REPARTITION DES SCENES
La délimitation des scènes se base essentiellement sur l’entrée et la
sortie des personnages selon le tableau suivant :
Scènes Personnages Pages
Scène 1 Le Prologue PP 9-13
Scène 2 Antigone, la PP13-21
Scène 3 nourrice PP 22-31
Scène 4 Antigone, Ismène. PP 31-36
Scène 5 Antigone, la PP 37- 44
Scène 6 nourrice. PP 45-46
Scène 7 Antigone, Hémon. PP46- 53
Scène 8 Antigone, Ismène. PP 53-55
Scène 9 Créon, le garde. PP 55- 60
Scène 10 Le Chœur PP 60-64
Scène 11 Le Garde, Antigone PP 64- 97
Scène 12 Antigone, Créon , PP 97-99
Scène 13 les gardes PP 99-100
Scène 14 Créon, Antigone PP-100-
Scène 15 Antigone, Ismène 106
Scène 16 Le Chœur, Créon PP 106-
Scène 17 Hémon, Créon, le 118
Scène 18 Chœur PP 118-
Antigone, le garde 119
Le Chœur, le PP119-122
messager PP 122-
Le Chœur, Créon, le 123
page
Le Chœur, les
gardes
PREMIERE DE COUVERTURE
Elle est dominée par la couleur rouge qui renvoie au sang et
qui annonce d’emblée l’univers tragique de la pièce. Tout en haut
figure le nom de l’auteur. Le nom et le prénom, en marron sur
fond blanc, sont écrits en lettres majuscules, mais le premier en
caractère gras et le second en maigre. Le titre de l’œuvre est écrit
en marron sur fond rouge, en majuscules et en gras pour attirer
l’attention du lecteur. L’illustration présente deux ombres de
forme humaine qui réfèrent aux deux principaux personnages :
Créon et Antigone. Créon est crayonné de manière à mettre en
évidence sa supériorité (silhouette imposante, geste exprimant
l’ordre, etc.) Antigone, quant à elle, offre l’idée d’une fille maigre
et petite de taille par rapport à son interlocuteur. Le dessin
suggère, par anticipation, l’inégalité du combat qui va opposer les
deux protagonistes et qui tournera logique-ment en faveur du plus
fort. Tout en bas figure le nom de la maison d’édition, La Table
Ronde. Il est écrit en caractères maigres en marron sur fond
blanc.
LE PROLOGUE
RESUME
Le prologue présente les personnages qui vont jouer la pièce et les
décrit brièvement. Antigone, en sa qualité d’héroïne, passe en
premier. Viennent ensuite Ismène, Hémon, Créon, le petit page,
la reine Eurydice et la nourrice.
Au terme de son discours, le Prologue procède à un bref rappel de
certains événements indispensables à la compréhension de
l’histoire. Il insiste sur des faits saillants tels que la mort des
deux frères d’Antigone, les funérailles dignes d’un héros
accordées à Etéocle et le cruel châtiment infligé à Polynice
condamné à pourrir sous les yeux horrifiés de Thèbes.
L’univers tragique est mis en place. Tout laisse supposer que le
dénouement ne sera pas heureux pour l’implacable Antigone qui
défend farouchement ses convictions au risque de s’attirer les
foudres du roi.
AXES DE LECTURE
I- L’exposition
D’habitude, les faits antérieurs à l’action sont présentés par les
personnages dans un dialogue artificiel destiné à informer le
public. Anouilh n’ adopte pas ce procédé classique ; il confie la
tâche de l’exposition au prologue, un personnage qui figure
également dans Antigone de Sophocle. L’ambiance de la tragédie
est annoncée dès le début à l’aide de termes ayant trait à la
mort :
- Elle pense qu’elle va mourir .
- Elle tricotera pendant toute la tragédie jusqu’à ce que son tour
vienne de se lever et mourir .
- C’est le messager. C’est lui qui viendra annoncer la
mort d’Hémon tout à l’heure.
- Quiconque osera lui rendre les devoirs funèbres sera
impitoyablement punis de mort.
Le prologue souligne l’écart existant entre les protagonistes de
la tragédie classique et celle d’Anouilh. A part Antigone présentée
comme une jeune fille grave et pensive, les autres personnages se
singularisent par leur extrême banalité. Par ailleurs, le texte
d’ouverture foisonne d’indices qui traduisent le souci
d’innovation qui anime l’auteur et dont nous verrons quelques
exemples dans le troisième axe.
II- Antigone
De tous les personnages, Antigone se distingue déjà comme un
être à part. Elle n’est pas belle comme la plupart des héroïnes,
mais elle jouit d’une grande force de caractère. Le nom qu’elle
porte et qui contient les lettres du mot AGONIE la prédestine à
une fin tragique explicitement soulignée par le Prologue :
- Mais il n’ y a rien à faire. Elle s’appelle Antigone et il va falloir
qu’elle joue son rôle jusqu’au bout.
La jeune fille qui tiendra tête à Créon un peu plus loin est
présentée dans une position méditative :
« Elle ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. »
Elle est conscient de la mission difficile qui l’attend, mais elle
est prête à l’accomplir à tout prix:
« Elle s’appelle Antigone et il va falloir qu’elle joue son rôle
jusqu’au bout. »
La petite maigre, noiraude et renfermée s’oppose en tout à sa
sœur Ismène qui incarne le modèle de la beauté féminine : la
blonde, la belle, l’heureuse Ismène. Son physique n’a donc rien à
voir avec le corps de charme traditionnellement prêté aux
héroïnes des tragédies.
III- L’originalité d’Anouilh
Anouilh transforme le Prologue, personnage grave souvent
incarné par un dieu dans la tragédie antique, en personnage tout à
fait ordinaire qui sait lire dans la souffrance des hommes. Il
compose sa pièce en prose et non en vers comme c’est le cas de la
tragédie classique. D’autres nouveautés se remarquent dans cette
première scène telles que le fréquent usage des anachronismes [1],
(Gardes qui portent des chapeaux et qui jouent aux cartes,
Eurydice qui tricote…), le langage familier et la considération
d’Antigone comme un personnage démythifié, c’est-à-dire
comme qui n’a rien à voir avec la grandeur tragique des héroïnes
antiques.
SCENE II (PP 13-21)
LA NOURRICE ET ANTIGONE
RESUME
Antigone rentre chez elle. Elle est surprise par sa nourrice qui
l’accable de questions pour savoir d'où elle vient à une heure aussi
matinale. La jeune fille lui confie finalement qu’elle s’est rendue à
un rendez-vous galant, un aveu qui irrite visiblement le vieille
femme. Mais Antigone plaisante. La raison pour laquelle elle a
quitté son domicile est toute autre. Nous devinons déjà de quoi il
s’agit.
AXES DE LECTURE
I-Une abondance de familiarités
Anouilh se démarque de Sophocle par l’usage d’un langage
familier utilisé d’habitude dans les comédies. Ce choix permet
d’insérer des moments de détente dans une pièce dominée par un
cortège de suicides :
- Et ça vous répond qu’on la laisse, ça voudrait qu’on ne dise rien.
- Ah, c’est du joli ! c’est du propre !
- Allons ma vieille pomme rouge.
-Tu en auras encore besoin nounou.
II- Rêveries et réalisme
La scène qui réunit Antigone et sa nourrice révèle quelques traits
de caractère des deux personnages. La première, encore sous
l’effet de la beauté de la nature du petit matin s’abandonne à de
lointaines rêveries. Son langage, presque poétique, contient de
nombreuses images qui trahissent son extrême sensibilité :
- C’est vrai, c’était encore la nuit.(…)C’est merveilleux nourrice.
J’ai cru au jour aujourd’hui.
- Dans les champs, cela était mouillé et cela attendait.(…) Alors j’ai
enlevé mes sandales et je me suis glissée dans la campagne sans
qu’elle s’en aperçoive .
La nourrice, quant à elle, reste profondément attachée au réel.
En guise de réponse aux évocations poétiques d’Antigone, elle
répond : Il va falloir te laver les pieds avant de te mettre au lit.
SCENE III ( PP22-31)
ANTIGONE, ISMENE
RESUME
Antigone et Ismène abordent une conversation qui porte sur un
sujet très sérieux. Les deux sœurs s’opposent pratiquement en
tout, mais cette différence n’influe guère sur l’affection qu’elles
nourrissent l’une pour l’autre. Antigone révèle son intention
d’enterrer le corps de Polynice malgré le décret royal. Ismène
tente de la dissuader mais sans résultat.
AXES DE LECTURE
I- La blonde et la noiraude
Ismène jouit d’une grande beauté. Antigone, quant à elle, est
affligée d’un physique ingrat qui ne lui attire pas l’admiration des
hommes. Ce constat se remarque également dans le portrait moral
des deus personnages.
I-1- Ismène
Ismène essaie de convaincre sa sœur de revenir sur sa décision.
Elle évoque son droit d’ainesse et rappelle sans cesse qu’elle est la
plus sage : « Je réfléchis (…) J’ai raison plus souvent que toi »
Mais ces arguments ne donnent rien. Alors, elle exprime la peur
qui s’emapre d’elle pour attendrir Antigone qui reste sourde à ses
supplications : Moi, tu sais, je ne suis pas très courageuse (…) Ils
nous hueront… Ils nous cracheront au visage (…) Il est le roi, il
faut qu’il donne l’exemple (…) Il est plus fort que nous
Antigone…
I-2- Antigone
Antigone a une seule idée en tête et elle compte la mettre en
pratique coûte que coûte. Elle rejette en bloc les justifi-cations de
sa sœur et se montre fermement résolue à aller jusqu’au bout du
défi qu’elle a lancé à Créon : Il y a des fois où il ne faut pas trop
réfléchir.(…) Toujours comprendre. Moi, je ne veux rien
comprendre.(…) Lui, il doit nous faire mourir, et nous , nous
devons aller enterrer notre frère.
I-2- Une lutte contre les adultes
Pour toute réponse aux arguments d’Ismène, Antigone évoque ce
qu’elle a enduré dans son enfance à cause des adultes. Ces
souvenirs douloureux la conforte dans l’ affrontement du roi,
l’autorité suprême de Thèbes : Quand j’étais petite, j’étais très
malheureuse.(…)Il fallait comprendre qu’on ne peut toucher l’eau.
Il fallait comprendre qu’on ne doit pas tout manger à la fois…
SCENE IV (PP 31-36)
ANTIGONE, LA NOURRICE
RESUME
Antigone qui a explosé de colère face à Ismène se montre très
calme en présence de sa nourrice. Elle se confie corps et âme à la
vieille femme pour être réconfortée. Au fil des répliques, la jeune
fille dévoile partiellement son projet, mais la nourrice ne saisit pas
le sens caché de ses propos. Le mystère l’inquiète énormément.
Comme d’habitude, elle réagit dans un langage familier et prouve
encore une fois qu’elle est complètement dépassée par les
événements.
AXES DE LECTURE
I- Souffrance et réconfort
Antigone évoque son passé dominé par la peur, l’obscurité et
les interdits. Mais la nourrice qui s’est chargée de son éducation
après la mort de Jocaste veillait constamment sur elle et la
protégeait contre tous les dangers. L’épanchement [2] de la jeune
fille trahit son extrême sensibilité et son besoin d’affection.
D’ailleurs, le fait de s’attacher encore à la nourrice est la preuve
qu’elle se considère encore comme une enfant : Nounou plus forte
que le cauchemar, plus forte que l’ombre (…) plus forte que les
mille insectes (…) plus forte que la nuit elle-même (…)- Nounou
plus forte que la mort.
II- Les signes avant-coureurs de la tragédie
Antigone change subitement d’attitude. Elle devient sombre et
pensive. Nous comprenons, à la lumière des informations fournies
précédemment, qu’elle se prépare à exécuter sa menace d’enterrer
son frère. Elle est consciente que son acte lui attirera de graves
conséquences ainsi qu’ à ceux qui l’entourent. La nourrice, un
personnage plus proche de la comédie que de la tragédie, ne
comprend rien aux allusions de sa protégée qui sonnent comme
les propos d’un triste adieu. Tout laisse donc présager que le
mécanisme tragique ne tardera pas à se déclencher.
SCENE V (PP 37-44)
ANTIGONE, HEMON
RESUME
Antigone et Hémon se réconcilient après une dispute
amoureuse. La jeune fille profite de ce retour à la normale pour
demander à son fiancé s’il l’aime vraiment, et s’il ne regrette pas
de l’avoir choisie au lieu d’Ismène. Après lui avoir avoué qu’elle
est prête à se donner à lui sans la moindre hésitation, elle lui fait
jurer de ne poser aucune question sur la décision qu’elle a prise
et qui consiste à se séparer de lui. La dimension tragique réside
tout entière dans le sens du verbe « se séparer » différemment
compris par les deux personnages.
AXES DE LECTURE
I- Une extrême sensibilité
En présence de son fiancé, Antigone fait montre d’une
grande douceur. Elle se détache de l’enfance où elle s’est
toujours réfugiée et se comporte désormais en femme mûre et
responsable qui déborde de maternité . L’amour réussit là où
échouent les hommes :
- Elle se sert contre lui un peu plus fort.(…)Et serre-moi plus fort
que tu ne m’as jamais serrée. Que toute ta force s’imprime dans
moi.(…) Oh, je l’aurais serré si fort qu’il n’aurait jamais eu peur.
(..) Notre petit garçon, Hémon ! Il aurait eu une maman toute
petite.(…) Et tu crois aussi, n’est-ce pas, que toi tu aurais eu une
vraie femme ?(…) Oh ! Tu m’aimais , Hémon, tu m’aimais, tu en
es bien sûr ce soir là ?(..) Tu es bien sûr qu’à ce bal où tu es venu tu
ne t’es pas trompé de jeune fille ?(…) Tu m’aimes n’est-ce pas ?
II- Le déclenchement du mécanisme tragique
Antigone se montre plus résolue que jamais à accomplir sa
mission. La manière dont elle parle à son fiancé est la preuve que
l’exécution de son plan est proche. En blessant la sensibilité
d’Hémon, elle assène un premier coup douloureux à Créon, son
père.
- Voilà, maintenant, je vais te dire encore deux choses. Et quand je
les aurais dites, il faudra que tu sortes sans me questionner .
Même si elles te paraissent extraordinaires, même si elle te font de
la peine. Jure-le moi.(…) C’est la dernière folie que tu auras à me
passer.(…) Je vais te faire de la peine , ô mon chéri pardon ! Sors,
sors tout de suite sans rien dire .(…) Pas maintenant, pars vite. Tu
le sauras demain.
SCENE VI (PP 45- 46)
ANTIGONE, ISMENE
RESUME
Ismène tente de raisonner sa sœur pour qu’elle renonce à sa folie,
mais Antigone se montre inflexible. Avant de quitter son aînée,
elle lui apprend qu’elle a déjà accompli son acte. Elle a enfreint le
décret de Créon en enterrant Polynice. Il n’ y a plus rien à faire.
AXES DE LECTURE
I- Mission accomplie
Antigone a fait allusion, de manière implicite, à son acte dans sa
conversation avec la nourrice et avec Hémon. Dans son dialogue
avec Ismène, elle le révèle pour la première fois. C’est le signe que
la machine infernale a bel et bien été mise en marche :
- Antigone s’est levée, un étrange sourire sur les lèvres, elle va
vers la porte et du seuil, doucement, elle dit : C’est trop tard.
Ce matin, quand tu m’as rencontrée, j’en venais.
Antigone et le corps de Polynice.
II- Les arguments affectifs
Ismène essaie d’abord de convaincre sa sœur en visant sa
raison. Mais Antigone n’est pas le genre de fille à réfléchir aux
conséquences d’une décision prise avec conviction. Alors l’aînée
s’adresse à sa cadette en développant une argumentation basée sur
les sentiments : Nous sommes tous là autour de toi, Hémon,
nounou, et moi et Douce, ta chienne…Nous t’aimons et nous
sommes vivants, nous, nous avons besoin de toi. Cette approche,
elle non plus, ne donne aucun résultat.
SCENE VII (PP 46-53)
CREON, LE GARDE
RESUME
Jonas, le garde, informe Créon que le cadavre de Polynice a été
couvert de terre. Hors de lui, le roi donne des ordres pour qu’on
retrouve immédiatement celui qui a osé enfreindre sa loi. Mais le
maître de Thèbes retrouve peu à peu son calme. Il enjoint au
garde de ne pas divulguer le secret et le menace de mort en cas de
désobéissance.
AXES DE LECTURE
I- Le bouffon de la tragédie
Le garde s’avère dès sa première apparition un personnage
plus proche de la comédie que de la tragédie. Son langage
familier, parfois vulgaire, son attitude risible [4] et la peur
panique qui le prend devant le roi le transforme en bouffon. Sa
lâcheté contraste vivement avec son métier de soldat qui le
destine au maniement des armes et à l’affrontement de l’ennemi :
- On n’a pas parlé chef, je vous le jure.(…) Si on parle, ce sera les
autres, ça ne sera pas moi.(…) Chef, j’ai deux enfants.
Le comique de répétition provoqué par les occurrences du mot
« chef » achève le portrait caricatural du personnage.
II- Un roi autoritaire
Créon se sent personnellement visé par le défi qui lui a été
lancé. Ses réactions exprimées sur un ton coléreux trahissent
son caractère de chef autoritaire soucieux de préserver son
pouvoir contre toutes sortes menaces : Qui a osé ? Qui a été
assez fou pour braver ma loi ? (…) Ecoute bien. Votre garde est
doublée.(…)Renvoyez la relève. Voilà l’ordre. (…) Et pas un mot.
Vous êtes coupable de négligence, vous serez punis de toute façon.
(…) A qui avez-vous déjà parlé de cette affaire ?
SCENE VIII (PP 53-55)
LE CHŒUR
RESUME
Le Chœur explique au public les différences qui existent entre
la tragédie et la comédie, deux genres dramatiques
diamétralement opposées. Dans son intervention, il procède à une
sorte d’autopsie morale de l’héroïne qui « va pouvoir être elle-
même pour la première fois. »
AXES DE LECTURE
I- Tragédie et drame
La tragédie est une véritable bombe qui peut se déclencher à
tout moment. Il suffit d’un rien pour que le mécanisme de mise à
feu s’active : On donne le petit coup de pouce pour que cela
démarre, rien, un regard pendant une seconde à une fille qui passe
et lève les bras dans l’air, une envie d’honneur, un beau matin, au
réveil, comme de quelque chose qui se mange, une question de
trop qu’on se pose un soir…c’est tout. Le drame, quant à lui, met
en scène des personnages divisés en deux catégories opposées : les
Bons et les Méchants. Sa fin est heureuse, chose qui arrange fort
bien le public. Il présente un monde peint en couleurs optimistes
où l’on continue à s’accrocher à l’espoir : Dans le drame, avec
ces traîtres, avec ces méchants acharnés, cette innocence
persécutée, ces vengeurs, ces terre-neuve….(…) On aurait peut-
être pu se sauver, le bon jeune homme aurait peut-être pu arriver à
temps avec les gendarmes.(…) Dans le drame, on se débat parce
qu’on espère s’en sortir.
SCENE IX (PP 55-60)
LE GARDE, ANTIGONE
RESUME
Antigone est surprise en train de couvrir de terre le corps de
Polynice. Elle informe les gardes qu’elle est la fille d’Œdipe, mais
les rustres ne la croient pas. Ils se moquent d’elle et la traitent
avec rudesse comme une vulgaire vagabonde.
AXES DE LECTURE
I- Des personnages de drame
Les gardes n’ont pas leur place dans la tragédie définie
précédemment comme un art noble et propre parce qu’ils sont
sales et égoïstes. Leur langage vulgaire souligne la bassesse de leur
condition caractérisée par la lâcheté et la cupidité :
- Moi, je ne connais que la consigne.(..) - La fille d’Œdipe, oui ! Les
putains qu’on ramasse à la garde de nuit ,elles disent aussi de se
méfier.(…) Et c’est qu’elle se débattait la garce.
Les autres défauts des gardes ( mauvais pères, ivrognes et
hommes lubriques [5]…) illustre bien la définition du drame
donnée par le cœur : c’est un genre « ignoble ».
II- L’importance de la scène
Le récit du garde permet aux spectateurs de découvrir
certaines informations nécessaires à la compréhension de
l’intrigue : retour d’Antigone auprès du cadavre de son frère, son
arrestation par les gardes, sa résistance, etc.
- Elle était là à gratter comme une petit hyène.(…) Elle se débattait
la garce quand j’ai voulu la prendre.
- C’est qu’elle voulait me sauter aux yeux.(…) Elle criait qu’il
fallait qu’elle finisse.
SCENE X (PP 60-64)
ANTIGONE, CREON, LES GARDES
RESUME
Antigone est emmenée devant Créon. Ce dernier pense d’abord
qu’il s’agit d’une erreur et menace les gardes des pires
châtiments. Mais la jeune fille reconnaît son « crime » sans la
moindre hésitation. Le roi essaie de la protéger ; il enferme les
gardes et ordonne au page de les surveiller de près.
AXE DE LECTURE
I- L’interrogatoire
Antigone et Créon se trouvent face à face. La présence des
gardes oblige le maître de Thèbes à agir en roi et non en parent de
l’accusée. Il se comporte d’abord comme un homme de loi qui
cherche à confirmer les faits. Il commence donc par interroger les
gardes :
- Sais-tu bien ce que tu es en train de dire, toi ? C’est vrai ?
Ensuite, il s’entretient avec Antigone. Les réponses de cette
dernière dissipent définitivement ses doutes :
- Oui, c’est vrai ; Oui, c’était moi.
Créon se trouve dans une situation très difficile. Doit-il agir
en roi ou en oncle envers Antigone ? Finalement, il opte pour la
deuxième alternative :
- Conduis ces hommes à côte petit. Et qu’il restent au secret jusqu’à
ce que je revienne les voir.
SCENE XI ( PP 64-97)
CREON, ANTIGONE
RESUME
Créon fait tout ce qui est en son pouvoir pour sauver Antigone,
mais cette dernière continue à reconnaître sa culpabilité avec
entêtement. Pour montrer à sa nièce que son acte est absurde, le
roi lui révèle certains secrets de famille particulièrement
choquants qui trahissent l’horreur du monde politique.
Profondément touchée par ces déclarations, Antigone s’apprête à
se retirer quand Créon prononce le mot « bonheur ». En
l’entendant, elle se révolte contre la vie médiocre que lui promet
son oncle qui tente vainement de la réduire au silence.
AXES DE LECTURE
I- La fille d’Œdipe
Antigone n’aime pas les compromis. Elle veut assumer
pleinement les conséquences de son acte. Elle n’implore pas une
seule fois la pitié ou la clémence du redoutable roi :
- Je le devais ; Je le devais tout de même ; Oui, je le savais.
Cette attitude obstinée rappelle à Créon le tempérament
inflexible d’Œdipe qui a tenu à assumer son destin tragique
jusqu’au bout :
- Tu as peut-être cru que d’être la fille d’Œdipe, la fille de l’orgueil
d’Œdipe , c’est assez pour être au-dessus de la loi.
- Orgueilleuse ! Petite Œdipe ! L’orgueil d’Œdipe ! Tu es l’orgueil
d’Œdipe.
II- La volonté de s’affirmer
Antigone avoue à Créon qu’elle a défié sa loi uniquement pour
se prouver qu’elle est libre, libre de faire ce qu’elle veut même si
cette liberté peut lui attirer les pires ennuis :
- Pour personne, pour moi ; Faites comme moi, faites ce que vous
avez à faire.
- Moi, je n’ai pas dit « oui ». Moi je peux dire « non » encore à
tout ce que je n’aime pas et je suis seul juge ; Je suis là pour vous
dire non et pour mourir.
III- La politique
Le monde politique incarné par Créon est décrit comme étant
sale, impitoyable et répugnant. Les décisions prises par ceux qui
gouvernent ne jouent que sur les apparences. Elles cachent la
vérité au peuple pour réaliser d’horribles desseins.
- Mais pour que les brutes que je gouverne comprennent, il faut que
cela pue le cadavre de Polynice.
- On tire dans le tas sur le premier qui s’avance. Dans le tas ! Cela
n’a pas de nom.
- J’ai envie de faire un héros de l’un d’eux (…) J’ai fait ramasser
un des corps, le moins abîmé des deux, pour mes funérailles
nationales.
Ces tristes aveux ravivent la colère d’Antigone qui affronte
Créon, les yeux plissés de dégoût . Pour elle, la politique n’est rien
d’autre qu’une cuisine sordide où l’on prépare les complots les
plus odieux :
- Non, je ne me tairai pas.(…) Tu veux me faire taire cuisinier ?
(…) Pourquoi veux-tu me faire taire ? Vous me dégoûtez avec votre
bonheur.(…) Vous avez des têtes de cuisiniers . (…)Tu m’ordonnes
cuisinier ? Tu crois que tu peux m’ordonner quelque chose ?
Allons, vite cuisinier , appelle tes gardes.
SCENE XII (PP 97-99)
ISMENE ANTIGONE
RESUME
Ismène change d’opinion. Elle se confond en excuses et se montre
prête à mourir avec Antigone. Mais cette dernière rejette son
sacrifice pour ne pas l’impliquer dans une affaire qui la dépasse.
Cependant, l’héroïne se sent plus forte dans son combat contre
Créon. Elle vient de gagner le soutien d’une première alliée.
AXES DE LECTURE
I- Une intervention timide
Ismène, une jeune fille connue pour être peu courageuse,
change subitement d’attitude. Pourquoi ? sans doute parce qu’elle
craint la solitude à laquelle elle sera condamnée après la mort
d’Antigone. Ce n’est donc pas précisément un acte de bravoure,
mais une autre manifestation de la peur qui l’a toujours hantée :
- Antigone, pardon ! Antigone, tu vois, je viens , j’ai du courage.
J’irai maintenant avec toi. Si vous la faites mourir, il faudra me
faire mourir avec elle !
- Si vous la faites mourir, il faudra me faire mourir avec elle !
- Je ne veux pas vivre si tu meurs, je ne veux pas rester sans toi.
II- Une attitude intransigeante
Antigone réagit violemment face à sa sœur. Elle refuse de
l’associer à son défi parce que les héroïnes tragiques préfèrent
mourir seules, sans partager leur gloire avec autrui.
- Ah ! non. Pas maintenant. Pas toi !
- Tu as choisi la vie et moi la mort . Laisse-moi maintenant avec tes
jérémiades.
- C’est moi, moi seule. Tu ne te figures pas que tu vas mourir avec
moi maintenant .
- Il fallait y aller ce matin, à quatre pattes, dans la nuit . Il fallait
aller gratter la terre avec tes ongles pendant qu’ils étaient tout près
et te faire empoigner par eux comme une voleuse.
III- Le verdict
Créon n’en peut plus. Il prononce enfin sa sentence parce qu’il
a peur qu’Antigone ne rallie d’autres personnes à sa cause. La
mort n’intimide guère l’héroïne qui y voit une délivrance
susceptible de la soulager du poids écrasant dont elle souffre. Le
dénouement tragique est bel et bien fixé. La question que se pose
le spectateur à présent est la suivante : Quand la jeune fille sera-t-
elle exécutée ?
SCENE XIII (PP 99-100)
LE CHŒUR, CREON
RESUME
Le Chœur tente de faire revenir Créon sur sa décision et l’amener
à gracier Antigone. Mais le roi campe sur sa position. Sa nièce
tient absolument à mourir. Il n’ y peut plus rien pour elle.
Désormais, elle est la seule responsable de la triste fin qui l’attend.
AXE DE LECTURE
I- La fin d’une héroïne tragique
Antigone, tragédie oblige, ne peut pas rester en vie. Créon, de
son côté ne peut la condamner à vivre. Dans cette situation
désespérée, le roi parle de sa nièce à l’imparfait, comme si elle
n’existait plus :
- Il fallait qu’elle meure.
- C’est elle qui voulait mourir.
- Antigone était faite pour mourir.
- Ce qui i mportait pour elle, c’était refuser et mourir.
En choisissant librement la mort, Antigone condamne d’autres
personnes à la souffrance et à la solitude (sa nourrice, sa sœur et
Hémon). Créon, non plus, n’échappe pas à l’onde de choc causée
par l’acte fatal de l’héroïne comme nous le verrons plus loin.
SCENE XIV (PP 100-106)
HEMON,CREON, LE CHŒUR
RESUME
Hémon implore désespérément son père de sauver Antigone, en
vain. Le Chœur tente de son côté d’attendrir le roi, mais il
n’aboutit à aucun résultat. Le sort de l’héroïne est scellé. Il ne
reste plus qu’à fixer la date de l’exécution. D’ailleurs, les Thébains
se rassemblent déjà et réclament la tête de la condamnée.
AXES DE LECTURE
I- La défaillance de la raison
Tous les actes qui sortent de l’ordinaire sont qualifiés de
« folie ». Le fréquent retour de cette idée sous forme de
substantif ou d’adjectif souligne le déréglemente des sens
des personnages qui conduit inévitablement à la mort :
- Tu es fou père. Lâche-moi ! Elle a préféré sa folie et la mort.
- Est-ce qu’on ne peut pas imaginer quelque chose, dire qu’elle est
folle , l’enfermer
II- Un allié de taille
En déclarant à Créon « Crois-tu que je pourrais vivre, moi,
sans elle ? », Hémon exprime explicitement son attachement à sa
fiancé et sa ferme détermination de la suivre dans la tombe. Cette
révélation déstabilise Créon. Antigone va lui enlever l’être auquel
il tient le plus au monde, son fils et son successeur. Elle le frappe
dans sa chair.
L’attitude d’Hémon brise également l’image paternelle qu’il
s’est faite de Créon. Il s’agit d’une révolte dans tous les sens du
terme : Cette grande force et ce courage, ce dieu géant qui
m’enlevait dans ses bras (…) c’était toi ?(…) Quand tu me montrais
des livres dans ton bureau, c’était toi, tu crois ?
- Tous ces soins (…) c’était donc pour arriver là ?
Toutes les supplications du fils s’avèrent inutiles. Créon l’a
déjà dit. Il est le maître avant la loi et non après. Son impuissance
soulignée par la phrase « Je ne peux pas » creuse le désespoir du
jeune homme qui n’a plus qu’une seule issue devant lui : la mort.
SCENE XV (PP 106-118)
ANTIGONE, LE GARDE
RESUME
Antigone est étroitement surveillée. Le garde qui la serre de près
reste indifférent à ses souffrances. Il ne pense qu’à sa promotion
et aux avantages matériels qu’il va en tirer. Au fil du dialogue
qu’il engage avec sa prisonnière, il lui révèle qu’elle sera murée
vivante. Antigone accueille cette nouvelle avec un calme digne
d’une héroïne tragique. Elle arrive à convaincre son garde,
moyennant une bague en or, d’écrire une lettre pour elle dans
laquelle elle exprime son regret d’avoir commis un acte absurde.
AXES DE LECTURE
I- La colère des Thébains
La foule s’entasse bruyamment devant la porte du palais ; elle
veut s’emparer d’Antigone et lui infliger le châtiment qui lui est
réservé. Créon se prépare à la riposte et manifeste son dégoût
pour la populace qui hurle à l’extérieur : « Je ne veux pas voir
leurs visages, je ne veux plus entendre leurs voix ». Il est prêt à
mettre en pratique la démarche qu’il a expliquée à
Antigone : « On gueule un ordre et on tire dans le tas, sur le
premier qui s’avance. Dans le tas ; cela n’a pas de nom. »
II- Le garde
Le garde chargé de surveiller Antigone offre une image sordide de
l’espèce humaine. Son air froid, sa cupidité et son souci de
l’avancement en grade répugnent la captive qui vit ses derniers
moments.
- Allez, allez, pas d’histoires ! si ce n’était pas vous, c’était moi qui y
passais.(…) Moi, je n’ai jamais été blessé . Et, d’un sens, ça m’a nui
pour mon avancement.
Le comportement du garde s’oppose en tout à l’attitude
d’Antigone. Pendant que cette dernière chante sur un ton
poétique la solitude du tombeau, il se fait une chique.
III- L’effondrement d’Antigone
La perspective de la mort désarme complètement
Antigone. Cette dernière qui a toujours refusé
de vivre regrette d’avoir accompli un acte absurde. Pour la
première fois, elle reconnaît la sagesse de son
sagesse de son oncle qui a tout fait pour lui venir en aide :
« Et Créon avait raison , c’est terrible, maintenant, à côté de
cet homme. Je ne sais plus pourquoi je meurs. J’ai peur (…) Je le
comprends seulement maintenant combien c’était simple de vivre. »
Cependant, la jeune fille s’efforce de cacher son effondrement
intérieur. Elle tient à paraître grande aux yeux des autres même si
cela ne sert plus à rien.
SCENE XVI (PP 118-119)
LE CHŒUR, LE MESSAGER
RESUME
Le Chœur entre en scène ; il est immédiatement suivi du
Messager qui fait le récit des événements qui se sont déroulés dans
les coulisses. Antigone s’est pendue avec les fils de sa ceinture
dans le tombeau où se trouvait également Hémon. Ce dernier,
au comble du désespoir, menaça de tuer Créon, puis il lui cracha
au visage et se donna la mort à son tour.
AXE DE LECTURE
I- La fonction du récit
L’intervention du Messager est importante dans la mesure où elle
apprend au public des événements qui n’ont pas eu lieu sur scène.
Respectant la règle des bienséances fixée par les dramaturges
classiques, Anouilh épargne au public des images éprouvantes
susceptibles de le choquer. Les faits dominés de bout en bout par
la mort et le sang sont présentés dans le cadre d’un récit détaillé et
non sous forme de spectacle. Grâce à un discours qui gagne en
vivacité et en dynamisme au fur et à mesure que progresse la
narration du Messager, l’auteur parvient à visualiser l’horreur
tout en ménageant la sensibilité des spectateurs.
II- Créon et la tragédie
Créon occupe une place centrale dans le récit du Messager
d’abord en sa qualité de roi, puis en sa qualité de père et d’oncle.
Il assiste directement à l’accomplissement de la tragédie.
Le suicide d’Antigone et d’Hémon reflète sa propre chute. Etant
le numéro 1 de Thèbes, il attire forcément l’attention de la foule
qui assiste à l’effondrement de son maitre :
- Tous regardent Créon, et lui qui a deviné le premier lui qui
sait déjà avant tous les autres …
-
SCENE XVII (PP 119-122)
LE CHŒUR, CREON, LE PAGE
RESUME
Le roi rentre au palais, complètement effondré. Là, le Chœur lui
assène une terrible nouvelle. La reine Eurydice s’est donnée la
mort après avoir appris le suicide de son fils avec Antigone. La
solitude du roi devient plus insoutenable que jamais. Mais la
raison d’Etat doit continuer à régner. Son rôle de roi passe avant
toute autre considération.
AXES DE LECTURE
I- L’union dans la mort
Dans la tragédie d’Anouilh, l’amour n’a aucune chance de se
réaliser dans la vie à cause des nombreux obstacles posés par les
adultes. Ce constat s’applique parfaitement bien à Antigone et à
Hémon. C’est dans la tombe où ils gisent côte à côte qu’ils
trouvent enfin la plénitude tant recherchée :
- Je les ai fait coucher l’un près de l’autre enfin ! (…)Reposés. Ils
sont seulement un peu pâles, mais si calmes. (…) Deux amants au
lendemain de la première nuit. Ils ont fini, eux.
II- Eurydice
Totalement éclipsée dans la pièce, Eurydice ne participe pas
au déclenchement de l’intrigue, mais elle participe au dénouement
tragique de la pièce. La vie qu’elle a menée et son suicide
interpellent de nombreuses remarques. La reine a toujours vécu
comme une esclave qui répète les mêmes gestes. Elle représente
exactement ce qu’ Antigone déteste le plus au monde : un bonheur
médiocre fait de petites joies passagères et d’une souffrance
muette. Sa disparition condamne Créon à une effroyable solitude.
Le palais devient exactement comme un tombeau pour le roi :
« Tout seul, oui. » se dit-il.
SCENE XVIII (PP 122-123)
LE CHŒUR, LES GARDES
RESUME
Le Chœur se manifeste pour la dernière fois. Il parle de ceux
qui sont morts et de ceux qui restent en vie, ainsi que des
conséquences de la tragédie sur Thèbes qui s’est enfin apaisé.
Les gardes, indifférents à ce qui se passe autour d’eux,
continuent à jouer aux cartes comme si de rien n’était. La tragédie
qui a violemment secoué le royaume de Créon ne les concerne en
rien : « Ce n’est pas leurs oignons ».
AXES DE LECTURE
I- La vie après la tragédie
Le calme revient à Thèbes qui a été ébranlé par l’acte de
l’intransigeante Antigone. Mais la folie de l’héroïne est
contagieuse ; elle a entraîné d’autres victimes dans son sillage. Le
roi qui n’a qu’un petit page pour compagnon « va commencer à
attendre la mort ». Les héros sont morts parce que la tragédie veut
que ça se passe ainsi, mais les êtres insignifiants continuent à vivre
parce qu’ils n’ont aucun idéal à défendre L’allusion est faite ici
aux gardes bien évidemment.
II- Les gardes
Les gardes ne se soucient guère des événements qui se
précipitent à une vitesse vertigineuse. Ils sont complètement
absorbés par le jeu de cartes. Ces personnages sortis tout droit du
drame symbolisent le triomphe de la médiocrité. Ils vivent au jour
le jour et ne se posent pas de question sur le vrai sens de
l’existence. Pour eux, la pièce se termine exactement comme elle a
commencé. Cette remarque accentue leur isolement. Ils restent en
vie parce qu’ils ne peuvent pas mourir dignement comme les vrais
héros : Eux, tout ça , ça leur égal ; ce n’est pas leurs oignon