ECOLES NORMALES SUPERIEURES
CONCOURS D’ADMISSION 2022
JEUDI 28 AVRIL 2022
08h00 - 14h00
FILIERE PC - Epreuve n° 7
PHYSIQUE C (U)
Durée : 6 heures
L’utilisation des calculatrices n’est pas
autorisée pour cette épreuve
Début de l’épreuve
Ce sujet comporte 11 pages numérotées de 1 à 11.
Effets géométriques et topologiques en physique
À la fin du XXe siècle est apparue une réinterprétation en termes géométriques et topologiques
de résultats physiques bien connus. Cette nouvelle vision a permis de regrouper des phénomènes
très différents sous un même cadre théorique élégant, mais a aussi donné lieu à des prédictions très
intéressantes.
Ce sujet a pour objectif d’introduire les problématiques de géométrie et de topologie à travers
des exemples tirés de différents domaines de la physique : mécanique (partie I), optique (partie II),
mécanique quantique (partie III), électromagnétisme (partie IV) et mécanique des fluides (partie V).
Ces parties sont essentiellement indépendantes. Seules les questions de fin de partie nécessitent d’avoir
traité les parties précédentes. Après un changement de partie, une notation utilisée dans les parties
précédentes est libre d’être réaffectée à une autre grandeur physique.
Données numériques
√ √ √ √ √
2 ≈ 1,4 6 ≈ 2,4 7 ≈ 2,6 11 ≈ 3,3 14 ≈ 3,7
Masse volumique de l’eau ρeau = 1,0 × 103 kg·m−3
Masse volumique de l’air ρair = 1,3 kg·m−3
Rayon de la Terre RT = 6,4 × 103 km
Masse de la Terre MT = 6,0 × 1024 kg
Formulaire
• Éléments d’analyse vectorielle en coordonnées sphériques pour un champ scalaire f et un champ
#»
de vecteurs A :
# » ∂f #» 1 ∂f #» 1 ∂f #»
grad f = er + eθ + eϕ
∂r r ∂θ r sin θ ∂ϕ
#» 1 ∂ 1 ∂ 1 ∂Aϕ
div A = 2 (r2 Ar ) + (sin θAθ ) +
r ∂r r sin θ ∂θ r sin θ ∂ϕ
# » #» 1 ∂ ∂Aθ #» 1 ∂Ar 1 ∂ #» 1 ∂ ∂Ar #»
rot A = (sin θAϕ ) − er + − (rAϕ ) eθ + (rAθ ) − eϕ
r sin θ ∂θ ∂ϕ r sin θ ∂ϕ r ∂r r ∂r ∂θ
#» # » #»
• Pour tout champ de vecteurs A, on a div rot A = 0.
• Symbole de Kronecker : δij = 1 si i = j, et 0 sinon.
• Règle de la chaîne pour la dérivation d’une fonction f de n variables Ai , dont chacune dépend
du temps :
#»
d #» d X dAi ∂ f dA # »
f A(t) = (f (A1 (t), A2 (t), . . .)) = = · gradf
dt dt 1≤i≤n
dt ∂Ai dt
• Développement par ligne du déterminant d’une matrice 3 × 3 :
a b c
e f d f d e
d e f =a −b +c
h i g i g h
g h i
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1 Pendule de Foucault
Le pendule de Foucault est un instrument historique qui a contribué à la mise en évidence de la
rotation de la Terre sur elle-même. On le modélise par un fil de longueur ` = 67 m de masse négligeable,
au bout duquel est accrochée une masse m = 36 kg.
La Terre est supposée en mouvement de rotation uniforme à la vitesse de rotation angulaire Ω. On
néglige toutes les forces de frottement dans cette partie.
Soit (e#»1 , e#»2 , e#»3 ) une base fixe du référentiel géocentrique considéré galiléen (cf. figure 1). La position
de la masse m est donnée par ses coordonnées dans le repère (Oxyz) de base (e#»x , e#»y , e#»z ) fixe dans le
référentiel terrestre. Cette base est dite locale. On note α l’angle entre le pendule et l’axe vertical
dirigé par le vecteur e#»z (cf. figure 1(b)). On note (e#»r , e#»θ ) la base mobile suivant le mouvement de la
masse dans le référentiel terrestre.
1.1 Mouvement du pendule sans effet de la force d’inertie de Coriolis
Dans un premier temps, on néglige la force d’inertie de Coriolis.
(a) (b)
Figure 1 – (a) Définitions des repères liés aux référentiels géocentrique et terrestre. (b) Définition de
l’angle α et de la base mobile.
1. Dans toute la suite on négligera la force d’inertie d’entraînement, et on considérera que le poids
est parallèle à l’axe Oz. Justifier ces approximations par une analyse en ordres de grandeur.
2. Écrire l’équation vectorielle du mouvement de la masse m, puis la projeter dans la base mobile
(e#»r , e#»
α ) définie sur la Fig. 1(b) (on supposera son mouvement plan).
3. Dans quelle limite le pendule simple peut-il être approximé par un oscillateur harmonique ?
On se placera dans cette limite par la suite. Exprimer sa pulsation propre ω0 . Déterminer la
période d’oscillation du pendule et l’estimer numériquement pour le pendule de Foucault.
4. Justifier que dans l’approximation précédente le mouvement de la masse est horizontal au
premier ordre en α.
1.2 Effet de la force d’inertie de Coriolis
On s’intéresse maintenant à la modification du mouvement engendrée par la présence de la force
d’inertie de Coriolis. Paris est située à une latitude λ = 49° comme définie sur la figure 1(a). On
considérera que le mouvement de la masse est plan dans le repère local et on négligera vitesse et
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accélération selon l’axe Oz. On admettra que l’effet des forces autres que la force de Coriolis se met
#»
sous la forme F = −mω02 x e#»x − mω02 y e#»y .
5. Comparer numériquement les pulsations Ω et ω0 .
6. Décomposer le vecteur e#»3 dans la base locale et en déduire que les équations du mouvement
s’écrivent :
ẍ + ω02 x = 2Ω̃ ẏ
(
(1)
ÿ + ω02 y = −2Ω̃ ẋ.
Exprimer la constante Ω̃.
7. Pour résoudre ce système, on pose la variable complexe u = x + iy. Déterminer l’équation
vérifiée par u. Résoudre cette équation et donner l’expression de u(t) en fonction de deux
inconnues A et B.
8. On prend x(0) = x0 , y(0) = 0 et une vitesse initiale nulle. Déterminer l’expression de u.
9. En utilisant le résultat de la question 5, simplifier l’expression de u(t). Interpréter l’expression
obtenue.
10. Déterminer l’expression de l’angle ψ duquel a tourné le plan d’oscillation du pendule en 24 h à
Paris dans le référentiel terrestre. L’estimer numériquement en degrés. Y a-t-il des points sur
le globe où le plan d’oscillation du pendule reviendrait à sa position initiale après 24 h ?
11. Justifier brièvement les valeurs inhabituelles choisies par Foucault pour la masse m et la lon-
gueur `.
12. Sur la figure 2, on voit le professeur Tournesol utiliser son pendule pour se repérer et se diriger
sur Terre. Cela vous semble-t-il possible ? Justifier votre réponse.
Figure 2 – Le professeur Tournesol et son pendule.
#»
Il est possible de reformuler ce résultat d’un point de vue géométrique : considérons la position R
du point d’attache du pendule dans le référentiel géocentrique. La rotation de la Terre sur elle-même
#» #»
conduit R à suivre une courbe fermée γ sur le globe. Mais bien que R soit revenu à sa valeur initiale,
le système dans son ensemble n’est pas revenu à son état initial : le plan d’oscillation du pendule n’est
plus le même, il a tourné à cause de la présence de la force de Coriolis. On appelle ce phénomène une
non-holonomie.
Soit γ la trajectoire fermée suivie par un point de l’hémisphère nord lors de la rotation de la planète.
On définit h(γ) comme le rapport de la surface entourée par le contour γ sur la sphère terrestre et la
surface totale de la sphère.
13. Faire un schéma de la situation en précisant le chemin γ. Exprimer h(γ) sous la forme d’une
χ
intégrale double et la calculer en fonction de λ. Mettre le résultat sous la forme h(γ) = 4π .
Comparer la valeur trouvée pour χ au résultat de la question 10.
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2 Rotation du plan de polarisation dans une fibre optique
La non-holonomie décrite précédemment peut se manifester dans d’autres circonstances. On consi-
dère ici la propagation d’une onde lumineuse à l’intérieur d’une fibre optique. Cette onde de longueur
d’onde λ est polarisée rectilignement. La fibre est placée dans l’air d’indice pris égal à 1.
2.1 Caractéristiques d’une fibre à saut d’indice
Figure 3 – Schéma d’une fibre à saut d’indice
On s’intéresse à la propagation de rayons lumineux à l’intérieur d’une fibre optique à saut d’indice
comme présentée sur la figure 3.
14. Montrer que l’angle d’entrée dans la fibre θin vérifie une inégalité θin < θc pour que le rayon
lumineux se propage dans la fibre optique sans atténuation. On définit l’ouverture numérique
ON = sin θc . Exprimer ON en fonction de n1 et n2 .
15. Afin d’avoir une propagation non atténuée dans la fibre, l’onde doit vérifier une condition
supplémentaire : il faut que ky ∆y soit un multiple de 2π, où ky est la projection transverse
(selon Oy) du vecteur d’onde et ∆y la distance cumulée selon l’axe Oy parcourue par l’onde
entre J et K. Montrer que l’angle d’entrée θin doit appartenir à un ensemble discret d’angles
θp à déterminer. Donner le nombre de modes qui peuvent se propager dans la fibre en fonction
de ON , r, n1 et λ. Enfin, montrer que si le rayon de la fibre vérifie une inégalité r < rc , alors
seul l’angle θin = 0 peut se propager dans la fibre.
16. L’existence de plusieurs « modes » de propagation dans une fibre optique peut être à l’origine
d’une limitation du débit d’information dans celle-ci. Soit une fibre de longueur ` r telle
que r > rc . En supposant qu’on envoie deux paquets d’onde dans la fibre avec respectivement
θin = 0 et θin = θc , déterminer le décalage temporel à l’arrivée entre les paquets d’onde
en fonction de l’ouverture numérique. Considérant que chaque paquet d’onde encode un bit
d’information, quel est le débit d’information maximal imposé par la question précédente ?
On ne considérera par la suite que des fibres monomodes (r < rc ).
2.2 Propriétés géométriques de la lumière guidée
La fibre est maintenant enroulée sur un cylindre de rayon R comme sur la figure 4. Elle décrit
exactement un tour d’une hélice régulière de pas p. Lors de la propagation, la composante kz (Oz
#»
étant orienté selon l’axe du cylindre) du vecteur d’onde k reste constante, alors que kx et ky varient.
On appelle ` la longueur totale de la fibre et θ l’angle entre l’axe du cylindre et la direction de la fibre
optique.
17. Exprimer la longueur ` de la fibre ainsi que l’angle θ en fonction du pas p et du rayon R du
cylindre.
#»
18. Le vecteur d’onde de la lumière est noté k . Lorsque la lumière parcourt la fibre optique, quelle
#»
est la trajectoire décrite par l’extrémité du vecteur k ? On note cette trajectoire γ. On n’attend
pas de calcul dans cette question.
#»
19. Représenter γ sur la sphère de rayon k = k dans l’espace à trois dimensions de coordonnées
cartésiennes (kx , ky , kz ). Exprimer et calculer en fonction de θ l’aire Sγ de la portion de sphère
délimitée par γ comprenant le pôle nord (kx = 0, ky = 0, kz = k).
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Figure 4 – Enroulement de la fibre optique autour d’un cylindre.
#»
20. Bien que le vecteur k revienne à sa valeur d’origine en sortie de la fibre, on remarque que
le plan de polarisation de la lumière est différent entre l’entrée et la sortie de la fibre. Sur
la figure 5 est tracé l’angle de rotation β du plan de polarisation de la lumière en fonction
de gγ = Sγ /k 2 . Quelle(s) modification(s) du système expérimental a permis de prendre ces
données ? Déduire de ces données une relation entre la rotation de l’axe de polarisation β et
l’angle θ.
21. Lorsque γ est confondue avec l’équateur de la sphère, qu’observe-t-on sur le plan de polarisa-
tion ?
22. Dresser un tableau explicitant les quantités analogues entre ce problème et celui du pendule
de Foucault.
Figure 5 – Mesures expérimentales de l’angle de rotation β du plan de polarisation de la lumière en
fonction de gγ .
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3 Évolution temporelle en mécanique quantique
Les deux situations précédentes mettent en évidence des non-holonomies en physique classique,
mais c’est un phénomène qui existe également en mécanique quantique. L’objectif de cette partie est
de démontrer l’existence d’une phase supplémentaire appelée « phase de Berry » lors de l’évolution
d’un système quantique contrôlé par un jeu de paramètres extérieurs.
On s’intéresse au problème unidimensionnel entre x = 0 et x = L d’une particule dans un potentiel
#» #»
V (x; λ ) qui dépend des paramètres (λi )1≤i≤m regroupés dans un vecteur λ à m coordonnées.
#» #» #»
On note φn (x; λ ) les états stationnaires du système à λ fixé, et En ( λ ) les énergies propres associées
avec 1 ≤ n ≤ N . On se place dans une situation où les fonctions φn ne sont pas nécessairement réelles
(par exemple en appliquant un champ magnétique fixe).
On s’intéresse au cas où les paramètres λi évoluent dans le temps. On notera le vecteur de para-
#»
mètres λ (t).
3.1 Approximation adiabatique
Dans un premier temps, nous allons nous intéresser au cas le plus général. La particule quantique
est décrite par une fonction d’onde ψ(x, t), et le système est initialement dans une superposition des
états stationnaires φn :
#»
ψ(x, 0) = cn (0) φn (x; λ (0)). (2)
X
1≤n≤N
Les états stationnaires formant une base orthonormée, on peut écrire à tout instant t :
#»
ψ(x, t) = cn (t) φn (x; λ (t)) (3)
X
1≤n≤N
et les états vérifient
ˆ L
#» #»
φ?m (x; λ (t)) φn (x; λ (t)) dx = δnm (4)
0
où le symbole de Kronecker δnm est défini dans le formulaire, et φ? est le complexe conjugué de φ.
On admet que l’équation de Schrödinger pour ψ(x, t) s’écrit
∂ψ #» #»
(x, t) = cn (t) En ( λ (t)) φn (x; λ (t)). (5)
X
i~
∂t 1≤n≤N
#» # »
23. Pour cette question et la suivante, on suppose que λ (t) = cste. Déterminer l’équation diffé-
rentielle vérifiée par les cn (t), puis la résoudre. En déduire l’expression de la fonction d’onde
ψ(x, t) à tout instant.
24. Que peut-on dire dans le cas cn (0) = δnp ? Que peut-on dire de la densité de probabilité de
présence de la particule ?
#»
On suppose maintenant que les paramètres λ (t) évoluent lentement dans le temps.
25. Exprimer le membre de gauche de l’équation de Schrödinger (5). En déduire qu’un coefficient
cp (t) pour 1 ≤ p ≤ N vérifie l’équation différentielle
dcp
= cp Ep − ~ αpn (t)cn , (6)
X
i~
dt 1≤n≤N
#»
dλ
où on exprimera les coefficients αnp (t) en fonction de dt .
´t #» #»
i
En ( λ (t0 )) dt0 # »
26. On pose dn (t) = cn (t) e ~ 0 . Dans le cas où λ (t) = cste, montrer que dn (t) est
indépendant du temps.
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27. Déterminer l’équation d’évolution temporelle vérifiée par dp en fonction des dn . On introduira
E −E
les quantités ωij = i ~ j .
Ces résultats sont très généraux puisqu’aucune approximation n’a été faite à ce stade. L’équa-
tion (6) comme l’équation trouvée à la question 27 sont des équations couplées, non solubles analyti-
quement dans le cas général.
Nous allons ici supposer qu’à t = 0 la fonction d’onde ψ(x, 0) est initialement égale à un des états
stationnaires φ` , c’est-à-dire cp (0) = δp` . Pour t > 0, ψ(x, 0) n’est plus un état stationnaire. Nous
allons chercher l’évolution temporelle de ψ(x, t) de façon approchée, en supposant que
|cp | 1 pour tout p 6= `. (7)
#»
De plus, on approximera d` (t) ≈ d` (0), équation exacte dans le cas où λ (t) est constant.
28. Montrer que pour p 6= ` :
ddp ´t
= iαp` (t) ei 0 ωp` (t ) dt .
0 0
(8)
dt
On pourra par exemple partir de l’équation (6) en ne conservant que le premier ordre non-nul.
29. Dans le cas où ni αp` , ni ωp` ne dépendent du temps, exprimer dp (t), toujours pour p 6= `.
#»
30. On suppose dans la suite que les En ( λ (t)) sont deux à deux distincts à tout instant t. Déduire
du résultat précédent les paramètres sans dimension qui permettent de contrôler l’approxima-
tion (7) faite dans cette partie. Donner une condition suffisante sur l’évolution des paramètres
#»
λ (t) pour que cette approximation soit valable.
L’approximation (7) est appelée approximation adiabatique.
3.2 Phase de Berry
À l’état initial, on place le système dans l’état stationnaire φ` (x). L’approximation adiabatique
autorise à écrire à tout instant :
#»
ψ(x, t) ≈ c` (t)φ` (x; λ (t)) avec c` (0) = 1. (9)
31. En utilisant le résultat de la question 25, montrer que l’équation vérifiée par c` (t) se met sous
la forme :
#»
dc` d λ #»
!
i~ = E` − · A` c` (t) (10)
dt dt
#» #»
avec A` un vecteur à m composantes qui dépend de λ (t) et s’exprime en fonction de φ` et ses
#»
dérivées. Montrer que les composantes de A` sont réelles.
32. En cherchant une solution de la forme c` (t) = eiF` (t) , résoudre l’équation différentielle précé-
dente. On fera apparaître les deux termes suivants :
ˆ ˆ #»
1 t
#» 1 t
#» #» 0 dλ 0
Φdyn (t) = − E` ( λ (t0 )) dt0 et Φgeom (t) = A` ( λ (t )) · 0 (t ) dt0 . (11)
~ 0 ~ 0 dt
On les appelle respectivement phase dynamique et phase géométrique. Cette dernière phase
peut s’écrire plus simplement
ˆ
1 #» # »
Φgeom (t) = A` · dλ (12)
~ γ
#» #»
où γ est le chemin reliant λ (0) et λ (t). On appelle également Φgeom phase de Berry.
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33. Quel est l’effet de la phase géométrique sur la densité de probabilité de présence de la particule ?
Même question dans le cas où l’état initial est de la forme
1 #» #»
ψ(x, 0) = √ φ` (x; λ (0)) + φ`0 (x; λ (0)) (13)
2
avec ` 6= `0 .
#»
34. Afin de fixer les idées, on prend m = 3 par la suite, donc λ est un vecteur de R3 . On suppose
#» #»
que l’ensemble des paramètres décrit une boucle γ fermée entre t = 0 et t = T : λ (T ) = λ (0).
#» # » #»
Exprimer alors la phase géométrique en faisant intervenir le vecteur B ` = rotA` .
35. Quelles similitudes voyez-vous entre la situation étudiée dans cette partie et l’évolution du
pendule de Foucault ? On pourra répondre sous forme d’un tableau.
4 Monopole magnétique
S’il existe des charges électriques, il n’a jamais été découvert de charge (ou monopole) magnétique,
et cette non-existence est incorporée dans les équations de Maxwell. Cependant, il existe des situations
physiques qui sont analogues à un problème d’électromagnétisme avec un monopole magnétique ; il
est donc intéressant d’étudier l’implication de l’existence de ces monopoles.
On se place dans l’espace à trois dimensions en utilisant les coordonnées sphériques (r, θ, ϕ). On
suppose qu’une « charge magnétique » qm placée au centre du repère O crée un champ en un point
M
#» µ0 qm #»
B mono (M ) = er . (14)
4π r2
On notera Sr la sphère de rayon r de centre O.
36. Représenter graphiquement ce champ de vecteurs. En quoi ce champ magnétique n’est-il pas
compatible avec les équations de Maxwell écrites sous forme globale ? On justifiera la réponse
par le calcul d’une quantité physique.
#»
37. Supposons qu’il existe une fonction A(M ) telle qu’en tout point de l’espace l’équation
#» # » #»
B mono (M ) = rot A(M ) (15)
est vérifiée. Montrer que cela n’est pas compatible avec l’existence d’une charge magnétique.
On définit les deux expressions suivantes :
# » µ0 1 − cos θ #» # » µ0 −1 − cos θ #»
AN = qm eϕ et AS = qm eϕ . (16)
4π r sin θ 4π r sin θ
#» #»
38. Montrer que les champs de vecteurs A N et A S vérifient tous les deux l’équation (15) et déter-
miner l’ensemble des points de Sr pour lesquels ces fonctions sont définies.
#»
39. Montrer que le flux du champ magnétique B mono à travers Sr peut s’écrire comme la différence
#» #»
de deux intégrales le long de l’équateur faisant intervenir A N et A S .
#» #»
40. Calculer A N − A S . Avec la question précédente, vérifier que la description avec deux champs
#» #»
de vecteurs A N et A S est cohérente avec la question 36.
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5 Ondes dans l’atmosphère terrestre
On s’intéresse pour la suite du sujet à des perturbations pouvant se propager dans l’atmosphère
terrestre, et en particulier à l’effet de la force de Coriolis sur celles-ci. Nous négligerons les effets de
tension superficielle (importants dans le cas des ondes capillaires d’un liquide), et nous considérons
l’atmosphère comme un fluide parfait, avec une masse volumique constante ρ.
5.1 Équations de Navier-Stokes en couche mince
Dans cette première partie, on s’intéresse au mouvement d’une masse de fluide de fine épaisseur,
et on souhaite déterminer les équations de Navier-Stokes simplifiées dans ce cadre.
#»
La Terre est en rotation dans le référentiel géocentrique avec le vecteur vitesse de rotation Ω. Les
équations de Navier-Stokes s’écrivent
#»
∂v # » # » #»
+ #»
v · grad #»
v = −grad p + ρ #»
ρ g + fic (17)
∂t
#»
où fic est la force de Coriolis par unité de volume qui s’exerce sur le fluide.
Comme dans la première partie, un point sur la sphère terrestre est repéré par les angles ϕ et λ et
on utilise la base locale (e#»x , e#»y , e#»z ) (cf. figure 1(a)). La hauteur de fluide varie suite au passage d’une
onde se propageant dans le plan xOy, et la hauteur locale de la surface du fluide s’écrira h(x, y) (voir
figure 6). On suppose que la vitesse du fluide dans la base locale s’écrit #» v = (vx (x, y), vy (x, y), 0),
autrement dit on néglige vz ainsi que la variation de #» v en fonction de z.
Surface du fluide
Figure 6 – La hauteur locale de la surface du fluide est notée h(x, y). Les quantités H et η sont
introduites dans la partie 5.2.
#»
41. Exprimer fic dans la base (e#»x , e#»y , e#»z ). Dans la suite, on admet que l’on peut négliger la com-
#»
posante selon e#»z de fic .
42. En projetant l’équation de Navier-Stokes sur e#», montrer que la pression peut s’écrire p(x, y, z) =
z
p1 (z) + p2 (x, y) où p1 est une fonction simple à déterminer, et p2 une fonction inconnue à ce
stade.
43. Dans la suite on considère que la pression est nulle à la surface du fluide. Montrer alors que
∂ #»
v # » #» # »
+ ( #»
v · grad) #»
v + f ∧ #»
v = −g grad h (18)
∂t
#»
où f = f e#»z et f est un paramètre à déterminer.
Afin de compléter l’équation vectorielle précédente, nous avons besoin de déterminer une équation
de conservation dans cette approximation de couche mince de fluide. Pour cela, nous allons nous
placer dans le cas simple d’un problème unidimensionnel : le système est invariant selon l’axe (Oy) et
la vitesse du fluide s’écrit #»
v = v e#»x .
44. Rappeler l’expression du vecteur densité de courant #» associé au transport de la masse. À
l’aide d’un bilan local de masse sur une tranche de fluide d’épaisseur dx, déterminer l’équation
de conservation associée à ce problème unidimensionnel.
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45. Généraliser sans justifier cette équation dans le cas d’un écoulement quelconque bidimensionnel
sous la forme
∂h #»
+ div J = 0 (19)
∂t
#»
où J est un champ de vecteurs à déterminer.
5.2 Ondes de Rossby
On s’intéresse particulièrement à de petites déformations de la couche de fluide. Nous allons donc
considérer que la hauteur h varie peu autour de sa position d’équilibre : h(x, y) = H + η(x, y) avec
|η| H (cf. figure 6). De plus, les composantes de la vitesse seront considérées comme petites par
rapport aux autres vitesses du problème.
#»
46. Linéariser les équations (18) et (19). Celles-ci feront intervenir #»
v , f , η, g et H.
47. En l’absence de la force de Coriolis, déterminer l’équation vérifiée par η. On notera c une quan-
tité homogène à une vitesse caractéristique, et on donnera son expression. Comment s’appelle
cette équation ?
48. Toujours en l’absence de force de Coriolis, exprimer et représenter graphiquement la relation
de dispersion ω(k) associée. Que dire de la propagation d’une perturbation ?
49. En présence de la force de Coriolis, les équations régissant ce problème deviennent couplées.
On pose η̃ = η/H, ṽi = vi /c pour i = x, y et f 0 = f /c. Écrire les équations trouvées à la
question 46 avec ces nouvelles variables.
50. On s’intéresse à des solutions en ondes planes progressives harmoniques dont on écrit la repré-
sentation complexe ṽx = ṽx,0 ei(kx x+ky y−ωt) et de même pour ṽy et η̃. Montrer que le problème
peut s’écrire de façon matricielle :
0
η̃0 η̃0 kx ky
M ṽx,0 = ω ṽx,0 où M (kx , ky , f 0 ) = ckx 0 if 0 (20)
ṽy,0 ṽy,0 ky −if 0 0
#»
51. En déduire les relations de dispersion vérifiées par ω. On les notera ωj ( k , f 0 ), 1 ≤ j ≤ 3, de
telle sorte que ωj < ωj 0 si j < j 0 .
#»
52. Représenter graphiquement les ωj en fonction de k . Mettre en relation ce résultat avec celui
de la question 48. Commenter.
5.3 Ondes de Yanaï et Kelvin
Les ondes de la partie précédente, appelées ondes de Rossby, sont des ondes bien connues en géo-
physique. Elles s’observent en particulier sur les mouvements de masses d’air, et influencent fortement
les conditions météorologiques. Ces ondes peuvent se trouver à n’importe quel endroit du globe.
En plus des ondes de Rossby, on observe expérimentalement des ondes qui se localisent uniquement
à l’équateur, et dont la fréquence n’est pas accessible aux ondes de Rossby. Elles sont appelées ondes
de Yanaï et Kelvin. Dans la suite, on cherche à justifier la présence de ces ondes, avec des arguments
géométriques.
On admet qu’un vecteur propre associé à la valeur propre ω3 peut s’écrire :
sin θ
#» 1
Ψ3 = √ cos ϕ+i cos θ sin ϕ (21)
2 sin ϕ−i cos θ cos ϕ
où l’on a défini les angles θ et ϕ à partir des paramètres kx , ky et f 0 :
f0 k kx ky
cos θ = , sin θ = , cos ϕ = , sin ϕ = (22)
K K k k
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q q
et avec les notations k = kx2 + ky2 et K = kx2 + ky2 + (f 0 )2 .
Les trois paramètres (K, θ, ϕ) jouent le rôle de coordonnées sphériques dans un espace de para-
mètres à trois dimensions de coordonnées cartésiennes (kx , ky , f 0 ).
53. Représenter sur la sphère SK de rayon K et de centre O la définition de θ, ϕ. On précisera les
axes de la figure.
54. Sur la sphère SK , on appelle pôle nord le point (kx = 0, ky = 0, kz = K) et pôle sud le point
(kx = 0, ky = 0, kz = −K). Montrer que ces pôles sont les seuls points de SK où Ψ~3 n’est pas
# » #»
défini de façon unique. Puis montrer que ΨN = e−iϕ Ψ3 admet une unique valeur au pôle nord.
#»
55. Proposer un choix de vecteur ΨS qui conviendrait pour le pôle sud.
Étonnamment, il n’est mathématiquement pas possible d’avoir un unique choix de vecteur propre
associé à ω3 qui soit continu pour toutes les valeurs de (θ, ϕ). Pour cette raison, on prendra dans
# » #»
l’hémisphère nord (resp. sud) de la sphère l’expression ΨN (resp. ΨS ).
#» #» # » #»
56. On définit le vecteur AN (resp. AS ) associé au vecteur propre ΨN (resp. ΨS ), par
# »! # »! !
# » −i # »? ∂ ΨN #» #» −i # »? ∂ ΨS #»
AN = ΨN · eϕ resp. AS = ΨS · eϕ (23)
K sin θ ∂ϕ K sin θ ∂ϕ
# » #» #» # » #»
Exprimer AN et AS en fonction de Ψ3 . En déduire une expression simple de AN − AS .
#»# » #»#» #»
57. Montrer que rot AN = rot AS . On notera B ce vecteur commun.
Enfin, on définit la quantité
"
1 #» # »
C=− B · dS (24)
2π SK
où SK est la sphère de rayon K de l’espace à trois dimensions (kx , ky , f 0 ). On peut montrer que
cette grandeur est nécessairement un entier, et est égal au nombre d’ondes différentes qui peuvent se
propager près de l’équateur terrestre.
58. Calculer cette grandeur, en utilisant une méthode similaire à celle utilisée dans la partie 4.
Que peut-on en déduire ?
59. Cette situation est analogue à celle du monopole magnétique. Dresser un tableau explicitant
les quantités correspondantes dans les deux problèmes.
Les grandeurs introduites dans ce sujet, à savoir la phase de Berry, la connexion de Berry, et
l’entier C (appelé nombre de Chern) défini dans l’équation (24) sont des grandeurs bien connues des
mathématiciens, qui ont été introduites en physique dans les années 1980. Elles ont rapidement été
déclinées dans le domaine de la physique des solides et sont à l’origine de nombreux résultats comme
la compréhension de l’effet Hall quantique, et la classification des isolants topologiques.
Fin du sujet
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Crédits : Les figures 4 et 5 sont tirées de A. Tomita et R. Chiao, Observation of Berry’s Topological
Phase by Use of an Optical Fiber, Phys. Rev. Lett. 57, 937 (1986).
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