Production D'énergie (Hydraulique, Thermique Et Nucléaire) : Thermo-Hydraulique Diphasique Monodimensionnelle. Cours Ensta
Production D'énergie (Hydraulique, Thermique Et Nucléaire) : Thermo-Hydraulique Diphasique Monodimensionnelle. Cours Ensta
Production d'énergie
(hydraulique, thermique
et nucléaire)
THERMO-HYDRAULIQUE DIPHASIQUE
MONODIMENSIONNELLE. COURS ENSTA
LJ)F' 96NB00116
Novembre 1995
OLIVE J.
THERMO-HYDRAULIQUE DBPHASIQUE
MONODIMENSIONNELLE. COURS ENSTA
Pages : 57 96NB00116
MNBM1M
(HT-30/95/019/A)
EXECUTIVE SUMMARY :
This course is part of the ENSTA 3rd year thermal hydraulics program (nuclear
power option). Its purpose is to provide the theoretical basis and main physical notions
pertaining to two-phase flow, mainly focussed on water-steam flows.
KNM01M
(HT-30/95/019/A)
THERMO-HYDRAULIQUE DIPHASIOUE
MONODMENSIONNELLE
SOMMAIRE
2-ÉQUATIONS DE CONSERVATION 6
2-1 Définitions et hypothèses de base 6
2-2 Équations du modèle à deux fluides 6
2-3 Lois de fermeture et hypothèses complémentaires 9
2-4 Autre forme des équations d'énergie 10
NOMENCLATURE 32
1-1 Définition
Un écoulement diphasique est un écoulement mettant en présence 2 corps non miscibles, dont
l'un au moins est un fluide. Le mélange en mouvement peut donc être constitué :
Les 2 phases sont séparées par des interfaces qui constituent des surfaces de discontinuité des
propriétés physiques au sein de l'écoulement. Dans le cas de 2 fluides, ces interfaces sont
déformables, et lorsque l'écoulement est turbulent, il est impossible d'en prédire finement le
mouvement. C'est pourquoi on se contente en général d'une description macroscopique des
écoulements diphasiques, grâce à des modèles plus ou moins simplifiés.
Les 2 phases peuvent appartenir au même corps : c'est le cas des écoulements liquide-vapeur.
Ce cas particulier est très important pour la thermo-hydraulique des réacteurs nucléaires :
écoulements eau-vapeur dans les générateurs de vapeur, le condenseur et dans l'ensemble des
circuits primaires et secondaires dans certaines circonstances accidentelles.
Les écoulements liquide-vapeur peuvent être obtenus de 2 façons :
• par apport de chaleur (ou de froid) : ebullition d'un liquide (ou condensation d'une
vapeur) ; c'est le cas le plus courant.
• par modification de la pression du système, qui entraîne un changement des propriétés du
liquide et de la vapeur saturée : sous l'effet de la dépressurisation, un liquide peut se
vaporiser, si son énergie interne devient supérieure à celle du liquide saturé (qui baisse avec
la pression).
L'annexe 1 présente quelques rappels de la thermodynamique des mélanges liquide-vapeur.
1-4 Déséquilibres entre phases
Les propriétés des fluides diphasiques se distinguent sur le plan macroscopique de celles des
fluides monophasiques. Souvent elles conduisent à des pertes de charge plus importantes, à des
transferts thermiques plus intenses et à des vitesses du son plus faibles.
Ces propriétés dépendent de la nature des deux fluides en présence et de leur taux de présence
respectif, mais aussi des déséquilibres entre les deux phases :
• déséquilibre mécanique : les deux phases s'écoulent à des vitesses moyennes différentes, on
parle dans ce cas de "glissement" entre phases.
• déséquilibre thermodynamique : les deux phases peuvent avoir des températures différentes.
Pour un mélange liquide-vapeur, cela signifie que l'une au moins des deux phases n'est pas
à la saturation. On observe alors parfois des états métastables (liquide surchauffé ou vapeur
sous refroidie).
Les propriétés moyennes de l'écoulement et la valeur des déséquilibres entre phases dépendent
de la configuration d'écoulement.
Pour un écoulement en tuyau, la configuration dépend des deux fluides, des conditions globales
de fonctionnement (pression, température), du débit et de la composition du mélange
(proportion de chaque phase), et de la géométrie du tuyau (diamètre, longueur, orientation par
rapport à la verticale).
En se limitant au cas des mélanges liquide-gaz en tuyau vertical avec écoulement moyen
ascendant, on classe généralement les configurations en fonction de la proportion en gaz du
mélange (voir figure HI-1-5)
Un classement plus élémentaire consiste à distinguer si une phase est présente sous forme
continue ou dispersée (sous forme d'inclusions dans la phase continue).
Les cas extrêmes (a) et (f) sont les plus simples, car chaque phase n'est présente que sous une
seule forme : gaz dispersé dans du liquide continu pour l'écoulement à bulles, liquide sous
forme de gouttelettes dans du gaz continu pour l'écoulement à brouillard. On parle dans ces
deux cas d'écoulement à phase dispersée.
Pour l'écoulement à bouchon (c), le liquide reste continu et le gaz dispersé. Cependant, la
notion de phase dispersée devient critiquable car certaines bulles peuvent remplir presque toute
la section de la tuyauterie.
Dans le cas de l'écoulement annulaire (e), chaque phase peut être présente sous les 2 formes :
près des parois du tube, le liquide est continu (sous forme d'un film) mais il peut contenir des
bulles ; au coeur de l'écoulement, le gaz est continu, mais il peut contenir des gouttes.
(al
Dans le cas de l'écoulement non structuré (d), on trouve les 2 phases sous les 2 formes au
centre du tube, et un film liquide avec des bulles près des parois.
Les configurations d'écoulements sont différentes en tuyauterie horizontale aux faibles
vitesses, l'écoulement tend à se stratifier (le gaz s'écoule au-dessus du liquide).
D'une façon générale, on parle d'écoulement à phases séparées lorsque les 2 phases sont
principalement sous forme continue et s'écoulent chacune dans une région déterminée : c'est le
cas des écoulements horizontaux stratifiés ou des écoulements annulaires. On peut également
obtenir une séparation des phases sous l'effet de forces d'inertie, par exemple par
centrifugation.
Dans les geometries complexes, telles que celle d'un faisceau de tubes d'échangeur, les
configurations d'écoulement sont moins bien connues car difficiles à observer. Elles semblent
s'apparenter à celles que l'on observe en tubes, à l'exception de l'écoulement à bouchon, qui est
propre aux tuyauteries.
2- EQUATIONS DE CONSERVATION
On a la relation : a{ + a2 = 1
Les équations prennent en compte le fait que les deux phases peuvent échanger de la masse, de
la quantité de mouvement et de l'énergie en chaque point de la tuyauterie.
On effectue le bilan sur un volume fixe V (de frontière Q.) de la quantité \p (scalaire ou
vectorielle) :
S représente l'ensemble des sources (ou puits) volumiques de \\f, et J les flux à travers la
frontière Q..
Choix du volume
J=
Avec ce choix, on a :
Pour obtenir les équations phasiques, il faut alors identifier les quantités A, y, S et J
Conservation de la masse :
A — > ctk A (portion de la section occupée par la phase k)
\|/ — > pk (masse par unité de volume)
S — > rVctk (transfert de masse interfacial)
J — > pk-uk (flux de masse de la phase k)
Conservation de l'énergie :
A — > ock A (portion de la section occupée par la phase k)
\\i — > pk-(ek+tlk^/2) (énergie totale par unité de volume)
S — > FlkAxk (transfert d'énergie interfacial)
+ pkgk-uk (puissance de la force de volume)
+ <E>k (source d'énergie apportée par les parois)
2
j ____> pk.uk-(ek+uk /2) (flux d'énergie de la phase k)
U
+ Pk- k (énergie liée à la pression)
+ <j>k (conduction au sein de la phase k : négligée)
2-2-2 Équations phasiques
L'application des principes précédents conduit à :
Conservation de la masse
d d
— Aockpk + — Aa k p k u K =
dt dx
Conservation de la quantité de mouvement
La principale différence avec les écoulements monophasiques réside dans le fait qu'il y a 6
équations (k = 1 ou 2) et que les échanges entre phases sont pris en compte par des termes de
"transfert interfacial", qui respectent eux aussi des lois de conservation à l'interface.
Masse
r1+ r 2 =o
r \ est la quantité de masse apportée par l'autre phase à la phase k par unité de volume et par
seconde. Elle s'exprime en kg/m^.s
Quantité de mouvement
I,+I2=O
Ik est la quantité de mouvement transférée de l'autre phase vers la phase k par unité de volume
et de temps. Elle s'exprime en N/m^.
Énergie
n, +n 2 =0
Iljf est l'énergie transférée à l'interface de l'autre phase vers la phase k par unité de volume et de
temps. Elle s'exprime en W/irP.
2-3 Lois de fermeture et hypothèses complémentaires
Enfin, les masses volumiques des 2 phases pk doivent également être déterminées. Elles sont
données par les lois d'état des fluides, en général connues sous la forme p^ = f
Outre les 6 équations de conservation, il faut donc fournir une équation supplémentaire, 7
relations de fermeture et 2 équations d'état.
Le modèle à 2 fluides est donc un modèle assez général dans sa formulation, mais dont la
fermeture est délicate.
En pratique, les lois manquantes sont déduites d'observations expérimentales et de mesures,
parfois de modèles théoriques déterminés dans des cas simplifiés, puis généralisés et ajustés sur
des expériences. Le domaine de validité du modèle à 6 équations va dépendre essentiellement de
la qualité des lois de fermeture utilisées. Si l'on veut que ce domaine soit vaste, il faut utiliser
des lois différentes selon la valeur des paramètres qui déterminent les configurations
d'écoulement. Enfin, les lois utilisées ne doivent pas empêcher la résolution du système : elles
doivent être continues et d'un niveau de complexité raisonnable.
Cette hypothèse, généralement justifiée, est appliquée à tous les modèles utilisés dans
l'industrie. Elle permet de se passer de l'équation manquante relative à la distribution du
taux de présence des phases. Celui-ci peut alors être calculé à l'aide du modèle à 6
équations.
• Frottement en paroi
Le terme 4>^ (W/m^) correspond à la puissance thermique échangée entre la paroi et l'unité
de volume de la phase k ; son expression est analogue à celle utilisée en monophasique pour
des transferts par convection. Parfois, des termes de rayonnement entre une phase et la
paroi doivent être pris en compte. Si d'autres sources de chaleur (réactions chimiques,
nucléaires...) sont présentes, on doit les ajouter à ce terme.
Transferts interfaciaux
• En l'absence de transfert de masse Fj^, le terme 1^ est écrit comme une somme de forces
élémentaires s'appliquant à l'interface. La principale est une force de frottement
interfacial, proportionnelle au carré de la différence de vitesse des 2 phases.
• En l'absence de transfert de masse F^, le terme 11^ est en général considéré comme
proportionnel à la différence de température des 2 phases.
• Le terme F^ n'est modélisé que pour les écoulements avec changement de phase
(ebullition ou condensation). En général, des considérations sur la physique du
changement de phase permettent de le déduire des échanges d'énergies FI^ et de
l'énergie de chacune des phases e^. La modélisation des transferts interfaciaux est
examinée plus en détail dans la deuxième partie du cours (codes de calcul des
écoulements diphasiques).
L'enthalpie massique d'un fluide peut être définie par la relation thermodynamique suivante :
H = e+P
P
"e" étant l'énergie interne massique, "p" la pression et "p" la masse volumique.
—AockpkHk + — Aa k p k u k H k = Aa k ( ^ + uk - £ ) + Aa k O k + AFIk
àt dx dt dx
10
On a notamment négligé, dans cette expression, l'énergie mécanique dégradée en chaleur
provenant du frottement sur les parois F^. Le terme en pression, bien que calculable, est
souvent négligé.
11
3- MODELES D'ECOULEMENT DIPHASIOUE
Dans les cas les plus courants, ces déséquilibres sont soit négligeables, soit connus, et une
approche simplifiée est possible.
Un tel modèle, dit homogène équilibré ou à 3 équations, peut également être obtenu à partir du
modèle à deux fluides en faisant des hypothèses sur les déséquilibres entre phases. C'est cette
démarche que nous allons exposer par la suite, ce qui nous permettra au passage de définir des
modèles de complexité intermédiaire.
12
On souligne que cette hypothèse est rarement légitime et qu'il est souvent nécessaire de
réintroduire un déséquilibre mécanique, calculé de façon approchée, pour que les résultats
obtenus soient suffisamment précis.
Les équations sont établies dans le chapitre suivant, après définition de nouvelles grandeurs,
communément employées dans la pratique industrielle, et qui permettent de simplifier l'écriture
du modèle.
En fait, plutôt que de supprimer les deux équations d'énergie et une équation de quantité de
mouvement, on se ramène à un modèle homogène en additionnant 2 à 2 les équations phasiques
du modèle à deux fluides. Ceci permet de conserver la symétrie de l'écriture relativement aux
deux phases, de faire apparaître naturellement les "propriétés moyennes du mélange" et de faire
disparaître les transferts interfaciaux. L'énergie est généralement exprimée sous forme
d'enthalpie.
• Pression moyenne - p m
La pression étant commune aux 2 phases, elle est aussi la pression moyenne du mélange
Pm(=Pl=P2)
Elle est naturellement définie comme la somme des masses volumiques de chaque phase,
pondérée par leur taux de présence volumique :
pm=a,p,+a2p2
• Vitesse moyenne
13
Enthalpie moyenne du mélange
Là encore, au moins deux définitions sont possibles :
a.p.H, + a 9 p 7 H 7 , , .
él k
H m = ———'• - —- enthalpie moyenne statique
Pm
TT a.p.u.H, + a 2 p 2 u 2 H 2 , , . „,
1KI 2K2 2 2
H md = ' ' enthalpie dynamique"
Pm U m
Frottement moyen
Fm=a,F,+a2F2
C _«kPk
k
~ ~
pm
C'est la proportion en masse de la phase k contenue dans un volume élémentaire de
tuyauterie à un instant donné.
Pk - :
Jm
C'est le débit-volume de phase k dans une section de tube, rapporté au débit-volume total.
Y _ «kPk u k
A
k
Pm U m
C'est le débit-masse de la phase k dans une section de tube, rapporté au débit-masse total.
Le titre massique dynamique d'une phase vapeur est couramment appelé "qualité".
ur=u2-u,
14
Glissement y
u,
= —
Hr = H 2 - H ,
P2
Les quatre dernières définitions sont relatives à un écoulement liquide-gaz, le gaz étant la phase
2. Dans ce cas, en écoulement ascendant, u r est généralement positive ou nulle, donc y
supérieur ou égal à 1, H r positive et 6 supérieur à 1.
Quantité de mouvement
Énereie
3-2-4 Commentaires
Ce système de 3 équations à été écrit à partir du modèle à 6 équations sans hypothèse
supplémentaire. Les termes de transfert à l'interface ont disparu naturellement, mais les 6
inconnues principales sont toujours présentes, sous une forme différente : u m , p m et H m
15
(les propriétés du mélange), C\ (ou C2 = 1-Cj) (le titre massique), et enfin u r et H r (les
déséquilibres).
On peut construire un modèle plus précis, lorsque les hypothèses du modèle homogène
équilibré ne sont pas vérifiées, en se donnant des expressions empiriques des déséquilibres
mécanique u r et thermodynamiques Hj - H i s a t et H2 - H2sat> ou en réintroduisant les
équations phasiques (mais aussi les lois de fermeture correspondantes!) nécessaires.
Les relations de définition des enthalpies moyennes s'écrivent , en fonction des variables C
ouX:
H =X
md I H 1 +X2H2
H _ — H, H _ — Hi
2
~ H? -H, L
- sal 'sal
X, =-
L
X2 est alors appelé titre thermodynamique (c'est une forme adimensionnalisée de l'enthalpie
dynamique). D est défini par extension même lorsqu'une phase n'est pas présente (X2<0
pour le liquide seul, X2>1 pour la vapeur seule).
a
^— Ap u H = AO (si on néglige le terme de pression)
Jv 'm m md m
16
Si u r = 0 (ou y = 1), enthalpie dynamique et enthalpie statique sont égales. Il en est de même
pour le titre dynamique et le titre statique.
Pi P2
• Modèle de BANKOFF
II est fondé sur une hypothèse d'équilibre local (u\ = U2 en un point du tuyau), combiné avec des
profils non uniformes (paraboliques) de u et a dans une section de tuyauterie.
ou de façon équivalente :
1-a,
Modèle de WALLIS
II suppose des profils de vitesse et de taux de présence uniformes dans la tuyauterie, mais un
glissement d'ensemble d'une phase par rapport à l'autre.
Ce modèle donne directement une expression de la vitesse relative u r en fonction des variables
principales.
CC 2 =
h
17
4- PERTES DE PRESSION EN ECOULEMENT DIPHASIOUE
4-1 Généralités
La chute de pression est obtenue en intégrant cette équation le long de l'abscisse x. Elle
comprend donc 3 termes :
• une perte de pression irréversible par frottement et turbulence, ou perte de charge : F m . Ce
terme est toujours négatif.
(Y 1)2
__Q_LU (i+cc i ) — £ i - u n+xx " )
U m ( 1 + C C 2 U m ( 1 + X X2
~ Aa ' ^" A3 '
Pour déduire cette expression, on a utilisé l'équation de masse du mélange en écoulement
permanent, qui s'intègre aisément sous la forme :
A m p m U m = Q = constante (conservation du débit-masse).
Le terme en vitesse relative est en général assez petit devant 1 et l'on constate qu'il y a perte
de pression si um augmente avec l'abscisse x, c'est à dire si l'écoulement moyen subit une
accélération (comme en écoulement monophasique : voir équation de Bernouilli).
L'équation de conservation du débit nous montre que cette accélération peut avoir deux
causes :
18
La plus courante consiste à se ramener à un écoulement de même débit-masse entièrement
liquide, pour lequel on applique les lois de frottement monophasiques (loi de BLASIUS), puis à
appliquer un coefficient multiplicateur diphasique d'origine empirique (il en existe de nombreux
dans la littérature).
On peut également utiliser une approche de type modèle homogène, en appliquant la loi de
Blasius (ou autre) à un fluide monophasique équivalent, de masse volumique moyenne p m . La
définition de la viscosité moyenne n'est pas unique. On peut par exemple utiliser une
pondération de la viscosité de chaque phase par le titre massique C.
La perte de pression ainsi obtenue doit cependant être également corrigée par un coefficient
empirique, pour obtenir des résultats satisfaisants.
L'expression mathématique d'un tel modèle homogène pour le calcul du frottement réparti est la
suivante :
F --A
1 O
i£
m
m p. Km
'h
avec
_m<> 0 U Di,
m - 0,316.Kem Kem - —
Dans cette approche homogène, le multiplicateur diphasique C2(p n'est pas nécessairement
supérieur à 1.
La perte de charge singulière est appliquée au point singulier sous une forme intégrée. En effet,
on considère qu'il s'agit d'une discontinuité de pression, qui ne peut donc pas s'exprimer sous
forme différentielle. On l'écrit :
Aps K
ïïr s n
2
PH
19
p H est la masse volumique moyenne en écoulement diphasique homogène sans glissement, qui
se déduit du titre massique dynamique par :
PH PI P2
Remarque : Xi n'est égal à Ci que si l'on utilise un modèle sans déséquilibre mécanique pour
l'ensemble des termes.
Pour les débits élevés, le fluide est entièrement liquide. Lorsqu'on diminue sa valeur,
l'ébullition apparaît (la puissance fournie restant la même) et la courbe s'éloigne de la
caractéristique liquide, les pertes de charge en diphasique étant plus importantes. Au-dessous
d'une certaine valeur de Q, le fluide est entièrement vaporisé (sauf dans une petite zone à
l'entrée du tube) et la courbe rejoint la caractéristique vapeur.
AP (bar)
caractéristique externe
caractéristique interne
20
La caractéristique externe représente également la variation de AP, mais elle est obtenue en
prenant en compte les éléments de la boucle externes au système étudié. Elle reflète
essentiellement la caractéristique de la pompe, s'il y en a une. Un exemple est donné par la
figure m-4-4-1.
Si la caractéristique interne est monotone croissante, il n'y a qu'un point d'intersection entre les
deux courbes, donc un seul point de fonctionnement possible : le système est statiquement
stable. Sinon, il peut y avoir plusieurs points d'intersection ( A, B et C dans le cas de la figure).
A et C correspondent à des états d'équilibre stables, mais dans certaines configurations (canaux
en parallèle soumis à la même condition d'écart de pression entre l'entrée et la sortie, par
exemple), il peut y avoir une variation brutale du débit (passage du point A au point C) pour
chaque canal. On parle d'instabilité de LEDINNEG. Le point B correspond à une situation
d'équilibre instable (pente négative de la caractéristique interne) et un système dans un tel état
évoluera spontanément vers A ou C.
La recette pour éviter ce phénomène est, soit d'adopter une pompe de caractéristique plus
"plongeante", soit d'augmenter la perte de charge dans la zone monophasique liquide en
insérant des diaphragmes à l'entrée du tube ; on augmente ainsi la pente de la caractéristique du
liquide ce qui permet de rendre la caractéristique interne diphasique monotone croissante.
C'est une interaction dynamique entre les paramètres de l'écoulement diphasique (débit,
pression, taux de vide, enthalpie pour les écoulements non adiabatiques), caractérisée par des
oscillations périodiques de l'ensemble des paramètres, autour d'un état permanent. Le type le
plus courant est souvent appelé "onde de densité", car l'instabilité est liée à la forte dépendance
de la densité moyenne du fluide diphasique, p m , au taux de vide et à la pression. Elle est
également liée à l'existence de zones monophasiques et diphasiques, de comportement
dynamique très différent, au sein d'une même boucle de circulation (effet de feed-back par les
conditions externes à la zone diphasique).
Bien qu'elle puisse exister pour un système diphasique adiabatique, l'instabilité dynamique est
plus fréquente pour un système thermique avec ebullition et condensation. D faut notamment
être particulièrement vigilant lorsque le système présente de possibles boucles de circulation
naturelle ou des canaux diphasiques en parallèle.
La période de l'instabilité est du même ordre de grandeur que le temps de transit du fluide dans
le tuyau diphasique :
On peut rendre stable un système dynamiquement instable en jouant sur les paramètres
suivants :
- augmentation de la perte de charge en phase liquide par rapport à la perte de charge totale
21
- soit en augmentant la longueur du tronçon liquide (perte de charge par
frottement) ; pour un système en ebullition, cet effet peut être obtenu en augmentant le débit ou
en diminuant la puissance fournie au fluide,
- augmentation de la pression du système (qui entraîne une réduction des écarts de densité
entre les phases).
- résolution dans le domaine fréquenciel, après linéarisation des équations autour d'un
régime permanent (hypothèse des petites oscillations) et utilisation de la transformation de
Laplace. L'étude de stabilité se fait alors avec les méthodes de l'automatique (fonctions de
transfert, critère de Nyquist, ...). Elle permet d'accéder aux seuils d'instabilité et aux périodes
d'oscillations, mais pas à leur amplitude.
22
5- TRANSFERT THERMIQUE EN EBULLITION CONVECITVE
5-1 Généralités
On se limitera au cas d'un liquide en ebullition dans un tube chauffant. Deux cas principaux
peuvent se produire :
• la puissance dégagée par le tube est imposée. C'est le cas, en première approximation, dans
un canal de réacteur nucléaire.
• la puissance fournie par le tube dépend de la température d'un autre fluide (échangeur de
chaleur). C'est le cas des générateurs de vapeur. L'évaluation du terme Om est nécessaire
en tout point pour calculer l'énergie du mélange diphasique. Il faut donc procéder à une
résolution couplée des équations de conservation de l'énergie des 2 fluides qui échangent de
la chaleur à travers le tube.
md
ax ~ Q
avec Q = Ap m u m = AG
Dans le cas où <ï>m est imposée et uniforme selon x, l'intégration de cette équation est
immédiate. On obtient une variation linéaire de l'enthalpie dynamique, et donc du titre
dynamique X2 avec l'abscisse x.
<p
O m = — <pm {Tc : périmètre chauffant)
A
23
Pour un modèle diphasique homogène avec équilibre thermodynamique, T m est égale
à TSat (température commune des deux phases).
'Dryout' - -
Annular
flow with
entrainment
Forced
convective heat
transfer tfiro'
liquid film
f
-Fluid temp Annular
flow
Wall temp
Slug Saturated
flow nucleate
boiling
Liquid _ _
temp
s-0 Bubbly
flow
Subcod fd boiling
Single- Convective
phase heat transfer
Sat temp liquid to liquid
24
La figure III-5-2-1 illustre les différents régimes rencontrés en écoulement en ebullition dans un
canal chauffant. Les limites entre ces régimes dépendent principalement du titre dynamique X2
et du flux de chaleur en paroi q>m, qui sont liés entre eux par l'équation de conservation de
l'énergie du mélange, que l'on peut également mettre sous la forme suivante (en négligeant les
variations des propriétés à la saturation avec la pression) :
<Pn
dx QL
Pour les flux de chaleur modérés, on observe successivement 6 régimes lorsque le titre
en vapeur augmente. Pour les forts flux, certains des régimes décrits ci-dessous n'existent pas
car on atteint la crise d'ébullition pour des titres inférieurs à leur limite (voir § 5.3) :
T(°C)
paroi Profil de température selon AA'
chauffante
Tparoi
Tsai
Tmoya
25
mécanismes locaux de nucléation). Elle conditionne la valeur du titre (négatif) X s b a partir
duquel apparait ce régime.
Pour ce régime, le coefficient d'échange est alors bien supérieur à celui obtenu en
écoulement monophasique pur. En effet, la formation des bulles à la paroi et leur
recondensation rapide dans l'écoulement froid permet une intensification du transfert de
chaleur entre la paroi et le coeur de l'écoulement. On parle d'ébullition nucléée sous-saturée.
La relation entre le flux de chaleur et l'écart de température n'est pas linéaire. Autrement dit,
h m dépend lui-même de T p - T m (corrélations de CHEN, SHA, JENS et LOTTES...). Ce
mode de transfert thermique est très recherché dans l'industrie car il permet un
refroidissement très efficace des composants.
(3) Pour 0 < X2 < X a b : transfert thermique en ebullition nucléée saturée (régions C et D) ;
c'est en fait le même régime thermique que le précédent. Pour les faibles titres en vapeur, les
mêmes corrélations s'appliquent pour le calcul du coefficient d'échange hm-
Ce mode de transfert prévaut dans l'ensemble du régime d'écoulement "à bulles" et "à
bouchons", et peut se prolonger un peu au-delà.
(4) Pour Xaj-, < X2 < X(j 0 : échange convectif en film liquide (régions E et F).
Au-delà d'une certaine valeur du titre X a 5, l'écoulement est du type non structuré ou
annulaire, et un nouveau régime de transfert thermique s'installe, dominé par l'échange
convectif entre la paroi et le film de liquide qui l'entoure. Il n'y a plus vraiment d'ébullition,
mais evaporation du film à l'interface avec le coeur gazeux. Le coefficient d'échange cesse
alors de croître, mais reste très élevé. Il peut être obtenu par des lois du même type que
celles du régime monophasique liquide. Certaines corrélations (THOM) couvrent les
régimes (3) et (4) en établissant une moyenne pondérée des coefficients d'échange relatifs à
chacun d'eux.
(5) Pour Xdo ^ X2 ^ 1 : échange convectif en vapeur saturée (région G).
Le passage de l'écoulement à l'état de vapeur sèche (X2 = 1), ne constitue pas une réelle
transition dans le régime de transfert thermique, qui était déjà du type convectif gaz. Le
coefficient d'échange se calcule à l'aide des corrélations classiques en régime
monophasique.
26
5-3 Courbe d'ébullition et crise d'ébullition
Tp - Tsat (°Q
Figure IH-5-3 :
Exemples de courbe d'ébullition
X2 dépendant en fait de cpm par la relation de bilan thermique, chaque point de la courbe
correspond donc à une abscisse différente. La courbe est tracée pour une valeur figée des autres
paramètres indépendants : géométrie du tube, pression p m , débit-masse Q.
27
Deux exemples de courbe d'ébullition sont représentés sur la figure III-5-3.
• Cas des faibles titres. Si X2 est négatif (le fluide est du liquide sous saturé), lorsqu'on
augmente progressivement (p m , la courbe suit tout d'abord une évolution linéaire,
caractéristique de l'échange convectif liquide. Lorsque la température de paroi dépasse T s a t
de AT s b, (pm augmente de façon non linéaire avec Tp - Tsal (ebullition nucléée sous
saturée). X2 étant négatif, les autres régimes thermiques décrits précédemment ne peuvent
être atteints. A la place, on atteint au point C un flux de chaleur maximum ou "flux critique",
noté Re-
cette crise d'ébullition correspond à la formation d'une couche de vapeur presque
ininterrompue à la surface chauffante, qui met fin au régime d'ébullition nucléée.
Cas des titres élevés. Pour des valeurs plus grandes de X2 (par exemple pour un
régime d'écoulement annulaire avec X2 de l'ordre de 0,7 ou 0,8, voire moins), on décrit la
courbe A'C, correspondant à l'échange convectif par film liquide (régime (4)), moins
efficace que l'ébullition nucléée. En C, on observe également le flux critique, mais
l'excursion de température de paroi est bien moins grande qu'à faible titre. Les mécanismes
physiques de la crise d'ébullition sont d'ailleurs différents : il ne s'agit plus de caléfaction,
mais d'assèchement du film liquide en paroi (en anglais "dry-out"). Ceci correspond à la
transition entre les régimes (4) et (5) de transferts thermiques, qui accompagne le passage
d'un régime d'écoulement annulaire à un régime à gouttes.
28
Si l'on considère le système thermique de référence constitué par un tube cylindrique de
diamètre D et de longueur chauffante L, chauffé uniformément, les paramètres globaux
indépendants qui déterminent l'occurrence de la crise d'ébullition sont :
Pour ce système simple, la crise d'ébullition surviendra en sortie de tube, où le titre est le plus
élevé. Le titre local à l'endroit de la crise peut être déduit des conditions globales de l'essai par
un bilan d'énergie entre l'entrée et la sortie du tube :
ou :
ou :
4 H
X -X +
x loc - x ee + D
Les autres conditions locales sont :
Si l'on raisonne avec les variables locales, les tendances constatées expérimentalement sont les
suivantes :
• <pc diminue lorsque Xjoc augmente ; la relation monotone entre ces deux paramètres
explique l'utilisation concurrente des termes "flux critique" et "titre critique".
• epe augmente lorsque Gloc augmente ; ceci n'est pas forcément vrai aux très faibles
valeurs de G (effets de convection mixte).
• <pc augmente lorsque p augmente, pour les faibles pressions, puis passe par un
maximum (environ pour p = 70 bar en eau-vapeur) et décroît ensuite.
• la longueur L, paramètre non local, n'a pas d'effet, sauf si le rapport L/D est faible
(établissement des couches limites).
• le diamètre D a un effet faible, qui dépend de la valeur des autres paramètres (p, G, X).
29
5-4-2 Corrélations et tabulations usuelles
On se limitera au cas des tubes droits de section circulaire à chauffage uniforme. Ces lois
peuvent être étendues à d'autres cas (flux non uniforme, faisceaux de tubes, etc ) par des
lois empiriques, à utiliser avec précaution (vérifier si l'on n'est pas dans un cas extrapolé par
rapport aux données expérimentales).
Les corrélations les plus courantes sous forme analytique sont celles de BOWRING, BIASI et
KATTO. Le flux critique y a une dépendance linéaire au titre (d'entrée ou local). Seule la
corrélation de KATTO s'applique à d'autres fluides que l'eau.
Il existe enfin des prédicteurs de flux critique établis à l'aide de méthodes statistiques non
paramétriques (utilisation de fonctions splines), qui permettent une représentation optimale de la
base de données sur laquelle on s'appuie (SOUYRI et GARNIER, banques de données d'EDF
et du CEA).
Ces lois de similitude permettent de transposer les corrélations de flux critique établies dans des
conditions expérimentales données à des conditions semblables, notamment à l'utilisation
d'un autre fluide.
Les deux similitudes les plus connues, établies pour des tubes en flux uniforme sont celles :
• d'AHMAD. Les nombres à respecter sont
2. 1
• ASSÈCHEMENT : on calcule l'épaisseur du film liquide qui mouille la paroi chauffante lors de
l'écoulement annulaire, en prenant en compte dans le modèle 3 mécanismes :
- l'entraînement de gouttes, arrachées au film liquide par le gaz,
30
- la redéposition de gouttes, présentes en excès dans le gaz,
- l'évaporation du film liquide sous l'effet du flux de chaleur apporté par la paroi.
L'assèchement est obtenu lorsque le calcul donne une épaisseur de film nulle.
Le modèle, mis au point à Harwell par AEA Technology (ex UKAEA), donne de bons résultats
quantitatifs.
• CALÉFACTION : il n'y a pas de modèle faisant l'unanimité, mais deux types de mécanismes
postulés :
- le blocage du transfert thermique direct entre la paroi et le liquide, lorsqu'une couche de
bulles suffisamment dense s'est formée sur la paroi (modèle de WEISMAN),
- l'assèchement d'un film liquide pris en "sandwich" entre la paroi et une poche de gaz
(modèles de KATTO et de MUDAWAR).
Ces deux modèles donnent des résultats quantitatifs médiocres, surtout lorsque la sous-saturation
est faible ou si le titre local est positif.
Le phénomène de caléfaction est trop local pour pouvoir l'observer et en mesurer les paramètres
directement (sans le perturber). Ceci explique l'état insatisfaisant des connaissances, et les
nombreuses recherches qui lui sont encore consacrées.
31
NOMENCLATURE
Lettres latines
a diffusivité thermique = À/p.Cn m 2 /s
A section de passage m2
C titre massique statique -
cDhp chaleur massique à pression constante J/kg.K
diamètre hydraulique = 4A/iPm m
Dc diamètre chauffant = 4A/îPc m
e énergie interne massique J/kg
F force de frottement volumique N/m 3
g gravité m/s 2
G vitesse massique kg/m 2 , s
h coefficient d'échange thermique W/m 2 .K
H enthalpie massique J/kg
I force interfaciale volumique par unité de temps N/m 3
j vitesse superficielle m/s
K coefficient de perte de charge singulière -
L chaleur latente = HVsat-Hisat J/kg
P pression Pa
2m périmètre mouillé m
2c périmètre chauffant m
Q débit-masse kg/s
s entropie massique J/kg.K
t temps s
T température K
u vitesse m/s
V volume massique m3/kg
volume m3
X abscisse m
X titre massique dynamique -
Lettres grecques
a taux de présence temporel ou volumique -
P titre volumique dynamique -
ô taux d'expansion volumique = pl/pv -
densité de flux thermique W/m2
<P
4> puissance volumique W/m3
glissement = uj/uy -
y
r échange interfacial de masse par unité de volume et de kg/m 3 , s
temps
X coefficient de conductivité thermique W/m.K
A coefficient de frottement -
viscosité dynamique kg/m, s
n échange interfacial d'énergie par unité de volume et de W/m3
temps
p masse volumique kg/m3
T contrainte N/m 2
32
Indices
g phase gazeuse
H calculé par le modèle homogène
k désigne l'une ou l'autre des deux phases
1 phase liquide
m moyenne du mélange diphasique
md moyenne dynamique du mélange diphasique
P relatif à la paroi
r grandeur "relative" (écart entre phases)
sat à la saturation
V phase vapeur
X projeté sur l'axe Ox
33
ANNEXE 1: THERMODYNAMIQUE DES MELANGES LIQUIDE-
VAPEUR A UN SEUL CONSTITUANT (CORPS PURS)
T] = T v = T s a t ,
Hi - T.si = Hv - T.sv
dH = T.ds + v.dp
dpr
s -s,J
H -H!
osai sai &sat 'sat
C'est la célèbre relation de CLAPEYRON, qui donne la variation de la température de saturation avec
la pression, en fonction des propriétés des deux phases à l'équilibre.
T = H/Cp + constante
La loi n'est pas tout à fait linéaire car Cp dépend de la température T.
Au point B, la première bulle de vapeur apparaît : le liquide est saturé. Sa température se stabilise à
Tsat tout le long du trajet dans le domaine diphasique, c'est-à-dire jusqu'au point de vapeur saturée D.
Pour un point M du domaine diphasique, le titre thermodynamique est donné par le rapport BM/BD.
En phase vapeur, le fluide décrit la courbe DE. Sa température se remet à croître, plus rapidement
qu'en phase liquide, le Cp de la vapeur étant plus faible.
34
T
(Kelvin)
t
fluide super-critique
isobare p,
Tsat(p)
HIsat Hvsat
H
Figure Al
Diagramme (T, H) schématique d'un corps pur
On observe sur la figure Al que le palier diphasique est de plus en plus étroit lorsque la pression
augmente, et qu'il existe un point critique C au-delà duquel les deux phases se confondent : un fluide
sous une pression supérieure à la pression critique est appelé supercritique; il ne subit plus de
changement de phase. Lorsque la pression est inférieure, mais proche du point critique, la chaleur
latente L = H v s a t . Hisat devient très faible et les propriétés physiques des deux phases (masses
volumiques, viscosités,...) deviennent voisines .
En pratique, le fluide n'est pas toujours à l'équilibre thermodynamique et l'on peut observer
l'existence d'états métastables : liquide surchauffé (point B"), ou vapeur sous-refroidie (point D').
Ces points sont instables, c'est-à-dire qu'il suffit de peu de choses (existence de germes, par
exemple) pour que le fluide rejoigne la courbe BD.
On peut également observer sur ce diagramme l'effet d'une variation de pression : le passage du point
N au point P correspond par exemple à une chute de pression à enthalpie constante : on passe alors,
sans apport d'énergie, de l'état liquide à un état diphasique : on dit qu'il y a auto-vaporisation.
35
ANNEXE 2: RELATIONS ENTRE VARIABLES
ADIMENSIONNELLES DU MODELE HOMOGENE ID
Relations entre a et B :
a.y P (3 1-a
a=
CC.(Y-1) P+Y-O-P) l-(3 a
Relations entre a et C :
a C.Ô a 1-C
C= a=
1-a C
Relations entre a et X :
Relations entre B et C :
C.Ô.y p 1-C
c= P= u., 1-p c
Relations entre B et X :
Ô.X p 1- X
x= P =S.X o—
-p X
Relations entre C et X :
X 1- c
X= c= ' 1- X c
36
ANNEXE 3: MECANISMES DE NUCLEATION
P,
liquide
La pression dans la bulle est supérieure à celle du liquide environnant, à cause des forces de tension
superficielle :
2a
+
On peut admettre que la bulle est à la saturation ( T g = Tsat(pg) ), et que l'équilibre thermique est
réalisé (Tg = Ti). Puisque p g est supérieur à pi, le liquide environnant est donc surchauffé
(Ti > Tsat(pj)), la surchauffe étant caractérisée par :
1/ - 1/
AT /P /Pi
— 1 .sat
soit:
O/T T 1
AT
sat = -7:——— ' e n négligeant 1/p,.
R L
Pg
On remarque que la surchauffe sera d'autant plus grande que le rayon de la bulle est petit, ce qui
signifie qu'il faut des surchauffes importantes du liquide pour pouvoir obtenir un début de nucleation.
La relation établie suppose des écarts faibles entre les pressions des deux phases et ne peut pas
s'appliquer rigoureusement aux très petites bulles. Un modèle plus exact peut être utilisé pour calculer
les surchauffes théoriques nécessaires à l'apparition de bulles au sein du liquide (nucleation dite
"homogène"). Pour de l'eau à 1 bar, on trouve une surchauffe de 220 °C. En pratique, il existe
presque toujours des germes, dans le fluide ou sur les parois, qui permettent d'obtenir un début
d'ébullition pour des surchauffes du liquide beaucoup plus faibles.
37
Nucléation hétérogène.
C'est le mécanisme qui provoque l'ébullition sur une paroi chauffante.
La paroi, plus ou moins rugueuse, contient des micro cavités qui peuvent être autant de sites de
nucléation (notamment si des bulles de gaz préexistent). Les sites activables les plus gros, qui
demandent la plus faible surchauffe du liquide, sont les premiers activés. Ils génèrent des bulles et
peuvent activer les sites voisins plus petits (contamination) qui n'ont pourtant pas atteint les
conditions théoriques de nucléation.
Il faut donc qu'il existe sur la paroi des sites de rayon au moins égal à un rayon critique Rc pour que
l'ébullition démarre. On peut par un modèle simple relier Rc au flux de chaleur à la paroi 9.
1 x (distanceà la paroi)
T=Tat
On suppose que :
- la loi de variation de Tj en proche paroi est donnée par l'équation de conduction :
dTt = cp
dx À
- à la surface de la bulle, le liquide et la bulle sont en équilibre thermique, à la température de
saturation de la bulle :
T,(Rc) = Tsat(pg)
38
On constate que le rayon critique décroît lorsque le flux de chaleur croît. Lorsqu'on cherche à obtenir
l'ébullition en augmentant progressivement le flux, elle apparaîtra pour la première valeur du flux
correspondant au plus grand rayon critique des sites activables.
En revanche, si on décroît le flux à partir d'un état en ebullition, la phase vapeur disparaîtra pour des
valeurs plus faibles du flux ; il y a donc un effet d'hystérésis.
Cycle de nucléation.
Un site de nucléation produit de la vapeur par intermittence, selon un cycle comportant 4 phases :
1- nucléation et evaporation progressive de la couche liquide,
2- grossissement de la bulle, assèchement local de la paroi et détachement de la bulle,
3- trempe de la paroi par du liquide frais suite au détachement de la bulle,
4- reconstitution de la couche limite thermique avec surchauffe du liquide.
détachement nucléation
(2) \ (3)
temps
Ces mécanismes sont à l'origine des modèles de prédiction de l'échange thermique en ebullition, qui
supposent que le flux de chaleur échangé se décompose en trois contributions :
- un flux de chaleur dû à la convection entre la paroi et le film liquide (phase 4 principalement)
- un flux de chaleur dû à l'évaporation du liquide (phase 1 principalement)
- un flux de chaleur dû à la trempe de la paroi (phase 3).
Le flux de convection entre la paroi et la vapeur (phase 2) est négligeable par rapport aux trois autres
contributions.
39
ANNEXE 4: EXERCICE : CALCUL DE LA PERTE DE PRESSION D'UN
EVAPORATEUR
1) Données et hypothèses
L'échangeur est composé de barreaux chauffants contenus dans un cylindre. Le fluide de
refroidissement qui circule autour des barreaux est de l'eau, qui pénètre dans l'évaporateur à l'état
liquide. Cette eau va entrer en ebullition sous l'effet de la chaleur fournie. On suppose :
- l'écoulement unidimensionnel, vertical ascendant (de la cote d'entrée x e à la cote de sortie xs),
- la section de passage du fluide A est constante,
- le régime est permanent,
- la puissance fournie par unité de longueur W m est indépendante de la cote z,
- le comportement du fluide est décrit par un modèle homogène,
- il y a toujours équilibre thermodynamique entre l'eau et la vapeur,
- les propriétés de chaque phase sont constantes et égales à celles de la phase à la saturation, la
pression de saturation étant définie par la pression en sortie de l'évaporateur,
- le déséquilibre cinématique entre phases est décrit par un glissement constant y
- la loi de frottement pour le mélange diphasique est donnée par :
F = -Apm — avec A constant.
2) Valeurs numériques.
xe = 0
Xs = 10 m
A = 5m2
Dh = 0,030 m
T e = 250 °C
P s = 75 bar
W m = 220MW/m
A = 0,2
7= 1,5
g x = -9,81 m 2 /s
De la valeur de P s on déduit les propriétés à la saturation :
T sa t = 290°C
H r = L = H v s - His = 1480 kJ/kg
His = 1288 kJ/kg
Cpis = 5,50 kJ/(kg.°C)
pis = 730 kg/m3
p v s = 40 kg/m3
3) Questions posées
a) Écrire les équation du système ainsi décrit. On utilisera les variables principales G (vitesse
massique du mélange), P (pression du mélange), Hd (enthalpie dynamique du mélange), X (titre
dynamique de la vapeur), pm (masse volumique du mélange).
40
b) Donner une expression analytique de la perte de pression entre l'entrée et la sortie du système,
en fonction du débit total à l'entrée Q e .
d) Comment les résultats sont-ils modifiés si l'écoulement se fait du haut vers le bas (écoulement
vertical descendant) ? Qu'en déduit-on sur la stabilité du système ?
4) Solution
a) Équations du modèle homogène en régime permanent, avec glissement
masse — p m u m = 0 (1)
(2)
énergie | - P m [ u m H m + C 2 ( l - C 2 ) u r H r ] = ^ (3)
si H SH SH
fe-i) - - -
Si H
Pm=Pls m^HlS
On pose S = -^s-
Pvs
41
En utilisant les relations de l'annexe 1, on en déduit une nouvelle forme des équations
masse — G = 0 d)
3
3P aG2 ,(Y-D 2 A G2
quantité de mouvement ——
dx
(2) dx p m
d W
énergie — G H d = — E - (3)
dx A
H|
(4)
(5)
b) Solution analytique
(1) s'intègre aisément sous la forme : G= constante = Qe/A (condition limite à l'entrée)
W
(3) s'intègre facilement sous la forme : H d (x) = He H —x
Ve
He=Hls-CPls(Tsat-Te)
W
(4) s'écrit alors : X(x) =
Qe H r
terme d'accélération
42
terme de gravité
X
APgrav(x) = -g x Jp m (x)dx
terme de frottement
A dx
'h * -PmOO
AP acc (x) =
i T (= 0 si x inférieur à x e b)
1 1 . . . . . .
si x supeneur a — ~— si x inférieur a x e b
Pm Pis
Pm Pis
Les intégrales se calculent alors facilement. On trouve, pour x=x$ :
,2
L (= 0 si x s inférieur à x e b)
*"-Phu
x 2(p Ln(l + ^ - ^ ) ( = -gxPisxs si x
s inférieur à xeb)
X
2<p
( = —\ — \ — x, si x s inférieur à xeb)
Pis 2x 2<P Pis V A ) Dh •
QeHr Y
avec x7m == e r
29
Wm ô-l
c) Application numérique
AP a c c =0,094.Q e [l0-10" 3 Q e ]
43
AP_ v = 7,161.Qe
0,585.1
La figure suivante représente les graphes de la fonction AP = f(Qe) et de ses trois composantes.
Pour les fortes valeur de Q e (supérieures à 10000 kg/s) , la puissance apportée n'est pas suffisante
pour que le fluide atteigne la saturation (xs est inférieur à xeb) et la caractéristique est celle d'un fluide
liquide, de forme parabolique.
Pour les très faibles valeurs de Qe, on peut atteindre la vaporisation complète dans le tuyaux (les
hypothèses simplificatrices faites ne sont plus valables dans ce cas), et la courbe se rapprocherait
d'une caractéristique monophasique gaz.
xeb = 2 m
X s = 0,594
X2<p= 1,17 m
On constate que la perte de pression par accélération est d'un ordre de grandeur inférieur aux deux
autres contributions.
d) Écoulement descendant
Le terme de gravité change de signe ; les autres sont inchangés. L'allure de la caractéristique change :
elle n'est plus monotone et il y a donc risque d'instabilités statiques.
44
ANNEXE 5: EXERCICE : CALCUL DES TEMPERATURES DE PAROI D'UN
EVAPORATEUR
1) Données et hypothèses
On considère le même échangeur que celui de l'exercice précédent (annexe 4). On précise qu'il est
constitué de 10000 barreaux droits de 2 cm de diamètre, tous identiques et soumis aux mêmes
conditions de refroidissement (homogénéité de l'écoulement dans une section droite de l'évaporateur).
On fait les hypothèses suivantes sur les régimes de transfert thermique entre les barreaux et le fluide :
Nu = O,O23Re 08 Pr 033
- en régime d'ébullition nucléée, le coefficient d'échange est donné par une loi de type JENS-
LOTTES:
45
3) Questions posées
On cherche à calculer la température des tubes chauffants de l'évaporateur, afin de vérifier qu'en tout
point elles sont inférieures à une valeur limite correspondant à l'apparition de phénomènes
indésirables (corrosion, perte de résistance mécanique, éventuellement fusion du matériau). Cette
limite à été fixée à 600 °C.
a) Déterminer s'il y a ou non crise d'ébullition dans les conditions de fonctionnement fixées
d) Reprendre les questions a), b), et c) dans le cas où le débit est égal à :
- Qe = 1400 kg/s
4) Solution
a) Crise d'ébullition
La densité de flux thermique imposée aux barreaux est constante ; elle est égale à :
W
cp = —
p
Pch étant le périmètre chauffant donné par :
Pch=N b .7Cd b
Pour les conditions fixées (débit égal à 2000kg/s), le titre dynamique est maximum en sortie et vaut :
= 0.594 On en déduit que les conditions critiques ne sont pas atteintes dans ce
cas
a*) Températures de paroi
En utilisant les définitions des nombres de NUSSELT, REYNOLDS et PRANDTL, la corrélation de
DITTUS-BOELTER peut se mettre sous la forme :
46
s 0,33
Dh [ Ayi ) { X )
- En entrée :
En utilisant les propriétés du liquide saturé, on obtient :
On en déduit une estimation de la température de paroi en supposant que l'on n'est pas en ebullition
sous-saturée :
On vérifie au passage que h2<p = 12928 W/(m2.K) est largement supérieur à h] (= 6220)
- En sortie :
Le flux critique n'étant pas atteint, la corrélation de JENS-LOTTES s'applique de la même façon,
puisque l'on est en écoulement diphasique saturé (T = T sa t)- La densité de flux étant uniforme, on
trouve les mêmes valeurs :
47
c) Profil de Tp
400
début d'ébullition nucléée
350
300
T fluide
250
0 2 4 6 8 10 x (m)
Le maximum de température de paroi est de 316,8 °C. Il est très inférieur aux limites d'utilisation.
d) Débit réduit à 1400 kg/s
Crise d'ébullition
Pour les conditions fixées (débit égal à 1400kg/s), le titre dynamique est maximum en sortie et vaut :
Xc = 0.913 (voir formule en Annexe 4-c) .D est supérieur au titre critique (Xr = 0.85V
En entrée :
On trouve :
ni = 4670 W/(m2.K)
On constate que h2cpl>hi . L'hypothèse n'est donc pas confirmée : on est en régime
d'ébullition sous-saturée dès l'entrée.
(p = 18.(T p -T s a t ) 2 (T p -T e )
48
Au point de début d'ébuUition. :
les résultats sont identiques à ceux du b) : Tp = 316.8 °C. hif£= 12928 W/Cm2.K)
En sortie :
Le flux critique étant dépassé, le coefficient d'échange se calcule par Dittus-Boelter :
vO,8 s 0,33
Dh (, An
hv =3.0.Q°- 8 = 1310W/(m2.K)
Profil de T p
J
-^£- = 9,3 m
eb
eb
Le profil est le suivant :
Tp
400
crise
350 d'ébuUition
300
fluide
250
0 8 10 x(m)
49
ANNEXE 6: EXERCICE : DEBIT CRITIQUE EN ECOULEMENT
DIPHASIOUE
On suppose l'équilibre cinématique réalisé. On peut donc se contenter des équations du mélange,
telles qu'elles sont écrites dans le § III-3-2-3, en supposant u r = 0. La forme "non-conservative" est
obtenue en développant les équations et en tenant compte du bilan masse dans les bilans de quantité de
mouvement et d'énergie. On obtient :
• Masse
d d
P + 0
Quantité de mouvement
Énergie
Pm(|Hm+um|Hm) ^ + u m ^ + îm
dt dx dt dx
DHm=T.DSm+ —DPm
Pm
D étant la dérivée totale (ou lagrangienne, c'est-à-dire en suivant le mouvement d'une particule
fluide), soit :
Dt~dt+Umdx
Avec ces notations, les trois équations de bilan s'écrivent :
• Masse
Dt dx
50
Quantité de mouvement
m
Dt dx
Énersie
La variable p m peut être éliminée des dérivées du bilan masse en considérant qu'elle est une fonction
d'état dépendant de P m et S m :
DS.
dp»
On peut alors écrire le système sous la forme synthétique (après avoir transformé le bilan masse
comme indiqué, en tenant compte du bilan d'entropie) :
dt dx
avec :
^fdpm
1
^m Pma 2 0 Us m
Y= A = I/Pm m 0 B= im + m
0 0
On reconnaît en a, par analogie avec les écoulements monophasiques compressibles, une vitesse du
son isentropique.
2) Caractéristiques du système.
Ce sont par définition les valeurs propres de A, c'est-à-dire les solutions de l'équation
d é t ( A - ) J ) = 0,soit:
51
Cette équation admet trois racines réelles (le système est donc hyperbolique):
À2=um+a
A.lest la vitesse de propagation des perturbations des grandeurs transportées par l'écoulement,
notamment de S m
A.2 et A3 sont respectivement les vitesses de propagation des ondes de pression dans le sens de
l'écoulement et dans le sens contraire.
3) Blocage sonique
Supposons un tuyau parcouru par un écoulement et débouchant dans une cavité de pression imposée
PQ (en général l'atmosphère).
um
Pi
pression (Pa)
PI
PO
abscisse (m)
La pression en amont du tuyau étant fixée à la valeur Pi, le débit traversant le tuyau augmente avec
l'écart Pi - PQ (la relation exacte peut être obtenue en résolvant l'équation de quantité de mouvement).
52
Expérimentalement, on constate qu'au-delà d'un certain écart de pression, le débit n'augmente plus.
La valeur maximum, dite débit de blocage ou débit critique, correspond à une valeur de la vitesse
moyenne um égale à la vitesse du son a dans la section de sortie.
Autrement dit, la plus petite des caractéristiques, A3 = u m - a , est nulle lorsqu'il y a blocage. En
effet, la discontinuité de pression en sortie n'entraîne alors aucune perturbation en amont.
Pm Pi P2 Pi P2 Pi
S - S
avec : c , =• s'il y a équilibre thermodynamique (S] et S2 sont alors les valeurs sur la
S 2 -S,
courbe de saturation).
En dérivant cette expression par rapport à P m , on trouve :
'dp. 1 1 Yac,
pf Js
On peut supposer que le liquide (indice 1 ) a une masse volumique beaucoup plus grande que le gaz, et
que sa compressibilité est beaucoup plus faible. Ceci permet de simplifier l'expression ci-dessus :
1 1
+ c2 np2 aa2
^p„ .P?a? 2 2
Plusieurs hypothèses peuvent être faites concernant la variation du titre avec la pression ac,
- Modèle gelé :
Lors d'un changement de pression rapide, on suppose que les propriétés thermiques de chaque phase
(Hi et H2, ou Si et S2) n'ont pas le temps de changer. Les phases sont donc en état metastable (hors
équilibre thermodynamique). D en résulte une invariance du titre du mélange. Mathématiquement, cela
se traduit par :
ac_2
=0
ap^
On en déduit l'expression de a =
53
. . a , ± + C j ±--L <!^i£ + %
P. IP2 PjJL PF P2
L'évolution de la vitesse du son diphasique en fonction du titre massique en vapeur C2 a donc l'allure
suivante :
a (m/s)
o î
On voit donc qu'en écoulement liquide-vapeur, la vitesse du son, et donc le débit critique, sont plus
faibles qu'en vapeur (phase la plus compressible), sauf aux très faibles titres en vapeur.
a subit une variation très brutale en début d'ebullition. Cette évolution est d'autant plus rapide que la
pression est faible. Cette quasi discontinuité de la vitesse du son du mélange lorsque X est voisin de 0
a des effets néfastes sur la stabilité numérique du modèle homogène aux faibles pressions.
- Modèle à l'équilibre :
(dC
Si l'on suppose l'équilibre thermodynamique à chaque instant, on peut calculer ——-
S —S
puisqu'alors C2 est donné par : C2 =
Les dérivées des entropies massiques à la saturation de chaque phase par rapport à la pression se
déduisent des propriétés thermodynamiques du fluide considéré.
La prise en compte de ce terme conduit à une vitesse du son inférieure à celle du modèle gelé, surtout
aux faibles titres et aux faibles pressions. L'expérience montre que le débit critique est alors sous-
estimé, alors que le modèle gelé donne une valeur plus exacte.
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La prise en compte d'un déséquilibre cinématique ( ur * 0) est possible, mais les calculs sont plus
complexes et ne permettent pas d'aboutir à une expression analytique de a.
- Modèles à déséquilibre thermodynamique calculé:
On peut partir du modèle à six équations en formulation non conservative et montrer que les
caractéristiques (il y en a six) ne sont pas toujours toutes réelles. Cela dépend des valeurs numériques
des paramètres utilisés pour les lois de fermeture (frottement interfacial, masse ajoutée,...).
Sans aller jusqu'aux six équations, on considère souvent un modèle à 4 équations constitué des 3
bilans du mélange et de l'équation de conservation de la masse vapeur, que l'on met sous la forme :
DC2= C2-C2 | Om
Dt x PmL
C2 est le titre thermodynamique, déduit de l'entropie ou de l'enthalpie du mélange, alors que C2 est le
titre massique réel.
x est une constante de temps caractérisant le retour à l'équilibre thermodynamique. Si elle est très
petite, l'équation sur C2 impose pratiquement C2=C 2 et on retrouve le modèle à l'équilibre. Si elle
est très grande, le terme de relaxation tend vers zéro et on retrouve le modèle gelé (s'il n'y a pas
apport de chaleur à l'endroit considéré).
d) Cas réel
II est en fait abusif de parler de vitesse du son dans un milieu diphasique, par nature hétérogène. En
effet, la célérité des ondes de pression n'est pas constante : elle dépend de la fréquence de ces ondes.
De plus, comme il y a un certain déséquilibre thermodynamique, surtout en cas de blocage du débit,
l'évolution du fluide n'est pas isentropique et la vitesse critique a n'est pas rigoureusement égale à
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