ECOLE POLYTECHNIQUE - ESPCI
ECOLES NORMALES SUPERIEURES
CONCOURS D’ADMISSION 2021
LUNDI 12 AVRIL 2021
08h00 - 12h00
FILIERE PC - Epreuve n° 1
MATHEMATIQUES (XEULC)
Durée : 4 heures
L’utilisation des calculatrices n’est pas
autorisée pour cette épreuve
P ROBLÈME
Dans tout le problème, R désigne l’ensemble des nombres réels et C l’ensemble des nombres
complexes. Par segment de R, on entend un intervalle de la forme [a, b] avec a < b. On note
D le disque unité fermé dans C :
D = z ∈ C | |z| ≤ 1 .
© ª
◦
L’intérieur et la frontière de D sont notés D et ∂D respectivement.
On note C[X ] le C-espace vectoriel des polynômes à coefficients complexes. Pour n ≥ 0, on
désigne par Cn [X ] le sous-espace vectoriel des polynômes de degré au plus n. Un polynôme
est dit unitaire si son coefficient dominant est égal à 1.
Étant donné une partie K de C et un polynôme P ∈ C[X ], on pose :
∥ P ∥K = sup |P (z)| | z ∈ K ∈ R ∪ {+∞} .
© ª
Le but de ce problème consiste à établir des inégalités de la forme :
∥ Q ∥K ∥ R ∥K ≤ λ ∥ QR ∥K
où λ ∈ R et Q et R sont des polynômes dans C[X ].
Le problème est divisé en quatre parties. Les deux premières parties permettent d’établir
quelques résultats préliminaires qui sont utiles dans la suite. La troisième partie porte sur
la situation où K est le disque unité fermé D dans C et la quatrième partie est consacrée au
cas où K est un segment de R.
Dans chaque partie, les définitions et résultats utiles qui ont été introduits antérieurement
sont rappelés. Chaque partie peut donc être traitée de manière indépendante. On notera de
plus que :
- les parties I et II sont complètement indépendantes,
- la partie III utilise les résultats de la partie II mais pas ceux de la partie I,
- la partie IV utilise les résultats de la partie I mais pas ceux des parties II et III.
PARTIE I
Soit K une partie fermée, bornée et infinie de C.
1.1. Montrer que ∥ P ∥K appartient à R pour tout P ∈ C[X ].
1.2. Vérifier que ∥ . ∥K est une norme sur C[X ].
Dans la suite de cette partie, on fixe deux entiers naturels n et m non nuls, et on pose :
¯
∥ Q ∥K ∥ R ∥K
½ ¾
K ¯ Q ∈ Cn [X ] \ {0} , R ∈ Cm [X ] \ {0} ∈ R ∪ {+∞} .
¯
C n,m = sup
∥ QR ∥K ¯
1
1.3. Soient Q et R deux polynômes non nuls dans C[X ]. Montrer que :
∥ Q ∥K ∥ R ∥K ≥∥ QR ∥K .
1.4. Montrer que, si l’inégalité précédente est une égalité, alors il existe z 0 ∈ K tel que :
|Q(z 0 )| =∥ Q ∥K , |R(z 0 )| =∥ R ∥K et |Q(z 0 )R(z 0 )| =∥ QR ∥K .
K
1.5. Montrer que C n,m > 1.
Pour ce faire, on pourra se donner deux éléments distincts a et b dans K et vérifier que,
pour ρ ∈ R assez grand, on a ∥ Q ρ R ρ ∥K <∥ Q ρ ∥K ∥ R ρ ∥K avec Q ρ (X ) = X − ρ(b − a) + a
¡ ¢
et R ρ (X ) = X − ρ(a − b) + b .
¡ ¢
1.6. On introduit le C-espace vectoriel V = Cn [X ] × Cm [X ] ainsi que l’ensemble :
E = {(Q, R) ∈ V | ∥ Q ∥K =∥ R ∥K = 1}.
Montrer qu’il existe un couple (Q 0 , R 0 ) ∈ E tel que :
n ¯ o
∥ Q 0 R 0 ∥K = inf ∥ QR ∥K ¯ (Q, R) ∈ E .
¯
Pour ce faire, on pourra munir V de la norme définie par
∥ (Q, R) ∥=∥ Q ∥K + ∥ R ∥K
pour (Q, R) ∈ V , puis étudier l’application
f :E →R
(Q, R) 7→∥ QR ∥K .
1.7. En déduire qu’il existe deux polynômes unitaires Q 1 ∈ Cn [X ] et R 1 ∈ Cm [X ] tels que :
∥ Q 1 ∥K ∥ R 1 ∥K K
= C n,m .
∥ Q 1 R 1 ∥K
K
Les questions 1.5 et 1.7 montrent en particulier que C n,m ∈]1, +∞[.
PARTIE II
Dans cette partie, il sera utile de calculer des intégrales de certaines fonctions qui ne sont
pas nécessairement continues par morceaux. On généralise donc la notion d’intégrale abso-
lument convergente de la manière suivante :
Définition 1. Étant donné deux réels a < b et une application f allant d’une partie de [a, b]
Rb
dans R, on dit que l’intégrale a f (t )d t converge absolument ou que f est intégrable sur [a, b]
s’il existe un entier n ≥ 1 et des réels x 0 , ..., x n tels que a = x 0 < x 1 < ... < x n = b et, pour tout
i ∈ {0, ..., n − 1}, la fonction f est bien définie, continue et intégrable sur ]x i , x i +1 [. On pose
alors : Z b n−1
X Z xi +1
f (t )d t = f (t )d t .
a i =0 x i
2
On admettra que la définition précédente coïncide avec la définition de l’intégrabilité au
programme pour les fonctions continues par morceaux. De plus, si besoin, on pourra uti-
liser librement, sans preuve, les versions améliorées suivantes de certains théorèmes au pro-
gramme :
Théorème 1 (Théorème de convergence dominée). Soient a < b deux réels. Soient f et ϕ
deux fonctions intégrables sur [a, b] au sens de la Définition 1 et soient D f et D ϕ leurs do-
maines de définition respectifs. Si ( f n ) est une suite de fonctions continues par morceaux sur
[a, b] convergeant simplement vers f sur le domaine D f et telle que | f n (t )| ≤ ϕ(t ) pour tout
n ≥ 1 et tout t ∈ D ϕ , alors chaque terme de la suite ( f n ) est intégrable et :
Z b Z b
f n (t )d t −−−−−→ f (t )d t .
a n→+∞ a
Théorème 2 (Théorème de dérivation sous le signe intégrale). Soient a < b deux réels et I
un intervalle de R. Soit ϕ une fonction intégrable sur [a, b] au sens de la Définition 1 et soit
D ϕ son domaine de définition. Si f est une fonction définie sur I × [a, b] telle que :
(i) pour tout x ∈ I , la fonction t 7→ f (x, t ) est continue par morceaux et intégrable sur [a, b],
(ii) pour tout t ∈ [a, b], la fonction x 7→ f (x, t ) est de classe C 1 sur I ,
∂f
(iii) pour tout x ∈ I , la fonction t 7→ (x, t ) est continue par morceaux sur [a, b],
∂x
¯∂f
¯ ¯
(iv) pour tout (x, t ) ∈ I × D ϕ , on a ¯ (x, t )¯¯ ≤ ϕ(t ),
¯
¯
∂x
Rb
alors la fonction g : x 7→ a f (x, t )d t est de classe C 1 sur I et, pour tout x ∈ I :
b ∂f
Z
g 0 (x) = (x, t )d t .
a ∂x
Soit Q ∈ C[X ] un polynôme non nul.
2.8. Vérifier que l’intégrale :
Z 2π
ln|Q(e i θ )|d θ
0
converge absolument au sens de la Définition 1.
On pourra utiliser le théorème de d’Alembert-Gauss.
On pose : µ
1
Z 2π ¶
M (Q) = exp ln|Q(e i θ )|d θ ,
2π 0
et pour p > 0 :
1
Z 2π
M p (Q) = |Q(e i θ )|p d θ.
2π 0
2.9. Expliquer pourquoi M p (Q) est strictement positif pour tout p > 0.
3
On définit la fonction :
ϕ : [0, +∞[ → R
( ¡ ¢
ln M p (Q) si p > 0
p 7→
0 si p = 0.
2.10. Montrer que ϕ est continue sur [0, +∞[.
2.11. Montrer soigneusement que ϕ est dérivable sur ]0, +∞[ et calculer sa dérivée sur cet
intervalle.
2.12. Calculer la limite de ϕ0 en 0+ puis déduire que :
M p (Q)1/p −−−−→
+
M (Q).
p→0
La quantité M (Q) est appelée la mesure de Mahler de Q. Le reste de cette partie vise à calculer
la mesure de Mahler de Q en fonction des racines de Q. On rappelle que D désigne le disque
◦
unité fermé dans C et que l’on note D et ∂D l’intérieur et la frontière de D respectivement.
2.13. Pour chaque nombre complexe w, on note Re(w) la partie réelle de w. Montrer que,
◦
pour tout z ∈ D :
X∞ zn ¶
µ
ln |1 − z| = −Re .
n=1 n
Pour ce faire, on pourra écrire z = r e i θ avec 0 ≤ r < 1 et θ ∈ R, puis étudier la fonction :
F : [0, 1[ → R
ρ 7→ ln |1 − ρe i θ |.
◦
2.14. Soit z ∈ D. Déduire de la question précédente que la mesure de Mahler du polynôme
X − z est 1 et, dans le cas où z 6= 0, que celle du polynôme X − z −1 est |z|−1 .
2.15. En utilisant la question précédente, montrer que, pour tout z ∈ ∂D, la mesure de Mahler
de X − z est 1.
Pour ce faire, on pourra s’intéresser à la fonction :
g : [0, 1[ → R
r 7→ M (X − r z)
et remarquer que, pour tous r ∈ [0, 1[ et θ, ψ ∈ R, on a l’inégalité |e i θ −r e i ψ | ≥ | sin(θ−ψ)|.
2.16. Soit λ le coefficient dominant de Q et soient α1 , ..., αn les racines de Q comptées avec
multiplicité. Déduire des questions précédentes que :
n
Y
M (Q) = |λ| max {1, |αi |} .
i =1
4
PARTIE III
Pour que cette partie puisse être traitée indépendamment des précédentes, on commence
par rappeler la Définition 1 qui a été introduite au début de la partie II :
Définition 1 (rappel). Étant donné deux réels a < b et une application f allant d’une partie
Rb
de [a, b] dans R, on dit que l’intégrale a f (t )d t converge absolument ou que f est intégrable
sur [a, b] s’il existe un entier n ≥ 1 et des réels x 0 , ..., x n tels que a = x 0 < x 1 < ... < x n = b et,
pour tout i ∈ {0, ..., n − 1}, la fonction f est bien définie, continue et intégrable sur ]x i , x i +1 [.
On pose alors :
Z b n−1
X Z xi +1
f (t )d t = f (t )d t .
a i =0 x i
On fournit également l’encadré suivant, qui résume les résultats obtenus dans la partie II et
qui sont utiles dans la suite :
D’après la question 2.8, étant donné un polynôme non nul Q ∈ C[X ], l’intégrale
iθ
R 2π
0 ln |Q(e )|d θ converge absolument au sens de la Définition 1. On peut donc définir la
mesure de Mahler de Q par :
1
µ Z 2π ¶
iθ
M (Q) = exp ln |Q(e )|d θ .
2π 0
D’après la question 2.16, si λ est le coefficient dominant de Q et α1 , ..., αn sont les racines de
Q comptées avec multiplicité, alors :
n
Y
M (Q) = |λ| max {1, |αi |} .
i =1
◦
On rappelle que D désigne le disque unité fermé dans C et que l’on note D et ∂D l’intérieur et
la frontière de D respectivement. On se donne un polynôme P ∈ C[X ] et on note d son degré.
3.17. Montrer que, pour tout z ∈ C et tout r ∈ R, on a :
1
Z 2π
P (z) = P (z + r e i θ )d θ.
2π 0
3.18. En déduire que :
∥ P ∥D = ∥ P ∥∂D .
On pourra appliquer la question 3.17 à un élément z ∈ D tel que |P (z)| =∥ P ∥D .
3.19. Montrer que, pour tout z ∈ C :
|P (z)| ≤ ∥ P ∥∂D max {1, |z|}d .
On pourra appliquer la question 3.18 aux polynômes P (X ) et Q(X ) = X d P (X −1 ).
On fixe jusqu’à la fin de cette troisième partie deux entiers naturels non nuls n et m ainsi
que deux polynômes Q ∈ C[X ] et R ∈ C[X ] de degrés respectifs n et m. On introduit le poly-
nôme P = QR et on note λ son coefficient dominant et α1 , ..., αn+m ses racines comptées avec
multiplicité.
5
3.20. Montrer qu’il existe u et v dans ∂D tels que :
n+m
max |u − αi |, |v − αi | .
Y © ª
∥ Q ∥D ∥ R ∥D ≤ |λ| ·
i =1
3.21. En déduire que :
∥ Q ∥D ∥ R ∥D ≤ M (S)
où S est le polynôme défini par :
uX − v
µ ¶
m+n
S(X ) = (X − 1) P .
X −1
v
3.22. On pose w = . Montrer que :
u
n +m
µ Z 2π ³ n o´ ¶
iθ iθ
M (S) ≤ ∥ P ∥D exp ln max |e − 1|, |e − w| d θ .
2π 0
I
µ ¶
3.23. On pose C = exp avec :
2π
Z 2π ³ n o´
I= ln max |e i θ − 1|, |e i θ + 1| d θ.
0
En utilisant les questions précédentes, montrer que :
∥ Q ∥D ∥ R ∥D ≤ C n+m ∥ P ∥D .
Les deux questions qui suivent portent sur le calcul de la constante C .
3.24. Montrer que :
∞
X (−1)k
I =4 2
.
k=0 (2k + 1)
On pourra utiliser le résultat de la question 2.13.
3.25. La calculatrice donne :
à !
2 X5 (−1)k
exp ≈ 1, 78774486868,
π k=0 (2k + 1)2
à !
2 X6 (−1)k
exp ≈ 1, 79449196958.
π k=0 (2k + 1)2
Peut-on en déduire l’arrondi de C à 10−2 près ? Si oui, donner la valeur de cet arrondi.
Dans tous les cas, justifier proprement la réponse.
Dans la dernière question de cette troisième partie, on cherche à montrer que, dans l’inégalité
de la question 3.23, la constante C est optimale.
3.26. Pour chaque entier naturel k ≥ 2, on pose :
6
(X − ζ),
Y
Q k (X ) =
ζ∈U
(X − ζ),
Y
R k (X ) =
ζ∈V
où U désigne l’ensemble des racines k-ièmes de l’unité ζ telles que |ζ − 1| ≤ |ζ + 1| et
V l’ensemble des racines k-ièmes de l’unité qui ne sont pas dans U . En minorant le
quotient :
∥ Q k ∥D ∥ R k ∥D
,
∥ Q k R k ∥D
montrer que :
¯ ∀Q ∈ C[X ] \ {0}, ∀R ∈ C[X ] \ {0},
½ ¯ ¾
C = inf λ ∈ R ¯
¯ ,
∥ Q ∥D ∥ R ∥D ≤ λdeg(QR) ∥ QR ∥D
où deg(QR) désigne le degré de QR.
PARTIE IV
Soit I = [a, b] un segment de R, et soient n et m deux entiers naturels non nuls. On rappelle
que, dans la partie I, on a introduit la constante :
¯
∥ Q ∥I ∥ R ∥I ¯¯
½ ¾
I
C n,m = sup Q ∈ Cn [X ] \ {0} , R ∈ Cm [X ] \ {0} ∈ R ∪ {+∞} .
∥ QR ∥I ¯
4.27. On se donne deux réels distincts c et d et on pose :
(
[c, d ] si c < d
J=
[d , c] si d < c.
Soient A ∈ Cn [X ] et B ∈ Cm [X ] deux polynômes non nuls. Montrer qu’il existe des poly-
nômes C ∈ Cn [X ] et D ∈ Cm [X ] vérifiant les propriétés suivantes :
∥ A ∥I =∥ C ∥ J , ∥ B ∥I =∥ D ∥ J , ∥ AB ∥I =∥ C D ∥ J ,
A(a) = C (c), B (b) = D(d ).
I
4.28. En déduire que la quantité C n,m ne dépend pas du segment I .
I
Dans la suite de cette partie, on choisit I = [−1, 1] et on note C n,m à la place de C n,m . On dit
qu’une paire de polynômes (Q, R) ∈ Cn [X ] × Cm [X ] est extrémale si Q et R sont unitaires et :
∥ Q ∥I ∥ R ∥I
= C n,m .
∥ QR ∥I
On dit qu’une paire extrémale (Q, R) est bonne si Q et R sont de degrés respectifs n et m, et
si :
∥ Q ∥I = |Q(−1)| et ∥ R ∥I = |R(1)|.
7
On dit qu’une paire extrémale (Q, R) est très bonne si elle est bonne et si toutes les racines
complexes de Q et R sont contenues dans I .
On rappelle que, d’après la partie I, les paires extrémales existent (question 1.7) et que C n,m >
1 (question 1.5). On peut donc fixer dans la suite une paire extrémale (Q 0 , R 0 ).
4.29. Soit J un segment contenu dans I tel que ∥ Q 0 ∥ J =∥ Q 0 ∥I et ∥ R 0 ∥ J =∥ R 0 ∥I . Montrer
que :
∥ Q 0 R 0 ∥ J =∥ Q 0 R 0 ∥I .
4.30. Déduire des questions 4.27 et 4.29 qu’il existe une paire extrémale (Q 1 , R 1 ) telle que :
∥ Q 1 ∥I = |Q 1 (−1)| et ∥ R 1 ∥I = |R 1 (1)|.
4.31. Soient n 1 et m 1 les degrés respectifs de Q 1 et R 1 . On pose Q 2 = X n−n1 Q 1 et R 2 = X m−m1 R 1 .
Montrer que (Q 2 , R 2 ) est une bonne paire extrémale.
4.32. Soit w une racine de Q 2 et soit S ∈ C[X ] tel que :
Q 2 (X ) = (X − w)S(X ).
En posant :
S 2 (X ) = (X + 1 − |w + 1|) S(X ),
montrer que (S 2 , R 2 ) est une bonne paire extrémale.
4.33. Déduire de la question précédente qu’il existe un polynôme Q 3 dont toutes les racines
sont dans [−1, +∞[ et tel que le couple (Q 3 , R 2 ) forme une bonne paire extrémale.
4.34. Montrer qu’il existe un polynôme Q 4 dont toutes les racines sont dans I et tel que le
couple (Q 4 , R 2 ) forme une bonne paire extrémale.
Pour ce faire, étant donné une racine w de Q 3 qui n’est pas dans I , on pourra introduire
le polynôme :
X −1
S 3 (X ) = Q 3 (X ),
X −w
puis on pourra s’inspirer de la méthode utilisée dans les deux questions précédentes.
4.35. Expliquer brièvement pourquoi il existe un polynôme R 4 tel que le couple (Q 4 , R 4 )
forme une très bonne paire extrémale.
Dans la suite de cette partie, on fixe une très bonne paire extrémale quelconque (Q, R). Une
telle paire existe bien d’après la question 4.35. On pose P = QR et on note x 1 ≤ ... ≤ x n+m les
racines de P comptées avec multiplicité.
4.36. Montrer que :
n+m
Y m
Y
Q= (X − x k ) et R = (X − x k ).
k=m+1 k=1
4.37. Vérifier que, pour tout x ∈] − ∞, −1[, on a |Q(x)| > |Q(−1)|.
4.38. En procédant par l’absurde, montrer que |P (−1)| =∥ P ∥I .
Pour ce faire, on pourra choisir un réel ² > 0, introduire le segment I ² = [−1 − ², 1] et
encadrer la quantité :
∥ Q ∥I ² ∥ R ∥I ²
∥ P ∥I ²
grâce à la question 4.37.
8
On admet dans la suite que la méthode mise en place dans la question précédente permet éga-
lement de montrer que |P (1)| =∥ P ∥I .
4.39. On se donne un entier k ∈ {m + 1, m + 2, ..., m + n − 1} et on pose :
S(X ) = (X − x k )(X − x k+1 ).
Montrer que, pour tout ² > 0, il existe un polynôme T ∈ R[X ] tel que S − T est de degré
1 et :
∥ S − T ∥I ≤ ²,
|T (−1)| = |S(−1)|,
∀x ∈] − 1, 1]\]x k − ², x k+1 + ²[, |T (x)| < |S(x)|.
En déduire qu’il existe y ∈]x k , x k+1 [ tel que |P (y)| =∥ P ∥I .
Pour traiter ce dernier point, on pourra procéder par l’absurde, écrire Q sous la forme SU
pour un certain polynôme U , puis vérifier que si ² est choisi convenablement, le couple
(T U , R) forme une très bonne paire extrémale.
On admet dans la suite que la méthode mise en place dans la question précédente permet éga-
lement de montrer que pour chaque entier k ∈ {1, 2, ..., m − 1}, il existe y ∈]x k , x k+1 [ tel que
|P (y)| =∥ P ∥I .
4.40. En s’inspirant de la méthode utilisée dans la question 4.39, montrer qu’il existe un élé-
ment y ∈]x m , x m+1 [ tel que |P (y)| =∥ P ∥I .
4.41. Montrer que P vérifie l’équation différentielle :
1
∥ P ∥2I −P 2 = (1 − X 2 )P 02 .
(n + m)2
4.42. En déduire que :
(1 − X 2 )P 00 − X P 0 + (n + m)2 P = 0.
4.43. En considérant la fonction :
f :R→R
y 7→ P (cos y),
vérifier que, pour tout x ∈ [−1, 1],
P (x) =∥ P ∥I cos ((n + m)Arccosx) .
4.44. En déduire que :
" ¶¶# " m µ ¶¶#
nµ µ
2k − 1
µ
2k − 1
n+m−1
π π
Y Y
C n,m = 2 · 1 + cos · 1 + cos .
k=1 2(n + m) k=1 2(n + m)
? ? ? F IN DU PROBLÈME ? ? ?