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Algèbre pour Licence Mathématiques

Ce document présente un polycopié de cours d'algèbre contenant cinq chapitres. Il aborde des notions de base de logique, d'ensembles, de relations binaires, de structures algébriques et d'anneaux de polynômes. De nombreux exercices corrigés et proposés sont également fournis.

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Algèbre pour Licence Mathématiques

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M INISTÈRE DE L’E NSEIGNEMENT S UPÉRIEUR ET DE LA R ECHERCHE S CIENTIFIQUE

U NIVERSITÉ A BDELHAMID B EN B ADIS DE M OSTAGANEM


FACULTÉ DES S CIENCES E XACTES ET DE L’I NFORMATIQUE
D ÉPARTEMENT DE M ATHÉMATIQUES ET I NFORMATIQUE
F ILIÈRE : M ATHÉMATIQUES

Polycopié de cours

Algèbre

Cours et Exercices corrigés

Réalisé par :

Dr. Mansouria SAIDANI

Première année licence MI LMD

Année universitaire : 2019 / 2020


Table des matières

Introduction 1

1 Logique et raisonnement 3
1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
2 Proposition logique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
3 Connecteurs logiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
4 Quantificateurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
5 Quelques méthodes de démonstration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
6 Exercices corrigés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
7 Exercices proposés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14

2 Ensembles et applications 16
1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
2 Ensembles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
3 Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
4 Exercices corrigés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
5 Exercices proposés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33

3 Relations binaires sur un ensemble 39


1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
2 Relations Binaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
3 Propriétés des relations binaires dans un ensemble . . . . . . . . . . . . . . . 39
4 Relation d’équivalence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
5 Classe d’équivalence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
6 Relation d’ordre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
7 Exercices corrigés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
8 Exercices proposés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48

4 Structures algébriques 49
1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
2 Lois de composition interne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
3 Groupes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
4 Anneaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
5 Corps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
6 Sous corps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
7 Exercices corrigés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
8 Exercices proposés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71

i
TABLE DES MATIÈRES

5 Anneaux de polynômes 72
1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
2 Polynôme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
3 Divisibilité dans l’anneau de polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
4 Exercices corrigés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
5 Exercices proposés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87

Bibliographie 88

ii
Introduction

Le cours que nous présentons ici s’adresse aux étudiants de la première année licence
mathématiques et informatique LMD, aux étudiants de certains écoles supérieures ainsi
qu’aux étudiants des classes préparatoires en sciences et Technologie. Il regroupe les no-
tions de base du programme de l’Algèbre.

Ce polycopié est inspiré du cours que j’ai réalisé durant les années 2005-2011 au sein du
département de tronc commun SETI et du cours qui a été réalisé par M. Medeghri Ahmed
au sein du département de Mathématiques et Informatique à l’université Abdelhamid Ibn
Badis.

L’objectif de ce polycopié est présenter les points essentiels permettant à l’étudiant de


comprendre certaines parties du cours magistral pour aborder efficacement les exercices
proposés dans les séances de travaux dirigés. Il a aussi pour but de l’aider, par la pratique
de l’Algèbre à mieux aborder les notions nouvelles lors leurs première année de premier
cycle.

Le polycopié s’articule autour de cinq chapitres. À la fin de chaque chapitre, on pourra


trouver une série d’exercices corrigés et d’autres proposés.

Le premier chapitre est consacré aux notions de bases de la logique : proposition logique,
connecteurs logiques, quantificateurs. Nous donnons par la suite quelques méthodes de
démonstration avec quelques exemples illustratifs.

Le deuxième chapitre traite les notions suivantes : les ensembles, opérations sur un en-
semble, les applications, image directe et image réciproque d’un ensemble par une appli-
cation.

Dans le troisième chapitre, nous définissons les deux types des relations binaires : relation
d’équivalence et relation d’ordre, classes d’équivalences, ensemble quotient. Ce chapitre
est aussi illustré par des exemples.

Nous définissons dans le chapitre quatre les structures algébriques que l’on rencontre
dans presque toutes les branches des mathématiques. En particulier, nous définissons la
structure de corps qui est la base dans la définition d’un espace vectoriel. Nous commen-
cerons par donner la définition d’un groupe qui est utilisée dans plusieurs autres struc-
tures algébriques.

Nous étudions dans le dernier chapitre l’ensemble des polynômes sur un corps K et nous
montrons qu’ils ont plusieurs propriétés qui sont analogues aux propriétés des entiers re-
latifs.

1
Introduction

À la fin de ce manuscrit, nous présentons quelques références de bases classiques et ré-


centes et que le lecteur ou l’étudiant pourra aisément consulter.

2
Chapitre 1

Logique et raisonnement

1 Introduction
Ce chapitre est consacré aux notions de base concernent la logique mathématique :
proposition logique, les connecteurs logiques, méthodes de raisonnement,... etc. Ces no-
tions nous permettent de motiver les méthodes de démonstration employées dans les
preuves mathématiques. Ce chapitre est basé sur les références ([2],[4], [5], [8], [9], [12]).

2 Proposition logique
Définition 1.1 [4], [5], [9] Une proposition logique est une phrase qui a une seule valeur de
vérité : vraie ou fausse (pas les deux en même temps).

Exemple 1.1 – Le soleil brillera chaque matin.


– 12 :4=3.
– Pour tout x ∈ R, x 2 > 0.

Notation 1.1 [4], [5], [9] Une proposition logique est notée généralement par une lettre ma-
juscule : P, Q, R...

3 Connecteurs logiques
On peut obtenir des nouvelles propositions à partir de propositions P, Q, ...

3.1 Négation
Définition 1.2 [4], [5], [9] Étant donné une proposition logique P. la proposition logique
nonP (ou bien kP) est appelée la négation de P qui est vraie si la proposition P est fausse,
et fausse si P est vraie. On résume ceci dans la table de vérité :

P kP
V F
F V

TABLEAU 1.1 – Table de vérité de "non P"

3
3. CONNECTEURS LOGIQUES

Exemple 1.2 P : "3 est un diviseur de 12" est une proposition vraie. kP : "3 n’est pas un
diviseur de 12" est une proposition fausse.

3.2 Conjonction
Définition 1.3 [4], [5], [9] Étant données deux propositions logiques P1 et P2 . La proposi-
tion "P1 et P2 " (ou bien P1 ∧ P2 ) est appelée conjonction de P1 et P2 , qui est vraie si P1 est
vraie et P2 est vraie. La proposition "P1 et P2 " est fausse sinon .

P1 P2 P1 ∧ P2
V V V
V F F
F V F
F F F

TABLEAU 1.2 – Table de vérité de "P1 ∧ P2 "

Exemple 1.3 P1 : "2 est un diviseur de 20" est une proposition logique vraie.
P2 : "3 6 11" est une proposition logique vraie.
La proposition logique P1 ∧ P2 est vraie.

Exemple 1.4 Soient les deux propositions logiques suivantes.


P1 : "x 6 5"
P2 : "x > 11" avec x est un réel.
La proposition logique P1 ∧ P2 est fausse pour tout nombre réel x.

3.3 Disjonction
Définition 1.4 [4], [5], [9] Étant données deux propositions logiques P1 et P2 . La proposi-
tion "P1 ou P2 " (ou bien P1 ∨ P2 ) est appelée disjonction de P1 et P2 , qui est vraie si l’une
des propositions logiques P1 ou P2 est vraie. La proposition "P1 ∨ P2 " est fausse si les deux
propositions logiques P1 et P2 sont fausses.

P1 P2 P1 ∨ P2
V V V
V F V
F V V
F F F

TABLEAU 1.3 – Table de vérité de "P1 ∨ P2 "

Exemple 1.5 P1 : "2 est un diviseur de 20" est une proposition logique vraie.
P2 : "3 6 11" est une proposition logique vraie.
La proposition logique P1 ∨ P2 est vraie.

Exemple 1.6 Soient les deux propositions logiques suivantes. P1 : "x 6 5."
P2 : "x > 11" x est un réel.
La proposition logique P1 ∨ P2 est vraie pour tout x ∈] − ∞, 5] ∪ [11, +∞[ et fausse pour x ∈
]5, 11[ .

4
3. CONNECTEURS LOGIQUES

3.4 Implication
Définition 1.5 [4], [5], [9] Étant données deux propositions logiques P1 et P2 . La proposi-
tion "nonP1 ou P2 " est notée "P1 ⇒ P2 " qui est fausse si la proposition logique P1 est vraie et
la proposition logique P2 est fausse. Dans les autres cas, la proposition "P1 ⇒ P2 " est vraie.
On dit que "la proposition P1 implique la proposition P2 " ou bien "si P1 est vraie, alors
P2 est vraie "

De cette définition, on obtient la table de vérité suivante :

P1 P2 P1 ⇒ P2
V V V
V F F
F V V
F F V

TABLEAU 1.4 – Table de vérité de "P1 ⇒ P2 "

Exemple 1.7 P1 : " 24 est divisible par 8" est une proposition logique vraie.
P2 : "24 est divisible par 2" est une proposition logique vraie. La proposition logique P1 ⇒ P2
est vraie.

Exemple 1.8 Soient les deux propositions logiques suivantes.


P1 : "Je suis un citoyen français"
P2 : "Je maîtrise la langue française " .
La proposition logique P1 ⇒ P2 est vraie, mais la proposition logique P2 ⇒ P1 est fausse.

Exemple 1.9 La proposition logique" Si cos α = 1, alors α = 2π" est fausse.

3.5 Équivalence
Définition 1.6 [4], [5], [9] Étant données deux propositions logiques P1 et P2 . On dit que
la proposition P1 et la proposition P2 sont logiquement équivalentes si elles ont les mêmes
valeurs de vérité. On note P1 ⇔ P2 et on lit "P1 est équivalent à P2 " ou "P1 si et seulement si
P2 ". Sa table de vérité est donnée comme suit :

P1 P2 P1 ⇔ P2
V V V
V F F
F V F
F F V

TABLEAU 1.5 – Table de vérité de "P1 ⇔ P2 "

Exemple 1.10 P1 : " 25 est divisible par 2" est une proposition logique fausse.
P2 : "Pour tout nombre réel x, x 2 est positif" est une proposition logique vraie.
La proposition logique P1 ⇔ P2 est fausse.

Exemple 1.11 Soient les deux propositions logiques suivantes.


P1 : "Alger est la capitale de l’Algérie"
P2 : " 75 est un nombre rationnel " . La proposition logique P1 ⇔ P2 est toujours vraie.

5
3. CONNECTEURS LOGIQUES

3.6 Propriétés
[4], [5], [9] Étant données les trois propriétés suivantes P1 , P2 et P3 . Alors,
1. k(P1 ∧ P2 ) ⇔ (kP1 ∨ kP2 ), Règle de Morgan.
2. k(P1 ∨ P2 ) ⇔ (kP1 ∧ kP2 ), Règle de Morgan.
3. P1 ⇔ k(kP1 ).
4. ((P1 ∧ P2 ) ∧ P3 ) ⇔ (P1 ∧ (P2 ∧ P3 )), associativité de ∧.
5. ((P1 ∨ P2 ) ∨ P3 ) ⇔ (P1 ∨ (P2 ∨ P3 )), associativité de ∨.
6. ((P1 ∨ P2 ) ∧ P3 ) ⇔ ((P1 ∧ P3 ) ∨ (P2 ∧ P3 )), distributivité de ∧ par rapport à ∨.
7. ((P1 ∧ P2 ) ∨ P3 ) ⇔ ((P1 ∨ P3 ) ∧ (P2 ∨ P3 )), distributivité de ∨ par rapport à ∧.
8. (P1 ⇒ P2 ) ⇔ (kP2 ⇒ kP1 ), la contraposée.
Preuve. 1. et 2.

P1 P2 kP1 kP2 kP1 ∨ kP2 kP1 ∧ kP2 P1 ∨ P2 k(P1 ∨ P2 ) (P1 ∧ P2 ) k(P1 ∧ P2 )


F F V V V V F V F V
F V V F V F V F F V
V F F V V F V F F V
V V F F F F V F V F

On remarque que les propositions logiques k(P1 ∧ P2 ) et (kP1 ∨ kP2 ) ont les mêmes
valeurs de vérité, donc elles sont équivalentes.

De même pour k(P1 ∨ P2 ) et (kP1 ∧ kP2 ).

3.
P1 kP1 k(kP1 )
V F V
F V F

Donc, la négation de la négation d’une proposition logique P1 est équivalente à P1 ,


donc k(kP1 ) ⇔ P1 .
4.

P1 P2 P3 P2 ∧ P3 P1 ∧ (P2 ∧ P3 ) P1 ∧ P2 (P1 ∧ P2 ) ∧ P3
V V V V V V V
V F V F F F F
F V V V F F F
F F V F F F F
V V F F F V F
V F F F F F F
F V F F F F F
F F F F F F F

Donc, ((P1 ∧ P2 ) ∧ P3 ) ⇔ P1 ∧ (P2 ∧ P3 ), de même pour ((P1 ∨ P2 ) ∨ P3 ) ⇔ P1 ∨ (P2 ∨ P3 ).

6. En utilisant le tableau suivant, on déduit que les propositions ((P1 ∨P2 )∧P3 ) et ((P1 ∧
P3 ) ∨ (P2 ∧ P3 )) ont les mêmes valeurs de vérité.

6
4. QUANTIFICATEURS

P1 P2 P3 (P1 ∧ P3 ) (P2 ∧ P3 ) ((P1 ∧ P3 ) ∨ (P2 ∧ P3 )) (P1 ∨ P2 ) ((P1 ∨ P2 ) ∧ P3 )


F F F F F F F F
F F V F F F F F
F V F F F F V F
F V V F V V V V
V F F F F F V F
V F V V F V V V
V V F F F F V F
V V V V V V V V

Donc ((P1 ∨ P2 ) ∧ P3 ) ⇔ ((P1 ∧ P3 ) ∨ (P2 ∧ P3 )).


De même pour ((P1 ∧ P2 ) ∨ P3 ) ⇔ ((P1 ∨ P3 ) ∧ (P2 ∨ P3 )).

8. En utilisant la définition de l’implication, on obtient


(P1 ⇒ P2 ) ⇔ (kP1 ∨ P2 )
⇔ (kP1 ∨ k(kP2 ))
⇔ (k(kP2 ) ∨ kP1 ), en utilisant la symétrie de la disjonction.
⇔ (kP2 ⇒ kP1 )

4 Quantificateurs
Définition 1.7 Quantificateur universel [4], [5], [9]

L’expression "quel que soit" notée "∀" est appelée quantificateur universel, ce dernier
permet de réécrire l’assertion "pour tout x dans E, x vérifie A" sous la forme "∀x ∈ E, A(x)".

Définition 1.8 Quantificateur existentiel [4], [5], [9]

L’expression "il existe au moins " notée "∃" est appelée quantificateur existentiel, ce der-
nier permet de réécrire l’assertion "il existe au moins un x dans E, x vérifie A" sous la forme
∃x ∈ E, A(x)".

Exemple 1.12 La proposition logique "∀a ∈ R, a 2 < 0" est fausse.

Exemple 1.13 La proposition logique" ∃a ∈ C, a 2 < 0" est vraie.

4.1 Ordre
[4], [5], [9] Dans le cas de l’utilisation d’un quantificateur deux fois dans une proposi-
tion logique, l’ordre n’a pas d’importance, autrement dit on peut permuter les quantifica-
teurs dans des écritures de type
∀a ∈ E, ∀b ∈ E A(a, b),
∃a ∈ E, ∃b ∈ E A(a, b).
Mais, dans le cas où les quantificateurs sont différents, alors leur ordre est important.

Dans l’écriture ∀a ∈ E, ∃b ∈ E A(a, b), b dépend de a.

Dans l’écriture ∃b ∈ E, ∀a ∈ E A(a, b), b ne dépend pas de a.

7
5. QUELQUES MÉTHODES DE DÉMONSTRATION

4.2 Négation des quantificateurs


[4], [5], [9] La négation de "∀a ∈ E, a vérifie A" est "∃ a ∈ E, "a" ne vérifie pas A", et la
négation de "∃ a ∈ E, a vérifie A" est "∀a ∈ E , "a" ne vérifie pas A"
Exemple 1.14 La négation de la proposition logique "∃a ∈ C, a 2 < 0" est la proposition lo-
gique "∀a ∈ C, a 2 > 0".
p
Exemple 1.15 La négation de la proposition logique "∀a ∈ Z+ , a = 4" est la proposition
p
logique "∃a ∈ Z+ , a 6= 4".

5 Quelques méthodes de démonstration


5.1 Déduction ou Raisonnement direct
[4], [5], [9] Étant donnés deux assertions P1 et P2 . On veut montrer que l’assertion
"P1 ⇒ P2 " est vraie. Si P1 est fausse, l’assertion "P1 ⇒ P2 " est vraie, quelle que soit la valeur
de vérité de P2 . Il suffit donc d’accepter que P1 est vraie et vérifier que P2 est vraie.
Exemple 1.16 Montrons que ∀a ∈ N∗ , 16 a(a+1)
4 + 1 est un carré.

Preuve. Soit a ∈ N∗ , nous avons


a(a + 1)
16 + 1 = 4a 2 + 4a + 1
4
= (2a + 1)2

5.2 Absurde
[4], [5], [9] Pour montrer que "P1 ⇒ P2 " est vraie, on suppose que P1 est vraie et que P2
est fausse pour aboutir à une contradiction, autrement dit on suppose qu’une proposition
est vraie et on montre que cela conduit à une absurdité.
Exemple 1.17 Montrons que ∀a ∈ N, a + 3 6= a + 4.

Preuve. En écrivant la négation de la proposition, on obtient


∃a ∈ N, tel que a + 3 = a + 4, alors on obtient 3 = 4. D’où ∀a ∈ N, a + 3 6= a + 4.
Exemple 1.18 Montrer que
"2a"est le carré d’un entier ⇒ "a"n’est pas le carré d’un entier.

Preuve. Supposons que "2a" est le carré d’un entier, et que "a" est lui aussi le carré d’un
entier. Dans ce cas, "2a" s’écrit sous la forme
2a = a 12 et a = a 22 .
Alors,
a 12
2=
a 22
p p
d’où 2 = ± aa21 . Or 2 est nombre irrationnel, c’est une contradiction. On en déduit que
"2a"est le carré d’un entier ⇒ "a"n’est pas le carré d’un entier.

8
5. QUELQUES MÉTHODES DE DÉMONSTRATION

5.3 Raisonnement par contraposée


[4], [5], [9] Étant données P1 et P2 deux propositions logiques. Les deux propositions
logiques (P1 ⇒ P2 ) et (kP2 ⇒ kP1 ), ont la même valeur de vérité. L’utilisation du raison-
nement par contraposée est utile si le passage de (non P2 ) à (non P1 ) est plus simple que
le passage de P1 à P2 .

Exemple 1.19 Soient l ∈ N, p ∈ N". Montrer que si "l 2 + 7 = 2p " , alors "l " est impair.

Preuve. Soit l ∈ N. Supposons que l est pair, alors l 2 est pair d’où l 2 + 7 est impair ; or 2p est
pair. Alors, l 2 + 7 6= 2p . On en déduit que si l est pair, alors l 2 + 7 6= 2p . Par contraposée, c’est
équivalent à si l 2 + 7 = 2p , alors l est impair,

5.4 Raisonnement par "cas par cas"


[4], [5], [9] Pour montrer que une assertion P(x) est vraie pour tout les éléments x de E,
il suffit de montrer qu’elle est vérifiée pour les éléments x appartenant à une partie A ⊂ E
puis pour les éléments x n’appartenant pas à A.

Exemple 1.20 Prouver en utilisant le raisonnement par "cas par cas" que, pour tout réel a,
|a − 2| ≤ a 2 − a + 2.

Preuve.
On peut préciser deux cas :

1) Cas 1 : Si a < 2, on a |a − 2| = −(a − 2) et

a 2 − a + 2 − |a − 2| = a 2 − a + 2 + a − 2 = a 2 ≥ 0.

D’où a 2 − a + 2 ≥ |a − 2|.

1) Cas 2 : Si a ≥ 2, on a |a − 2| = a − 2 et

a 2 − a + 2 − |a − 2| = a 2 − 2a + 4 = (a − 1)2 + 3.

Comme les deux termes de cette somme sont strictement positifs, alors a 2 −a +2−|a −2| ≥ 0.
Ce qui donne |a − 2| ≤ a 2 − a + 2.

5.5 Raisonnement par production d’un contre exemple


[4], [5], [9] La démonstration qu’une assertion de la forme "∀a ∈ E, P(a)" est fausse,
nécessite la démonstration que sa négation "∃a ∈ E, nonP(a)" est vraie. Si on peut trouver
un élément a de E qui vérifie (non P(a)) : on dit qu’on a trouvé un contre-exemple.

Exemple 1.21 La propriété suivante est-elle vraie : "Tout nombre entier pair est un produit
de deux nombres pairs ?"
Preuve. Les deux nombres 2 et 3 constituent un contre-exemple. Car le nombre 3 est impair
et le produit 2.3 = 6 est un nombre pair.

9
6. EXERCICES CORRIGÉS

5.6 Raisonnement par récurrence


[4], [5], [9] Pour démontrer une proposition logique dont l’énoncé dépend d’un entier
naturel n, on utilise le raisonnement par récurrence.
Ce raisonnement peut dérouler en trois étapes suivantes :
1. On vérifie que la propriété est vraie en n 0 ,
2. On suppose que la propriété est vraie pour k > n 0 , et on démontre qu’elle reste vraie
pour k + 1,
3. On conclue que la propriété est vraie pour tout entier k > n 0 .

Exemple 1.22 Prouver que pour tout entier m > 8, 2m > 7m + 8.

Preuve. Si m = 8, 28 = 256 et 7m + 8 = 64. Puisque 64 < 256, l’inégalité est vraie quand
m = 8. Soit m > 8. Supposons que 2m > 7m + 8 et prouvons que 2m+1 > 7(m + 1) + 8.

2m+1 = 2(2m )
> 2(7m + 8) (par hypothèse de récurrence)
= 14m + 16
= 7(m + 1) + 8 + 7m + 1
> 7(m + 1) + 8

Donc, pour tout entier m > 8, 2m > 7m + 8

6 Exercices corrigés
6.1 Connecteurs logiques
Exercice 1.1 Étudier la valeur de vérité des assertions suivantes puis donner leurs néga-
tion.
1. (1 + 2 = 4) ∧ (0 + 3 = 3).
2. (1 + 2 = 4) ∨ (0 + 3 = 3).
3. (1 + 2 = 4) ⇒ (0 + 3 = 3).
4. (0 + 3 = 3) ⇒ (1 + 2 = 4).
5. ∀a ∈ R, a 2 = 4.
6. ∃a ∈ R, a 2 = 4.
7. ∀a ∈ R, ∃b ∈ R, a 2 = b.
8. ∀a ∈ R, ∃b ∈ R, b 2 = a.
9. ∃b ∈ R, ∀a ∈ R, a 2 = b.

Solution.
1. (1 + 2 = 4) ∧ (0 + 3 = 3) est fausse, sa négation est (1 + 2 6= 4) ∨ (0 + 3 6= 3).
2. (1 + 2 = 4) ∨ (0 + 3 = 3) est vraie, sa négation est (1 + 2 6= 4) ∧ (0 + 3 6= 3).
3. (1 + 2 = 4) ⇒ (0 + 3 = 3) est vraie, sa négation est (1 + 2 = 4) ∧ (0 + 3 6= 3).
4. (0 + 3 = 3) ⇒ (1 + 2 = 4) est fausse, sa négation est (0 + 3 = 3) ∧ (1 + 2 6= 4).
5. ∀a ∈ R, a 2 = 4 est fausse, sa négation est ∃a ∈ R, a 2 6= 4.

10
6. EXERCICES CORRIGÉS

6. ∃a ∈ R, a 2 = 4 est vraie, sa négation est ∀a ∈ R, a 2 6= 4.


7. ∀a ∈ R, ∃b ∈ R, b = a 2 est vraie, sa négation est ∃a ∈ R, ∀b ∈ R, b 6= a 2 .
8. ∀a ∈ R, ∃b ∈ R, a = b 2 est fausse , sa négation est ∃a ∈ R, ∀b ∈ R, a 6= b 2 .
9. ∃b ∈ R, ∀a ∈ R, a 2 = b est vraie, sa négation est ∀b ∈ R, ∃a ∈ R, a 2 6= b.
Exercice 1.2 Mettre le connecteur logique qui convient : ⇒, ⇔ .
1. n ∈ N, n pair.......n 2 pair.
2. z ∈ C, z 0 ∈ C, (Re z = Re z 0 et Imz = Imz 0 ).....z = z 0 .
3. x ∈ R, x = π2 ......... cos x = 0.
Solution.
1. n ∈ N, n pair ⇒ n 2 pair.
2. z ∈ C, z 0 ∈ C, (Re z = Re z 0 et Imz = Imz 0 ) ⇔ z = z 0 .
3. x ∈ R, x = π2 ⇒ cos x = 0.
Exercice 1.3 Étudier la valeur de vérité des assertions suivantes en justifiant la réponse.
1. Si la Turquie était en Afrique alors 6 :2=4.
2. Soit Newton ne connait pas les règles de la gravité de la terre, soit 4 divise 12.
3. Les chats ne sont ni des êtres humains, ni des animaux.
4. L’homme est un être humain si et seulement si les étoiles brillent durant toute la nuit.
Solution.
1. Il s’agit ici d’une implication. "la Turquie était en Afrique" est faux et "6 :2=4" est
faux, or la seule possibilité pour qu’une implication soit fausse est qu’une assertion
vraie implique une assertion fausse, donc l’assertion 1. est vraie.
2. "Newton ne connait pas les règles de la gravité de la terre" est faux et " 4 divise
12" est vrai et comme en français, une phrase de genre "soit...., soit...." se traduit
mathématiquement par "...ou...", donc l’assertion 2 est vraie.
3. L’assertion "Les chats ne sont ni des êtres humains, ni des animaux" se traduit "Les
chats ne sont pas des êtres humains et les chats ne sont pas des animaux". "Les
chats ne sont pas des êtres humains" est vrai, " les chats ne sont pas des animaux"
est faux, donc l’assertion 3 est fausse.
4. "L’homme est un être humain" est vrai, "les étoiles brillent durant toute la nuit"est
vrai, une équivalence entre deux assertions vraies est vraie.
Exercice 1.4 Nier les phrases suivantes.
1. Si un nombre naturel est premier, alors il est un multiple de 5.
2. Tous les nombres réels sont positifs.
3. Si tu travailles régulièrement alors tu auras ton BEM.
4. Certains nombres entiers naturels sont divisibles par 3.
5. S’il fait chaud alors Amine prend sa casquette.
Solution.
1. Un nombre naturel est premier et il n’est pas un multiple de 5.
2. Certains nombres réels sont positifs.
3. Tu travailles régulièrement et tu n’auras pas ton BEM.
4. Tous les nombres entiers naturels sont divisibles par 3.
5. Il il fait chaud et Amine ne prend pas sa casquette.

11
6. EXERCICES CORRIGÉS

6.2 Quantificateurs
Exercice 1.5 Donner la contraposée des phrases suivantes.
1. Pour tout entier naturel n, si n est inférieur strictement à onze, alors n est supérieur
ou égale neuf.
2. Pour tout entier naturel n, si le carré de n égale 4, alors n égale 2.
3. ∀F1 ⊂ F, ∀F2 ⊂ F, (F1 ∩ F2 = F1 ∪ F2 ) ⇒ (F1 = F2 ).
4. ∀² > 0, ∃l ∈ N, ∀m 0 ∈ N, (m > l et m 0 > 0) ⇒ |u m+m 0 − u m | < ².

Solution.
1. Pour tout entier naturel n, si n est inférieur strictement à neuf, alors n est supérieur
ou égale onze.
2. Pour tout entier naturel n, si n n’égale pas 2, alors le carré de n est différent de 4.
3. ∀F1 ⊂ F, ∀F2 ⊂ F, (F1 6= F2 ) ⇒ (F1 ∩ F2 6= F1 ∪ F2 ).
4. ∀² > 0, ∃l ∈ N, ∀m 0 ∈ N, |u m+m 0 − u m | > ² ⇒ (m < l ou m 0 < 0).

Exercice 1.6 Étant donnée la fonction g : E1 → E2 . Écrire avec des quantificateurs les pro-
positions suivantes.
1. La fonction g est strictement croissante.
2. Le graphe de g coupe la droite d’équation y = x.
3. g n’est pas nulle (où E1 = E2 = R).
4. g n’est pas l’identité de R (où E1 = E2 = R).

Solution.
1. ∀a ∈ E1 , ∀b ∈ E1 , si a < b, alors g (a) < g (b).
2. ∃a ∈ R, g (a) = a.
3. ∃a ∈ R, g (a) 6= 0.
4. ∀a ∈ R, g (a) 6= a.

Exercice 1.7 Compléter avec ∀ ou ∃ pour que les énoncés suivants soient vrais.
1. ....a ∈ N, a 2 > 8.
2. ....a ∈ R, a 2 − 2a + 1 = (a − 1)2 .
3. ....a ∈ N pair, ....b ∈ N; a = 2b.

Solution.
1. ∃a ∈ N, a 2 > 8.
2. ∀a ∈ R, a 2 − 2a + 1 = (a − 1)2 .
3. ∀a ∈ N pair, ∃b ∈ N; a = 2b.

12
6. EXERCICES CORRIGÉS

6.3 Quelques méthodes de démonstration


Exercice 1.8 Étant donnés p et p 0 deux entiers naturels non nuls. Montrer l’implication
suivante
pp 0 = 1 ⇒ p = p 0 = 1

Solution. Étant donnés p et p 0 deux entiers naturels non nuls. En utilisant la contraposée,
on suppose que p 6= 1 ou p 0 6= 1. On obtient, p > 2 et p 0 > 1 ou bien p > 1 et p 0 > 2. Dans
ce cas, on a pp 0 > 2, et en particulier pp 0 > 1. On en déduit que

pp 0 = 1 ⇒ p = p 0 = 1

Exercice 1.9 Prouver par l’absurde que si a ∈ Q et b ∉ Q alors (a + b) ∉ Q.

Solution. Par un raisonnement par l’absurde. Supposons que a + b ∈ Q. Dans ce cas, (a +


b) − a = b ∈ Q, or b ∉ Q. On obtient ainsi une contradiction, d’où (a + b) ∉ Q.

Exercice 1.10 Prouver par récurrence que la proposition logique P(l) : ∀l ∈ N∗ , 2l > l est
vraie.

Solution. On a 21 = 2 > 1, donc P(1) est vraie, donc la proposition est vraie pour l = 1. On
suppose que P(l ) est vraie et on montre que P(l + 1) est vraie. On a

2l +1 = 2l × 2
> l ×2
> l +1

ce qui donne P(l + 1) est vraie. Alors, on déduit que ∀l ∈ N∗ , 2l > l est vraie.

Exercice 1.11 Soit a un entier premier. Montrer que soit a = 2, soit a est impair.

Solution. Il s’agit d’une implication qu’on peut la démontrer par la contraposée. Mon-
trons que si "a" est différent de 2 et "a" est pair alors "a" n’est pas premier. Si a
est pair, alors a = 2p, p ∈ Z et a 6= 2, alors 2 divise a, par suite a n’est pas premier.

Exercice 1.12 Étant données deux nombres réels q et r . Montrer que si (q + 1)(r − 1) =
(q − 1)(r + 1) alors q = r.

Solution. Par un raisonnement direct.

(q + 1)(r − 1) = (q − 1)(r + 1) ⇒ qr − q + r − 1 = qr + q − r − 1
⇒ 2r = 2q
⇒ q = r.

l (l +1)
Exercice 1.13 Soit l ∈ Z. Prouver que 2 est un entier."

Solution. En utilisant un raisonnement cas par cas. Soit l ∈ Z. On peut distinguer deux
cas : l est pair ou l est impair.

13
7. EXERCICES PROPOSÉS

1. Cas 1 : l est pair. Alors, ∃m ∈ Z tel que l = 2m,

l (l + 1)
= m(2m + 1),
2
l (l +1)
d’où 2
est un entier.
2. Cas 2 : l est impair. Alors, ∃m ∈ Z tel que l = 2m + 1 ;

l (l + 1) (2m + 1)(2m + 2)
= = (2m + 1)(m + 1),
2 2
l (l +1)
donc 2
est un entier.

Exercice 1.14 Étudier la valeur de vérité de la proposition suivante "pour tout a dans R,
2a 3 − 9a 2 + 4a = (a − 3)(a + 2)(a + 6)"

Solution. Par un contre exemple. Mettons M = 2a 3 − 9a 2 + 4a et N = (a − 3)(a + 2)(a + 6).


On a pour a = 1, M = −3 et N = (1 − 3)(1 + 2)(1 + 6) = −42. On a M 6= N. Donc, la proposition
logique "pour tout a dans R, 2a 3 − 9a 2 + 4a = (a − 3)(a + 2)(a + 6)" est fausse.

7 Exercices proposés
Exercice 1.15 Évaluer les propositions logiques suivantes en justifiant la réponse puis don-
ner leurs négations.
1. ∃a ∈ R, ∀b ∈ R, b 2 + 3 > a.
2. 137 est un multiple de 17 et 2 divise 167.
3. Le carré d’un nombre réel est positif ou tous les nombres réels sont divisibles par 3.
4. ∃a ∈ R, ∀b ∈ R, a 2 + b > 0.
5. Pour tout entier naturel n, si n est supérieur ou égale 4 alors n est égale 6.

Exercice 1.16 Écrire la négation des propositions logiques suivantes :


1. Dans chaque zoo, il existe un tigre dont la couleur est jaune clair.
2. Il existe une écolière dans le collège qui a les yeux verts.
3. ∀a ∈ Q, ∃b ∈ Z, b − 1 < a < a + 1.
4. Dans chaque école, il existe des élèves qui ne maitrisent pas les mathématiques.

Exercice 1.17 Étudier les relations logiques existant entre les phrases suivantes :
1. A : Tous les nombres entiers sont positifs.
2. B : Aucun nombre entier n’est positif.
3. C : Il existe des nombres entiers négatifs.
4. D : Tous les nombres entiers sont négatifs.
5. E : Aucun nombre entier n’est négatif.
6. F : Il existe des nombres entiers positifs.

Exercice 1.18 Utiliser les quantificateurs convenables pour réécrire les propositions logiques
suivantes.

14
7. EXERCICES PROPOSÉS

1. Tout entier relatif est positif ou négatif.


2. L’application h : A → B est l’identité de A.
3. La valeur absolue de tout entier est positif.
4. L’application h : A → B est constante.

Exercice 1.19 Peut-on renverser l’ordre des quantificateurs ∀a ∈ Z et ∃b ∈ Z dans les pro-
positions suivantes ?
1. ∀a ∈ Z, ∃b ∈ Z, a 2 < b.
2. ∀a ∈ Z, ∃b ∈ Z, a 2 > b.
3. ∀a ∈ Z, ∃b ∈ Z, a 2 > b.

Exercice 1.20 Démonter les proposions logiques suivantes.


1. ll =m l 2 = m(m+1)(2m+1)
P
=1 6 .
2. Si a ∈ Q∗ et b ∉ Q∗ , alors le produit (a.b) ∉ Q∗ .
3. Soit l ∈ N. Soit l 2 est pair, soit (l 2 − 1) est pair.

15
Chapitre 2

Ensembles et applications

1 Introduction
L’objectif de ce chapitre est de rappeler les définitions et les notations que nous faisons
dans l’utilisation pratique de la théorie des ensembles et la théorie des applications. Ce
chapitre est basé sur les références([1], [2],[3],[4], [5], [7],[8], [9], [12]).

2 Ensembles
Définition 2.1 [1], [3], [4], [5] Tout regroupement d’objets qui présentent mêmes propriétés
est appelée ensemble.

2.1 Notations
On note les ensembles par les lettres A, B , C ,..., les familles d’ensembles par les
lettres A , B, C, ... et les éléments d’un ensemble sont notés par les lettres minuscules
a, b, c, α, β, ...

L’ensemble des entiers naturels est noté par N.

L’ensemble des entiers relatifs est noté par Z.

L’ensemble des nombres rationnels est noté par Q.

L’ensemble des nombres réels est noté par R.

L’ensemble des nombres complexes est noté par C.

On convient de noter N∗ , Z∗ , Q∗ , R∗ et C∗ les ensembles N, Z, Q, R et C privés de l’élé-


ment 0.

2.2 Appartenance
Définition 2.2 [1], [3], [4], [5] Étant donné un ensemble E non vide. On dit que x appartient
à E et on note x ∈ E si x est l’un des éléments de l’ensemble E, et si x n’est pas un élément de
E on écrit x ∉ E et on dit que l’élément x n’appartient pas à l’ensemble E.

16
2. ENSEMBLES

2.3 Ensemble vide


Définition 2.3 L’ensemble qui ne contient aucun élément est appelé l’ensemble vide. On le
note ;.

2.4 Cardinal d’un ensemble


Définition 2.4 [1], [3] Le nombre d’éléments d’un ensemble H, noté card(H), est appelé car-
dinal de H, .
Si card(H) est fini, on dit que H est un ensemble fini, et dans le cas contraire, on dit que
H est un ensemble infini.

Exemple 2.1 Soit A = {x ∈ N : 6 ≤ x ≤ 10} et B = {x ∈ R : 6 ≤ x ≤ 10} alors, c ar d (A) = 5 et


car d (B) = ∞.

2.5 Inclusion
Définition 2.5 ([1], [3] Soient A1 et A2 deux ensembles. Si chaque élément de A1 est élément
de A2 , on dit que A1 est une partie de A2 ( ou bien l’ensemble A1 est inclus dans l’ensemble
A2 ou A1 est un sous ensemble de A2 ) et on note A1 ⊂ A2 et on a

A1 ⊂ A2 ⇔ ∀x(x ∈ A1 ⇒ x ∈ A2 ).

Exemple 2.2 On reprend l’exemple précédent, on a A = {x ∈ N : 6 ≤ x ≤ 10} est un sous


ensemble de B = {x ∈ R : 6 ≤ x ≤ 10}.

Définition 2.6 ([1], [3] Soient A1 et A2 deux ensembles. On dit que A1 et A2 sont égaux s’ils
ont les mêmes éléments et on note A1 = A2 et on a

A1 = A2 ⇔ ∀x(x ∈ A1 ⇔ x ∈ A2 ) ⇔ ((A1 ⊂ A2 ) ∧ (A2 ⊂ A1 )).

Exemple 2.3 Soient A1 = {a, b, 1, 8, } et A2 = {8, b, , 1, a, } alors l’ensemble A1 est égal à


l’ensemble A2 .

2.6 Ensemble des parties d’un ensemble


Définition 2.7 [1], [3] Soit H un ensemble. L’ensemble de sous ensembles de H est noté
P (H).

Exemple 2.4 Soit H = {a 1 , a 2 , a 3 }, alors l’ensemble des parties de H est

P (H) = {;, {a 1 , a 2 , a 3 }, {a 1 }, {a 2 }, {a 3 }, {a 1 , a 2 }, {a 2 , a 3 }, {a 1 , a 3 }}.

Et
c ar d (P (H)) = 23 = 8.

2.7 Propriétés sur les ensembles


Soient A1 et A2 deux parties de l’ensemble A.

17
2. ENSEMBLES

Réunion

Définition 2.8 [1], [3] L’ensemble noté A1 ∪ A2 est appelé la réunion des deux ensembles A1
et A2 , c’est l’ensemble qui contient des éléments qui appartiennent à A1 ou à A2 . L’équiva-
lence suivante résume la définition

(x ∈ A1 ∪ A2 ) ⇔ ((x ∈ A1 ) ∨ (x ∈ A2 )).

Intersection

Définition 2.9 [1], [3] L’ensemble noté A1 ∩ A2 est appelé l’intersection des deux ensembles
A1 et A2 , c’est l’ensemble qui contient des éléments qui appartiennent à A1 et à A2 . L’équi-
valence suivante traduit la définition

(x ∈ A1 ∩ A2 ) ⇔ ((x ∈ A1 ) ∧ (x ∈ A2 )).

Exemple 2.5 Soient A1 = {1, 2, 5, 6} et A2 = {2, 4} alors l’ensemble A1 ∩ A2 = {2} et A1 ∪ A2 =


{1, 2, 4, 5, 6}.

Propriétés

[1], [3] Soient A1 , A2 et A3 des parties de l’ensemble A. Alors, on a


1. A1 ∩ A2 = A2 ∩ A1 .
2. A1 ∩ ; = ;.
3. (A1 ∩ A2 ) ∩ A3 = A1 ∩ (A2 ∩ A3 ).
4. A1 ⊂ A2 ⇔ A1 = A1 ∩ A2 .
5. A1 ∩ A = A1 .
6. A1 ∪ A2 = A2 ∪ A1 .
7. A1 ∪ ; = A1 .
8. (A1 ∪ A2 ) ∪ A3 = A1 ∪ (A2 ∪ A3 ).
9. A1 ⊂ A2 ⇔ A1 ∪ A2 = A2 .
10. A1 ∪ A = A.
11. (A1 ∩ A2 ) ⊂ A1 et (A1 ∩ A2 ) ⊂ A2 .
12. A1 ⊂ (A1 ∪ A2 ) et A2 ⊂ (A1 ∪ A2 ).
13. A1 ∩ (A2 ∪ A3 ) = (A1 ∩ A2 ) ∪ (A1 ∩ A3 ).
14. A1 ∪ (A2 ∩ A3 ) = (A1 ∪ A2 ) ∩ (A1 ∪ A3 ).
Preuve.
• Pour 1,2,3, 6, 7 et 8 il suffit d’utiliser les propriétés de la conjonction et la disjonction.
• Pour 4 : Supposons que A1 ⊂ A2 . Soit "a" un élément de A1 , alors "a" appartient à A2 ,
donc "a" appartient à A1 ∩A2 . D’où A1 ⊂ A1 ∩A2 et réciproquement si "a" appartient
à A1 ∩ A2 , donc "a" appartient à A1 . D’où A1 = A1 ∩ A2 . Inversement, A1 = A1 ∩ A2
implique que tout "a" appartenant à A1 appartient à A2 , d’où A1 ⊂ A2 .
• En prenant A2 = A dans 4, on obtient 5.
• Pour 9 : Supposons que A1 ⊂ A2 et montrons que A1 ∪A2 = A2 . Soit "a" appartenant à
A2 , alors "a" appartient à A1 ou à A2 , donc "a" appartient à A1 ∪A2 et réciproquement
si "a" appartient à A1 ∪ A2 , donc "a" appartient à A1 ou à A2 . D’où A2 = A1 ∪ A2 .
Inversement, supposons que A2 = A1 ∪A2 et montrons que A1 ⊂ A2 . Si "a" appartient
à A1 , alors "a" appartient à A1 ∪ A2 et donc à A2 , d’où A1 ⊂ A2 .

18
2. ENSEMBLES

• 10 découle de 9 avec A2 = A.
• Montrons 13. Soit a ∈ A1 ∩ (A2 ∪ A3 )

a ∈ A1 ∩ (A2 ∪ A3 ) ⇒ (a ∈ A1 ) ∧ a ∈ (A2 ∪ A3 )
⇒ (a ∈ A1 ) ∧ (a ∈ A2 ∨ a ∈ A3 )
⇒ (a ∈ A1 ∧ a ∈ A2 ) ∨ (a ∈ A1 ∧ a ∈ A3 )
⇒ a ∈ ((A1 ∩ A2 ) ∪ (A1 ∩ A3 )).

Donc
A1 ∩ (A2 ∪ A3 ) ⊂ ((A1 ∩ A2 ) ∪ (A1 ∩ A3 )).
Inversement, soit a ∈ ((A1 ∩ A2 ) ∪ (A1 ∩ A3 )).

a ∈ ((A1 ∩ A2 ) ∪ (A1 ∩ A3 )) ⇒ (a ∈ A1 ∩ A2 ) ∨ (a ∈ A1 ∩ A3 )
⇒ (a ∈ A1 ∧ a ∈ A2 ) ∨ (a ∈ A1 ∧ a ∈ A3 )
⇒ (a ∈ A1 ∨ a ∈ A1 ) ∧ (a ∈ A1 ∨ a ∈ A3 )
∧ (a ∈ A2 ∨ a ∈ A1 ) ∧ (a ∈ A2 ∨ a ∈ A3 )
⇒ (a ∈ A1 ) ∧ (a ∈ A1 ∪ A3 ) ∧ (a ∈ A2 ∪ A1 ) ∧ (a ∈ A2 ∪ A3 )
⇒ (a ∈ A1 ) ∧ (a ∈ A2 ∪ A3 )
⇒ a ∈ (A1 ∩ (A2 ∪ A3 )).

Donc
((A1 ∩ A2 ) ∪ (A1 ∩ A3 )) ⊂ A1 ∩ (A2 ∪ A3 ).
D’où l’égalité
((A1 ∩ A2 ) ∪ (A1 ∩ A3 )) = A1 ∩ (A2 ∪ A3 ).
• Montrons 14. Soit a ∈ A1 ∪ (A2 ∩ A3 )

a ∈ A1 ∪ (A2 ∩ A3 ) ⇒ (a ∈ A1 ) ∨ a ∈ (A2 ∩ A3 )
⇒ (a ∈ A1 ) ∨ (a ∈ A2 ∧ a ∈ A3 )

Si a ∈ A1 , alors (a ∈ A1 ∪ A2 ) et (a ∈ A1 ∪ A3 ). Donc, a ∈ ((A1 ∪ A2 ) ∩ (A1 ∪ A3 )).


Si (a ∈ A2 ∧ a ∈ A3 ) alors, (a ∈ A1 ∪ A2 ) et (a ∈ A1 ∪ A3 ). Donc

A1 ∪ (A2 ∩ A3 ) ⊂ ((A1 ∪ A2 ) ∩ (A1 ∪ A3 )).

Inversement, soit a ∈ ((A1 ∪ A2 ) ∩ (A1 ∪ A3 )).

a ∈ ((A1 ∪ A2 ) ∩ (A1 ∪ A3 )) ⇒ (a ∈ (A1 ∪ A2 ) ∧ a ∈ (A1 ∪ A3 )


⇒ (a ∈ A1 ∨ a ∈ A2 ) ∧ (a ∈ A1 ∨ a ∈ A3 )
⇒ (a ∈ A1 ∧ a ∈ A1 ) ∨ (a ∈ A1 ∧ a ∈ A3 ) ∨ (a ∈ A2 ∧ a ∈ A1 )
∨ (a ∈ A2 ∧ a ∈ A3 )
⇒ (a ∈ A1 ) ∨ (a ∈ A1 ∩ A3 ) ∨ (a ∈ A2 ∩ A1 ) ∨ (a ∈ A2 ∩ A3 )
⇒ (a ∈ A1 ) ∨ (a ∈ A2 ∩ A3 )
⇒ a ∈ (A1 ∪ (A2 ∩ A3 )).

Donc
((A1 ∪ A2 ) ∩ (A1 ∪ A3 ) ⊂ (A1 ∪ (A2 ∩ A3 )).
Finalement ; ((A1 ∪ A2 ) ∩ (A1 ∪ A3 )) = (A1 ∪ (A2 ∩ A3 )).

19
2. ENSEMBLES

Complémentaire

Définition 2.10 [7], [9] Soit A1 une partie d’un ensemble A. L’ensemble des éléments de A
A
qui n’appartiennent pas à A1 est appelé complémentaire de A1 dans A noté par CA 1 ou A1 c .
On a
A
CA 1 = {x ∈ A, x ∉ A1 }.

A
Exemple 2.6 Soient A = {1, 2, 4, 5, 6} et A1 = {2, 4} alors CA 1 = {1, 5, 6}.

Propriétés

[7], [9] Étant donnés A1 et A2 des parties de l’ensemble A. Alors, on a


A1
C
1. CA A = A1 .
A ∩A2 A A
2. CA 1 = CA 1 ∪ CA 2 .
A ∪A2 A A
3. CA 1 = CA 1 ∩ CA 2 .
A A
4. A1 ⊂ A2 ⇔ CA 2 ⊂ CA 1 .
Preuve.
• Soit a ∈ A, alors
A1
C A
a ∈ CA A ⇔ a ∉ CA 1
A
⇔ a ∈ CA 1
⇔ a ∉ A1
⇔ a ∈ A1 .

• Soit a ∈ A, alors
(A1 ∩A2 )
a ∈ CA ⇔ a ∉ (A1 ∩ A2 )
⇔ (a ∉ A1 ) ∨ (a ∉ A2 )
A A
⇔ (a ∈ CA 1 ) ∨ (a ∈ CA 2 ))
A A
⇔ a ∈ (CA 1 ∪ CA 2 ).

• Soit a ∈ A, alors
A ∪A2
x ∈ CA 1 ⇔ x ∉ (A1 ∪ A2 )
⇔ (a ∉ A1 ) ∧ (a ∉ A2 )
A A
⇔ (a ∈ CA 1 ∧ (a ∈ CA 2 ))
A A
⇔ a ∈ (CA 1 ∩ CA 2 ).

• Soit a ∈ A, alors

A1 ⊂ A2 ⇔ ∀a ∈ A(a ∈ A1 ) ⇒ (a ∈ A2 )
⇔ ∀a ∈ A(a ∉ A2 ) ⇒ (a ∉ A1 ) Contraposée de l’implication
A A
⇔ (a ∈ CA 2 )) ⇒ (a ∈ CA 1 ))
A A
⇔ (CA 2 ) ⊂ CA 1 )).

20
2. ENSEMBLES

Définition 2.11 [5], [7], [9] Soient A1 et A2 deux parties d’un ensemble A. On dit que A1 et
A2 sont complémentaires si leur réunion est l’ensemble A et leur intersection est l’ensemble
vide, autrement dit
A1 ∩ A2 = ; et A1 ∪ A2 = A.
A
Dans ce cas, on note A2 = CA 1 ou bien A2 = Ac1 ou encore A2 = A1 .

Différence des ensembles

Définition 2.12 [1], [7] Soient A1 et A2 deux parties d’un ensemble A. On appelle la diffé-
rence des ensembles A1 et A2 l’ensemble des éléments de A1 qui n’appartiennent pas à A2
noté par A1 \A2 . On a
A1 \A2 = {a ∈ A, a ∈ A1 et a ∉ A2 }.
A
Exemple 2.7 Soient A = {1, 2, 4, 5, 6} et A1 = {1, 2, 4}, A2 = {2, 4, 5} alors CA 2 = {1, 6}. Donc,

A1 \A2 = {1}.

Produit Cartésien

Définition 2.13 [4], [5], [7], [9] Étant donnés A1 et A2 deux parties d’un ensemble A. On
appelle produit cartésien des ensembles A1 et A2 , l’ensemble noté A1 ×A2 , des couples (a 1 , a 2 )
avec a 1 ∈ A1 et a 2 ∈ A2 .
Et le produit cartésien de n ensembles Ai est

A1 × A2 × ... × An = {(a 1 , a 2 , ..., a n ); a 1 ∈ A1 , ..., a n ∈ An }.

Si A1 = A2 = ... = An , on le note An .

Remarque 2.1 Le couple (a 2 , a 1 ) est différent du couple (a 1 , a 2 ), sauf si a 1 = a 2 .

Exemple 2.8 Soient A1 = {a 1 , a 2 , a 3 } et A2 = {2, 4, 6}, alors

A1 × A2 = {(a 1 , 2), (a 1 , 4), (a 1 , 6), (a 2 , 2), (a 2 , 4), (a 2 , 6), (a 3 , 2), (a 3 , 4), (a 3 , 6)}.

Et
c ar d (A1 × A2 ) = 3 × 3 = 9.

Proposition 2.1 [1] Étant donnés A1 et A2 deux ensembles finis non vides. On a

c ar d (A1 × A2 ) = c ar d (A1 ) × c ar d (A2 ).

Preuve. Soient c ar d (A1 ) = n et c ar d (A2 ) = m. On obtient le nombre des couples (a 1 , a 2 )


avec a 1 ∈ A1 et a 2 ∈ A2 en correspondant à tout élément a 1 ∈ A1 tout les éléments de A2 ,
c’est à dire m éléments, en répétant cette technique autant de fois qu’il y a d’éléments
dans A1 c’est à dire n fois. Le nombre des éléments de A1 × A2 est c ar d (A1 ) × c ar d (A2 ).

21
3. APPLICATIONS

Notion de Partition et de Recouvrement

Définition 2.14 [1], [5] Soit A un ensemble. On appelle recouvrement de A, toute famille
(Ai )i ∈I de parties de A, indexés par l’ensemble I, vérifiant ∪i ∈I Ai = A c’est à dire

∀a ∈ A, ∃Ai tel que a ∈ Ai .

Si de plus, ½
∀i ∈ I Ai 6= ;
Ai ∩ A j = ; i 6= j
on dit que la famille (Ai )i ∈I forme une partition de A.
A
Remarque 2.2 Soit A en ensemble, alors pour toute partie A1 de A, F = {A1 , CA 1 } est une
partition de A.

Exemple 2.9 Soit A = {1, a, l , 3, b, c, d , α, β, γ} alors

H = {{a, γ}, {d , α, β}, {c, 1}, {l , 3}, {b}}

est une partition de l’ensemble A.

3 Applications
3.1 Relations, Fonction, Application
Soient A1 et A2 deux ensembles non vides et Γ ⊂ A1 × A2 .

Définition 2.15 [1], [5], [7] Tout triplet (A1 , Γ, A2 ) est appelé une relation de A1 vers A2 ,
notée R . L’ensemble de départ de R est A1 , l’ensemble d’arrivée de R est A2 et Γ est le
graphe de R.
On dit que a 1 est en relation avec a 2 par la relation R et on note a 1 Ra 2 si (a 1 , a 2 ) ∈ Γ, dans
ce cas a 1 est appelé l’antécédent de a 2 et a 2 est l’image de a 1 par R.

Exemple 2.10 Soit A1 = {α, β, γ, δ} , A2 = {a 1 , a 2 , a 3 , a 4 } et Γ = {(α, a 1 ), (α, a 2 ), (β, a 3 ), (γ, a 2 ), (γ, a 3 ), (γ, a 4 )}.
On a (A1 , Γ, A2 ) est une relation de A1 vers A2 tel que αRa 1 ,αRa 2 , βRa 3 ,γRa 2 ,γRa 3 , γRa 4
et δ n’est en relation avec aucun élément de A2 .

Définition 2.16 [1], [5] On appelle une fonction de A1 vers A2 toute relation f entre les
éléments de A1 et ceux de A2 de graphe Γ qui à tout élément de A1 fait correspondre au plus
un élément de A2 .
On représente la fonction f par

f : A1 −→ A2
x 7−→ y = f (x)

Exemple 2.11 On reprend l’exemple précédent avec A1 = {α, β, γ, δ} , A2 = {a 1 , a 2 , a 3 , a 4 } et


Γ = {(α, a1 ), (α, a2 ), (β, a3 ), (γ, a2 ), (γ, a3 ), (γ, a4 )}. On a f (α) = a1 , f (α) = a2 , f (β) = a3 , f (γ) =
a 2 , f (γ) = a 3 , f (γ) = a 4 . On remarque que f n’est pas une fonction de A1 vers A2 .

22
3. APPLICATIONS

Exemple 2.12 Soit f = (R, Γ, R) avec Γ = {(a, b) ∈ R2 /b = ln a}, alors f est une fonction notée

f : R −→ R
a 7−→ b = ln a.

Les réels négatifs n’ont pas d’images.

Définition 2.17 [1], [4], [5] Soient A1 et A2 deux ensembles non vides et f une fonction de
A1 dans A2 . L’ensemble noté D f est appelé domaine de définition de f ; c’est l’ensemble des
éléments de A1 ayant une image par f et on écrit

D f = {a ∈ A1 /∃b ∈ A2 : b = f (a)}

Exemple 2.13 Le domaine de définition de la fonction

f : R −→ R
x 7−→ b = ln a.

est D f =]0, +∞[.

Définition 2.18 [1], [4], [5] Soient A1 et A2 deux ensembles non vides. On appelle une appli-
cation f : A1 −→ A2 toute relation f qui à tout élément a ∈ A1 fait correspondre un élément
unique b ∈ A2 .

L’ensemble {b = f (a), a ∈ A1 } s’appelle l’image de f qu’on note Im f .

L’ensemble des applications d’un ensemble A1 dans un ensemble A2 se note F (A1 , A2 ) ou


encore A2 A1 .

Exemple 2.14
f : R∗+ −→ R
a 7−→ b = ln a.
est une application.

Exemple 2.15 Soient A1 = {α, β, γ, δ} , A2 = {a 1 , a 2 , a 3 , a 4 } et Γ = {(α, a 1 ), (α, a 2 ), (β, a 3 ), (γ, a 2 ), (γ, a 3 ), (γ, a 4 )}.
On a f (α) = a 1 , f (α) = a 2 , f (β) = a 3 , f (γ) = a 2 , f (γ) = a 3 , f (γ) = a 4 . On remarque que f n’est
pas une application de A1 dans A2 car α a deux images dans A2 et γ a trois images dans A2 .

Exemple 2.16 Soient A1 = {α, β, γ, δ} , A2 = {a 1 , a 2 , a 3 , a 4 , a 5 , a 6 } et Γ = {(α, a 1 ), (β, a 1 ), (γ, a 2 ), (δ, a 3 )}.


Cette correspondance est une application malgré qu’il existe des éléments de A2 qui n’ont
pas d’antécédent dans A1 et plusieurs éléments de A1 qui ont une même image dans A2 .

Égalité des Applications

Définition 2.19 [9] Étant données deux applications f : E1 −→ F1 et g : E2 −→ F2 sont


égales si
1. E1 = E2 = E et F1 = F2 ,
2. ∀a ∈ E, f (a) = g (a).

23
3. APPLICATIONS

Exemple 2.17 On considère les applications suivantes

f 1 : R −→ R
a 7−→ a 2 .

f 2 : R −→ R+
a 7−→ a 2 .

f 3 : R+ −→ R
a 7−→ a 2 .

f 4 : R+ −→ R+
a 7−→ a 2 .
Alors,
f 1 6= f 2 , car les ensembles d’arrivées sont différents
f 1 6= f 3 , car les ensembles de départ sont différents.
f 1 6= f 4 , car les ensembles d’arrivées sont différents et les ensembles de départ sont différents.

Application Identité

Définition 2.20 [4], [5], [9] Soit A un ensemble non vide. L’application Identité dans A,
notée Id A est l’application de A dans A qui à a ∈ A associe a.

Applications Composées

Définition 2.21 [4], [5], [9] Soient A1 , A2 et A3 des ensembles non vides. Soient f 1 ∈ F (A1 , A2 )
et f 2 ∈ F (A2 , A3 ). On appelle composée des applications f 1 et f 2 , notée f 2 o f 1 , l’applica-
tion définie sur A1 et à valeur dans A3 et qui fait correspondre à tout a de E l’élément
b = f 2 ( f 1 (a)).

Exemple 2.18 On considère les applications suivantes

f 1 : R −→ R+
a 7−→ a 2 .

f 2 : R+ −→ R+
a 7−→ a 3 + 1.
Alors,

f 2 o f 1 : R −→ R+
a 7−→ (a 2 )3 + 1 = a 6 + 1.

f 1 o f 2 : R+ −→ R+
a 7−→ (a 3 + 1)2 = a 6 + 2a 3 + 1.
Il est clair que f 2 o f 1 6= f 1 o f 2 .

Proposition 2.2 [9] Soient A1 , A2 , A3 et A4 des ensembles non vides. Soient f 1 ∈ F (A1 , A2 ) ,
f 2 ∈ F (A2 , A3 ) et f 3 ∈ F (A3 , A4 ). On a

f 1 o( f 2 o f 3 ) = ( f 1 o f 2 )o f 3 .

24
3. APPLICATIONS

Preuve. L’ensemble de départ et l’ensemble d’arrivé des applications f 1 o( f 2 o f 3 ) et ( f 1 o f 2 )o f 3


sont les mêmes et pour tout a ∈ A1 , on a

f 1 o( f 2 o f 3 )(a) = f 1 (( f 2 o f 3 )(a)) = f 1 ( f 2 ( f 3 (a)))

et
( f 1 o( f 2 o f 3 ))(a) = ( f 1 o f 2 )( f 3 (a)) = f 1 ( f 2 ( f 3 (a)))
ce qui prouve le résultat.

Image directe et Image réciproque

Définition 2.22 [4], [5], [9] Soient A et B deux ensembles non vides et A1 ⊂ A et B1 ⊂ B. Soit
f ∈ F (A, B).
1) L’ensemble des images des éléments de A1 noté

f (A1 ) = { f (a), a ∈ A1 } ⊂ B

est appelé image directe de A1 par f .


2) L’ensemble des antécédents des éléments de B noté

f −1 (B1 ) = {a ∈ A, f (a) ∈ B1 } ⊂ A

est appelé image réciproque de B1 par f .

Exemple 2.19 On considère l’application suivante.

f : R −→ R
a 7−→ a 2 + a.

Cherchons f ({1}), f (]0, 2[), f −1 ({0}), f −1 (]0, +∞[).

f ({1}) = = {a 2 + a, a ∈ {1}}
= {2}.

Alors,

f (]0, 2[) = = {a 2 + a, a ∈]0, 2[}


= ]0, 6[.

f −1 ({0}) = {a ∈ R, f (a) ∈ {0}}


= {a ∈ R, a 2 + a = 0}
= {−1, 0}.

f −1 (]0, +∞[) = {a ∈ R, f (a) ∈]0, +∞[}


= {a ∈ R, a 2 + a > 0}
= ] − ∞, −1[∪]0, +∞[.

Proposition 2.3 [4], [5], [9] Étant donnés A et B des ensembles non vides, A1 , A2 deux par-
ties de A et B1 , B2 deux parties de B. Soient f ∈ F (A, B). On a
1. A1 ⊂ A2 ⇒ f (A1 ) ⊂ f (A2 ).
2. f (A1 ∪ A2 ) = f (A1 ) ∪ f (A2 ).

25
3. APPLICATIONS

3. f (A1 ∩ A2 ) ⊂ f (A1 ) ∩ f (A2 ).


4. f −1 (B) = A.
5. B1 ⊂ B2 ⇒ f −1 (B1 ) ⊂ f −1 (B2 ).
6. f −1 (B1 ∪ B2 ) = f −1 (B1 ) ∪ f −1 (B2 ).
7. f −1 (B1 ∩ B2 ) = f −1 (B1 ) ∩ f −1 (B2 ).

Preuve.
1. Soit A1 ⊂ A2 et soit b ∈ f (A1 ).

b ∈ f (A1 ) ⇒ ∃a ∈ A1 ⊂ A2 : b = f (a)
⇒ ∃a ∈ A2 : b = f (a)
⇒ b ∈ f (A2 ).

D’où f (A1 ) ⊂ f (A2 ).

2. Soit b ∈ f (A1 ∪ A2 ).

b ∈ f (A1 ∪ A2 ) ⇔ ∃a ∈ A1 ∪ A2 : b = f (a)
⇔ ∃a[((a ∈ A1 ) ∨ (a ∈ A2 )) ∧ (b = f (a))]
⇔ ∃a[((a ∈ A1 ) ∧ (b = f (a))] ∨ [((a ∈ A2 ) ∧ (b = f (a))]
⇔ (b ∈ f (A1 )) ∨ (b ∈ f (A2 ))
⇔ b ∈ ( f (A1 ) ∪ f (A2 ))

D’où f (A1 ∪ A2 ) = f (A1 ) ∪ f (A2 ).

3. Soit b ∈ f (A1 ∩ A2 ).

b ∈ f (A1 ∩ A2 ) ⇔ ∃a ∈ A1 ∩ A2 : b = f (a)
⇔ ∃a[(a ∈ A1 ) ∧ (a ∈ A2 ) ∧ (b = f (a))]
⇔ ∃a[((a ∈ A1 ) ∧ (b = f (a))] ∧ [((a ∈ A2 ) ∧ (b = f (a))]
⇒ (∃a ∈ A1 ∧ b = f (a)) ∧ (∃a ∈ A2 ∧ b = f (a))
⇒ (b ∈ f (A1 )) ∧ (b ∈ f (A2 ))
⇒ b ∈ ( f (A1 ) ∩ f (A2 ))

D’où f (A1 ∩ A2 ) ⊂ f (A1 ) ∩ f (A2 ).

4. f −1 (B) = {a ∈ A, f (a) ∈ B} = A

5. Soit B1 ⊂ B2 et soit a ∈ f −1 (B1 ).

a ∈ f −1 (B1 ) ⇒ a ∈ A, f (a) ∈ B1 ⊂ B2
⇒ a ∈ A, f (a) ∈ B2
⇒ a ∈ f −1 (B2 ).

D’où f −1 (B1 ) ⊂ f −1 (B2 ).

26
3. APPLICATIONS

6. Soit a ∈ f −1 (B1 ∪ B2 ).

a ∈ f −1 (B1 ∪ B2 ) ⇔ f (a) ∈ B1 ∪ B2
⇔ ( f (a) ∈ B1 ) ∨ ( f (a) ∈ B2 )
⇔ [a ∈ f −1 (B1 )] ∨ [a ∈ f −1 (B2 )]
⇔ a ∈ ( f −1 (B1 ) ∪ f −1 (B2 ))

D’où f −1 (B1 ∪ B2 ) = f −1 (B1 ) ∪ f −1 (B2 ).

7. Soit a ∈ f −1 (B1 ∩ B2 ).

a ∈ f −1 (B1 ∩ B2 ) ⇔ f (a) ∈ B1 ∩ B2
⇔ ( f (a) ∈ B1 ) ∧ ( f (a) ∈ B2 )
⇔ [a ∈ f −1 (B1 )] ∧ [a ∈ f −1 (B2 )]
⇔ a ∈ ( f −1 (B1 ) ∩ f −1 (B2 ))

ce qui montre que f −1 (B1 ∩ B2 ) = f −1 (B1 ) ∩ f −1 (B2 ).

Applications injectives, surjectives, bijectives

Étant donnés A et B deux ensembles non vides et f une application de A dans B.

Définition 2.23 [4], [5], [9] f est dite injective ( ou une injection) si tout élément de B admet
au plus un antécédent dans A, ce qui est équivalent à dire qu’un élément de B ne peut pas
être une image de deux antécédents différents de A. Ce qui revient à écrire

f est injective ⇔ ∀a ∈ A, a 0 ∈ A (( f (a) = f (a 0 ) ⇒ a = a 0 )

ou bien
f est injective ⇔ ∀a ∈ A, a 0 ∈ A (a 6= a 0 ⇒ f (a) 6= f (a 0 )).
Par négation,

f n’est pas injective ⇔ ∃a ∈ A, a 0 ∈ A (a 6= a 0 ∧ f (a) = f (a 0 )).

Définition 2.24 [4], [5], [9] f est dite surjective ( ou une surjection) si tout élément de B
admet au moins un antécédent dans A. Ce qui revient à écrire

f est surjective ⇔ ∀b ∈ B, ∃a ∈ A b = f (a).

Par négation,
f n’est pas surjective ⇔ ∃b ∈ B, ∀a ∈ A b 6= f (a).

Définition 2.25 [4], [5], [9] f est dite bijective ( ou une bijection) si elle est injective et sur-
jective, autrement dit si tout élément de B admet un seul et un seul antécédent. Ce qui re-
vient à écrire
f est bijective ⇔ ∀b ∈ B, ∃!a ∈ A b = f (a).

27
3. APPLICATIONS

Exemple 2.20 1. L’application

g 1 : R+ −→ R
a 7−→ a 2 .

est injective mais pas surjective car les images négatives n’admettent pas des antécé-
dents par g 1 .
2. L’application
g 2 : R −→ R+
a 7−→ a 2 .
est surjective car tout élément de R+ a au moins un antécédent mais pas injective car
−1 et 1 ont même image.
3. L’application
g 3 : R+ −→ R+
a 7−→ a 2 .
est bijective car tout élément de R+ a un unique antécédent qui est sa racine carrée.

Proposition 2.4 [5], [9] Étant A1 , A2 et A3 des ensembles non vides. Soit f 1 ∈ F (A1 , A2 ) et
f 2 ∈ F (A2 , A3 ).
1. Si f 1 et f 2 sont injectives, alors f 2 o f 1 est injective.
2. Si f 1 et f 2 sont surjectives, alors f 2 o f 1 est surjective.
3. Si f 1 et f 2 sont bijectives, alors f 2 o f 1 est bijective.
4. Si f 2 o f 1 est injective alors f 1 est injective.
5. Si f 2 o f 1 est surjective alors f 2 est surjective.

Preuve.
1. Supposons f 1 et f 2 sont injectives. Étant donnés a et a’ deux éléments de A1 tels
que ( f 2 o f 1 )(a) = ( f 2 o f 1 )(a 0 ). En utilisant l’injectivité de f 2 , on obtient f 1 (a) = f 1 (a 0 ),
l’injectivité de f 1 donne a = a 0 . Par suite, f 2 o f 1 est injective.
2. Supposons que f 1 et f 2 sont surjectives. Soit a" un élément de A3 . En utilisant la sur-
jectivité de f 2 , on peut trouver a 0 ∈ A2 tel que a" = f 2 (a 0 ). Comme f 1 est surjective, on
peut déduire l’existence de a ∈ A1 tel que a 0 = f 1 (a). D’où, a" = f 2 ( f 1 (a)) = ( f 2 o f 1 )(a).
L’application f 2 o f 1 est donc surjective.
3. Conséquences immédiate des précédents.
4. Supposons que f 2 o f 1 est injective. Soient (a 1 , a 2 ) ∈ A21 :

f 1 (a 1 ) = f 1 (a 2 ) ⇒ f 2 ( f 1 (a 1 )) = f 2 ( f 1 (a 2 ))
⇒ ( f 2 o f 1 )(a 1 ) = ( f 2 o f 1 )(a 2 )
⇒ a 1 = a 2 , car f 2 o f 1 est injective.

Donc, f 1 est injective.


5. Soit a" ∈ A3 : Comme f 2 o f 1 est surjective, il existe a ∈ A1 tel que a" = ( f 2 o f 1 )(a).
En notant a 0 = f 1 (a), on a a 0 ∈ A2 et a" = ( f 2 o f 1 )(a) = f 2 (a 0 ). Ceci montre que f 2 est
surjective.

28
3. APPLICATIONS

Applications Réciproque

Proposition 2.5 [5], [9] Étant donnés A1 , A2 deux ensembles non vides et f une application
de A1 dans A2 . Alors, f 1 est bijective si et seulement si il existe une unique application f 2 de
A2 dans A1 telle que
f 1 o f 2 = Id A2 et f 2 o f 1 = Id A1 .
Dans ce cas, f 1 est dite inversible et f 2 est appelée l’application inverse ( application réci-
proque) de f 1 et on la note f 2 = f 1 −1

Preuve. I- On suppose que f 1 est bijective, donc à tout élément b ∈ A2 , en associant un


seul élément a ∈ A1 , qu’on notera f 1 (a) tel que f 1 (a) = b. Étant donné l’application

f 2 : A2 −→ A1
b 7−→ f 2 (b) = a.

On montre que
f 1 o f 2 = Id A2 et f 2 o f 1 = Id A1 .
1. Supposons que b ∈ A2 , alors pour f 2 (b) = a avec f 1 (a) = b, donc

f 1 o f 2 (b) = f 1 ( f 2 (b)) = f (a) = b,

donc, f 1 o f 2 = Id A2 .
2. Étant donné a ∈ A1 , alors pour b = f 1 (a) on a f 2 (b) = a, donc

( f 2 o f 1 )(a) = f 2 ( f 1 (a)) = f 2 (b) = a,

d’où f 2 o f 1 = Id A1 .
3. Prouvons l’unicité de f 2 . Étant donné g 1 : A2 → A1 satisfaisant les deux propriétés
précédentes, alors pour tout b ∈ A2 , il existe a ∈ A1 tel que b = f 1 (a). Donc,

g 1 (b) = g 1 ( f 1 (a)) = g 1 o f 1 (a) = Id A1 (a) = f 2 o f 1 (a) = f 2 ( f 1 (a)) = f 2 (b).

Par suite, g 1 = f 2
II- On suppose l’existence d’une application f 2 : A2 → A1 telle que

f 1 o f 2 = Id A2 et f 2 o f 1 = Id A1 .

Prouvons que f est bijective.


1. Étant donnés a 1 ∈ A1 , a 2 ∈ A1 . Comme f 2 o f 1 = Id A1 , on obtient ( f 2 o f 1 )(a 1 ) = a 1 et
( f 2 o f 1 )(a 2 ) = a 2 . Alors,

f 1 (a 1 ) = f 1 (a 2 ) ⇒ f 2 ( f 1 (a 1 )) = f 2 ( f 1 (a 2 )) puisque f 2 est une application


⇒ ( f 2 o f 1 )(a 1 ) = ( f 2 o f 1 )(a 2 )
⇒ a1 = a2 .

2. Supposons que b ∈ A2 . Du fait que f 1 o f 2 = Id A2 , on obtient f 1 o f 2 (b) = Id A2 (b), par


suite il existe a = f 2 (b) ∈ A1 tel que f 1 (a) = b, donc f 1 est surjective.
De 1. et 2., on obtient f 1 est bijective.

29
3. APPLICATIONS

Exemple 2.21 Étant donnée l’application suivante

f : R\{3} −→ B
a 7−→ a+4
a−3

Trouver B pour que l’application f soit bijective et donner l’application réciproque de f.


Montrons que f est bijective équivaut à chercher l’existence de b ∈ B tel que b = f (a).
Soit b ∈ B, alors
b = f (a) ⇔ b = a+4a−3
⇔ b(a − 3) = a + 4
⇔ a = 3b+4b−1 si b 6= 1
d’où
3b + 4
∀b ∈ R\{1}, ∃!a = ; b = f (a)
b −1
pour montrer que f est bijective, il faut vérifier si a = 3b+4
b−1 ∈ R\{3}?
On a
3b+4
b−1 = 3 ⇔ 4 = −3 ce qui est impossible
3b+4
ce qui prouve que b−1 ∈ R\{3}, par suite, f est bijective si B = R\{1} et l’inverse de f est

f −1 : R\{1} −→ R\{3}
b 7−→ 3b+4
b−1 .

Prolongement et restriction d’une application

Définition 2.26 [5], [9] Étant donnés A, B deux ensembles non vides et f une application de
A dans B.
Soit A1 ⊂ A, l’application de A1 vers B définie par

∀a ∈ A1 , f A1 (a) = f (a)

est appelée restriction de f à A1 qu’on note f A1 ,


Soit A0 tel que A ⊂ A0 , toute application f 1 de A0 vers B définie par

∀a ∈ A, f 1 (a) = f (a)

est appelée prolongement de f à A0 .


On dit que f 1 est un prolongement de f si f est une restriction de f 1 .

Exemple 2.22 On considère l’application

f 1 : R+ −→ R+
a 7−→ a.

Alors
f 2 : R −→ R+
a 7−→ |a|
et
f 3 : R −→ R+
½
a si a ≥0
a 7−→
0 si a <0
sont des prolongements de f 1 à R.

Remarque 2.3 Le prolongement d’une application n’est pas unique.

30
4. EXERCICES CORRIGÉS

4 Exercices corrigés
4.1 Exercices sur les ensembles
Exercice 2.1 Étant donnés F = {a 1 , a 2 , a 3 , a 4 }, G = {a 1 , a 2 , a 4 }, H = [0, 5], I = [2, 6]. Déterminer
R , R\(H ∩ I), R\(H), R\(I), (R\(H)) ∪ (R\(I)).
F ∩ G, F ∪ G, F × G, H ∩ I, H ∪ I, HH

Solution.
1. F ∩ G = {a 1 , a 2 , a 4 } = G,
2. F ∪ G = {a 1 , a 2 , a 3 , a 4 } = F,
3. F×G = {(a 1 , a 1 ), (a 1 , a 2 ), (a 1 , a 4 ), (a 2 , a 1 ), (a 2 , a 2 ), (a 2 , a 4 ), (a 3 , a 1 ), (a 3 , a 2 ), (a 3 , a 4 ), (a 4 , a 1 ), (a 4 , a 2 ), (a 4
4. H ∩ I = [2, 5], H ∪ I = [0, 6].
5. HH
R =] − ∞, 0[∪]5, +∞[,
6. R\(H ∩ I) =] − ∞, 2[∪]5, +∞[,
7. R\(H) = HH
R =] − ∞, 0[∪]5, +∞[,
8. R\(I) = HIR =] − ∞, 2[∪]6, +∞[.
9. (R\(H)) ∪ (R\(I)) =] − ∞, 0[∪]5, +∞[∪] − ∞, 2[∪]6, +∞[=] − ∞, 2[∪]5, +∞[.
On remarque que (R\(H)) ∪ (R\(I)) = R\(H ∩ I).

Exercice 2.2 Étant donné A un ensemble. Déterminer les ensembles A1 , A2 , A3 de A telles


que
A1 ∪ A2 ∩ A3 ) = (A1 ∪ A2 ) ∩ A3 . (2.1)

Solution. cherchons une condition nécessaire et suffisante sur (A1 , A2 , A3 ) de (P (A))3


pour que (2.1 ) soit vérifier.
On suppose la propriété (2.1). On a A1 ⊂ A1 ∪ (A2 ∩ A3 ). En utilisant (2.1), on obtient
A1 ⊂ (A1 ∪ A2 ) ∩ A3 ⊂ A3 . Par conséquent, A1 ⊂ A3 est une condition nécessaire pour que
l’on ait (2.1).
D’autre part, on suppose que A1 ⊂ A3 . On obtient :

(A1 ∪ A2 ) ∩ A3 = (A1 ∩ A3 ) ∪ (A2 ∩ A3 ) = A1 ∪ (A2 ∩ A3 ),

d’où la propriété (2.1).


Une condition nécessaire et suffisante pour que l’on ait (2.1) est donc A1 ⊂ A3 .

Exercice 2.3 Étant donné A un ensemble et A1 , A2 et A3 des parties de A telles que

(A1 ∪ A3 ) ⊂ (A1 ∪ A2 ) et (A1 ∩ A3 ) ⊂ (A1 ∩ A2 ).

Prouver que A3 est une partie de A2 .

Solution. Supposons a ∈ A3 ; alors a ∈ (A1 ∪ A3 ) et comme (A1 ∪ A3 ) ⊂ (A1 ∪ A2 ), alors a ∈


(A1 ∪ A2 ), ce qui donne a ∈ A1 ou a ∈ A2 .
Si a ∈ A1 , a ∈ A1 ∩ A3 . De la propriété (A1 ∩ A3 ) ⊂ (A1 ∩ A2 ), on conclue que a ∈ A1 ∩ A2 .
Donc, a ∈ A2 .
D’où, A3 est une partie de A2 .

Exercice 2.4 Étant donnés les ensembles A1 , A2 et A3 . Prouver que


1. (A1 × A2 ) ∪ (A1 × A3 ) = A1 × (A2 ∪ A3 ).

31
4. EXERCICES CORRIGÉS

2. (A1 × A2 ) ∪ (A3 × A2 ) = (A1 ∪ A3 ) × A2 .

Solution.
1. Étant donnés (a 1 , a 2 ) ∈ (A1 × A2 ) ∪ (A1 × A3 ).

(a 1 , a 2 ) ∈ ((A1 × A2 ) ∪ (A1 × A3 )) ⇔ ((a 1 , a 2 ) ∈ (A1 × A2 )) ∨ ((a 1 , a 2 ) ∈ (A1 × A3 ))


⇔ ((a 1 ∈ A1 ) ∧ (a 2 ∈ A2 )) ∨ ((a 1 ∈ A1 ) ∧ (a 2 ∈ A3 ))
⇔ (a 1 ∈ A1 ) ∧ ((a 2 ∈ A2 ) ∨ (a 2 ∈ A3 )
⇔ (a 1 ∈ A1 ) ∧ ((a 2 ∈ (A2 ∪ A3 ))
⇔ (a 1 , a 2 ) ∈ A1 × (A2 ∪ A3 ).

2. Étant donnés (a 1 , a 2 ) ∈ (A1 × A2 ) ∪ (A3 × A2 ) .

(a 1 , a 2 ) ∈ (A1 × A2 ) ∪ (A3 × A2 ) ⇔ ((a 1 , a 2 ) ∈ (A1 × A2 )) ∨ ((a 1 , a 2 ) ∈ (A3 × A2 ))


⇔ ((a 1 ∈ A1 ) ∧ (a 2 ∈ A2 )) ∨ ((a 1 ∈ A3 ) ∧ (a 2 ∈ A2 ))
⇔ ((a 1 ∈ A1 ) ∨ (a 1 ∈ A3 ) ∧ (a 2 ∈ A2 )
⇔ ((a 1 ∈ (A1 ∪ A3 )) ∧ (a 2 ∈ A2 )
⇔ (a 1 , a 2 ) ∈ (A1 ∪ A3 ) × A2 .

Exercice 2.5 Déterminer toutes les partitions de l’ensemble A = {1, 4, 6}.

Solution. Les partitions de l’ensemble A sont :


1. A1 = {{1, 4, 6}}.
2. A2 = {{1}, {4}, {6}}.
3. A3 = {{1}, {4, 6}}.
4. A4 = {{4}, {1, 6}}.
5. A5 = {{6}, {1, 4}}.

Exercice 2.6 Étant donnés A un ensemble et A1 , A2 , A3 des sous ensembles de A. On note

E = (A1 ∩ A2 ) ∪ (A2 ∩ A3 ) ∪ (A3 ∩ A1 )

et
F = (A1 ∪ A2 ) ∩ (A2 ∪ A3 ) ∩ (A3 ∪ A1 ).
Prouver que E = F.

Solution. On a :

E = (A1 ∩ A2 ) ∪ (A2 ∩ A3 ) ∪ (A3 ∩ A1 )


= ((A1 ∩ A2 ) ∪ (A2 ∩ A3 )) ∪ (A3 ∩ A1 ) associativité de ∪
= ((A1 ∪ A3 ) ∩ A2 ) ∪ (A3 ∩ A1 ) en mettant A2 en facteur
= ((A1 ∪ A3 ) ∪ (A3 ∩ A1 )) ∩ (A2 ∪ (A3 ∩ A1 )) la distributivité de ∪ sur ∩
= (A1 ∪ A3 ) ∩ ((A2 ∪ A3 ) ∩ (A2 ∪ A1 )) la distributivité de ∪ sur ∩
= (A1 ∪ A2 ) ∩ (A2 ∪ A3 ) ∩ (A3 ∪ A1 )
= F.

32
5. EXERCICES PROPOSÉS

5 Exercices proposés
Exercice 2.7 Étant donnés les ensembles A1 , A2 , A3 et A4 . Montrer l’égalité suivante

(A1 × A2 ) ∩ (A3 × A4 ) = (A1 ∩ A3 ) × (A2 ∩ A4 )

Exercice 2.8 Étant donnés A, B des ensembles, (Ei )i ∈I une famille de sous ensembles de A,
(Fi )i ∈I une famille de de sous ensembles B, indexés par le même ensemble I, G une partie de
A, H une partie de B. Prouver que
1. ∪i ∈I (Ei × H) = (∪i ∈I Ei ) × H.
2. ∪i ∈I (G × Fi ) = G × (∪i ∈I Fi ).

Exercice 2.9 Soient G un ensemble et H1 et H2 deux parties de G vérifiant les propriétés


suivantes
1. H1 ∩ H2 6= ;;
2. H1 ∪ H2 6= G;
3. H1 * H2 ;
4. H2 * H1 .
On note
1. G1 = H1 ∩ H2 ,
H
2. G2 = H1 ∩ CG 2 ,
H
3. G3 = H2 ∩ CG 1 ,
H ∪H2
4. G4 = CG 1 .
Prouver que {G1 , G2 , G3 , G4 } est une partition de G.

5.1 Exercices sur les applications


Exercice 2.10 Considérons les applications suivantes :

f 1 : R −→ R
a 7−→ a 2 .

et
f 2 : R −→ [−1, 1]
a 7−→ cos(πa).
Déterminer f 1−1 ({1}), f 1−1 ([1, 2]), f 1−1 (] − ∞, 0[), f 1 ({0}), f 1 ([0, +∞[), f 2 (N), f 2−1 ({±1}).
Solution.
f 1−1 ({1}) = {a ∈ R, f 1 (a) ∈ {1}}
= {a ∈ R, a 2 = 1}
= {−1, 1}.

f 1−1 ([1, 2]) = {a ∈ R, f 1 (a) ∈ [1, 2]}


p p
= [− 2, −1] ∪ [1, 2].

33
5. EXERCICES PROPOSÉS

f 1−1 (] − ∞, 0[) = {a ∈ R, f 1 (a) ∈] − ∞, 0[}


= ;.

f 1 ({0}) = = {a 2 , a ∈ {0}}
= {0}.

f 1 ([0, +∞[) = = {a 2 , x ∈ [0, +∞[}


= [0, +∞[.

f 2 (N) = = {cos(πa), a ∈ N}
= {−1, 1}.

f 2−1 ({±1}) = {a ∈ R, f 2 (a) ∈ {−1, 1}}


= N.

Exercice 2.11 Étant donnés A1 , A2 et A3 des ensembles non vides. Étant donnés f 1 ∈ F (A1 , A2 )
et f 2 ∈ F (A2 , A3 ). Prouver que si on a la bijection de f 1 et f 2 , alors on peut déduire la bijec-
tion de f 2 o f 1 et ( f 2 o f 1 )−1 = f 1−1 o f 2−1 .

Solution. Supposons que f 1 et f 2 sont bijectives, alors f 2 o f 1 est bijective, et f 1−1 , f 2−1 et
( f 2 o f 1 )−1 existent satisfaisant

f 2−1 o f 2 = Id A2 et f 1−1 o f 1 = Id A1 .

Alors, ( f 1−1 o f 2−1 )o( f 2 o f 1 ) = f 1−1 o( f 2−1 o f 2 )o f 1 = f 1−1 oId A2 o f 1 = f 1−1 o f 1 = Id A1 .

Exercice 2.12 Étant donnés A , A’ des ensembles non vides, A1 , A2 deux sous ensembles de
E. Notons h ∈ F (A, A0 ).
1) Prouver que l’égalité suivante n’est pas satisfaite h(A1 ∩ A2 ) = h(A1 ) ∩ h(A2 ) en donnant
un contre exemple.
2) Prouver que les propositions suivantes sont équivalentes :
a) h(A1 ∩ A2 ) = h(A1 ) ∩ f (A2 ).
b) h est injective.
Solution. 1) On définit l’application

h : R −→ R
x 7−→ 2x 2 .

et les ensembles A1 =] − 1, 0], A2 = [0, 2[.


Alors
A1 ∩ A2 = {0}, h(A1 ) = [0, 2[, h(A2 ) = [0, 8[, h(A1 ∩ A2 ) = {0}, et h(A1 ) ∩ h(A2 ) = [0, 2[. On re-
marque bien que
h(A1 ∩ A2 ) = {0} & [0, 2[= h(A1 ) ∩ h(A2 ).

34
5. EXERCICES PROPOSÉS

2) On suppose que la propriété a) est vérifiée. Soient a et a 0 deux éléments différents de A.


En utilisant a) aux deux sous ensembles suivants : A1 = {a} et A1 = {a 0 }; on obtient

h(A1 ) = {h(a)}, h(A2 ) = {h(a 0 )}

et
; = h(A1 ∩ A2 ) = {h(a)} ∩ {h(a 0 )}.
D’où {h(a)} 6= {h(a 0 )} . Ce qui implique que h est injective et que a) ⇒ b).
D’après le cours (chapitre 2), pour toutes A1 , A2 de A, nous avons

h(A1 ∩ A2 ) ⊂ h(A1 ) ∩ h(A2 ).

On suppose l’existence deux sous ensembles A1 et A2 de A telles que h(A1 ∩A2 ) 6= h(A1 )∩h(A2 )
alors, il existe b de h(A1 ) ∩ h(A2 ) qui n’est pas un élément de h(A1 ∩ A2 ), mais, b ∈ h(A1 ) ∩
h(A2 ) est équivaut à b ∈ h(A1 ) et b ∈ h(A2 ), et

(b ∈ h(A1 )) ⇔ (∃a 1 ∈ A1 , b = h(a 1 )) et (∃a 2 ∈ A2 , b = h(a 2 )).

Ce qui nécessite a 1 6= a 2 puisque si a 1 = a 2 alors a 1 ∈ A1 ∩ A2 et

b ∈ h(A1 ∩ A2 )

ce qui contredit l’hypothèse. L’application h n’est pas donc injective, donc non a) ⇒ non b)
soit encore b) ⇒ a), d’où a) ⇔ b).

Exercice 2.13 Notons G et H des ensembles non vides. Soient h ∈ F (G, H). Montrer l’équi-
valence entre les propositions suivantes.
a) Quel que soit G1 inclus dans G, h −1 (h(G1 )) = G1
b) h est injective.
De même pour les propositions
1. Quel que soit H1 inclus dans H, h(h −1 (H1 )) = H1
2. h est surjective.

Solution. On a pour toute partie G1 de G et toute partie H1 de H

G1 ⊂ h −1 (h(G1 )) h(h −1 (H1 )) ⊂ H1 .

Soit a ∈ G1 .

a ∈ G1 ⇒ h(a) ∈ h(G1 )
⇒ a ∈ h −1 (h(G1 )).

Étant donné b ∈ h(h −1 (H1 )).

b ∈ h(h −1 (H1 )) ⇒ ∃a ∈ h −1 (H1 ), b = h(a)


⇒ ∃a ∈ G, b ∈ H1 , b = h(a)
⇒ b ∈ H1 .

On va montrer maintenant l’équivalence des propriétés a) et b) en prouvant que non a) ⇔


non b).

35
5. EXERCICES PROPOSÉS

On suppose l’existence d’un sous ensemble G1 de G telle que h −1 (h(G1 )) 6= G1 alors il existe
b de h −1 (h(G1 )) qui n’est pas un élément de G1 ; or

b ∈ h −1 (h(G1 )) ⇔ h(b) ∈ h(G1 ),

donc, il existe un élément a de G1 tel que h(a) = h(b) et comme b ∉ G1 , a 6= b, par suite h
n’est pas injective et non a) ⇒ non b).
D’autre part, si h est non injective, alors il existe deux éléments a et b de G tels que a 6= b
et h(a) = h(b). Supposons que G1 est un sous ensemble de G qui possède un seul élément
a, alors h(G1 ) = {h(a)} et {(a, b)} ⊂ h −1 (h(G1 )) donc

A 6= h −1 (h(G1 )),

ce qui montre que nonb) ⇒ nona) donc nona) ⇔ nonb).


On montre maintenant que 1) ⇔ 2). On suppose que 1) vraie et utilisons cette propriété à
H de H ; il découle h(h −1 (H)) = H or h −1 (H) = G, donc h(G) = H. Ce dernier résultat signifie
que h est surjective, donc 1) ⇒ 2). Supposons 2) vraie, alors si b est un élément de H1 , il
existe un élément a de G tel que b = h(a) et a ∈ h −1 (H1 ) car h(a) ∈ H1 ; donc b ∈ h(h −1 (H1 ))
et comme cette propriété est vraie pour tout b ∈ H1 , alors

H1 ⊂ h(h −1 (H1 )),

or h(h −1 (H1 )) ⊂ H1 , par suite h(h −1 (H1 )) = H1 et 2) ⇒ 1) d’où 1) ⇔ 2).

Exercice 2.14 Considérons l’application f 1 : A → B. Prouver que

f1 est injective ⇔ ∃ f 2 : B → A une application telle que f 2 o f 1 = Id A

puis donner un exemple.

Solution. I. On suppose l’injectivité de f 1 et

h : f 1 (A) −→ A
b 7−→ h(b) = a.

Nous avons h est une application. Étant donné f 2 le prolongement de h à B. Alors,

f 2 o f 1 : A −→ A
a 7−→ ( f 2 o f 1 )(a) = f 2 ( f 1 (a)) = f 2  f 1 (A) ( f 1 (a)) = h( f 1 (a)) = a.

D’où, f 2 o f 1 = Id A
II. On suppose maintenant qu’il existe une application ∃ f 2 : B → A telle que f 2 o f 1 = Id A et
a, a 0 appartenant à A tels que f 1 (a) = f 1 (a 0 )

f 1 (a) = f 1 (a 0 ) ⇒ f 2 ( f 1 (a)) = f 2 ( f 1 (a 0 ))
⇒ f 2 o f 1 (a) = f 2 o f 1 (a 0 )
⇒ Id A (a) = Id A (a 0 )
⇒ a = a0.

D’où l’injectivité de f 1 .

36
5. EXERCICES PROPOSÉS

Exemple 2.23 Soient A = {8, 10, 12, 14} et B = {8, 9, 10, 11, 12, 13, 14} et f 1 : A → B avec
f 1 (8) = 9, f 1 (10) = 12, f 1 (12) = 11, f 1 (14) = 13. f 1 est une application injective. Considérons
l’application f 2 : B → A satisfaisant f 2 o f 1 = Id A . On pose f 1 (A) = {9, 11, 12, 13} ⊂ B et h :
f 1 (A) −→ A tel que h(9) = 8, h(11) = 12, h(12) = 10, h(13) = 14. On peut vérifier facilement que
h est une application possède le prolongement suivant f 2 : B −→ A tel que f 2 (9) = 8, f 2 (11) =
12, f 2 (12) = 10, f 2 (13) = 14 et f 2 (8) = f 2 (10) = 10. f 2 est une application satisfait f 2 o f 1 (8) =
f 2 ( f 1 (8)) = f 2 (9) = 8, f 2 o f 1 (10) = f 2 ( f 1 (10)) = f 2 (12) = 10, f 2 o f 1 (12) = f 2 ( f 1 (12)) = f 2 (11) = 12
et f 2 o f 1 (14) = f 2 ( f 1 (14)) = f 2 (13) = 14. D’où, f 2 o f 1 = Id A

Exercice 2.15 Étant donnés A1 et A2 deux ensembles finis tels que c ar d A1 = p, c ar d A2 = q.


On rappel que A1 et A2 sont équipotents s’il existe une bijection entre A1 et A2 .
Prouver que les deux propriétés suivantes sont équivalentes :
a) A1 et A2 sont équipotents.
b) p = q.
Solution.I. On suppose que A1 et A2 sont équipotents, on peut trouver donc h : A1 → A2 une
application bijective. Alors,

h est bijective ⇒ h est injective et h est surjective


⇒ p≤q et q ≤ p
⇒ p = q.

II. On suppose que p = q, donc A1 = {a 1 , a 2 , ..., a p } et A2 = {b 1 , b 2 , ..., b q }. Soit

h : A1 −→ A2
a k 7−→ h(a k ) = b k .

avec k = 1, 2..., p. Il est simple à prouver que h est bijective, donc A1 et A2 sont équipotents.

5.2 Exercices proposés


Exercice 2.16 Considérons les applications suivantes :

h 1 : N −→ N
a 7−→ a + 1.
et
h 2 : N −→ N
½
0 si b=0
b 7−→
b −1 si b ≥ 1.
a) Les applications h 1 et h 2 est elles injectives, surjectives, bijectives ?
b) Trouver h 1 oh 2 et h 2 oh 1 .

Exercice 2.17 Étant donné h 1 : A → B une application. Prouver que

h est surjective ⇔ ∃h 2 : B → A une application telle que h 1 oh 2 = Id B

puis donner un exemple.

Exercice 2.18 Étant donnés A1 , A2 , A3 des ensembles, h 1 : A1 → A2 , h 2 : A2 → A3 et h 3 : A3 →


A1 des applications. Prouver les implications suivantes
a) (h 3 oh 2 oh 1 eth 2 oh 1 oh 3 sont surjectives eth 1 oh 3 oh 2 injective) ⇒ (h 1 , h 2 , h 3 sont bijectives).
b) (h 3 oh 2 oh 1 eth 2 oh 1 oh 3 sont injectives eth 1 oh 3 oh 2 surjective) ⇒ (h 1 , h 2 , h 3 sont bijectives).

37
5. EXERCICES PROPOSÉS

Exercice 2.19 Soient A1 = {a 1 } et A2 = {a 2 , a 3 }. Existe-t-il des applications surjectives (resp.


des injections , des bijections ) de A1 dans A2 ?

Exercice 2.20 Étant donnés A1 , A2 , A3 et A4 des ensembles non vides et h 1 ∈ F (A1 , A2 ).


Prouver l’équivalence des propriétés suivantes.
a) Pour toutes applications h 2 ∈ F (A3 , A1 ), h 3 ∈ F (A3 , A1 ), on a [h 1 oh 2 = h 1 oh 3 ⇒ h 2 =
h3 ]
b) h 1 est injective.
De même

1. Pour toutes applications h 20 ∈ F (A2 , A4 ), h 30 ∈ F (A2 , A4 ), on a [h 20 oh 1 = h 30 oh 1 ⇒ h 20 = h 30 ].

2. h 1 est surjective.

38
Chapitre 3

Relations binaires sur un ensemble

1 Introduction
L’objectif de ce chapitre est de rappeler les définitions et les conventions que nous
faisons dans l’utilisation pratique de la notion de relations d’équivalences et d’ordres. Ce
chapitre est basé sur les références ([1], [2], [3], [4], [7],[8], [9], [12]).

2 Relations Binaires
Définition 3.1 [1], [3], [4] On appelle une relation binaire toute relation R d’un ensemble
E vers lui même.

Exemple 3.1 Dans l’ensemble de parties d’un ensemble E, l’inclusion est une relation bi-
naire.
Dans l’ensemble des entiers naturels, la division et l’égalité sont aussi des relations binaires.

3 Propriétés des relations binaires dans un ensemble


Définition 3.2 [1], [3], [4]
Considérons S une relation binaire sur un ensemble A.
• S est réflexive si seulement si
∀a ∈ A, aS a.
• S est symétrique si seulement si

∀a ∈ A, ∀b ∈ A, aS b ⇒ bS a.

• S est antisymétrique si seulement si

∀a ∈ A, ∀b ∈ A, (aS bet bS a) ⇒ a = b.

• S est transitive si seulement si

∀a ∈ A, ∀b ∈ A, ∀c ∈ A, (aS betbS c) ⇒ aS c.

Exemple 3.2 • La relation " ⊥ " définie sur l’ensemble des droites est une relation bi-
naire symétrique mais n’est ni réflexive, ni transitive.

39
4. RELATION D’ÉQUIVALENCE

• La relation "=" est une relation binaire dans l’ensemble des entiers naturels, appelée
la relation binaire d’égalité.
Cette relation est réflexive, symétrique et transitive.
En effet, quelque soit a, b et c des entiers naturels on a "=" est réflexive car a = a , "="
est transitive car
(a = b et b = c) ⇒ a = c
et "=" est symétrique car
a = b ⇒ b = a.
• La relation S :"la divisibilité dans l N". On a tout entier est divisible par lui même,
autrement dit S est réflexible, de plus elle est transitive puisque a divise b et b divise
c, alors : "a divise c". Mais, si "a" divise "b", "a" n’est pas divisible par "b", donc S n’est
pas symétrique.

4 Relation d’équivalence
Définition 3.3 [1], [3] , [9] Étant donnée S une relation binaire sur un ensemble A. S est
une relation d’équivalence si elle est réflexive, symétrique et transitive.
On note
a ∼ b(S )
et on lit a est équivalent à b modulo S si a est correspond à b par une relation d’équivalence
S.

Exemple 3.3 • La relation "=" est une relation d’équivalence sur tout ensemble.
• Étant donnés A et B deux ensembles non vides et h : A → B une application. La rela-
tion S définie par
∀(a 1 , a 2 ) ∈ A2 , a 1 S a 2 ⇔ h(a 1 ) = h(a 2 )
définit une relation d’équivalence.

5 Classe d’équivalence
Définition 3.4 [1], [3]
Étant donnée R une relation d’équivalence sur un ensemble A et soit a ∈ A.
• L’ensemble {b ∈ A, bRa} ⊂ A noté ȧ ou bien a, est appelé classe d’équivalence de a .
• L’ensemble de toutes les classes d’équivalence modulo R se nomme l’ensemble quo-
tient de A par R et se note A/R. On a donc

A/R = {ȧ, a ∈ A}.

• Les éléments de l’ensemble ȧ sont appelés les représentants de ȧ.


• A partir d’une relation d’équivalence, on peut définir la surjection canonique S, c’est
l’application qui à tout élément a ∈ A fait correspondre sa classe d’équivalence ȧ.

Exemple 3.4 • Étant donnés A et B deux ensembles non vides et h : A → B une applica-
tion. La relation R donnée par

∀(a, b) ∈ A2 , aRb ⇔ h(a) = h(b)

40
5. CLASSE D’ÉQUIVALENCE

est une relation d’équivalence. On a

ȧ = {b ∈ A, aRb}
= {b ∈ A, h(a) = h(b)}
= b ∈ A, b ∈ h −1 ({h(a)})
© ª

• L’ensemble de toutes les classes d’équivalence est A/R = h −1 ({h(a)}) , a ∈ E .


© ª

Proposition 3.1 [1], [3] Étant donnée R une relation d’équivalence sur un ensemble A.
Alors
• ∀a ∈ A, ȧ 6= ;
• ∀a 1 ∈ A, ∀a 2 ∈ A, (a˙1 ∩ a˙2 = ;) ∨ (a˙1 = a˙2 )
• Les classes d’équivalences sont non vides, elles sont deux à deux disjointes et leur
réunion est A c’est à dire qu’elles forment une partition de A.

Preuve.
• Si a ∈ A, en utilisant la réflexivité de R on obtient a ∈ ȧ.
• Étant donnés a 1 ∈ A, a 2 ∈ A, si a˙1 ∩ a˙2 6= ;. Alors il existe a 3 ∈ a˙1 ∩ a˙2 , donc a 3 Ra 2 et
a 3 Ra 1 . Prouvons que a˙1 = a˙2 . Si a 4 ∈ a˙1 , alors

((a 4 Ra 1 ) ∧ (a 3 Ra 1 ) ∧ (zR y))

en utilisant la symétrie et la transitivité de la relation R, on obtient

(a 4 Ra 3 ) ∧ (a 3 Ra 2 )

et comme R est transitive on déduit que a 4 Ra 2 , d’où a 4 ∈ a˙2 , ce qui prouve que
a˙1 ⊂ a˙2 . De la même manière, on montre que a˙2 ⊂ a˙1 , ce qui termine la preuve de la
propriété.
• D’après ce qui précède, on déduit que A/R est une partition de A.

5.1 Factorisation d’une application


Définition 3.5 [9], [10] Étant donné une application h : A → B, on note A/S le quotient de
A par la relation d’équivalence S telle que aS b ⇔ f (a) = f (b). Soit B0 = f (A). Si ȧ ∈ A/S ,
alors f (a) = f (b), ∀(a, b) ∈ ȧ 2 .
Soit R la surjection canonique de A dans A/S et i l’injection canonique de B’ dans B. Alors,

h̃ : A/S −→ B0
ȧ 7−→ h̃(ȧ) = h(a) si a ∈ ẋ

est une application bijective et l’écriture h = i o h̃oR s’appelle la factorisation de h.

Preuve.
• Pour montrer que h̃ est une application il faut prouver que h̃(ȧ) ne dépend pas du
représentant de la classe ȧ. Étant donnés a, b ∈ A tels que ȧ = ḃ. Alors h(a) = h(b),
d’où
h̃(ȧ) = h(a) = h(b) = h̃(ḃ),
donc
∀(ȧ, ḃ) ∈ (A/S )2 , (ȧ = ḃ) ⇔ (h̃(ȧ) = h̃(ḃ)),
ce qui prouve que h̃ est une application de A\S dans B’.

41
6. RELATION D’ORDRE

• Prouvons que h̃ est bijective. Étant donnés (ȧ, ḃ) ∈ (A/S )2 ,donc

h̃(ȧ) = h̃(ḃ) ⇔ h(a) = h(b)


⇔ aS !b
⇔ ȧ = ḃ

ce qui montre que h̃ est injective. De plus h̃ est surjective par construction.

6 Relation d’ordre
Définition 3.6 [9] Étant donné S une relation binaire sur un ensemble A. On dit que S
est une relation d’ordre si elle est réflexive, antisymétrique et transitive.
On appelle ensemble ordonné un couple (A, S ) où S est une relation d’ordre sur A.
Une relation d’ordre S sur A est dite relation d’ordre total si deux éléments quelconques
a 1 et a 2 sont toujours comparables, c’est à dire si l’on a a 1 S a 2 ou a 2 S a 1 . Dans le cas
contraire, l’ordre est partiel.

Exemple 3.5 • Les relations d’ordre usuelles sur N, Z, Q ou R notées ≤ ou ≥ sont


d’ordre total.
• La relation < utilisée habituellement sur N, Z, Q ou R n’est pas une relation d’ordre
car elle est antisymétrique et transitive mais pas réflexive.
• La relation ⊂ est un ordre partiel sur P (E) lorsque E contient au moins deux éléments.
• La relation de divisibilité sur l’ensemble N est une relation d’ordre partiel car 7 et 8,
par exemple, ne sont pas comparables ( aucun des deux ne divise l’autre).
• Comme la relation de divisibilité définie sur l’ensemble Z n’est pas antisymétrique :
les éléments x et -x se divisent mutuellement, alors la relation n’est pas une relation
d’ordre.

Remarque 3.1 On note souvent une relation d’ordre par le symbole ≤ , qui se lit " inférieur
ou égal", ce qui ne signifie pas forcément que l’on travaille sur N, Z, Q ou R munis de leur
relation d’ordre usuelle.

Définition 3.7 [1], [3], [9] Étant donnés (A, ≤) un ensemble ordonné, A1 une partie de A.
• On dit qu’un élément M ∈ A est un majorant de A1 (ou qu’il majore A1 ) s’il majore
tous les éléments de A1 , autrement dit :

∀a ∈ A1 , a ≤ M.

L’ensemble A1 est dit ensemble majoré.


• On dit qu’un élément m ∈ A est un minorant de A1 (ou qu’il minore A1 ) s’il minore
tous les éléments de A1 , autrement dit :

∀a ∈ A1 , m ≤ a.

L’ensemble A1 est dit ensemble minoré.


• L’ensemble A1 est dit borné s’il est majoré et minoré.
• Lorsque l’ensemble des majorants de A1 possède un plus petit élément, cet élément est
appelé borne supérieure de A et noté sup A1 .
• Lorsque l’ensemble des minorants de A1 possède un plus grand élément, cet élément
est appelé borne inférieure de A1 et noté inf A1 .

42
7. EXERCICES CORRIGÉS

• On dit qu’un élément α ∈ A est le plus grand élément de A1 ( ou maximum de A1 , noté


max A1 ) si et seulement si
α ∈ A1 , ∀a ∈ A1 , a ≤ α.
• On dit qu’un élément β ∈ A est le plus petit élément de A1 ( ou minimum de A1 , noté
min A1 ) si et seulement si
β ∈ A1 , ∀a ∈ A1 , β ≤ a.

Exemple 3.6 • Dans (R, ≤), l’intervalle [3, 8] a pour majorant tout élément de [8, +∞[.
• Dans (P (A), ⊂), la partie {A1 , A2 } est majorée par tout ensemble contenant A1 ∪ A2 .
• Dans N munit de la relation de la divisibilité, les majorants de {8, 12, 18} sont les mul-
tiples de 72.
• Les ensembles N, Z, Q ou R munis de leur relation d’ordre usuelle n’admettent pas
de plus grand élément.
• P (A) possède, pour l’inclusion, un plus grand élément A et un plus petit élément ;.

7 Exercices corrigés
7.1 Exercices sur les relations d’équivalences
Exercice 3.1 Étant donnés H = {a, b, c, d } et L le graphe d’une relation R définie par

L = {(a, c), (c, d ), (a, d ), (b, a), (a, b), (b, b)}.

Étudier la réflexibilité , la symétrie et la transitivité de R.

Solution. Comme les couples (a, a), (c, c), (d , d ) n’appartiennent pas à L, alors R n’est pas
réflexive.
Nous avons à titre d’exemple (c, d ) ∈ L donc cRd mais non d Rc, dans ce cas R n’est pas
symétrique.
Comme
((aRc) et (cRd )) ⇒ aRd ,
et
((bRa) et (aRb)) ⇒ (bRb),
alors R est transitive.

Exercice 3.2 On définit dans ]0, +∞[ la relation S comme suit

a 1 S a 2 ⇔ a 1 ln a 2 = a 2 ln a 1 .

Prouver que S est une relation d’équivalence.

Solution. Nous avons dans ]0, +∞[ ,

ln a 1 ln a 2
a1 S a2 ⇔ = ⇔ h(a 1 ) = h(a 2 ),
a1 a2
ln a
avec h est la fonction de ]0, +∞[ dans R définie parh(a) = a et de classe C ∞ sur son
intervalle de définition.
Par suite, la relation d’équivalence associée à h est S .

43
7. EXERCICES CORRIGÉS

Exercice 3.3 Étant donnée la relation R définie sur R2 par

(a 1 , a 2 )R(a 10 , a 20 ) ⇔ a 1 + a 2 = a 10 + a 20

1) Vérifier que R est une relation d’équivalence.


2) Déterminer la classe d’équivalence du (0,0).
3) On définit l’application
h : R2 −→ R
(a, b) 7−→ a + b.
Prouver que les éléments qui ont des images non identiques par h , ne sont pas équivalents
modulo R et les éléments qui ont des images identiques par h, sont équivalents modulo R
4) Préciser la bijection h 0 qui existe entre l’ensemble quotient R2 /R et R.

Solution. 1) Étant donnés (a, b), (a 0 , b 0 ), (a 00 , b 00 ) des éléments de R2 , on a a+b = a+b autre-
ment dit (a, b)R(a, b) par suite R est réflexive. D’autre part, a +b = a 0 +b 0 ⇒ a 0 +b 0 = a +b,
donc R est symétrique.
((a + b = a 0 + b 0 ) et (a 0 + b 0 = a 00 + b 00 )) ⇒ a + b = a 00 + b 00 , par suite, R est une relation
d’équivalence.
2) L’ensemble
(0, 0) = {(a, b) ∈ R2 : a + b = 0}
est la classe d’équivalence du couple (0,0) n’est autre que l’ensemble des points éxis-
tant sur la deuxième bissectrice du plan xOy.
3) Etant donnés a, b dans R2 . Alors,

aRb ⇔ h(a) = h(b).

4.On note par h 0 l’application qui pour toute classe fait correspondre la somme des com-
posants d’un représentant quelconque de cette classe. On déduit l’injectivité de cette ap-
plication de la troisième question.
D’autre part, en admettant que ( λ2 , λ2 ) ∈ R2 est l’antécédent de λ, avec λ ∈ R, on obtient la
surjectivité de h 0 . Par suite h 0 est bijective.

Exercice 3.4 Étant donné R une relation pré-ordre définie sur un ensemble A , autrement
dit qu’elle est réflexive et transitive et on définit la relation binaire R 0 sur A par

∀(a 1 , a 2 ) ∈ A × A) [a 1 R 0 a 2 ⇔ a 1 Ra 2 et a 2 Ra 1 ].

Prouver que R 0 est une relation d’équivalence.

Solution. Réflexivité : de la réflexivité de R, nous avons pour tout élément a 1 ∈ A, a 1 Ra 1 ,


d’où a 1 R 0 a 1 et donc R 0 est réflexive.
Symétrie : Soient (a 1 , a 2 ) ∈ A × A, tels que a 1 R 0 a 2 ce qui est équivaut à

a 1 Ra 2 et a 2 Ra 1

qu’on peut réécrire en utilisant les propriétés de la conjonction

a 2 Ra 1 et a 1 Ra 2

ce qui signifie a 2 R 0 a 1 .
Transitivité : Soient (a 1 , a 2 , a 3 ) ∈ A × A × A tels que

a1 R 0 a2 et a2 R 0 a3 ,

44
7. EXERCICES CORRIGÉS

ce qui équivaut à
a 1 Ra 2 et a 2 Ra 1
et
a 2 Ra 3 et a 3 Ra 2 .
Comme R est transitive, on obtient

a 1 Ra 3 et a 3 Ra 1

ce qui montre que R 0 est transitive. On en déduit que R 0 est une relation d’équivalence.

7.2 Exercices sur les relations d’ordre


Exercice 3.5 On définit dans N × N la relation < par

∀(x, y) ∈ N2 , ∀(x 0 , y 0 ) ∈ N2 (x, y) < (x 0 , y 0 ) ⇔ x ≤ x 0 et y ≤ y 0 .

1. Vérifier que cette relation est une relation d’ordre. Étudier si l’ordre est total ?
2. Etant donné X = {(6, 7), (7, 8), (8, 6), (8, 7), (8, 9), (9, 8), (9, 9), (10, 10)}. Préciser des minorants
de X, des majorants de X.
Existe il un plus grand élément ? Un plus petit élément ? Une borne supérieure ? Une borne
inférieure ? dans l’ensemble X.

Solution. 1. Soient (x, y) ∈ N2 , on a x ≤ x ety ≤ y, et donc (x, y) < (x, y), d’où la relation <
est réflexive.
Soient (x, y) ∈ N2 , (x 0 , y 0 ) ∈ N2 , on a (x, y) < (x 0 , y 0 ) et (x 0 , y 0 ) < (x, y), donc (x, y) = (x 0 , y 0 ).
Par suite, La relation < est antisymétrique.
Soient (x, y) ∈ N2 , (x 0 , y 0 ) ∈ N2 , (x 00 , y 00 ) ∈ N2 , si (x, y) < (x 0 , y 0 ) et (x 0 , y 0 ) < (x 00 , y 00 ) , de
plus, a ≤ x 0 et x 0 ≤ x 00 , on obtient x ≤ x 00 , puis d’une manière similaire y ≤ y 00 . On trouve
(x, y) < (x 00 , y 00 ). Par conséquent, < est une relation d’ordre.
Cet ordre n’est pas total, car par exemple (6, 7) et (7, 6) ne sont pas comparables pour <.
2. On a tout élément (x, y) de X satisfait (x, y) < (10, 10) et (10, 10) est un élément de X.
Donc, le plus grand élément de X est (10, 10) , il est aussi la borne supérieure de X. Sup-
posons que (x, y) est un minorant de X, de (x, y) < (6, 7), alors x ≤ 6; de (x, y) < (8, 6), on
obtient y ≤ 6; d’où (x, y) < (6, 6).
Inversement, tout élément (x, y) tel que (x, y) < (6, 6) est un minorant de X. Donc, l’en-
semble
Y = {(x, y) ∈ N2 ; x ≤ 6, y ≤ 6}
représente l’ensemble des minorants de X. X n’admet pas de plus petit élément car aucun
élément de X n’appartient à ensemble Y.
La borne inférieure de X est (6, 6) car ce dernier majore Y.

Exercice 3.6 On définit dans N∗ la relation ≤ par

∀a 1 , a 2 ∈ N∗ a 1 ≤ a 2 ⇔ (∃l ∈ N∗ ), a 2 = l .a 1 .

1. Vérifier que ≤ est une relation d’ordre. L’ordre est -il total ?
2. N∗ admet -il un plus grand élément ou un plus petit élément ?

45
7. EXERCICES CORRIGÉS

Solution. 1.i. Réflexivité : pour tout a 1 ∈ N∗ , ∃l ∈ N∗ , l = 1 tel que a 1 = l .a 1 . D’ou

∀a 1 ∈ N∗ , a 1 ≤ a 1 .

Par suite la relation est réflexive.


ii. Antisymétrie : Soient a 1 ∈ N∗ , a 2 ∈ N∗ tels que a 1 ≤ a 2 et a 2 ≤ a 1 .

a 1 ≤ a 2 ∧ a 2 ≤ a 1 ⇔ (∃l ∈ N∗ , a 2 = l .a 1 ) ∧ (∃l 0 ∈ N∗ , a 1 = l 0 .a 2 )
⇒ (∃l ∈ N∗ , a 2 = l .a 1 ) ∧ (∃l 0 ∈ N∗ , a 1 = l 0 .a 2 ) ∧ (a 2 = l .l 0 .a 2 )
⇒ (∃l ∈ N∗ , a 2 = l .a 1 ) ∧ (∃l 0 ∈ N∗ , a 1 = l 0 .a 2 ) ∧ (l .l 0 = 1, car a 2 6= 0)
0 ∗ 0 0
⇒ a2 = a1 car ∀l , l ∈ N , (l .l = 1 ⇒ l = l = 1)

donc
∀a 1 , a 2 ∈ N∗ (a 1 ≤ a 2 ∧ a 2 ≤ a 1 ) ⇒ a 2 = a 1
par suite, la relation est antisymétrique.
iii. Transitivité. Soient a 1 ∈ N∗ , a 2 ∈ N∗ , a 3 ∈ N∗ tels que a 1 ≤ a 2 et a 2 ≤ a 3 .

a 1 ≤ a 2 ∧ a 2 ≤ a 3 ⇔ (∃l ∈ N∗ , a 2 = l .a 1 ) ∧ (∃l 0 ∈ N∗ , a 3 = l 0 .a 2 )
⇒ (∃l 1 ∈ N∗ , l 1 = l 0 l , a 3 = l 1 .a 1 )
⇒ a1 ≤ a3 .

D’où la relation est transitive. On en déduit que la relation est une relation d’ordre.
En considérant a 1 = 7 et a 2 = 8, on remarque que ces deux chiffres ne sont pas compa-
rables ( aucun des deux ne divise l’autre), par suite l’ordre n’est pas total.
2. I. On remarque que
∀a ∈ N∗ , ∃l = a ∈ N∗ , a = l .1
donc
∀a ∈ N∗ , 1 ≤ a.
Dans ce ca, on peut dire que 1 est le plus petit élément de N∗ .
II. Comme
∀a ∈ N∗ , ∃b = 2a ∈ N∗ , a ≤ b.
Donc, N∗ n’a pas de plus grand élément.

Exercice 3.7 On définit la relation S dans R2 par

(a 1 , b 1 )S (a 2 , b 2 ) ⇔ a 1 ≥ a 2 ∧ b 1 ≥ b 2 .

1. Vérifier que S est une relation d’ordre.


2. Étudier la totalité de la relation S sur R2 ?

Solution. 1. Soit (a 1 , b 1 ) ∈ R2 . On a

a1 ≥ a1 ∧ b1 ≥ b1

donc (a 1 , b 1 )S (a 1 , b 1 ). Par suite, S est réflexive.


Étant donnés les deux éléments (a 1 , b 1 ) ∈ R2 , (a 2 , b 2 ) ∈ R2 . On a

(a 1 , b 1 )S (a 2 , b 2 ) ∧ (a 2 , b 2 )S (a 1 , b 1 ) ⇔ [a 1 ≥ a 2 ∧ b 1 ≥ b 2 ] ∧ [a 2 ≥ a 1 ∧ b 2 ≥ b 1 ]
⇒ a1 = a2 ∧ b1 = b2
⇒ (a 1 , b 1 ) = (a 2 , b 2 ).

46
7. EXERCICES CORRIGÉS

d’où la relation est antisymétrique.


Étant donnés (a 1 , b 1 ) ∈ R2 , (a 2 , b 2 ) ∈ R2 , (a 3 , b 3 ) ∈ R2 , car
(a 1 , b 1 )S (a 2 , b 2 ) ∧ (a 2 , b 2 )S (a 3 , b 3 ) ⇔ [a 1 ≥ a 2 ∧ b 1 ≥ b 2 ] ∧ [a 2 ≥ a 3 ∧ b 2 ≥ b 3 ]
⇒ a1 ≥ a3 ∧ b1 ≥ b3
⇒ (a 1 , b 1 )S (a 3 , b 3 ).
D’où, la relation S est d’ordre.
2. S n’est pas totale sur R2 car à titre d’exemple (2, 6) et (8, 5) ne sont pas comparables.
Exercice 3.8 Étant donné B l’ensemble des relations binaires entre éléments d’un ensemble
A et S et S’ deux relations de B. S est dite contenue dans S’ et on note S ⊂ S 0 si
(∀(a, b) ∈ A × A) [aSb ⇒ aS 0 b].
Prouver que la relation (⊂) est une relation d’ordre dans B.
Solution.i. Soient (a, b) ∈ A × A, S ∈ B, on a [aSb ⇒ aSb] donc S ⊂ S. D’où, la relation est
réflexive.
ii. Soient (a, b) ∈ A × A. Supposons S ∈ B, S 0 ∈ B telles que S ⊂ S 0 et S 0 ⊂ S. On a
([aSb ⇒ aS 0 b]et [aS 0 b ⇒ aSb]).
Donc,
(∀(a, b) ∈ A × A) [aSb ⇔ aS 0 b]
donc S = S 0 . Par suite la relation est antisymétrique.
iii. Soient (a, b) ∈ A × A,S ∈ B, S 0 ∈ B et S 00 ∈ B telle que S ⊂ S 0 et S 0 ⊂ S 00 , alors :
(∀(a, b) ∈ A × A) ([aSb ⇒ aS 0 b]et [aS 0 b ⇒ aS 00 b]).
En utilisant la transitivité de l’implication, on obtient
(∀(a, b) ∈ A × A) ([aSb ⇒ aS 00 b]),
autrement dit S ⊂ S 00 . On conclue que la relation d’inclusion (⊂) est une relation d’ordre
dans B.
Exercice 3.9 Étant donnés (A, ≤) un ensemble totalement ordonné et A1 et A2 deux parties
qui possèdent des bornes inférieures et supérieures. Prouver que
1. sup(A1 ∪ A2 ) = max{sup A1 , sup A2 },
2. inf(A1 ∪ A2 ) = min{inf A1 , inf A2 }.
Solution.1. Admettons L = max{sup A, sup B} et l = min{inf A, inf B}. Donc,
∀a(a ∈ (A1 ∪ A2 ) ⇒ [(a ∈ A1 ) ∨ (a ∈ A2 )]
⇒ (a ≤ sup A1 ) ∨ (a ≤ sup A2 )
⇒ (a ≤ L) ∨ (a ≤ L)
⇒ (a ≤ L).
D’où L est un majorant de A1 ∪ A2 .
Il reste à montrer que L est le plus petit des majorants de A1 ∪ A2 . Supposons L0 un majo-
rant de A1 ∪ A2 , alors L0 est un majorant de A1 et de A2 , donc
(sup A1 ≤ L0 ) ∧ (sup A2 ≤ L0 ).
D’où
L = max{sup A1 , sup A2 } ≤ L0
Par suite L = sup(A1 ∪ A2 ).
La démonstration de la deuxième question est similaire.

47
8. EXERCICES PROPOSÉS

8 Exercices proposés
Exercice 3.10 Étudier la réflexibilité, la symétrie et la transitivité des relations suivantes :
1) La relation "⊥" définie sur l’ensemble des droites d’un plan.
2) La relation x 3 + 2x = y 3 + 2y dans l’ensemble Z.

Exercice 3.11 Étant donnée la relation S définie sur R∗+ par

a 1 S a 2 ⇔ a 1 .a 2 > 0.

1. Vérifier que S est une relation d’équivalence.


2. Donner la classe d’équivalence de 10.

Exercice 3.12 Étant donnée S une relation d’équivalence définie sur un ensemble non
vide A. Prouver que l’ensemble quotient A/S est une partition de A.

Exercice 3.13 Considérons (H, ≤) un ensemble totalement ordonné et H1 et H2 deux parties


de H. Supposons que les bornes inférieures et supérieures de H1 et H2 existent. Montrer
1.sup(H1 ∩ H2 ) = min{sup H1 , sup H2 }, 2. max{inf H1 , inf H2 } = inf(H1 ∩ H2 ).

Exercice 3.14 Étant donnés H = {h 1 , h 2 , h 3 , h 4 , h 5 } , S une relation d’ordre définie sur H


telle que
h1 S h2 , h1 S h3 , h1 S h4 , h2 S h5 , h3 S h5
et H1 = {h 2 , h 3 }, H2 = {h 2 , h 4 }, H3 = {h 1 , h 2 , h 5 }.
Trouver l’ensemble des majorants dans H, la borne supérieure et le plus grand élément
de chacune des parties H1 , H2 , H3 s’ils existent.

48
Chapitre 4

Structures algébriques

1 Introduction
Le but de ce chapitre est de définir les structures algébriques usuelles (groupes, an-
neaux, corps). Ces structures sont une formulation des propriétés classiques des ensembles
N, Z, Q, R , C et Rn munis de leurs opérations usuelles + et −, propriétés que nous suppo-
serons connues.
Ce chapitre est basé sur les références ([1],[2],[3], [4], [6], [10],[8], [9], [10], [11], [12]).

2 Lois de composition interne


2.1 Généralités
Définition 4.1 [1], [3], [6],[9], [11] Étant donné A un ensemble non vide. Toute application
de A × A dans A
? : A × A −→ A
(a 1 , a 2 ) 7−→ a 1 ? a 2 .
est appelée loi de composition interne dans A.
Si A1 est un sous ensemble de A satisfaisant

∀a, b, ∈ A1 , a ? b ∈ A1 ,

alors on dit que A1 est stable par rapport à la loi ?.

Exemple 4.1 1. L’addition et la multiplication dans N, Z, Q, R , C.


2. La soustraction dans Z, Q, R , C.
3. La division dans Q∗ , R∗ , R∗+ , C∗ .
4. Si A est un ensemble, alors l’intersection ∩ et la réunion ∪ sont deux lois de composition
internes dans P (A).
5. La composition des applications notée "o" est une loi de composition interne dans l’en-
semble des applications d’un ensemble dans lui même.
6.Dans l’ensemble des entiers naturels impaires, l’addition n’est pas interne en effet : si
a 1 = 2p 1 + 1 et a 2 = 2p 2 + 1 avec (p 1 , p 2 ) ∈ N2 alors, a 1 + a 2 = 2(p 1 + p 2 + 1) n’est pas im-
pair.
7. Considérons la loi ? qui est définie sur N∗ par

a 1 ? a 2 = a 1 + a 2 − 4.

Cette loi n’est pas interne dans N∗ car pour a 1 = a 2 = 2, on obtient a ? a 2 = a 1 +a 2 −4 = 0 ∉ N∗ .

49
2. LOIS DE COMPOSITION INTERNE

Exemple 4.2 Considérons A = {{a 1 , a 2 }, {a 1 , a 3 }, {a 2 , a 3 }} ⊂ P ({a 1 , a 2 , a 3 }). On remarque que

∃A1 = {a 1 , a 2 }, A2 = {a 1 , a 3 }; A1 ∩ A2 = {a 1 } ∉ A et A1 ∪ A2 = {a 1 , a 2 , a 3 } ∉ A

donc A n’est pas stable par rapport à l’intersection et la réunion.

Notation

Les lois de composition sont généralement notées par ⊥, ?,N, >, +, ., o , ...

Définition 4.2 [1], [3], [6],[9], [11] Soient ?, N deux lois de composition internes dans un
ensemble A.
1. ? est dite commutative si et seulement si

∀(a 1 , a 2 ) ∈ A2 , a 1 ? a 2 = a 2 ? a 1 .

2. ? est dite associative si et seulement si

∀(a 1 , a 2 , a 3 ) ∈ A3 , (a 1 ? a 2 ) ? a 3 = a 1 ? (a 2 ? a 3 ).

3. ? est dite distributive par rapport à N si est seulement si

∀(a 1 , a 2 , a 3 ) ∈ A3 , a 1 ? (a 2 Na 3 ) = (a 1 ? a 2 )N(a 1 ? a 3 ).

et
(a 2 Na 3 ) ? a 1 = (a 2 ? a 1 )N(a 3 ? a 1 ).

4. e A ∈ A est dit un élément neutre à gauche de la loi ? si

∀a 1 ∈ A, e A ? a 1 = a 1 ,

e A ∈ A est dit un élément neutre à droite de la loi ? si

∀a 1 ∈ A, a 1 ? e A = a 1 .

Si e A est un élément neutre à droite et à gauche de la loi ? , on dit que e A est un élément
neutre de ?.

Exemple 4.3 1. Dans N, Z, Q, R , C, l’addition est une loi commutative, associative , elle
admet un élément neutre 0.
2. Si A est un ensemble, alors l’intersection ∩ et la réunion ∪ sont deux lois de composition
internes associatives, commutatives dans P (A).
; est l’élément neutre de ∪.
A est l’élément neutre de ∩.
∩ est distributive par rapport à ∪ et ∪ est distributive par rapport à ∩.
3. La soustraction dans C n’est pas commutative.

Proposition 4.1 [3] Étant donnés A un ensemble non vide muni d’une loi interne ?, e 1 un
élément neutre à droite de ? et e 2 un élément neutre à gauche , alors e 1 = e 2 . Dans ce cas, on
dit que e 1 = e 2 est l’élément neutre de ?.

50
2. LOIS DE COMPOSITION INTERNE

Preuve. Supposons que e 1 est un élément neutre à droite de ? et que e 2 un élément neutre
à gauche de ?. Comme e 2 est un élément neutre à gauche de ?, on a

e1 = e2 ? e1

et comme e 1 est un élément neutre à droite de ?, on a

e2 = e2 ? e1.

Alors, e 1 = e 2 .

Remarque 4.1 On déduit de la proposition précédente que la loi ? admet un élément neutre
unique.

Définition 4.3 [1], [3], [6],[9], [11] Soit A un ensemble non vide muni d’une loi interne ?
admettant un élément neutre e A . Un élément a 1 ∈ A est dit un élément symétrisable ( ou
admet un symétrique) s’il existe un élément a 2 dans A vérifiant

a1 ? a2 = a2 ? a1 = e A .

a 2 est appelé le symétrique de a 1 par rapport à ?, noté −a 1 .

Exemple 4.4 1. Dans Z, R , C, chaque élément a 1 admet un symétrique (−a 1 ) pour l’addi-
tion.
2. Dans P (E), toute partie différente de E n’a pas de symétrique pour la loi ”intersection”
car
∀A ∈ P (E), @B ∈ P (E), A ∩ B = E

Remarque 4.2 Le symétrique d’un élément n’est pas toujours unique.

Exemple 4.5 On définit dans l’ensemble A = {α, β, γ} la loi de composition interne par

N α β γ
α α β γ
β β γ α
γ γ α α

On a : 1. α est l’élément neutre de N,


2. α est le symétrique de α,
3. γ est le symétrique de β,
4. β et γ sont des symétriques de γ.

Proposition 4.2 [3] Considérons A un ensemble non vide muni d’une loi interne ? admet-
tant un élément neutre e A telle que cette loi est associative. Supposons que a est un élément
de A symétrisable par ?, alors son symétrique est unique.

Preuve. Soient a ∈ A et a 1 et a 2 sont des symétriques de a. On a

a1 = a1 ? e A
= a 1 ? (a ? a 2 )
= (a 1 ? a) ? a 2
= e A ? a2 = a2 .

51
3. GROUPES

Exemple 4.6 Dans l’exemple 4.5, l’élément γ admet deux symétriques et la loi n’est pas as-
sociative car
(βNβ)Nγ = γNγ = α
et
βN(βNγ) = βNα = β.
On déduit donc que l’associativité de la loi assure l’unicité du symétrique.

3 Groupes
Définition 4.4 [1], [3], [6],[9], [11] Étant donné A un ensemble non vide muni d’une loi
interne ?. (A, ?) est dit un groupe si la loi ? est associative, admet un élément neutre et tout
élément de A admet un symétrique.
Le groupe (A, ?) est dit groupe commutatif ou abélien si la loi ? est commutative.

Exemple 4.7 1. Dans (Z, +), (R, +), (C, +) , (R∗ , ×), (C∗ , ×) sont des groupes abéliens.
2. (N, +) n’a pas une construction d’un groupe.

Définition 4.5 Soit (A, N) est un groupe fini. Alors le cardinal de A est appelé ordre de A.

3.1 Sous groupe


Définition 4.6 [1], [3], [6],[9], [11] Étant donnés (A, N) un groupe et A1 une partie non vide
de A. (A1 , N) est appelé un sous groupe de (A, N) si et seulement si la restriction de la loi de
A à A1 a une structure de groupe dans A1 , autrement dit
1. L’élément neutre de A est un élément de A1 ;
2. Pour tout (a 1 , a 2 ) ∈ A1 2 , (a 1 Na 2 ) ∈ A1 ;
3. Le symétrique de chaque élément de A1 est un élément de A1 .

Exemple 4.8 1. (Z, +) est un sous groupe de (R, +).


2. Supposons que (A, N) est un groupe, alors (A, N) est le plus grand sous groupe de (A, N) et
({e A }, N) est le plus petit sous groupe de (A, N).

Proposition 4.3 [6] Tout sous groupe est un groupe.

Preuve. Étant donné (A1 , N) un sous groupe de (A, N). En utilisant la définition d’un sous
groupe, il suffit de montrer l’associativité de la loi N dans H. Étant donnés a 1 , a 2 et a 3 des
éléments de A1 , et comme ce dernier est une partie de A, alors ses éléments sont aussi des
éléments de A, on a dans ce cas

(a 1 Na 2 )Na 3 = a 1 N(a 2 Na 3 ).

Théorème 4.1 [6] Étant donnés (A, N) un groupe et A1 une partie non vide de A. Alors,
(A1 , N) est un sous groupe de (A, N) si et seulement si ∀(a 1 , a 2 ) ∈ A1 2 , (a 1 N(−a 2 )) ∈ A1 .

Preuve. 1. On suppose que (A1 , N) est un sous groupe de (A, N). Prenons (a 1 , a 2 ) ∈ A1 2 ,
sachant que A1 est un sous groupe alors, (−y) ∈ A1 et en utilisant la stabilité de A1 par la

52
3. GROUPES

loi, on obtient (a 1 N(−a 2 )) ∈ A1 .


D’autre part, si pour tout a 1 , a 2 ∈ A1 , on a

(a 1 N(−a 2 )) ∈ A1 . (4.1)

Il suffit de montrer que


i. e ∈ A1 .
ii. −a 2 ∈ A1 .
iii. (a 1 Na 2 ) ∈ A1 .
i. En remplaçant dans (4.1), a 1 par a 2 on trouve e ∈ A1 .
ii. En remplaçant dans (4.1), a 1 par e, on obtient −a 2 ∈ A1 .
iii. Pour a 1 et −a 2 , on a
(a 1 N(−(−a 2 ))) = (a 1 Na 2 ) ∈ A1 .

Théorème 4.2 (Théorème de Lagrange) [6],[11] Étant donnés (A, ?) un groupe du cardinal
fini. Si (A1 , ?) est un sous groupe de (A, ?), alors le cardinal de A est divisible par le cardinal
de A1 .

Proposition 4.4 [6] Étant donnés (A, N) un groupe et A1 et A2 deux sous groupes de (A, N).
Alors, l’intersection de A1 et A2 muni de la loi N est un sous groupe de (A, N).

Preuve. Montrons que

∀(a 1 , a 2 ) ∈ (A1 ∩ A2 )2 , (a 1 N − a 2 ) ∈ (A1 ∩ A2 ).

Soient a 1 ∈ (A1 ∩ A2 ) et a 2 ∈ (A1 ∩ A2 ).


½
a 1 ∈ A1 et a 1 ∈ A2
a 1 ∈ (A1 ∩ A2 )eta 2 ∈ (A1 ∩ A2 ) ⇒
a 2 ∈ A1 et a 2 ∩ A2 .

Le fait que A1 et A2 sont des sous groupes, alors

(a 1 N(−a 2 )) ∈ A1 et (a 1 N(−a 2 )) ∈ A2 .

D’où, (A1 ∩ A2 , N) est un sous groupe de (A, N).

Remarque 4.3 (A1 ∪ A2 , N) n’est pas nécessairement un sous groupe de (A, N).

Exemple 4.9 Considérons A1 = {4k, k ∈ Z} = 4Z est un sous groupe de (Z, +) et A2 = {5k, k ∈


Z} = 5Z est un sous groupe de (Z, +) donc, d’après la proposition précédente (A1 ∩ A2 , +) est
un sous groupe de (Z, +).
On a 4 ∈ A1 et 5 ∈ A2 , 4 et 5 sont deux éléments de (A1 ∪ A2 ), mais 4 + 5 = 9 ∉ (A1 ∪ A2 ).

3.2 Groupe quotient


Proposition 4.5 [6] Étant donnés (A, ?) un groupe et (A1 , ?) un sous groupe de (A, ?). En
définissant dans A la relation S comme suit

∀(a 1 , a 2 ) ∈ A2 , (a 1 S a 2 ) ⇔ (a 1 ? (−a 2 )) ∈ A1 ,

alors relation est une relation d’équivalence.

53
3. GROUPES

Preuve. 1. La réflexivité de S .
Si a 1 ∈ A, on a a 1 ? (−a 1 ) = e ∈ A1 , donc S est réflexive
2 . La symétrie de S .
Si (a 1 , a 2 ) ∈ A2 ,

a 1 S a 2 ⇔ (a 1 ? (−a 2 )) ∈ A1
⇒ −(a 1 ? (−a 2 ) ∈ A1
⇒ (a 2 ? −a 1 ) ∈ A1
⇒ a2 S a1

3. La transitivité de S .
Si (a 1 , a 2 , a 3 ) ∈ A3 ,

a1 S a2 et a 2 S a 3 ⇒ (a 1 ? (−a 2 )) ∈ A1 et (a 2 ? (−a 3 )) ∈ A1
⇒ ((a 1 ? (−a 2 )) ? (a 2 ? (−a 3 ))) ∈ A1
⇒ (a 1 ? (−a 3 )) ∈ A1
⇒ a1 S a3 .

Remarque 4.4 Pour tout a ∈ A, on a

a = {a 1 ∈ A, a 1 S a}
= {a 1 ∈ A, a 1 ? (−a) ∈ A1 }
= {a 1 ∈ A, ∃h ∈ A1 , h = a 1 ? (−a)}
= {a 1 ∈ A, ∃h ∈ A1 , a 1 = h ? a}
= {h ? a, h ∈ A} = A1 ? a

On peut définir dans l’ensemble quotient A/S = A/A1 la loi interne ? comme suit

a ? b = a ?b

satisfaisant les propriétés suivantes : commutativité, associativité, admet un élément neutre


e et l’inverse de chaque élément a est −a. Par suite (A/A1 , ?) est un groupe commutatif ap-
pelé groupe quotient.

Exemple 4.10 Étant donné m ∈ N∗ ; alors

mZ = {mz, z ∈ Z}

est un sous groupe de Z, et la relation "...est congru à...modulo...m" définie par

(∀(a 1 , a 2 ) ∈ Z2 , a 1 ≡ a 2 [m]) ⇔ m (a 1 − a 2 )

est une relation d’équivalence. La classe d’équivalence d’un élément a 1 ∈ Z est donnée par

a = {a 1 + km, k ∈ Z}.

L’ensemble des classes d’équivalence est donnée par

Z/mZ = {0, 1, 2, ..., n − 1}

54
3. GROUPES

On a (Z/mZ, +) est un groupe commutatif. En effet


1. + est interne dans (Z/mZ).
2. ∀(a 1 , a 2 , a 3 ) ∈ Z3 ,

(a 1 +a 2 )+a 3 = a 1 + a 2 + a 3
= (a 1 + a 2 ) + a 3
= a 1 + (a 2 + a 3 )
= a1 + a2 + a3
= a 1 +(a 2 +a 3 )

Donc + est associative.


3. ∀(a 1 , a 2 ) ∈ Z2 ,

(a 1 +a 2 ) = a 1 + a 2
= a2 + a1
= a 2 +a 1

Donc + est commutative.


4. ∀a 1 ∈ Z,

(a 1 +0) = a 1 + 0
= a1

donc 0 est un élément neutre pour +.


5. ∀a 1 ∈ Z,

(a 1 +−a) = a 1 + (−a)
= 0

donc tout élément de (Z/mZ) admet un élément symétrique −a e pour +. On en déduit que
(Z/mZ, +) est un groupe commutatif.

Exercice 4.1 Déterminer tous les sous groupes de (Z/3Z, +).


On a Z/3 = {0, 1, 2} avec
0 = {3k, k ∈ Z},
1 = {3k + 1, k ∈ Z},
2 = {3k + 2, k ∈ Z}. On peut vérifier que (Z/3Z, +) est un groupe commutatif en utilisant le
tableau de Pythagore

+ 0 1 2
0 0 1 2
1 1 2 0
2 2 0 1

Supposons que A1 est un sous groupe de (Z/3Z, +), d’après le théorème de Pythagore, le
cardinal de A1 divise le cardinal de Z/3Z, c’est à dire que c ar d A1 = 1 ou c ar d A1 = 3. Alors
A1 = {0} ou bien A1 = {0, 1, 2} = Z/3Z.

55
3. GROUPES

3.3 Morphismes de Groupes


Définition 4.7 [6], [11] Étant donnés (A, ?) et (A0 , •) deux groupes. Une application h : A →
A0 est appelée morphisme (ou encore homomorphisme) de groupes si et seulement si

∀a 1 , a 2 ∈ A, h(a 1 ? a 2 ) = h(a 1 ) • h(a 2 ).

Si h est bijective, h est dite un isomorphisme de groupes. Alors, que A est dit isomorphe à A0 ,
ou que A et A0 sont isomorphes.
Si A = A0 , on dit que h est un endomorphisme de A, et si de pus h est bijective, on dit que H
est un automorphisme de groupes de E.

Exemple 4.11 Considérons les deux applications suivantes

h 1 : (R∗+ , .) −→ (R, +)
a 7−→ b = ln a.

h 2 : (R, +) −→ (R∗+ , .)
a 7−→ b = exp a.
Nous avons
ln(a 1 .a 2 ) = ln a 1 + ln a 2
et
exp(a 1 + a 2 ) = exp a 1 . exp a 2
Alors, h 1 et h 2 sont des morphismes.

Proposition 4.6 [3], [6] Étant donnés h : (A, ?) → (A0 , •) un morphisme et e A ∈ A et e A0 ∈ A0


des éléments neutres. Alors,
1. h(e A ) = e A0 .
2. ∀a ∈ A, h(−a) = −h(a).
3. Imh = h(A) est un sous groupe de A’.
4. ker h est un sous groupe de A.

Preuve. 1. Considérons a le symétrique de h(e A ) dans A0 , alors

e A0 = a • h(e A )
= a • h(e A ? e A )
= a • h(e A ) • h(e A )
= e A0 • h(e A )
= h(e A ) car e A0 est l’élément neutre dans A’.

2. Soit a ∈ A, on a

e A0 = h(e A )
= h(a ? (−a))
= h(a) • h((−a))

56
4. ANNEAUX

donc, h(−a) = −h(a).


3. En utilisant la définition de Imh = h(A), on a h(A) 6= ; car ∃e A ∈ A, h(e A ) ∈ h(A). Soient
maintenant (b 1 , b 2 ) ∈ (h(A))2 . On a

(b 1 ∈ h(A)) ⇒ (∃a 1 ∈ A : b 1 = h(a 1 )

et
(b 2 ∈ h(A)) ⇒ (∃a 2 ∈ A : b 2 = h(a 2 ).
Alors

b 1 • (−b 2 ) = h(a 1 ) • (−h(a 2 ))


= h(a 1 ? (−a 2 ))) ∈ h(A).

D’où Imh = h(A) est un sous groupe de A’.


4. ker h = {a ∈ A, h(a) = e A0 } est un ensemble non vide car h(e A ) = e A0 et donc e A ∈ ker h.
Considérons a et a’ deux éléments de ker h, montrons que a ? (−a 0 ) ∈ ker h, il suffit donc
de montrer que h(a ? (−a 0 )) = e A0 . On a

h(a ? (−a 0 )) = h(a) • h(−a 0 )


= h(a) • (−h(a 0 ))
= e A0 • (−e A0 ) = e A0 .

Par suite, ker h est un sous groupe de A.

Exemple 4.12 Considérons l’ application suivante

h : (R2 , +) −→ (R, +)
(a, b) 7−→ h(a, b) = a.

Alors,

ker h = {(a, b) ∈ R2 , h(a, b) = 0}


= {(a, b) ∈ R2 , a = 0}
= {(0, b), b ∈ R}
= {0} × R.

et

Imh = {h(a, b), (a, b) ∈ R2 }


= {a, (a, b) ∈ R2 }
= {a, a ∈ R}
= R.

D’où, ker h et Imh sont deux sous groupes de (R2 , +) et (R, +) respectivement.

4 Anneaux
Définition 4.8 [6] On appelle anneau, tout ensemble H non vide muni de deux lois de com-
position internes + et • telles que
1. (H, +) construit un groupe abélien (on notera 0 ou 0H l’élément neutre de +),

57
4. ANNEAUX

2.• est associative et distributive par rapport à +.

3. La loi • possède un élément neutre dans H.

Si de plus, la loi • est commutative, alors (H, +, •) est dit anneau commutatif.

Exemple 4.13 1. (R, +, .), (C, +, .) représentent des anneaux abéliens.


2. (N, +, .) n’est pas un anneau car il n’est pas un groupe.

Notation

1. L’élément neutre de la loi • dans l’anneau (H, +, •) est noté souvent 1 ou 1H .


2.Dans un anneau, un élément est inversible par rapport à la deuxième loi •, on dit qu’il
est inversible. L’inverse d’un élément a ∈ H est noté a −1 .
3. On note H∗ = H\{0H }.
4. Notons pour tout l ∈ H∗

nl = l + l + ... + l (n termes) si n ∈ N∗ ,

nl = 0 si n = 0,
nl = −((−n) • l ) si n ∈ Z∗ ,
et
l n = l • l • ... • l (n termes).

Calcul dans un anneau

Proposition 4.7 [3], [6] Soit (H, +, •) un anneau, alors pour tous a, b et c dans H, n ∈ Z et
n 0 ∈ Z, on a
1. 0H • a = a • 0H = 0H , on dit que 0H est un élément absorbant pour la loi • dans H.
2. a • (−b) = (−a) • b = −(a • b).
3.1H • (−b) = (−1H ) • b = −b.
4.a • (b − c) = (a • b) − (a • c).
5. (b − c) • a = (b • a) − (c • a).
6. (n + n 0 )a = na + n 0 a.
7. n(−a) = (−n)a = −(na).
8. n(a + b) = na + nb et n(a − b) = na − nb.
9.n(ab) = (na) • b = a • (nb).

Preuve. 1. En utilisant la distributivité de la loi • par rapport à +, on obtient

0H • a = (0H + 0H ) • a = (0H • a + 0H • a)

et comme (0H • a) est un élément symétrisable dans H, on déduit que 0H • a = 0H . De la


même technique, on peut montrer que a • 0H = 0H .
2. Il suffit de montrer que a • (−b) est le symétrique de (a • b). D’après la propriété 1. et la
distributivité de la loi • par rapport à +, on a

a • (−b) + (a • b) = a • (−b + b) = a • 0H = 0H

d’où a • (−b) = −(a • b). D’une manière similaire, on prouve que (−a) • b = −(a • b).
3. Il suffit de remplacer dans la propriété 2. a par1H .

58
4. ANNEAUX

Pour 4. et 5. En utilisant la distributivité de la loi • par rapport à + et la propriété 2. on


peut écrire
a • (b − c) = (a • b) + a • (−c) = (a • b) − (a • c)
et
(b − c) • a = (b • a) + (−c • a) = (b • a) − (c • a).

+ ... + a} = (a + a + ... + a) + (a + a + ... + a) = na + n 0 a.


6. On a (n + n 0 )a = |a + a {z
| {z } | {z }
n+n 0 t er me n t er me n 0 t er me
7. On a

n(−a)+(na) = (−a + (−a) + ... + (−a)) + (a + a + ... + a) = ((−a + a) + (−a + a) + ... + (−a + a)) = 0A
| {z } | {z } | {z }
n t er me n t er me n t er me

D’où n(−a) = −(na). De même pour (−n)a = −(na).


8. En utilisant la commutativité de la loi +, on obtient

n(a + b) = (a + b) + (a + b) + ... + (a + b) = (a + a + ... + a) + (b + b + ... + b) = na + nb


| {z } | {z } | {z }
n t er me n t er me n t er me

et

n(a−b) = (a − b) + (a − b) + ... + (a − b) = (a + a + ... + a) + (−b + (−b) + ... + (−b)) = na+n(−b)


| {z } | {z } | {z }
n t er me n t er me n t er me

et d’après la propriété 7, on obtient

n(a − b) = na − nb.

9. L’égalité n(ab) = (na) • b est vraie si n = 0, vu 1, elle est vraie si n > 0 par distributivité.
Si n < 0, soit k = −n. Alors na = −(ka), donc (na)b = (−(ka))b = −((ka)b), puis (na)b =
−(k(ab)) = (−k)(ab) = n(ab). De même pour a(nb) = n(ab).

4.1 Diviseur de zéro


Définition 4.9 [3], [6] Soient (H, +, •) un anneau et a 1 ∈ H.
1. a 1 est un diviseur de zéro à gauche si et seulement si a 1 6= 0H et ∃a 2 ∈ H tel que a 2 6= 0H et
a 1 • a 2 = 0H .
2. a 1 est un diviseur de zéro à droite si et seulement si a 1 6= 0H et ∃a 3 ∈ H tel que a 3 6= 0H et
a 3 • a 1 = 0H .
3.a 1 est un diviseur de zéro si et seulement si a 1 6= 0H et a 1 est un diviseur de zéro à gauche
et à droite dans H.

Remarque 4.5 Dans un anneau commutatif, tout diviseur de zéro à gauche est un diviseur
de zéro à droite.

Définition 4.10 [3], [6] Un anneau (H, +, •) est dit intègre s’il est un anneau commutatif
distinct de {0H } et n’admet aucun diviseur de zéro.

Exemple 4.14 1. (Z, +, .) , (Q, +, .), (R, +, .) et (C, +, .) sont des anneaux intègres.
2. (R2 , +, •) où + est l’addition habituelle et • est la multiplication produit définie par (a, b)•
(a 0 , b 0 ) = (aa 0 , bb 0 ) n’est pas intègre, comme (0, 1) • (1, 0) = (0, 0).

59
4. ANNEAUX

4.2 Sous anneau


Définition 4.11 [1], [3] Soient (H, +, •) un anneau, et H1 une partie non vide de H. On dit
que (H1 , +, •) est un sous anneau de (H, +, •) si et seulement si
1. (H1 , +) est un sous groupe de (H, +)
2. Pour tout (a 1 , a 2 ) ∈ H1 2 , (a 1 • a 2 ) ∈ H1 ;
3. 1H est un élément de H1 .

Exemple 4.15 1. (Z, +, .) est un sous anneau de (R, +, .) .


2. (nZ, +, .) est un sous anneau de (Z, +, .).

Proposition 4.8 [1], [3] Soient (H, +, •) un anneau, et H1 une partie non vide de H. (H1 , +, •)
est un sous anneau de (H, +, •) si et seulement si
1. ∀(a 1 , a 2 ) ∈ H1 2 , (a 1 − a 2 ) ∈ H1 ,
2. ∀(a 1 , a 2 ) ∈ H1 2 , (a 1 • a 2 ) ∈ H1 ,
3. 1H ∈ H1 .

Preuve. ⇒) En utilisant la définition d’un sous anneau , on obtient 1., 2., 3.


⇐) Supposons que les propriétés 1., 2., 3 sont vérifiées. Alors,

0H = (1H − 1H ) ∈ H

∀a ∈ H1 , −a = (0H − a) ∈ H1
et
∀(a, b) ∈ H1 2 , a + b = a + (−b) ∈ H1 .
On en déduit que (H1 , +, •) est un sous anneau de (H, +, •).

4.3 Morphismes d’anneaux


Définition 4.12 [1], [3] Soient (H, +, •) et (H0 , F, N) deux anneaux. Une application h : H →
H0 est appelée morphisme (ou encore homomorphisme) d’anneaux si et seulement si
1. ∀a 1 , a 2 ∈ H, f (a 1 + a 2 ) = f (a 1 )F f (a 2 ),
2. ∀a 1 , a 2 ∈ H, f (a 1 • a 2 ) = f (a 1 )N f (a 2 ),
3. f (1H ) = 10H .

Les morphismes d’anneaux de (H, +, •) dans (H0 , +, •) sont en particulier des morphismes
de groupes de (H, +) dans (H0 , +). Ils en ont toutes les propriétés et on utilise la même
terminologie : isomorphisme, endomorphisme et automorphisme.
Exemple 4.16 L’application
h 1 : (R, +, .) −→ (R, +, .)
a 7−→ h(a) = 0.
on remarque qu’on a pas l’égalité h(1) = 1. Donc h 1 n’est pas un morphisme d’anneaux.
Et l’application
h 2 : (Z, +, .) −→ (Z, +, .)
a 7−→ h 2 (a) = a.
est l’unique endomorphisme de Z, car h 2 est un endomorphisme, on a h 2 (1) = 1 ce qui en-
traine par récurrence :
∀m ∈ Z+ , h 2 (m) = m
puis
∀m ∈ Z− , h 2 (m) = −h 2 (−m) = −(−m) = m

60
5. CORPS

4.4 Anneau quotient Z/nZ


Proposition 4.9 [1], [3] (Z/nZ, +, .) est un anneau commutatif où

a+b = a + b

et
a . b = a.b

Preuve. D’après ce qui précède, on sait que (Z/nZ, +) est un groupe commutatif.
1. . est interne dans (Z/nZ).
2. ∀(a 1 , a 2 , a 3 ) ∈ Z3 ,

(a 1 .a 2 ).a 3 = a 1 .a 2 . a 3
= (a 1 .a 2 ).a 3
= a 1 .(a 2 .a 3 )
= a 1 . a 2 .a 3
= a 1 .(a 2 .a 3 )

Donc . est associative.


3. ∀(a 1 , a 2 ) ∈ Z2 ,

(a 1 .a 2 ) = a 1 .a 2
= a 2 .a 1
= a 2 .a 1

Donc . est commutative.


4. ∀a 1 ∈ Z,

(a 1 .1) = a 1 .1
= a1

donc 1 est un élément neutre pour ..


5. ∀(a 1 , a 2 , a 3 ) ∈ Z3 ,

a 1 .(a 2 + a 3 ) = a 1 . . (a 2 + a 3 )
= a 1 .(a 2 + a 3 )
= (a 1 .a 2 ) + (a 1 .a 3 )
= (a 1 .a 2 ) + a 1 .a 3
= a 1 .a 2 +a 1 .a 3 )

Donc . est distributive sur +. On en déduit que(Z/nZ, +, .) est un anneau commutatif.

5 Corps
Définition 4.13 [1], [3], [6] On appelle corps, tout ensemble M muni de deux lois de com-
position internes + et • telles que
1. (M, +, •) est un anneau non réduit à {0M } tel que tous ses éléments non nuls sont inver-
sibles, autrement dit

61
6. SOUS CORPS

1. (M, +, •) est un anneau ,


2. 0M 6= 1M ,
3. Tout élément de M − {0M } a un inverse pour • dans M.

Dans le cas où la loi • est abélienne, alors (M, +, •) est appelé corps abélien.

Exemple 4.17 1. (R, +, .), (C, +, .) sont des corps abéliens.


2. (Z, +, .) n’est pas un corps car seuls 1 et -1 sont inversibles.

Proposition 4.10 [1], [3], [6] Chaque corps commutatif est un anneau intègre.

Preuve. Étant donnés (M, +, •) un corps abélien et a 1 ∈ M, a 2 ∈ M tels que a 1 6= 0. Montrons


que
(a 1 • a 2 ) = 0 ⇒ a 2 = 0.
En effet

(a 1 • a 2 ) = 0 ⇒ a 1 −1 • (a 1 • a 2 ) = a 1−1 • 0
⇒ (a 1 −1 • a 1 ) • a 2 = 0
⇒ 1M • a 2 = 0
⇒ a 2 = 0.

D’où, M est intègre.

Remarque 4.6 La réciproque de cette proposition n’est vraie en général.

Exemple 4.18 (Z, +, .) est intègre mais n’est pas un corps.

6 Sous corps
Définition 4.14 [1], [3], [6] Étant donnés (M, +, •) un corps, et M’ une partie non vide de M.
On dit que (M0 , +, •) est un sous corps de (M, +, •) si et seulement si
1. (M0 , +, •)) est un sous anneau de (M, +, •).
2. Pour tout x ∈ M0 − {00M }, x −1 ∈ M0 .

On a aussi la caractérisation suivante des corps.

Définition 4.15 Étant donnés (M, +, •) un corps et M’ une partie non vide de K. On dit que
(M0 , +, •) est un sous corps de (M, +, •) si et seulement si
1. ∀(a, b) ∈ M02 , (a − b) ∈ M0 ,
2. ∀(a, b) ∈ M02 , (a • b) ∈ M0 ,
3. 1M ∈ M0 .
4. Pour tout x ∈ M0 − {00M }, x −1 ∈ M0 .

Proposition 4.11 [1], [3], [6] Soit m ∈ Z. Les trois propriétés suivantes sont équivalentes :
1. m est premier.
2.(Z/mZ, +, .) est un corps commutatif.
3. (Z/mZ, +, .) est un anneau intègre.

62
7. EXERCICES CORRIGÉS

Preuve. Considérons m premier et a 2 ∈ Z/mZ − {0}, ∃a 1 ∈ Z tel que a 2 = a 1 et a 1 6= 0 donc


m n’est pas un diviseur de a 1 et puisque m est premier donc m ∧ a 1 = 1. Donc, a 1 est
inversible dans Z/mZ. Par suite, Z/mZ est un corps. Donc, 1. ⇒ 2.
Supposons que M est un corps commutatif et (a 1 , a 2 ) ∈ M2 , a 1 a 2 = 0 et a 1 6= 0 alors, a 2 =
a 1 −1 (a 1 a 2 ) = 0. D’où, tout corps commutatif est un anneau intègre.
Pour montrer que 3. ⇒ 1. en utilisant la contraposée, montrons que si m n’est pas premier
alors Z/mZ n’est pas intègre . Si m n’est pas premier alors il existe (a 1 , a 2 ) ∈ N2 tels que a 1
et a 2 sont non nuls et m = a 1 a 2 , 1 < a 1 < m et 1 < a 2 < m d’où a 1 a 2 = 0 avec a 1 6= 0 et a 2 6= 0.

7 Exercices corrigés
7.1 Groupes
Exercice 4.2 Considérons la loi • définie sur] − 1, 1[ comme suit
a +b
∀a, b ∈] − 1, 1[, a • b = .
1 + ab
Prouver que (] − 1, 1[, •) est un groupe abélien.

Solution. 1. • est-elle une loi de composition interne dans ] − 1, 1[ ?


Soient a, b ∈] − 1, 1[, alors
(|a| < 1) ∧ (|b| < 1)
d’où
|ab| = |a||b| < 1
donc
1 + ab > 1 − |ab| > 0.
Par suite
|a+b|
|1+ab|
<1 ⇔ |a + b| < |1 + ab|
⇔ |a + b| < 1 + ab car1 + ab > 0
⇔ −(1 + ab) < a + b < 1 + ab
⇔ (a + b − 1 − ab < 0) et (a + b + 1 + ab > 0)
⇔ ((1 − b)(a − 1) < 0) et ((1 + b)(a + 1) > 0)
puisque −1 < a, b < 1, alors

((1 − b > 0) ∧ (a − 1 < 0)) et ((1 + b > 0) ∧ (a + 1 > 0))

donc
((1 − b)(a − 1) < 0) et ((1 + b)(a + 1) > 0),
d’où • est une loi de composition interne dans ] − 1, 1[.
2. • est -elle commutative ?
En utilisant la commutativité de l’addition et de la multiplication dans R, on a
a +b b+a
∀a, b ∈] − 1, 1[, a • b = = = b • a.
1 + ab 1 + ba
Ce ci prouve que • est commutative.
3. • est -elle associative ?
Soient a, b, c ∈] − 1, 1[, alors
(a • b) + c
(a • b) • c =
1 + (a • b)c

63
7. EXERCICES CORRIGÉS

a+b
( 1+ab )+c
= a+b
1 + ( 1+ab )c
a+b+c(1+ab)
1+ab
= 1+ab+ac+bc
1+ab
et on a
a + (b • c)
a • (b ? c) =
1 + a(b • c)
b+c
a + ( 1+bc )
= b+c
1 + a( 1+bc )
a(1+ab)+b+c
1+bc
= 1+bc+ac+bc
1+bc
a + b + c(1 + ab)
=
1 + ab + ac + bc
En comparant les deux résultats, on trouve

∀a, b, c ∈] − 1, 1[, (a • b) • c = a • (b • c).

Par suite • est associative.


4. • admet elle un élément neutre ?
Soit e ∈ R, alors

( e élément neutre de •) ⇔ (∀a ∈] − 1, 1[, a • e = e • a = a)

la commutativité • et
a+e
a •e = a ⇔ 1+ae =a
⇔ a + e = a + a2e
⇔ e = a2e
⇔ e(1 − a 2 ) = 0
. ⇔ (e = 0) ∨ (a = ±1)
on obtient e = 0 ∈] − 1, 1[ est l’élément neutre de •.
5. Tout élément de ] − 1, 1[ est - il symétrisable ?
Soient a ∈] − 1, 1[ et a ∈ R alors
0
a+a
a • a 0 = e ⇔ 1+aa 0 =0

⇔ a + a0 = 0
⇔ a 0 = −a.

En utilisant la commutativité de •, on obtient tout élément a ∈] − 1, 1[ est symétrisable et


son symétrique est a 0 = −a ∈] − 1, 1[.
On déduit que (] − 1, 1[, •) est un groupe commutatif.

Exercice 4.3 Définissons la loi de composition interne • dans un ensemble A dont l’élément
neutre noté e A . Démontrer les propriétés suivantes
1. e A admet un seul symétrique e A .
2. Étant donné a 1 un élément symétrisable dans A par la loi •. Si a 1 admet un symétrique
a 2 , alors ce dernier est aussi symétrisable et son symétrique est a 1 .

64
7. EXERCICES CORRIGÉS

Solution. Supposons que a 1 ∈ A, alors

(a 1 est un symétrique de e A ) ⇔ (e A • a 1 = a 1 • e A = e A )
⇔ a1 = e A .

D’où le symétrique de e A est lui même et est unique.


2. Supposons que a 1 ∈ A est un élément symétrisable par rapport à la loi • et son symé-
trique est a 2 ∈ A. Donc,
a1 • a2 = a2 • a1 = e A
par suite a 2 est symétrisable par rapport à la loi • et que a 1 est un symétrique de a 2 .

Exercice 4.4 Étant donnée ? une loi de composition interne associative dans un ensemble
A dont l’élément neutre est e A . Considérons a 1 et a 2 deux éléments de A symétrisables. Dé-
montrer que la composition de a 1 et a 2 par la loi ? l’est aussi et

−(a 1 ? a 2 ) = −a 2 ? (−a 1 ).

Solution. Étant donnés (a 1 , a 2 ) ∈ A2 deux éléments symétrisables. En utilisant l’associati-


vité de ?, on a

(a 1 ? a 2 ) ? (−a 2 ? (−a 1 )) = (a 1 ? (a 2 ? (−a 2 ))) ? (−a 1 )


= (a 1 ? e A ) ? (−a 1 )
= a 1 ? (−a 1 )
= e A.

D’une manière similaire, on montre que

((−a 2 ) ? (−a 1 )) ? (a 1 ? a 2 ) = e A .

D’où on déduit que


−(a 1 ? a 2 ) = (−a 2 ) ? (−a 1 ).

Exercice 4.5 Étant donnés (A, N) un groupe et A1 et A2 deux sous groupes de (A, N). Prouver
que (A1 ∪ A2 , N) est un sous groupe de (A, N) si et seulement si A1 ⊂ A2 ou A2 ⊂ A1 .

Solution. 1. ⇐) Supposons que A1 NA2 alors, A1 ∪ A2 = A1 . Supposons maintenant que


A2 NA1 alors A1 ∪ A2 = A2 , et donc dans les deux cas, on obtient (A1 ∪ A2 , N) est un sous
groupe de (A, N).
2. ⇒) Supposons que (A1 ∪ A2 , N) est un sous groupe de (A, N) et que A1 * A2 et montrons
que A2 ⊂ A1 . On a
(A1 * A2 ) ⇒ (∃a 1 ∈ A1 )et (a 1 ∉ A2 ).
Soit a 2 ∈ A2 , alors a 2 = a 2 Ne = (a 2 Na 1 )N(−a 1 ). Comme (A1 ∪ A2 , N) est un sous groupe , on
déduit que
(a 2 Na 1 ) ∈ (A1 ∪ A2 ).
Puisque (a 2 Na 1 ) ne peut pas être dans A2 car (a 1 ∉ A2 ), donc (a 2 Na 1 ) ∈ A1 , par suite a 2 ∈
A1 , d’où A2 ⊂ A1 .

65
7. EXERCICES CORRIGÉS

Exercice 4.6 Considérons (A, ?) et (A0 , •) deux groupes et h : A → A0 un morphisme de groupes


avec e A ∈ A et e A0 ∈ A0 les éléments neutres. Prouver que les deux propriétés suivantes sont
équivalentes
1. h est injective.
2. ker h = {e A }.
De même pour les deux propriétés suivantes
1. h est surjective.
2. Imh = A0 .

Solution.1. Supposons que h est injectif et montrons que ker h = {e A }. Comme ker h est un
sous groupe, alors il est clair que {e A } ⊂ ker h. Soit a ∈ ker h.

a ∈ ker h ⇒ h(a) = e A0
⇒ h(a) = h(e A )
⇒ a = eA car h est injective.

D’où ker h ⊂ e A , donc ker h = {e A }.


D’autre part, si ker h = {e A }. Soient (a, b) ∈ A2 tels que h(a) = h(b).

h(a) = h(b) ⇒ h(a) • (−h(b)) = e A0


⇒ h(a) • (h(−b)) = e A0
⇒ h(a ? (−b)) = e A0
⇒ a ? (−b) ∈ ker h
⇒ a ? (−b) = e A
⇒ a = b.

D’où h est injective.


2. Supposons que h est surjective et montrons que Imh = A0 . On a Imh ⊂ A0 . Il suffit de
montrer que A0 ⊂ Imh. Soit a 2 ∈ A0 .

a 2 ∈ A0 ⇒ ∃a 1 ∈ A, a 2 = h(a 1 ) car h est surjective


⇒ a 2 = h(a 1 ) ∈ Imh.

Par suite, Imh = A0 .


D’autre part, supposons que Imh = A0 et montrons que h est surjective. Soit a 2 ∈ A0 = Imh.
D’après la définition de Imh, on a

a 2 ∈ A0 = Imh ⇒ ∃a 1 ∈ A, a 2 = h(a 1 )
d’où la surjectivité de h.

Exercice 4.7 Étant donné (E, ?) un groupe, pour tout a ∈ E, on note f a : E → E l’application
définie par :
f a (x) = a ? x ? (−a).

a. Prouver que f a est un automorphisme de E.


b. Prouver que ∀(a, b) ∈ E2 , f a o f b = f a ?b .

Solution. Soient (x, y) ∈ E2 ,

f a (x ? y) = a ? (x ? y) ? (−a) = (a ? x ? (−a)) ? (a ? y ? (−a)) = f a (x) ? f a (y)

66
7. EXERCICES CORRIGÉS

d’où f a est un endomorphisme de E.


Soit x ∈ E,on a

( f a o f −a )(x) = f a ((−a) ? x ? a) = a ? ((−a) ? x ? a) ? (−a) = x

et
( f −a o f a )(x) = f −a (a ? x ? (−a)) = (−a) ? (a ? x ? (−a)) ? a = x,
donc
f a o f −a = f −a o f a = Id E ,
donc f a est bijectif de réciproque f −a . Ainsi, f a est un automorphisme de groupe E.
b. Soient (a, b) ∈ E2 , on a pour x ∈ E,

( f a o f b )(x) = f a (b ? x ? (−b))
= a ? (b ? x ? (−b) ? (−a)
= (a ? b) ? x ? (−b ? (−a))
= (a ? b) ? x ? (−(a ? b))
= f (a ?b) (x).

d’où : f a o f b = f (a ?b) . On en déduit que l’application a 7→ f a est un morphisme du groupe


E dans le groupe des automorphismes de E( muni de la loi o).

Exercice 4.8 1. Montrer par un exemple qu’il existe un groupe A qui contient un ensemble
A1 de cardinal infini, stable pour la loi de A mais A1 n’est un sous groupe de A.
2. Soit A un groupe. Prouver que si A1 est un sous ensemble non vide de cardinal fini et
stable pour la loi de groupe A, alors A1 est un sous-groupe de A.

Solution.1. Considérons A = Z et A1 = N pour la loi d’addition.


2. si A1 est un sous ensemble non vide de cardinal fini et stable pour la loi de groupe A,
alors si a 1 est un élément de A1 , a 1 n est un élément de A1 , pour n ≥ 1. Par suite {a 1 n , n ∈
N∗ } est un ’ensemble inclus dans A et donc est de cardinal fini. Il existe donc n ≥ 1 tel que
a 1 n = e A . D’autre par, comme A1 est un sous groupe, il contient e A et l’inverse de a 1 . Par
suite, A1 est un sous groupe de A.

7.2 Anneaux
Exercice 4.9 Étant donnés (H, +, •) un anneau vérifiant pour tout élément a dans H est
idempotent c’est-à-dire
a2 = a • a = a

1.Prouver que pour tout a dans H, on a a + a = 0H et que H est abélien.


2. Prouver que (a 1 • a 2 ) • (a 1 + a 2 ) = 0A sachant que a 1 et a 2 sont deux éléments de H. Que
peut-on conclure dans le cas où A est intègre ?

Solution.1. Considérons a 1 ∈ A, on a

a1 + a1 = (a 1 + a 1 )2
= a 1 + a 1 ) • (a 1 + a 1 )
= a1 2 + a1 2 + a1 2 + a1 2 par la distributivité de la loi • sur +
= a1 + a1 + a1 + a1 .

67
7. EXERCICES CORRIGÉS

D’où a 1 + a 1 = 0A et a 1 = −a 1 .
Soient a 1 ∈ A, a 2 ∈ A,
a1 + a2 = (a 1 + a 2 )2
= (a 1 + a 2 ) • (a 1 + a 2 )
= a1 2 + a1 • a2 + a2 • a1 + a2 2 par la distributivité de la loi • sur +
= a1 + a1 • a2 + a2 • a1 + a2 .
ce qui donne
a 1 • y + y • a 1 = 0A
et comme a 1 = −a 1 , on obtient
a1 • a2 = a2 • a1 .
A est bien commutatif.
2. Soient a 1 et a 2 deux éléments de A. On a

(a 1 •a 2 )•(a 1 +a 2 ) = (a 1 •a 2 )•a 1 +(a 1 •a 2 )•a 2 = (a 1 •a 2 )•a 1 +a 1 •a 2 2 = a 1 2 •a 2 +a 1 •a 2 2 = a 1 •a 2 +a 1 •a 2 = 0A d

Supposons que A contient deux éléments a 1 , a 2 différents de 0A . Puisque a 1 6= a 2 , on


trouve a 1 6= −a 2 donc a 1 + a 2 6= 0A . Si A est intègre, alors A possède au plus deux éléments,
donc (a 1 • a 2 ) • (a 1 + a 2 ) 6= 0, c’est une contradiction . D’où si A est intègre, alors A admet
au plus deux éléments.
Exercice 4.10 Étant donné (H, +, •) un anneau. On appelle le centre de H l’ensemble C des
éléments c de H tels que pour tout élément h de H, on ait c.h = h.c c’est à dire

C = {c ∈ H, ∀h ∈ H : c.h = h.c}.

Justifier que C est un sous anneau de H.


Solution. Puisque pour tout élément h de H, on a 0H •h = h •0H = 0A , on a donc, l’élément
neutre 0H de la loi + est un élément de C et C est non vide. Il reste à montrer que si h et h 0
sont deux élément de C, il en est de même de h − h 0 et de h • h 0 . Considérons h et h 0 deux
éléments de C et h" un élément de H. On a h" • (h − h 0 ) = h" • h − h" • h 0 et comme h et h 0
appartiennent à C donc h" • h = h • h" et h" • h 0 = h 0 • h", d’où

h" • (h − h 0 ) = h • h" − h 0 • h" = (h − h 0 ) • h"

ce qui prouve que (h − h 0 ) ∈ C. On calcul h" • (h • h 0 ). Considérons h" un élément quel-


conque de H ; en utilisant l’associativité de la loi •, on peut écrire h"•(h •h 0 ) = (h"•h)•h 0 ,
or h" • h = h • h" car h ∈ C ; donc (h" • h) • h 0 = (h • h") • h 0 mais (h • h") • h 0 = h • (h" • h 0 ) et
h" • h 0 = h 0 • h" car h 0 ∈ C, donc (a • h") • h 0 = (h • h 0 ) • h" d’où h" • (h • h 0 ) = (h • h 0 ) • h", par
suite (h • h 0 ) ∈ C et C est un sous-anneau de H.
Exercice 4.11 Considérons (H, +, •) un anneau intègre. Prouver que tout élément inversible
à droite dans H est inversible à gauche.
Solution. Soit h un élément de H admettant un inverse à droite, il existe alors h 0 ∈ H tel
que h • h 0 = 1H . On a

(h 0 • h − 1H ) • h 0 = (h 0 • h) • h 0 − h 0 = h 0 − h 0 = 0H .

Comme h • h 0 = 1H , on a h 0 6= 0H car sinon on aurait 0H = 1H et l’anneau H est réduit à {0H }.


Du fait que (h 0 •h−1H )•h 0 = 0H et h 0 6= 0H dans un anneau intègre, on obtient h 0 •h−1H = 0A ,
soit h 0 h = 1H .
h admet donc aussi un symétrique à gauche.

68
7. EXERCICES CORRIGÉS

Exercice 4.12 Étant donnés (H, +, •) un anneau et h 1 et h 2 deux éléments de H. Supposons


que 1H est le neutre de la deuxième loi de H et que h 1 , h 2 , h 1 • h 2 − 1H sont inversibles dans
H.
a) Notons h = h 1 •h 2 −1H . Montrer que h 1 −h 2 −1 est inversible dans H et que (h 1 −h 2 −1 )−1 =
h 2 • h −1 .
b) On note h 00 = h 1−1 −(h 1 −h 2 −1 )−1 . Vérifier que h” est inversible dans H et que h"−1 = −h•h 1 .

Solution. a) On a
h 1 − h 2 −1 = (h 1 • h 2 − 1) • h 2 −1 = h • h 2 −1 .

Puisque h et h 2 −1 sont inversibles dans H, donc h • h 2 −1 l’est aussi dans H, d’où h 1 − h 2 −1


est inversible dans H et

(h 1 − h 2 −1 )−1 = (h • h 2 −1 )−1 = (h 2 −1 )−1 • h −1 = h 2 • h −1 .

b) On a
h" = h 1−1 − (h 1 − h 2 −1 )−1 = h 1 −1 − h 2 • h −1 = (h 1 −1 • h − h 2 ) • h −1
d’où
h" = h 1 −1 • (h − h 1 • h 2 ) • h −1 = h 1 −1 • ((h 1 • h 2 − 1) − h 1 • h 2 ) • h −1
ce qui donne
h" = h 1 −1 (−1)h −1 = −h 1 −1 • h −1 .

Puisque h 1 −1 et h −1 sont inversibles dans H, alors, h 1 −1 • h −1 l’est aussi dans H, donc h"
est inversible dans A et : On a

h"−1 = (−h 1 −1 • h −1 )−1 = −(h 1 −1 • h −1 )−1

donc
h"−1 = −(h −1 )−1 • (h 1 −1 )−1 = −h • h 1

7.3 Corps
Exercice 4.13 Montrer que le corps des rationnels Q contient un seul sous-corps qui est lui-
même.

Solution. Supposons que M est un sous-corps.


Il est est clair que M contient les éléments neutres 0Q et 1Q de l’addition et de la multipli-
cation.
Par la stabilité de l’addition, on peut dire que N ⊂ K car tout entier naturel non nul m =
1 + ... + 1 appartient aussi à M. Donc
Sachant que (M ,+) est un groupe, alors pour tout entier naturel m, son symétrique −m ∈
M. D’où Z ⊂ M.
Étant donné h = hh21 un rationnel avec h 2 6= 0. Comme h 1 et h 2 appartiennent au corps M,
alors r = h 1 × h 2 −1 ∈ M. Donc Q ⊂ M. Comme M ⊂ Q, on obtient donc que M = Q.

Exercice 4.14 Étant donné (H, +, •) un anneau intègre fini quelconque. Prouver qu’il défi-
nit un corps.

69
7. EXERCICES CORRIGÉS

Solution. Considérons (H, +, •) un anneau intègre fini, h ∈ H − {0H }. Du fait que H est in-
tègre, les applications
h a : H −→ H
a 1 7−→ h a (a 1 ) = a • a 1 .
et
h a0 : HA −→ H
a 1 7−→ h a0 (a 1 ) = a 1 • a.
sont injectives, en effet ∀(a 1 , a 2 ) ∈ H2 ,

h a (a 1 ) = h a (a 2 ) ⇔ a • a1 = a • a2
⇔ a • (a 1 − a 2 ) = 0
⇔ a1 − a2 = 0
⇒ a1 = a2 .

d’une manière similaire pour h a0 . Sachant que H est fini, alors h a et h a0 sont bijectives. De
plus, il existe (a 3 , a 4 ) ∈ H2 tel que h a (a 3 ) = 1H et h a0 (a 4 ) = 1H , c’est à dire tel que a • a 3 = 1H
et a 4 • a = 1H . On a
a 4 = a 4 • (a • a 3 ) = a 4 • a • a 3 = a 3 .
Par suite
∀a ∈ H − {0H }, ∃a 3 ∈ H, a • a 3 = a 3 • a = 1H .
Tout élément de H − {0H } admet un inverse, on déduit que H est un corps.

Exercice 4.15 Étant donné M l’ensemble des complexes de type z = n + i .m ou n ∈ Q et


m ∈ Q.
1. Prouver que (M, +) est un groupe commutatif.
2. Prouver que (M∗ , .) est un groupe commutatif.
3. En déduire que (M, +, .) est un corps commutatif.

Solution.1. Puisque 0 est un élément neutre de Q alors 0 = (0 + i .0) ∈ M.


Étant donné (z 1 , z 2 ) ∈ M2 , montrons que (z 1 − z 2 ) ∈ M. On a z 1 = n 1 + i .m 1 et z 2 = n 2 + i .m 2
avec n 1 , n 2 , m 1 et m 2 sont des éléments de Q et

z 1 − z 2 = (n 1 + i .m 1 ) − (n 2 + i .m 2 ) = ((n 1 − n 2 ) + i .(m 1 − m 2 )) ∈ M

car (n 1 −n 2 ) ∈ Q et (m 1 −m 2 ) ∈ Q. Par suite, (M, +) est un sous groupe commutatif de (C, +)


et donc est un groupe commutatif .
2. On a 1 = (1 + i .0) ∈ M car 1 ∈ Q et 0 ∈ Q.
Soient z 1 , z 2 deux éléments de M∗ , montrons que (z 1 .z 2−1 ) ∈ M∗ . On a z 1 = n 1 + i .m 1 et
z 2 = n 2 + i .m 2 avec n 1 , n 2 , m 1 et m 2 sont des éléments de Q∗ , et

n 1 + i .m 1
z 1 .z 2−1 =
n 2 + i .m 2
(n 1 + i .m 1 )(n 2 − i .m 2 )
=
n 22 + m 22
n 1 .n 2 + m 1 .m 2 n 2 .m 1 − n 1 .m 2
= +i.
n 22 + m 22 n 22 + m 22
Utilisant le fait que à !
n 1 .n 2 + m 1 .m 2
∈Q
n 22 + m 22

70
8. EXERCICES PROPOSÉS

et à !
n 2 .m 1 − n 1 .m 2
∈ Q,
n 22 + m 22
on obtient (z 1 .z 2−1 ) ∈ M∗ et comme la multiplication est commutative dans C donc (M∗ , .)
est un sous groupe commutatif de (C, +) et donc est un groupe commutatif .
3. Sachant que la multiplication est distributive par rapport à l’addition dans C,on en dé-
duit que (M, +, .) est un corps commutatif.

8 Exercices proposés
Exercice 4.16 Considérons A = C × R muni de la loi interne N définie comme suit : pour
tout (r, t ), (r 0 , t 0 ) dans A par

(r, t )N(r 0 , t 0 ) = (r + r 0 , t + t 0 + Im(r r 0 )).

Prouver que (A, N) est un groupe. Est-il commutatif ?

Exercice 4.17 Étant donné (H, •) un groupe. Soit H1 ⊂ H, on note H0 = {x ∈ H, ∀a ∈ H1 , a •


x = x • a}, prouver que (H0 , •) représente un sous groupe de (H, •).

Exercice 4.18 Justifier qu’il n’existe pas un isomorphisme entre les deux groupes (Z, +) et
(Z2 , +) .

Exercice 4.19 Étant donné (L, +, •) un anneau commutatif. On dit qu’un élément l ∈ L est
nilpotent s’il existe n ∈ N tel que l n = 0.
1. Vérifier que, si l ∈ L est nilpotent, alors 1L − l est inversible.
2. Vérifier que si l ∈ L et l 0 ∈ L sont nilpotents, alors l l 0 et l + l 0 le sont aussi.
p
Exercice 4.20 Considérons H = {h 1 + h 2 6, h 1 , h 2 ∈ Z}.
1. Vérifier que (H, +, ×) est un sous anneau de (R, +, ×). p p
2. Étant donnée l’application h : H → H telle que h(m + n 6) = h 1 − h 2 6. Prouver que h
est un automorphisme de l’anneau (H, +, ×).
3. Pour tout h 0 ∈ A, on pose H0 (h 0 ) = h 0 .h(h 0 ). Montrer que H0 est une application de H dans
Z qui est un morphisme pour la multiplication.
4. Vérifier que h 0 estpun élément inversible de H si et seulement si H0 (h 0 ) = ±1.
5. Justifier que 5 + 2 6 admet un inverse dans H et préciser son inverse.

71
Chapitre 5

Anneaux de polynômes

1 Introduction
L’objectif de ce chapitre est de rappeler la construction de l’anneau des polynômes.
Ce chapitre est basé sur les références ([2],[4], [6], [7],[8], [9], [10], [11], [12]).

2 Polynôme
Définition 5.1 [6], [10], [11] Étant donner (P, +, .) un anneau commutatif et (b i )i ∈N une
suite d’éléments de P nuls sauf un nombre fini b 0 , b 1 , b 2 , b 3 , ..., b n−1 , b n . Toute écriture de
la forme P = b 0 + b 1 X + b 2 X 2 + b 3 X 3 + ... + b n−1 X n−1 + b n X n est appelée un polynôme à une
indéterminée, à coefficients dans P.

Notations

[6], [10], [11]


1. Les scalaire (b i )i ∈N de P sont appelés les coefficients du polynôme P.

2. Le plus grand indice n tel que b n 6= 0 est appelé degré de P, noté deg P et le terme b n X n
est appelé terme dominant de P et b n est appelé coefficient dominant de P.

2. On convient de noter deg P = −∞ pour le polynôme nul (dont les coefficients sont tous
nuls).

3. L’anneau commutatif (P[X], +, .) représente l’ensemble des polynômes à une indéter-


minée X, à coefficients dans P.

4. L’ensemble des polynômes à une indéterminée X de degré inférieur ou égal à n est


noté Pn [X].

5. La fonction polynôme (ou bien polynomiale) d’une variable X associé au polynôme


P = b 0 + b 1 X + b 2 X 2 + b 3 X 3 + ... + b n−1 X n−1 + b n X n dans Pn [X] est la fonction P̃ : P → P défi-
nie par :X 7→ P̃(X) = b 0 + b 1 X + b 2 X 2 + b 3 X 3 + ... + b n−1 X n−1 + b n X n .

72
2. POLYNÔME

2.1 Opérations dans (P[X], +, .)


[6], [10] Étant donnés deux polynômes P1 = b 0 +b 1 X+b 2 X 2 +b 3 X 3 +...+b n−1 X n−1 +b n X n
et P2 = b 00 + b 10 X + b 20 X 2 + b 30 X 3 + ... + b n−1
0
X n−1 + b n0 X n de P[X]. Alors
1. Égalité

P1 = P2 si et seulement si b i = b i0 pour tout i ∈ N.


2. Somme de deux polynômes

P1 +P2 = (b 0 +b 00 )+(b 1 +b 10 )X+(b 2 +b 20 )X 2 +(b 3 +b 30 )X 3 +...+(ab n−1 +b n−1


0
)X n−1 +(b n +b n0 )X n

3.Produit de deux polynômes

b i b 0j ) + ( b i b 0j )X + ( b i b 0j )X 2 + ... + ( b i b 0j )X n
X X X X
P1 .P2 = (
i + j =0 i + j =1 i + j =2 i + j =n

4. Multiplication d’un polynômes par un scalaire Si λ est un scalaire et P = b 0 + b 1 X +


b 2 X 2 + b 3 X 3 + ... + b n−1 X n−1 + b n X n est un polynôme, alors λP est un polynôme tel que le
i-ème coefficient est λb i .
5. P1 et P2 dans P[X] sont dits associés s’il existe λ ∈ P inversible tel que P1 = λP2 .
p
Exemple 5.1 1. P1 = X 4 − 7X + 2 est un polynôme unitaire de degré 4 dans R[X].
2. P2 = 4 est un polynôme constant de degré 0.
3. P3 = (8 + i )X + 9 est un polynôme dans C[X].
4. P4 = 3X 4 −X 3 +2 est un polynôme de degré 4 dont le terme dominant est 3X 4 et le coefficient
dominant est 3 dans R[X]. Alors
p
6P1 = 6X 4 − 42X + 6 2

et p
P1 + P4 = 4X 4 − X 3 − 7X + 2 + 2.

Proposition 5.1 [6], [10] Étant donnés P1 et P2 deux polynômes non nuls de P[X]. Alors

deg(P1 + P2 ) ≤ max(deg P1 , deg P2 )

et
deg(P1 .P2 ) ≤ deg P1 + deg P2 .
Dans le cas où P est intègre, alors

deg(P1 .P2 ) = deg P1 + deg P2

Preuve. Supposons que n 1 = deg P1 et n 2 = deg P2 , alors

P1 = b 0 + b 1 X + b 2 X 2 + b 3 X 3 + ... + b n1 −1 X n1 −1 + b n1 X n1 ,

et
P2 = b 00 + b 10 X + b 20 X 2 + b 30 X 3 + ... + b n0 2 −1 X n2 −1 + b n0 2 X n2 .
1. On a

P1 + P2 = (b 0 + b 00 ) + (b 1 + b 10 )X + ... + (b min(n1 ,n2 ) + b min(n


0
1 ,n 2 )
)X min(n1 ,n2 ) +

73
3. DIVISIBILITÉ DANS L’ANNEAU DE POLYNÔMES

0
... + (b max(n1 ,n2 ) + b max(n 1 ,n 2 )
)X max(n1 ,n2 ) + (b max(n1 ,n2 )+1 + b max(n
0
1 ,n 2 )+1
X max(n1 ,n2 )+1 + ...
avec b i + b i0 = 0, ∀i > max(n 1 , n 2 ) car b i = 0, b i0 = 0. Par conséquent,

max(n
X1 ,n2 )
P1 + P2 = (b i + b i0 )X i
i =0

D’où, deg(P1 + P2 ) ≤ max(deg P1 , deg P2 ).


2. On a

b i b 0j )+( b i b 0j )X+( b i b 0j )X 2 +...+( b i b 0j )X n1 +n2 −1 +b n1 b n0 2 X n1 +n2 .


X X X X
P1 .P2 = (
i + j =0 i + j =1 i + j =2 i + j =n 1 +n 2 −1

Par suite, P1 .P2 est un polynôme de degré inférieur ou égale à n 1 + n 2 . On a donc bien
deg(P1 .P2 ) ≤ deg P1 + deg P2 .
Si l’anneau est intègre, alors b n1 b n0 1 6= 0 et dans ce cas, on obtient deg(P1 .P2 ) = n 1 + n 2 =
deg P1 + deg P2 .

Remarque 5.1 Par convention, on a pour tout n ∈ N, n + (−∞) = (−∞) + n = (−∞) donc
pour le cas particulier P1 = 0 on a P1 .P2 = 0 alors (−∞) = (−∞) + deg P2 , ce qui démontre la
proposition.

Proposition 5.2 [6], [10] P[X] est un anneau intègre si (P, +, .) est un anneau intègre.

Preuve. Supposons que P1 .P2 = 0. Donc deg(P1 .P2 ) = deg(0) = −∞. Par suite

deg P1 + deg P2 = −∞.

Alors deg P1 = −∞ ou deg P2 = −∞, d’où P1 = 0 ou P2 = 0.

3 Divisibilité dans l’anneau de polynômes


Dans tous ce qui suit , désigne un anneau commutatif intègre.

Définition 5.2 [7], [11] Soient P1 et P2 deux polynômes de P[X]. On dit que P1 est divisible
par P2 s’il existe P3 ∈ P[X] tel que P1 = P3 .P2

Remarque 5.2 1. On dit aussi que P1 est multiple de P2 , ou que P2 est un diviseur de P1 ou
encore P2 divise P1 .
2. Si P2 divise P1 , alors deg P2 ≤ deg P1 .

Exemple 5.2 1. Chaque polynôme non nul vérifie P1 divise P1 , 1 divise P1 et P1 divise 0.

2. Le polynôme X 4 + 5X 3 + 12X 2 + 19X − 7 est divisible par le polynôme X 2 + 3X − 1 , en effet

X 4 + 5X 3 + 12X 2 + 19X − 7 = (X 2 + 2X + 7)(X 2 + 3X − 1).

74
3. DIVISIBILITÉ DANS L’ANNEAU DE POLYNÔMES

3.1 Division euclidienne dans l’anneau de polynômes


Théorème 5.1 [7], [11] Étant donnés P1 et P2 deux polynômes de P[X]. Si le coefficient du
terme dominant de P2 est inversible dans P, alors il existe deux polynômes (P3 , P4 ) ∈ P[X]2
tel que
P1 = P2 .P3 + P4 et deg P4 < deg P2 .

Preuve. On décompose la preuve en deux étapes : la preuve de l’existence et la preuve de


l’unicité, qui se fait par l’absurde.
1. Unicité On démontre l’unicité par l’absurde.
Étant donnés (P3 , P4 ) ∈ P[X]2 et (P30 , P40 ) ∈ P[X]2 vérifiant les conditions du théorème.
Donc, P1 = P2 .P3 + P4 et P1 = P2 .P30 + P40 avec deg P4 < deg P2 et deg P40 < deg P2 . Ce qui
donne
P2 .(P3 − P30 ) = P4 − P40 .
Supposons que P3 6= P30 , puisque P[X] est intègre, P2 .(P3 − P30 ) et P4 − P40 sont différents de
zéro.
Cela implique :deg(P4 − P40 ) = deg(P2 .(P3 − P30 )) = deg(P2 ) + deg(P3 − P30 ).
Par suite : deg(P4 − P40 ) ≥ deg(P2 )
Or, le polynôme P4 − P40 est différent de zéro, l’un au moins des deux polynômes P4 ou
P4 est différent de zéro et on a donc en utilisant les propriétés deg P4 < deg P2 et (deg P40 <
0

deg P2 ) : deg(P4 − P40 ) < deg(P2 ) .


D’où la contradiction.
On en déduit que P3 = P30 et par conséquent P4 = P40 .
2. Existence La preuve donnée se base essentiellement sur le lemme suivant.

Lemme 5.1 [7],[11] Étant donnés P1 et P2 deux polynômes non nuls de P[X] . Supposons
que
P1 = a 0 + a 1 X + a 2 X 2 + a 3 X 3 + ... + a n1 −1 X n1 −1 + a n1 X n1 ,
et
P2 = a 00 + a 10 X + a 20 X 2 + a 30 X 3 + ... + a n0 2 −1 X n2 −1 + a n0 2 X n2
an
avec n 1 ≥ n 2 et a n1 et a n0 2 6= 0. Donc, le polynôme P3 = P1 − bn1 X n1 −p P2 est soit de degré
2
strictement inférieur au degré de P1 , soit nul, .

La méthode de démonstration de l’existence est basée sur une démonstration par récur-
rence.
Étant donnés P1 et P2 deux polynômes de P[X] , avec P2 non nul ; soit n 2 le degré de
P2 .
Premier cas : P1 = 0
On a P1 = 0P2 + 0 , avec P1 = 0 et donc il existe des polynômes P3 et P4 satisfaisant les
conditions de la division euclidienne (le quotient P3 et le reste P4 sont tous les deux égaux
au polynôme nul). La propriété est donc vraie dans ce cas.
Deuxième cas : On considère que les polynômes P1 sont différents de zéro.
En faisant une preuve par récurrence sur le degré des polynômes.
Supposons Hn1 la propriété : L’identité de la division est satisfaite pour tout polynôme
P1 de degré inférieur ou égal à n 1 .
Montrons que pour tout entier n 1 supérieur ou égal à n 2 −1 , on a la propriété (Rappel :
n 2 est le degré de P2 )
Étape 1 : Preuve de Hn2 −1

75
3. DIVISIBILITÉ DANS L’ANNEAU DE POLYNÔMES

Supposons que deg P1 ≤ n 2 − 1 , alors l’identité de la division euclidienne est satisfaite


avec Q = 0 et R = P1 car on a P1 = 0P2 + P1 et deg P1 ≤ deg P2 .
Étape 2 : Preuve de Hn1 ⇒ Hn1 +1 .
Considérons P1 un polynôme de degré inférieur ou égal à n 1 + 1. S’il est de degré infé-
rieur ou égal à n 1 , l’utilisation de la propriété Hn1 donne le résultat. Il suffit donc d’étudier
le cas où P1 est de degré exactement égal à n 1 + 1 .
Considérons P1 de degré égal à n 1 + 1 différent de P[X] . Supposons que

P1 = a 0 + a 1 X + a 2 X 2 + a 3 X 3 + ... + a n1 −1 X n1 −1 + a n1 X n1 + a n1 +1 X n1 +1 ,

avec a n1 +1 6= 0.
Puisque deg P2 = n 2 , alors P2 = a 00 + a 10 X + a 20 X 2 + a 30 X 3 + ... + a n0 2 −1 X n2 −1 + a n0 2 X n2 avec
a n0 2 6= 0.
a n1 +1 n +1−n
En utilisant le lemme démontre que le polynôme P3 = P1 − a n0 2
X 1 2P
2 n’admet
plus de terme de degré n 1 + 1 ; il est soit un polynôme nul, soit à un polynôme de degré
inférieur ou égal à n 1 .
Alors on a, pour les polynômes P3 et n 1 , l’identité de la division euclidienne.
Il existe donc Q1 et R1 tel que :P3 = P2 .Q1 + R1 , avec deg R1 < deg P2 .
D’où :
a n +1
P1 = [ 10 X n1 +1−p + Q1 ]P2 + R1
a n2
avec deg R1 < deg P2 .
Ceci est l’identité de la division euclidienne pour les polynômes P1 et P2 avec :
a n1 +1
Q= X n1 +1−n2 + Q1
a n0 2
et R = R1

Exemple 5.3 1. En effectuant la division euclidienne de P1 = 2X 3 − X 2 − 2X + 1 par le poly-


nôme X 2 + X + 1 dans R[X], on obtient le quotient Q = 2X − 3 et le reste R = −X + 4.
On écrit dans ce cas 2X 3 − X 2 − 2X + 1 = (X 2 + X + 1)(2X − 3) − X + 4
2. En effectuant la division euclidienne de P = i X 3 −X 2 +1−i par le polynôme (1+i )X 2 −i X+3
dans C[X], on obtient le quotient Q = 1+i 2 X+
−1+2i
2 et le reste R = −5−4i 5−8i
2 X+ 2 .

Dans la partie qui suit, on considère (P, +, .) un corps commutatif.


Définition 5.3 [6], [7] Étant donnés P1 , P2 , ..., Pn n polynômes de P[X].
1.Le plus grand diviseur commun pgcd
Il existe un unique polynôme unitaire ou nul A de plus grand degré divisant tous les poly-
nômes Pi , autrement dit
n
Pi P[X] = A.P[X].
X
i =1
Ce polynôme est appelé le plus grand diviseur commun de la famille P1 , P2 , ..., Pn et noté
pg cd (P1 , P2 , ..., Pn ) ou bien P1 ∧ P2 ∧ ... ∧ Pn .
2.Le plus petit commun multiple ppcm
Étant donnés P1 , P2 , ..., Pn n polynômes de P[X]. Il existe un unique polynôme unitaire ou
nul B tel que :
le polynôme B est un multiple des polynômes P1 , P2 , ..., Pn ,
chaque polynôme multiple de P1 , P2 , ..., Pn est un multiple de B, autrement dit

∩ni=1 Pi .P[X] = B.P[X].

76
3. DIVISIBILITÉ DANS L’ANNEAU DE POLYNÔMES

On le note ppcm(P1 , P2 , ..., Pn ) ou bien P1 ∨ P2 ∨ ... ∨ Pn , c’est le plus petit commun multiple
des polynômes (P1 , P2 , ..., Pn ).

Caractérisation du pgcd et du ppcm

Théorème 5.2 [6], [7] Étant donnés P1 , P2 , ..., Pn n polynômes de P[X].


1. A = pg cd (P1 , P2 , ..., Pn ) si et seulement si A est unitaire ou nul et
i. ∀i ∈ {1, ..., n}, A divise p i ,
ii. ∀i ∈ {1, ..., n}, (A0 divise p i ) ⇒ (A’ divise A).
2.B = ppcm(P1 , P2 , ..., Pn ) si et seulement si B est unitaire ou nul et
i. ∀i ∈ {1, ..., n}, p i divise B,
ii. ∀i ∈ {1, ..., n}, (p i divise B0 ) ⇒ (B divise B0 ).

Remarque 5.3 [7] Étant donnés Q1 , Q2 , ..., Qn n polynômes de P[X]. Alors, on a les proprié-
tés suivantes :
1. Pour tout α1 , α2 , ..., αn

ppcm(α1 Q1 , α2 Q2 , ..., αn Qn ) = ppcm(Q1 , Q2 , ..., Qn )


et

pg cd (α1 Q1 , α2 Q2 , ..., αn Qn ) = pg cd (Q1 , Q2 , ..., Qn ).

2. ∀l ∈ {1, ..., n}, on a

ppcm(Q1 , Q2 , ..., Qn ) = ppcm(ppcm(Q1 , Q2 , ..., Ql ), ppcm(Ql +1 , Ql +2 , ..., Qn ))

et
pg cd (Q1 , Q2 , ..., Qn ) = pg cd (pg cd (Q1 , Q2 , ..., Ql ), pg cd (Ql +1 , Ql +2 , ..., Qn )).

3.2 Algorithme d’Euclide


[7], [10] Pour chercher le pgcd de deux polynômes il suffit d’utiliser l’algorithme d’Eu-
clide qui est une succession de divisions euclidiennes.
Étant donnés P1 et P2 deux polynômes de P[X]. Pour chercher le pgcd(P1 , P2 ), il suffit
d’effectuer la division euclidienne de P1 par P2 pour obtenir un reste R1 tel que

P1 = P2 Q1 + R1 avec deg R1 < deg P2 .

Si le reste R1 n’est pas nul, on divise P2 par R1 et on obtient

P2 = R1 Q2 + R2 avec deg R2 < deg R1 .

Si le reste R1 n’est pas nul, on recommence la division à chaque étape et on continue ainsi
jusqu’à ce que l’on obtienne un reste nul.

Le pgcd de P1 et P2 est le dernier reste non nul. On obtient les résultats suivant

P1 = P2 Q1 + R1 avec deg R1 < deg P2 ,

P2 = R1 Q2 + R2 avec deg R2 < deg R1 ,


R1 = R2 Q3 + R3 avec deg R3 < deg R2 ,

77
3. DIVISIBILITÉ DANS L’ANNEAU DE POLYNÔMES

..
.
Rk−2 = Rk−1 Qk + Rk avec deg Rk < deg Rk−1 ,
Rk−1 = Rk Qk+1
et
pg cd (P1 , P2 ) = pg cd (P2 , R1 ) = pg cd (R1 , R2 ) = ... = pg cd (Rk , 0) = Rk .

Exemple 5.4 Trouvons pgcd(A,B) avec

A = X 5 − 4X 4 + 6X 3 − 6X 2 + 5X − 2

et
B = X 4 + X 3 + 2x 2 + X + 1.
En utilisant l’algorithme d’Euclide, on divise A par B, on obtient

A = B(X − 5) + (9X 3 + 2X 2 + 9X + 3).

On divise ensuite B par le reste obtenu R1 = 9X 3 + 2X 2 + 9X + 3. On écrit donc


1 2 2
B = R1 ( X) + ( X 3 + X 2 + X + 1)
9 3 3
et
2 2
R1 = ( X 3 + X 2 + X + 1)(2X 3 + 3X 2 + 2X + 3) + X 2 + 1.
3 3
Donc
pg cd (A, B) = X 2 + 1.

3.3 Polynômes premiers entre eux


Définition 5.4 [6], [7], [11] Étant donnés R1 , R2 , ..., Rn n polynômes de P[X]. Alors
1. Si
pg cd (R1 , R2 , ..., Rn ) = 1
alors, on dit que R1 , R2 , ..., Rn sont premiers entre eux.
2. Si
pg cd (Ri , R j ) = 1 i 6= j i , j ∈ {1, 2, ..., n},
on dit que R1 , R2 , ..., Rn sont deux à deux premiers entre eux.

Théorème 5.3 Théorème de Bézout [6],


Étant donnés R1 , R2 , ..., Rn n polynômes de P[X]. Les polynômes R1 , R2 , ..., Rn sont premiers
entre eux si et seulement s’il existent des polynômes V1 , V2 , ..., Vn tels que
n
X
Ri Vi = 1.
i =1

Preuve. ⇒) Supposons que R1 , R2 , ..., Rn sont premiers entre eux , alors pg cd (R1 , R2 , ..., Rn ) =
1 et ni=1 Ri P[X] = 1.P[X]. Ceci nécessite l’existence des polynômes V1 , V2 , ..., Vn tels que
P

n
X
Ri Vi = 1.
i =1

⇐) Si ni=1 Ri Vi = 1. Donc, chaque diviseur commun des polynômes Ri divise 1, par suite
P

pg cd (R1 , R2 , ..., Rn ) divise 1, ce qui implique que pg cd (R1 , R2 , ..., Rn ) = 1.

78
3. DIVISIBILITÉ DANS L’ANNEAU DE POLYNÔMES

Exemple 5.5 Montrons que les polynômes P1 = X 4 +1 et P2 = X 3 −1 sont premiers entre eux.
En utilisant l’algorithme d’Euclide, on obtient

P1 = XP2 + (X + 1)

P2 = (X + 1)(X 2 − X + 1) + (−2)
1
X + 1 = (−2)(− X) + 1
2
−2 = −2(1) + 0.
D’où pg cd (P1 , P2 ) = 1.

Théorème 5.4 Théorème de Gauss [6],[9]


Étant donnés P1 , P2 , P3 trois polynômes de P[X]. Si P1 divise P2 .P3 et P1 et P2 sont premiers
entre eux alors P1 divise P3 .

Preuve. Les polynômes P1 et P2 étant premiers entre eux, il existe donc U1 et U2 tels que
U1 .P1 + U2 .P2 = 1. On déduit
U1 .P1 .P3 + U2 .P2 .P3 = P3 .
Par suite le polynôme P1 divise U1 .P1 .P3 + U2 .P2 .P3 . D’où P1 divise P3 .

Proposition 5.3 [6] Étant donnés P1 , P2 , ..., Pn , P,Q,R des éléments de P[X], m 1 et m 2 ∈ N.
Alors
1. Si ∀i ∈ {1, 2, ..., n}, pg cd (Pi , P) = 1, alors
n
Y
pg cd ( Pi , P) = 1.
i =1

2. Si ∀i ∈ {1, 2, ..., n}, pg cd (Pi , P) = 1, alors


n
α
Y
pg cd ( Pi i , P) = 1.
i =1

quels que soient les entiers αi , i ∈ {1, 2, ..., n}.


3. Si pg cd (Q, R) = 1, alors pg cd (Qm1 , Rm2 ) = 1.
4. pg cd (P, Q).ppcm(P, Q) = λ.P.Q pour un certain λ ∈ P.
5. Si P, Q, R sont des polynômes tels que P et Q sont premiers entre eux et P divise R et Q divise
R alors P.Q divise R.

Preuve. 1. ∀i ∈ {1, 2, ..., n}, pg cd (Pi , P) = 1 , alors on peut trouver des polynômes U, Ui , i ∈
{1, 2, ..., n} tels que
U.P + Ui .Pi = 1, ∀i ∈ {1, 2, ..., n}.
Alors
n
Y
(U.P + Ui .Pi ) = 1
i =1

d’où P et ni=1 Pi sont premiers entre eux.


Q

2. En utilisant la récurrence dans la première propriété, on obtient le résultat.


3. C’est un résultat qui découle de la propriété précédente.
4. Soit D = pg cd (P, Q) et M = ppcm(P, Q). Par le théorème de Bézout, il existe (u, v) ∈ P[X]2
tel que U.P + V.Q = D. En multipliant cette égalité par M, on obtient M.U.P + M.V.Q =
D. Puisque M est un multiple de Q alors P.M est aussi un multiple de P.Q. D’autre part,

79
3. DIVISIBILITÉ DANS L’ANNEAU DE POLYNÔMES

puisque M est un multiple de P alors Q.M est un multiple de P.Q. Alors D.M est un mul-
tiple de P.Q.
D’après les propriétés des multiples des polynômes, on peut trouver un scalaire λ non nul
tel que D.M = λ.P.Q.
5. P et Q sont premiers entre eux, alors par le théorème de Bézout, il existe deux poly-
nômes U1 et U2 dans P[X] tels que P.U1 + Q.U2 = 1. D’où,

R = P.U1 .R + Q.U2 .R.

Or il existe deux polynômes U10 et U20 dans P[X] tels que R = U10 .P et R = U20 .Q. Donc, on a

R = P.U1 .U20 .Q + Q.U2 .U10 .P = P.U1 .U20 .Q + Q.U2 .U10 .P = P.Q(U1 .U20 + U2 .U10 )

d’où le résultat.

Définition 5.5 Polynôme irréductible [6], [7], [9]


Un polynôme P de P[X] est dit polynôme irréductible (ou premier) dans P[X] si deg P ≥ 1
et s’il n’est divisible que par les polynômes associés à P et à 1, c’est à dire que P soit une
constante et que pour tout (P1 , P2 ) ∈ P[X]2 , on ait

P = P1 .P2 ⇒ (deg P1 = 0 ou deg P2 = 0)

Exemple 5.6 1. Chaque polynôme de degré 1 est irréductible, car le produit de deux poly-
nômes non constants est au moins de degré 2.
2. Le polynôme P = X 2 + 2X − 3 est un polynôme réductible car il est divisible par deux poly-
nômes irréductibles X − 1 et X + 3 dans R[X] et dans ce cas , P = (X − 1)(X + 3).
3. Q = X 2 + 1 est irréductible dans R[X] car on ne peut pas l’écrire comme produit de deux
polynômes de degré 1 à coefficients dans R.

Proposition 5.4 [9] Tous les polynômes de degré 1 dans C[X] sont irréductibles.

Preuve. Il est clair que tout polynôme de degré 1 est irréductible. De plus, en utilisant le
théorème de d’Alembert qui nous informe qu’un polynôme non constant est scindé sur
C[X], autrement dit produit de polynômes de degré 1. Par suite, tout polynôme de degré
inférieur ou égale 2 est réductible.

Remarque 5.4 1. Chaque polynôme de degré 1 est irréductible de R[X], de même pour les
polynômes de degré 2 dont le discriminant est strictement négatif.
Si p est un polynôme irréductible dans P[X] ne l’est pas forcément dans P0 [X] où P[X] est un
sous corps de P0 [X] . Par exemple, P = X 2 + 9 est irréductible dans R[X], mais pas dans C[X]
puisque P = (X − 3i )(X + 3i ).

Proposition 5.5 [9]


1. Tout polynôme R irréductible est premier avec tous les polynômes qu’il ne divise pas.
2. Un polynôme irréductible R divise un produit ni=1 Ri si et seulement si R divise l’un des
Q

facteurs Ri .

Preuve. Étant donnés R et R1 , R2 , ..., Rn des polynômes de P[X].


1. On sait que les diviseurs communs à R et à un polynôme R’ sont des diviseurs de R, donc
sont, soit constants, soit associés à R. Par suite, si R ne divise pas R’, les seuls diviseurs
commun à R et R’ sont les constantes.
2. Supposons que R ne divise aucun des facteurs Ri , dans ce cas R est premier avec chacun
d’entre eux et alors avec le produit ni=1 Ri , d’où R n’est pas un diviseur de ce produit. La
Q

réciproque est évidente.

80
3. DIVISIBILITÉ DANS L’ANNEAU DE POLYNÔMES

3.4 Décomposition d’un polynôme en facteurs irréductibles


Proposition 5.6 [9] Tout polynôme non constant de P[X] se décompose d’une façon unique
comme produit d’un scalaire par un produit de polynômes irréductibles unitaires de P[X].

Preuve. Existence En utilisant une démonstration par récurrence, on prouve pour n ≥ 1


la propriété An :" chaque polynôme non constant de P[X] de degré inférieur ou égal à n
peut se décomposer sous forme d’un produit de polynômes irréductibles."
-A1 est vérifiée puisque chaque polynôme de degré 1, étant irréductible, est un produit
d’un seul polynôme irréductible.
- On suppose que An est vraie. Étant donné R un polynôme de degré n + 1.
• Si R est irréductible, alors c’est un produit d’un seul polynôme irréductible.
• Dans le cas inverse, il existe deux polynômes non constants R’ et R” tels que R = R0 .R00
et donc il est évident que R’ et R” ont des degrés strictement inférieurs à celui de R
et l’on peut leur appliquer l’hypothèse de récurrence, ce qui donne une décompo-
sition de R en un produit de polynômes irréductibles.
Pour obtenir la décomposition annoncée, il suffit de mettre en facteur les coefficients do-
minants de chaque polynôme irréductible.
Unicité Étant donné R = α.R1 .R2 ....Rk une telle décomposition d’un polynôme R. Donc, le
scalaire α représente le coefficient dominant de R. D’autre part, tout polynôme irréduc-
tible unitaire Ri est un diviseur R et inversement si un polynôme irréductible unitaire Q
est un diviseur de R, alors c’est un diviseur de l’un des Ri alors, ils sont égaux puisqu’il
s’agit de deux irréductibles unitaires. Les facteurs de cette décomposition sont donc tous
les diviseurs irréductibles unitaires de R. Supposons donc deux décompositions de R que
l’on peut donc écrire
λ λ λ
R = α.R1 1 .R2 2 ...Rr r ,
avec les Ri sont irréductibles unitaires et deux à deux différents.
Si, pour un entier i , on a αi 6= βi , par exemple λi < βi , alors on a
Y λj βi −λ j Y βi
R j = Ri Rj
j 6=i j 6=i

Q λj
et donc Ri divise j 6=i R j , ce qui est une contradiction car Ri est premier avec R j si j 6= i .
Par suite, ∀i , λi = βi , d’où l’unicité de la décomposition.
Exemple 5.7 Le polynôme X 4 − 1 se décompose en facteurs irréductibles dans R[X] comme
suit
X 4 − 1 = (X 2 − 1)(X 2 + 1) = (X − 1)(X + 1)(X 2 + 1)
et dans C[X] comme suit

X 4 − 1 = (X 2 − 1)(X 2 + 1) = (X − 1)(X + 1)(X + i )(X + i ).

3.5 Fonction polynôme d’une variable


Définition 5.6 [9] Étant donné R = a 0 + a 1 X + a 2 X 2 + a 3 X 3 + ... + a n−1 X n−1 + a n X n un poly-
nôme de P[X].
La fonction définie par

R̃ : P −→ P
X 7−→ R̃(X) = a 0 + a 1 X + a 2 X 2 + a 3 X 3 + ... + a n−1 X n−1 + a n X n .

est appelée fonction polynôme d’une variable X associé à R.

81
3. DIVISIBILITÉ DANS L’ANNEAU DE POLYNÔMES

Remarque 5.5 1. Un élément λ ∈ P est appelé une racine (ou un zéro) de R si R̃(λ) = 0.
2. Pour que λ ∈ P soit une racine de R, il faut et il suffit que X − λ divise R.
3. La dérivée de la fonction polynôme du R est la fonction notée R̃0 (X) définie par

R̃0 (X) = a 1 + 2a 2 X + 3a 3 X 2 + ... + (n − 1)a n−1 X n−2 + na n X n−1 .

Théorème 5.5 [9] Étant donné S ∈ P[X] et λ ∈ P. Alors


1. En effectuant la division euclidienne de S par X−λ, on obtient un reste qui est exactement
S̃(λ).
2.X − λ divise S si est seulement si λ est une racine de S .

Preuve. 1. En effectuant la division euclidienne, on obtient

S = (X − λ)Q + R

où Q est le quotient et R est le reste de la division. Alors,

S̃(X) = (X − λ)Q̃ + R̃.

Donc
S̃(λ) = R̃(λ)
or deg R < 1. On déduit que R est constant , ce qui implique que R̃ = R, R̃(λ) = R et S̃(λ) = R.
2. C’est un résultat direct de la première propriété de ce théorème.

3.6 Ordre de multiplicité d’une racine


Définition 5.7 [9] Soit S ∈ P[X] et λ ∈ P une racine de S. On appelle ordre de multiplicité de
la racine λ de S, le plus grand k ∈ N tel que (X − λ)k divise S.

• Si k = 1, λ est appelé une racine simple de S,

• Si k = 2, λ est appelé une racine double de S,

• Si k = 3, λ est appelé une racine triple de S etc...

Exemple 5.8 Le polynôme X 3 −8X 2 +5X+50 possède une racine simple X = −2 et une racine
double X = −5 car
X 3 − 8X 2 + 5X + 50 = (X + 5)2 (X + 2).

Théorème 5.6 [9] Étant donné S ∈ P[X] et λ ∈ P. λ est une racine simple de S si et seulement
si S̃(λ) = 0 et S̃ 0 (λ) 6= 0.

Preuve. En utilisant la définition d’une racine simple, on a λ est une racine simple si et
seulement s’il existe un polynôme Q dans P[X] tel que

S = (X − λ).Q

et Q(λ) 6= 0 or
S̃ 0 = Q̃ + (X − λ)Q̃0
donc
S̃ 0 (λ) = Q̃(λ)
d’où le résultat.

82
4. EXERCICES CORRIGÉS

Remarque 5.6 Pour montrer que λ est une racine d’ordre m d’un polynôme S il suffit de
montrer que
S̃(λ) = 0, S̃ 0 (λ) = 0, ..., S̃ (m−1) (λ) = 0, S̃ (m) (λ) 6= 0.

Exemple 5.9 Le polynôme P = (X 2 − 2X − 3)2 possède deux racines doubles X = −1 et X = 3


car
P = (X + 1)2 (X − 3)2 .

Proposition 5.7 [9] Étant donné P ∈ P[X] et λ1 , λ2 , ...λr ∈ P sont des racines deux à deux
différentes de S, d’ordre de multiplicité respectif m 1 , m 2 , ..., m r . Alors ri=1 (X − λi )mi divise
Q

S.

Preuve. Pour tout i ∈ {1, ..., r }, on a (X − λi ) sont des polynômes premiers entre eux car
λ1 , λ2 , ..., λr ∈ P sont des racines deux à deux distincts de S. Alors, (X − λi )mi sont premiers
entre eux. En utilisant la Proposition 5.3, on obtient ri=1 (X − λi )mi divise S puisque (X −
Q

λi )mi divise S.

4 Exercices corrigés
Exercice 5.1 Effectuer la division euclidienne de X m par X 2 − X − 2 dans R[X] en précisant
le reste de cette division pour tout m ∈ N fixé.

Solution. En effectuant la division euclidienne, on peut trouver deux polynômes (P1 , P2 ) ∈


(R[X])2 unique tel que :
X m = (X 2 − X − 2)P1 + P2
et deg(P2 ) < 2. Donc, il existe (i , j ) ∈ (R)2 unique tel que P2 = i X + j. Puisque

X 2 − X − 2 = (X + 1)(X − 2),

on obtient , en remplaçant X par −1 et par 2

(−1)m = −i + j
½

2m = 2i + j

En résolvant ce système linéaire de deux équations à deux inconnues, par exemple en


utilisant les coefficients indiqués, et on trouve

3i = 2m − (−1)m , 3 j = 2m + 2(−1)m .

Par suite, le reste de la division euclidienne de X m par X 2 − X − 2 est

1 1
P2 = (2m − (−1)m )X + (2m + 2(−1)m ).
3 3

Exercice 5.2 Préciser l’ensemble des m ∈ N∗ tels que (X 4 + 1)m − X m soit divisible par X 2 +
X + 1 dans R[X].

83
4. EXERCICES CORRIGÉS

Solution. On note K = X 2 + X + 1 et S m = (X 4 + 1)m − X m . Puisque K = (X − l )(X − l 2 ) dans


C[X], K est un polynôme scindé simple sur C, par suite :

K divise S m ⇔ S m (l ) = 0 et S m (l 2 ) = 0).

D’autre part, sachant que S m ∈ R[X], on a

S m (l 2 ) = S m (l ) = S m (l ),

donc
A divise S m ⇔ S m (l ) = 0.
Et :
S m (l ) = 0 ⇔ (l 4 + 1)m − l m = 0
⇔ (l + 1)m = l m
⇔ (−l 2 )m = l m
lπ 2l π
⇔ (e 3 )m = (e 3 )m
⇔ m π3 ≡ 2mπ
3 [2π]
⇔ m π3 ≡ 0[2π]
⇔ m ≡ 0[6].
On déduit que l’ensemble des m demandé est l’ensemble contient tous les multiples de 6
dans N∗ .

Exercice 5.3 Écrire la factorisation en produit de polynômes irréductibles dans R[X], des
polynômes suivants :
1. Y 6 + 9Y 3 + 8,
2. Y 4 − 2Y 2 + 9,
3. Y 4 + Y 2 − 6.

Solution. 1. On peut réécrire le premier polynôme sous forme d’un trinôme en Y 3 :

Y 6 + 9Y 3 + 8 = (Y 3 + 1)(Y 3 + 8)
= (Y + 1)(Y 2 − Y + 1)(Y + 2)(Y 2 − 2Y + 4).

Les deux termes du second degré sont irréductibles dans R[X], puisque le discriminant
est strictement négatif.
2.
Y 4 − 2Y 2 + 9 = (Y 2 + 3)2 − 8Y 2
p p
= (Y 2 + 3 − 2 2Y)(Y 2 + 3 + 2 2Y)
p p
= (Y 2 − 2 2Y + 3)(Y 2 + 2 2Y + 3).
De même que précédemment, les deux termes du second degré sont irréductibles dans
R[X], puisque le discriminant est strictement négatif.

3. En écrivant le polynôme sous forme d’un trinôme bicarré :

Y 4 + Y 2 − 6 = (Y 2 − 2)(Y 2 + 3)
p p
= (Y − 2)(Y + 2)(Y 2 + 3).

Exercice 5.4 Chercher le pgcd dans K[X] ( K étant R ou C) des polynômes P1 et P2 suivants

P1 = Y 5 − 2Y 4 + Y 3 − Y 2 + 2Y − 1

84
4. EXERCICES CORRIGÉS

et
P2 = Y 3 − Y 2 + 2Y − 2.
Soit D ce pgcd. Trouver P10 et P20 tels que

P1 = DP10

et
P2 = DP20 .

Déterminer le ppcm de P1 et P2 .

Solution. En utilisant l’algorithme d’Euclide, on peut déterminer le pgcd des polynômes.


On obtient
P1 = P2 (Y 2 − Y − 2) + Y 2 + 4Y − 5.
Alors, le pgcd de P1 et P2 est égal au pgcd des polynômes P2 et Y 2 + 4Y − 5. En effectuant la
division euclidienne de P2 par Y 2 + 4Y − 5, on trouve

P2 = (Y 2 + 4Y − 5)(Y − 5) + 27Y − 27.

Puisque
27Y − 27 = 27(Y − 1),
ensuite la division euclidienne de Y 2 + 4Y − 5 par Y − 1, puisque

pg cd (P1 , P2 ) = pg cd (P1 , αP2 )

si α est un scalaire non nul.


Le pgcd des polynômes P2 et Y 2 + 4Y − 5 est égal au pgcd des polynômes

Y 2 + 4Y − 5

et
Y − 1.
Par la division euclidienne de Y 2 + 4Y − 5 par Y − 1, on déduit le quotient Y + 5 et le reste 0.
Par suite Y 2 +4Y −5 est un multiple du polynôme Y −1. Alors le polynôme Y −1 est le pgcd
de Y 2 + 4Y − 5 et Y − 1. Donc celui de P2 et Y 2 + 4Y − 5 et donc le pgcd de P1 et P2 .

2. Étant donné D = Y − 1. Pour chercher P10 et P20 tels que P1 = DP10 et P2 = DP20 , on divise P1
et P2 par D. On trouve
P1 = (Y − 1)(Y 4 − Y 3 − Y + 1)
et
P2 = (Y − 1)(Y 2 + 2).

Pour trouver le ppcm de P1 et P2 , on fait appelle à la formule (polynômes P1 et P2 étant


unitaires) :
P1 P2 = pg cd (P1 , P2 ) × ppcm(P1 , P2 ).

En calculant le produit P1 P2 , puis en divisant le résultat par le pgcd de P1 et P2 , mais il


vaut mieux d’utiliser la question 2.
P1 = DP10

85
4. EXERCICES CORRIGÉS

et
P2 = DP20
où P10 = Y 4 − Y 3 − YX + 1 et P20 = Y 2 + 2.
Comme
P1 P2 = DP10 DP20 = D.ppcm(P1 , P2 )
on en déduit que ppcm(P1 , P2 ) = DP10 P20 , autrement dit

ppcm(P1 , P2 ) = (Y − 1)(Y 4 − Y 3 − Y + 1)(Y 2 + 2)

= Y 7 − 2Y 6 − 5Y 4 + 4Y 3 − Y 2 + 4Y + 1).
On peut remarquer que
ppcm(P1 , P2 ) = P1 P20 = P10 P2
comme P1 = DP10 et P2 = DP20 et l’on pouvait alors calculer un de ces deux produits.

Exercice 5.5 1. Prouver que si y 0 est racine commune à P(y) et Q(y), elle l’est également de
leur PGCD et inversement.
2. Déduire les racines multiples de P = y 5 + y 3 − 4y 2 − 3y − 2.

Solution. 1. Supposons que A est le PGCD de P et Q, on a

P = AA1

et
Q = AA2 .
Si A(y 0 ) = 0 alors P(y 0 ) = A(y 0 )A1 (y 0 ) et de même Q(y 0 ) = A(y 0 )A2 (y 0 ).
Inversement, supposons que y 0 est une racine de P(y) et Q(y),en utilisant le théorème de
Bézout, on peut trouver deux polynômes U et V tels que

A = PU + QV

et
A(y 0 ) = P(y 0 )U(y 0 ) + Q(y 0 )V(y 0 ) = 0.

2. Supposons que y 0 est une racine multiple de P = y 5 + y 3 −4y 2 −3y −2 alors elle est racine
de P 0 = 5y 4 + 3y 2 − 8y − 3.
Trouvons le PGCD de P et P’ par l’algorithme d’Euclide :
y 2
P = P 0 . − (y 3 + 6y 2 + 6y + 5)
5 5

P 0 = (y 3 + 6y 2 + 6y + 5)(5y − 30) + 147(y 2 + y + 1)


y 3 + 6y 2 + 6y + 5 = (y 2 + y + 1)(y + 5)
le reste étant nul le PGCD est y 2 + y + 1. Le polynôme P possède comme racines multiples
celles de y 2 + y + 1 autrement dit
p p
−1 + i 3 2 −1 − i 3
k= et k = .
2 2
Ces racines sont de multiplicité au moins égal à 2 donc P est divisible par y 2 + y +1 qui est
de degré 4, P étant de degré 5 il ne peut y en avoir d’autres.

86
5. EXERCICES PROPOSÉS

Exercice 5.6 Montrer que les polynômes A et B sont premiers entre eux si et seulement si
A + B et AB sont premiers entre eux.

Solution.Si A et B sont premiers entre eux, alors

(A + B) ∧ A = 1

et
(A + B) ∧ B = 1.
On a donc :
(A + B) ∧ AB = 1
Inversement, supposons que A + B et AB sont premiers entre eux. Alors, dans le cas où D
divise A et B, alors D divise A + B et AB . Par suite, D est de degré 0.

5 Exercices proposés
Exercice 5.7 Étant donné m ∈ N, prouver que le polynôme Y 2 − Y + 1 divise

(Y − 1)m+2 + Y 2m+1 ∈ C[X].

Exercice 5.8 Préciser tous les polynômes A tels que :

A(2) = 6, A0 (2) = 1 et A00 (2) = 4

et
∀k ≥ 3, A(k) (2) = 0.

Exercice 5.9 Donner la factorisation en produit de polynômes irréductibles dans R[X], des
polynômes suivants :
1. (Y 2 − 4Y + 1)2 + (3Y − 5)2 ,
2. Y 5 + 1,
3. Y 6 − 1.

Exercice 5.10 Étant donnés α1 ,α2 , α3 ,α4 des entiers naturels. Considérons les deux poly-
nômes
A = Y 4α1 +3 + Y 4α2 +2 + Y 4α4 +1 + Y 4α4
et
B = Y 3 + Y 2 + Y + 1.
Montrer que B divise A.

Exercice 5.11 Déterminer le PGCD des deux polynômes X 6 − 5X 4 + 4X 3 − +10X 2 + 3X − 2 et


X 3 + 2X 2 + 4X + 11.

87
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