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La Cour de cassation casse l'arrêt de la cour d'appel qui avait condamné un mandataire judiciaire à payer des dommages et intérêts à l'Unedic-AGS, au motif que seule la victime directe d'une infraction peut se constituer partie civile devant la juridiction correctionnelle et obtenir réparation. L'Unedic-AGS ne pouvait pas se constituer partie civile car elle n'avait pas subi de préjudice personnel et direct.

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La Cour de cassation casse l'arrêt de la cour d'appel qui avait condamné un mandataire judiciaire à payer des dommages et intérêts à l'Unedic-AGS, au motif que seule la victime directe d'une infraction peut se constituer partie civile devant la juridiction correctionnelle et obtenir réparation. L'Unedic-AGS ne pouvait pas se constituer partie civile car elle n'avait pas subi de préjudice personnel et direct.

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Doc. n° 5 : Crim, 7 mars 2012, n° 11-83.

005

Par un arrêt rendu le 7 mars 2012, la chambre criminelle de la Cour de cassation traite de la
recevabilité de constitution de partie civil d’une association dans une affaire de
malversations.

Un homme est rendu coupable de complicité de malversation, de recel et escroquerie,


plusieurs sociétés se constituent alors parties civiles.

Le premier jugement a condamné́ le mandataire judiciaire à payer à l'Unedic-AGS des


dommages-intérêts.
Un appel est ensuite interjeté, puis la chambre correctionnelle de la cour d'appel de
Montpellier décide le 9 mars 2011 de le condamner à quatre ans d'emprisonnement dont
trente mois avec sursis, 75 000 euros d'amende, cinq ans d'interdiction professionnelle, pour
complicité de malversations, recel et escroquerie.
La cour d’appel l’a également condamné à payer à la délégation régionale Unedic-AGS Sud-
Ouest des dommages-intérêts correspondant à chaque dossier et chaque sociétés touchées.
Le mandataire judiciaire se pourvoit en cassation.

Une association peut-elle se constituer partie civile lorsqu’elle n’a pas directement subi de
préjudice ?
Un subrogataire victime indirecte peut-il se constituer partie civile devant le juge pénal ?

La Cour de cassation répond par la négative.


La Cour de cassation casse et annule au visa des articles 2 et 3 du code de procédure pénale,
l’arrêt du 9 mars 2011 mais seulement sur les dispositions qui condamne le mandataire
judiciaire à payer des dommages-intérêts.
La Cour de cassation casse et annule l’arrêt aux motifs que ; l'action civile devant la
juridiction correctionnelle n'appartient qu'à ceux qui ont personnellement souffert du
dommage directement causé par l'infraction poursuivie ; la cour d’appel a retenu que
l’Unedic-AGS n'a pu obtenir remboursement, du fait des malversations commises, des
avances de salaires ou indemnités de rupture consenties aux salariés des sociétés victimes de
ces malversations; qu’il n’y a pas de préjudice personnel et direct, distinct de celui subi par
les sociétés.

La Cour de cassation réaffirme par cet arrêt les conditions de recevabilité de constitution de
partie civile (I) et déclare également l’irrecevabilité de la constitution de partie civile de
l’Unédic-AGS (II)
I- La réaffirmation des conditions de recevabilité de constitution de partie civile

A- La constitution de partie civile devant la juridiction correctionnelle

La partie civile est le nom donné à la victime d'une infraction lorsqu'elle exerce les droits qui lui sont reconnus en
cette qualité devant les juridictions répressives (mise en mouvement de l'action publique, action civile en
réparation).

Conditions d'accès

L'accès à la qualité de partie civile suppose d'abord d'être doté de la capacité d'agir (les mineurs non
représentés doivent se faire représenter par leur tuteur, administrateur légal ou ad hoc ; le droit commun des
incapacités s'applique aux majeurs protégés ; des règles particulières s'appliquent à la personne faisant l'objet
d'une procédure collective, de même qu'aux personnes morales), et de la qualité suivante : être victime
directe (ou par ricochet) d'une infraction pénale (ce qui implique l'existence d'un préjudice et d'une qualification
pénale éventuels).

L'accès à la qualité de partie civile peut être initial ou incident.


L'accès initial s'opère de deux façons :
- par une plainte avec constitution de partie civile (PCPC) : toute personne qui se prétend lésée par un crime
ou un délit peut, en portant plainte, se constituer partie civile devant le juge d'instruction compétent (art. 85) ; la
jurisprudence reconnaît à cette plainte le même effet sur le déclenchement de l'action publique que la citation
directe (Crim. 8 déc. 1906, Laurent-Atthalin). Elle est possible en matière criminelle ou correctionnelle, sauf
restriction ou exclusion. Son formalisme peut être envisagé à trois égards : la qualité de partie civile s'acquiert par
le dépôt d'une plainte auprès de la juridiction compétente contenant la manifestation expresse du plaignant de se
constituer partie civile (en matière correctionnelle, une plainte simple préalable est nécessaire) ; le juge
d'instruction constate ce dépôt et fixe le montant de la consignation que celle-ci doit déposer au greffe et un délai
pour le faire sous peine d'irrecevabilité (art. 88) ; le plaignant doit déclarer au juge d'instruction une adresse où
les actes de la procédure pourront lui être notifiés. La PCPC confère au plaignant, comme la constitution par voie
d'intervention, la qualité de partie civile ; elle met en mouvement l'action publique et saisit le juge d'instruction.
- par une citation directe : la victime peut, dans les mêmes conditions que le parquet, assigner directement
devant la juridiction de jugement. La citation directe est un exploit d'huissier soumis à un formalisme précis
(art. 550 s.). Elle met en mouvement l'action publique, interrompt la prescription et saisit le tribunal.
L'accès incident s'opère par le biais d'une constitution de partie civile par voie d'intervention. Celle-ci est
possible quelle que soit l'infraction concernée, sans consignation ni notification et, en principe, devant toutes les
juridictions accueillant la PCPC, à tout moment au cours de l'instruction, voire devant les juridictions du fond.
L'intervention s'inscrit dans la limite de l'action publique déjà engagée. Son irrecevabilité peut être soulevée
comme pour la PCPC.

La partie civile a le pouvoir de déclencher le procès pénal (C. pr. pén., art. 1er).
En outre, elle peut participer activement à son déroulement : elle a droit à l'assistance d'un avocat, qui a
accès au dossier, spécialement lors de l'instruction préparatoire ; elle bénéficie d'un droit d'information très
vaste, tant du point de vue du contenu des informations que des moments auxquels cette communication doit se
faire (C. pr. pén., art. prélim. II, qui en fait un principe général), pendant l'enquête et l'instruction ; elle peut
directement intervenir dans la procédure, puisqu'elle a le droit de demander des actes, de participer à la
recherche des preuves, de poser des questions aux témoins, de déposer des conclusions et de plaider,
de contester et de critiquer la procédure ; elle exerce des voies de recours (appel et pourvoi en cassation, au
stade l'instruction et du jugement).
La partie civile peut se désister à l'audience (C. pr. pén., art. 425 et 426) et devant la Cour de cassation (art. 608)
et, plus largement, à tout moment.

B- L’association prétendue titulaire de l’action civile


Attendu que l'action civile devant la juridiction correctionnelle n'appartient qu'à ceux qui ont
personnellement souffert du dommage directement causé par l'infraction poursuivie

Art. 1er L'action publique pour l'application des peines est mise en mouvement et exercée par les magistrats
ou par les fonctionnaires auxquels elle est confiée par la loi. — V. art. 31 s.
Cette action peut aussi être mise en mouvement par la partie lésée, dans les conditions déterminées par le
présent code.

Article 2

L'action civile en réparation du dommage causé par un crime, un délit ou une contravention
appartient à tous ceux qui ont personnellement souffert du dommage directement causé par
l'infraction.
La renonciation à l'action civile ne peut arrêter ni suspendre l'exercice de l'action publique, sous
réserve des cas visés à l'alinéa 3 de l'article 6.

Article 3

L'action civile peut être exercée en même temps que l'action publique et devant la même
juridiction.
Elle sera recevable pour tous chefs de dommages, aussi bien matériels que corporels ou
moraux, qui découleront des faits objets de la poursuite.

Si on devait définir la notion d’action civile, on dirait que ce concept permet à la personne qui se
dit victime d’une infraction de demander réparation indemnitaire au juge pénal, c'est-à-dire soit le
juge de jugement, soit le juge d’instruction. La vocation première de l’action civile consiste dans
la volonté, saisissant une juridiction répressive, d’obtenir réparation d’un préjudice. La partie
lésée par une infraction peut obtenir réparation de son préjudice devant les juridictions civiles
(action purement civile) ; la saisine d’une juridiction répressive n’est pas requise quand bien
même le dommage procède d’une infraction. Dans la grande majorité des hypothèses, les
prétentions indemnitaires de la partie lésée sont examinées dans le cadre répressif, c'est-à-dire
par une juridiction pénale.

L’action civile associative :

Les associations, contrairement aux syndicats, sont privées par principe de la possibilité de se
constituer partie civile en défense de l’intérêt collectif qu’elles se vouent à protéger. Depuis le 18
octobre 1913, la Cour de cassation juge que l’intérêt qu’elles représentent ne se distingue pas du
préjudice social qu’il incombe au seul ministère public de faire respecter.

L'action civile est l'action par laquelle la victime d'une infraction peut demander réparation
du dommage que celle-ci lui a causé ; elle peut être exercée devant les juridictions civiles ou,
concomitamment et accessoirement à l'action publique, devant les juridictions répressives.

Titulaire direct de l’action civile :

doit avoir la capacité d'agir : disposer d'une capacité juridique à agir et de la capacité
d'exercer lui-même l'action (pour l'action civile du mineur non émancipé, C. pr.
pén., art. 706-50).
L'action appartient à tous ceux qui ont personnellement souffert du
dommage directement causé par une infraction (C. pr. pén., art. 2)

Le préjudice allégué doit être certain et actuel et avoir été directement causé par
l'infraction.

La victime directe et ses proches ("victimes par ricochet") disposent d'un intérêt à agir.

La demande de dommages-intérêts constitue une simple faculté et non une obligation (C. pr.
pén., art. 418, al. 3).

Le préjudice doit aussi être personnel, mais certaines infractions, qui ne lèsent que l'intérêt
général, ne permettent pas la constitution de partie civile (ex. Crim. 5 déc. 1973 : crime de
faux en écriture publique).

Intérêt à agir et action civile des associations

Les articles 2-1 et suivants du code de procédure pénale prévoient des dispositions
dérogatoires au droit commun encadrant le droit d’agir des associations. En effet, à la
différence des syndicats, qui disposent d’une habilitation législative générale, l’action civile
des associations dépend d’habilitations législatives spéciales.

Plusieurs conditions cumulatives doivent être remplies pour qu’une association soit
recevable dans l’exercice de l’action civile :

• L’association doit être habilitée par la loi aux articles 2-1 et suivants du code de procédure
pénale
• L’association doit être déclarée depuis au moins 5 ans à la date des faits
• Certains textes énumèrent les infractions pour lesquelles l’association peut agir à l’instar de
l’article 2-3 du code de procédure pénale qui prévoit l’action des associations de défense de
l’enfance en danger pour les infractions d’atteintes volontaires à la vie, à l’intégrité physique
et agressions sexuelles des mineurs.
• L’accord de la victime est parfois nécessaire pour qu’une association exerce l’action civile.

II- L’irrecevabilité de la constitution de partie civile de l’Unédic-AGS

A- La caractérisation d’une démarche visant à rembourser plutôt qu’une démarche


indemnitaire de l’association

Attendu que, pour allouer des dommages-intérêts à l'Unedic-Ags Sud-Ouest l'arrêt, par motifs
propres et adoptés, retient que celle-ci, du fait des malversations commises, n'a pu obtenir
remboursement des avances de salaires ou indemnités de rupture consentie aux salariés des
sociétés victimes de ces malversations

B- La reconnaissance de l’absence de préjudice subi


attendu qu'en l'état de ces énonciations, qui n'établissent pas l'existence d'un préjudice
personnel et direct, distinct de celui subi par ces sociétés, la cour d'appel a méconnu les textes
susvisés et le principe ci-dessus rappelé

En effet, selon la formule consacrée, l'action civile en réparation du dommage causé par un crime, un délit ou
une contravention appartient à tous ceux qui ont personnellement souffert du dommage directement causé par
l'infraction.

Focus sur la constitution de partie civile des caisses de sécurité sociale


Dalloz actualité / Dorothée Goetz, Docteur en droit – 08 février 2023

Crim. 31 janv. 2023, F-B, n° 22-82.917


La constitution de partie civile doit être réservée aux victimes. En conséquence, les caisses de sécurité sociale,
qui ne formulent pas des demandes indemnitaires en réparation d'un dommage dont elles ont personnellement
souffert, ne peuvent pas se constituer partie civile.

Dr. sociétés 2012, no 90, obs. R. Salomon ; Bull. Joly Entrepr. diff. 2012. 229, obs. M.-
C. Sordino, étant rappelé que l'AGS, en application de l'article L. 3253-16 du code de travail,
est subrogée dans les droits des salariés pour lesquels elle a réalisé des avances et que le
remboursement de ces sommes par subrogation ne peut intervenir que par prélèvement sur
l'actif de la société en difficulté).

Dans le cas de la malversation, la recevabilité de la constitution de partie civile de l'Association pour la gestion
du régime de garantie des créances des salariés (AGS) a été discutée, lorsqu'elle estime avoir subi un préjudice
direct et personnel causé par le non-remboursement de l'avance des salaires à des salariés de sociétés en
liquidation judiciaire (11). Si l'AGS est subrogée dans les droits des salariés, le remboursement doit être
effectué sur l'actif du débiteur. L'absence de remboursement est engendrée par l'impossibilité pour la société
d'assurer le paiement, en raison de la commission du délit et le préjudice n'est alors qu'indirect.

Delmas Procédures collectives

Chapitre 144 - Règles de procédure – Alain Lienhard – 2020-2021 :

S’agissant du délit de malversation, pour déclarer irrecevable la constitution de partie civile


de l’AGS, la Cour de cassation a jugé que le fait que celle-ci n’obtienne pas le remboursement
des avances de salaires ou indemnités de rupture consenties aux salariés des sociétés victimes
de ces malversations n’établit pas l’existence d’un préjudice personnel et direct, distinct de
celui subi par ces sociétés

I- L’affirmation des conditions strictes permettant le declenchement de l’action civile


par les partie civiles

II- Une decision justifié/ fondée


I- Une absence des critères de préjudices prévus par la lois

I- La réaffirmation de l’admission des victimes directs dans le procès pénal


II- L’exclusion des creation, victimes indirects du procès pénal

I- Incohérence de la solution

A- La mise en œuvre des critères de l’art 2 n’est pas rigoureuse

B- Que la solution est difficilement conciliable avec la jurisprudence sur les proches

Que ce soi en s’alignant

II- La décision n’en est pas moins justifiée

A- L’application rigoureuse de l’article 2aboutit au meme resultat

B- Finalement la solution de 1989 et autres qui ne sont pas rigoureuses

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