Streptocoques A, C ,G
Pr Boni Catherine
Introduction 1
• Les streptocoques sont définis comme des cocci à Gram positif
disposés, le plus souvent en chaînettes:
– Qui ont un métabolisme anaérobie, cependant la plupart des
souches tolèrent l'oxygène et peuvent être cultivées in vitro en
atmosphère aérobie.
– Qui sont exigeants en nombreux facteurs de croissance: le sang
ajouté aux géloses permet leur multiplication in vitro.
– Cette multiplication (ou croissance) peut être favorisée par l'apport de
CO2 ou par une atmosphère anaérobie.
Objectifs
1- Connaître les maladies dont sont responsables les
streptocoques ß-hémolytiques du groupe A ou Streptococcus
pyogenes
2- Identifier les facteurs de pathogénicité de Streptococcus
pyogenes
3- Décrire les caractères bactériologiques
4 – Décrire le diagnostic biologique
I- GENERALITES
Historique
En 1928, LANCEFIELD propose la
En 1879, PASTEUR décrit dans le
classification antigénique qui porte
pus d'un abcès chaud des micro-
son nom et qui remplace les
organismes en chapelet de grains.
classifications précédentes basées
ROSENBACH leur donne, en 1884,
uniquement sur les propriétés
le nom de streptocoques.
hémolytiques.
1924
1879 1928
En 1924, DICK démontre que la
scarlatine est due au streptocoque.
Historique
• Avec la méthode de LANCEFIELD on peut classer les
streptocoques en sérogroupes de A à T.
• Certains streptocoques qui ne possèdent pas d'antigène
permettant de les classer selon la méthode de LANCEFIELD sont
dits « non groupables ».
• En 1936, l'avènement des sulfamides entraîne une baisse de la
mortalité par fièvre puerpérale, complication post partum souvent
causée par les streptocoques.
Habitat
• Ce sont des bactéries strictement humaines,
• Elles se propagent par voie aérienne ou par contact
direct dans l'entourage des enfants ou des adultes
atteints de pharyngites ou de lésions cutanées.
• Elles peuvent provoquer des épidémies.
Pouvoir pathogène
• Les infections streptococciques suppurées qui peuvent
être invasives ou non invasives
• les complications post-streptococciques qui
surviennent à distance de l'infection aiguë, tel que:
– le rhumatisme articulaire aigu
– la glomérulonéphrite aiguë.
Les infections aigues non invasives
• L'angine rouge ou érythémato-pultacée (de pultis =
bouillie, en latin), est l'affection streptococcique la plus
fréquente :
• elle s'accompagne classiquement de fièvre à 39-40°C,
• de dysphagie par inflammation amygdalienne et
périamygdalienne,
• d'une adénopathie satellite,
• de céphalées
• et d'asthénie.
• D'autres infections aiguës : cutanées, muqueuses
L'angine rouge ou érythémato-
pultacée
INFECTIONS CUTANÉES À STREPTOCOQUES
•
•
•
•
:
❖
Impétigo non bulleux Érysipèle Cellulite
•
36
Les infections invasives
• Septicémiques
• Les bactériémies sont souvent secondaires à
une infection locale.
– C'est le cas de la fièvre puerpérale qui fait
suite à une infection génitale du post-
partum.
– Il faut citer aussi les endocardites aiguës,
les méningites
Les infections invasives
• La scarlatine associe une angine et la diffusion à partir du
foyer angineux d'une toxine érythrogène secrétée par le
streptocoque
• Des syndromes de choc toxique avec défaillance viscérale
multiple, identique à celui observé parfois avec [Link]
d'où son nom de TSLS (Toxic shock like syndrom).
Les complications
• Des affections auto-immunes, conséquences d'infections
à streptocoque A ou Streptocoque pyogenes.
• C'est le cas du rhumatisme articulaire aigu (R.A.A.),
• De la néphrite post-streptococcique,
• De la chorée de SYDENHAM (contractions
musculaires, involontaires, persistant pendant le
repos, gestes amples et rapides et incoordination des
mouvements volontaires).
Les facteurs de pathogénicités du S
pyogène
• La capsule est un facteur majeur de
pathogénicité et de virulence :
– elle empêche la phagocytose,
certaines souches sécrètent une
quantité plus importante de
capsule et sont particulièrement
virulentes (la colonie prend un
aspect muqueux et lisse).
•
• Les protéines de surface sont nombreuses et
interviennent dans la fixation du streptocoque sur les
muqueuses pharyngées ou sur la peau
Les facteurs de pathogénicités du S pyogène
Facteurs de pathogénicité de S pyogenes
• Les toxines érythrogènes
• Les streptolysines O et S sont des hémolysines dont l'effet
est observé in vitro sur gélose au sang (hémolyse ß). Ce
sont aussi des facteurs de pathogénicité. In vivo, la
streptolysine O suscite la formation d'anticorps
antistreptolysine O (ASLO).
• D'autres produits élaborés interviennent dans la
pathogénicité (streptokinase, streptodornases,
hyaluronidase ...). Les anti-streptodornases B sont
augmentés dans les infections pharyngées et cutanées.
II- Etude
bactériologique
TAXONOMIE
• Famille : Streptococcaceae
• Genre : Streptococcus
• Espèces :
• Hémolyse
• Streptococcus ß hémolytiques
• Lancefield
• Streptococcus groupable (Polyoside C)
- Streptocoque A : Streptococcus pyogenes
- Streptocoque B : S. agalactiae
- Streptocoque C : S. equi, S. dysgalactiae
- Streptocoque G: S. anginosus
CARACTÈRES MORPHOLOGIQUES
• Cocci Gram (+)
• Immobiles
• Chainette (Streptos)
• Asporulés
• Acapsulés
CARACTÈRES CULTURAUX
1. Conditions
• 37°C – 10 % de Co2
• Exigeante (SANG) ++++
2. Milieux de culture
• Milieu liquide : Bouillon Streptosel
• Gélose au sang frais (GSF)
• Gélose au sang frais + Ac nalidixique
3. Aspects sur milieu de culture
• Aspect mité en bouillon
• Sur gélose au sang frais
* petites colonies (0,5mm), transparentes aspect en « goutte de rosée », ß hémolytiques
Hémolyse Alpha
Hémolyse Bêta
CARACTÈRES BIOCHIMIQUES
•_F_a_
mi_
lle_: c_oc_ci_G_
ra_
m_(+_
)
CATALASE
- +
Streptococcus Staphylococcus
• Genre : Pas de culture en bouillon hostile hypersalé
(65g de Nacl/l)
• Espèce :
• Streptococcus A sensible à la bacitracine
• Streptococcus C et G : sérogroupage dans le système de
Lancefield
Figure 11-5
Group A streptococcus on blood agar showing susceptibility
to bacitracin_ Left, positive (susceptible); right, negative (resistant)_
SÉROGROUPAGE (SYSTÈME DE LANCEFIELD)
Positive négatif
CARACTÈRES ANTIGÉNIQUES
1- Antigènes de structure
• Ag somatiques
• Protéines M, R, T
• Polyoside C (Lancefield): groupes A à H, K à W
2. Substances élaborées
• Hémolysine : ASLO (antistreptolysine O)
• Enzymes : Streptodornase (Sdornase B), Streptokinases, hyaluronidase
• Toxine érythrogène
• La présence ou non d'un antigène lié à
un polysaccharide de paroi et spécifique
de groupe.
• Les groupes A, B, C ou G caractérisent
les espèces de streptocoques ß-
hémolytiques les plus pathogènes.
• Les streptocoques alpha-hémolytiques
ou non hémolytiques appartiennent à
d'autres groupes ou sont non-groupables,
et sont habituellement commensaux.
III- diagnostic
biologique
• Le diagnostic de l'infection
streptococcique peut se faire:
• Par la méthode directe (mise en
évidence du germe)
• Et par la méthode indirecte (dosage
des anticorps).
DIAGNOSTIC DIRECT
Le prélèvement
• Aseptique fait avant le début du traitement antibiotique
• Monomicrobien
– liquides d'épanchement, L.C.R., urines,
hémoculture
• Polymicrobien
– pus d'abcès, prélèvement de gorge (angine),
Écouvillonnage au contact des amygdales, du
pharynx ; ponction de l'otorrhée après paracentèse,
aspiration sinusale...
Examen microscopique
• Recherche la présence de cocci à
Gram positif, de taille irrégulière,
groupés en chaînettes.
Culture et identification
• La culture est faite sur des milieux enrichis type
gélose au sang.
• L'origine du prélèvement et la nature de
l'hémolyse sur gélose au sang orientent le
diagnostic.
Identification
• Si le prélèvement provient d'une cavité close
(pus d'abcès, liquides d'épanchement, L.C.R.,
urines) ou s'il s'agit d'une hémoculture, tous
les streptocoques isolés peuvent être
pathogènes même s'ils ne sont pas bêta-
hémolytiques
Identification
• S'il s'agit au contraire d'un prélèvement de gorge
(angine), seuls les streptocoques bêta-
hémolytiques doivent être pris en considération.
• En plus il faut vérifier qu'ils appartiennent bien au
groupes A, C ou G car certains streptocoques
commensaux (B ou D) peuvent être bêta-
hémolytiques.
Les streptocoques du groupe A C G
• La culture donne des colonies avec
une ß hémolyse
• l'étude antigénique caractérise le
groupe . (Technique de Lancefield,
coagglutination, agglutination de
particules de latex).
Sensibilité aux antibiotiques
• Les streptocoques des groupes A, C et G sont
extrêmement sensibles à la pénicilline et à
l'érythromycine qui sont donc les antibiotiques à
choisir pour le traitement des infections qu'ils
provoquent.
• La pénicilline G est active sur les
streptocoques, mais à des degrés divers selon
les espèces
Antibiogramme
• Les streptocoques A sont sensibles à la
pénicilline qui est l'antibiotique de choix pour
le traitement et la prophylaxie des infections à
streptocoques A.
• En cas d'allergie à la pénicilline, on a recours
aux macrolides.
DIAGNOSTIC
INDIRECT
Le prélèvement
• Dosage dans le sérum (sérodiagnostic)
des anticorps contre les enzymes du
streptocoque.
Les anticorps recherchés
• Les anticorps antistreptococciques
utiles au diagnostic sont les
anticorps antienzymes :
• Antistreptolysine O (ASLO)
• Antistreptodornase (ASD),
• Antistreptokinase (ASK) ou
antihyaluronidase.
Interprétation
• ASLO apparaissent 2 à 3 semaines après une
infection ORL à streptocoque A (mais pas après
une infection cutanée), ils atteignent leur taux
maximal en 6 semaines et persistent 3 mois
dans le sérum du patient.
• Élévation des anticorps antistreptoccique, c’est-
à-dire un taux d'anticorps anti ASLO > 200
ASLO
• Taux normal
– Le taux d'antistreptolysine O doit être inférieur à 200 U/ml chez
l'enfant et à 400 U/ml chez l'adulte.
• ASLO positif : ça veut dire quoi ?
– Une élévation du taux de l'antistreptolysine O s'observe dans les
cas pathologiques suivants : rhumatisme articulaire
aigu, glomérulonéphrite aiguë
streptococcique, scarlatine, érythème
noueux, angine streptococcique, myélome.
– Une baisse de ce taux peut signaler une hyperlipémie, un
syndrome néphrotique, ou une hépatite.
ASLO
Dosage des anticorps anti streptodornase B
• Les ASD apparaissent 2 à 3 semaines après une
infection ORL et cutanée à streptocoque A,
• Atteignent leur taux maximal en 6 semaines et
persistent 3 mois dans le sérum du patient.
• Leur recherche complète celle des ASLO dans le
diagnostic des complications post streptococciques.
Dosage des anticorps anti
streptodornase B
Les anticorps anti strepto hyaluronidase
(ASH)
• Peuvent aussi être recherchés.
• Ils donnent des indications sur l'origine de
l'infection :
• Ils augmentent plus dans les infections
cutanées.
Conclusion
• Les streptocoques sont classés en fonction de leur
groupe sérologique et de caractères biochimique
• Le streptocoque A provoque des infections
bénignes (angine, impétigo) et des infections
invasives parfois mortelles (syndrome de choc
toxique, fasciite nécrosante)
• Il reste sensible à la pénicilline