SESSION 2007
EPREUVE SPECIFIQUE – FILIERE MP
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PHYSIQUE 2
Les calculatrices sont interdites.
(Les données numériques sont choisies pour simplifier les calculs)
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ELECTROMAGNETISME
Le problème d’électromagnétisme comprend quatre parties indépendantes : des généralités sur les
conducteurs, condensateurs et capacités et trois applications des condensateurs (système Terre-
ionosphère et circuit RC) et conducteurs (câble coaxial).
Les six figures du problème d’électromagnétisme sont en page 5/6.
Des valeurs numériques des fonctions lg x et tan α sont en page 6/6.
Les grandeurs scalaires sont représentées par : a, b, AB, CD
Les grandeurs vectorielles sont en caractères gras : a, b, AB, CD
En notation complexe ces grandeurs sont soulignées : a, b, AB, CD, a, b, AB, CD
Notation des produits scalaire ( AB ⋅ CD) et vectoriel ( AB × CD) de deux vecteurs.
ε0 : désigne la permittivité du vide.
lg x : désigne le logarithme décimal de x.
I. CONDUCTEURS – CONDENSATEURS – CAPACITES
1. Conducteurs – Propriétés.
a. Quelle distinction fait-on entre un conducteur métallique et un isolant ?
Parmi les types de matériaux suivants : plastique, métal, corps humain, verre, eau pure et eau
du robinet, quels sont ceux que l’on classe parmi les conducteurs électriques ?
b. Qu’appelle-t-on conducteur en équilibre électrostatique ?
Définir à l’intérieur de ce conducteur les propriétés de : Ei (champ électrostatique), ρi (densité
volumique de charges) et Vi (potentiel électrostatique).
Si l’on apporte des charges excédentaires à ce conducteur en équilibre électrostatique, où
vont-elles se répartir ?
c. On considère un conducteur métallique creux, de surface (Sext), en équilibre électrostatique
dans lequel une cavité, de surface (Sc), ne contient pas de charges excédentaires (Figure 1).
Définir à l’intérieur de la cavité les propriétés de : Ec (champ électrostatique), ρc (densité
volumique de charges), σc (densité surfacique de charges sur (Sc)) et Vc (potentiel
électrostatique).
Où vont se placer les charges excédentaires que l’on dépose sur ce conducteur métallique
creux en équilibre électrostatique ?
d. Théorème de Coulomb : énoncé et formulation.
2. Conducteurs – Capacités.
Soit V le potentiel d’un conducteur en équilibre, Q la charge portée par sa surface et σ la densité
surfacique de charge.
a. Exprimer la capacité C du conducteur en fonction de V et de Q.
b. Calculer les capacités des conducteurs (en équilibre électrostatique) suivants :
b.1. Conducteur plan : on considère un disque conducteur de centre O1, de rayon R1, portant
une charge surfacique σ1, répartie uniformément sur une face.
Calculer, en fonction de σ1, R1 et ε0, la charge Q1 et le potentiel V1 de ce conducteur et
en déduire C1.
b.2. Conducteur cylindrique : on considère un cylindre conducteur de rayon R2, de longueur
l, portant une charge surfacique σ2, répartie uniformément sur la surface latérale.
1/6
Calculer, en fonction de σ2, R2, l et ε0, la charge Q2 et le potentiel V2 de ce conducteur et
en déduire C2.
b.3. Conducteur sphérique : on considère une sphère conductrice de centre O3, de rayon R3,
portant une charge surfacique σ3, répartie uniformément sur la sphère.
Calculer, en fonction de σ3, R3 et ε0, la charge Q3 et le potentiel V3 de ce conducteur et
en déduire C3.
3. Condensateurs – Propriétés.
a. Qu’appelle-t-on condensateur électrique ?
b. Parmi les condensateurs (plans, cylindriques et sphériques), citer trois types de condensateurs
usuels.
c. Enoncer le théorème de Gauss, puis exprimer sa formulation mathématique précise.
4. Condensateurs – Capacités.
Soit un conducteur creux (B) entourant totalement un conducteur (A) (Figure 2).
Le conducteur interne (A), au potentiel VA, porte sur sa surface extérieure la charge QA. Le
conducteur externe (B), au potentiel VB< VA, porte sur sa surface intérieure la charge QBi et sur sa
surface extérieure la charge QBe.
a. A l’équilibre électrostatique de ces deux conducteurs, quelle est la relation entre les charges
QA et QBi ? Justifier votre réponse.
b. En considérant ce système de deux conducteurs comme un condensateur, définir la charge Q
de ce condensateur. En déduire la capacité C en fonction de Q et des potentiels VA et VB.
c. Détermination des capacités des condensateurs suivants :
c.1. Condensateur plan : donner, sans démonstration, l’expression de la capacité C1 d’un
condensateur plan, supposé idéal, en fonction de e (écartement des deux armatures
parallèles), S (aire des armatures) et ε0.
Application numérique : le condensateur plan est doté de plaques circulaires de rayon
6 cm qui se trouvent à 2,5 mm l’une de l’autre. Calculer sa capacité et la charge qui
apparaîtra sur les plaques si on leur applique une différence de potentiel de 150 V.
c.2. Condensateur cylindrique : soit un condensateur constitué de deux armatures
cylindriques concentriques de rayons R1 et R2>R1 et de hauteur h. L’armature de rayon
R1 et de hauteur h porte la charge Q1.
- Déterminer, à l’aide du théorème de Gauss, le champ électrostatique entre les
armatures E.
- Exprimer la différence de potentiel ∆V = V (R1) – V (R2) et en déduire la capacité
C2 du condensateur cylindrique en fonction de R1, R2, h et ε0.
- Examiner le cas où R2 = R1 + e avec e << R1.
c.3. Condensateur sphérique : un condensateur comprend deux armatures sphériques
concentriques de rayons R1 et R2>R1. L’armature interne de rayon R1 possède une
charge Q1.
- Déterminer, en utilisant l’équation de Laplace, le potentiel électrostatique V(r) entre
les armatures et en déduire le champ électrostatique E(r) en fonction de R1, R2,
V(R1), V(R2) et r.
Le laplacien d’une fonction scalaire en coordonnées sphériques a pour expression :
1 ∂ ∂f 1 ∂ ∂f 1 ∂2 f
∆f (r , θ , ϕ ) = 2 r 2 + 2 sin θ +
r ∂r ∂r r sin θ ∂θ ∂θ r 2 sin 2 θ ∂ϕ 2
- En déduire la capacité C3 du condensateur sphérique en fonction de R1, R2 et ε0.
- Examiner le cas où R2 = R1 + e avec e << R1.
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II. CONDENSATEUR SPHERIQUE : Système Terre-ionosphère
On représente l’ensemble Terre-ionosphère comme un volumineux condensateur sphérique qui peut
être modélisé par le schéma de la Figure 3. La Terre, de rayon R, se comporte comme un
conducteur parfait de potentiel nul et porte une charge négative –Q (Q>0) uniformément répartie
sur sa surface, tandis que l’ionosphère représentée par une surface équipotentielle sphérique de
rayon R+z0, de potentiel V possède une charge totale +Q. On suppose que l’atmosphère a la
permittivité du vide.
1. Exprimer le champ électrostatique E(z) à l’altitude z (0<z<z0) en fonction de Q, R, z et ε0.
(Vecteurs unitaires en coordonnées sphériques : er , eθ , eφ ).
2. En déduire le potentiel V, puis la capacité C du système en fonction de R, z0 et ε0.
3. Des mesures à l’altitude z0 = 60 km ont permis d’évaluer le potentiel à environ 360 kV. Justifier
que dans ces conditions le système se comporte comme un condensateur plan. Calculer la
capacité C et l’énergie électrostatique Wel du système, ainsi que la valeur du champ E au niveau
du sol, le rayon terrestre valant 6 000 km. (On prendra (1/ π ) ≈ 0,32 ).
4. Donner la valeur de la densité surfacique de charge σ à la surface de la Terre et en déduire sa
charge totale –Q.
5. Lors d’un orage, la tension passe à V1 = 108 V pour le système formé par le sol et la base des
nuages d’altitude z1 = 1 km. Déterminer les nouvelles valeurs σ1 et E1. Sachant qu’en temps
normal, l’atmosphère est partiellement ionisée et parcourue par de faibles courants électriques
verticaux dont l’effet principal est de décharger le système Terre-atmosphère, quelle est
l’incidence d’un orage sur ces transferts de charges ?
III. CONDENSATEUR PLAN : Circuit RC
1. Circuit RC : Filtre du 1er ordre.
On considère le filtre RC représenté en Figure 4. Un générateur délivre une tension sinusoïdale
de pulsation ω et de tension efficace Ue. On suppose l’impédance de charge suffisamment élevée
pour pouvoir négliger le courant de sortie (I = 0).
a. Prévoir la nature du filtre en examinant les comportements limites suivant la pulsation.
Us
b. Calculer la fonction de transfert H ( jω) = de ce filtre et la mettre sous une forme
Ue
ω
canonique en introduisant la variable réduite x = où ωc est une pulsation caractéristique
ωc
que l’on déterminera.
c. Tracer les diagrammes de Bode relatifs au gain et à la phase, respectivement
1
GdB (lg x) et ϕ (lg x) sur l’intervalle , 100 . On précisera les asymptotes.
100
2. Circuit RC : Filtre du 2ème ordre.
On considère le filtre représenté sur la Figure 5. Un générateur fournit à l’entrée une tension
sinusoïdale de pulsation ω de valeur efficace Ue′ .
a. Déterminer la nature de ce filtre par l’analyse des comportements limites.
ω
b. Calculer la fonction de transfert H′(jω) et l’exprimer en fonction de x = où ω0 = 1/ RC .
ω0
3/6
c. Tracer les diagrammes de Bode GdB (lg x) et ϕ (lg x) en précisant les asymptotes sur
1
l’intervalle , 100 .
100
d. Déterminer les pulsations de coupure à 3 dB, ω1 et ω2 (ω1< ω2) et en déduire la bande passante
du filtre en fonction de RC.
IV. CONDUCTEURS CYLINDRIQUES : Câble coaxial
Une ligne électrique, supposée de longueur infinie, est constituée par un câble coaxial comprenant
deux surfaces cylindriques, conductrices, de résistance négligeable, de rayons R1 et R2>R1. L’espace
entre les deux conducteurs est vide.
Le câble est traversé par un courant alternatif d’expression en notation complexe
I(z,t) = Im(z) exp(jωt) dans le sens de Oz pour le conducteur interne et dans le sens opposé pour le
conducteur externe (Figure 6). On suppose que les champs électrique E et magnétique B en tout
point M dans l’espace R1 < ρ < R2 sont de la forme :
E = E0 ( ρ , z ) exp( jωt ) et B = B0 ( ρ , z ) exp( jωt )
et que le champ électrique E est radial : E = E0 ( ρ , z ) exp( jωt )e ρ
Donnée : Au point M (ρ, θ, z) de coordonnées cylindriques, la fonction vectorielle
G (M) = Gρ eρ + Gθ eθ + Gz ez admet pour rotationnel :
1 ∂Gz ∂Gθ ∂Gρ ∂Gz 1 ∂ ( ρ Gθ ) ∂Gρ
rot G = − eρ + − eθ + − ez
ρ ∂θ ∂z ∂z ∂ρ ρ ∂ρ ∂θ
1. Par application de l’équation de Maxwell-Faraday sous forme locale au point M entre les deux
conducteurs, montrer que le champ B est orthoradial. (On négligera toute composante continue
de ce champ).
2. En appliquant l’équation de Maxwell-Ampère sous forme intégrale (théorème d’Ampère
généralisé) à un cercle d’axe Oz, de rayon ρ (cercle passant par M), déterminer en fonction de ρ
et du courant Im(z) exp(jωt), le champ magnétique B.
∂Bθ ∂Eρ
3. Etablir une relation entre et en appliquant de nouveau l’équation de Maxwell-Ampère
∂z ∂t
mais sous forme locale au point M, à la distance ρ de l’axe Oz. En déduire l’expression du champ
électrique E en fonction de ρ et du courant Im(z) exp(jωt). (On n’introduira pas de champ
électrique constant).
4. En déduire que la fonction Im(z) satisfait à une équation différentielle dont une solution est
Im(z) = I0 exp(–jkz) et donner l’expression de k. Montrer que cette solution correspond à une
« onde de courant » qui se propage parallèlement à l’axe Oz, avec un sens et une vitesse de phase
que l’on précisera.
5. Déterminer, à partir de l’expression de Im(z), les champs E et B en notation réelle (E,B), et
préciser les caractéristiques de cette onde électromagnétique existant entre les conducteurs.
6. Définir, en notation réelle, le vecteur de Poynting S et sa valeur moyenne temporelle < S>. En
déduire le flux de < S> à travers la couronne circulaire comprise entre les circonférences de
rayons R1 et R2.
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(Sext)
(Sc) VA QBi
QBe
QA
VB
Figure 1 Figure 2
+ +
–
+ – -Q +Q
Terre
– – I=0
R z0 R
+ +
– –
Ue C Us
+ – +
+ +
Figure 3 Figure 4
I=0
R
C
Figure 5 Ue′ C Us′
R
y y
I eθ eρ
I R2 ρM
Figure 6 z′ R1 z θ
O O x
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Valeurs numériques de lg x et de tan α
lg x : logarithme décimal de x
x 1,5 2 2,5 3
lg x ≈ 0,176 ≈ 0,301 ≈ 0,398 ≈ 0,477
x 11 101 1001 10 001
lg x ≈ 1,041 ≈ 2,004 ≈ 3,000 4 ≈ 4,000 04
tan α : tangente de l’angle α
α (rad) π π π π π
2,01 2,02 2,03 2,04 2,05
tan α ≈ 128 ≈ 64,3 ≈ 43,1 ≈ 32,5 ≈ 26,1
α (rad) π π π π π
2,1 2,2 2,3 2,4 2,5
tan α ≈ 13,3 ≈ 7,0 ≈ 4,8 ≈ 3,7 ≈ 3,1
α (rad) π π π π π
10 30 100 300 1000
tan α ≈ 0,3 ≈ 0,1 ≈ 0,03 ≈ 0,01 ≈ 0,003
Fin de l’énoncé
6/6