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Résumé sur la réflexivité de la conscience

Ce document résume le concept de conscience réflexive, y compris la capacité humaine unique à se replier sur soi-même et à se percevoir soi-même. Il explique également le rôle de la conscience réflexive dans la formation de la vie intérieure et dans le jugement moral.
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Résumé sur la réflexivité de la conscience

Ce document résume le concept de conscience réflexive, y compris la capacité humaine unique à se replier sur soi-même et à se percevoir soi-même. Il explique également le rôle de la conscience réflexive dans la formation de la vie intérieure et dans le jugement moral.
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Résumé du cours sur la conscience

Réflexivité de la conscience : propriété de la conscience en vertu de laquelle l’esprit peut toujours faire
retour sur lui-même pour s’observer lui-même. Descartes peut être tenu, sinon pour l’inventeur du
thème de la conscience, en tout cas pour celui qui aura fait jouer à ce thème le rôle le plus important
dans toute l’histoire de la philosophie. La formule cartésienne qui le résume le mieux est restée célèbre
: videre videor (il me semble voir ). Il y a un redoublement de l’acte de conscience qui lui est
essentiel : voir, c’est toujours s’apercevoir que l’on voit.
La réflexivité de la conscience est probablement le propre de l’homme. Vivre et revenir sur sa vie,
penser et revenir sur sa pensée, exister en quelque sorte à la « seconde puissance » (Fichte), assumer
son existence – voilà le fait nouveau, proprement humain, que rend possible la réflexivité.
Réflexivité, et non pas réflexion. La réflexion (au sens large) n’est sans doute pas le propre de
l’homme, mais plutôt une caractéristique de toute forme de vie qui dépasse un tant soit peu, dans son
rapport au monde, le plan des instincts. Mais il n’en va pas de même pour la réflexivité de la
conscience. Peut-on mettre en doute que la forme de conscience animale soit dépourvue de toute
réflexivité ? On sait aussi depuis les expériences classiques de reconnaissance au miroir menées par
Gordon Gallup dans les années 1970 (connues en éthologie cognitive sous le nom de « test de
Gallup ») que certains animaux sont capables de se reconnaître eux-mêmes s’ils voient leur image
dans un miroir. Ce qui est certain, c’est que les animaux ont le sentiment de leur propre existence, en
tant que cette existence est bien la leur, et qu’ils sont parfaitement capables de réagir pour se défendre
lorsque leur intégrité est menacée et qu’il s’agit alors pour eux de « sauver leur peau ».
Le privilège de l’humain, par rapport à cette forme d’existence, tient à la capacité qui est celle des
humains à se détourner du monde extérieur, à ne plus répondre à ses sollicitations et à retourner leur
attention vers eux-mêmes. La langue espagnole dispose d’un mot magnifique, pratiquement
intraduisible, pour désigner ce processus : ensimismamiento. « En si mismo » signifie « en soi-
même » ; « ensimarse » signifie « se replier sur soi », « s’absorber en soi-même » ;
« ensimismamiento » pourrait être traduit par « ensoimêmisation ». L’ensimismamiento, c’est l’état de
celui qui se tient au-dedans de lui-même, et qui parvient à le faire du fait de la capacité qui est la
sienne à suspendre le monde extérieur, à le mettre entre parenthèses, à s’en absenter, pour se retrouver
face à face avec lui-même.
Par redoublement de la conscience, il faut entendre cette capacité de l’esprit à se saisir de lui-même
en tant qu’il est en train d’accomplir un acte ; par dédoublement de la conscience, il faut entendre
cette capacité de l’esprit à s’attribuer à lui-même l’expérience subjective dont il est le sujet en formant
l’idée du moi. Je peux toujours remonter d’un acte de conscience quelconque (percevoir, parler,
écouter, sentir, etc.) à la conscience qui accomplit cet acte, et je peux toujours m’attribuer à moi-même
cet acte comme étant le sujet qui l’accomplit.

La richesse de notre vie intérieure tient dans une large mesure à cette expérience permanente que nous
faisons du dédoublement.
Le dédoublement de la conscience joue encore un rôle capital dans la formation de notre vie intérieure
en ce qu’elle nous donne une certaine prise sur nous-même et nous rend capable de nous transformer
nous-même.
La notion de conscience, enfin, comporte une dimension morale ou pratique, qui est nettement
soulignée dans le langage courant. Pourquoi utiliser le même mot de « conscience » pour désigner
deux types de rapports à soi qui paraissent essentiellement différents : d’un côté, la conscience est ce
par quoi nous nous rapportons à nous-mêmes pour réfléchir nos actes et former l’idée du moi (= la
conscience psychologique), et de l’autre elle est une instance morale par laquelle nous jugeons nos
actes et par laquelle nous nous jugeons nous-même ?
Parce qu’on a affaire à une seule et même réalité, saisie de deux points de vue différents.

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