1 et V2 les vecteurs vitesses d’écoulement respectivement à travers les sections S1 et S2 de
la veine.
4) dx1 et dx2 respectivement les déplacements des sections S1 et S2 pendant l’intervalle de
temps dt.
5) dm1 : masse élémentaire entrante comprise entre les sections S1 et S’1,
6) dm2 : masse élémentaire sortante comprise entre les sections S2 et S’2.
7) M : masse comprise entre S1 et S2.
8) dV1 : volume élémentaire entrant compris entre les sections S1 et S’1.
9) dV2 : volume élémentaire sortant compris entre les sections S2 et S’2.
25
[Link] Chapitre III : Dynamique des fluides parfaits incompressibles
dx1 dx
r1 S1 r2 S 2 2 r1 S1 V1 r2 S2 V2
dt dt
Exemple :
On veut accélérer la circulation d’un fluide parfait dans une conduite de telle sorte que sa
vitesse soit multipliée par 4. Pour cela, la conduite comporte un convergent caractérisé par
l’angle α (schéma ci-dessus).
S1 V2 p.R12 V2
S1V1 S 2V2
S2 V1 p.R22 V1
R1 V
1 2
R2 V2
26
[Link] Chapitre III : Dynamique des fluides parfaits incompressibles
R1 R2 R R
2) tga l
l 1 2
tg a
R1
R1
2 R1
A.N l tga l [Link] a 93,3 mm
Z1
P1, v1
Z2
P2, v2
27
[Link] Chapitre III : Dynamique des fluides parfaits incompressibles
v12 P v2 P (III.7)
gz1 1 2 gz2 2
2 2
Si on effectue la même démarche entre les différentes sections du tube de courant, on obtient :
v2 P (III.8)
gz Cte
2
L’équation (III.8) est l’équation de Bernoulli. Cette équation est une forme particulière du
théorème de la conservation de l’énergie mécanique d’un fluide en mouvement.
En divisant tous les termes de la relation (III.9) par g, on écrit tous les termes dans la
dimension d'une hauteur (pressions exprimées en mètres de colonne de fluide).
v2 P (III.9)
z H Cte
2g g
H : hauteur totale
P
: hauteur de pression
g
v2
: hauteur cinétique
2g
z : la cote.
P
z : hauteur piézométrique.
g
28
[Link] Chapitre III : Dynamique des fluides parfaits incompressibles
PA Pa r1 gh1
PB Pb r2 gh2
PA PB g (r1h1 r2 h2 )
Or PA = PB puisque les points A et B appartiennent au même fluide et sont situés
dans un même plan horizontal. Donc :
r1h1 r2 h2
Cette relation pratique permet, par exemple, de déterminer la masse volumique
inconnue ρ2 connaissant celle de l'autre liquide ρ1 ainsi que les hauteurs h1 et h2 qui
peuvent être facilement mesurées.
29
[Link] Chapitre III : Dynamique des fluides parfaits incompressibles
En mesurant la dénivellation h du liquide dans les deux tubes, on peut en déduire la vitesse v
d'écoulement du fluide.
D’où on tire :
1 1 1 (III.13)
PA PB 2 2 qv2 k qv2
2 SB S A
III.6.4 Diaphragmes
Il s'agit d'un disque percé en son centre, réalisé dans le matériau compatible avec le
liquide utilisé. Le diaphragme concentrique comprime l'écoulement du fluide, ce qui
engendre une pression différentielle de part et d'autre de celui-ci. Il en résulte une haute
pression en amont et une basse pression en aval, proportionnelle au carré de la vitesse
d'écoulement. C'est le dispositif le plus simple, le moins encombrant et le moins coûteux.
Domaine d'utilisation incompatible aux liquides contenant des impuretés solides car celles ci
peuvent s'accumuler à la base du diaphragme. Il introduit une perte de charge importante.
Les diaphragmes doivent être centrés exactement par rapport à la conduite et ils doivent
30
[Link] Chapitre III : Dynamique des fluides parfaits incompressibles
être implantés sur des parties rectilignes à une distance suffisante des coudes, piquages,
vannes, changement de section pour éviter les perturbations.
31
[Link] Chapitre III : Dynamique des fluides parfaits incompressibles
v2 2 gz (III18)
La vitesse d'écoulement est la même que la vitesse de chute libre entre la surface libre et
l'orifice, quelle que soit la masse volumique du liquide.
32
[Link] Chapitre III : Dynamique des fluides parfaits incompressibles
Exemple:
Un circuit hydraulique horizontal a les dimensions indiquées ([Link].8). Il comporte un
venturi, une prise de pression statique et une prise de pression double. Ces divers appareils
sont reliés à des manomètres à mercure. Les tubes de liaison aux manomètres sont remplis
d'eau.
D
2
S 2 2 1 1
v S
Qv v1 S1 v2
v1 S 2 D2
D’autre part, l'équation de Bernoulli entre ces deux points nous donne :
P1 P2 1 2
r
2
v1 v22 g z1 z2 0
On a z1 z2
33
[Link] Chapitre III : Dynamique des fluides parfaits incompressibles
2 4
P1 P2 1 v2 1 2 D1
v12 1 v1 1
r 2 v1 2 2
D
2( P1 P2 )
v1
4
r 1 1
D
D
2
Qv 0, 02613 m3 / s
2) L'équation de Bernoulli entre les points 2 et 3 nous donne (sachant que z2 = z3) :
P3 P2 1 2 r
r
2
v3 v22 0 P3 P2 v22 v32
2
l'équilibre du manomètre nous donne :
D3 D
Pa rm ghs Pg 3 r gh3 P3 r g r g z 3 P3 r gz
2 2
d'où :
P3 Pa r gz
hs
rm g
Il faut donc calculer la pression P3 pour pouvoir évaluer la dénivellation hs. Pour cela,
calculons d'abords les vitesses dans les différentes sections de la conduite :
34
[Link] Chapitre III : Dynamique des fluides parfaits incompressibles
P1 P0 1 2
v1 v02 0
r 2
et Qv S0 v0 S1v1 v0 v1 d ' ou : P0 P1
P2 P0 1 2 r
v2 v02 0 P2 P0 v22 v02
r 2 2
103
P2 1,5.10 5
2
3,327 2 1, 0862 P2 1, 45bar
r 2 103
P3 P2 v3 v2 1, 45.10
2 5
1,1292 3,327 2 P2 1, 482bar
2 2
En remplaçant ces valeurs dans l'expression de hs, nous aurons :
P4 P3 1 2
v4 v32 0
r 2
et Qv S 4 v4 S3v3 v4 v3 d ' ou : P4 P3
La condition d'équilibre dans la prise de pression double nous donne :
D3 D
( P4 r g ) r gh4 rm ghd P5 r g (hd h4 3 )
2 2
P4 rm ghd P5 r ghd
Pour calculer hd, il suffit maintenant de calculer la pression P5.
35
[Link] Chapitre III : Dynamique des fluides parfaits incompressibles
P5 P4 1 2
v5 v42 0
r 2
v5 0 ( po int d ' arret )
1 1
P5 P4 rv42 P3 rv32
2 2
et en remplaçant dans la relation précédente :
1
P3 rm ghd r ghd P3 r gv32
2
2
gv3 103.2,1292
hd 18,3mm
2 g (rm r ) 2.9,81(13600 1000)
Exemple :
La figure ci-dessous représente un jet d’eau horizontal qui frappe un obstacle à un débit
massique Qm=2 kg/s. L’obstacle provoque une déflexion du jet d’un angle β=120°.
36
[Link] Chapitre III : Dynamique des fluides parfaits incompressibles
On désigne par V1 la vitesse d’écoulement de l’eau en entrée de l’obstacle. Elle est portée par
l’axe X, V2 désigne la vitesse d’écoulement de l’eau en sortie de l’obstacle. Elle est portée par
une direction inclinée de l’angle β =120° par rapport à l’axe X.
On admettra que V1= V2 =3 m/s.
1) En appliquant le théorème d’Euler, donner l’expression vectorielle de la force F exercée
par le liquide sur l’obstacle en fonction de Qm, V1 et V2 ensuite calculer ses composantes Fx et
Fy.
2) Quel est son angle d’inclinaison α ?
Réponse :
1) la force F exercée par le liquide sur l’obstacle :
F ext
Qm (V2 V 1 ) F Qm (V2 V 1 )
Fx Qm . V 1 .(1 cos b )
1 cos b
F Qm V 1 .
0 sin b
Fy Q m . V 1 .sin b
Fx 2.3.(1 (0, 5)) 9 N
3
Fy 2.3. 5,19 N
2
2)L’angle d’inclinaison α :
Fy 5,19
tg a tga 0, 5773
Fx 9
a 30
37
[Link] Chapitre IV : Dynamique des fluides incompressibles réels
En utilisant des fluides divers (viscosité différente), en faisant varier le débit et le diamètre de
la canalisation, Reynolds a montré que le paramètre qui permettait de déterminer si
l'écoulement est laminaire ou turbulent est un nombre sans dimension appelé nombre de
Reynolds et donné par :
rVD VD
Re (IV.1)
m n
Avec :
: masse volumique du fluide, V : vitesses moyenne, D : diamètre de la conduite, : viscosité
dynamique du fluide, : viscosité cinématique.
Dans le cas général, Re peut s’écrire de la manière suivante :
rV 2
Re L
mV (IV.2)
L2
Avec L : Dimension caractéristique (en m) du phénomène :
diamètre pour une conduite (de section circulaire le plus souvent), diamètre
hydraulique,
dimension jugée la plus pertinente pour une conduite ou un obstacle de forme
quelconque,
abscisse depuis le bord d'attaque pour une plaque plane ou un profil d'aile.
38
[Link] Chapitre IV : Dynamique des fluides incompressibles réels
Le nombre de Reynolds est donc le rapport entre forces d'inertie et forces visqueuses.
Aux faibles valeurs du Reynolds (Re < 2000), la viscosité à une grande importance
par rapport aux forces d’inertie, l’écoulement est dit : laminaire.
Aux fortes valeurs du Reynolds (Re> 3000), les forces d'inertie sont si importantes
que l'écoulement devient turbulent :
3000 < Re < 105 l’écoulement est turbulent lisse.
Re> 105 l’écoulement est turbulent rugueux.
Aux valeurs intermédiaires du Reynolds (2000 < Re < 3000), les forces d'inertie sont
prépondérantes, on parle de régime transitoire.
Exemple :
Déterminer le régime d'écoulement dans une conduite de 3 cm de diamètre pour:
1) De l'eau circulant à la vitesse v=10,5 m/s et de viscosité cinématique 1.10 - 6 m2/ s
2) Du fuel lourd à 50 °C circulant à la même vitesse (Viscosité cinématique 110.10 - 6 m2/ s
3) Du fuel lourd à 10 °C circulant à la même vitesse (Viscosité cinématique 290.10 - 6 m2/s.
Réponse :
1) On calcule le nombre de Reynolds :
VD
Re
n
10,5.0, 03
Re 315000 100000
1.106
donc l’écoulement est turbulent rugueux.
10,5.0, 03
2) Re 110.106 2863, 63 :2000 Re 100000
39
[Link] Chapitre IV : Dynamique des fluides incompressibles réels
entre elles, mais pas une longueur et une masse par exemple. Mathématiquement, cette
déclaration est fondée sur le théorème de Vaschy-Buckingham. L'analyse dimensionnelle est
ainsi à la base des systèmes d'unités naturelles. L'analyse dimensionnelle est utilisée
particulièrement en physique, en chimie et en ingénierie, elle permet notamment de vérifier a
priori la possibilité d'une équation ou du résultat d'un calcul et elle est utile pour formuler des
hypothèses simples sur les grandeurs qui gouvernent l'état d'un système physique avant qu'une
théorie plus complète ne vienne valider ces hypothèses.
Enoncé du théorème de Vaschy-Buckingham :
Soit a1, a2, a3,….an des quantités physiques, dont les (p) premières sont rapportées
à des unités fondamentales distinctes et les (n-p) dernières à des unités dérivées des (p)
unités fondamentales (par exemple a1 peut être une longueur, a2 une masse, a3un
temps, et les (n-3) autres quantités a4, a5,….an seraient des forces, des vitesses, etc.;
alors p=3). Si entre ces quantités il existe une relation : F (a1, a2, a3,….an)=0 qui
subsiste quelles que soient les grandeurs arbitraires des unités fondamentales, cette
relation peut se ramener à une autre en (n-p) paramètres au plus, soit :
f(x1, x2, x3,….xn-p ) = 0.
Les paramètres x1, x2, x3,….xn-p étant des fonctions monômes de a1, a2, a3,…an (c'est-à-
dire :
a11 x1 a12 x2 ....a1n xn b1
a21 x1 a22 x2 ....a2 n xn b2
(IV.3)
.
.
a p1 x1 a p 2 x2 ....a pn xn bp
Le système (IV.3)peut aussi s’écrire sous la forme matricielle suivante :A.x=b avec :
40
[Link] Chapitre IV : Dynamique des fluides incompressibles réels
p1 x1a11 x2a12 ....x p1 p x p1
a
p2 x1a21 x2a22 ....x p2 p x p2
a
(IV.5)
.
p x
a p1 a p 2
x x
a pp
p 1 2 .... p x pn p
Les nombres (1, …, n−p) sont sans dimensions (M0, L0, T0). On identifie les
dimensions des paramètres x1, …, xp, et on résout le système des (n–p) équations
linéaires afin de trouver les nombres (1, …, n−p).
Exemple :
Le volume V d'une sphère ne dépend que de son rayon R . Il vérifie donc une équation
a b
Pour trouver la fonction f, il faut trouver un couple a , b tel que ( V R 1 ).
V 1
Soit : L L L On peut prendre a , b 1, 3 la fonction f s'écrit alors f R3 ,R 0 .
3a b 0
V
On retrouve le résultat R 3 A est une constante sans dimension (dont la valeur est 3p ).
4
41
[Link] Chapitre IV : Dynamique des fluides incompressibles réels
P : représente l’ensemble des pertes de charges entre (1) et (2) exprimées en Pa.
Les pertes de charges entre le point 1 et 2 d’un circuit hydraulique ont pour origine :
Les frottements du fluide sur la paroi interne de la tuyauterie ; on les appelle pertes de
charge régulières, systématiques, linéaires. Ce type de pertes de charges est donné
par la relation suivante :
V 2 L
P (IV.7)
2 D
La résistance à l'écoulement provoquée par les modifications de parcours (coudes,
élargissements ou rétrécissement de la section, organes de réglage, etc.) ; ce sont les
pertes de charge singulières. Ce type de pertes de charges existe même pour le cas
d’un fluide parfait. Elles sont données par l’équation suivante :
V 2
P K (IV.8)
2
Avec :
ε : rugosité de la surface interne de la conduite (mm).
L'utilisation directe de cette formule demanderait, du fait de sa forme implicite, un calcul par
approximations successives ; on emploie aussi en pratique des représentations graphiques
(Diagramme de Moody).
42
[Link] Chapitre IV : Dynamique des fluides incompressibles réels
Exemple :
Une huile de densité 0,850 et de viscosité dynamique 0,10104 Pa.s circule dans un tuyau de
fonte lisse de longueur L = 3000 m, de diamètre D = 30 cm, avec un débit Q = 44 l/s. Quelle
est la perte de charge dans ce tuyau.
Réponse :
La vitesse moyenne est donnée par :
4Q 4.44.103
V 0, 622m / s
pD2 3,14.0,32
Le nombre de Reynolds :
rVD 850.0, 622.0, 3
Re 1570
m 0,10104
avec :
43
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W12 : travail échangé entre le système (1 kg de fluide) et le milieu extérieur par l'intermédiaire
de l'arbre de la machine:
W12> 0 si le fluide reçoit de l'énergie de la machine (pompe),
W12 < 0 si le fluide fournit de l'énergie à la machine (turbine),
W12= 0 s'il n'y a pas de machine entre (1) et (2),
K : le coefficient de pertes de charge singulières,
2
v2
g P K
1 2 : La perte de charge totale.
La puissance dissipée s'exprime donc par la relation :
Pd r gPQv [W]
Exemple :
De l’huile ayant une viscosité dynamique μ = 0,7 Pa.s et une densité d=0,896 est pompée
d’un point A vers un point L.
Elle circule dans une canalisation de diamètre d=100 mm formée des six tronçons rectilignes
suivants:
* AB de longueur 6 m,
* CD de longueur 12 m,
*EF de longueur 5 m,
*GH de longueur 4 m,
* IJ de longueur 7 m,
* Kl de longueur 8 m.
La canalisation est équipée :
*de deux coudes à 45 0 : BC, DE: ayant chacun un coefficient de perte de charge K coude 45=0,2
*de deux coudes à 900 : FG, JK: ayant chacun un coefficient de perte de charge K coude 90 =0,3
[Link] Chapitre IV : Dynamique des fluides incompressibles réels
*d’un coude à 1800 HI: ayant un coefficient de perte de charge K coude 180=0,4.
La pression d’entrée est PA=3 bars. La conduite est supposée horizontale et transporte un
débit volumique Qv=2.5 l/s. Travail demandé :
1) Calculer la vitesse d’écoulement V en m/s.
2) Calculer le nombre de Reynolds.
3) déduire la nature de l’écoulement.
4) Déterminer le coefficient de perte de charges linéaire λ.
5) Calculer les pertes de charges linéaires ΔPlinéaire.
6) Calculer les pertes de charges singulières ΔP singulière.
7) Déterminer la pression de sortie PL.
8) Quelle sera la pression de sortie PL’ si le débit volumique Qv atteint 5 L/s.
Réponse :
1) la vitesse d’écoulement :
4Q 4.2,5.103
V 0,318m / s
pd 2
3,14.0,12
2) le nombre de Reynolds :
rVD 896.0,318.0,1
Re 40, 7
m 0, 7
rV 2 L 896.0, 3182 42
Plinéare l 1, 57 . 29873,16 Pa
2 D 2 0,1
6) les pertes de charges singulières ΔP singulière :
r.V 2 896.0,3182
Psin guliére K . (2.0, 2 2.0,3 0.4). 63, 42 Pa
2 2
7) la pression de sortie PL :
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Bibliographie
Bibliographie
[7]Mécanique des Fluides, Stéphane Ravier -Matthieu Rigaut, Ecole Normale Supérieure de
Lyon, janvier 2000.
[8] Mécanique des fluides théories et applications, Elguerri Mohamed, Universite Ibn
Khaldoun de Tiaret 2014.
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