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DÉPARTEMENT : SCIENCES ÉCONOMIQUES ET

GESTION
FILIÈRE : LICENCE SCIENCES ÉCONOMIQUES

RAPPORT DE
MINI PROJET HISTOIRE DE LA PENSÉE
ÉCONOMIQUE

SOUS LE THÈME :

L’ÉCONOMIE VERTE

Présenté par : Achraf Wahmane


Mohamed Amkachou

Encadré par : Pr. Mustapha JAAD

Année Universitaire : 2023-2024


REMERCIEMENT

A Notre Enseignant

Mr Mustapha JAAD

Nous voudrions dans un premier temps remercier,

notre enseignant Mustapha JAAD, professeur de

l’histoire de la pensée économique a la faculté

polydisciplinaire de Taroudant, pour sa patience, sa

disponibilité et surtout ses judicieux conseils, qui

ont contribué à alimenter nos réflexions.


Table des matières

Remerciement

Table des matières

Liste des figures

Introduction générale……………………………………………………………….01

Chapitre I Concepts, objectifs de l’économie verte………………...…………..03

1 Introduction à l’économie verte………………...……………………….……03


1.1 Qu’est-ce que l’économie verte ?….…………...…………………….03
1.2 L’économie verte et le développement durable....................................05

2 Quels sont les objectifs de l’économie verte ?……………...………………...05


2.1 Le maintien de l’équilibre du capital naturel …………………….…….06
2.2 La répartition équitable des ressources ………………………………...06
2.3 Le changement des modes de production et de consommation………..06
2.3.1 L’économie circulaire ………………………..………………07

3 Les secteurs d’activités de l’économie verte………………………………….09


4 Les métiers de l’économie verte………………………………………………11
4.1 Les métiers verts………………………………………………………..11
4.2 Les métiers “verdissants” ……………………………………………...11

Chapitre II La relation entre l’économie et l’environnement ……………...…12


1 Les courbes environnementales de Kuznets ………………………………......12
2 L’hypothèse porter et les couts de la régulation environnementale...……..…..15
3 Le découplage…………………………………………………………………18

Conclusion générale……………………………………………………………...…24

Bibliographie………………………………………………………………………...26
Liste des figures

Figure 1 : L’économie circulaire ……………..……………...…………………….09

Figure 2 : Courbe environnementale de Kuznets pour les émissions de dioxyde de

souffre …………………………………………………………………………..……13

Figure 3 : La courbe environnementale de Kuznets à l’épreuve des émissions de

dioxyde de carbone (données de 2008) ……...………..…………………………......14

Figure 4 : PIB réel mondial et émissions mondiales de dioxyde de carbone............20

Figure 5 : Découplage absolu: PIB réel et émissions de dioxyde de carbone dans le

Royaume Uni, 1979-2008……………………………………………………............21


Introduction générale

Les objectifs environnementaux sont souvent présentés comme conflictuels avec ceux
de l’économie. Un thème récurrent dans les débats politiques des récentes années
semble considérer qu’une régulation environnementale soit sensée résulter en des
pertes d’emplois inacceptables. Ainsi faudrait-il choisir entre d’une part une meilleure
qualité environnementale et d’autre part une économie robuste.

Mais ce choix est-il si simple ? Ne peut-on pas avoir en même temps une qualité
environnementale satisfaisante et des emplois en quantité suffisante ? Dans ce
chapitre, nous explorons la relation entre la protection de l’environnement et la
croissance économique. Nous considérons la recherche dans ce domaine pour
déterminer s’il y a nécessairement un arbitrage entre environnement et économie.
Alors que la protection de l’environnement implique clairement certains coûts, y
compris des pertes d’emplois dans certains secteurs, les économistes cherchent à
savoir si les bénéfices à en retirer justifient ces coûts. Les régulations
environnementales peuvent également créer des emplois dans quelques secteurs – par
exemple, les restrictions environnementales sur les centrales au charbon peuvent
conduire à une expansion de la production d’énergie éolienne. Ainsi, il est possible
que certaines régulations environnementales mènent en fait à un gain net d’emplois.

Certaines propositions récentes suggèrent qu’une réponse aux défis énergétiques et


environnementaux actuels pourrait s’avérer un moteur pour une croissance
économique future. Les compagnies et les pays qui investissent suffisamment dans les
secteurs de faible impact environnemental pourront gagner des avantages compétitifs
sur ceux qui continuent à poursuivre dans la même voie du « business as usual ». En
outre, les taux excessifs de dégradation du capital naturel peuvent réduire la
productivité économique. Ainsi, le maintien du capital naturel peut s’avérer un facteur
critique pour assurer la croissance économique future.
Notons que le concept d’économie verte ne rejette pas nécessairement la croissance
économique, mais au contraire cherche à favoriser une croissance qui soit compatible
avec la durabilité écologique.

1
Outre la durabilité environnementale, l’économie verte devrait promouvoir l’équité
sociale. Ainsi, les supporters d’une économie verte rejettent la notion que la durabilité
impose des limitations aux aspirations économiques des plus pauvres dans le monde.

Dans ce mini projet, nous découvrirons dans un premier temps les concepts et les
objectifs de l’économie verte. Nous conclurons cette exploration par une discussion
des théories économiques de la relation entre économie et environnement.

2
Chapitre I : Concepts, objectifs de
l’économie verte

1 Introduction a l’économie verte


1.1 Qu’est-ce que l’économie verte ?

L’économie verte pourrait se définir comme l’ensemble des dynamiques vers une
économie décarbonée qui permettent aux écosystèmes humains et naturels de vivre en
symbiose. Elle est l’objet d’un engouement quasi mondialisé dans les rapports des
institutions, à tous les niveaux de territoire. Les entreprises s’en réclament
ouvertement dans leur démarche de responsabilité sociale des organisations. Mais
concrètement, de quoi s’agit-il ? Simplement de tourner, selon des processus
volontaires et réglementaires, les activités économiques vers la réduction des
émissions de gaz à effet de serre, la protection de l’environnement, la préservation des
ressources naturelles et de la biodiversité du vivant… C’est l’économie politique avec
pour objectif la transition écologique et énergétique vers le développement durable.

L’économie verte permet de passer du modèle classique de croissance systématique à


un modèle dans lequel le bien-être des populations s’accroît au sein d’une économie
socialement inclusive, économe en ressources et sobre en carbone. Plus simplement,
l’économie verte vise à faciliter le découplage entre économie et environnement de
sorte que production et consommation restent dans les limites de la capacité de la
planète, terme désignant généralement leur capacité à générer leurs propres ressources
et absorber la pollution et les impacts environnementaux des activités humaines.

L’économie verte vise à une réduction drastique des déchets et à une limitation des
ressources et de l’énergie allouées à la consommation et à la production, en particulier
par le développement de nouvelles technologies et de processus innovants (le principe
d’efficacité). A des stades plus avancés de développement, l’économie verte vise
également à garantir que les gains d’efficacité réalisés par l’économie ne sont pas
réduits à néant par des niveaux trop importants de consommation et de production.

En termes pratiques, cette définition de l’économie verte englobe les points suivants :

3
✓ Méthodes et moyens pour réduire, réutiliser et recycler autant que possible la
production économique (biens de consommation ainsi que biens
d’investissement, par exemple les machines et les équipements),

✓ Investissements à fort coefficient de capitaux dans les énergies renouvelables


(par ex. le solaire, l’éolien, la géothermie) et dans les biens publics favorisant
un usage commun (par ex. les transports en commun) par opposition à la
propriété individuelle (par ex. les voitures particulières),

✓ Changements de politiques pouvant être réalisés à moindre coût pour la


population et règles pour mieux assurer un usage équitable des ressources
environnementales (par ex. règles de rendement énergétique pour l’industrie
automobile, taxe sur la consommation électrique au-delà d’un certain niveau),

✓ Lois et politiques économiques permettant de répartir plus équitablement les


gains de productivité et soutenant l’emploi et les revenus (par ex. lois pour
protéger les droits des ouvriers à la négociation),

✓ Réformes de la politique fiscale afin d’intégrer les coûts externes (c’est-à-dire


le coût environnemental réel de tout ce qui est produit) tout en mobilisant les
ressources publiques pour les investissements verts et en orientant le
comportement des producteurs et consommateurs vers le développement
durable,

✓ Nouveau système de comptabilité environnementale prenant en compte, dans


l’économie, les coûts externes environnementaux ainsi que de nouveaux
indicateurs de développement durable et de bien-être des populations comme
alternatives au Produit intérieur brut (PIB).

La transition vers une économie verte peut faire avancer le programme mondial de
développement durable en ouvrant la voie à l’éradication de la pauvreté et en
favorisant la mise en œuvre des Objectifs de développement durable.
Cette transition est déjà en cours, bien que de nombreux problèmes entravent ses
progrès.
4
1.2 L’économie verte et le développement durable

L'économie verte et le développement durable sont étroitement liés, car l'économie


verte vise à concilier les enjeux économiques, environnementaux et sociaux dans le
cadre d'un développement durable. Le développement durable est défini comme
"l'intersection des objectifs économiques, sociaux et environnementaux
interdépendants". L'économie verte contribue à atteindre les objectifs économiques,
sociaux et environnementaux interdépendants du développement durable.

L'économie verte s'appuie sur les piliers économiques et environnementaux du


développement durable, tout en prenant en compte la dimension sociale du
développement durable. Les objectifs de l'économie verte incluent le maintien de
l'équilibre du capital naturel, la réduction drastiquement des déchets, la limite des
ressources et de l'énergie allouées à la consommation et à la production, et la
promotion des modes de vie plus durables.

L'économie verte est un moyen d'atteindre le développement durable en limitant la


consommation, le gaspillage des ressources et la production de déchets. Les
entreprises et les gouvernements ont un rôle crucial à jouer dans la transition vers un
modèle économique plus durable, en mettant en place des politiques et des stratégies
favorisant l'économie verte et en encourageant la coopération entre les différents
acteurs concernés.

L’émergence de l’économie verte a déjà renforcé l’engagement mondial en faveur du


développement durable et a servi de catalyseur au renouveau des politiques nationales
à cet égard. En 2016, 80 pays avaient pris des mesures pour accélérer leur transition
vers une économie verte5 , bien que l’ampleur et l’impact de ces mesures varient
beaucoup d’un pays à l’autre.

2 Quels sont les objectifs de l’économie verte ?


L’économie verte à pour objectifs de réduire drastiquement les déchets, limiter les
ressources et l’énergie allouées à la consommation et à la production. Cela nécessite
donc de travailler sur différents domaines que sont :

5
2.1 Le maintien de l’équilibre du capital naturel
Cela signifie qu’elle a pour objectif de n’utiliser que les ressources que la Terre est en
capacité de générer. Il est primordial de ne consommer que ce dont l’écosystème peut
fournir. Aujourd’hui, il faudrait 2,9 planètes Terre pour subvenir aux besoins de
l’humanité si nos modes de consommation persistent dans ce sens.

L’économie verte cherche à maintenir l’équilibre du capital naturel. Cela signifie


qu’elle a pour objectif une utilisation uniquement des ressources que la Terre est en
capacité de reformer. Il s’agit donc de ne pas consommer plus que ce que les
écosystèmes naturels peuvent fournir.

Exemple : une activité d’exploitation de gisements de pétrole ne peut être une activité
“verte”. Elle est même qualifiée de “noire” puisqu’elle puise une matière première
que la nature ne peut pas fabriquer en quelques années.

2.2 La répartition équitable des ressources


L’économie verte a pour second objectif l’égalité des droits. En intégrant la dimension
de justice sociale, elle s’assure que les ressources naturelles soient réparties
équitablement entre les différentes populations. Prenons l’exemple de l’accès à l’eau
potable. C’est une ressource naturelle indispensable qui est fortement inégalitaire. En
effet, actuellement 1.1 milliards de personnes n’ont toujours pas accès à l’eau
salubre et un tiers de la population mondiale est privé d’eau potable.

L’économie verte poursuit un objectif de justice sociale en s’assurant que les


ressources naturelles sont équitablement réparties entre les différentes populations et
entre les générations.
Exemple : au niveau international, l’accès à l’eau potable, une ressource naturelle
indispensable, est fortement inégalitaire.

2.3 Le changement des modes de production et de consommation


En modifiant les modes de production et de consommation, l’économie verte souhaite
repenser les modes de production afin de les rendre plus responsables. Car, il est

6
important de revoir au plus vite nos modes de consommation. Si d’ici 2050 la
population mondiale atteint 9,6 milliards de personnes, il nous faudra l’équivalent
de trois planètes afin de fournir les ressources nécessaires pour maintenir nos modes
de vie actuels.

Avec les principes de l’économie circulaire, il est désormais possible de produire des
biens et des services de manière durable. L’objectif est de limiter la consommation, le
gaspillage des ressources et la production de déchets. Il s’agit donc de passer d’une
société du tout jetable à un modèle économique plus circulaire. L’objectif est de
consommer moins mais mieux, afin de répondre aux enjeux environnementaux et
sociétaux actuels.

2.3.1 L’économie circulaire


Préservation des ressources, de notre environnement, de notre santé, permettre le
développement économique et industriel des territoires, réduire les déchets et le
gaspillage : l’économie circulaire est un modèle économique qui vise à répondre à ces
enjeux. Elle vise à passer d’une société du tout jetable, basé sur une économie linéaire
(extraire, fabriquer, consommer, jeter) vers un modèle économique plus circulaire.
Les nouveaux modèles de production et de consommation liés à l’économie circulaire
peuvent être générateurs d’activités et de création d’emplois durables et non
délocalisables.
L’économie circulaire fait partie du champ de l’économie verte. Les enjeux de
l’économie circulaire sont à la fois environnementaux, économiques et sociaux.
En France, la transition vers une économie circulaire est reconnue officiellement
comme l’un des objectifs de la transition énergétique et écologique et comme l’un des
engagements du développement durable.
Elle nécessite de progresser dans plusieurs domaines.
✓ L'approvisionnement durable : prendre en compte les impacts
environnementaux et sociaux des ressources utilisées, en particulier ceux
associés à leur extraction et à leur exploitation.
✓ L'écoconception : prendre en compte des impacts environnementaux sur
l’ensemble du cycle de vie d’un produit et les intégrer dès sa conception.

7
✓ L’écologie industrielle et territoriale : mettre en synergie et mutualiser
entre plusieurs acteurs économiques les flux de matières, d’énergie, d’eau, les
infrastructures, les biens ou encore les services afin d’optimiser l’utilisation
des ressources sur un territoire.
✓ L’économie de la fonctionnalité : privilégier l’usage à la possession, vendre
un service plutôt qu’un bien.
✓ La consommation responsable : prendre en compte les impacts
environnementaux et sociaux à toutes les étapes du cycle de vie du produit
dans les choix d’achat, que l’acheteur soit public ou privé.
✓ L’allongement de la durée d’usage des produits par le recours à la
réparation, à la vente ou à l’achat d’occasion, par le don, dans le cadre du
réemploi et de la réutilisation.
✓ L’amélioration de la prévention, de la gestion et du recyclage des
déchets, y compris en réinjectant et réutilisant les matières issues des déchets
dans le cycle économique.

8
Figure 1 : L’économie circulaire

SOURCE : © PETOVARGA- ADOBE STOCK

3 Les secteurs d’activités de l’économie verte


Les secteurs d'activité de l'économie verte sont nombreux et variés, car ils concernent
des domaines qui contribuent à la protection de l'environnement et à la préservation
des ressources naturelles. Voici une liste des principaux secteurs d'activité liés à
l'économie verte:

• Agriculture et agroforesterie: L'agriculture biologique, la gestion des


ressources forestières et l'amélioration des pratiques agricoles pour réduire
l'impact environnemental

9
• Énergies renouvelables et efficacité énergétique: La production d'énergies à
partir de sources durables, comme les éoliennes, les panneaux solaires, les
biomasse, les géothermies et les eaux rouges, ainsi que l'amélioration de
l'efficacité énergétique dans les systèmes et les processus

• Gestion des ressources naturelles et des écosystèmes: La protection des


écosystèmes, la gestion des ressources naturelles, la restauration des sols et la
préservation de la biodiversité

• Recyclage et gestion des déchets: La réduction, la réutilisation et la


valorisation des déchets, ainsi que la promotion de pratiques réduisant les
gaspillages

• Transport et mobilité durables: Le développement de transports plus


respectueux de l'environnement, tels que les transports publics, les véhicules
électriques et les solutions de mobilité durable

• Bâtiment et construction: La promotion de constructions durables,


énergétiquement performantes et respectueuses de l'environnement, ainsi que
l'utilisation de matériaux recyclés ou issus de sources durables

• Tourisme: Le développement de tourisme responsable, en favorisant les


pratiques et les infrastructures respectueuses de l'environnement et contribuant
à la préservation des ressources naturelles et culturelles

• Protection de la biodiversité: La mise en place de mesures pour préserver et


protéger la diversité biologique, en utilisant des approches intégrées et
adaptées aux différents écosystèmes et espèces menacées

Ces secteurs d'activité contribuent à la transition vers un modèle économique plus


durable et à la réalisation des objectifs de développement durable

10
4 Les métiers de l’économie verte
Les métiers de l’économie verte
L’économie verte est amenée à se développer dans les prochaines décennies avec une
transformation importante des organisations et des métiers.

4.1 Les métiers verts


Ce sont des métiers à vocation environnementale stricto sensu qui visent à mesurer,
prévenir, maîtriser et corriger les impacts négatifs et dommages de l’activité humaine
sur l’environnement. Certains de ces métiers sont déjà existants (garde forestier,
technicien de mesure de la qualité de l’eau, etc.). Par contre, d’autres sont encore
nouveaux (diagnostiqueur de qualité d’air intérieur, superviseur d’exploitation éco-
industrielle, etc.).

4.2 Les métiers “verdissants”


Ce sont des métiers dont la finalité première n’est pas environnementale. Toutefois,
leur contenu intègre de nouvelles compétences pour prendre en compte les
dimensions de protection de l’environnement. Cette catégorie regroupe des métiers
touchant presque tous les secteurs d’activité : transports, bâtiment, industrie, tourisme,
agriculture-sylviculture, etc. Ainsi, un conducteur de poids lourds ou un architecte
peuvent contribuer à l’économie verte.

11
Chapitre II : La relation entre l’économie et
l’environnement
Nous pouvons étudier les deux côtés de la relation entre économie et environnement :
comment la protection environnementale affecte la performance économique, ou
comment la croissance économique affecte la qualité environnementale. Nous
considèrerons ici les deux perspectives.

1 Les courbes environnementales de Kuznets


Envisageons d’abord comment la croissance économique affecte la qualité
environnementale. De manière spécifique, quand une nation s’enrichit au cours du
temps, comment ceci affecte-t-il la qualité de l’environnement ? La réponse n’est pas
évidente. D’une part une nation plus riche consomme plus de ressources, demande
plus d’énergie et produit plus de déchets et pollutions. D’autre part, une nation plus
riche a les moyens d’investir dans les énergies renouvelables, d’installer les
équipements de contrôle de pollutions les plus avancés technologiquement, et de
mettre en œuvre des politiques environnementales effectives.

En termes économiques, la qualité environnementale se définit comme un bien


normal – qui est tel qu’on cherche à s’en procurer davantage au fur et à mesure que le
revenu s’accroît. On peut débattre du fait que la qualité environnementale soit ou non
un bien de luxe – à savoir un bien dont la consommation s’accroît de manière
démesurée et disproportionnée par rapport à l’accroissement du revenu. Il est possible
que la qualité de l’environnement apparaisse comme un bien de luxe à partir d’un
certain niveau de revenu mais qu’elle soit un bien normal à d’autres niveaux de
revenus.

Une hypothèse attrayante suppose que la croissance économique permette à une


nation de réduire ses impacts environnementaux. Un article de 1992 l’exprime en ces
termes :

…Il a été clairement établi que, bien que la croissance économique produise dans
une première phase de fortes détériorations environnementales, au bout du compte

12
le meilleur moyen – et peutêtre le seul- d’atteindre une qualité environnementale
décente est pour la plupart des pays de devenir riche.

Cette notion que les impacts environnementaux ont tendance à augmenter au fur et à
mesure qu’un pays s’enrichit, pour ensuite décroître avec des gains supplémentaires
de revenu, est connue sous le nom de l’hypothèse de la courbe environnementale de
Kuznets. Cette hypothèse pose que la relation entre revenu et impact environnemental
est une courbe en U inversé. Le concept est illustré dans la figure 1, basée sur les
données relatives aux émissions de dioxyde de souffre SO2 . Nous observons que les
émissions de SO2 par habitant augmentent avec le revenu jusqu’à un niveau d’environ
$4000 par habitant. Mais au-delà de ce niveau de revenu, les émissions de SO2 par
habitant sont en déclin constant. Ce résultat est encourageant car le « tournant » se
produit à un niveau de revenu relativement modeste. Ainsi une croissance économique
modérée pourrait conduire rapidement à une réduction des émissions de SO2.

Figure 2 : Courbe environnementale de Kuznets pour les émissions de dioxyde


de souffre

SOURCE : ADAPTÉ DE PANAYOTOU, 1993.

13
Alors que l’hypothèse de Kuznets semble s’appliquer au SO2, des analyses plus
avancées indiquent qu’elle ne s’applique pas à tous les impacts environnementaux.
Peut-être de manière plus importante, l’hypothèse de Kuznets ne colle absolument pas
avec les données relatives aux émissions de CO2, le principal gaz à effet de serre,
ainsi que le montre la Figure 2. Cette figure tente de faire coller une courbe en U
inversé aux données mais n’y parvient pas car la tendance montre qu’il n’existe pas de
tournant et que les émissions de CO2 par habitant continuent d’augmenter avec
l’augmentation de revenu par habitant. Une analyse statistique plus sophistiquée a
testé l’hypothèse de Kuznets pour les émissions de carbone et en a conclu que
“malgré ces approches statistiques, il n’existe aucune preuve claire supportant
l’hypothèse de Kuznets pour les émissions de carbone. Ainsi, la croissance
économique ne conduit pas du tout à une solution au changement climatique mondial
mais au contraire contribue au problème.

Figure 3 : La courbe environnementale de Kuznets à l’épreuve des émissions de


dioxyde de carbone (données de 2008)

SOURCE : BANQUE MONDIALE, WORLD DEVELOPMENT INDICATORS DATABASE.

14
L’hypothèse de Kuznets a été testée dans le cas de plusieurs autres impacts
environnementaux. Bien qu’elle soit valide pour des polluants de l’air comme le SO2,
des particules de matière et des oxydes d’azote, il ne semble pas qu’elle s’applique
plus généralement à d’autres impacts environnementaux. Une étude de 2003 a conclu
que:

Les preuves présentées dans cet article montrent que l’analyse statistique sur laquelle
la courbe environnementale de Kuznets repose n’est pas robuste. Il n’y a pas de
preuve que tous les pays suivent une trajectoire universelle en U inversé au fur et à
mesure que leurs revenus s’accroissent. Il se peut qu’il y ait une telle relation entre la
concentration ambiante urbaine de quelques polluants et le niveau de revenu, mais
celle-ci doit être testée de manière rigoureuse au travers de méthodes reposant sur des
séries temporelles. Il ne semble pas probable que la courbe de Kuznets représente un
modèle complet et exhaustif pour les émissions ou les concentrations.

Même dans les situations où l’hypothèse de Kuznets est valide, on doit se garder de
conclure que la croissance économique seule puisse conduire à des améliorations
environnementales.

L’amélioration de l’environnement avec la croissance du revenu n’est pas


automatique mais dépend des politiques et des institutions. La croissance du PIB crée
les conditions d’une amélioration environnementale en élevant la demande pour une
qualité environnementale supérieure et en fournissant des ressources nécessaires pour
y parvenir. Le fait que la qualité environnementale s’améliore ou non, véritablement
dans les faits, et comment, et à quel moment, dépend de manière critique des
politiques gouvernementales, des institutions sociales, et du fonctionnement des
marchés.

2 L’hypothèse Porter et les coûts de la régulation


environnementale
Une autre hypothèse considère l’autre sens de l’interaction entre économie et
environnement. La théorie économique traditionnelle indique que les entreprises
minimisent leurs coûts afin de rester compétitives. Ainsi toute régulation
environnementale impose un coût additionnel aux entreprises et réduit donc leurs

15
profits. Ceci ne veut pas dire que les bénéfices des régulations environnementales ne
peuvent pas largement compenser ces coûts, mais que les entreprises auront à subir un
préjudice du fait de ces régulations environnementales.

Cette hypothèse a été mise à mal en 1995 par un article qui a montré que la clé de la
compétitivité que ce soit pour une firme ou pour un pays, repose dans sa capacité à
innover constamment.9 Des régulations environnementales bien conçues fournissent
un moteur pour l’innovation, et donc peuvent faire diminuer les coûts et offrir un
avantage compétitif.

En bref, les entreprises peuvent bénéficier des régulations


environnementales adéquatement définies et plus contraignantes (ou
imposées plus tôt) que celles des autres pays compétiteurs. En stimulant
l’innovation, des régulations environnementales strictes peuvent améliorer la
compétitivité.

L’idée que les régulations environnementales peuvent conduire à une diminution des
coûts pour les entreprises est connue sous le nom d’hypothèse Porter. Comme
l’hypothèse Kuznets, l’hypothèse Porter est controversée. La raison principale est
qu’elle contredit la croyance économique commune que les entreprises recherchent
d’abord et avant tout à minimiser leurs coûts. Si de telles innovations basées sur des
économies de coûts étaient possibles, alors la théorie économique standard dirait que
les entreprises recherchent cette option sans avoir besoin pour cela de l’aiguillon de la
régulation. Mais ce que l’hypothèse Porter soulève est que les entreprises ne
songeraient pas d’ellesmêmes à réduire leurs impacts environnementaux, passant à
côté de grands potentiels innovateurs qui baisseraient les coûts. Ce sont les
régulations qui leur font prendre conscience qu’il existe de nouvelles technologies et
une opportunité d’investissements directs dans des nouveaux domaines de recherche.

L’hypothèse Porter n’est pas sensée s’appliquer à tous les cas de régulation
environnementale. Evidemment, quelques régulations imposent des coûts nets sur les
entreprises, même après que les innovations technologiques aient été mises en œuvre.
L’hypothèse Porter a été testée empiriquement par la comparaison d’entreprises ainsi

16
que des nations. 11 Par exemple, une étude menée en Inde a montré que cette
hypothèse s’appliquait dans le cas de firmes de dépollution de l’eau. Les entreprises
qui ont les taux les plus bas de pollution de l’eau sont aussi celles qui ont les
meilleures performances économiques.

D’autres analyses ont testé si les pays ayant les régulations environnementales les plus
strictes avaient un avantage en termes de commerce international. Les résultats ne
sont pas concluants et ne valident pas l’hypothèse Porter à l’échelle nationale. Une
étude de 2011 basée sur des données de plus de 4000 entreprises dans sept pays
développés a trouvé que la régulation environnementale induit en effet des
innovations mais que l’effet net des égulations est toutefois négatif (c’est-à-dire
qu’elles imposent des coûts nets sur les entreprises).

Même si l’hypothèse Porter est seulement vraie dans un nombre limité de situations,
le potentiel d’innovation au moins dans le domaine destiné à réduire les coûts de mise
en conformité est souvent sous-estimé. Les régulations environnementales proposées
souvent provoquent une opposition de la part des industries sur la base de leur
anticipation de coûts de mise en conformité élevés. Une étude réalisée en 1997 a
cherché des cas où l’on pouvait comparer les estimations des coûts de mise en
conformité avant qu’une régulation environnementale soit mise en œuvre, avec ces
coûts véritables après que ces régulations aient été promulguées. 13 Une douzaine de
cas de cette nature ont été trouvés, y compris sur les régulations relatives au dioxyde
de souffre, aux CFCs (responsables des attaques de la couche d’ozone), à l’amiante, et
aux secteur minier. Dans tous ces cas, les estimations faites étaient plus élevées d’au
moins 29% par rapport aux coûts de mise en conformité. Dans la plupart des cas, ces
coûts s’avéraient être moitié moins chers que les estimations qui en avaient été faites à
l’origine. Le rapport conclut:

Les études de cas analysées dans ce rapport montrent clairement que les
régulations environnementales qui requièrent la réduction des émissions à la
source généralement coûtent moins cher que prévu. Il n’est pas évident de
savoir si les industries tendent à surestimer leurs coûts pour des raisons
stratégiques ou bien si elles sont déficientes dans leur anticipation des

17
changements technologiques de processus de production quand elles font
leurs estimations. Il est clair cependant que la substitution d’intrants,
l’innovation, et la flexibilité du capital ont permis aux coûts réels d’être
significativement plus bas que les prédictions ne le laissaient prévoir.

Cela ne veut pas dire pour autant que les coûts de mise en conformité sont
insignifiants. Un rapport de 2012 subventionné par une organisation représentant des
industries américaines a montré que l’effet cumulatif des régulations fédérales aurait
réduit le PIB de 240 à 630 milliards chaque année et réduit la masse salariale de 1.4 à
5.0 pourcents.15 Le rapport montre aussi que la part la plus grande du poids de la
régulation fédérale provient des régulations environnementales. Cependant, le rapport
mentionne qu’il n’a pas considéré les bénéfices de ces régulations – une question que
nous aborderons plus loin. On peut également douter de l’objectivité de cette analyse.
Par exemple, les estimations des coûts pour plusieurs types de régulations ont été
obtenues à partir d’études de compagnies industrielles qui peuvent avoir un intérêt
stratégique à gonfler les coûts.

3 Le découplage
Nous avons mis en lumière la manière dont la protection environnementale et
l’économie sont liées, mais il est aussi important d’analyser la manière dont les deux
sont séparées. La croissance économique a été presque toujours associée avec une
augmentation des impacts écologiques. Considérons la Figure 3a qui montre qu’entre
1961 et 1978 la croissance économique globale (mesurée par le PIB) était
accompagnée d’une montée similaire des émissions de dioxyde de carbone. Pendant
cette période, l’activité économique a été multipliée par un facteur 2.2 pendant que les
émissions de CO2 s’accroissaient par un facteur 2.0.

Depuis 1978, nous voyons dans la Figure 3b qu’alors que l’activité économique
globale et les émissions de CO2 ont toutes les deux augmenté, elles n’étaient pas aussi
étroitement liées que dans la Figure 3a. On peut dire qu’il s’est opéré une sorte de «
découplage » entre les deux variables depuis la fin des années 1970s. L’activité
économique s’est accrue par un facteur 2.3 alors que les émissions de CO2 ont
augmenté seulement d’un facteur 1.6.

18
Le terme découplage a été défini par l’OCDE comme une déconnection du lien entre
« maux environnementaux » et « biens économiques »16. On peut différencier entre
découplage relatif et absolu :

• Découplage relatif: Le taux de croissance d’un “mal” environnemental est


positif mais moins élevé que le taux de croissance économique. On peut dire
que depuis les années 1970, le mal écologique que sont les émissions de
carbone et la croissance économique se sont découplées de manière relative.
• Découplage absolu: Le niveau du “mal” environnemental est soit stable soit
décroissant alors que l’économie continue de croître. Ainsi le découplage
absolu rompt le lien entre croissance économique et dégradation écologique.

Un exemple de découplage absolu est présenté dans la Figure 4. Dans le Royaume


Uni, le PIB réel s’est accru par un facteur 2.6 entre 1970 et 2008. Mais pendant cette
même période, les émissions totales de CO2 ont décru d’environ 20%. Même pendant
cette période de rapide croissance économique durant les années 90, les émissions de
CO2 sont restées constantes ou ont diminué. Ceci est dans une large part le résultat
d’un transfert de sources énergétiques du charbon vers le gaz naturel, à la suite des
découvertes en Mer du Nord, au large des côtes britanniques, de gisements de gaz à
l’extraction peu coûteuse. Les données de CO2 ne tiennent pas en compte les
“émissions exportées”— les émissions qui ont été émises dans d’autres pays au cours
de la production de biens ensuite exportés vers le Royaume Uni. Ainsi certains efforts
de découplage dans les pays développés ne reflètent en fait que le simple transfert
d’activités industrielles à fortes émissions en carbone vers les pays en développement.

19
a) 1961 à 1978

b) 1979 à 2008
Figure 4 : PIB réel mondial et émissions mondiales de dioxyde de carbone

SOURCE : BANQUE MONDIALE, WORLD DEVELOPMENT INDICATORS DATABASE.

20
Figure 5 : Découplage absolu: PIB réel et émissions de dioxyde de carbone dans
le Royaume Uni, 1979-2008

SOURCE : BANQUE MONDIALE, WORLD DEVELOPMENT INDICATORS DATABASE; EXEMPLE


EXTRAIT DE SMITH, ET AL., 2010.

Un rapport de 2011 des Nations Unies a étudié l’étendue du découplage mondial


concernant l’usage de ressources telles que les combustibles fossiles, les minerais, et
le bois. 17 Ces résultats suggèrent qu’un certain montant de découplage s’est produit
depuis quelques décennies de manière “spontanée” plutôt que dirigée par une
intervention politique. Ce découplage relatif reflète un accroissement dans l’efficacité
de la production provenant d’améliorations technologiques. Cependant, certains taux
d’extraction de ressources excèdent les taux de croissance du PIB. Par exemple,
l’extraction de minerais d’or, de cuivre et de zinc ont augmenté plus rapidement que
le PIB mondial dans la période 1990-2007.

Le rapport des Nations Unies montre que l’objectif d’un découplage absolu demande
des politiques ambitieuses. Selon un scenario « business as usual », on projette un
triplement de l’usage des ressources mondiales d’ici à 2050. Le découplage absolu
permettrait de garder le niveau d’usage de ressources mondiales constant ou même

21
au-dessous des niveaux actuels, ce qui a des implications profondes pour les pays
développés comme pour les pays en développement. Dans les pays développés,
l’usage des ressources devrait décliner par un facteur 3 à 5 pour permettre
suffisamment de disponibilité en ressources pour les pays en développement afin
qu’ils puissant améliorer leurs niveaux de vie. Les nations les plus développées
devraient réduire l’usage de leurs ressources de 10 à 20 pourcents afin de permettre
aux pays les plus pauvres d’accroître leur usage de ressources. Ce découplage absolu
au niveau mondial:

…. n’est concevable que si on accepte que les innovations orientées vers la


durabilité puissent résulter en des changements technologiques et
systémiques radicaux. Cela veut dire un scénario qui demanderait des
niveaux d’innovations jusqu’ici inconnus. La plupart des politiciens
considéreront que ce scénario apporte trop de restrictions à d’autres
objectifs tels que la réduction de la pauvreté ou le maintien du confort
matériel de la classe moyenne en forte expansion.

Un scenario plus faisable serait celui d’une contraction et convergence modérées,


pour lequel l’usage des ressources dans les pays développés diminue (découplage
absolu), permettant aux pays en développement d’accroître l’usage de leurs ressources
suffisamment pour faire diminuer l’inégalité au niveau mondial. Selon un rapport des
Nations Unies, dans de scénario, l’usage des ressources mondiales continuerait
d’augmenter de 40% d’ici 2050 – traduisant un déclin par un facteur 2 dans les pays
développés et un accroissement par un facteur 3 dans les pays en développement.
Même ce scénario “demanderait un changement économique structurel majeur et des
investissements massifs dans des innovations accélérant le découplage.

Le découplage suggère que la croissance économique peut être possible sans une
croissance du flux matière-énergie qui l’accompagne. Cependant, les taux actuels de
découplage ont besoin d’augmenter afin d’éviter une augmentation drastique de
l’usage des ressources et de rejets de pollution dans les décennies à venir. Certains
pays sont déjà en tête des politiques d’innovation encourageant le découplage (voir
encadré 2 sur les efforts du Japon). Mais il sera nécessaire d’opérer un découplage à

22
l’échelle mondiale basé sur une coopération international qui n’a aujourd’hui rien
d’évident. En particulier, les pays développés doivent être prêts à diminuer l’usage de
leurs ressources suffisamment pour pouvoir répondre à leurs objectifs de durabilité et
permettre aux pays en développement d’avoir assez de disponibilité en ressources
pour éradiquer la pauvreté.

23
Conclusion générale

L’économie verte est une voie indispensable pour atteindre les objectifs économiques,
sociaux et environnementaux interdépendants du développement durable. Par essence,
ce modèle économique demande que soit repensée la signification même du
développement et du progrès humains comme quelque chose de plus que
l’accumulation matérielle, aussi importante que puisse être ce critère. Lorsqu’elle est
pleinement mise en œuvre, l’économie verte peut conduire à un ordre social plus
équitable, à des modes de vie plus épanouissants et à une relation plus symbiotique
entre les hommes et la nature.

En tant que décideurs et leaders d’opinion, les parlementaires peuvent jouer un rôle
décisif dans la transition vers une économie verte dans leurs pays respectifs. Tous les
parlements peuvent contribuer à ce processus. Il n’y a pas de limite à ce que la
volonté politique peut faire.

La prise en compte effective des principes de l’économie verte est essentielle pour la
préservation durable de notre planète et le maintien d’un secteur économique sain.
Une main-d’œuvre qualifiée et connaissant les principes d’une économie plus
compatible avec notre environnement peut être un atout considérable pour les
entreprises qui veulent adopter des pratiques vertes.

Ainsi, il est primordial que les citoyens se mettent à jour sur les nouvelles
technologies et les méthodes d’utilisation durable des ressources afin de s’adapter à
cette nouvelle société qui se tourne vers une transition plus respectueuse de
l’environnement. La formation et la capacité à s’adapter aux changements sont donc
primordiales pour réussir sa carrière professionnelle dans ce domaine.

La transition écologique est nécessaire pour éviter des risques environnementaux


majeurs tant qu’il en est encore temps. Cependant, cette transition est par nature très
difficile à penser dans le cadre des théories économiques actuelles, et réclame un
courage politique réel. Parmi les premières décisions structurantes du présent

24
quinquennat, les auteurs de cette note saluent l’annonce par le Président de la
République de la fixation d’un objectif de réduction de la consommation énergétique
de la France de 50 % à l’horizon de 2050, dont l’impact sur le PIB est difficilement
estimable par les modèles économiques classiques, et dont on voit bien pourtant le
potentiel en termes de réduction de la facture énergétique extérieure de la France, de
développement des filières de l’efficacité énergétique et de création d’emplois non
délocalisables.

L’objet de la présente note était de mettre en avant quelques convergences et


controverses des nouvelles théories économiques intégrant les enjeux
environnementaux, de manière à aider le Gouvernement dans sa prise de décision.

Selon un rapport publié en Janvier 2017 par le Forum économique mondial (WEF),
notre royaume est toujours en retard puisqu’il occupe la 45ème place dans le
classement de 79 économies en développement en termes de croissance et de
développement inclusifs.

Dans ce cas-là, on parle d’une économie où la répartition des richesses créées laisse à
désirer. La Commission Economique pour l’Afrique des Nations Unies (UNECA), a
publié en Octobre 2015 un rapport sur la croissance verte inclusive, montrant que le
Maroc ne dispose pas d’une stratégie globale structurante de l’économie verte
inclusive ni d’une feuille de route stratégique globale. Les initiatives qui vont dans ce
sens ne répondent qu’à des programmes d’urgence. Pire encore les incitations fiscales
qui permettent de créer des emplois verts manquent.

Ceci nous pousse à nous demander sur la manière avec laquelle l’inclusion se fera au
niveau des politiques publiques marocaines au futur, sous forme d’objectifs SMART
quantifiables et mesurables permettant par la suite l’évaluation de l’impact de ces
politiques par des indicateurs, et nous pousse de plus, à nous demander si une vision
globale amènera l’ensemble de ces politiques pour encourager la croissance verte
inclusive ou au contraire l’inclusion sera reportée jusqu’au nouvel ordre ?

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Bibliographie

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Collectivités territoriales et Développement Durable. Lavoisier, 2017, pp. 172-175.

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Par Agnès MichelClélia MartyEsther FinidoriFlorian MaynerisMarine GirardéPierre


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