Thesecfloquet
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Avant Propos 5
Notations 7
Introduction générale 11
Introduction 17
1
2 TABLE DES MATIÈRES
Conclusion 56
II Résultats 57
3 Mise en forme 59
3.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
3.2 Forme régulière généralisée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
3.2.1 A propos du rang de la matrice des gains d’entrée . . . . . . . . . 60
3.2.2 Existence d’une forme régulière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
3.2.3 Cas perturbé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
3.3 Forme chaînée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
3.3.1 Systèmes non holonomes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
3.3.2 Transformation en une forme chaînée perturbée . . . . . . . . . . 65
3.4 Forme canonique de commandabilité généralisée . . . . . . . . . . . . . . 69
3.5 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
4 Stabilisation 73
4.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
4.2 Retour d’état . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
4.2.1 Utilisation de la forme régulière généralisée . . . . . . . . . . . . . 74
4.2.2 Stabilisation d’un système non holonome perturbé . . . . . . . . . 84
4.2.3 Stabilisation d’un corps rigide sous actionné . . . . . . . . . . . . 98
4.3 Retour de sortie pour un système mis sous forme canonique de comman-
dabilité généralisée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 106
TABLE DES MATIÈRES 3
Le travail présenté dans ce mémoire a été réalisé dans le cadre du Laboratoire d’Au-
tomatique et d’Informatique Industrielle de Lille (LAIL), à l’Ecole Centrale de Lille, et
de l’Equipe Commande des Systèmes (ECS), à l’ENSEA.
Je tiens à exprimer toute ma gratitude à Messieurs Jean-Pierre Barbot, Professeur
à l’ENSEA, Jean-Pierre Richard, Professeur à l’Ecole Centrale de Lille et Wilfrid Per-
ruquetti, Maître de Conférence à l’Ecole Centrale de Lille, pour avoir accompagné mon
travail durant ces deux années de thèse. Les nombreuses discussions fructueuses que nous
avons pu avoir, leur très grande disponibilité ainsi que la qualité de leurs rapports hu-
mains sont pour beaucoup dans les résultats obtenus lors de ce travail. Je tiens à leur
exprimer toute mon amitié et ma reconnaissance.
Je suis très honoré que Monsieur Michel Fliess, Directeur de Recherche CNRS au
CMLA de l’Ecole Normale Supérieure de Cachan, ait accepté la présidence du jury de
thèse.
Je tiens à remercier très vivement Messieurs Alain Glumineau, Professeur à l’Ecole
Centrale de Nantes, et Nacer M’Sirdi, Professeur à l’Université de Versailles Saint-
Quentin pour avoir accepté d’être rapporteurs sur ce mémoire. Leurs conseils judicieux
et bienveillants ont été une aide précieuse dans sa mise au point définitive.
Qu’il me soit permis de remercier Monsieur Thierry-Marie Guerra, Professeur à l’Uni-
versité de Valenciennes et du Hainaut-Cambrésis pour l’intérêt qu’il porte à ce travail et
pour m’avoir fait l’honneur de l’examiner.
Je voudrais également adresser mes remerciements à Monsieur Marcel Staroswiecki,
Professeur à l’Université des Sciences et Technologies de Lille et Directeur du LAIL, qui
a accepté de juger ce travail malgré ses lourdes tâches.
Mes remerciements s’adressent également à l’ensemble du personnel et des thésards
5
6 AVANT PROPOS
du LAIL et de l’ECS qui, d’une façon ou d’une autre, m’ont permis de franchir cette
nouvelle étape, et plus particulièrement Fred, Yann, Samir et Nicolas. Je voudrais égale-
ment remercier les membres des laboratoires ou des organismes qui m’ont accueilli lors
d’excursions scientifiques extra-muros (IRCCyN, LRP, LAG, Inter GdR Automatique-
SDSE).
Enfin, je ne saurai oublier Catherine, Cécile, Anne, Eric, ..., qui m’ont supporté et
accueilli chez eux tout au long de mes pérégrinations lilloise et parisienne.
Notations
— t ∈ IR + : variable temporelle,
dx
— ẋ = dt
est la dérivée de la variable x par rapport au temps,
7
8 NOTATIONS
X n
∂λ
Lf λ(x) = dλ(x).f (x) = (x)fi (x)
i=1
∂xi
— L’ensemble Vect {g1 , ..., gm } désigne la distribution engendrée par les champs de
vecteurs g1 , ..., gm .
Introduction générale
9
INTRODUCTION GÉNÉRALE 11
L’approche par des correcteurs linéaires, du type PID, a vite montré ses limites. En
effet, ceux-ci sont soumis à la loi de Bode qui veut que les effets d’amplitude et les effets
de phase soient couplés et antagonistes. Par exemple, toute avance de phase, qui est l’effet
bénéfique recherché, va de pair avec une augmentation du rapport dynamique. De fait,
les possibilités de compensation et d’utilisation de gains élevés s’en trouvent réduites.
Les recherches se sont alors tournées vers des techniques non linéaires, telles que les
méthodes adaptatives ou de stabilité absolue, mais également la technique des modes
glissants. Cette dernière s’inscrit dans la théorie des systèmes à structure variable qui
a émergé au milieu de ce siècle en Union Soviétique. Les lois de commande par modes
glissants sont réalisées de manière à conduire et contraindre le système à rester dans le
voisinage d’une surface de commutation. Il y a deux principaux avantages à une telle
approche. Tout d’abord, le comportement dynamique résultant peut être déterminé par
le choix d’une surface adéquate. Ensuite, la réponse du système en boucle fermée est
totalement insensible à une classe particulière d’incertitudes, ce qui fait de cette méthode
une candidate sérieuse dans la perspective de l’élaboration de commandes robustes.
Le thème général des travaux présentés dans ce mémoire est la commande par modes
glissants d’ordre supérieur, et notamment dans un but de stabilisation. La démarche a
été de privilégier des lois de commande aboutissant à une convergence en temps fini
et ayant des propriétés de robustesse. Aussi la majeure partie des résultats développés
concerne-t-elle des systèmes soumis à des perturbations. Leurs propriétés structurelles
ont en outre été étudiées afin de déterminer sous quelles conditions elles pouvaient être
rejetées. De plus, des classes de systèmes représentatives de processus réels ont été prises
en compte afin d’associer une dimension pratique à nos lois de commande. Ceci a abouti
12 INTRODUCTION GÉNÉRALE
per une commande par modes glissants d’ordre supérieur pour la machine asynchrone et
à l’implanter, dans le cadre de l’inter GdR Automatique-SDSE du CNRS, sur un banc
d’essai. Celui-ci est situé dans les locaux de l’IRCCyN à Nantes et est dédié à un pro-
blème de manutention horizontale. Les résultats de ces expériences sont présentés dans
le chapitre 5. Cette fois-ci, il est question de poursuite de trajectoire et la commande est
bouclée sur un observateur par modes glissants. Par ces expériences se trouvent justifiées
l’utilisation de la technique des modes glissants pour un problème alliant à la fois ob-
servation et commande ainsi que la viabilité des ordres supérieurs pour des réalisations
pratiques.
14 INTRODUCTION GÉNÉRALE
Première partie
15
Introduction
La théorie des systèmes à structure variable fait l’objet de multiples études depuis une
cinquantaine d’années. Les premiers travaux sur ce type de systèmes sont ceux d’Anosov
[1], de Tzypkin [157] et d’Emel’yanov [67, 68] dans l’ancienne URSS, ou ceux d’Hamel
[96] en France, sur la commande à relais. Ces recherches ont connu un nouvel essor à la
fin des années soixante-dix lorsqu’Utkin introduit la théorie des modes glissants [158].
Cette technique de commande et d’observation a reçu un intérêt sans cesse croissant du
fait :
— de la large gamme de leurs applications dans des domaines très variés tels que
la robotique, la mécanique ou l’électrotechnique : la stabilisation [7, 25, 139], le
suivi de trajectoires ( [21, 25, 62, 94]) ou de modèles ([87, 164, 169]), l’observation
[26, 35, 58, 99, 110, 145, 150],...
17
18
le régime glissant ait les propriétés désirées (pas forcément présentes dans le système
original), puis une loi de commande discontinue est synthétisée de façon à rendre la sur-
face invariante et (au moins localement) attractive. Cependant, l’introduction de cette
action discontinue, agissant sur la première dérivée par rapport au temps de la variable
de glissement, ne génère pas un régime glissant idéal. En moyenne, les variables contro-
lées peuvent être considérées comme évoluant idéalement sur la surface. En réalité, le
mouvement est caractérisé par des oscillations à hautes fréquences dans un voisinage de
la surface (dont l’épaisseur est de l’ordre de la période d’échantillonnage ou de commu-
tation). Ce phénomène est connu sous le nom de réticence ou chattering en anglais et est
un des inconvénients majeurs de cette technique. Il peut en outre exciter des dynamiques
non modélisées et conduire à l’instabilité.
Dans les années 80, Emel’yanov et al. [69, 70] ont généralisé le concept des modes
glissants classiques à ce qui est appelé les modes glissants d’ordre supérieur. Ceux-ci sont
caractérisés par une commande discontinue agissant sur les dérivées d’ordre supérieur de
la variable de glissement. Préservant les principaux avantages de la précédente approche,
ils suppriment le phénomène de réticence en garantissant même une meilleure précision
de convergence par rapport aux imperfections de modèle ou d’organes de commande.
L’ordre de glissement caractérise en particulier le degré de continuité des dynamiques du
système au voisinage de la surface et correspond au nombre de dérivées continues de la
variable à contraindre. Pour cela, des algorithmes de commande capables de générer des
régimes glissants de tout ordre doivent être synthétisés.
Dans le premier chapitre seront donnés les principes de la commande par modes
glissants impliquant les notions d’attractivité et d’invariance d’une surface (permettant
de définir le contrôle équivalent), les propriétés de robustesse et le phénomène de réticence.
Des ouvrages de référence traitant globalement de cette théorie sont ceux d’Utkin [159] et
d’Edwards et Spurgeon [63]. Le deuxième chapitre consiste en la présentation des modes
glissants d’ordre supérieur, et particulièrement la description d’algorithmes capables de
générer des modes glissants d’ordre deux.
Chapitre 1
1.1 Généralités
1.1.1 Définitions
19
20 CHAPITRE 1. MODES GLISSANTS D’ORDRE UN
∂s
telle que ∂x
soit non nulle sur X . L’ensemble
S = {x ∈ X : s(t, x) = 0} (1.2)
représente alors une sous-variété de X de dimension (n − 1), appelée par la suite surface
de glissement ou de commutation ou encore contrainte. La fonction s, quant à elle, sera
dénommée fonction de glissement ou de commutation.
Remarque 1 Les systèmes étudiés ici sont donc régis par des équations différentielles
impliquant des termes discontinus. La théorie classique des équations différentielles ordi-
naires ne permet pas de décrire le comportement des solutions dans de tels cas et il faut
alors se reporter à la théorie des inclusions différentielles [5, 6] et aux solutions au sens
de Filippov [75] qui sont décrites dans l’Annexe A.
Définition 2 [159] On dit qu’il existe un régime glissant idéal sur S s’il existe un temps
fini ts tel que la solution de (1.1) satisfasse s(t, x) = 0 pour tout t ≥ ts .
Cette condition traduit le fait que, dans un voisinage de la surface de glissement, les
vecteurs vitesses des trajectoires du système doivent toujours pointer vers cette surface
(voir Figure 1-1).
Ainsi, une fois la surface intersectée, les trajectoires restent dans un ε-voisinage de
S, et on dit que le régime glissant est idéal si on a exactement s(t, x) = 0. La condition
(1.3) est plus souvent rencontrée sous la forme :
celle-ci. u est une loi de commande à structure variable définie comme suit :
u+ (x) si s(t, x) > 0
u= , u+ 6= u− (1.5)
u− (x) si s(t, x) < 0
u+ et u− étant des fonctions continues. Il est à noter que c’est le caractère discontinu de
la loi de commande qui permet d’obtenir une convergence en temps fini sur la surface
ainsi que des propriétés de robustesse vis-à-vis de certaines perturbations (cet aspect sera
évoqué par la suite).
f+
s(x)=0
f-
s = 0,
∂s
∂x
[f (x) + g(x)ue ] = 0.
On dit que la commande équivalente est bien définie si elle existe et est déterminée de
façon unique par les conditions d’invariance.
∂s
Proposition 3 [140] La commande équivalente est bien définie si et seulement si ∂x
g(x) 6=
0 sur S.
τ u̇s + us = u, τ ¿ 1.
Cela signifie que ue ' us et qu’elle représente la valeur moyenne du signal discontinu u.
Lors de sa réalisation, la loi de commande à structure variable consiste le plus souvent
en une partie continue, qui s’avère être la commande équivalente, et une autre discontinue,
assurant la convergence en temps fini vers la surface. Un exemple classique de commande
pour le système (1.1) est le suivant :
¸−1
∂s
u = ue − K g(x) sgn s
∂x
où K est une constante positive et sgn est la fonction signe classique. On peut alors
vérifier que
sṡ = −K |s| < 0
1
la réticence est fonction de la bande passante
CHAPITRE 1. MODES GLISSANTS D’ORDRE UN 23
discontinu, il est vu que la dynamique équivalente, au sens de Filippov [75], est donnée
par : ¸ ¸
dx hds, f − i(x) + hds, f + i(x)
= f (x) − f − (x).
dt hds, f − − f + i(x) hds, f − − f + i(x)
Toutefois, les méthodes de Filippov et Utkin ne sont, en général, pas équivalentes ainsi
que le montre l’exemple suivant :
ẋ = −2.1x + 4ux
1 2 1
,
ẋ = −1.1x + 4u2 x
2 1 1
s(x) = x1 + x2 ,
½
−1 si s(t, x) > 0
u= .
1 si s(t, x) < 0
La méthode de la commande équivalente donne : ṡ = 0 = (1 + 4u + 4u2 )x1 , c’est-à-dire
ueq = −1/2 et donc la dynamique de glissement ẋ1 = 0.1x1 et x1 + x2 = 0. Par contre,
par la méthode de Filippov, on obtient :
1
soit ẋ1 = −2.9x1 et x1 + x2 = 0 (avec la condition supplémentaire x1 > 4
car α doit être
inférieur à 1). Cet exemple pose le problème du choix de la théorie à employer lors de
l’étude d’un système différentiel à second membre discontinu. Ces deux méthodes donnent
néanmoins des solutions identiques sous certaines conditions (qui ont été développées dans
[10]). C’est le cas, entre autres, pour les systèmes linéaires en l’entrée. Ceci justifie le fait
de développer les résultats de ce chapitre pour des systèmes de la forme (1.1), d’autant
plus que les applications ou exemples détaillés dans l’ensemble du mémoire font partie
de cette classe de systèmes.
24 CHAPITRE 1. MODES GLISSANTS D’ORDRE UN
∂s
∂x
étant non nul sur X , cela implique que l’on peut exprimer m états en fonction des
(n − m) autres. Ainsi, en régime glissant, les dynamiques du système evoluent sur un
espace d’état réduit dont la dimension est (n − m).
1.1.4 Exemple
Afin d’illustrer ces propos, prenons un moteur à courant continu pouvant se modéliser
sous une forme simplifiée par :
·
x1 = x2
·
x2 = −x2 + u .
y=x
1
On définit la surface de glissement suivante (si on veut par exemple que le comportement
du moteur en régime glissant soit analogue à un premier ordre de constante de temps
τ = α1 )
s = x2 + αx1 = 0, α > 0.
Alors,
ṡ = (α − 1)x2 + u.
Il est intéressant de noter que la condition (1.4) n’est pas suffisante pour assurer une
convergence en temps fini vers la surface. En effet, si on reprend le même exemple mais
en modifiant l’entrée de commande comme suit :
u = (1 − α)x2 − ks,
on obtient
ṡ = −ks.
qui assure une convergence en temps fini2 vers s = 0, étant donné que par integration
ce qui montre que le temps te requis pour atteindre la surface, partant d’une condition
initiale s(0), est borné par :
|s(0)|
te · .
η
Cet exemple a été simulé avec la loi de commande suivante où α = k = 2 :
u = (1 − α)x2 − k sgn s
2
d’autres types de convergence en temps fini sont données dans la littérature, voir [132, 168].
26 CHAPITRE 1. MODES GLISSANTS D’ORDRE UN
réduit
ẋ1 = −αx1 = x2 ,
1.5
0.5
-0.5
-1
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5 4 4.5 5
temps
0.5
0
x2
-0.5
-1
-0.2 0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2
x1
u
0
-1
-2
-3
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5 4 4.5 5
1
u eq 0
-1
-2
-3
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5 4 4.5 5
temps
Reprenons le système (1.1) que l’on suppose maintenant soumis à des perturbations
p pouvant représenter des incertitudes paramétriques sur le terme nominal de dérive f
ou des perturbations externes indépendantes de l’état :
p ∈ Vect{g(x)}. (1.10)
Il faut noter que le système est insensible à de telles perturbations seulement en régime
glissant, mais qu’il reste affecté pendant le régime transitoire, i.e. avant que la surface de
glissement ne soit atteinte.
Remarque 5 Des généralisations du théorème 4 seront données dans les parties sui-
vantes, concernant notamment les systèmes mis sous forme régulière ou sous forme chaî-
née (cf systèmes non holonomes).
Afin d’illustrer la robustesse d’une telle technique de commande par rapport à des
incertitudes paramétriques, prenons l’exemple d’un système linéaire (par souci de sim-
plicité) mis sous forme canonique de commandabilité :
0 1 ··· 0 0 0
.. ... ... .. .. ..
. . . .
.. ... ..
..
ẋ = . 1 . x + u
.
0 ··· ··· 0 1 0
−a0 − 4a0 · · · · · · · · · −an−1 − 4an−1 1
où les 4ai sont des incertitudes paramétriques dont on sait qu’elles sont bornées de la
manière suivante :
α− +
i < |4ai | < αi .
(qui correspond à une dynamique de glissement désirée : pn−1 + cn−2 pn−2 + . . . + c0 = 0).
CHAPITRE 1. MODES GLISSANTS D’ORDRE UN 29
Xn
u= ki−1 xi − kn sgn(s).
i=1
et en posant :
n
X
kn > η+ |4ai−1 xi | ,
i=1
• une autre solution consiste à utiliser des gains qui commutent. Posant k0 = k̃0 + a0 ,
ki = k̃i + ai − ci−1 , i = 1, . . . , n − 1, on a alors
Xn
sṡ = (k̃i−1 − 4ai−1 )xi s − kn |s| ,
i=1
et la condition sṡ < −η |s| peut être satisfaite en choisissant kn = η relativement peu
important et
α− si xi s > 0
i−1
k̃i−1 = , i = 1, . . . , n.
α+ si x s · 0
i−1 i
La structure de la loi de commande est un peu plus compliquée mais l’amplitude des
discontinuités s’en trouve réduite.
30 CHAPITRE 1. MODES GLISSANTS D’ORDRE UN
Dans la pratique, un régime glissant idéal n’existe pas étant donné que cela impli-
querait que la commande puisse commuter avec une fréquence infinie. De par la présence
d’imperfections ou de limites technologiques et physiques, tels que des retards au niveau
des commutations ou de petites constantes de temps au niveau des actionneurs, le ca-
ractère discontinu de la commande engendre un comportement dynamique particulier au
voisinage de la surface qui est communément appelé chattering, en anglais, ou encore
réticence ou brouttement, en français. Celui-ci se caractérise par de fortes oscillations
autour de la surface, ainsi qu’il est montré Figure 1-5.
trajectoire
réticence
s=0
Ce phénomène constitue un désavantage non négligeable car, même s’il est possible
de le filtrer en sortie du processus, il est susceptible d’exciter des modes à haute fré-
quence qui n’ont pas été pris en compte dans le modèle du système. Ceci peut dégrader
les performances et même conduire à l’instabilité [97]. La réticence implique également
d’importantes sollicitations mécaniques au niveau des actionneurs, pouvant provoquer
leur usure rapide, ainsi que des pertes énergétiques non négligeables au niveau des cir-
cuits de puissance électrique. De nombreuses études ont été effectuées dans le but de
réduire ou d’éliminer ce phénomène. L’une d’entre elles consiste à remplacer la fonction
signe par des approximations continues de type grand gain dans un voisinage de la surface
(voir [148]), telles que la fonction de saturation définie par (voir Figure 1-6) :
s
si |s| · ε
ε
sat(s) = .
sgn(s) si |s| > ε
CHAPITRE 1. MODES GLISSANTS D’ORDRE UN 31
Ceci a pour conséquence de filtrer les composantes hautes fréquences dans la ré-
gion B(t) = {x : |s(x)| · ε}. Le régime glissant qui en résulte est donc confiné dans un
ε−voisinage de la surface de glissement où seule la commande équivalente agit. D’autres
r2n+1
fonctions peuvent être utilisées telles que les fonctions sigmoïdes 1+r2n
, tanh(r), π2 arctan(r),. . .
x
avec r = ε
et ε l’épaisseur du voisinage de la surface où les composantes haute fréquence
sont filtrées.
Dans la littérature, des commandes de la forme u = − |s| β sgn(s) sont aussi em-
ployées. La commande diminue en amplitude à mesure que l’on s’approche de la surface
de glissement (Figure 1-7).
performances doivent être faits. Mais, comme nous allons le voir dans le chapitre suivant,
une autre solution, basée sur la théorie des modes glissants d’ordre supérieur, permet de
passer outre cet indésirable phénomène.
Chapitre 2
Dès son apparition, la théorie des modes glissants s’est heurtée au problème de la
réticence qui s’est avérée être un inconvénient majeur. En particulier, il est difficile dans
de telles conditions d’envisager des développements pour des applications pratiques quand
leur implantation implique une usure relativement rapide des organes de commande du
processus. Pour contourner cet obstacle, des chercheurs russes ont proposé une nouvelle
façon de glisser. Ainsi qu’il va être décrit dans ce chapitre, il est alors possible de réduire
ou même d’exclure tout phénomène de chattering, tout en conservant les propriétés de
robustesse et de convergence en temps fini.
Dans cette partie, nous considérerons un système non linéaire dont la dynamique est
décrite par le système différentiel :
ẋ = f(t, x, u) (2.1)
s = s(t, x) (2.2)
33
34 CHAPITRE 2. MODES GLISSANTS D’ORDRE SUPÉRIEUR
S = {x ∈ X : s(t, x) = 0} . (2.3)
Remarque 6 Le système (2.1) englobe ceux de la forme ẋ = f (x) + g(x)u, qui étaient
considérés dans le chapitre précédent.
Dans le cadre de l’obtention des solutions au sens de Filippov des équations différen-
tielles à second membre discontinu, l’équation (2.1), pour un retour discontinu u(x), est
remplacée par l’inclusion différentielle1
ẋ ∈ V (x) (2.4)
et toute solution de (2.1) est définie comme une fonction absolument continue x(t) satis-
faisant l’inclusion différentielle presque partout. Les définitions qui suivent proviennent
des travaux de Emel’yanov et al. [70] et Levant et al. [90, 112, 113].
2.2 Définitions
Définition 7 Soit S une variété analytique. L’ensemble S, lui-même, est appelé en-
semble de glissement du premier ordre par rapport à S. L’ensemble de glissement du
deuxième ordre est défini pour le système (2.4) comme l’ensemble des points x ∈ S, où
V (x) est entièrement inclus dans le plan tangent TSx à la variété S au point x.
Définition 8 On dit qu’il existe un mode glissant du premier (ou deuxième) ordre sur
1
voir Annexe A.
CHAPITRE 2. MODES GLISSANTS D’ORDRE SUPÉRIEUR 35
Définition 9 On dit qu’il existe un mode glissant d’ordre r sur la variété S au voisinage
d’un point de glissement d’ordre r, x ∈ Sr , si au voisinage du point x l’ensemble de
glissement d’ordre r, Sr est un ensemble intégral, i.e. composé de trajectoires au sens de
Filippov.
Nous donnons ci-dessous une vision plus concrète du problème en termes de fonction
de contrainte. L’ensemble de glissement d’ordre r par rapport à la fonction contrainte s
est défini par :
© ª
Sr = x ∈ X : s = ṡ = . . . = s(r−1) = 0 (2.5)
Si, à présent, nous supposons que s, ṡ, . . . , s(r−2) sont des fonctions différentiables par
rapport à x et que, localement :
36 CHAPITRE 2. MODES GLISSANTS D’ORDRE SUPÉRIEUR
¸
∂ ∂ ∂ (r−2)
rang s, ṡ, . . . , s =r−1 (2.6)
∂x ∂x ∂x
alors les définitions 9 et 10 sont équivalentes. L’équation (2.6) est appelée condition de
régularité faible du glissement.
Si de plus, Sr est une variété différentiable et si pour tout i = 1, . . . , r − 1, les Si sont
des variétés régulières, alors la précédente condition peut être étendue à ce qui est appelé
la condition de régularité du glissement :
¸
∂ ∂ ∂ (r−1)
rang s, ṡ, . . . , s = r. (2.7)
∂x ∂x ∂x
Proposition 11 Supposons la condition de régularité (2.7) vérifiée et la variété de glisse-
ment d’ordre r (2.5) non vide. Alors un mode glissant d’ordre r par rapport à la contrainte
s existe si et seulement si l’intersection du champ de vecteurs au sens de Filippov avec
l’espace tangent à la variété (2.5) n’est vide pour aucun point de glissement d’ordre r.
Définition 12 On dit que la loi de commande u est un algorithme glissant idéal d’ordre
r par rapport à S si elle génère un mode glissant d’ordre r sur S, i.e.
s = ṡ = . . . = s(r−1) = 0.
Comme pour un mode glissant classique, on peut considérer qu’en régime glissant le
système est régi par la dynamique équivalente
ẋ = f (t, x, ue )
où ue est la commande équivalente qui est obtenue en résolvant l’équation, supposée avoir
une solution unique, et pour une fonction de glissement s de degré relatif égal à p · r
s(p) (t, x, ue ) = 0.
Remarque 13 Les définitions précédentes peuvent être étendues au cas d’une fonction
contrainte de dimension m > 1 : s : IR n → IR m , s = [s1 , ..., sm ]T .
Supposons que les (ri − 1) premières dérivées par rapport au temps de chaque compo-
CHAPITRE 2. MODES GLISSANTS D’ORDRE SUPÉRIEUR 37
n o
(r −1)
si = ṡi = . . . = si i = 0 , i = 1, ..., m , (2.8)
Dans toutes les définitions données précédemment, il est supposé que l’ensemble de
glissement d’ordre r
s = ṡ = . . . = s(r−1) = 0
est atteint exactement. Un tel régime glissant est qualifié d’idéal et il est notamment
supposé que les organes de commande commutent à une fréquence infinie. Toutefois,
ce n’est pas le cas en pratique étant données les imperfections de ces derniers et de
ce fait, le régime glissant ne prend place que dans un proche voisinage de la surface
considérée. Ce comportement est qualifié de régime glissant réel. Le cas idéal, quant à lui,
doit être interprété comme les trajectoires limites lorsque les imperfections deviennent
inexistantes et lorsque la fréquence de commutation tend vers l’infini. Les définitions
suivantes introduisent :
initiales il existe un temps t1 et une constante C tels que, ∀t > t1 , l’inégalité suivante
soit satisfaite
|s| 6 C|γ(ε)| r .
Cette définition implique en outre que l’inégalité ci-dessus est vérifiée en temps fini.
Lorsque γ(ε) est le plus petit intervalle de continuité de la commande, les mots “par
rapport à γ” sont en général omis.
La définition suivante est une extension aux algorithmes concernant des lois de com-
mande discontinues et des fréquences de commutations bornées.
Proposition 16 Supposons que la rième dérivée totale par rapport au temps de s, s(r) ,
soit bornée. Alors il existe des constantes c1 , c2 ,..., cr−1 telles que, en régime établi,
¯ ¯
| ṡ| · c1 τ r−1 , |s̈| · c2 τ r−2 , . . . , ¯s(r−1) ¯ · cr−1 τ .
|s| = O(τ r ),
| ṡ| = O(τ r−1 ),
..
.
|s(r−1) | = O(τ ).
En effet, le développement précédent nous indique que pour un mode glissant classique,
la précision de la convergence est de l’ordre de τ , alors qu’elle est de τ r pour un mode
glissant d’ordre r.
Considérons ici la fonction contrainte s comme une des sorties du système (2.1). Le
but de ce paragraphe est d’exhiber le lien pouvant exister entre les modes glissants et le
degré relatif de ce système par rapport à la sortie y = s(t, x). La définition de cette notion
est donnée dans le livre d’Isidori sur les systèmes non linéaires [102]. Le degré relatif d’un
système est en fait le nombre minimum de fois qu’il faut dériver la sortie, par rapport
au temps, pour y voir apparaître l’entrée de manière explicite. Cette notion tient une
place importante dans le cadre de l’analyse des systèmes non linéaires, notamment parce
qu’elle donne le moyen de définir des difféomorphismes locaux permettant de linéariser
le système.
Proposition 17 Supposons que le système (2.1) soit de degré relatif p au point x0 . Po-
sons
φi (x) = Li−1
f s(t, x), i = 1, ..., p (2.9)
Froebenius, voir [102]). Φ(x) = [φ1 (x), ..., φn (x)] définit un difféomorphime local sur un
voisinage de x0 et en posant le changement de coordonnées z = Φ(x), le système (2.1)
devient, dans un voisinage de z0 = Φ(x0 )
D’après les résultats énoncés dans [34], cette propriété, associée au fait que le système
est à minimum de phase par rapport à la sortie y = s(t, x), implique que celle-ci est
une sortie passive. Dans [147], Sira-Ramirez exploite cette propriété pour développer une
forme canonique pour la commande par modes glissants des systèmes non linéaires. Cette
forme exhibe les composantes conservative, dissipative et déstabilisante du champs de
vecteur de dérive de la dynamique du système, permettant la synthèse d’une commande
par retour d’état qui prend en compte les “bonnes non linéarités” du système et ainsi
nécessite moins d’effort.
D’après le théorème précédent, si le système est de degré relatif p strictement supérieur
à un, il n’existe pas de régime glissant d’ordre un sur la surface S. Une alternative est
alors d’utiliser la sortie auxiliaire définie par :
p
X
ȳ = s̄(t, x) = ci−1 Li−1
f s(t, x), cp−1 = 1
i=1
p
X
ȳ = ci−1 zi .
i=1
ẋ = f(t, x, u),
ȳ = s̄(t, x),
est de degré relatif un par rapport à s̄. Ainsi peut-on forcer un régime glissant, en temps
Pp
fini, sur la surface s̄ = 0, ou ci−1 zi = 0. Si les coefficients ci ont été choisis tels
i=1
P
p
que le polynôme associé P (q) = ci−1 qi soit de Hurwitz, on obtient une dynamique
i=1
CHAPITRE 2. MODES GLISSANTS D’ORDRE SUPÉRIEUR 41
asymptotiquement stable pour chacun des zi , et donc en particulier pour z1 = s(t, x), i.e.
on vient converger sur la surface S de manière asymptotique.
Il faut noter que cette méthode fait apparaître deux cas différents de modes glissants :
le premier est un régime glissant classique d’ordre un sur la surface s̄(t, x) = 0, alors que
le second est un ordre p, asymptotiquement stable, par rapport à la surface S, puisqu’en
fait on contraint le système à évoluer sur la variété de glissement d’ordre p
s = ṡ = . . . = s(p−1) = 0.
Un des inconvénients de cette méthode est qu’il est nécessaire d’avoir une information,
croissante avec le degré relatif du système, sur une partie de l’état. Ceci montre d’autre
part que, pour un système de degré relatif strictement supérieur à un, il n’est pas possible
d’obtenir une convergence en temps fini sur une surface S par un mode glissant d’ordre
un. Pour avoir un tel résultat, l’utilisation d’un algorithme de contrôle d’ordre supérieur
s’avère alors nécessaire. En effet, si le système est de degré relatif r par rapport à la
fonction contrainte s, un algorithme par mode glissant d’ordre r permettra d’obtenir une
convergence en temps fini sur la surface s(t, x) = 0.
Comme nous l’avons vu, générer des régimes glissants qui soient asymptotiquement
stables ne présente pas de difficultés majeures. Ainsi peut-on trouver dans la littérature
des exemples de modes glissants de n’importe quel ordre ([65, 69, 70, 71, 90, 112, 143,
144]). Ce n’est pas tout à fait le cas lorsque l’on désire obtenir un régime glissant en
temps fini. De tels algorithmes ne sont essentiellement connus que pour r = 1, r = 2 et
r = 3, et de plus pour des cas scalaires (la surface considérée est de dimension (n − 1)).
Des travaux sont en cours afin de développer des algorithmes de commande garantissant
un régime glissant d’ordre quelconque en temps fini, mais cela nécessite de nouvelles
investigations [115]. Ainsi qu’il a été observé, on peut distinguer les algorithmes idéaux
des algorithmes réels. En ce qui concerne le premier type, l’un des problèmes majeurs
pour l’implantation est que le nombre d’informations nécessaires augmente régulièrement
42 CHAPITRE 2. MODES GLISSANTS D’ORDRE SUPÉRIEUR
s = ṡ = 0.
∂z ∂z
Lu z(t, x, u) = (t, x, u) + (t, x, u)f (t, x, u)
∂t ∂x
∂ ṡ
s̈ = Lu Lu s(t, x) + u̇ (2.11)
∂u
et u̇ est alors considérée comme la nouvelle entrée de commande. Afin de définir par
la suite les différents algorithmes de commande, formulons tout d’abord les hypothèses
suivantes :
1. On définit l’ensemble U = {u : |u| < UM }, où UM est une constante réelle telle que
u est une fonction bornée et discontinue du temps ; de plus, l’équation différentielle
(2.1) à second membre discontinu est supposée admettre des solutions au sens de
Filippov sur la variété glissante d’ordre deux s = ṡ = 0 pour tout t.
2. Il existe u1 ∈ ]0, UM [ telle que pour toute fonction continue u ∈ U avec |u| > u1 ,
il existe un instant t1 tel que s(t, x)u(t) < 0 pour tout t > t1 . Ainsi, la commande
u = −UM sgn [s(t0 )], où t0 est l’instant initial, assure de croiser la surface s = 0 au
bout d’un temps fini.
3. Il existe des constantes positives s0 , Km , KM telles que, si |s(t, x)| < s0 ,
¯ ¯
¯ ∂ ṡ ¯
0 < Km · ¯¯ ¯¯ · KM .
∂u
∂ ṡ
Le fait que le terme ∂u
ne doive pas s’annuler est nécessaire pour l’existence de
la commande équivalente en régime glissant. L’ensemble Rl = {t, x : |s(t, x)| < s0 }
est appelé région de linéarité.
4. A l’intérieur de la région de linéarité Rl et pour tout t, x, u, il existe une constante
C0 telle que :
|Lu Lu s(t, x)| < C0 .
44 CHAPITRE 2. MODES GLISSANTS D’ORDRE SUPÉRIEUR
Supposons maintenant que le système est de degré relatif deux par rapport à la
fonction s et considérons que la dynamique de (2.1) est affine en l’entrée i.e. f (t, x, u) =
f¯(t, x) + ḡ(x, t)u. Par dérivations successives, on obtient :
Les hypothèses précédemment énoncées peuvent être transposées au cas présent. Parti-
culièrement, ζ et χ sont des fonctions bornées comme suit à l’intérieur de la région de
linéarité Rl :
0 < Km · χ(t, x) · KM (2.13)
s̈ ∈ [−C0 , C0 ] + [Km , KM ] v.
CHAPITRE 2. MODES GLISSANTS D’ORDRE SUPÉRIEUR 45
Dans la suite, nous faisons un inventaire (non exhaustif) des principaux algorithmes
du second ordre, en détaillant plus particulièrement l’algorithme du twisting que nous
utiliserons majoritairement par la suite. Chacun de ces contrôleurs est caractérisé par
peu de paramètres. Ces paramètres doivent être réglés, suivant le but de commande, pour
la classe de processus et la fonction de glissement considérées en fonction des constantes
C0 , Km , KM et s0 . De tels algorithmes sont insensibles aux perturbations et incertitudes
paramétriques. Dans la pratique, les conditions de convergence sont seulement suffisantes
et non nécessaires et il est souvent plus approprié de régler les contrôleurs de manière
heuristique, tout en gardant un coefficient de sécurité.
La convergence en temps fini vers l’origine du plan de phase (s, ṡ) est obtenue grâce
à la commutation de l’amplitude de la commande entre deux valeurs, de telle façon que
l’abscisse et l’ordonnée soient croisées de plus en plus près de l’origine.
Cas idéal
−λ sgn(y ), si y y · 0,
m 1 1 2
u= . (2.16)
−λ sgn(y ), si y y > 0,
M 1 1 2
où λm et λM vérifient
λm > 4 KσM
0
,
C0 (2.17)
λm > Km
Km λM − C0 > KM λm + C0 ,
1 q¯¯ ¯
Ttw∞ · tM1 + Θtw y1M1 ¯.
1 − θ tw
y1M1 représente la valeur de y1 la première fois que l’axe des abscisses dans le plan
(y1 , y2 ) est traversé, tM1 étant l’instant correspondant. Θtw et θtw sont donnés par les
relations
√ Km λM + KM λm
Θtw = 2 √ ,
(Km λM − C0 ) KM λm + C0
s
(λm KM + C0 )
θtw = .
(λM Km − C0 )
Dans le cas où le système est de degré relatif un, la loi de commande, appliquée au
système (2.11)
−u |u| > |ue |
u̇ = −λm sgn(s) si sṡ · 0, |u| · |ue | , (2.18)
−λ sgn(s) si sṡ > 0, |u| · |u |
M e
permet d’aboutir au même résultat, i.e. la convergence en temps fini vers l’ensemble
{s = ṡ = 0}.
Cas réel
avec
0, k=0
∆s ,
(s(kτ ) − s((k − 1)τ )) , k ≥ 1
Théorème 21 [112] Sous les hypothèses (2.13), (2.14) et les conditions (2.17), la loi de
commande (2.19) est un algorithme glissant du second ordre pour le système (2.1) par
rapport à la période d’échantillonnage τ , et est appelé algorithme du twisting réel.
Une version discrète de cet algorithme peut également être trouvée dans la littérature
[54].
la convergence, en temps fini, du système (2.1) vers la surface s = ṡ = 0 est plus ra-
pide que pour l’algorithme du twisting classique. De plus, à chaque commutation de la
commande, kxk · kyk.
système :
ẋ = x
1 2
ẋ = −α2 x − 2αx + V
2 1 2 ss
De même que dans l’Annexe C, on peut prendre, sans perte de généralité, x10 =
0+ , x20 = δ > 0. Ainsi Vss = −λM Km + C0 et (2.22) devient :
x (t) = −λM Km +C0 (1 − exp(−αt)) + ¡δ + λM Km −C0 ¢ t exp(−αt)
1 α2 α
.
x (t) = exp(−αt) [δ − (λ K − C + αδ) t]
2 M m 0
δ
t̄1 = ,
λM Km − C0 + αδ
−λM Km + C0 δ
x1 (t̄1 ) = 2
(1 − exp(−αt̄1 )) + exp(−αt̄1 ).
α α
De ceci peuvent être déduits les résultats suivants : partant des mêmes conditions initiales,
(0+ , δ),
t̄1 < t1 ,
x1 (t̄1 ) 1 − αt̄1
=2 (exp(−αt̄1 ) + αt̄1 − 1) · 1
y1 (t1 ) (αt̄1 )2
puisque αt̄1 · 1.
CHAPITRE 2. MODES GLISSANTS D’ORDRE SUPÉRIEUR 49
x2 reste toujours négatif et x1 décroît et s’annule à l’instant t̄2 qui vérifie l’équation :
λm KM + C0
exp(−αt̄2 )(1 + αt̄2 ) = .
λm KM + C0 + α2 x1 (t̄1 )
λm KM + C0
exp(−αt2 )(1 + αt2 ) · (2.23)
λm KM + C0 + α2 x1 (t̄1 )
puisque lim exp(−αt2 )(1 + αt2 ) = 0. Le terme exp(−αt2 ) montre qu’il n’est pas néces-
α→+∞
saire que α soit très important pour que l’inégalité (2.23) soit satisfaite. Ainsi,
ce qui prouve que t̄2 < t2 puisque la fonction x 7−→ exp(−x)(1 + x) est décroissante. De
plus,
λm KM + C0
x2 (t̄1 + t̄2 ) = − t̄2 · y2 (t1 + t2 ) = − (λm KM + C0 ) t2 .
1 + αt̄2
Par symétrie, les mêmes résultats peuvent être obtenus pour les deux derniers quadrants
du plan de phase.
On peut remarquer que le taux de convergence peut être réglé par le paramètre α.
.
s
1 0.2
0.8
0.15
0.6
0.1
0.4
0.2 0.05
0
0
-0.2
-0.05
-0.4
-0.6 -0.1
-0.1 -0.05 0 0.05 0.1 0.15 0.2 0.25 0 0.5 1 1.5 2
s temps
Fig. 2-2: Plan de phase (s, ṡ) et allure des fonctions contraintes s par rapport au temps
1
u(t) = −α(t)λM sgn(y1 (t) − y1M ), (2.24)
2
α∗ si y (t) − y ¤ [y − y (t)] > 0
£ 1
1 2 1M 1M 1
α(t) = £ ¤ (2.25)
1 si y (t) − 1 y [y − y (t)] · 0
1 2 1M 1M 1
1 q¯¯ ¯
Tso∞ · tM1 + Θso y1M1 ¯
1 − θso
CHAPITRE 2. MODES GLISSANTS D’ORDRE SUPÉRIEUR 51
(Km + α∗ KM ) λM
Θso = √ ,
(Km λM − C0 ) α∗ KM λM + C0
s
(α∗ KM − Km ) λM + 2C0
θso = .
2 (Km λM − C0 )
Inconvénient : il faut tout de même avoir une estimation assez précise de la dernière
valeur singulière de y1 , et ceci relativement souvent.
Il a été prouvé dans [15] que, dans le cas d’un gain unitaire χ = 1, la loi de commande
pouvait être simplifiée en posant α = 1 et en choisissant VM > 2C0 . Bartolini et al.
ont récemment développé des extensions de cet algorithme à des classes plus larges de
systèmes avec incertitudes [17] et ont également donné une version discrète de l’algorithme
[18]. La preuve de convergence de cet algorithme, ainsi que l’évaluation du temps de
convergence est disponible dans [15].
Remarque 23 Cet algorithme, ainsi que le terme sous-optimal employé ici, sont inspirés
de la commande bang-bang qui génère des trajectoires optimales (en temps minimum) pour
un double intégrateur (ζ(t, y) = 0, χ(t, y) = 1) mais dont le défaut est d’utiliser y2 , dont
on n’a pas forcément la mesure.
u = u1 (t) + u2 (t)
−u si |u| > |ue |
u̇1 = , (2.28)
−W sgn(y ) si |u| 6 |u |
1 e
−λsρ sgn(y ) si |s| > s
0 1 0
u2 = .
−λ |y | ρ sgn(y ) si |s| · s
1 1 0
52 CHAPITRE 2. MODES GLISSANTS D’ORDRE SUPÉRIEUR
λm > 4 KσM
0
,
C0 (2.29)
λm > Km
Km λM − C0 > KM λm + C0 ,
C0
W >
Km
4C0 KM (W + C0 )
λ2 ≥ 2 K (W − C )
Km m 0
0 < ρ · 0.5
∂s ∂s
ṡ = Lu s(t, x) = (t, x) + (t, x)f (t, x, u),
∂t ∂x
∂ ṡ ∂ ṡ ∂ ṡ
s̈ = (t, x, u) + (t, x, u)f(t, x, u) + (t, x, u)u̇(t).
∂t ∂x ∂u
∂ ṡ
1. le degré relatif est p = 1, c’est-à-dire ∂u
6= 0,
∂s(i) ∂s(p)
2. le degré relatif est p ≥ 2, c’est-à-dire ∂u
= 0, (i = 1, 2, ..., p − 1), ∂u
6= 0.
Dans le premier cas, une commande par modes glissants d’ordre un résoud notre
CHAPITRE 2. MODES GLISSANTS D’ORDRE SUPÉRIEUR 53
problème, c’est-à-dire forcer le système à évoluer au bout d’un temps fini sur la surface
S. Néanmoins, l’utilisation d’un mode glissant d’ordre deux permet d’éviter le phénomène
de réticence. En utilisant une telle stratégie, la commande u se trouve alors être la sortie
d’un système dynamique du premier ordre. Les algorithmes discontinus sont appliqués en
fait à la dérivée par rapport au temps u̇, qui devient la nouvelle variable de commande du
système considéré et conduit à l’obtention d’un régime glissant d’ordre deux sur la surface
S. De cette façon, l’entrée u du système est maintenant continue et permet d’éviter le
phénomène de réticence [12, 15].
trajectory
s=0
Soit le système
ẋ = f(t, x, u) (2.30)
s = s(t, x) (2.31)
où les hypothèses de continuité sur f et s sont les mêmes que pour le système (2.1), mais
où u ∈ U ⊂ IR m et s ∈ IR n+1 . L’objectif de commande est d’amener les trajectoires du
système sur la surface s = 0 en temps fini. L’approche par les modes glissants d’ordre
deux permet la stabilisation en temps fini de la variable s et de sa dérivée ṡ en définissant
une loi de commande discontinue adaptée qui peut être l’entrée réelle du système ou sa
dérivée par rapport au temps, selon le degré relatif de (2.30). Nous allons voir ici sous
quelles conditions des algorithmes glissants du second ordre permettent d’atteindre cette
objectif. Par analogie avec le cas mono-entrée, on peut se ramener au problème de la
stabilisation du système :
ẏ1 = y2
, (2.32)
ẏ = Ψ(t, y) + Θ(t, y)v
2
£ ¤T
où y1 = s, y2 = ṡ, y T = y1T , y2T , y ∈ W ⊂ IR 2m et Ψ et Θ sont respectivement un
champs de vecteur et une matrice connus de façon incertaine tels que :
chaque composante de v étant soit l’entrée réelle du système, soit sa dérivée, selon le
CHAPITRE 2. MODES GLISSANTS D’ORDRE SUPÉRIEUR 55
m
X
ẏ2i = Ψi (t, y) + Θii (t, y)vi + Θij (t, y)vj .
j=1,j6=i
m
X
|Θij | < Θii , i = 1, ..., m (2.34)
j=1,j6=i
Cette condition permet de découpler suffisamment les entrées. Ceci fait que les algo-
rithmes d’ordre deux présentés précédemment (pour les systèmes mono-entrée) à chaque
entrée vi peuvent être appliqués afin de résoudre le problème posé. Par exemple, les
conditions de convergence relatives à l’algorithme sous-optimal sont données dans [20].
La condition (2.34) est assez restrictive car dans de nombreux cas pratiques, la matrice
Θ est seulement définie positive, comme par exemple la matrice d’inertie des systèmes
lagrangiens. Pour ces systèmes, une solution a été donnée dans [20], mais la convergence
vers la surface n’est qu’asymptotique. Dans le Chapitre 4, nous donnerons une autre
solution pour ce problème, s’appuyant sur la forme régulière.
Conclusion
Dans cette partie, nous avons présenté les idées clés de la commande par modes glis-
sants. Pour différentes raisons, l’exposé sur les modes glissants d’ordre un a été restreint
à des systèmes mono-entrée et affine en l’entrée mais l’ensemble des résultats peut s’ap-
pliquer, sous certaines conditions, à des systèmes d’ordre plus général. Les principes ont
été donnés dans le cas des régimes glissants classiques (d’ordre un) : notions de surface
invariante et de commande équivalente, conditions d’existence, propriétés de robustesse.
L’inconvénient majeur de cette méthode, en l’occurence le phénomène de réticence, peut
être contourné par l’introduction des modes glissants d’ordre supérieur. Ceux-ci semblent
être des outils efficaces pour commander des systèmes soumis à des incertitudes tout en
obtenant une meilleure précision de convergence par rapport au mode glissant réel d’ordre
un. Des exemples d’algorithmes générant des modes glissants d’ordre deux ont été pré-
sentés, en donnant pour chacun d’entre eux les conditions suffisantes de convergence et
il a été vu que ces techniques résultent en l’élaboration de lois de commande relative-
ment simples. Il a toutefois été implicitement supposé que toutes les variables d’état
étaient disponibles, ce qui n’est pas forcément le cas en pratique. C’est pourquoi de nom-
breux travaux, axés sur le développement de surfaces de glissement et de commandes
uniquement basées sur les signaux de sorties ou sur l’utilisation d’observateurs impli-
quant les concepts des systèmes à structures variables ont été entrepris. Des exemples
seront développés dans les Chapitres 4 (Stabilisation) et 5 (Application à la machine
asynchrone). Dans ce qui suit maintenant, nous allons nous pencher sur la définition
et sur les conditions d’obtention de formes de systèmes particulièrement adaptées à la
synthèse de commande par modes glissants.
56
Deuxième partie
Résultats
57
Chapitre 3
Mise en forme
3.1 Introduction
Le but de ce chapitre est de montrer comment des classes de systèmes non linéaires
peuvent, par l’intermédiaire de changements de coordonnées locaux dans l’espace d’état,
être mis sous des formes adéquates pour la synthèse de lois de commande ou d’obser-
vateurs par modes glissants. Trois formes, ainsi que leurs conditions d’obtention, sont
présentées ici :
— une forme chaînée qui est représentative de nombreux systèmes non holonomes et
sujette à de nombreuses études du point de vue commande ;
59
60 CHAPITRE 3. MISE EN FORME
Dans [117], une hypothèse fondamentale repose sur le fait que le rang de la matrice
G(x) doit être maximal (m). Le théorème suivant montre, s’il y a plus d’entrées que le
rang de G, comment retrouver l’hypothèse classique en utilisant un retour d’état statique.
r m−r
z }| {z }| {
X 0 ··· 0 0 ··· 0
.. ... ... .. .. ..
. . . .
.. ... .. ..
. 0 . .
G(x)W (x) = X ··· ··· X 0 ··· 0 .
X ··· ··· X 0 ··· 0
.. .. .. ..
. . . .
X ··· ··· X 0 ··· 0
0
où v ∈ Rr est le nouveau vecteur de commande et G (x) est une matrice (n × r) et de
rang plein r.
Dans un premier temps, le but est de trouver un difféomorphisme z = φ(x) tel que le
système non perturbé
ẋ = f (x) + G(x)u, (3.5)
soit transformé en
ż = f1R (z1 , z2 ) + GR (z1 , z2 )u
1
ż2 = f2R (z1 , z2 ) . (3.6)
z1 ∈ Rd , z2 ∈ R(n−d)
Les conditions d’existence d’une telle transformation ont été originellement données par
Luk’yanov et Utkin dans [117], dans le cas où d = m. Une généralisation de ce résultat,
où d peut être supérieur ou inférieur au nombre d’entrées m, a été établie dans [130].
∀τ 1 ∈ ∆, ∀τ 2 ∈ ∆ : [τ 1 , τ 2 ] ∈ ∆ ; (3.7)
on obtient le résultat classique de [117] (d = d∆ = m). Ici, d n’est pas forcément égal à
m.
© ª
∆G = Vect Adkgi gj (x) : i ∈ {1..m} , j ∈ {1..m} , k ∈ {0..∞} .
Preuve. Puisque p ∈ ∆G , ∀ω ∗ ∈ ∆⊥ ∗
G :< ω , p >= 0, et par le difféomorphisme φ(x)
Remarque 30 Si ∆G = Vect {g1 (x), . . . , gm (x)} est involutive, alors l’hypothèse H0)
correspond à la classique “matching condition” (voir [61]). Dans ce cas, il est connu que
le régime en mode glissant est insensible à ce type de perturbations.
ce problème. Bon nombre d’entre eux peuvent être mis sous une forme particulière, dite
chaînée, et c’est pour cette raison que nous nous intéressons à celle-ci. Mais faisons avant
tout quelques rappels sur les systèmes non holonomes.
W (x)ẋ = 0 (3.8)
£ ¤T
où x ∈ IR n est le vecteur d’état, W (x) = ω 1 (x), ..., ω k (x) est une matrice de dimension
(k × n). Ces contraintes sont dites non holonomes si elles ne sont pas intégrables. Les k
covecteurs ω i sont supposés être linéairement indépendants (si cela n’est pas le cas, les
contraintes qui sont liées peuvent être éliminées) de telle façon que W (x) est une matrice
de rang plein pour tout x ∈ IR n . Afin d’étudier ce type de système d’un point de vue
du comportement des variables d’état et non plus des contraintes, on peut montrer qu’il
est possible de trouver une base de vecteurs gj (x) ∈ IR n , j = 1, ..., n − k appartenant à
l’annulateur de la distribution engendrée par les contraintes telles que les trajectoires du
système soient solutions de [125] :
où u1 , ..., un−k sont des entrées de commande choisies de façon appropriée. Un bon nombre
d’exemples tels que les robots mobiles, les véhicules articulés, le robot sauteur ou encore le
modèle académique appelé “knife edges” [125] possèdent deux entrées, et donc beaucoup
de résultats dans la littérature concernent la classe de systèmes (3.9) pour n − k = 2 i.e. :
Dans [127], il a été montré que, par difféomorphisme et retour d’état (et sous certaines
conditions), le système (3.10) pouvait être transformé en ce qui s’appelle une forme
CHAPITRE 3. MISE EN FORME 65
chaînée :
ż1 = v1
ż = v2
2
ż3 = z2 v1 , (3.11)
..
.
ż = z v
n n−1 1
Les deux obstacles majeurs en ce qui concerne la commande des systèmes non holo-
nomes sont :
Toutefois, afin de surmonter ces difficultés, des méthodes variées ont été envisagées :
des retours d’état homogènes ou dépendant du temps [133, 135], des commandes sinu-
soïdales et polynômiales [126, 156], des commandes continues par morceaux [101, 123],
des méthodes basées sur la platitude [79] ou encore des approches par rétro-itération
(backstepping) [106, 105, 121]. Il est important de noter que peu de commandes assurent
à la fois une convergence rapide et des propriétés de robustesse.
Dans ce paragraphe, nous nous intéressons à un système non holonome à deux entrées,
soumis à des perturbations p dépendant de l’état et/ou du temps :
quelles conditions le système (3.12) peut se mettre sous la forme chaînée suivante :
ż1 = v1 + p1 (z, t)
ż = v2 + p2 (z, t)
2
ż3 = z2 (v1 + p1 (z, t)) , (3.13)
..
.
ż = z (v + p1 (z, t))
n n−1 1
© ª
∆0 = Vect g1 , g2 , adg1 g2 , ..., adn−2
g1 g2 , (3.14)
© ª
∆1 = Vect g2 , adg1 g2 , ..., adn−2
g1 g2 , (3.15)
© ª
∆2 = Vect g2 , adg1 g2 , ..., adn−3
g1 g2 . (3.16)
A3) il existe une fonction h1 (x) telle que dh1 .∆1 = 0 et dh1 .g1 = 1,
£ ¤T
z = φ(x) = h1 (x), Ln−2
g1 h2 (x), ..., Lg1 h2 (x), h2 (x) , (3.17)
et le retour d’état
1 Lg2 Ln−2
g1 h2 (x) 0
u = ψ(x)v = v, (3.18)
Lg2 Ln−2
g1 h2 (x) −Ln−1
g1 h2 (x) 1
CHAPITRE 3. MISE EN FORME 67
0 (voir [125]).
Bushnell et al. [32] ont généralisé ce résultat dans le cas où le nombre d’entrées est
supérieur à deux. Dans [29], Boutat et Barbot ont relaxé les hypothèses sur l’involutivité
des distributions ∆1 et ∆2 , et obtiennent une forme chaînée avec des termes résiduels au
moins d’ordre trois.
Utilisant le même difféomorphisme et le même retour d’état, une condition nécessaire
et suffisante sur la perturbation est maintenant donnée afin de mettre le système (3.12)
sous la forme chaînée perturbée (3.13).
Théorème 33 (Floquet et al. [81]) Soit le système perturbé (3.12). Sous les hypothèses
A1-A3, (3.12) peut être transformé en la forme chaînée (3.13) si et seulement si pour
tout t
p(x, t) ∈ Vect {g1 (x), g2 (x)} .
Preuve. ♦ Condition suffisante : puisque p(x, t) ∈ Vect {g1 (x), g2 (x)}, on peut écrire :
ż3 = Ln−2
g1 h2 (v1 + α(x, t))
.
.
..
ż = L h (v + α(x, t))
n g1 2 1
Et en posant
p1 (z, t) = [α(x, t)]x=φ−1 (z) ,
68 CHAPITRE 3. MISE EN FORME
£ ¤
p2 (z, t) = α(x, t)Ln−1 n−2
g1 h2 (x) + β(x, t)Lg2 Lg1 h2 (x) x=φ−1 (z) ,
ż3 = z2 v1 + dLn−3
g1 h2 .p
. (3.20)
..
.
ż = z v + dh .p
n n−1 1 2
Puisque rang ∆0 (x) = n pour tout x ∈ IR n , la perturbation peut s’écrire comme une
combinaison linéaire de n champs de vecteurs indépendants engendrant ∆0 (x), c’est-à-
dire :
n
X
p(x, t) = α1 (x, t)g1 (x) + α2 (x, t)g2 (x)+ αi (x, t)adi−2
g1 g2 .
i=3
on
n−1
X
dLg1 h2 .p = α1 zn−2 + αi dLg1 h2 .adi−2
g1 g2 .
i=3
Sachant que
dLg1 h2 .adi−2 i−1 i−2
g1 g2 = dh2 .adg1 g2 + Lg1 (dh2 .adg1 g2 )
α3 = · · · = αn = 0,
ce qui signifie que p(x, t) ∈ Vect {g1 (x), g2 (x)} pour tout t.
Cette forme a été introduite par Fliess dans [76] et la transformation d’état permettant
d’aboutir à celle-ci comprend la variable d’entrée et un nombre fini de ses dérivées :
u, u̇, . . . , u(β) . Toutefois, elle ne s’applique pas aux systèmes linéaires multivariables et
stationnaires, ni aux systèmes autonomes.
On note que la dynamique des zéros est donnée par f (0, u, u̇, . . . , u(α) ) = 0. Le système
(3.21) est alors dit localement/globalement à minimum de phase si le point d’équilibre
u = 0, u̇ = 0 ,..., u(α−1) = 0 de f (0, u, u̇, . . . , u(α) ) = 0 est localement/globalement
asymptotiquement stable. Si f est suffisamment continue, d’après le théorème des fonc-
tions implicites, il existe un champ de vecteur g de même degré de continuité que f tel
70 CHAPITRE 3. MISE EN FORME
que :
ξ̇ 1 = ξ 2
ξ̇ = ξ 3
2
..
. , u = ξ 1. (3.22)
ξ̇ α−1 = ξ α
ξ̇ = g(ξ)
α
Cette dynamique n’est pas linéarisable par retour d’état statique, mais on peut la mettre
sous la forme canonique de commandabilité généralisée. z1 étant un élément primitif, en
posant le changement de coordonnées z1 = x1 , z2 = ż1 , z3 = z̈1 , on obtient :
ẋ = x2
1
ẋ2 = x3 .
ẋ = ux x − u2 x + x3 −u̇2
3 1 2 1 x2 −u
+ ü
x3 − u̇2 X 3
ux1 x2 − u2 x1 + + ü = ai xi + v
x2 − u i=1
est alors un retour d’état dynamique linéarisant, dans le sens où elle peut être vue comme
une équation différentielle en u.
La forme présentée ici est d’un intérêt particulier dans le cadre de commandes dis-
CHAPITRE 3. MISE EN FORME 71
3.5 Conclusion
Ce bref chapitre a été l’occasion d’introduire des formes de systèmes qui nous seront
particulièrement utiles par la suite en ce qui concerne l’aspect commande. Des conditions
originales ont également été données sur les perturbations susceptibles d’intervenir sur
le système. Le chapitre suivant est dédié à la stabilisation. Partant de chacune des ces
formes, une loi de commande par modes glissants est réalisée de façon à maintenir le
système considéré en un de ses points d’équilibre.
72 CHAPITRE 3. MISE EN FORME
Chapitre 4
Stabilisation
4.1 Introduction
Pour un système très général de la forme ẋ = f (t, x), xe est un point d’équilibre si
f (t, xe ) = 0, t ≥ 0. Sans perte de généralités, nous considérerons que le point d’équilibre
xe est l’origine, une simple translation x̃ = x−xe permettant de s’y ramener. Un équilibre
est dit stable si, après avoir été écarté faiblement de sa position, le système considéré
prend une position peu différente. Il est dit asymptotiquement stable si, dans les mêmes
conditions, il rejoint sa position d’origine. De nombreuses études ont été développées
utilisant et généralisant les notions de stabilité définies par Lyapunov, qui consistent à
étudier le comportement des solutions d’un système d’équations différentielles, sans la
connaissance explicite de celles-ci. Un tour d’horizon complet sur cette question peut
être trouvé dans les ouvrages de Hahn [95], et plus récemment de Khalil [107].
Dans le cadre plus général des systèmes commandés ẋ = f(t, x, u), le problème de la
stabilité d’un point d’équilibre doit être étendu à celui de la poursuite d’une trajectoire de
référence xr (t). Il s’agit alors de générer une commande u(t) fonction de l’état x(t) et de la
référence xr (t) et d’évaluer qualitativement ou quantitativement la convergence de l’écart
e(t) = x(t)−xr (t). Une des questions fréquemment rencontrées est celle de la stabilisation,
c’est-à-dire trouver une commande telle que l’état x = 0 soit asymptotiquement stable.
Dans ce type de stabilisation, les trajectoires du système se rapproche infiniment près du
point d’équilibre, mais sans jamais l’atteindre. Dans ce chapitre, nous nous intéresserons
également à la stabilisation en temps fini, c’est-à-dire à amener les trajectoires exactement
73
74 CHAPITRE 4. STABILISATION
£ ¤−1
avec le retour statique u = GRr (z) (−f1R (z) + v), qui est bien défini puisque par
hypothèse GR
r (z) est de rang plein. Notre objectif est ici de synthétiser des commandes
CHAPITRE 4. STABILISATION 75
Dans ce paragraphe, une commande par modes glissants d’ordre un permet d’énoncer
le théorème suivant :
¡ ¢−1
u = GR
(−f1R (z) + v),
r (z) (4.4)
∂a(z2 ) R
v = −k(x) SGN(s) + f (z), (4.5)
∂z2 2
76 CHAPITRE 4. STABILISATION
° °
0 L°
° ∂V2 °
° ,
k(x) = k (x) + ° (4.6)
α ∂z2 °1
° °
k 0 (x) > 0,avec k 0 (x) > °pR °1 et pouvant être constant ou non ;
2) Si l’origine 02 de (4.3) est globalement asymptotiquement stable, alors l’origine
de (4.1) est globalement asymptotiquement stable avec la commande u définie par (4.4),
(4.5).
∂V2 £ R ¤
V̇ = αs> ṡ + f2 (z1 , z2 ) − f2R (a(z2 ), z2 ) + f2R (a(z2 ), z2 ) .
∂z2
£° ° ¤ ∂V2 R
V̇ · α °pR °1 − k(x) s> SGN(s) + f2 (a(z2 ), z2 )
° ° ∂z2
° ∂V2 ° >
°
+L ° ° s SGN(s). (4.7)
∂z2 °1
Le choix du gain (4.6) assure alors la stabilité asymptotique et globale de l’origine (en
utilisant une généralisation du théorème de Lyapunov donnée dans [75]).
Prouvons maintenant la première assertion du théorème. De la même manière que
dans [130], en utilisant la réciproque du théorème de Lyapunov (voir [95]), il existe une
fonction de Lyapunov V2 (z2 ) (continûment différentiable) et une constante ρ2 telle que V̇2
est définie négative le long des trajectoires de (4.3) pour toute évolution partant initiale-
n o
(n−m)
ment de l’ensemble S2 (ρ2 ) = z2 ∈ IR : V2 (z2 ) · ρ2 . Considérons alors des condi-
tions initiales dans l’ensemble défini par S(ρ2 ) = {z ∈ IR n : V (z1, z2 ) · ρ2 }. Le membre
de droite de (4.7) avec le gain (4.6) est toujours négatif et ceci implique la stabilité
asymptotique de l’origine du système (4.1).
° °
° 2°
Remarque 35 Si, en plus de l’expression (4.6), on a les conditions lim ° ∂V
∂z2 °
= lim k 0 (z) =
z2→0 z→0
0 et π pR = 0, alors la réticence s’atténue progressivement jusqu’à devenir nulle lorsque
l’état du système tend vers l’origine. La première condition n’est pas vraiment restrictive
CHAPITRE 4. STABILISATION 77
car, dans la plupart des cas, les fonctions de Lyapunov sont localement au moins qua-
dratiques. On peut également remarquer qu’au lieu de la fonction signe, il est possible
d’utiliser n’importe quelle fonction sigmoïde nulle à l’origine.
Dans le but de réduire les phénomènes de réticence, nous allons maintenant stabiliser
le système avec une commande par modes glissants d’ordre supérieur. Pour cela, quelques
hypothèses supplémentaires sont nécessaires :
H’3) il existe σ 1 > 0, σ 2 > 0 tels que pour tout z ∈ Ωσ = {z ∈ IR n /|z1 | < σ 1 et
|z2 | < σ 2 } on a :
° R°
°p ° < π 1 , (4.8)
1
° R°
°ṗ ° < π 2 , (4.9)
1
° °
° ∂a(z2 ) R °
° ° (4.10)
° ∂z2 f2 (z)° < C1 ,
1
D’après H’3) et H’6), et puisque ξ est borné, il existe des constantes positives K1 et
K2 telles que : °
° µ ¶T °
° T ∂V2 ° °
°B (s, z2 ) ° < K1
° ∂z2 °
1
° µ ¶T °
°d ∂V °
° T 2 °
° (B (s, z2 ) )° < K2
° dt ∂z2 °
1
Théorème 36 Sous les hypothèses H0), H1), H2), H’3), H4) et H’6), on peut trouver des
gains λmi , λMi , i ∈ {1, ..., m} tels que l’origine de (3.2) soit localement asymptotiquement
stable sous l’effet de la commande :
" µ ¶T #
¡ ¢−1 ∂a(z2 ) R ∂V2
u = GR (z) −f1R (z) + ξ + f2 (z) − B T (s, z2 ) , (4.13)
∂z2 ∂z2
−ξ i si |ξ i | > b
ξ̇ i = −λmi sgn(si ), si si ṡi · 0, |ξ i | < b (4.14)
−λ sgn(s ), si s ṡ > 0, |ξ | < b
Mi i i i i
et en prenant
λmi > K2 + π 2 (4.15)
b > K1 + π 1 + C1 (4.17)
µ ¶T
d ∂V2
s̈ = v + ṗ − (B T (s, z2 )
R
).
dt ∂z2
(λmi + α)
ri =
(λMi − α)
α = π 2 + K2 .
Dans ce qui suit, nous noterons sd la composante dont la pseudo-période T0d = T0 ṡd (0)
est la plus longue. A chaque k ième tour, les demi-axes positifs du plan de phase sont
croisés aux points
s (e
d tk ) = 0
A=
ṡ (e k
d tk ) = rd ṡd (0)
et
s (e k 2k
d tk + rd t1 ) = rd sd (t1 )
B=
ṡ (e k
d tk + rd t1 ) = 0
e
tk représentant l’instant où la surface de Poincaré {sd = 0, ṡd > 0} est traversée pour la
k ième fois (la définition de t1 est donnée dans l’Annexe C).
m
X ∂V2 R
R T
V̇ = 2(ξ + p ) s + 2 ṡi s̈i + 2γ ṡd s̈d + f (a(z2 ), z2 ).
i=1,i6=d
∂z2 2
Discrétisons cette équation chaque fois que la trajectoire de l’état a traversé n fois la
surface de Poincaré {sd = 0, ṡd > 0} (ce qui est justifié d’après l’évolution des trajectoires
80 CHAPITRE 4. STABILISATION
∆V = V (e
tk+n ) − V (e
tk )
ek+n "
tZ #
m
X
= 2(ξ + pR )T s + 2 ṡi s̈i + 2γ ṡd s̈d + V̇2|z1 =a(z2 ) dt
e i=1,i6=d
tk
e e e
tZ
k+n µ ¶ ¸ m
X
tZ
k+n tZ
k+n
∂V2
= 2 ṡT + B(s, z2 ) sdt + 2 ṡi s̈i dt + 2γ ṡd s̈d dt + ∆V2|z1 =a(z2 )
∂z2 i=1,i6=d e
e
tk tk e
tk
X
m
£¡ ¢ ¡ ¢¤ £ ¤
= s2i (e
tk+n ) − s2i (e
tk ) + ṡ2i (e
tk+n ) − ṡ2i (e
tk ) + γ ṡ2d (e
tk+n ) − ṡ2d (e
tk )
i=1,i6=d
e
tZ
k+1 µ ¶
∂V2
+2 B(s, z2 )sdt + ∆V2|z1 =a(z2 )
∂z2
e
tk
= ∆W + ∆V2|z1 =a(z2 )
q
ṡ2 (e
tk ) ¯ ¯
max |si | · i tk )¯ ·
+ ¯si (e ṡ2i (e
tk ) + s2i (e
tk ),
t∈[e
tk ,e
tk+1 ] λm i − α
donc
e
tZ
k+1 µ ¶ q
∂V2
B(s, z2 )sdt · mK1 ∆t max ṡ2i (e
tk ) + s2i (e
tk ),
∂z2 i∈{1,m}
e
tk
où
n
1 − rd e
∆t = e
tk+n − e
tk = T0 ṡd (tk ).
1 − rd
Pour n assez grand, il existe αn ∈ ]0, 1[ tel que :
[ṡ2i (e
tk+n ) + s2i (e
tk+n )] = αn [ṡ2i (e
tk ) + s2i (e
tk )], i ∈ {1, ..., m}
q
X1 = max ṡ2i (e
tk ) + s2i (e
tk )
i∈{1,...,m}
X2 = ṡd (e
tk ),
CHAPITRE 4. STABILISATION 81
on obtient :
1 − rdn
∆W · (m − 1)(αn − 1)X12 + 2mK1 T0 X1 X2 + γ(rd2n − 1)X22 .
1 − rd
ou µ ¶2
K1 T0
m (1 − rdn ) + γ(m − 1)(αn − 1)(rdn + 1) < 0 (4.18)
1 − rd
L’inégalité (4.18) est vérifiée par un choix judicieux de γ, ce qui implique la convergence
vers l’origine de tout z appartenant à l’ensemble Ω(ρ2 ) ∩ Ωσ .
T0 √1 ,
Remarque 37 1) Pour de larges valeurs de λMd , 1−rd
est équivalent à λMd
ce qui
signifie que l’on peut fixer γ aussi bien que λMd tels que (4.18) soit vraie, tout en sachant
qu’augmenter γ restreint le domaine des conditions initiales alors que choisir λMd plus
important conduit à des gains de commande plus grands.
2) Afin d’utiliser la dérivée de s dans l’algorithme du twisting, qui est fonction de
la perturbation, nous introduisons le système dynamique auxiliaire suivant, qui est un
estimateur de cette perturbation :
.
µ ¶T
∂a(z2 ) R ∂V2
zb1 = ξ + f (z) − B T (s, z2 ) + Γ SGN(z1 − zb1 ).
∂z2 2 ∂z2
.
ė = (ż1 − zb1 ) = pR − Γ SGN(e)
où SGN eq (e) est obtenu grâce à un filtre passe-bas et on dérive le signal filtré. En procédant
de cette façon, on génère quelques approximations qui sont toutefois négligeables si le
82 CHAPITRE 4. STABILISATION
filtre est bien choisi. Une autre solution pour obtenir ṗR est d’utiliser un observateur par
modes glissants d’ordre supérieur ([28]). Dans la pratique, posséder une information sur
la perturbation n’est pas indispensable si on utilise un algorithme uniquement basé sur la
connaissance de s (tel que le twisting algorithme réel).
3) Dans la démarche précédente, il a été supposé que l’on avait une bonne connais-
sance de la matrice G des entrées du système (4.1) ; tel est le cas pour certains systèmes
lagrangiens. Par contre, si G n’est connue que de façon incertaine, la démonstration
précédente peut être adaptée en supposant que cette matrice est à diagonale fortement
dominante (ou bien définie positive) et en appliquant l’algorithme d’ordre deux présenté
dans [20] pour le cas multivariable et qui a été décrit dans le chapitre 2.
Exemple
Des simulations ont été effectuées dans le cas d’un système mono-entrée :
ẋ = u + p1 (x)
1
ẋ2 = x3 − x1 + 2x1 u + p2 (x) , (4.19)
ẋ = −x2 − x + x + u + p (x)
3 1 1 2 3
La loi de commande v est d’ordre un, ainsi qu’elle a été définie dans (4.5), avec
k = 10, et une simulation faite dans ce cas-ci est donnée Figure 4-1 (l’unité de temps est
la seconde).
La Figure 4-2 illustre les résultats lorsque ξ est la commande par modes glissants
d’ordre deux (4.14) avec λm = 10 et λM = 35. Chacun des états converge en temps fini et
on peut observer que la réticence sur la commande ξ est diminuée par rapport au régime
glissant classique. La précision obtenue sur x1 , x2 et x3 est en O(T 2 ) pour le second ordre
alors qu’elle est en O(T ) pour le premier ordre (T est la période d’échantillonnage).
1
0
0.8
-0.2
0.6
x1
x2
0.4 -0.4
0.2 -0.6
0 -0.8
-0.2 -1
0 2 4 6 8 0 2 4 6 8
t t
2.5
10
2
5
1.5
x3
0
v
1
0.5 -5
0 -10
0 2 4 6 8 0 2 4 6 8
t t
Fig. 4-1: Stabilisation de (4.19) par un ordre un avec x10 = 0.5, x20 = −0.75, x30 = 2
84 CHAPITRE 4. STABILISATION
1
0.5
0.8
0.6
0
x1
x2
0.4
0.2
0 -0.5
-0.2
0 2 4 6 8 0 2 4 6 8
t t
2
2
1.5
0
ksi
x3
0.5 -2
0
-4
0 2 4 6 8 0 2 4 6 8
t t
Fig. 4-2: Stabilisation de (4.19) par un ordre deux avec x10 = 0.5, x20 = −0.75, x30 = 2
et ξ 0 = 0
Ces dernières années, le problème concernant la stabilisation des systèmes non ho-
lonomes a été très largement étudié (voir [109] pour un état de l’art ou par exemple
[101, 104, 105, 122, 123, 125, 126, 135]). Dans ce chapitre, nous nous intéressons à stabi-
liser un système non holonome à deux entrées, soumis à des perturbations p :
données :
ż1 = v1 + p1 (z, t)
ż = v2 + p2 (z, t)
2
ż3 = z2 (v1 + p1 (z, t)) , (4.21)
..
.
ż = z (v + p1 (z, t))
n n−1 1
Le terme “pratique” employé ici signifie que l’état du système pourra être rendu
arbitrairement petit au bout d’un temps que l’on aura fixé par avance. Dans ce qui suit,
nous considérons le cas particulier où n = 3 (représentatif de nombreux systèmes réels),
c’est-à-dire :
ż = v1 + p1 (z, t)
1
ż2 = v2 + p2 (z, t) . (4.22)
ż = z (v + p1 (z, t))
3 2 1
¯ 2 ¯
¯p (z, t)¯ · π 2 + π 02 (z),
pour tout z ∈ Ω et pour tout t > 0. Ces conditions impliquent qu’il n’est pas nécessaire
que la perturbation s’annule lorsque l’état atteint l’origine. π i (i = 1, 2) est une constante
0
positive connue (pas nécessairement nulle) et π i (z) est une fonction positive de l’état.
86 CHAPITRE 4. STABILISATION
C = sgn(z20 ) étant une constante. Les deux fonctions continues et dépendantes du temps
f et g doivent avoir les propriétés suivantes :
p1) f et g sont positives pour tout t > 0,
p2) lim g(t) = 0,
t→+∞
Rt
p3) lim 0 f(τ )g(τ )dτ = +∞,
t→+∞
Théorème 38 (Floquet et al. [81]) Par le biais de la commande par modes glissants
h Rt i
v = −k sgn z + C f(τ )z (τ )dτ , t · t2
1 1 1 0 3
v = −k sgn z , t > t
1 1 1 2
, (4.23)
v = −k sgn [z − Cg(t)] , t · t
2 2 2 1
v = −k sgn z , t > t
2 2 2 1
0 0 0 0
où k1 (z) > π 1 + π 1 (z) + K |z3 | + k1 , k2 (z) > π 2 + π 2 (z)+ sup | ġ| + k2 , t1 étant l’instant
t
où {s1 = s2 = 0 et |z3 | · ε} et t2 le premier instant tel que z2 (t2 ) = 0, l’état de (4.22)
converge en temps fini à l’intérieur de l’ensemble défini par Ωε = {z1 = z2 = 0, |z3 | < ε}.
0
Preuve. De part les gains k1 , k2 choisis, si ṡi < −ki |si | , i = 1, 2. En effet,
¡ ¢ 0
s1 ṡ1 = s1 −k1 sgn(s1 ) + p1 (z) + Cf(τ )z3 < −k1 |s1 |
0 0 0
puisque k1 (z) > π 1 + π 1 (z) + K + k1 . On obtient s2 ṡ2 < −k2 |s2 | par des considérations
similaires. Alors (voir [159]), pour t ≥ t0 , un régime glissant s’installe sur la surface
s1 = s2 = 0. Notons que sgn(z2 ) = sgn(Cg(t)), et donc z2 (t) atteint la surface z2 = Cg(t)
sans avoir traversé l’axe z2 = 0 avant t0 . Ceci est indispensable car sinon le contrôle v1
commute vers v1 = −k1 sgn z1 et la convergence de z3 vers l’origine est alors impossible.
CHAPITRE 4. STABILISATION 87
¡ ¢
v1 + p1 (z, t) eq
= −Cf (t)z3 ,
Dans la littérature, peu de résultats concernant la stabilisation des systèmes non ho-
lonomes allient à la fois robustesse et performances au niveau de la précision de conver-
gence. La plupart des lois de commande asssurant une convergence exponentielle ou en
temps fini (voir [122], [123], ...) se révèlent être sensibles vis-à-vis des perturbations ou
des erreurs de modélisation. D’un autre côté, les contrôles supposés être peu sensibles
aux perturbations, comme par exemple les retours d’états continus dépendants du temps
88 CHAPITRE 4. STABILISATION
[135], implique une convergence assez lente. De plus, peu de résultats traitent de l’aspect
robustesse. Dans [23] et [100] est proposée une stabilisation robuste qui n’assure qu’une
convergence asymptotique. Dans [37], Canudas et Khenouf ont utilisé une approche par
les modes glissants mais pour un système dont seulement une entrée est sujette à des
perturbations. A notre connaissance, seul Jiang [104] a proposé un contrôleur robuste
pour la stabilisation exponentielle d’un système non holonome. Celui-ci est soumis à des
perturbations non linéaires qui ne vérifient pas forcément la condition de recouvrement,
mais qui doivent toutefois être “vanishing” et satisfaire une condition de triangularité.
Il est réalisé ici une loi de commande qui permet d’obtenir une stabilisation en temps
fini malgré des perturbations exogènes. Par là même, il est montré que les modes glissants
d’ordre supérieur ont une structure particulièrement bien adaptée à la stabilisation d’une
forme chaînée et qu’ils se révèlent utiles pour obtenir un bon compromis performance
/ robustesse. L’objectif de commande est donc de rallier l’origine du système (4.21) en
temps fini malgré les perturbations, p1 (z, t) et p2 (z, t), qui sont maintenant supposées
vérifier : ¯ i 1 ¯
¯∂ p ¯
¯ (z, t) ¯ · ∆z , i = 0, . . . , n − 2, (4.24)
¯ ∂z i ¯ i
¯ i 1 ¯
¯∂ p ¯
¯ (z, t) ¯ · ∆ti , i = 0, . . . , n − 2, (4.25)
¯ ∂ti ¯
¯ 2 ¯
¯p (z, t)¯ · π 2 , (4.26)
pour tout z et t, avec ∆zi , ∆ti et π 2 des constantes positives. Introduisons également
l’extension dynamique suivante :
ż1 = ξ 1 + p1 (z, t)
ξ̇ 1 = ξ 2
..
.
ξ̇ n−3 = ξ n−2
ξ̇ n−2 = w . (4.27)
ż2 = v2 + p2 (z, t)
ż3 = z2 (ξ 1 + p1 (z, t))
..
.
żn = zn−1 (ξ 1 + p1 (z, t))
CHAPITRE 4. STABILISATION 89
ż1 = a
ż = v2 + p2 (z, t)
2
ż3 = az2 , (4.28)
..
.
ż = az
n n−1
Deuxième étape :
Pour les instants supérieurs à T1 , appliquons un algorithme glissant d’ordre (n − 1) par
rapport à zn = 0 sur l’entrée v2 . Ainsi a-t-on génération d’une trajectoire de glissement
d’ordre (n − 1) et l’établissement des équations suivantes au bout d’un temps fini T2 :
zn = zn−1 = ... = z2 = 0.
Troisième étape :
Après t = T1 + T2 , les deux commandes commutent en
0 0 0 0
où k1 (z) = k1 + π 1 + π 1 (z) et k2 (z) = k2 + π2 + π 2 (z). Le choix de tels paramètres permet
de maintenir z2 à zéro (et donc z3 = z4 = ... = zn = 0), et finalement d’atteindre z1 = 0,
90 CHAPITRE 4. STABILISATION
algorithme glissant d’ordre (n − 1) par rapport à zn = 0, T1 · t · T1 + T2
v2 =
−k (z) sgn(z ), t > T + T
2 2 1 2
(4.30)
avec s1 , k2 , k1 , T1 , T2 définis précédemment, le système (4.21) est stabilisé à l’origine
en temps fini.
Afin d’illuster les résultats précédents, considérons un robot mobile dont le schéma
est donné Figure 4-3.
où q = [x, y, θ]T , g1 (q) = [0, 0, 1]T , g2 (q) = [cos θ, sin θ, 0]T , et P est une perturbation
telle que P (q, t) ∈ Vect {g1 (q), g2 (q)} pour tout t. x et y sont les coordonnées du centre
de gravité du robot, θ est l’orientation du véhicule par rapport à l’axe des x, et u1 , u2
représentent respectivement les vitesses angulaire et linéaire. Les deux roues arrières,
motrices, du robot sont actionnées par deux moteurs indépendants. Le robot va en ligne
droite ou tourne suivant que la vitesse des deux roues est la même ou non. La roue
avant est une roue folle uniquement destiné à stabiliser l’ensemble. Il est supposé que le
roulement se fait sans glissement (i.e. le vecteur vitesse du centre de gravité est orthogonal
à la direction de l’essieu arrière). Ceci impose une contrainte non holonomique sur le
mouvement du robot :
ẋ sin θ − ẏ cos θ = 0.
En choisissant
h =θ
1
,
h = x sin θ − y cos θ
2
et en utilisant le difféomorphisme
Stabilisation pratique Les fonctions intervenant dans les surfaces de glissement sont
choisies telles que :
f (t) = (t2 + 10)
.
g(t) = 1
t2 +10
92 CHAPITRE 4. STABILISATION
ẇ = −10w + 9.5v
1 1 1
, (4.33)
ẇ = −10w + 10.5v
2 2 2
π
Fig. 4-5: Stabilisation de (4.32-4.33) pour z10 = 4
, z20 = 1 et z30 = 2 en prenant en
compte la dynamique des actionneurs
Stabilisation en temps fini Ici, la loi de commande d’ordre supérieur est appliquée
sur le même exemple du robot mobile, décrit par un système de dimension trois. Une
commande par modes glissants d’ordre deux doit donc être utilisée. L’algorithme choisi est
la version modifiée de l’algorithme du twisting [86] (cf Chapitre 2), qui permet d’avoir une
convergence plus rapide. Pour cette application, une extension dynamique est introduite
dans le système (4.31). Ceci est nécessaire pour utiliser un algorithme glissant d’ordre
94 CHAPITRE 4. STABILISATION
Première étape :
−ρ sgn(s1 ), si s1 s.1 · 0
2 . m
w = −α s1 − 2α s1 + ,
−ρ sgn(s ), si s s. > 0
M 1 1 1
où s1 = z1 − 3t, et α = 4, ρm = 4, ρM = 40.
Deuxième étape : pour t ≥ T1 , une fois la surface {s1 = 0} atteinte, les trajectoires
évoluent suivant le système réduit :
ż = 3
1
ż2 = v2 + p2 (z, t) .
ż = 3z
3 2
¡ ¢
z̈3 = 3 v2 + p2 (z, t) ,
ce qui détermine les conditions (λm > π 2 et λM > λm + 2π2 ) de convergence sur la surface
z3 = z2 = 0 en un temps fini T2 .
CHAPITRE 4. STABILISATION 95
Troisième étape :
Après t = T1 + T2 , les deux lois de commande commutent en
k1 (z) = 10 et k2 (z) = 5.
En procédant de cette façon, l’état du système rejoint l’origine en temps fini, comme
illustré sur la Figure 4-6. On peut y observer le comportement des différentes variables
au cours des trois étapes. La surface s1 = 0 (z1 = 3t) ayant été atteinte, l’algorithme
glissant du second ordre de la deuxième étape entraîne la convergence de z2 et z3 vers
zéro. Ceci réalisé, la variable z1 converge également vers l’origine grâce à la commande
par modes glissants donnée dans la troisième étape.
8 2
6
1
4
z1
z2
0
2
0
-1
0 0.5 1 1.5 2 2.5 0 0.5 1 1.5 2 2.5
t t
1
2
1.5
0
1
z3
0.5
-1
0
-0.5 -2
0 0.5 1 1.5 2 2.5 -1 0 1 2 3
t x
Fig. 4-6: Stabilisation de (4.34) par modes glissants d’ordre deux pour z10 = π4 , z20 = 1
et z30 = 2
96 CHAPITRE 4. STABILISATION
p
Partant d’un compact Kr = {z ∈ R3 : z12 + z22 + z32 · r}, les instants T1 et T2
peuvent être évalués (voir la description de l’algorithme du twisting dans le chapitre 2)
en fonction de r, des gains de la commande et des bornes des perturbations et le temps
de convergence peut, par conséquent, être fixé.
Dans la première étape, on peut remarquer que si on utilisait un mode glissant clas-
sique, la surface s1 = 0 serait également atteinte en temps fini, et ceci sans avoir à rajouter
d’extension dynamique. L’intérêt d’utiliser ici des modes glissants d’ordre supérieur est
qu’après cette première phase, la dynamique équivalente réinjectée dans le reste du sys-
tème est d’autant plus précise que l’ordre de l’algorithme est important. Dans le cas
présent, en ayant choisi un ordre deux, la surface s1 = 0 est atteinte avec une précision
en O(τ 2 ), ce qui donne :
ż3 = z2 (a + O(τ )) .
ż3 = z2 (a + O(1)) ,
Cette expression doit de plus être une nouvelle fois dérivée dans la deuxième étape in-
troduisant des perturbations additionnelles encore plus importantes et qui ne sont pas
prises en compte dans la réalisation de la commande d’ordre deux. La convergence vers
la surface z3 = z2 = 0 s’en trouve donc dépréciée.
agit dans la première étape. Les autres étapes restent inchangées et l’état est stabilisé
une nouvelle fois en temps fini, mais avec plus de bruit sur chacune des variables.
CHAPITRE 4. STABILISATION 97
4
2
2
z1
z2
1
0
0
-2
0 0.5 1 1.5 0 0.5 1.5
t t
2.5 1
2 0.5
1.5
0
z3
1
y
-0.5
0.5
0 -1
-0.5 -1.5
0 0.5 1 1.5 -2 0 2 4 6
t x
π
Fig. 4-7: Stabilisation de (4.34) pour z10 = 4
, z20 = 1 et z30 = 2 en utilisant un seul
algorithme d’ordre deux
Remarques générales :
♦ La commutation de v2 dans la troisième étape est nécessaire car les conditions sur
la convergence de l’algorithme du twisting ne sont plus valides lorsque z1 tend vers zéro.
En effet, comme ż3 = z2 (v1 + p1 (z, t)), les gains λm et λM ne sont plus suffisamment
importants pour maintenir (z2 , z3 ) à (0, 0).
♦ Cette stratégie de commande peut très bien s’appliquer au problème, traité dans
[100, 104], où il s’agit de garer un unicycle soumis à des incertitudes paramétriques. Elle
98 CHAPITRE 4. STABILISATION
peut également être élargie à un système de la forme (exemple traité dans [104]) :
ż = v1
1
ż2 = v2 , (4.35)
ż = z v + d (t)z + d (t)z 2
3 2 1 1 3 2 3
pourvu que d1 (t), d2 (t) et leur dérivée soient bornées, même si elles ne satisfont pas aux
conditions (4.24), (4.25) et (4.26).
La stabilisation d’un corps rigide a été largement étudiée depuis plusieurs années. Le
problème particulier d’un satellite muni de seulement un ou deux couples d’entrée a reçu
une attention plus spéciale. Certains de ces travaux prennent en compte la totalité de
la dynamique (impliquant les variables de positions et de vitesses) (voir [33, 45, 124]) et
il a été prouvé que le système ne peut pas être stabilisé par retour d’état continu (il ne
satisfait pas la condition de Brockett [30]). Les résultats [2, 128, 129] se rapportent à la
stabilisation de la seule vitesse angulaire, qui, dans ce cas, peut être stabilisée asymptoti-
quement par retour d’état continu, même avec un seul couple d’entrée [3, 4, 152]. L’article
[2] est dédié au cas perturbé. Ici, élargissant la classe de perturbations admissibles qui
y est donnée, nous parvenons à des résultats de stabilité asymptotique mais aussi en
temps fini, pourvu que la commande réalisée soit à structure variable. Le choix d’utiliser
la technique des modes glissants, hormis pour leurs propriétés de robustesse, réside dans
le fait que, par exemple, les satellites sont généralement commandés par des actionneurs
“gas jet”, dont l’action est discontinue puisqu’ils délivrent des séquences d’impulsions (en
fait une étude plus fine des actionneurs nous conduirait à une analyse de type système
hybride).
Considérons un corps rigide de masse constante et actionné par trois couples d’am-
plitude kbi k τ i agissant dans la direction bi ∈ R3 . Sans pertes de généralités, on peut
faire l’hypothèse que ces couples sont appliqués dans la direction des axes principaux
CHAPITRE 4. STABILISATION 99
d’inertie (les résultats peuvent être étendus à toute autre localisation des actionneurs,
pour lesquels le système est commandable, après un changement d’état et de variables
de commande adéquat). La matrice d’inertie du système s’écrit alors J = diag(j1 , j2 , j3 )
avec ji > 0 et le modèle est donné par [128] :
µ ¶
(j2 − j3 ) (j3 − j1 ) (j1 − j2 ) T
f = ω3 ω2 , ω1ω3 , ω2 ω1 ,
j1 j2 j3
µ ¶
bik
G = .
jk
Le but est de maintenir une vitesse constante au système considéré, même si un des
actionneurs tombe en panne (i.e. u3 = 0). Par la suite, il est supposé que j1 6= j2 , ce qui
entraîne que le système soit commandable. De plus, celui-ci est soumis à des perturbations
p1 et p2 satisfaisant la condition de recouvrement [61]. Dans ce cas, le système devient :
j ω̇ (t) = ω 3 ω 2 (j2 − j3 ) + u1 + p1 (t, ω),
1 1
j2 ω̇ 2 (t) = ω 1 ω 3 (j3 − j1 ) + u2 + p2 (t, ω), (4.37)
j ω̇ (t) = ω ω (j − j ).
3 3 2 1 1 2
Le terme de perturbation p∗ (t, ω) = [p1 (t, ω), p2 (t, ω)]T est supposé satisfaire la condition :
0
kp∗ (t, ω)k1 · π + π (ω) ,
0
où π, π (ω) sont respectivement une constante et une fonction positives connues.
Stabilisation asymptotique
De part une stratégie de commande basée sur les modes glissants, nous désirons
contraindre le système à évoluer sur une surface où la convergence de ω 3 vers zéro (sta-
bilité asymptotique) est assurée.
♦ On notera u∗ = [u1 , u2 ]T , v ∗ = [v1 , v2 ]T ;
100 CHAPITRE 4. STABILISATION
avec a = (j1 − j2 ).
♦ On peut noter que : j3 ω̇ 3 (t) = aω 2 ω 1 = −a2 ω 33 + L(ω)s où L(ω) est le vecteur ligne
L(ω) = a [ω 3 ω 1 ].
Sous ces conditions, il peut être affirmé que :
Théorème 40 (Floquet et al. [82]) Il existe un gain k(ω) assurant une stabilisation
globale et asymptotique de l’origine de (4.37), par l’utilisation de la loi de commande :
2
(j2 − j3 )ω 2 ω 3 + 2 j1ja3 ω 1 ω 2 ω 3
u∗ = v∗ − ω 3 LT (ω) − , (4.38)
j2 a
(j3 − j1 )ω 1 ω 3 − ω ω
j3 1 2
avec
v∗ = −k(ω) SGN(s), (4.39)
0 0 0
et k(ω) = k + π + π (ω) où k est une constante positive.
1
V (ω) = (j1 s21 + j2 s22 + j3 ω 23 ),
2
£ ¤
V̇ = s> v ∗ − ω 3 LT + p∗ + aω 1 ω 2 ω 3
· −k 0 ksk1 − a2 ω 43 .
√
puisqu’elle est en o(1/ t) (sur la surface de glissement j3 ω̇ 3 (t) = −a2 ω 33 ). Pour pallier à
ce problème, une seconde commande est développée, utilisant des modes glissants d’ordre
deux.
Une stabilisation semi-globale1 et en temps fini est obtenue dans ce paragraphe. Po-
p ¯ ¯
sons Kα = {ω ∈ R3 : ω 21 + ω 22 + ω 23 · α} un ensemble compact avec α > ¯ a1 ¯ et
définissons le retour statique suivant :
(j2 − j3 )ω 2 ω 3
u∗ = v ∗ − , (4.40)
(j3 − j1 )ω 1 ω 3
v1 = −γω 1 (4.42)
1
v2 = −k2 (ω) sgn(ω 2 − ) (4.43)
a
• T1 · t < T2
−ω 1 − λm sgn(ω 1 ), si |ω 1 | > b
v1 = −j1 λm sgn(ω 3 ), si ω 3 ω 1 · 0, |ω 1 | < b (4.44)
−j λ sgn(ω ), si ω ω > 0, |ω | < b
1 M 3 3 1 1
1
Le terme “semi-globale” signifie que l’ensemble fini des conditions initiales peut être choisi arbitrai-
rement grand pour des gains adéquats.
102 CHAPITRE 4. STABILISATION
1
v2 = −k2 (ω) sgn(ω 2 − ) (4.45)
a
• t ≥ T2
v1 = −ω 1 − k1 sgn(ω 1 ) (4.46)
π1
Π= (4.48)
j1
b>Π (4.49)
0 0
k1 = k1 + Π, k1 > 0 (4.50)
λm > Π (4.51)
λM > λm + 2Π (4.52)
0 0 0
k2 (ω) = k2 + π2 + π 2 (ω) , k2 > 0. (4.53)
où µ ¶
1 ¡ √ ¢ 1
T0 = 1+ r 1+ √
λM − Π r
et
(λm + Π)
r= .
(λM − Π)
j2 0
Pour α et un instant T3 = T2 + |a|k20
donnés, il est possible de choisir λm , λM , k2
tels que pour toutes conditions initiales dans Kα , la commande (4.40) avec v ∗ définie par
(4.42)-(4.47) conduise à la convergence du système vers l’origine, au bout du temps T3
CHAPITRE 4. STABILISATION 103
préalablement fixé.
¯ ¯
α + ¯ a1 ¯
t1 < T1 = j2 0 .
k2
0 0
k 1 k
(ω 2 · − j22 t + ω 2 (0) si ω 2 (0) > a
et ω 2 ≥ − j22 t + ω 2 (0) si ω 2 (0) < a1 ).
Notons que, grâce à (4.42), l’ensemble de l’état reste borné durant cette phase car
pour t < T1 ,
γ
|ω 1 (t)| · α exp(− t) + Π,
j1
¸
|a| αj1 γ |a|
|ω 3 (t)| · α 1 + (1 − exp(− t)) + Πt .
j3 γ j1 j3
Deuxième étape : une fois que les trajectoires du système évoluent sur la surface
(4.56), la dynamique équivalente est :
j1 ω̇ 1 = v1 + p1
(4.57)
j ω̇ = ω
3 3 1
ω 1 (t2 ) = ω 3 (t2 ) = 0,
1
ω 2 (t2 ) = .
a
♦ Dans la troisième étape, v1 doit commuter vers v1 = −ω 1 −k1 sgn(ω 1 ) pour la même
raison que dans la stabilisation en temps fini de la forme chaînée (4.34).
♦ Dans la première étape, une commande par modes glissants d’ordre deux pourrait
également être choisie, à condition d’introduire une extension dynamique.
♦ On peut remarquer qu’après T3 , ω̇ 3 n’est en réalité pas nul mais est en O(τ 2 ) (si la
commande est réalisée par un bloqueur à la fréquence d’échantillonnage τ ). Il en résulte
une légère dérive de la vitesse angulaire ω 3 qui pourrait s’avérer non négligeable dans
une application réelle. La solution serait alors d’appliquer à cet instant le contrôleur
à structure variable dont la convergence est lente (voir le paragraphe précédent sur la
stabilisation asymptotique), mais qui assignerait ω 1 = ω 2 = ω 3 = 0 d’une façon plus
robuste.
Exemple
2
u1 = ω 23 + ω 2 ω 3 − ω 1 ω 2 ω 3 − 5 sgn(ω 1 − ω 23 ),
3
2
u2 = −ω 1 ω 3 − ω 1 ω 2 − 5 sgn(ω 2 − ω 3 ).
3
Les perturbations sont des bruits blancs. Une fois que la surface s = 0 a été atteinte, la
vitesse angulaire ω 3 rejoint l’origine suivant la dynamique j3 ω̇ 3 (t) = −a2 ω 33 qui, comme
on peut l’observer, est relativement lente. Au bout de 20 secondes, le satellite n’a toujours
pas retrouvé sa vitesse de croisière.
CHAPITRE 4. STABILISATION 105
L’observateur utilisé ici s’appuie sur les modes glissants. Ce type d’observateurs se
CHAPITRE 4. STABILISATION 107
révèle être très intéressant pour des raisons assez similaires à l’aspect commande. Les
dynamiques de l’erreur d’observation évoluent sur des variétés de dimension réduite et
leurs non linéarités sont “écrasées” par le terme de correction, qui est discontinu. Ces
observateurs peuvent de plus être appliqués à des systèmes soumis à des discontinuités,
des perturbations ou des incertitudes paramétriques. Enfin, point très important, les
variables observées convergent en temps fini vers l’état réel du système. Cependant, il faut
également ici faire face au problème de la réticence, qui peut être résolu par l’intermédiaire
de méthodes vues dans la Partie 1 (fonctions lissées au voisinage de la surface, modes
glissants d’ordre supérieur).
Pour le système
ẋ1 = x2
ẋ = x3
2
..
(CP ) ≡ . , y = x1 (4.58)
ẋn−1 = xn
ẋ = f (x, u, u̇, . . . , u(α) )
n
n
X
f(x, u, u̇, . . . , u(α) ) = − ai xi ,
i=1
108 CHAPITRE 4. STABILISATION
mais les perturbations peuvent détruire l’effet linéarisant du retour dynamique. C’est
pourquoi une commande par modes glissants a été introduite dans [77]. Toutefois, afin
d’obtenir une stabilisation globale et asymptotique, et éventuellement associer ensuite
cette commande avec un observateur par modes glissants, nous donnons le résultat sui-
vant :
X
n
s(x) = ai xi = 0, an = 1, (4.59)
i=1
Pn
telle que i=1 ai λi soit un polynôme de Hurwitz et que la commande u soit solution (pas
forcément unique) de :
n−1
X
f(x, u, . . . , u(α) ) = − ai xi+1 − k(.) sign(s), (4.60)
i=1
¯ n−1 ¯
¯X ¯
0 ¯ c ¯
k(.) = k + ¯ p x ¯, (4.61)
¯ i=1 ni i ¯
où les pcni sont les coefficients de la dernière colonne de la matrice définie positive P c ,
solution de l’équation de Lyapunov
1X
n−1
Ḃ(x̃) = (ẋi pcij xj + xi pcij ẋj )
2 i,j=1
n−2
X n−1
X
= xi+1 pcij xj + xn pcni xi ,
i,j=1 i=1
Pn−1
et que xn = s − i=1 ai xi , (4.59) et (4.62) donnent :
1 X n−1
Ḃ(x̃) = − x̃> Qx̃ + s pcni xi .
2 i=1
En considérant (4.61), V̇ c < −k 0 |s| − 12 x̃> Qx̃, qui est définie négative.
1
f = −2x3 − x2 − x1 x2 − (k 0 + |x1 − x2 |) sign(s(x)),
2
soit Z t
−t
u(t) = −e f (τ )dτ . (4.65)
0
Dans la Figure 4-10, le système est stabilisé avec k 0 = 10. On peut noter que la com-
mande u est continue car les dérivées de l’entrée interviennent dans la forme canonique
110 CHAPITRE 4. STABILISATION
généralisée. La réticence, qui apparaît dans la Figure 4-10, peut être réduit en utilisant
k 0 = 10 |s(x)| (c’est à dire une commande avec modulation) avec le terme de correction
¯P ¯
1
2
|x1 − x2 | venant de ¯ n−1 c ¯
i=1 pni xi .
1.5 1
1 0.5
x1
x2
0.5 0
0 -0.5
0 5 10 0 5 10
Temps (secs) Temps (secs)
1 1
0
0
x3
-1
u
-1
-2
-2 -3
0 5 10 0 5 10
Temps (secs) Temps (secs)
0
Fig. 4-10: Stabilisation de (4.64) avec (4.65) et k = 10
où γ ∈ ]0, 1[. sign1 = 0 avant la convergence sur la surface x1 = z1 et sign1 = sign ensuite.
La commande appliquée à (4.58) et (4.66) est solution de (4.60) mais en remplaçant la
variable x par l’état observé z.
CHAPITRE 4. STABILISATION 111
Prouver que z tend vers x pour t ≥ T revient à montrer que e tend vers 0 pour t ≥ T .
La dynamique de l’erreur d’observation est :
ė1 = γ1 e2 − λ1
sign(e1 )
γ n−1
..
.
λi
ėi = γ1 ei+1 − sign1(e1 ), i = 2, · · · , n − 1 , (4.67)
γ n−1
..
.
λn
ėn = ∆f (.) − γ n−1
sign1(e1 )
¯ ¯
¯f (x, u, . . . , u(α) ) − f (z, u, . . . , u(α) )¯ · C kx − zk ,
Preuve. Les considérations classiques à propos des observateurs glissants (voir [8],
[60]) nous amènent une nouvelle fois à considérer la fonction de Lyapunov v1 = 12 e21 , conduisant
à v̇1 = e1 ( γ1 e2 − λ1
γ n−1
sign(e1 )), et la condition nécessaire de convergence en temps fini tc1
sur e1 = 0 :
λ1 > γ n−2 |e2 | max . (4.69)
γ n−2
La dynamique équivalente s’écrit alors : sign(e1 )eq = λ1
e2 , ∀t ≥ tc1 . Et donc, pour
t ≥ tc1 , le système (4.67) est donné par :
ė1 = 0
..
.
ėi = γ1 (ei+1 − λλ1i e2 ) i = 2, · · · , n − 1 (4.70)
..
.
ė = ∆ (.) − 1 λn e
n f γ λ1 2
où ee = [e2 , . . . , en ]T . Posons V o = e
eT P o e
e:
0
..
1 T
T o
.
o
V̇ = − ee Qe
e + 2e
e P , (4.72)
γ
0
∆f (.)
ρmin (Q)
V̇ o · − ek2 + 2 ke
ke ek kPno k (|∆f (.)|). (4.73)
γ
où ρmin (Q) est la plus petite valeur propre de la matrice Q (ρmin (Q) > 0 puisque Q
est définie positive) et où Pno est la nième colonne de P o . Comme f est supposée être
CHAPITRE 4. STABILISATION 113
|∆f (.)| · C kx − zk
avec
kx − zk = kDek · kDk kek
ce qui implique s
ρmin (Q) 1 − γ 2n
ek2 (
V̇ o · − ke − 2C kPno k ).
γ 1 − γ2
2CkPno k
Soit M = ρmin (Q)
= constante et étudions la fonction :
s
1 1 − γ 2n
h(γ) = −M
γ 1 − γ2
0
Il est aisé de voir que h (γ) < 0 pour tout γ ∈ ]0, 1[. De plus,
1
h(γ) ∼
0 γ
donc
lim h(γ) = +∞
γ→0
Il est donc possible de trouver γ tel que V̇ < 0 et ceci assure que e
e décroît asymptoti-
quement vers zéro.
est basée sur l’idée de n’injecter l’information sur l’erreur d’observation que lorsque la
surface de glissement en relation avec cette erreur a été atteinte. Par cette méthode, il est
possible d’éviter le phénomène de grand gain (voir l’équivalence entre le mode glissant et
la méthode des grands gains [119]) introduit par la fonction signe sur la dynamique de e2
avant d’atteindre la surface de glissement : la condition (4.69) ne serait alors plus vérifiée
et la surface e1 = 0 ne serait plus attractive. De cette façon, on se retrouve avec un
“grand gain” qui est de dimension un, ce qui implique qu’il n’apparaît pas de phénomène
de pics (comme il est démontré dans [155]).
Un des grands problèmes que rencontre la commande des systèmes non linéaires par
retour d’état est la non validité en général du principe de séparation. Cela signifie que,
contrairement au cas linéaire, on ne peut pas découpler le problème de la commande de
celui de l’observation. Ainsi, une commande stabilisante se basant sur une connaissance
fictive de tout l’état pourra perdre sa propriété de stabilisation si on y remplace les
variables non mesurées par les sorties d’un observateur convergeant tout de même vers
les variables réelles.
Il a été vu ici que la commande et l’observateur, chacun de leur côté, permettaient
de stabiliser l’état du système et l’erreur d’observation. Maintenant, il faut déterminer si
cette stabilité est conservée lorsque l’on boucle l’observateur (O) sur la commande (CP ).
Ceci peut être établi en deux étapes, mais avant cela, donnons une version modifiée du
lemme de Gronwall (voir [107] page 63) :
Lemme 45 Si x(t) est une fonction à valeur positive définie sur un intervalle I ⊃ [0, t[
Rt
telle que kx(t)k · y(t) = c + 0 [L kx(τ )k + α] dτ , avec α, L, c des constantes positives,
alors kx(t)k · c exp(Lt) + Lα (exp(Lt) − 1). ¥
Preuve. ẏ(t) · Ly(t) + α. Soit z(t) = y(t) exp(−Lt) + Lα (exp(−Lt) − 1), ce qui donne
a.e
ż(t) = (ẏ(t) − Ly(t) − α) exp(−Lt) · 0. Alors z(t) · z(0) = c et kx(t)k · y(t) ·
a.e
c exp(Lt) + Lα (exp(Lt) − 1).
Première étape : bornitude de (CP + O) en temps fini.
Notons ζ = (x, e) et considérons le système :
CHAPITRE 4. STABILISATION 115
ẋ1 = x2
ẋ2 = x3
..
.
ẋn−1 = xn
ẋn = f (x, ū, . . . , ū(α) )
(CP + O) ≡
ė1 = γ1 e2 − λ1
sign(e1 )
γ n−1
..
.
ėi = γ1 ei+1 − λi
sign1(e1 ), i = 2, · · · , n − 1
γ n−1
..
.
ėn = ∆f (.) − λn
sign1(e1 )
γ n−1
m
kζ(t)k · kζ(0)k exp(Lt) + (exp(Lt) − 1). (4.74)
L
1
V̇ · (−k 0 |s(x)| − x̃> Qx̃ + C |s(x)| kek) + e1 (e2 − λ1 sign(e1 ))
2 s
ρmin (Q) 1 − γ 2n
ek2 (
− ke − 2C kPno k ).
γ 1 − γ2
q
2 1−γ 2n
v̇1 = e1 (e2 −λ1 sign(e1 )) < 0 car λ1 > |e2 | max et V̇ = − ke
ek o
( ρminγ(Q) −2C kPno k 1−γ 2
)
est définie négative ainsi qu’il a été montré précédemment.
En choisissant k 0 > C kekmax , on a finalement V̇ < 0 pour tout ζ ∈ IR 2n , ce qui
116 CHAPITRE 4. STABILISATION
que nous bouclons sur la commande. Les gains ont été fixés à λ1 = 10, λ2 = 40, λ3 = 40.
Dans la simulation donnée Figure 4-11, une version lissée de la fonction sign a été utilisée
2
afin de réduire la réticence : π
arctan(r), ε = 0.1.
4 10
x1: ___ xe1: _ _ x2: ___ xe2: _ _
2 5
0 0
-2 -5
0 5 10 0 5 10
Temps (secs) Temps (secs)
10 10
x3: ___ xe3: _ _
0 0
u
-10 -10
-20 -20
0 5 10 0 5 10
Temps (secs) Temps (secs)
Dans le but de réduire le phénomène de pic, une version modifiée de la fonction sign1
2
a également été utilisée ici (via π
arctan(r)), avec les mêmes gains que précédemment.
Les résultats de simulation sont donnés Figure 4-12.
CHAPITRE 4. STABILISATION 117
3 1
x1: ___ xe1: _ _ x2: ___ xe2: _ _
0.5
2
1
-0.5
0 -1
0 5 10 0 5 10
Temps (secs) Temps (secs)
2 1
x3: ___ xe3: _ _
1 0
0 -1
-1 u -2
-2 -3
0 5 10 0 5 10
Temps (secs) Temps (secs)
Fig. 4-12: Etat réel et état estimé du système (4.64) avec une fonction sign1 lissée
ż1 = z2 + l1 e1 + λ1 sign(e1 )
ż = z3 + l2 e1 + λγ2 sign(e1 )
2
..
. , (4.75)
żn−1 = zn + ln−1 e1 + λγ n−2
n−1
sign(e1 )
ż = f (z, u, u̇, . . . , u(α) ) + l e + λn sign(e )
n n 1 γ n−1 1
où
l1 1
− ··· 0
γ n−1 γ
.. . . . ..
..
. . .
(F − LC) =
ln−1 ... 1
− γ 0
γ
−ln 0 ··· 0
λ1
− γ n−1 sign(e1 )
o T T o ..
V̇ = −e Qe + 2e P . .
λn
∆f (.) − γ n−1
sign(e1 )
Les paramètres λi sont alors choisis de façon à écraser les non linéarités de ∆f (.)
et obtenir la convergence asymptotique de e vers l’origine. En procédant comme pour
l’observateur précédent, la stabilité en boucle fermée du système, lorsque la commande
utilise les variables estimées grâce à cet observateur, peut être montrée. Le fait de rajouter
ici des gains d’observation linéaires par l’intermédiaire de L (type Luenberger) a un
effet stabilisant et permet de réduire l’amplitude des gains sur la partie discontinue de
l’observateur.
Dans les deux cas précédents, la convergence de l’erreur était asymptotique. En uti-
lisant le même type d’observateur que pour la forme triangulaire introduite dans [27],
une stratégie de convergence étape par étape sur différentes surfaces de glissement et
assurant la convergence de l’erreur d’observation en temps fini vers zéro est réalisable.
CHAPITRE 4. STABILISATION 119
Par un bon choix de λ11 , un régime glissant est imposé sur la surface e1 = 0 en
1
un temps fini tc1 . A partir de cet instant, sign(e1 ) = e,
λ11 2
et la dynamique de l’erreur
devient :
e1 = 0, ė1 = 0
..
.
ėi = ei+1 − λλ21 e2 − λ22 sign(e2 ), i = 2, · · · , n − 1
11
..
.
ėn = ∆f (.) − λλn1 e2
11
Pn
− λnj sign(λn−1j−1 sign(· · · (λ22 sign(e2 ))
j=2
Enfin,
e1 = 0, ė1 = 0, . . . , en−1 = 0, ėn−1 = 0,
.
ė = ∆ (.) − λnn−1 e − λ sign(e )
n f λn−1n−1 n nn n
¯ ¯
A ce niveau, étant donné que par hypothèse |∆f (.)| = ¯f (x, u, . . . , u(α) ) − f (z, u, . . . , u(α) )¯ ·
k |en |, λnn−1 et λnn peuvent être choisis afin de stabiliser en .
120 CHAPITRE 4. STABILISATION
les gains sont fixés à λ11 = 10, λ21 = 40, λ22 = 10, λ31 = 40, λ32 = 20, λ33 = 10 et la
2
fonction signe a été lissée en la remplaçant par π
arctan(10e) (Figure 4-13).
3 10
x1: ___ xe1: _ _ x2: ___ xe2: _ _
2
5
1
0
0
-1 -5
0 5 10 0 5 10
Temps (secs) Temps (secs)
10 10
x3: ___ xe3: _ _
0 0
u
-10 -10
-20 -20
0 5 10 0 5 10
Temps (secs) Temps (secs)
Fig. 4-13: Etat réel et état estimé du système (4.64) en utilisant des fonctions signes
“lissées”
4.4 Conclusion
Dans ce chapitre ont été vues différentes façon de stabiliser un système par le biais
de commandes par modes glissants. Différentes formes de systèmes, soumis à des per-
turbations extérieures et dont la structure s’adaptait à la synthèse de ces commandes à
CHAPITRE 4. STABILISATION 121
structure variable, ont été envisagées. Deux sortes de retour d’information ont été prises
en compte. Tout d’abord, des commandes par retour d’état qui impliquent une connais-
sance totale des différentes variables du système. Cela a permis la stabilisation, tout en
rejetant les perturbations :
— d’un système mis sous forme régulière et possédant plusieurs entrées. Des appli-
cations se situent dans le domaine des systèmes à structure variable tels que les
convertisseurs statiques ou les robots à pattes ;
— d’un système non holonome mis sous forme chaînée. En commutant entre des com-
mandes par modes glissants classiques et par ordre supérieur, il a été montré que
l’on pouvait obtenir une stabilisation robuste et en temps fini. Des simulations sur
l’exemple d’un robot mobile ont illustré ces performances ;
— de la vitesse angulaire d’un corps rigide sous-actionné. Dans l’avenir, il est envisagé
de stabiliser également la position d’un tel système, toujours en temps fini, en
supposant que des perturbations interviennent sur l’ensemble des variables.
Dans les deux derniers cas, en particulier, l’intérêt des modes glissants d’ordre supé-
rieur a été mis en avant en montrant qu’il permettait d’obtenir une convergence en temps
fini, tout en étant robuste. Cette technique semble également être efficace pour prendre
en compte des perturbations qui ne sont pas forcément matching comme dans l’exemple
du système non holonome (4.35).
Afin de prendre en considération que, dans la plupart des cas, l’ensemble des variables
ne sont pas mesurables, une commande par retour de sortie, pour un système mis sous la
forme canonique de commandabilité généralisée de Fliess, a été développée. L’observateur
et la commande sont basés sur des modes glissants d’ordre un. La stabilité en boucle
fermée a été montrée car, dans le cas des systèmes non linéaires, le principe de séparation
ne s’applique pas. Dans le chapitre suivant, une autre commande par retour de sortie est
réalisée pour la machine asynchrone, avec cette fois ci un objectif de poursuite.
122 CHAPITRE 4. STABILISATION
Chapitre 5
Application à la machine
asynchrone : expériences sur le banc
d’essai de l’IRCCyN
5.1 Introduction
De part ses performances, mais également pour des raisons économiques de coût et
de maintenance, la machine asynchrone est maintenant très largement utilisée dans l’in-
dustrie. Pendant longtemps, le moteur à courant continu a été préféré à tout autre type
de moteur électrique du fait de sa simplicité de commande. Cette tendance s’est inversée
avec les progrès dans les domaines du contrôle des systèmes non linéaires, des micropro-
cesseurs et de l’électronique de puissance. Ceux-ci ont alors permis de réaliser des lois
de commande pour la machine asynchrone dans de multiples applications (régulation ou
poursuite de la vitesse, du couple et du flux). Dans ce chapitre, nous nous intéresserons
au suivi d’une vitesse de référence et à la régulation du flux. Pour mémoire, les nombreux
types de commandes développés dans la littérature reposent sur diverses démarches théo-
riques :
— “field oriented control” (FOC) (voir [24], [111], [160]) qui est équivalente à la com-
123
124 CHAPITRE 5. APPLICATION A LA MACHINE ASYNCHRONE
— “direct torque control” (DTC) (voir [51], [160]), qui peut être vu comme une com-
mande à structure variable (voir [72]) ;
— etc...
Lors de leur réalisation, ces commandes doivent faire face à quatre difficultés :
1. le processus est non linéaire (même si l’on suppose que les circuits magnétiques
sont non saturés, cf expression du couple électromagnétique) ;
2. ses paramètres physiques, en général, ne peuvent pas être connus précisément et
leur valeur peut significativement changer avec la température et au cours du temps ;
3. les flux rotoriques ne sont pas mesurables ;
4. l’entrée réelle est à caractère discontinu (du fait des convertisseurs) et n’est souvent
qu’approximativement connue (à cause des zones mortes, des ondulations de la tension
de bus, etc...) ;
Du fait de ses propriétés de robustesse vis-à-vis des perturbations et des incertitudes
paramétriques, la technique des mode glissants s’avère être une bonne solution pour
contourner les difficultés (1—3). Dans le cadre de l’action Inter-GDR Automatique-SDSE,
les auteurs de [93] ont implanté une commande par modes glissants d’ordre un sur le
banc d’essai “Manutention horizontale” de l’IRCCyN à Nantes. Dans ce chapitre, nous
proposons le développement d’une loi de commande par modes glissants d’ordre supérieur
ainsi que les résultats de son implantation sur le même banc d’essai. Les motivations pour
utiliser ici une telle commande sont le fait qu’il n’est pas possible, avec une commande par
modes glissants classique et étant données les variables de sortie considérées, d’obtenir
une convergence en temps fini pour un système de degré relatif égal à deux (i.e. il faut
dériver deux fois la sortie pour voir apparaître l’entrée). De plus, ceci permet de réduire
le phénomène de “chattering” (oscillations de la commande à hautes fréquences autour
de la surface) et d’obtenir une meilleure précision de convergence. Dans le paragraphe
suivant, le modèle de la machine asynchrone sera présenté, ainsi que le cahier des charges
imposé pour les expériences sur la plate-forme. Prenant en compte que seuls les courants
statoriques et la vitesse rotorique sont mesurables, un observateur (par modes glissants)
CHAPITRE 5. APPLICATION A LA MACHINE ASYNCHRONE 125
est synthétisé, dans le paragraphe 5.3, afin d’observer le flux. Dans le paragraphe 5.4,
la commande, basée sur les variables estimées, est élaborée, avec l’objectif de suivre des
trajectoires de référence en flux et en vitesse, puis la stabilité de l’ensemble en boucle
fermée est démontrée. Enfin, les résultats obtenus sur le banc d’essai de Nantes sont
donnés dans le paragraphe 5.6.
5.2.1 Modèle
Nous donnons ici brièvement le modèle de Park de la machine asynchrone dans le plan
(α, β). De plus amples informations sur la modélisation et la commande des machines
asynchrones peuvent être trouvées dans [38], [47], [49], [111], [120], [160], ..., pour des
versions anglaises, et [39], [40], [41], [138], ..., pour des versions françaises.
dω Lm
J =p [iβ,s φα,r − iα,s φβ,r ] − Cl − fv ω. (5.1)
dt Lr
Lm
Te = p [iβ,s φα,r − iα,s φβ,r ] (5.2)
Lr
où ω est la vitesse angulaire rotorique, isα , isβ les courants statoriques et φrα , φrβ
les flux rotoriques.
L2m Rs Rr L2m
σ = 1− , γ1 = +
Ls Lr σLs σLs L2r
Lm Rr Lm 1
γ2 = 2
γ3 = p γ4 =
σLs Lr σLs Lr σLs
Rr Rr
b = , a= Lm ,
Lr Lr
Lm
avec α1 = p JLr
, α2 = J1 , et α3 = fJv .
£ ¤T
xT = [x1 , x2 , x3 , x4 , x5 ]T = ω, φrα , φrβ , isα , isβ représente l’état. Les seules sorties
supposées mesurables ici sont la vitesse angulaire et les courants statoriques, alors que les
flux rotoriques seront obtenus à l’aide d’un observateur. On disposera donc de tout l’état
pour réaliser notre loi de commande dont les variables sont données par u = [u1 , u2 ]T ,
[Vsα , Vsβ ]T , qui sont les tensions diphasées liées au stator. Le couple de charge est considéré
ici comme une perturbation bornée, ainsi que sa dérivée Ċl . Le choix des sorties du
système est lié aux objectifs de commande. De manière générale, ces sorties sont la vitesse
CHAPITRE 5. APPLICATION A LA MACHINE ASYNCHRONE 127
x1
mécanique h1 (x) = p
= wm et le couple électromagnétique h2 (x) = Te = p LLmr [x2 x5 −
x3 x4 ] (on pourrait également choisir des sorties plates). Le cadre de notre propos sera ici
différent car les variables contrôlées correspondront au cahier des charges de la plateforme
de Nantes.
se comporte comme indiqué Figure 5-3. Ceci simule les différents problèmes pouvant
survenir lors d’une manutention horizontale, i.e., jusqu’à 4 secondes, un convoyeur soumis
à de brusques contraintes de couple lors de la prise ou la dépose de charges (type tapis
roulant), puis une application de pont roulant avec freinage électrique et des oscillations
de la charge.
1500
1000
/ min
trs
500
0
0 1 2 3 4 5 6
temps (sec)
10
-5
0 1 2 3 4 5 6
temps (sec)
où Λ1 = (λ11 , λ12 ), Λ2 = (λ21 , λ22 ), Λ3 = (λ31 , λ32 ), Λ4 = (λ41 , λ42 ), Λ5 = (λ51 , λ52 ), et
q1 > 0 sont les gains d’observation.
La surface de glissement Sobs est définie par :
x4 − z4 sobs1 0
Sobs = M = =
x5 − z5 sobs2 0
γ2 γ 3 x1 sgn(sobs1 )
avec : M −1 = ; Is = . Cette surface a été déterminée
−γ 3 x1 γ 2 sgn(sobs2 )
afin d’obtenir un vecteur équivalent simple et une linéarisation de l’erreur d’observation
en régime de glissement.
Remarque 46 Avec une technique par mode glissant, la dynamique ż1 n’est pas forcé-
ment nécessaire pour la reconstruction de x2 et x3 si la valeur de x1 est mesurée par un
capteur de vitesse suffisamment précis.
Posons ei = xi −zi pour i ∈ {1, ..., 5}. La dynamique de l’erreur d’observation, obtenue
130 CHAPITRE 5. APPLICATION A LA MACHINE ASYNCHRONE
en soustrayant Σo à Σ, est :
ė1 = α1 (x5 e2 − e3 x4 ) − Λ1 IS − q1 e1
ė = −be2 − px1 e3 − Λ2 IS
2
Σeo ≡ ė3 = px1 e2 − be3 − Λ3 IS (5.5)
ė4 = γ 2 e2 + γ 3 x1 e3 − Λ4 IS
ė = γ e − γ x e − Λ I
5 2 3 3 1 2 5 S
T S
Sobs
Proposition 47 Considérons la fonction V = 2
obs
avec Sobs = M (e4 , e5 )T = (sobs1 , sobs2 )T
où M est une matrice régulière telle que (Sobs = 0 =⇒ e4 = e5 = 0). Posons
Λ4 δ1 0
= M −1 ∆; ∆= (5.6)
Λ5 0 δ2
| e2 | max et | e3 | max étant les bornes supérieures sur les erreurs en flux.
T ∂Sobs
V̇ = Sobs
∂t
T T
= Sobs M W + Sobs Ṁe
où
e2 λ41 λ42
W = M −1 − IS .
e3 λ51 λ52
peut être supposée constante (c’est une variable lente par rapport aux dynamiques des
courants et des flux (voir [108])). On peut ainsi estimer que Ṁ = 0. Le choix de la surface
et des gains permet d’avoir des conditions d’attractivité parfaitement découplées entre
sobs1 , e2 et sobs2 , e3 car :
T
V̇ = sobs1 (e2 − δ 1 sign(sobs1 )) + sobs2 (e3 − δ 2 sign(sobs2 ))+ Sobs Ṁ e
| {z }
=0
et, d’après (5.7), V̇ est alors définie négative. Ceci assure l’existence d’un régime glissant
sur la surface Sobs = 0 au bout d’un temps fini t0 .
La proposition suivante indique que, par un choix judicieux des gains Λ1 , Λ2 et Λ3 ,
l’erreur d’observation du système (5.5) converge asymptotiquement vers l’origine.
∆
Donc, sur la surface de glissement, le vecteur équivalent IS = I˜S s’écrit :
e2
I˜S = δ1 ,
e3
δ2
réduit :
ė = α1 (x5 e2 − e3 x4 ) − Λ1 I˜S − q1 e1
1
ė2 = −be2 − px1 e3 − Λ2 I˜S
ė = px e − be − Λ I˜
3 1 2 3 3 S
ė2 Λ2 e2
= H − ∆−1
ė3 Λ3 e3
−b −px1
avec H = . D’après l’expression des gains (5.8) et (5.9) :
px1 −b
ėi = −qi ei
l’erreur d’observation est asymptotiquement stable, avec une vitesse de convergence qu’il
nous est possible de régler.
Or, le système (5.3) est de degré relatif deux par rapport à la variable de sortie S et ceci
implique, comme il a été vu dans la première partie de ce mémoire, qu’un mode glissant
d’ordre strictement supérieur à un est nécessaire si on veut obtenir une convergence en
temps fini vers les trajectoires désirées. Un algorithme d’ordre deux (l’algorithme du
twisting dans le cas présent) forcera les trajectoires du système à évoluer au bout d’un
temps fini sur la surface S = 0. La commande étant un retour de sortie, nous montrerons
également la stabilité en boucle fermée de l’ensemble du système observateur-contrôleur.
Pour différentes raisons, la surface de glissement sera exprimée en fonction des va-
riables observées. Ainsi aura-t-on s1 = z1 − ω ref car l’algorithme de commande utilisé
nécessite la connaissance de la dérivée seconde de s1 , en l’occurence l’accélération angu-
laire, qui n’est pas accessible (sinon par le biais d’un capteur ou d’un reconstructeur, ce
qui signifie coût ou temps de calcul supplémentaire). De la même manière, l’erreur sur la
poursuite en flux sera définie par s2 = (z22 + z32 ) − φ2ref étant donné que le flux réel n’est
pas disponible.
dΛ1 Is
s̈1 = A11 u1 + A12 u2 + B1 e2 + C1 e3 + D1 − + α2 α3 Cl − α2 Ċl
dt
avec
A11 = −α1 γ 4 z3
A12 = α1 γ 4 z2
d’où
d (Λ1 Is )eq
= α1 (−q2 e2 x5 + q3 e3 x4 + e2 ẋ5 − e3 ẋ4 )
dt
et finalement
³ ´
s̈1 = A11 u1 + A12 u2 + B̃1 e2 + C̃1 e3 + D1 + α2 α3 Cl − Ċl
où
avec
A21 = 2aγ 4 z2
A22 = 2aγ 4 z3
B2 = 2(aγ 2 z2 − aγ 3 x1 z3 )
C2 = 2(aγ 2 z3 + aγ 3 x1 z2 )
2
D2 = −2a(3b + γ 1 )(z2 x4 + z3 x5 ) + (4b2 + 2aγ 2 )φ̂ + 2a2 (x24 + x25 ) + 2apx1 (z2 x5 − z3 x4 )
d’où
d (Λ2 Is )eq
= −q2 (q2 − b)e2 + q3 px1 e3 − pẋ1 e3
dt
d (Λ3 Is )eq
= −q3 (q3 − b)e3 − q2 px1 e2 + pẋ1 e2
dt
CHAPITRE 5. APPLICATION A LA MACHINE ASYNCHRONE 135
ce qui donne
s̈2 = A21 u1 + A22 u2 + B̃2 e2 + C̃2 e3 + D2
avec
B̃2 = 2 ((aγ 2 − q2 (q2 − b)) z2 − (aγ 3 + q2 p)x1 z3 + pẋ1 )
C̃2 = 2 ((aγ 2 − q3 (q3 − b)) z3 + (aγ 3 + q3 p)x1 z2 − pẋ1 ) .
où
A11 A12
A=
A21 A22
¯ ¯
¯ ¯
¯B̃1 e2 + C̃1 e3 − α2 Ċl + α3 α2 Cl ¯ · K1 (5.11)
¯ ¯
¯ ¯
¯B̃2 e2 + C̃2 e3 ¯ · K2 (5.12)
λmi > Ki
et les Ki étant définis par (5.11) et (5.12). Un régime glissant prend alors place sur S = 0
et la vitesse et le flux du moteur rejoignent les trajectoires de références prédéfinies.
Remarque 49 On peut observer que l’on s’est attaché à réaliser une commande qui
conduit à une convergence en temps fini des variables, mais que l’observateur est seule-
ment asymptotiquement stable. Pour rester en adéquation avec notre stratégie de com-
mande, et avoir une convergence en temps fini de l’ensemble du système, un observateur
dit “step-by-step” [8] ou par modes glissants d’ordre supérieur [9] pourront être développés
ultérieurement.
Afin de valider cette loi de commande, et avant d’en réaliser l’implantation sur le banc
d’essai de Nantes, des simulations, prenant en compte le modèle du moteur tel qu’il a été
identifié, ainsi que l’ensemble des contraintes auxquelles il est soumis, ont été réalisées
(voir Figure 5-4). Cette démarche de valider en simulation la commande est un passage
obligé et formateur pour une implantation sur les bancs du GdR.
S imulation
Initialisations modele Enregistrement
Commande par mode glissant
param etres moteur à cage des variables
-Plate-forme IRCCyN -
m ontage triangle
a_mcv_t
sim _x
Horloge Wst
vsa_cde
Consignes
& vsb_cde
Perturbation M LI
Commande vsc_cde &
M ode le
Ondule ur
m ote ur
as ynchrone
isabc,
vit,teta,cple,
Eond,flux
M ESURES
Variables
enregistré es
Fig. 5-5: Vitesse de référence filtrée (en grisé) et vitesse du moteur (en noir) en trs/min
La Figure 5-6 montre l’évolution du flux au carré qui suit bien la valeur de référence
désirée.
Il est à noter, d’autre part que ces grandeurs sont très peu affectées par le phénomène
de réticence inhérent au mode glissant. Les fonctions de commutation utilisées ici sont
138 CHAPITRE 5. APPLICATION A LA MACHINE ASYNCHRONE
des fonctions signes classiques, mais on peut aisément les remplacer par des fonctions
signes avec des zones mortes ou des fonctions sigmoïdes, afin d’améliorer les résultats, et
plus spécialement réduire les sollicitations au niveau des actionneurs (cela sera fait lors
de l’implantation).
La validation de l’observateur a été effectuée par Djemaï et al. [55] sur une plateforme
utilisant la version Matlab 4 et une carte DSPACE (TMS320C31). Le test a été fait en
boucle ouverte, associé avec une commande U/F destinée à de la poursuite de trajec-
toires. Les signaux provenant du capteur de vitesse et les équations de la commande sont
échantillonnés à la même période qui est de 250µs.
Pour réduire le phénomène de réticence, les fonctions signes ont été remplacées par
des approximations continues dans un voisinage de la surface de glissement (Figure 5-7).
Les Figures 5-8 et 5-9 représentent les profils de la vitesse de référence et du couple
de charge correspondant au cahier des charges du benchmark “Observateur”, dédié à la
validation d’observateurs.
vitesse de référence
1500
1000
500
-500
-1000
-1500
0 5 10 15
temps (sec)
couple de référence
5
N
m
0
-5
-7
0 2 4 6 8 10 12
temps (sec)
Les Figures 5-10 et 5-11 illustrent les comportements des courants mesurés et des
courants observés is,α , ı̂s,α et is,β , ı̂s,β .
10
0
Ia
-1 0
-2 0
3 .5 4 4 .5 5 5 .5 6 6 .5 7
te m p s e n s e c .
zom m
20
10
-1 0
-2 0
5 .5 5 5 .6 5 .6 5 5 .7 5 .7 5 5 .8 5 .8 5
te m p s e n s e c .
20
10
-10
-20
3.5 4 4.5 5 5.5 6 6.5 7
tem ps en sec. zom m
20
10
-10
-20
5.55 5.6 5.65 5.7 5.75 5.8 5.85
tem ps en sec.
q
La Figure 5-12 donne l’allure du module du flux rotorique φ = φ2r,α + φ2r,β obtenue
par l’intermédiaire de l’observateur glissant, ainsi qu’une estimation de celui-ci basée sur
la mesure des courants et des tensions d’entrée Vs,α , Vs,β .
0 .5
0
0 1 2 3 4 5 6 7
T e n s io n s ta to riq u e V a s (----) e t V b s (----)
200
100
-1 0 0
-2 0 0
0 1 2 3 4 5 6 7
Les expériences concernant la commande ont été réalisées juste après la mise en place
d’un tout nouveau système DSPACE 1103 (Power PC 333 MHz, 20 entrées analogiques)
permettant de travailler avec Matlab 5.3 et Simulink 3. Avant d’implanter notre com-
mande, il a donc fallu revalider l’observateur sur le nouveau banc, dont les paramètres
n’ont été que peu modifiés. Le nouveau matériel permet de baisser la période d’échan-
tillonnage à 125µs et d’avoir plus de possibilités de visualisation des signaux durant
l’expérience.
Les résultats obtenus lors des deux campagnes d’expérimentations peuvent être trou-
vés dans [83] et [84] et sont synthétisés ici. Les Figures 5-13 et 5-14 montrent les réponses
du courant mesuré et de la vitesse. La vitesse du moteur est déphasée par rapport à la
référence car cette dernière a été filtrée. La Figure 5-13 concerne un test où le palier de
la vitesse de référence est égal à la moitié de la vitesse nominale du moteur. Les réponses
fournies sont très correctes.
15
10
courant statorique
0
-5
-10
-15
1 2 3 4 5 6 7 8
temps
800
600
400
vitesse
200
0
-200
-400
1 2 3 4 5 6 7 8
temps
Dans la Figure 5-14, la vitesse de référence a un profil en accord avec les spécifications
du banc d’essai.
40
courant statorique
20
-20
-40
1 2 3 4 5 6 7 8
temps
1500
1000
vitesse
500
-500
1 2 3 4 5 6 7 8
temps
cute. Afin d’éliminer cet effet indésirable, on pourra implanter par la suite un observateur
par modes glissants d’ordre deux, qui pourra de plus assurer une convergence en temps fini
des variables estimées vers les variables réelles, et donc de l’ensemble du système. Dans
de prochaines expériences, il est également prévu d’optimiser les constantes de temps
des filtres et les valeurs des différents gains de façon à améliorer le temps de réponse.
Enfin, ces tests seront aussi l’occasion d’étudier la robustesse de la commande vis-à-vis
des incertitudes paramétriques telles que l’échauffement des résistances du moteur.
L’ensemble de ces expériences montre la viabilité d’une telle loi de commande et de
très bons résultats si on prend en compte les contraintes de temps pour son implantation.
5.7 Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons présenté une commande par modes glissants d’ordre
deux pour la machine asynchrone. Etant donné que l’on suppose que les seules variables
mesurables sont les courants statoriques et la vitesse rotorique, un observateur par modes
glissants a été construit afin d’estimer le flux. La commande a alors été élaborée en
prenant en compte les informations fournies par cet observateur. On peut remarquer
que cette méthode ne nécessite aucune estimation du couple et que de part le choix des
surfaces de glissement, on peut même envisager un dispositif sans capteur de vitesse (aux
singularités d’observabilité près).
144 CHAPITRE 5. APPLICATION A LA MACHINE ASYNCHRONE
Conclusion et perspectives
145
CONCLUSION ET PERSPECTIVES 147
Le dernier chapitre constitue la réalisation de ces résultats théoriques sur une plate-
forme expérimentale dédiée à la machine asynchrone : il y est montré l’efficacité et la
robustesse de commandes basées sur cette technique.
Ces expériences ont d’autre part soulevé certains problèmes auxquels il serait intéres-
sant de réfléchir par la suite. Au vu des difficultés rencontrées lors de ces expériences, il
semble tout d’abord que lors de l’association d’un observateur et d’une commande par
modes glissants, l’ordre de glissement du premier doit prendre en compte explicitement
la construction de la seconde, si l’on veut éviter de réinjecter des discontinuités dans
la boucle fermée. Deuxièmement, il apparaît important d’apporter des solutions afin de
régler des gains de commande qui soient adaptés aux contraintes du processus telles que
les zones mortes ou les phénomènes de saturation. Outre ces améliorations envisagées sur
la commande de la machine asynchrone, il nous apparaît également intéressant de tester
ces lois de commandes d’ordre supérieur sur des systèmes liés à la robotique, tels que les
robots mobiles.
Annexes
151
Annexe A
De nombreux systèmes physiques sont régis par des équations différentielles impli-
quant des termes discontinus. C’est le cas par exemple dans les circuits électriques, élec-
tromagnétiques et électromécaniques : nous pouvons ainsi citer sans souci d’exhaustivité
les convertisseurs statiques (où les nombreuses commutations des composants à semi-
conducteur produisent des discontinuités dans les équations différentielles représentant
le système), les frottements secs, les triggers, les redresseurs, les saturations des amplifi-
cateurs opérationnels, etc... Parmi ces cas, il faut distinguer les systèmes discontinus par
nature de ceux dont la discontinuité est apportée par la commande, telle la commande
par modes glissants.
153
154 ANNEXE A. INCLUSIONS DIFFÉRENTIELLES
x
ẋ = − si x 6= 0, (A.1)
|x|
x(0) = 0. (A.2)
n’admet pas de solution au sens classique puisque ẋ(0) n’est pas défini. Une généralisation
du concept de solution est donc nécessaire. La façon la plus naturelle est de prolonger en
x = 0 le membre de droite de (A.1). Ceci nous amène à considérer la multi-fonction1
½ ¾
x
F (x) = − si x 6= 0, F (0) = [−1, 1] ,
|x|
dx
et on vérifie que x(t) = 0 satisfait la relation dt
∈ F (x) pour tout t. De la même façon,
le problème de Cauchy associé à la condition initiale x(0) = x0 (quelconque) admet une
solution.
Dans un cadre plus général, pour étudier une équation différentielle ordinaire à second
membre discontinu (systèmes à structure variable, hacheur, phénomène de friction, etc. . .)
de la forme :
dx
= f (t, x), x ∈ X, (A.3)
dt
où f (t, x) est définie et continue sur I × (Xp \M) (Xp étant une partition de X , M
un ensemble de mesure nulle2 ), il apparaît intéressant de la remplacer par l’inclusion
différentielle suivante
dx
∈ F (t, x), (A.4)
dt
où F (t, x) est un ensemble, dont nous verrons une construction, tel que pour (t, x) ∈
I × Xp \M : F (t, x) = {f (t, x)}. Cette inclusion doit permettre de “capturer” les com-
portements de (A.3).
1
cet être mathématique appelé “multi-fonction” est une “application” qui à un point associe un
ensemble de points (en anglais “set-valued map”)
2
au sens de Lebesgue
ANNEXE A. INCLUSIONS DIFFÉRENTIELLES 155
φ : I ⊂ R → X ⊂ Rn
t 7→ φ(t; t0 , x0 ),
dφ
notée plus simplement φ(t) vérifiant dt
∈ F (t, φ(t)) presque partout sur I(t0 , x0 ) et telle
que φ(t0 ) = x0 .
Si φ(t) est une fonction absolument continue, il existe χ(u) une fonction (Lebesgue
Rt
intégrable) qui soit presque partout égale à la dérivée de φ : φ(t) = φ(t0 ) + t0 χ(u)du.
dφ
Si de plus ∈
dt p.p.
F (t, φ(t)) : χ(u) ∈ F (u, φ(u)) et donc on obtient la représentation
p.p.
intégrale suivante Z t
φ(t) ∈ φ(t0 ) + F (u, φ(u))du.
t0
De ce que nous venons de voir, nous en déduisons que les propriétés des multi-
fonctions sont les propriétés des graphes qui leurs sont associés. Ainsi, une
multi-fonction est convexe si son graphe associé est convexe. De même, nous pouvons
définir des propriétés uniquement sur l’image de la multi-fonction.
Il est évident que pour des multi-fonctions associant à tout élément de E1 au plus
un point de E2 , ces définitions sont équivalentes et elles sont des réécritures directes
de la définition classique de continuité d’une fonction. Ainsi, nous remarquons que la
multi-fonction définie par son graphe {(x, y) ∈ R × R : |y| · |x|} est semi-continue
inférieurement et supérieurement. Par contre, la multi-fonction définie par son graphe
{(x, y) ∈ R × R : |y| · 1 pour x 6= 0 et y = 0 pour x = 0} est semi-continue infé-
rieurement mais pas supérieurement en 0. De même une multi-fonction définie par son
ANNEXE A. INCLUSIONS DIFFÉRENTIELLES 157
avec T ⊂ dom(F ) et ∀(t, x) ∈ T , kyk · K pour tout y ∈ F (t, x) 6= ∅. Alors il existe une
solution au PC définie sur au moins un intervalle [t0 − α, t0 + α], α = min(a, Kb ). ¥
— si ∀(t, x), F (t, x) est un compact convexe non vide alors il existe une solution au
PC définie sur un ouvert de l’instant initial,
\
F (t, x) = conv(f (t, Bε (x) − M)), (A.6)
ε>0
5
l’intersection de tous les ensembles convexes (respectivement convexes fermés) contenant A est le
plus petit convexe (respectivement convexe fermé) contenant A : on le note conv(A) (respectivement
conv(A)).
158 ANNEXE A. INCLUSIONS DIFFÉRENTIELLES
\ \
F (t, x) = conv(f (t, Bε (x) − N )). (A.7)
ε>0 mes(N )=0
Dans le cadre des systèmes à structure variable (par exemple commande par modes
glissants), la fonction f n’est pas définie sur une variété S = {x ∈ X : s(x) = 0} :
f + (t, x), si s(x) > 0
f(t, x) = ,
f − (t, x), si s(x) < 0
Soit une fonction s deux fois différentiable, telle que fn+ et fn− soient continues par
rapport à x et t, pour x solution de s(x) = 0. Soit h = fn+ −fn− continûment différentiable.
ANNEXE A. INCLUSIONS DIFFÉRENTIELLES 159
Si en chaque point de la surface, s(x) = 0, les inégalités fn+ < 0 ou fn− > 0 sont vérifiées,
alors, dans le domaine X , il existe une solution unique (à droite) x(t) du système (A.3),
qui dépend des conditions initiales de façon unique. ¥
Pour les inclusions différentielles l’unicité des solutions n’a pas de sens, dans le théo-
rème précédent “solution unique (à droite)” signifie que si à t0 deux solutions coïncident
alors elles coïncideront pour tout t ≥ t0 où elles sont définies.
Ce résultat (similaire aux Théorèmes précédents) a un intérêt pratique immédiat : en
effet, lorsque fn+ < 0 et fn− > 0 la solution du problème (A.3), pour x ∈ S est définie
par :
x∈S
(A.10)
ẋ = f (t, x)
0
Cas multi-variables
m
X
ẋ = f(x)+ gi (x)ui = f (x) + G(x)u, (B.1)
i=1
m m
S = ∩ Si = ∩ {x ∈ X : si (x) = 0} = {x ∈ X : s(x) = 0}
i=1 i=1
∂si
où s = (s1 (x), . . . , sm (x))T , si : X →IR , dont les gradients ∂x
sont fonctionnellement
indépendants. S est alors une sous-variété de X , de rang constant et de dimension (n−m).
La loi de commande à structure variable est définie composante par composante par
u+ (x) si si (x) > 0
i
ui (x) = .
u− (x) si s (x) < 0
i i
On peut définir de plusieurs façons le régime glissant pour les systèmes possédant
plusieurs entrées. D’un côté, on peut considérer qu’un régime glissant apparaît sur chaque
surface Si sous l’action de la ième entrée correspondante et, ainsi, sur leur intersection S.
De façon similaire au cas mono-entrée, on dira alors qu’il existe un régime glissant sur Si
161
162 ANNEXE B. CAS MULTI-VARIABLES
si pour ui et tout uj (j 6= i) :
Toutefois, la classe de système pour laquelle un régime glissant peut être généré sur
chaque surface est très restrictive [159] et, contrairement au cas mono-entrée, la condition
(B.2) est seulement suffisante : un régime glissant peut exister sur S, et donc sur Si , sans
qu’elle soit nécessairement vérifiée. Pour cette raison, plusieurs possibilités pour définir
l’existence d’un régime glissant sur S peuvent être envisagées.
Les conditions d’invariance de la surface ainsi que les propriétés en régime glissant
restent néanmoins les mêmes que pour un système mono-entrée. Ainsi, les conditions
d’invariance sont :
s =0
i
, i = 1, ..., m
∂si [f + Gu ] = 0
∂x e
∂s
qui, dans ce cas, est bien définie si ∂x
G(x) est régulière.
Pour les systèmes multi-entrées, la construction des lois de commande assurant l’exis-
tence d’un régime glissant s’avère donc plus compliquée puisqu’il faut venir glisser sur
l’intersection de m surfaces alors qu’il existe une interaction entre les différentes com-
∂s
mandes pour chaque surface. Cette interaction est déterminée par la structure de ∂x
G
puisque µ ¶
∂s ∂s
ṡ(x) = f+ G u.
∂x ∂x
Il en résulte un conflit d’objectifs, chaque commande essayant d’amener à zéro sa surface
respective.
ANNEXE B. CAS MULTI-VARIABLES 163
Fig. B-1:
— une autre solution est envisageable lorsque, par un retour d’état, on peut rendre
∂s
diagonale la matrice ∂x
G. Les dérivées de chaque surface s’expriment alors de la
façon suivante
ṡi (x) = αi (x) + β ii (x)ui ,
ce qui signifie que l’évolution de chaque surface est découplée vis-à-vis des com-
164 ANNEXE B. CAS MULTI-VARIABLES
ρCx
u = ue −
kCxk
ou
ρM x
u = ue − ,
kNxk
où les matrices M et N sont telles que
Grâce aux hypothèses sur les gains λm et λM , on peut montrer que les trajectoires du
système (2.15) dans le plan de phase (y1 , y2 ) sont inscrites à l’intérieur de deux trajectoires
limites définies par les bornes des fonctions χ et ζ (±C0 , Km et KM ) et qui convergent
toutes deux en temps fini vers l’origine (voir Figure C-1).
Montrons que, dans le cas de la limite extérieure, le système converge en temps fini
vers l’origine.
Sans perte de généralité, on peut considérer que y1 (0) = 0+ , y2 (0) > 0. Considérant
(2.16), le système devient
ẏ = y
1 2
,
ẏ = −λ K + C
2 M m 0
165
166 ANNEXE C. CONVERGENCE DU L’ALGORITHME DU TWISTING
C0
Puisque, par hypothèse, λM > Km
, y2 décroît et s’annulle pour
y2 (0)
t1 = ,
λM Km − C0
où
y22 (0)
y1 (t1 ) = .
2(λM Km − C0 )
La commande commute alors étant donné que y1 y2 change de signe. On a maintenant
y1 (0) > 0, y2 (0) = 0− et le comportement du système est donné par les équations
y = − (λ K + C ) t
2 m M 0
.
y = − (λ K + C ) t2 + y2 (0)
1 m M 0 2 2(λM Km −C0 )
ANNEXE C. CONVERGENCE DE L’ALGORITHME DU TWISTING 167
où l’on a s
(λm KM + C0 )
y2 (t1 + t2 ) = − y2 (0).
(λM Km − C0 )
u commute alors une nouvelle fois et le système évolue dans la partie du plan y1 (0) <
0, y2 (0) < 0 jusqu’au nouvel instant de commutation donné par
s
1 (λm KM + C0 )
t3 = y2 (0),
λM Km − C0 (λM Km − C0 )
et
y2 (t1 + t2 + t3 ) = 0
1 (λm KM + C0 ) 2
y1 (t1 + t2 + t3 ) = − y (0).
2 (λM Km − C0 )2 2
Le dernier quadrant du plan de phase est alors parcouru et, en procédant comme
précédemment, on obtient que la loi de commande commute après un temps
ω 1 (0)
t4 = ,
(λM − Π)
A ce stade, on peut remarquer qu’on est revenu au même point dans le plan de phase
qu’au début de l’algorithme, si ce n’est que la condition initiale sur y2 est maintenant
donnée par
y2 (t1 + t2 + t3 + t4 ) = ry2 (0)
avec
(λm KM + C0 )
r= ,
(λM Km − C0 )
168 ANNEXE C. CONVERGENCE DU L’ALGORITHME DU TWISTING
soit µ ¶
1 ¡ √ ¢ 1
T = 1 + r 1 + √ y2 (0).
λM Km − C0 r
Il apparaît donc que, dans le plan de phase (y1 , y2 ), les trajectoires décrivent un
nombre infini de spirales tout en convergeant en temps fini vers l’origine. En effet, la
surface de Poincaré {y1 = 0, y2 > 0} est traversée à chaque k iéme rotation à l’instant
P
k−1
e
tk = Ti où Ti = ri T, et on peut montrer facilement que y2 (e
tk ) = rk y2 (0) et y1 (e
tk +
i=0
rk t1 ) = r2k y1 (t1 ). Donc, les fonctions y1 et y2 décroissent avec une progression géométrique
et atteignent la surface de glissement y1 = y2 = 0 dans un temps fini égal à
X∞
e 1
t∞ = Ti = T ( ).
0
1 − r
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