Introduction générale
Depuis des milliers d'années, notre planète a connu des changements
climatiques majeurs comme la fonte des glaces et l’augmentation du niveau
des mers et océans. Ces changements d’origine anthropogène ont été
identifiés comme l’un des plus grands défis, à long et à court terme, auxquels
est confronté le monde puisqu’ils affectent les systèmes humains, naturels et
peuvent avoir des impacts significatifs sur la disponibilité des ressources,
l'activité économique et le bien-être humain.
Assurément, l’effet de serre joue un rôle indispensable dans le développement
de la vie sur Terre. Ce processus naturel contribue à augmenter la température
de la surface de notre planète et à maintenir l’équilibre écologique. Sans l’effet
de serre, la température moyenne à la surface terrestre serait estimée de -18°C
[1], mais grâce à ce phénomène que procure l’atmosphère, la température est
apte au développement de la vie. A l’inverse, un effet de serre trop important
conduirait à une augmentation de la température moyenne. Les activités
humaines affectent la composition chimique de l'atmosphère et entraînent des
changements climatiques puisqu’elles contribuent à l’augmentation de la
teneur en gaz à effet de serre (gaz carbonique (CO2), méthane, protoxyde
d’azote...).
La combustion du pétrole, du gaz naturel et du charbon (pour la production
d'électricité, de chaleur ou pour des fins industrielles) représente les deux tiers
des émissions totales de CO2 mondiale échappées vers l'atmosphère. Selon le
6ème rapport du groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du
climat (GIEC), les émissions de méthane ont été augmentées de 6 % ces dix
dernières années et de 156 % depuis 1750 [2]. Bien que ce gaz persiste moins
longtemps dans l’atmosphère que le dioxyde de carbone, il a un pouvoir de
réchauffement bien supérieur. Dans ce contexte, en 1997, le protocole de
Kyoto a été signé par 184 pays dans une démarche de réduction des gaz à effet
de serre (GES). Comme cela, il s’ajoute à la Convention-Cadre des Nations Unis
sur le changement climatique qui a pour but de faire baisser les émissions de
GES pour les pays signataires. La Tunisie a signé la Convention-cadre des
Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), à Rio en 1992, puis
l’a ratifié en Juillet 1993.
Les émissions brutes de la Tunisie sont passées de 29 Mt CO2eq en 1994 à 46,6
Mt CO2eq en 2012, soit une augmentation moyenne de 2,7 % par an [3].
La série de la norme ISO 14064, de sa part, joue divers rôles dans la lutte contre
les changements climatiques, tant au niveau stratégique, gouvernemental ou
organisationnel que dans les applications tactiques à l’échelle des projets, et
même des produits. La norme ISO 14064-1 fournit un cadre de
comptabilisation et de vérification des GES pour les organisations cherchant à
quantifier et à réduire leurs émissions de GES. La liste des GES, prise en compte
dans les bilans d’émissions de GES, comprend le dioxyde de carbone (CO2), le
méthane (CH4), le protoxyde d’azote (N2O), les hydrofluorocarbones (HFC), les
hydrocarbures perfluorés (PFC), l'hexafluorure de soufre (SF6) et le trifluorure
d'azote (NF3). Ce dernier a été pris en compte dans les bilans d'émissions de
GES à partir du 1er juillet 2016. La taxe sur le CO2, qui a été entrée en vigueur
depuis le 1er janvier 2008, prévoit d’exempter les entreprises qui s’engagent
volontairement dans les actions de réduction des émissions de carbone issues
de la combustion d’énergie fossile (combustibles et carburants) [4]. La lutte
contre le dérèglement climatique est ainsi devenue l’un des plus grands défis
du 21ème siècle étant donné qu’elle appelle à des transformations profondes
des sociétés, des territoires, des modèles énergétiques et de l’économie
mondiale. Atteindre des émissions nettes de CO2 à l'échelle mondiale nécessite
donc des réductions importantes de celles-ci dans tous les secteurs et toutes
les régions qui peuvent être trop difficiles et trop coûteuses. Il faudrait donc
réussir à maîtriser les activités anthropiques et à proposer des solutions
d'atténuation et d'adaptation pour réduire le réchauffement climatique.
Le présent travail entre dans le cadre de cette thématique. Il vise à quantifier
les émissions de gaz à effet de serre liées à l’activité de l’usine DAP du GCT et à
proposer un plan d’action et des solutions d’amélioration. Ce rapport s’articule
autour de trois chapitres :
Le premier chapitre est consacré à une étude bibliographique sur la
description du contexte de changement climatique auquel nous sommes
intéressés et la présentation des unités de production de L’usine DAP.
Nous nous sommes particulièrement focalisés sur l’analyse des
émissions de GES associées aux différentes activités de l’usine DAP.
Le deuxième chapitre décrit, d’une part, le processus de réalisation du
bilan d’émissions de gaz à effet de serre. D’autre part, il élabore
l’inventaire des sources d’émissions de l’usine DAP du GCT.
Le troisième chapitre présente un recueil commenté des résultats du
bilan d’émissions des GES de l’usine DAP, ainsi que les solutions
proposées pour les réduire.
Ce rapport se termine par une conclusion générale qui synthétise les
principaux résultats obtenus dans notre travail.
Chapitre 1
Les émissions anthropiques de GES, qui ont été augmentées depuis
l’époque préindustrielle en raison essentiellement de la croissance
économique et démographique, sont actuellement plus élevées que
jamais. Leurs effets ont été détectés dans tout le système climatique et
il est extrêmement probable qu’ils aient été la cause principale du
réchauffement observé depuis le milieu du XXe siècle. Les enjeux du
réchauffement planétaire et du changement climatique sont devenus
l’un des soucis majeurs de l’humanité, tant pour les pays industrialisés
que pour les pays en développement.
Ce chapitre est consacré, en premier lieu, au problème du
réchauffement climatique ainsi qu’à une présentation détaillée de l’effet
de serre et la méthode d’évaluation d’un bilan de gaz à effet de serre
selon l’union européenne . En second lieu, à la description des
principales unités de production de l’usine DAP.
Les causes du changement climatique
CONTENU DE LA PAGE
Le réchauffement climatique
Les gaz à effet de serre
Les causes de la hausse des émissions
Lutter contre le changement climatique
L’utilisation de combustibles fossiles, la déforestation et l’élevage de bétail influent de plus
en plus sur le climat et la température de la terre.
Ces activités libèrent d'énormes quantités de gaz à effet de serre, qui viennent s'ajouter à
celles naturellement présentes dans l’atmosphère, renforçant ainsi l'effet de serre et le
réchauffement de la planète.
Le réchauffement climatique
La période 2011-2020 a été la décennie la plus chaude jamais enregistrée. En 2019, la
température moyenne de la planète se situait 1,1 °C au-dessus des niveaux de l’ère
préindustrielle. Le réchauffement climatique dû aux humains augmente actuellement à un
rythme de 0,2 °C par décennie.
Une augmentation de 2°C par rapport à la température de la période préindustrielle est le seuil
au-delà duquel de graves répercussions sur l’environnement naturel ainsi que sur la santé et le
bien-être des personnes sont à craindre et le risque d'assister à des changements climatiques
dangereux, voire catastrophiques, est beaucoup plus élevé.
C'est pourquoi la communauté internationale a reconnu la nécessité de maintenir le
réchauffement de la planète en dessous de 2 °C et de poursuivre nos efforts pour le limiter à
1,5 °C.
Les gaz à effet de serre
Le principal moteur du changement climatique est l’effet de serre. Certains gaz de
l’atmosphère terrestre agissent à la manière des parois d’une serre: ils permettent à l'énergie
solaire d'entrer dans l'atmosphère mais l'empêchent de s'en échapper, provoquant le
réchauffement climatique.
Un grand nombre de ces gaz à effet de serre sont naturellement présents dans l'atmosphère,
mais les activités humaines accroissent les concentrations de certains d’entre eux, en
particulier:
le dioxyde de carbone (CO );
2
le méthane;
le protoxyde d'azote;
les gaz fluorés.
Le CO produit par les activités humaines est la principale cause du réchauffement climatique.
2
En 2020, sa concentration dans l’atmosphère était passée à 48 % au-dessus de son niveau
préindustriel (avant 1750).
D’autres gaz à effet de serre sont émis par les activités humaines en moindres quantités. Le
méthane est un gaz à effet de serre plus puissant que le CO , mais sa durée de vie dans
2
l’atmosphère est plus courte. Le protoxyde d’azote, comme le CO , est un gaz à effet de serre
2
à longue durée de vie qui s’accumule dans l’atmosphère pour des décennies, voire des siècles.
Les polluants autres que les gaz à effet de serre, notamment les aérosols tels que la suie, ont
des effets de réchauffement et de refroidissement différents et sont également associés à
d’autres problèmes, tels que la mauvaise qualité de l’air.
Selon les estimations, les causes naturelles, telles que les variations du rayonnement solaire ou
de l’activité volcanique, ont contribué pour moins de 0,1 °C au réchauffement total entre 1890
et 2010.
Les causes de la hausse des émissions
La combustion du charbon, du pétrole et du gaz produit du dioxyde de carbone et du protoxyde
d'azote.
L'abattage des forêts (déforestation). Les arbres contribuent à réguler le climat en absorbant le
dioxyde de carbone (CO ) de l'atmosphère. Lorsqu'ils sont abattus, cet effet positif est perdu et le
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carbone stocké dans les arbres est libéré dans l'atmosphère, aggravant l'effet de serre.
L'augmentation de l’élevage. Les bovins et les ovins produisent de grandes quantités de méthane
lorsqu’ils digèrent leur nourriture.
Les engrais contenant de l'azote produisent des émissions de protoxyde d'azote.
Les gaz fluorés sont émis par les équipements et les produits qui utilisent ces gaz. Ces émissions ont
un effet de réchauffement considérable, jusqu'à 23 000 fois supérieur à celui du CO .2
Lutter contre le changement climatique
Étant donné que chaque tonne de CO émise contribue au réchauffement mondial, toutes les
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réductions d’émissions contribuent à ralentir ce phénomène. Pour stopper complètement le
réchauffement de la planète, il faut parvenir à zéro émission nette de CO au niveau mondial.
2
En outre, la réduction des émissions d’autres gaz à effet de serre, tels que le méthane, peut
également avoir un effet important sur le ralentissement du réchauffement climatique, en
particulier à court terme.
Les conséquences du changement climatique sont extrêmement graves et touchent de
nombreux aspects de notre vie. Tant la lutte contre le changement climatique que l’adaptation
à un monde qui se réchauffe sont des priorités absolues pour l’UE. Nous devons agir pour le
climat dès maintenant. Découvrez ce que fait l’UE pour lutter contre la crise climatique.