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Cours Opérations Unitaires

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‫الجمهورية الجزائرية الديمقراطية الشعبية‬

‫وزارة التعليم العالي والبحث العلمي‬

‫كليــــــة‪ :‬التكنولوجيا‬
‫اﻟﻤﻮﺳﻢ اﻟﺪراﺳﻲ‪2021/ 2022 :‬‬ ‫قســــــم‪ :‬هندسة الطرائق وبتروكيمياء‬

‫‪Opérations unitaires I‬‬


‫‪22/02/2022‬‬
‫‪Cours + TD‬‬

‫اعداد االستاذ‪ :‬عبد الغني سروطي‬


Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

Table des matières


Chapitre 1 : Généralités et rappel sur les équilibres liquide-vapeur
I.1. Généralités sur les opérations unitaires
I.1.1. Classification les opérations unitaires
I.2. Équations pour les équilibres liquide-gaz (vapeur)
I.2.1. Mélange idéal et binaire
I.2.1.1. Mélange binaire
I.2.1.2. Mélange idéal
I.2.2. La loi de Dalton
I.2.3. La loi de Raoult
I.2.4. La loi d'Antoine
I.3. Diagramme pour l'équilibre liquide – vapeur
I.3.1. Diagramme isotherme
I.3.2. Diagramme isobare
I.3.2. Diagramme isobare d'équilibre liquide-vapeur
I.3.2.1. Volatilité
I.3.2.2. Construction d'un diagramme x vs y à l'aide de la volatilité

Chapitre II : Distillation des mélanges binaires


II.1. Introduction :
II.2. La Colonne à distiller
II.2.1. Bilan matière
II.2.2. Bilan (dans la zone 1 fig. 03) de rectification
II.2.3. Bilan dans la zone (2 fig. 03) de d'épuisement
II.3 Détermination du nombre de plateau de la colonne de distillation
II.3.1 Méthode de McCabe et Thiele
II.3.1.1 Hypothèses
II.3.1.2 Principe de la méthode de McCabe et Thiele :
II.3.1.3 Bilan sur le plateau d'alimentation
II.3.1.4 Construction graphique
II.3.1.5 Nombre minimum de plateaux
II.3.1.6 Reflux minimum
II.3.1.7 Rebouilleurs et condenseurs
II.3.1.8 Efficacité d'un plateau

1
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

II.3.2 Méthode de Ponchon-Savarit


II.3.2.1 Diagramme enthalpie-concentration (la pression est fixée)
II.3.2.2 Bilans matière et bilans enthalpiques sur une colonne
1. Bilans sur la zone d'enrichissement
2. Bilans sur la zone d'épuisement
3. Bilans sur toute la colonne
4. Résumé de la méthode de Ponchon-Savarit :
II.3.3 Nombre minimum de plateaux
II.3.4 Reflux minimum
II.3.5 Cas d'un condenseur partiel
II.3.6 Construction avec efficacité de Murphree

Chapitre III : Extraction Liquide-Liquide


III.1. Définition
III.2. Principe
III.3. Applications
III.4. Diagramme ternaire
III.4.1. Lecture de la composition d’un mélange ternaire
III.4.2. Détermination de la composition d’un mélange ternaire
III.4.3. Systèmes ternaires
III.4.4. Détermination expérimentale d’un diagramme ternaire
III.4.5. Effet de la température sur la courbe de miscibilité
III.4.6. Coefficient de partage
III.4.7. Le choix de solvant
III.5. Extraction par étage (cas des solvants partiellement miscibles)
III.5.1. Etage théorique
III.5.2. Calcul des débits et des compositions de E et R
III.5.3. Rendement de l’extraction
III.5.4. Débit maximum et minimum de solvant
III.5.5. Composition limite de la charge
III.6. Extraction dans une cascade d’extracteurs à courants- croisés
III.7. Extraction dans une cascade à contre-courant :
III.8. Extraction dans le cas des solvants non miscibles

2
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

Chapitre IV : Absorption et stripage


IV.1. Généralités
IV.2. Notations
IV.3. Notion d’équilibre liquide-gaz
IV.3.1. La solubilité : inerte
IV.3.2. Équation d’équilibre liquide-gaz
IV.3.2.1. Équation d’équilibre dans le cas de gaz dilue :
IV.3.2.2. Équation d’équilibre dans le cas de gaz concentre
IV.4. Absorption isotherme
IV.5. Bilans de matière
IV.6 Concept d’étage théorique (NET) de colonnes à plateaux
IV.6.1. Concept d’étage théorique McCabe-Thiele pour une absorption diluée
IV.6.1.1. Droite opératoire
IV.6.2. Concept d’étage théorique McCabe-Thiele pour une absorption concentre
IV.6.1.1. Droite opératoire

3
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

Chapitre 1
Généralités et rappel sur les équilibres liquide-vapeur
I.1. Généralités sur les opérations unitaires :
De la matière première au conditionnement du produit fini, toute production chimique fait
appel, quelle que soit l’échelle, à une suite coordonnée d’opérations fondamentales distinctes et
indépendantes du procédé lui-même que l’on appelle opérations unitaires. Tout procédé peut se
ramener à une combinaison d’un nombre restreint d’opérations unitaires.
Le principe fondamental de toute opération unitaire est toujours le même, à savoir la
préparation et la mise en contact intime des phases en présence pour assurer le développement des
réactions, les mécanismes de transport et de transfert de masse (ou matière), de chaleur et de quantité
de mouvement qui ont lieu durant la chaîne de transformation, ainsi que la séparation des constituants
du mélange résultant.
Les opérations unitaires représentent donc un concept utilisé par les ingénieurs chimistes afin
de permettre de façon optimale la transformation des substances brutes déterminées en un ou plusieurs
produits (naturels ou artificiels) commercialisables ou en produits de base destinés à une autre usine
chimique.
Le choix d’une opération unitaire dépend de différentes considérations :
– La possibilité effective de séparation sur des bases thermodynamiques ;
– La possibilité offerte par la cinétique physique d’avoir un transfert plus ou moins rapide selon
la nature des phases en présence ;
– La volonté d’utiliser préférentiellement certaines sources d’énergie (par exemple l’énergie
électrique) ;
– Le souhait d’économiser de l’énergie ou de diminuer les frais de fonctionnement ainsi que
celui d’abaisser les coûts d’investissement.

I.1.1. Classification les opérations unitaires :


Pour plus de clarté, on envisage, dans la suite, les opérations unitaires sous l’angle d’une
classification à partir de leur fonction telle qu’elle est résumée dans le tableau suivant :
Opérations unitaires Fonctions
Distillation Séparation des liquides miscibles par évaporation.
Extraction liquide-liquide Séparation des liquides miscibles par différence de solubilité.
Extraction des substances solides dissoutes dans un liquide par
Lixiviation
un solvant.

4
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

Lavage des gaz solubles d’un mélange ayant un constituant inerte


Absorption et désorption par un liquide.
Récupération des gaz dissous dans un liquide.
Récupération sélective des substances à partir de liquides ou gaz
Adsorption
par réaction chimique avec des solides.
Échange réversible avec les ions de même signe des différentes
Échange d’ions solutions. Adoucissement de l’eau.
Diffusion des gaz, humidification et déshumidification
Diffusion des gaz, Séparation des mélanges gazeux par différence de température
humidification et ou par d’autres méthodes spécifiques. Contrôle de l’humidité ou
déshumidification de la vapeur contenue dans un gaz

I.2. Équations pour les équilibres liquide-gaz (vapeur)


I.2.1. Mélange idéal et binaire :
I.2.1.1. Mélange binaire :
Un mélange binaire A-B est constitué de deux corps purs A et B. Cette notion n'implique
aucun état de la matière pour A et B qui peuvent exister :
• seulement à l'état de liquide, solide ou de gaz (vapeur)
• simultanément à l'état de liquide-gaz (vapeur), liquide-solide, liquide-liquide et solide-gaz.

I.2.1.2. Mélange idéal :


Un mélange caractérise comme idéal lorsqu’elle satisfaire aux trois caractères suivants :
- Changement de volume négligeable au du mélange (∆V=0).
- L’effet thermique négligeable au du mélange (∆V=0).
- Obéit aux les lois de Raoult, Dalton et Henry.

I.2.2. La loi de Dalton :


La pression totale dans la phase vapeur au-dessus d’un mélange liquide quelconque est la
somme des pressions partielles de ses constituants :

PT =  i =1 Pi
n
(I.1)

Puisque la pression partielle (Pi) constitue une fraction de la pression totale (PT), alors il vient :
Pi = yi  pT (I.2)

Pi : la pression partielle du constituant (i) dans la phase vapeur [mm Hg].

5
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

PT : Pression totale [mm Hg].


Yi : la fraction molaire du constituant (i) dans la phase vapeur.

I.2.3. La loi de Raoult :


Un mélange est dit idéale si la pression partielle de chacun de ses constituants dans la phase
vapeur est donnée en fonction de sa fraction molaire dans le mélange liquide et de sa pression de
vapeur à l’état pur par la relation :
Pi = xi  pi (I.3)
xi : La fraction molaire du constituant (i) dans le mélange liquide .
Pi  : la pression de saturation du constituant (i) à l’état pur [mm Hg].

I.2.4. La loi d'Antoine :


L'équation d'Antoine utilisée pour calculer la pression de vapeur saturante en fonction de la
température :
B
log10 Pi  = A − (I.4)
C +T
La pression de saturation ( Pi  ) en mm de Hg et la température (T) en C°.
Des exemples de constantes d'Antoine pour calculer la pression de saturation sont présentes
dans le tableau suivant :
Tableau I.1. Constantes d'Antoine pour calculer la pression de saturation.
Antoine constants Applicable temperature
Species
A B C region, °C
Acetic acid 8.02100 1936.010 258.451 18–118
Acetone 7.11714 1210.595 229.664 (-13)–55
Benzene 6.87987 1196.760 219.161 8–80
1-Butanol 7.36366 1305.198 173.427 89–126
Carbon tetrachloride 6.84083 1177.910 220.576 (-20)–77
Chloroform 6.95465 1170.966 226.232 (-10)–60
Ethanol 7.58670 1281.590 193.768 78–203
Ethanol 8.11220 1592.864 226.184 20–93
Ethyl acetate 7.10179 1244.951 217.881 16–76
Formic acid 6.94459 1295.260 218.000 36–108
n-Hexane 6.91058 1189.640 226.280 (-30)–170
Methanol 8.08097 1582.271 239.726 15–84
Methyl acetate 7.06524 1157.630 219.726 2–56
1-Propanol 8.37895 1788.020 227.438 (-15)–98
2-Propanol 8.87829 2010.320 252.636 (-26)–83
Tetrahydrofuran 6.99515 1202.290 226.254 23–100
Water 8.07131 1730.630 233.426 1–100
6
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

I.3. Diagramme pour l'équilibre liquide – vapeur :


Soit un mélange liquide idéal de deux constituants (A) et (B) totalement miscibles sans
réaction chimique, en supposant que le constituant (A) est plus volatil que le constituant (B), en
PA PB TebA TebB
d’autres termes, on peut écrire : ou bien encore : .

I.3.1. Diagramme isotherme :


A partir des relations plus haut on aboutit facilement aux deux relations suivantes qui
permettent de tracer le diagramme :
PT = PA + xB ( PB − PA ) (I.5)

PA  PB
PT =  (I.6)
PB − yB ( PB − PA )
On obtient le tracé d'une droite et d'un arc d'hyperbole.
L'expérience montre que 3 zones peuvent être différenciées :
- Partie supérieure : phase liquide homogène ;
- Partie comprise entre les deux courbes : 2 phases (liquide et vapeur) présentes simultanément ;
- Partie inférieure : phase vapeur homogène.

Fig. I.1 : Diagramme isotherme.

La droite est nommée courbe d'ébullition et l'arc d'hyperbole courbe de rosée. On remarque
logiquement que pour xB et yB égaux à 1, la pression totale est égale à la pression de vapeur saturante
de B car on se trouve en présence d'un seul composé. Le raisonnement est le même pour A si xA et
yA sont égaux à 1 (c'est à dire xB et yB égaux à 0).

7
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

I.3.2. Diagramme isobare :


Soit un mélange binaire A-B sous une pression constante P. On suppose que la solution est
idéale, le mélange gazeux parfait et que les expressions des pressions de saturation de A et de B avec
la température sont connues. Avec les lois de Dalton et de Raoult on aboutit facilement aux deux
relations suivantes :
PT − PB
xA =  (I.7)
PA − PB

PA xA
yA = (I.8)
PT
Après avoir identifié le domaine de températures pertinent pour le binaire A-B, on choisit
différentes valeurs de la température dans cet intervalle et pour chaque température, on calcule les
pressions de saturation de A et B avec les relations d’Antoine (I-4) puis les valeurs de xA et yA avec
les relations (I-7) et (I-8).

Fig. I.2 : Diagramme isobare.

On en tire comme conclusion que contrairement à un corps pur l'ébullition ne s'effectue pas à
une température fixe mais dans un intervalle de température.
La manipulation permet donc de distinguer trois zones (inversées par rapport au diagramme
isotherme) :
- Partie supérieure : phase vapeur homogène ;
- Partie comprise entre les deux courbes : 2 phases (liquide et vapeur) présentes simultanément ;
- Partie inférieure : phase liquide homogène.
La courbe inférieure est nommée courbe d'ébullition (T en fonction de xB) et la courbe
supérieure est la courbe de rosée (T en fonction de yB). Le terme courbe de rosée s'explique par
8
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

l'expérience consistant à refroidir un mélange de vapeur de A et B : la température de rosée est la


température pour laquelle la première goutte de liquide apparaît.

Remarques importantes :
1) On remarque logiquement que pour xB et yB égaux à 1, la température est égale à la température
d'ébullition de B car on se trouve en présence d'un seul composé. Le raisonnement est le même
pour A si xA et yA sont égaux à 1 (c'est à dire xB et yB égaux à 0).
2) La température d'ébullition d'un mélange quelconque se lit sur la courbe d'ébullition.
3) Les deux variances dans le domaine biphasique ont une application directe dans la lecture des
compositions des mélanges liquide-vapeur. Si on connaît la pression totale (ceci fixe le
diagramme isobare à utiliser) et la température (ceci fixe le palier dans le domaine liquide-vapeur)
les compositions des phases liquide et vapeur sont obtenues en se reportant sur la courbe
d'ébullition pour la phase liquide et sur la courbe de rosée pour la phase vapeur. Cette "recette"
(d'ailleurs démontrable) prouve donc bien que seules les connaissances de P et T sont nécessaires.
4) On remarque que la composition d'un mélange liquide-vapeur montre toujours que la phase
vapeur est plus riche que la phase liquide en le composé le plus volatil (B) : ceci a une application
directe en distillation.
5) Comme dans le cas d'un corps pur, un mélange binaire liquide est soumis dans l'air à une
évaporation même s'il se trouve en dessous de sa température d'ébullition.

I.3.2. Diagramme isobare d'équilibre liquide-vapeur :


I.3.2.1. Volatilité :
Pour tout le composé, i, d'un mélange, l'équilibre liquide-vapeur est caractérisé par la volatilité
absolue Ki qui se définit comme le rapport de la fraction molaire du composé i dans la phase vapeur
(yi) sur la fraction molaire du même composé i dans la phase liquide (xi) :
yi
Ki = (I.9)
xi
La détermination des valeurs des Ki, peut se faire soit expérimentalement soit analytiquement
en utilisant les modèles thermodynamiques appropriés. Lorsque Ki=1, la distillation ne permet aucun
enrichissement par rapport au composé i.

Pour deux composés i et j, on définit la volatilité relative, αij a par le rapport suivant :
Ki
 ij = (I.10)
Kj

9
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

La séparation entre i et j est d'autant plus difficile que αij a est voisin de 1.
Soit un mélange binaire A-B sous une pression constante P, avec les lois de Dalton et de
Raoult on peut déterminer les relations suivantes :
pA
= (I.11)
PB

I.3.2.2. Construction d'un diagramme x vs y à l'aide de la volatilité :


Considérons un mélange binaire de deux composants A et B dont les volatilités absolues sont
KA
respectivement KA et KB. Si on appelle  = , la volatilité relative, on a donc :
KB
 xA
yA = (I.12)
1 + ( − 1) xA
Si on peut supposer que la volatilité relative, α, est indépendante de la température et de la
composition, cette équation permet de calculer aisément la courbe y vs x pour ce mélange binaire.
Le tracé du diagramme est alors aussi possible à l'aide de cette relation si on suppose α
constant pour toutes les températures.

Figure I.3 : Diagramme d'équilibre liquide vapeur en fonction de la volatilité relative.

10
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

Chapitre II : Distillation des mélanges binaires


II.1. Introduction :
La distillation est l'opération unitaire la plus utilisée dans l'industrie pétrolière. Son principe de
fonctionnement consiste à mettre en contact une vapeur et un liquide circulant à contre-courant de
manière à effectuer une séparation entre les constituants présents dans la charge grâce à un transfert
de matière. Cette opération unitaire se présente de manière idéale par une cascade d'étages théoriques,
dans lesquels le contact entre les deux phases est suffisamment long pour que le flux vapeur sortant
soit en équilibre avec le liquide sortant.
Un des problèmes à résoudre, lors de la conception des colonnes de distillation, est de mettre en place
des appareils capables de créer ce contact.
Deux technologies existent :
1. Les plateaux : Création locale d’une retenue de liquide grâce à un déversoir dans lequel
barbote la vapeur montant dans la colonne.
• Nécessité de percer des trous dans les plateaux pour le passage de la vapeur.
• Le contact entre les deux phases n’est pas continu tout le long de la colonne.

2. Les garnissages : Le contact entre les deux phases est continu tout le long de la colonne. Les
performances de cette technologie dépendent de sa capacité à disperser les flux liquide et
vapeur afin de maximiser la surface de contact et à éviter la formation de chemins préférentiels
forts préjudiciables.

Fig. 01

11
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

II.2. La Colonne à distiller


Une colonne à distiller est un appareil permettant l'échange de matière et de chaleur entre une phase
vapeur ascendante et une phase liquide descendante. C'est un contacteur gaz-liquide multi-étage qui
est constitué d'un ensemble de plateaux comme illustré ci-contre. Le mélange à distiller,
qu'on appelle l'alimentation F (de
composition zF), est introduit à un certain
niveau de la colonne. Pour obtenir le
contre-courant gaz-liquide deux pièces
d'équipements sont alors très
importantes : en pied de colonne, il y a
un rebouilleur qui permet de vaporiser
le liquide alors qu'en tête, il y a un
condenseur qui permet de condenser le
courant vapeur V sortant. Une partie du
liquide récupéré au condenseur est alors
retourné dans la colonne : c'est le reflux,
L. L'autre partie est récupéré et constitué
le distillat, D (composition xD). En pied
de colonne, on récupère le résidu B
(composition xB). Les zones de la
colonne situées respectivement au-
dessus et en dessous de l'alimentation
s'appellent respectivement les zones de
rectification (ou d'enrichissement) et
d'épuisement (ou d'appauvrissement).
Fig. 02
On caractérise le reflux par le taux de reflux. Le taux de reflux interne est le rapport du débit liquide
retourné en tête, L, sur le débit de vapeur sortant de la colonne V. Le taux de reflux externe est le
rapport du débit liquide retourné en tête L, sur le débit de distillat, D, produit.
L
Reflux interne R =
V
L
Reflux externe R =
D
Sachant que V = L + D, on a donc :

12
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

−1 −1
L L  L+D  D
Rinterne = = =  = 1 +  ……………. (1)
V L+D  L   L
−1 −1
L L V − L  V 
Rexterne = = =  =  − 1 ………….…. (2)
D V −L  L  L 
Chaque plateau est un contacteur gaz-
liquide. Les courants liquide et vapeur qui
entrent dans le plateau ne sont pas à
l'équilibre. Les courants liquide et vapeur
qui sortent du plateau sont à l'équilibre
thermodynamique (dans le cas idéal où le
plateau est équivalent à un étage
théorique). La fonction de chaque plateau
est d'amener à l'équilibre les courants qui
vont en sortir.
II.2.1. Bilan matière
On distingue sur la figure ci-contre les
trois zones sur lesquelles nous allons
écrire les bilans matières :
 Zone de rectification (1)
 Zone d'épuisement (2)
 Toute l'unité (3)
Pour chaque zone, le bilan matière total et
partiel, en régime permanent, se résume à
l'équation simple :
Fig. 03
• Bilan matière global sur l'unité (la zone 3 fig. 03)
Ce qui entre = Ce qui sort
F = D + B …………………………..…… (3)
• Bilan matière partiel (soluté) sur l'unité :
z F F = xD D + xB B …………………….….. (4)

z F F = xD D + xB ( F − D)

F (z F − xB ) = D( xD − xB )
D (z F − xB ) B (z F − xD )
= et = ………… (5)
F ( xD − xB ) F ( xB − xD )
13
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

Dans un problème, zF et F étant connus, il faudra calculer les 4 grandeurs B, D, xD et xB.


Les bilans matière (total et partiel) donnent 2 équations, l'énoncé du problème doit permettre d'en
écrire encore 2 autres. On pourra rencontrer les spécifications suivantes :
• On spécifie xD et xB
• On spécifie les taux de récupérations d'un composé en tête et en pied : (xDD) et (xBB)
• On fixe une concentration xD (ou xB) et un taux de récupération DxD (ou B xB).
II.2.2. Bilan (dans la zone 1 fig. 03) de rectification
Vn+1 = Ln + D ……………….…….. (6)

yn+1Vn+1 = xn Ln + xD D
Ln D
 yn +1 = xn + xD ……….. (7)
Vn +1 Vn +1
L'équation ci-dessus relie la composition du liquide xn avec celle de la vapeur yn+1 : il s'agit donc
des compositions de deux courants qui se croisent. Cette équation définit la ligne opératoire de la
zone de rectification. Dans un diagramme y vs x, on trouvera sur la ligne opératoire les points de
coordonnées (xn, yn+1) qui correspondent à deux courants qui se croisent.

II.2.3. Bilan dans la zone (2 fig. 03) de d'épuisement


Lm = V m+1 + B ………………………..….. (8)
xm L m = ym +1V m +1 + xB B

Lm B
 ym+1 = xm − xB ……………… (9)
V m+1 V m+1
On obtient ainsi l'équation de la ligne opératoire de la zone d'épuisement.

Remarque : Les lignes opératoires ne sont pas des droites (pas encore), car à priori, les débits des
courants liquide et vapeur peuvent changer dans la colonne.

II.3 Détermination du nombre de plateau de la colonne de distillation


II.3.1 Méthode de McCabe et Thiele
II.3.1.1 Hypothèses
Les hypothèses simplificatrices de Lewis vont permettre de simplifier les expressions des équations
des lignes opératoires. Sont les suivantes :
1) La colonne est adiabatique.
2) Les chaleurs de mélange des deux composés du binaire sont négligeables.

14
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

3) Les chaleurs molaires de vaporisation de deux composés sont égales.


Ces 3 hypothèses impliquent donc que lorsqu'une partie de la vapeur se condense sur un
plateau, la chaleur ainsi récupérée n'est pas dissipée vers l'extérieur puisque le système est
adiabatique, elle est donc disponible pour entraîner la vaporisation d'une partie du liquide. Comme
les chaleurs de mélange sont négligeables et que les chaleurs de vaporisation sont égales, la
condensation d'une mole de vapeur conduit à la vaporisation d'une mole du liquide.
Ln = Ln−1 = Constante = L et Vn = Vn−1 Constante V

Lm = Lm−1 = Constante = L et Vm = Vm−1 Constante V


Dans ces conditions, les lignes opératoires sont alors simplement des droites opératoires dont
les équations sont les suivantes :
L D 
Rectification yn +1 =   xn +  xD  ………………. (10)
V  V 
L B 
Épuisement ym+1 =   xm +  xB  ………………… (11)
V  V 
Sur un diagramme y-x, les courants qui se croisent entre les plateaux sont des points de
coordonnées [xn, yn+1] ou [xm, ym+1] qui appartiennent aux droites opératoires.

Pour tracer une droite il faut soit connaître deux points, soit connaître un point et la pente.
Nous allons chercher un point particulier de chacune des droites opératoires en trouvant l'intersection
de ces droites avec la droite y=x.

Zone de rectification :
L D   L D  V − L  D D 
y = x =   x +  xD   x  1 −  =  xD   x   = x   =  xD   x = xD
V   V   V  V   V  V  V 
La droite opératoire de la zone de rectification passe donc par le point de coordonnée [xD, xD]
L
et a une pente égale à de pente .
V

Zone d’épuisement :
L B   L B  V − L   −B  B 
y = x =   x −  xB   x  1 −  =  xB   x   = x  = −  xB   x = x B
V  V   V  V   V   V  V 
La droite opératoire de la zone d’épuisement passe donc par le point de coordonnée [xB, xB]
L
et a une pente égale à .
V
15
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

II.3.1.2 Principe de la méthode de McCabe et Thiele :


Pour résoudre un problème de distillation, il faut satisfaire des équations d'équilibre liquide-
vapeur sur chaque étage et de bilan matière (total et partiel) entre les étages. Sur un graphique y-x.
Le principe de la méthode graphique de résolution de McCabe et Thiele est le suivant :
A. Les courants qui sortent d'un étage sont à l'équilibre et correspondent donc à un point de la
courbe d'équilibre.
B. Les courants qui se croisent entre les étages correspondent à des points appartenant aux droites
opératoires.
La construction consiste en un tracé en escalier qui passe successivement de la droite
opératoire à la courbe d'équilibre.
On verra plus loin comment se fait le changement de droites opératoires.

16
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

II.3.1.3 Bilan sur le plateau d'alimentation


Sur le plateau d'alimentation, la redistribution du courant d’alimentation dépend de ses
conditions thermodynamiques par rapport à celles du plateau. Nous allons voir les différentes
situations possibles :
Si l'alimentation est sous forme d'un liquide saturé, tout le débit introduit va redescendre dans
la zone d'épuisement. De même, pour une vapeur saturée, elle va monter dans la zone de rectification.

Dans le cas d’une alimentation sous forme d’un


mélange gaz-liquide, celui-ci va se répartir dans
chacune des zones.

Un liquide sous refroidi, non seulement va descendre dans la zone d'épuisement mais il va
aussi entrainer la condensation d'une partie de la vapeur présente sur le plateau. De même, pour une
vapeur surchauffée qui entraînera la vaporisation d'une partie du liquide.

17
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

Considérons les équations des deux droites opératoires et cherchons l'intersection de ces deux
droites. Il faut résoudre :
L D L B
y= x + xD (e1) et y = x − xB (e2)
V V V V
On multiplie (e1) par V, et (e2) par V , et on retranche les 2 relations :
( ) ( )
yV = xL + xD D et yV = xL − xB B  y V − V = x L − L + ( xD D + BxB )

Mais
zF F = xD D + xB B …………………… (12)

( ) (
 y V − V = x L − L + zF F)
y= x
( L − L) + z F ………… (13)
(V − V ) (V − V )
F

Ainsi l'intersection des deux droites vérifie l'équation (13) qui est l'équation d'une troisième
droite qu'on appelle la droite de l'alimentation. On introduit alors le coefficient, q, comme
caractérisant les variations du débit liquide entre les zones de rectification et d'épuisement. Cette
variation va être quantifiée par rapport au débit F. On appelle q, la fraction de F qui descend sous
forme liquide :
L−L
L = L + qF  q = …………………..….. (14)
F
On a aussi
V −V
V = V + (1 − q ) F  (1 − q ) = ………….. (15)
F
En utilisant ces relations, l'équation (13) de la droite d'alimentation s'écrit :

18
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

 q   zF 
y = x +  ……………………….. (16)
 q −1   1 − q 
Un point particulier de la droite d'alimentation s'obtient en cherchant l'intersection avec la
droite y=x :
 q   zF   q   z   x   zF 
y = x = x +   x − 1 =  F    =   x = zF
 q −1   1 − q   q −1   1− q   q −1   1− q 
La droite d'alimentation passe donc par le point de coordonnées  z F , z F  et sa pente vaut

 q 
 .
 q −1 
Le coefficient q peut aussi être relié au bilan enthalpique sur
l'étage d'alimentation (supposé adiabatique) :
F  H F + L  H L + V  HV = L  H L + V  HV …………….. (17)

Avec les hypothèses de Lewis, on suppose de plus que H L = H L

et H LV = HV

F  H F + L  H L + V  HV = L  H L + V  HV

( )
 F  H F = H L L − L + HV V − V ( )
Et avec (14) et (15) :  F  H F = H L  q  F + HV (1 − q ) F  ( HV − H F ) = q ( H V − H L )

q=
( HV − H F ) …………………………. (18)
( HV − H L )
Cette relation permet de calculer q dans les situations complexes.
Pour une alimentation qui est sous forme d'un liquide sous-refroidi, le terme (HV − HF) correspond à
l'énergie nécessaire pour réchauffer le liquide jusqu'à sa température d'ébullition (point de bulle, Tb)
puis pour le vaporiser. On remarque que (HV – HL) correspond à la chaleur latente de vaporisation du
liquide, HVap . On a donc l'expression :

CPL (Tb − TF )
Liquide sous-refroidi : q = 1 + ………………. (19)
HVap

CPL : Capacité calorifique en phase liquide.


Pour une vapeur surchauffée, le terme (HV − HF) correspond à l'énergie nécessaire pour refroidir la
vapeur jusqu'à sa température de condensation (point de rosée, Tr). On a donc :
CPL (TF − Tr )
Vapeur surchauffée : q = − ………………. (20)
HVap

19
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

II.3.1.4 Construction graphique


Les variables connues ou que l’on devra déterminer (analytiquement ou graphiquement) sont
: zF , F , xB , xD , B, D, L,V , L,V , q, nombre d'étage

Le nombre de plateaux nécessaire à la séparation découle des constructions suivantes (voir


figures page suivante) :
L
a) On place le point  xD , xD  et on trace la droite opératoire de pente
V
L
b) On place le point  xB , xB  et on trace la droite opératoire de pente
V
 q 
c) On place le point  z F , z F  et on trace la droite de l'alimentation de pente  
 q −1 
d) On fait la construction en escalier en partant de x B ou xD

20
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

On trouvera ci-contre les différentes pentes


possibles de la droite d'alimentation en
fonction de l'état de l'alimentation.
Sa position dépend uniquement de la T de
l’alimentation (%vap.).
Pour une A liquide bouillant, on a : q = 1, d'où
: p →  ; par conséquent, la droite opératoire
est une verticale d'abscisse x = zF.
Pour une A vapeur saturée, on a : q = 0, d'où
: p → 0 ; par conséquent, la droite opératoire
est une horizontale d'ordonnée y = zF.
p : Pente

II.3.1.5 Nombre minimum de plateaux


Le nombre minimum de plateaux s'obtient dans le cas le plus favorable à la séparation : on
fonctionne à reflux total. On ferme les courants F, B, D et toute la vapeur en tête est retournée dans
la colonne : L = L = V = V

La pente des droites opératoires qui est donc


égale à 1, est maximum dans la zone de
rectification et minimum dans la zone
d'épuisement.

21
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

II.3.1.6 Reflux minimum


Le reflux minimum à utiliser pour faire une
séparation correspond au cas où l'on disposerait
d'une colonne idéale munie d'un nombre infini de
plateaux. Graphiquement, un nombre de plateau
infini s'observe lorsque le point intersection des
droites opératoires et d'alimentation devient un
point de la courbe d'équilibre. Ceci peut s'observer
comme illustré ci-dessous : la droite opératoire de
la zone de rectification peut alors soit couper soit
être tangent à la courbe d'équilibre.

II.3.1.7 Rebouilleurs et condenseurs


On dit qu'un rebouilleur est total si toute l'alimentation liquide du rebouilleur est vaporisée.
Dans le cas contraire, on dit que le rebouilleur est partiel.
Un rebouilleur partiel qui conduit à la formation d'un mélange liquide-vapeur en équilibre
est donc équivalent à un étage théorique.

Mass-Transfer operations R. Treybal McGraw-Hill (1987) ISBN

Sur la figure ci-dessous, seul le


0-07-065176-0 p 393

thermosiphon (d) est un rebouilleur total


(une entrée liquide et une sortie vapeur)
et les 4 autres sont des rebouilleurs
partiels (une entrée liquide et une sortie
liquide + une sortie vapeur).

22
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

De même pour les condenseurs, on distingue :


• Le condenseur total qui condense tout le
courant vapeur sortant de la colonne.

• Le condenseur partiel qui conduit à la


formation d'un mélange liquide-vapeur en
équilibre. Le condenseur partiel est
équivalent à un étage théorique.

Dans le décompte des étages à installer dans une


colonne à distiller, il faudra penser aux étages
théoriques que représentent un rebouilleur
partiel et/ou un condenseur partiel.

Le condenseur et le rebouilleur sont alimentés par des fluides caloporteurs. Afin d'obtenir le
transfert de chaleur, il faut une certaine différence de températures entre les fluides. On trouvera dans
les tableaux ci-dessous les différences de températures qui sont en général utilisées en fonction de la
nature des fluides caloporteurs utilisés.
Fluide caloporteur du condenseur Gamme de ΔT (OC)
Système de réfrigération 3-10
Eau de refroidissement 6-20
Fluide de procédé 10-20
Eau bouillante 20-40
Air 20-50

Fluide caloporteur du rebouilleur Gamme de ΔT (OC)


Fluide de procédé 10-20
Vapeur 10-60
Huile 20-60

23
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

II.3.1.8 Efficacité d'un plateau


Le plateau théorique correspond au cas idéal où les courants
qui en sortent, Vn et Ln , sont à l'équilibre thermodynamique.

Dans des conditions réelles, les courants Vn et Ln

n'atteignent pas toujours cet équilibre.

On caractérise cet écart à l'équilibre en définissant l'efficacité de Murphree en phase vapeur


yn − yn +1
par : EMV = ……………………………. (21)
yn − yn +1

Où y n est la composition d'une vapeur hypothétique qui serait en équilibre avec le liquide Ln .

De même, on définit l'efficacité de Murphree en phase liquide par :


xn − xn −1
EML = ……………………………. (22)
xn − xn −1

Où xn est la composition d'un liquide hypothétique qui serait en équilibre avec la vapeur Vn .

L'efficacité de Murphree n'est pas une constante et peut changer d'un plateau à l'autre. En
utilisant les définitions précédentes on peut envisager une version modifiée de la construction de Mc
Cabe et Thiele. Sur la figure suivante, on présente les constructions sur la base des efficacités soit en
phase vapeur soit en phase liquide. Une vapeur correspondant au point a été en équilibre avec un
liquide correspondant au point b. Le liquide qui sort réellement du plateau avec la vapeur correspond
ac
au point c tel que : EML = .
ab
De même, un liquide correspondant au point d
serait en équilibre avec une vapeur
correspondant au point e. La vapeur qui sort
réellement du plateau avec le liquide correspond
df
en fait au point f tel que : EMV = .
de

L'efficacité de Murphree est une information précise mais difficile à calculer. Souvent on
utilise le concept d'efficacité globale d'une colonne qui se définit comme le rapport du nombre de
24
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

plateaux théoriques nécessaires pour obtenir une certaine séparation sur le nombre de plateaux
réellement utilisés.
Nbre d ' étages théoriques
EGLOBALE =
Nbre d ' étages réels

II.3.2 Méthode de Ponchon-Savarit


Dans la méthode de Mc Cabe et Thiele, les hypothèses simplificatrices de Lewis supposent
que les flux molaires sont constants dans la colonne. Si les chaleurs de mélange sont importantes ou
si les plateaux ne sont pas adiabatiques, on pourra, dans le cas des binaires, utiliser les diagrammes
enthalpie-concentration pour faire la résolution graphique d'un problème de distillation.

II.3.2.1 Diagramme enthalpie-concentration (la pression est fixée)


L'abscisse représente la fraction molaire x (liquide) ou y (vapeur) et l'ordonnée représente
l'enthalpie.
Les courbes hL et HV
représentent les enthalpies d'un
liquide saturé et d'une vapeur
saturée.
Les parties inférieure et
supérieure du graphe
correspondent aux domaines des
phases liquide et vapeur.
Entre les deux courbes, il
y a le domaine d'existence des
deux phases liquide et vapeur
dont les compositions d'équilibre
à une certaine température sont
aux extrémités d'une conodale
(ou ligne de conjugaison).

Les isothermes dans les zones monophasiques liquide ou vapeur indique le niveau enthalpique
d'un liquide sous refroidi ou d'une vapeur surchauffée. L'utilisation de la règle des bras de levier
inverse permet le calcul des quantités respectives de chacune des phases d'un mélange liquide vapeur.

25
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

II.3.2.2 Bilans matière et bilans enthalpiques sur une colonne


Considérons la colonne ci-contre. On
appelle respectivement QC et QB les
chaleurs échangées au condenseur et au
bouilleur.
Par convention, toute énergie qui entre dans
le système est positive et tout énergie qui
sort est négative.
Si on appelle D et B les débits molaires de
distillat et de résidu, on définit alors qD et

qB par :
QD Q
qD = et qB = B
D B
On remarque que :
qD 0 et qB 0

Isolons les zones d'enrichissement et


d'appauvrissement de la colonne et faisons
les bilans sur chacune d'elles.
1. Bilans sur la zone d'enrichissement
❖ Bilan matière partiel et total :
Vn+1 = Ln + D ……………….……. (3.1)

yn+1Vn+1 = xn Ln + xD D ……………. (3.2)

❖ Bilan enthalpique :
H n+1Vn+1 + qD D = hn Ln + hD D ………. (3.3)

(3.1) + (3.1)  yn +1 ( Ln + D ) = xn Ln + xD D  Ln ( yn +1 − xn ) = ( xD − yn +1 )

Ln xD − yn +1
 = …………….……. (3.4)
D yn +1 − xn

 H n +1 ( Ln + D ) + qD D = hn Ln + hD D  Ln ( H n +1 − hn ) = D ( hD − qD ) − H n +1 

Ln ( hD − qD ) − H n +1
 = …………………. (3.5)
D H n +1 − hn

26
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

xD − yn +1 ( hD − qD ) − H n +1
(3.4) + (3.5)  =
yn +1 − xn H n +1 − hn

H n +1 − hn ( hD − qD ) − H n +1
 = ……………. (3.6)
yn +1 − xn xD − yn +1
L'équation 3.6 s’interprète facilement sur le diagramme enthalpique (h-H) vs (x-y). En effet, le
membre de gauche correspond à la pente de la droite qui passe par les 2 points de coordonnées  xn , hn 

et  yn +1 , H n +1  alors que le membre de droite correspond à la pente de la droite passant par les deux

points  xD , hD , qD  et  yn +1 , H n +1  . Si deux droites passent par un même point et ont même pente alors

elles sont confondues.


Les trois points 1 :  xn , hn  , 2 :  yn +1 , H n +1  , 3 :  xD , hD , qD  sont donc alignés et la droite ainsi

définie s'appelle la droite opératoire. Les points 1 et 2 correspondent aux courants liquide et
vapeur qui se croisent entre deux plateaux. Le point 3 s'appelle le pôle P' de la zone
d'enrichissement. Il existe une droite opératoire particulière pour chaque croisement des courants
liquide et vapeur, cependant, toutes les droites opératoires passent par le pôle P'.

Principe de la construction de Ponchon-Savarit sur le diagramme (h-H) vs (x-y)


➢ Des courants qui sortent d'un étage sont à l'équilibre et correspondent aux extrémités d'une
conodale (respect de l'équation d'équilibre thermodynamique).
➢ Des courants qui se croisent appartiennent à une droite opératoire passant par le pôle P'
(respect des équations de bilans matière partiel, total et de bilan enthalpique).

27
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

Sur le diagramme page suivante, la


construction se comprend facilement.
Supposons que la vapeur Vn sortant du
plateau n soit connue (point a). Cette
vapeur croise le liquide Ln-1 et pour trouver
le point b qui lui est associé, on trace la
droite a-P' et dont l'intersection avec la
courbe enthalpique du liquide donne le
point b. Le liquide Ln-1 est en équilibre
avec une vapeur Vn-1, le point c, qui est à
l'extrémité de la conodale passant par b.
Puis on répète la construction à partir de c
pour trouver les compositions suivantes.
Appliquons la relation [3.6] à la sortie de la
colonne :
H1 − hR hD − qD − H1
=
y1 − xR xD − y1

Si on utilise un condenseur total, alors y1 = xD = xR et la pente de la droite opératoire est infinie :

c’est une verticale. On positionne aisément les courants V1 et LR.


L'application de la relation [5.5] en sortie de colonne donne la valeur du taux de reflux externe L/D
en tête de colonne :
LR ( hD − qD ) − H1 PV1
= = ……………………. (3.7)
D H1 − hR V1 LR
Pour connaitre le taux de reflux interne L/V à un niveau quelconque de la colonne, utilisons les
équations [3.1, 3.2 et 3.3] et éliminons D :
D = Vn +1 − Ln  yn +1Vn +1 = xn Ln + xD (Vn +1 − Ln )

Ln y −x
= n +1 D ……………….. (3.8)
Vn +1 xn − xD

H n +1Vn +1 + qD D = hn Ln + hD D  H n +1Vn +1 + qD (Vn +1 − Ln ) = hn Ln + hD (Vn +1 − Ln )

Vn +1  H n +1 + qD − hD  = Ln  hn + qD − hD 

Ln H − ( hD − qD )
= n +1 ……………….. (3.9)
Vn +1 hn − ( hD − qD )

28
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

Les équations [3.8 et 3.9] donnent la valeur du reflux interne (L/V) entre les étages n et (n+1) et
correspondent sur le graphe au rapport des segments Vn+1P' sur Ln P' :
Ln Vn +1 P
= ……………….. (3.10)
Vn +1 Ln P
Avec la méthode de Ponchon-Savarit, on détermine, à chaque niveau, la valeur du reflux interne qui
n'est pas forcément constant.

2. Bilans sur la zone d'épuisement


Lm = V m+1 + B ………………………...….. (3.11)
xm L m = ym +1V m +1 + xB B ………….....…….. (3.12)

hm L m + qB B = H m +1V m +1 + hB B ………..….. (3.13)

( hB − qB ) − H m+1 = H m+1 − hm …………….. (3.14)


xB − ym +1 ym +1 − xm
L'équation (3.14), sur le diagramme enthalpique (h-H) vs (x-y), permet de définir une droite
opératoire passant par les trois points de coordonnées  ym+1 , H m+1  ,  xm , hm  et  xB , hB − qB  ; ce

dernier point étant le pôle, P'', de la zone d'épuisement. Dans la zone d'épuisement toutes les droites
opératoires qui caractérisent le croisement des courants liquide et vapeur entre deux plateaux passent
par le pôle P''.

3. Bilans sur toute la colonne


F = D+ B
zF F = xD D + xB B

hF F + qB B + qD D = hD D + hB B

B zF − xB hF − ( hB − qB )
= =
D xD − zF ( hD − qD ) − hF

( hD − qD ) − hF =
hF − ( hB − qB )
…………….. (3.15)
xD − z F z F − xB

L'équation (3.15) indique que les 3 points  xD , hD − qD  ,  z F , hF  et  xB , hB − qB  et sont alignés : il

s'agit du pole P', du point correspondant à l'alimentation et du pole P''.

29
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

4. Résumé de la méthode de Ponchon-Savarit :

Section de la colonne Segments Explications


Enrichissement P'B Chaleur qD enlevée au condenseur
Enrichissement P'C/P'E L /V entre deux étages relations générales
Enrichissement P'A/P'B L /V en tête de colonne
Enrichissement AP'/AB L / D en tête de colonne
Épuisement P''G Chaleur qB fournie au bouilleur
Épuisement P''M/P''K L / V relations générales
Épuisement MP''/MK L/B
Toute la colonne P'P''/FP'' F/D
Toute la colonne FP''/FP' B/D

II.3.3 Nombre minimum de plateaux


On l'obtient en fonctionnant à reflux
total. Dans ce cas les valeurs de D et
B sont nulles, qD et qB tendent vers

− et + , et les pôles sont aussi


rejetés à l'infini. Toutes les droites
opératoires sont alors des verticales.
Ci-contre, il faut au minimum 5
plateaux pour faire la séparation.

30
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

II.3.4 Reflux minimum


Le reflux minimum correspond au
fonctionnement avec un nombre infini
d'étages. Graphiquement on obtient un
nombre infini d'étage dès qu'une droite
opératoire peut se superposer à une conodale.
En général, et pour simplifier, on prend
comme valeur du reflux minimum la valeur
correspondant à la superposition d'une droite
opératoire avec la conodale passant par
l'alimentation F.

Cependant, pour être plus précis, on peut utiliser


aussi toutes les conodales situées ci-contre de
l'alimentation et choisir celle qui donne la plus
grande valeur du reflux minimum (prendre le pôle
le plus haut).
(En toute rigueur, il faudrait vérifier aussi que le
pôle P'' obtenu en traçant la droite
P'minimumF, ne se trouve pas ci-contre d'un pôle
obtenu en traçant les conodales situées en dessous
de l'alimentation. Il faudrait alors retenir comme
pôle P'' celui qui est le plus bas est en déduire la
position du pôle P'minimum).

II.3.5 Cas d'un condenseur partiel


Dans ce cas la construction est légèrement
modifiée mais utilise toujours le fait que deux
courants qui se croisent sont sur une droite
opératoire qui passe par le pôle.

31
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

II.3.6 Construction avec efficacité de Murphree


En phase vapeur, on définit l'efficacité de Murphree par :
yn − yn +1
EMV = …………………… (3.16)
yn − yn +1

Où y n est la composition d'une vapeur hypothétique qui serait en équilibre avec le liquide de
composition xn. Sur le graphe ci-dessous, en supposant que la vapeur sortant de l'étage est une vapeur
saturée, on place le point yn correspondant à la vapeur réellement produite ainsi que le point y n qui

serait en équilibre avec xn. On peut ainsi trouver une courbe de pseudo-équilibre de la vapeur qui
pourrait être utilisée pour faire la construction de Ponchon-Savarit.

32
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

Chapitre III : Extraction Liquide-Liquide


III.1. Définition
L’extraction liquide- liquide parfois appelée extraction par solvant est une opération de
séparation qui fait intervenir un transfert de matière d’un soluté entre deux phases liquides non ou
partiellement miscibles entre elles, puis à séparer par décantation les deux liquides obtenus. Ce cours
sera limité au cas des systèmes ternaires. On traite le cas des solvants partiellement miscibles et le
cas où les solvants sont non miscibles.

III.2. Principe
Soient B et S les deux solvants et A le soluté qui se distribue entre ces deux phases. Avec B
le diluant et S solvant (A et C) (C un solvant pur).
Ces phases sont misées en contact pour favoriser le transfert du soluté. La densité des deux
phases son différentes donc séparées par décantation. Ces étapes sont réalisées dans un bac
mélangeur-décanteur représenté sur la figure I.1.

Figure I.1 : Schéma d’un bac mélangeur décanteur.


La concentration finale du soluté dans chaque phase dépend de sa solubilité dans les liquides
mis en jeu (B et S). Le solvant s’enrichi en soluté et est alors appelé Extrait (E), qui est une solution
composée essentiellement de S+A extrait avec des traces de B. La solution de départ s’appauvrit en
soluté, elle est alors appelée Raffinat (R), qui est une solution composée essentiellement de B+ reste
de A avec des traces de S.
Si la densité de S est inférieure à celle de B alors E constitue la phase légère et R la phase
lourde.
Remarque : Pour une bonne séparation, il faut non seulement que le soluté présente une plus grande
affinité pour le solvant d’extraction S que pour le diluant B mais aussi que B et S soient de masses
volumiques différentes et qu’ils soient non ou partiellement miscibles.

33
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

III.3. Applications
L’extraction liquide-liquide a pour but de concentrer, de séparer et de purifier. Parmi les
nombreuses applications, on cite :
 Recyclage des solvants ;
 Purification des principes actifs (exp : la pénicilline, les antibiotiques, les vitamines A, B12 et C,
les aliments alimentaires dans le domaine pharmaceutique) ;
 Extraction des métaux (cuivre, molybdène, vanadium, tungstène, chrome) dans l’industrie
d’hydrométallurgie ; - Récupération de l’uranium.

III.4. Diagramme ternaire


La présence de trois constituants dans le mélange liquide, le soluté A et les deux solvants B et
S, nous conduit à adopter une représentation graphique au moyen des triangles équilatéraux. Le
diagramme triangulaire est le mode de représentation le plus courant des systèmes ternaires (figure
I.2).
L'utilisation d'un diagramme ternaire découle des règles générales suivantes :
❖ Chaque sommet du triangle représente un constituant pur (100% de A, 100% de B ou
100% de S).
❖ Sur chaque côté du triangle on peut indiquer la composition des mélanges binaires A-
B, A-S et B-S (entre 0 % et 100 %). Par exemple, on lira la teneur en B dans le sens A (0 %)
vers B (100 %). La teneur en A se lira dans le sens contraire. Sur la figure 2, le point M est
représentatif d’un mélange binaire de A et B (avec %A+%B=100%).
❖ Chaque point à l’intérieur du triangle représente un mélange ternaire A+B+S, avec %
A+% B+% S = 100 %.

Figure I.2 : Diagramme triangulaire.


34
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

III.4.1. Lecture de la composition d’un mélange ternaire


Les propriétés du triangle équilatéral permettent d’effectuer la lecture des concentrations de
différentes manières. la méthode consiste à tracer des parallèles aux trois côtés du triangle passant
par le point M. Avec : xA+ xB+ xS= 1 ou 100%.

III.4.2. Détermination de la composition d’un mélange ternaire


A. Méthode analytique
Considérant un mélange ternaire (A+B+S) de masse R qui est mélangé à une solution ternaire
(A+B+S) de masse E de compositions distinctes.
Solution 1 : masse E de composition xAE, xBE et xSE
Solution 2 : masse R de composition xAR, xBR et xSR
Si on mélange E et R on obtient un mélange ternaire de masse M de composition intermédiaire
entre E et R tel que : M = E+R.
Comment déterminer dans ce cas la composition du mélange M ?
➢ Bilan massique global E+R=M
➢ Bilan massique sur le soluté xAE E + xAR R = xAM M
➢ Bilan massique sur le solvant xSE E + xSR R = xSM M
➢ Bilan massique sur le diluant xBE E + xBR R = xBM M
Ont résolu ce système d’équations pour déterminer la composition du mélange M.

B. Méthode graphique (Règle du bras de Levier)


Si on connait la composition de E et de R, on peut les positionner à l’intérieur du triangle.
35
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

Le mélange de E et R donne une solution M qui se trouve sur le segment qui relie les points
ternaires E et R.
Comment trouver dans ce cas, la position du point M sur ce segment pour lire sa composition
?
La position du point M sur la droite ER est donnée
par le rapport des longueurs :
ER M
=
EM R
R  ER
Où : M  EM = R  ER  EM =
M

Avec : M= E+R

III.4.3. Systèmes ternaires


Dans le cas d’un système ternaire où :
➢ A, B sont totalement miscibles ;
➢ A, S sont totalement miscibles ;
➢ B, S sont partiellement miscibles.
Le diagramme d’équilibre de ce système
est le suivant :
Avec :
k1 : limite de solubilité de S dans B
k2 : limite de solubilité de B dans S

La courbe de miscibilité partage le diagramme en deux régions, en dessous de la courbe il ya


un système ternaire à deux phase (zone hétérogène), en dessus le système est homogène.
Soit un système dont la courbe de miscibilité est connue, lorsqu’on mélange (A-B-S), ces
derniers vont d’une phase à l’autre en fonction de leurs affinités jusqu'à l’équilibre qui est caractérisé
par une composition constante des deux phases (E et R). On parle alors de l’équilibre physico-
chimique. E et R dans ce cas sont reliés par un segment de droite appelée « corde d’équilibre » ou «
lignes de conjugaison ».

36
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

➢ Pour chaque R il ne peut lui correspondre


qu’une seule solution E à l’équilibre et on
peut avoir plusieurs cordes correspondant
à chaque paire de solution.
➢ Le tronçon GO est relatif aux phases riches
en diluant (Lieu des compositions des
raffinats).
➢ Le tronçon LO est relatif aux phases riches
en solvant (Lieu des compositions des
extraits).

III.4.4. Détermination expérimentale d’un diagramme ternaire


On prépare des binaires de solvant (S) et diluant (B) auxquels on rajoute du soluté (A) jusqu'à
atteindre l’isotherme de solubilité, (passage de deux phases à une phase).
Par exemple, le point D est un binaire contenant 80% de S et 20% de B (solution hétérogène). Si à
ce binaire on rajoute le constituant A pour obtenir un ternaire le point mélange dans ce cas va se situer
sur la droite qui relie D à A.
Lorsque on augmente la quantité de A, le point mélange se trouve de plus en plus proche de
A. A cause de la solubilité totale de A dans B et S on obtient une solution homogène lorsque la
composition de A est au-dessus du point D (limite de solubilité). On prépare de la même manière
d’autres binaires afin de déterminer tous les points de la courbe de miscibilité.

III.4.5. Effet de la température sur la courbe de miscibilité


La courbe de miscibilité change de position en fonction de la température car la solubilité croit
avec l’augmentation de la température. C’est pour cette raison qu’il est toujours conseillé de travailler
à faible température.

37
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

T1>T2>T3

III.4.6. Coefficient de partage


Le partage d’un soluté entre les deux phases liquides à l’équilibre est donné par le coefficient
de partage K. cette grandeur se définit comme le rapport des fractions (massiques ou molaires) du
soluté dans l’extrait (xAE) et le raffinat (xAR).
x AE
K=
x AR
La courbe xAE = f(xAR) est une courbe d’équilibre du soluté entre les deux phases. Elle est
dénommée diagramme de distribution (ou de partage) qui représente la variation de la teneur en soluté
dans l’extrait xAE en fonction de la teneur en soluté dans le raffinat et présente l’une des formes
suivantes :

K 1 K 1 K =1
III.4.7. Le choix de solvant
Le solvant d’extraction doit avoir les caractéristiques suivantes :
 Peut miscible avec le diluant ;
 De masse volumique différente de celle de diluant ;
 Chimiquement inerte et stable vis à vis des autres composants et des parois des installations ;
 Non inflammable, non toxique et bon marché.
38
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

III.5. Extraction par étage (cas des solvants partiellement miscibles)


On appelle étage un appareil où on introduit la charge F (A+B) et le solvant d’extraction S. A
la sortie de l’étage on obtient un extrait E et un raffinat R.

Etage d’extraction
L’extraction peut se faire en discontinu (Batch) ou en continu.
 Dans le procédé discontinu, on parle de masses ;
 Dans le procédé continu, on parle de débits.
Si on introduit une charge F de composition en soluté xF et un solvant S de composition en
soluté xs (si S est pur xs= 0%), les compositions de E et R dépendent de plusieurs facteurs ayant une
influence sur le procédé de l’extraction tels que :
 Le temps de contact (temps de mélangeage).
 La surface de contact (d’échange).

III.5.1. Etage théorique


On parle d’étage théorique lorsque les courants qui sortent de l’appareil sont en équilibre c’est
à dire le temps de contact est suffisamment long et la surface de contact importante pour que
l’équilibre soit atteint.

III.5.2. Calcul des débits et des compositions de E et R


 Si on connait F, xF, S, xs, (avec xF est la composition de la charge en soluté et xS la composition
du solvant en soluté).
 Si on connait l’équilibre physico-chimique du système (courbe + cordes).
On mélange F et S il se forme un ternaire M qui va se trouver sur le segment FS et sa position est
donnée par sa composition xM.

A. Méthode analytique
 Bilan massique global F+S=M

 Bilan massique sur le soluté F  xF + S  xS = M  xM

39
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

F  xF + S  xS
xM =
F  xF F +S
Si S est pur alors xS= 0 xM =
F +S
B. Méthode graphique (Règle du bras de Levier)
M FS M SF
= ou =
S FM F SM
Au point M le mélange est hétérogène et à l’équilibre ce mélange se sépare en deux phases E
et R donc le segment (ER) est une corde d’équilibre.
Si nous ne connaissons ni la position de E ni celle de R comment les déterminés dans ce cas?

Si par hasard M tombe sur une corde existante alors la réponse est immédiate car les
extrémités de la corde donnent les positions de E et R donc on peut lire leurs compositions et
leurs débits se calculs soit analytiquement soit graphiquement.
❖ Analytiquement
E+R=M
xE E + xR R = xM M
Nous avons deux équations et deux inconnus (E et R) et pour calculer leurs valeurs ont résolu
ce système d’équations.

❖ Graphiquement (la règle du bras de Levier)


RM
M  RM = E  RE  E = M  et R = M - E
RE
 Si M tombe entre deux cordes voisines, on trace la corde passant par M parallèlement à la
corde la plus proche et on trouve les compositions en soluté de l’extrait et de raffinat (xE et
xR), leurs débits se calcul comme ci-dessus.

III.5.3. Rendement de l’extraction


L’efficacité d’une extraction dépend de la constante de partage K et du fractionnement des
extractions (nombre d’extractions réalisées pour un même volume total de solvant d’extraction). Le
rendement d’extraction s’exprime comme étant le rapport entre la quantité de soluté extraite et la
quantité du soluté initiale il s’écrit comme suit :
E  xAE
=
F  xAF

40
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

III.5.4. Débit maximum et minimum de solvant


A. Débit minimum de solvant
Si on connait la quantité de la charge à séparer F (l’alimentation), sa composition en soluté
xF, la quantité de solvant S et sa composition en soluté xS.
Si on utilise une faible quantité en S, le point du mélange ternaire M se trouve très proche de
F sur la droite FS et la limite est donnée par le point M1 (le point d’intersection de la droite (FS) avec
la courbe de miscibilité) qui représente un mélange ternaire homogène pour lequel l’extraction est
impossible.
Le mélange M1 correspond à la quantité minimale de solvant pouvant être utilisée.
Analytiquement
F + S min = M 1

xF F + xS S min = xM1 M 1 = xM1 ( F + Smin )

Smin =
(
F xF − xM1 )
(x M1 − xS )
Graphiquement
FM 1
Smin = M1 
FS

B. Débit maximum de solvant


Si la quantité de S est très importante on risque d’obtenir un mélange ternaire homogène et le
point M se déplace vers S jusqu’à une limite maximal à ne pas dépasser (point ternaire M 2). Ce cas
correspond à la quantité de solvant maximum pouvant être utilisée.
Analytiquement
F + S max = M 2

xF F + xS S max = xM 2 M 2 = xM 2 ( F + S max )

Smax =
(
F xF − xM 2 )
(x M2 − xS )
Graphiquement
FM 2
Smax = M 2 
FS
 Donc S doit être choisi entre Smin et Smax
Remarque :
F et S peuvent être des ternaires donc les points F et S seront à l’intérieur du triangle.
41
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

III.5.5. Composition limite de la charge


Si la composition de la charge xF est inférieure à une composition limite maximale xFmax (

xF  xFmax ), il n’est pas possible d’obtenir le système hétérogène et par conséquent pas d’extraction.

Dans ce cas (FS) est tangente à la courbe de miscibilité.

III.6. Extraction dans une cascade d’extracteurs à courants- croisés

– On alimente les étages par un mode croisé des courants F et S.


– Si F, xF, S, xs sont connues et on veut obtenir un extrait et un raffinat de compositions fixées

( xRN et xEN ).
– Le mode de fonctionnement croisé et sa représentation sur le diagramme ternaire est comme
suit :
1. Connaissant F et S on détermine M1 pour le premier étage à l’aide d’un bilan ou en utilisant
la règle du bras de Levier.
2. E1 et R1 passent obligatoirement par M1. Ils sont obtenus en traçant une corde parallèle à la
corde la plus proche passant par M1.
3. Pour le deuxième étage, on mélange R1 et S, donc on joints ces deux points sur le diagramme
ternaire et on détermine la position du mélange M2 en calculant xM2. On trace une corde

42
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

passant par M2 parallèle à la corde la plus proche, on trouve les positions des mélanges E2 et
R2 .
4. De la même façon que pour le ième étage, on détermine Ei et Ri jusqu'à atteindre la composition

du raffinat fixée ou imposée ( xRN ).

Le nombre de cordes d’équilibre construites correspond au nombre d’étages théoriques, on


déduit dans cet exemple que : RN=R5 → N=5, donc le nombre d’étages théoriques nécessaire pour

atteindre xRN fixée est de 5 étages.


N
Avec : ET =  Ei (la masse totale de l’extrait)
i =1

N
xAET ET =  xAEi Ei (Cette quantité représente la masse totale du soluté extraite)
i =1

Remarque : Il est montré que la séparation est maximale lorsque le solvant est réparti de façon
uniforme entre les étages (S1=S2=……Si).

III.7. Extraction dans une cascade à contre-courant :


On suppose une cascade de N étages.

Le mode à contre-courant consiste à introduire F au premier étage et le solvant S au dernier


étage.
Pour cette cascade, il existe toujours un temps de démarrage qui consiste à commencer dans
un premier temps à remplir tous les étages avec F puis on envoie S ou le contraire.
 Etablissant le bilan d’une telle cascade.
43
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

 La somme ce qui rentre = La somme ce qui sort.


❖ 1er étage :
F + E2 = R1 + E1

F − E1 = R1 − E2

❖ 2ème étage
F + E3 = R2 + E1

F − E1 = R2 − E3
❖ ième étages
F + Ei +1 = Ri + E1

F − E1 = Ri − Ei +1
N=2, deux étages théoriques
❖ Toute la cascade
F + S = E1 + RN

F − E1 = RN − S

– Dans tous les cas, nous avons un terme qui revient c’est (F- E1) si on pose :
F − E1 = P  F = P + E1
Alors F, P et E1 sont alignés et F se trouve entre E1 et P.
– Nous avons aussi : P = RN − S  RN = P + S

Les points RN, P et S sont aussi alignés et RN se trouve entre P et S.


– L’intersection des droites FE1 et SRN donne le point du mélange P à l’extérieur du triangle
(c’est le pôle opératoire).
– Connaissant E1, on détermine R1 en traçant la corde d’équilibre.
– Connaissant R1, on trace la droite joignant R1 et P et on la prolonge jusqu’à le coté droit, ce
qui détermine la position de E2 et ainsi de suite jusqu’à atteindre le point du mélange RN fixé
(composition fixée en soluté).
Remarque : le mélange P n’a pas de signification physique sur le diagramme (solution hypothétique)
mais constitue un pôle de construction pour évaluer le nombre des plateaux théoriques.

➢ Débit de solvant
Le bilan total de toute la cascade est : F+S = E1+RN = M

44
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

 Globalement, on mélange F et S (ce qui n’est pas le cas) et le point M n’existe nulle part, on
va donc réaliser une construction hypothétique.
Si xE1 et xRN sont connus, alors l’intersection de FS et E1RN donne le point M.

Le débit de solvant dans le cas d’extraction à contre courants se calcul comme suit :
 Analytiquement :
F + S = M et xF F + xS S = xM M

F ( xF − xM )
S=
( xM − xS )

 Graphiquement :
M FS FM
= S=M
S FM FS
Remarques :
1. Si le débit de solvant utilisé S est très important ( Smax ), on risque d’avoir un extrait dilué et le

nombre d’étage dans ce cas réduit.


2. Lorsque la droite E1F correspondre avec une corde existante, un nombre infini d’étages est
nécessaire pour obtenir la séparation requise.
3. La quantité de solvant pour laquelle ce cas apparait correspond un débit de solvant minimum
( S min ).

III.8. Extraction dans le cas des solvants non miscibles


A. Extraction dans le cas des solvants non miscibles et courant croise :
Dans le cas des solvants non miscibles, on exprime les compositions du système ternaire par
des fractions relatives.
• Soit B Kg de solvant de base de composition X en soluté.
• Soit S Kg de solvant d’extraction de composition Y en soluté.
45
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

Avec :

Lors de l’extraction on aboutit à un état d’équilibre avec un extrait de composition Y et un


raffinat de composition X.

Diluant et solvant immiscible


• Bilans de matière de solvant ou diluant :
F+R=S+E
• Bilan de matière de soluté :
X 0 .F + Y0 .S = Y .E + X .R

 F ( X 0 − X ) = S (Y − Y0 )

F F
Y = −   X +   X 0 + Y0 C’est l’équation de la droite opératoire.
S S
Dans les coordonnées X, Y, le processus peut être présenté comme suit :
1. Tracer la courbe d’équilibre Y  = K  X ;
2. Fixer la position du point D de coordonnées (X0, Y0) ;
F
3. Tracer la droite opératoire de pente −
S
46
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

a) Si S est pur (Y0=0) :

F F
Y = −  X +   X0
S S

a) Si S n’est pas pur, Y0≠ 0 :


F F
Y = −   X +   X 0 + Y0
S S

Pour tracer cette droite opératoire, il


suffit d’avoir au moins deux points :
• L’ordonnée à l’origine (pour X= 0,
Y= F
S X 0 + Y0 )
• Le point D de coordonnées (X0, Y0) ;

Remarques :
1. Le nombre de droites opératoires égal au nombre d’étages utilisés pour l’extraction.
2. Si la quantité de S est la même dans les étages, les droites opératoires sont parallèles.

B. Extraction dans le cas des solvants non miscibles (immiscibles) et contre-courant :


Dans le cas d’extraction par solvants immiscibles à contre-courant nous appliquant la méthode
de Mc Cabe et Thiele.

47
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

❖ Bilan sur tout le système :

X 0 .R + YN +1.E = X N .R + Y1.E
F R Y1 − YN +1
 = =
S E X0 − X N
❖ Faisons un bilan entre les étages 1 et n :

X 0 .R + Yn+1.E = X n .R + Y1.E
R
 (Yn+1 − Y1 ) =   ( X n − X 0 )
E
Cette équation d'une droite qu'on
appelle la droite opératoire de pente (R/E).
Dans le cas particulier où n=N, le point
[ X N , YN +1 ] vérifie donc l'équation de la droite

opératoire. Il en est de même pour le point [


X 0 , Y1 ]. De plus, on sait que les courants qui
sortent d’un étage sont sur la courbe d'équilibre
: la résolution graphique est similaire à la
méthode de Mc Cabe et Thiele.

48
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

Chapitre IV : Absorption
IV.1. Généralités
Absorption de gaz : Il s'agit d'une opération de transfert de masse dans laquelle un ou plusieurs
solutés de gaz sont éliminés par dissolution dans un liquide. Le gaz porteur dans le mélange est appelé
"le gaz inerte". Un contact intime entre le gaz dissous et le liquide absorbant est obtenu dans un
équipement d'absorption approprié, à savoir une tour à plateaux, une colonne à garnissage, une tour
de pulvérisation, .... etc. L'opération d'inverse est appelée le stripage ou désorption.
– Exemples :
L'absorption est l'une des méthodes les plus fréquemment utilisées, de plus dans un certain
nombre de cas le processus d'absorption est accompagné d'une réaction chimique en phase liquide.
De nombreux exemples illustrent la capacité des liquides à dissoudre des gaz :
– Dissolution de l'oxygène de l'air dans le sang au cours de la respiration des humains ;
– Dissolution de l'oxygène dans l'eau indispensable pour les poissons.
Les applications industrielles faisant appel à une colonne d'absorption peuvent être classées
en familles de procédés :
– Lors de la synthèse des acides minéraux (HC1, H2SO4, HNO3)
– Lors des fermentations :
• L’absorption de O2 et CO2 pour la fabrication de la bière et des antibiotiques.
– Le lavage des gaz :
• Élimination de H2S et CO2 du gaz de Lacq
• Élimination du SO2 des fumées de combustion
• Élimination de H2 du gaz de synthèse de NH3

– Les choix du solvant :


Le choix du solvant peut être mené selon plusieurs critères :
1. Capacité de séparation : Pour une séparation donnée, le débit du solvant sera d'autant plus
faible que sa capacité d'absorption sera plus grande. Les solvants qui ont une action chimique
sur le soluté présentent en général une bonne capacité d'absorption.
2. La sélectivité : C'est un facteur déterminant pour la séparation des mélanges gazeux
complexes. L'utilisation de solvants spécifiques d'un soluté donné améliore très sensiblement
la qualité de la séparation.
3. La volatilité du solvant : Une faible volatilité présente l'avantage d'éviter son entraînement
par les gaz au cours de l'absorption. Une forte volatilité facilite sa régénération.

49
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

4. Autres propriétés importantes : La stabilité physique et chimique (température de


décomposition), la viscosité, la corrosion vis-à-vis des parois du procédé, la toxicité...
5. Le coût : Il n'est plus un critère de choix lorsqu'il est recyclé et que l'appoint nécessaire pour
compenser les pertes reste faible.

IV.1.1 Notions de contacteurs :


La séparation des constituants d'un mélange par une opération en continue dépend de
nombreux paramètres : la composition et la nature du mélange, la surface d'échange interfaciale,
l'épaisseur des couches limites, les gradients de concentration de part et d'autre de l'interface, les
conductivités mises en jeu dans le processus de séparation et l'écoulement (débits, régime) de chaque
phase en présence. Ils définissent la densité de flux matière à travers l'interface d'échange et
conditionnent le dimensionnement de la colonne c'est-à-dire l'investissement pour effectuer la
séparation souhaitée.
Le dimensionnement de la colonne débute par la détermination de son diamètre. Sur la figure
1 les dispositifs présentés permettent la mise en contact de phases liquide et gazeuse circulant à
contre-courant. Selon le type de colonne (garnissage, plateaux…) et les débits imposés, les vitesses
des phases circulantes dépendront de son diamètre qui sera évalué en prenant en compte la section de
passage disponible. Il existe des abaques qui permettent de prévoir la vitesse limite des phases pour
éviter le processus d'engorgement. Le diamètre de la colonne sera généralement fixé à une valeur telle
que la vitesse de la phase gazeuse ne dépasse pas 50 à 80 % la vitesse d'engorgement.

1) Colonne à gouttes 2) Colonne à film


3) Colonne à garnissage 4) Colonne à bulles
5) Colonne à plateaux perforés
Figure 1 : les différents types de contacteur gaz-liquide.

50
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

L'estimation de la hauteur de la colonne est plus complexe et fait appel aux notions de plateau
théorique ou d'unité de transfert.

IV.2. Notations :
 Soluté A : les constituants du système de solubilités notables ;
 Gaz inerte ou gaz porteur B (diluant) : le ou les constituants de la phase gazeuse dont les
solubilités sont très faibles comparées à celles des solutés ;
 Solvant ou absorbant S : les constituants de la phase liquide peu échangés avec la phase
gazeuse. L’eau est l’absorbant le plus utilisé.
 L : débit de la phase liquide, indice 0 à l'entrée, 1 à la sortie.
 x : titre massique ou molaire en soluté dans la phase liquide.
 G : débit de la phase gaz à l'entrée, indice 0 à l'entrée, 1 à la sortie.
 y : titre massique ou molaire en soluté dans la phase gaz.

IV.3. Notion d’équilibre liquide-gaz :


IV.3.1. La solubilité : inerte
Les valeurs de solubilité déterminent le débit de solvant nécessaire pour une récupération
complète ou partielle du soluté mais il est économique et donc essentielles à la conception. Afin de
définir complètement la solubilité d'un gaz dans un liquide, il est généralement nécessaire d'indiquer
la température, la pression partielle, l'équilibre du soluté entre les phases gazeuse et liquide, et la
pression totale sur le système.
Les données d'équilibre se trouvent généralement sous l'une des trois (3) formes suivantes :
1. Les données de solubilité exprimées soit en solubilité en poids ou en pourcentage molaire ou
en coefficients de la loi de Henry ;
2. Pressions de vapeur des composants purs ;
3. Coefficients de partage d'équilibre (K).
Pour les concentrations diluées de nombreux gaz, la relation d'équilibre est donnée par la loi
de Henry, qui relie la pression partielle développée par un soluté A dans un solvant B par l'équation
suivante :
PA = H A  xA (II.1)

PA : (Pa) pression partielle de A dans le gaz,


xA : fraction molaire de A dans le liquide,
HA : (Pa) coefficient de Henry de A.

51
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

IV.3.2. Équation d’équilibre liquide-gaz :


A pression et température fixées,
l'équilibre conduit à une courbe y = f(x) qui
traduit la répartition du soluté entre les deux
phases. Les unités utilisées pour y (phase
gazeuse) et x (phase liquide) dépendent de la
nature de la séparation réalisée : fraction
massique ou molaire, concentration massique,
molaire ou volumique... L'unité adoptée
conditionne celle retenue pour les débits de
chaque phase G et L.

Fig. II.1 : Droit d'équilibre en titre molaire y=f(x).

IV.3.2.1. Équation d’équilibre dans le cas de gaz dilue :


Pour la concentration diluée de gaz et la loi de Henry avec la loi de Dalton, la relation
d'équilibre est donnée par l'équation suivante :
H
yA = xA (II.2)
PT
IV.3.2.2. Équation d’équilibre dans le cas de gaz concentre :
Pour le gaz concentre et à partir de (I.12),
(II.1) et (II.3), la relation d'équilibre est donnée
par l'équation suivante :
 xA
yA = (II.3)
1 + ( − 1) xA

Fig. II.2 : Droit d'équilibre en rapport molaire Y=F(X).

52
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

IV.4. Absorption isotherme :


La dissolution d'un gaz dans un liquide est un phénomène exothermique. Le débit du solvant
dépendra en partie des conditions thermiques du fonctionnement. L'absorption pourra être considérée
comme isotherme si :
– L’exothermique du mélange est faible ;
– La quantité de matière absorbée est faible ;
– Le débit du solvant est élevé ;
– La colonne est rendue isotherme par un système de réfrigération.

IV.5. Bilans de matière :


L'opération est effectuée en continu dans une colonne verticale où les phases circulent à
contre-courant (Fig. II.3). Le bilan sur le soluté de l'ensemble de la
colonne nous conduit à :
GN +1 + L0 = G1 + LN (II.4)

yN +1GN +1 + x0 L0 = y1G1 + xN LN (II.5)

L0, LN : débits massiques ou molaires de la phase liquide.


G1, GN+1 : débits massiques ou molaires de la phase gazeuse.
y1, yN+1 : titres massique ou molaire de la phase gazeuse à l'entrée et
à la sortie de la colonne.
x0, xN : titres massique ou molaire de la phase liquide à l'entrée et à la
sortie de la colonne.
Fig. II.3 : Notation des bilans matières dans un absorbeur.

IV.6 Concept d’étage théorique (NET) de colonnes à plateaux :


Pour un mélange donné et des conditions (T, P) fixées, la droite opératoire peut se situer au-
dessus ou en-dessous de la courbe d'équilibre. Sa position dépend uniquement de la teneur en soluté
dans chaque phase aux extrémités de la colonne.

IV.6.1. Concept d’étage théorique McCabe-Thiele pour une absorption diluée :


Le diagramme de McCabe-Thiele est plus utile lorsque la ligne d'opératoire est droite. Cela
nécessite que l'équilibre énergétique soit automatiquement satisfait et le rapport entre le débit de
liquide et gaz est constant (L/G = constant). Pour l'équilibre énergétique soit automatiquement
satisfait, nous devons supposer que :
— La chaleur d'absorption est négligeable ;
53
Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

— Le système est isotherme et isobare.


Le rapport entre le débit de liquide et gaz est constant (L/G = constant), on suppose tous les
débits constants au long de la colonne :
L = L0 = L1 = ........ = LN (II.6)

G = G1 = G2 = ........ = GN +1 (II.7)

IV.6.1.1. Droite opératoire :


Bilan sur la zone limitée :
GN +1 + L = G + LN (II.8)

yN +1GN +1 + xL = yG + xN LN (II.9)

A partir des (II.6), (II.7), (II.8) et (II.9) on écrire :


L
( y − yN +1 ) = ( x − xN ) (II.10)
G
C'est l'équation de la droite opératoire dans le cas de cas gaz
dilue, qui passe par les points (x1, y0) et (x0, y1), coordonnées des deux
extrémités de la colonne. Le tracé de cette droite opératoire sur la
courbe d'équilibre permet de déterminer le NET de la colonne (Fig.
II.4).
Fig. II.4 : Schéma d’absorbeur dans le cas de cas gaz dilue.
Remarque :
❖ x0 = x1 et yN = yN +1 par ce que le débit de

solvant dans la conduite est le même dans le


premier étage et le débit de gaz dans la conduite
est le même dans le dernier étage.

Fig. II.5 : Construction dans le cas de gaz dilue et colonne d'absorption à contre-courant.

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Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

IV.6.2. Concept d’étage théorique McCabe-Thiele pour une absorption concentre :


Dans ce cas, la procédure d'analyse McCabe-Thiele peut être adaptée à des systèmes plus
concentrés et les débits L et G ne sont pas constants. Nous aurons la ligne d'opératoire est droite si
nous ferons les hypothèses suivantes :
❖ L’absorbant est non volatil ;
❖ Le gaz porteur est insoluble dans le liquide.

Le rapport entre le débit de solvant pur et gaz inerte pur est constant (L'/G' = constant), nous
aurons les relations suivantes :
❖ L = L(1 − x) (II.11)
L’: débit du liquide exempt de soluté (solvant pur).

❖ G = G(1 − y) (II.12)
G' : débit de gaz inerte exempt de soluté.
Ce débit est constant tout le long de la colonne lorsque le gaz inerte est insoluble dans le
liquide.
x q tite de soluté dans le solvant
❖ X= = (II.13)
1− x q tite de solvan pur
X : rapport massique ou molaire en soluté dans la phase liquide.
y qtite de soluté dans le gaz
❖ Y= = (II.14)
1− y q tite de gaz inerte pur
Y : rapport massique ou molaire en soluté dans la phase gaz.

Même remarque au-dessus pour les x0 = x1 et yN = yN +1 .

IV.6.1.1. Droite opératoire :


Bilan sur la zone limitée :
GN +1 + L = G + LN (II.15)

yN +1GN +1 + xL = yG + xN LN (II.16)

– Débit de solvant pur :


L = L(1 − x) = L0 (1 − x0 ) = LN (1 − xN ) (II.17)

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Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

– Débit d'inerte pur


G = G(1 − y) = GN +1 (1 − yN +1 ) = G1 (1 − y1 ) (II.18)

L L G
En remplaçant LN par , L par , GN+1 par et
(1 − xN ) (1 − x) (1 − yN +1 )
G
G par on obtient :
(1 − y )
x xN y yN +1
L  − L  = G  − G 
(1 − x) (1 − xN ) (1 − y ) (1 − yN +1 )

Soit encore G(Y − YN +1 ) = L( X − X N ) , qui s'écrit enfin :

L
(Y − YN +1 ) = (X − XN ) (II.19)
G
Fig. II.5 : Schéma d’absorbeur dans le cas de cas gaz concentre.
C'est l'équation de la droite opératoire, qui passe par les points (XN, YN+1) et (X0, Y1),
coordonnées des deux extrémités de la colonne. Le tracé de cette droite opératoire sur la courbe
d'équilibre permet de déterminer le NET de la colonne.
Notez que la ligne de fonctionnement en absorption est au-dessus de la ligne d'équilibre car le
soluté est transféré du gaz au liquide. Dans la distillation, nous avons eu du matériel (le composant le
plus volatil) transféré du liquide au gaz, et la ligne de fonctionnement était en dessous de la courbe
d'équilibre. La raie Y = X n'a aucune signification pour l'absorption. Comme d'habitude, les étapes
sont comptées à la courbe d'équilibre.

❖ L’équation d’équilibre dans ce cas :


X Y
( II .13)  x = et ( II .14)  y =
1+ X 1+ Y
X
 Y X
( II .3) 
Y
= 1+ X  =  Y (1 + X + ( −1) X ) =  X (1 + Y )
1 + Y 1 + ( − 1) X 1 + Y 1 + X + ( − 1) X
1+ X

 Y + YX + YX − YX =  X +  XY  Y + YX +  YX − YX =  X +  XY

 Y =X

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Opérations unitaires I (Absorption-Stripage, Extraction-Mélangeage)

Remarques :
– Cette construction peut être tracée sur la courbe
d'équilibre en rapport massique ou en rapport
molaire, le rapport L'/G' devant être dans les
mêmes unités.
– Cette construction peut également être tracée
sur la courbe d'équilibre en titre massique ou en
titre molaire avec une approximation tout à fait
satisfaisante si les titres sont inférieurs à
quelques pourcent (1 à 5% par exemple).

Fig. II.6 : Construction dans le cas de gaz concentre et colonne d'absorption à contre-courant.
Le rapport L'/G' minimum correspond à une valeur de XN laissant le bas de la colonne en
équilibre avec YN+1, la concentration en soluté dans le gaz d'alimentation. Il faut un nombre infini
d'étages pour que cet équilibre soit atteint. Ce rapport minimal L'/G' peut être dérivé du diagramme
de McCabe-Thiele comme le montre la fig. II.7. Le choix du débit d'absorbant opérationnel réel est
basé sur un certain multiple de L'min, typiquement entre 1,1 et 2. Une valeur de 1,5 est habituellement
proche des conditions économiquement optimales.

Fig. II.7 : Détermination du rapport minimum (L/G) d'absorption à partir d'un diagramme de
McCabe-Thiele.

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